Archives pour: 2016

03.11.16

00:11:11, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

15 ans après la disparition de la petite Francesca, fille du célèbre écrivain, poète et dramaturge Vittorio Visconti, un psychopathe terrorise la population, bien déterminé à nettoyer la ville des "âmes impures et damnées". Devant l'inefficacité des forces de police, les détectives Moretti et Succo sont chargés d'élucider le mystère qui entoure cette série de crimes "dantesques". Tout porte à croire que Francesca est de retour, mais la petite fille que tout le monde connaissait a bien changé...

Mon avis :

Cela fait bien longtemps que le Giallo n'est plus ce qu'il a été, malgré tout depuis quelques années celui-ci semble revenir à la mode avec la ressortie sur supports physiques de nombreux titres souvent d’ailleurs dans des éditions particulièrement soignées, mais aussi avec de nouveaux films rendant hommage à ce style, en provenance de divers pays, souvent étrangers au pays qui l'a vu naître...

Après "Sonno Profondo", qui m'avait personnellement quelque peu déçu, le réalisateur argentin Luciano Onetti nous revient avec un second Giallo sobrement intitulé "Francesca". Même si son premier film, qu’on pourrait plutôt classer dans les Néo-Gialli plus que dans les Gialli purs et durs, m'avait, pour tout vous dire, un peu ennuyé, il comportait tout de même pas mal d’éléments prometteurs laissant présager un avenir meilleur, tout en laissant transparaître un véritable amour pour le genre.

Un amour qui va d'ailleurs se ressentir dès les premiers instants du film avec un générique typiquement giallesque, bercé par une musique magnifique et où transpire qui plus est une atmosphère particulièrement malsaine et dérangeante. Immédiatement les couleurs vives chères à Bava ou Argento nous sautent aux yeux et une tueuse aux gants de cuir rouges commet un meurtre sadique à l’arme blanche... Tant d’éléments typiques du Giallo que cet hommage en deviendrait presque caricatural si on ne ressentait pas le profond respect du réalisateur pour ce style de thrillers ayant particulièrement marqué l'Italie au cours des années 60 et 70.

Commence alors une enquête pour découvrir l'identité et les motivations de cette meurtrière laissant sur les yeux de ses victimes deux pièces de monnaie, tribut sensé permettre leur entrée en enfer... L'étau va alors se resserrer peu à peu autour de certains personnages jusqu’à une révélation assez inattendue, même si on peut se douter de certaines choses lorsqu’on est habitué au style! En tout cas, le réalisateur nous surprend réellement au final avec une scène située à la fin du générique changeant complètement le sens du film.

Pour le reste, le film a plutôt de la gueule, même si on ressent par moments son côté assez fauché et qu’on pourra regretter des meurtres un peu trop vite expédiés. Vu son budget limité, Luciano Onetti a dû faire avec les moyens du bord dans pas mal de domaines et faire notamment appel à la famille et aux amis pour constituer son casting, mais malgré son côté amateur, celui-ci s’en sort plutôt pas trop mal et est dans l’ensemble assez bien choisi. Certaines victimes font même typiquement Giallo! Jeunes, jolies et typées italiennes en somme! Autres points positifs, l’utilisation des décors naturels et le fait que l’on ait vraiment l’impression d’être dans l’Italie des années 70... Là, franchement chapeau!

On notera en revanche quelques petites invraisemblances, mais rien de grave, ne venant en tout cas pas gâcher notre plaisir. L’utilisation de poupées et mannequins est plutôt intéressante, même si cela a déjà été fait, car cela apporte réellement un côté angoissant au film. Quant à l'inspiration dantesque... Pourquoi pas!

Alors qu’avec "Sonno Profondo", Luciano Onetti versait dans le Néo-Giallo expérimental un peu à la manière du couple Hélène Cattet et Bruno Forzani, avec "Francesca", celui-ci nous offre donc un pur Giallo, très classique, mais beaucoup plus accessible, laissant surtout espérer un troisième film qui pourrait enfin nous surprendre vraiment. A suivre...

"Francesca" est sorti le 17 juin 2016 en DVD chez The Ecstasy of Films dans une édition limitée avec fourreau cartonné et jaquette réversible présentant le film au format 2.35:1 16/9ème compatible 4/3 avec piste audio italienne en Dolby Digital 5.1 accompagnée de sous-titres français, anglais et espagnols. Comme à son habitude, l'éditeur nous gâte en suppléments avec un entretien avec Luciano et Nicolas Onetti (19'), les coulisses du tournage (13'46"), un générique de début alternatif (3'16"), une scène cachée qui s’avère être la scène située à la fin du générique (1'57"), la bande-annonce originale (1'38"), une galerie photos (4'09") et des bandes annonces du catalogue de l'éditeur composé de celles de "Macabro", "Zeder" et "Qui l'a vue mourir ?" (7'51"). Enfin, il est à noter que l’éditeur nous propose également le film avec piste musicale isolée...

Francesca

Francesca
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02.11.16

05:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The strangers
Réalisateur : Na Hong-Jin

Année : 2016

Origine : Corée du Sud

Durée
: 2h36

Par Nicofeel

Après The chaser (2008) et The murderer (2010), le cinéaste sud-coréen Na Hong-Jin revient aux affaires avec sa nouvelle oeuvre, The strangers. Son nouveau film a même eu droit aux honneurs du festival de Cannes, où il a été présenté "hors compétition".

Si Na Hong-Jin met en scène à nouveau un thriller, celui-ci se situe clairement dans une autre dimension, par rapport à ses précédents films. The chaser et The murderer constituent d’excellents thrillers urbains, mais dont le scénario est relativement balisé. Avec The strangers, l’action du film se déroule désormais à la campagne, qui constitue à elle seule quasiment un personnage à part entière du film. Et puis ce long métrage ne touche pas à un genre mais à plusieurs : on est tout aussi bien dans le thriller, le film de zombies, la satire de mœurs, le drame familial, le film de vengeance, le film d’exorcisme.

Au départ, avec une série de meurtres qui ont lieu dans un petit village, le spectateur pense qu’il a affaire à une enquête policière, dans le style de Seven de David Fincher ou du très bon film sud-coréen Memories of murder de Bong Joon-Ho. Que nenni. Le « héros » du film, Jong-Gu, un policier fainéant, couard et peu impliqué dans son travail, ne tarde pas à comprendre qu’il se passe des choses mystérieuses. Les morts se révèlent effroyables – la violence est une thématique récurrente du cinéma de Na Hong-Jin – et les personnes soupçonnées en la matière, ont des yeux révulsés et une maladie de peau, les faisant passer pour des zombies.

Au même titre que Jong-Gu est perdu et n’arrive pas à faire le lien avec ce qui se passe, le spectateur est baladé pendant les 2h36 du film. Avec une grande rigueur au niveau de sa mise en scène, le réalisateur sud-coréen égare le spectateur dans cette communauté rurale où l'on ne sait pas bien où l'on peut se trouver.

Il est fortement conseillé de mettre de côté toute considération cartésienne, car ce long métrage se plaît à naviguer dans le surnaturel. Les fantômes – à moins qu’il ne s’agisse de morts-vivants – rendent visite aux humains et surtout les démons sont de la partie. Plusieurs personnes semblent envoûtées, y compris la propre fille de Jong-Gu. Ce dernier multiplie donc les solutions pour tirer sa fille d’un mauvais pas : la religion catholique par la présence d’un prêtre mais aussi un chaman qui en appelle aux forces de la nature.

Rapidement, Na Hong-Jin donne l’impression de surfer sur les traces de L’exorciste. The strangers se fait l’écho de quelques excès de folie, dignes de l’oeuvre de Friedkin. Le spectateur devient même le témoin d’une étrange scène de transe, où tous les sens sont mis en éveil. Na-Hong Jin a la bonne idée de procéder à un astucieux mélange alterné, avec magie blanche et magie noire qui se répondent coup pour coup. La scène est assez impressionnante, et marque durablement la rétine. Sûrement plus d’ailleurs que la scène phare de désenvoûtement dans L’exorciste. Une fois cette scène terminée, on peut penser qu’on va d’autant plus facilement reprendre le fil de l’histoire. Encore une fois c’est raté. C’est plutôt l’inverse qui se produit. Cette scène peut même être vue comme la césure entre l’aspect purement policier du long métrage et la suite où l’on nage, comme Jong-Gu, dans des eaux totalement inconnues.

Le réalisateur se plaît d’ailleurs à jouer sur les rapports complexes existant entre la Corée du Sud et le Japon, qui a occupé la Corée du Sud jusqu’en 1945. Il subsiste actuellement chez certains Sud-Coréens un sentiment de haine vis-à-vis des Japonais. Tout comme avec leurs voisins de la Corée du Nord. Na-Hong Jin laisse au spectateur le soin de juger des rapports entre Sud-Coréens et Japonais. Toujours est-il que cela n’est pas un hasard si le « héros » s’en prend à un ermite japonais, alors qu’il ne dispose d’aucun commencement de preuve. Le Mal, qui est présent d’un bout à l’autre du film, a sans doute pris cette apparence pour mieux tromper notre protagoniste. Les actes de Jong-Gu ne sont-ils pas le reflet d’une vengeance aveugle ? La question mérite d’être posée. D’autant que les éléments de réponse peuvent être multiples.

Dans un dernier acte où il brouille encore plus les cartes avec des rebondissements à la chaîne, Na-Hong Jin déplace définitivement l’intrigue d’un courant rationnel vers des contrées inattendues. Tout est sujet à une remise en question, alors que les twists ne cessent de pulluler : la dame blanche, clin d’oeil aux films de fantômes asiatiques, est-elle un ange ou un démon ? De quel côté se situe le chaman ? Qui est cet étrange ermite ?

A la fin, on ne sait plus du tout où on en est. C’est comme si cette succession de twists était le résultat de la propagation du Mal, qui aurait gagné tout le village.

Œuvre totalement atypique, imprévisible, déroutante, The strangers est sans doute le film le plus ambitieux de son auteur. En dépit de sa relative longue durée (2h36), on ne voit pas le temps passer. Le film est toutefois destiné à des spectateurs ouverts d’esprit, car on sort clairement des sentiers battus.

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01.11.16

05:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Blair Witch

Réalisateur
: Adam Wingard

Année : 2016

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h29

Avec : Callie Hernandez, Brandon Scott, Valorie Curry, James AllenMcCune, Corbin Reid, Wes Robinson

Par Nicofeel

En 1999, les réalisateurs Daniel Myrick et Eduardo Sanchez, alors totalement inconnus, avaient réussi un coup de maître avec leur premier long métrage, Le projet Blair Witch. Nanti d’un budget initial de 60 000 dollars, ce film a rapporté la bagatelle de 250 millions de dollars dans le monde entier.

Même si Le projet Blair Witch est considéré aux yeux de certains comme un film « malin », il faut tout de même lui reconnaître le mérite de générer chez le spectateur un sentiment de peur avec seulement trois bouts de ficelles (des sons étranges, des pierres disposées d’une certaine façon, etc.). Tout se passe hors champ, et l’imaginaire accentue ce sentiment de peur.

Le projet Blair witch a tellement bien marché qu’il a suscité une vague entière de rejetons, dont la maigreur du scénario était compensée par ce filmage en « found footage ». Cela étant, il est utile de rendre à César ce qui appartient à César. Ainsi, des cassettes retrouvées un peu miraculeusement justifiant le visionnage d’un « faux documentaire » ne datent pas du projet Blair Witch mais de Cannibal holocaust (1980).

Le projet Blair Witch est devenu un standard d’un sous-genre horrifique, comme l’avait été en son temps Scream (1996) qui avait relancé la mode du slasher.

En revanche, on peut légitimement s’interroger sur l’intérêt de faire une suite du projet Blair Witch, qui a plutôt des allures de remake. La paresse des scénaristes à Hollywood ? Sans doute. L’appât du gain ? Probablement. Quoi qu’il en soit, les producteurs ont tout de même mis aux commandes de ce Blair Witch un certain Adam Wingard, réalisateur connaissant bien le genre, puisqu’il s’était fait connaître en 2013 avec l’efficace film d’horreur You’re next.

Malheureusement, son remake du projet Blair Witch est un échec cuisant, où un minimum d’indulgence est nécessaire pour y trouver des sources d’intérêt. Dans cette fausse suite du film original, le frère d’Heather, une des disparues du projet Blair Witch, part à la recherche de sa sœur dans la forêt de Black Hills, avec des amis et des guides rencontrés quasiment sur place.

Profitant des nouvelles technologies existantes, le film fait l’étalage de toutes les nouvelles sources de filmage. Outre des petites caméras vidéo, on a droit à des smartphones et même un drone, pour des prises de vue donnant de la hauteur à l’ensemble. Mais tout ça c’est bien beau, cela ne fait pas pour autant un film. On s’ennuie sérieusement pendant toute la première partie de ce long métrage où il ne se passe réellement pas grand-chose.

Le principal reproche à faire à ce Blair witch est d’être parti dans une mauvaise direction, d’entrée de jeu. Le projet Blair Witch s’était avéré efficace par une approche suggestive, en dépit d’une économie de moyens. Dans ce remake, on voit pratiquement tout à l’écran. Le spectateur n’a donc rien à imaginer dans sa tête. Et puis, dans la surenchère, Adam Wingard en fait des tonnes : il y a beaucoup plus de personnages que dans le film initial, à tel point qu’ils n’ont aucune consistance et que l’on se moque de leur destinée ; on assiste à des signes de plus en plus visibles de la sorcière, ne laissant aucun doute sur l’issue finale ; il se met en place une surenchère de violence qui n’est pas d’une grande finesse. A cet effet, on sera surpris de constater que l’une des héroïnes, pourtant handicapée par une jambe purulente, escalade un arbre en pleine nuit avec une facilité déconcertante. On se demande s’il ne faut pas rire devant cette scène ridicule. Au moins, cette séquence retient l’attention du spectateur.

Ce qui n’est pas le cas du reste de ce Blair Witch où l’on n’a jamais peur. Ce qui est tout de même dommageable pour un film censé traumatiser le spectateur.

Les plus courageux, ceux ayant bravé l’ennui et l’indifférence pour regarder le film jusqu’à la fin, seront toutefois récompensés de leurs efforts. Car les dix dernières minutes sont clairement les plus abouties. Si l’on accepte le paradigme selon lequel les personnages vont tout droit dans la gueule du loup, restent quelques moments de trouille plutôt bien sentis. La cabane de la sorcière est assez effrayante en soi et le côté labyrinthique de l’ensemble fonctionne parfaitement. A tel point que l’on peut y voir une représentation psychique du mal de la part de nos protagonistes ? Enfin, sur ce point, pas sûr qu’Adam Wingard ait pensé à tout cela.

Toujours est-il que Blair Witch se termine bien mieux qu’il n’a commencé, avec enfin quelques scènes d’horreur dignes de ce nom. Pour autant, c’est tout de même bien peu pour sauver du naufrage un remake totalement décevant.

Seuls les spectateurs ne connaissant pas l’original et tous les films en found footage écrits sur le même modèle, sont en mesure d’apprécier ce produit commercial bien trop calibré et inoffensif. Mais de tels spectateurs existent-ils, ou sont-ils une légende, comme la fameuse sorcière… L’histoire ne le dit pas.

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31.10.16

09:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Une vie entre deux océans

Réalisateur : Derek Cianfrance

Année
 : 2016

Origine : Etats-Unis

Durée : 2h13

Avec : Michael Fassbender (Tom Sherbourne), Alicia Vikander (Isabel), Rachel Weisz (Hannah Roennfeldt)

Par Nicofeel

Après Blue Valentine (2011) et The place beyond the pines (2013), le cinéaste Derek Cianfrance continue dans sa veine mélodramatique avec son nouveau film : Une vie entre deux océans.
Son acteur fétiche Ryan Gosling n'est pas présent, mais les spectatrices ne perdent pas forcément au change puisque le rôle principal est tenu par le beau Michael Fassbender. Il endosse le rôle de Tom Sherbourne, un homme brisé. Sans repères et traumatisé par la grande guerre, il n’a qu’une idée en tête : rester seul dans son coin, coupé du monde extérieur. C’est pour cette raison qu'il accepte le travail de gardien de phare sur une île (minuscule).
Evidemment, comme on a affaire à une histoire d’amour, on se doute bien que Tom ne va pas rester seul indéfiniment. Il est sensible au charme et aux sollicitations de la belle Isabel, qui lui redonne progressivement goût à la vie. Les choses se suivent comme dans un conte de fées avec un mariage pour sceller l’union entre ces deux êtres.
La suite est moins ravissante : si effectivement « ils se marièrent », le bas blesse dans le sens où ils n’eurent pas « de nombreux enfants ». Pour Isabel, les fausses couches se multiplient et la belle souffre de plus en plus de solitude sur son île.

Le réalisateur Derek Cianfrance oppose de manière subtile la beauté des paysages naturels et notamment l’océan semblant apporter le calme et tout ce qui propice à la réflexion, à des personnages principaux vivant de plus en plus difficilement leur amour.
En digne héritier de Douglas Sirk, et dans la droite lignée de Blue Valentine, Derek Cianfrance met en avant l’usure du couple et les difficultés à surmonter des drames familiaux. Le film gagne en épaisseur par la tension qui monte progressivement. L’étude de couple est plutôt bien vue.
L’arrivée (miraculeuse) d’un bébé à bord d’un canot, tel Moïse sauvé des eaux, ne va pas changer la donne : Isabel y voit l’occasion rêvée de combler son ardent désir de fonder une famille ; Tom doit de son côté remettre en cause ses principaux d’honnêté et accepter de vivre avec un enfant qui n’est pas le sien.
Derek Cianfrance n’a de cesse de jouer sur les oppositions : opposition entre la nature et la condition de l’homme ; opposition entre les personnages principaux ; opposition entre les situations (d’un côté une famille accueillant un bébé ; de l’autre une femme ayant perdu son enfant). Sur ce point, les symboles sont également bien présents, à l’image du nom de l’île : Janus. Ce dieu aux deux visages opposés, évoque étymologiquement le mois de janvier. Il est donc tout à la fois le passé récent (l’année qui vient de s’achever) le futur qui s’apprête à démarrer.
Ces oppositions, reposant sur des histoires personnelles bien concrètes, créent le sel d’Une vie entre deux océans. Car derrière le titre se cache clairement la vie d’une petite fille, écartelée entre sa famille d’accueil et une mère biologique inconnue. Chacun a vécu des drames (les affres de la guerre pour l’un, les fausses couches pour l’autre, la disparition d’un mari et d’une enfant pour une autre) et tente de s’en remettre. De manière très subtile, Derek Cianfrance ne juge pas ses personnages. Au contraire, il laisse entendre que chacun a ses raisons, même si elles ne sont pas forcément les meilleures. Dans ce mélodrame prenant des allures de triangle affectif autour de l’enfant, Michael Fassbender prend (une nouvelle fois) le rôle du martyr, celui qui est prêt à se sacrifier (comme dans Hunger) pour l’amour des siens. Le film monte alors en puissance mélodramatique, laissant le spectateur dans l’espoir d’un retournement heureux.

Mine de rien, avec un film semblant relativement balisé sur le plan scénaristique, Derek Cianfrance convoque des notions morales aussi essentielles que l’amour, le pardon et la culpabilité, donnant d’autant plus de hauteur à son œuvre.
Les spectateurs pourront en outre se satisfaire de la beauté des décors, des vêtements portés par les personnages qui respectent bien l’époque de ce début du XXème siècle.
La mise en scène, plutôt classique, est également au diapason du film. On appréciera notamment le générique de fin avec ces très belles surimpressions, renforçant le sentiment de romantisme qui se dégage du film.
Évidemment, Une vie entre deux océans ne serait rien sans ses deux acteurs principaux. Dans un rôle qui lui sied à merveille, Michael Fassbender est impeccable dans le rôle tourmenté de Tom Sherbourne. Alicia Vikander lui rend très bien la pareille en femme déchirée, voulant plus que tout un enfant. Rachel Weisz a droit pour sa part à un personnage moins bien écrit et trop effacé par rapport aux deux autres.
Une vie entre deux océans est le film parfait à voir en couple. Le mélodrame de l’année ? Sûrement !

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18.10.16

00:00:00, Catégories: Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Robert McCall, après des années dans les services secrets américains, met son expérience au service des plus faibles. Grâce à ses contacts et réseaux acquis pendant son passé d’espion, il devient le justicier des opprimés de New York qui font appel à lui. Son nom de code : l’Equalizer. Implacable, solitaire et sans pitié envers les criminels, il espère expier ses actions passées en aidant ses concitoyens...

Mon avis :

A peine terminé le tout premier volume de la série "The Equalizer" que je ne résistais pas à enchaîner directement avec ce second coffret sorti environ deux mois et demi après, toujours édité par Elephant films, venant conclure cette première saison de la série...

Ce second coffret débute par "Le Règne de la terreur", le douzième épisode et l'on retrouve Robert McCall, interprété par Edward Woodward ("The Wicker Man", "Callan", "1990", "Les nouveaux professionnels") aux prises avec une bande de petits voyous faisant régner la terreur sur un quartier désœuvré où le nouveau médecin d'un dispensaire refuse de céder à leur racket. Seulement voilà, la petite dame va refuser que McCall fasse usage de la violence et utilise son arme pour régler le problème, ce qui va forcément être quelque peu compliqué!

Petite déception avec cet épisode qui se trouve être très caricatural avec des voyous semblant tout droit sorti de "Le Justicier contre les Dealers", ce qui est au final assez amusant, en revanche le chef de bande, interprété par Joe Maruzzo ("9 semaines 1/2", "Les Soprano"), est juste horripilant, surtout en VF! On n’a qu'une envie, qu'il se fasse dessouder! Dans le rôle du Lieutenant Mason Warren, on remarquera par contre la présence de Fred Williamson ("M.A.S.H.", "Black Caesar, le parrain de Harlem", "The Inglorious Bastards", "Une nuit en enfer"), l'une des figures marquantes de la "Blaxploitation".

Heureusement l'épisode suivant, dans lequel on retrouve également Fred Williamson, relève franchement le niveau! Dans cet épisode nommé "Chacun chez soi", McCall va venir en aide à des personnes âgées qu'on essaye de déloger... Ici, c'est surtout l'acteur Charles Hallahan ("Morsures", "The Thing", "Pale Rider", "Rick Hunter"), qui tirera son épingle du jeu avec un rôle d'irlandais soûlard qu'il ne faut pas chercher!

Dans "Les Retrouvailles", McCall va venir au secours de son ex-femme et de son nouveau mari menacé par un truand tout juste sorti de taule. Un épisode vraiment sympa dans lequel on retrouve quelques gueules bien connues des séries télévisées et du cinéma made in U.S., habituées notamment des rôles de psychopathes! Stephen McHattie ("Le Flic de Beverly Hills 3", "X-Files : Aux frontières du réel", "A History of Violence", "The Secret"), d'une part et Brad Dourif ("Vol au-dessus d'un nid de coucou", "Dune", "Blue Velvet", "Color of Night"), connu notamment pour être la voix de Chucky, d'autre part!

Dans "La Chaîne infernale", Robert McCall va rassembler une équipe parmi lesquels on retrouvera deux de ses fidèles compagnons, à savoir Mickey Kostmayer, toujours interprété par Keith Szarabajka ("Un monde parfait", "The Dark Knight: Le chevalier noir", "Argo") et Jimmy, joué par Mark Margolis ("Scarface", "1492: Christophe Colomb", "The Fountain", "The Wrestler", "Black Swan"), afin de protéger un homme pris pour cible par erreur...

C'est avec plaisir que l'on retrouvera dans "Nettoyage" une vraie gueule du cinéma hollywoodien à savoir Robert Davi ("Les Goonies", "Piège de cristal", "Permis de tuer", "Maniac Cop 2"), habitué des rôles de méchants, dans le rôle d'un petit mafioso de bas étage, qui va tout faire pour empêcher la création d'un syndicat dans son entreprise de nettoyage et dans le rôle du chef de la mafia, Joe Spinell ("Le parrain, 2ème partie", "Rocky", "Starcrash, le choc des étoiles", "Brubaker"), l'acteur culte du film "Maniac" de William Lustig.

"Un choix difficile" est un épisode vraiment intéressant et très réussi dans lequel Robert McCall devra faire un choix compliqué entre venir au secours d'une femme battue et de sa fille dont le mari vient de sortir de prison et arrêter un de ses anciens ennemis jurés que son successeur, personnage apparaissant à plusieurs reprises dans cette première saison, interprété par Saul Rubinek ("Impitoyable", "True Romance", "À la une", "Family Man"), va lui servir sur un plateau...

Dans "Pas d’orchidée pour McCall", le dix-huitième épisode, McCall va essayer de coincer un tueur psychopathe s'en prenant aux femmes d'un certain âge... Alan Metzger, réalisateur en tout de dix-neuf épisodes de la série, signe là un épisode comportant des scènes d'angoisse franchement assez réussies, tout particulièrement la scène finale où le tueur va s'en prendre à une amie de notre héros servant d’appât. Un épisode reprenant également la structure initiale de la série avec une double enquête et dans lequel on remarquera la présence notamment de Kim Delaney ("Les experts: Miami", "New York Police Blues", "American wives").

"Le Point Limite" est quant à lui un épisode un peu à part s'écartant du concept original puisqu'ici on aura le droit à un quasi huis-clos dans lequel Robert McCall sera victime d'une prise d'otages lors d'un mariage. Un épisode du coup un peu moins rythmé que d'habitude dans lequel interviendra notamment le personnage de Mickey Kostmayer apportant à l’épisode une réelle bouffée d’oxygène. Dans cet épisode, on remarquera entre autres Patricia Clarkson ("La dernière cible", "Jumanji", "La ligne verte", "The Pledge", "Shutter Island") dans le rôle de Deborah Wade, la mariée.

Petite baisse de régime avec "Le Sursis", un épisode en demi-teinte, un peu confus, dans lequel un dragueur va se retrouver bien malgré lui entraîner dans une histoire d'espionnage industriel, qui risque bien de lui coûter la vie... Un épisode dans lequel on notera la présence de Linda Thorson, principalement connue pour avoir incarné le rôle de Tara King dans la série "Chapeau melon et bottes de cuir".


"Meurtres à retardement" par contre est un épisode plutôt intéressant dans lequel un homme se voit menacé par une compagnie lui ayant volé son invention... Pas très cool quand même! Heureusement McCall est là et va les faire payer! Dans cet épisode, on aura le plaisir de retrouver Jon Polito ("Highlander", "Miller's Crossing", "The Crow", "The Big Lebowski"), l'un des acteurs fétiches des frères Coen, décédé ce premier septembre 2016... On notera également parmi les têtes connues, celle de Dan Hedaya ("Les Prédateurs", "Commando", "La Famille Addams", "Usual Suspects").

Enfin "L’Ennemi public" vient clôturer cette première saison de façon plutôt sympathique avec l'histoire d'une petite journaliste persuadée que son voisin est un tueur... Un épisode où l'on retrouvera entre autres le personnage du lieutenant Isadore Smalls, interprété par Ron O'Neal ("Super Fly", "Terreur sur la ligne", "L'aube rouge", "Héros"), personnage récurrent de la série...

Une très bonne première saison donc, donnant forcément envie de découvrir les trois autres!

Ce volume 2 de la première saison de la série "The Equalizer" est sorti le 14 janvier 2015 chez Elephant Films, mais un coffret de l’intégrale de la série est sorti le 5 octobre 2016. Ce deuxième coffret DVD présente également une image au format 1.33:1 4/3 avec pistes audio française et anglaise Dolby digital 2.0 et sous-titres français sur la vo. Par contre, seules quelques bandes annonces d’autres séries éditées par l’éditeur sont proposées en guise de bonus.

Equalizer : Saison 1 - Vol. 2

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17.10.16

00:00:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Eddie et Rose Farrell ont toujours rêvé du jour où leurs filles se marieraient. Quand leur fille Anne convole en justes noces, tout le monde se tourne vers la sœur cadette Jenny et est heureux d’apprendre qu’elle est fiancée. Mais la surprise est totale lorsqu’ils découvrent que la personne avec laquelle Jenny compte fonder une famille est en réalité un femme. Le petit monde sûr dans lequel les Farrells avaient toujours été en sécurité est soudainement chamboulé et ils se retrouvent avec un choix simple mais difficile : évoluer avec lui ou l’abandonner pour toujours.

Mon avis :

Trois ans après la promulgation de la loi sur le mariage pour tous, on sent encore que le sujet est assez sensible, même si globalement celle-ci est maintenant plutôt bien acceptée... Enfin, pour beaucoup, à condition que cela ne les touche pas directement!

Ce sujet particulièrement d'actualité, puisqu'en ce dimanche 16 octobre 2016, la Manif pour tous défile une nouvelle fois dans les rues de la capitale, est le thème principal de "Marions Nous!", un film de Mary Agnes Donoghue ("Paradise", "Trahie", "Laurier blanc", "Veronica Guerin") mettant en scène Katherine Heigl ("En cloque, mode d'emploi", "27 robes", "Bébé mode d'emploi", "Happy New Year"), l'une des stars de la série "Grey's Anatomy".

La jeune femme, ici en couple avec la charmante Alexis Bledel ("Coup de foudre à Bollywood", "Sin City", "La conspiration"), va être confrontée au rejet de sa famille avant que celle-ci bien évidemment se ravise. Une histoire classique avec un scénario cousu de fil blanc, sans surprise donc, mais au final, se laissant regarder et réussissant tout de même à nous arracher quelques larmes notamment lorsque notre héroïne retrouvera enfin son papa...

Niveau mise en scène, sans être catastrophique, cela ne casse pas vraiment la baraque et cela pourrait même passer pour être un téléfilm américain comme on en voit tant sur nos petits écrans! La musique est également assez barbante, ce qui n'arrange rien...

Reste autrement un casting très convenable parmi lequel on remarquera essentiellement l'acteur Tom Wilkinson ("Raison et sentiments", "The Full Monty", "The Patriot", "Batman Begins", "Michael Clayton") dans le rôle du père de Jenny, Sam McMurray ("C.H.U.D.", "Arizona Junior", "Les Valeurs de la famille Addams", "Belles à mourir") dans celui de son ami et Linda Emond ("Stop-Loss", "Julie & Julia", "The Good Wife", "Old Boy", "New York - Unité spéciale") dans celui de sa femme et donc de la mère de notre héroïne et dont la composition est assez touchante.

Enfin, l’histoire parallèle concernant Anne, la sœur de Jenny, jouée par Grace Gummer ("La maison aux esprits", "The Homesman"), elle ne servira qu'à désacraliser le modèle du couple hétéro et sera finalement assez facultative...

Malgré son côté déjà-vu et sa réalisation sans saveur, "Jenny's Wedding", rebaptisé "Marions-nous !" pour cette sortie vidéo, devrait ravir les fans de Katherine Heigl et les amateurs de comédies dramatiques, car oui, précisons-le, le film est effectivement plus une comédie dramatique qu’une romance, l’histoire d’amour étant ici reléguée au second plan par rapport aux problèmes familiaux engendrés par cette relation amoureuse...

"Marions-nous !" sort en DVD le 15 novembre 2016 chez Factoris films dans une édition proposant le film au format 2.35:1 16/9ème avec pistes audio française et anglaise Dolby Digital 5.1 et anglaise dts Digital Surround 5.1 et sous-titres français optionnels. Pas de réels bonus, seule la bande annonce française nous est offerte, ainsi que la copie digitale en illimitée comme toujours chez l'éditeur!

Marions-nous !

Marions-nous !
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19.09.16

00:11:11, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Un groupe d’amis décide de passer un week-end à la campagne pour terminer la construction d’un bateau. Alors que chaque couple a ses différents problèmes, les quelques rednecks locaux commencent à tourner autour d’eux. Jusqu’à ce qu’arrive un tueur sauvage camouflé derrière un masque. Gore et érotisme !

Mon avis :

Décidément les week-ends sauvages me poursuivent actuellement! Entre la réécoute de l'album des Sales Majestés en prévision de leur passage à la Fête de l'Huma, la sortie d'un livre consacré à La Souris Déglinguée qui doit sortir au début du mois d'octobre 2016 et que j'ai bien entendu pré-commandé et la sortie récente de ce "Savage Weekend" chez Artus Films, cela commence à faire pas mal!

En tout cas, ce slasher sorti aux États-Unis en 1979, mais réalisé par David Paulsen ("Schizoid", "Côte ouest", "Dallas", "Dynastie") en 1976, est dans l'ensemble plutôt plaisant à regarder, avec notamment une scène d'ouverture assez réussie où un redneck armé d'une tronçonneuse pourchasse une femme dans les bois... Une scène assez énigmatique où l'on ne sait pas si elle nous dévoile la fin du film ou s'il s'agit d'un rêve. Cette scène qui fait immanquablement penser au "Massacre à la tronçonneuse" de Tobe Hooper, renvoie également à "Délivrance" de John Boorman par son thème musical utilisant un banjo.

Après une présentation des futures victimes bien évidemment venant de la ville, direction la campagne où les problèmes ne vont pas tarder à commencer... Il faut dire que dans cette Amérique profonde, on n'aime pas trop les gens de la ville et encore moins les homosexuels! Alors lorsqu'un homme efféminé entre dans un bar, forcément cela tourne mal! Cela sera la deuxième scène marquante du film, une scène pour le moins surprenante qui fera que l'on s'attachera immédiatement au personnage de Nicky, interprété par Christopher Allport ("Réincarnations", "Police fédérale, Los Angeles", "Jack Frost").

Le tueur mettra en revanche pas mal de temps à rentrer dans la danse et il faudra d'abord compter sur un nouveau fantasme pour profiter d'une nouvelle scène horrifique, une scène où notre énigmatique redneck, joué par William Sanderson ("Blade Runner", "Oeil pour oeil", "Lonesome Dove", "Le client", "Deadwood"), va s'en prendre une nouvelle fois à l'héroïne du film, jouée par Marilyn Hamlin, une actrice assez classe et plutôt jolie, qui ne connaîtra pas une grande carrière devant les caméras.

Il faudra ainsi attendre trois quarts d'heure pour voir apparaître enfin le tueur masqué et plus de cinquante minutes pour que celui-ci passe à l'action, mais heureusement le réalisateur nous fera patienter avec quelques scènes érotiques, ce qui est toujours le bienvenu dans ce type de films. Et puis, certaines scènes dégageront un petit côté malsain non négligeable à l'ambiance du film, avec en particulier une scène ambigüe où notre héroïne s'intéressera au pis d'une vache comme si elle s'intéressait au phallus d'un des rednecks travaillant pour son mari...

Un autre redneck d'ailleurs étrange lui aussi et qui pourrait bien être le tueur également! Car le metteur en scène s'amusera à nous lancer sur différentes pistes avant un final où l'on découvrira enfin la véritable identité du tueur. Si les meurtres seront un peu trop vite expédiés, certains resteront tout de même dans les mémoires comme un notamment avec une aiguille à cheveux et un à la scie circulaire...

