17.12.14

07:06:07, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Le sergent Dan Madigan est un vétéran du 10ème district de Manhattan. Sa principale cible est le crime organisé. Incorruptible, expérimenté et maniant l’humour à froid avec brio, Madigan sera appelé en renfort en Europe, afin d’aider à l’arrestation de gros caïds de la pègre locale...

Mon avis :

Quatre après "Police sur la ville" de Don Siegel ("L'Invasion des profanateurs de sépultures", "L'Inspecteur Harry", "L'Évadé d'Alcatraz"), Richard Widmark ("Panique dans la rue", "Les Forbans de la nuit", "La Lance brisée", "L'Homme aux colts d'or", "Alamo", "Le Crime de l'Orient-Express") réendossait le costume du sergent-détective Madigan, ressuscité pour faire vivre cette série qui comptera en tout et pour tout, 6 épisodes de 70 minutes...

"Madigan", pourtant est une très bonne série qui aurait bien mérité de perdurer un peu plus longtemps, car les six épisodes qui la composent, sont vraiment de qualité. Dans la série, Madigan est sergent et divorcé, ce qui n'est guère étonnant puisque Inger Stevens ("Les Boucaniers", "Pendez-les haut et court") qui interprétait le rôle de son épouse dans le film, décéda en 1970.

Dès le premier épisode, "Enquête à Manhattan", on est happé, non pas par l'intrigue, somme toute très prévisible, mais par le personnage de Madigan, en particulier l'humour et la sympathie qu'il dégage et par l'approche de la série qui met ici l'accent sur sa relation avec son nouveau binôme, un jeune flic sans expérience et diplômé en psychologie, ayant une approche de son métier très différente de celle de Madigan, puisque celui-ci ne veut pas se servir de son arme... Ce dernier est ici interprété par Ronny Cox ("Délivrance", "Enfer mécanique", "Le flic de Beverly Hills", "RoboCop"), qui sera parfait dans ce rôle un peu mou du genou.

Dans les rôles des deux petits malfrats agresseurs de petites vieilles, on reconnaîtra deux gueules assez connues, Tony Lo Bianco ("Les tueurs de la lune de miel", "French Connection", "Police puissance 7", "Meurtres sous contrôle") d'une part et James Sloyan ("L'arnaque", "Xanadu") d'autre part. L'épisode se termine par une scène très amusante, particulièrement étonnante. La mise en scène d’Alex March ("Une si belle garce") est d’autre part très soignée avec quelques plans très inspirés et le rythme parfaitement géré.

Dans le deuxième épisode, "Enquête à Harlem", Madigan va enquêter sur un braquage commis dans une réception par l’un des serveurs, un jeune noir voulu juste 1000 dollars afin de libérer sous caution son frère emprisonné, seulement voilà, il est tombé sur un homme d’affaire rancunier et raciste qui va engagé un tueur pour lui faire la peau... Cette fois encore, l’intrigue sera assez classique, mais l’attitude très humaniste du sergent et le discours antiraciste de l’épisode feront que l'épisode fonctionnera tout de même assez bien.

Et puis il y aura une petite galerie de personnages intéressants interprétés par quelques acteurs parfois assez connus comme notamment Charles Durning ("Sœurs de sang", "Terreur sur la ligne", "L'Anti-gang", "Tootsie"), justement dans le rôle de Sid Balinger, l'homme d'affaires raciste. L'épisode est réalisé par Jack Smight ("747 en péril", "La bataille de Midway", "Les survivants de la fin du monde"), donc pas un inconnu et là encore, on sent un travail assez soigné.

Avec le troisième épisode également mis en scène par Jack Smight, Madigan va enfin voyager vraiment (Ce n'est quand même pas pour rien qu'Elephant films a sous-titré la série, « le policier globe-trotter »!). Dans "Enquête à Londres", il va aider Scotland Yard à coincer une bande de faux monnayeurs, qui lui avait apparemment malheureusement échappé à New-York. Là, encore, ce n'est pas l'intrigue qui fera la réussite de cet épisode, mais toujours l'humour qui s'en dégage, le rythme soutenu et sa relation avec un flic assez atypique, sorte de boulet de service qu'on lui a refilé...

Parmi le casting de cet épisode, on remarquera principalement la présence de la jolie Fiona Lewis ("Le bal des vampires", "Le retour de l'abominable Dr. Phibes", "Dracula et ses femmes vampires", "Furie", "L'aventure intérieure"), Bernard Archard ("Le village des damnés", "Macbeth", "Chacal", "Krull"), Garfield Morgan ("L'Anglais qui gravit une colline mais descendit une montagne", "28 semaines plus tard") et David Bauer ("Patton", "Les diamants sont éternels", "Road Movie"). Un casting donc une nouvelle fois assez solide entourant un Richard Widmark toujours impeccable. On pourra en revanche reprocher la vision assez caricaturale des anglais, mais bon c’est assez courant dans le cinéma américain...

Pour le quatrième épisode, notre sergent solitaire se retrouve cette fois involontairement au Portugal alors qu'il convoyait un prisonnier en Espagne. "Enquête à Lisbonne" est probablement le meilleur épisode de la série, car cette fois il repose sur un scénario nettement plus solide, tout en conservant ce qui constitue les atouts de la série.

Un épisode parfaitement mis en scène par Boris Sagal ("La stripteaseuse effarouchée", "Opération V2", "Le survivant"), parmi lequel figurent quelques acteurs relativement connus comme Peter Vaughan ("Les chiens de paille", "Bandits, bandits", "Brazil", "Les vestiges du jour") en truand cynique et malicieux, Damien Thomas ("Les sévices de Dracula", "Le message", "Sinbad et l'oeil du tigre", "La Noble maison") dans le rôle d'Eduardo, un jeune flic vivant la belle vie grâce à sa riche belle-mère ou encore Tom Adams ("La grande évasion", "Une fille nommée Fathom", "La maison qui tue", "Docteur Who") dans le rôle du détective Jaqueta et par ailleurs seul acteur à avoir joué dans deux épisodes de la série en dehors de Richard Widmark.

