11.04.16

06:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Médecin de campagne
Réalisateur : Thomas Lilti
Année : 2016
Origine : France
Durée : 1h42
Avec : François Cluzet (Jean-Pierre Werner), Marianne Denicourt (Nathalie Delezia), etc.
Par Nicofeel

Le réalisateur Thomas Lilti s’était fait remarquer en 2014 du grand public pour son film Hippocrate, se déroulant dans le milieu hospitalier. Avec Médecin de campagne, il récidive dans la même veine, avec un film qui rappelle par bien des aspects l’excellent La maladie de Sachs (1999) de Michel Deville.

Dans Médecin de campagne, on suit le quotidien d’un médecin, Jean-Pierre Werner, qui officie à la campagne. Ce médecin apparaît comme quelqu’un d’humaniste, de sensible, ne comptant pas ses heures car il est avant tout dans l’idée d’aider et d’écouter ses patients. Lors de ses visites, on a le sentiment d’assister à un documentaire, tant les acteurs vivent ces scènes.

L’acteur François Cluzet incarne avec tellement de passion et de naturel le personnage de Werner, que l'on a l’impression qu’ils forment une seule et même personne.

Le réalisateur Thomas Lilti, lui-même ancien médecin, s’est sans doute servi de son expérience, pour mettre en scène des personnages plus vrais que nature.

Sans avoir l’air d’y toucher, le jeune cinéaste oppose les médecins ruraux à leurs confrères citadins. Dans la plupart des cas, dans les territoires urbains, les malades ne sont pour leurs médecins qu’un numéro parmi d’autres, et la consultation a lieu à vitesse grand V. Pas de temps à perdre pour ces médecins qui sont dans la logique du chiffre. A l’inverse, Werner est présenté comme un homme se souciant du devenir de ses patients. C’est ainsi qu’il refuse de laisser un vieil homme, monsieur Sorlin – une des figures marquantes de ce film – finir ses vieux jours à l’hôpital, seul et sans aucun soutien affectif. Werner répond également toujours présent quand on a besoin de lui, y compris la nuit.

Médecin de campagne ne se limite pas à décrire le quotidien d’un médecin investi, travaillant en zone rurale. Ce film donne aussi l’occasion à Thomas Lilti d’évoquer plusieurs thématiques actuelles, en lien avec le milieu médical. Très au fait de son sujet, il aborde de front des questions essentielles de notre société. La dépendance des personnes âgées – et la difficulté de mettre en place une hospitalisation à domicile, quand elle est nécessaire – ; la désertification médicale dans les territoires ruraux avec la solution des maisons de santé (encore faut-il parvenir à attirer des professionnels de santé dans ces maisons), sont autant de thèmes traités avec justesse.

Et puis comme dans son précédent long métrage, Hippocrate, Thomas Lilti place la transmission du savoir comme un élément essentiel dans la vie du médecin.

C’est ainsi que Nathalie Delezia (interprétée par une excellente Marianne Denicourt), néo-médecin (auparavant infirmière), va apprendre dans la pratique son métier en épaulant Werner. La relation entre ces deux personnages est intéressante, car elle est faite d’échanges et de conflits constructifs. On comprend aisément qu’il ne suffit pas de connaître la médecine pour être un bon médecin. Il est nécessaire d’observer les patients, de les écouter et de leur proposer au final le choix le plus pertinent. Le médecin ne peut pas se contenter d’être le professionnel, au-dessus de la mêlée. Il doit faire preuve d’empathie et de compréhension. C’est une véritable leçon de vie qu’inculque Werner à Delezia.

En fréquentant Werner et en appliquant son système de pensée, Delezia diagnostique des choses jamais vues jusque-là sur certains patients. Elle va par ailleurs jusqu’à apporter des conseils pertinents auprès d’une jeune femme perdue.

Dans Médecin de campagne, le médecin n’est pas seulement un médecin. C’est tout à la fois un conseiller, une assistante sociale, une personne apportant du réconfort. Tout le film transpire d’un humanisme qui fait plaisir à regarder.

Saluons l’ensemble de la distribution, qui est remarquable dans Médecin de campagne. Tant le duo François Cluzet – Marianne Denicourt que l’ensemble des seconds rôles sont à saluer, par leur jeu naturel et empreint de sensibilité.

Voilà autant de raisons justifiant de se rendre dans les salles obscures pour regarder ce Médecin de campagne. Thomas Lilti, un cinéaste à suivre de près.

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