Après ce film, David Paulsen, qui ici a apparemment été quelque peu aidé par son producteur John Mason Kirby, réitérera une nouvelle fois dans l'horreur avec l'assez moyen (d'après mes souvenirs... Mais il faut dire que la VHS était vraiment de qualité assez déplorable!) "Schizoid" avec en vedette un Klaus Kinski survolté, puis curieusement ne se consacrera plus qu'à des longues séries populaires et familiales en produisant et en mettant en scène divers épisodes de séries telles que "Côte ouest", "Dallas" ou encore "Dynastie"... Étrange reconversion!

"Savage Weekend" est certes loin d'être un chef d'œuvre, mais ce petit slasher n'est pas inintéressant et se laisse même regarder avec plaisir...

"Savage Weekend" est sorti en DVD le 6 septembre 2016 chez Artus Films dans une édition proposant le film au format 1.85:1 16/9ème compatible 4/3 avec piste audio anglaise Dolby Digital 2.0 mono et sous-titres français. En guise de bonus, l'éditeur nous propose une présentation du film par Eric Peretti, intitulée "Le tueur derrière le masque" (22'20"), un petit sujet sur la tronçonneuse dans les films par Alain Petit (8'38"), un diaporama d'affiches et de photos du film et des bandes annonces de la collection Horreur US de l'éditeur comprenant bien évidemment celle du film.

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16.09.16

05:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Le fils de Jean
Réalisateur : Philippe Lioret
Année : 2016
Origine : France
Durée : 1h38

Avec : Pierre Deladonchamps, Gabriel Arcand, Marie-Thérèse Fortin, Catherine de Léan, etc.
Par Nicofeel

Le cinéaste Philippe Lioret avait beaucoup ému les spectateurs et connu un succès d’estime avec Je vais bien, ne t’en fais pas, drame familial prenant, où Kad Mérad faisait preuve d’une étonnante justesse de ton dans un rôle dramatique.

Son nouveau long métrage, Le fils de Jean, partage plusieurs points communs avec ce film. Dans les deux cas, il s’agit de drames familiaux, où la disparition d’un être cher est au cœur de l’intrigue.

Dans Je vais bien, ne t’en fais pas (2006), l’absence d’un frère pèse de plus en plus sur les frêles épaules d’Elise (« Lili »), interprétée par une épatante Mélanie Laurent. Dans Le fils de Jean, librement adapté du roman de Jean-Paul Dubois, « Si ce livre pouvait me rapprocher de toi », Mathieu est un trentenaire célibataire, père d'un jeune garçon, travaillant dans une grande entreprise agro-alimentaire. Son quotidien est chamboulé le jour où il apprend que son père naturel, dont il ne connaissait jusqu’alors pas l’identité, vient tout juste de décéder.

Comme pour Elise qui cherchait à savoir ce qu’il était advenu de son frère, Mathieu est porté par une irrépressible envie de connaître ses origines. Il décide alors de débarquer au Canada où résident deux demi-frères inconnus.

De manière très subtile, Philippe Lioret déploie un mystérieux drame familial sous les yeux du spectateur, qui se retrouve tout aussi perdu que Mathieu. Le film use à sa façon des codes du thriller. Il y a un vrai suspense dans Le fils de Jean. Comment cet homme a-t-il pu disparaître au beau milieu d’un lac ? Et puis, est-il réellement mort ? Pour quelle raison l’ami de Jean, Pierre, demande à Mathieu de se faire passer pour un « ami français » et donc de mentir à ses demi-frères au sujet de son identité ? Quant à la relation historique entre Pierre et Jean, elle intrigue.

Mais après tout, dès le départ, Philippe Lioret annonce que l’on aura droit à un thriller puisque Mathieu rédige des polars pour son plaisir personnel, et que la femme de Pierre aime ce genre de livre.

Comme tout bon thriller, Le fils de Jean multiplie les artifices, les fausses pistes, les faux-semblants, et suscite de la même manière, tant chez Mathieu que chez le spectateur, espoirs naissants et déceptions manifestes. Sous une fausse identité, Mathieu apprend à connaître ses deux demi-frères et se lasse sans doute de la nature humaine, comme souvent bien plus attachée aux considérations matérielles (l’héritage de Jean) qu’aux considérations humaines. Surtout que Pierre, médecin bourru, ne lui décrit pas son père sous un jour très favorable.

L’envie de connaître la véracité des faits conduit le spectateur à s’intéresser à la quête de Mathieu. Pourtant, au bout d’un moment, on se demande bien si Philippe Lioret ne nous aurait pas conduit à un endroit précis, pour mieux nous égarer. Pourquoi diantre le père de Mathieu aurait-il laissé comme seul cadeau à son fils français un tableau, sans la moindre explication ? Stratagème calculé ? Mort fictive ?

C’est au moment où l’on a l’impression que cette histoire commence à tourner en rond que le film fait un virage à 180 degrés.

De la même façon que pour Je vais bien, ne t’en fais pas, Philippe Lioret a pris soin d’élaborer un twist ayant pour conséquence de nous amener à reconsidérer tout ce que l'on avait vu jusqu'à présent.

Si certains spectateurs ne seront pas forcément surpris par ce nœud dramatique, de dernier se révèle d’une efficacité imparable. Il a le mérite de mettre sur le devant de la scène une émotion sincère et vraie, où Philippe Lioret privilégie les regards échangés, qui en disent long sur les sentiments des protagonistes.

A l’instar de La chambre du fils de Nanni Moretti, à la fin tous les personnages sont en phase avec eux-mêmes et avec leur entourage. On a l'impression que le futur se construit aujourd’hui. On se retient de verser des larmes devant ce drame aux thématiques universelles.

C’est sans doute la distribution quatre étoiles du film qui justifie un tel sentiment. Avec sa mine juvénile de jeune premier, Pierre Deladonchamps émeut le spectateur dans le rôle de Mathieu. L’acteur est clairement le référent du spectateur par son besoin de connaître ses racines et d’aller de l’avant. Il nous touche par les relations affectives qu’il tisse avec les différents personnages du film. Nos « cousins » canadiens peuvent de leur côté se targuer de l’interprétation de Gabriel Arcand, tour à tour bougon, soutien de Mathieu et symbole de la figure patriarcale. Gravitent autour de son personnage de Pierre, deux excellentes actrices : Marie-Thérèse Fortin, dans le rôle de l’épouse aimante et bienveillante, qui en sait bien plus qu’il n’y paraît ; Catherine de Léan, dans le rôle de la fille, Bettina, qui est proche de Mathieu.

Dix ans après Je vais bien, ne t’en fais pas, Philippe Lioret réalise ce qu’il sait le mieux faire : un drame familial aux secrets savamment entretenus. Outre un scénario astucieux, il peut compter sur les très beaux paysages canadiens (la scène du lac pourrait presque rappeler la découverte de Laura Palmer dans Twin Peaks) et sur une distribution au top niveau. N’en jetez plus, la coupe est pleine et vous savez ce qu’il vous reste à faire.

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15.09.16

06:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Toni Erdmann
Réalisatrice : Maren Ade
Année : 2016
Origine : Allemagne
Durée : 2h42
Avec : Peter Simonischek (Winfried – Toni Erdmann), Sandra Hüller (Inès), etc.
Par Nicofeel

Présenté en compétition officielle lors du dernier festival de Cannes, Toni Erdmann y est reparti bredouille alors qu’il avait les faveurs des critiques. Ces derniers ne s’y étaient pourtant pas trompés. Toni Erdmann est une œuvre aussi excellente que singulière.

Sa réalisatrice, l’allemande Maren Ade, a mis en scène une comédie dramatique forte, où le sens du burlesque risque toutefois de décontenancer plus d’un spectateur.

Et pourtant, c’est bien ce qui fait l’originalité de Toni Erdmann. D’emblée, on entre dans le quotidien de Winfried, un soixantenaire célibataire, employé dans une école, dont le signe particulier est d’aimer faire des farces à ses congénères. La première « victime » est son facteur. Il lui fait croire que son colis est destiné à son frère sortant de prison. Après s’être déguisé grossièrement pour faire croire qu’il est ce fameux frère, il lui dit que le colis est piégé avant de lui avouer qu’il s’agit d’une blague. Cette plaisanterie est symptomatique du mode de pensée de Winfried. Il adore faire le pitre et amuser son entourage. Quelque part, il a conservé un esprit d’enfant.

Tout l’inverse de sa fille, Inès, cadre dans un grand cabinet d’audit international. Cette jeune femme, très stricte, ne prend pas vraiment le temps de s’amuser. Son travail de conseil en externalisation en Roumanie, lui accapare l’intégralité de son temps. Elle est obnubilée par sa réussite professionnelle et est prête à tout pour y arriver, y compris à assister à des dîners mondains ennuyeux ou à faire visiter Bucarest à la femme d’un client important sur son temps libre.

Forcément, quand Winfried débarque à l’improviste chez Inès, nul doute que les choses ne vont pas se passer comme prévu pour la jeune cadre dynamique. Notre trublion vient perturber le quotidien minutieusement établi d’Inès : il perturbe son principal client, il fait l’imbécile avec ses collègues de travail et ses connaissances.

L’apparente bouffonnerie de Winfried pourrait donner l’impression que le film repose uniquement sur son aspect comique. Que nenni. Lors d’une discussion en tête à tête avec sa fille, Winfried lui demande si elle est heureuse dans la vie. Question à la fois simple et complexe pour cette femme ne souhaitant absolument pas se lancer dans une introspection, pouvant se révéler douloureuse. Raison pour laquelle elle écourte le séjour de son père, fatiguée de ses facéties et de son intrusion dans sa vie.

Alors que l’on pense que Winfried a rejoint l’Allemagne, il revient à la charge pour le deuxième acte du film sous l’identité de Toni Erdmann. Il se présente désormais en tant que coach de vie et consultant, ami de Ion Tiriac. Il repart de plus belle dans ses bouffonneries, dans le but évident de se rapprocher de sa fille et de lui faire comprendre que l’essentiel est ailleurs pour cette business woman.

Affublé d’un dentier répugnant et d’une perruque ridicule, Toni Erdmann n’a pas peur de se moquer de lui-même avant de pointer du doigt tous ces bourgeois et autres riches méprisants à l’égard d’autrui.

Si la cinéaste Maren Ade prend le parti de l’humour, c’est pour mieux critiquer notre société capitaliste actuelle, où l’argent est devenu le cœur de tout. Derrière les conseils en externalisation prodigués par Inès, il y a surtout des gens sur le point de perdre leur emploi. Pour quelle raison ? Pour augmenter les profits d’une entreprise qui n’en a jamais assez. Toni Erdmann s’en prend ouvertement à ces méthodes au management douteux et fustige également les fastes de bourgeois / cadres déconnectés de la réalité. On est proche de la description des golden boys version American psycho.

Heureusement, le film ne se focalise pas seulement sur les travers de notre société. C’est aussi une étude – plus fine qu’il n’y paraît – de la relation entre un père et sa fille. Si les deux paraissent totalement opposés, il n’empêche qu’ils ont un point commun : celui d’être désespérément seuls. Le besoin de se retrouver est donc fondamental.

A cet effet, si le film joue à fond la carte du burlesque, il réserve quelques beaux moments d’émotion. On songe notamment à cette scène surréaliste où Winfried – Toni Erdmann se rend à la fête de sa fille (une fête mémorable, prouvant qu’elle a commencé à changer) affublé d’un étrange costume bulgare, lointain cousin de Chewbacca. D’après les us et coutumes locales, ce costume aurait pour but de chasser les mauvais esprits. En l’état, c’est une façon pour Toni Erdmann de libérer Inès des entraves mentales qu’elle s’est créées. Et en avant la liberté ! La fin du film, très ouverte, comporte peu de dialogues. Pratiquement tout se joue au niveau des regards échangés entre Toni Erdmann et sa fille.

D’ailleurs, la réussite de ce long métrage tient pour beaucoup à sa distribution. Peter Simonischek est épatant de naturel dans le rôle de Winfried – Toni Erdmann. Quant à Sandra Hüller, elle donne bien le change dans le rôle difficile de l’impavide et ambitieuse Inès. Sans eux, le film n’aurait pas le même cachet.

Pour autant, tout n’est pas parfait. Le principal reproche que l’on peut formuler tient à la durée du film. Les 2h42 qui attendent le spectateur ne sont pas justifiées. Il eut été plus judicieux de couper certaines séquences, pour limiter la durée à un total de deux heures, par exemple. Il faut reconnaître que la première heure, sans être laborieuse, est trop étirée.

Dans l’ensemble, Toni Erdmann n’en demeure pas moins une œuvre atypique, très drôle et touchante par moments. Cela n’est pas un hasard si Toni Erdmann déclare être un coach de vie. Celui qui est le référent du spectateur, est aussi un miroir pour ce dernier. Il est là pour nous amener à reconsidérer notre propre vie. Vous avez dit bien vu ?

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10.09.16

00:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Bastard
Réalisateurs : Powell Robinson et Patrick Robert Young
Année : 2016 (date de sortie non prévue à l'heure actuelle)

Origine : Etats-Unis
Durée : 1h22
Avec : Rebekah Kennedy (Betty), Ellis Greer (Hannah), Tonya Kay (Rachael), Dan Creed (West), Will Tranfo (Jake), Burt Culver (Michael), Ryan Shoos (Tanner), etc.

Les films d'horreur sortant au cinéma ou en DVD sont légion chaque année. Dès lors, il n'est pas facile de faire preuve d'originalité ou tout simplement de tirer son épingle du jeu.
Totalement inconnus au bataillon, les réalisateurs Powell Robinson et Patrick Robert Young se sont sans doute rappelés cette idée, lorsqu'ils ont mis en scène Bastard, leur premier long métrage.
Ce film est clairement l'oeuvre de fans de films d'horreur, tant certaines références paraissent évidentes. Toutefois, Bastard ne croule pas sous ces références et fait même preuve d'une certaine originalité.
On appréciera ainsi le début du film avec ce duo de psychopathes Hannah et West, qui détroussent sans vergogne des chauffeurs libidineux et autres pervers, ayant la bien mauvaise idée de croiser leur route. On songe immédiatement aux tueurs de la lune de miel. On s'attend alors à un road-movie horrifique avec des morts s'amoncellant au fur et à mesure du parcours de nos amoureux fous. On imagine bien les séquences à venir, ce qui n'est pas sans nous déplaire. D'autant que le film fait preuve d'un dynamisme, qui ne va jamais se démentir.

Pourtant, le film va rapidement prendre un autre tournant. Ce serait sous-estimer la capacité des réalisateurs que de les limiter à un road-movie horrifique. Leurs ambitions sont plus importantes et les deux compères se révèlent bien plus astucieux qu'il n'y paraît. Bastard est à sa façon une sorte de film-choral. Outre ce duo de psychopathes que l'on ne voudrait pas croiser dans la vie, ce film développe plusieurs histoires en parallèle, finissant par se rejoindre : tel un policier homosexuel au bout du rouleau, vivant une histoire contrariée. Et puis on a surtout la description de deux jeunes, Jake et Betty (frère et sœur ?), venant de quitter le cocon familial pour des raisons obscures (abus sexuel, violence ?). On a réellement peur pour eux quand on voit qu'ils sont pris en auto-stop par Hannah et West.
Tout ce beau monde décide de se ressourcer dans un endroit paisible, une résidence tenue par une jeune femme, Rachael, qui n'a pas l'air non plus d'être au-dessus de soupçon.
A la manière d'un pur slasher, les réalisateurs Powell Robinson et Patrick Robert Young mettent en scène un tueur masqué, qui va d'abord s'en prendre à des inconnus avant de jeter son dévolu sur tout notre joli monde. L'un des attraits du film consiste alors à se demander, comme dans un Cluedo, l'identité du tueur qui exécute sans pitié ses victimes. Les fans de films d'horreur apprécieront sans nul doute la violence des meurtres et la générosité du gore qui a cours. Certes, on ne se situe pas dans Massacre à la tronçonneuse, mais certaines mises à mort se révèlent tout à fait marquantes.
Et puis ce n'est tout de même pas fréquent que l'on voit certains psychopathes se faire attaquer par d'autres psychopathes. Dans un film où la réflexion n'est pas fondamentalement de rigueur, les cinéastes ont peut-être un message à faire passer. Si au premier abord, tout paraît aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, quand on gratte le vernis les choses se révèlent bien différentes. La société a engendré nombre de personnes dérangées, faisant payer leur mal-être à leurs congénères. La société américaine a beau être l'une des plus développées au monde, elle comporte beaucoup de psychopathes et rednecks que l'on préfère éviter au quotidien.
Entre des scènes d'horreur bien sèches et « carrées », une multiplicité d'acteurs et une intrigue digne d'un bon slasher, Bastard a de quoi tenir la route. Toutefois, le film paye ses excès. Sur une durée relativement réduite – à peine plus d'1h20 – les réalisateurs ont voulu en mettre plein la vue au spectateur. Au détriment du scénario dont la crédibilité laisse par moments franchement à désirer. On pourra ainsi ergoter contre des facilités scénaristiques, à l'image de cette scène où une prisonnière regarde une vidéo comportant des images violentes, dont on se demande bien comment elles ont pu être filmées. Certes, il s'agit d'une scène choc en lien avec ce qui arrive à la prisonnière, mais tout de même. Dans le même ordre d'idée, le film laisse franchement à désirer dans sa séquence finale, avec des coïncidences vraiment tirées par les cheveux. Mais après tout, le final annonce un épisode 2 de Bastard que l'on attend avec un certain intérêt.
Car ces défauts n'entament pas le plaisir que l'on prend à regarder ce film d'horreur faisant preuve d'une réelle générosité dans ses scènes gores et d'un esprit ludique tout à fait plaisant. Bastard aurait mérité de sortir sur grand écran.

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09.09.16

06:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : L'économie du couple
Réalisateur : Joachim Lafosse
Année : 2016
Origine : Belgique

Durée : 1h40
Avec : Bérénice Béjo, Cédric Kahn, Marthe Keller, etc.
Par Nicofeel

Après Nue propriété (2006) et A perdre la raison (2012), le cinéaste belge Joachim Lafosse continue de tracer son sillon de l'étude de la famille. Chez Lafosse, la famille est loin d'apparaître sous un jour favorable. Il y est constamment question de tensions, d'étouffement, de désaccords profonds, avec souvent l'argent comme source de conflits.
D'ailleurs, dans son dernier film, L'économie du couple, Lafosse dépeint la vie privée de Marie et Boris, deux personnes mariées vivant sous le même toit mais ne partageant plus rien. Les sentiments ont disparu entre eux et seules leurs deux petites filles – de jolies jumelles – demeurent le lien très fragile qui les fait inexorablement cohabiter.
En dehors de leurs enfants, l'argent est au cœur de leurs discussions. Boris ne quittera pas le domicile conjugal tant qu'il n'aura pas récupéré « sa » part. Si la maison a été entièrement payé par sa femme, il estime que les travaux qu'il a effectués lui ont fait gagner de la valeur.
Pendant plus d'heure trente, on assiste à la cohabitation houleuse d'un couple qui a littéralement explosé. Boris donne l'impression d'un mari irresponsable, immature et profiteur. Il ne travaille pas et vit aux crochets de sa femme. Cette dernière ne peut pas compter sur lui et après une dizaine d'années de vie commune, elle ne peut plus le supporter. D'autant qu'il passe son temps à la chercher, à la provoquer. A se demander si cette situation ne l'amuse pas. « Ce sont tes règles » déclare-t-il à plusieurs reprises, une façon facile de l'agacer.

On sent vraiment qu'il y a un point de non retour (voir la scène du dîner avec les amis de Marie) et que les choses ne peuvent qu'aller de mal en pis. Même l'argent ne fait pas tout.
Joachim Lafosse décrit avec beaucoup de pertinence l'usure d'un couple lambda et la fin de l'amour. Son film est d'autant plus intéressant qu'il est très réaliste. Les dialogues (l'un des co-scénaristes n'est autre que Mazarine Pingeot) ciselés ne donnent pas l'impression d'être joués. On a droit à une impressionnante violence verbale, en mesure de secouer le spectateur.
Surtout que Joachim Lafosse a l'intelligence de faire adopter le point de vue de Marie. On souffre pour cette femme qui vit une séparation difficile.
A cet effet, le lieu de l'action du film n'est pas anodin. Il se passe quasi exclusivement dans cette maison familiale, avec aucun horizon à l'extérieur. De la sorte, on ressent l'étouffement de ces personnages, obligés de vivre en vase clos, faute de mieux. La mise en scène épouse d'ailleurs les thématique de ce long métrage. Les nombreux plans fixes sont là pour signifier l'absence de solution. Quant aux mouvements de caméra, matérialisés par des travellings, ils attestent de la violence des propos échangés entre Boris et Marie.
Le film de Lafosse est tellement bien fait que le spectateur est happé par les sentiments des uns et des autres : la souffrance de Marie et la malice de Boris, qui cherche à la faire craquer sur le plan mental.
Evidemment, dans un tel film, la réussite tient pour beaucoup à la performance des acteurs. A cet égard, Bérénice Béjo est vraiment épatante dans le rôle de cette femme à bout, qui veut plus que tout ménager ses enfants, tout en cherchant une issue à son conflit conjugal. Quant à Cédric Kahn, que l'on connaît plutôt en tant que réalisateur (L'ennui, Roberto Succo), il nous épate dans le rôle du « méchant », une personne sans foi ni loi, dont l'argent est manifestement le seul point d'intérêt.
L'économie du couple est finalement en phase avec son temps. On vit en effet une époque où la séparation est devenue banale, ce qui n'était pas le cas auparavant. Mais Joachim Lafosse a le mérite de nous montrer que les dégâts collatéraux peuvent être importants sur le plan affectif. Il n'hésite pas à ce titre à dresser le portrait sans fards d'un couple ne s'aimant plus.
La mise en scène de ce cinéaste belge adopte totalement les thématiques de L'économie du couple. C'est par cette réalisation rigoureuse que Joachim Lafosse signe sans nul doute son meilleur film. Et l'une des œuvres les plus marquantes de l'année 2016, jusque-là relativement pauvre sur le plan cinématographique. Vivement la prochaine étude de mœurs de Joachim Lafosse !

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20.08.16

07:15:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Rosalie Blum
Réalisateur : Julien Rappeneau
Année : 2016

Origine : France
Durée : 1h35
Avec : Noémie Lvovsky, Kyan Khojandi, Alice Isaaz, Anémone, Philippe Rabbot
Par Nicofeel

Habitué jusque-là au rôle de scénariste (Largo Winch 1 et 2, Cloclo), Julien Rappeneau, fils de Jean-Paul, réalise avec Rosalie Blum son premier long métrage. Il adapte à cet effet la bande dessinée éponyme de Camille Jourdy.
Rosalie Blum est un film marqué du sceau de la sensibilité. Dès le départ, on nous présente le personnage de Vincent Machot, un trentenaire réservé, totalement au service de sa vieille mère possessive. Alors qu'il est désespérément seul dans sa vie, il est intrigué par une femme qu'il aperçoit par hasard dans la rue. Il s'agit évidemment de Rosalie Blum. Vincent a l'impression de la connaître (le final du film nous dira en quoi c'est le cas). Elle l'intéresse tellement qu'il la suit partout, à tel point que ça en devient quasi maladif.
Si le film n'est pas directement tourné vers la comédie, il réserve malgré tout de bons moments de rigolade. Il faut voir le pauvre Vincent suivre maladroitement Rosalie, dans ses moindres faits et gestes, que cela soit sur son lieu de travail à la supérette du coin ou à l'église où elle chante. On n'a pas vraiment affaire au roi de la filature. Loin s'en faut ! Rosalie l'a d'ailleurs remarqué depuis un moment.
C'est alors qu'intervient un amusant et inattendu renversement de situation. On a droit à l'arroseur arrosé ou plutôt au suiveur suivi. Rosalie Blum, également seule dans la vie, se plaît à avoir un mystérieux suiveur à ses basques. Avec la complicité de sa nièce, Aude, elle prend le parti de le faire suivre !

Rosalie Blum


Le film oscille dès lors dans deux directions a priori antinomiques et pourtant complémentaires : la comédie et le drame. La comédie est à l'oeuvre par le biais des différents stratagèmes utilisés par Rosalie Blum pour découvrir qui est ce Vincent Machot et quelles sont ses motivations. Aidée de son fantasque voisin et de ses copines, Aude monte une véritable équipe pour pister Vincent. Leurs découvertes seront à la hauteur des délires sur Vincent (« c'est peut-être un psychopathe »). La rencontre avec la mère un peu fofolle de Vincent, donne lieu à une scène délirante.
Et puis, à l'instar de 500 jours ensemble, le réalisateur Julien Rappeneau a eu la bonne idée de redistribuer les cartes – de la même façon que l'arroseur se retrouve arrosé – en changeant de perspective par le biais d'astucieux flashbacks. En effet, on revoit certaines scènes mais d'une autre façon, ce qui apporte des éléments de réponse. On se croirait presque dans un Cluedo sur le mode humorstique (la vérité sur l'étrange pratique dans la forêt vaut son pesant d'or).
Toutefois, Rosalie Blum n'est pas une comédie. Il y a une dimension sensible, dramatique, qui constitue un de ses piliers. D'abord, il y a l'évident besoin pour Vincent, qui a repris le salon de son père, et qui vit dans le même immeuble que sa mère, de couper le cordon avec cette dernière. Son intérêt pour Rosalie Blum et pour les personnes qu'il va rencontrer, est une façon de s'accorder un nouveau départ. Ensuite, il y a tout le passé de Rosalie Blum qui refait surface progressivement. Un passé lourd qu'il est difficile d'affronter. Le film est fort dans le sens où il montre que cette femme a du mal à se reconstruire suite à des événements dramatiques qu'elle a connu autrefois.
Pourtant, quand la comédie et le drame se rencontrent, on a droit à un florilège d'émotions, avec ces êtres seuls, cabossés par la vie, parfois laissés-pour-compte ou tout comme (Aude et son voisin), prêts à un nouveau départ.

Rosalie Blum

La distribution du film est formidable. Noémie Lvovsky est impeccable dans le rôle de l'étonnante et mystérieuse Rosalie Blum. Quant à Kya Khojandi, cet acteur peu connu est parfait en Vincent Machot, un homme timide qui souhaite plus que tout s'émanciper et vivre une autre vie. Mais dépasser sa timidité, est souvent bien plus facile à dire qu'à faire. Le film réserve tout de même de beaux moments de tendresse, et même d'amour. Eh oui ! Mais revenons au casting. La mignonne Alice Isaaz, vue dans La crème de la crème de Kim Chapiron, interprète de façon franche et directe le rôle de Aude. Les seconds rôles sont également à la fête : que ce soit Anémone, plus piquante que jamais dans le rôle de la mère de Vincent, dont la folie n'a d'égale que l'originalité. Et que dire de Philippe Rabbot, le compagnon dans la vie de Romane Bohringer, interprétant tout naturellement le personnage du délirant voisin de Aude, fan d'animaux et disposé à plein de bizarreries dans le cadre de son « travail »...
Sensible, drôle et touchant, Rosalie Blum est un beau film qui donne forcément envie de lire le roman graphique de Camille Jourdy.

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18.08.16

00:11:11, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Ce documentaire suit l’apnéiste quadruple champion du monde, le monégasque Pierre Frolla, dans un voyage de 51 jours. Parcourant les océans (indien, pacifique, atlantique et mer méditerranée) et en compagnie d’une tribu de Nouvelle-Calédonie, le plongeur nous fait découvrir les plus beaux spots de plongée du monde.

Mon avis :

En 1988, Luc Besson popularisait avec "Le Grand Bleu", une discipline sportive jusque-là peu connue du grand public, la plongée en apnée! Si le film se concentrait pas mal sur les exploits sportifs de Jacques Mayol et Enzo Molinari (personnage inspiré en réalité d’Enzo Maiorca), il montrait déjà également les rapports très particuliers que ces plongeurs entretiennent souvent avec la nature et bien évidemment tout particulièrement avec le milieu marin...

Avec "Le temps d'une apnée", le réalisateur Philippe Gérard nous propose un film documentaire suivant l'apnéiste quadruple recordman du monde Pierre Frolla durant 51 jours à travers ses plongées dans la mer méditerranéenne et les océans indien, pacifique et atlantique. Dans ce film d'un peu moins d'une heure donc, l'on perçoit pleinement l'amour qu'a le plongeur pour son environnement de prédilection (les océans en l’occurrence) et pour ses habitants.

On va le suivre ainsi dans son école de plongée avant que celui-ci nous entraîne à la rencontre des cachalots, des requins-tigres ou encore d’une murène avec qui il aura un contact pour le moins surprenant. Le documentaire nous offre, comme on peut s'en douter, des images absolument magnifiques, mais il faut dire que le réalisateur a su s'entourer, faisant notamment appel à René Heuzey ("Océans") en tant que directeur de la photographie. D’ailleurs, le film a remporté le prix de la meilleure image au festival du film de Corée du Sud, un prix amplement mérité.

En revanche, on pourra déplorer le fait que ce documentaire apparemment filmé à l’origine en 3D, ne nous soit pas proposé dans une édition nous permettant de bénéficier du relief... On n’a en effet le droit qu’à une simple édition DVD, même pas une édition Blu-ray qui aurait tout de même pu mettre en valeur les splendides images du film. Quel dommage! Mais, bon ne boudons pas notre plaisir, c’est déjà pas mal de pouvoir avoir ce documentaire sur support physique à l’heure où la plupart des gens ne jurent que par la dématérialisation.

"On A Long Breath" (Oui, le film est plus connu sous ce titre!) nous fait voyager et surtout rêver grâce à ses images magnifiques et rien que pour cela il vaut le détour, mais en plus il nous montre la plongée en apnée sous un angle nouveau et ça, c’est plutôt sympa également et intéressant!

"Le temps d'une apnée" est sorti en DVD le 16 août 2016 chez Factoris Films dans une édition proposant le film au format 1.78:1 16/9ème compatible 4/3 avec piste audio française Dolby Digital 5.1. Comme à son habitude, l'éditeur nous offre en plus la copie digitale du film en illimité en version française 2.0 AAC. En revanche, aucun bonus ne nous est ici offert...




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17.08.16

13:12:33, Catégories: Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Robert McCall, après des années dans les services secrets américains, met son expérience au service des plus faibles. Grâce à ses contacts et réseaux acquis pendant son passé d’espion, il devient le justicier des opprimés de New York qui font appel à lui. Son nom de code : l’Equalizer. Implacable, solitaire et sans pitié envers les criminels, il espère expier ses actions passées en aidant ses concitoyens...

Mon avis :

Si c'est avant tout évidemment la récente adaptation en film par Antoine Fuqua avec Denzel Washington qui a remis en lumière cette série tombée quelque peu dans l'oubli, la seule vue du génial et oppressant générique de "The Equalizer" nous replonge aux fins fonds de nos souvenirs et nous rappelle à quel point cette série policière était sympa...

Créée par Richard Lindheim ("B.J. and the Bear") et Michael Sloan ("L'homme au katana", "Alfred Hitchcock présente", "Kung fu, la légende continue"), la série "The Equalizer" capte immédiatement notre attention grâce à un premier épisode pilote mêlant plusieurs intrigues, mis en scène de façon dynamique et au montage particulièrement efficace.

Malgré un rythme soutenu, on a déjà le temps de s'attacher au personnage principal de la série, Robert McCall, interprété par Edward Woodward ("The Wicker Man", "Callan", "1990", "Les nouveaux professionnels"), un ancien agent des services secrets américains à la retraite, qui monte une petite agence pour aider les personnes en détresse. Il faut dire que c'est un personnage généreux, mais qui a aussi des failles et notamment par son passé où il a notamment pas mal délaissé sa famille. Son personnage est d'ailleurs assez étonnant, car si l'action se déroule à Manhattan, lui, ferait plutôt anglais de par son flegme, sa classe, mais également sa voiture, puisqu'il roule toujours en Jaguar...

Avec "L’Enlèvement", le deuxième épisode, on retombe dans un schéma plus classique, avec une seule intrigue et aucune incursion dans la vie privée de notre héros. L'intrigue tient toutefois la route et on reste totalement imprégné par la série. Comme dans l'épisode pilote, on retrouve ici dans le rôle du lieutenant Jefferson Burnett, l'acteur Steven Williams ("The Blues Brothers", "Vendredi 13 : Jason va en enfer", "Los Angeles Heat"), bien connu pour son rôle du Capitaine Adam Fuller dans la série "21 Jump Street".

Dans "Le Transfuge", le troisième épisode, on retrouve une structure d'épisode plus proche de l'épisode pilote, avec une double intrigue, dont une qui ramènera notre héros dans son passé d'agent secret avec une histoire classique d’espionnage sur fond de guerre froide. Dans cet épisode, on notera la présence de Robert Joy ("Recherche Susan désespérément", "La part des ténèbres", "Waterworld", "La colline a des yeux", "Les experts: Manhattan") dans le rôle de Jacob Stock, un agent secret qui réapparaîtra par la suite à plusieurs reprises dans la série.

"La Grande Ville", le quatrième épisode, pourrait presque tourner à la comédie tant la petite famille au coeur de cet épisode semble avoir la poisse, mais au final il s'agira d'une sordide histoire de prostitution, qui ôtera vite le côté presque comique du début de l'épisode. Dans cet épisode, on remarquera quelques têtes bien connues et notamment celle de J.T. Walsh ("Good Morning, Vietnam", "Des hommes d'honneur", "Last Seduction", "Pleasantville") dans le rôle de Sam Griffith, le père de famille ou encore celle de Lori Petty ("Booker", "Point Break", "Sauvez Willy", "Tank Girl") dont c'était ici le premier rôle.

"Police en jupon", le cinquième épisode, bien que très classique, est vraiment pas mal également avec une histoire de flics ripoux, signée entre autres par Kathryn Bigelow ("Aux frontières de l'aube", "Blue Steel", "Point Break", "Strange Days", "Démineurs") et parmi lesquels on remarquera l'acteur Will Patton ("Le client", "Armageddon", "Le plus beau des combats", "24 heures chrono"), mais également Esai Morales ("Bad Boys", "La Bamba", "Rapa Nui").

Le sixième épisode, intitulé en version française "Le Piège", permet quant à lui de retrouver l'acteur Burt Young ("Tueur d'élite", "Le Convoi", "Le Pape de Greenwich Village"), le mythique acteur de la saga "Rocky", bien connu pour son rôle de Paulie Pennino, dans un rôle de loser qui lui va à merveille...

Avec "Un week-end à la campagne", on s'éloigne quelque peu en revanche du concept original de la série, puisque cette fois notre héros va se retrouver directement concerné par l'action, car son fils, qu'on aura le plaisir de retrouver (puisqu'il n'était jusque-là que dans l'épisode pilote!) et lui, vont se retrouver à devoir se défendre bien malgré eux contre l'attaque de trois individus voulant faire taire une jeune femme qu'ils vont croiser lors d'un petit week-end à la campagne... Un épisode en tout cas haletant où l'on croisera notamment dans un petit rôle de docteur, l'acteur Ed O'Neill ("Wayne's World", "La prisonnière espagnole", "Bone Collector", "Modern Family") bien connu pour son rôle d'Al Bundy dans la série "Mariés, deux enfants"...