Direction ensuite l'Italie, avec le cinquième épisode, "Enquête à Naples", un épisode également de bonne facture mis en scène aussi par Boris Sagal où Madigan vient chercher le témoignage d'un mafieux repenti et surtout désireux de se venger et où notre sergent va donc devoir se frotter à la mafia. Il s'agit de l'épisode où il y aura le plus de morts, ceux-ci se succédant même à un rythme assez soutenu. Comme toujours par contre, Madigan apportera quelques touches d'humour et l'intrigue sera assez prenante.

Parmi le casting, on remarquera principalement la présence de Raf Vallone ("Le Cid", "Le cardinal", "Nevada Smith", "L'or se barre", "Le parrain, 3ème partie"), de Rossano Brazzi ("L'or se barre", "La malédiction finale", "New York, 2 heures du matin", "Formule pour un meurtre"), ainsi que des très jolies Agostina Belli ("Barbe-bleue", "Parfum de femme", "Un taxi mauve", Holocauste 2000") et Beba Loncar ("Les drakkars", "Le corniaud", "La donneuse"), cette dernière retrouvant une nouvelle fois Richard Widmark après avoir joué avec lui dans "Les drakkars".

Enfin, pour le sixième épisode, retour au bercail avec une enquête se passant à nouveau à New-York... Avec "Enquête à Park Avenue", on pourrait même dire que la boucle est bouclée, car c'est en effet Alex March qui le réalise, celui-là même qui avait réalisé le tout premier! Dans cet épisode, Madigan doit retrouver son ancien coéquipier, viré de la police après avoir tué un petit malfrat désarmé, afin de l'empêcher d’exécuter un contrat qui lui rapporterait certes beaucoup d'argent, mais ferait de lui un vrai meurtrier...

Ce dernier épisode, sort pas mal du lot, par rapport aux autres, même si ce n'est pas forcément le meilleur, car cette fois, on ne suit pas uniquement Madigan, mais également beaucoup le personnage de Max Bennerman, interprété par John Larch ("Un frisson dans la nuit", "L'inspecteur Harry", "Amityville, la maison du diable"), son ancien binôme, ce qui fait que Widmark sera beaucoup moins présent dans cet épisode. Petit détail qui tue, il sera assez amusant de constater que le personnage de Bennerman choisira le nombre 666 pour sa consigne et son appartement d'observation, comme si le réalisateur voulait nous faire comprendre que celui-ci a fait un pacte avec le Diable... Malgré un ton résolument plus sérieux, Madigan apportera tout de même quelques touches d'humour avec quelques répliques bien senties.

Parmi le casting de cet épisode, également quelques têtes pas inconnues comme celles de Charles Cioffi ("Klute", "Les nuits rouges de Harlem", "Remo sans arme et dangereux") et David Spielberg ("Christine", "Un flic dans la mafia") dans les rôles des deux commanditaires. Encore une fois un épisode de qualité, ce qui nous fera d'autant plus regretter que la série se termine ainsi... Enfin, on notera que l'un des thèmes musicaux de la série est composé par Quincy Jones... Il y a pire, non?

Malgré des intrigues assez prévisibles, cette série de 1972 au charme indéniable et étonnamment peu connue mériterait vraiment d'être redécouverte, car elle a encore de nos jours beaucoup d'atouts et en particulier son acteur vedette qui apporte un humour assez irrésistible...

La série "Madigan" est sorti le 19 novembre 2014 en coffret 6 DVD chez Elephant Films dans une édition proposant une image au format respecté 1.33 4/3 avec pistes anglaise et française Dolby Digital 2.0 stéréo. Pas de réels bonus, des bandes annonces de l'éditeur et c'est tout!

Madigan, le policier globe-trotter

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15.12.14

05:30:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Le tueur numéro 3 devient la cible de ses commanditaires après avoir raté un contrat. Alors qu’il se défait sans mal des hordes d’assassins envoyés à sa suite, il trouve le réconfort auprès de ses maîtresses. Mais le défi ultime s’annonce quand le mystérieux tueur numéro 1, dont personne de vivant n’a jamais vu le visage, se met également à ses trousses...

Mon avis :

Au cours de l'année 2003, deux splendides coffrets consacrés au réalisateur japonais Seijun Suzuki regroupant chacun trois films sortirent chez HK Vidéo, suivi deux ans plus tard par un troisième coffret contenant également trois films. Ces trois coffrets étant épuisés depuis maintenant belle lurette et trouvable uniquement d’occasions, c'est avec joie qu'on accueillera ces rééditions sorties chez Elephant Films de "La jeunesse de la bête", "Detective Bureau 2-3" et "La marque du tueur" dans des versions restaurées inédites en France, d’autant plus que les trois films nous sont cette fois proposés également en Blu-ray...

"La marque du tueur" est considéré comme le chef d’œuvre de Seijun Suzuki ("Les Fleurs et les Vagues", "La Barrière de chair", "Histoire d'une prostituée", "La Vie d'un tatoué"), c’est d’ailleurs un film adulé par des réalisateurs comme Quentin Tarantino, Jim Jarmusch ou encore John Woo. Il faut dire que malgré les années et le fait que le film soit très marqué années 60, il semble encore aujourd'hui toujours réellement innovant.

Suzuki signe ici un film semblant assez foutraque, partant dans tous les sens, mais en même temps, regorgeant de plans absolument incroyables et de trouvailles visuelles hyper originales. "La marque du tueur" n'est pas forcément un film très facile d'accès, c'est un film pour les amoureux du cinéma, ceux qui considèrent le 7ème art avant tout comme un art à part entière, appréciant les films pas seulement pour l'histoire qu'ils nous racontent, mais aussi pour l’œuvre en elle-même, pour la beauté des images, pour le travail du réalisateur, du chef opérateur, pour la musique, le travail sur le son etc...

Avec ce dernier long métrage réalisé pour les studios Nikkatsu avant de se faire licencier, Seijun Suzuki signe une œuvre totalement baroque, filmée en noir et blanc, tout en clairs-obscurs et jeux d'ombres. Une œuvre d'une beauté déconcertante proche esthétiquement de la Nouvelle vague et du Pop-art. D'ailleurs, ce film s'inscrit complètement dans l'esthétique notre propre Nouvelle vague, impression renforcée par l'utilisation d'une musique très jazzy et cela même si on associe également ce film à la nouvelle vague japonaise dont les principaux représentants étaient Nagisa Oshima, Masahiro Shinoda et Yoshishige Yoshida.

