Catégorie: Test / Critique

03.11.16

00:11:11, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

15 ans après la disparition de la petite Francesca, fille du célèbre écrivain, poète et dramaturge Vittorio Visconti, un psychopathe terrorise la population, bien déterminé à nettoyer la ville des "âmes impures et damnées". Devant l'inefficacité des forces de police, les détectives Moretti et Succo sont chargés d'élucider le mystère qui entoure cette série de crimes "dantesques". Tout porte à croire que Francesca est de retour, mais la petite fille que tout le monde connaissait a bien changé...

Mon avis :

Cela fait bien longtemps que le Giallo n'est plus ce qu'il a été, malgré tout depuis quelques années celui-ci semble revenir à la mode avec la ressortie sur supports physiques de nombreux titres souvent d’ailleurs dans des éditions particulièrement soignées, mais aussi avec de nouveaux films rendant hommage à ce style, en provenance de divers pays, souvent étrangers au pays qui l'a vu naître...

Après "Sonno Profondo", qui m'avait personnellement quelque peu déçu, le réalisateur argentin Luciano Onetti nous revient avec un second Giallo sobrement intitulé "Francesca". Même si son premier film, qu’on pourrait plutôt classer dans les Néo-Gialli plus que dans les Gialli purs et durs, m'avait, pour tout vous dire, un peu ennuyé, il comportait tout de même pas mal d’éléments prometteurs laissant présager un avenir meilleur, tout en laissant transparaître un véritable amour pour le genre.

Un amour qui va d'ailleurs se ressentir dès les premiers instants du film avec un générique typiquement giallesque, bercé par une musique magnifique et où transpire qui plus est une atmosphère particulièrement malsaine et dérangeante. Immédiatement les couleurs vives chères à Bava ou Argento nous sautent aux yeux et une tueuse aux gants de cuir rouges commet un meurtre sadique à l’arme blanche... Tant d’éléments typiques du Giallo que cet hommage en deviendrait presque caricatural si on ne ressentait pas le profond respect du réalisateur pour ce style de thrillers ayant particulièrement marqué l'Italie au cours des années 60 et 70.

Commence alors une enquête pour découvrir l'identité et les motivations de cette meurtrière laissant sur les yeux de ses victimes deux pièces de monnaie, tribut sensé permettre leur entrée en enfer... L'étau va alors se resserrer peu à peu autour de certains personnages jusqu’à une révélation assez inattendue, même si on peut se douter de certaines choses lorsqu’on est habitué au style! En tout cas, le réalisateur nous surprend réellement au final avec une scène située à la fin du générique changeant complètement le sens du film.

Pour le reste, le film a plutôt de la gueule, même si on ressent par moments son côté assez fauché et qu’on pourra regretter des meurtres un peu trop vite expédiés. Vu son budget limité, Luciano Onetti a dû faire avec les moyens du bord dans pas mal de domaines et faire notamment appel à la famille et aux amis pour constituer son casting, mais malgré son côté amateur, celui-ci s’en sort plutôt pas trop mal et est dans l’ensemble assez bien choisi. Certaines victimes font même typiquement Giallo! Jeunes, jolies et typées italiennes en somme! Autres points positifs, l’utilisation des décors naturels et le fait que l’on ait vraiment l’impression d’être dans l’Italie des années 70... Là, franchement chapeau!

On notera en revanche quelques petites invraisemblances, mais rien de grave, ne venant en tout cas pas gâcher notre plaisir. L’utilisation de poupées et mannequins est plutôt intéressante, même si cela a déjà été fait, car cela apporte réellement un côté angoissant au film. Quant à l'inspiration dantesque... Pourquoi pas!

Alors qu’avec "Sonno Profondo", Luciano Onetti versait dans le Néo-Giallo expérimental un peu à la manière du couple Hélène Cattet et Bruno Forzani, avec "Francesca", celui-ci nous offre donc un pur Giallo, très classique, mais beaucoup plus accessible, laissant surtout espérer un troisième film qui pourrait enfin nous surprendre vraiment. A suivre...

"Francesca" est sorti le 17 juin 2016 en DVD chez The Ecstasy of Films dans une édition limitée avec fourreau cartonné et jaquette réversible présentant le film au format 2.35:1 16/9ème compatible 4/3 avec piste audio italienne en Dolby Digital 5.1 accompagnée de sous-titres français, anglais et espagnols. Comme à son habitude, l'éditeur nous gâte en suppléments avec un entretien avec Luciano et Nicolas Onetti (19'), les coulisses du tournage (13'46"), un générique de début alternatif (3'16"), une scène cachée qui s’avère être la scène située à la fin du générique (1'57"), la bande-annonce originale (1'38"), une galerie photos (4'09") et des bandes annonces du catalogue de l'éditeur composé de celles de "Macabro", "Zeder" et "Qui l'a vue mourir ?" (7'51"). Enfin, il est à noter que l’éditeur nous propose également le film avec piste musicale isolée...

Francesca

Francesca
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02.11.16

05:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The strangers
Réalisateur : Na Hong-Jin

Année : 2016

Origine : Corée du Sud

Durée
: 2h36

Par Nicofeel

Après The chaser (2008) et The murderer (2010), le cinéaste sud-coréen Na Hong-Jin revient aux affaires avec sa nouvelle oeuvre, The strangers. Son nouveau film a même eu droit aux honneurs du festival de Cannes, où il a été présenté "hors compétition".