L'épisode suivant, "Carla" va directement ramener McCall dans son passé, puisque cette fois il va devoir protéger son ancien amour avec la complicité de son concurrent direct, lui aussi ancien amoureux de la dame et chargé malheureusement de l'éliminer. Du coup, ce dernier va charger notre héros de contrecarrer ses propres plans tout en laissant croire à ses commanditaires qu'il n'était pas au courant... Un bon épisode encore où l'on notera la présence notamment de Saul Rubinek ("Le Bûcher des vanités", "Impitoyable", "True Romance", "Warehouse 13").

S'en suit "Le Fils modèle", un épisode de bonne facture également dans lequel notre héros va ressouder les liens d’une famille désunie en aidant un fils de bonne famille tombé dans le trafic de drogue. Quelques têtes connues dans cet épisode également et tout particulièrement Christine Baranski ("Birdcage", "Le Grinch", "Chicago", "Mamma Mia!") et dans un petit rôle de voyou, Billy Wirth ("Génération perdue", "Les contes de la crypte", "Body Snatchers, l'invasion continue") que j'avais beaucoup aimé à la fin des années 80 dans l'excellent "War Party" de Franc Roddam avec Kevin Dillon, un film qui mériterait vraiment de ressortir un jour en DVD...

Dans "Embuscade", Robert McCall va être confronté cette fois à un justicier ; un épisode également sympa, mais où finalement le personnage du justicier ne semble pas suffisamment exploité. Un peu dommage, mais l'épisode présente toutefois d'autres qualités! On aura notamment le plaisir de retrouver l'acteur Keith Szarabajka ("Un monde parfait", "The Dark Knight: Le chevalier noir", "Argo") dans le rôle de Mickey Kostmayer, venant ici pour la deuxième fois prêter main forte à notre héros et dont le personnage deviendra récurrent par la suite dans la série, ce qui est ma foi plutôt une bonne chose, car son personnage est assez attachant. Dans cet épisode, on notera enfin la présence anecdotique, mais toujours remarquée du rocker Meat Loaf ("The Rocky Horror Picture Show", "Wayne's World", "Fight Club")...

Enfin, on finit cette première partie de la première saison avec "Par désœuvrement", un épisode assez intéressant, montrant un Robert McCall souffrant d'une bonne crève, ce qui rend le personnage évidemment plus humain et dans lequel il va se confronter à un tueur professionnel aux goûts assez particuliers... Et c'est Blanche Baker ("Seize bougies pour Sam", "Blue-Jean Cop", "The Girl Next Door") qui va ici faire les frais de ce tueur détraqué excellemment interprété par Ray Sharkey ("La taverne de l'enfer", "Sans pitié", "Un flic dans la mafia"), un acteur malheureusement disparu bien trop jeune puisqu'il décéda à l'âge de 40 ans et qui connut un destin assez tragique puisqu'il tomba dans la drogue et attrapa le virus du SIDA en raison d'une aiguille contaminée...

Un très bon début de série en tout cas qui donne immédiatement envie de voir la suite!

Ce volume 1 de la première saison de la série "The Equalizer" est sorti le 22 octobre 2014 chez Elephant Films, mais un coffret de l’intégrale de la série est annoncé pour le 5 octobre 2016. Ce premier coffret présente une image au format 1.33:1 4/3 avec pistes audio française et anglaise Dolby digital 2.0 et sous-titres français sur la vo. Par contre, seules quelques bandes annonces d’autres séries éditées par l’éditeur sont proposées en guise de bonus.

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12.08.16

07:16:33, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Frankenstein
Réalisateur : Bernard Rose
Année : 2016
Origine : Etats-Unis

Durée : 1h30
Avec : Xavier Samuel (le monstre), Carrie-Ann Moss (Elizabeth), Danny Huston (Victor), Tony Todd (Eddie), etc.

Par Nicofeel

Frankenstein a été présenté lors de différents festivals (Gérardmer, Neuchâtel, Bruxelles). C'est à Bernard Rose que l'on doit des films singuliers tels que Paperhouse (1988) et bien évidemment le célèbre Candyman (1992). Le voir aux commandes d'une version actualisée de Frankenstein est donc plutôt une bonne nouvelle.
En effet, il paraît primordial d'avoir un réalisateur doté d'idées très personnelles pour monter un projet sur un mythe ayant fait l'objet de moults adaptations : que ce soit la version humaniste de James Whale (1931), la version érotico-gore de Paul Morissey (Chair pour Frankenstein), les versions gothiques de la Hammer ou encore la version assez gore de Kenneth Branagh, Frankenstein est sans conteste une des histoires de monstres les plus populaires.
Dès lors, on se demande bien ce que pourra apporter la version de Bernard Rose. Avec toute l'affection qu'il a pour les exclus de la société, le cinéaste britannique a eu la bonne idée de se rapprocher de la version de James Whale, en la transposant à notre époque actuelle.
Et ce réalisateur a changé de manière intelligente plusieurs données du mythe. Cette fois-ci, le monstre de Frankenstein n'est pas créé à l'aide de membres de différents morts. Non, cette fois-ci c'est l'avancée de la science qui a permis sa création.
A cet effet, tout au long de son film, Bernard Rose n'aura de cesse de s'interroger sur le lien entre le créateur et sa créature, à l'instar de Blade Runner. A la base, pour les croyants, c'est Dieu qui a créé les hommes. Si des chercheurs s'arrogent ce droit, c'est toute la chaîne de la nature qui est remise en cause. Bernard Rose fustige une science qui va loin dans ses expériences, dont les résultats peuvent s'avérer dangereux. C'est bien l'homme qui a créé ce monstre.

Pour autant, il ne faut pas s'y tromper. Si la star du film est le fameux « monstre » de Frankenstein, le véritable monstre c'est bien la société humaine. Ce que nous expliquait déjà jadis James Whale dans sa sublime adaptation de la nouvelle de Mary Shelley (1797 – 1851). Une société qui n'accepte pas ce qu'elle ne connaît pas. L'étranger est au cœur du film, puisque cet être non humain est pourchassé par autrui. Les meurtres qu'il commet ne sont qu'un processus d'auto-défense pour cette créature sans cesse rejetée par le monde qui l'entoure. Ses représailles sont violentes, mais sont finalement à l'image des attaques ou des rejets en règle des humains qu'il ne cesse de subir.
L'un des apports fondamentaux de cette version de Bernard Rose est d'avoir doté le monstre de l'intelligence d'un enfant, comme s'il venait tout juste de naître. L'idée est intéressante, puisqu'elle permet d'expliquer les réactions du monstre. Et puis, pour apporter une empathie envers notre « anti-héros », Bernard Rose a inclus une voix off, qui n'est autre que la réflexion du « monstre ». Le spectateur comprend alors ce qu'il ressent et quelles sont ses envies, ses déceptions. Le monstre, tel qu'il se décrit lui-même, a conscience de sa laideur extérieure et du fait qu'il n'est pas le bienvenu dans cette société. Plus que jamais, il s'interroge sur ses origines. « Qui suis-je ? » demande-t-il à plusieurs reprises.
Avant d'obtenir l'explication qu'il souhaite, ce monstre va connaître un parcours douloureux, qui s'apparente clairement à un chemin de croix. D'ailleurs, la parenté avec le Christ paraît évidente, puisque, comme lui, il finit par ressusciter et comme lui, il va avoir un destin funeste. Et puis, de la même façon que le Christ, le monstre de Frankenstein trouve comme amis (ses seuls) des exclus de la société, des laissés-pour-compte. En trouvant du réconfort auprès d'un clochard aveugle (joué par Tony Todd, l'interprète de Candyman) ou en fréquentant une prostituée, le monstre exprime tout l'intérêt que le réalisateur a pour ces gens, considérés par certains comme de véritables parias.
A l'instar de Paperhouse ou Candyman, Frankenstein contient plusieurs scènes oniriques, fort réussies, qui sont tout bonnement la matérialisation des rêves du monstre. Preuve que cet être n'est pas seulement la création de savants fous. Il est bien doté d'une âme. Sinon, il ne pourrait pas rêver.
Xavier Samuel interprète d'ailleurs avec beaucoup d'émotion le rôle du monstre, demeurant presque aussi marquant que jadis Bela Lugosi. Il exprime parfaitement la souffrance d'un être rejeté. On appréciera également de retrouver l'actrice Carrie-Ann Moss, dans le rôle de la « mère » du monstre. Elle fait preuve elle aussi de beaucoup de sensibilité au niveau de son jeu.
Peu de défauts sont notables dans cette œuvre. Tout au plus on pourra reprocher à Bernard Rose des références trop appuyées au mythe original, avec par exemple l'utilisation des mêmes noms que la nouvelle de Mary Shelley. Il n'était pas franchement nécessaire que le créateur s'appelle Victor Frankenstein. A l'image du titre du film, le spectateur aurait pu faire aisément le lien.
Heureusement, ces menus défauts n'annihilent pas le plaisir à voir ce long métrage qui aurait mérité amplement une sortie en salles par les circuits traditionnels.

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10.08.16

05:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : American nightmare 3 : elections
Titre original : The purge : election year
Réalisateur : James DeMonaco
Année : 2016

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h50
Avec : Frank Grillo (Sergent), Elizabeth Mitchell (Charlie Roan), Mykelti Williamson (Joe Dixon), etc.

Par Nicofeel

American nightmare 3 : elections constitue le troisième volet de la saga American nightmare. Après un premier opus convaincant et un second sentant bien trop le réchauffé, que vaut ce troisième épisode ? Clairement, on tient là le meilleur de la série.
On se retrouve à nouveau avec cette idée terrifiante : pour juguler la violence, les autorités américaines – désignées comme les nouveaux pères fondateurs - ont décidé qu'une fois par an, pendant 12 heures, toutes les activités criminelles seraient légalisées. Cet événement se nomme la purge (titre du film en anglais). Tout simplement.
L'attrait de ce troisième volet tient à deux raisons : un scénario plus élaboré que les précédents films et des considérations tout à la fois sociales et politiques bien senties.
Dans American nightmare 3, on se situe en 2025, à quelques semaines de l'élection présidentielle comme dans la vraie vie en cette année 2017. Pure coïncidence ? On a du mal à y croire. Surtout que le point de vue du réalisateur James DeMonaco paraît assez clair. Il critique à tout-va cette société fictionnelle (on espère qu'elle le reste à jamais) où la purge est un dessein politique et économique. La purge permet à des riches de s'en prendre à des pauvres. Surtout, elle donne une légitimation à une société américaine ultra sécuritaire, manifestement pas remise des attentats du 11 septembre 2001. De là à y voir un lien avec le programme de l'actuel candidat républicain à l'élection présidentielle, Donald Trump, il n'y a qu'un pas, que chacun peut franchir.

Surtout que comme à notre époque actuelle, les nouveaux pères fondateurs profitent de la purge pour s'en prendre à une femme, bien placée d'après les sondages, pour obtenir la présidence des Etats-Unis, à l'instar d'Hillary Clinton. Cette femme, c'est la sénatrice Charlie Roan, une partisane de la suppression de la purge. On comprend donc qu'elle ait beaucoup d'ennemis qui souhaitent mettre fin à ses jours.
A l'instar d'un film de Carpenter – on pense par moments à Assaut – American nightmare 3 comporte plusieurs scènes d'action bien « carrées » où Charlie Roan fait l'objet de toutes les attentions. Ce long métrage évite d'être redondant, défaut constaté dans American nightmare 2. En effet, les lieux d'action sont très différents et on assiste à de nombreux retournements de situation. On suit avec intérêt les événements vécus par Charlie Roan et son garde du corps. La mise en scène et la photographie du film sont bien plus soignées que dans les précédents opus. On voit très bien ce qui se passe et il y a une continuité au niveau des séquences.
Dans ces scènes d'action, on regrettera uniquement quelques ralentis, totalement inutiles, et une volonté de donner à la purge un côté spectacle, qui n'est pas franchement le bienvenu. On aurait préféré au contraire plus de tension. Mais ces défauts restent heureusement mineurs.
D'autant que les qualités du film ne se limitent pas à un bon scénario et à une critique ouverte de la politique. C'est aussi un long métrage s'interrogant constamment sur les aspects sociétaux de la purge. Car la légitimation du crime donne lieu à des dérives graves. C'est tout sauf anodin si l'un des personnages du film déclare que la purge « c'est Halloween pour les adultes ». Cette déclaration est symptomatique du mode de pensée de nombre d'Américains. Contrairement à ce que pensent certains, la violence n'est pas un jeu que l'on peut pratiquer librement comme dans un jeu vidéo ou en regardant un film. Légitimer la violence, voire même la rendre nécessaire (la journée de la purge) est le résultat d'une société qui s'enfonce progressivement dans un système archaïque et totalitaire. Exit la démocratie.
On a l'impression de se retrouver dans une sorte d'Hostel où des riches payent pour massacrer des gens, juste pour leur plaisir personnel. Dans cet ordre d'idée, dans American nightmare 3, on évoque un début de tourisme criminel avec des étrangers venant en masse du monde entier, lors de la journée de la purge, pour tuer gratuitement des gens. L'idée fait vraiment froid dans le dos. Car in fine la purge est détournée de son objet initial : à la base, elle était justifiée par la volonté de faire baisser la criminalité. Ici, elle transforme la société américaine en gigantesque safari où l'homme peut satisfaire ses plus bas instincts en tuant ses congénères. Et comme souvent, ce sont les pauvres et les faibles qui en payent le prix fort.
Au niveau de la distribution, la tendance est également à la hausse. Alors que ce genre de série B ne s'illustre généralement pas au niveau de la qualité de ses acteurs, ce film horrifique nous fait mentir. Frank Grillo est excellent dans le rôle du garde du corps, toujours déterminé à aider la sénatrice en danger, et prêt à sécuriser le moindre de ses déplacements. Quant à Elizabeth Mitchell, elle incarne une convaincante Charlie Roan, femme engagée dans ses choix. Elle fait preuve dans ce film de beaucoup de détermination mais révèle aussi ses peurs, ce qui la rend d'autant plus humaine.
En synthèse, American nightmare 3 est sans conteste le meilleur opus de cette saga initiée en 2013. La charge contre la politique est pertinente, tout comme son volet sociétal. Voilà un film bien plus intelligent qu'il n'y paraît au premier abord. A voir.

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09.08.16

05:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Prison de cristal
Réalisateur : Agustin Villaronga
Année : 1986
Origine : Espagne
Durée : 1h50

Avec : Gunter Meisner, David Sust, Marisa Paredes, etc.

Par Nicofeel

Le festival Hallucinations collectives, qui a lieu chaque année à Lyon durant la période de Pâques, propose tout à la fois des avant-premières et des rétrospectives. Au rang des rétro, on retrouve l'excellent Prison de cristal (qui n'a aucune parenté avec Piège de cristal !).
Datant de 1986, Prison de cristal d'Agustin Villaronga est un film purement horrifique, dans toute sa splendeur. Ce long métrage est à réserver à un public hautement averti car son contenu est particulièrement dérangeant.
Il n'y a qu'à voir le synopsis du film avec un ancien bourreau nazi, le docteur Klaus, qui est enfermé dans une prison de cristal, suite à une tentative de suicide, qui l'a rendue fortement handicapée. Un jeune homme décide de l'assister pour ses soins quotidiens, alors que ses desseins sont très différents...
Tout le film est basé sur la confrontation perverse entre le docteur Klaus et Angelo, ange exterminateur surgi du passé qui va le placer en face de sa monstruosité.

Si ce long métrage utilise par moments les codes du thriller à la Hitchcock et à la Argento, il devient de plus en plus oppressant et complexe. En dehors de rares scènes en extérieurs, le film est un huis-clos malsain.
Le réalisateur Agustin Villaronga connaît visiblement très bien ses classiques et, comme Michael Powell, il place constamment le spectateur dans une position de voyeur pour le moins inconfortable. Et ce d'autant plus que les horreurs perpétrées par les deux hommes impliquent des enfants. La dimension pédophile est très prégnante, et nullement dissimulée. A la différence d'un film de Michael Haneke, il n'y a pas de refuge moralisateur et les terrifiantes scènes ne sont pas filmées en hors champ.
La thématique principale du film est très lourde puisqu'il s'agit ni plus ni moins que d'une réflexion sur la transmission du Mal, ainsi que la fascination de la mise à mort. Le film pose bien l'horreur du mimétisme du Mal et non d'une thématique vengeresse tel que évoqué dans La jeune fille et la mort de Polanski. Les différents meurtres commis répondent à un rituel évident, et à ce plaisir qu'ont ces bourreaux de jouir de la mort d'autrui. Quelque part, ce film est encore plus malaisant puisqu'il confronte le spectateur à la part la plus sombre de son âme.
Le film ne comporte pas tellement d'images chocs mais il frappe par la dureté de ces situations.
Prison de cristal prend d'ailleurs une résonance particulière, puisqu'il traite sous couvert du nazisme, des ravages du régime franquiste, thème souvent relaté par les cinéastes espagnols.
Ce long métrage reste méconnu du grand public. A tort car c'est œuvre forte qui mérite d'être découverte. A regarder toutefois en connaissance de cause, dans la mesure où Prison de cristal est aussi marquant qu'un Martyrs de Pascal Laugier.

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08.08.16

12:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Elle
Réalisateur : Paul Verhoeven
Année : 2016
Origine : France

Durée : 2h10

Avec : Isabelle Huppert (Michèle), Laurent Lafitte (Patrick), Anne Consigny (Anna), Charles Berling (Anna), Virginie Efira (Rebecca), etc.

Par Nicofeel

Avec Tricked (2012), Paul Verhoeven s’intéressait à un père de famille infidèle, manipulé par d’autres personnes. Ce film mettait en avant une société très libre où les gens n'ont pas d'interdits.
S’inscrivant dans la continuité de cette œuvre, Elle (2016) dresse le portrait de Michèle, une femme forte, de tempérament, qui ne respecte personne autour d’elle et agit uniquement en fonction de ses désirs. Cette femme célibataire est un jour agressée à son domicile. Mais elle ne prend pas l’attitude d’une victime. Au contraire.
De façon rationnelle, elle cherche à régler son compte à son agresseur. Tout cela peut paraître finalement assez logique.
Pourtant, ne comptez pas sur Verhoeven pour mettre en scène un long métrage classique. Le réalisateur de Basic instinct s’amuse à détourner les codes du thriller et à jouer de sa supposée passion pour la violence et le sexe, qui lui colle à la peau.

De manière plus générale, comme c’est le cas dans nombre de ses films, Verhoeven en profite pour s’attaquer aux travers de notre société contemporaine. Dans un monde où tout va très vite et où les valeurs morales s’estompent de plus en plus, le champ des possibles s’ouvre à tous. Et ce n’est pas forcément le meilleur de l’être humain qu’il nous est donné de voir.
Michèle entretient ainsi une relation particulièrement ambiguë avec son agresseur. On est dans une sorte de traque mais on ne sait pas précisément qui traque l’autre. On est dans un jeu du chat et de la souris, dans du dominant-dominé avec un côté sado-masochiste, avec l’étrange sensation que cela n’est pas pour déplaire à Michèle.
Cette dernière n’est d’ailleurs pas vraiment frileuse dans sa relation avec autrui : elle a pour amant le mari de son associée (qui au passage est sa meilleure amie) ; elle séduit son voisin qui est pourtant lui aussi un homme marié et elle semble sans limites à de nombreux points de vue. Autour d’elle gravitent toute une panpolie de personnages complètement zinzins : sa mère, très âgée, fréquente un gigolo pour assouvir ses désirs ; son père est un psychopathe en puissance, emprisonné après des faits macabres ayant fait la une des journaux. Verhoeven décrit une société d’amoraux et de névrosés – violeurs, personnages adultérins, psychopathes – agissant sous le seul principe de leur bon-vouloir. Aucune barrière morale ne semble en mesure de les arrêter. Comme le dit très justement Michèle, « la honte c’est pas un sentiment suffisamment fort pour commettre quoi que ce soit ».
Le film montre de manière évidente que derrière le vernis de gens respectables, se dissimulent des gens torturés et pervers.
Au passage, le cinéaste égratigne sans vergogne la religion. Il se moque de ces gens se faisant passer pour de bons chrétiens, alors que sommeille en eux ou dans leur entourage de véritables psychopathes, prêts à commettre des actes horribles. L’aspect volontairement comique de certaines scènes n’a d’autre but que de désacraliser une religion servant à beaucoup de paravent. L’habit ne fait pas le moine, c’est le moins que l’on puisse dire.
Verhoeven ne se limite pas à constater l’aspect sans foi ni loi de notre société. Il s’intéresse également aux causes. Au premier rang desquelles il place les jeux vidéo. Cela n’est pas un hasard si Michèle dirige une société de jeux vidéo. En favorisant la violence et le sexe, ces jeux influencent de manière néfaste les gamers, en leur faisant croire que les pratiques vécues dans le jeu sont transposables dans notre monde contemporain. Nullement cathartique, ce déchaînement de violence et de sexe exacerbe des sentiments, qui devraient être au contraire jugulés.
En plus de thématiques fort riches, Elle bénéficie d’acteurs principaux de qualité. Dans le rôle de Michèle, Isabelle Huppert déploie toute la diversité de son jeu d’actrice, avec un naturel assez impressionnant. Quant à Laurent Lafitte, si son personnage est moins exubérant, il n’en reste pas moins tout à fait ambigu, voire inquiétant.
Au final, Elle apparaît comme un drame psychologique, bien plus fin qu’il n’y paraît. Le jury de Cannes a manifestement manqué de discernement, en lui accordant aucun crédit. C’est sans doute le côté direct de cette œuvre qui a laissé sur le carreau les festivaliers.
A 77 ans, Verhoeven se porte bien et n’a pas changé d’un iota. Il vilipende avec toujours autant d’à-propos une société à la dérive. Vivement son prochain film.

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31.07.16

17:06:01, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Hebergeur d'image

Synopsis :

La banlieue de Beaver’s Ridge est paisible et abrite l’élite du canada aux valeurs familiales conservatrices. Mais cette vie bien ordonnée va être bousculée par le retour de Cassie Cranston, qui avait dû fuir la ville alors qu’elle n’était encore qu’adolescente. Devenue une célèbre journaliste et chroniqueuse de sexe, elle s’attend à un accueil froid et dédaigneux de ses anciens amis, et compte bien en profiter pour régler ses comptes. Mais elle doit bien vite changer ses plans alors que ses anciens camarades de classe lui demandent de l’aide pour sortir de leur ennuyeuse routine, et organiser une grande orgie...

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Mon avis :

Habitant une ville de la banlieue parisienne assez importante quand même, je dois avouer que je n'ai jamais eu à me poser la question de comment on pouvait organiser une orgie dans une petite ville, qui plus est assez coincée au niveau des mentalités! D'ailleurs à ma grande surprise en me baladant dans un centre commercial il y a quelques mois, quelle ne fût pas ma stupéfaction lorsqu'on me distribua un flyer pour une soirée libertine qui allait se dérouler à une trentaine de mètres de chez moi dans une ancienne guinguette... Eh bien, je peux vous dire en tout cas que ces gens-là sont plutôt très discrets, car contrairement aux soirées habituelles, on n'a entendu aucun bruit cette nuit-là!

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Mais revenons à notre sujet! Dans "How to Plan an Orgy in a Small Town" du réalisateur canadien Jeremy LaLonde ("The Untitled Work of Paul Shepard", "Sex After Kids"), l'écrivain Cassie Cranston, interprétée par Jewel Staite ("Chérie, j'ai rétréci les gosses", "Coeurs rebelles", "Serenity", "The Killing"), se voit contrainte par son éditeur de trouver au plus vite un bon sujet de roman, enfin du moins vendeur, sous peine de devoir rembourser les sommes avancées par celui-ci. Alors lorsqu'elle apprend que sa mère, qu'elle ne voyait plus depuis des années, est décédée, elle compte bien se remettre à flot financièrement grâce à l'héritage...

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C’est pas bien joli tout ça! Mais pas de bol pour elle, cette dernière ne lui a rien laissé sinon le droit d'occuper sa maison, ce qui l'obligerait à revenir vivre dans cette ville dont elle est devenue la bête noire, en même temps que la star locale! Heureusement, son sujet va lui tomber tout cuit dans les mains lorsque son ancienne rivale mariée à son ex-petit ami, s'apercevant que celui-ci ne peut pas lui donner d'enfants, va lui proposer d'organiser une partouze!

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Le sujet aurait pu prêter à une grosse comédie bien grasse, mais heureusement il n’en sera rien, puisqu’ici on aurait plutôt affaire à une comédie romantico-dramatique rigolote, mais également par moments assez touchante. Le film n'est jamais graveleux et ne fait à aucun moment dans le voyeurisme, alors si vous vous attendez à voir de belles poitrines opulentes comme on peut en voir dans des comédies type "American Pie", passez immédiatement votre chemin!

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Non, ici les poitrines qui nous seront dévoilées, seront plutôt assez plates, ce qui ne nous empêchera pas de pouvoir apprécier par exemple la plastique toujours irréprochable de Katharine Isabelle ("Ginger Snaps", "Insomnia", "Freddy contre Jason", "See No Evil 2"), que l'on avait pu découvrir notamment dans l'excellent et particulièrement glaçant "American Mary" des Soska Sisters.

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Bon, mais dans tous les cas, l'intérêt du film n'est pas là! Le film parle essentiellement de l'étroitesse d'esprit qui peut régner dans les petites villes de province restées souvent très conservatrices et où l'on peut juger les personnes un peu trop vite en ne se fiant qu'aux apparences, ce qui sera bien évidemment le cas ici, car comme on peut s'en douter dès le départ, Cassie Cranston n'est bien entendu pas la femme dévergondée que l'on peut imaginer à travers ses écrits... Eh oui! Il ne faut jamais se fier aux apparences! Mais ça, on le savait!

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Avec "How to Plan an Orgy in a Small Town", Jeremy LaLonde signe une petite comédie, certes pas inoubliable et pas aussi mordante qu’on aurait pu l’espérer, mais assez plaisante, correctement mis en scène et au casting attachant. Plutôt une bonne surprise donc!

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"How to Plan an Orgy in a Small Town" sort en DVD le 16 août 2016 chez Factoris Films dans une édition proposant le film au format 1.78:1 16/9ème compatible 4/3 avec pistes audio française Dolby Digital 5.1 et anglaises dts Digital Surround 5.1 et Dolby Digital 5.1 avec sous-titres français optionnels. Pas de réels bonus, mais on a tout de même droit à la bande annonce française du film et comme d'habitude, l'éditeur nous offre en plus la copie digitale du film en illimité en version française 2.0 AAC.

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How to plan an orgy in a small town

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29.07.16

10:15:18, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : La tortue rouge

Réalisateur : Michael Dudok de Wit

Année
 : 2016

Origine : France

Durée : 1H20

Par Nicofeel

La tortue rouge est un film d'animation singulier, déjà par sa production qui regroupe une équipe internationale. En effet, son réalisateur, Michael Dudok de Wik est néerlandais, alors que la Française Pascale Ferran a été engagée comme co-scénariste. Et puis, en producteur artistique, il y a Isao Takahata des studios Ghibli, dont on sent notamment la patte au niveau du dessin.
Quant à l'histoire, elle prend la forme d'un conte. Un naufragé débarque sur une île déserte, où il parvient à survivre. Il cherche désespérément à quitter l'île mais une force mystérieuse l'en empêche. 
Proche de la folie, il s'en prend à une tortue qui finit par se transformer... en une jolie jeune femme.
Voilà quelque chose de tout à fait étonnant. A croire que la tortue géante avait tout prévu et qu'à l'instar de Circé, elle était bien décidée à garder auprès d'elle son naufragé. Tout est un peu merveilleux dans cette histoire.
Mais la tortue rouge n'est pas spécifiquement un film d'animation pour enfants. Au contraire. Il s'agit d'une histoire riche sur le plan thématique et forte sur le plan émotionnel. On a ainsi une belle réflexion sur le cycle de la vie. Au début du film, l'homme est seul, puis il rencontre une une femme avec qui il a un enfant. De manière logique, l'enfant grandit, quitte le nid familial et les parents vieillissent ensemble.

Dans ce conte assez contemplatif, on est bercé au gré du temps qui passe, matérialisé par le jeu des couleurs avec des lumières changeantes. Par des vagues apaisantes (sauf quand le temps devient plus menaçant), nos protagonistes voguent sur le cycle de la vie. La tortue rouge constitue une magnifique leçon de vie. Sa fin est tout à la fois belle et dramatique. Cela n'est pas un hasard si son réalisateur, Michael Dudok de Wit, a choisi une tortue. Cet animal vit longtemps, parfois bien au-delà d'un être humain. Cela lui confère un côté quasi éternel. Après tout, les tortues étaient déjà présentes lorsque les dinosaures étaient présents sur Terre.
Ce film d'animation permet aussi d'être transporté vers un ailleurs, pour quitter provisoirement notre quotidien. En effet, il contient de nombreux rêves que font nos protagonistes. Ils sont souvent l'occasion d'une évasion, que ce soit dans les airs, ou en quittant l'île par la mer. Ce film se veut plus que jamais universel dans ses diverses thématiques. Pour preuve, il ne contient aucun dialogue (juste quelques cris) et est donc accessible au monde entier.
Un des thèmes majeurs du film, déjà évoqué dans d'autres productions Ghibli, reste clairement cette ode à la nature. L'homme naufragé vit en harmonie avec celle-ci. Dans cette fable écologique où la nature est luxuriante, l'homme a tout à disposition auprès de lui : il se nourrit en respectant la nature, il fait avec les moyens dont il dispose. Les petits crabes voleurs (côté humoristique du film) sont ses amis, à tel point qu'il les a quasiment domestiqué. Quant au fils du naufragé, il a un rapport particulier avec les tortues géantes (après tout sa mère n'est-elle pas à la base une tortue géante), qui vont l'aider à plusieurs reprises. Sur ce sujet de la nature, on peut penser que le tsunami – constituant un des moments forts du film – est une façon pour le réalisateur de rappeler qu'à force de maltraiter notre planète, on en paye le prix fort.
Terminons cette analyse de La tortue rouge en évoquant le design. On a ici des dessins réalistes, qui oscillent entre tradition et modernité. Ainsi, certains décors ont été réalisés au fusain, à l'ancienne. On songe bien évidemment à l'influence d'Isao Takahata et à son dernier film, Le conte de la princesse Kaguya, avec un design qui s'en rapproche. Toutefois, même si les images de synthèse sont ici prohibées, ce film profite tout de même de l'apport des nouvelles technologies avec certains éléments dessinés au crayon numérique, comme le radeau ou les tortues.
Au final, La tortue rouge se révèle un très beau film d'animation à l'approche très adulte, et qui devrait ravir un grand nombre de personnes, tant ses considérations paraissent universalistes. C'est sans conteste l'un des films majeurs de cette année 2016.

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28.07.16

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : 10 Cloverfield lane

Réalisateur
 : Dan Trachtenberg

Année : 2016

Origine : États-Unis

Durée : 1H43

Avec : Mary Elizabeth Winstead (Michelle), John Goodman (Howard), John Gallagher Jr. (Emmett), etc.

Par Nicofeel

Huit ans après le found footage Cloverfield (2008), le producteur J.J. Abrams remet le couvert avec 10 lane Cloverfield. Si les deux films entretiennent une parenté évidente au niveau du titre, le parallèle s’arrête là.
Car au côté spectaculaire et dynamique de Cloverfield, s’oppose assez nettement le côté intimiste et psychologique de 10 lane Cloverfield.
Par ailleurs, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, il ne s’agit pas ici d’une suite directe de Cloverfield. Ce long métrage joue de prime abord la carte du mystère avec une jeune femme, Michelle, victime d'un accident de voiture assez grave, après avoir été percutée par un autre véhicule. A son réveil, elle est enfermée dans une pièce isolée. Un homme, Howard, se présente rapidement à elle. Il lui aurait sauvé la vie, car le monde extérieur serait en proie au chaos, suite à une attaque chimique de grande ampleur rendant l’air irrespirable.
Dès le départ, 10 Cloverfield lane donne envie d’en savoir plus. Howard est-il effectivement l’homme bienveillant qu’il déclare être ou s’agit-il d’un dangereux psychopathe ? Le monde extérieur a-t-il réellement changé, au point d’être devenu invivable ? Telles sont les questions légitimes que l’on se pose, et dont les réponses n’interviendront que progressivement.

S’il est daté de 2016, 10 Cloverfield lane s’inscrit dans la droite lignée de films de science-fiction des années 50, tels que La guerre des mondes (1953) et L’invasion des profanateurs de sépultures (1956). A cette époque, la paranoïa de la population américaine était vivace face à la menace du danger nucléaire. Howard est manifestement dans cet état d’esprit, ressassant en permanence l’idée que le monde est en proie à la désolation. Est-il en plein délire ou a-t-il raison ?
Sur ce point, comme sur les autres, le réalisateur Dan Trachtenberg entretient constamment le suspense.
Surtout, 10 Cloverfield lane se révèle particulièrement prenant puisque son héroïne, Michelle, ne croit pas une minute au côté philanthropique de son hôte. Elle cherche coûte que coûte à s’évader du bunker où elle a élue résidence. Ce long métrage s’avère un huis clos oppressant, où le spectateur ne sait pas vraiment sur quel pied danser, au regard du caractère trouble d’Howard et de l’absence de certitudes quant à la situation du monde.
A cet égard, John Goodman livre une prestation impressionnante dans le rôle d’Howard, un ancien marine, qui inspire des sentiments très partagés. L’actrice Mary Elizabeth Winstead est également tout à fait crédible dans le rôle de Michelle, une jeune femme un peu paumée, qui prend progressivement de l’assurance. Quant à John Gallagher Jr, il interprète le rôle d’Emmett, le troisième membre de ce curieux ménage à trois.
On ne s’ennuie pas une minute devant ce film qui délivre progressivement les tenants et aboutissants de cette histoire. Avant d’en arriver au climax, il s’établit une sorte de jeu de poker menteur, chacun gardant de son côté la vérité ou des secrets gênants.
Le huis clos psychologique est particulièrement réussi. Cela n’est pas la seule source de satisfaction. On notera ainsi que 10 Cloverfield lane prend une trajectoire très différente dans son dernier quart d’heure, par le biais d’un twist valant largement le détour, et alimentant certaines thèses évoquées dans le film. La surprise est tout de même de mise, et le spectateur ne peut que se satisfaire de ce virage à 360 degrés bienvenu. Reste donc à comprendre l'affiche ambiguë du film : « un monstre peut avoir plusieurs visages ».
Au final, grâce à un scénario astucieux et à une atmosphère générale pesante, 10 Cloverfield lane dépasse son statut de simple série B. Ce thriller psychologique, mâtiné de fantastique, vaut largement le coup d’œil.

