Catégorie: Interview

12.02.16

11:11:11, Catégories: Interview  

Par Flo200

Troisième interview de Julien Richard-Thomson sur DVDpasCher.net, la première datant de 2012, la deuxième de 2014, cela devient une véritable histoire d'amour entre nous! Julien a lancé récemment une nouvelle campagne de financement participatif qui se termine dans quelques jours, c'était donc l'occasion qu'il nous parle de ce nouveau projet et des autres à venir!


Bonjour Julien! Tu as lancé une campagne de crowdfunding pour un projet plutôt déjanté, une sorte de Best-of de tes tout premiers films?

Oui c'est à peu près ça, il s'agit d'un genre de « remix » mêlant des extraits de plusieurs de mes premiers films de jeunesse, qui étaient des parodies de « séries Z » : "Time Demon", "Jurassic Trash", "Roboflash Warrior"... Tous ces films ont été réalisés avec très peu de moyens, dans les années 90, je les distribuais dans les vidéoclubs. Certains ont été coproduits avec la revue Mad Movies et son fondateur Jean-Pierre Putters, on retrouve des collaborateurs du journal : Damien Granger, Didier Allouch, Christophe Lemaire... Je veux remonter des séquences de ces longs-métrages autour d'une nouvelle histoire avec une post-synchro délirante, à la manière du fameux pastiche "La classe américaine, le grand détournement" qui détournait des classiques américains.

Pourquoi ce projet « Back to the future » ?

Car cette année c'est le vingtième anniversaire de "Time Demon" qui a été tourné en 1996. Je me suis dit qu'il fallait célébrer cette date avec un projet à la fois hilarant, original et vintage. Et puis, beaucoup de gens m'ont réclamé une réédition de ces films tournés lors de ma période « parodies Bis » notamment ceux qui ne sont sortis qu'en cassettes VHS. Je ne souhaitais pas éditer ces films en DVD car je n'en suis pas totalement satisfait, du moins pour les plus anciens d'entre eux comme "Night Of Vampyrmania" par exemple, qui a été tourné dans des conditions « amateur » avec un petit caméscope et des acteurs débutants. Le résultat n'est pas vraiment montrable dans son intégralité (rires). Mais un nouveau montage humoristique me semble une manière amusante de leur rendre hommage et de satisfaire la curiosité des fans. Ce projet permettra de montrer certaines séquences inédites, il comportera également des bonus exclusifs...

Tu annonces des extraits de ton film inédit (et mythique) "La Nuit des ploucs vivants"...

Oui des séquences de ce film inédit seront aussi utilisées. J'avais tourné ce long-métrage au milieu des années 9O dans l'ouest de la France, il racontait une invasion de zombies dans le marais poitevin ! Il y avait des scènes assez drôles et quelques effets gore plutôt réjouissants. Si j'arrive à réunir assez de budget pour monter ce projet, ce sera une belle manière de remercier les équipes (comédiens et techniciens) qui ont participé à toutes ces œuvres.

Peux-tu nous parler de "Mon cinéma de a à z", le livre que tu as sorti l'année dernière?

Il a reçu de très bonnes critiques ce qui m'a fait plaisir tu t'en doutes. J'ai écrit ce bouquin pour faire une sorte de « point d'étape » dans ma carrière, livrer quelques anecdotes de mes tournages, et surtout pour mieux expliciter ma démarche de cinéaste qui n'est pas toujours comprise. C'est d'ailleurs logique puisque depuis 15 ans aucun de mes projets de longs-métrages (à part le thriller "Bloody Flowers", mais c'était un film très « low cost ») n'a pu se tourner. Les gens ne connaissent donc pas mes intentions cinématographiques. J'ai écrit des dizaines de scénarios, plutôt dans le genre fantastique ou anticipation mais dans une veine très personnelle, parfois assez sombres ou au contraire teintés d'ironie, qui n'ont pas séduit les télévisions et les institutions. Le cinéma français est très conservateur et rejette le « cinéma de l'imaginaire ». Dans le livre je donne ma conception du genre fantastique et je parle de tous mes projets, y compris les nombreux que j'ai dû abandonner.



Un mot sur tes autres projets, pour conclure?