Si Na Hong-Jin met en scène à nouveau un thriller, celui-ci se situe clairement dans une autre dimension, par rapport à ses précédents films. The chaser et The murderer constituent d’excellents thrillers urbains, mais dont le scénario est relativement balisé. Avec The strangers, l’action du film se déroule désormais à la campagne, qui constitue à elle seule quasiment un personnage à part entière du film. Et puis ce long métrage ne touche pas à un genre mais à plusieurs : on est tout aussi bien dans le thriller, le film de zombies, la satire de mœurs, le drame familial, le film de vengeance, le film d’exorcisme.

Au départ, avec une série de meurtres qui ont lieu dans un petit village, le spectateur pense qu’il a affaire à une enquête policière, dans le style de Seven de David Fincher ou du très bon film sud-coréen Memories of murder de Bong Joon-Ho. Que nenni. Le « héros » du film, Jong-Gu, un policier fainéant, couard et peu impliqué dans son travail, ne tarde pas à comprendre qu’il se passe des choses mystérieuses. Les morts se révèlent effroyables – la violence est une thématique récurrente du cinéma de Na Hong-Jin – et les personnes soupçonnées en la matière, ont des yeux révulsés et une maladie de peau, les faisant passer pour des zombies.

Au même titre que Jong-Gu est perdu et n’arrive pas à faire le lien avec ce qui se passe, le spectateur est baladé pendant les 2h36 du film. Avec une grande rigueur au niveau de sa mise en scène, le réalisateur sud-coréen égare le spectateur dans cette communauté rurale où l'on ne sait pas bien où l'on peut se trouver.

Il est fortement conseillé de mettre de côté toute considération cartésienne, car ce long métrage se plaît à naviguer dans le surnaturel. Les fantômes – à moins qu’il ne s’agisse de morts-vivants – rendent visite aux humains et surtout les démons sont de la partie. Plusieurs personnes semblent envoûtées, y compris la propre fille de Jong-Gu. Ce dernier multiplie donc les solutions pour tirer sa fille d’un mauvais pas : la religion catholique par la présence d’un prêtre mais aussi un chaman qui en appelle aux forces de la nature.

Rapidement, Na Hong-Jin donne l’impression de surfer sur les traces de L’exorciste. The strangers se fait l’écho de quelques excès de folie, dignes de l’oeuvre de Friedkin. Le spectateur devient même le témoin d’une étrange scène de transe, où tous les sens sont mis en éveil. Na-Hong Jin a la bonne idée de procéder à un astucieux mélange alterné, avec magie blanche et magie noire qui se répondent coup pour coup. La scène est assez impressionnante, et marque durablement la rétine. Sûrement plus d’ailleurs que la scène phare de désenvoûtement dans L’exorciste. Une fois cette scène terminée, on peut penser qu’on va d’autant plus facilement reprendre le fil de l’histoire. Encore une fois c’est raté. C’est plutôt l’inverse qui se produit. Cette scène peut même être vue comme la césure entre l’aspect purement policier du long métrage et la suite où l’on nage, comme Jong-Gu, dans des eaux totalement inconnues.

Le réalisateur se plaît d’ailleurs à jouer sur les rapports complexes existant entre la Corée du Sud et le Japon, qui a occupé la Corée du Sud jusqu’en 1945. Il subsiste actuellement chez certains Sud-Coréens un sentiment de haine vis-à-vis des Japonais. Tout comme avec leurs voisins de la Corée du Nord. Na-Hong Jin laisse au spectateur le soin de juger des rapports entre Sud-Coréens et Japonais. Toujours est-il que cela n’est pas un hasard si le « héros » s’en prend à un ermite japonais, alors qu’il ne dispose d’aucun commencement de preuve. Le Mal, qui est présent d’un bout à l’autre du film, a sans doute pris cette apparence pour mieux tromper notre protagoniste. Les actes de Jong-Gu ne sont-ils pas le reflet d’une vengeance aveugle ? La question mérite d’être posée. D’autant que les éléments de réponse peuvent être multiples.

Dans un dernier acte où il brouille encore plus les cartes avec des rebondissements à la chaîne, Na-Hong Jin déplace définitivement l’intrigue d’un courant rationnel vers des contrées inattendues. Tout est sujet à une remise en question, alors que les twists ne cessent de pulluler : la dame blanche, clin d’oeil aux films de fantômes asiatiques, est-elle un ange ou un démon ? De quel côté se situe le chaman ? Qui est cet étrange ermite ?

A la fin, on ne sait plus du tout où on en est. C’est comme si cette succession de twists était le résultat de la propagation du Mal, qui aurait gagné tout le village.

Œuvre totalement atypique, imprévisible, déroutante, The strangers est sans doute le film le plus ambitieux de son auteur. En dépit de sa relative longue durée (2h36), on ne voit pas le temps passer. Le film est toutefois destiné à des spectateurs ouverts d’esprit, car on sort clairement des sentiers battus.

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01.11.16

05:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Blair Witch

Réalisateur
: Adam Wingard

Année : 2016

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h29

Avec : Callie Hernandez, Brandon Scott, Valorie Curry, James AllenMcCune, Corbin Reid, Wes Robinson

Par Nicofeel

En 1999, les réalisateurs Daniel Myrick et Eduardo Sanchez, alors totalement inconnus, avaient réussi un coup de maître avec leur premier long métrage, Le projet Blair Witch. Nanti d’un budget initial de 60 000 dollars, ce film a rapporté la bagatelle de 250 millions de dollars dans le monde entier.

