28.04.15

07:11:30, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Chappie

Réalisateur : Neil Blomkamp

Année : 2015

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h54

Avec
: Dev Patel (Deon), Hugh Jackman (Vincent), Sigourney Weaver (Michelle Bradley), etc.

Par Nicofeel

Neil Blomkamp est un jeune réalisateur sud-africain, auteur du prometteur District 9 et du plus conventionnel Elysium. Chappie constitue son troisième long métrage.
On retrouve plusieurs des préoccupations de ce réalisateur, avec notamment la distinction entre les gens : l'apartheid était en toile de fond de district 9, la distinction entre riches et pauvres était vivace dans Elysium ; dans Chappie il y a à nouveau cette différence entre riches et pauvres, qui est évoquée.
Une autre thématique qui tient à cœur à Neil Blomkamp est évoquée dans Chappie, et qui rejoint pour partie ce qui vient d'être évoqué : le droit à la différence. Le fameux Chappie est à la base un robot qui a été conçu pour aider la police. Mais à partir du moment où son créateur lui injecte une puce lui permettant de penser, Chappie devient une nouvelle personne. Il est capable de penser, il a désormais même une conscience, comme un véritable être humain. Tel un enfant qui vient de naître, il ne sait pas faire la différence entre le bien et le mal, et ses actions dépendent des gens qui vont faire son éducation.
Chappie est également l'occasion d'aborder un thème essentiel de la science-fiction, à savoir l'intelligence artificielle. Évidemment, ce point a déjà été évoqué dans d'autres films comme A.I. Intelligence artificielle ou même dans des séries comme le sublime Battlestar Galactica. Chappie propose ainsi un prolongement intéressant de cette thématique, via une séquence finale particulièrement ouverte. On appréciera l'idée que l'être humain peut lui-même voir sa conscience transférée vers un ailleurs qui n'est pas organique.
Signalons également que dans ce film Neil Blomkamp critique ouvertement la position de certaines sociétés qui ne sont là pour faire que du profit. C'est le cas de l'entreprise qui commercialise ces robots, qui n'en a que faire de leur utilisation mais cherche uniquement à en vendre le plus grand nombre à l'armée. On ne doute pas que ce côté mercantile pourrait mener cette société à vendre ses robots à des personnes mal attentionnées, si elles allongeaient une somme d'argent plus importante sur la table.

Vu comme cela, Chappie pourrait donner l'impression d'être un film majeur de la science-fiction contemporaine. Malheureusement, ce long métrage est en partie troué en raison d'un ton utilisé qui n'est pas des plus fameux.
Il est fort dommage que Neil Blomkamp ait décidé que son film dispose d'un humour omniprésent, car cela annihile le côté sérieux de l'entreprise. A la rigueur, que le robot Chappie nous fasse sourire par son côté “enfant”, pourquoi pas. Mais là où on a beaucoup plus de mal, c'est par ce choix d'inscrire Chappie dans une sorte de film de djeuns. Ainsi, plusieurs des protagonistes du film sont des petites frappes, des bandits à deux sous, qui ne pensent qu'à détourner des convoyeurs de fonds ou à trouver le moindre plan qui leur permette de se faire de l'argent. L'humour qui sied à ces personnages est franchement lourdingue, et passe mal. Du coup, le film a un peu le cul entre deux chaises, avec d'un côté tout le développement lié à la conscience d'un robot qui est réussi et de l'autre les pitreries de bandits lourdauds qui font peine à voir.
Le film laisse également dubitatif devant son rapport à la violence. Quand on regarde Chappie, on a presque l'impression que c'est marrant de se battre dans la rue, de flinguer des gens notamment quand ils appartiennent à la police, et que rien n'est plus cool qu'un gangster. Ce n'était sûrement pas la volonté de Neil Blomkamp que d'arriver à un tel résultat, mais toujours est-il que cette question de la violence est très mal abordée.
Il y a un vrai déséquilibre dans le ton employé dans Chappie. On passe sans transition de scènes réussies, où l'émotion est parfois palpable à des scènes d'action ou d'humour complètement débiles.
C'est franchement dommage car il y avait moyen de mettre en scène un excellent film de science-fiction.
Au niveau de la distribution, dans le rôle du scientifique qui a créé Chappie, on retrouve Dev Patel (qui a connu son heure de gloire dans le rôle principal de Slumdog millionaire) qui est tout de même assez fade dans son jeu. L'acteur Hugh Jackman, qui constitue l'un de ses opposants dans le film, est beaucoup plus convaincant. Il dégage un vrai charisme et le côté “méchant” de son personnage ne laisse personne indifférent. A noter que Sigourney Weaver dispose également d'un petit rôle dans le film. On la retrouvera sans nul doute dans un rôle bien plus important dans le prochain long métrage de Neil Blomkamp, qui sera Alien 5, attendu par toute une cohorte de fans de la saga.
En synthèse, il convient de conclure au sujet de Chappie. Ce troisième long métrage de Neil Blomkamp laisse un goût amer dans la bouche, tant on sent que le cinéaste aurait pu faire bien mieux, s'il s'était abstenu d'un humour djeuns assez malvenu. Gageons que son prochain film, le très attendu Alien 5, relève considérablement le niveau. C'est tout le bien qu'on lui souhaite.

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21.04.15

06:56:12, Catégories: Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Alex Cutter rentre de la guerre du Vietnam sévèrement handicapé et borgne. Violent avec sa femme et alcoolique, il joue sur son infirmité pour provoquer des rixes. Quand son ami Richard Bone est témoin d’un meurtre, Alex décide de se lancer avec sa sœur malade après le criminel. Richard, quant à lui, ne souhaite pas y prendre part. Mais ils se trouvent tous les deux entrainés dans une spirale meurtrière.

Mon avis :

Après une sortie DVD, somme toute assez discrète, chez MGM en mai 2005 sous le titre "La Blessure", "Cutter's Way" refait surface grâce à Carlotta et Sidonis Calysta dans une édition restaurée enfin à la hauteur de ce film bien trop méconnu d'Ivan Passer et qui plus est, en DVD et en Blu-ray...

Malgré le fait que j'ai toujours été un amateur de films noirs des années 80 (Nombre d'entre eux ont en effet bercé mon adolescence!), j'étais pourtant jusque là passé complètement à côté de ce "Cutter's Way", peut-être justement car il date du tout début de cette décennie et que j'étais encore un peu trop jeune.

Ce thriller noir d'Ivan Passer ("Éclairage intime", "Né pour vaincre", "Banco à Las Vegas", "Creator", "Nomad") vaut pourtant réellement le détour et le fait qu'il ne soit pas plus connu que ça, est assez incompréhensible. Mais il faut dire que "Cutter's Way" n'est pas un film noir comme les autres...