Je développe pas mal de projets, en effet. Un long-métrage cinéma, qui n'est autre qu'une adaptation d'une célèbre bande dessinée belge. Et des projets de formats courts, des séries digitales notamment, dans différents styles. Psycho Girls est une série de web-cinéma (un concept auquel je tiens) un peu tarantinesque. Il y a aussi deux séries qui traitent de politique chacune à sa manière, l'une sous forme de thriller ("Le Dircab"), l'autre de comédie ("La Septième République"). Enfin j'ai déposé un projet de documentaire à plusieurs chaînes de télévision et j'attends leurs réponses... Tout est sur mon site!

Un projet de financement participatif à soutenir donc! N'hésitez pas également à suivre l'actualité de Jaguarundi Films sur sa page Facebook afin de ne rien louper! Et si vous avez envie de vous faire une idée sur les films du réalisateur et sur ses productions, voici les titres de sa filmographie disponibles en DVD que vous pouvez trouver aussi sur la boutique de Jaguarundi Films :

Coffret Richard J. Thomson : Jurassic Trash + Time Demon + Time Demon II

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Votez Cindy ! : Elections présidentielles 2012

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Zombie club Spécial cocktail

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29.01.16

06:49:38, Catégories: Interview  

Interview d'Emil Weiss, réalisateur de la trilogie Hourbn (destruction) :

Dans le cadre de la diffusion de son film documentaire en trois parties “Trilogie Hourbn”, à la maison de la culture de Bourges le jeudi 26 novembre 2015, son réalisateur, Emil Weiss, était présent sur place. Il a répondu à mes questions à la fin de la séance.

1) Votre documentaire a-t-il été tourné entièrement à Auschwitz ?
Emil Weiss : Oui, absolument. Si les tournages se sont étalés dans le temps sur près de 7 ans (2007-2013), aucune image n'a été ajoutée que celles qui ont été filmées sur le site.

2) Est-ce difficile de tourner à Auschwitz ?
Emil Weiss : Tout est très encadré sur ce site qui est extrêmement surveillé. C'est le directeur général du site d'Auschwitz qui délivre les autorisations.

3) Qu'est-ce qui vous a décidé de filmer à Auschwitz ?
Emil Weiss : Cela n'est pas conscient. Je n'ai jamais voulu mettre un pied à Auschwitz avant de tourner ce film.
Je suis tombé sur un texte d'un sonderkommando. Ce texte m'a vraiment interpellé. J'ai trouvé qu'il installait le lecteur au plus près de la disparition des personnes.
A partir de là, je me suis alors demandé ce que l'on pourrait montrer à l'écran. Au départ, l'idée était très théorique : montrer uniquement des lieux et pas des personnes. La question était de savoir si cela pourrait marcher. Ce choix n'était pas évident car si l'image ne colle pas, le spectateur sort de l'histoire.

4) Justement, votre parti pris de montrer des images contemporaines et des textes liés aux événements s'étant déroulés d'Auschwitz, est particulier.
Emil Weiss : C'est un choix effectué dès le départ. Il est difficile de filmer l'absence et la disparition.
Beaucoup de films évoquent les camps de concentration mais très peu montrent Auschwitz.

5) Dans criminal doctors, il est indiqué que les Nazis ont fourni contre contribution à l'actuelle société Bayer plusieurs “lots” de 150 femmes. Les tests de l'entreprise pharmaceutique n'ayant pas été concluants, toutes ces femmes sont mortes. Est-ce que Bayer a été condamné pour ces agissements ?
Emil Weiss : Non, c'est justement pour cela que j'évoque ce fait dans criminal doctors. Aucune condamnation n'a eu lieu pour les personnes qui ont fait ces expériences et Bayer n'a jamais été inquiété. Je voulais signaler cette injustice, alors que Bayer existe toujours et réalise des milliards de profits.
NDLR : Lors des procès de Nuremberg, seuls des dirigeants d'IG Farben, dont Bayer était une filiale, sont condamnés pour crimes de guerre entre 6 mois et 6 ans de prison...

