19.09.14

05:00:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Un groupe d’astronautes découvre des bactéries extraterrestres dans le permafrost martien. C’est alors que l’un des membres de l’équipe est victime d’un accident. En attendant les secours, le groupe tente d’organiser la survie...

Mon avis :

Cela fait longtemps maintenant que l'on sait que Mars n'est pas une planète très accueillante, pourtant certains persistent bêtement à s'y rendre dans le but d'y trouver une quelconque trace de vie... C'est le cas notamment des protagonistes de "The last days on Mars"! Eh bien, comme on peut s’en douter, ils vont rapidement le regretter amèrement ! Bon, trêves de plaisanteries, parlons un peu plus sérieusement du film!

Présentée à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes 2013, cette série B à l'ancienne, réalisée par l'irlandais Ruairi Robinson, inspirée de "The Animators", une nouvelle datant de 1975 écrite par Sydney James Bounds, n'est pas des plus originales, mais est dans l'ensemble plutôt agréable à regarder et c'est bien là le principal! Contrairement à ce qu'on pourrait imaginer au départ, "The last days on Mars" n'est pas seulement un film de science-fiction, mais également un vrai film d'horreur avec des infectés type zombies comme on en voit de plus en plus dans le paysage cinématographique horrifique actuel. Ces infectés sont dans l’ensemble assez réussis, même s’ils ressembleront un peu trop à des sortes momies vivantes. Il faut bien avouer quand même qu'on n'aurait probablement pas très envie de se retrouver nez à nez en face d’eux! Les effets spéciaux et les décors sont également très convaincants, malgré un budget relativement limité vues les ambitions du film. Il faut dire que la Jordanie offre ici un décor naturel très crédible !

Le casting est plutôt solide avec notamment Liev Schreiber ("Scream", "Sphère", "X-Men origines: Wolverine", "Salt"), parfait dans le rôle du héros ou encore Elias Koteas ("Bienvenue à Gattaca", "Un élève doué", "Skinwalkers", "Phénomènes paranormaux") et Olivia Williams ("Postman", "Sixième sens", "Abîmes", "Dollhouse", "Sabotage"), dont on regrettera par contre que leurs personnages ne soient pas plus développés. Un casting donc habitué aux films de genre et pas si surprenant que ça pour ce type de films contrairement aux dires du réalisateur qui voulait présenter un casting assez inhabituel...

En fait, le principal défaut de "The last days on Mars", c'est de manquer cruellement de surprises et de tension! Tout est beaucoup trop prévisible! Et malheureusement, pas un seul instant, on n’éprouve le moindre sentiment de peur ou d’oppression, contrairement au personnage de Vincent Campbell, qui lui souffrira de claustrophobie. Un sentiment que l’on aurait bien aimé ressentir également. Le film aurait également gagné à être plus démonstratif, avec plus d’effets chocs notamment, mais l’on sent que le réalisateur s’est autocensuré afin de toucher une audience assez large... Dommage, car même si le film est plaisant, il n’exploite pas réellement son potentiel !

"The last days on Mars" ne sera donc pas un film inoubliable, loin de là, mais cela reste tout de même une petite série assez plaisante à regarder.

"The last days on Mars" est sorti chez TF1 Vidéo le 3 septembre en DVD et Blu-ray. Le DVD présente le film au format 2.35, 16/9ème compatible 4/3 avec pistes anglaise et française Dolby Digital 2.0 & 5.1. Le Blu-ray est quant à lui au format 2.35 avec une résolution de 1080p et des pistes anglaise et française dts-HD Master Audio 5.1. Les deux éditions offrent les mêmes bonus, à savoir un making of montrant le tournage et une quantité hallucinante d'interviews de l'équipe du film et trois bandes annonces dont celle du film.

The last days on Mars

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18.09.14

07:18:17, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Lors d’un combat, le catcheur Superargo tue accidentellement son ami, le Tigre. Décidé à se retirer du ring, il est appelé par le colonel Kinski pour une dangereuse mission. En effet, une bande de pirates dirigée par le malfaisant Diabolikus sévit dans les mers des Caraïbes, voulant collecter de l’uranium, dans le but de dominer le monde. Vêtu de son costume rouge et noir, et emportant ses nombreux gadgets, Superargo accepte la mission et vole à la recherche de Diabolikus.

Mon avis :

Parmi les héros masqués en combinaisons moulantes qui envahirent les écrans à la fin des années 60, Superargo fût l'un des tous premiers avec Kriminal à avoir fait son apparition dans le paysage cinématographique populaire italien. C'était au cours de l'année 1966...

La particularité de ce "Superargo contre Diabolikus" de Nick Nostro ("Le triomphe des dix mercenaires", "Spartacus et les dix gladiateurs", "Pas d'orchidée pour le sheriff"), qui débute par une scène de pré-générique étonnamment dramatique où Superargo tue accidentellement son adversaire/ami lors d’un combat de catch, suivi d’un générique graphiquement très réussi, c'est de nous offrir un spectacle au pitch complètement délirant, mais interprété sans le moindre second degré apparent.

