30.01.16

06:50:11, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Scream girl

Réalisateur : Todd Strauss-Schulson

Année : 2015 (film sorti au Paris International Fantastic Film Festival)

Origine : États-Unis

Durée : 1h31

Avec : Taissa Farmiga (Max Cartwright), Malin Akerman (Amanda Cartwright / Nancy), Nina Dobrev (Vicki), Alexander Ludwig (Chris), Adam DeVine (Kurt), etc.

Par Nicofeel

Vous en avez marre de regarder des films d'horreur ridicules ou des remakes insipides ? Dans ce cas, Scream girl est là pour vous. Prenez une pincée de Vendredi 13, ajoutez-y un soupçon de Scream et saupoudrez le tout de Last action hero. Vous obtenez alors : Scream girl.
Son pitch n'est pas sans rappeler La rose poupre du caire de Woody Allen ou Last action hero de McTiernan. En effet, Max, une adolescente, se rend dans un cinéma avec ses amis, pour assister à une séance rétro, Camp bloodbath, un film d'horreur fauché qui fleure bon les eighties. Suite à un accident, Max et ses compagnons se retrouvent projetés... à l'intérieur du film.
A la différence de Last action hero, il n'est pas question pour les personnages de faire des allées et venues entre le film et la réalité. Ici, l'action prend place du début à la fin dans Camp Bloodbath.
C'est ce qui constitue le ciment de Scream girl. Et son attrait provient du fait que ces jeunes issus de notre époque actuelle vont cohabiter avec les héros de Camp bloodbath. Et le mélange s'avère savoureux. Et pas uniquement en raison de différences vestimentaires évidentes.
On a d'un côté nos jeunes des années 80 insouciants, naïfs, un peu bébêtes qui passent leur temps à s'envoyer des vannes, à jouer voire à se draguer. Et plus si affinités...
De l'autre côté, on a Max et ses compères. Ils connaissent ce film d'horreur et sont conscients du danger incarné par le tueur masqué. Ils ne cessent de mettre leurs nouveaux amis sur leurs gardes.
Le sexe devient un interdit car il provoque l'arrivée immédiate du tueur !

A cet égard, on constate que le réalisateur de Scream girl, Todd Strauss-Schulson, parodie allègrement les slashers des années 80. Les codes du genre sont gentiment tournés en dérision : le tueur qui fait penser à celui de Vendredi 13 est indestructible (ou presque), les scènes de sexe sont toujours concomittantes de l'arrivée du tueur, les jeunes ne sont pas très futés pour échapper à leur bourreau.
Même l'enfance du tueur, prénommé ici Billy, est tournée en dérision. On a droit à une scène hilarante lorsque nos héros sont transférés dans un flashback, censé expliquer le trauma du tueur. Comme on est dans un flashback, les personnages sont en noir et blanc ! L'idée est géniale.
Todd Strauss-Schulson a plein de trouvailles visuelles qui relancent continuellement le film, lui donnant son aspect atypique.
Encore plus étonnant, Scream girl s'avère une comédie horrifique qui joue à plusieurs reprises la carte de l'émotion. Alors que dans nombre de films d'horreur, la distribution laisse à désirer, ici c'est au contraire un de ses atouts. La belle suédoise Malin Akerman interprète à ce propos avec talent deux rôles différents : celui d'Amanda, la mère de Max et celui de Nancy, l'un des personnages de Camp bloodbath.
Pour Max, qui a perdu sa mère il y a quelques années dans un accident, le film qu'elle “vit” lui donne l'occasion de parler à sa mère, mais sa mère telle qu'elle était en héroïne des années 80. Ah c'est parfois subtil les films d'horreur ! Cette relation mère-fille est l'un des sujets centraux du film. Elle est d'autant plus touchante qu'Amanda est décédée. Max vit donc une situation avec sa mère telle qu'elle était en “scream girl” des années 80.
A travers cette étonnante relation, l'émotion est palpable et Max fait tout pour changer le cours dun film afin que sa mère ne meure pas dans celui-ci. De façon plutôt fine, le réalisateur dresse le portrait d'une adolescente qui peine à faire le deuil de sa mère. Encore un bon point pour Scream girl.
Ajoutons que ce long métrage introduit une réflexion intéressante sur le devenir des actrices ayant oeuvré dans des films d'horreur. Bien souvent, elles restent cantonnées dans ces rôles et sont déconsidérées lorsqu'elles essaient de jouer dans d'autres registres.
Malgré toutes ces qualités, Scream girl n'est pas parfait. C'est un film qui n'est pas spécialement ambitieux et cherche surtout à divertir le spectateur. Ce qui n'est pas si mal en soi. Surtout, les fans purs et durs de films d'horreur risquent d'être déçus. En effet, il n'y a pas vraiment de tension et il n'y a quasiment aucune scène sanguinaire. Quant aux séquences de charme, elles sont réduites. Quoique, personnellement, le regard de la belle Malin Akerman est largement suffisant.
Dans tous les cas, Scream girl constitue bonne surprise qui fait plaisir à voir... Et à entendre ! Car sa bande son sent bon les années 80 avec plusieurs standards de ces années. Dance hall days de Wang Chung et Cruel summer de Bananarama sont de la partie. La palme de la chanson la plus appréciable revient à Bette Davis eyes de Kim Carnes qui marque les esprits. Lors d'une séquence d'introduction, ce hit des années 80 est réinterprété de façon pertinente et riche sur le plan émotionnel.
Au final, Scream girl s'avère une comédie horrifique enthousiasmante. Elle parodie avec beaucoup d'a propos les films d'horreur des eighties, avec une approche originale tant sur le fond que sur la forme. Voilà un film rafraichissant qui met de bonne humeur.

Permalink 970 mots par nicofeel Email , 841 vues • Réagir

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