6) Dans un film récemment sorti au cinéma, Le fils de Saul, le principal protagoniste est un sonderkommando. Qu'avez-vous pensé de ce film ?
Emil Weiss : Le réalisateur Lazlo Nemes a mis en scène un film qui est exact sur le plan factuel. Nemes a plus été intéressé par l'obsession de son personnage principal à vouloir enterrer un enfant décédé que le soulèvement des sonderkommando.
Chaque mouvement de Saul correspond à l'action du film. Cela marche pendant 20 minutes mais par la suite on attend qu'il se passe autre chose. Selon moi, Nemes a pris un court métrage en le transformant en long métrage. Il aurait été souhaitable d'avoir une rupture de rythme, et que l'on ait droit à autre chose à un moment donné.

7) Est-ce qu'une diffusion d'Hourbn est prévue au cinéma ou en DVD – blu ray ?
Emil Weiss : Ce documentaire a été filmé en 16/9 avec des effets que l'on voit au cinéma (travellings, plans larges), dans l'intention de faire un film. Il peut être diffusé en deux séances (Premiers témoignages ; puis Criminal doctors et Sonderkommando). Arte l'a déjà diffusé mais il n'a pas été pensé pour la télévision. Après, le fait de le sortir au cinéma est avant tout une affaire commerciale.

Merci monsieur Weiss !

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02.11.15

04:10:10, Catégories: Interview  

Par Flo001fg

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Guillaume Le Disez, l'un des auteurs du livre "Brigitte Lahaie, les films de culte" a eu la gentillesse de répondre à mes questions concernant le livre et sa campagne de financement participatif sur la plateforme KissKissBankBank:

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Bonjour Guillaume! Comment vous est venue l’idée d’écrire un livre sur la filmographie de Brigitte Lahaie?

Parce que personne ne l’avait encore fait ! Et le cinéma de Brigitte, c’est un condensé du cinéma d’exploitation des années 70 et 80, du X au Z, avec tous les genres imaginables représentés. Deux décennies tout de même bien barrées, où une certaine forme de divertissement populaire était en train de vivre ses dernières années, animé d’une liberté et une générosité qui valent la peine d’être rappelées. Nous avons eu envie de raconter cette histoire, nous avons demandé à Brigitte si elle était d’accord, et nous nous sommes lancés.

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Quel sera son contenu?

C’est un livre de cinéma, qui recueille d’abord la parole de ceux qui firent ces films, à tous les postes - et Brigitte la première - en l’accompagnant des commentaires de fins connaisseurs de tous ces cinémas « de quartier ». Il y aura bien sûr énormément de photos, rares ou inédites, certaines n’ont jamais circulé depuis qu’elle furent prises sur les plateaux de cinéma il y a 35 ans, et des données mises en forme en infographies, et même en nymphographie. Et nous avions conviés des dessinateurs dont nous aimions le travail à donner dans le livre leur regard sur Brigitte et ses films : Antonin Gallo, iamo’i’s, Jean Claverie, Jean-Sébastien Rossbach et même Milo Manara.

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Comment vous répartissez-vous le travail avec Cédric Grand Guillot et Nicolas Lahaye?

Cédric et moi, qui sommes à l’initiative du projet, accumulons un important matériel depuis deux ans, nous avons déterminé que nous aurions besoin d’aide. Nous avons proposé à Nicolas, docteur en histoire des civilisations et spécialiste du cinéma de genre (il est titulaire d’une thèse consacré au nanard) de collaborer avec nous en nous apportant sa perspective historique, sa méthodologie et ses connaissances acquises pendant ses recherches. Concrètement, nous faisons « pot commun » sur les sources (interviews, documents, données statistiques), nous nous répartissions les premiers jets des les différents chapitres et nous nous les repassons les uns aux autres jusqu’à ce que nous parvenions à quelque chose de pas trop mal et avec une unité de ton.

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Brigitte Lahaie vous soutient-elle pleinement dans votre entreprise?

Oui, complètement. Elle a trouvé notre démarche bon esprit, et elle s’est prise au jeu de revenir sur sa carrière d’actrice. Ce que nous faisons pour et autour du livre l’amuse, et parfois lui fait plaisir : elle a renoué contact avec des gens qu’elle n’avait pas vu depuis très longtemps.