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21.06.16

06:06:06, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Deux geeks chevelus s’ennuient ferme dans leur bled paumé et décident de créer leur propre groupe de Metal. Mais une mystérieuse partition sur laquelle ils ont mis la main va briser cette relative quiétude : quelques notes jouées suffisent à déchainer les enfers sur leur petite ville.

Mon avis :

Enfin un film pour la jeune génération metalleuse actuelle! Eh oui, nous, dans les années 80, nous avions eu le mythique "Spinal Tap", qui était certes bien fun, mais qui ne collait pas forcément à la génération hard rockeuse de l'époque et depuis, même s'il y a eu quelques autres films, on ne peut pas dire qu'on ait été toujours très gâté!

Dirigé par le Néo-Zélandais Jason Lei Howden, dont c'est ici le premier long métrage en tant que réalisateur (Il a autrement notamment travaillé sur les effets visuels des deux premiers volets de la saga de "Le Hobbit" de Peter Jackson!), "DEATHGASM" (En majuscules s’il vous plait, car les minuscules, c’est pour les fiottes! Ce n’est pas moi qui le dis, c’est dans le film!) est effectivement une petite comédie horrifique foncièrement faite pour les amateurs de Metal!

Brodie, le héros interprété par Milo Cawthorne ("Blood Punch", "Ash vs Evil Dead"), est un jeune metalleux, qui suite à l'internement de sa mère dans un asile psychiatrique, va se retrouver chez son oncle avec un cousin qu'il ne connaît pas vraiment et qui surtout, ne le supporte pas!

Et puis, forcément, comme c'était déjà le cas à mon époque, le jeune homme va avoir du mal à se faire des amis dans son nouveau bahut et se retrouver qu’avec d'autres metalleux... Ils vont alors former un groupe (jusque-là, rien de fantastique!) et vont tomber sur une partition d'un groupe de Black Metal, qui lorsqu'ils vont la jouer, va déchaîner les enfers sur leur petite bourgade!

Le film est assez prévisible et comporte pas mal de clichés, mais il est tout de même assez plaisant à voir et puis la bande originale est vraiment sympa, il faut l'avouer! En revanche, Milo Cawthorne, tout comme Kimberley Crossman ("Bad Fruit", "A Beginner's Guide to Snuff"), qui incarne Medina, la jeune femme dont il va tomber amoureux, font un petit peu vieux (Effectivement, on remarquera qu’ils sont nés respectivement en 1989 et 1990!) et du coup, on peine quelque peu à croire par moments que ce sont des adolescents... Mais bon, disons que cela passe quand même!

Et puis, là où Jason Lei Howden va nous régaler, c’est avec ses effets spéciaux, à la fois bien gore et bien fun! Et le film est plutôt généreux dans ce domaine! En fait, ce qui manquera principalement à ce métrage, ce sont des méchants dignes de ce nom! Ces derniers manquent cruellement de charisme et en fait l’acteur qui sortira du lot en dehors de notre héros, c’est James Blake, qui joue ici le rôle de Zakk et dont le physique n'est pas sans faire penser à celui de Glenn Danzig jeune...

La mise en scène est, autrement, assez dynamique, avec des incrustations plutôt amusantes, donnant un côté jeune à l'ensemble. Quant à l’humour, s’il est souvent gras, il fera quand même mouche, même s’il touchera surtout les fans de Metal... Une chose est sûr à la vision du film, on se rend bien compte que Jason Lei Howden sait de quoi il parle et connaît parfaitement son sujet!

"DEATHGASM" ravira certes principalement les metalleux et les amateurs de comédies gores, mais les deux sont souvent liés, il faut dire!

"DEATHGASM" sort en DVD le 5 juillet 2016 chez Factoris Films dans une édition proposant le film au format 2.35:1 16/9ème compatible 4/3 avec pistes audio anglaise et française Dolby Digital 5.1 et anglaise dts Digital Surround 5.1 et sous-titres français optionnels. Côté bonus, on a le droit à des commentaires audio, un making of (15'03") et à un clip (4'09"). Des bonus malheureusement non sous-titrés! Enfin, il est à noter que l'éditeur nous offre comme à son habitude la copie digitale du film en illimitée en version française 2.0 AAC.

Deathgasm

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20.06.16

01:11:10, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

A Londres, Mark et Marianne vont assister au spectacle du grand Vorelli, marionnettiste et hypnotiseur. Marianne est choisie pour un numéro de magie. Quelques jours après, elle tombe malade et est victime d’étranges hallucinations. Mark entreprend alors une enquête auprès de ce mystérieux personnage. D’autant plus qu’à la fin du spectacle, il s’est aperçu que la marionnette, Hugo, saluait le public, sans aucun fil...

Mon avis :

Bien avant "Dolls", les "Puppet Master" et autres "Chucky", l'Angleterre avait déjà tenté de nous terroriser avec une poupée diabolique... Enfin, plus exactement un pantin de ventriloque (Précision importante!) comme dans le très sympathique "Dead Silence" de James Wan! C’était en 1964 avec "Devil Doll"...

Baptisé "La Poupée Diabolique" chez nous, "Devil Doll" est un film réalisé par Lindsay Shonteff ("Curse of the Voodoo", "Licensed to Kill", "The Million Eyes of Sumuru", "Jeux d'adultes"), metteur en scène remplaçant au pied levé Sidney J. Furie ("Ipcress, danger immédiat", "L'Emprise") qui était initialement prévu et qui finalement préféra se concentrer sur un autre projet plus intéressant probablement financièrement parlant, mais qui recommanda tout de même le réalisateur canadien à la production. D’ailleurs, Sidney J. Furie sera présent durant le tournage et il est fort probable qu’il ait eu une influence sur la mise en scène du film.

Le sujet de celui-ci est plutôt intéressant, puisqu’il est question d'un inquiétant hypnotiseur ventriloque nommé Vorelli, dont le pantin dénommé Hugo semble doté d'étranges pouvoirs... Des pouvoirs que Vorelli contrôle grâce à l'hypnose! Ce sont les relations qui existent entre le ventriloque et sa marionnette qui seront le sujet principal du film et qui en feront un long métrage loin d’être inintéressant.

Malgré quelques longueurs, le film se suit avec plaisir et intérêt grâce notamment à sa jolie photographie signée Gerald Gibbs ("Entrez dans la danse", "La blonde de la station 6", "Curse of the Voodoo") et au charisme de Bryant Haliday ("Curse of the Voodoo", "The Projected Man", "La tour du diable"), qui étonnamment connaîtra une carrière d'acteur assez courte (En fait, il sera principalement connu pour avoir fondé Janus Films en compagnie de Cyrus Harvey, Jr.).

L’acteur est vraiment inquiétant et volerait même la vedette à sa marionnette qui pourtant est très réussie et assez flippante. Il est en tout cas bien au dessus du reste du casting et ce n’est certainement pas William Sylvester ("Gorgo", "On ne vit que deux fois", "2001, l'Odyssée de l'espace") qui aurait pu lui voler la vedette tant ce dernier est fade!

En fait, seule l’actrice Yvonne Romain ("Le cirque des horreurs", "La nuit du Loup-Garou", "The Swinger") sortira autrement du lot! Le film vaut autrement pour ses effets spéciaux plutôt réussis pour un film de cette époque, d’autant plus que celui-ci n’a bénéficié que d'un budget assez dérisoire, estimé en effet à £25 000!

Enfin, il vaut également pour son atmosphère à la fois inquiétante et sulfureuse, par moments à la limite même de l’érotisme. Il est à noter d’ailleurs que le film fut distribué aux États-Unis dans une version plus coquine et dont on peut voir deux scènes inédites avec des jeunes femmes dévoilant leurs seins dans les bonus de l'édition proposée par Artus Films (On pourra d'ailleurs regretter que l'éditeur n'ait pas choisi de nous proposer ces deux montages différents!).

Attention, ne vous emballez pas! Quand je parle d’érotisme, c’est quand même très relatif et cela reste évidemment assez soft! On est en 1964, je vous le rappelle! Le film est par contre très ancré dans son époque ; ainsi, par exemple, les protagonistes danseront à un moment le twist... Cela surprend, mais personnellement, je trouve que cela lui donne un certain charme! En revanche, la fin du film est un peu bâclée et manque de crédibilité, gâchant quelque peu le ressenti qu’on peut avoir sur celui-ci...

Malgré ses imperfections, "La Poupée Diabolique" s’avère être plutôt une bonne surprise qui devrait ravir les amateurs de films d’horreur à l’ancienne.

"La Poupée Diabolique" est sorti officiellement en DVD dans le commerce le 7 juin 2016 chez Artus Films dans une magnifique édition digipack slim deux volets proposant le film au format 1.66:1 16/9ème compatible 4/3 avec pistes audio française et anglaise Dolby Digital 2.0 mono et sous-titres français optionnels. Côté bonus, on retrouve la traditionnelle présentation du film par Alain Petit (38'), une scène coupée (3'34") et une scène alternative (1'18"), toutes deux issues du montage américain, un diaporama constitué d’affiches et de photos du film et enfin les bandes-annonces de la collection British Horror dont celle du film.




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09.06.16

04:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Der fan
Réalisateur : Eckhart Schmidt

Année : 1982
Origine : Allemagne
Durée : 1h32
Avec : Désirée Nosbusch

Par Nicofeel

der fan

Présenté cette année au festival Hallucinations collectives dans le cadre de la thématique « Les singulières », Der fan de Eckhart Schmidt est une curiosité du début des années 80.
Le film dresse le portrait d'une adolescente qui est littéralement obsédée par un chanteur allemand à la mode, prénommé R. Der fan prend son temps pour poser le contexte avec cette cette jeune fille un peu rêveuse, peu assidue à l'école et ayant des problèmes de communication avec ses parents. Seule une chose l'intéresse : le chanteur R dont elle écoute en permanence la musique avec son wakman, et à qui elle écrit de nombreuses lettres d'amour. Elle a un souhait, qui tourne à l'obsession : rencontrer sa star.

Comme son titre l'indique, Der fan traduit la relation extrême d'une fan transie d'amour (son titre international est Trance) qui n'a pas de limites pour rencontrer la star de ses rêves et pour vivre avec cette dernière. La jeune Simone est impressionnante dans son idée fixe car elle n'accorde aucun crédit au regard des autres, que cela soit l'école, la famille, les camarades de classe, et tout son entourage. On peut considérer qu'il s'agit d'un film d'amour fou.

Le film se divise assez clairement en trois parties bien distinctes : la présentation de la situation, la rencontre avec R et un troisième acte pour le moins étonnant.
C'est en cela d'ailleurs que Eckhart Schmidt réussit son pari, en mélangeant subtilement les genres et en réservant au spectateur son lot de surprises. Car il faut bien le connaître que Der fan prend une tournure véritablement inattendue, même si elle s'inscrit quelque part dans un cinéma allemand déviant. Le film lorgne de plus en plus vers les codes du film d'horreur pur.

Cela étant, ce long métrage repose intégralement sur les frêles épaules de la jeune actrice Désirée Nosbusch, alors âgée de seulement 16 ans. Elle accomplit une performance très convaincante, d'autant qu'elle est quasi mutique. La jeune Désirée Nosbusch incarne la « girl next door » des années 80 totalement en phase avec son temps, mais dont on devine progressivement qu'il y a une fêlure. Sous son regard angélique mais en même temps très énigmatique (on ne sait jamais ce qu'elle pense vraiment), se cache un feu qui ne demande qu'à s'embraser.
La musique électro, très années 80, rythme avec un certain charme la trame du film et revient en leitmotiv, une façon de rappeler que R est constamment dans les pensées de l’héroïne.
Voilà un film inédit à la lisière de plusieurs genres, qui constitue une rareté de grande qualité, et pour ne rien gâter, une œuvre surprenante. On n'a pas l'habitude de voir un tel film dans le cinéma allemand. Surtout qu'on est clairement situé dans le haut du panier au niveau qualitatif. Der fan mériterait clairement de sortir de l'ombre. Un éditeur de DVD – blu ray pourrait se pencher sur son cas.

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08.06.16

04:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Julieta
Réalisateur : Pedro Almodovar

Année : 2016
Origine : Espagne
Durée : 1h39
Avec : Emma Suarez, Adriana Ugarte, Daniel Grao, Rossy de Palma, etc.

Par Nicofeel

julieta

Avec sa dernière œuvre, Pedro Almodovar est reparti bredouille du dernier festival de Cannes 2016. Pourtant, Julieta aurait sans doute mérité un autre sort. Car il s'agit clairement d'un très bon Almodovar.
Comme à son habitude, le cinéaste espagnol nous dépeint avec passion le portrait d'une femme forte. Ici, il s'agit de Julieta, une femme âgée d'une cinquantaine d'années, fâchée de longue date avec sa fille unique.
Almodovar aime les histoires de famille dramatiques, compliquées, et intenses sur le plan émotionnel. Julieta fait partie de celles-ci avec une héroïne dont on découvre le chemin de vie. Le montage du film est particulièrement efficace, avec de nombreux flashbacks évoquant le passé de Julieta. Utilisant quasiment les codes du thriller, Almodovar distille progressivement les éléments d'une intrigue mystérieuse. Le spectateur n'a de cesse de se prendre au jeu, avec un suspense savamment entretenu.

julieta

Tout commence dans les années 80 par une mystérieuse rencontre entre Julieta et un beau pêcheur. Cela n'est pas sans rappeler l'excellent Son de Mar de Bigas Luna, avec la passion comme leitmotiv. Et comme souvent dans ce genre de situation extrême, lorsque l'amour (Éros) est présent, la mort (Thanatos) n'est jamais très loin. Dans la catégorie mortifère, le film flirte par moments avec le fantastique, avec la disparition de personnages dans d'étranges conditions (cf l'homme du train).

Comme on le dit souvent, les réalisateurs ont l'habitude de refaire le même film. Dans le cas de Julieta, cette idée paraît évidente, tant Almodovar revisite des thématiques qui lui sont chères : portrait de femme forte ; sentiments exacerbés ; personnages torturés ; secrets enfouis qui marquent les protagonistes à jamais, comme si une chape de plomb leur était tombée dessus.
Personnage à fleur de peau, Julieta semble enfermée dans son passé. La culpabilité la ronge de l'intérieur et l'empêche d'avancer comme elle le souhaiterait. L’héroïne du film La piel que habito était emprisonnée physiquement par un ravisseur aux considérations pour le moins étranges. De son côté, Julieta est enfermée dans une prison mentale, dont elle ne pourra s'échapper, qu'à partir du moment où elle en aura fini avec son passé.

Dans ce maelström émotionnel qui laisse la part belle aux acteurs, la distribution se révèle de grande qualité. Emma Suarez, remarquée dès 1993 dans le sublime L'écureuil rouge de Julio Medem, est ici impeccable dans son rôle de femme torturée, hantée par son passé. Pour accroître à l'écran le côté déphasé de son héroïne, Almodovar intègre adroitement des éléments du passé dans le présent. Outre Emma Suarez, le film peut s'enorgueillir du jeu très naturel de Adriana Ugarte qui interprète le rôle de Julieta en tant que jeune adulte. Le bellâtre Daniel Grao jouant le rôle du ténébreux pêcheur n'est pas mal non plus. Tout comme Rossy de Palma, une des habituées du cinéma d'Almodovar, parfaite dans le rôle de l'oiseau de mauvaise augure, venant semer la zizanie au sein d'un couple heureux. Et puis, preuve de la réussite du film, un personnage féminin – celui de la fille de Julieta – est marquant par son absence.

Film d'une grande sensibilité, presque féminin par son approche (il s'agit d'une histoire de femmes), Julieta est sans conteste un Almodovar de très bon niveau. Il est donc fortement conseillé de se rendre dans les salles obscures pour ressentir à plein ce magnifique drame familial.

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29.05.16

01:11:10, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Présentation :

Depuis sa formation il y a 21 ans, Black Bomb A est un des groupes phares de la scène Hardcore / Metal européenne, grâce à des albums coup de poing et des tournées mémorables. Pour fêter cet anniversaire, le groupe a donné un concert événement le 28 novembre 2015 au Noumatrouff de Mulhouse, devant plus de 800 fans remontés comme jamais. "21 Years Of Pure Madness - Live Act", disponible en CD + DVD, comprend l’intégralité de ce concert, à savoir une vingtaine de chansons tirées des 7 albums et EP de Black Bomb A, mais également cinq reprises de classiques Punk et Metal (Sepultura, Suicidal Tendencies...) interprétés en compagnie de la crème de la scène alternative française (Lofofora, Tagada Jones, Loudblast). De nombreux bonus accompagnent cet album live, dont un documentaire où l’on suit le groupe sur la route. Parfait témoignage de l’hystérie collective que Black Bomb A provoque en concert, "21 Years Of Pure Madness - Live Act" nous montre le groupe au meilleur de sa forme.

Mon avis :

Afin de fêter comme il se doit leur 21ème année d’existence (Oui, pourquoi 21ème allez-vous me dire ? Mais en même temps, j’ai envie de vous répondre, pourquoi pas !), Black Bomb A nous revient en force et en grande forme avec un nouveau CD/DVD live intitulé "21 Years of Pure Madness – Live Act", un titre parfaitement choisi tant celui-ci colle exactement avec ce que dégage le groupe de Metalcore français en concert...

"21 Years of Pure Madness" débarque ainsi onze années après "Illicite Stuf Live", leur premier CD/DVD live filmé en 2004 à St Nazaire à l’occasion des 10 ans du groupe. Filmé cette fois à Mulhouse au Noumatrouff au mois de novembre dernier, le concert débute sur les chapeaux de roues avec le très efficace "We Came for You", suivi des excellents "Comfortable Hate", "On Fire" et "Lady Lazy" où la complémentarité des voix d'Arno et de Poun fait vraiment merveille.

Ce qui frappe immédiatement à la vision de ce DVD, ce sont les moyens apportés à cette captation qui bénéficie en effet d'une multitude de prises de vue permettant de rendre celle-ci hyper vivante et dynamique, aidée en cela par un montage et une mise en scène efficaces.

On en prend plein la vue, autant qu'on en prend plein les cages à miel! Durant "Double", le jeune garçon de la pochette apparaît pour la première fois et franchement cela fait plaisir de voir un môme de son âge et surtout de cette génération autant à fond sur du Metalcore!

De façon prévisible, le groupe va lancer durant le show, des Circle Pits et bien entendu un petit Wall of Death des familles, mais si le public alsacien sera dans l’ensemble assez réactif, il semblera quelque peu frileux sur les Circle Pits et lors du mur de la mort, du moins si je compare avec le public parisien qui a récemment mis le feu à Petit Bain...

Toutefois le public de Mulhouse va être de plus en plus chaud au fur et à mesure du concert, emporté par l'énergie communicative de Black Bomb A, jusqu'à un final incroyable où le public aura la chance de voir débarquer des invités comme Djag, Shaun et Etienne (trois anciens membres du groupe) ou encore des musiciens de Tagada Jones, Loudblast et Lofofora venus faire la fête pour ce véritable « bal des enragés »!

Rien d'étonnant en effet de voir débarquer justement sur scène certains compagnons de Poun du Bal des Enragés, car tout ce petit monde forme au final une vraie famille, parmi lesquels on retrouvera d'ailleurs l'un des acteurs éminents du Bal et également Tour Manager de Black Bomb A en la personne de Lolo Le Fourb’!

Accompagné de ses invités, le groupe va nous offrir pour cet anniversaire quelques excellentes reprises avec "Roots" de Sepultura, suivie de "Out Of Hand" d'Entombed, "War Inside My Head" de Suicidal Tendencies, "We’re Only Gonna Die" de Bad Religion et pour finir "Beat The Bastards" de The Exploited avec qui le groupe a déjà joué à plusieurs reprises et notamment il y a peu à Bruxelles...

Black Bomb A est un groupe taillé pour la scène, c’est une évidence et ce live en est la preuve la plus flagrante! Purée!!! Qu’est-ce qu’il me tarde de les revoir!

Le CD/DVD "21 Years of Pure Madness – Live Act" du groupe Black Bomb A est sorti le 1er avril 2016 chez le label Verycords dans une très chouette édition digipack 3 volets nous proposant un CD regroupant les 18 premiers titres du concert, soit le concert sans les reprises et un DVD contenant quant à lui le concert complet avec donc les 5 reprises, soit 23 titres au total. Le DVD nous permet de regarder le concert d’une traite ou au choix avec quelques interventions extraites du documentaire intitulé "On the Road" que l’on trouve également en bonus. Il contient en effet également quelques bonus non négligeables et je dirais même fort appréciables, à savoir donc le documentaire "On the Road" (19’26"), "Mary" version live filmée au Hellfest en 2012 (5’13"), ainsi que les clips "Burn", "Beds Are Burning", "No One Noise", "Tears Of Hate" et "Into The Void" (22’26").

Black Bomb A : 21 years of Madness - Live Act (+ CD)

Black Bomb A : 21 years of Madness - Live Act (+ CD)
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16.05.16

01:11:10, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Alors que le professeur Van Helsing est accusé de meurtre pour avoir détruit Dracula, le corps de ce dernier est volé par une mystérieuse femme. Il s’agit de la comtesse Marya Zaleska, qui n’est autre que la fille de Dracula. Elle brûle rituellement le corps de Dracula, espérant interrompre la malédiction de son père, mais elle ne parvient pas à assouvir sa soif de sang...

Mon avis :

Après avoir consacré la première partie de sa collection "Cinema Monster Club" à la créature de Frankenstein, Elephant Films s'attaquait en ce début d'année 2016 au comte Dracula et à sa petite famille...

Datant de 1936, "La fille de Dracula" de Lambert Hillyer ("Le rayon invisible", "Batman") est en effet un film où il est question de la fille du célèbre personnage créé par Bram Stoker, sans que celui-ci ne soit réellement présent.

En fait, seul un plan au début du film laissera apparaître Dracula allongé dans un cercueil avec un pieu dans le cœur. Si on reconnaîtra vaguement le visage de Bela Lugosi, il s'agira en réalité d'un masque de cire car celui-ci refusa de tourner dans le film, avant finalement de se raviser, mais un peu trop tard...

En revanche, dans ce film qui se veut une suite directe du "Dracula" de Tod Browning, on retrouve bien Edward Van Sloan ("Frankenstein", "Révolte à Sing Sing", "La Momie", "Les Derniers Jours de Pompéi") dans le rôle du professeur Von Helsing (...et non Van Helsing! Petite nuance !).

Notre chasseur de vampires va donc ici traquer la fille de Dracula, la comtesse Marya Zaleska, interprétée par Gloria Holden ("La Vie d'Emile Zola", "Pensionnat de jeunes filles", "Face au soleil levant", "Tu seras un homme, mon fils"), dont les apparitions seront assez mémorables.

L'autre personnage mémorable du film, cela sera par contre un personnage plus secondaire, celui de Sandor, son serviteur, joué par Irving Pichel ("Cléopâtre", "La Furie de l'or noir", "L'Insoumise", "Fantômes en croisière"), dont la présence sera pour le moins inquiétante. Si ce duo formera le principal attrait du film, cela ne sera toutefois pas le seul !

Le film vaudra également pour son ambiance gothique, sa jolie photographie et enfin, pour l’ambiguïté concernant les préférences sexuelles de notre vampirette, qui semblera en effet fortement attirée par les jolies femmes et pas seulement dans le but de leur sucer le sang, ce qui sera assez osé pour l’époque !

Ainsi elle portera son dévolu d'abord sur la belle Lili, jouée par Nan Grey ("Pensionnat de jeunes filles", "La Tour de Londres", "Le Retour de l'homme invisible"), avant de s'en prendre à la charmante Janet, interprétée par Marguerite Churchill ("La Piste des géants", "Le Mort qui marche")... Une attirance suggérée, certes, mais assez claire tout de même !

Étonnamment, malgré une atmosphère gothique très présente, le film comporte plusieurs scènes humoristiques lui apportant une certaine légèreté surprenante, mais finalement assez plaisante. Si on aurait aimé une fin plus flamboyante, le film reste toutefois une bonne surprise...

Avec "La fille de Dracula", la Universal signe là une belle réussite qui ravira les amateurs de vieux films fantastiques ! Un film rétro certes, mais un film rétro fort recommandable !

"La fille de Dracula" est sorti en DVD le 24 février 2016 chez Elephant Films dans une édition proposant le film au format respecté 1.33:1 4/3 avec pistes audio française et anglaise Dolby Digital 2.0 mono et sous-titres français optionnels. En guise de bonus, l'éditeur nous propose une présentation du film par Jean-Pierre Dionnet (9'17"), un module sur le mythe de Dracula, toujours par Jean-Pierre Dionnet (9'32"), une galerie photos, des bandes annonces des films de la collection dont celle du film et des courtes présentations des collections consacrées à Dracula et Frankenstein par Jean-Pierre Dionnet.

La fille de Dracula

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10.05.16

10:02:35, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Marie et les naufragés

Réalisateur : Sébastien Betbeder

Année : 2016

Origine : France

Durée : 1H44

Avec : Pierre Rochefort (Siméon), Vimala Pons (Marie), Eric Cantona (Antoine), Damien Chapelle (Oscar), André Wilms (Cosmo), etc.

Par Nicofeel

De nos jours, il n'est pas fréquent de tomber sur des comédies originales. Et qu'elles puissent être françaises est encore plus rare. Quatrième long métrage de Sébastien Betbeder, Marie et les naufragés fait partie de cette catégorie de film.
Dès le départ, le spectateur est mis dans l'ambiance avec le personnage principal, Siméon, racontant sa vie passée dans un style proche d'un documentaire personnel, qui n'est pas sans rappeler le début du Fabuleux destin d'Amélie Poulain.
Le réalisateur, Sébastien Betbeder, s'amuse à décrire des personnages paumés, qui se cherchent dans un monde qui leur est étranger. Tout part d'un portefeuille retrouvé par Siméon, lequel tombe immédiatement amoureux de la jeune femme à qui il appartient : une certaine Marie. Pour elle, il est prêt à tout et même si leur première rencontre n'aboutit à rien, il s'obstine. Ne sachant pas comment l'aborder, il va la prendre en filature.
Sébastien Betbeder joue à fond la carte de l'humour, notamment avec Siméon, jeune homme réservé, un peu gauche, papa d'une petite fille qui a une passion pour les cimetières !

Le film est d'ailleurs rempli de personnages hauts en couleurs. On a ainsi Antoine, l'ex amant contrarié de Marie, qui à son tour prend Siméon en filature. On a également Oscar, le colocataire d'Antoine, un apprenti musicien, qui a la particularité d'être somnambule. La palme du personnage original revient sans conteste à Cosmo, un compositeur à succès qui a changé de style musical du jour au lendemain, pour se lancer dans la musique électronique, avec des vêtements dignes du gourou d'une secte. Cosmo paraît complètement halluciné avec son histoire de réincarnation, qui lui a inspiré son hit La fille de l'eau.
Dans Marie et les naufragés, Sébastien Betbeder dresse le portrait d'aventuriers des temps modernes, qui n'hésitent pas à tout plaquer pour changer de vie. Au-delà de son ton comique et de son aspect décalé omniprésent, le film constitue une réflexion sur le temps qui passe (les personnages qui décrivent leur vie passée) et sur le fait d'être acteur de sa vie. La grande imagination dont font preuve plusieurs des protagonistes est peut-être pour eux une façon de s'évader du quotidien qui les entoure.
D’ailleurs, Marie et les naufragés comporte comme thématique le processus de création : Antoine est un écrivain puisant son inspiration auprès des gens qu'il fréquente ; Oscar crée de la musique électronique, tout comme Cosmo.
De manière plus évidente, ce film est aussi une histoire d'amour – forcément atypique – entre les deux personnages principaux, Siméon et Marie.
Ce long métrage, loufoque et totalement décalé, donne la pêche au spectateur car il fait preuve constamment d'optimisme et de joie de vivre. On se régale lors de la séquence finale, où les corps se meuvent dans l'espace, sur une musique électronique inspirée. A cet égard, il convient de signaler que l'intégralité de la bande-son a été composée par Sébastien Tellier. Sa musique électronique contribue à l'émotion qui se dégage de ce film tout à la fois drôle et touchant.
Évidemment, Marie et les naufragés ne serait pas réussi sans une distribution de qualité. Le fils de Jean Rochefort, Pierre Rochefort, est une véritable révélation. Dans le rôle de Siméon, il se montre amusant, sensible et touchant. De son côté, Vimala Pons campe une mystérieuse Marie, qui paraît inaccessible et encore plus hallucinée que les autres « naufragés ». De son côté, Eric Cantona est très en forme dans le rôle de l'écrivain torturé. Quelques mots aussi pour un second rôle savoureux : André Wilms, inoubliable dans le personnage farfelu de Cosmo.
Au final, Marie et les naufragés est un OFNI (objet filmique non identifié) pour le moins surprenant et mystérieusement décalé. N'hésitez pas à regarder ce film pour vous changer les idées. 

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09.05.16

01:11:10, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Kate peine à trouver un emploi de designer haute-couture à cause de la réputation de son père, magnat de la mode connu pour vendre des vêtements inspirés d’autres créateurs. A contrecœur, elle doit rejoindre l’entreprise familiale et cohabiter avec ses terribles demi-sœurs et belle-mère. Entre problèmes familiaux et histoires de cœur, les choses se compliquent rapidement et Kate finit par perdre son travail. Bannie par sa belle-mère, elle doit revenir sous les traits du brillant Nate pour tenter de sauver sa carrière, et peut-être même trouver l’amour.

Mon avis :

Lorsque j'ai ouvert l’enveloppe contenant le DVD du film "Les 12 coups de minuit" (Attention, heureusement rien à voir avec une version nocturne de "les 12 Coups de Midi", l'horripilante émission présentée par Jean-Luc Reichmann!), je dois avouer que je me suis dit : « Mais qu'est-ce que c'est que ce truc? Les gars de Factoris Films voudraient-ils ma mort? ». Et lorsque mes deux femmes (Non, je ne suis pas polygame! Je parle évidemment de ma femme et de ma fille!) virent le DVD sur la table du salon, même réaction! « Mais qu'est-ce que c'est que ce film encore? »... Moi qui espérais de leur part un peu d’enthousiasme et de soutien!

Finalement, j'ai réussi à les convaincre de voir avec moi cette adaptation moderne de "Cendrillon" ; une Cendrillon au pays de la mode! Eh bien à la surprise générale, nous nous sommes surpris à regarder jusqu'au bout ce film de Sean Garrity ("Lucid", "My Awkward Sexual Adventure", "Blood Pressure"), sans que le moindre moment d'ennui ou de désolation ne pointent le bout de son nez et je dirais même avec un certain intérêt.

Il faut dire aussi que cette adaptation a le mérite d'être assez joliment filmée (Ça ne fait pas trop téléfilm bas de gamme!), avec quelques incrustations assez amusantes. Et puis, le scénario, même s'il reste vaguement fidèle aux contes originaux, s'en éloignera tout de même pas mal en faisant notamment le choix de travestir son héroïne en homme durant une bonne partie du film afin que sa famille ne la reconnaisse pas et qu'elle puisse prouver sa vraie valeur auprès de son père!

Un travestissement que le physique de Portia Doubleday ("Big Mamma : De père en fils", "K-11", "Carrie, la revanche", "Her"), un peu à la manière de Dustin Hoffman dans "Tootsie", permettra avec une certaine crédibilité.

La jeune femme n'est pas vilaine, mais elle n'est pas non plus à se taper par terre! Il est vrai aussi qu’elle n’est pas toujours mise en valeur dans le film, certainement pour les besoins de l’histoire d’ailleurs. Mais bon, le « prince charmant », interprété par Marc-André Grondin ("C.R.A.Z.Y.", "La Belle Bête", "Le Premier Jour du reste de ta vie", "5150, rue des Ormes", "Bus Palladium"), est loin d’être canon également! Cela serait en fait plutôt des monsieur et madame Tout-le-monde et ma foi, ce n’est pas plus mal!

En effet, cela va permettre que l’on s’identifie beaucoup plus facilement à ces personnages et surtout qu’on éprouve une certaine empathie pour la jeune femme. Parmi le reste du casting, les fans de "Sex and The City" seront heureux de retrouver Big, enfin je veux dire Chris Noth ("New York - Police judiciaire", "Seul au monde", "New York - Section criminelle", "The Good Wife") alias Mr. Big dans la série culte de ces dames!

Pour ce qui est de la belle-mère et des deux demi-sœurs, si elles sont naturellement assez garces, elles demeureront malgré tout assez sympathiques, du moins pas aussi antipathiques que l’on aurait pu l’espérer. Tout cela reste tout de même très classique et peut quelque peu faire penser aux téléfilms que l’on peut voir les après-midis, mais dans l’ensemble, c’est plutôt une bonne surprise.

Au final, "Les 12 coups de minuit" sera loin d’être la bouse qu’on aurait pu imaginer. Cette petite comédie calibrée pour ados serait même en fait plutôt plaisante!

"Les 12 coups de minuit" est sorti le 3 mai 2016 chez Factoris Films en DVD dans une édition proposant le film au format 1.78:1 16/9ème compatible 4/3 avec pistes audio française et anglaise Dolby Digital 5.1 et anglaise dts Digital Surround 5.1 avec sous-titres français optionnels. Il est à noter que la copie digitale illimitée (format 1.78:1 16/9ème avec piste audio française 2.0 AAC) est offerte, en revanche aucun bonus nous est offert, mais personnellement je n’en espérais pas non plus!

Les 12 coups de minuit (DVD + Copie digitale)

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07.05.16

09:46:28, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Créatures célestes

Réalisateur : Peter Jackson

Année : 1996

Origine : Nouvelle-Zélande

Durée : 1H40

Avec : Kate Winslet, Melanie Lynskey, etc.

Par Nicofeel

La dernière édition du festival Hallucinations collectives (à Lyon) a donné la possibilité de revoir ce très beau film.
Connu tant pour ses films gore (Bad taste, Braindead) que pour ses blockbusters (Le seigneur des anneaux, Le hobbit), Peter Jackson est également capable de films plus intimistes, dont Créatures célestes constitue la plus franche réussite.
Le film prend comme point de départ un fait divers néo-zélandais qui avait défrayé la chronique au début des années 50. D'ailleurs, ce fait divers avait inspiré un autre cinéaste, le Français Joël Seria, pour son premier long métrage, Mais ne nous délivrez pas du mal (1971).
Cela étant, la version proposée par Peter Jackson est très différente. Le réalisateur du Seigneur des anneaux s'intéresse bien plus à la relation fusionnelle entre les deux jeunes héroïnes du film – Pauline et Juliet – qu'à l'acte en lui-même, même s'il ne l'élude pas.
Les deux jeunes filles sont issues de milieux sociaux radicalement opposés : Pauline est la fille de prolétaires alors que son amie Juliet est la fille de bourgeois particulièrement aisés.Dans un premier temps, l'une est très refermée sur elle-même (Pauline) tandis que l'autre est extravertie.
Pour autant, elles se rapprochent dans leur volonté commune de se rebeller contre un système qui les révulse. Pauline et Juliet sont même subversives contre cette société qui ne les comprend pas.