Même si Le projet Blair Witch est considéré aux yeux de certains comme un film « malin », il faut tout de même lui reconnaître le mérite de générer chez le spectateur un sentiment de peur avec seulement trois bouts de ficelles (des sons étranges, des pierres disposées d’une certaine façon, etc.). Tout se passe hors champ, et l’imaginaire accentue ce sentiment de peur.

Le projet Blair witch a tellement bien marché qu’il a suscité une vague entière de rejetons, dont la maigreur du scénario était compensée par ce filmage en « found footage ». Cela étant, il est utile de rendre à César ce qui appartient à César. Ainsi, des cassettes retrouvées un peu miraculeusement justifiant le visionnage d’un « faux documentaire » ne datent pas du projet Blair Witch mais de Cannibal holocaust (1980).

Le projet Blair Witch est devenu un standard d’un sous-genre horrifique, comme l’avait été en son temps Scream (1996) qui avait relancé la mode du slasher.

En revanche, on peut légitimement s’interroger sur l’intérêt de faire une suite du projet Blair Witch, qui a plutôt des allures de remake. La paresse des scénaristes à Hollywood ? Sans doute. L’appât du gain ? Probablement. Quoi qu’il en soit, les producteurs ont tout de même mis aux commandes de ce Blair Witch un certain Adam Wingard, réalisateur connaissant bien le genre, puisqu’il s’était fait connaître en 2013 avec l’efficace film d’horreur You’re next.

Malheureusement, son remake du projet Blair Witch est un échec cuisant, où un minimum d’indulgence est nécessaire pour y trouver des sources d’intérêt. Dans cette fausse suite du film original, le frère d’Heather, une des disparues du projet Blair Witch, part à la recherche de sa sœur dans la forêt de Black Hills, avec des amis et des guides rencontrés quasiment sur place.

Profitant des nouvelles technologies existantes, le film fait l’étalage de toutes les nouvelles sources de filmage. Outre des petites caméras vidéo, on a droit à des smartphones et même un drone, pour des prises de vue donnant de la hauteur à l’ensemble. Mais tout ça c’est bien beau, cela ne fait pas pour autant un film. On s’ennuie sérieusement pendant toute la première partie de ce long métrage où il ne se passe réellement pas grand-chose.

Le principal reproche à faire à ce Blair witch est d’être parti dans une mauvaise direction, d’entrée de jeu. Le projet Blair Witch s’était avéré efficace par une approche suggestive, en dépit d’une économie de moyens. Dans ce remake, on voit pratiquement tout à l’écran. Le spectateur n’a donc rien à imaginer dans sa tête. Et puis, dans la surenchère, Adam Wingard en fait des tonnes : il y a beaucoup plus de personnages que dans le film initial, à tel point qu’ils n’ont aucune consistance et que l’on se moque de leur destinée ; on assiste à des signes de plus en plus visibles de la sorcière, ne laissant aucun doute sur l’issue finale ; il se met en place une surenchère de violence qui n’est pas d’une grande finesse. A cet effet, on sera surpris de constater que l’une des héroïnes, pourtant handicapée par une jambe purulente, escalade un arbre en pleine nuit avec une facilité déconcertante. On se demande s’il ne faut pas rire devant cette scène ridicule. Au moins, cette séquence retient l’attention du spectateur.

Ce qui n’est pas le cas du reste de ce Blair Witch où l’on n’a jamais peur. Ce qui est tout de même dommageable pour un film censé traumatiser le spectateur.

Les plus courageux, ceux ayant bravé l’ennui et l’indifférence pour regarder le film jusqu’à la fin, seront toutefois récompensés de leurs efforts. Car les dix dernières minutes sont clairement les plus abouties. Si l’on accepte le paradigme selon lequel les personnages vont tout droit dans la gueule du loup, restent quelques moments de trouille plutôt bien sentis. La cabane de la sorcière est assez effrayante en soi et le côté labyrinthique de l’ensemble fonctionne parfaitement. A tel point que l’on peut y voir une représentation psychique du mal de la part de nos protagonistes ? Enfin, sur ce point, pas sûr qu’Adam Wingard ait pensé à tout cela.

Toujours est-il que Blair Witch se termine bien mieux qu’il n’a commencé, avec enfin quelques scènes d’horreur dignes de ce nom. Pour autant, c’est tout de même bien peu pour sauver du naufrage un remake totalement décevant.

Seuls les spectateurs ne connaissant pas l’original et tous les films en found footage écrits sur le même modèle, sont en mesure d’apprécier ce produit commercial bien trop calibré et inoffensif. Mais de tels spectateurs existent-ils, ou sont-ils une légende, comme la fameuse sorcière… L’histoire ne le dit pas.

