29.05.16

01:11:10, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Présentation :

Depuis sa formation il y a 21 ans, Black Bomb A est un des groupes phares de la scène Hardcore / Metal européenne, grâce à des albums coup de poing et des tournées mémorables. Pour fêter cet anniversaire, le groupe a donné un concert événement le 28 novembre 2015 au Noumatrouff de Mulhouse, devant plus de 800 fans remontés comme jamais. "21 Years Of Pure Madness - Live Act", disponible en CD + DVD, comprend l’intégralité de ce concert, à savoir une vingtaine de chansons tirées des 7 albums et EP de Black Bomb A, mais également cinq reprises de classiques Punk et Metal (Sepultura, Suicidal Tendencies...) interprétés en compagnie de la crème de la scène alternative française (Lofofora, Tagada Jones, Loudblast). De nombreux bonus accompagnent cet album live, dont un documentaire où l’on suit le groupe sur la route. Parfait témoignage de l’hystérie collective que Black Bomb A provoque en concert, "21 Years Of Pure Madness - Live Act" nous montre le groupe au meilleur de sa forme.

Mon avis :

Afin de fêter comme il se doit leur 21ème année d’existence (Oui, pourquoi 21ème allez-vous me dire ? Mais en même temps, j’ai envie de vous répondre, pourquoi pas !), Black Bomb A nous revient en force et en grande forme avec un nouveau CD/DVD live intitulé "21 Years of Pure Madness – Live Act", un titre parfaitement choisi tant celui-ci colle exactement avec ce que dégage le groupe de Metalcore français en concert...

"21 Years of Pure Madness" débarque ainsi onze années après "Illicite Stuf Live", leur premier CD/DVD live filmé en 2004 à St Nazaire à l’occasion des 10 ans du groupe. Filmé cette fois à Mulhouse au Noumatrouff au mois de novembre dernier, le concert débute sur les chapeaux de roues avec le très efficace "We Came for You", suivi des excellents "Comfortable Hate", "On Fire" et "Lady Lazy" où la complémentarité des voix d'Arno et de Poun fait vraiment merveille.

Ce qui frappe immédiatement à la vision de ce DVD, ce sont les moyens apportés à cette captation qui bénéficie en effet d'une multitude de prises de vue permettant de rendre celle-ci hyper vivante et dynamique, aidée en cela par un montage et une mise en scène efficaces.

On en prend plein la vue, autant qu'on en prend plein les cages à miel! Durant "Double", le jeune garçon de la pochette apparaît pour la première fois et franchement cela fait plaisir de voir un môme de son âge et surtout de cette génération autant à fond sur du Metalcore!

De façon prévisible, le groupe va lancer durant le show, des Circle Pits et bien entendu un petit Wall of Death des familles, mais si le public alsacien sera dans l’ensemble assez réactif, il semblera quelque peu frileux sur les Circle Pits et lors du mur de la mort, du moins si je compare avec le public parisien qui a récemment mis le feu à Petit Bain...

Toutefois le public de Mulhouse va être de plus en plus chaud au fur et à mesure du concert, emporté par l'énergie communicative de Black Bomb A, jusqu'à un final incroyable où le public aura la chance de voir débarquer des invités comme Djag, Shaun et Etienne (trois anciens membres du groupe) ou encore des musiciens de Tagada Jones, Loudblast et Lofofora venus faire la fête pour ce véritable « bal des enragés »!

Rien d'étonnant en effet de voir débarquer justement sur scène certains compagnons de Poun du Bal des Enragés, car tout ce petit monde forme au final une vraie famille, parmi lesquels on retrouvera d'ailleurs l'un des acteurs éminents du Bal et également Tour Manager de Black Bomb A en la personne de Lolo Le Fourb’!

Accompagné de ses invités, le groupe va nous offrir pour cet anniversaire quelques excellentes reprises avec "Roots" de Sepultura, suivie de "Out Of Hand" d'Entombed, "War Inside My Head" de Suicidal Tendencies, "We’re Only Gonna Die" de Bad Religion et pour finir "Beat The Bastards" de The Exploited avec qui le groupe a déjà joué à plusieurs reprises et notamment il y a peu à Bruxelles...

Black Bomb A est un groupe taillé pour la scène, c’est une évidence et ce live en est la preuve la plus flagrante! Purée!!! Qu’est-ce qu’il me tarde de les revoir!

Le CD/DVD "21 Years of Pure Madness – Live Act" du groupe Black Bomb A est sorti le 1er avril 2016 chez le label Verycords dans une très chouette édition digipack 3 volets nous proposant un CD regroupant les 18 premiers titres du concert, soit le concert sans les reprises et un DVD contenant quant à lui le concert complet avec donc les 5 reprises, soit 23 titres au total. Le DVD nous permet de regarder le concert d’une traite ou au choix avec quelques interventions extraites du documentaire intitulé "On the Road" que l’on trouve également en bonus. Il contient en effet également quelques bonus non négligeables et je dirais même fort appréciables, à savoir donc le documentaire "On the Road" (19’26"), "Mary" version live filmée au Hellfest en 2012 (5’13"), ainsi que les clips "Burn", "Beds Are Burning", "No One Noise", "Tears Of Hate" et "Into The Void" (22’26").