Comme un pied de nez aux studios Nikkatsu, Suzuki nous offre un film de yakusas totalement atypique et sulfureux, avec notamment un érotisme assez torride pour l’époque ; une œuvre où il semble crier au monde entier et surtout à ses producteurs, sa liberté artistique! Pour donner vie à son œuvre, le cinéaste va faire appel une nouvelle fois à un casting loin des canons de beauté habituels, on peut même dire que les principaux acteurs n’ont pas un faciès très commun.

Le héros, interprété par Jô Shishido ("Détective Bureau 2-3", "La barrière de chair", "La Jeunesse de la bête", "Combat sans code d'honneur"), que l'on peut considérer comme l'acteur fétiche du cinéaste, est par exemple assez joufflu, alors que Isao Tamagawa ("La barrière de chair", "Kwaidan", "Histoire d'une prostituée" "Le vagabond de Tokyo", "Elégie de la bagarre"), qui est également l'une des actrices fétiches du réalisateur, a aussi un visage très particulier, plutôt jolie, mais avec des traits assez grossiers, limite enfantins.

Durant tout le film, Suzuki va multiplier les décors insolites comme l’appartement hyper moderne et typique de l’architecture bétonné des années 60 du héros ou encore celui de Michihiko entièrement décoré de papillons morts et d’oiseaux.

Et l’histoire me direz-vous dans tout ça ? Eh bien c’est une classique histoire de yakusas, où un tueur, Gorô Hanada que l’on surnomme numéro 3, se fait traquer par ses commanditaires après avoir manqué sa cible. Ainsi, il se retrouvera avec un autre tueur surnommé numéro 1 à ses trousses... Mais ceci est assez anecdotique et ne constituera pas l’intérêt principal du film!

Pour cette nouvelle édition, tout comme pour celle de "La jeunesse de la bête" d'ailleurs, Elephant films s'est servi de la restauration faite par Criterion (Autant dire que c'est gage de qualité!), alors espérons maintenant que l'éditeur puisse nous proposer d'autres titres par la suite, car Criterion en compte d'autres à son catalogue...

Si j’ai un conseil à vous donner, cela serait de ne rien attendre de ce film et tout simplement de vous laisser porter par la beauté des images et l’inventivité de Seijun Suzuki !

Après avoir été édité en DVD le 19 février 2003 par HK vidéo au sein d'un premier coffret consacré à Seijun Suzuki, "La marque du tueur" est ressorti le 2 décembre 2014 chez Elephant Films en édition DVD simple et en édition combo DVD + Blu-ray. Cette nouvelle édition DVD propose le film au format 2.35:1 16/9ème compatible 4/3 avec piste audio japonaise Dolby Digital mono alors que le Blu-ray propose une image au format 2.35:1 avec une résolution de 1080p AVC et piste audio japonaise dts-HD Master Audio 2.0 mono. Côté bonus, ces nouvelles éditions nous offrent une courte présentation de la collection avant le menu, une présentation du film par Charles Tesson (15’), une galerie de photos, les bandes-annonces de la collection Seijun Suzuki, ainsi que les présentations des différentes collections de la collection Cinéma Master Class.

La marque du tueur

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Seijun Suzuki Vol. 1 / Coffret 3 DVD

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Seijun Suzuki Vol. 1 - Edition Seven7 / Coffret 3 DVD

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13.12.14

08:02:22, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Gimme shelter

Réalisateur
: Ron Krauss

Année
: 2014

Origine : États-Unis

Durée : 1h41

Avec : Vanessa Hudgens (Agnes Bailey), Brendan Fraser (Tom Fitzpatrick), Rosario Dawson (June Bailey), James Earl Jones (Frank McCarthy), Ann Dowd (Kathy), etc.

Par Nicofeel

Mis en scène par le réalisateur Ron Krauss, Gimme shelter (littéralement donne-moi un abri) est un drame sorti aux États-Unis à la fin de l'année 2013. Il met en lumière une jeune fille de seize ans, Agnes Bailey, qui vit tant bien que mal dans un environnement pour le moins chaotique.
Le film débute avec Agnes qui décide de quitter sa mère toxicomane avec qui elle vivait jusque-là. On comprend rapidement que cette adolescente a subi un certain nombre de sévices et a probablement été violée. Quittant une mère dangereuse et à côté de la plaque, elle part à la recherche de son père qu'elle n'a jamais connu. Si elle peut constater que son père, Tom Fitzpatrick, est un homme riche, en revanche celui-ci ne souhaite pas particulièrement qu'Agnes fasse partie de sa vie.
Retour au point de départ avec une Agnes qui est bien seule alors qu'elle attend... un heureux (?) événement. Pour l'aider, elle peut alors compter sur un foyer de jeunes femmes enceintes, tenu par une certaine Kathy, qui prend sous son aile et dans son propre foyer plusieurs femmes enceintes qui sont seules et ne savent pas où aller. Si l'histoire d'Agnes est créée de toutes pièces (se basant toutefois sur des éléments réels), la jeune femme qui la recueille existe bel et bien. Il s'agit de Kathy DiFiore, qui a créée en 1981 les foyers several sources shleter, association en faveur des femmes enceintes dans le besoin. Elle a d'abord créé son premier foyer dans sa propre maison dans le New Jersey avant d'ouvrir par la suite trois maisons de ce type. La renommée de Kathy DiFiore est telle qu'elle a eu l'occasion de rencontrer mère Theresa et d'être distinguée par Ronald Reagan. Gimme shelter retrace très bien cette histoire.

