03.07.12

05:00:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Après de nombreuses années de recherche, le prospecteur Sam Cooper (Van Heflin) découvre enfin un filon d’or. Pour l’exploitation difficile, il demande l’aide de Manolo (George Hilton), son fils adoptif. Celui-ci rejoint Sam, et cherche à imposer le Blond (Klaus Kinski). Sam sollicite alors la venue de Mason (Gilbert Roland), un vieil ami à lui. Les quatre hommes se lancent dans l’expédition. Entre rivalité et convoitise, tous ne reviendront pas vivants.

Mon avis :

Unique western réalisé par Giorgio Capitani ("Une langouste au petit déjeuner", "Je hais les blondes", "L'amour c'est quoi au juste?", "Le grand défi"), "Chacun pour soi" est un western italien assez unique en son genre, puisqu'il ressemble plus à un western classique américain qu'à un western spaghetti, tout en comportant quelques éléments plutôt originaux pour un western dit classique faisant de ce film une curiosité particulièrement intéressante...

"Chacun pour soi" oppose deux duos représentant les deux types de western, d'un côté les plus âgés avec Van Heflin ("La diligence vers l'Ouest", "3 H10 pour Yuma", "Le salaire de la violence", "La piste de Santa Fé") et Gilbert Roland ("Django porte sa croix", "Je vais, je tire et je reviens", "Les Cheyennes"), représentants le western américain et de l'autre, les plus jeunes avec Klaus Kinski ("Le grand silence", "Black Killer", "Priez les morts, tuez les vivants") et George Hilton ("Django arrive, préparez vos cercueils", "Je vais, je tire et je reviens", "Le temps du massacre", "Trois salopards, une poignée d'or"), qui représentent le western italien.

Premier élément donnant au film l'impression qu'on a affaire à un film en provenance des États-Unis, la musique signée pourtant par Carlo Rustichelli ("Opération peur", "Un train pour Durango") et dirigée par Bruno Nicolai ("Toutes les couleurs du vice", "Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé"), deux habitués du western spaghetti, mais ici bien loin de leurs registres habituels, nous offrant une partition très classique, même si parfois on peut y percevoir des consonances arabisantes.

La mise en scène et la photographie du film sont également très classiques, mais pourtant le film comporte tout de même des éléments assez inhabituels mettant tout de suite la puce à l'oreille, avec notamment quelques scènes originales comme celle où Gilbert Roland se met à danser pour faire diversion lors d'une embuscade ou encore cette hallucinante scène sous la pluie où les deux jeunes se roulent par terre en riant à en crever.

Le scénario écrit par Fernando Di Leo ("Milan calibre 9", "Le boss") et Augusto Caminito (Les longs jours de la vengeance", "Trois salopards, une poignée d'or"), fortement inspiré par "Le Trésor de la Sierra Madre" est plutôt classique, tout en sortant des sentiers battus, en abordant le thème de l'homosexualité qui est ici largement suggéré avec le duo des jeunes, ce qui était assez scandaleux pour l'époque et toujours assez tabou même à notre époque, surtout pour un univers d'hommes virils comme le western.

Sarah Ross ("Trois salopards, une poignée d'or", "Sylvia et l'amour") apportera tout de même une touche de charme féminin non négligeable. Le film ne manque pas d'action, mais se concentre surtout sur la complexité des différents personnages.

George Hilton est décrit comme un bellâtre, soumis et faisant preuve d’une certaine lâcheté par moments, Klaus Kinski est comme souvent inquiétant, énigmatique et ambigu, avec un côté efféminé et dominateur. Gilbert Roland, quant à lui, est un homme distingué souffrant du paludisme, ce qui le rend plutôt attachant et Van Heflin joue le rôle d’un vieux renard solitaire.

Alors qu’on pouvait penser que l’on allait avoir droit à un duel final détonnant entre les quatre principaux protagonistes, le réalisateur va nous surprendre en éliminant prématurément deux d’entre eux pour nous livrer finalement un duel plutôt inattendu lors de la dernière séquence, nous offrant ainsi une fin assez âpre et critique vis-à-vis de la cupidité.

"Chacun pour soi" est donc un excellent western, atypique malgré ses apparences classiques, qu’il est urgent de redécouvrir ! Un film à voir et à avoir !

Sorti courant juin chez Artus films après quelques jours de retard sur la date de sortie prévue initialement, "Chacun pour soi" nous arrive dans une édition soignée, en couleur et au format 2.35 Cinémascope original 16/9 compatible 4/3, avec pistes française, anglaise et italienne avec sous-titres français optionnels. Côté bonus, on a le droit à une présentation du dessinateur et scénariste de bandes dessinées Curd Ridel, grand amateur de westerns, "Les 4 impitoyables" une intéressante analyse du film toujours par Curd Ridel, un diaporama de photos et 4 bandes-annonces de l'éditeur dont celle du film.

Chacun pour soi

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