Black Bomb A : 21 years of Madness - Live Act (+ CD)

Black Bomb A : 21 years of Madness - Live Act (+ CD)
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16.05.16

01:11:10, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Alors que le professeur Van Helsing est accusé de meurtre pour avoir détruit Dracula, le corps de ce dernier est volé par une mystérieuse femme. Il s’agit de la comtesse Marya Zaleska, qui n’est autre que la fille de Dracula. Elle brûle rituellement le corps de Dracula, espérant interrompre la malédiction de son père, mais elle ne parvient pas à assouvir sa soif de sang...

Mon avis :

Après avoir consacré la première partie de sa collection "Cinema Monster Club" à la créature de Frankenstein, Elephant Films s'attaquait en ce début d'année 2016 au comte Dracula et à sa petite famille...

Datant de 1936, "La fille de Dracula" de Lambert Hillyer ("Le rayon invisible", "Batman") est en effet un film où il est question de la fille du célèbre personnage créé par Bram Stoker, sans que celui-ci ne soit réellement présent.

En fait, seul un plan au début du film laissera apparaître Dracula allongé dans un cercueil avec un pieu dans le cœur. Si on reconnaîtra vaguement le visage de Bela Lugosi, il s'agira en réalité d'un masque de cire car celui-ci refusa de tourner dans le film, avant finalement de se raviser, mais un peu trop tard...

En revanche, dans ce film qui se veut une suite directe du "Dracula" de Tod Browning, on retrouve bien Edward Van Sloan ("Frankenstein", "Révolte à Sing Sing", "La Momie", "Les Derniers Jours de Pompéi") dans le rôle du professeur Von Helsing (...et non Van Helsing! Petite nuance !).

Notre chasseur de vampires va donc ici traquer la fille de Dracula, la comtesse Marya Zaleska, interprétée par Gloria Holden ("La Vie d'Emile Zola", "Pensionnat de jeunes filles", "Face au soleil levant", "Tu seras un homme, mon fils"), dont les apparitions seront assez mémorables.

L'autre personnage mémorable du film, cela sera par contre un personnage plus secondaire, celui de Sandor, son serviteur, joué par Irving Pichel ("Cléopâtre", "La Furie de l'or noir", "L'Insoumise", "Fantômes en croisière"), dont la présence sera pour le moins inquiétante. Si ce duo formera le principal attrait du film, cela ne sera toutefois pas le seul !

Le film vaudra également pour son ambiance gothique, sa jolie photographie et enfin, pour l’ambiguïté concernant les préférences sexuelles de notre vampirette, qui semblera en effet fortement attirée par les jolies femmes et pas seulement dans le but de leur sucer le sang, ce qui sera assez osé pour l’époque !

Ainsi elle portera son dévolu d'abord sur la belle Lili, jouée par Nan Grey ("Pensionnat de jeunes filles", "La Tour de Londres", "Le Retour de l'homme invisible"), avant de s'en prendre à la charmante Janet, interprétée par Marguerite Churchill ("La Piste des géants", "Le Mort qui marche")... Une attirance suggérée, certes, mais assez claire tout de même !

Étonnamment, malgré une atmosphère gothique très présente, le film comporte plusieurs scènes humoristiques lui apportant une certaine légèreté surprenante, mais finalement assez plaisante. Si on aurait aimé une fin plus flamboyante, le film reste toutefois une bonne surprise...

Avec "La fille de Dracula", la Universal signe là une belle réussite qui ravira les amateurs de vieux films fantastiques ! Un film rétro certes, mais un film rétro fort recommandable !

"La fille de Dracula" est sorti en DVD le 24 février 2016 chez Elephant Films dans une édition proposant le film au format respecté 1.33:1 4/3 avec pistes audio française et anglaise Dolby Digital 2.0 mono et sous-titres français optionnels. En guise de bonus, l'éditeur nous propose une présentation du film par Jean-Pierre Dionnet (9'17"), un module sur le mythe de Dracula, toujours par Jean-Pierre Dionnet (9'32"), une galerie photos, des bandes annonces des films de la collection dont celle du film et des courtes présentations des collections consacrées à Dracula et Frankenstein par Jean-Pierre Dionnet.

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10.05.16

10:02:35, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Marie et les naufragés

Réalisateur : Sébastien Betbeder

Année : 2016

Origine : France

Durée : 1H44

Avec : Pierre Rochefort (Siméon), Vimala Pons (Marie), Eric Cantona (Antoine), Damien Chapelle (Oscar), André Wilms (Cosmo), etc.