Mais le film est intéressant aussi et surtout par la sensibilité qui s'en dégage. Alors qu'Agnes est une jeune femme rebelle, désemparée et quasi asociale lors de son arrivée dans ce foyer, elle change progressivement par sa relation avec toutes ces femmes qui proviennent d'horizons divers mais ont connu comme elle la galère. Ces femmes enceintes font bloc ensemble et se soutiennent. Ce mouvement de solidarité est beau à voir. On comprend pourquoi ces foyers ont marché et qu'ils continuent de marcher. Si le film joue à fond la carte du réalisme, il ne fait jamais dans la facilité. Ce drame pourrait être ô combien larmoyant. Son réalisateur a préféré mettre l'accent sur ces jeunes femmes courageuses et sur Kathy DiFiore qui participe à les remettre sur un chemin beaucoup moins sinueux. De ce point de vue, Gimme shelter peut faire penser par certains aspects au très intéressant long métrage States of grace, sur des adolescents en difficulté, sorti en début d'année 2014.
Et puis Gimme shelter mérite aussi d'être vu par cette cellule familiale mouvante qu'il décrit, une cellule familiale pas toujours tendre, mais dont l'évolution mérite d'être soulignée. C'est ainsi qu'Agnes peut finir par compter sur certaines personnes de sa famille. Comme quoi, ce drame se veut malgré tout optimiste et cela fait plaisir à être regardé. On reprend dans ce cas espoir en l'être humain.
Si la mise en scène assez incisive de ce long métrage participe à son côté réaliste, c'est surtout son interprétation qui retient l'attention. Le rôle principal du film, celui d'Agnes, est tenu par une Vanessa Hudgens méconnaissable. L'actrice qui plaît beaucoup aux adolescents, interprète avec conviction et avec un naturel déconcertant le rôle de cette jeune fille perdue qui en veut au monde entier. Bien qu'âgée de 25 ans lorsqu'elle a tourné dans Gimme shelter, l'actrice ne dépareille pas avec son âge supposé dans le film, à savoir seize ans. Dans le rôle important de Kathy DiFiore, on retrouve une convaincante Ann Dowd, vue dans le choquant Compliance, qui reste assez sobre dans son jeu d'actrice. Les parents d'Agnes sont joués par Brendan Fraser et par Rosario Dawson. Le premier est impeccable dans un rôle sérieux et sensible. La seconde donne vraiment l'impression d'être cette toxicomane qui ne souhaite vivre avec sa fille que pour toucher plus d'allocations familiales.
Toujours dans le bon ton, bien joué, Gimme shelter est un drame qui mérite largement d'être vu par le plus grand nombre.

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12.12.14

08:01:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Bande de filles

Réalisatrice : Céline Sciamma

Année : 2014

Origine : France

Durée : 1h52

Avec : Karidja Touré, Assa Sylla, etc.

Par Nicofeel

Après Naissance des pieuvres et Tomboy, la cinéaste Céline Sciamma nous livre son nouveau long métrage. Un film sur l’ambiguïté sexuelle ? Un peu. Un film féministe ? Totalement.
Bande de filles transpire une féminité qui a le mérite de critiquer notre société actuelle où les interdits sont plus nombreux que l'on imagine. Et pour tordre le cou à ces interdits, Céline Sciamma va détourner avec un plaisir certain les codes sociaux. La première séquence est loin d'être anodine : on y voit des joueurs de football américain qui se combattent avec brutalité. En mettant en scène ce sport très masculin, on se demande bien où la cinéaste veut en venir. Eh bien on ne tarde pas à le savoir car lorsque les joueurs retirent leur casque, on découvre des jeunes filles. Eh oui il n'y a pas de tabou à avoir, les femmes peuvent très bien elles aussi jouer à des jeux “naturellement” réservés à des hommes. Mais avant d'en arriver là, il faut parvenir à s'émanciper.
Ce que n'a pas encore réussi Marieme, jeune femme noire bientôt âgée de 16 ans, toujours sous le joug de multiples personnes et de son environnement sociétal. Ainsi, elle vit dans une cité où les femmes sont bien peu considérées ; son frère lui tape dessus quand elle ne fait pas ce qu'il juge respectable ; sa mère n'a rien de mieux à lui proposer qu'un boulot en tant que femme de ménage (comme elle) ; à l'école, ses mauvais résultats amènent son professeur principal à lui proposer un CAP. Bref, les voyants de la liberté ne sont absolument pas au vert.
Le déclic arrive cependant le jour où Marieme tombe sur une bande de 3 filles qui ne se soucient pas des autres et vivent pour elles. Marieme rejoint ce petit groupe et son attitude change alors du tout au tout. Elle s'habille de manière bien plus “rebelle” et surtout elle se laisse beaucoup moins faire. Marieme prend en main sa vie et la réalisatrice Céline Sciamma en profite pour passer son message féministe. A travers le personnage de Marieme devenu Vic (pour victoire) qui cherche désormais à mordre la vie à pleines dents, Bande de filles inverse des situations que l'on a l'habitude de voir : des combats de filles remplacent des combats de garçons. On a aussi la preuve qu'il n'y a pas que les hommes qui sont capables de boire comme des trous et de faire la fête : Marieme et ses nouvelles copines boivent, chantent et dansent sur “Diamonds” de Rihanna, chanteuse noire à succès. Ce qui n'est pas surprenant puisque Rihanna est un modèle de réussite, en même temps qu'une femme très libérée avec les nombreuses provocations sexuelles qu'elle effectue en public.