Sans avoir besoin de le souligner, Peter Jackson se sert de ses personnages pour fustiger une société puritaine qui corsète tous ses personnages dans leurs conventions et leurs rôles que l'on attend d'eux. Ainsi, le père de Juliet, médecin, accepte l'infidélité de sa femme pour ne pas faire de vague. Derrière le vernis d'une société appréciable, on a tout le puritanisme qui écrase les personnages, et où l'homosexualité est décrite comme une maladie.
Le réalisateur n'y va pas non plus de main fort pour s'attaquer à la religion. La figure du prêtre est ridiculisé par Juliet (voir la grosse tête), dans la mesure où elle représente la société puritaine. Et puis la religion est sans cesse fustigée : le paradis n'existe pas chez Pauline et Juliet, c'est le quatrième monde, où il n'y aura pas de chrétiens.
Par ailleurs, en utilisant une mise en scène très aérienne et tout en mouvement (les plans larges sur la montagne seront repris plus tard dans sa trilogie culte le SDA), Peter Jackson ouvre les portes d'un autre monde pour ses deux protagonistes où elles pourraient enfin être elle-mêmes, et libres. Le quatrième monde est une pure invention qui permet à Pauline et Juliet de s'évader du monde réel.
Elles y retrouvent les personnages qu'elles ont modelé, qu'elles ont dessiné et sur lesquels elles ont écrit dans leurs romans, voire même les acteurs qu'elles admirent (James Mason et Orsen Welles, des gens subversifs du système en place).
Au bout d'un moment, on sent qu'il y a une interpénétration de l'imaginaire sur le réel. Les effets spéciaux de la jeune société d'alors, Weta digital, sont tout à fait probants et largement en avance sur leur temps.
Peter Jackson montre bien l'évolution de la relation intime qui s'établit entre ses deux personnages féminins, et l'homosexualité, qui semblait larvée devient de plus en plus prégnante. Cette relation fusionnelle est à l'origine de la création du monde fantasmagorique des jeunes filles et des desseins funestes à venir pour quiconque tenterait de les séparer.
La question devient alors de savoir quel va être l'issue de ce film.
Si Créatures célestes doit sa réussite à sa mise en scène, sa photographie, ses scènes oniriques, sa bande-son, elle le doit aussi à ses jeunes interprètes. A cet égard, Kate Winslet et Mélanie Lynskey interprètent leur premier rôle au cinéma.
Voilà incontestablement un film-phare dans la carrière de Peter Jackson. Le film a nettement mérité son lion d'argent au festival de Venise. Peter Jackson reviendra plus tard dans une thématique proche avec le moins réussi mais néanmoins intéressant Lovely bones.

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02.05.16

01:11:10, Catégories: Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Après le massacre de sa famille par la mafia, l’ancien policier Frank Castle, laissé pour mort, devient le bras armé d'une vengeance expéditive et impitoyable. Traquant et éliminant sans pitié les criminels, il est le Punisher...

Mon avis :

Jusque-là, en DVD, seule une édition d’une qualité assez déplorable et devenue de plus difficilement trouvable et du coup forcément hors de prix, en provenance apparemment de Belgique, proposait "The Punisher" version 1989 avec la version française. Pourtant s’il est loin d’être un chef d’œuvre, le film de Mark Goldblatt ("Flic ou Zombie") a au fil des années acquis le statut de film culte pour toute une génération de cinéphiles et cette réédition chez The Ecstasy of Films était donc fortement attendue par les amateurs de films de genre, d’autant plus qu’en plus d’une édition simple proposant la version cinéma du film, le jeune éditeur indépendant nous offre deux éditions limitées (une édition DVD triple et une édition Blu-ray) comprenant en supplément les versions Director’s cut et Workprint… L’attente aura été longue, mais nous voilà gâtés!

Avec "The Punisher", Mark Goldblatt, connu notamment pour son travail de monteur auprès de réalisateurs tel que Joe Dante, Paul Verhoeven ou encore James Cameron, a voulu livrer sa propre vision de ce héros atypique très éloigné des héros habituellement créés par la société Marvel Comics, un « superhéros » vengeur à l’univers extrêmement sombre, ne possédant en effet pas de supers pouvoirs contrairement à la plupart des autres héros de la firme américaine (Enfin, il a tout de même une faculté assez surprenante dans le film à se sortir d’explosions pour le moins impressionnantes et cela sans la moindre égratignure!).

Ce héros, c’est Frank Castle, interprété ici par un Dolph Lundgren ("Rocky 4", "Les Maîtres de l'univers", "Dark Angel", "Dans les griffes du Dragon rouge", "Universal Soldier") ayant teint ses cheveux en brun pour les besoins de ce rôle, celui d’un ancien flic décidé à éliminer tous les mafieux de la ville après les meurtres de sa femme et de ses deux filles. Si les fans de la bande dessinée pourront être déçus que leur vengeur préféré ne porte pas son tee-shirt emblématique orné de sa mythique tête de mort, il faut reconnaître que sa tenue dans le film apporte malgré tout un réalisme supplémentaire au personnage.

Et puis, ce personnage qui se terre dans les égouts, conserve tout de même une bonne partie de ses spécificités, se déplaçant notamment toujours à moto, toujours lourdement armé et on retrouve quand même la tête de mort au bout du manche de ses couteaux avec lesquels il signe ses méfaits. Certains reprochèrent également à Dolph Lundgren son manque d’expressivité, alors que justement son côté froid, voir glacial, colle à mon avis parfaitement à ce personnage ayant perdu tout goût de vivre.

Il faut reconnaître que l’acteur en impose, car c’est tout de même un bien joli bébé! 1 m 96 et une musculature impressionnante, il faut dire! On pourra enfin être un peu déçu que le film ne soit pas plus violent à l’image de la bande dessinée, mais Mark Goldblatt signe quand même avec ce film une série B d’action bien musclée, comme on les aime, avec des méchants bien méchants et des personnages hauts en couleurs et charismatiques.

Parmi eux, Jeroen Krabbé ("Tuer n'est pas jouer", "Le Fugitif", "Farinelli", "Ludwig van B.", "Le Transporteur 3"), dans le rôle de Gianni Franco, incarne un parfait mafieux, alors que Louis Gossett Jr. ("Les Grands Fonds", "Officier et gentleman", "Aigle de fer", "La Nuit du défi", "Blue Chips"), dans le rôle de Jake Berkowitz, campe quant à lui un co-équipier très charismatique et fort en gueule.

Kim Miyori ("Le flic de San Francisco", "The Grudge 2"), qui joue le rôle de Lady Tanaka, une chef Yakuza, sera également très convaincante ; le genre de bonne femme sur laquelle on n'a réellement pas envie de tomber! La bonne idée sera de l’avoir fait secondée par sa fille (Pas pour de vrai, dans le film! Je précise quand même!), une jeune femme muette, très jolie, experte en arts martiaux et particulièrement sadique, interprétée par une certaine Zoshka Mizak.

En revanche, Nancy Everhard ("48 heures de plus", "La voix du silence", "Le Retour des Incorruptibles"), qui a connu une carrière essentiellement à la télévision, paraît bien transparente dans le rôle de la nouvelle co-équipière de l'inspecteur Jake Berkowitz et sera assurément l’un des points faibles du film.

Si dans sa version Unrated, le film comportera un peu plus de violence et de sang que dans la version cinéma et sera donc la version à privilégier, la version Workprint apportera quant à elle un début inédit pas inintéressant nous montrant la complicité qu’il existait entre Castle et son co-équipier (On pensera d’ailleurs pas mal à "L’Arme Fatale" et tout particulièrement au duo Martin Riggs/Roger Murtaugh!) lorsqu’ils faisaient équipe et on en apprendra plus également sur Dino Moretti, interprété par Bryan Marshall ("L'espion qui m'aimait", "Hot Target"), le gangster libéré au début du film. Une version à découvrir également, ce qui est donc possible grâce aux deux éditions limitées...

Cette version du Punisher est incontestablement supérieure à la version de Jonathan Hensleigh avec Thomas Jane et John Travolta et mérite vraiment d’être redécouverte. Et puis, cela peut être une bonne mise en bouche avant la série annoncée par Netflix!

Après une piètre édition DVD sortie il y a quelques années en Belgique contenant le film au format 1.85:1 4/3 avec une unique piste française également de mauvaise qualité, en fait tout juste digne d’une VHS, "The Punisher" est enfin ressorti le 22 janvier 2016 chez The Ecstasy of Films dans une édition DVD simple avec jaquette réversible contenant la version cinéma du film, dans une édition triple DVD digipack quatre volets avec fourreau et livret de 24 pages, limitée à 1000 copies contenant en plus les versions Director’s cut et Workprint et dans une édition Blu-ray digipack trois volets, déjà épuisée (Eh oui, il fallait être rapide!), avec fourreau et livret de 24 pages, également limitée à 1000 exemplaires, contenant aussi les trois versions du film. Les versions DVD nous propose le film au format 1.85:1 16/9ème compatible 4/3 avec pour la version cinéma des pistes audio française stéréo et anglaise mono et sous-titres français amovibles, pour la version Uncut des pistes audio française et anglaise stéréo avec sous-titres français amovibles et pour la version Workprint la version anglaise mono avec sous-titres français amovibles.

L'édition Blu-ray contient quant à elle le film au format 1.85:1 16/9ème avec un encodage de 1080p HD - MPEG4 AVC - 23,976FPS pour les versions ciné et Uncut et des pistes audio française et anglaise dts-HD stéréo et mono avec sous-titres amovibles pour la version ciné et française et anglaise dts-HD stéréo et Dolby Surround et sous-titres français amovibles pour la version Uncut et pour la version Workprint la piste anglaise mono avec sous-titres amovibles. Au niveau des bonus, l'édition DVD simple contient un entretien exclusif avec Mark Goldblatt (15'57"), les coulisses du tournage (5'56"), une galerie d'images animée, les teasers et bandes annonces françaises et américaines, deux bandes annonces vidéos, la bande annonce japonaise et les bandes annonces des titres sortis chez l'éditeur (19'40"). L'édition triple reprend quant à elle le DVD simple et contient en plus deux DVD, l'un comprenant la version Uncut dont le disque est dépourvu de bonus et l'autre comprenant la version Workprint. Le Blu-ray, quant à lui, reprend l'intégralité du contenu de l'édition triple sur un seul disque.


Petit comparatif entre l'édition douteuse belge et celle de The Ecstasy of Films pour ceux qui seraient tentés:


Punisher - Edition belge

Punisher - Edition belge
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18.04.16

04:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Brooklyn
Réalisateur : John Crowley
Année : 2016
Origine : Irlande
Durée : 1h53
Avec : Saoirse Ronan, Emory Cohen, Domhnall Gleeson, etc.

Par Nicofeel

Brooklyn nous replonge dans les années 50 avec une jeune femme, Eilis Lacey (Saoirse Ronan), quittant son Irlande natale pour rejoindre les États-Unis. S'il s'agit d'une histoire romancée, on sent tout de même que le réalisateur John Crowley, lui-même Irlandais, a cherché à donner une certaine authenticité à son intrigue.
Eilis Lacey provient d'un milieu pauvre en Irlande et est accueillie aux Etats-Unis, dans le quartier de Brooklyn (d'où le titre du film) par un prêtre Irlandais lui ayant payé le voyage, trouvé un travail sur place et même payé des cours du soir. Voilà qui aide quand on est dans une situation économique délicate.
Le réalisateur John Crowley a filmé son long métrage avec beaucoup de simplicité. Le film met l'accent sur des gens « communs » que l'on pourrait croiser dans la vie de tous les jours, et auxquels on peut facilement s'identifier. Ainsi, Eilis Lacey réside dans une pension de famille avec des jeunes femmes dans une situation proche de la sienne.
Sans avoir l'air d'y toucher, Brooklyn joue – plutôt adroitement – sur deux tableaux : la description de l'émancipation d'une femme et le mélo à l'ancienne.
Notre héroïne a beau résider dans les quartiers pauvres de New York, à savoir Brooklyn, il n'empêche qu'elle va connaître une nouvelle vie. Le cinéaste évoque, avec une certaine justesse de ton, le mal du pays que vit Eilis. C'est dur d'être exilé et de tout quitter du jour au lendemain, et cela John Crowley le décrit plutôt bien.
Mais cet élément négatif est contrebalancé par le fait qu'Eilis va avoir l'occasion de s'élever socialement. Sans que l'on puisse parler de « rêve américain », il s'agirait plus précisément d'une émancipation. Ce qui n'est pas neutre d'un point de vue sociétal pour un film censé se dérouler dans les années 50.

Les Etats-Unis deviennent l'endroit de tous les possibles avec : un nouveau métier de vendeuse, des cours du soir pour préparer une reconversion en expert-comptable, des loisirs nouveaux (bals, sorties sur la plage avec des bikinis très tendance) et, comme on peut s'en douter pour ce genre de film... un petit ami.
Brooklyn offre au spectateur un mélo, pouvant faire penser à du Douglas Sirk, tant cette histoire d'amour est romanesque à souhait mais compliquée. En effet, Eilis est tiraillée entre les Etats-Unis et l'Irlande. Elle doit faire des choix. On assiste à un film romanesque, sentimental, où la figure féminine est au centre de toutes les convoitises. Le choix est d'autant plus cornélien que les postulants disposent de qualités humaines réelles.
Même si l'intrigue peut sembler au départ assez prévisible, John Crowley entretient un certain suspense (qui ne sera évidemment pas dévoilé dans cette critique!) jusqu'au bout, révélateur des doutes et errements amoureux d'Eilis.
Mais Brooklyn ne se contente pas de jouer la carte du mélo « old school ». C'est aussi un film qui s'interroge sur la question des migrants, sujet brûlant à notre époque. Le fil évoque une migration très différente que celle que l'on connaît à l'heure actuelle : notre héroïne a choisi de partir de son pays en vue d'un futur meilleur, elle a été accueillie les bras ouverts aux Etats-Unis au sein d'une communauté d'Irlandais (d'ailleurs au passage il est notable que Saoirse Ronan est Irlandaise), elle connaît la langue d'adoption de son pays et bénéficie dès le départ d'un travail. Voilà autant de facteurs qui participent à une intégration réussie. C'est très différent de l'immigration humanitaire qui a lieu en Europe en ce moment.
Film plaisant à regarder, Brooklyn doit pour beaucoup sa réussite à son actrice principale, Saoirse Ronan. Cette jeune actrice Irlandaise, remarquée dans le thriller fantastique Lovely bones, fait preuve d'une justesse de ton, d'une sensibilité et d'une simplicité remarquables. Elle fait corps avec son personnage d'Eilis Lacey. Les deux acteurs qui gravitent autour d'elle dans le film, l'Irlandais Domhnall Gleeson (vu dans l'excellente comédie romantique Il était temps) et l'Américain Emory Cohen, disposent de rôles moins marquants, même si leur jeu n'est pas à mettre en cause.
Au final, Brooklyn apparaît comme un solide mélo à l'ancienne, qui devrait plaire aux amateurs du genre.

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11.04.16

06:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Médecin de campagne
Réalisateur : Thomas Lilti
Année : 2016
Origine : France
Durée : 1h42
Avec : François Cluzet (Jean-Pierre Werner), Marianne Denicourt (Nathalie Delezia), etc.
Par Nicofeel

Le réalisateur Thomas Lilti s’était fait remarquer en 2014 du grand public pour son film Hippocrate, se déroulant dans le milieu hospitalier. Avec Médecin de campagne, il récidive dans la même veine, avec un film qui rappelle par bien des aspects l’excellent La maladie de Sachs (1999) de Michel Deville.

Dans Médecin de campagne, on suit le quotidien d’un médecin, Jean-Pierre Werner, qui officie à la campagne. Ce médecin apparaît comme quelqu’un d’humaniste, de sensible, ne comptant pas ses heures car il est avant tout dans l’idée d’aider et d’écouter ses patients. Lors de ses visites, on a le sentiment d’assister à un documentaire, tant les acteurs vivent ces scènes.

L’acteur François Cluzet incarne avec tellement de passion et de naturel le personnage de Werner, que l'on a l’impression qu’ils forment une seule et même personne.

Le réalisateur Thomas Lilti, lui-même ancien médecin, s’est sans doute servi de son expérience, pour mettre en scène des personnages plus vrais que nature.

Sans avoir l’air d’y toucher, le jeune cinéaste oppose les médecins ruraux à leurs confrères citadins. Dans la plupart des cas, dans les territoires urbains, les malades ne sont pour leurs médecins qu’un numéro parmi d’autres, et la consultation a lieu à vitesse grand V. Pas de temps à perdre pour ces médecins qui sont dans la logique du chiffre. A l’inverse, Werner est présenté comme un homme se souciant du devenir de ses patients. C’est ainsi qu’il refuse de laisser un vieil homme, monsieur Sorlin – une des figures marquantes de ce film – finir ses vieux jours à l’hôpital, seul et sans aucun soutien affectif. Werner répond également toujours présent quand on a besoin de lui, y compris la nuit.

Médecin de campagne ne se limite pas à décrire le quotidien d’un médecin investi, travaillant en zone rurale. Ce film donne aussi l’occasion à Thomas Lilti d’évoquer plusieurs thématiques actuelles, en lien avec le milieu médical. Très au fait de son sujet, il aborde de front des questions essentielles de notre société. La dépendance des personnes âgées – et la difficulté de mettre en place une hospitalisation à domicile, quand elle est nécessaire – ; la désertification médicale dans les territoires ruraux avec la solution des maisons de santé (encore faut-il parvenir à attirer des professionnels de santé dans ces maisons), sont autant de thèmes traités avec justesse.

Et puis comme dans son précédent long métrage, Hippocrate, Thomas Lilti place la transmission du savoir comme un élément essentiel dans la vie du médecin.

C’est ainsi que Nathalie Delezia (interprétée par une excellente Marianne Denicourt), néo-médecin (auparavant infirmière), va apprendre dans la pratique son métier en épaulant Werner. La relation entre ces deux personnages est intéressante, car elle est faite d’échanges et de conflits constructifs. On comprend aisément qu’il ne suffit pas de connaître la médecine pour être un bon médecin. Il est nécessaire d’observer les patients, de les écouter et de leur proposer au final le choix le plus pertinent. Le médecin ne peut pas se contenter d’être le professionnel, au-dessus de la mêlée. Il doit faire preuve d’empathie et de compréhension. C’est une véritable leçon de vie qu’inculque Werner à Delezia.

En fréquentant Werner et en appliquant son système de pensée, Delezia diagnostique des choses jamais vues jusque-là sur certains patients. Elle va par ailleurs jusqu’à apporter des conseils pertinents auprès d’une jeune femme perdue.

Dans Médecin de campagne, le médecin n’est pas seulement un médecin. C’est tout à la fois un conseiller, une assistante sociale, une personne apportant du réconfort. Tout le film transpire d’un humanisme qui fait plaisir à regarder.

Saluons l’ensemble de la distribution, qui est remarquable dans Médecin de campagne. Tant le duo François Cluzet – Marianne Denicourt que l’ensemble des seconds rôles sont à saluer, par leur jeu naturel et empreint de sensibilité.

Voilà autant de raisons justifiant de se rendre dans les salles obscures pour regarder ce Médecin de campagne. Thomas Lilti, un cinéaste à suivre de près.

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07.04.16

01:11:10, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Deux bandits sauvent un de leurs amis de la potence et se réfugient dans une ville fantôme. Rejoints par un quatrième larron, ils préparent l’attaque d’une diligence transportant de l’or. Leur plan pourrait se dérouler sans encombre, mais l’arrivée d’une vieille femme, d’un étranger maniant le boomerang, et d’une jeune veuve va venir tout chambouler.

Mon avis :

En ce mois de mars 2016, Artus Films gâte une fois de plus les amateurs de westerns spaghettis en augmentant sa collection Western Européen de deux nouveaux titres, "Belle Starr Story" et "Matalo". Deux westerns que l’éditeur semble vouloir opposer l’un par son côté féministe et comique et l’autre au contraire par son côté assez macho et violent, mais surtout Artus Films nous offre deux œuvres assez atypiques du Western européen...

"Matalo" de Cesare Canevari ("Moi, Emmanuelle", "Parties Déchaînées", "Des filles pour le Bourreau") est un Western sortant vraiment des sentiers battus par sa musique, car le réalisateur a ici fait le choix d’accompagner son film d’un Rock très psychédélique, collant parfaitement au côté excessif de son Western, mais aussi à son côté angoissant et étrange à la limite par moments de l’horreur et du fantastique.

Le cinéaste va renforcer ce sentiment d’étrangeté par des bruitages propres à provoquer la peur, des cadrages très particuliers, des ralentis interminables, mais également par la folie de ses personnages.

Parmi eux, on remarquera principalement Corrado Pani ("Rocco et ses frères", "La fille à la valise", "Secrets of a call-girl", "Gambling City", "Pinocchio"), dont le physique ne sera pas sans rappeler un certain Klaus Kinski et dont le rôle ne sera d’ailleurs pas sans rappeler le rôle de ce dernier dans "Chacun pour soi".

A ses côtés, c’est évidemment Antonio Salines ("Les frères Karamazov", "Le Voyeur", "Frivolous Lola", "Transgressing", "Black angel"), l’un des acteurs fétiches de Tinto Brass, que l’on remarquera le plus, par sa gueule d’une part et par son rôle de sadique d’autre part.

Il va s’en prendre au pauvre Lou Castel ("Les Poings dans les Poches", "El Chuncho", "Prenez garde à la sainte putain", "le Pont de Cassandra", "L’ami américain"), véritable anti-héros du film, qui lui, marquera les esprits par une scène finale assez mémorable où il se battra armé de boomerangs.

Et puis, impossible de ne pas parler de la très belle Claudia Gravy ("Sadist Erotica", "Justine", "Byleth", "The Nun and the Devil", "Tuareg : The Desert Warrior"), qui apporte son lot obligé de sex-appeal au film. Enfin, dans le rôle de Constance Benson, l’inquiétante propriétaire de la ville fantôme dans laquelle tout ce petit monde va atterrir, on remarquera Ana Maria Noé ("Sabata", "El Diablo Cojuelo").

Si le film brille incontestablement par son originalité, sa mise en scène inspirée et son ambiance très particulière, en revanche, il faudra tout de même reconnaître qu’il y a quand même pas mal de longueurs dans la deuxième partie du film, avant un final qu’il sera impossible d’oublier...

Ce "Matalo", par son côté original et atypique pour un western spaghetti, s’avère être un western assez marquant et au final plutôt une bonne surprise grâce à sa musique étonnante et à quelques scènes assez mémorables...

"Matalo" est sorti officiellement dans le commerce le 6 avril 2016 en DVD chez Artus Films dans une édition nous proposant le film au format 1.85:1 16/9ème compatible 4/3 en versions française et italienne Dolby Digital 2.0 et sous-titres français et avec en guise de bonus une présentation du film par Alain Petit intitulée "Bienvenue en enfer" (29'14"), "Rouge ventre", un documentaire d’Eric Cherrière et Claude Ledu (53'48"), une galerie de photos et des bandes annonces de la collection dont celle du film.

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22.03.16

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Saint-Amour
Réalisateurs : Benoît Delépine et Gustave Kervern
Année : 2016
Origine : France
Durée : 1h41

Avec : Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste, Céline Sallette, Ana Girardot, Chiara Mastroianni, Solène Rigot, Ovidie, Michel Houellebecq, Andréa Ferréol

Par Nicofeel

Les « grolandais » Benoît Delépine et Gustave Kervern sont de retour et comme on peut s'en douter, leur nouveau film est tout sauf conventionnel.
Saint-Amour se présente comme un road-movie totalement décalé, où un agriculteur un peu bourru, Jean, quitte le salon de l'agriculture et prend un taxi avec son fils Bruno pour effectuer la route des vins.
La situation père-fils est au départ assez difficile car ces deux personnes entretiennent des relations distendues, quand elles ne sont pas carrément conflictuelles.
Benoît Delépine et Gustave Kervern, amateurs de situations décalées, se sont bien amusés dans le monde fictif de Groland. Ici, à travers leurs yeux espiègles, il n'est pas question de monde imaginaire. Cela dit, le spectateur lambda s'embarque dans une aventure où le bizarre côtoie la félicité.
Mais il ne faut pas s'y tromper. Nos deux co-réalisateurs ne se sont pas contentés de remplir les décors de personnages atypiques et étonnants, juste pour amuser la galerie. Derrière le côté amusant de l'entreprise, il y a un véritable fond.
On pourrait même dire, sans aller trop loin, que Saint-Amour prend le pouls de la société. Et celle-ci ne va pas vraiment bien, si on se réfère à l'actualité de tous les jours.
Ainsi, le marasme économique est une des préoccupations de Saint-Amour. Nos deux agriculteurs sont sans le sou et se débrouillent tant bien que mal pour faire leur périple sur la route des vins. A cet égard, ils ne sont pas les seuls à avoir du mal à joindre les deux bouts. Il n'y a qu'à voir cette première nuit passée chez l'habitant, où un homme très étrange, quasi mutique, joué par un Michel Houellebecq hilarant dans son rôle, loue ses chambres et loge sa famille... dans un endroit très spécial ! La scène, véritablement marquante, est décalée et surréaliste à souhait. Cela étant, elle est symptomatique de cette France d'en-bas qui peine à s'en sortir.

La rencontre suivante met encore une fois l'économie au cœur de la problématique avec une jeune femme fortement inquiète par le niveau de la dette, alors qu'elle est sur le point de faire l'amour !
C'est justement l'amour avec ce titre de Saint-Amour (du nom de ce vin rouge présent dans le vignoble du Beaujolais mais aussi un clin d’œil aux relations amoureuses) qui appparaît comme la meilleure catharsis pour guérir les maux en tous genres. Nos personnages principaux sont eux-mêmes en manque d'amour.
Jean est seul depuis le décès de son épouse. Pourtant, il continue d'envoyer des messages sur son répondeur pour entendre la voix de sa femme et se sentir moins seul. Ce qui donne lieu à cette extraordinaire réplique, typique du cinéma de Delépine et Kervern : « Elle était pas morte ta femme ? - Si mais elle est toujours joignable. »
Quant à Bruno, le fils de Jean, il ne trouve pas l'âme sœur. Il faut dire que son état souvent éméché ne l'aide pas particulièrement. De son côté, leur chauffeur de taxi s'invente une vie de famille et un personnage de tombeur des filles alors qu'il est désespérément puceau.
Les rencontres incongrues qui émaillent leur road-trip, sont l'occasion de mettre fin à leur solitude et leurs frustrations sexuelles. Et nos protagonistes vont trouver un équilibre certain au niveau de leur vie, en plus de l'amour. Sans vouloir dévoiler ces scènes qui ne manquent pas de piquant, on signalera tout de même une apparition très amusante de l'actrice pornographique Ovidie ou encore une une jeune femme qui accepte d'offrir le gite en échange d'un service dont elle a besoin... Ces scènes, fortement décalées, font surtout rire. Il n'y a rien de salace ou de dégoûtant. Le sexe est la solution à tout.
Mais le film ne se limite pas à cette réflexion un peu facile. Il décrit assez bien le rapprochement entre un père et son fils, via ce road-trip où le goût du vin se conjugue avec celui de l'amour.
Les acteurs du film sont d'un naturel déconcertant. On a l'impression qu'il s'agit de rôles de composition. Et pour cause. Gérard Depardieu n'a jamais caché son amour du bon vin, et il apparaît crédible en homme de la campagne. Quant à Benoît Poelvoorde, il a souvent déclaré être dans la vie courante quelqu'un de dépressif, incapable de vouloir donner la vie dans ce monde (presque) insupportable.
Heureusement, les hurluberlues de Groland sont là pour nous rappeler, au détour d'un film très drôle, que la vie vaut d'être vécue.

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13.03.16

13:49:39, Catégories: Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Entre fous rires et crises de larmes Cameron Stuart ne sait plus où donner de la tête. Diagnostiqué bipolaire, Cameron suit un traitement dans le but de reconquérir sa femme Maggie et de réintégrer le cocon familial qu’ils forment avec leurs deux filles. Mais lorsque Maggie décide de quitter Boston pour partir à New York reprendre ses études, la jeune femme n’a pas d’autre choix que de confier la garde de ses enfants à ce père pas tout à fait comme les autres...

Mon avis :

Non, non!!! Je vous vois venir! "Daddy Cool" n'est absolument pas un biopic consacré au groupe Boney M., ni même d'ailleurs un film s'inspirant de ma propre personne, même si mes enfants doivent certainement se dire que je le suis... cool! Un peu trop d'ailleurs, soit dit en passant! Non, ce "Daddy Cool" est toutefois bien une histoire vraie, celle vécue par la réalisatrice dont le père souffrait de troubles bipolaires, ce qui n'est absolument pas mon cas même si je suis légèrement barge à ce qu’il paraît...

Pour écrire et réaliser son premier film, la scénariste Maya Forbes ("The Larry Sanders Show", "Monstres contre Aliens", "Journal d'un Dégonflé : ça fait suer!") s'est donc inspiré de sa propre enfance, celle passée en compagnie de sa sœur auprès d'un père maniaco-dépressif et avec une mère le plus souvent absente, car celle-ci a voulu changer de vie pour pouvoir offrir le meilleur à ses enfants (Voilà qui est louable!). Pour incarner ses parents, la réalisatrice a choisi Mark Ruffalo ("Collatéral", "Zodiac", "Shutter Island", "Avengers", "Insaisissables", "Foxcatcher") et la sublime Zoe Saldana ("Le terminal", "Avatar", "Colombiana", "Blood Ties", "Les gardiens de la galaxie").

Un joli casting pour des personnages auxquels on va immédiatement s'attacher! Il faut dire que Maya Forbes a vraiment tenu à rendre son film à la fois drôle, touchant et respectueux de cette maladie mentale qui reste tout de même assez tabou et peu reconnu, même de nos jours. Le film fonctionne plutôt bien, en partie grâce au talent des deux comédiens, mais également grâce à celui des deux jeunes filles, qui jouent leurs filles et en particulier Imogene Wolodarsky, qui s’avère être en fait la propre fille de la réalisatrice.

La jeune actrice en herbe joue ici avec une justesse étonnante le rôle de sa mère à son âge, alors qu'en revanche l'autre fille de la réalisatrice, Clementine, n'a malheureusement pas pu incarner le rôle de sa tante, car elle était trop âgée. La cinéaste en herbe signe ici un long-métrage jamais larmoyant et ne versant qu’à de rares occasions dans le côté dramatique, ce qui est vraiment une bonne chose.

Mark Ruffalo est assez irrésistible dans le rôle de ce père déjanté et on en vient à lui souhaiter le meilleur et notamment qu’il réussisse à reconquérir sa femme, même si on constate bien à quel point cela peut être compliqué de vivre avec un tel personnage. Visuellement le film fait très cinéma indépendant US, le style de films qu’on a l’habitude voir à Sundance par exemple, mais rien d’étonnant à ça, d’ailleurs le film y fût nominé en 2014!

Avec "Infinitely Polar Bear" (Oui, c'est le titre original!), Maya Forbes signe une première œuvre touchante, pleine de vie et plutôt réussie sur un sujet rarement exploité, même si on pense bien évidemment à quelques films comme "Mr. Jones" avec Richard Gere par exemple...

"Daddy Cool" est sorti en DVD le 17 novembre 2015 chez BAC Films dans une édition proposant le film au format 1.85:1 16/9ème compatible 4/3 avec pistes audio française et anglaise Dolby Digital 5.1 et sous-titres français. Au niveau des bonus, cette édition nous offre des interviews de Maya Forbes (13'43"), Mark Ruffalo (10'08") et Zoe Saldana (13'29"), ainsi que les bandes-annonces du film et celles de "Hungry Hearts" et "White Bird".

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09.03.16

01:11:10, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Fin et April passent leurs vacances d’été en Floride. Pas de chance! Cet Etat, habituellement ensoleillé, est détrempé par la pluie. Mais il y a pire : un Sharknado s’annonce... C’est toute la côte Est, d’Orlando à Washington, qui cette fois-ci sert de garde-manger aux requins volants. Fin et April vont devoir, une fois de plus, sortir le grand jeu...

Mon avis :

Suite aux succès de "Sharknado" et "Sharknado 2", il était logique de voir débarquer un troisième volet des aventures sanglantes et complètement délirantes de Fin Shepard contre les tornades de requins, le tout était de savoir si ses créateurs arriveraient à innover avec de nouvelles idées toujours plus folles, tout en gardant la même énergie...

Bon, il faut avouer que cela commence plutôt bien! Après une petite introduction parodiant l’agent 007, "Sharknado 3: Oh Hell No!" débute à fond les manettes et avec qui plus est un scénario complètement con comme on les aime, où notre héros, toujours interprété par Ian Ziering ("Un amour infini", "No Way Back", "Domino", "Tyrannosaurus Azteca", "Graine de championne"), l'ex-Steve Sanders de la série pour ados "Beverly Hills", semble vouloir prévenir de toutes urgences la Maison Blanche de la menace imminente d'un nouveau sharknado arrivant tout droit sur Washington et où au final, il reçoit une médaille remis par le Président en personne et semble du coup complètement faire abstraction qu'il y a une nouvelle catastrophe se prépare! Vraiment excellent!

Bien entendu, les choses ne vont pas tarder à se gâter et là, cela va rapidement tourner au grand n'importe quoi! Le réalisateur Anthony C. Ferrante ("Boo", "Headless Horseman", "Hansel & Gretel") n'hésitant pas à détruire la Maison Blanche, le Capitole et le Washington Monument! Oui, tant qu'à faire, autant ne pas faire les choses à moitié! Débute alors le générique comme dans les précédents épisodes la chanson "The ballad of Sharknado", une chanson très influencée par les Ramones, interprétée par le groupe Quint, dont le chanteur n'est autre que Ferrante en personne.

Retour ensuite au calme, mais pour combien de temps me direz-vous? Eh bien, pas pour trop longtemps comme vous pouvez le deviner! Je ne vais pas vous raconter tout le film (Cela serait dommage quand même! N’est-ce pas ?), mais sachez que le scénario tient ses promesses et n’est là que pour aligner des situations complètement folles et débiles et faire béqueter un maximum de stars en un minimum de temps!

Car ce troisième volet contient également un grand nombre de caméos (Un peu trop d’ailleurs!), mettant en scène de nombreuses célébrités essentiellement américaines provenant de tous milieux, mais que malheureusement l’on ne reconnaîtra pas forcément, du moins nous, pauvres petits français. Du coup, le film aligne de nombreuses scènes un peu trop courtes où la plupart de ces célébrités vont se faire dévorer par les vilains requins, en nous laissant quelque peu sur le côté.

Malgré tout, les créateurs de la série ne nous ont pas oublié en faisant tout de même intervenir dans le film le français Bruno Salomone ("Brice de Nice", "Hellphone", "Kaamelott", "Goal of the Dead", "Le secret d’Elise"), l’ancien Nous Ç Nous.