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Parmi les contreparties proposées aux contributeurs de votre campagne de financement participatif, vous proposez un DVD collector inédit. Que contiendra-t-il exactement?

Des interviews, des bandes-annonces, des curiosités, des surprises, un super court-métrage d’Enguerran Prieu, présenté à Cannes l’an dernier, un moyen-métrage absolument charmant et avec une Brigitte inattendue, réalisé par Haydée Caillot, et les images retrouvées d’un film fantastique qui n’est jamais sorti au cinéma, faute de budget pour les effets spéciaux, et que son réalisateur Ali Borgini nous a mis à disposition. Il y en a pour plus de deux heures de bonus.

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Pourquoi attendre que le financement atteigne certains paliers pour offrir certains bonus?

Parce que nous devrons financer le tournage de nouvelles interviews et un important travail de montage pour pouvoir proposer des bonus de bonne qualité.

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Plusieurs films inédits en DVD pourraient voir le jour si vous atteignez certains paliers, notamment à partir de 40000 euros récoltés. Y a-t-il une chance que ces films sortent malgré tout un jour, même si vous n’arrivez pas à atteindre les sommes demandées? En cas de succès du livre par exemple?

Pour certains films, des espoirs sont permis : l’intérêt de chaines de télé, que nous cherchons à favoriser, permettraient de justifier la fabrication de nouveaux masters. Pour d’autres, il s’agit clairement de leur dernière chance. Les producteurs sont à la retraite, ils ne s’occupent plus de leurs films, ils sont âgés...

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En tout cas, il y en a pour tous les goûts et pour tous types de collectionneurs parmi les contreparties... Cela va du sac en toile au 33 tours collector, en passant par des boîtes de Lego, des bouteilles de vin, des tablettes de chocolat, les DVD des films de chez Alpha France avec la belle Brigitte et celui de l'excellent documentaire "Jean Rollin, le rêveur égaré" et pour les amateurs de bandes dessinées des reproductions de dessins inédits d’artistes renommés. Comment d’ailleurs avez-vous réussi à obtenir une illustration inédite d’un artiste aussi important que Milo Manara?

Nous l’avons d’abord contacté pour lui demander l’autorisation de reproduire des planches d’un album de 1983, dans lequel il avait pris Brigitte Lahaie comme modèle pour le visage d’un de ses personnages. La conversation se poursuivant, l’idée lui a plu. Et son original est le « gros lot » de nos contreparties, et le montant lui reviendra. C’est un artiste, qui vit de la vente de ses œuvres.

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Pour finir, quel est votre film préféré avec Brigitte Lahaie?

Après avoir vu - et revu - la centaine de films dans lesquels elle a joué, je dois en citer plusieurs.
Dans les films X, c’est "Je suis à prendre" de Francis Leroi, qui est un film très beau et étrange à la fois, et tout à fait étonnant pour un porno.
Le film dans lequel elle est peut-être la plus spectaculairement belle et sensuelle, c’est "Erotica", produit par Paul Raymond, le Hugh Heffner anglais.
Et dans les films de genre, j’ai un faible pour "La Nuit des traquées", un film d’anticipation certes fauché mais avec une vraie atmosphère, dans lequel elle et les patients d’une inquiétante clinique à la Défense sont atteints d’un mal qui leur faire progressivement tout oublier, jusqu’aux gestes élémentaires, jusqu’à la parole. C’est un film vraiment triste, sans doute le dernier « bon film » de Jean Rollin.

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Merci Guillaume!Je croise les doigts pour que cette campagne soit un franc succès!

Si vous souhaitez que ce livre consacré à l'une des icônes du cinéma français voit le jour, je vous invite vivement à le pré-commander via sa campagne de Crowdfunding. D'autant plus que de très sympathiques contreparties vous seront réservées, dont la possibilité de dîner avec Brigitte Lahaie... Vous avez pour cela jusqu'au 14 novembre 2015, alors ne tardez pas!

Je vous invite également à suivre l'actualité du livre via sa page Facebook!

