Catégorie: Interview

07.08.14

06:40:07, Catégories: Interview  

Par Flo200

Je vous ai déjà parlé de "Goal of the Dead" à deux reprises, lors de sa sortie en salle et lors de sa sortie en DVD et Blu-ray, mais qui mieux que l'un des réalisateurs pouvait répondre aux questions que vous vous posiez? Benjamin Rocher, réalisateur de "Première mi-temps", le premier film du diptyque, a eu la gentillesse de répondre à mes questions :

Bonjour Benjamin. Comment est née cette idée un peu folle de mêler football et zombies ? Enfin, enragés, je veux dire...

L’idée de départ était de faire une vraie comédie d’horreur bien de chez nous. Le milieu du football professionnel est clairement un cadre génial pour une comédie humaine et burlesque, et finalement assez peu traité. Imaginer ces millionnaires en short, assistés en tout, obligés de survivre à une attaque de zombies alors qu’ils ne sont déjà pas armés à survivre à la vraie vie, c’était déjà une promesse en or. Derrière ce pitch suspect et absurde se cachait une proposition drôle, cohérente et très française. C'était aussi une excellente occasion de se moquer (gentiment) de certains travers nationaux.

Comment êtes-vous arrivé à ce choix de deux films réalisés par deux réalisateurs différents ?

Aujourd’hui, il est très difficile (impossible?) de trouver un distributeur qui prenne des risques financiers pour sortir un film d’horreur français au cinéma. Il n’y a donc pas d’enjeu financier sur une sortie salle de ce genre. De plus, suite à la sortie de "La Horde" (mon premier film) j’ai constaté que ce cinéma était très bien reçu en festival, lors d’avant-premières mais restait mal compris quand il sortait parmi les autres films, dans le circuit traditionnel. C’est pour ces raisons que nous avons décidé très tôt de ne le sortir que dans un circuit restreint de salles, et de faire en sorte que chaque séance soit festive. Dans cette état d’esprit, le concept du double programme s’est imposé, comme une garantie que les films seraient vus dans un cadre non-traditionnel. Et quitte à faire 2 films, autant qu’ils soient dirigés par 2 réalisateurs différents. Ça rajoutait une vraie fraîcheur, un esprit de franche camaraderie. J’espère qu’on le sent en regardant les films.

On retrouve dans le film une bonne partie du casting de la série "Lazy company" ? Quelle en est la raison ?

Parce qu’ils sont excellents, tout simplement. Ce sont les mêmes gens qui produisent "Lazy Company" et "Goal of the Dead". Au moment du casting, on est allé dépouiller la prod d’à côté pour faire nos films. Mais on les a rendu à temps pour la saison 2, rassurez vous! Quand on a des acteurs jeunes, brillants et encore peu connus à portée de main, il faudrait être fou pour ne pas les employer, non?

Est-ce que les acteurs ont été coachés avant le tournage pour ce qui est du foot ?

Oui, Franck et Alex de So Foot ont été d’une grande aide. Ils nous ont abreuvé d'anecdotes et ont assurés de nombreux entraînements avec notre casting. Ce sont aussi eux qui étaient sur le plateau pour organiser la partie. J’en profite pour les remercier encore chaudement.

Comme vous nous l'avez dit précédemment, la sortie en salle du film a été assez particulière... Pouvez-vous nous en parler plus en détail ?

Pour être sûr que les spectateurs verraient GOTD dans les meilleurs conditions, nous avons fait comme un groupe de rock en tournée. Nous avons organisés une série de dates à Paris, puis une date par grande ville de province. A chaque fois l’équipe était là pour présenter le film et bien rigoler avec le public. Nous avions aussi programmé de fausses bandes annonces et autres surprises. Les séances ont tout de suite affiché complet. Nous avons été obligés de rajouter de nombreuses dates au fur et à mesure. C’était fou!

Quels souvenirs gardez-vous du tournage ? Qui n'a pas été facile, il me semble, notamment lors du tournage à La Courneuve...

Le tournage a été très éprouvant. Nous avons tourné de nuit à La Courneuve par des températures négatives. Le tournage a été interrompu par la neige (lors des tempêtes de Mars 2013), certaines municipalités nous ont lâchées au dernier moment, nous avons dû retrouver un décor 2 jours avant de tourner... Bref, c’était intense. Mais grâce à une excellente équipe et à l’investissement total de chacun, j’ai pris énormément de plaisir à tourner ce film.

Vous avez fait appel au crowdfunding pour financer une partie du film. Cela semble être une bonne solution pour les petits budgets...

Sûrement, mais j’ai quand même l’impression que ce genre de financement est la preuve que le système est quand même mal foutu. Qu’il n’est pas en adéquation avec son époque. Je pense qu’il y a d’autres systèmes de financement à trouver, sans être obliger d’en demander autant aux particuliers. Ça ne peut pas être une solution à long terme.

Pouvez-vous nous parler des effets spéciaux du film ?

Les maquillages sont l’œuvre de L’Atelier 69 (CLSFX) avec qui j’avais déjà fait "La Horde". Les effets spéciaux numériques ont été réalisé par Buf Compagnie et Pixel Street. Je suis très fier du travail de chacun mais surtout de la façon dont le numérique est au service des maquillages, et inversement. C’était incroyable à voir.

Est-ce que vous pouvez nous parler du travail de Manu Lanzi sur le film ?

Manu Lanzi a chorégraphié et supervisé toutes les cascades et combats du film. Comme d’habitude, Manu a été parfait: disponible, créatif et adorable. J’aimerai bien avoir des saloperies à dire sur lui, mais je ne trouve pas.

Avez-vous supervisé la création des éditions DVD et Blu-ray du film ?

Oui, Thierry et moi avons suivi la fabrication des DVD/Blu-ray de près. Je suis très satisfait de l’édition actuelle et de ses suppléments (même si j’en aurais aimé d’avantage, toujours plus!!!!)

Est-ce qu'à votre avis le fait que le film sorte en pleine Coupe du Monde de la FIFA a un impact supplémentaire ?

C’était le plan. Faire un film d’exploitation comme celui-ci et louper la coupe du monde? Ça aurait été dommage. Je ne sais pas si ça va toucher plus de monde, mais on ne pourra pas dire qu’on n’a pas essayé.

Contrairement à "La Horde" qui avait reçu pas mal de critiques négatives, cette fois, c'est plutôt l'inverse ! Cela doit vous faire plaisir ?

C’est vrai que cette fois-ci, les retours sont excellents. Ça fait évidement très très plaisir, même si on trouve dans la plus part des critiques une phrase du genre « c’est d’autant plus étonnant que "La horde" était vraiment une merde ». Ils n’étaient pas obligés, si? Blague à part, pour "La Horde" ou pour "Goal of the Dead" je connais les qualités et les défauts de chaque film. Savoir ce que les gens vont retenir ( les bons ou les mauvais côtés) reste un grand mystère pour moi.

Auriez-vous aimé retravailler à nouveau avec Yannick Dahan sur ce projet ?

J’apprécie toujours autant le travail et la vision de Yannick. J’adorerai collaborer à nouveau avec lui si l’occasion se présente. Mais pour l’instant nous avons chacun nos projets respectifs. J’ai essayé de le faire venir sur le plateau de "Goal of the Dead" pour qu’il fasse une apparition, mais son emploi du temps ne l’a pas permis.

Quel va être l'après "Goal of the Dead" ? Avez-vous des projets en cours ?

Je travail actuellement à un nouveau projet qui avance très vite. La seule chose que je peux vous dire, c’est qu’il n’y a pas de zombie dedans... En tout cas, pas pour l’instant. J’espère pouvoir en dire plus très vite.

Merci Benjamin! A très vite alors!

Pensez à suivre la page facebook de "Goal of the Dead" pour vous tenir au courant de son actualité!

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01.07.14

07:27:11, Catégories: Interview  

Par Flo001fg

Il y a bientôt deux ans (Eh oui! Déjà!), le réalisateur Julien Richard-Thomson répondait à mes questions sur sa carrière et ses projets. Alors que son nouveau film, "Korruption" est actuellement en chantier, celui-ci fait depuis quelques jours polémique... Une polémique qui ne semble pas avoir lieu d'être, mais qui prend des proportions absolument hallucinantes! Afin, que Julien puisse s'exprimer et clarifier la situation, je lui ai posé quelques questions auxquelles il m'a répondu immédiatement :

Bonsoir Julien! Tu es actuellement en train de tourner ton nouveau long métrage, qui s'intitule "Korruption", dont certaines scènes ont déjà été tournées notamment dans l'Hôtel de Ville d'Asnières et qui malheureusement fait déjà pas mal polémique, alors qu'il est loin d'être terminé... Peux-tu nous expliquer ce qu'il se passe?

En effet deux scènes sont tournées dans cette mairie, qu'on a transformé en tribunal pour l'occasion. Nous avions obtenu toutes les autorisations nécessaires des services municipaux. Hélas, un nouveau maire (de droite très dure) est arrivé aux manettes en avril et a décidé de se servir de notre tournage pour tenter de discréditer son prédécesseur par une opération médiatique d'envergure. Il a donc inventé que nous avions tourné des scènes porno, et a lancé une campagne de presse diffamatoire qui, tu imagines bien, a totalement surpris l'équipe du film! Quand les actrices ont appris qu'on les accusait de faire du X, elles ont cru à une mauvaise blague...

Tu n'as jamais versé dans le porno dans aucun de tes films, pourtant certains journalistes n'hésitent pas à parler de porno soft en parlant de ton nouveau film... Penses-tu qu'il s'agisse de journalistes mal informés ou bien au contraire de journalistes complices de cette campagne diffamatoire?

Le premier qui a "dégainé " est en effet un journaliste complice de cette campagne, c'est difficile à prouver en justice mais il n'y a aucune doute. Ensuite, la rumeur s'est propagée comme une traînée de poudre car chacun sait bien que les médias ne prennent pas souvent le temps de vérifier les infos. Quand bien même ils vérifient, ils préfèrent toujours privilégier la version scandaleuse pour attirer l'attention. Ainsi, même des journalistes qui ont parfaitement compris de quoi il retournait ont joué sur des gros titres racoleurs et choquants. Mais c'est la loi des médias. Il y a quand même des journaux qui ont fait des articles sérieux comme Metronews, Ouest France, et même Le Figaro (alors que c'est un journal "de droite" donc qu'on aurait pu croire acquis à la cause du maire) et quelques autres. Mais la plupart ont titré sur mon "film porno" pour appâter le lecteur. Face à une rumeur on sait hélas qu'il y a peu de choses à faire, ça ne dure pas, l'ennui c'est qu'il reste ensuite des traces sur internet par exemple. Quiconque tapera "Korruption" dans un moteur de recherche tombera sur cette polémique dégoutante.