Et ce qui est assez hallucinant finalement, c’est que cela fonctionne sans problème ! Pourtant, comment peut-on prendre un instant au sérieux un tel héros au déguisement assez risible et qui en plus, ne l'enlève à aucun moment, même dans l'intimité avec sa compagne, seule personne avec le colonel Alex Kinski, son mentor, à connaître son vrai visage. Il faut reconnaître que ce n'est pas commun! Mais Superargo n'est pas un homme comme les autres, puisqu'il possède des particularités physiques faisant de lui un véritable surhomme!

Que dire de cette première aventure? Puisqu'en effet, ce ne sera pas la seule... Celle-ci étant suivie deux ans plus tard par "L'Invincible Superman", connu aussi sous le titre "Superargo contre les robots". Eh bien, cela ressemble en fait pas mal à une aventure à la James Bond, avec les gadgets, le même type de méchants etc...

Par contre, le héros ne sera pas ici un Don Juan comme le célèbre 007 et ne cumulera donc pas les conquêtes comme c'est le cas par exemple de Kriminal. Bien au contraire! Cela sera en fait un mari fidèle, un peu comme la plus part des superhéros d’ailleurs! Celui-ci est joué par Ken Wood, alias Giovanni Cianfriglia ("Danse Macabre", "Le défi des géants", "Killer Kid", "Peur sur la ville"), qui remplit ici son rôle à merveille grâce à son physique assez hors du commun pour l'époque et à son regard qui ne devrait pas laisser indifférent la gente féminine.

Le professeur Diabolikus, interprété par Gérard Tichy ("Le Cid", "Le manoir de la terreur", "Le docteur Jivago", "Une hache pour la lune de miel"), est en revanche tout ce qu'il y a de plus humain. C'est un savant fou qui rêve de dominer le monde comme la plus part des méchants James Bondiens.

Par contre, sa maîtresse, interprétée par la charmante et charismatique Loredana Nusciak ("Django", "Le temps des vautours", "Big Guns - Les grands fusils", "Folle à tuer"), est elle, une méchante pas commune, puisqu'elle changera de tenue et de coiffure à pratiquement chaque scène! C'est un vrai régal pour les yeux et en plus il faut bien l'avouer, c'est assez amusant! Curieusement, elle ne sera d’ailleurs pas sans rappeler notre Mylène Farmer nationale par moments...

En dehors de la scène finale utilisant une maquette très visible et rendant la scène un peu ridicule, le reste tient plutôt bien la route et on passe donc un agréable moment devant ce film devenu quand même hyper kitsch avec le poids des années...

Cette sortie a dû normalement faire des heureux, espérons maintenant qu'Artus Films pourra par la suite nous proposer sa suite... Cela serait quand même top!

"Superargo contre Diabolikus" est sorti en DVD le 1er juillet chez Artus Films dans sa collection Ciné Fumetti dans une édition digipack slim du plus bel effet. Le film est proposé au format 2.35, 16/9 compatible 4/3 en versions française et italienne avec sous-titres français. Côté bonus, on a le droit à un entretien à propos du film avec l'assistant réalisateur Ferruccio Castronuovo, intitulé "Superargo, l’homme d’acier", à une intéressante présentation par le dessinateur Curd Ridel, intitulée "L’invincible Superargo", à un diaporama d'affiches et de photos et à des bandes-annonces des films de la collection dont celle du film.

Superargo contre Diabolikus

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17.09.14

07:15:54, Catégories: Nouveautés, Test / Critique, Box office cinéma  

Par Flo200

Synopsis :

Depuis son plus jeune âge, Jessica fait régulièrement des cauchemars dont le sens lui échappe. Cette singularité l’a conduite à mener des études spécialisées en psychophysiologie du rêve et à suivre une thérapie avec Sean, son mentor, pour tenter d’en comprendre les origines. Suite au décès de sa grand-mère maternelle, Jessica doit retourner dans la maison familiale. A son arrivée, elle découvre que son aïeule défunte repose dans la chambre mitoyenne à la sienne durant la veillée mortuaire... Après une nuit agitée par un étrange cauchemar, Jessica tombe subitement malade. Clouée au lit par de fortes fièvres, la jeune femme décide d’utiliser son état léthargique pour expérimenter le rêve lucide et essayer ainsi de prendre le contrôle de ses rêves. Jessica va alors commencer à évoluer dans son propre monde onirique et, développant peu à peu ses capacités de rêveur lucide, elle va mener l’enquête afin de découvrir le mal qui la ronge et qui hante la demeure familiale...

Mon avis :

Il y a maintenant trois ans, je soutenais pour la toute première fois un projet via le financement participatif, ce que l'on appelle également le crowdfunding. Il s'agissait d'un projet de long métrage alors appelé "Fièvre" et qui était en partie produit par l'excellent site et éditeur Oh my Gore! que je suis depuis des années. Autant dire que j'attendais ce projet avec une réelle impatience, surtout que son casting était fort alléchant et que j'avais auparavant beaucoup apprécié les deux précédents courts de son jeune réalisateur. En raison du manque de moyens, le film avait été mis quelque peu en stand by en attendant l’arrivée de nouveaux financements, mais finalement le voilà enfin, rebaptisé "Horsehead" ! Dommage, j’aimais bien "Fièvre" !