Parmi les vedettes, que l’on pourra s’amuser à essayer de reconnaître, on peut noter par exemple la présence de Lorenzo Lamas ("Grease", "Le Rebelle", "Dark waters", "Mega Shark vs. Giant Octopus") ou encore de Bo Derek ("Orca", "10", "Bolero"). Dans les rôles principaux, on retrouve bien évidemment Tara Reid ("The Big Lebowski", "American Pie", "Devil's Pond", "Alone in the Dark", "Silent Partner"), dans le rôle de la femme de Fin Shepard, qui est ici enceinte, mais qui a surtout pris un bon petit coup de vieux, mais aussi et surtout la très sexy Cassie Scerbo ("Music High", "Bering Sea Beast", "My Life as a Dead Girl"), dont on avait déjà pu admirer la plastique impeccable dans le premier épisode et qui revient ici en force (...et en formes!).

Plus surprenant, la présence dans des rôles secondaires les plus importants de deux stars du petit écran, David Hasselhoff ("Starcrash", "Shaka Zulu", "Kung Fury") d’une part, connu pour ses rôles dans les séries "K2000" et "Alerte à Malibu" et Frankie Muniz ("Agent Cody Banks", "Stay Alive", "Walk Hard : The Dewey Cox Story"), la star de la série "Malcom".

Même si on pourra être un peu déçu par le manque d’originalité de certaines scènes et par le manque de découpage à la tronçonneuse, ce qui est normalement la marque de fabrique de Flin, le film aligne quand même quelques scènes assez sympas, comme celle de Daytona, celle aux Studios Universal ou encore la dernière partie qui se déroule dans l’espace dans une navette de la NASA.

On retrouve autrement les mêmes recettes que dans les deux précédents films avec une mise en scène faisant souvent très téléfilm (En même temps, c’en est un!) et des effets spéciaux très bas de gamme (Cela reste un petit budget fait très rapidement et par les studios Asylum, il ne faut pas l’oublier!).

Semi-déception donc avec ce "Sharknado 3: Oh Hell No!", même si on s’amuse quand même encore bien! Croisons maintenant les doigts pour que le quatrième volet retrouve la folie et l’énergie des deux premiers films!

"Sharknado 3: Oh Hell No!" est sorti le 2 février 2016 chez Free Dolphin Entertainment en DVD, Blu-ray et VOD. Le DVD nous offre le film au format 1.77:1 16/9ème compatible 4/3 avec pistes audio française et anglaise Dolby Digital 5.1 et sous-titres français, alors que le Blu-ray est lui au format 1.77:1 16/9ème, avec une résolution de 1080p et des pistes audio anglaise et française dts-HD Master Audio 5.1 et des sous-titres français. Au niveau des bonus, on est cette fois assez gâté avec un making of (12’11"), un bêtisier (4’36"), une fin alternative (3’16"), un module sur les effets spéciaux (4’31"), un comparatif sur les effets spéciaux avant/après (2’07") et la bande annonce française du film (1’40").

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08.03.16

09:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Spectre

Réalisateur : Sam Mendes

Année : 2015

Origine : Royaume-Uni

Durée : 2h30

Avec : Daniel Craig, Léa Seydoux, Christoph Waltz, Monica Bellucci, Ralph Fiennes, etc.

Par Nicofeel

Réalisateur du James Bond précédent, à savoir l’excellent Skyfall, le réalisateur britannique récidive avec Spectre. Le film débute avec une scène d’introduction tout à fait impressionnante. Et histoire de marquer les esprits, cette scène comprend d’abord un plan séquence de 4 minutes où l’on commence où l’on suit James Bond, incarné par Daniel Craig. Cette scène est particulièrement évocatrice du reste du film, puisqu’elle se déroule à Mexico, durant la fête des morts. Évidemment, les différents masques et autres représentations mortifères lors de cette fête des morts évoquent le spectre (Service pour l’espionnage, le contre-espionnage, le terrorisme, la rétorsion et l’extorsion).

On retrouve en effet dans ce film cette organisation secrète, implantée au niveau mondial, qui compte semer le chaos, pour exercer son influence. Le spectre nous ramène aux origines des James Bond, de la période Sean Connery (Dr No, Opération tonnerre) et George Lazenby (Au service secret de sa majesté). Depuis, on en avait plus entendu parler.

Le retour du spectre est symptomatique de ce James Bond, qui navigue sans cesse entre passé et modernité. Le passé, c’est finalement l’utilisation par le MI6 (le service de renseignements britannique) des agents secrets 00 pour mener à bien certaines missions délicates, en toute discrétion. Le présent, c’est un monde qui a évolué avec des méthodes différentes et surtout des nouvelles technologies au service de l’homme. Désormais, les gouvernants des États, et notamment le Royaume-Uni, souhaiteraient privilégier un système de surveillance à distance, avec par exemple des drones.

Tout l’enjeu de ce James Bond est de montrer que la machine ne peut pas toujours remplacer l’homme et qu’il est particulièrement dangereux de mutualiser des systèmes de sécurité, par le biais de l’informatique et de tous les nouveaux moyens de communication.

En filigranes, Sam Mendes critique ouvertement les dérives actuelles de notre société, où le citoyen lambda est désormais surveillé dans tous ses faits et gestes. On n’est plus si loin du régime totalitaire décrit par George Orwell dans son roman 1984 avec le fameux slogan : « Big brother vous regarde ».

Pour sauver notre monde, rien de tel que les bonnes vieilles méthodes avec un agent 007 qui a certes pris un coup de vieux – et que l’on souhaite mettre à la retraite – mais qui peut encore largement rendre service. Histoire de rappeler que tout n’est pas à jeter au niveau du passé, le réalisateur Sam Mendes s’amuse à disséminer de nombreuses scènes dans ce film qui évoquent les grandes heures de Sean Connery ayant revêtu le costume de 007. Sans être exhaustif, on notera la présence d’un méchant charismatique, évoquant forcément le n° 1 du Spectre d’antan, le fameux Blofeld. On a droit également à une scène d’action très énergique dans un train ou encore une invitation dans l’antre du méchant, qui n’est pas sans rappeler celle du Dr No dans le tout premier James Bond.

La musique se met également au diapason du film. Exit les musiques électroniques dans le style de Meurs un autre jour. On revient aux fondamentaux avec une musique purement bondienne. La chanson Writing’s on the wall de Sam Smith s’inscrit dans la continuité du Skyfall d’Adèle.

Cela étant, Spectre n’est pas une réussite totale, même s’il cherche à s’appuyer sur des recettes qui ont fait leur preuve dans le passé. Le scénario n’est pas forcément très inventif et le film s’étire un peu trop en longueurs. S’il y a bien quelques scènes d’action remarquables, on a tout de même la sensation que 2h30 apparaît comme une durée excessive. Le film manque de rythme.

Mais surtout c’est au niveau de la distribution où cela pêche le plus. Daniel Craig est impeccable, même si physiquement on a l’impression qu’il commence à prendre un coup de vieux. Le renouvellement de James Bond, évoqué dans le film par la mise à la retraite des 00, est à reconsidérer à moyen terme. Ce sont surtout les personnages féminins qui brillent par leur absence de profondeur : Monica Bellucci est créditée d’une scène, au demeurant sans grand intérêt. Quant à Léa Seydoux, elle est transparente d’un bout à l’autre du film. A sa décharge, il faut bien admettre que son rôle n’a aucun intérêt, et que l’on a bien du mal à croire à son histoire d’amour avec James Bond, la différence d’âge n’aidant pas.

Au final, en dépit des quelques défauts évoqués précédemment, Spectre n’en demeure pas moins un spectacle plaisant à regarder, aussi bien pour les bondophiles que les autres. On attend le prochain opus, pour connaître l’orientation que prendre le nouveau James Bond : rupture ou continuité de la saga ? Affaire à suivre.

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28.02.16

00:40:31, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Hebergeur d'image

Synopsis :

Mark Lester découvre qu’il est gravement malade et qu’il doit subir une opération chirurgicale qui le privera de toute sa virilité. Il décide alors de s’envoler pour les Caraïbes et de profiter de ses derniers moments de volupté...

Hebergeur d'image

Mon avis :

Après avoir édité au début de l'été 2014, deux petits classiques du film d'horreur signés Joe D'Amato ("Black Emanuelle en Amérique", "Blue Holocaust", "Anthropophagous", "Porno Holocaust", "Horrible", "Caligula: la véritable histoire"), l'éditeur Bach Films revient avec deux autres titres du réalisateur italien ; deux films de sa période « érotico-exotique », que l'on n'espérait vraiment pas voir débarquer un jour en France...

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Réalisé en 1978 mais sorti qu'en 1980, "Sesso Nero" est considéré comme le premier film pornographique hardcore italien. Oui, soyons clair, les scènes de sexe de ce film sont très explicites et bien entendu non simulées! Pourtant, s'il s'agit bien d'un film érotique comportant des scènes à caractère pornographique, il s'agit tout de même d'une véritable œuvre cinématographique, film d'ailleurs tourné en 35 mm en République Dominicaine et avec un vrai scénario.

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Un scénario signé Luigi Montefiori, alias George Eastman ("Django, le taciturne", "L'appel de la forêt", "Baba Yaga", "Anthropophagous", "Horrible", "Les guerriers du Bronx"), qui est également acteur dans le film, mais je vous rassure tout de suite, il ne nous sortira à aucun moment son service trois pièces! L'histoire est plutôt dramatique puisqu'il est question d'un homme condamné s'il ne se fait pas opérer d'ici deux semaines...

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Seulement voilà, l'opération en question n'est pas anodine puisque le malheureux va devoir se faire castrer, ce qui pour un queutard comme notre héros, que dis-je, une bite ambulante plus exactement, est forcément un drame (Pour quel homme normalement constitué cela ne le serait pas d'ailleurs ?).

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Ce dernier, dénommé Mark Lester (Non, pas de rapport avec le réalisateur de "Class 1984"!), est interprété par Mark Shannon ("La nuit fantastique des morts-vivants", "Porno Holocaust"), acteur italien ayant essentiellement œuvré dans le porno et tout particulièrement pour D'Amato.

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Physiquement, le bonhomme est une sorte de Tom Selleck période "Magnum", autant vous dire qu'on a forcément un peu de mal à le prendre au sérieux et à imaginer que toutes les femmes lui sautent au braquemart directement! Mais bon, la femme restant un grand mystère pour l'homme et donc pour moi, alors pourquoi pas?

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Parmi les demoiselles en question, on remarquera principalement Annj Goren ("Exotic Love", "Hard Sensation", "Porno Holocaust") et Lucia Ramirez ("Orgasmo Nero", "La nuit fantastique des morts-vivants", "Hard Sensation", "Porno Holocaust"), deux jeunes femmes somme toutes très communes, mais loin d'être vilaines et ayant au moins l'avantage de ne pas donner l'impression de sortir d'une autre planète, comme c’est le cas pour la plupart des actrices qu'on a l'habitude de voir et qui ont une plastique irréprochable!

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En dehors de ses scènes érotiques, le film n'est pas inintéressant tout de même notamment car il mêle à la réalité un petit côté fantastique de par les apparitions de l’ex de Mark Lester que celui-ci est venu chercher et qui est sensée être portée disparue depuis de nombreuses années...

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Même si les scènes X n'ont vraiment rien d’exceptionnelles, "Sesso Nero" demeure assez plaisant à regarder et marquera durablement les esprits pour sa dernière scène ô combien traumatisante! Vous voilà prévenus!

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"Sesso Nero" sort officiellement dans le commerce le 24 mars 2016 chez Bach Films, mais le DVD est déjà disponible sur le site de l’éditeur, dans une édition proposant le film au format 1.78:1 16/9ème compatible 4/3 avec une unique piste audio italienne mono et des sous-titres français optionnels. Pas de réels bonus, mais on a quand même le droit aux bandes-annonces allemandes du film et à celles de "Orgasmo Nero".

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Sesso Nero

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19.02.16

14:49:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Après avoir retrouvé sur une plage le cadavre d’une jeune femme brûlée, la police de Sydney a un suspect mais Thompson, un inspecteur à la retraite, décide de continuer l’enquête. En parallèle, une jeune femme, Glenda essaie de vivre son amour avec Antonio malgré le fait qu’elle continue à voir d’autres hommes que lui. Ces deux histoires vont se croiser dramatiquement.

Mon avis :

Certains se plaignent que trop de giallis sortent actuellement, moi, ce n’est certainement pas mon cas! Au contraire, je me réjouis de cette période bénite! Surtout lorsqu’il s’agit d’œuvres de qualité et qui plus est inédits chez nous, ce qui est le cas "L'affaire de la fille au pyjama jaune"...

Tourné en 1977, "L'affaire de la fille au pyjama jaune" est un Giallo assez moderne signé Flavio Mogherini ("Pour aimer Ophélie", "Pygmalion 88", "Delitto passionale"), empruntant beaucoup plus au polar classique qu'au Giallo à proprement dit. Il faut dire qu'en 1977, l'âge d'or du Giallo est déjà passé...

Ainsi, il sera question ici d'une enquête sur un meurtre commis apparemment par un sadique, dont l'identité reste à trouver et il y aura pour notre plus grande joie une charmante actrice qui nous dévoilera son anatomie (Bon, en réalité il s’agit de celle d'une doublure!) dans le plus simple appareil, mais c'est à peu près tout ce qui rapprochera vraiment ce thriller du Giallo classique.

Si, il y a peut-être également quand même la bande originale signée Riz Ortolani ("Le dernier jour de la colère", "Perversion Story", "Si douces, si perverses", "Le tueur à l'orchidée", "Les diablesses") qui rappelle par moments certains gialli, d’ailleurs il est vrai que le compositeur en a écrit pas mal...

Le film s'inspire autrement d'une histoire vraie, un fait divers qui eût lieu en 1934 en Australie et qui inspira d'ailleurs plusieurs autres metteurs en scène et pas seulement Flavio Mogherini. Pour autant, on ne peut pas dire que l'enquête policière soit particulièrement palpitante. Mais pour brouiller les pistes à la manière d'un Giallo et permettre ainsi de tenir secret l’identité du tueur jusqu’à la fin, le cinéaste va suivre deux histoires parallèles dont on devine bien entendu qu'elles sont liées.

Il y a d'une part l'enquête policière menée notamment par un flic à la retraite venu prêter main forte à ses anciens collègues, interprété par Ray Milland ("Le crime était presque parfait", "L'enterré vivant", "L'horrible cas du docteur X", "Love Story", "Frogs", "La montagne ensorcelée") et d'autre part on suivra la vie dissolue de Glenda Blythe, jouée par la très jolie Dalila Di Lazzaro ("De la chair pour Frankenstein", "3 hommes à abattre", "Phenomena"), une femme mariée partageant son temps entre lui et ses deux amants.

Son mari, c'est Michele Placido ("La Mafia", "Lulu", "Trois frères", "Le Plaisir (et ses petits tracas)", "Arrivederci amore, ciao") qui l'interprète et il joue ici le seul italien du film. Pourtant et malgré le fait que l'action se déroule en Australie, on a souvent la sensation d'avoir affaire à des italiens et pas seulement à cause de la langue. On a ce sentiment surtout en raison de l'attitude assez excessive et typiquement italienne de certains personnages heureusement très secondaires.

Quant aux deux amants, ce sont Howard Ross ("Le grand défi", "L'île de l'épouvante", "La louve sanguinaire", "Intérieur d'un couvent", "L'éventreur de New York") et Mel Ferrer ("Les chevaliers de la table ronde", "Guerre et paix", "Et mourir de plaisir", "L'Antéchrist", "Le crocodile de la mort") qui les interprètent.

Howard Ross y incarne un costaud d'origine germanique (Pour plus de crédibilité, il dut porter des lentilles bleues!) à l'opposé du latin assez frêle incarné par Michele Placido et Mel Ferrer la sécurité financière, là encore à l'opposé du personnage interprété par l'acteur italien.

Si finalement, il ne se passe pas grand-chose dans ce Giallo, le réalisateur arrive tout de même à capter l'attention, grâce notamment à quelques scènes surprenantes comme celle où le corps de la victime est exposée de façon malsaine au public telle une œuvre d'art, le tout sur une musique très giallesque.

Et puis, il y a la musique qui parfois surprend également avec en particulier deux titres interprétés par Amanda Lear (Oui, vous avez bien lu!), qui apporte une ambiance assez originale à ce thriller. Enfin, il y a aussi quelques personnages haut en couleurs, qui viennent apporter un peu de consistance au film, alors que celui-ci se terminera sans réellement nous surprendre...

"L'affaire de la fille au pyjama jaune" vaut principalement pour quelques scènes surprenantes et pour la plastique de son héroïne, mais autrement le film risque quelque peu de décontenancer, voire de décevoir les amateurs de Gialli traditionnels.

"L'affaire de la fille au pyjama jaune" est sorti en DVD le 19 janvier 2016 chez Le Chat qui Fume dans une magnifique édition digipack slim 3 volets (Attention tirage limité à 1000 exemplaires!). Le film nous est proposé au format 1.85:1 16/9ème compatible 4/3 avec piste audio italienne Dolby Digital 2.0 mono et sous-titres français.

Au niveau des bonus, l'éditeur nous offre un entretien avec l'acteur Howard Ross (12'49"), ainsi que le film annonce du film et ceux de "Journée noire pour un bélier", "Le Venin de la peur" et "L'Antéchrist".

L'affaire de la fille au pyjama jaune

L'affaire de la fille au pyjama jaune
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12.02.16

11:11:11, Catégories: Interview  

Par Flo200

Troisième interview de Julien Richard-Thomson sur DVDpasCher.net, la première datant de 2012, la deuxième de 2014, cela devient une véritable histoire d'amour entre nous! Julien a lancé récemment une nouvelle campagne de financement participatif qui se termine dans quelques jours, c'était donc l'occasion qu'il nous parle de ce nouveau projet et des autres à venir!


Bonjour Julien! Tu as lancé une campagne de crowdfunding pour un projet plutôt déjanté, une sorte de Best-of de tes tout premiers films?

Oui c'est à peu près ça, il s'agit d'un genre de « remix » mêlant des extraits de plusieurs de mes premiers films de jeunesse, qui étaient des parodies de « séries Z » : "Time Demon", "Jurassic Trash", "Roboflash Warrior"... Tous ces films ont été réalisés avec très peu de moyens, dans les années 90, je les distribuais dans les vidéoclubs. Certains ont été coproduits avec la revue Mad Movies et son fondateur Jean-Pierre Putters, on retrouve des collaborateurs du journal : Damien Granger, Didier Allouch, Christophe Lemaire... Je veux remonter des séquences de ces longs-métrages autour d'une nouvelle histoire avec une post-synchro délirante, à la manière du fameux pastiche "La classe américaine, le grand détournement" qui détournait des classiques américains.

Pourquoi ce projet « Back to the future » ?

Car cette année c'est le vingtième anniversaire de "Time Demon" qui a été tourné en 1996. Je me suis dit qu'il fallait célébrer cette date avec un projet à la fois hilarant, original et vintage. Et puis, beaucoup de gens m'ont réclamé une réédition de ces films tournés lors de ma période « parodies Bis » notamment ceux qui ne sont sortis qu'en cassettes VHS. Je ne souhaitais pas éditer ces films en DVD car je n'en suis pas totalement satisfait, du moins pour les plus anciens d'entre eux comme "Night Of Vampyrmania" par exemple, qui a été tourné dans des conditions « amateur » avec un petit caméscope et des acteurs débutants. Le résultat n'est pas vraiment montrable dans son intégralité (rires). Mais un nouveau montage humoristique me semble une manière amusante de leur rendre hommage et de satisfaire la curiosité des fans. Ce projet permettra de montrer certaines séquences inédites, il comportera également des bonus exclusifs...

Tu annonces des extraits de ton film inédit (et mythique) "La Nuit des ploucs vivants"...

Oui des séquences de ce film inédit seront aussi utilisées. J'avais tourné ce long-métrage au milieu des années 9O dans l'ouest de la France, il racontait une invasion de zombies dans le marais poitevin ! Il y avait des scènes assez drôles et quelques effets gore plutôt réjouissants. Si j'arrive à réunir assez de budget pour monter ce projet, ce sera une belle manière de remercier les équipes (comédiens et techniciens) qui ont participé à toutes ces œuvres.

Peux-tu nous parler de "Mon cinéma de a à z", le livre que tu as sorti l'année dernière?

Il a reçu de très bonnes critiques ce qui m'a fait plaisir tu t'en doutes. J'ai écrit ce bouquin pour faire une sorte de « point d'étape » dans ma carrière, livrer quelques anecdotes de mes tournages, et surtout pour mieux expliciter ma démarche de cinéaste qui n'est pas toujours comprise. C'est d'ailleurs logique puisque depuis 15 ans aucun de mes projets de longs-métrages (à part le thriller "Bloody Flowers", mais c'était un film très « low cost ») n'a pu se tourner. Les gens ne connaissent donc pas mes intentions cinématographiques. J'ai écrit des dizaines de scénarios, plutôt dans le genre fantastique ou anticipation mais dans une veine très personnelle, parfois assez sombres ou au contraire teintés d'ironie, qui n'ont pas séduit les télévisions et les institutions. Le cinéma français est très conservateur et rejette le « cinéma de l'imaginaire ». Dans le livre je donne ma conception du genre fantastique et je parle de tous mes projets, y compris les nombreux que j'ai dû abandonner.



Un mot sur tes autres projets, pour conclure?

Je développe pas mal de projets, en effet. Un long-métrage cinéma, qui n'est autre qu'une adaptation d'une célèbre bande dessinée belge. Et des projets de formats courts, des séries digitales notamment, dans différents styles. Psycho Girls est une série de web-cinéma (un concept auquel je tiens) un peu tarantinesque. Il y a aussi deux séries qui traitent de politique chacune à sa manière, l'une sous forme de thriller ("Le Dircab"), l'autre de comédie ("La Septième République"). Enfin j'ai déposé un projet de documentaire à plusieurs chaînes de télévision et j'attends leurs réponses... Tout est sur mon site!

Un projet de financement participatif à soutenir donc! N'hésitez pas également à suivre l'actualité de Jaguarundi Films sur sa page Facebook afin de ne rien louper! Et si vous avez envie de vous faire une idée sur les films du réalisateur et sur ses productions, voici les titres de sa filmographie disponibles en DVD que vous pouvez trouver aussi sur la boutique de Jaguarundi Films :

Coffret Richard J. Thomson : Jurassic Trash + Time Demon + Time Demon II

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11.02.16

11:11:11, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Témoins d’une violente agression, Walter et son amie Julia en parlent à Andrea Bild, journaliste spécialiste en affaires criminelles. Celui-ci décide de mener son enquête, malgré l’opposition de la police. Bientôt, c’est sur lui que se portent les soupçons d’une série de crimes dont il devra retrouver le meurtrier pour s’innocenter...

Mon avis :

C'est avec une légère appréhension, je dois l’avouer, que j'ai glissé dans mon lecteur DVD cette galette de "Journée noire pour un bélier", l'un des deux nouveaux gialli édité par Le Chat qui Fume. Eh oui, figurez-vous que je suis bélier et quelque peu superstitieux qui plus est... Ça arrive, non?

"Journée noire pour un bélier" est un giallo on ne peut plus classique, datant de 1971 (Mon année de naissance!!! Ça commence à être bien flippant cette histoire!), réalisé par Luigi Bazzoni ("La donna del lago", "L'homme, l'orgueil et la vengeance", "Le orme") d'après le roman "The Fifth Cord" de David McDonald Devine.

Le film respecte à la lettre tous les codes du genre, à savoir une enquête concernant des meurtres commis par un mystérieux assassin aux gants en cuir noir (Plus classique, tu meurs!), des jolies filles (Mais pas que...) et bien entendu une petite dose d'érotisme (Il ne faut pas déconner non plus!)...

Comme dans la plupart des gialli, la musique est hyper importante et ici on est servi par le maître en personne, j'ai nommé Ennio Morricone ("Colorado", "Le bon, la brute et le truand", "Il était une fois dans l'Ouest", "Le clan des Siciliens"), à qui on doit les musiques de quelques classiques du genre comme "L'oiseau au plumage de cristal", "Le chat à neuf queues", "Le venin de la peur", "La tarentule au ventre noir", "4 mouches de velours gris" ou encore "Folie meurtrière" ou "Qui l'a vue mourir?". Rien que ça! "Journée noire pour un bélier" n'est certes pas sa compo la plus mémorable, mais son apport au niveau de l'ambiance du film reste toutefois indéniable. Un atout de taille donc pour le film, mais pas le seul!

On remarquera également le superbe travail fait sur la photographie par le chef opérateur Vittorio Storaro ("L'oiseau au plumage de cristal", "Le conformiste", "Le dernier Tango à Paris", "Apocalypse Now", "Ladyhawke", "Le dernier empereur", "Un thé au Sahara"), servant à merveille une mise en scène inventive proposant des plans assez incroyables.

Et puis bien évidemment il y a Franco Nero ("Django", "Le temps du massacre", "El mercenario", "Confession d'un commissaire de police au procureur de la République", "Keoma"), l'un des acteurs les plus connus du western Spaghetti de l'époque, qui est ici la vedette du film! L’acteur joue ici un rôle à contre-emploi, à savoir celui d'Andrea Bild, un journaliste alcoolique.

Mal rasé et bien loin d’avoir le sex-appeal qu’on a l’habitude de lui reconnaître normalement, le beau gosse aux yeux bleus n’en fera pas moins tomber quand même sous son charme, deux très jolies filles, la très classe et très belle Silvia Monti ("Le cerveau", "Le venin de la peur", "Le corsaire noir"), d'une part dans le rôle de sa femme et la charmante Pamela Tiffin ("La foire aux illusions", "Sur la piste de la grande caravane", "Aujourd'hui, demain et après-demain", "Détective privé") dans le rôle de sa maîtresse.

Parmi les jolies filles, impossible de ne pas parler également d’Agostina Belli ("La nuit des diables", "Barbe-bleue", "Parfum de femme", "Un taxi mauve", "Holocauste 2000"), qui nous gratifie en plus d’une très belle scène érotique.

Moins jolie (Il faut l'admettre!), mais bien connue des amateurs de Giallo, Rossella Falk ("8½", "La tarentule au ventre noir", "Le tueur à l'orchidée", "L'assassino... è al telefono", "I giorni del commissario Ambrosio", "Le sang des innocents"), sera aussi de la partie!

Un bien beau casting féminin donc, mais pas seulement, puisque les amateurs de cinéma Bis (...notamment!) remarqueront également la présence de Edmund Purdom ("Emilie, l'enfant des ténèbres", "Horrible", "Le sadique à la tronçonneuse", "2019 après la chute de New York", "Don't Open Till Christmas") ou encore de Wolfgang Preiss ("Le Moulin des supplices", "Le jour le plus long", "La Nuit des vampires", "Le Train", "Un papillon aux ailes ensanglantées", "Un pont trop loin"), bien connu pour avoir incarné à plusieurs reprises le rôle du Dr. Mabuse. Et puis, il y a surtout cette fin absolument géniale et complètement folle, qui fait de ce Giallo, un film assez mémorable, du moins qu’on n’oublie pas!

Bon, au final, j’ai fort heureusement survécu à la vision de ce très bon Giallo (Qu’est-ce que je peux raconter comme conneries quand même!) et je ne peux que vous le recommander si vous êtes tout comme moi amateur du genre ou de thrillers en général...

"Journée noire pour un bélier" est sorti en DVD le 19 janvier 2016 chez Le Chat qui Fume dans une magnifique édition digipack slim 3 volets (Attention tirage limité à 1000 exemplaires!). Le film nous est proposé au format 1.85:1 16/9ème compatible 4/3 avec pistes audio française et italienne Dolby Digital 2.0 mono et sous-titres français.

Au niveau des bonus, l'éditeur nous offre un documentaire intitulé "D’ombres et de lumières" comprenant des interventions du directeur de la photographie Vittorio Storaro et de Franco Nero (28'18"), ainsi que le film annonce du film et ceux de "L'affaire de la fille au pyjama jaune", "Le Venin de la peur" et "L'Antéchrist".

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09.02.16

05:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Carol

Réalisateur : Todd Haynes

Année : 2016

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h58

Avec : Cate Blanchett, Rooney Mara, Kyle Chandle, etc.

Par Nicofeel

I’m not there (2007), biopic sur la vie de Bob Dylan,représentait jusque-là la dernière œuvre cinématographique de Todd Haynes. Ce n'est désormais plus le cas avec la sortie au cinéma de Carol, où le réalisateur américain explore à nouveau les rouages d'une Amérique des années 50 engluée dans ses codes sociaux passéistes.
A bien y regarder de près, la filmographie de Todd Haynes marque un attachement évident à l’œuvre de Douglas Sirk, maître du mélodrame des années 50. Dans Loin du paradis, le cinéaste américain reprenait clairement la trame de Tout ce que le ciel permet (1955). Dans Carol, il livre une fois de plus un mélodrame dans la plus pure tradition sirkienne.

Loin de se limiter à un simple plagiat, Todd Haynes incorpore dans son œuvre des éléments sociétaux qui lui sont chers : la défense de la cause féministe et de la cause gay. Sur ce dernier point, on peut même rapprocher son cinéma de celui de Rainer Werner Fassbinder. De manière plus générale, Todd Haynes s'intéresse à des personnages qui cherchent plus que tout à sortir du carcan dans lequel ils ont été confinés.

Si l'attente a été longue avant de retrouver Todd Haynes aux commandes d'un nouveau film, le réalisateur américain n'est pas resté sans rien faire. On lui doit notamment l'appréciable mini-série en cinq épisodes Mildred Pierce (qui se déroule dans le Los Angeles des années 30), diffusée en 2011 sur HBO. Le dénominateur commun de l'héroïne de Loin du paradis, de Mildred Pierce et de Carol, est évident : c'est la volonté de vivre pleinement une vie choisie. Et non une vie à travers les autres. Dans Loin du paradis, Cathy Whitaker se définit aux yeux de la société comme une épouse aimante et une mère modèle. C'est la même chose pour Carol Aird. Bien que disposant l'une et l'autre d'une vie cossue, ces deux femmes souhaitent plus que tout s'émanciper et s'offrir la liberté qui se refuse à elles.

Avec Loin du paradis et Carol, Todd Haynes continue de critiquer ouvertement une société puritaine sclérosée. Les couleurs très vives du film, très chaleureuses en apparence, très rétro, rappellent évidemment l’œuvre de Douglas Sirk. Mais elles sont surtout une manière de formaliser à l'écran le vernis d'une société intolérante, qui refuse que l'on ose gratter ce qu'il y a derrière les apparences.

Carol est une femme qui pourrait vivre à notre époque - sans grandes difficultés - son homosexualité. Mais dans les années 50, c'est une chose totalement impensable, en raison des conventions sociales. Le film montre bien que pour la société d'alors, cette bourgeoise doit rester à sa place, en tant qu'épouse et mère de famille. En abandonnant son mari (alors qu'elle est pourtant déjà en procédure de divorce) pour se retrouver dans les bras d'une femme, la belle Therese Belivet, elle fait fi des codes sociaux de l'époque. Et la sanction est immédiate : Harge Aird se sert de l'homosexualité de sa femme Carol, pour déclarer qu'elle a une vie dissolue, et ainsi justifier la garde exclusive de leur petite fille.

Comme si l'homosexualité de Carol faisait d'elle une mauvaise mère. A l'inverse, le caractère manifestement violent ou à tout le moins perturbé d'Harge Aird est sans incidence sur son statut de père. Il y a bien deux poids deux mesures qui prouvent qu'à cette époque, on ne pouvait pas faire ce que l'on voulait. Ou alors tout laisser tomber pour repartir sur de nouvelles bases. Le road-movie de Carol Aird et de Therese Belivet, est le symbole d'un amour naissant prenant son envol, s'affranchissant de la prison sociétale dont ces deux femmes sont des victimes directes. Avec beaucoup de pudeur, de sensibilité et tact, le réalisateur Todd Haynes filme cette relation saphique. Il n'y a pas de vulgarité inutile. On a simplement la preuve de l'amour de deux femmes qui entendent jouir de leurs désirs. Dès lors, même s'il est évident que le film défend la cause féministe et le droit à disposer librement de son corps en matière de sexualité, Carol est surtout la belle description d'un amour profond.

Dès leur première rencontre, Carol Aird et Therese Belivet ont un coup de foudre l'une pour l'autre. A ce moment, et à bien d'autres, l'émotion et la passion passent par un jeu de regards très évocateur.
Mais si les deux femmes sont différentes sur le plan social, Therese étant une simple employée dans un grand magasin et Carol une bourgeoise de la middle-class, c'est n'est pas franchement un problème. En revanche, c'est bien le regard d'une société moralisatrice et étroite dans son mode de pensée (une femme doit vivre avec un homme, le fait qu'ils s'aiment n'ayant finalement que peu d'importance), qui va rendre cette relation bien difficile à vivre au quotidien.

Après sa mini-série Mildred Pierce, Todd Haynes dresse à nouveau le portrait d'une femme indépendante, ne supportant pas les conventions de l'époque et cherchant à vivre sa vie, envers et contre tout. La scène finale peut être à cet effet comme un message d'espoir.

Au niveau de la distribution, on notera que Todd Haynes a pris la bonne habitude d'engager des actrices de talent et charismatiques : après Julianne Moore dans Loin du paradis, Kate Winslet dans Mildred Pierce, c'est cette fois-ci Cate Blanchett qui apporte sa classe naturelle en jouant de manière crédible le rôle de Carol. Pour lui rendre la pareille, Rooney Mara est très bonne dans le rôle de Therese Belivet, une jeune femme plus effacée et sensible, mais déterminée.

Carol constitue donc un très bon film, qui confirme tout le bien que l'on pense de Todd Haynes, cinéaste qui continue de tracer le sillon d'une filmographie très cohérente.

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08.02.16

00:10:04, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

A 16 ans, Annika a tout de l’ado typique, entre rebellion au lycée, premiers flirts et fêtes entre copines. Le jour où elle se lie d’amitié avec Megan, une trentenaire exubérante et décalée, sa vie prend une drôle de tournure. Sa nouvelle amie ose tout : s’inventer une fausse formation, se faire passer pour sa mère, jusqu’à... tomber sous le charme du père d’Annika. Et lorsque votre meilleure pote sort avec votre père, c’est le début des galères...

Mon avis :

Dès que j'ai vu la jaquette de "Girls only", je me suis dit : « Cool, voilà un petit film à voir avec ma fille! ». Eh oui, ma fille aime les comédies romantiques et surtout, son actrice préférée n'est autre que Keira Knightley! Cela tombe bien! Seulement contrairement aux apparences, ce "Girls only" n'est pas véritablement une comédie romantique et là-dessus, la jaquette de cette édition française nous trompe quelque peu. D'ailleurs allez comprendre pourquoi "Laggies" se voit en fait rebaptiser avec ce nouveau titre? Pourquoi en effet choisir un nouveau titre anglais spécialement pour le marché français? Pour moi, ce genre de pratique est réellement un grand mystère!