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13.04.15

07:07:33, Catégories: Interview  

Par Flo001fg

En octobre 2013, je vous parlais de "L'eau douce qui coule dans mes veines", le second long-métrage de Maxime Kermagoret ("Destruction Massive"), un petit film indépendant en noir et blanc qui risquait de faire parler de lui en raison de ses deux scènes de sexe non simulées... Eh bien c’est chose faite, puisque le CNC a tout d’abord classé le film « tous publics », avant de se raviser suite à la demande du réalisateur et de le classer « interdit aux moins de 12 ans » ! Une décision qui pour ma part me semble à nouveau bien légère et complètement irresponsable de la part du CNC.

Bonjour Maxime! A ton avis, comment est-il possible que ton film ait pu être classé « tous publics » malgré la présence de deux scènes à caractère pornographique ?

Bonjour Florent ! Il est vrai que je suis tombé des nues à la découverte, sur le site du CNC, de la fiche du film avec la mention « tous publics ». En effet, mon film comporte comme tu le sais des scènes sexuellement explicites (même si elles n’ont rien d’excitantes). A l'époque de la première projection publique au Cinéville de Lorient, "L'eau douce qui coule dans mes veines" n’avait pas de visa d’exploitation. C'est pourquoi j’ai décidé d’interdire officieusement mon film aux moins de seize ans, une restriction correspondant à la mesure de prévention donnée en générale dans ce type de cas. D’ailleurs, le directeur du cinéma voulait s’assurer qu’aucun spectateur de moins de seize ans n’entre dans la salle, tandis que le projectionniste était plutôt favorable à une interdiction aux moins de dix-huit ans ! D'ailleurs, plusieurs spectateurs, choqués, ont quitté la salle en cours de séance... La semaine dernière, l'adjoint du chef de service du CNC m'a informé que le « tous publics » n'a jamais été une décision de la commission, juste un avis (qui n'aurait pas dû être publié sur leur site) donné par le comité de classification. Ses membres étaient partagés entre le « tous publics », « tous publics avec avertissement » et l’« interdiction aux moins de 12 ans ». Leur interrogation a permis de faire monter le film en commission plénière, qui finalement de proposé à la Ministre de la Culture une interdiction aux mineurs de moins de douze ans. Un avis que Fleur Pellerin a suivi.

L’interdiction actuelle aux moins de 12 ans te semble-t-elle donc suffisante ?

Par rapport aux décisions habituelles de la commission, leur décision d’interdire le film aux moins de douze ans me parait logique. Ce n’est pas le premier film traditionnel comportant des scènes de sexe à l’écran interdit « seulement » aux moins de douze ans en France. On peut dans ce cas citer par exemple "Serbis" de Brillante Mendoza (accompagné néanmoins d'un avertissement), "Intimité" de Patrice Chéreau et "Le diable au corps" de Marco Bellocchio (et sa fameuse fellation « politique » pratiquée par Maruschka Detmers). Je suis en tout cas moins étonné d’une interdiction aux moins de 12 ans que si la décision avait été de le classer « tous publics ». En effet, c’est le devoir du CNC de protéger les spectateurs sensibles. Pour moi, ils auraient pu et dû accompagner l'interdiction aux moins de douze ans, avec la motivation (« la présence de deux scènes réalistes de masturbation et de fellation justifie une interdiction aux mineurs de moins de douze ans »), en guise d'avertissement, par un « Certaines scènes de sexe réalistes sont de nature à choquer un jeune public ». Cependant, l’interdiction aux moins de douze ans seulement se comprend en raison de la présence de peu de scènes de sexe. La sexualité n’est pas le sujet du film, c’est juste un élément qui a sa place dans l’univers du personnage central. Malgré le climat pesant et glauque en première partie du film, qui aurait justifié une interdiction aux moins de 16 ans si cela avait continué tout le film durant, le côté cru des rares scènes de sexe est contrebalancé par un traitement lyrique et poétique dans la seconde partie, plus grand public.

"L'eau douce qui coule dans mes veines" va être projeté ce jeudi 16 avril au cinéma « Le Desperado » avec cette seule interdiction aux moins de 12 ans... N’as-tu pas peur d’avoir des plaintes de la part de personnes, qui, on ne sait jamais, pourraient venir avec leurs enfants ?