Par Nicofeel

De nos jours, il n'est pas fréquent de tomber sur des comédies originales. Et qu'elles puissent être françaises est encore plus rare. Quatrième long métrage de Sébastien Betbeder, Marie et les naufragés fait partie de cette catégorie de film.
Dès le départ, le spectateur est mis dans l'ambiance avec le personnage principal, Siméon, racontant sa vie passée dans un style proche d'un documentaire personnel, qui n'est pas sans rappeler le début du Fabuleux destin d'Amélie Poulain.
Le réalisateur, Sébastien Betbeder, s'amuse à décrire des personnages paumés, qui se cherchent dans un monde qui leur est étranger. Tout part d'un portefeuille retrouvé par Siméon, lequel tombe immédiatement amoureux de la jeune femme à qui il appartient : une certaine Marie. Pour elle, il est prêt à tout et même si leur première rencontre n'aboutit à rien, il s'obstine. Ne sachant pas comment l'aborder, il va la prendre en filature.
Sébastien Betbeder joue à fond la carte de l'humour, notamment avec Siméon, jeune homme réservé, un peu gauche, papa d'une petite fille qui a une passion pour les cimetières !

Le film est d'ailleurs rempli de personnages hauts en couleurs. On a ainsi Antoine, l'ex amant contrarié de Marie, qui à son tour prend Siméon en filature. On a également Oscar, le colocataire d'Antoine, un apprenti musicien, qui a la particularité d'être somnambule. La palme du personnage original revient sans conteste à Cosmo, un compositeur à succès qui a changé de style musical du jour au lendemain, pour se lancer dans la musique électronique, avec des vêtements dignes du gourou d'une secte. Cosmo paraît complètement halluciné avec son histoire de réincarnation, qui lui a inspiré son hit La fille de l'eau.
Dans Marie et les naufragés, Sébastien Betbeder dresse le portrait d'aventuriers des temps modernes, qui n'hésitent pas à tout plaquer pour changer de vie. Au-delà de son ton comique et de son aspect décalé omniprésent, le film constitue une réflexion sur le temps qui passe (les personnages qui décrivent leur vie passée) et sur le fait d'être acteur de sa vie. La grande imagination dont font preuve plusieurs des protagonistes est peut-être pour eux une façon de s'évader du quotidien qui les entoure.
D’ailleurs, Marie et les naufragés comporte comme thématique le processus de création : Antoine est un écrivain puisant son inspiration auprès des gens qu'il fréquente ; Oscar crée de la musique électronique, tout comme Cosmo.
De manière plus évidente, ce film est aussi une histoire d'amour – forcément atypique – entre les deux personnages principaux, Siméon et Marie.
Ce long métrage, loufoque et totalement décalé, donne la pêche au spectateur car il fait preuve constamment d'optimisme et de joie de vivre. On se régale lors de la séquence finale, où les corps se meuvent dans l'espace, sur une musique électronique inspirée. A cet égard, il convient de signaler que l'intégralité de la bande-son a été composée par Sébastien Tellier. Sa musique électronique contribue à l'émotion qui se dégage de ce film tout à la fois drôle et touchant.
Évidemment, Marie et les naufragés ne serait pas réussi sans une distribution de qualité. Le fils de Jean Rochefort, Pierre Rochefort, est une véritable révélation. Dans le rôle de Siméon, il se montre amusant, sensible et touchant. De son côté, Vimala Pons campe une mystérieuse Marie, qui paraît inaccessible et encore plus hallucinée que les autres « naufragés ». De son côté, Eric Cantona est très en forme dans le rôle de l'écrivain torturé. Quelques mots aussi pour un second rôle savoureux : André Wilms, inoubliable dans le personnage farfelu de Cosmo.
Au final, Marie et les naufragés est un OFNI (objet filmique non identifié) pour le moins surprenant et mystérieusement décalé. N'hésitez pas à regarder ce film pour vous changer les idées. 

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09.05.16

01:11:10, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Kate peine à trouver un emploi de designer haute-couture à cause de la réputation de son père, magnat de la mode connu pour vendre des vêtements inspirés d’autres créateurs. A contrecœur, elle doit rejoindre l’entreprise familiale et cohabiter avec ses terribles demi-sœurs et belle-mère. Entre problèmes familiaux et histoires de cœur, les choses se compliquent rapidement et Kate finit par perdre son travail. Bannie par sa belle-mère, elle doit revenir sous les traits du brillant Nate pour tenter de sauver sa carrière, et peut-être même trouver l’amour.

Mon avis :

Lorsque j'ai ouvert l’enveloppe contenant le DVD du film "Les 12 coups de minuit" (Attention, heureusement rien à voir avec une version nocturne de "les 12 Coups de Midi", l'horripilante émission présentée par Jean-Luc Reichmann!), je dois avouer que je me suis dit : « Mais qu'est-ce que c'est que ce truc? Les gars de Factoris Films voudraient-ils ma mort? ». Et lorsque mes deux femmes (Non, je ne suis pas polygame! Je parle évidemment de ma femme et de ma fille!) virent le DVD sur la table du salon, même réaction! « Mais qu'est-ce que c'est que ce film encore? »... Moi qui espérais de leur part un peu d’enthousiasme et de soutien!