Peux-tu nous parler plus en détails de "Korruption" qu'on comprenne mieux d'où peut venir cette polémique?

C'est une comédie un peu loufoque, avec des personnes haut en couleurs, un peu dans le ton de Jean-Pierre Mocky ou Bertrand Blier avec aussi un brin de Tarantino pour le côté un peu "grindhouse" que je compte donner au film. Sur le fond, l'histoire narre les aventures de deux sœurs tombées aux mains d'une mafia, alors qu'en même temps une politicienne d'extrême-droite mène campagne électorale à la tête d'une milice armée de lance-flammes. Je suis très fier de ce scénario qui a souvent suscité l'enthousiasme de ceux qui l'ont lu. Sous forme d'une comédie grinçante je dénonce la corruption, l'argent-roi, l'exploitation des femmes par des mafias etc… Le maire d'Asnières a-t-il cru que je le visais personnellement, lui qui a déjà été condamné lourdement dans des affaires de marchés publics? Si c'est le cas il s'est trompé car mon film est une pure fiction qui n'a rien à voir avec des faits réels.

Il paraît évident que ces accusations ne reposent absolument sur rien. A ton avis quel intérêt peut avoir Monsieur Aeschlimann à attaquer ainsi ton film alors que finalement cela ne peut que te faire de la pub et qu'il risque de se ridiculiser publiquement?

En effet, chaque heure qui passe voit ce "hoax" se dégonfler comme une baudruche nauséabonde. Et les soutiens affluent pour me soutenir face à ce politicien qui se croit au dessus de lois. J'ai bien sûr porté plainte pour faire cesser la calomnie et protéger mon équipe, mes comédiens surtout. Derrière ce coup monté, il y a en réalité une vengeance personnelle de ce maire contre son prédécesseur dont je suis proche. Il prend en otage un film et des artistes qui n'y sont pour rien dans ses manœuvres. Mais toute l'équipe est déterminée à se battre pour trouver le financement qui manque encore pour finir le tournage et sortir le film dès que possible! J'espère fin 2014 ou début 2015.

Parlons un petit peu DVD! Tu dois sortir prochainement une compilation de courts-métrages. Peux-tu nous en parler?

J'édite une compilation de films de zombies qui sortira le 2 septembre en DVD, "Zombie Club Special Cocktail". Et fin 2014 je sortirai une autre compilation, une sorte de film à sketches comique, 100% "feel-good movies" avec quelques grands noms du rire!

Bon courage Julien! En espérant que la lumière soit faite rapidement et que cela ne porte , malgré tout, aucunement atteinte au film...

N'hésitez pas à suivre l'actualité du film sur sa page facebook! Et si vous avez envie de vous faire une idée sur les films du réalisateur et sur ses productions, voici les titres de sa filmographie disponibles en DVD :

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30.06.14

05:37:42, Catégories: Interview  

Par Flo200

Éric Falardeau, le réalisateur du film "Thanatomorphose", dont je vous avais parlé à l'automne dernier, a eu la gentillesse de répondre à mes questions. Une interview qui date de fin avril, mais que je ne pouvais pas mettre en ligne avant l'annonce officielle de sa sortie DVD en France chez Uncut Movies.

"Thanatomorphose" parle d'une jeune femme dont le corps est en train de pourrir... Comment t'es venue l'idée d'un tel scénario ?

L’idée m’est venue naturellement pendant mes études universitaires; ma thèse de maîtrise portait sur les fluides corporels et le rapport au corps. Par conséquent, j’ai beaucoup lu sur la mort, le corps, etc., autant du point de vue concret, matériel, que philosophique et anthropologique. Ces considérations théoriques se sont mélangées avec mes propres états d’âme à différents moments de ma vie.

Je suis quelqu’un de très pessimiste. Le personnage principal, qui était un homme au début de l’écriture du scénario, est une sorte de double non pas de ma vie, mais de ma vision générale de l’existence. De changer pour un personnage féminin m’a permis de prendre du recul. Sans oublier que le sujet du corps féminin est beaucoup plus évocateur que celui du corps masculin. De mon point de vue à tout le moins.

J’ai écrit le scénario à temps perdu entre le travail et la maîtrise entre 2007 et 2009. Je voulais tourner en 2010, mais j’ai obtenu du financement pour un autre film (mon court métrage d’animation "Crépuscule"). Nous avons donc tourné à l’été 2011.

Est-ce qu'avec "Thanatomorphose" tu as voulu aller au bout de ton sujet commencé au moment de ta thèse ?

"Thanatomorphose" est en effet la synthèse d’une partie de ma vie; c’est en quelque sorte un condensé de mes courts-métrages, de mes études universitaires et de ma vision des rapports humains. Ce film marque pour moi la fin d’une étape. Pas du point de vue des thématiques – qui sont indissociables de qui je suis – mais du côté de la représentation graphique de ces thématiques. Je suis allé au bout de cette idée et du concept. Mes prochains films seront sûrement aussi lourds et traiteront de sujets similaires, mais la représentation sera moins littérale. Je ne veux pas faire le même film deux fois!


Kayden Rose est absolument incroyable dans le film. As-tu rencontré beaucoup d'autres jeunes femmes avant de faire ton choix ?

Non. En fait, je l’avais vue dans quelques courts métrages et j’ai tout de suite compris qu’elle était faite pour le rôle. Je l’ai contactée, elle a lu le scénario et elle a immédiatement saisi le personnage et les enjeux du film. Ce ne fût donc pas très difficile de la convaincre!

Rémy Couture

Les effets spéciaux de maquillages, qui jouent un rôle primordial dans le film sont signés Rémy Couture et David Scherer. Qui s'est occupé de quoi dans le film ?

David et Rémy avaient des tâches très précises et complémentaires. Dans le cas de Rémy, son aide a été ponctuelle et touchait essentiellement les répliques de membres puisque David était en France avant le tournage et il ne pouvait donc pas mouler les comédiens. Rémy s’est aussi occupé des différents fluides corporels (sang, pus, urine, etc.). En 2011, il était en pleine promotion du documentaire "Art/Crime" de Frédérick Maheux ("Théorie de la religion", "Ana") qui porte sur son arrestation en plus de préparer son procès. Il a fait un excellent travail.

Du côté de David, je n’ai que d’excellents commentaires à faire sur son travail. C’est le Gianetto De Rossi français! Un maître! David était en charge des effets sur le plateau durant tout le tournage, travaillant pendant trois semaines entre 10 et 14 heures par jour. C’est tout simplement dément. Avant de venir nous rejoindre au Québec pour le tournage, il a préparé des prothèses, une fausse tête, un squelette, une carcasse... Énormément de travail. Ce fût un plaisir de récupérer le colis aux douanes canadiennes! Nous échangions ponctuellement par le biais de courriels, d’un FTP et de Skype. Cela me permettait de superviser à distance son travail quoique David a très vite saisi ce que je désirais en terme d’effets spéciaux : organiques, cronenbergiens et fulciesque. Je lui serai toujours redevable pour son professionnalisme, son enthousiasme et son talent. Il est extrêmement débrouillard et créatif. C’est un grand artiste.


Comment t'es venu l'idée de faire appel à David Scherer alors qu'il est français ?

Ce sont deux amis, Colin Vettier et Thierry Paya, qui m’ont conseillé de faire appel à David. Ils ont travaillé avec lui sur leur long "Ouvert 24/7" et ils n’avaient que des éloges à son sujet. Benoît Lemire (directeur photo) et moi avons rencontré David à Paris quelques mois avant le tournage. Nous revenions de la projection de "Coming Home" au Festival des Maudits Films (Grenoble). Ce fût une rencontre professionnelle déterminante, le genre qui n’arrive que rarement dans une vie. Il est conscient du rôle de l'éclairage et du montage dans la réussite d'une scène à effets. Nous nous sommes immédiatement entendus et nous avons scellé notre collaboration avec un peu d’alcool!

Es-tu surpris de l'accueil plutôt très positif reçu par le film?

Extrêmement. Je suis très content et surtout surpris de l'accueil généralement chaleureux réservé au film. En fait, je suis content car le film divise le public, mais les raisons évoquées des deux côtés sont les mêmes! Cela signifie pour moi que nous avons réussi quelque chose, nous touchons les gens et provoquons une réaction. Il n'y a rien de pire pour moi qu'un film consensuel. Il faut susciter la discussion, provoquer des points de vue divergents. C'est important pour moi à titre de spectateur, et donc de cinéaste. Ce n’est pas un film facile. Il est lent, contemplatif et lourd, mais c’était selon moi la seule façon de le faire pour respecter mon sujet et faire vivre une émotion pure au spectateur. Il ne pouvait pas plaire à tous. C’est très encourageant et ça me motive énormément pour le prochain film.

Quelles ont été tes influences ? On imagine aisément qu'il y a pu y avoir des cinéastes comme David Cronenberg et Jörg Buttgereit...

Oui, il y a des références directes à ces deux grands cinéastes que j’admire énormément, mais aussi au "Driller Killer" de Ferara et à Polanski. Du côté expérimental, il y a Brakhage, mais aussi "La vie nouvelle" de Philippe Grandrieux pour son désespoir écrasant. Pour ce qui est des effets spéciaux, David Scherer est un fan de Fulci et moi d' "Hellraiser" alors c'est un peu un mélange de ces deux univers.

"Thanatomorphose" sort enfin en France chez Uncut Movies... Peux-tu nous parler de cette édition ? Contiendra-t-elle des suppléments inédits par rapport aux autres éditions sortis un peu partout dans le monde ?

En ce moment, je ne sais pas encore quels sont les choix de Uncut pour les suppléments. Cela dit, le film comportera des sous-titres français (un énorme merci à Sabine Garcia du Festival des Maudits Films à Grenoble). Je suis très fier de sortir sous ce label. Ce sont de vrais passionnés, des guerriers du cinéma de genre, et c’est grâce à des gens comme eux que le cinéma underground indépendant peut atteindre le public. Leur travail est colossal et nécessaire. Ce sera un superbe DVD!

Pour les fans et collectionneurs, quelles autres éditions leur conseillerais-tu ?