Non, pas du tout, puisque c’est la décision des membres de la commission. J'ai pris ma responsabilité en exigeant un second visionnage, afin d’éviter tout problème de ce fait. En accordant au film un visa d'exploitation, c'est eux qui fixent les jalons. Je ne suis pas responsable des conséquences de leur choix.

Et ce n’est pas les seules bourdes du CNC puisque au départ, ils s’étaient trompés dans le titre et que la durée du film est toujours erronée... On a tout de même l’impression d’un sacré manque de professionnalisme de la part du CNC, non ?

Ils ont du mal avec "L'eau douce qui coule dans mes veines" ! Pour avoir oublié à plusieurs reprises un mot du titre. En ce qui concerne la durée du film, ils m’ont expliqué qu’ils ne pouvaient pas la changer car ils recopient ce que leur cabine de projection a indiqué. Selon moi, ils l'ont calculé sur la base de 24 images/seconde (alors que je leur ai fourni une copie en 25 images/seconde...)... Je m’attendais à plus de rigueur de la part d’un organisme aussi prestigieux aux yeux d’un jeune réalisateur. Finalement, je constate que ce n’est finalement qu’une administration parmi tant d'autres !

Peux-tu nous parler de ton film ? Notamment du tournage...

C’est un film dramatique, où l'on suit une fille dépressive, polluée par un entourage superficiel, telle une amie égoïste, un amant irrespectueux. Un jour on lui propose de lire de la poésie à un homme malade. Cette rencontre humaine et sa découverte de la poésie va lui permettre de réveiller une passion enfouie en elle, puis lui ouvrir les yeux sur la nécessité de se reprendre en main. Ce n’est pas qu’un film sur la difficulté des jeunes couples à construire une relation amoureuse à deux, comme certains de mes films précédents. Au niveau de la structure, je construis habituellement mes récits à la manière d'une tragédie antique. Ce qui n'est pas le cas avec "L’eau douce qui coule dans mes veines" (même si on retrouve mes thèmes fétiches). On passe du désespoir à l’espoir, et le métrage navigue entre des aspects très crus et des aspects plus poétiques. C’est une œuvre qui joue sur les contrastes, sur le noir et le blanc. Il s'agit d'un micro-budget, mais j’ai souhaité adopter une liberté de ton qui tranche avec ce qu’on a l’habitude de trouver dans la production cinématographique. Le tournage s’est étalé sur un mois et a pour actrice principale Élodie Vagalumni. Nous avons eu 8 jours intensifs consacrés au tournage de ses scènes, dans plusieurs communes bretonnes. Les intempéries, le nombre important de scènes à tourner en huit jours, et la présence de nombreux amateurs – contrairement à l’actrice principale - avec une équipe assez réduite, a provoqué un retard important par rapport au planning attendu. Je dormais 3 heures par nuit, et à la soirée de fin de tournage, je me suis écroulé à deux reprises tant j’étais fatigué. Le tournage s’est majoritairement bien déroulé. C’était une vraie aventure humaine de travailler avec des gens issus de milieux professionnels très différents, notamment Élodie Vagalumni, bien connue à cette époque pour sa carrière dans le X. Lors de la scène clé de la voiture, il était nécessaire d’avoir une équipe très réduite. Dans une autre scène mettant en jeu ce véhicule, il a fallu de plus rester cinq heures à l’intérieur avant de pouvoir tourner, en raison de la pluie. A côté de ces quelques anecdotes, il y a eu des moments plus difficiles, tel le départ de la maquilleuse pour des raisons personnelles, ou celui de la photographe suite à un différend avec une actrice. Les quelques tensions font partie de l’aventure humaine. Ce sont les aléas du tournage d'un film indépendant ! Le principal est d’avoir terminé le film à temps.


Comment l’as-tu financé ?

En tout cas, certainement pas « avec l’aimable participation du CNC » ! Ah ah !!!
Plus sérieusement, je l’ai intégralement financé avec mes propres moyens, sans subventions particulières, d’où le faible budget dont je disposais.

Comment s’est fait le choix des comédiens et notamment d’Élodie Vagalumni ?