S'il est vrai qu'on retrouve bien l'ambiance typique des polars de cette époque, l'intrigue policière sera ici secondaire et passera après le portrait de cette Amérique d'après guerre du Vietnam et de ce trio de personnages paumés formé par Richard Bone, Alex Cutter et 'Mo', magnifiquement interprétés par Jeff Bridges ("Le canardeur", "King Kong", "La porte du paradis", "Tron", "Huit millions de façons de mourir", "Susie et les Baker Boys", "Blown Away", "The Big Lebowski", "True Grit"), John Heard ("La féline", "Maman, j'ai raté l'avion!", "L'éveil", "Coast Guards", "Prison Break", "Sharknado") et Lisa Eichhorn ("Yanks", "Moon 44", "La disparue", "Judas Kiss", "Le talentueux Mr. Ripley").

A travers le personnage de Cutter, Passer fait donc le portrait d'une Amérique meurtrie par la guerre et rejetant ceux qui auraient dû être normalement leurs héros. D'ailleurs comme le prouve son amitié avec son ami Bone, seuls ceux ayant vécus cette guerre se comprennent!

Malgré le fait que le film s'inspire d'un roman de Newton Thornburg, "Cutter and Bone" en l’occurrence, Ivan Passer signe en effet une œuvre très personnelle où celui-ci peut aborder les sujets qui l'intéressent vraiment, reléguant donc l'intrigue policière au second plan.

Ici, ce sont effectivement les personnages qui prennent le dessus sur l'histoire avec un John Heard absolument hallucinant en écorché vif, un Jeff Bridges, en gigolo un peu looser, également excellent et une Lisa Eichhorn, à la fois touchante et au jeu plein de sensibilité. Cette dernière, alcoolique, restant avec son compagnon colérique en grande partie par pitié, mais aussi probablement par respect, malgré le fait qu'elle aime également leur ami Richard...

Les trois personnages formeront un trio d'amis à part vivant en marge de la société! Comme pour redonner un sens à sa vie, le personnage de Cutter va s’acharner à retrouver le coupable du meurtre sordide dont son ami Bone a été en quelque sorte le seul témoin, jusqu’à un final où malgré son infirmité, il fera preuve d’héroïsme, chargeant parmi le « camp » ennemi sur un cheval blanc.

Une scène de toute beauté filmée au ralenti où Passer fait preuve de génie, montrant le désespoir de son personnage comme personne! Le cinéaste déstabilise jusqu’au bout le spectateur, n’apportant finalement que peu de réponses, contrairement à l’œuvre originale, dont le film ne s’inspire d’ailleurs qu’en partie...

Porté par la très belle musique de Jack Nitzsche ("Vol au-dessus d'un nid de coucou", "A Bout de Souffle Made in USA", "9 semaines 1/2", "Crossing Guard"), "Cutter's Way" est un thriller unique et à part, qui risque malheureusement de rester à jamais beaucoup trop confidentiel...

"Cutter's Way" avait déjà été édité en DVD par MGM le 3 mai 2005 dans une édition totalement dépourvue de bonus, proposant le film au format 1.85:1 16/9ème compatible 4/3 avec de multiples langues disponibles comme tout le temps chez l'éditeur. Cette édition disposait en effet de pistes audio anglaise, allemande, française, espagnole, italienne en Dolby Digital 2.0 mono et de sous-titres anglais, allemands, français, espagnols, italiens, néerlandais et finlandais.

Sidonis Calysta a donc ressorti le film le 3 février 2015 en DVD et Blu-ray dans des éditions beaucoup mieux loties notamment au niveau des suppléments. Le DVD propose le film au format 1.85:1 16/9ème compatible 4/3 avec pistes audio anglaise et française Dolby Digital 2.0 alors que le Blu-ray est lui au format 1.85:1 16/9ème avec une résolution de 1080 24p et contient des pistes audio anglaise et française dts-HD Master Audio 2.0. Pour ce qui est des bonus, l'éditeur nous gâte avec deux présentations de choix ; une passionnante et très instructive d'Ivan Passer d'une durée de 36 minutes et une passionnante de Bertrand Tavernier d'une durée de 25 minutes. Chapeau Sidonis!

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La blessure

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Cutter's Way (La Blessure) - Edition belge

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20.04.15

08:54:22, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

A Rome, une organisation mafieuse dirigée par Rudy le marseillais rackette les commerçants avec une violence inouïe. Chargé de l’enquête, l’inspecteur Nico Palmieri manque de se faire tuer et fait un bref séjour à l’hôpital. Il décide alors de combattre cette bande criminelle par tous les moyens. Avec l’aide de citoyens, il forme une milice armée qui entreprend de nettoyer la ville par la violence.

Mon avis :

On ne peut pas dire que l'on soit particulièrement gâté en France en matière de Poliziottesco, surtout depuis la disparition de Neo Publishing... Curieusement et malgré leurs qualités évidentes, ces polars souvent ultra violents essentiellement tournés durant les années 70 et débuts 80, n'ont jamais eu trop la cote chez nous. Pourtant nombre de ces néo-polars italiens mériteraient une sortie française et il serait temps qu'un éditeur français s'inspire du catalogue de l'éditeur italien Raro Video pour nous sortir quelques pépites méconnues du public français. Encore faudrait-il que les ventes suivent me direz-vous? En tous cas, l'accueil réservé à l'édition collector de "La guerre des gangs" sorti chez The Ecstasy of Films, il y a bientôt deux ans, était assez encourageant...

Avec "Big Racket", Artus Films nous offre un autre film avec en vedette principale Fabio Testi ("La mort sonne toujours deux fois", "Django et Sartana", "Le Tueur", "L'important c'est d'aimer", "4 de l'apocalypse") et pas des moindres. En effet, ce polar signé Enzo G. Castellari ("Keoma", "Action immédiate", "The Inglorious Bastards", "La mort au large", "Les guerriers du Bronx", "Les nouveaux barbares"), vaut vraiment le détour.

Le réalisateur nous livre un film tenant parfaitement la route, au scénario simple, mais solide et ne nous laissant surtout aucun moment de répit niveau action. Et ça commence d'emblée, dès le générique, où l'on découvre une bande de vandales s'en prenant à des magasins. Rapidement l'on découvre qu'il s'agit d'une bande de racketteurs agissant en toute impunité à la vue des autorités.

Heureusement (ou pas!) pour les pauvres victimes de cet odieux chantage, l'inspecteur Nico Palmieri, joué donc par Fabio Testi, aidé de son coéquipier Velasci, interprété par Salvatore Borghese ("Le corsaire noir", "La grande débandade", "L'ombre d'un tueur", "Pair et impair"), va déclarer la guerre à ces malfrats agissant pour le compte d'un certain Rudy dit le « Marseillais », joué par Joshua Sinclair ("L'assassinat de Trotsky", "Keoma", "Les guerriers du Bronx")...