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31.10.16

09:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Une vie entre deux océans

Réalisateur : Derek Cianfrance

Année
 : 2016

Origine : Etats-Unis

Durée : 2h13

Avec : Michael Fassbender (Tom Sherbourne), Alicia Vikander (Isabel), Rachel Weisz (Hannah Roennfeldt)

Par Nicofeel

Après Blue Valentine (2011) et The place beyond the pines (2013), le cinéaste Derek Cianfrance continue dans sa veine mélodramatique avec son nouveau film : Une vie entre deux océans.
Son acteur fétiche Ryan Gosling n'est pas présent, mais les spectatrices ne perdent pas forcément au change puisque le rôle principal est tenu par le beau Michael Fassbender. Il endosse le rôle de Tom Sherbourne, un homme brisé. Sans repères et traumatisé par la grande guerre, il n’a qu’une idée en tête : rester seul dans son coin, coupé du monde extérieur. C’est pour cette raison qu'il accepte le travail de gardien de phare sur une île (minuscule).
Evidemment, comme on a affaire à une histoire d’amour, on se doute bien que Tom ne va pas rester seul indéfiniment. Il est sensible au charme et aux sollicitations de la belle Isabel, qui lui redonne progressivement goût à la vie. Les choses se suivent comme dans un conte de fées avec un mariage pour sceller l’union entre ces deux êtres.
La suite est moins ravissante : si effectivement « ils se marièrent », le bas blesse dans le sens où ils n’eurent pas « de nombreux enfants ». Pour Isabel, les fausses couches se multiplient et la belle souffre de plus en plus de solitude sur son île.

Le réalisateur Derek Cianfrance oppose de manière subtile la beauté des paysages naturels et notamment l’océan semblant apporter le calme et tout ce qui propice à la réflexion, à des personnages principaux vivant de plus en plus difficilement leur amour.
En digne héritier de Douglas Sirk, et dans la droite lignée de Blue Valentine, Derek Cianfrance met en avant l’usure du couple et les difficultés à surmonter des drames familiaux. Le film gagne en épaisseur par la tension qui monte progressivement. L’étude de couple est plutôt bien vue.
L’arrivée (miraculeuse) d’un bébé à bord d’un canot, tel Moïse sauvé des eaux, ne va pas changer la donne : Isabel y voit l’occasion rêvée de combler son ardent désir de fonder une famille ; Tom doit de son côté remettre en cause ses principaux d’honnêté et accepter de vivre avec un enfant qui n’est pas le sien.
Derek Cianfrance n’a de cesse de jouer sur les oppositions : opposition entre la nature et la condition de l’homme ; opposition entre les personnages principaux ; opposition entre les situations (d’un côté une famille accueillant un bébé ; de l’autre une femme ayant perdu son enfant). Sur ce point, les symboles sont également bien présents, à l’image du nom de l’île : Janus. Ce dieu aux deux visages opposés, évoque étymologiquement le mois de janvier. Il est donc tout à la fois le passé récent (l’année qui vient de s’achever) le futur qui s’apprête à démarrer.
Ces oppositions, reposant sur des histoires personnelles bien concrètes, créent le sel d’Une vie entre deux océans. Car derrière le titre se cache clairement la vie d’une petite fille, écartelée entre sa famille d’accueil et une mère biologique inconnue. Chacun a vécu des drames (les affres de la guerre pour l’un, les fausses couches pour l’autre, la disparition d’un mari et d’une enfant pour une autre) et tente de s’en remettre. De manière très subtile, Derek Cianfrance ne juge pas ses personnages. Au contraire, il laisse entendre que chacun a ses raisons, même si elles ne sont pas forcément les meilleures. Dans ce mélodrame prenant des allures de triangle affectif autour de l’enfant, Michael Fassbender prend (une nouvelle fois) le rôle du martyr, celui qui est prêt à se sacrifier (comme dans Hunger) pour l’amour des siens. Le film monte alors en puissance mélodramatique, laissant le spectateur dans l’espoir d’un retournement heureux.

Mine de rien, avec un film semblant relativement balisé sur le plan scénaristique, Derek Cianfrance convoque des notions morales aussi essentielles que l’amour, le pardon et la culpabilité, donnant d’autant plus de hauteur à son œuvre.
Les spectateurs pourront en outre se satisfaire de la beauté des décors, des vêtements portés par les personnages qui respectent bien l’époque de ce début du XXème siècle.
La mise en scène, plutôt classique, est également au diapason du film. On appréciera notamment le générique de fin avec ces très belles surimpressions, renforçant le sentiment de romantisme qui se dégage du film.
Évidemment, Une vie entre deux océans ne serait rien sans ses deux acteurs principaux. Dans un rôle qui lui sied à merveille, Michael Fassbender est impeccable dans le rôle tourmenté de Tom Sherbourne. Alicia Vikander lui rend très bien la pareille en femme déchirée, voulant plus que tout un enfant. Rachel Weisz a droit pour sa part à un personnage moins bien écrit et trop effacé par rapport aux deux autres.
Une vie entre deux océans est le film parfait à voir en couple. Le mélodrame de l’année ? Sûrement !

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18.10.16

00:00:00, Catégories: Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Robert McCall, après des années dans les services secrets américains, met son expérience au service des plus faibles. Grâce à ses contacts et réseaux acquis pendant son passé d’espion, il devient le justicier des opprimés de New York qui font appel à lui. Son nom de code : l’Equalizer. Implacable, solitaire et sans pitié envers les criminels, il espère expier ses actions passées en aidant ses concitoyens...

Mon avis :

A peine terminé le tout premier volume de la série "The Equalizer" que je ne résistais pas à enchaîner directement avec ce second coffret sorti environ deux mois et demi après, toujours édité par Elephant films, venant conclure cette première saison de la série...