"Horsehead" a été présenté pour la toute première fois le dimanche 7 septembre lors de la vingtième édition de L'étrange festival au forum des images à Paris dans une salle archi comble et avec un public enthousiaste. De très bonnes conditions donc! Il ne restait plus qu'à se laisser porter par ce film ultra sensoriel! Dès la première scène, Romain Basset ("Bloody Current Exchange", "Rémy") nous scotche avec une scène de cauchemar qui fait immédiatement son petit effet, par son efficacité, mais également par son esthétisme. On découvre alors cet étrange personnage fantasmagorique à tête de cheval qui donne son nom au film et qui n’est pas sans me rappeler ces drôles d’apparitions dans "La Belle Bête" de Karim Hussain.

Mais malheureusement après cela, je découvre que le film, pourtant français et se passant en France a été tourné en anglais... Et là, franchement, cela me gêne! Je comprends tout à fait ce choix destiné à favoriser les ventes pour l'international, mais il y avait quand même des moyens de le faire tout en restant crédible. Par exemple, il aurait pu s’agir d'une famille anglaise vivant en France... Pourquoi pas? Vu comment ils « colonisent » notamment la Normandie et la Bretagne... Mais dans ce cas, il aurait fallu que les autres protagonistes parlent français, ce qui n'aurait finalement fait que peu de dialogues restant en français... L'action aurait également pu se passer autrement à l'étranger et dans ce cas pas de soucis non plus! Donc, là c'est con, mais cela m'a empêché de rentrer pleinement dans le film, du moins pendant une bonne partie de celui-ci...

C'est d'autant plus dommage que le film a vraiment de la gueule avec quelques scènes, notamment celles des rêves, particulièrement bien fichues. Les acteurs sont tous très bons, que cela soit la charmante Lilly-Fleur Pointeaux ("La loi de Murphy", "Platane", "Ma première fois"), la cultissime Catriona MacColl ("Frayeurs", "L'au-delà", "La maison près du cimetière", "Saint Ange", "The Theatre Bizarre") ou encore le chanteur Murray Head ("Madame Claude", "La barbare", "Beaumarchais l'insolent", "Moi César, 10 ans 1/2, 1m39"). Le trio d'acteurs fonctionne parfaitement!

Catriona MacColl y incarne une mère antipathique au possible, Murray Head, un beau-père attachant, quant Lilly-Fleur Pointeaux, elle apporte l’innocence nécessaire au rôle de Jessica. Et puis dans les seconds rôles, impossible de ne citer Philippe Nahon ("Seul contre tous", "Haute tension", "Calvaire", "MR 73") et de Vernon Dobtcheff ("L'espion qui m'aimait", "Le nom de la rose", "La sirène rouge")! Deux vraies « gueules » du cinéma ! "Horsehead" possède donc des atouts, mais aussi des faiblesses (Quoi de plus normal pour un premier long ?), notamment quelques longueurs... Mais il y a cette fin, très belle et très bien vue éclaircissant un scénario qui au départ pouvait sembler un peu trop complexe et qui sauve finalement le film! On part ainsi sur une note positive, en se disant quand même que ce « petit jeune » a quand même vachement de talent!

Par contre, à l’origine, il était prévu que cela soit le groupe de Glam-metal BlackRain qui fasse la musique du film, mais au final, cela ne fût pas le cas. Pas trop de regrets en tous cas (Même si j’adore le groupe !), car la musique signée Benjamin Shielden est plutôt très satisfaisante. Après, évidemment il faut aimer les films avec des ambiances oniriques, car toutes les scènes d’horreur se passent durant des rêves, des rêves lucides ! C’est-à-dire des rêves où le rêveur est pleinement conscient d’être en train de rêver. C'est avant tout un film qui se ressent et donc pour l'apprécier pleinement, il faut à mon avis se laisser porter à 100%, ce qui n'est pas toujours facile, surtout lorsqu'il y a de petits détails qui nous gênent...

Malgré ses défauts, "Horsehead" vaut donc vraiment qu’on s’y attarde, mais pour ma part, je crois que je serai très heureux de pouvoir le redécouvrir avec un doublage français... Pour une fois !

Comme la plus part des films actuellement, "Horsehead" a sa page Facebook que vous pouvez suivre pour être tenu au courant de son actualité en attendant sa tournée des festivals et probablement ensuite sa sortie cinéma et très certainement DVD et Blu-ray...

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16.09.14

10:15:32, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Signé en 1968, le quatrième protocole interdit aux nations d’introduire clandestinement toute arme nucléaire, en pièce ou entière, dans un territoire étranger. Vingt ans plus tard, le KGB envoie son agent Valeri Petrofsky en mission secrète en Angleterre, près d’une base militaire américaine. La mort d’un coursier lui amenant des pièces nucléaires éveille les soupçons de John Preston, un agent du contre-espionnage britannique, qui va mener l’enquête pour connaitre les véritables intentions de Petrofsky.