On retrouve dans "Big Racket", une bonne partie du casting de "Keoma", que le réalisateur tourna d'ailleurs la même année, puisqu'en plus de Joshua Sinclair, on retrouve en effet Orso Maria Guerrini ("Laure", "Mort à Palerme", "Double Team", "La mémoire dans la peau") et Antonio Marsina ("Section de choc", "La montagne du dieu cannibale", "Meurtre au Vatican").

Le casting du film est d'ailleurs pour beaucoup dans la réussite de celui-ci. On notera notamment les excellentes performances de Renzo Palmer ("Danger: Diabolik!", "Histoires extraordinaires", "Sur ordres du Führer"), très bon dans le rôle de Giulti, un restaurateur ne cédant pas au chantage et qui va le payer très cher, de Vincent Gardenia ("Un justicier dans la ville", "Le ciel peut attendre", "La petite boutique des horreurs", "Éclair de lune"), dans le rôle de Pepe, un gentil malfrat ne supportant pas les armes, et apportant un peu d'humour au film ou encore de Glauco Onorato ("Les trois visages de la peur", "Les aventures extraordinaires du baron von Trenck", "La cage aux folles II") dans le rôle de Mazzarelli, un patron de boîte de nuit, trafiquant de drogue...

Comme la plus part des Poliziottesci, le film de Castellari est très violent, souvent sanglant, avec des viols assez sordides. Le film étant présenté ici dans sa version intégrale, les scènes de viols et de nudité apparaissent bien, alors que celles-ci avaient été censurées à l’époque dans la version française d'origine, ce qui explique pourquoi on a le droit à quelques passages non doublés.

Par certains côtés le film fait pas mal penser à "Sudden Impact", notamment par la présence d'une méchante particulièrement sadique faisant partie de la bande, interprétée par Marcella Michelangeli ("Et le vent apporta la violence", "Arizona se déchaîne", "Nous nous sommes tant aimés!").

On peut d'ailleurs se poser la question si Clint Eastwood n'aurait pas été influencé par Castellari pour son film, ce qui est ma foi de bonne guerre, car par son côté expéditif, le personnage incarné par Testi fait quand même pas mal penser au personnage de l'inspecteur Harry Callahan dans "L'inspecteur Harry" ou encore à celui de Paul Kersey dans "Un justicier dans la ville"...

Portée par une musique Rock Psychédélique, la mise en scène de Castellari est diablement efficace, même si elle est très stylisée, avec notamment des ralentis parfois incroyables comme par exemple lors de la chute de l'inspecteur Nico Palmieri à l'intérieur de sa voiture poussée par les malfrats.

Grâce notamment à ses nombreuses qualités, le film n’a pas pris une ride, même si les effets spéciaux seront bien entendus quelque peu rudimentaires... Bon, bien entendu, comme dans tous Vigilante Movie et Rape & Revenge, deux styles dont ce Poliziottesco est proche, la morale est forcément assez douteuse, mais franchement, on s’en fout! Les méchants payent et c’est tout ce qui compte...


Au final, "Big Racket" est un polar nerveux, excessif et ne faisant jamais dans la demi-mesure. Cela demeure d’ailleurs l’un des meilleurs films d’Enzo G. Castellari, avec bien entendu son "Keoma" et donc un film que tout amateur de Poliziottesci se doit impérativement d’avoir vu et bien sûr de posséder...

"Big Racket" sort officiellement en DVD dans le commerce (...mais est déjà disponible chez l'éditeur et dans certaines boutiques spécialisées) le 5 mai 2015 chez Artus Films dans une très jolie édition digipack slim, au format 1.85:1 16/9ème compatible 4/3 avec pistes audio française et italienne Dolby Digital 2.0 et sous-titres français. Comme à son habitude, l'éditeur nous propose des bonus exclusifs avec une présentation du film d’une durée de 35 minutes intitulée "De la grande violence" par le dessinateur de BD, Curd Ridel, grand amateur de cinéma italien, un diaporama d'affiches et de photos et des bandes annonces de l’éditeur, dont celle du film.

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16.04.15

05:38:48, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Avril 1973, Georges Pompidou rencontre Richard Nixon, Président des États-Unis, en Islande pour discuter des décisions monétaires à prendre. Sur les images de cette entrevue, le Président de la République française a le visage gonflé. Aussitôt, les rumeurs sur son état de santé vont bon train. Malgré les évidences, les déclarations officielles font état de simples grippes. Tout va bien! Mais en fait Georges Pompidou est gravement malade et se sait condamné. Pourtant le secret est bien gardé autour de la maladie du Président et les Français n’apprennent la nouvelle de sa mort que par une brève annonce qui défile au cours de l’émission des « Dossiers de l’écran » du 2 avril 1974. Cela fait presque deux ans déjà que dans les coulisses le problème de sa succession en vue des prochaines élections présidentielles est âprement discuté. Et c’est en fait un véritable combat qui oppose les « Gaullistes historiques », partisans de Chaban-Delmas et autres Républicains indépendants pour s’assurer la victoire face à un Parti Socialiste en plein essor.

Mon avis :

Parfois la télévision française nous réserve de bonnes surprises, notamment des téléfilms de qualité comme cela fût le cas l'année dernière avec "Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils" de Pierre Aknine. C'est justement deux téléfilms de ce réalisateur qu'Elephant films nous propose avec "Mort d'un président" d'une part et "Crime d'état" d'autre part...

Auréolé du prix du meilleur scénario au Festival du film de télévision de Luchon en 2011, "Mort d'un président" retrace les derniers mois de la vie du président Georges Pompidou. Des mois, où se sachant condamné il va faire en fonction de cacher la vérité pour pouvoir continuer à exercer et surtout pouvoir aller au bout des projets qui lui tenaient à cœur, réfutant ainsi les rumeurs qui allaient bon train sur son état de santé depuis son apparition en avril 1973 en Islande en compagnie de Richard Nixon...

Durant cette période, Pierre Juillet, ici joué par André Marcon ("Requiem", "Le pornographe", "Peau d'ange", "Les brigades du Tigre") et Marie-France Garaud, interprétée par Florence Muller ("Bienvenue au gîte", "Les parrains", "Pars vite et reviens tard", "Safari"), chargés de mission auprès du président, manigancèrent pour écarter Jacques Chaban-Delmas de la succession à la présidence, car ils le jugeaient trop à gauche.

D'autre part, les deux conseillers prirent sous leur aile Jacques Chirac, qu'ils jugeaient dynamique, charismatique et surtout malléable... Au final, ils eurent un rôle dans le choix de Valéry Giscard d'Estaing à la présidence et bien entendu dans le choix de leur petit protégé tout d'abord en premier ministre, puis plus tard comme président du RPR.