Finalement, j'ai réussi à les convaincre de voir avec moi cette adaptation moderne de "Cendrillon" ; une Cendrillon au pays de la mode! Eh bien à la surprise générale, nous nous sommes surpris à regarder jusqu'au bout ce film de Sean Garrity ("Lucid", "My Awkward Sexual Adventure", "Blood Pressure"), sans que le moindre moment d'ennui ou de désolation ne pointent le bout de son nez et je dirais même avec un certain intérêt.

Il faut dire aussi que cette adaptation a le mérite d'être assez joliment filmée (Ça ne fait pas trop téléfilm bas de gamme!), avec quelques incrustations assez amusantes. Et puis, le scénario, même s'il reste vaguement fidèle aux contes originaux, s'en éloignera tout de même pas mal en faisant notamment le choix de travestir son héroïne en homme durant une bonne partie du film afin que sa famille ne la reconnaisse pas et qu'elle puisse prouver sa vraie valeur auprès de son père!

Un travestissement que le physique de Portia Doubleday ("Big Mamma : De père en fils", "K-11", "Carrie, la revanche", "Her"), un peu à la manière de Dustin Hoffman dans "Tootsie", permettra avec une certaine crédibilité.

La jeune femme n'est pas vilaine, mais elle n'est pas non plus à se taper par terre! Il est vrai aussi qu’elle n’est pas toujours mise en valeur dans le film, certainement pour les besoins de l’histoire d’ailleurs. Mais bon, le « prince charmant », interprété par Marc-André Grondin ("C.R.A.Z.Y.", "La Belle Bête", "Le Premier Jour du reste de ta vie", "5150, rue des Ormes", "Bus Palladium"), est loin d’être canon également! Cela serait en fait plutôt des monsieur et madame Tout-le-monde et ma foi, ce n’est pas plus mal!

En effet, cela va permettre que l’on s’identifie beaucoup plus facilement à ces personnages et surtout qu’on éprouve une certaine empathie pour la jeune femme. Parmi le reste du casting, les fans de "Sex and The City" seront heureux de retrouver Big, enfin je veux dire Chris Noth ("New York - Police judiciaire", "Seul au monde", "New York - Section criminelle", "The Good Wife") alias Mr. Big dans la série culte de ces dames!

Pour ce qui est de la belle-mère et des deux demi-sœurs, si elles sont naturellement assez garces, elles demeureront malgré tout assez sympathiques, du moins pas aussi antipathiques que l’on aurait pu l’espérer. Tout cela reste tout de même très classique et peut quelque peu faire penser aux téléfilms que l’on peut voir les après-midis, mais dans l’ensemble, c’est plutôt une bonne surprise.

Au final, "Les 12 coups de minuit" sera loin d’être la bouse qu’on aurait pu imaginer. Cette petite comédie calibrée pour ados serait même en fait plutôt plaisante!

"Les 12 coups de minuit" est sorti le 3 mai 2016 chez Factoris Films en DVD dans une édition proposant le film au format 1.78:1 16/9ème compatible 4/3 avec pistes audio française et anglaise Dolby Digital 5.1 et anglaise dts Digital Surround 5.1 avec sous-titres français optionnels. Il est à noter que la copie digitale illimitée (format 1.78:1 16/9ème avec piste audio française 2.0 AAC) est offerte, en revanche aucun bonus nous est offert, mais personnellement je n’en espérais pas non plus!

Les 12 coups de minuit (DVD + Copie digitale)

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07.05.16

09:46:28, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Créatures célestes

Réalisateur : Peter Jackson

Année : 1996

Origine : Nouvelle-Zélande

Durée : 1H40

Avec : Kate Winslet, Melanie Lynskey, etc.

Par Nicofeel

La dernière édition du festival Hallucinations collectives (à Lyon) a donné la possibilité de revoir ce très beau film.
Connu tant pour ses films gore (Bad taste, Braindead) que pour ses blockbusters (Le seigneur des anneaux, Le hobbit), Peter Jackson est également capable de films plus intimistes, dont Créatures célestes constitue la plus franche réussite.
Le film prend comme point de départ un fait divers néo-zélandais qui avait défrayé la chronique au début des années 50. D'ailleurs, ce fait divers avait inspiré un autre cinéaste, le Français Joël Seria, pour son premier long métrage, Mais ne nous délivrez pas du mal (1971).
Cela étant, la version proposée par Peter Jackson est très différente. Le réalisateur du Seigneur des anneaux s'intéresse bien plus à la relation fusionnelle entre les deux jeunes héroïnes du film – Pauline et Juliet – qu'à l'acte en lui-même, même s'il ne l'élude pas.
Les deux jeunes filles sont issues de milieux sociaux radicalement opposés : Pauline est la fille de prolétaires alors que son amie Juliet est la fille de bourgeois particulièrement aisés.Dans un premier temps, l'une est très refermée sur elle-même (Pauline) tandis que l'autre est extravertie.
Pour autant, elles se rapprochent dans leur volonté commune de se rebeller contre un système qui les révulse. Pauline et Juliet sont même subversives contre cette société qui ne les comprend pas.