Ce second coffret débute par "Le Règne de la terreur", le douzième épisode et l'on retrouve Robert McCall, interprété par Edward Woodward ("The Wicker Man", "Callan", "1990", "Les nouveaux professionnels") aux prises avec une bande de petits voyous faisant régner la terreur sur un quartier désœuvré où le nouveau médecin d'un dispensaire refuse de céder à leur racket. Seulement voilà, la petite dame va refuser que McCall fasse usage de la violence et utilise son arme pour régler le problème, ce qui va forcément être quelque peu compliqué!

Petite déception avec cet épisode qui se trouve être très caricatural avec des voyous semblant tout droit sorti de "Le Justicier contre les Dealers", ce qui est au final assez amusant, en revanche le chef de bande, interprété par Joe Maruzzo ("9 semaines 1/2", "Les Soprano"), est juste horripilant, surtout en VF! On n’a qu'une envie, qu'il se fasse dessouder! Dans le rôle du Lieutenant Mason Warren, on remarquera par contre la présence de Fred Williamson ("M.A.S.H.", "Black Caesar, le parrain de Harlem", "The Inglorious Bastards", "Une nuit en enfer"), l'une des figures marquantes de la "Blaxploitation".

Heureusement l'épisode suivant, dans lequel on retrouve également Fred Williamson, relève franchement le niveau! Dans cet épisode nommé "Chacun chez soi", McCall va venir en aide à des personnes âgées qu'on essaye de déloger... Ici, c'est surtout l'acteur Charles Hallahan ("Morsures", "The Thing", "Pale Rider", "Rick Hunter"), qui tirera son épingle du jeu avec un rôle d'irlandais soûlard qu'il ne faut pas chercher!

Dans "Les Retrouvailles", McCall va venir au secours de son ex-femme et de son nouveau mari menacé par un truand tout juste sorti de taule. Un épisode vraiment sympa dans lequel on retrouve quelques gueules bien connues des séries télévisées et du cinéma made in U.S., habituées notamment des rôles de psychopathes! Stephen McHattie ("Le Flic de Beverly Hills 3", "X-Files : Aux frontières du réel", "A History of Violence", "The Secret"), d'une part et Brad Dourif ("Vol au-dessus d'un nid de coucou", "Dune", "Blue Velvet", "Color of Night"), connu notamment pour être la voix de Chucky, d'autre part!

Dans "La Chaîne infernale", Robert McCall va rassembler une équipe parmi lesquels on retrouvera deux de ses fidèles compagnons, à savoir Mickey Kostmayer, toujours interprété par Keith Szarabajka ("Un monde parfait", "The Dark Knight: Le chevalier noir", "Argo") et Jimmy, joué par Mark Margolis ("Scarface", "1492: Christophe Colomb", "The Fountain", "The Wrestler", "Black Swan"), afin de protéger un homme pris pour cible par erreur...

C'est avec plaisir que l'on retrouvera dans "Nettoyage" une vraie gueule du cinéma hollywoodien à savoir Robert Davi ("Les Goonies", "Piège de cristal", "Permis de tuer", "Maniac Cop 2"), habitué des rôles de méchants, dans le rôle d'un petit mafioso de bas étage, qui va tout faire pour empêcher la création d'un syndicat dans son entreprise de nettoyage et dans le rôle du chef de la mafia, Joe Spinell ("Le parrain, 2ème partie", "Rocky", "Starcrash, le choc des étoiles", "Brubaker"), l'acteur culte du film "Maniac" de William Lustig.

"Un choix difficile" est un épisode vraiment intéressant et très réussi dans lequel Robert McCall devra faire un choix compliqué entre venir au secours d'une femme battue et de sa fille dont le mari vient de sortir de prison et arrêter un de ses anciens ennemis jurés que son successeur, personnage apparaissant à plusieurs reprises dans cette première saison, interprété par Saul Rubinek ("Impitoyable", "True Romance", "À la une", "Family Man"), va lui servir sur un plateau...

Dans "Pas d’orchidée pour McCall", le dix-huitième épisode, McCall va essayer de coincer un tueur psychopathe s'en prenant aux femmes d'un certain âge... Alan Metzger, réalisateur en tout de dix-neuf épisodes de la série, signe là un épisode comportant des scènes d'angoisse franchement assez réussies, tout particulièrement la scène finale où le tueur va s'en prendre à une amie de notre héros servant d’appât. Un épisode reprenant également la structure initiale de la série avec une double enquête et dans lequel on remarquera la présence notamment de Kim Delaney ("Les experts: Miami", "New York Police Blues", "American wives").

"Le Point Limite" est quant à lui un épisode un peu à part s'écartant du concept original puisqu'ici on aura le droit à un quasi huis-clos dans lequel Robert McCall sera victime d'une prise d'otages lors d'un mariage. Un épisode du coup un peu moins rythmé que d'habitude dans lequel interviendra notamment le personnage de Mickey Kostmayer apportant à l’épisode une réelle bouffée d’oxygène. Dans cet épisode, on remarquera entre autres Patricia Clarkson ("La dernière cible", "Jumanji", "La ligne verte", "The Pledge", "Shutter Island") dans le rôle de Deborah Wade, la mariée.

Petite baisse de régime avec "Le Sursis", un épisode en demi-teinte, un peu confus, dans lequel un dragueur va se retrouver bien malgré lui entraîner dans une histoire d'espionnage industriel, qui risque bien de lui coûter la vie... Un épisode dans lequel on notera la présence de Linda Thorson, principalement connue pour avoir incarné le rôle de Tara King dans la série "Chapeau melon et bottes de cuir".