Toutes! Sans blague, outre les boni communs (making of, etc.), chaque édition comporte des courts métrages différents dont certains sont plutôt rares, en particulier mon film d’animation "Crépuscule". La future sortie Allemande sera en quantité limitée dans un superbe boîtier. Ce sera un bel objet pour les collectionneurs.

Quels sont tes projets pour l'avenir ? Penses-tu continuer à faire le même style de films ?

En ce moment, je coécris/codirige avec Simon Laperrière un livre sur un programme télévisé québécois, "Bleu nuit", qui diffusait du cinéma érotique et qui a contribué à l’éducation sexuelle de beaucoup d’entre nous! Le livre sera publié à l’automne aux Éditions Somme Toute et Panorama Cinéma. Il y a même des articles de spécialistes français que vous connaissez bien!
Sinon, je monte la structure financière pour un court métrage expérimental tout en scénarisant mes prochains longs. J’ai quelques projets sur la table. Il ne reste plus qu’à voir lequel sera financé. Les genres sont différents (comédie, fantastique, érotisme), mais mon côté sombre demeurera.

Merci Éric!

Amateurs de cinéma extrême et underground, surtout ne manquez pas la sortie du DVD prévue normalement à l'automne prochain chez Uncut Movies, d'autant plus que cela sera la seule édition à proposer des sous-titres français sur un vrai DVD! Attention comme d'habitude chez l'éditeur, tirage limité à 1000 copies!

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14.04.14

07:29:39, Catégories: Interview  

Par Flo001fg

A l'occasion de la sortie en salle de "Une Promesse" le 16 avril, j'ai eu la chance de pouvoir rencontrer Patrice Leconte lors de l'avant-première du film le soir du 8 avril au mK2 Bibliothèque où le réalisateur a eu la gentillesse d'accepter de répondre à mes questions:

Bonjour Monsieur Leconte ! Je vous remercie de prendre le temps de répondre à mes questions. C’est vraiment très gentil de votre part. Comment est né votre nouveau film "Une Promesse" ?

Un ami scénariste, Jérôme Tonnerre, m’a donné un jour ce « petit » livre de Zweig en me disant « Je crois qu’il y a là un film pour toi ».

Quels souvenirs gardez-vous du tournage ?

Un souvenir lumineux, harmonieux. Les peintres utilisent une expression que j’aime, lorsqu’ils sont heureux de l’évolution de la toile sur laquelle ils travaillent : « Ça vient bien ». Et c’est ce que j’aurais pu dire jour après jour durant ce tournage.

Vous avez tourné pour la première fois en anglais avec un casting international. Était-ce plus difficile ?

Non, ça n’a absolument rien changé à ma manière de faire, à mes rapports avec les acteurs, sauf que nous nous parlions en anglais.

Pourquoi ne pas l’avoir finalement tourné en Allemand comme vous l’aviez envisagé initialement ?

Tourner en allemand m’a traversé l’esprit, par pure fidélité à Zweig, mais cette idée a vite été abandonnée, car je ne parle pas un mot d’allemand, et je ne me voyais pas travailler avec des acteurs avec la présence permanente d’un interprète.

Comment s’est fait le choix des acteurs ?

Je me suis fait aidé par une casting director anglaise formidable, Suzie Figgis, qui m’a suggéré des acteurs, des rencontres. Je connaissais Rebecca Hall, Alan Rickman, mais j’avais besoin de quelqu’un d’avisé qui m’en suggère l’idée.

Parmi votre filmographie, quels sont vos films préférés et pour quelles raisons ?

Je suis incapable de choisir. Mais il y avait, tout au long de la création de "La fille sur le pont", une petite magie particulière dont je me souviendrai toujours.


Au début de votre carrière de cinéaste, vous avez réalisé pas mal de courts métrages dont seuls quelques uns sont sortis en DVD. Y a-t-il une chance qu’ils sortent un jour sur les bonus d’autres films ou sur une compilation ?

Les vieux courts métrages sont souvent beaucoup mieux où ils sont, c'est-à-dire aux oubliettes, car, de la même manière que l’on ne souhaite pas revoir des photos de soi adolescent, je n’ai pas très envie de montrer mes premiers films.

Vous êtes également romancier. Entre cette activité et celle de réalisateur, vers laquelle votre cœur balance ?

Mon cœur ne balance pas, j’aime les deux. Mais il est vrai que le cinéma, qui est mon envie depuis toujours, reste ma principale passion.

Vous avez aussi été dessinateur de bandes dessinées à l’époque du magazine Pilote. Est-ce que cela vous manque parfois ?

Cela ne me manque nullement, car je savais que cette période BD n’était qu’une parenthèse dans ma vie. D’ailleurs je ne dessine presque plus, et je ne lis pratiquement pas de BD. Pilote, qui reste un souvenir merveilleux, appartient à un passé très lointain désormais.

Pouvez-vous nous parler de "Music !", votre prochain film d’animation ?

Difficile d’en parler, car pour l’instant le projet est quasiment au point mort, faute de financement. Il s’agit d’un scénario original, de Jérôme Tonnerre, et dont le pitch est simplissime : « Et si un jour la musique n’existait plus… ».

Avez-vous d’autres projets en cours ?

Oui, l’adaptation de la pièce de Florian Zeller, "Une heure de tranquillité", que nous allons tourner cet été.

Avez-vous toujours envie d’arrêter le cinéma ?

Non, décidément non.

Référencer ici toutes les éditions DVD et Blu-ray serait impossible (Pour les trouver, n'hésitez pas à vous rendre sur le site!), mais voici déjà une sélection de chaque titre en DVD et Blu-ray pour ceux qui existent dans ce format:

Du court au long Vol. 1

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Les vécés étaient fermés de l'intérieur

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Les Bronzés - Edition collector / 2 DVD

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Les Bronzés (Blu-ray)

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Les Bronzés font du ski - Edition collector / 2 DVD

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Les Bronzés font du ski (Blu-ray)

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Viens chez moi j'habite chez une copine - Splendid

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Ma femme s'appelle reviens - Collection Splendid

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Circulez y'a rien à voir

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Les Spécialistes

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Tandem - Edition collector

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Monsieur Hire

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Le mari de la coiffeuse

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Le batteur du Boléro

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Le parfum d'Yvonne

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Ridicule - Edition collector 2005 / 2 DVD

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Ridicule (Blu-ray)

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Les grands ducs

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La fille sur le pont - Edition StudioCanal

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Félix et Lola

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Rue des plaisirs

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L'homme du train

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L'homme du train (Blu-ray)

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Dogora, l'éveil des sens

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Les Bronzés 3 : Amis pour la vie - Edition collector / 2 DVD

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20.02.14

06:58:43, Catégories: Interview  

Par Flo001fg

Producteur, directeur du développement et responsable financier de « Affreux, Sales & Méchants », Vladimir Feral est un homme très occupé... Il a toutefois eu l'amabilité de me consacrer quelques minutes et ainsi de répondre à mes questions:

Bonjour Vladimir !

Quel est votre rôle à chacun au sein de « Affreux, Sales & Méchants » ?

Je suis le créateur de la société. Mon rôle est de faire en sorte que la société tourne évidemment avec des projets qui se fassent de manière régulière et des projets qui correspondent à l’image d’ASM, donc en fait je suis donc à la fois producteur, créateur de la société et surtout un petit peu à la base de tous les films, les choix éditoriaux, visuels etc...

"L'enclume" de Thierry Nevez

Comment est né « Affreux, Sales & Méchants » ?

« Affreux, Sales & Méchants » est né au départ d’une envie de créer une société avant mes 25 ans. J’ai co-créé cette société avec un associé qui s’appelle Alban Villani, qui est maintenant à Singapour dans les nouveaux médias et jeux vidéo. On a créé ça parce qu’on s’était très bien entendu sur nos bancs d’école, on va dire, à l’Université et que pendant l’école, on devait entre autres de faire un Master, des mémoires etc..., on devait faire un business model et donc on avait fait un business model sur un principe de film en cross média et trans média, qui s’appelait "Bikini’s college" qui était le guide interactif de la drague internationale et l’idée c’était de le faire à la fois pour internet, pour la télé, pour les téléphones portables etc, etc... On a créé ça pendant nos études en 2004 et on a monté avec la société en 2005, donc on voulait faire du court métrage, mais on s’était aussi lancé dans cette série virtuelle, qui s’appelait "Bikini’s college" et qu’au final on n’a jamais vraiment terminé, car on a eu trop de travail avec la fiction et surtout on l’a fait un peu trop en amont et du coup les téléphones portables intelligents n’existaient pas comme aujourd’hui et donc on est arrivé un peu trop tôt sur ce créneau là...

Vous étiez en quelque sorte précurseur...

Oui, un petit peu !

Pourquoi ce nom ? Aimiez-vous particulièrement le titre du film d’Ettore Scola ou vouliez-vous montrer à travers ce nom une certaine image ?

Oui, alors il y a en fait deux choses tout simplement quand on a créé la société... On se posait plusieurs questions parce que le nom d’une société est quelque chose qui marque, car c’est la première chose qui vient à l’esprit d’une personne quand on parle de la production, alors effectivement on aimait bien l’univers d’Ettore Scola, ce qu’il a fait, on savait qu’ "Affreux, sales et méchants" avait gagné, pas le Grand prix du festival de Cannes, mais il avait juste gagné un prix de la mise en scène, mais ça avait fait pas mal polémiquer en ce temps là et il y avait un petit peu dans ce côté-là « Affreux, sales & méchants », un côté à la fois sympathique, voyeur et un petit peu atypique qu’on pouvait trouver dans le nom que les autres sociétés qui s’appellent toujours les productions de ou les films du etc... Donc on savait qu’avec ça, on avait quelque chose de bien et très rapidement sont venus se greffer le principe du « Les affreux scénaristes, réalisateurs », « Les sales comédiens, techniciens », « Les méchants producteurs et partenaires financiers »... Après on est parti là-dessus, on a un petit peu compartimenter les choses et à chaque fois qu’une personne intégrée la société, elle prenait donc d’office l’un des noms titres soit l’affreux, le sale ou le méchant...

"A minuit, ici tout s'arrête" de Just Philippot

Comment sélectionnez-vous vos projets de fictions ?

