07.10.13

05:00:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Un matin, une jeune et belle femme se met inexplicablement et inexorablement à pourrir...


Mon avis :

Après avoir signé ces dernières années quelques courts métrages bien dérangés tournant essentiellement autour de la sexualité, de la chair et du sang, le réalisateur québécois Éric Falardeau ("Purgatory", "Cam Shot", "Coming Home", "Crépuscule") nous revient cette fois avec son premier long-métrage, "Thanatomorphose", un film où il va au bout de son sujet et de ses obsessions. Le cinéaste faisant en effet suite, après ses divers courts métrages, à sa thèse qui portait sur le gore, la pornographie et les fluides corporels dans le cinéma...

Le titre en dit déjà long sur ce qui nous attend, la thanatomorphose étant les modifications visibles que la mort provoque sur les organismes. Tout un programme! Le film est un huis clos se déroulant dans l’appartement d'une jeune femme dont le corps est purement et simplement en train de pourrir comme le corps d'un cadavre. Kayden Rose ("Vampyros Lesbos", "Frankenstein Unlimited", "Amy's in the Attic"), qui interprète cette jeune femme, va vraiment donner de sa personne durant tout le film, tournant d’ailleurs la plus grande partie du métrage complètement nue.

Elle ne va pas être épargner durant toute la durée du long métrage, d'une part par son compagnon dans le film, l'actrice jouant une jeune femme assez faible restant en couple avec un homme violent (Ainsi au départ, on se demande si les bleus qui apparaissent sur son corps ne proviennent pas de violences conjugales...) et surtout qui ne la respecte pas et d'autre part car on imagine qu'il n'a pas dû être facile de subir tous ces maquillages successifs...

Ceux-ci sont l’œuvre de Rémy Couture ("Humains", "Discopathe") et David Scherer ("Ouvert 24/7", "The Theatre Bizarre", "Last Caress", "Chimères"), notre spécialiste français des effets spéciaux de maquillage, qui a fait le trajet jusqu'au Canada afin de travailler sur ce projet. Une fois de plus, il a fait un travail absolument incroyable rendant totalement crédible cette transformation pourtant parfaitement improbable.

Le film est très noir, très glauque, n’hésitant à aucun moment à repousser les limites de l’abject et à pousser le spectateur dans ses derniers retranchements avec des scènes parfois bien craspecs. Le film est bien entendu à réserver à un public averti et habitué à ce type de pellicules déviantes. Éric Falardeau se situe quelque part entre David Cronenberg et Jörg Buttgereit, allant plus loin que le premier, mais tout de même moins que le second, mais surtout il les rejoint au niveau des thématiques.

Le réalisateur est allé quasiment au bout du sujet de sa thèse, sauf peut-être en ce qui concerne la pornographie, car malgré le fait que les acteurs se baladent la plus part du temps nus dans le film et malgré des scènes sexuellement très explicites, celles-ci resteront suggérées ou filmées de façon non frontales contrairement à d'autres films extrêmes qui n'hésitent pas à franchir le pas comme par exemple "The Bunny Game" ou "Subconscious Cruelty".

Le film est un petit budget, mais a tout de même de la gueule, même si les faibles moyens se ressentent dans la façon de filmer, les décors etc... La musique, très belle et distillée avec parcimonie, apportant un côté assez mélancolique au film, surtout dans sa dernière partie dont la beauté macabre réjouira les amateurs de gore.

Le cinéaste conservera jusqu’à la fin un côté très humain à son personnage (Même si celui-ci va quelque peu basculer dans la folie !), en montrant notamment la jeune femme essayant par exemple de se maquiller afin de se redonner un peu d'éclat et de tenter de cacher sa dégradation ou encore lorsque celle-ci essayera de ralentir le pourrissement de son corps en prenant un bain glacé...

Avec "Thanatomorphose", Falardeau signe un film d’une noirceur totale, sans espoir et jusqu’au-boutiste, n’épargnant ni son personnage principal, ni le spectateur. Une œuvre extrême, dérangeante, mais aussi très belle !

"Thanatomorphose" est sorti dans une édition limitée et numérotée à 100 exemplaires signés par le réalisateur et les trois acteurs principaux du film. Cette édition n'est évidemment plus trouvable mais vous pouvez autrement vous procurer celui-ci dans son édition suédoise, espagnole (pourvue de sous-titres français) ou encore patienter jusqu'au 21 janvier 2014 pour vous acheter l'édition américaine qui sortira chez Unearthed Films et déjà pré-commandable. Des sorties sont prévues dans pas mal d'autres pays, notamment en Angleterre et en Australie grâce à Monster Pictures, mais à quand une édition française?

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