A priori, cette période n'est pas forcément la plus palpitante et ne passionne probablement que peu de monde, pourtant Pierre Aknine ("Jean Moulin, une affaire française", "D'Artagnan et les trois mousquetaires", "Ali Baba et les 40 voleurs") arrive à nous captiver grâce notamment à une mise en scène étonnamment très dynamique pour un film sans action.

Le casting est plutôt bien choisi également, avec notamment dans le rôle de Georges Pompidou, un Jean-François Balmer ("Peur sur la ville", "La menace", "Flic ou voyou", "Celles qui aimaient Richard Wagner") tout à fait convaincant, de même que Samuel Labarthe ("La Bûche", "Sagan", "La Conquête") excellent dans celui de Chirac, contribuant ainsi à la réussite du film...

On remarquera également la belle prestation de Evelyne Buyle (Filles perdues, cheveux gras", "Irène", "Benoît Brisefer: Les taxis rouges"), dans le rôle de la première dame, un rôle qui lui collera très certainement à la peau puisque deux ans plus tard elle endossera à nouveau le costume de Claude Pompidou dans "La rupture" de Laurent Heynemann.

On pourra par contre reprocher la quasi transparence de Xavier De Guillebon ("La chambre des officiers", "L'auberge espagnole", "Quelqu'un de bien", "Le coût de la vie"), ici dans le rôle de Valéry Giscard d'Estaing, comme si le réalisateur avait voulu donner plus de poids à son personnage qu’à son successeur...

"Mort d'un président" est donc un téléfilm de bonne facture, qui passionnera probablement les personnes s’intéressant à la politique, mais pas seulement...

"Mort d'un président" est sorti en DVD le 4 février 2015 chez Elephant Films dans une édition proposant le film au format 1.85:1 16/9ème compatible 4/3 et piste audio française Dolby Digital 2.0. Les bonus de cette édition se composent d'une galerie de photos et de bandes annonces de l'éditeur.

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15.04.15

05:48:16, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Seth et Richie Gecko sont recherchés par le FBI et les Texas Rangers, suite à un hold-up qui a mal tourné. En route pour le Mexique, les deux frères prennent la famille d'un pasteur en otage pour traverser la frontière. La situation dégénère lorsque le petit groupe fait une halte dans un club de strip-tease fréquenté par des vampires.

Mon avis :

Dix-huit ans après le film, voici le retour des frères Gecko! Robert Rodriguez ("Desperado", "The Faculty", "Sin City", "Planète Terreur", "Machete") réadapte son film culte de vampires cette fois en série...


Cette première saison de "From Dusk Till Dawn: The Series" compte 10 épisodes de 46 minutes, reprenant en grande partie l’esprit du film original, mais en développant beaucoup plus les personnages grâce à des flashbacks et en y incorporant du fantastique dès le départ. Après une courte introduction se passant à l’époque des Aztèques, le premier épisode pilote, réalisé par Robert Rodriguez en personne, nous plonge directement en plein braquage d’une épicerie où l’on découvre en premier lieu les personnages des deux Texas Rangers, le Shérif Earl McGraw et son adjoint Freddie Gonzalez, respectivement joués par un Don Johnson ("Deux flics à Miami", "Hot Spot", "Harley Davidson et l'homme aux santiags", "Nash Bridges", "Django Unchained") n'ayant rien perdu de son charisme (...et probablement de son charme pour les femmes, même s'il a évidemment pris un sérieux coup de vieux depuis l'époque où il interprétait James Crockett!) et par Jesse Garcia ("Echo Park, L.A.", "Terminator: Les chroniques de Sarah Connor", "Sons of Anarchy", "Jarhead 2").

Puis, cela sera au tour des frères Gecko, Seth et Richie, joués par D.J. Cotrona ("Venom", "Cher John", "G.I. Joe: Conspiration") et Zane Holtz ("Percy Jackson: Le voleur de foudre", "Vampires Suck", "Championnes à tout prix", "Le monde de Charlie"). Comme dans le film, le personnage de Richie est incontrôlable et bien barge, peut-être même un peu plus que le personnage de Richard joué par Quentin Tarantino. Le personnage de Seth aura quant à lui les mêmes tatouages que ceux qu’arborait George Clooney, mais ceux-ci seront ici moins mis en valeur.

On fera également connaissance avec le personnage de Carlos, interprété par Wilmer Valderrama ("Hot Summer", "70s show", "Awake") et pour lequel les deux frères semblent travailler. L'épisode nous met bien dans le bain, avec son lot de surprises et de rebondissements et un gun fight final bien sympathique, qui font qu'on sera immédiatement accros! On notera parmi les acteurs présents dans l'épisode, la présence de Lane Garrison ("Prison Break", "Shooter, tireur d'élite", "Crazy") dans le rôle de Pete, l'épicier et bien entendu de Eiza González ("Casi treinta"), dans le rôle de Santánico Pandemonium, qui apparaîtra donc dès l'épisode pilote et dont la plastique ne pourra pas laisser indifférent, même si elle n’arrivera pas à la cheville de Salma Hayek (Mais qui pourrait y arriver?)...

Le deuxième épisode, intitulé "Frères de sang" et toujours réalisé par Robert Rodriguez, se concentre lui essentiellement autour du braquage de la banque, même si on fera également connaissance avec la famille du pasteur Jacob Fuller, interprété par Robert Patrick ("Terminator 2 - Le jugement dernier", "Copland", "The Faculty", "Walk the Line", "The unit - Commando d'élite"). Arpentant les routes dans son camping-car en compagnie de sa fille Kate, jouée par Madison Davenport ("Possédée", "Noé") et de son fils adoptif Scott, joué par Brandon Soo Hoo ("Tonnerre sous les tropiques", "G.I. Joe - Le réveil du Cobra", "La stratégie Ender"), on devine immédiatement que leur route va croiser celle des deux frangins... Un deuxième épisode, toujours bien rythmé, avec de l'action juste ce qui faut et une touche de fantastique qui se fait un peu plus présente. Carlos commence en effet à montrer des crocs!

Le troisième épisode, intitulé "La Maîtresse", est lui réalisé par Eduardo Sánchez ("Le projet Blair Witch", "Altered", "Lovely Molly", "Exists") et tourne autour de la fuite des deux frères qui ont pris en otage, la jolie Monica Garza, découverte dan l'épisode précédent et jouée par Samantha Esteban ("Sauvés par le gong: la nouvelle classe", "Training Day", "Bad Times") et leur arrivée au motel. On fait également la connaissance avec le personnage de Vanessa Styles, la petite amie de Seth, jouée par la splendide Adrianne Palicki ("Supernatural", "Légion - L'Armée des anges", "G.I. Joe: Conspiration", "John Wick"). Le réalisateur semble en tous cas s'être plié au style de Rodriguez, car il n'y a aucune différence avec la mise en scène du créateur de la série...