Mon avis :

Bien avant d’incarner le célèbre espion britannique 007, Pierce Brosnan ("Nomads", "Madame Doubtfire", "GoldenEye", "Le Pic de Dante", "Thomas Crown", "The Ghost Writer") interprétait avec brio un impitoyable espion du KGB aux côtés de Michael Caine ("La Loi du milieu", "Le Limier", "Pulsions", "Jack l'Éventreur", "Élémentaire, mon cher... Lock Holmes", "Harry Brown"), dans "Le Quatrième Protocole"...

"Le Quatrième Protocole" est un très bon film d'espionnage, efficace et très bien mené, réalisé par John Mackenzie ("Mort d'un prof ?", "Racket", "Le consul honoraire"), au scénario assez classique, se passant dans un contexte de fin de guerre froide.

Pierce Brosnan y joue le rôle de Valeri Petrofsky, un agent du KGB impassible ayant pour mission d'introduire des pièces d'une bombe atomique sur une base américaine basée en Angleterre. Malheureusement pour lui, il va se heurter à John Preston, interprété par Michael Caine, un agent du contre-espionnage britannique...

Cette adaptation du roman de Frederick Forsyth ne brille certes pas par son originalité, mais le film est parfaitement rythmé, avec un scénario qui nous tient en haleine jusqu'au bout et des acteurs vraiment excellents. Michael Caine est une fois de plus parfait, mais c'est surtout Pierce Brosnan qui nous surprendra ici, dans un rôle très éloigné de ses rôles habituels.

Il y joue un tueur froid (Bon, en même temps, il vient de Russie!), sans pitié et avec un côté par moments assez ambigu très troublant, jouant naturellement de son charme et de sa classe naturels comme à son habitude... Durant tout le film, les deux hommes ne se rencontreront à aucun moment jusqu’au dénouement final où John Preston arrivera enfin à identifier son ennemi.

En plus de ces deux personnages, le casting se compose de quelques autres acteurs notables comme la charmante Joanna Cassidy ("Blade Runner", "Qui veut la peau de Roger Rabbit ?", "Les Tommyknockers", "Ghosts of Mars"), l’excellent Ned Beatty ("Délivrance", "Les Hommes du président", "Le Flic de mon cœur", "Juste Cause") ou encore Julian Glover ("Les Monstres de l'espace", "Rien que pour vos yeux", "Indiana Jones et la dernière croisade").

La mise en scène de John Mackenzie est dans l’ensemble assez efficace, avec quelques petites idées plutôt originales et assez surprenantes de la part de ce réalisateur ayant connu une carrière essentiellement télévisuelle. On se dit d’ailleurs qu’il aurait mérité certainement mieux... Enfin, la musique signée Lalo Schifrin ("Bullitt", "L'Inspecteur Harry", "Opération dragon", "Mission impossible", "Starsky et Hutch") est également assez réussie, malgré un certain classicisme.

Le film est d’ailleurs dans l’ensemble assez classique, mais surprend tout de même lors de certaines scènes, particulièrement lors de ses scènes de violence, comme par exemple lorsque le personnage de John Preston s’en prend à deux skinheads dans le métro...

Au final, "Le Quatrième Protocole" est un thriller d’espionnage très plaisant qui a plutôt bien vieilli, offrant à Pierce Brosnan un rôle d’une noirceur assez inhabituelle... Et puis, il y a Michael Caine, toujours impeccable!

"Le Quatrième Protocole" était déjà sorti en DVD en septembre 2000 chez TF1 dans une édition épuisée depuis belle lurette, c'est donc avec joie que l'on accueille cette réédition chez Elephant Films sortie le 26 août dans sa nouvelle collection baptisée Opération Guerre Froide. Cette nouvelle édition nous offre le film également au format 2.35 16/9ème compatible 4/3 avec les pistes Dolby Digital 2.0 anglaise et française. En bonus, on y trouve une featurette d'époque d'une durée de 28 minutes environ comprenant des interviews de l'équipe du film durant le tournage, une galerie de photos et des bandes annonces de l'éditeur dont celle du film.

Le 4ème protocole

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Le quatrième protocole - Edition 2014

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15.09.14

05:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Return to nuke em high

Réalisateur : Lloyd Kaufman

Année : 2013

Origine : États-Unis

Durée : 1h25

Avec
: Chrissy Goldberg (Asta Paredes), Lauren (Catherine Corcoran), Lloyd Kaufman (Lee Harvey Herzkauf), le président (Lemmy), etc.

Par Nicofeel

Sorti en France sous le titre d'Atomic college, Class of nuke'em high est une trilogie comico-gore de la firme indépendante Troma sortie respectivement en 1986, 1991 et 1994.

Plus de 20 ans après, le réalisateur charismatique de Troma, Lloyd Kaufman, décide de remettre au goût du jour les Class of nuke'em high, en les remettant au goût du jour. Le “nouveau” premier volet est sorti aux États-Unis courant 2013.

On se situe comme d'habitude dans cette bonne ville de Tromaville. Il n'y a plus de centrale nucléaire pour polluer et intoxiquer les gens. Sur les fondations de la centrale s'est installée une usine de nourriture industrielle, la Tromorganic (citation à Troma, évidemment !) foodstuffs, menée par Lee Harvey Herzkauf. Ce dernier est interprété par Lloyd Kaufman qui cabotine à mort, comme d'habitude et son nom est un clin d’œil évident aux deux fondateurs de la firme Troma : Michael Herz et lui-même.