Alors, on le fait de manière assez empirique parce que, comme on bosse beaucoup, tous les associés, aussi bien David Hourrègue qui s’occupe du long métrage avec moi, Cédric Delannoy qui est au court métrage, on essaye de recevoir un maximum de projets qu’on a par courrier, on essaye de les lire et de répondre au maximum... C’est toujours compliqué, car on n’a pas forcément toujours le temps pour tout faire, souvent on fait ça pendant les vacances, on lit beaucoup pendant les vacances et pendant les vacances on revient et on dit, tiens il y a ça qui peut être intéressant et tout, mais on a aussi des réalisateurs avec qui on a déjà travaillé, qu’on aime bien continuer à suivre, avec qui on nous soumet des projets, qu’on accepte ou pas, mais c’est surtout le même principe toujours d’avoir un côté fantastique ou bien encré dans le réel qui lorgne avec le fantastique et toujours aussi ce côté dérangeant qu’on peut avoir, un peu pince sans rire chez « Affreux, Sales et Méchants » et qu’on aime bien, donc après, le choix se fait en interne, on est plusieurs, on essaye de se faire une fois par trimestre une sorte de récap de tous les courts métrages qu’on a vu, qu’on a lu. On parle des réalisateurs aussi parce que le parcours des réalisateurs est important. On fait toujours des premiers films, on en fait au moins un par an, parce que c’est important, cela permet à un jeune réalisateur d’avoir enfin quelque chose à montrer, une visibilité... Nous ça nous permet de rencontrer une nouvelle personne qui est un peu vierge dans le domaine... Mais après, voilà, ça se fait maintenant à la décision, on va dire votes en fonction des différents producteurs qu’il y a ici... Que tout le monde soit bien au courant de ce qu’on fait et tout...

"Entre-deux" de Lucas Fabiani et Pascal Barbier

Vous avez, il me semble, trois longs métrages en développement...

Oui, trois dont deux surtout bien avancés, le troisième est surtout en écriture pour l’instant.

Pouvez-vous nous en parler ?

Oui, alors le premier, c’est le tout premier de la société qu’on a monté, ça s’appelle "Direction assistée" de Jérôme Boivin avec Patrick Chesnais et Isabelle Carré. Jérôme Boivin était un de nos parrains de courts métrages. C’est David Hourrègue qui l’avait rencontré dans un vidéo club par hasard et il lui avait proposé son propre film, qui s’appelait "Baxter". Donc, ça a fait énormément rire Jérôme Boivin, David qui adorait Jérôme Boivin, du coup a proposé à ce que Jérôme soit le parrain de notre boîte de prod de courts et un beau jour en 2010, alors qu’on avait atteint un bon niveau de productions, il nous avait proposé un traitement et depuis le traitement, de fil en aiguilles, ben, c’est devenu un scénario, qui a plu à des comédiens, qui a plu à un distributeur et là on est en train de chercher tout simplement le montage financier pour partir faire le film…

Ensuite on a "Show mage" de Mehdi Senoussi qui est dans le starting block en ce moment puisqu’on est en train de commencer à faire les premiers dossiers de développement et de réécriture, alors le premier est une sorte de polar, un petit peu noir à humour grinçant, qui est une sorte de "Nikita" social, celui-ci est une sorte de thriller social sur une prise d’otages à Pôle emploi, là on est en train de réfléchir au casting et tout et tout, donc il est un cran en dessous dans le développement et le dernier, c’est avec Liam (Engle) avec qui on a fait "Mecs meufs" et "Le portail" aussi co-produit avec Black Bird, on est en train de réfléchir justement à l’écriture d’un long métrage, qui est en fait plus pour l’instant sur des pitchs et c’est donc à nous de décider vers où on va aller.

Et cela sera toujours en co-production ?

Non, du tout, du tout ! Il n’y a vraiment que "Le portail" qui était en co-production au départ et "Mecs meufs" effectivement...

"Mecs meufs" de Liam Engle

Touchez-vous de l’argent lorsque certains de vos courts sont diffusés à la télévision ?

Oui, quand c’est diffusé en télé, on touche de l’argent... Sur les télés, c’est un grand mot... Si on gagne de l’argent sur les courts métrages, c’est non ! Si on gagne de l’argent sur les télés, oui, puisque les télés payent un minimum les courts métrages qu’ils diffusent.

En plus de produire des films de fictions, vous faites également des clips et des publicités. Notamment vous vous êtes occupé des clips de Jenifer "Poupée de cire, poupée de son" et "Les jours électriques" et de "Who else ?" une publicité Internet pour Nespresso... Est-ce ce qui rapporte le plus ?

En fait, c’est ce qui nous permet de rester vivant, on va dire ! C’est-à-dire en fait que les pubs et les clips nous permettent de payer les dépassements qu’on a sur les courts métrages puisque les courts métrages nous coûtent de l’argent chaque années et on prend beaucoup de risques et on a rarement un retour sur l’investissement, puisque ce n’est arrivé qu’une fois sur les 40 courts métrages qu’on a produit et encore, le film coûtait tellement pas cher qu’il pouvait se rentabiliser rapidement... Mais c’était au tout début de la boîte et depuis, on dépense plus d’argent qu’autre chose dans la fiction et du coup, on arrive en faisant un peu de pub et des clips à maintenir les coûts de la boîte, à pouvoir payer les frais de la société et surtout à payer les dépassements des courts métrages.

Il y a quelques années, certains de vos courts étaient sortis en DVD sous le label DVD-Pocket. Pensez-vous réitérer l’expérience ?

Non, car DVD-Pocket, n’a pas fait faillite, mais en fait a eu un procès avec Pocket, qui était le Livre de Poche ; ils ont perdu le procès, donc du coup ils avaient l’incapacité de pouvoir utiliser et d’un la marque et de deux leurs stocks, donc à partir de là, la société est morte. Donc nous, à partir de là, notre éditeur DVD qui nous éditait tous nos films chaque année l’a plus fait et donc on le fait nous maintenant en interne pour les festivals.

En dehors des longs, quels sont vos futurs projets ?

On a deux courants qui sont en train de se faire. On a le courant qu’on appelle pour le moment « Octobre rouge », qui est un peu une production alternative, qu’on va lancer entre janvier et février. Quand je dis production alternative, c’est un peu comme s’est fait "Mecs meufs" et "I’m a sharpener". Donc là, on aurait trois ou quatre projets, on est en train de voir. Donc on lancera ça en janvier/février, donc c’est à la fois en recherche de financement sur internet, plus aussi on va dire en courant un peu plus classique. Et après on a l’autre programme, qui le programme de la société pure et dure qui ont été des scénarios qu’on a lu, relu, écrit et réécrit, en courts métrages je parle, qui est chapeauté par Cédric Delannoy, qui s’occupe maintenant du court métrage chez nous, où on a trois films qui se dégagent vraiment qui sont "Célébration", "Glistenburg" et "Tombé du ciel". Voilà, c’est les trois projets qui se dégagent vraiment et qui ont eu des subventions pour l’instant de régions et qu’on pousse pour commencer avoir des télés etc… Pour avoir un autre budget, conséquent, pour pouvoir réaliser ces projets ambitieux.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur "Rien ne peut t’arrêter", un court métrage qui va bientôt se terminer ?

Alors "Rien ne peut t’arrêter", j’aurai aimé que David (Hourrègue) soit là pour en parler, car David est à la fois réalisateur, du coup sur ce court métrage qui est son vrai premier court métrage, en tant que réalisateur on va dire pro, produit par une production professionnelle. Et David développe le long avec moi et aussi toute la partie pub, clip sur laquelle on sait que ça nous permet de vivoter. Donc en fait "Rien ne peut t’arrêter", c’est un peu notre monstre de l’année prochaine, monstre, je dis ça puisque le film est très bon, à la fois parce que le film a coûté cher, à la fois parce que le film continue à coûter cher puisque on est en post-prod, que on a beaucoup d’effets spéciaux, d’effets visuels, d’effets sonores... la musique à enregistrer qui est un orchestre symphonique etc... Et qu’au départ nous n’avions que deux régions pour faire le film, donc c’était quasiment une mission impossible, mais comme on sait, « Affreux, sales et méchants » sait faire les choses impossibles ou possibles et donc du coup, ce que je peux dire c’est qu’il y a une bande annonce qui va sortir bientôt, un petit teaser, vraiment très court, mais qui va donner un petit peu la couleur du film et on espère que les gens qui nous ont aidé sur ce film, je pense aux plus de 300 personnes qui nous ont aidées sur Ulule et tout ça, ça va leur donner un bon petit coup au moral avant les fêtes (Note : L’interview a été réaliser avant Noël..) pour qu’ils en profitent au maximum, pour débuter une bonne année et comme ça ils auront la patience d’attendre encore un petit peu de temps, car on ne l’a pas fini, fini, tout simplement.

Merci beaucoup !

Ben de rien ! Il y aussi la collection Vian, qui sont 5 courts métrages inspirés des nouvelles de Boris Vian qu’on co-produit avec Nolita cinéma... Voilà, merci !

Cette interview a été réalisée avec l'aide précieuse de Fanny Grailet. Un grand merci aussi à elle!

Si les projets de « Affreux, Sales et Méchants » vous intéressent, vous pouvez les suivre sur leur page facebook, sur Twitter ou sur leur site

Photos : © Affreux, Sales & Méchants Productions

Affreux, Sales & Méchants Productions : 6 courts métrages - Collection Producteur de court métrage

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19.02.14

06:58:11, Catégories: Interview  

Par Flo001fg

Le compositeur Guy-Roger Duvert à qui on doit notamment les musiques des films "Les yeux secs", "Eyeborgs" et "Tension(s)", mais également de nombreuses musiques de courts métrages, trailers, jeux vidéos etc... a eu la gentillesse de répondre à mes questions:

Bonjour Guy-Roger. Peux-tu te présenter ?

Bonjour. Je suis compositeur de musiques de films, de jeux vidéos, de trailers, et de plein d'autres projets nécessitant de la musique (séries TV, théâtre, comédie musicale, pubs...etc). J'ai commencé à temps plein il y a 12 ans. J'ai eu de la chance de travailler très rapidement sur mon premier long métrage, qui a été pris à Cannes, à la Quinzaine des Réalisateurs, ce qui m'a clairement aidé pour la suite. Après avoir vécu à Paris pendant des années, je vis aujourd'hui à West Hollywood, en Californie. Avec une activité à l'arrivée très internationale (mon premier long était marocain, le second américain, le troisième canadien. Sur d'autres projets, j'ai travaillé pour des clients en France, en Belgique, aux USA, en Angleterre, à Singapour, et j'ai actuellement des pistes en extrême orient).

"Les yeux secs" de Narjiss Nejjar


Quel est ton parcours ? As-tu suivi une formation particulière ou es-tu autodidacte?