Le quatrième épisode, intitulé "La Fuite", mis en scène une nouvelle fois par Rodriguez, est essentiellement centré autour de la rencontre entre les deux frères et la famille Fuller. Un épisode sous haute tension se terminant par la fuite vers le Mexique de tout ce petit monde. L'épisode suivant, intitulé "À la frontière", est cette fois réalisé par Joe Menendez ("Un voleur qui vole un voleur", "Quiero ser fiel") et se passe essentiellement au poste frontière. Un cinquième épisode qui maintient toujours en haleine et se clôturant par l'arrivée au fameux Titty Twister... Là, les fans du film culte, savent que les choses vont se gâter et qu'on rentre enfin réellement dans le vif du sujet. Toutefois, on peut alors se demander comment Robert Rodriguez va faire pour faire durer l'intrigue durant cinq autres épisodes!

Avec "Place des routes abandonnées", réalisé par Dwight H. Little ("Halloween 4", "Désigné pour mourir", "Rapid Fire", "Meurtre à la Maison-Blanche"), on entre enfin dans le Titty Twister, ce lieu magique, fantasme absolu et lieu de débauche où tout homme normal (Je veux dire comme moi!) aimerait finir ses jours. Ce sixième épisode offre son lot de bagarres et enfin, du vrai gore, composant indispensable d'"Une nuit en enfer"! On découvre le visage de « Sex Machine », joué ici par Jake Busey ("Fantômes contre fantômes", "Starship Troopers", "Lost Junction", "Identity"), qui n’aura malheureusement pas le charisme d’un Tom Savini. Enfin, on appréciera d’entendre, tout au long de l’épisode, jouer l’excellent groupe Chingón, groupe que Robert Rodriguez a créé avec le groupe de Rock mexicain Del Castillo.

Avec "Pandemonium", le septième épisode de nouveau réalisé par Robert Rodriguez, les vampires passent à l'action s'en prenant au petit groupe formé par les frangins Gecko, la famille Fuller, le professeur Aiden Tanner alias Sex machine et quelques autres qui vont bien évidemment y passer! Bon, autant vous prévenir, l'hémoglobine va cette fois couler à flots! L'épisode est certes assez bourrin comme on pouvait s'en douter, mais nous réserve tout de même quelques surprises, nous poussant irrémédiablement à lancer à la suite l'épisode suivant...

Dans "La Conquista", le huitième épisode, réalisé cette fois par Fede Alvarez ("Evil Dead"), l'action sera un peu moins présente ; on pourra même reprocher une petite baisse de rythme et une intrigue moins palpitante, même si on apprendra tout de même des choses notamment concernant le passé de Carlos, mais aussi sur les vampires. Une petite baisse de régime donc arrivant comme par hasard au moment où l’intrigue s’éloigne du film original. Avec "Boxman", le neuvième épisode de cette première saison, réalisé par Nick Copus ("Les 4400", "Nikita", "Arrow"), l'intrigue se complexifie sérieusement et certains personnages sont passés du côté obscure, nous réservant ainsi quelques surprises nous tenant en haleine jusqu'à un dixième épisode tant attendu. Intitulé "Les Démons", ce dernier épisode, comme les deux précédents d'ailleurs, ne tiendra pas toutes ses promesses et clôturera cette première saison de façon correcte, mais sans atteindre l'apothéose que l'on aurait espéré... Dommage!

Malgré une fin en demi-teinte, cette première saison d'"Une nuit en enfer" s'avère être une très bonne surprise, nous laissant par contre totalement dans le flou sur ce à quoi la seconde saison devrait ressembler...

Cette première saison de "Une nuit en enfer" est sortie le 25 mars 2015 en coffrets DVD et Blu-ray chez Wild Side Vidéo. L'édition DVD nous propose la série au format 1.78:1 16/9ème compatible 4/3 avec pistes audio anglaise et française Dolby Digital 5.1, alors que la version Blu-ray est elle au format 1.78:1 16/9ème avec une résolution de 1080 24p et des pistes audio anglaise et française dts-HD Master Audio 5.1. Les bonus se composent d'un commentaire audio d'une partie de l'équipe du film sur les épisodes 1, 2, 6, 7, 8 & 10, d'un making of de 23 minutes, d'un court making of du premier jour de tournage d'une durée de 2 minutes, de divers spots promotionnels présentant les différents personnages principaux de la série d'une durée totale de 5 minutes, d'un spot promotionnel compilant les morts les plus mémorables de la série, d'un spot promo intitulé "Qu'y a-t-il dans ma mallette?", du spot TV "Big Kahuna" et de la bande annonce. Enfin sachez que la Fnac dispose d'éditions DVD et Blu-ray exclusives proposant en bonus un 4ème disque d'une durée de 34 minutes contenant une rencontre avec Robert Rodriguez et certains de ses acteurs.

Une nuit en enfer : Saison 1

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Une nuit en enfer : Saison 1 - Edition spéciale Fnac

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Une nuit en enfer : Saison 1 (Blu-ray)

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Une nuit en enfer : Saison 1 (Blu-ray) - Edition spéciale Fnac

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14.04.15

05:30:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Décembre 1937, les Japonais envahissent la Chine et massacrent tous ceux qui fuient. Au milieu de ce chaos un homme ordinaire va devenir un héros...

Mon avis :

Allez savoir pourquoi, "The Flowers of War" se voit rebaptiser "Sacrifices of War" pour sa sortie française... Mais franchement quel est l'intérêt de trouver un autre titre en anglais pour la France alors que le film est déjà connu un peu partout dans le monde sous un autre titre? Quitte à en changer, autant en trouver un en français! Non? C'est d'autant plus dommage que dans le cas présent, entre ce titre et le visuel de la jaquette, cela donne l'impression que c'est un film essentiellement destiné à un public masculin, alors que le film pourra plaire autant aux hommes qu'aux femmes...


Le réalisateur Zhang Yimou ("Épouses et concubines", "Hero", "Le secret des poignards volants", "La cité interdite") nous a habitué à signer des films esthétiquement très réussis et d'une grande sensibilité et cela sera une nouvelle fois le cas avec "The Flowers of War" qui nous arrive curieusement bien tardivement puisque le film date tout de même de 2011 et qu'il est déjà sorti depuis longtemps un peu partout dans le monde. En plus, malgré ses évidentes qualités et un budget conséquent, celui-ci nous arrive directement en vidéo... Allez comprendre!