Return to nuke'em high a beau se passer dans notre période actuelle, il ne surprendra pas les connaisseurs de ce type de cinéma. Pour les autres, l'étonnement risque d'être de mise. Dans cette sortie de série B survoltée et complètement décomplexée, on pourrait dire que l'on a droit à de la satire, du sang et du sexe.

Les films Troma ont beau donner l'impression d'être des petits films d'horreur complètement débiles, ils n'oublient jamais de passer un message. A l'entrée du lycée de Troma, un détecteur de métaux oblige les élèves à se séparer de leurs armes, une façon de rappeler que les États-Unis sont un pays où les armes sont trop nombreuses et trop faciles d'accès. Mais surtout la principale critique est celle relative à l'environnement.Après avoir sans cesse critiqué la politique nucléaire, la firme Troma n'hésite pas cette fois à s'en prendre à cette société consumériste qui fait passer le bio comme la réponse à tout, comme si du jour au lendemain l'environnement était devenu plus sain. Alors évidemment, la démonstration n'est pas des plus fines avec ces produits verts qui sont toxiques et qui viennent inonder le lycée de Tromaville. Mais quand on voit ce que l'on voit de nos jours, on se dit qu'il ne vaut mieux pas savoir ce que l'on a réellement dans notre assiette.

C'est cette “malbouffe” qui explique pourquoi plusieurs lycéens de Tromaville, mangeant des tacos radioactifs, vont soit mourir de façon bien dégueu soit subir des mutations ! Lloyd Kaufman s'amuse à changer une chorale de petits intellos ringards en punks new age assoiffés de sang ! Fidèle à son esprit fun, Return of nuke'em high propose un bon gros gore qui tâche avec cette substance verdâtre ou encore ces monstres caoutchouteux sortis de nulle à part, à l'image de cette séquence initiale où deux jeunes font l'amour jusqu'à ce qu'ils soient attaqués par une bestiole improbable.

Le sexe est le dernier ingrédient que l'on retrouve dans chacun des films de la Troma. Return to nuke'em high est bien placé dans ce domaine. Du début à la fin, on a droit à du sexe gentillet mais bien débridé. Le sexe est présent sous toutes ses formes avec notamment des transsexuels et homosexuels. Le film met d'ailleurs à l'honneur deux lesbiennes, une “bourge” et une fille issue d'un milieu populaire, qui vivent une histoire d'amour improbable. Ensemble, elle vont tenter de s'en sortir face à la horde des punks. Ayant été contaminées elles aussi, elles vont pouvoir combattre leurs ennemis avec des armes “naturelles” complètement inattendues : des seins qui envoient des substances nocives ou encore une des lesbienne armée d'un phallus géant. Le réalisateur Lloyd Kaufman se plaît à mettre de façon explicite des propos sexuels ou tout simplement des symboles ô combien explicites au sexe. Tout ceci est amusant et aussi un pied de nez à une Amérique puritaine. Et cela révèle l'esprit libre et frondeur de la Troma.

Les gags s'accumulent à la vitesse grand V, que ce soit pour critiquer gentiment la politique du président Obama, ou que ce soit tout simplement pour faire preuve d'un humour bien graveleux. Au programme des festivités, Return to nuke'em high contient un viol de canard (un hommage à Poultrygeist, film bien marrant de Lloyd Kaufman !), des personnages volontairement idiots, un Lloyd Kaufman qui en fait des tonnes ou encore un professeur qui se blesse sévèrement avec un laser ! Bref, c'est complètement débile et insensé mais cela permet de passer un bon moment.

Au final, Return to nuke'em high est fidèle à l'esprit Troma avec une sorte de délire généralisé qui traverse cette œuvre “autre” pendant plus d'une heure vingt. Pas de réelle surprise et sûrement pas une œuvre majeure de la Troma – on a beau nous dire qu'il ne s'agit pas d'un remake, ça y ressemble tout de même fortement – mais un film qui amuse bien le spectateur.

Le film se termine de telle sorte que l'on sait pertinemment qu'il y aura une suite. Nous attendons alors avec intérêt ce Return to nuke'em high 2 !

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14.09.14

05:30:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Les personnalités les plus incroyables de la nuit parisienne sont filmées en exclusivité : artistes, pornstars, exhibitionnistes, performers. Des séquences hallucinantes : défilés fétichistes en pleine rue à Pigalle, courses de filles topless en rollers, sex-parties avec poupées gonflables, cirque libertin, cabaret burlesque et autres curiosités...

Mon avis :

En cette rentrée 2014, Bach films nous propose un voyage coquin au cœur de Paris avec "Sexy Paris", un documentaire nous invitant à découvrir un Paris libertin et sexy à travers des mini-reportages parfois surprenants...