Marieme entend bien suivre à sa façon une voie qui lui permette de se libérer. Pour ce faire, elle se conduit comme un véritable garçon manqué et se met à vendre de la drogue dans sa cité, “métier” qui est traditionnellement réservé aux garçons.
Son émancipation a même lieu sur le plan sexuel. Après avoir couché avec un garçon et avoir été insultée par son entourage, c'est elle qui finit par avoir le dernier mot. Là encore, cela n'est pas anodin quand elle prend l'initiative de la relation sexuelle, prouvant que l'égalité des sexes peut exister.
Évidemment, une telle attitude ne lui ramène pas que des copains et son parcours est pour le moins chaotique. Mais au moins Marieme ne se laisse pas faire. Elle n'a de cesse de clamer son droit à la liberté. Et si tout n'est pas facile, au moins elle conserve le choix de faire ce qu'elle souhaite.
Cela étant, la réalisatrice reste particulièrement lucide. Les métiers qui s'offrent à ses filles perdues dans les cités n'ont rien de reluisant. Entre le vol, la prostitution et la vente de drogues, le choix est tout de même restreint et peu enthousiasmant. Mais au moins des filles comme Marieme tentent de briser l'hégémonie masculine.
Avec Bande de filles, Céline Sciamma réalise donc un film féministe où la fille des cités n'est plus seulement une victime. Non, la femme a autant de droits que l'homme et même dans l'univers très macho des cités. Alors, évidemment le parcours de Marieme n'est pas des plus crédibles et il reste très atypique. Pour autant, un tel film a le mérite d'amener le spectateur à réfléchir. Avant que les gens ne modifient leur comportement, il convient de s'attaquer aux mentalités.
Le jeu extrêmement énergique et plein de naturel des jeunes filles que l'on voit à l'écran, apporte un vrai plus à ce film sociétal où la femme n'est pas là uniquement pour se fondre dans un décor dédié à la base aux mâles.
Quant à la bande originale du film, elle est entraînante, avec un son qui joue à fond la carte de la techno ambiante.
Deux seuls accros sont à noter dans ce long métrage : sur la forme, on regrettera des fondus au noir un peu trop présents. S'ils ont pour but de marquer certaines séquences ou tout simplement l'apprentissage de Marieme, ils sont globalement inutiles. Sur le fond, le film dure 1h52 et aurait pu être un peu écourté, certaines séquences étant moins prenantes que d'autres.

Au final, Bande de filles est une chronique sociale engagée où la femme noire est mise en avant, dans le contexte difficile de la vie en banlieue. Voilà une description originale d'un monde d'habitude dédié à l'homme. L'excellente distribution du film et la bande son très actuelle finissent de nous convaincre.

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11.12.14

05:30:00, Catégories: Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Le sergent-détective Bruce Robertson veut une promotion et son patron veut des résultats. Pas de problème pour Bruce qui se précipite sur une affaire de meurtre afin d’élucider le crime et décrocher son avancement aux dépends de ses collègues. Mais lorsqu’on est un schizophrène accroc au sexe et à la drogue, les choses se passent rarement comme prévu.

Mon avis :

Nouvelle adaptation d'un roman de l'écrivain écossais Irvine Welsh après "Trainspotting" et "Irvine Welsh's Ecstasy", "Ordure!" est le portrait au vitriol d'un flic ripoux prêt à tout pour obtenir de l'avancement...

Pour son second long métrage, Jon S. Baird ("Cass") surprend en nous offrant un film audacieux, glauque et particulièrement irrévérencieux, mais aurait-il pu en être autrement en adaptant un roman d'Irvine Welsh? Évidemment, non et il était même logique de s'attendre à une œuvre bien trash... Rassurez-vous, cela sera bien le cas!

Le film repose avant tout sur les épaules de James McAvoy ("Le monde de Narnia: chapitre 1 - Le lion, la sorcière blanche et l'armoire magique", "Le dernier roi d'Écosse", "Reviens-moi", "Wanted", "X-Men: Le commencement"), qui nous livre ici une prestation proprement hallucinante.

Son personnage est absolument détestable, à la fois charmeur, sans le moindre scrupule et prêt absolument à tout pour obtenir ce qu'il désire et pourtant malgré tout, l'acteur arrive toutefois à rendre son personnage attachant, ce qui fait qu'on prendra fait et cause pour lui et non pour ses « victimes »...

Il faut dire qu'au fur et à mesure qu'on apprend à découvrir le personnage de Bruce Robertson, on découvre ses fêlures et forcément on éprouvera une certaine empathie envers lui. Et puis le sujet est traité tout de même sur un ton très satirique et avec beaucoup d'humour (noir évidemment!)...

Ce qui n’empêchera pourtant pas le film d’être très sombre également, en particulier dans sa dernière partie. A travers ce personnage, Welsh nous peint une nouvelle fois un portrait peu reluisant de son Écosse, bien loin de celle qui nous fait rêver avec ses châteaux hantés...

Malgré l'excellente performance de James McAvoy, le film ne fonctionnerait pas aussi bien sans un solide casting derrière, avec des personnages dont il se jouera pour la plus part comme par exemple Eddie Marsan ("Gangs of New York", "Miami Vice", "Hancock", "La disparition d'Alice Creed", "Sherlock Holmes"), absolument génial en mari cocu ou encore Jamie Bell ("Billy Elliot", "La tranchée", "King Kong", "Jumper", "L'aigle de la neuvième légion") en collègue naïf et complexé par la taille de son engin. D’ailleurs ses collègues ne vaudront guère mieux que lui, donnant ainsi une image assez déplorable de la police écossaise.

Et puis, il y aura également quelques personnages bien barrés comme par exemple son psy interprété par Jim Broadbent ("Brazil", "Erik le Viking", "Gangs of New York", "Hot Fuzz") dont le personnage sera assez délirant...

Malgré un ton assez léger au départ, le film devient peu à peu de plus en plus sombre sans qu’on s’en rende vraiment trop compte allant inexorablement vers un final très noir et dérangeant qui devrait en surprendre plus d’un. Enfin, le générique de fin conclue le film une nouvelle fois avec un ton satirique assez étonnant puisqu'il sera sous la forme d'un dessin animé.

"Ordure!" a tout du film amené à devenir culte, grâce notamment à ses répliques souvent cinglantes et à son excellente bande originale. Vues ses qualités, on peut même franchement s’étonner que celui-ci n’ait pas eu les honneurs d’une diffusion en salle dans notre beau pays...

"Trainspotting" était déjà très glauque, mais ce "Ordure!" ne l’est pas moins malgré ses allures au départ de simple comédie trash politiquement incorrecte... Irvine Welsh et Jon S. Baird nous livrent une descente aux enfers assez mémorable! Voilà le genre d’excellente surprise qu’on aimerait avoir plus souvent!