Basé sur une nouvelle de Yan Geling ("Xiu Xiu", "Dangerous Liaisons"), "Les treize prostituées de Jinling" (Jinling étant l'ancien nom de Nankin), le film nous raconte comment John Miller, magnifiquement interprété par Christian Bale ("American Psycho", "Equilibrium", "The Machinist", "Batman Begins", "Public Enemies"), un américain venu embaumer un prête décédé, va se voir plus ou moins contraint de prendre la place du défunt pour secourir d'une part des collégiennes et d'autre part des prostituées venues se réfugier également dans la cathédrale de Winchester, toutes menacées par les troupes japonaises qui ravagent Nankin, tuant tous les chinois qui ont le malheur de croiser leur chemin et violant au passage les femmes... Charmant ces japonais!

Au départ, on découvre en John Miller, un personnage assez abject, à la fois égoïste, vénal et fortement porté sur l'alcool, puis peu à peu le personnage renaît au contact des jeunes filles, mais aussi au contact des prostituées, qui peu à peu montreront également un autre visage que celui qu'on avait découvert au début du film. Très rapidement on va éprouver de l'empathie pour tous ces personnages, mais également pour un héroïque soldat chinois qui va se sacrifier pour sauver toutes ces jeunes filles...

Zhang Yimou relate ici des faits historiques assez méconnus chez nous avec un réalisme ne nous épargnant pas, même si on est loin de découvrir ici les atrocités commises par l’Unité 1644 qui fût créée suite à la conquête de la ville, sur le même modèle que la tristement célèbre Unité 731.

Les scènes de guerre et de violence en général, même si elles ne seront pas particulièrement nombreuses, sont tout de même assez crues, mais toujours magnifiquement filmées par Zhao Xiaoding ("Le Secret des poignards volants", "Riding Alone : Pour un fils", "La Cité interdite", "Kingdom of War"), directeur de la photographie avec lequel le cinéaste a pris l'habitude de travailler depuis quelques années.

Pour son film, le réalisateur a réuni en tous cas un excellent casting, sans grosse star en dehors de Christian Bale bien entendu, qui constituera l'un des atouts évidents du film. D'ailleurs la très jolie Ni Ni ("Redemption"), dont il sera difficile de ne pas tomber sous le charme, tout comme le héros du film, tournait là son tout premier long métrage, mais rien à dire, la jeune femme fait ici preuve d’une réelle assurance comme si elle avait déjà du métier derrière elle. Pour la seconde fois, Zhang Yimou confie la musique de son film à Chen Qigang ("Sous l'aubépine"), qui signe là une très belle musique, renforçant un peu plus encore l'émotion qu'on pourra ressentir, notamment lors de cette fin particulièrement poignante qui ne laissera personne de marbre...

Pas de doute, Zhang Yimou prouve une nouvelle fois qu’il est un grand réalisateur avec ce film absolument splendide qui aurait mérité amplement autre chose qu’une simple sortie DTV... et en plus aussi tardive!

"Sacrifices of War" est sorti le 18 mars 2015 chez TF1 Vidéo en DVD et Blu-ray. Le DVD propose le film au format 2.40:1 16/9ème compatible 4/3 dans sa version originale et en version française Dolby Digital 2.0 & 5.1, alors que le Blu-ray est au format 2.40:1 16/9ème avec une résolution de 1080p AVC dans sa version originale et en version française dts-HD Master Audio 5.1. Les bonus communs aux deux éditions se composent d'un making of (93’) et d'une interview de Christian Bale et Zhang Yimou (9’).

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13.04.15

07:07:33, Catégories: Interview  

Par Flo001fg

En octobre 2013, je vous parlais de "L'eau douce qui coule dans mes veines", le second long-métrage de Maxime Kermagoret ("Destruction Massive"), un petit film indépendant en noir et blanc qui risquait de faire parler de lui en raison de ses deux scènes de sexe non simulées... Eh bien c’est chose faite, puisque le CNC a tout d’abord classé le film « tous publics », avant de se raviser suite à la demande du réalisateur et de le classer « interdit aux moins de 12 ans » ! Une décision qui pour ma part me semble à nouveau bien légère et complètement irresponsable de la part du CNC.

Bonjour Maxime! A ton avis, comment est-il possible que ton film ait pu être classé « tous publics » malgré la présence de deux scènes à caractère pornographique ?

Bonjour Florent ! Il est vrai que je suis tombé des nues à la découverte, sur le site du CNC, de la fiche du film avec la mention « tous publics ». En effet, mon film comporte comme tu le sais des scènes sexuellement explicites (même si elles n’ont rien d’excitantes). A l'époque de la première projection publique au Cinéville de Lorient, "L'eau douce qui coule dans mes veines" n’avait pas de visa d’exploitation. C'est pourquoi j’ai décidé d’interdire officieusement mon film aux moins de seize ans, une restriction correspondant à la mesure de prévention donnée en générale dans ce type de cas. D’ailleurs, le directeur du cinéma voulait s’assurer qu’aucun spectateur de moins de seize ans n’entre dans la salle, tandis que le projectionniste était plutôt favorable à une interdiction aux moins de dix-huit ans ! D'ailleurs, plusieurs spectateurs, choqués, ont quitté la salle en cours de séance... La semaine dernière, l'adjoint du chef de service du CNC m'a informé que le « tous publics » n'a jamais été une décision de la commission, juste un avis (qui n'aurait pas dû être publié sur leur site) donné par le comité de classification. Ses membres étaient partagés entre le « tous publics », « tous publics avec avertissement » et l’« interdiction aux moins de 12 ans ». Leur interrogation a permis de faire monter le film en commission plénière, qui finalement de proposé à la Ministre de la Culture une interdiction aux mineurs de moins de douze ans. Un avis que Fleur Pellerin a suivi.

L’interdiction actuelle aux moins de 12 ans te semble-t-elle donc suffisante ?

Par rapport aux décisions habituelles de la commission, leur décision d’interdire le film aux moins de douze ans me parait logique. Ce n’est pas le premier film traditionnel comportant des scènes de sexe à l’écran interdit « seulement » aux moins de douze ans en France. On peut dans ce cas citer par exemple "Serbis" de Brillante Mendoza (accompagné néanmoins d'un avertissement), "Intimité" de Patrice Chéreau et "Le diable au corps" de Marco Bellocchio (et sa fameuse fellation « politique » pratiquée par Maruschka Detmers). Je suis en tout cas moins étonné d’une interdiction aux moins de 12 ans que si la décision avait été de le classer « tous publics ». En effet, c’est le devoir du CNC de protéger les spectateurs sensibles. Pour moi, ils auraient pu et dû accompagner l'interdiction aux moins de douze ans, avec la motivation (« la présence de deux scènes réalistes de masturbation et de fellation justifie une interdiction aux mineurs de moins de douze ans »), en guise d'avertissement, par un « Certaines scènes de sexe réalistes sont de nature à choquer un jeune public ». Cependant, l’interdiction aux moins de douze ans seulement se comprend en raison de la présence de peu de scènes de sexe. La sexualité n’est pas le sujet du film, c’est juste un élément qui a sa place dans l’univers du personnage central. Malgré le climat pesant et glauque en première partie du film, qui aurait justifié une interdiction aux moins de 16 ans si cela avait continué tout le film durant, le côté cru des rares scènes de sexe est contrebalancé par un traitement lyrique et poétique dans la seconde partie, plus grand public.