Le documentaire commence en nous présentant les soirées burlesques qui ont lieu à La Cantada (un bar mythique de Paris), accueillis par la batte de mademoiselle Sadik Sadie qu'on regrettera de ne pas voir sur scène par la suite. Bon, je ne me suis jamais rendu à ce type de spectacles (malgré les multiples invitations), mais je dois avouer que l'ambiance a l'air vraiment très sympathique! A tenter!

Ensuite, on découvre l'univers du porno-peluche... Hum, hum!!! Je dois avouer que là, je suis resté perplexe! Y a-t-il réellement des gens que cela attire? Apparemment, oui! En tous cas, le documentaire là-dessus n'est pas très clair et on peut se demander à qui les deux énergumènes, Diamond et Triumph, destinent ces vidéos et dans quel but ils les font... Cela reste franchement assez flou!

Troisième mini-reportage, le sexy karting! Bon apparemment, il s'agit d'un lieu où les jeunes femmes peuvent faire du karting en mini-short uniquement... Je n'ai pas trop saisi l'intérêt, mais si on ne peut faire une petite course avec elles (Ce qui ne semble pas être le cas...), cela peut motiver pour dépasser ses limites! Par contre, est-ce que cela a lieu quotidiennement ou était-ce une fois comme ça? Mystère!

Dans le quatrième reportage, la photographe Sacha alias Marlène Delcambre ("Le masque de la Méduse", "A Very Very Sexy Snuff Movie") nous parle de sa passion pour les maisons closes du 19ème siècle. Il faut reconnaître que ses photos ont l'air très chouettes et en prime l'on assiste à une séance photos avec une très jolie modèle...

Après cela, on a le droit à l'effeuillage intégral en plein Paris de deux actrices du film "Bl00dy Fl0wers", devant des passants médusés, mais largement intéressés! Deux filles splendides et donc un vrai régal pour les yeux! Et quel bonheur franchement de voir enfin la très jolie Jennifer K. en nu intégral!

Bienvenue ensuite au "Cirque des libertins"! Une soirée pour le moins originale mêlant cirque et libertinage... Là encore, on n'en apprend finalement que peu! Est-ce que cela a lieu régulièrement? Était-ce une soirée comme ça? Dommage que le reportage ne nous en dise pas plus!

Suit ensuite un reportage sur Sangria, une artiste peintre spécialisée dans l'érotisme. On regrettera quand même que le réalisateur ne nous montre pas réellement ses œuvres et se concentre plus sur les modèles nues...

Dans le reportage suivant, Richard J.Th0ms0n ("Time Demon", "Jurassic Trash", "Bl00dy Fl0wers", "A Very Very Sexy Snuff Movie") nous recycle son reportage "Votez Cindy!" en nous proposant un remontage de celui-ci pour nous parler brièvement du Parti du plaisir, le parti politique mené par la strip-teaseuse Cindy Lee ("Time demon 2").

Ce reportage est suivi d'un nouvel intermède sexy, avec un nouvel effeuillage des deux demoiselles de "Bl00dy Fl0wers", plus centré cette fois sur la belle Betty Varga. Nous, en tous cas, on en redemande! Quant aux passants, à mon avis, ils en gardent un souvenir mémorable!

Après direction la forêt de Fontainebleau pour un safari sexy où des photographes s'amusant à chasser deux jolies hongroises pour ensuite les shooter! Amusant certes, mais cela laisse quand même assez dubitatif! Mais bon, les deux demoiselles ne sont pas farouches et sont gaulées comme la mort, alors...

Le reportage suivant est quant à lui consacré à une autre artiste peintre, Rebecca, qui nous présentera son travail et cette fois, on pourra vraiment voir ses œuvres contrairement à celles de Sangria.

On découvre ensuite les créations de Sylvain Coeurjolly, styliste créant des tenues très sado-maso faites à partir de chambres à air.

Troisième effeuillage ensuite avec toujours les filles de "Bl00dy Fl0wers", cette fois en mères Noël devant le Printemps... Purée!!! Elles ont dues se cailler les demoiselles!

Ensuite, direction le Moon City, un club échangiste de Pigalle où l'on retrouve à nouveau la jolie Marlène Delcambre, dans un lieu ayant notamment servi de décor aux scènes les plus marquantes de "Bl00dy Fl0wers" (Tiens! Encore?) et par la même occasion au deuxième segment de "A Very Very Sexy Snuff Movie". Comme le monde est petit quand même!

On assiste ensuite à des courses de roller topless où des demoiselles, pas forcément très douées en roller d'ailleurs, font une course en petites tenues pour le plus grand plaisir de parieurs voyeurs!

Le reportage qui suit est consacré aux poupées gonflables. On a alors droit à une présentation de ce qui existe par un vendeur dans un sex-shop et à une partouze ayant lieu à Paris avec des poupées... Bon, franchement, elles ne sont pas terribles et on est quand même loin de celle de "Monique"! Au final, on ne peut pas dire que cela donne particulièrement envie tout ça!

Après le cirque et le Moon City, nouvelle soirée libertine avec une soirée spéciale Halloween se passant dans un château. Ça a l'air plutôt sympa comme ambiance! Ça donnerait presque envie d'y participer!