Je suis passé par le conservatoire, mais pas par la voie royale. J'ai fait du piano et du solfège en conservatoire d'arrondissement, puis en province. Une fois étudiant, j'ai pris des cours aux USA pendant un an, et enfin, j'ai pris 5 ans de cours particuliers de composition, d'orchestration, d'écriture, à la Schola Cantorum. Donc, musicalement, je ne suis pas autodidacte. En revanche, je n'ai jamais pris de cours spécifique de musiques de films. De ce point de vue là, je le suis, en apprenant de la meilleure manière possible : en apprenant des maîtres eux-mêmes. Je suis un très gros consommateur de films et de bandes originales.

"Eyeborgs" de Richard Clabaugh

Travailles-tu étroitement avec les réalisateurs lorsqu’on te demande de composer pour un film ?

Oui, bien sûr. Ce sont eux les « maîtres d'ouvrage » artistiques. Ce sont eux qui ont la vision du film. Donc, si, bien évidemment, une partie de mon travail consiste aussi à faire des propositions auxquelles le réalisateur ne pense pas nécessairement au départ, l'idée est toujours que ces propositions respectent la vision générale du film. Et la seule personne à même de dire si c'est le cas ou non est le réalisateur. Il est donc primordial de travailler étroitement avec eux. Ceci étant dit, d'un cas à l'autre, le niveau de liberté est très variable. Dans certains cas, on me laisse une liberté quasi complète, le réalisateur me faisant confiance, à partir d'indications données par lui au départ.

"Tension(s)" de Vincent Lecrocq

Prenons l'exemple de "Tension(s), comment as-tu travaillé avec Vincent Lecrocq?

L'avantage, avec Vincent, c'est qu'on avait déjà travaillé ensemble, sur l'un de ses courts métrages, "Survivant(s)". On se connaissait donc déjà bien. C'est vraiment un plaisir de bosser ensemble, car c'est le genre de configuration idéale pour un compositeur : un réalisateur qui a au départ une idée assez précise de l'orientation qu'il veut, des influences qu'il veut avoir etc..., et qui, une fois qu'on s'est bien compris sur ces orientations, laisse ensuite beaucoup de liberté au compositeur. Tout l’intérêt, dans "Tension(s)", était de développer un score qui soit à la fois action oriented sur toutes les phases de combats, d'infiltrations, mais aussi très intimate pour le drame qui se déroule dans cette maison. C'est ce que j'ai adoré à la lecture du scénario : on est dans un film de genre assumé, mais en même temps, on est dans l'humain. Les personnages ne sont pas caricaturaux, ils ont des doutes, des peurs. Il fallait pouvoir accompagner ça musicalement. Très tôt, avec Vincent, on s'est mis d'accord sur l'utilisation de guitares et de sons industriels. Les thèmes se sont ensuite rapidement développés. Et à l'arrivée, je pense que nous avons réussi à avoir un score très identitaire, avec une personnalité forte.

"Tension(s)" de Vincent Lecrocq

Travailles-tu différemment selon qu’il s’agisse d’une musique de film, d’un jeu vidéo, d’une publicité ou d’une bande annonce ?

Oui. En fait, la principale différence est la nécessité ou non de synchroniser. Concrètement de composer à l'image (ce qui est une contrainte particulière). Dans les films, tout doit être synchronisé, pour les jeux vidéos, uniquement les cinématiques s'il y en a. Et pour les trailers, uniquement lorsqu'on me donne le footage, ce qui arrive moins de 20% du temps. C'est là la principale différence. Autre différence : dans les films et les jeux vidéos, l'idée est souvent de développer des thèmes et de jouer sur des variations, ce qui est une composante absente des trailers. Autre différence : la musique de trailers est probablement la plus codée, et pourtant il convient de rester original, unique, tout en respectant ce code. A l'arrivée, j'ai vraiment du plaisir sur chacun des supports, et j'espère bien pouvoir continuer à travailler en parallèle pour chacun d'entre eux.

"Ça caille à l'Ombre" de Pierre-Yves Hampartzoumian


Comment se retrouve-t-on à composer les musiques de bandes annonces de blockbusters comme "Prometheus", "Transformers 3" ou "Green Lantern" ?

La première fois que je suis allé à Los Angeles, j'ai contacté toutes les sociétés de production de musiques de trailers, étant fan moi-même de ce type de musique. L'une d'entre elles s'est montrée intéressée par mon travail, et j'ai commencé à travailler pour eux. J'ai depuis été contacté par plusieurs autres sociétés de musiques de trailers, mais pour le cas spécifique des trailers, je reste exclusif avec la même société.


Y a-t-il des compositeurs qui t’ont particulièrement influencés ?

Oui, bien sûr ! En termes de musiques de films, ma principale influence est très probablement Hans Zimmer. Je pense avoir mon style personnel, mais son influence est je pense indéniable. A côté de ça, d'autres compositeurs m'ont également inspiré. En musiques de films, John Barry, ou Craig Armstrong, par exemple. Dans le domaine de la chanson, je suis marqué aussi bien par des groupes alternatifs comme Dead Can Dance que par la New Wave, en passant par des groupes d'electro pop rock comme Muse ! Et si l'on en revient aux classiques, j'adore Mozart, Beethoven, Handel et Tchaïkovski, même si Bach reste probablement mon influence première.


Quel matériel utilises-tu pour composer ?

Techniquement, parfois mon piano, mais c'est rare. Sinon, mon ordinateur, mon clavier, et un nombre gigantesque d'instruments virtuels. Soit je pars d'une idée précise que j'ai en tête, soit je me ballade parmi les sons tout en pianotant, et les idées arrivent. Dans ces cas, je découvre la musique au fur et à mesure que je la compose. Ce qui est assez curieux, quand on y pense.

Composes-tu également pour des projets personnels ? Peux-tu nous parler des différents albums que tu as sorti ?

Lorsque j'ai le temps, oui. Je bosse pour moi. J'ai sorti plusieurs albums, qui sont tous autant de projets personnels. Un de musiques de films de type pirates (avec certaines pistes très inspirées de "Pirates des Caraïbes", et les autres prenant plus d'indépendance sur cette première influence), un de musiques de films de type fantasy. Je m'éloigne même parfois de la musique de films. J'ai ainsi sorti une compilation de musiques zen, et un album de chansons electro pop rock, avec la chanteuse Constance Amelane.

J'ai aussi sorti une compilation de musiques de trailers, "Ultima Necat", que j'ai composées durant mes trois premières années à travailler sur cette niche, et dont je suis très fier. Certaines des musiques présentes sur cet album ont été utilisées pour des trailers comme "Transformers 3", "Sarah's Key", "Prometheus"... Mon prochain album a de fortes chances d’être axé science-fiction. On verra. En fonction du temps que j'aurai pour le faire.


Merci Guy-Roger!

Si vous souhaitez suivre le travail de Guy-Roger Duvert ou écouter ses compositions, je vous invite à vous rendre sur son site...

Autrement voici quelques DVD et Blu-ray sortis en France sur lesquels il a travaillé:

Survivant(s)

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Eyeborgs

Eyeborgs
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Eyeborgs (Blu-ray)

Eyeborgs (Blu-ray)
Amazon à 20.75€
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L'affaire Finaly

L'affaire Finaly
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Permalink 1419 mots par flo001fg Email , 450 vues • Réagir

11.11.13

05:00:00, Catégories: Interview  

Par Flo200

© Thibault Bunoust

C'est en tombant par hasard sur son blog Captain DVD que j'ai découvert Fabrice Colson il y a quelques années. Depuis je le suis à travers ses apparitions dans de nombreux films, que ce soit dans des longs, des courts ou encore des clips... Fabrice a eu la gentillesse de répondre à toutes mes questions et sans langue de bois:


Bonjour Fabrice ! Peux-tu te présenter ?

Bonjour, oui bien sur !!! Alors je suis né le 22 octobre 1968 à Lausanne en Suisse. J'ai fait toutes mes études là-bas et je suis arrivé en France en 1992. La Suisse ne faisant pas partie de l'Europe, j'ai pu m'asseoir très rapidement sur mes diplômes de gestion et redémarrer à zéro. Donc au fil des années et en mode « autodidacte » je suis passé par plusieurs métiers aussi divers qu'opposés, allant de cuisinier à encadreur de tableaux en passant par éducateur en foyer pour le ministère de la justice. C'est durant ce dernier job que j'ai commencé à mettre le pied dans le milieu du cinéma, passant mes récup et autres RTT en tout genre à me faire mon carnet d'adresse au lieu de me reposer. Et de fil en aiguille, en 2010, après avoir arrêté d'être éduc suite à une agression, j'ai décidé de me lancer et d'essayer de vivre de l'intermittence à temps plein et depuis cela n'a plus arrêté.


Parmi tes rôles les plus importants, quels sont ceux qui t’ont le plus marqué ?

Dans ceux qui m'ont le plus marqué, il y a celui que j'ai tourné cet été pour le court-métrage "Un seul corps" de Sotiris Dounoukos, où j'ai passé 6 jours dans un abattoir. J'y joue le chef d'équipe. Une ambiance hors norme, lourde et impressionnante. Je suis très impatient de voir le résultat final. J'ai fait un petit rôle de prêtre pour un téléfilm France 2, qui n’est pas encore passé, et où, sans y avoir été prévenu au préalable, j'ai dû faire 2 pages de messe en prenant ma plus grosse et belle voix lol.

"Le Réserviste" de Mathieu Berthon

Tu fais également pas mal de figuration. Quels sont tes meilleurs souvenirs ?

Oui, on en fait tous (les intermittents) pas mal, cela permet de faire ces heures et parfois on peut vivre de grands moments et se faire des souvenirs uniques. Le futur film de zombies "Goal of the dead" a été tourné dans des conditions extrêmes (de nuit, dans un froid glacial, sous les souffleuses et couvert de lait de coco) mais restera un souvenir énorme. Les tournages de Groland aussi sont que du bonheur. J'ai un excellent souvenir sur "Demi-soeur" où j'ai discuté films d'horreur avec Josiane Balasko quand elle a découvert mes tatouages et surtout qu'elle en était fan !!! Et sinon le dernier en date c'est sur "3 coeurs" le prochain Benoît Jacquot où on s'est retrouvé qu'à trois figurants à faire les déménageurs pour Benoît Poelvoorde. A la fin de la scène on s'est retrouvé avec lui, pour retourner aux loges, à quatre dans un ascenseur tout petit et il nous a fait un sketch pendant toute la lente descente, un bonheur, il aurait fallu une caméra de surveillance dans la cabine !!!