En tout cas, le film de Lynn Shelton ("Ma meilleure amie, sa sœur et moi", "Touchy Feely") débute bien comme une comédie romantique. On imagine tout de suite que Megan ne va pas rester avec son petit ami et qu'elle va évidemment tomber sous le charme d'un autre, mais ce n'est pas la romance qui est ici mise en avant.

En fait, "Girls only" est avant tout le portrait d'une trentenaire qui a du mal à sortir de l'adolescence et pour incarner cette jeune femme, Keira Knightley ("Joue-la comme Beckham", "Pirates des Caraïbes - La malédiction du Black Pearl", "Love Actually", "Domino", "The Duchess") était de toute évidence l'actrice idéale. Malgré ses trente ans, la comédienne fait encore suffisamment jeune et surtout elle est toujours ultra pétillante.

Pourtant à l'origine, le rôle de Megan était destiné à Rebecca Hall ("The Town", "Lady Vegas", "Transcendance"), qui finalement refusa, puis celui-ci fût attribué à Anne Hathaway ("Le diable s'habille en Prada", "The Dark Knight Rises", "Interstellar"), qui accepta également avant de décliner l'offre car elle était déjà prise par d'autres tournages. Finalement, c’est donc la craquante Keira Knightley qui s’est vue attribuer ce rôle et ce n’est pas plus mal!

A ses côtés, Mark Webber ("Scott Pilgrim", "13 Sins", "Jessabelle"), dans le rôle de son petit ami est parfait, « cucul la praline » comme c'est pas possible et donc forcément, on se dit immédiatement que leur histoire est vouée à l’échec! Par contre, on est au final guère plus convaincu qu'elle puisse trouver l'Amour avec le père de sa nouvelle amie, interprété par Sam Rockwell ("La ligne verte", "Confessions d'un homme dangereux", "Cowboys et envahisseurs"), tant on ne s'attachera pas à ce personnage!

Mais bon, vu que ce n'est pas réellement une romance, ce n'est finalement pas très grave, me direz-vous? Certes! Après tout, sa relation avec Annika, jouée par Chloë Grace Moretz ("Amityville", "The Eye", "Not Forgotten", "Kick-Ass", "Laisse-moi entrer", "Dark Shadows"), semble effectivement plus importante, puisque c'est elle qui fera que Megan « grandira » enfin... Elle, et surtout en fait son père qui lui fera involontairement perdre son innocence après qu'elle l'ait vu tromper sa mère!

Au final, on reste tout de même avec un sentiment assez mitigé, car en dehors du personnage de Megan, les personnages manquent pas mal de consistance et de plus, on a la sensation que la réalisatrice ne savait pas trop où elle voulait en venir et à quel public elle souhaitait destiner son film... Il faut dire que sur six longs métrages, c’est la première fois qu’elle met en scène un film non écrit par elle-même. Mais, ça n’explique pas à mon avis tout et puis le film manque cruellement de peps tout simplement!

Résultat donc mi-figue, mi-raisin pour ce "Girls only", du moins de mon point de vue, car ma fille, elle, a beaucoup aimé!

"Girls only" est sorti en VOD le 9 novembre 2015 et en DVD et Blu-ray le 18 novembre chez Condor Entertainment. Le DVD propose le film au format 1.85:1 16/9ème compatible 4/3 avec pistes audio française et anglaise Dolby Digital 5.1 et française dts Digital Surround 5.1 et sous-titres français, alors que l'édition Blu-ray est elle au format 1.85:1 16/9ème avec une résolution de 1080p et des pistes audio française et anglaise dts-HD Master Audio 5.1 et sous-titres français. Au niveau des bonus, les deux éditions nous offrent un making of (10'51") et une interview décalée de Keira Knightley par Sam Rockwell (1'57").

Girls only

Girls only
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Girls only (Blu-ray)

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01.02.16

00:26:10, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

L’histoire d’un couple dont la relation prend un mauvais tour lorsqu’il décide d’emménager ensemble. Max découvre à quel point sa copine Evelyn prend le contrôle sur lui et le manipule, mais il a trop peur de la quitter. Evelyn va mourir dans un accident, et la vie de Max va basculer...

Mon avis :

Si tout le monde connaît bien évidemment Joe Dante grâce à des films comme "Gremlins", "Hurlements" ou encore "L'Aventure intérieure", il y a bien longtemps que le réalisateur originaire du New Jersey n'a pas connu de réels succès. D'ailleurs il a eu énormément de mal à monter son projet "The Hole", film tourné en 3D sorti finalement en 2009. Son dernier film en date, "Burying the Ex" est quant en lui sorti en toute discrétion aux États-Unis durant l'été 2015 directement en VOD et nous arrive le jour de la chandeleur directement en vidéo...

Avec ce "Burying the Ex", Joe Dante ("Piranhas", "Explorers", "Panic sur Florida Beach", "Small Soldiers", "Les Looney Tunes passent à l'action") semble s'être figé dans les années 80, ce qui pour moi est plus une qualité qu'un défaut (soit dit en passant!).

En ces temps de morosité, le réalisateur nous offre une petite comédie horrifique où Max, un amateur de films d'horreur, interprété par Anton Yelchin ("Star Trek", "Terminator renaissance", "Le complexe du castor", "Fright Night"), se retrouve confronté au retour de son ex, décédée accidentellement juste avant que celui-ci lui annonce leur rupture et alors même qu'il débute une nouvelle histoire d'amour avec Olivia, une jeune femme partageant les mêmes goûts que lui, ce qui n'était bien entendu pas le cas d'Evelyn...

Évidemment, le retour de son ex devenue zombie va engendrer quelques situations assez amusantes, notamment car celui-ci n'osera pas lui avouer qu'il a trouvé quelqu'un d'autre et de plus, cette dernière était auparavant végétalienne.

Tiré d'un court métrage de 2008 réalisé par Alan Trezza, également scénariste de ce long-métrage, "Burying the Ex" comporte quelques scènes très réussies, mais il nous laissera tout de même au final un peu sur notre faim et ce, malgré ses bonnes intentions.

Peut-être en raison d’un scénario un peu trop prévisible? Ça se laisse voir certes, le film est même plutôt plaisant, mais on est quand même bien loin de ce Joe Dante nous a offert par le passé. Il faut dire aussi que le cinéaste a bénéficié d’un tout petit budget et d’un temps de tournage assez court.

Les personnages sont en tout cas plutôt sympathiques et on s’identifie assez aisément à eux, surtout lorsqu’on est soit même geek et en plus amateur de films d’horreur et de Rock pur et dur, ce qui va souvent de paire! Comment ne pas être par exemple sensible à l’hommage rendu à Johnny Ramone? Du coup, malgré ses défauts, on en vient à s’attacher tout de même à cette petite série B sans prétention.

Dans le rôle d'Evelyn, Ashley Greene ("Otis", "Summer's Blood", "Skateland", "The Apparition", "CBGB"), connue notamment pour son rôle d'Alice Cullen dans la saga "Twilight", est en tout cas tellement mimi (...et accro au sexe!), qu'on comprend que Max reste avec elle, même si elle est insupportable et tyrannique (Je dirais même, un véritable cauchemar pour geeks!).

A contrario, Alexandra Daddario ("The Babysitters", "Percy Jackson: Le voleur de foudre", "Bereavement", "Texas Chainsaw 3D", "San Andreas"), dans le rôle d'Olivia, incarne la « bonne copine » idéale, mais curieusement on peine un peu plus à croire en leur histoire d'amour naissante, malgré des atouts évidents et non négligeables...

Oliver Cooper ("Projet X", "Very Bad Trip 3", "Players", "Californication"), dans le rôle du frangin obsédé, est quant à lui plutôt drôle, même si son personnage sera quand même très caricatural...

Joe Dante signe avec "Burying the Ex", une petite série B, un peu trop classique et sans surprise, mais pleine de références et de clins d’œil destinés aux amateurs de films d’horreur, un film dans lequel la plupart d'entre eux se reconnaîtront...

"Burying the Ex" sort le 2 février 2016 chez Factoris Films uniquement en DVD (la sortie du Blu-ray initialement prévue ayant été annulée!) dans une édition proposant le film au format 2.39:1 16/9ème compatible 4/3 avec pistes audio française et anglaise Dolby Digital 5.1 et anglaise dts Digital Surround 5.1 avec sous-titres français optionnels. Il est à noter que la copie digitale illimitée (format 2.39:1 16/9ème avec piste audio française 2.0 AAC) est offerte, par contre aucun bonus n'est disponible, dommage! On aurait en effet au moins voulu avoir en supplément le court métrage d’Alan Trezza, qui a inspiré le film...

Burying the ex

Burying the ex
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30.01.16

06:50:11, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Scream girl

Réalisateur : Todd Strauss-Schulson

Année : 2015 (film sorti au Paris International Fantastic Film Festival)

Origine : États-Unis

Durée : 1h31

Avec : Taissa Farmiga (Max Cartwright), Malin Akerman (Amanda Cartwright / Nancy), Nina Dobrev (Vicki), Alexander Ludwig (Chris), Adam DeVine (Kurt), etc.

Par Nicofeel

Vous en avez marre de regarder des films d'horreur ridicules ou des remakes insipides ? Dans ce cas, Scream girl est là pour vous. Prenez une pincée de Vendredi 13, ajoutez-y un soupçon de Scream et saupoudrez le tout de Last action hero. Vous obtenez alors : Scream girl.
Son pitch n'est pas sans rappeler La rose poupre du caire de Woody Allen ou Last action hero de McTiernan. En effet, Max, une adolescente, se rend dans un cinéma avec ses amis, pour assister à une séance rétro, Camp bloodbath, un film d'horreur fauché qui fleure bon les eighties. Suite à un accident, Max et ses compagnons se retrouvent projetés... à l'intérieur du film.
A la différence de Last action hero, il n'est pas question pour les personnages de faire des allées et venues entre le film et la réalité. Ici, l'action prend place du début à la fin dans Camp Bloodbath.
C'est ce qui constitue le ciment de Scream girl. Et son attrait provient du fait que ces jeunes issus de notre époque actuelle vont cohabiter avec les héros de Camp bloodbath. Et le mélange s'avère savoureux. Et pas uniquement en raison de différences vestimentaires évidentes.
On a d'un côté nos jeunes des années 80 insouciants, naïfs, un peu bébêtes qui passent leur temps à s'envoyer des vannes, à jouer voire à se draguer. Et plus si affinités...
De l'autre côté, on a Max et ses compères. Ils connaissent ce film d'horreur et sont conscients du danger incarné par le tueur masqué. Ils ne cessent de mettre leurs nouveaux amis sur leurs gardes.
Le sexe devient un interdit car il provoque l'arrivée immédiate du tueur !

A cet égard, on constate que le réalisateur de Scream girl, Todd Strauss-Schulson, parodie allègrement les slashers des années 80. Les codes du genre sont gentiment tournés en dérision : le tueur qui fait penser à celui de Vendredi 13 est indestructible (ou presque), les scènes de sexe sont toujours concomittantes de l'arrivée du tueur, les jeunes ne sont pas très futés pour échapper à leur bourreau.
Même l'enfance du tueur, prénommé ici Billy, est tournée en dérision. On a droit à une scène hilarante lorsque nos héros sont transférés dans un flashback, censé expliquer le trauma du tueur. Comme on est dans un flashback, les personnages sont en noir et blanc ! L'idée est géniale.
Todd Strauss-Schulson a plein de trouvailles visuelles qui relancent continuellement le film, lui donnant son aspect atypique.
Encore plus étonnant, Scream girl s'avère une comédie horrifique qui joue à plusieurs reprises la carte de l'émotion. Alors que dans nombre de films d'horreur, la distribution laisse à désirer, ici c'est au contraire un de ses atouts. La belle suédoise Malin Akerman interprète à ce propos avec talent deux rôles différents : celui d'Amanda, la mère de Max et celui de Nancy, l'un des personnages de Camp bloodbath.
Pour Max, qui a perdu sa mère il y a quelques années dans un accident, le film qu'elle “vit” lui donne l'occasion de parler à sa mère, mais sa mère telle qu'elle était en héroïne des années 80. Ah c'est parfois subtil les films d'horreur ! Cette relation mère-fille est l'un des sujets centraux du film. Elle est d'autant plus touchante qu'Amanda est décédée. Max vit donc une situation avec sa mère telle qu'elle était en “scream girl” des années 80.
A travers cette étonnante relation, l'émotion est palpable et Max fait tout pour changer le cours dun film afin que sa mère ne meure pas dans celui-ci. De façon plutôt fine, le réalisateur dresse le portrait d'une adolescente qui peine à faire le deuil de sa mère. Encore un bon point pour Scream girl.
Ajoutons que ce long métrage introduit une réflexion intéressante sur le devenir des actrices ayant oeuvré dans des films d'horreur. Bien souvent, elles restent cantonnées dans ces rôles et sont déconsidérées lorsqu'elles essaient de jouer dans d'autres registres.
Malgré toutes ces qualités, Scream girl n'est pas parfait. C'est un film qui n'est pas spécialement ambitieux et cherche surtout à divertir le spectateur. Ce qui n'est pas si mal en soi. Surtout, les fans purs et durs de films d'horreur risquent d'être déçus. En effet, il n'y a pas vraiment de tension et il n'y a quasiment aucune scène sanguinaire. Quant aux séquences de charme, elles sont réduites. Quoique, personnellement, le regard de la belle Malin Akerman est largement suffisant.
Dans tous les cas, Scream girl constitue bonne surprise qui fait plaisir à voir... Et à entendre ! Car sa bande son sent bon les années 80 avec plusieurs standards de ces années. Dance hall days de Wang Chung et Cruel summer de Bananarama sont de la partie. La palme de la chanson la plus appréciable revient à Bette Davis eyes de Kim Carnes qui marque les esprits. Lors d'une séquence d'introduction, ce hit des années 80 est réinterprété de façon pertinente et riche sur le plan émotionnel.
Au final, Scream girl s'avère une comédie horrifique enthousiasmante. Elle parodie avec beaucoup d'a propos les films d'horreur des eighties, avec une approche originale tant sur le fond que sur la forme. Voilà un film rafraichissant qui met de bonne humeur.

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29.01.16

06:49:38, Catégories: Interview  

Interview d'Emil Weiss, réalisateur de la trilogie Hourbn (destruction) :

Dans le cadre de la diffusion de son film documentaire en trois parties “Trilogie Hourbn”, à la maison de la culture de Bourges le jeudi 26 novembre 2015, son réalisateur, Emil Weiss, était présent sur place. Il a répondu à mes questions à la fin de la séance.

1) Votre documentaire a-t-il été tourné entièrement à Auschwitz ?
Emil Weiss : Oui, absolument. Si les tournages se sont étalés dans le temps sur près de 7 ans (2007-2013), aucune image n'a été ajoutée que celles qui ont été filmées sur le site.

2) Est-ce difficile de tourner à Auschwitz ?
Emil Weiss : Tout est très encadré sur ce site qui est extrêmement surveillé. C'est le directeur général du site d'Auschwitz qui délivre les autorisations.

3) Qu'est-ce qui vous a décidé de filmer à Auschwitz ?
Emil Weiss : Cela n'est pas conscient. Je n'ai jamais voulu mettre un pied à Auschwitz avant de tourner ce film.
Je suis tombé sur un texte d'un sonderkommando. Ce texte m'a vraiment interpellé. J'ai trouvé qu'il installait le lecteur au plus près de la disparition des personnes.
A partir de là, je me suis alors demandé ce que l'on pourrait montrer à l'écran. Au départ, l'idée était très théorique : montrer uniquement des lieux et pas des personnes. La question était de savoir si cela pourrait marcher. Ce choix n'était pas évident car si l'image ne colle pas, le spectateur sort de l'histoire.

4) Justement, votre parti pris de montrer des images contemporaines et des textes liés aux événements s'étant déroulés d'Auschwitz, est particulier.
Emil Weiss : C'est un choix effectué dès le départ. Il est difficile de filmer l'absence et la disparition.
Beaucoup de films évoquent les camps de concentration mais très peu montrent Auschwitz.

5) Dans criminal doctors, il est indiqué que les Nazis ont fourni contre contribution à l'actuelle société Bayer plusieurs “lots” de 150 femmes. Les tests de l'entreprise pharmaceutique n'ayant pas été concluants, toutes ces femmes sont mortes. Est-ce que Bayer a été condamné pour ces agissements ?
Emil Weiss : Non, c'est justement pour cela que j'évoque ce fait dans criminal doctors. Aucune condamnation n'a eu lieu pour les personnes qui ont fait ces expériences et Bayer n'a jamais été inquiété. Je voulais signaler cette injustice, alors que Bayer existe toujours et réalise des milliards de profits.
NDLR : Lors des procès de Nuremberg, seuls des dirigeants d'IG Farben, dont Bayer était une filiale, sont condamnés pour crimes de guerre entre 6 mois et 6 ans de prison...

6) Dans un film récemment sorti au cinéma, Le fils de Saul, le principal protagoniste est un sonderkommando. Qu'avez-vous pensé de ce film ?
Emil Weiss : Le réalisateur Lazlo Nemes a mis en scène un film qui est exact sur le plan factuel. Nemes a plus été intéressé par l'obsession de son personnage principal à vouloir enterrer un enfant décédé que le soulèvement des sonderkommando.
Chaque mouvement de Saul correspond à l'action du film. Cela marche pendant 20 minutes mais par la suite on attend qu'il se passe autre chose. Selon moi, Nemes a pris un court métrage en le transformant en long métrage. Il aurait été souhaitable d'avoir une rupture de rythme, et que l'on ait droit à autre chose à un moment donné.

7) Est-ce qu'une diffusion d'Hourbn est prévue au cinéma ou en DVD – blu ray ?
Emil Weiss : Ce documentaire a été filmé en 16/9 avec des effets que l'on voit au cinéma (travellings, plans larges), dans l'intention de faire un film. Il peut être diffusé en deux séances (Premiers témoignages ; puis Criminal doctors et Sonderkommando). Arte l'a déjà diffusé mais il n'a pas été pensé pour la télévision. Après, le fait de le sortir au cinéma est avant tout une affaire commerciale.

Merci monsieur Weiss !

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28.01.16

01:11:10, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Printemps 1914. Jeune femme féministe à l’esprit frondeur, Vera Brittain est résolue à passer les examens d’admission à Oxford, malgré l’hostilité de ses parents particulièrement conservateurs. Décidée à devenir écrivain, elle est encouragée et soutenue par son frère et sa bande d’amis – et notamment par le brillant Roland Leighton dont elle s’éprend. Mais les rêves de Vera se brisent au moment où l’Angleterre entre en guerre et où tous les jeunes hommes s’engagent dans l’armée. Elle renonce alors à écrire pour devenir infirmière. Tandis que la jeune femme se rapproche de plus en plus du front, elle assiste avec désespoir à l’effondrement de son monde.

Mon avis :

Remarquée internationalement grâce à "Royal Affair" de Nikolaj Arcel et à son rôle de Kitty dans "Anna Karénine" de Joe Wright, la délicieuse Alicia Vikander ("Le Septième Fils", "Son of a Gun", "Ex Machina", "Agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E.") revient avec "Mémoires de jeunesse", un drame historique sur fond d'émancipation féminine et de première guerre mondiale...

L'actrice suédoise interprète dans "Mémoires de jeunesse" de James Kent ("The Secret Diaries of Miss Anne Lister", "The Thirteenth Tale") le rôle de l'écrivaine anglaise pacifiste et féministe Vera Brittain. Le film adapte son livre "Testament of Youth" paru en 1933, une autobiographie où elle relate l'enfer de la guerre où elle perdit son fiancé Roland Leighton, ses amis Victor Richardson et Geoffrey Thurlow et son frère Edward Brittain.

Dans le film, elle incarne ainsi une jeune femme qui rêve de devenir écrivain et qui caresse l'espoir de rentrer à Oxford malgré le refus de son père. Mais alors que justement son rêve se réalise et qu'elle trouve en plus l'amour, la première guerre mondiale éclate et emporte avec elle tous les rêves de la jeune femme. Un à un, elle va ainsi perdre quatre de ses proches dont son fiancé et son frère et elle va, qui plus est, abandonner ses études pour devenir infirmière sur le front.

Si le film est dans l’ensemble assez réussi, il faut reconnaître qu’Alicia Vikander porte en grande partie celui-ci sur ses épaules, écrasant quelque peu du coup les autres acteurs, qui à côté d’elle font bien pâle figure et cela malgré le charisme de certains des comédiens.

Son fiancé, Roland Leighton, est joué en effet par la star montante qui fait chavirer actuellement le cœur des adolescentes, j'ai nommé Kit Harington ("Game of Thrones", "Silent Hill: Revelation 3D", "Pompéi", "MI-5 Infiltration"), avec qui l'actrice avait d'ailleurs déjà joué dans "Le Septième Fils" de Sergueï Bodrov. L'acteur s'avère convaincant, mais étonnamment assez antipathique. Est-ce que le vrai Roland Leighton était décrit ainsi dans le livre écrit par sa fiancée? Je ne saurai vous le dire!

Son frère Edward est lui joué par Taron Egerton ("Inspecteur Lewis", "The Smoke"), remarqué principalement pour le rôle de Gary Unwin alias « Eggsy » dans "Kingsman : Services Secrets" de Matthew Vaughn. Quant à son ami Victor Richardson, il est lui interprété par le charismatique Colin Morgan ("Parked", "Island", "Legend"), bien connu pour son rôle de Merlin dans la série télévisée du même nom.

Un joli casting donc, mais en dehors du personnage de Vera, les autres personnages auraient gagné à être un peu plus développé afin qu’on éprouve plus d’empathie pour eux, notamment lorsqu’ils décèderont, alors que là, finalement on est plus triste lorsque le couple par exemple se séparent sur le quai de la gare que lorsqu’on apprend le décès du jeune homme...

Le réalisateur James Kent, qui avait jusque-là essentiellement travaillé pour la télévision, s’en sort pour sa part correctement et signe un film joliment filmé et assez classe, sans pour autant se faire particulièrement remarquer en tant que metteur en scène. En effet, sa mise en scène ne se démarque aucunement de celles des autres films du même style et est au final assez quelconque.

Même si le film évite souvent d’être trop mélodramatique, il pousse quand même par moments à verser sa petite larme, mais cela reste dans l’ensemble un bon film, parfois assez dur d’ailleurs, notamment lors des scènes se passant dans l’ « hôpital » de fortune que la jeune Vera trouvera sur le front lorsqu’elle sera en France...

"Mémoires de jeunesse" ravira donc très certainement les amateurs de romances contrariées, mais les cinéphiles seront probablement plus critiques. Cela demeure un beau film à voir (en couple si possible!), ne serait-ce que pour l’interprétation toute en finesse d’Alicia Vikander...

"Mémoires de jeunesse" est sorti chez TF1 vidéo le 27 janvier 2016 en DVD, Blu-ray et VOD. Le DVD propose le film au format 2.40:1 16/9ème compatible 4/3 avec pistes audio françaises et anglaises Dolby Digital 2.0 & 5.1 et sous titres français, alors que le Blu-ray est lui au format 2.40:1 16/9ème avec une résolution de 1080p AVC et des pistes audio française et anglaise dts-HD Master Audio 5.1 et sous-titres français. Il est à noter que les deux éditions proposent des sous-titres pour sourds et malentendants. Enfin, au niveau des bonus, les deux éditions nous offrent un making of assez court, mais pas inintéressant.




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27.01.16

01:11:10, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

"The Abomination" : Un jeune homme accueille dans son corps une sorte de parasite provenant d'un crachât de sa mère malade. Le parasite va se développer de plus en plus et prendre possession de la demeure du jeune homme ainsi que de son esprit, le contraignant à lui fournir de la chair humaine pour continuer à accroître sa taille...

"Ozone: Attack of the Redneck Mutants" : Un trou dans la couche d'ozone transforme les habitants d'une petite bourgade en zombies cannibales...

Mon avis :

Amateurs de nanars et de petites pellicules gores fauchées, voici un double programme proposé par Crocofilms qui devrait largement vous satisfaire! Celui-ci se compose de "The Abomination" de Max Raven et de "Ozone: Attack of the Redneck Mutants" de Matt Devlen, deux « chefs d’œuvre » en puissance...

Max Raven alias Bret McCormick ("Tabloid", "Highway to Hell", "Children of Dracula", "Rumble in the Streets", "Repligator", "The Protector") réalisa "The Abomination" en 1986, la même année d'ailleurs que "Ozone: Attack of the Redneck Mutants", mais les deux films ne sortiront apparemment qu’en 1988. Curieusement "The Abomination" et "Ozone: Attack of the Redneck Mutants" sont tous deux produits par les deux réalisateurs des deux films et ont été tournés avec la même équipe... Ce qui est sûr en tout cas, c'est que les deux films n'ont pas dû leur coûter grand-chose! Soyons clair, ils sont d'une nullité affligeante!

"The Abomination" est assez interminable avec une durée d'une heure quarante où la quasi intégralité des scènes gores sont dévoilées au tout début du film alors que Cody, le héros interprété par Scott Davis ("Ozone: Attack of the Redneck Mutants", "Le maître d'arme"), fait un cauchemar.

Au niveau cinématographique, il faut bien avouer que l’intérêt est très limité, c'est filmé en Super 8 (d’où une qualité très moyenne de l’image!) sans réel talent, les acteurs ne sont pas particulièrement bons, le doublage est catastrophique et le scénario est juste prétexte à aligner des scènes gores (...sauf qu’il y a quand même de sacrées longueurs!).

Quant aux effets spéciaux, ils font vraiment très cheap, mais en même temps, c'est peut-être ce qui fait le charme (tout relatif) du film. En effet, ces effets (bien craspecs, c’est déjà ça !) sont, il faut l'admettre, particulièrement amusants et ne sont pas sans faire penser, via l'« abomination » (un monstre à la mâchoire impressionnante et aux longues dents faisant pas mal penser à celle de "Deadly Spawn"!), aux marionnettes du Muppet show. Tout ça pour vous situer le réalisme du film! Seul point vraiment positif du film, la musique qui est ma foi, pas mauvaise et apporte une réelle ambiance au film...

Enfin, mieux vaut ne pas être trop dans son état normal pour aborder le film! L'utilisation de substances illicites est même vivement recommandée! Ou à défaut, quelques pintes de bière! Et puis le voir entre amis, si possible!

On prend les mêmes et on recommence! "Ozone: Attack of the Redneck Mutants" de Matt Devlen est donc sorti la même année et on retrouve en grande partie les mêmes acteurs au générique, avec dans les rôles principaux, toujours Scott Davis et Blue Thompson ("Tabloid", "Highway to Hell"), qui était à l’époque l'épouse de Bret McCormick avant que celle-ci n’épouse un certain Lee Snider.

Le film est en tout cas aussi nul et aussi peu rythmé et même s’il est un peu plus court, le temps semble parfois extrêmement long! Bon, il faut dire pour être totalement objectif et donc pour le bien de ma critique, je l’ai regardé seul et sans avoir pris quoique ce soit qui aurait pu me mettre dans un état second...

Comparé à "The Abomination", le film est quand même un peu mieux filmé et monté, mais les effets spéciaux, bien crades également, sont absolument ridicules et contribuent pleinement à l’hilarité qu’on peut avoir en visionnant cette chose filmique assez unique.

Cette fois, il y a beaucoup plus de scènes humoristiques assumées, mais cela ne fait malheureusement pas souvent mouche et cela sera plus le look absolument grotesque des mutants qui provoquera quelques moments de franche rigolade. On remarquera autrement qu’une partie du score de "The Abomination" est ici repris, mais dans l’ensemble la musique est tout de même moins réussie que celle du film de Max Raven.

Vous voilà donc prévenus! Si vous cherchez de bons films, passez votre chemin! Si en revanche vous cherchez à vous fendre la gueule entre amis, cela peut faire l’affaire!

Le double DVD "The Abomination" + "Ozone: Attack of the Redneck Mutants" est sorti officiellement le 19 janvier 2016 chez Crocofilms dans une édition proposant les deux films au format respecté 1.33:1 4/3 avec pistes audio française et anglaise monos avec sous-titres français disponibles. Côté bonus, l'éditeur nous gâte avec notamment deux courts métrages très intéressants. Tout d'abord sur la galette de "The Abomination", on trouve le court métrage "Peine de mort" de Julien de Volte, un court métrage très dérangeant et très violent rendant hommage aux Rape & Revenge des années 70. Celui-ci est accompagné des bandes annonces française et américaine de "The Abomination" et de celle de "Super Z", un film réalisé par Julien de Volte et Arnaud Tabarly. Sur le disque renfermant "Ozone: Attack of the Redneck Mutants", on a le droit à l'excellent "Baby-sitting" de Lucas Masson avec dans le rôle principal, la talentueuse Morgane Housset. Cette deuxième galette contient également un court documentaire sur Matt Devlen, un petit bonus nommé "Ozone: Petit digestif" qui s'avère être en fait un petit montage des scènes les plus ragoutantes du film et enfin une galerie d'images.

The Abomination + Ozone: Attack of the Redneck Mutants

The Abomination + Ozone: Attack of the Redneck Mutants
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20.01.16

08:13:56, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Le fils de Saul

Réalisateur : Laszlo Nemes

Année
: 2015

Origine
: Hongrie

Durée
: 1h47

Avec
: Géza Röhrig, Levente Molnar, Urs Rechn, Todd Charmont, Sandor Zsotér, etc.

Par Nicofeel

Le fils de Saul a constitué l'un des chocs du dernier festival de Cannes où il a obtenu le grand prix. Il faut dire que ce long métrage a tout pour créer la sensation : il se déroule à une période sensible de l'Histoire, la deuxième guerre mondiale (en octobre 1944 pour être précis) et dans un lieu qui symbolise à lui seul toute l'horreur de ce conflit planétaire : le camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau.
Les camps de la mort ont déjà été évoqués au cinéma. On songe ainsi au chef-d'oeuvre Nuit et brouillard (1956) d'Alain Resnais, à la passagère (1963) du Polonais Andrzej Munk ou à l'incontournable documentaire-fleuve Shoah de Claude Lanzmann. Plus proche de nous, Roberto Benigni a rencontré un succès public considérable avec La vie est belle (1997). Dans ce film, il avait pris le parti de représenter l'horreur des camps de manière décalée, avec ce père de famille faisant le pitre pour divertir son enfant et lui cacher l'horrible réalité. De son côté, Laszlo Nemes, ancien assistant du très exigeant Bela Tarr (sur Prologue et sur L'homme de Londres), met en scène Le fils de Saul dans la plus pure tradition hongroise : un film rigoureux tant sur le fond que sur la fome. Et dans ce long métrage il s'intéresse à une catégorie de personnes peu connue des camps de concentration : les sonderkommandos.
Ces derniers sont des Juifs, de bonne condition physique, choisis par les Nazis à la descente des trains. Leur rôle est d'assister les Nazis dans leur projet d'élimination de masse (la shoah) en accompagnant les victimes jusqu'aux chambres à gaz et en les aidant à se déshabiller. Puisque, lorsque les personnes sont mortes, il s'agit pour les sonderkommandos de récupérer les habits et les affaires des morts, de retirer les corps et de nettoyer les lieux en vue de l'arrivée prochaine des nouvelles victimes.

Comme l'a indiqué très justement Claude Lanzmann en interview, “Laszlo Nemes a inventé quelque chose et a été assez habile pour ne pas essayer de représenter l'holocauste. Il savait qu'il ne le pouvait ni ne le devait. Ce n'est pas un film sur l'holocauste mais sur ce qu'était la vie dans les sonderkommandos.”
Dans cet environnement horrifique que décrit Le fils de Saul, la caméra de Laszlo Nemes se porte du début à la fin du film sur le personnage de Saul, un sonderkommando qui est effectue les tâches précitées.
Jamais une fiction ne nous a fait entrer de plein pied dans cet univers mortuaire avec autant de réalisme. C'est ce qui rend sans doute ce long métrage si dur à regarder. Histoire de laisser le spectateur sous pression, Laszlo Nemes a multiplié dans son film les plans-séquences, qui accroient le sentiment de voir quelque chose pris sur le vif. C'est comme si une caméra s'était introduite fugitivement et avait filmé ce qui retient l'attention d'un sonderkommando.
La face sombre du Fils de Saul est véhiculée non seulement par sa thématique mais aussi par le gros travail effectué sur la photographie, avec une couleur grisâtre prédominante. Et puis on ne peut que souligner cet impressionnant travail au niveau du cadrage, avec des plans qui sont toujours à la hauteur de Saul. Il n'y a aucune ligne d'horizon et donc aucune échappatoire possible.
Dans ce monde où la barbarie et la mort sont indubitablement liés, Saul effectue son travail de manière mécanique. Une seule chose le fait encore avancer l'obsède: la volonté de trouver un rabbin pour donner les derniers sacrements et trouver une sépulture décente à un enfant mort, qu'il croit avoir reconnu comme étant son fils.
Face à ce camp de la mort où toute notion d'homme a disparu (les Nazis évoquent les morts en parlant de “pièces” comme s'il s'agissait d'une production... on produit des morts en chaîne, raison d'être de la shoah), Saul y oppose un acte religieux qui peut sembler dérisoire mais qui a son importance. Il s'agit de conserver sa dignité alors que la mort rôde.
Le rôle de Saul est “joué” par Géza Röhrig, qui n'est pas un acteur à la base, puisque c'est un poète et écrivain hongrois. Pourtant, avec un naturel déconcertant, il fait corps avec son personnage. Il parvient même à faire ressentir moults émotions au spectateur.
Des émotions forcément fortes qui sont à l'image du Fils de Saul : un film dur à regarder mais magistral tant sur le fond que sur la forme. Le grand prix du jury qu'a obtenu Le fils de Saul à Cannes est amplement mérité. Si le jury avait voulu faire preuve de plus d'audace et de logique, il aurait dû lui remettre la palme d'or en lieu et place du bien moins marquant Dheepan de Jacques Audiard.
Dans tous les cas, voilà un film qui va rester dans l'Histoire. Il reste cependant à réserver à un public particulièrement averti du côté difficilement soutenable de certaines scènes.