De nouveau, on a alors le droit à un effeuillage de la belle Jennifer K., seule cette fois, dans un magasin de moto et dans une laverie. J'aime bien ces intermèdes en fait!

Enfin, pour finir, on a le droit à une démonstration de Shibari (le bondage japonais) organisée par la romancière Clara Basteh, co-productrice du film "L'Orpheline avec en plus un bras en moins"...

Ce "Sexy Paris" sera tout de même un documentaire à réserver à un public averti, car il comporte quelques passages, certes floutés, mais tout de même assez explicites. Après, son intérêt reste assez limité... C'est en fait plus une curiosité qu'autre chose! Mais bon, rien que pour les strip-teases qui entrecoupent le documentaire, cela vaut le coup!

"Sexy Paris" est sorti en DVD le 3 septembre chez Bach films. Le film est présenté au format 1.85 16/9ème avec pistes française et anglaise, mais il est à noter que le doublage anglais qui est superposée à la version française est difficilement audible.

Sexy Paris

Sexy Paris
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13.09.14

05:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : American nightmare 2 anarchy

Réalisateur
: James DeMonaco

Année : 2014

Origine : Etats-Unis

Durée : 104 minutes

Avec : Frank Grillo, Carmen Ejogo, Zach Gilford, Kiele Sanchez, etc.

Par Nicofeel

Après le succès commercial d'American nightmare, James DeMonaco a rempilé pour créer une seconde purge (titre original du film). Lors de cette nuit, les nouveaux pères fondateurs ont décidé de permettre à tous les citoyens de s'adonner à la violence, sans craindre de poursuites. La violence est ainsi légalisée et banalisée.

Le film comporte (à nouveau) des thématiques savoureuses avec cette critique d'une société où la morale semble avoir disparu. Il y a une réelle perte de valeurs avec ce choix ô combien contestable de légaliser la violence le temps d'une journée, ce qui permettrait soi disant de baisser les taux de criminalité.

Car le film montre bien que cette violence légale engendre des comportements pour le moins inhumains. Les riches en profitent pour assouvir leurs plus bas instincts et pour tuer les pauvres qui n'ont pas les moyens de se défendre. Pire, certains riches en profitent pour se payer directement ou indirectement (rapts, enlèvements) des pauvres afin de leur faire subir les pires outrages. Sur ce point, on n'est pas si loin d'un Hostel. American nightmare 2 fait froid dans le dos avec la description de cette société où la vie se monnaye aisément.

Et puis il y a ceux qui profitent de la purge pour tuer en toute impunité pour des raisons diverses et variées (adultère, vengeance, etc.)

Heureusement, tout le monde n'est pas d'accord avec cette purge et certains se révoltent. Mais cette révolte n'a lieu que... dans la violence. Et comme par hasard les initiateurs sont des personnes noires. Tout ceci peut paraître un peu caricatural.

Mais bon, cela a le mérite de mettre en avant une sorte de lutte des classes.

Cela étant, le film ne va pas jusqu'au bout des choses. La très intéressante analyse sociologique qui pourrait être faite, demeure assez superficielle. Et pour cause, le réalisateur James DeMonaco a choisi d'agrandir son cadre. Alors que le premier volet de la purge se concentrait sur ce qui passait à l'intérieur d'une maison, ce second volet est censé se passer dans l'ensemble de la ville de Los Angeles. On passe donc du huis-clos aux rues dangereuses d'un Los Angeles peu accueillant. Surtout, on ne se situe plus dans un film tendu sur le plan psychologique mais plutôt dans un film bis décomplexé qui n'est pas sans rappeler une œuvre eighties telle que Les guerriers du bronx.

L'action avance sans discontinuer et les meurtres se succèdent à la vitesse grand v. On ne peut pas dire que l'on ne prenne pas un certain plaisir à regarder ce spectacle régressif. D'autant que ceux qui sont censés tirés les marrons du feu, les fameux riches, voient bien souvent les événements se dérouler autrement que ce qu'ils avaient prévu.

Pour autant, malgré son dynamisme évident, American nightmare 2 est clairement un ton en dessous par rapport au précédent opus. D'abord, et c'est le principal reproche que l'on peut faire au film, American nightmare 2 sent le réchauffé. Aussi intéressantes qu'elles soient, les thématiques liées à cette purge étaient déjà à l’œuvre dans le premier opus. Ensuite, l'action est certes sympathique mais elle “tue” le psychologique qui est parfois réduit au minimum, surtout avec des dialogues fort limités et des acteurs qui sont loin d'être transcendants.

De plus, on a fortement l'impression que le film a bénéficié d'un budget relativement limité car on nous signale que la purge se situe partout, et ici précisément à Los Angeles. Pourtant, on ne voit rien d'autre que quelques rues qui sont animées. La violence et la dangerosité qui sont à l’œuvre ne sautent pas aux yeux du spectateur, au vu de ce qu'il a l'occasion d'apercevoir.

Les défauts inhérents à cette suite d'American nightmare, trop portée sur l'action, n'empêchent pas de passer un bon moment à regarder ce film. Car la critique d'une société américaine paranoïaque et capitaliste est toujours bien vivace. Le générique de fin étaye bien le point de vue du réalisateur sur une Amérique en perte de vitesse au niveau de ses valeurs. Évidemment, il ne s'agit que d'une fiction mais espérons que l'on ne s'engage pas un jour vers quelque chose d'aussi radical.