Sans avoir besoin de le souligner, Peter Jackson se sert de ses personnages pour fustiger une société puritaine qui corsète tous ses personnages dans leurs conventions et leurs rôles que l'on attend d'eux. Ainsi, le père de Juliet, médecin, accepte l'infidélité de sa femme pour ne pas faire de vague. Derrière le vernis d'une société appréciable, on a tout le puritanisme qui écrase les personnages, et où l'homosexualité est décrite comme une maladie.
Le réalisateur n'y va pas non plus de main fort pour s'attaquer à la religion. La figure du prêtre est ridiculisé par Juliet (voir la grosse tête), dans la mesure où elle représente la société puritaine. Et puis la religion est sans cesse fustigée : le paradis n'existe pas chez Pauline et Juliet, c'est le quatrième monde, où il n'y aura pas de chrétiens.
Par ailleurs, en utilisant une mise en scène très aérienne et tout en mouvement (les plans larges sur la montagne seront repris plus tard dans sa trilogie culte le SDA), Peter Jackson ouvre les portes d'un autre monde pour ses deux protagonistes où elles pourraient enfin être elle-mêmes, et libres. Le quatrième monde est une pure invention qui permet à Pauline et Juliet de s'évader du monde réel.
Elles y retrouvent les personnages qu'elles ont modelé, qu'elles ont dessiné et sur lesquels elles ont écrit dans leurs romans, voire même les acteurs qu'elles admirent (James Mason et Orsen Welles, des gens subversifs du système en place).
Au bout d'un moment, on sent qu'il y a une interpénétration de l'imaginaire sur le réel. Les effets spéciaux de la jeune société d'alors, Weta digital, sont tout à fait probants et largement en avance sur leur temps.
Peter Jackson montre bien l'évolution de la relation intime qui s'établit entre ses deux personnages féminins, et l'homosexualité, qui semblait larvée devient de plus en plus prégnante. Cette relation fusionnelle est à l'origine de la création du monde fantasmagorique des jeunes filles et des desseins funestes à venir pour quiconque tenterait de les séparer.
La question devient alors de savoir quel va être l'issue de ce film.
Si Créatures célestes doit sa réussite à sa mise en scène, sa photographie, ses scènes oniriques, sa bande-son, elle le doit aussi à ses jeunes interprètes. A cet égard, Kate Winslet et Mélanie Lynskey interprètent leur premier rôle au cinéma.
Voilà incontestablement un film-phare dans la carrière de Peter Jackson. Le film a nettement mérité son lion d'argent au festival de Venise. Peter Jackson reviendra plus tard dans une thématique proche avec le moins réussi mais néanmoins intéressant Lovely bones.

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02.05.16

01:11:10, Catégories: Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Après le massacre de sa famille par la mafia, l’ancien policier Frank Castle, laissé pour mort, devient le bras armé d'une vengeance expéditive et impitoyable. Traquant et éliminant sans pitié les criminels, il est le Punisher...

Mon avis :

Jusque-là, en DVD, seule une édition d’une qualité assez déplorable et devenue de plus difficilement trouvable et du coup forcément hors de prix, en provenance apparemment de Belgique, proposait "The Punisher" version 1989 avec la version française. Pourtant s’il est loin d’être un chef d’œuvre, le film de Mark Goldblatt ("Flic ou Zombie") a au fil des années acquis le statut de film culte pour toute une génération de cinéphiles et cette réédition chez The Ecstasy of Films était donc fortement attendue par les amateurs de films de genre, d’autant plus qu’en plus d’une édition simple proposant la version cinéma du film, le jeune éditeur indépendant nous offre deux éditions limitées (une édition DVD triple et une édition Blu-ray) comprenant en supplément les versions Director’s cut et Workprint… L’attente aura été longue, mais nous voilà gâtés!

Avec "The Punisher", Mark Goldblatt, connu notamment pour son travail de monteur auprès de réalisateurs tel que Joe Dante, Paul Verhoeven ou encore James Cameron, a voulu livrer sa propre vision de ce héros atypique très éloigné des héros habituellement créés par la société Marvel Comics, un « superhéros » vengeur à l’univers extrêmement sombre, ne possédant en effet pas de supers pouvoirs contrairement à la plupart des autres héros de la firme américaine (Enfin, il a tout de même une faculté assez surprenante dans le film à se sortir d’explosions pour le moins impressionnantes et cela sans la moindre égratignure!).

Ce héros, c’est Frank Castle, interprété ici par un Dolph Lundgren ("Rocky 4", "Les Maîtres de l'univers", "Dark Angel", "Dans les griffes du Dragon rouge", "Universal Soldier") ayant teint ses cheveux en brun pour les besoins de ce rôle, celui d’un ancien flic décidé à éliminer tous les mafieux de la ville après les meurtres de sa femme et de ses deux filles. Si les fans de la bande dessinée pourront être déçus que leur vengeur préféré ne porte pas son tee-shirt emblématique orné de sa mythique tête de mort, il faut reconnaître que sa tenue dans le film apporte malgré tout un réalisme supplémentaire au personnage.