"Ordure !" est sorti le 24 septembre 2014 chez Metropolitan Vidéo en DVD et Blu-ray. L'édition DVD nous propose le film au format 2.35 16/9ème compatible 4/3 avec pistes audio anglaise et française Dolby Digital 5.1. Le Blu-ray est quant à lui au format 2.35 1080p avec pistes audio anglaise et française dts-HD Master Audio 5.1. Les deux éditions contiennent les mêmes bonus, à savoir un commentaire audio d’Irvine Welsh et Jon S. Baird, une interview d’Irvine Welsh et une de Jon S. Baird, ainsi que des scènes coupées et des bandes annonces de l'éditeur.

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06.12.14

06:25:49, Catégories: Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Pour cette force d’élite de la DEA, il s’agit officiellement de prendre d’assaut le repaire d’un important cartel mais en réalité, l’opération se révèle être un véritable braquage. Après s’être emparés de 10 millions de dollars en liquide, les agents complices pensent leur secret bien gardé… jusqu’à ce que quelqu’un se mette à les assassiner les uns après les autres, froidement, méthodiquement. Alors que les meurtres se multiplient, chaque membre de l’équipe devient un suspect. Chacun sait tuer, et chacun a un excellent mobile...

Mon avis :

Après des débuts très prometteurs en tant que réalisateur, on pouvait naturellement attendre beaucoup de cette rencontre entre David Ayer ("Bad Times", "Au bout de la nuit", "End of Watch", "Fury") et de notre Schwarzy préféré enfin de retour depuis deux années, après sa longue absence où il était devenu (à notre grand désespoir!) gouverneur de l'État de Californie. Pourtant ce "Sabotage", malgré son côté musclé et violent peinera à convaincre pleinement en raison notamment d'un scénario quelque peu tiré par les cheveux et un peu brouillon...

"Sabotage" commence pourtant très bien avec une scène difficilement soutenable laissant entrevoir un métrage âpre et violent qui ne devrait pas nous laisser indemne. Et puis rapidement on découvre un Arnold Schwarzenegger ("Conan le Barbare", "Terminator", "Predator", "Total Recall", "Last Action Hero", "True Lies", "Expendables") certes vieillissant mais ayant toujours fière allure, contrairement par exemple à un Steven Seagal (Ça, c’est de la comparaison!).

Notre Schwarzy est ici entouré d'une équipe sacrément musclée et particulièrement « badass » rappelant un peu celle qui l’entourait dans un certain "Predator". Parmi son équipe de choc, on notera tout particulièrement la présence d’un autre ancien T-800, Sam Worthington ("Terminator renaissance", "Avatar", "Le choc des Titans"), en belle gueule de service, Joe Manganiello ("Spider-Man", "Les frères Scott", "True Blood") au physique réellement impressionnant, Terrence Howard ("Collision", "Réussir ou mourir", "À vif") et Mireille Enos ("Gangster Squad", "World War Z", "Les 3 crimes de West Memphis") dans le rôle du chien fou complètement incontrôlable de la bande, une petite dame donc assez impressionnante et qui rivalisera sans problème avec les hommes!

Cette équipe, très borderline, ressemblant plus à un gang qu'à des agents de la DEA, va être confrontée au cartel de la drogue après une opération où Schwarzy et sa bande auront prélevé quelques billets (Pas de bol, malgré leurs précautions, cela s’est quand même vu!). Nos durs à cuire vont alors être décimés les uns après les autres (Le scénario s'inspire vaguement de la nouvelle d'Agatha Christie, "Dix petits nègres"!).

Caroline Brentwood, interprétée par l'excellente Olivia Williams ("Postman", "Sixième sens", "Abîmes", "The Last Days on Mars") et son collègue Jackson, joué par Harold Perrineau ("Roméo + Juliette", "Matrix Reloaded", "28 semaines plus tard", "Lost - Les disparus"), vont alors enquêter sur ces meurtres et essayer de comprendre le fin mot de l'histoire...

Le réalisateur va malheureusement un peu trop se concentrer sur certains de ses personnages et pas assez sur son histoire, qui manquera quelque peu de crédibilité et dont les rebondissements seront un peu trop prévisibles. Dommage, car David Ayer, à qui on doit notamment les scénarios de "Training Day" et "Dark Blue", est capable de nous offrir des scénarios beaucoup plus aboutis que celui-ci.

Mais il faut dire que le scénario a été à la base écrit par Skip Woods ("Hitman", "X-Men origines: Wolverine", "Die Hard: Belle journée pour mourir"), David Ayer n'étant intervenu qu’après. D'ailleurs, le cinéaste avait au départ proposé une autre fin qui élevait le film à un autre niveau, une fin beaucoup plus sombre et immorale, malheureusement non retenue suite aux projections test.

Malgré tout, on retrouve bien les thèmes chers au réalisateur (le milieu de la drogue, les ripoux etc...) et cela même si au départ ce projet ne lui était pas destiné puisque cela devait être le réalisateur français Patrick Alessandrin ("15 août", "Mauvais esprit", "Banlieue 13: Ultimatum") qui devait en assurer la mise en scène avec en vedette Bruce Willis et non Schwarzy! Le réalisateur nous offre quand même un vrai film « d’hommes » bien violent avec des meurtres bien craspecs et gore (Limite un peu trop... Était-ce vraiment nécessaire?), mais réservant du coup ce long métrage à un public relativement averti.

Malgré un scénario un peu bancal, "Sabotage" sera tout de même au final un bon divertissement musclé qui devrait contenter les amateurs du genre, mais quel gâchis quand même... Merci les projections test!

"Sabotage" est sorti le 8 septembre 2014 chez Metropolitan Vidéo en DVD et Blu-ray. Le DVD propose une image au format 1.85 16/9ème compatible 4/3 avec pistes audio anglaise et française Dolby Digital 5.1 et en Audiodescription (pour malvoyants) 2.0. Le Blu-ray, quant à lui, est au format 1.85 16/9ème 1080p AVC avec pistes audio anglaise et française dts-HD Master Audio 5.1 et en Audiodescription (pour malvoyants) 2.0. Les bonus enfin, communs aux deux éditions nous offrent des scènes coupées incluant notamment une intrigue parallèle (9’30’’ - vost), deux fins alternatives (17’15’’ - vost), un documentaire sur les coulisses du film (8’), la bande annonce en vf et vost et des bandes annonces de l'éditeur.