La plupart des comédiens sont des gens de mon entourage, en plus de certains que j’ai rencontré via internet. J’ai fait un casting sauvage sur un site de sorties afin de trouver celle qui incarnerait l'amie de l'héroïne, et j'ai dû faire face à de nombreux désistements. Ainsi que des réactions de rejets de certains lorsqu’ils ont appris que je faisais appel à un acteur et une actrice pornos. Pour l’actrice principale, je n’avais pas envie de pousser une comédienne traditionnelle à réaliser des actes susceptibles de nuire à sa carrière. De plus, je voulais que lors de ces scènes, l’actrice en question soit particulièrement à l’aise avec cela. Pour ces deux raisons, j’ai pensé à faire appel à une actrice pornographique. Élodie Vagalumni avait l’atout considérable d’avoir plusieurs années d'expérience dans le théâtre, et j’avais envie de lui proposer un contre-emploi dramatique. Très peu d’actrices pornos, comme elle ou Sibel Kekilli ("Head-On", "L'étrangère"), ont eu l’occasion de tourner dans des films purement émotionnels. Il faut dire qu'en général, on propose aux hardeuses des films d'horreurs et des teen-movies dans lesquels elles apparaissent en mode topless... Même si l’accueil des spectateurs n’est pas unanime en ce qui concerne la performance de tel acteur, tous ont admis qu’Élodie ne donne jamais l’impression de jouer comme une actrice porno.

Pourquoi ce choix du noir et blanc ? N’as-tu pas peur que cela limite le public ?

J’ai toujours fait des films en noir et blanc. En vidéo 8, c’était pour pallier à des problèmes et d'imperfections techniques, du rendu trop vidéo, mais aussi pour accentuer la noirceur du récit. Pour "L'eau douce...", il y a 3 raisons : esthétique, narrative et technique. Le noir et blanc est un matériel agréable à travailler en post-production, et je suis à l’aise avec cette technique. En ce qui concerne l’histoire du film, la trajectoire du personnage épouse les caractéristiques du noir et du blanc. Elle oscille entre les deux, et le métrage s’articule autour de ces contrastes. Le noir et blanc est donc la façon la plus logique de raconter cette histoire. Je ne crains pas que ce choix limite le public. Bien sûr, les gens à première vue ne sont pas attirés par le noir et blanc. Mais s'ils sont prêts à découvrir le film et le travail esthétique lorsqu’ils comprennent les intentions, ils saisissent l’importance qu’a le noir et le blanc pour le récit. Une fois le film terminé, les spectateurs admettent eux-mêmes qu’en couleur, cela n’aurait pas été la même chose et que l'utilisation du noir et blanc.

Avec le recul et si tu avais eu plus de moyens, que changerais-tu ?

J’aurais allongé la durée du tournage afin de respecter mon découpage technique initial. Mais cela m’a forcé à m’adapter, et à faire des choix que je suis aujourd’hui content d’avoir fait. Avec plus de moyens, j’aurais engagé plus de professionnels, évidemment, techniciens comme comédiens. Cela n’aurait pas fait le même film, et peut-être que c’est une bonne chose au final que se soit passé ainsi. Ma sincérité reste en tout cas intacte. J’ai eu cependant la volonté de montrer, par un travail sur l’image et l’utilisation de plusieurs caméras, entre autres, qu’on pouvait proposer une démarche artistique avec peu de moyens.


Quels sont autrement tes projets ? Un autre film en préparation ?

Mon projet actuel est de proposer le film à un distributeur, à la fois pour une sortie salles et une parution en DVD/VOD. Ce que je peux faire maintenant que j’ai un visa d’exploitation. En parallèle, je ne vais pas tarder à me consacrer à l’écriture d’un nouveau scénario, mais je ne préfère rien en dire pour le moment. En espérant cette fois-ci obtenir une interdiction totale aux mineurs ? Haha !!!

Merci Maxime et à très bientôt pour la projection parisienne!

Surtout n'hésitez pas à venir voir "L'eau douce qui coule dans mes veines" ce jeudi 16 avril au cinéma « Le Desperado » à Paris (23, rue des Écoles - 75005 - Paris) en présence du réalisateur et d'une partie de l'équipe du film et d'autre part à suivre l'actualité du film sur sa page Facebook!