Et puis, ce personnage qui se terre dans les égouts, conserve tout de même une bonne partie de ses spécificités, se déplaçant notamment toujours à moto, toujours lourdement armé et on retrouve quand même la tête de mort au bout du manche de ses couteaux avec lesquels il signe ses méfaits. Certains reprochèrent également à Dolph Lundgren son manque d’expressivité, alors que justement son côté froid, voir glacial, colle à mon avis parfaitement à ce personnage ayant perdu tout goût de vivre.

Il faut reconnaître que l’acteur en impose, car c’est tout de même un bien joli bébé! 1 m 96 et une musculature impressionnante, il faut dire! On pourra enfin être un peu déçu que le film ne soit pas plus violent à l’image de la bande dessinée, mais Mark Goldblatt signe quand même avec ce film une série B d’action bien musclée, comme on les aime, avec des méchants bien méchants et des personnages hauts en couleurs et charismatiques.

Parmi eux, Jeroen Krabbé ("Tuer n'est pas jouer", "Le Fugitif", "Farinelli", "Ludwig van B.", "Le Transporteur 3"), dans le rôle de Gianni Franco, incarne un parfait mafieux, alors que Louis Gossett Jr. ("Les Grands Fonds", "Officier et gentleman", "Aigle de fer", "La Nuit du défi", "Blue Chips"), dans le rôle de Jake Berkowitz, campe quant à lui un co-équipier très charismatique et fort en gueule.

Kim Miyori ("Le flic de San Francisco", "The Grudge 2"), qui joue le rôle de Lady Tanaka, une chef Yakuza, sera également très convaincante ; le genre de bonne femme sur laquelle on n'a réellement pas envie de tomber! La bonne idée sera de l’avoir fait secondée par sa fille (Pas pour de vrai, dans le film! Je précise quand même!), une jeune femme muette, très jolie, experte en arts martiaux et particulièrement sadique, interprétée par une certaine Zoshka Mizak.

En revanche, Nancy Everhard ("48 heures de plus", "La voix du silence", "Le Retour des Incorruptibles"), qui a connu une carrière essentiellement à la télévision, paraît bien transparente dans le rôle de la nouvelle co-équipière de l'inspecteur Jake Berkowitz et sera assurément l’un des points faibles du film.

Si dans sa version Unrated, le film comportera un peu plus de violence et de sang que dans la version cinéma et sera donc la version à privilégier, la version Workprint apportera quant à elle un début inédit pas inintéressant nous montrant la complicité qu’il existait entre Castle et son co-équipier (On pensera d’ailleurs pas mal à "L’Arme Fatale" et tout particulièrement au duo Martin Riggs/Roger Murtaugh!) lorsqu’ils faisaient équipe et on en apprendra plus également sur Dino Moretti, interprété par Bryan Marshall ("L'espion qui m'aimait", "Hot Target"), le gangster libéré au début du film. Une version à découvrir également, ce qui est donc possible grâce aux deux éditions limitées...

Cette version du Punisher est incontestablement supérieure à la version de Jonathan Hensleigh avec Thomas Jane et John Travolta et mérite vraiment d’être redécouverte. Et puis, cela peut être une bonne mise en bouche avant la série annoncée par Netflix!

Après une piètre édition DVD sortie il y a quelques années en Belgique contenant le film au format 1.85:1 4/3 avec une unique piste française également de mauvaise qualité, en fait tout juste digne d’une VHS, "The Punisher" est enfin ressorti le 22 janvier 2016 chez The Ecstasy of Films dans une édition DVD simple avec jaquette réversible contenant la version cinéma du film, dans une édition triple DVD digipack quatre volets avec fourreau et livret de 24 pages, limitée à 1000 copies contenant en plus les versions Director’s cut et Workprint et dans une édition Blu-ray digipack trois volets, déjà épuisée (Eh oui, il fallait être rapide!), avec fourreau et livret de 24 pages, également limitée à 1000 exemplaires, contenant aussi les trois versions du film. Les versions DVD nous propose le film au format 1.85:1 16/9ème compatible 4/3 avec pour la version cinéma des pistes audio française stéréo et anglaise mono et sous-titres français amovibles, pour la version Uncut des pistes audio française et anglaise stéréo avec sous-titres français amovibles et pour la version Workprint la version anglaise mono avec sous-titres français amovibles.

L'édition Blu-ray contient quant à elle le film au format 1.85:1 16/9ème avec un encodage de 1080p HD - MPEG4 AVC - 23,976FPS pour les versions ciné et Uncut et des pistes audio française et anglaise dts-HD stéréo et mono avec sous-titres amovibles pour la version ciné et française et anglaise dts-HD stéréo et Dolby Surround et sous-titres français amovibles pour la version Uncut et pour la version Workprint la piste anglaise mono avec sous-titres amovibles. Au niveau des bonus, l'édition DVD simple contient un entretien exclusif avec Mark Goldblatt (15'57"), les coulisses du tournage (5'56"), une galerie d'images animée, les teasers et bandes annonces françaises et américaines, deux bandes annonces vidéos, la bande annonce japonaise et les bandes annonces des titres sortis chez l'éditeur (19'40"). L'édition triple reprend quant à elle le DVD simple et contient en plus deux DVD, l'un comprenant la version Uncut dont le disque est dépourvu de bonus et l'autre comprenant la version Workprint. Le Blu-ray, quant à lui, reprend l'intégralité du contenu de l'édition triple sur un seul disque.