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05.12.14

06:25:11, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Le hobbit : la bataille des cinq armées

Réalisateur : Peter Jackson

Année : 2014

Origine : Etats-Unis

Durée : 2h24

Avec : Martin Freeman (Bilbo le hobbit), Richard Armitage (Thorin écu de chêne), Ian McKellen (Gandalf le gris), Luke Evans (Bard), Orlando Bloom (Legolas), Cate Blanchett (Galadriel), Elrond (Hugo Weaving), Saroumane (Christopher Lee), Lee Pace (Thranduil), etc.

Par Nicofeel

Ca y est, le clap de fin n'a jamais été aussi proche. Quinze ans après le premier épisode du Seigneur des anneaux, Peter Jackson achève sa deuxième trilogie dédiée à Bilbo le hobbit. Le deuxième opus nous avait laissé sur un événement majeur, avec le dragon Smaug prêt à assiéger Lacville.
Très logiquement, le troisième opus du hobbit commence avec un combat grandiose. Smaug attaque avec férocité une ville qui est littéralement en flammes en très peu de temps. Seul espoir pour les Humains, Bard l'archer qui s'oppose à un dragon plus vrai que nature (quel travail effectué sur les effets spéciaux). Cette scène puissante n'est pas sans rappeler d'autres combats démesurées, à l'instar de Gandalf affrontant le Balrog ou encore Sam aux prises avec l'araignée géante Arachne. En tout cas, on est rapidement mis dans l'ambiance.
Comme il l'a déjà fait précédemment, le cinéaste néo-zélandais crée des ponts entre les deux trilogies, Le seigneur des anneaux et Le hobbit. Il prend ainsi l'initiative – louable – de nous montrer un combat (a priori non présent dans le livre) qui met aux prises Elrond et Galadriel aux Nazguls. C'est une façon de nous indiquer que la menace représentée par Sauron grandit de jour en jour, ce que nous verrons plus tard dans Le seigneur des anneaux. Si Peter Jackson s'affranchit par moments de l’œuvre de Tolkien, quelques libertés prises ne sont pas toujours pertinentes. Si la présence de Legolas n'est pas un sacrilège, celle de l'elfe Tauriel est beaucoup plus sujette à caution. Son histoire d'amour avec Kili n'apporte rien au récit. Heureusement, c'est un des seuls ratés du film, et de la trilogie de manière plus générale.

Car pendant plus de 2h20, Peter Jackson en met plein la vue au spectateur. Évidemment, si l'on compare ce long métrage au Retour du roi, on pourra se dire que l'intrigue est un peu trop copiée sur le plan scénaristique. L'alternance entre les séquences intimes et les nombreux combats, le tout saupoudré d'émotion et d'humour, donne sérieusement une impression de déjà-vu. Pour autant, il serait déraisonnable de bouder son plaisir. La fameuse bataille des cinq armées – qui oppose une alliance des Nains, des Humains et des Elfes à une armée de gobelins et de loups – donne lieur à des combats dantesques sur plusieurs fronts. On ne s'ennuie pas une seconde. Et pour le coup, Peter Jackson et de ses co-scénaristes Fran Walsh et Philippa Boyens ont dû être imaginatifs puisque cette bataille, qui donne son titre à ce troisième opus, ne représente que 7 pages sur un total de 372 dans la version de poche du Hobbit. Ces combats sont épiques, le destin de la Terre du Milieu étant alors en jeu. Et puis pour donner un aspect dramatique à l'ensemble, plusieurs protagonistes, et pas des moindres, vont y laisser leur vie.
Ce long métrage, totalement maîtrisé sur le plan de la mise en scène, ne se limite pas à une accumulation de scènes d'action. Il y a quelques séquences intimistes, notamment avec Thorin écu de chêne qui perd de plus en plus la raison en cotoyant de trop près le trésor de Smaug. Sans compter son obsession pour l'Arkenstone, sublime joyau qui est considéré comme le coeur de la montagne. Quant à Bard, cet archer de Lacville prend une importance fondamentale dans cet opus. Les acteurs sont d'ailleurs tous très bons, de Martin Freeman dans le rôle de Bilbo, en passant par le charismatique Richard Armitage dans le rôle de Thorin ou encore Luke Evans dans le rôle diu très courageux Bard.
Quelques mots sur la 3 D. Elle se révèle tout aussi inutile que les deux autres épisodes. C'est donc encore une fois des raisons mercantiles qui expliquent ce choix contestable.
Le hobbit : la bataille est cinq armées est donc un spectacle total, qui a pour seuls défauts de se caler un peu trop sur Le seigneur des anneaux (et d'avoir été mis en scène après) et d'avoir créé de toutes pièces des sous-intrigues ou des personnages qui s'avèrent parfois inutiles. Peter Jackson a étiré au maximum une histoire qui ne justifiait pas forcément trois films.
Mais bon, ne boudons pas notre plaisir. Le résultat est dans l'ensemble très satisfaisant, même si la comparaison avec Le seigneur des anneaux ne joue pas en faveur du hobbit. Ce film marque aussi la fin d'une époque. C'est le dernier voyage du spectateur en Terre du milieu. Cette nostalgie se révèle plus prégnante que jamais avec la très belle chanson de fin, The last goodbye, interprétée par Billy Boyd (qui avait interprété un des hobbits du Seigneur des anneaux). Ce morceau fait clairement le pont entre ces deux trilogies qui auront fait rêvé des millions de spectateurs.
Au revoir la Terre du milieu... A moins que Peter Jackson ait l'idée de transposer à l'écran certains des récits du Silmarillion.

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04.12.14

06:24:34, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

En 1560, une expédition espagnole quitte les hauts plateaux péruviens pour s’enfoncer dans la forêt amazonienne à la recherche du mythique Eldorado. L’entreprise est démente mais Aguirre, commandant en second, refuse de renoncer. Il renverse son chef et prend la tête du groupe. Dès lors, ses hommes devront le suivre, quoi qu’il en coûte : Aguirre s’est mis en tête de se tailler un empire autour de la fabuleuse cité d’or et d’y fonder une dynastie...