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19.01.16

08:13:32, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Trilogie Hourbn / destruction

Réalisateur : Emil Weiss

Année : 2008-2014

Origine : France

Durée : 1h18 pour le premier volet, 54 minutes pour le second volet et 52 minutes pour le troisième volet

Par Nicofeel

L'année 2015 aura été marquée sur le plan cinématographique par la sortie du film Le fils de Saul de Lazlo Nemes, qui évoquait l'horrible quotidien d'un “sonderkommando”, dont le rôle est d'assister les Nazis dans les camps de concentration dans leur projet d'élimination de masse.
Les camps de concentration ont également fait l'objet de documentaires. On songe évidemment à Nuit et brouillard (1956) d'Alain Resnais et à Shoah (1985) de Claude Lanzmann. Plus proche de nous, Emil Weiss a achevé en 2014 sa trilogie Hourbn, qui signifie destruction.
Ce cinéaste a relié ensemble 3 documentaires différents qui ont tous pour cadre le camp d'extermination d'Auschwitz. Le premier volet Auschwitz, premiers témoignages (réalisé en 2010) s'intéresse à Auschwitz en tant que complexe concentrationnaire. Le second volet Criminal doctors (2014) met la lumière sur les horribles expérimentations commises sur des êtres humains. Quant à Sonderkommando (2008), il évoque donc la situation de ces juifs, chargés d'accompagner les Allemands dans leur projet d'extermination.
Le parti pris effectué par Emil Weiss est tout à fait original. En effet, il a tourné des images contemporaines d'Auschwitz et il a raconté en voix-off des récits de survivants, lesquels ont évoqué leur vécu, et en particulier leurs effroyables conditions de détention. Le résultat à l'écran est très particulier. Le film n'est pas forcément facile à appréhender. Il est difficile de “rentrer” dans un documentaire où l'on imagine ce qui s'est passé dans des lieux toujours existants, mais en partie détruits.
C'est effrayant de voir Auschwitz, cet espace gigantesque, ses barraquements, ses grillages, et la nature avoisinante. Si le spectateur parvient à accrocher au parti pris d'Emil Weiss, nul doute qu'il se souviendra longtemps de cette Trilogie de la destruction.
Car ces trois documentaires, qui s'appuient tous sur les récits d'anciens déportés (notamment lors des procès de Nuremberg), font réellement froid dans le dos. Le premier documentaire évoque clairement qu'Auschwitz n'était pas uniquement un camp de concentration. C'était en fait un complexe concentrationnaire qui regroupait diverses activités : d'extermination, d'industrialisation et d'expérimentation. On comprend aisément que le projet des Nazis était un projet global. Ces témoignages, sont durs à écouter, tant ils révèlent des situations inhumaines... à peine imaginables.

Sur ce point, le second documentaire, Criminal doctors, est sans aucun doute le plus difficile à regarder et à écouter. Chacun sait que les Nazis se sont livrés à d'horribles expérimentations. Mais on n'a pas l'habitude de voir des récits sur ce sujet. Alors que la caméra d'Emil Weiss se glisse dans les endroits où avaient lieu ces expériences, on apprend, médusé, que des gens ont été stérilisés et castrés par rayon X. Ces cobayes n'étaient finalement pas mieux lotis que les autres prisonniers. Quant aux travaux effectués sur les jumeaux, ils n'avaient d'autre but que de trouver une solution scientifique pour peupler à grande échelle l'Allemagne, afin de développer la race aryenne.
Le réalisateur Emil Weiss ne pointe pas du doigt uniquement le monstrueux projet des Nazis. Il met également en exergue les relations plus que douteuses entre les Nazis et des entreprises bien établies aujourd'hui. Le documentaire relate ainsi des échanges de lettres entre l'administration nazie et une société pharmaceutique, devenue aujourd'hui Bayer. On apprend, estomaqué, que des centaines de femmes, prisonnières dans le camp d'Auschwitz, ont été vendues (à un prix négocié par Bayer !) pour servir de test à des soporifiques. Les tests n'ayant pas été concluants, aucune d'entre elles n'a survécu...
Le troisième documentaire traite des sonderkommando. Les témoignages sont issues des rares sonderkommando qui ont survécu, mais aussi de manuscrits rédigés à Auschwitz pendant les faits, qui ont été retrouvés, et qui expliquent la solution finale. Le quotidien de ces sonderkommando, est très bien expliqué, et constitue un excellent complément à la fiction Le fils de Saul. Ici, on appréhende à quel point la volonté des Nazis était de supprimer un nombre maximum de Juifs. Emil Weiss met clairement en lumière la position de ces Nazis, pour qui la vie humaine n'a aucune valeur.
Pendant plus de 3h, la trilogie Hourbn d'Emil Weiss a comme point commun d'évoquer la destruction, la mise à mort de plus d'un million d'innocents sur le site d'Auschwitz-Birkenau, le plus grand centre de concentration et d'extermination d'Europe. Les images filmées par Emil Weiss sont bien souvent pertinentes.
Il n'en reste pas moins vrai que la trilogie Hourbn regroupe trois documentaires qui peuvent paraître relativement austères, demandant dès lors une grande d'attention.
Pour information, la chaîne Arte a acheté les droits de la trilogie Hourbn. Raison pour laquelle la chaîne a déjà diffusé ce film en 2014. Si la télévision est le seul média qui s'est approprié les trois documentaires d'Emil Weiss, il serait réducteur de considérer qu'il s'agit d'une oeuvre télévisuelle. Hourbn, diffusé de manière sporadique dans quelques salles, a été filmé en 16/9 avec des moyens dignes d'un film (travellings, plans larges). Sortir Hourbn au cinéma relève seulement de la sphère commerciale.
Dans tous les cas, il serait de bon ton que ce documentaire monumental, soit diffusé au plus grand nombre. Cette trilogie n'est pas aimable en tant que telle mais elle relate avec force l'horreur vécue dans le complexe concentrationnaire d'Auschwitz-Birkenau.

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18.01.16

01:11:10, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Un groupe d’activistes new-yorkais se rend en Amazonie et tombe entre les mains d’une tribu particulièrement hostile...

Mon avis :

C'est avec un véritable ouf de soulagement que nous accueillions cette sortie vidéo de "The Green Inferno", même si évidemment nous aurions tous préférés que le film sorte en salle et non directement en e-cinéma, suivi fort heureusement d'une sortie en DVD et Blu-ray... Car la sortie du film fût vraiment incertaine et au fil des mois, nous nous demandions si le film de cannibales d'Eli Roth ("Cabin Fever", "Hostel", "Knock Knock") allait réellement voir enfin le jour!

C'est grâce au producteur Jason Blum ("Paranormal Activity", "Insidious", "Sinister", "Dark Skies", "American Nightmare"), que "The Green Inferno" est enfin sorti aux États-Unis le 25 septembre 2015.

En France, après une projection du film en avant-première au Grand Rex le 3 octobre 2015 précédée d'une présentation du film par Eli Roth filmée pour l'occasion, projection à laquelle j'ai d'ailleurs eu la chance d'assister, le film est donc finalement sorti directement en e-cinéma (Snif!) le 16 octobre 2015 et nous arrive en ce début 2016 en vidéo.

Eli Roth rend avec ce film, hommage aux films de cannibales italiens de la fin des années 70/début 80 comme "Cannibal Holocaust" et "Le dernier monde cannibale" de Ruggero Deodato, à qui le réalisateur dédie d'ailleurs son film, ou encore "La montagne du dieu cannibale" de Sergio Martino ou "Cannibal Ferox" de Umberto Lenzi, mais en y apportant bien entendu sa touche personnelle et notamment une bonne dose d'humour.

D'ailleurs afin de rendre pleinement hommage à ces films et ne pas passer pour un « bouffon », le réalisateur est allé tourner celui-ci au fin fond de l'Amazonie (sur le fleuve où fût tourné "Aguirre, la colère de Dieu" de Werner Herzog) et avec une tribu de là-bas.

Évidemment le film est à réserver à un public plutôt averti, car soyons clair, certaines scènes sont tout de même assez corsées, en particulier la première scène de cannibalisme qui met la barre assez haute, mais là où certains risquent d'être par contre assez déçus, c'est par le fait que Roth désamorce quelque peu le côté glauque et répugnant de son film par justement cet humour et ce second degré qui le caractérise. Personnellement, cela ne m'a pas surpris de sa part, mais je peux comprendre que l'on soit quelque peu déstabilisé par son approche surtout si on s'attend à une sorte de remake de "Cannibal Holocaust"...

Toujours est-il que niveau gore, le film tient assez bien la route et que celui-ci est de plus aidé d'un scénario plutôt intéressant, à la fois écolo, mais dénonçant également la manipulation des médias et les arnaques qui peuvent se cacher derrière certaines organisations en apparence bienveillante et irréprochable (le réalisateur s’est notamment inspiré de la controverse ayant touché la campagne Koni 2012 qui éclata alors qu’il finissait l’écriture de son film).

La jeune Lorenza Izzo ("Aftershock, l'Enfer sur Terre", "The Stranger", "Knock Knock") est vraiment charmante et remplit parfaitement son rôle. Elle s'avère même plutôt touchante par moments et bonne comédienne.

Quant aux autres, ce sont tous des victimes idéales! On ne s'attache pas vraiment à eux, voir même pour le leader du groupe, interprété par Ariel Levy ("Aftershock, l'Enfer sur Terre", "Une soirée étrange en Avril", "The Stranger") et sa copine, on souhaite même qu'ils y passent et douloureusement si possible! Oui, je sais, je suis sadique!

Pas de grosses stars dans le film (De nombreux acteurs en revanche ont déjà joué ensemble dans "Aftershock, l'Enfer sur Terre", film produit par Eli Roth et dans lequel il jouait!), mais on remarquera tout de même la présence de Richard Burgi ("The Sentinel", "24 heures chrono", "Cellular", "Desperate Housewives", "In Her Shoes", "Vendredi 13"), qui avait déjà joué dans "Hostel - chapitre II" et qui joue ici le rôle du père de la charmante Justine. Dans l'ensemble, le film est plutôt plaisant et très fun, notamment grâce à son côté très outrancier.

L'humour parfois un peu trop pipi/caca passe en revanche moins bien et semble destiner du coup le film à un peu trop public adolescent. La fin s’avère également quelque peu décevante. Dommage, mais pas de quoi gâcher notre plaisir non plus!

Sans être le choc attendu par les fans de cinéma d’horreur, "The Green Inferno" s’avère tout de même sacrément fun et gore et pour ma part, j’en attendais pas plus!

"The Green Inferno" est sorti le 6 janvier 2016 chez Wild Side Vidéo en DVD, Blu-ray et VOD. Le DVD propose le film au format 2.40:1 16/9ème compatible 4/3 avec pistes française Dolby Digital 5.1 et anglaises Dolby Digital 2.0 et dts 5.1 avec sous-titres français, alors que le Blu-ray est lui au format 2.40:1 16/9ème avec une résolution de 1080 24p et comporte des pistes française et anglaise dts-HD Master Audio 5.1 avec sous-titres français. Côté bonus, on est plutôt gâté avec cette édition Wild Side Vidéo, puisque l’éditeur nous a concocté deux bonus exclusifs, "Cannibal Roth", une interview d'Eli Roth (16') et "Dans l'enfer vert", une interview de Lorenza Izzo (6'), auxquelles viennent s'ajouter trois petites featurettes ("Les Villageois", "Tourner en Amazonie" et "Sur le tournage") ayant pour intérêt de nous proposer quelques images du tournage et enfin, la bande annonce du film.

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15.01.16

05:00:00, Catégories: Top 10  

Mon top 20 commenté de l'année 2015 :

1) Phoenix
2) It follows
3) Le fils de Saul
4) Mustang
5) Masaan
6) Captives
7) Mad Max : fury road
8) Loin de la foule déchaînée
9) Un homme idéal
10) Mia Madre
11) Notre petite soeur
12) Scream girl
13) Mémoires de jeunesse
14) Chronic
15) Capitaine Thomas Sankara
16) Kingsman : services secrets
17) Ixcanul
18) Blind
19) Réalité
20) Difret

L'année 2015 venant tout juste de s'achever, il est temps de passer au traditionnel top 20 qui regroupe les 20 meilleurs films de cette année cinématographique. Evidemment, un tel classement est forcément subjectif, dépendant des appétences des uns et des autres.
Si la fin de l'année aura retenu l'attention des médias avec l'arrivée de deux blockbusters : le dernier James Bond (Spectre) et le nouvel opus de Star Wars (Le réveil de la force), ce sont des films plus modestes au niveau de leur budget et plus ambitieux quant à leurs intentions, qui auront retenus mon attention.
L'année 2015 aura été marquée par plusieurs films de grande qualité. Le hasard du calendrier a d'ailleurs voulu qu'en cette année où l'on a célébré les 70 ans de la fin de la deuxième guerre mondiale, plusieurs films ont comporté comme thématique l'horreur des camps de concentration. C'est le cas du film qui trône en tête de ce top, le sublime Phoenix de l'allemand Christian Petzold, un mélodrame riche sur le plan émotionnel où Nina Hoss incarne avec talent une jeune femme revenue des camps. Dans Le fils de Saul, le réalisateur Laszlo Nemes immerge le spectateur dans le quotidien d'un sonderkommando, Juif obligé d'assister les Nazis dans leur monstrueux projet d'exécution.

Les camps de concentration font d'ailleurs l'objet d'un traitement singulier dans la très rude mais indispensable trilogie Hourbn du réalisateur Emil Weiss. Diffusés sur Arte, ces trois documentaires ont eu droit à un passage au cinéma (Maison de la culture de Bourges), en présence du réalisateur.
Cette année 2015 est aussi celle des femmes dont leur situation est à l'honneur dans plusieurs films où leur épanouissement est le maître-mot. On songe ainsi au film franco-truc Mustang, au film indien Masaan, à l'anglais Mémoires de jeunesse (d'après Testament of youth de Vera Brittain), au guatémaltèque Ixcanul ou encore à l'éthiopien Difret, vingtième de ce classement.
Les amateurs de “genre” auront également eu l'occasion de voir quelques pépites, à l'image de l'envoûtant It follows de David Robert Mitchell, un cinéaste à suivre, du nouvel opus de Mad Max par George Miller ou encore de la comédie horrifique Scream girl, qui rend hommage aux slashers des années 80.
Comme il y en a pour tout le monde, les chroniques familiales ont été présentes pour nous délivrer de belles émotions, à l'image de Mia Madre de l'italien Nanni Moretti ou encore Notre petite soeur du japonais Kore-Eda Hirokazu.
Si l'année cinématographique a été un excellent cru, quelques déceptions sont notables. L'adaptation de Macbeth par le pourtant talentueux Justin Kurzel laisse un goût aigre-doux dans la bouche. Quant aux blockbusters Jurassic world et Les 4 fantastiques, ils prouvent que le ridicule ne tue pas.
A l'année prochaine, pour une année 2016 que l'on espère aussi belle que 2015.

Par Nicofeel

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14.01.16

09:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Star wars : le réveil de la force

Réalisateur : J.J. Abrams

Année : 2015

Origine : États-Unis

Durée : 2h15

Avec
: Daisy Ridley (Rey), John Boyega (Finn), Adam Driver (Kylo Ren), Harrison Ford (Han Solo), Carrie Fisher (princesse Leia), Mark Hamill (Luke Skywalker), etc.

Par Nicofeel

Bénéficiant d'une campagne publicitaire proche de l'overdose, tant autour du film que des goodies dédiés, Star wars : le réveil de la force est sans conteste l'événement cinématographique de la fin de l'année 2015. D'autant que les fans de la première trilogie ont attendu 32 ans la suite du Retour du jedi (1983). Dans ces conditions, le succès commercial du Réveil de la force est tout sauf une surprise.

Mais qu'en est-il de la qualité intrinsèque du film ? Si l'on dépasse le statut de "fanboy", heureux de retrouver Han Solo, la princesse Leia (appelée désormais Générale), Chewbacca (et ses mythiques gémissements !), il faut bien reconnaître que Le réveil de la force laisse le spectateur dans un sentiment mitigé.

Certes, son réalisateur J.J. Abrams place parfaitement ce long métrage dans la continuité du Retour du jedi. Les décors naturels ont été utilisés le plus possible (superbes dunes de sables) et les effets numériques, certainement nombreux, ne sont pas choquants. De même, les maquillages de plusieurs personnages sont vraiment bien faits. On pourrait presque dire que l'on a droit à du travail à l'ancienne, avec une utilisation judicieuse des technologies actuelles.
De plus, comme il l'a déjà prouvé avec les nouveaux Star Trek, J.J. Abrams est toujours aussi à l'aise avec les blockbusters. Ici, les scènes d'action sont vraiment prenantes, qu'elles aient lieu sur "Terre" comme par exemple lors de l'attaque initiale de stormtroopers, ou dans les "étoiles" avec des combats fort réussis.

Et puis on est heureux de découvrir de nouveaux personnages, à l'instar de l'intrépide Rey, qui semble prendre la place de Luke Skywalker dans la première trilogie. Ce personnage, fort sympathique, est pourtant symptomatique des limites de ce nouveau Star Wars. Si J.J. Abrams livre un spectacle total, qui ravira sans nul doute nombre de fans, il ne fait que respecter un cahier des charges bien peu ambitieux. On pourrait même dire que la prise de risque est inexistante.

A y regarder de près, et sans avoir à révéler des éléments narratifs du film, il apparaît que Le réveil de la force n'est rien d'autre qu'un décalque actualisé de La guerre des étoiles de 1977. Constatons plutôt ces étranges similitudes : le film débute avec un droïde (le mignon BB-8) poursuivi par les troupes de l'Empire (qui se nomme désormais Le nouvel ordre) parce que il dispose d'une carte très importante ; la mignonne Rey reprend à s'y méprendre le rôle de Luke ; le but pour les rebelles est de détruire une nouvelle étoile de la mort, encore plus grosse que la première. Et puis évidemment, il y a un grand méchant, nommé ici Kylo Ren, qui a rejoint le côté obscur de la force. Tout cela n'est pas exhaustif et l'on pourrait sans difficultés multiplier les exemples.

Le scénariste Lawrence Kasdan, pourtant auteur du scénario du magnifique L'empire contre-attaque - considéré comme le meilleur opus de la saga Star wars - a fait preuve ici d'une paresse ou à tout le moins d'un criant manque d'originalité. Si le but était uniquement de toucher les jeunes générations - qui ont pourtant sûrement déjà vu les premiers épisodes de la saga Star wars - en remettant La guerre des étoiles au goût du jour, le pari est sans doute réussi. En revanche, pour ceux qui s'attendraient à un scénario original, la déception risque d'être de mise. Ou plus précisément un goût d'inachevé. Car tout n'est pas à jeter dans ce nouveau Star wars. Il comporte suffisamment de points positifs pour en faire un spectacle qui devrait plaire au plus grand nombre. Mais il y avait moyen de faire beaucoup mieux.

Quant à l'émotion, elle n'est pas assez présente. On est content de revoir les anciens héros de la saga, que cela soit Han Solo, Chewbacca et la princesse Leia. Mais encore aurait-il fallu leur donner un positionnement plus opportun. En l'état, on a l'impression que J.J. Abrams se contente de montrer au spectateur des héros mythiques, qu'il est forcément heureux de retrouver.

John Williams est lui aussi au diapason du film. La musique qu'il a composée comporte évidemment les morceaux cultes de la saga. Mais à aucun moment, on entend un score original et marquant lors d'une scène de combat ou d'une scène plus intimiste.

Au final, Star wars : le réveil de force est une machine de guerre qui réussit son projet sur le plan du marketing. Il devrait plaire au plus grand nombre car il s'agit d'un grand spectacle qui en impose. Toutefois, on peut être légitimement déçu par le manque d'ambition de ce chapitre faisant la transition avec Le retour du jedi. Gageons que le prochain opus sera marqué du sceau de l'originalité. On peut toujours l'espérer.

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07.01.16

01:11:10, Catégories: Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Dans les âges sombres de l’Angleterre, un groupe de jeunes saxons est capturé par un redoutable clan de guerriers vikings et utilisé comme proie dans un rituel effroyable de chasse à l’homme.

Mon avis :

Un sticker présente fièrement "Viking - L'âme des guerriers" comme étant le "Hunger Games" viking... Hum, hum! J'aimerai bien savoir où est-ce que le site Den of geek! (...car apparemment cette citation vient d'eux!) a pu voir une quelconque ressemblance entre ce film et celui de Gary Ross? Je présume que cela vient du fait qu'il est question ici d'une chasse à l'homme, mais sincèrement il y avait bien d'autres références plus évidentes et plus légitimes à citer, à commencer par "Les Chasses du comte Zaroff", mais bon...

Ce "Viking: The Berserkers", qui nous vient d'Angleterre, est l’œuvre d'Antony Smith, producteur notamment d'un certain "A Viking Saga: The Darkest Day" et dont c'est ici la première réalisation. Le réalisateur est également scénariste de son long métrage, un scénario assez simpliste, puisque en gros il se résume à une chasse à l'homme organisée de cruels Vikings qui doivent ramener le cœur de leurs victimes à une sorcière... Pourquoi pas?

Il se base pour cela sur la légende des Vikings Berserkers, qui étaient des guerriers particulièrement sauvages, considérés comme invincibles, portant des peaux d'ours ou de loups et dont certaines théories disent notamment qu'ils étaient sous l'influence de la sorcellerie ou encore qu'ils étaient sous l'emprise d'une drogue ou bien même selon certains botanistes qu'ils ingéraient une plante nommée myrte les rendant complètement hystériques... Bien d'autres théories existent, mais en gros le réalisateur a fait un petit melting pot de ces trois là!

Les méchants Vikings sont d’ailleurs vraiment impressionnants avec leurs maquillages et leurs gueules de dégénérés et on n'a vraiment pas envie de croiser leur route. C’est simple, on dirait de véritables bêtes sauvages assoiffées de sang! Quant aux gentils Saxons leur servant de proies, eux, ce sont de véritables têtes à claques et on vient presque à espérer que ce soient les vikings qui gagnent, ce qui bien évidemment ne sera pas le cas, comme on peut s’en douter! Le héros, interprété par Sol Heras ("Splintered"), manque en plus cruellement de charisme et paraît bien fade comparé aux vilains Vikings, qui eux en revanche n'en manquent pas!

Autrement, cet énième film de vikings ressemblent au niveau esthétique à la mouvance actuelle et notamment aux films comme "Northmen: Les Derniers Vikings", "Hammer of The Gods" ou encore à la série "Vikings". Ça se laisse regarder, mais sincèrement, cela ne casse quand même pas des briques ; les combats notamment manquent cruellement d'intensité et d'efficacité et surtout le film est bourré d’incohérences... Chapeau le gars qui arrive à vivre encore quelques instants sans cœur! Le film est dans l’ensemble assez bourrin autrement, mais aurait certainement gagné à l’être encore plus et à nous offrir plus de tripailles. En nous offrant un film plus jouissif, on serait probablement plus facilement passé sur ses défauts...

Même si ce petit budget n’a pas à rougir par rapport aux autres films de Vikings sortis ces dernières années, il n’en relève malgré tout pas le niveau et il me tarde de découvrir enfin un film de Vikings bien sauvage et qui nous en mette plein la vue!

"Viking - L'âme des guerriers" est sorti le 28 septembre 2015 chez M6/Factoris Films en DVD et Blu-ray. Le DVD nous propose le film au format 2.35:1 16/9ème compatible 4/3 avec pistes audio françaises et anglaises Dolby Digital 5.1 et dts Digital Surround 5.1 et sous-titres français, alors que l'édition Blu-ray est elle au format 2.35:1 16/9ème avec une résolution de 1080p AVC et comporte des pistes audio française et anglaise dts-HD Master Audio 7.1 et des sous-titres français. Côté bonus, c'est le néant!




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05.01.16

01:11:10, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

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Synopsis :

Un an après un accident de voiture, un jeune couple, Evy et David, décide de s’installer dans un vignoble, pour commencer une nouvelle vie. Evy attend un enfant. Très vite, elle commence à apercevoir des phénomènes étranges. Ces visions vont faire de sa vie un véritable cauchemar...

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Mon avis :

Comme bon nombre de productions horrifiques en provenance des États-Unis, derrière "Visions" se cache une fois de plus le producteur Jason Blum ("Paranormal Activity", "Insidious", "Sinister", "Dark Skies", "American Nightmare"), l'homme qui transforme le plus de succès en franchises...

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Kevin Greutert ("Saw VI", "Saw 3D - Chapitre final", "Jessabelle") nous offre avec ce "Visions", un film d'horreur assez efficace (du moins jusqu'à la dernière partie de celui-ci!), au scénario plutôt bien ficelé, prenant toute sa dimension lors d'une révélation finale assez étonnante.

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L'histoire débute par un accident qui a été fatal à un enfant, causé par l'héroïne du film, Eveleigh, jouée par Isla Fisher ("Cadavres à la pelle", "Gatsby le magnifique", "Insaisissables", "Arrested development")...

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La suite se déroule un an plus tard, la jeune femme et son mari, David, interprété par Anson Mount ("In Her Shoes", "Conviction", "All the Boys Love Mandy Lane", "Chiens de paille", "Safe", "Hell on Wheels") ont déménagé et mis toutes leurs économies dans une propriété viticole, seulement voilà dès les premiers jours qui suivent leur installation, Eveleigh a des visions. Des visions particulièrement effrayantes qui occasionneront d'ailleurs quelques bonnes sueurs froides pour le spectateur!

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Évidemment l’entourage d’Eveleigh doutera de la santé mentale de la future maman, alors qu’elle, pensera naturellement que la maison est hantée et cherchera à comprendre ce qu’a bien pu se passer en ces lieux.

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L'intrigue est certes assez classique et déjà-vu, mais la révélation finale est en revanche assez bien vue et plutôt surprenante, malheureusement voilà, alors que celle-ci aurait pu être franchement efficace, le film perd en intensité, avec une dernière partie dénuée de réelle tension, alors que pourtant il y avait vraiment matière à rendre celle-ci plus assez facilement bien effrayante. Dommage! Du coup, le film est une semi-déception, alors que cela aurait pu être une franche réussite...

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D'autre part, le film comporte un casting de stars qui semblent vraiment sous-employées, notamment Eva Longoria ("Desperate Housewives", "Bad Times", "The Sentinel", "The Baytown Outlaws"), qui semble être là que pour apposer son nom sur l'affiche, faire vendre et accessoirement toucher son cachet et Joanna Cassidy ("Emilie, l'enfant des ténèbres", "Blade Runner", "Poursuite", "Ghosts of Mars", "Six pieds sous terre"), qui sera certes un peu mieux employée, mais qui aurait pu l'être beaucoup plus...

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Idem pour Jim Parsons ("Drôles d'oiseaux", "Les Muppets, le retour", "Le rôle de ma vie"), l'acteur qui joue Sheldon Cooper dans "The Big Bang Theory"!

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Même si le film est joliment filmé et distille globalement une bonne ambiance, on se dit qu'avec un metteur en scène plus talentueux, cela aurait pu donner vraiment autre chose! En fait, ce "Visions" ne semble juste pas totalement maîtrisé...

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Semi-déception ou semi-réussite? Personnellement, je pencherai plutôt pour la semi-réussite, mais peut-être aussi car je n’attendais pas grand-chose de ce "Visions"?

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"Visions" est sorti le 25 novembre 2015 chez Wild Side Vidéo en DVD, Blu-ray et VOD. Le DVD propose le film au format 2.40:1 16/9ème compatible 4/3 avec piste anglaise Dolby Digital 5.1 sous-titrée en français et françaises Dolby Digital 2.0 et dts 5.1, alors que le Blu-ray est lui au format 2.40:1 16/9ème avec une résolution de 1080 24p et comporte des pistes française et anglaise dts-HD Master Audio 5.1 avec sous-titres français. En bonus, seule la bande annonce est disponible.

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Visions

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Visions (Blu-ray)

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02.01.16

11:11:11, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

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Synopsis :

Au cours de l'été 1986, la comète de Halley termine sa course autour de la Terre, après 76 ans d'absence. Alors qu'un débris de météorite se désagrège dans l'atmosphère terrestre, Howard, Ana et Daryl, trois habitants de la petite ville de Mont-Vallée, font chacun le souhait d'une vie meilleure, croyant voir une étoile filante... Trois vœux exaucés littéralement qui vont engendrer les pires catastrophes dans le quartier. Et c'est désormais armés de leur seul courage que nos trois "losers" vont devoir se surpasser pour réparer les dégâts...

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Mon avis :

Véritable hommage made in France au cinéma US des années 80, "Le jour de la comète" aura connu bien des péripéties avant de voir réellement le jour. Après un tournage qui débuta en 2007 et se termina fin 2009, le film fût finalement projeté pour la première fois en mars 2013 au Max Linder après une longue période de post-production, puis au mois d’avril 2014 toujours à Paris, mais cette fois au Palace, avant d’être ensuite diffusé au cours du mois d’avril 2015 sur la chaîne Ciné FX et de sortir finalement en DVD chez l’éditeur The Ecstasy of Films...

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Un peu à la manière du Métal Hurlant qui bouleverse la vie des personnes qui croisent sa route, en répandant son pouvoir maléfique lors de son passage, ici c'est la comète de Halley, qui au cours de son passage en 1986, va concrétiser les vœux de trois personnes de la petite ville fictive de Montvallée, mais pas vraiment comme ils l’auraient imaginé...

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Reliées entre elles, un peu à la manière de "Creepshow" et autres films à sketchs des années 80, par les interventions d’un animateur d’une radio locale, joué par la voix française de Bruce Willis, Patrick Poivey ("Loulou", "Flag", Lumière noire"), les trois histoires qui composent le film, sont réalisées en fait par trois metteurs en scène différents dont Sébastien Milhou ("Le jour du festin") et Cédric Hachard ("Le jour du festin"), deux membres fondateurs de la société de production Forge, qui jusque-là n’avaient fait que des courts métrages.

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Pour son sketch "Barney", Hervé Freiburger ("Surface sensible"), aidé de Christophe Lapèlerie, s'est inspiré de la bande dessinée "Calvin et Hobbes" dans laquelle Calvin a pour ami imaginaire un tigre en peluche que lui seul voit comme un être vivant. Ce segment qui fait pas mal référence à des films cultes des années 80 comme "Retour vers le futur" ou "E.T. l'extra-terrestre", est vraiment pas mal fichu et touchera assurément les nostalgiques de ces années-là!

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Les personnages incarnés notamment par deux jeunes débutants forts attachants, Adrien Marik et l'ultra craquante Pascaline Ferrer, ont tous été parfaitement castés et collent impeccablement à leurs rôles. On remarquera parmi ce casting amateur, quelques acteurs toutefois confirmés et pas inconnus, impeccables également dans leurs rôles respectifs, comme le jeune Gari Kikoïne ("Chante!", "Famille d'accueil"), fils du génial réalisateur de films pour adultes, Gérard Kikoïne ("Lady Libertine", "Dr. Jekyll et Mr. Hyde") et sœur de l'actrice Elsa Kikoïne ("Brocéliande", "À l'aveugle") et Yves Arnault ("Maléfique", "Craspec") dans le rôle du professeur Fractal, un professeur de chimie bien frappé, amateur de taxidermie.

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Parmi les très bonnes idées de cette histoire, il y a notamment celle d’avoir fait en sorte que la mère du jeune Howard et que Léa Mancini, la jolie voisine, tiennent compte du fait que Howard ait un ami imaginaire et l’acceptent même si elles-mêmes ne le voient pas et savent pertinemment que c’est dans son imagination ; cela apporte un côté très touchant et humain à ces personnages. Enfin, ce segment, comme les deux suivants d’ailleurs, comporte pas mal d’humour, un humour la plus part du temps assez noir, mais qui fonctionne dans l’ensemble assez bien.

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Co-écrit avec Véronique Hauller ("La revenante"), "La promise du seigneur", le deuxième segment est quant lui réalisé par Sébastien Milhou et son sketch, qui cette fois se déroule dans un château à proximité de Montvallée, met en scène une bonne à tout faire parlant très mal le français et travaillant au service d’un riche producteur de films, imbu de sa personne, qui n’en a rien à faire d’elle et ne la respecte absolument pas, alors que de son côté, la jeune femme s’imagine pouvoir vivre une histoire romantique avec lui...

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Seulement voilà, avec le passage de la comète, le fantôme du défunt propriétaire des lieux va tomber amoureux de la jeune femme et mettre quelque peu le bazar dans leurs vies. Ce sketch est également assez amusant, mais vaudra principalement pour sa galerie de personnages hauts en couleur et ses effets de maquillages à l’ancienne signés par le génial David Scherer ("Ouvert 24/7", "Mirages", "Last Caress", "The Theatre Bizarre", "Dead shadows", "Thanatomorphose", "Chimères"), des effets bien craspecs et sanglants.

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Béatrice de la Boulaye ("Les Revenants"), dans le rôle d'Ana et Stéphane Roux ("Africa paradis", "Edward & Lulu"), dans le rôle de Carl Harold, sont tous les deux parfaits, avec une mention spéciale pour la jeune actrice qui a pourtant très peu de dialogues.

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Enfin, "Les puceauphages d'outre-espace", réalisé par Cédric Hachard fait lui le lien avec le premier segment en débutant dans le même lycée et en faisant apparaître brièvement le jeune Harold de la première histoire. Cette fois, ce n’est pas lui le souffre douleur, mais l’un des professeurs du lycée, toujours puceau à la trentaine et harcelé par une bande de jeunes loubards, qui n’est pas sans rappeler celle de Biff Tannen dans "Retour vers le futur".

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Pourtant le chef de la bande a plutôt bon goût puisqu’il écoute du Manowar! Enfin, toujours est-il que le professeur, un peu coincé, va tomber sous le charme d’une splendide extra-terrestre et de ses deux copines, qui se nourrissent au puceau, alors que sa jeune voisine, jouée par Alice Vial ("Spirale", Flics"), intello à lunettes, mais plutôt mignonne, n’a d’yeux que pour lui...

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Là encore, ce sketch est plutôt plaisant à regarder et bien dans l’esprit eighties et puis, il faut reconnaître que les trois extra-terrestres, notamment le modèle Ludmila Kudjakova ("Enfermés dehors") et l'actrice Nina Seul ("Zombie", "Dark Web"), sont fort jolies et apportent un charme indéniable à cette histoire, qui par leur présence renvoie à des films comme "Lifeforce" ou "La mutante". Le film se termine enfin par une scène vraiment amusante bourrée d’effets spéciaux, un grand n’importe nawak qui conclue le film comme il faut.

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Franchement, les trois jeunes réalisateurs de Forge n’ont pas à rougir de leur premier long bébé, car "Le jour de la comète" a vraiment de la gueule, avec qui plus est, une photographie soignée et une BO bien dans l’esprit des films des années 80 dont il s’inspire. On pourrait presque croire qu’il s’agit d’un film méconnu ressorti des tiroirs et en provenance directe des États-Unis!

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"Le jour de la comète" est sorti le 20 novembre chez The Ecstasy of Films en édition double DVD comprenant la version courte du film (101'32") et sa version longue (121'02"). Quelque soit la version, le film nous est proposé au format respecté 2.35:1 16/9ème compatible 4/3 avec pistes audio françaises Dolby Digital 2.0 stéréo & 5.1 et sous-titres anglais optionnels. Côté bonus, on est sacrément gâté avec un making of (100'05") hyper complet et passionnant divisé en quatre parties, ainsi que trois courts métrages produits par Forge, "Le jour du festin" (17'26") de Cédric Hachard et Sébastien Milhou, "Surface sensible" (28'26") de Hervé Freiburger et "Point Zero" (17'55") d'Arthur Cauras et enfin la bande-annonce (2'00").

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