Est-on toujours bien traité en tant que figurant ?

La plupart du temps oui, et heureusement sinon ce serait invivable !!! Très souvent les conditions sont difficiles en raison de la quantité que l'on peut être, ce que l'on appelle de figuration de masse qui est au dessus de 100 personnes (j'ai été jusqu'à 350). Ajouté à cela une mauvaise organisation et un climat difficile et tout peu vite tourner à la limite du supportable. Sans parler aussi du comportement de certaines personnes qui ne relève même pas du milieu animalier car ce serait leur faire injure !!! Des films comme "Star 80", certains jours de "Les reines du ring" ou plus récemment "F2014" sont un vrai calvaire, mais par moment il faut bien vivre et faire ces heures !!! Sinon niveau réalisateur en lui-même qui ne serait pas, disons « correct », c'est très rare. Ils ont souvent un caractère fort ça c'est clair, mais rarement irrespectueux. La seule réal (car oui il s'agit d'une femme) dont je ne garde guère un bon souvenir, c'est Pascale Ferran sur "Bird People".

Tournage de "Survivant(s)" de Vincent Lecrocq


Quels conseils donnerais-tu aux personnes voulant faire de la figuration ?

C'est une question qu'on me pose souvent !!! Déjà c'est un métier et pas un « hobby » comme certains pratiquent pour arrondir leurs fins de mois ou parce qu'ils trouvent ça fun d'être sur un tournage. Après, il faut être patient, essayer d'intégrer des groupes Facebook qui publient des annonces, chercher et fouiller partout et puis fouiller encore. Quand je ne tourne pas, je passe au moins 3 ou 4 heures sur le net par jour à chercher, répondre, envoyer des mails ou mp. Il n'y a pas de miracle et cela prend du temps, beaucoup de temps à se faire son carnet d'adresse. Mais Facebook est devenu un réel et parfait outil, si on sait l'utiliser. Un bon tiers voir parfois la moitié de ce que je fais provient d'annonces ou contacts FB !!!

Tournage de "Victorine" de Garance Meillon

Il t’arrive aussi de travailler en tant que technicien sur des gros concerts… Tu es vraiment polyvalent !

Oui absolument et pas que des concerts. De nos jours c'est quasiment indispensable d'être « multitâche » !!! J'ai eu la chance de rencontrer de bonnes personnes au bon moment, ce qui m'a permis de faire de la régie, d'être chauffeur ou de démonter des concerts. Cela varie les plaisirs et puis recevoir le t-shirt d'une tournée, voir le concert gratuitement et l'envers du décor tout en étant payé, même si le boulot est un peu physique, je trouve ça super fun !!!

Concert de Muse - Stade de France - Juin 2013

Quelles difficultés rencontres-tu en tant qu’intermittent ?

Comme tous mes amis et collègues, c'est d'arriver à faire ses heures. Alors oui dans l'absolu on peut trouver cela très peu de bosser 5 jours par mois, mais on se rend pas compte de la difficulté à les décrocher ces 5 dates. Il peut y avoir des grosses périodes de doute, de remise en question et de frustration. C'est surtout un métier émotionnel. Une vie en mode « grand huit » où il y a rarement un milieu mais surtout des extrêmes.

Tournage de "Mort au feu"

Tu as réalisé notamment le film "Mort au feu". Quels souvenirs gardes-tu de cette expérience ? Aimerais-tu réitérer l’expérience ?

"Mort au feu" est encore une expérience incroyable. C'est un film DE et écrit par mon ami François Guignat, pompier de profession qui en avait marre de voir n'importe quoi à la télévision sur son métier. Il m'a donc demandé de le réaliser avec l'aide de mes deux camarades, Mickael Mongin et Thomas Duphil. On c'est retrouvé pendant une bonne semaine à vivre au sein d'une caserne, adaptant notre plan de tournage à la disponibilité des hommes et des véhicules. Un rêve de gosse : j'ai joué aux petites voitures de pompier. On nous a quasiment tout mis à disposition, les gens nous ont suivi à fond, la ville a vécu au rythme du film pendant une semaine, c'était génial et humainement unique. On n’a pas été les premiers, mais depuis la sortie du film, je peux pas m'empêcher de penser en voyant certaines émissions et programmes qu'ils ont dû le voir !!! Je pourrai en parler des heures tellement il y a de souvenirs sur ce film !!! Quand à réitérer ??? Mais je resigne tout de suite !!! La réalisation est ce que je voulais faire à la base et cela me manque. Et même si j'ai réalisé un clip il y a pas très longtemps cette année, j'espère pouvoir y retourner très vite !!!

Tes tatouages font parti de ton personnage et j’imagine que c’est un plus pour certains castings (comme ça peut certainement être un moins sur d’autres...). Peux-tu nous en parler ? Est-ce devenu une drogue ?

J'ai commencé à me faire tatouer à l'âge de 39 ans, donc absolument pas sur un coup de tête. Tout a été mûrement réfléchi et discuté avec mon tatoueur. Pour que justement cela ne devienne pas trop un handicap pour pouvoir postulé aux castings, ils sont dissimulables. Dès que je porte un t-shirt on ne les voit plus. Ils ont été conçus comme ça et je garderai toujours certaines parties de mon corps neutres. Ainsi, ils m'ont plus ouvert de porte que fermé, me retrouvant même à surprendre des gens sur un tournage période Révolution Française en cassant l'image du tatoué, leur disant : "Eh oui vous voyez, on peut faire des tournages d'époque avec ça sur la peau !!!". J'ai fait pas mal de clip grâce à eux et ce qui fait plaisir c'est que l'on me prend de moins en moins que pour ça. Mais c'est cyclique, pour preuve : je devrais faire, si tout va bien, un décor de prison pour la série "RIS" d'ici la fin novembre avec mes tatouages. Et pour finir de répondre à ta question : oui c'est une drogue !!! J'ai de la peine à passer une année sans me faire tatouer. Je retourne d'ailleurs voir mon tatoueur le 5 novembre pour préparer le prochain et me le faire avant fin 2013.

Clip de Charles Pasi "Farewell my love"


Tu es très collectionneur, notamment de DVD et de dédicaces ? Comment t’es venue cette passion pour le cinéma ?

Outchhh alors là encore un sujet à rallonge loll !!! Alors pour faire court, je suis tombé amoureux du cinéma un jour vers l'âge de 5 ans quand j'ai vu sur un vieux poste portable noir/blanc "Planète Interdite". Et depuis j'ai plus arrêté. Étant d'origine suisse, nous ne faisions pas l'heure d'été, donc j'attendais cette période avec impatience car chez nous les films commençaient à 19h30 (pas de pub en plus à cette époque) et ils se terminaient vers 21h. Donc je pouvais tout regarder, cela ne faisait pas trop tard pour aller se coucher. J'ai été bercé par "La dernière séance", mon père étant fan de films de guerre, western, polar et aventure, je me suis fait toute la base de ma culture. Ensuite les années 80, le premier magnétoscope, les vidéo-clubs, les premières VHS piratées et début de la collection. J'ai fait tous les supports : VHS, LaserDisc, DVD et maintenant Blu-Ray dépassant les 5000 films à la maison. Et puis vers 1995 j'ai fait l'erreur de mettre le doigt dans les produits dérivés, qui ont maintenant envahit mon appartement également. Et pour finir en 1999 j'ai été à ma première rencontre/dédicace sur Paris et là j'ai attaqué ma décennie de « geek attitude », parcourant les conventions à travers la Belgique, la Hollande, l'Allemagne et la France bien entendu. Quelques centaines de dédicaces et rencontres plus tard, je n'en fais quasiment plus maintenant, plus le temps du tout, mais grâce à mon métier j'en rencontre bien d'autres et je travaille même avec certains. Mais je ne peux pas m'empêcher parfois de leur demander une petite photo et même une dédicace, on ne se refait pas !!!

Merci Fabrice! Au plaisir de te revoir probablement pour la sortie d'un prochain DVD...

"Bloody Flowers" de Richard J.Thomson

N'hésitez pas à aller voir la bande démo de Fabrice!

Voici autrement une petite filmographie DVD et Blu-ray sélective de films auxquels Fabrice Colson a participé:

Le réserviste

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Eject

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Survivant(s)

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Mort au feu

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Dans la maison

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Dans la maison (Blu-ray)

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Dans la maison - Edition belge

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Stars 80

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Stars 80 / 2 DVD

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Stars 80 (Blu-ray)

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Stars 80 - Ultimate édition (Blu-ray + DVD)

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La grande boucle

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La grande boucle (Blu-ray)

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Demi-soeur

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20.10.13

16:41:52, Catégories: Interview  

Par Flo200

Je vous avais parlé il y a quelques mois d' "Eject", le nouveau film de Jean-Marc Vincent, qui m'avait agréablement surpris après la déception que j'avais eu à la vision de son "Lady Blood". Nous n'aborderons d'ailleurs volontairement pas le sujet de ce premier long-métrage, mais autrement Jean-Marc a eu la gentillesse de répondre à toutes mes questions:

Bonjour Jean-Marc. Peux-tu nous dire comment est né "Eject" et comment tu es arrivé sur ce projet ?

Bonjour ! "Eject" est né dans le cerveau fertile et un peu malade quand même de son auteur et producteur R.J. Thomson. Ce mec est un génie ! Il a au moins 10 ou 15 projets en permanence dans la tête, à différents stades de développement. Pour "Eject", je me souviens qu’il m’avait dit que l’idée lui était apparue quand il a découvert qu’ils allaient mettre en chantier "[REC]3". Le pitch était simple : « Une parodie de [REC] en huis clos dans un bordel envahi par des zombies ». Je suis arrivé sur le projet par l’intermédiaire d’Alexis Wawerka, un ami de Richard aussi, et c’est Alex qui m’a annoncé que R.J. Thomson cherchait un réalisateur pour réaliser "Eject". Ensuite tout est allé très vite... Je venais de finir d’écrire un nouveau scénario de long avec Hubert Chardot (mon complice d’écriture depuis 20 ans – co auteur de "Wolfpack", "Faux Départ", "Lady Blood"...) et je me sentais un peu vidé. L’été approchait, je commençais à me mettre en mode « vacances », quand j’ai reçu le scénario d’ "Eject". Comme je suis un garçon consciencieux je l’ai lu tout de suite. Et c’était tellement dingue que j’ai dit oui tout de suite !


Quels souvenirs gardes-tu du tournage ?