Mon avis :

Précédemment sorti dans diverses éditions aujourd’hui épuisées, "Aguirre, la colère de Dieu", l'un des classiques de Werner Herzog a cette fois les honneurs d'une très belle édition collector chez Potemkine Films, d'une part dans une édition combo Blu-ray + DVD au packaging vraiment classieux et d'autre part au sein d'un premier coffret consacré au cinéaste (4 volumes sont prévus en tout)...

Pour son troisième long-métrage, Werner Herzog ("Nosferatu, fantôme de la nuit", "Fitzcarraldo", "Invincible", "Rescue Dawn", "La Grotte des rêves perdus") est allé tourner au Pérou entièrement en décors naturels dans des conditions très difficiles pour l'équipe puisque certaines scènes notamment seront filmées sur de petits sentiers à flanc de montagne (sur le Machu Picchu) ou encore dans des rapides hyper dangereux et cela avec réellement le minimum de sécurité. Un tournage rendu encore plus difficile par les continuelles crises d'hystérie de Klaus Kinski ("El Chuncho", "Coplan sauve sa peau", "Chacun pour soi", "Le Grand Silence", "Venus in Furs", "La Clinique sanglante", "Fou à tuer")...

Les relations entre l’acteur et le réalisateur furent sacrément houleuses allant jusqu'au point où Herzog menaça Kinski avec une arme à feu, qu'il retourna ensuite contre lui lorsque la star capricieuse menaça de quitter le tournage. Même les indiens présents lors du tournage proposèrent à Herzog de tuer Kinski le plus sérieusement du monde tellement il était odieux avec tout le monde... Mais le résultat est là! Kinski crève littéralement l'écran! Il déambule durant tout le film autour des autres protagonistes tel un dément, faisant régner la terreur autour de lui. L'acteur n'a jamais fait dans la demi-mesure, mais là par ses excès, il est d'une justesse incroyable (Ce n’est pas pour rien que le vrai Aguirre était surnommé El Loco!). Durant la durée du film, il est Don Lope de Aguirre!

Herzog nous livre en tous cas un film de toute beauté servi par la très belle photographie de Thomas Mauch ("La ballade de Bruno", "Fitzcarraldo", "L'enfant de la guerre") et par la musique envoûtante de Popol Vuh, un groupe allemand qui signera par la suite bon nombre des musiques de films du réalisateur et signant ici une bande originale proche de celles de Vangelis, accentuant le côté onirique du film. Le cinéaste va nous faire voyager durant près d’une heure et demi en plein cœur de l’Amazonie parmi une nature splendide, mais dangereuse, semblant infinie, mais étant surtout au final oppressante, comme s’il s’agissait d’un piège se refermant sur les protagonistes à la recherche de l’Eldorado. Un Eldorado que nos conquistadors espèreront trouver jusqu’à basculer dans la folie.

Une folie qui sera notamment retranscrite à travers les décisions absurdes de l’empereur fantoche placé par Aguirre à la tête de cette expédition insensée et également par les visions étranges des protagonistes apportant quelques touches d’humour au film, conférant ainsi à celui-ci un peu de légèreté, mais contribuant en même temps à accroître le malaise qui s’instaure peu à peu au fur et à mesure que croît l’agonie des personnages de cette aventure au bout de l’enfer. Si le réalisateur s’inspira de faits réels pour son film, il n’hésitera à prendre de grosses libertés avec la réalité puisqu’il mélangera plusieurs faits historiques. Le but du réalisateur n’étant de toutes manières pas de relater la réalité, mais plutôt de livrer un film sur une époque et sur cette soif de l’or qui animait les conquistadors à la recherche de l’Eldorado.

Étonnamment lors de plusieurs séquences, Herzog évitera de rendre son film aussi spectaculaire qu’il aurait pu l’être, ne montrant pas par exemple les batailles, mais seulement le résultat… Un curieux parti pris qui pourrait s’expliquer par le faible budget du film, mais qui toutefois fait parti de la vision et des souhaits du réalisateur. Ce qu’il y a de particulier également dans sa façon de faire un film, c’est aussi le fait qu’il s’adaptera continuellement aux conditions de tournage, aux aléas, à la météo, aux personnes qu’il rencontrera... Le résultat, en tous cas, est une œuvre cinématographique intemporelle, sublime, étrange et unique.

"Aguirre, la colère de Dieu" fait parti des chefs d’œuvre de Werner Herzog, peut-être même son meilleur film... Une œuvre à posséder absolument!

"Aguirre, la colère de Dieu" vient de ressortir le 4 novembre 2014 chez Potemkine Films dans une sublime édition collector combo Blu-ray + DVD, ainsi qu'au sein d'un coffret consacré au cinéaste. Le film est proposé sur le DVD au format 1.33 4/3 avec pistes française et allemande Dolby Digital 2.0 mono et sur le Blu-ray au format 1.33 16/9ème avec une résolution de 1080p et des pistes française et allemande dts-HD Master Audio 2.0 mono. Côté bonus, cette édition nous offre une présentation du film par Hervé Aubron (6’), un commentaire audio par Werner Herzog (93’), les court-métrages "Derniers mots" (1968, 13’) et "Mesures contre les fanatiques" (1968, 11’) et un entretien avec Pierre-Henri Deleau, fondateur de la Quinzaine des Réalisateurs (21’). Quant au premier coffret consacré au réalisateur par Potemkine Films, celui-ci nous offre le même contenu pour ce film, plus les longs et courts métrages "Herakles", "Signes de vie", "Les nains aussi ont commencé petits", "Fata Morgana", "Land of Silence and Darkness", "The Great Ecstasy of Woodcarver Steiner" et "L'Enigme de Kaspar Hauser" et de nombreux bonus.

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Aguirre : La colère de Dieu

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Aguirre : La colère de Dieu + Fitzcarraldo

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Aguirre : La colère de dieu + Woyzeck

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Aguirre, la colère de Dieu

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Coffret Werner Herzog - Edition Spéciale Fnac

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Werner Herzog Vol. 1 / Coffret 5 DVD

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Aguirre : La colère de Dieu - Edition kiosque

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Aguirre : La colère de Dieu - Ancienne édition

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