"Meurtres à retardement" par contre est un épisode plutôt intéressant dans lequel un homme se voit menacé par une compagnie lui ayant volé son invention... Pas très cool quand même! Heureusement McCall est là et va les faire payer! Dans cet épisode, on aura le plaisir de retrouver Jon Polito ("Highlander", "Miller's Crossing", "The Crow", "The Big Lebowski"), l'un des acteurs fétiches des frères Coen, décédé ce premier septembre 2016... On notera également parmi les têtes connues, celle de Dan Hedaya ("Les Prédateurs", "Commando", "La Famille Addams", "Usual Suspects").

Enfin "L’Ennemi public" vient clôturer cette première saison de façon plutôt sympathique avec l'histoire d'une petite journaliste persuadée que son voisin est un tueur... Un épisode où l'on retrouvera entre autres le personnage du lieutenant Isadore Smalls, interprété par Ron O'Neal ("Super Fly", "Terreur sur la ligne", "L'aube rouge", "Héros"), personnage récurrent de la série...

Une très bonne première saison donc, donnant forcément envie de découvrir les trois autres!

Ce volume 2 de la première saison de la série "The Equalizer" est sorti le 14 janvier 2015 chez Elephant Films, mais un coffret de l’intégrale de la série est sorti le 5 octobre 2016. Ce deuxième coffret DVD présente également une image au format 1.33:1 4/3 avec pistes audio française et anglaise Dolby digital 2.0 et sous-titres français sur la vo. Par contre, seules quelques bandes annonces d’autres séries éditées par l’éditeur sont proposées en guise de bonus.

Equalizer : Saison 1 - Vol. 2

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Equalizer : Saisons 1 à 4

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17.10.16

00:00:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Eddie et Rose Farrell ont toujours rêvé du jour où leurs filles se marieraient. Quand leur fille Anne convole en justes noces, tout le monde se tourne vers la sœur cadette Jenny et est heureux d’apprendre qu’elle est fiancée. Mais la surprise est totale lorsqu’ils découvrent que la personne avec laquelle Jenny compte fonder une famille est en réalité un femme. Le petit monde sûr dans lequel les Farrells avaient toujours été en sécurité est soudainement chamboulé et ils se retrouvent avec un choix simple mais difficile : évoluer avec lui ou l’abandonner pour toujours.

Mon avis :

Trois ans après la promulgation de la loi sur le mariage pour tous, on sent encore que le sujet est assez sensible, même si globalement celle-ci est maintenant plutôt bien acceptée... Enfin, pour beaucoup, à condition que cela ne les touche pas directement!

Ce sujet particulièrement d'actualité, puisqu'en ce dimanche 16 octobre 2016, la Manif pour tous défile une nouvelle fois dans les rues de la capitale, est le thème principal de "Marions Nous!", un film de Mary Agnes Donoghue ("Paradise", "Trahie", "Laurier blanc", "Veronica Guerin") mettant en scène Katherine Heigl ("En cloque, mode d'emploi", "27 robes", "Bébé mode d'emploi", "Happy New Year"), l'une des stars de la série "Grey's Anatomy".

La jeune femme, ici en couple avec la charmante Alexis Bledel ("Coup de foudre à Bollywood", "Sin City", "La conspiration"), va être confrontée au rejet de sa famille avant que celle-ci bien évidemment se ravise. Une histoire classique avec un scénario cousu de fil blanc, sans surprise donc, mais au final, se laissant regarder et réussissant tout de même à nous arracher quelques larmes notamment lorsque notre héroïne retrouvera enfin son papa...

Niveau mise en scène, sans être catastrophique, cela ne casse pas vraiment la baraque et cela pourrait même passer pour être un téléfilm américain comme on en voit tant sur nos petits écrans! La musique est également assez barbante, ce qui n'arrange rien...

Reste autrement un casting très convenable parmi lequel on remarquera essentiellement l'acteur Tom Wilkinson ("Raison et sentiments", "The Full Monty", "The Patriot", "Batman Begins", "Michael Clayton") dans le rôle du père de Jenny, Sam McMurray ("C.H.U.D.", "Arizona Junior", "Les Valeurs de la famille Addams", "Belles à mourir") dans celui de son ami et Linda Emond ("Stop-Loss", "Julie & Julia", "The Good Wife", "Old Boy", "New York - Unité spéciale") dans celui de sa femme et donc de la mère de notre héroïne et dont la composition est assez touchante.

Enfin, l’histoire parallèle concernant Anne, la sœur de Jenny, jouée par Grace Gummer ("La maison aux esprits", "The Homesman"), elle ne servira qu'à désacraliser le modèle du couple hétéro et sera finalement assez facultative...

Malgré son côté déjà-vu et sa réalisation sans saveur, "Jenny's Wedding", rebaptisé "Marions-nous !" pour cette sortie vidéo, devrait ravir les fans de Katherine Heigl et les amateurs de comédies dramatiques, car oui, précisons-le, le film est effectivement plus une comédie dramatique qu’une romance, l’histoire d’amour étant ici reléguée au second plan par rapport aux problèmes familiaux engendrés par cette relation amoureuse...

"Marions-nous !" sort en DVD le 15 novembre 2016 chez Factoris films dans une édition proposant le film au format 2.35:1 16/9ème avec pistes audio française et anglaise Dolby Digital 5.1 et anglaise dts Digital Surround 5.1 et sous-titres français optionnels. Pas de réels bonus, seule la bande annonce française nous est offerte, ainsi que la copie digitale en illimitée comme toujours chez l'éditeur!