C’était encore plus dingue que le scénario ! J’ai eu la chance de travailler avec des gens qui savaient qu’on n’était pas sur la dernière production friquée, et tout le monde (j’insiste : TOUT LE MONDE) est venu bosser par passion, juste pour avoir le plaisir de collaborer sur un film d’horreur unique, avec un budget neurasthénique et des contraintes énormes. Faut être sacrément passionné, ou vraiment gonflé, et toutes les bonnes âmes qui sont venues passer un peu de temps pour contribuer au tournage avaient ces deux qualités. Surtout que j’avais en tête qu’ "Eject" ne devait pas trahir le genre (et les sous-genres), c’est à dire le film d’horreur de série Z, mais aussi la comédie, ou le drame psychanalytique... Heu, pour le dernier, je suis pas sûr d’avoir réussi mon coup ! Ha ha ! Je garde tout le tournage dans ma mémoire, d’abord parce que c’est l’expérience de création la plus « freestyle » de ma petite carrière, ensuite parce qu’il y avait une ambiance formidable sur le plateau (ceux qui n’étaient pas « bon esprit » restaient 2 heures et ne revenaient pas. En vérité, ils servaient de nourriture aux vrais zombies qu’on avait employé dans le film), enfin parce que l’absence de pression financière sur le film (personne ne l’attendait, ce film, ni les chaines TV ni les distributeurs) sauf pour Richard, le producteur, a rendu les choses bien plus plaisantes pour moi !

Mais si je devais ne relater qu’une seule anecdote, je citerai le jour où, avec différents techniciens avec lesquels je créais les décors (un hangar, une douzaine de bâches, des lumières différentes et hop ! Ça fait la blague !) on s’est dits qu’il faudrait peut être demander à Richard de nous trouver une douche de chantier, et des WC, parce que sinon, le trajet risque de sembler bien long aux figurants recouverts de sang et de tripes qui allaient rentrer chez eux dans le RER !)


Comment as-tu connu Richard J. Thomson ?

Richard, c’est un mec à la fois totalement isolé dans le monde du cinéma français (ce qui est une honte quand on voit la longue filmographie du bonhomme), et en même temps il est très suivi par ses fans. Je suis un peu plus âgé que lui, mais on avait les mêmes lectures de jeunesse (Starfix, Mad Movies, l’Écran Fantastique...). La première fois que j’ai entendu parler de lui, c’était il y a bien longtemps, dans les pages de Mad, pour un papier qui lui était consacré. Et je m’étais dit : « Ce mec est dingue ! J’adore ! » Et des années plus tard, on se retrouve assis à la même table pour causer de la prépa d’un film. Et j’ai été très surpris de découvrir quelqu’un de très sérieux dans ses envies, dans son propos, à l’opposé de l’image de savant fou que je pensais trouver. En fait, je pense que la seule différence entre Richard et Luc Besson, c’est un problème d’argent ! Parce que tous les deux sont des fous de pelloche, des audacieux, des ambitieux et des producteurs-réalisateurs ! Ou alors la seule différence entre les deux, c’est peut-être le port de la barbe de 5 jours... En tout cas, je trouve que le courant est tout de suite passé entre nous. Richard avait vu mes courts et il savait de quoi j’étais capable. Il avait aussi suivi le tournage de "Lady Blood" (des amis de Richard faisaient partie de l’équipe du film). Enfin, nos deux caractères sont, je pense, complémentaires : on est tous deux des bordéliques organisés, mais nos bordels sont différents. Donc on arrivait à se canaliser et se comprendre l’un l’autre. Vraiment, j’aime beaucoup ce mec ! Et s’il ne dit pas la même chose de moi, je le livre aux zombies ! J’en ai gardé un demi (la moitié du haut, avec les dents) dans ma cave pour l’occasion !

Quel a été son rôle sur le tournage ? Est-il intervenu dans la mise en scène et dans le choix des acteurs ?

Richard venait sur le tournage avec son chéquier et repartait délesté de quelques euros. C’est fou ce qu’une équipe de tournage de série Z peut manger comme pizzas, nourriture chinoise ou boire comme bières ! Et non, il n’est pas intervenu sur la mise en scène, parce qu’il m’avait engagé pour ça ! Et je ne suis pas du genre à décevoir la personne qui m’accorde sa confiance. On avait parfois des discussions en amont où je lui expliquais ce que je comptais faire, pour lui expliquer, tout simplement. Et il n’y a jamais eu de blocages venant de lui. Au contraire ! Il m’a surtout incité à aller encore plus loin dans le « grand n’importe quoi » que les idées trop « classiques » que je voulais de prime abord mettre... Et si on me pousse dans cette voie là, on est rarement déçu ! Ha ha !

Pour les acteurs, Richard a sa bande, et il m’avait dès le départ prévenu qu’il avait annoncé à certains qu’ils seraient dans le film. Je lui ai dit : « Écoute, j’ai l’habitude de caster moi même mes acteurs, mais je veux bien que tu me présentes ceux qui tu as pressenti et on en reparle ensuite ? ». Il a accepté et j’ai rencontré tout ce petit monde. Avec Pascal Sellem et Rani Bheemuck (respectivement Jo, l’ambulancier, et Samantha, la reporter) le courant est passé tout de suite. C’est rare, l’impression de connaître les gens alors qu’on se voyait pour la première fois ! De même je lui ai présenté Philippe Chaine, Benoit Gourley, Dominique Bettenfeld et Alain Robak, et on a monté le casting comme ça, en fonction des dispos de chacun des comédiens et de leur envie de faire partie du film.

As-tu été surpris de l’accueil reçu par le film ?

Quand je finis un film, il y a toujours le même phénomène qui m’arrive. Je connais d’autres réals qui ont aussi ce type de sentiments : tu es vidé, le temps de l’action s’arrête, tu commences à lâcher la pression... et le doute s’insinue lentement dans ta tête. Tu te dis : « Est-ce que j’ai réussi mon film ? Le public va-t-il comprendre telle ou telle chose ? Rira-t-il là où j’ai envie qu’il se marre ? "Eject" n’est-il pas « too much » ? Etc... » Et bien que tu saches que ces doutes soient contre-productifs, ça monte insidieusement en toi... Or, tu sais que la seule et unique épreuve qu’il te reste à franchir, c’est le verdict de ceux pour lesquels tu as fait le film : les spectateurs !

La post production d’ "Eject" a été longue car nous n’avions pas plus d’argent pour le finir que nous n’en avions pour le fabriquer. Or une régie, ça coûte cher... ou bien ça se négocie durement ! Sans compter les inévitables galères de plantages divers et autres crashs de machines... Mais pendant qu’on avançait, Bertrand Boutillier (le chef monteur de mes films depuis "Noël et les garçons", à l’exception de "Lady Blood") et moi-même avons créé une page sur Facebook, rassemblé toutes les photos dispos prises sur le tournage et monté plusieurs extraits ou bandes annonces pour entretenir l’attente le plus longtemps possible.

Bref, quand Richard m’a dit qu’il y avait une possibilité de le diffuser en salles, au Nouveau Latina, en avant-première mondiale et en présence de VRAIS spectateurs (c’est à dire des gens vivants, qui paient leur place, en plus des membres de l’équipe et du casting du film) on a mis un coup de collier pour parvenir à une copie certes non terminée (on a bien précisé avant la projection que c’était une copie de travail), surtout en ce qui concernait le boulot de son, mais néanmoins montrable ! Et là, 1h20 plus tard, plus de doutes dans ma tête ! Car le film fonctionnait. Les gens riaient là où je l’imaginais !

Ce qui a suivi appartient à l’Histoire. Les blogs ont relayé l’info, et les journalistes de tous bords ont commencé à vouloir parler du film. Au même moment, Canal Plus a diffusé le documentaire « Viande d’Origine Française », dans lequel on voit un bout de making-of du film et des interviews de Richard et moi-même… Mais pour moi, il restait encore un gros boulot sur le son ! Je n’imaginais pas que nous aurions encore presque deux ans de travail avant de voir le film en DVD ! Donc quand on annonçait au Nouveau Latina « Avant Première Mondiale », on aurait du rajouter « pour la première et dernière fois dans cette version ! » Suite à la diffusion du documentaire de Canal Plus, j’ai eu la possibilité de montrer un DVD au staff de la chaîne cryptée. Il paraît qu’ils se sont bien marrés, mais en même temps, trouver une case sur Canal pour diffuser "Eject" n’est pas évident, ce que je peux comprendre.

Le film est sorti en DVD en début 2013, et Richard a organisé une séance de dédicace chez Movies 2000. Pas mal comme retour aux sources ! J’ai été très surpris de l’attente qu’il y avait chez les fans à propos du film. Je suis très heureux de tout ça ! Même si "Eject" est un « OFNI » (objet filmique non identifié), c’est à la fois un pur produit RJT, et un film de Jean-Marc Vincent. Un projet mené à bien grâce à la passion et au talent de toutes ses composantes. On l’a fait ! Mission accomplie ! Maintenant, je suis un peu déçu que le film sitôt sorti en DVD se soit trouvé dès le lendemain ou presque sur quasiment tous les sites de téléchargements illégaux. Le préjudice est énorme pour l’économie fragile d’un film comme celui-là, et grave pour un producteur aussi courageux que Richard, car "Eject" n’a bénéficié d’aucun financement, ni aide, ni pré achat de chaîne, mis à part l’investissement des fonds propres de Richard lui-même.


Peux-tu nous parler de tes trois premiers courts métrages ? Tous les trois sont visibles sur Dailymotion, mais n’aimerais-tu pas les voir figurer un jour sur un support physique ? En bonus d’un de tes films par exemple ?

Je crois que fondamentalement, je n’aime pas les étiquettes. C’est pourquoi j’avais envie, en décidant de passer à la réalisation de films, d’aborder à travers chacun de mes courts un genre différent.