"L'eau douce qui coule dans mes veines" va être projeté ce jeudi 16 avril au cinéma « Le Desperado » avec cette seule interdiction aux moins de 12 ans... N’as-tu pas peur d’avoir des plaintes de la part de personnes, qui, on ne sait jamais, pourraient venir avec leurs enfants ?

Non, pas du tout, puisque c’est la décision des membres de la commission. J'ai pris ma responsabilité en exigeant un second visionnage, afin d’éviter tout problème de ce fait. En accordant au film un visa d'exploitation, c'est eux qui fixent les jalons. Je ne suis pas responsable des conséquences de leur choix.

Et ce n’est pas les seules bourdes du CNC puisque au départ, ils s’étaient trompés dans le titre et que la durée du film est toujours erronée... On a tout de même l’impression d’un sacré manque de professionnalisme de la part du CNC, non ?

Ils ont du mal avec "L'eau douce qui coule dans mes veines" ! Pour avoir oublié à plusieurs reprises un mot du titre. En ce qui concerne la durée du film, ils m’ont expliqué qu’ils ne pouvaient pas la changer car ils recopient ce que leur cabine de projection a indiqué. Selon moi, ils l'ont calculé sur la base de 24 images/seconde (alors que je leur ai fourni une copie en 25 images/seconde...)... Je m’attendais à plus de rigueur de la part d’un organisme aussi prestigieux aux yeux d’un jeune réalisateur. Finalement, je constate que ce n’est finalement qu’une administration parmi tant d'autres !

Peux-tu nous parler de ton film ? Notamment du tournage...

C’est un film dramatique, où l'on suit une fille dépressive, polluée par un entourage superficiel, telle une amie égoïste, un amant irrespectueux. Un jour on lui propose de lire de la poésie à un homme malade. Cette rencontre humaine et sa découverte de la poésie va lui permettre de réveiller une passion enfouie en elle, puis lui ouvrir les yeux sur la nécessité de se reprendre en main. Ce n’est pas qu’un film sur la difficulté des jeunes couples à construire une relation amoureuse à deux, comme certains de mes films précédents. Au niveau de la structure, je construis habituellement mes récits à la manière d'une tragédie antique. Ce qui n'est pas le cas avec "L’eau douce qui coule dans mes veines" (même si on retrouve mes thèmes fétiches). On passe du désespoir à l’espoir, et le métrage navigue entre des aspects très crus et des aspects plus poétiques. C’est une œuvre qui joue sur les contrastes, sur le noir et le blanc. Il s'agit d'un micro-budget, mais j’ai souhaité adopter une liberté de ton qui tranche avec ce qu’on a l’habitude de trouver dans la production cinématographique. Le tournage s’est étalé sur un mois et a pour actrice principale Élodie Vagalumni. Nous avons eu 8 jours intensifs consacrés au tournage de ses scènes, dans plusieurs communes bretonnes. Les intempéries, le nombre important de scènes à tourner en huit jours, et la présence de nombreux amateurs – contrairement à l’actrice principale - avec une équipe assez réduite, a provoqué un retard important par rapport au planning attendu. Je dormais 3 heures par nuit, et à la soirée de fin de tournage, je me suis écroulé à deux reprises tant j’étais fatigué. Le tournage s’est majoritairement bien déroulé. C’était une vraie aventure humaine de travailler avec des gens issus de milieux professionnels très différents, notamment Élodie Vagalumni, bien connue à cette époque pour sa carrière dans le X. Lors de la scène clé de la voiture, il était nécessaire d’avoir une équipe très réduite. Dans une autre scène mettant en jeu ce véhicule, il a fallu de plus rester cinq heures à l’intérieur avant de pouvoir tourner, en raison de la pluie. A côté de ces quelques anecdotes, il y a eu des moments plus difficiles, tel le départ de la maquilleuse pour des raisons personnelles, ou celui de la photographe suite à un différend avec une actrice. Les quelques tensions font partie de l’aventure humaine. Ce sont les aléas du tournage d'un film indépendant ! Le principal est d’avoir terminé le film à temps.


Comment l’as-tu financé ?

En tout cas, certainement pas « avec l’aimable participation du CNC » ! Ah ah !!!
Plus sérieusement, je l’ai intégralement financé avec mes propres moyens, sans subventions particulières, d’où le faible budget dont je disposais.

Comment s’est fait le choix des comédiens et notamment d’Élodie Vagalumni ?

La plupart des comédiens sont des gens de mon entourage, en plus de certains que j’ai rencontré via internet. J’ai fait un casting sauvage sur un site de sorties afin de trouver celle qui incarnerait l'amie de l'héroïne, et j'ai dû faire face à de nombreux désistements. Ainsi que des réactions de rejets de certains lorsqu’ils ont appris que je faisais appel à un acteur et une actrice pornos. Pour l’actrice principale, je n’avais pas envie de pousser une comédienne traditionnelle à réaliser des actes susceptibles de nuire à sa carrière. De plus, je voulais que lors de ces scènes, l’actrice en question soit particulièrement à l’aise avec cela. Pour ces deux raisons, j’ai pensé à faire appel à une actrice pornographique. Élodie Vagalumni avait l’atout considérable d’avoir plusieurs années d'expérience dans le théâtre, et j’avais envie de lui proposer un contre-emploi dramatique. Très peu d’actrices pornos, comme elle ou Sibel Kekilli ("Head-On", "L'étrangère"), ont eu l’occasion de tourner dans des films purement émotionnels. Il faut dire qu'en général, on propose aux hardeuses des films d'horreurs et des teen-movies dans lesquels elles apparaissent en mode topless... Même si l’accueil des spectateurs n’est pas unanime en ce qui concerne la performance de tel acteur, tous ont admis qu’Élodie ne donne jamais l’impression de jouer comme une actrice porno.

Pourquoi ce choix du noir et blanc ? N’as-tu pas peur que cela limite le public ?