Après un American nightmare dont l'action se situait dans une maison lors de la fameuse purge, un deuxième opus à l'échelle de Los Angeles, un troisième film sera-t-il d'actualisé avec comme base les États-Unis dans leur ensemble ? Affaire à suivre.

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12.09.14

05:00:00, Catégories: Test / Critique, Box office cinéma  

Titre du film : Deux jours, une nuit

Réalisateurs : Jean-Pierre et Luc Dardenne

Année : 2014

Origine : Belgique

Durée : 1h35

Avec : Marion Cotillard (Sandra), Fabrizio Rongione (Manu), Olivier Gourmet (Jean-Marc), etc.

Par Nicofeel

Les frères Dardenne sont de retour avec leur dernier film, Deux jours, une nuit. Présenté au dernier festival de Cannes, cette œuvre est complètement dans la mouvance de leurs précédents longs métrages, avec une forte connotation sociale (Rosetta, L'enfant, Le gamin au vélo).

Ce film est d'ailleurs ancré dans la réalité la plus concrète. En effet, dès le début, on apprend qu'une petite société qui crée des panneaux solaires, est victime de la concurrence exacerbée asiatique et doit licencier un de ses employés pour limiter les coûts. En somme, voilà un des ravages du capitalisme. Le choix de l'agent à licencier s'est porté sur Sandra, une jeune femme qui revient tout juste d'un arrêt maladie. Là où le film est terrible, et malheureusement assez réaliste, c'est que les employés ont eu le choix de voter entre le fait de conserver Sandra avec eux ou de toucher une prime de 1000 €. Cruel choix, s'il en est. Dans une société de plus en plus individualiste, la majorité a voté le fait d'obtenir la prime. D'autant que dans la période actuelle, les ménages disposent d'un pouvoir d'achat qui se raréfie et ils ont du mal à joindre les deux bouts.

Malgré cette situation pas franchement propice à conserver Sandra au sein de l'entreprise, une de ses collègues et amies proches, a obtenu du patron qu'il procède à un nouveau vote. C'est alors qu'apparaît tout l'enjeu du film : est-ce que dans le court laps de temps qui lui reste (un WE, d'où le titre du film), Sandra parviendra à changer l'avis de ses collègues en les rencontrant un à un. En tout cas, on peut penser que c'est l'enjeu principal.

Derrière cela, les frères Dardenne s'interrogent sur les rapports humains. Et sur ce point, on voit que les gens sont très différents dans leurs choix , leurs réactions et leurs motivations. La moralité des gens, leur altruisme, leur humanisme ou à l'inverse leur indifférence, voire carrément leur violence verbale est mise à jour. Il y en a qui culpabilisent et acceptent de changer leur vote. Il faut dire qu'il est bien plus difficile de dire non à quelqu'un en lui parlant que dans le cadre d'un vote secret. Mais il y en a qui restent sur leurs positions, qui estiment mériter cette prime ou qui tout simplement ne peuvent (veulent) pas s'en passer, pour des raisons qui sont plus ou moins crédibles.

On peut juger les gens mais en tout état de cause, il n'est pas aisé de se positionner sur un tel sujet. Quelle serait notre réaction dans un pareil cas de figure ? Accepterait-on, dans un grand élan d'humanisme, de renoncer à une prime pour permettre à un collègue de travail de conserver son emploi ? Voilà un sacré dilemme moral.

Pour accentuer l'intensité des rencontres entre Sandra et ses différents collègues de travail, les frères Dardenne ont filmé leur héroïne au plus près. La caméra est toujours aux côtés de Sandra, comme si cette dernière ne faisait qu'un avec le sujet du film. Comme si Sandra était tout simplement un symbole.

Seul ombre au tableau de ce film très riche et passionnant, le côté redondant des scènes de rencontre entre Sandra et ses collègues. Certes, au regard du scénario, il y a des passages obligés mais cela paraît tout de même par moments un peu répétitif.

Pour interpréter le rôle de Sandra, les frères Dardenne ont fait confiance à l'actrice Marion Cotillard. Elle a parfaitement réussi à se fondre dans l'univers et dans le style des Dardenne. Celle qui a été révélée aux yeux du grand public en jouant Edith Piaf à l'écran, est totalement crédible dans le rôle de cette femme qui perd son boulot et trouve le courage (par le soutien indéfectible de ses proches, et notamment de son mari) – malgré plusieurs moments d'abattement on ne peut plus logiques – de se battre pour tenter de rester parmi les travailleurs.

De manière intelligente, les frères Dardenne ont refusé de terminer leur film par un happy end. Ils ont en revanche mis en valeur leur héroïne, qui est plus que jamais attachée à ses principes moraux.

Au final, Deux jours, une nuit, est un très bon film social et sans doute un des tous meilleurs des frères Dardenne. Leur accorder la palme d'or au dernier festival de Cannes n'aurait pas été une injustice. Bien au contraire.

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