Le scénario de "Wolfpack", par exemple, existait avant celui de "Noël et les garçons". Mais j’ai vite découvert qu’il était plus simple d’intéresser des producteurs avec une comédie (même « fantastique ») qu’avec un film de guerre comportant des soldats et des loups garous ! Avant de me lancer sur la recherche de financement (ou de producteur) de "Noël et les garçons", je m’étais promené chez une bonne trentaine de producteurs avec un « polar-action » intitulé "Ed is dead", que j’avais entièrement story boardé, mais qui par ses aspects lyriques et violents assumés (une histoire de vengeance sur fond de casse sanglant) avait fait l’unanimité chez ses lecteurs : « C’est très bien écrit, très intéressant, voire novateur, mais on ne verra jamais ça en France ! » Faut dire qu’à l’époque, la vague des polars de John Woo ("Hardboiled" en tête) débarquait en masse (et plein de promesses, pensais-je naïvement) dans l’Hexagone. Mais point d’ "Ed is dead" finalement. Les producteurs que je rencontrais me disaient tous ou presque « Reviens avec une comédie, et on verra ce qu’on peut faire ! ». Alors j’ai adapté en fiction une discussion que j’avais eue avec ma fille aînée sur l’existence – ou pas - du Père Noël et ça a donné "Noël et les garçons". Je l’ai montré à l’équipe des programmes courts de Canal Plus et ils l’ont acheté tout de suite. Il a beaucoup circulé en festivals, et il a été diffusé plein de fois en télé.

Ça m’a donné confiance pour présenter un second projet de court plus audacieux encore que le précédent, et j’ai proposé à Hubert Chardot de réécrire et développer le projet qu’on avait abandonné quelques années avant intitulé "Wolfpack". Une fois la nouvelle version achevée, je l’ai envoyé ou déposé chez la plupart des producteurs qui avaient apprécié "Noël et les garçons", mais ils ne comprenaient pas pourquoi je m’éloignais d’un univers et d’un genre (la comédie) qui avaient l’air de me réussir. La version de "Wolfpack" que j’avais en tête se situait entièrement en extérieur, dans une forêt recouverte par le brouillard. Des conditions un peu trop compliquées dans un contexte de court-métrage. Aussi, lorsque j’ai finalement rencontré mon futur producteur pour ce film, nous avons décidé de reprendre le scénario et de l’adapter pour que toute l’action se situe en intérieur, dans un environnement beaucoup plus facilement maîtrisable. J’avais réalisé un board très précis pour la version « forêt », et je ne m’en suis pas tant éloigné pour la version en extérieur. J’ai remplacé les arbres par des cloisons de bureaux, mais tout est presque resté en l’état ! Il y avait juste une cascade de voiture que je n’aurais pas pu tourner faute d’argent ! La prépa du film a pris presque 3 mois (essentiellement pour fabriquer les effets spéciaux, signés Jérôme Jardin) et nous avons tourné pendant 10 jours dans une base croate abandonnée pendant la guerre en ex-Yougoslavie... au Kremlin Bicêtre, aux portes de Paris ! Encore une fois, le film a connu un bon succès en France (de nombreux festivals l’ont programmé) mais il m’a surtout permis d’attirer l’attention de producteurs anglo-saxons.

J’ai reçu le projet "Faux départ" par son auteur originel, Elef Zack. J’y ai vu la possibilité de mettre en scène une histoire plus réaliste que dans mes deux précédents films. J’ai présenté Hubert à Elef et je les ai laissé travailler ensemble. La confiance que j’ai pour Hubert, et notre ancienneté dans la collaboration étaient des garanties suffisantes pour que j’obtienne un scénario formidable et adapté à mes envies sans que j’aie à me mêler d’écriture. Pour jouer le méchant, Roberto, j’avais vraiment envie de retravailler avec Bruno Solo que j’avais utilisé dans "Noël et les garçons". Comme beaucoup d’acteurs que j’admire, Bruno a cette qualité d’être à la fois un grand acteur comique, avec un sens de la repartie formidable, mais qui possède aussi, avec sa sensibilité exacerbée, un grand potentiel tragique. Je me souviens du coup de fil qu’il m’a passé quelques semaines avant le début du tournage. Il m’a dit : « Bon, j’ai lu et c’est très bien écrit. Mais j’ai un doute sur le personnage de Roberto. Tu crois que je vais arriver à jouer un type aussi pervers ? » Les étiquettes ont la vie dure, et finissent par s’incruster sur ceux qui les portent ! Au final, Bruno est génial dans le rôle. Il incarne un salaud à la fois touchant et dangereux. Le personnage tel que je le désirais.

"Faux départ" a été tourné en 5 jours (dont une nuit) et fait presque 19 minutes. "Noël et les garçons" dure 13 minutes et a été tourné en 10 jours. "Wolfpack" 15 minutes pour 11 jours de tournage. Faut croire que je m’améliore ! En tout cas, après l’expérience de ces 3 courts et leur succès critique (peut-il y avoir un succès public pour les courts métrages ? Je ne pense pas, malheureusement !), je me suis senti prêt à poursuivre ma carrière sous l’angle du long métrage !

J’ai eu trois producteurs différents pour mes trois courts. Pour une question de droits, il me paraît très compliqué de pouvoir les mettre en bonus sur le DVD d’un long qui serait produit par un autre.

On ne peut pas dire que "Lady Blood" ou "Eject" soient des films particulièrement sérieux, pourtant avec "Wolfpack" et "Faux Départ", tu as prouvé que tu pouvais réaliser des œuvres beaucoup plus sérieuses. Penses-tu revenir à des films de ce genre à l’avenir ?

J’ai plusieurs films de genre bien barrés dans mes cartons, mais j’avoue que j’ai envie de laisser pour quelques temps les effets gores et l’ultra violence. D’une part parce que j’ai vraiment envie d’explorer d’autres voies, et d’autre part parce qu’il est très difficile de faire un film aujourd’hui, et encore plus difficile de convaincre des investisseurs pour des films un peu zarbis ! Mais on ne se refait jamais totalement. Et un jour, je reviendrai à tout ça !


Est-ce que le budget dont tu disposes à une influence dans le ton que tu donnes au film?

L’argent, c’est le nerf de la guerre de cette industrie. Quand tu fais un film comme "Eject" avec un budget riquiqui, sans toucher de salaire par exemple, c’est un luxe que tu ne peux pas te permettre sauf si tu es rentier, ce qui n’est pas mon cas ! Auteur et réalisateur, c’est mon métier, mon gagne pain. Je me dois (et devant mes proches aussi) de gagner ma croûte !

Maintenant, chaque film est un modèle économique particulier, avec un coût réel qui le rend « faisable » ou pas. Même en bénéficiant d’aides, de subventions, de pré achats etc, il est de plus en plus compliqué de rentabiliser un long métrage.

Le ton d’un film est déterminé dès la lecture (ou l’écriture) du scénario. La suite, c’est d’estimer au plus vite combien coûte le film pour être réalisable, de se battre pour obtenir l’argent indispensable, et de ne pas s’envoyer en l’air avec une logique « inflationniste ». Tout échec est toujours très compliqué à surmonter. On te jugera toujours sur le résultat du film précédent avant de te faire confiance sur le prochain !


Avant cela, tu as réalisé le jeu vidéo "Urban Runner". Peux-tu nous en parler ?

Oh la la ! On remonte le temps jusque loin, là ! J’ai commencé la réalisation en débarquant dans le bureau du PDG de la société Coktel Vision et en lui vantant mes qualités de cinéphile et de raconteur d’histoires. Je suis ressorti avec un contrat, un gros chèque et le projet "Urban Runner" (qui s’appelait "Lost in town" à l’époque) sous le bras, et le poste de réalisateur dans la poche ! On était en 1993. C’était magique ! Bon, faut resituer le monde des jeux vidéos de cette période... "Doom" venait de sortir, "Tetris" était encore une des meilleures ventes, le BeBop servait de téléphone portable à condition d’avoir le bras assez long pour atteindre les rares émetteurs et Nirvana ramenait le Rock sur le devant de la scène musicale. Question cinéma, Spielberg et son "Jurassic Park" allaient pulvériser le box office, et révolutionner le merchandising... Bref, pour ma part, j’avais pour mission de faire durer 20 heures de vidéo pour un jeu composé à 90% de vidéo, à une époque où le DVD n’existait pas encore dans les chaumières.

Une belle expérience, qui s’est finie avec une belle récompense puisque c’est grâce à cette incursion dans le monde vidéoludique que j’ai pu rencontrer Hubert Chardot, qui venait de créer la saga "Alone in The Dark" chez Infogrames.

J’ai eu sur "Urban Runner" 6 semaines de tournage et 5 mois de montage. Pour une première expérience, ce fut royal ! C’est aussi sur ce projet que j’ai rencontré (et dirigé) l’acteur Benoit Gourley, qui depuis figure dans tous mes films !

Le jeu s’est bien vendu. La presse a couvert sa sortie avec de très bonnes critiques. J’aimerais bien revenir au jeu un jour. Surtout avec les capacités des nouvelles machines. Avec Hubert on en parle, parfois, mais le cinéma est une maîtresse très exigeante !

Quels souvenirs gardes-tu de ton expérience d’assistant de la rédaction au sein du magazine Starfix ?

Pour beaucoup de cinéphiles de ma génération, Starfix est une revue culte qui parlait enfin du cinéma en nous touchant au cœur et en prenant les lecteurs pour des gens intelligents.

Or, quand je suis arrivé en fac de communication en 1986, il fallait que je trouve un stage en entreprise. Je suis allé frapper chez Starfix. Christophe Gans m’a ouvert la porte. Je suis arrivé pour trier les nombreuses photos que les journalistes avaient entreposé depuis quelques années. Trois ans plus tard, j’y étais toujours. Et j’ai appris à être cinéphile avec ceux que je considère encore comme des Maîtres es Cinéphilie ! Des fondus de cinoche qui sont presque tous passés d’ailleurs derrière la caméra. Christophe Gans, Nicolas Boukhrief, Doug Headline, François Cognard... Une sacrée époque avec de sacrés talents quand même !

Moi, je débarquais de ma province et j’entrais dans le temple du cinéma que j’aimais : le pied intégral ! On s’est revus au hasard de nos parcours respectifs. Je sais que certains d’entre eux étaient venus voir "Wolfpack" quand on l’a montré au public dans la grande salle des Halles en 2004. Ça m’avait beaucoup touché ! Parce qu’en plus, ils avaient aimé mon film.


Enfin, peux-tu nous parler de tes projets actuellement en cours ?

Je ne peux pas te parler du projet qui occupe mon esprit en ce moment parce qu’on est très en amont sur ce projet justement ! Je peux te dire qu’il s’agira d’un drame psychologique français, mais que j’ai envie de styliser comme un film indépendant américain (les films de James Gray sont mes principales influences).

Je suis en train de réunir autour de ce film une équipe vraiment formidable. Certains membres de ma bande depuis le départ seront là, et seront rejoints par des nouveaux venus aux talents indéniables.

J’espère que le tournage pourra se faire d’ici l’été prochain. Il me tarde de retrouver l’odeur du plateau.


Merci Jean-Marc!


Lady Blood

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Eject

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