Petit comparatif entre l'édition douteuse belge et celle de The Ecstasy of Films pour ceux qui seraient tentés:

Punisher - Edition limitée / 3 DVD

Punisher - Edition limitée / 3 DVD
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Punisher (Blu-ray) - Edition limitée

Punisher (Blu-ray) -  Edition limitée
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Punisher - Edition belge

Punisher - Edition belge
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18.04.16

04:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Brooklyn
Réalisateur : John Crowley
Année : 2016
Origine : Irlande
Durée : 1h53
Avec : Saoirse Ronan, Emory Cohen, Domhnall Gleeson, etc.

Par Nicofeel

Brooklyn nous replonge dans les années 50 avec une jeune femme, Eilis Lacey (Saoirse Ronan), quittant son Irlande natale pour rejoindre les États-Unis. S'il s'agit d'une histoire romancée, on sent tout de même que le réalisateur John Crowley, lui-même Irlandais, a cherché à donner une certaine authenticité à son intrigue.
Eilis Lacey provient d'un milieu pauvre en Irlande et est accueillie aux Etats-Unis, dans le quartier de Brooklyn (d'où le titre du film) par un prêtre Irlandais lui ayant payé le voyage, trouvé un travail sur place et même payé des cours du soir. Voilà qui aide quand on est dans une situation économique délicate.
Le réalisateur John Crowley a filmé son long métrage avec beaucoup de simplicité. Le film met l'accent sur des gens « communs » que l'on pourrait croiser dans la vie de tous les jours, et auxquels on peut facilement s'identifier. Ainsi, Eilis Lacey réside dans une pension de famille avec des jeunes femmes dans une situation proche de la sienne.
Sans avoir l'air d'y toucher, Brooklyn joue – plutôt adroitement – sur deux tableaux : la description de l'émancipation d'une femme et le mélo à l'ancienne.
Notre héroïne a beau résider dans les quartiers pauvres de New York, à savoir Brooklyn, il n'empêche qu'elle va connaître une nouvelle vie. Le cinéaste évoque, avec une certaine justesse de ton, le mal du pays que vit Eilis. C'est dur d'être exilé et de tout quitter du jour au lendemain, et cela John Crowley le décrit plutôt bien.
Mais cet élément négatif est contrebalancé par le fait qu'Eilis va avoir l'occasion de s'élever socialement. Sans que l'on puisse parler de « rêve américain », il s'agirait plus précisément d'une émancipation. Ce qui n'est pas neutre d'un point de vue sociétal pour un film censé se dérouler dans les années 50.

Les Etats-Unis deviennent l'endroit de tous les possibles avec : un nouveau métier de vendeuse, des cours du soir pour préparer une reconversion en expert-comptable, des loisirs nouveaux (bals, sorties sur la plage avec des bikinis très tendance) et, comme on peut s'en douter pour ce genre de film... un petit ami.
Brooklyn offre au spectateur un mélo, pouvant faire penser à du Douglas Sirk, tant cette histoire d'amour est romanesque à souhait mais compliquée. En effet, Eilis est tiraillée entre les Etats-Unis et l'Irlande. Elle doit faire des choix. On assiste à un film romanesque, sentimental, où la figure féminine est au centre de toutes les convoitises. Le choix est d'autant plus cornélien que les postulants disposent de qualités humaines réelles.
Même si l'intrigue peut sembler au départ assez prévisible, John Crowley entretient un certain suspense (qui ne sera évidemment pas dévoilé dans cette critique!) jusqu'au bout, révélateur des doutes et errements amoureux d'Eilis.
Mais Brooklyn ne se contente pas de jouer la carte du mélo « old school ». C'est aussi un film qui s'interroge sur la question des migrants, sujet brûlant à notre époque. Le fil évoque une migration très différente que celle que l'on connaît à l'heure actuelle : notre héroïne a choisi de partir de son pays en vue d'un futur meilleur, elle a été accueillie les bras ouverts aux Etats-Unis au sein d'une communauté d'Irlandais (d'ailleurs au passage il est notable que Saoirse Ronan est Irlandaise), elle connaît la langue d'adoption de son pays et bénéficie dès le départ d'un travail. Voilà autant de facteurs qui participent à une intégration réussie. C'est très différent de l'immigration humanitaire qui a lieu en Europe en ce moment.
Film plaisant à regarder, Brooklyn doit pour beaucoup sa réussite à son actrice principale, Saoirse Ronan. Cette jeune actrice Irlandaise, remarquée dans le thriller fantastique Lovely bones, fait preuve d'une justesse de ton, d'une sensibilité et d'une simplicité remarquables. Elle fait corps avec son personnage d'Eilis Lacey. Les deux acteurs qui gravitent autour d'elle dans le film, l'Irlandais Domhnall Gleeson (vu dans l'excellente comédie romantique Il était temps) et l'Américain Emory Cohen, disposent de rôles moins marquants, même si leur jeu n'est pas à mettre en cause.
Au final, Brooklyn apparaît comme un solide mélo à l'ancienne, qui devrait plaire aux amateurs du genre.