J’ai toujours fait des films en noir et blanc. En vidéo 8, c’était pour pallier à des problèmes et d'imperfections techniques, du rendu trop vidéo, mais aussi pour accentuer la noirceur du récit. Pour "L'eau douce...", il y a 3 raisons : esthétique, narrative et technique. Le noir et blanc est un matériel agréable à travailler en post-production, et je suis à l’aise avec cette technique. En ce qui concerne l’histoire du film, la trajectoire du personnage épouse les caractéristiques du noir et du blanc. Elle oscille entre les deux, et le métrage s’articule autour de ces contrastes. Le noir et blanc est donc la façon la plus logique de raconter cette histoire. Je ne crains pas que ce choix limite le public. Bien sûr, les gens à première vue ne sont pas attirés par le noir et blanc. Mais s'ils sont prêts à découvrir le film et le travail esthétique lorsqu’ils comprennent les intentions, ils saisissent l’importance qu’a le noir et le blanc pour le récit. Une fois le film terminé, les spectateurs admettent eux-mêmes qu’en couleur, cela n’aurait pas été la même chose et que l'utilisation du noir et blanc.

Avec le recul et si tu avais eu plus de moyens, que changerais-tu ?

J’aurais allongé la durée du tournage afin de respecter mon découpage technique initial. Mais cela m’a forcé à m’adapter, et à faire des choix que je suis aujourd’hui content d’avoir fait. Avec plus de moyens, j’aurais engagé plus de professionnels, évidemment, techniciens comme comédiens. Cela n’aurait pas fait le même film, et peut-être que c’est une bonne chose au final que se soit passé ainsi. Ma sincérité reste en tout cas intacte. J’ai eu cependant la volonté de montrer, par un travail sur l’image et l’utilisation de plusieurs caméras, entre autres, qu’on pouvait proposer une démarche artistique avec peu de moyens.


Quels sont autrement tes projets ? Un autre film en préparation ?

Mon projet actuel est de proposer le film à un distributeur, à la fois pour une sortie salles et une parution en DVD/VOD. Ce que je peux faire maintenant que j’ai un visa d’exploitation. En parallèle, je ne vais pas tarder à me consacrer à l’écriture d’un nouveau scénario, mais je ne préfère rien en dire pour le moment. En espérant cette fois-ci obtenir une interdiction totale aux mineurs ? Haha !!!

Merci Maxime et à très bientôt pour la projection parisienne!

Surtout n'hésitez pas à venir voir "L'eau douce qui coule dans mes veines" ce jeudi 16 avril au cinéma « Le Desperado » à Paris (23, rue des Écoles - 75005 - Paris) en présence du réalisateur et d'une partie de l'équipe du film et d'autre part à suivre l'actualité du film sur sa page Facebook!


Crédit photos : Anne-Laure Guégan

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10.04.15

06:10:01, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200


Synopsis :

A Los Angeles, un soldat mort au combat rejoint le rang des morts-vivants. Il s'associe alors à son meilleur ami dans le but de lutter contre les tueurs et les dealers de la ville - ce qui lui permettra de récupérer le sang dont il a désespérément besoin.


Mon avis :

Disponible depuis belle lurette en Angleterre chez Universal dans des éditions DVD et Blu-ray proposant, qui plus est, des sous-titres français sur le film et sur les nombreux bonus, "The Revenant" est enfin disponible chez nous chez Marco Polo Production dans des éditions certes plus light en bonus que celles de nos chers voisins, mais qui satisferont enfin les anglophobes, puisqu'un doublage français sera cette fois proposé...


Allez savoir pourquoi en franchissant nos frontières, le film a récupéré un petit « s » et se voit donc rebaptisé "The Revenants"! Datant tout de même de 2009, cette petite comédie fort sympathique avec des zombies a été réalisée par Kerry Prior, un spécialiste des effets spéciaux ayant travaillé notamment sur les "Freddy" 3 & 4, les "Phantasm" II & III, "Le Blob", "Abyss", "Air Force One" ou encore "Bubba Ho-Tep".


Le réalisateur/scénariste nous offre avec "The Revenant" une vision assez originale des zombies, puisqu'en dehors du fait qu'ils soient morts et qu'ils se décomposent, ceux-ci se comportent autrement exactement comme auparavant. Ils parlent, bougent et réfléchissent exactement comme lorsqu'ils étaient vivants... Sauf que pour ne pas trop se dégrader, ils doivent boire du sang frais un peu comme des vampires et non se nourrir de chair humaine comme la plus part des zombies que l'on peut voir habituellement. Tiens d’ailleurs, à quand des zombies végétariens? Ah, mais c’est vrai que cela existe déjà... J’allais presque oublier celui de Steve Miner dans "Le Jour des morts"!


Toujours est-il qu'on ne sait pour quelle raison, le lieutenant Bart Gregory, interprété par David Anders ("Les mangeurs d'âmes", "Vampire Diaries", "Once Upon a Time", "iZombie"), va ressortir de son cercueil alors qu'il avait été tué en Irak et rapatrié aux États-Unis. Il va alors se réfugier chez son pote Joey, joué par Chris Wylde ("Space Cowboys", "The DUFF"), en qui il a toute confiance. Un peu trop peut-être? Toujours est-il que les deux jeunes hommes vont rapidement se transformer en justiciers, profitant de l’immortalité de Bart et du fait qu’il doive se nourrir de sang humain, pour tuer de petits escrocs...


Tout comme ses deux personnages principaux, le film est très attachant et il faut admettre qu’on rigole bien durant la quasi-totalité du film, même si on notera que l’intrigue s’épuisera quelque peu sur la fin et qu’on pourra déplorer quelques baisses de régime. Le film bénéficie autrement d'une réalisation et d'une photographie particulièrement soignées lui apportant un certain cachet, malgré le fait que cela soit une petite production indépendante et bien évidemment d'effets spéciaux très convaincants. On notera également la présence d’une bonne BO et l’utilisation assez intéressante de musique classique sur la fin du film...


Il est déjà assez étonnant qu’un film aussi sympathique et amusant que "The Revenant" ait mis autant de temps à débarquer chez nous, alors ne boudons pas cette comédie horrifique qui apporte un peu de fraîcheur au genre!


"The Revenants" est sorti le 23 février 2015 chez Marco Polo Production en DVD et Blu-ray. Le DVD comporte une image au format 2.35:1 16/9ème compatible 4/3 avec pistes audio française et anglaise Dolby Digital 5.1, alors que le Blu-ray est lui au format 2.35:1 16/9ème avec une résolution de 1080p et des pistes audio française et anglaise dts-HD Master Audio 5.1. Au niveau des bonus, l'éditeur peu habitué à nous en offrir, nous propose tout de même cette fois un making of d'une durée de 13 minutes et la bande annonce, là où l'édition anglaise proposait un commentaire audio du réalisateur, un commentaire audio des acteurs, un commentaire audio de l'équipe des effets spéciaux, 12 minutes de scènes coupées en plus des bonus proposés chez nous...


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