Marions-nous !

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19.09.16

00:11:11, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Un groupe d’amis décide de passer un week-end à la campagne pour terminer la construction d’un bateau. Alors que chaque couple a ses différents problèmes, les quelques rednecks locaux commencent à tourner autour d’eux. Jusqu’à ce qu’arrive un tueur sauvage camouflé derrière un masque. Gore et érotisme !

Mon avis :

Décidément les week-ends sauvages me poursuivent actuellement! Entre la réécoute de l'album des Sales Majestés en prévision de leur passage à la Fête de l'Huma, la sortie d'un livre consacré à La Souris Déglinguée qui doit sortir au début du mois d'octobre 2016 et que j'ai bien entendu pré-commandé et la sortie récente de ce "Savage Weekend" chez Artus Films, cela commence à faire pas mal!

En tout cas, ce slasher sorti aux États-Unis en 1979, mais réalisé par David Paulsen ("Schizoid", "Côte ouest", "Dallas", "Dynastie") en 1976, est dans l'ensemble plutôt plaisant à regarder, avec notamment une scène d'ouverture assez réussie où un redneck armé d'une tronçonneuse pourchasse une femme dans les bois... Une scène assez énigmatique où l'on ne sait pas si elle nous dévoile la fin du film ou s'il s'agit d'un rêve. Cette scène qui fait immanquablement penser au "Massacre à la tronçonneuse" de Tobe Hooper, renvoie également à "Délivrance" de John Boorman par son thème musical utilisant un banjo.

Après une présentation des futures victimes bien évidemment venant de la ville, direction la campagne où les problèmes ne vont pas tarder à commencer... Il faut dire que dans cette Amérique profonde, on n'aime pas trop les gens de la ville et encore moins les homosexuels! Alors lorsqu'un homme efféminé entre dans un bar, forcément cela tourne mal! Cela sera la deuxième scène marquante du film, une scène pour le moins surprenante qui fera que l'on s'attachera immédiatement au personnage de Nicky, interprété par Christopher Allport ("Réincarnations", "Police fédérale, Los Angeles", "Jack Frost").

Le tueur mettra en revanche pas mal de temps à rentrer dans la danse et il faudra d'abord compter sur un nouveau fantasme pour profiter d'une nouvelle scène horrifique, une scène où notre énigmatique redneck, joué par William Sanderson ("Blade Runner", "Oeil pour oeil", "Lonesome Dove", "Le client", "Deadwood"), va s'en prendre une nouvelle fois à l'héroïne du film, jouée par Marilyn Hamlin, une actrice assez classe et plutôt jolie, qui ne connaîtra pas une grande carrière devant les caméras.

Il faudra ainsi attendre trois quarts d'heure pour voir apparaître enfin le tueur masqué et plus de cinquante minutes pour que celui-ci passe à l'action, mais heureusement le réalisateur nous fera patienter avec quelques scènes érotiques, ce qui est toujours le bienvenu dans ce type de films. Et puis, certaines scènes dégageront un petit côté malsain non négligeable à l'ambiance du film, avec en particulier une scène ambigüe où notre héroïne s'intéressera au pis d'une vache comme si elle s'intéressait au phallus d'un des rednecks travaillant pour son mari...

Un autre redneck d'ailleurs étrange lui aussi et qui pourrait bien être le tueur également! Car le metteur en scène s'amusera à nous lancer sur différentes pistes avant un final où l'on découvrira enfin la véritable identité du tueur. Si les meurtres seront un peu trop vite expédiés, certains resteront tout de même dans les mémoires comme un notamment avec une aiguille à cheveux et un à la scie circulaire...

Après ce film, David Paulsen, qui ici a apparemment été quelque peu aidé par son producteur John Mason Kirby, réitérera une nouvelle fois dans l'horreur avec l'assez moyen (d'après mes souvenirs... Mais il faut dire que la VHS était vraiment de qualité assez déplorable!) "Schizoid" avec en vedette un Klaus Kinski survolté, puis curieusement ne se consacrera plus qu'à des longues séries populaires et familiales en produisant et en mettant en scène divers épisodes de séries telles que "Côte ouest", "Dallas" ou encore "Dynastie"... Étrange reconversion!

"Savage Weekend" est certes loin d'être un chef d'œuvre, mais ce petit slasher n'est pas inintéressant et se laisse même regarder avec plaisir...

"Savage Weekend" est sorti en DVD le 6 septembre 2016 chez Artus Films dans une édition proposant le film au format 1.85:1 16/9ème compatible 4/3 avec piste audio anglaise Dolby Digital 2.0 mono et sous-titres français. En guise de bonus, l'éditeur nous propose une présentation du film par Eric Peretti, intitulée "Le tueur derrière le masque" (22'20"), un petit sujet sur la tronçonneuse dans les films par Alain Petit (8'38"), un diaporama d'affiches et de photos du film et des bandes annonces de la collection Horreur US de l'éditeur comprenant bien évidemment celle du film.

Savage weekend

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16.09.16

05:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Le fils de Jean
Réalisateur : Philippe Lioret
Année : 2016
Origine : France
Durée : 1h38

Avec : Pierre Deladonchamps, Gabriel Arcand, Marie-Thérèse Fortin, Catherine de Léan, etc.
Par Nicofeel

Le cinéaste Philippe Lioret avait beaucoup ému les spectateurs et connu un succès d’estime avec Je vais bien, ne t’en fais pas, drame familial prenant, où Kad Mérad faisait preuve d’une étonnante justesse de ton dans un rôle dramatique.