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11.04.16

06:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Médecin de campagne
Réalisateur : Thomas Lilti
Année : 2016
Origine : France
Durée : 1h42
Avec : François Cluzet (Jean-Pierre Werner), Marianne Denicourt (Nathalie Delezia), etc.
Par Nicofeel

Le réalisateur Thomas Lilti s’était fait remarquer en 2014 du grand public pour son film Hippocrate, se déroulant dans le milieu hospitalier. Avec Médecin de campagne, il récidive dans la même veine, avec un film qui rappelle par bien des aspects l’excellent La maladie de Sachs (1999) de Michel Deville.

Dans Médecin de campagne, on suit le quotidien d’un médecin, Jean-Pierre Werner, qui officie à la campagne. Ce médecin apparaît comme quelqu’un d’humaniste, de sensible, ne comptant pas ses heures car il est avant tout dans l’idée d’aider et d’écouter ses patients. Lors de ses visites, on a le sentiment d’assister à un documentaire, tant les acteurs vivent ces scènes.

L’acteur François Cluzet incarne avec tellement de passion et de naturel le personnage de Werner, que l'on a l’impression qu’ils forment une seule et même personne.

Le réalisateur Thomas Lilti, lui-même ancien médecin, s’est sans doute servi de son expérience, pour mettre en scène des personnages plus vrais que nature.

Sans avoir l’air d’y toucher, le jeune cinéaste oppose les médecins ruraux à leurs confrères citadins. Dans la plupart des cas, dans les territoires urbains, les malades ne sont pour leurs médecins qu’un numéro parmi d’autres, et la consultation a lieu à vitesse grand V. Pas de temps à perdre pour ces médecins qui sont dans la logique du chiffre. A l’inverse, Werner est présenté comme un homme se souciant du devenir de ses patients. C’est ainsi qu’il refuse de laisser un vieil homme, monsieur Sorlin – une des figures marquantes de ce film – finir ses vieux jours à l’hôpital, seul et sans aucun soutien affectif. Werner répond également toujours présent quand on a besoin de lui, y compris la nuit.

Médecin de campagne ne se limite pas à décrire le quotidien d’un médecin investi, travaillant en zone rurale. Ce film donne aussi l’occasion à Thomas Lilti d’évoquer plusieurs thématiques actuelles, en lien avec le milieu médical. Très au fait de son sujet, il aborde de front des questions essentielles de notre société. La dépendance des personnes âgées – et la difficulté de mettre en place une hospitalisation à domicile, quand elle est nécessaire – ; la désertification médicale dans les territoires ruraux avec la solution des maisons de santé (encore faut-il parvenir à attirer des professionnels de santé dans ces maisons), sont autant de thèmes traités avec justesse.

Et puis comme dans son précédent long métrage, Hippocrate, Thomas Lilti place la transmission du savoir comme un élément essentiel dans la vie du médecin.

C’est ainsi que Nathalie Delezia (interprétée par une excellente Marianne Denicourt), néo-médecin (auparavant infirmière), va apprendre dans la pratique son métier en épaulant Werner. La relation entre ces deux personnages est intéressante, car elle est faite d’échanges et de conflits constructifs. On comprend aisément qu’il ne suffit pas de connaître la médecine pour être un bon médecin. Il est nécessaire d’observer les patients, de les écouter et de leur proposer au final le choix le plus pertinent. Le médecin ne peut pas se contenter d’être le professionnel, au-dessus de la mêlée. Il doit faire preuve d’empathie et de compréhension. C’est une véritable leçon de vie qu’inculque Werner à Delezia.

En fréquentant Werner et en appliquant son système de pensée, Delezia diagnostique des choses jamais vues jusque-là sur certains patients. Elle va par ailleurs jusqu’à apporter des conseils pertinents auprès d’une jeune femme perdue.

Dans Médecin de campagne, le médecin n’est pas seulement un médecin. C’est tout à la fois un conseiller, une assistante sociale, une personne apportant du réconfort. Tout le film transpire d’un humanisme qui fait plaisir à regarder.

Saluons l’ensemble de la distribution, qui est remarquable dans Médecin de campagne. Tant le duo François Cluzet – Marianne Denicourt que l’ensemble des seconds rôles sont à saluer, par leur jeu naturel et empreint de sensibilité.

Voilà autant de raisons justifiant de se rendre dans les salles obscures pour regarder ce Médecin de campagne. Thomas Lilti, un cinéaste à suivre de près.

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