Son nouveau long métrage, Le fils de Jean, partage plusieurs points communs avec ce film. Dans les deux cas, il s’agit de drames familiaux, où la disparition d’un être cher est au cœur de l’intrigue.

Dans Je vais bien, ne t’en fais pas (2006), l’absence d’un frère pèse de plus en plus sur les frêles épaules d’Elise (« Lili »), interprétée par une épatante Mélanie Laurent. Dans Le fils de Jean, librement adapté du roman de Jean-Paul Dubois, « Si ce livre pouvait me rapprocher de toi », Mathieu est un trentenaire célibataire, père d'un jeune garçon, travaillant dans une grande entreprise agro-alimentaire. Son quotidien est chamboulé le jour où il apprend que son père naturel, dont il ne connaissait jusqu’alors pas l’identité, vient tout juste de décéder.

Comme pour Elise qui cherchait à savoir ce qu’il était advenu de son frère, Mathieu est porté par une irrépressible envie de connaître ses origines. Il décide alors de débarquer au Canada où résident deux demi-frères inconnus.

De manière très subtile, Philippe Lioret déploie un mystérieux drame familial sous les yeux du spectateur, qui se retrouve tout aussi perdu que Mathieu. Le film use à sa façon des codes du thriller. Il y a un vrai suspense dans Le fils de Jean. Comment cet homme a-t-il pu disparaître au beau milieu d’un lac ? Et puis, est-il réellement mort ? Pour quelle raison l’ami de Jean, Pierre, demande à Mathieu de se faire passer pour un « ami français » et donc de mentir à ses demi-frères au sujet de son identité ? Quant à la relation historique entre Pierre et Jean, elle intrigue.

Mais après tout, dès le départ, Philippe Lioret annonce que l’on aura droit à un thriller puisque Mathieu rédige des polars pour son plaisir personnel, et que la femme de Pierre aime ce genre de livre.

Comme tout bon thriller, Le fils de Jean multiplie les artifices, les fausses pistes, les faux-semblants, et suscite de la même manière, tant chez Mathieu que chez le spectateur, espoirs naissants et déceptions manifestes. Sous une fausse identité, Mathieu apprend à connaître ses deux demi-frères et se lasse sans doute de la nature humaine, comme souvent bien plus attachée aux considérations matérielles (l’héritage de Jean) qu’aux considérations humaines. Surtout que Pierre, médecin bourru, ne lui décrit pas son père sous un jour très favorable.

L’envie de connaître la véracité des faits conduit le spectateur à s’intéresser à la quête de Mathieu. Pourtant, au bout d’un moment, on se demande bien si Philippe Lioret ne nous aurait pas conduit à un endroit précis, pour mieux nous égarer. Pourquoi diantre le père de Mathieu aurait-il laissé comme seul cadeau à son fils français un tableau, sans la moindre explication ? Stratagème calculé ? Mort fictive ?

C’est au moment où l’on a l’impression que cette histoire commence à tourner en rond que le film fait un virage à 180 degrés.

De la même façon que pour Je vais bien, ne t’en fais pas, Philippe Lioret a pris soin d’élaborer un twist ayant pour conséquence de nous amener à reconsidérer tout ce que l'on avait vu jusqu'à présent.

Si certains spectateurs ne seront pas forcément surpris par ce nœud dramatique, de dernier se révèle d’une efficacité imparable. Il a le mérite de mettre sur le devant de la scène une émotion sincère et vraie, où Philippe Lioret privilégie les regards échangés, qui en disent long sur les sentiments des protagonistes.

A l’instar de La chambre du fils de Nanni Moretti, à la fin tous les personnages sont en phase avec eux-mêmes et avec leur entourage. On a l'impression que le futur se construit aujourd’hui. On se retient de verser des larmes devant ce drame aux thématiques universelles.

C’est sans doute la distribution quatre étoiles du film qui justifie un tel sentiment. Avec sa mine juvénile de jeune premier, Pierre Deladonchamps émeut le spectateur dans le rôle de Mathieu. L’acteur est clairement le référent du spectateur par son besoin de connaître ses racines et d’aller de l’avant. Il nous touche par les relations affectives qu’il tisse avec les différents personnages du film. Nos « cousins » canadiens peuvent de leur côté se targuer de l’interprétation de Gabriel Arcand, tour à tour bougon, soutien de Mathieu et symbole de la figure patriarcale. Gravitent autour de son personnage de Pierre, deux excellentes actrices : Marie-Thérèse Fortin, dans le rôle de l’épouse aimante et bienveillante, qui en sait bien plus qu’il n’y paraît ; Catherine de Léan, dans le rôle de la fille, Bettina, qui est proche de Mathieu.

Dix ans après Je vais bien, ne t’en fais pas, Philippe Lioret réalise ce qu’il sait le mieux faire : un drame familial aux secrets savamment entretenus. Outre un scénario astucieux, il peut compter sur les très beaux paysages canadiens (la scène du lac pourrait presque rappeler la découverte de Laura Palmer dans Twin Peaks) et sur une distribution au top niveau. N’en jetez plus, la coupe est pleine et vous savez ce qu’il vous reste à faire.

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