Crédit photos : Anne-Laure Guégan

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07.08.14

06:40:07, Catégories: Interview  

Par Flo200

Je vous ai déjà parlé de "Goal of the Dead" à deux reprises, lors de sa sortie en salle et lors de sa sortie en DVD et Blu-ray, mais qui mieux que l'un des réalisateurs pouvait répondre aux questions que vous vous posiez? Benjamin Rocher, réalisateur de "Première mi-temps", le premier film du diptyque, a eu la gentillesse de répondre à mes questions :

Bonjour Benjamin. Comment est née cette idée un peu folle de mêler football et zombies ? Enfin, enragés, je veux dire...

L’idée de départ était de faire une vraie comédie d’horreur bien de chez nous. Le milieu du football professionnel est clairement un cadre génial pour une comédie humaine et burlesque, et finalement assez peu traité. Imaginer ces millionnaires en short, assistés en tout, obligés de survivre à une attaque de zombies alors qu’ils ne sont déjà pas armés à survivre à la vraie vie, c’était déjà une promesse en or. Derrière ce pitch suspect et absurde se cachait une proposition drôle, cohérente et très française. C'était aussi une excellente occasion de se moquer (gentiment) de certains travers nationaux.

Comment êtes-vous arrivé à ce choix de deux films réalisés par deux réalisateurs différents ?

Aujourd’hui, il est très difficile (impossible?) de trouver un distributeur qui prenne des risques financiers pour sortir un film d’horreur français au cinéma. Il n’y a donc pas d’enjeu financier sur une sortie salle de ce genre. De plus, suite à la sortie de "La Horde" (mon premier film) j’ai constaté que ce cinéma était très bien reçu en festival, lors d’avant-premières mais restait mal compris quand il sortait parmi les autres films, dans le circuit traditionnel. C’est pour ces raisons que nous avons décidé très tôt de ne le sortir que dans un circuit restreint de salles, et de faire en sorte que chaque séance soit festive. Dans cette état d’esprit, le concept du double programme s’est imposé, comme une garantie que les films seraient vus dans un cadre non-traditionnel. Et quitte à faire 2 films, autant qu’ils soient dirigés par 2 réalisateurs différents. Ça rajoutait une vraie fraîcheur, un esprit de franche camaraderie. J’espère qu’on le sent en regardant les films.

On retrouve dans le film une bonne partie du casting de la série "Lazy company" ? Quelle en est la raison ?

Parce qu’ils sont excellents, tout simplement. Ce sont les mêmes gens qui produisent "Lazy Company" et "Goal of the Dead". Au moment du casting, on est allé dépouiller la prod d’à côté pour faire nos films. Mais on les a rendu à temps pour la saison 2, rassurez vous! Quand on a des acteurs jeunes, brillants et encore peu connus à portée de main, il faudrait être fou pour ne pas les employer, non?

Est-ce que les acteurs ont été coachés avant le tournage pour ce qui est du foot ?

Oui, Franck et Alex de So Foot ont été d’une grande aide. Ils nous ont abreuvé d'anecdotes et ont assurés de nombreux entraînements avec notre casting. Ce sont aussi eux qui étaient sur le plateau pour organiser la partie. J’en profite pour les remercier encore chaudement.

Comme vous nous l'avez dit précédemment, la sortie en salle du film a été assez particulière... Pouvez-vous nous en parler plus en détail ?

Pour être sûr que les spectateurs verraient GOTD dans les meilleurs conditions, nous avons fait comme un groupe de rock en tournée. Nous avons organisés une série de dates à Paris, puis une date par grande ville de province. A chaque fois l’équipe était là pour présenter le film et bien rigoler avec le public. Nous avions aussi programmé de fausses bandes annonces et autres surprises. Les séances ont tout de suite affiché complet. Nous avons été obligés de rajouter de nombreuses dates au fur et à mesure. C’était fou!

Quels souvenirs gardez-vous du tournage ? Qui n'a pas été facile, il me semble, notamment lors du tournage à La Courneuve...

Le tournage a été très éprouvant. Nous avons tourné de nuit à La Courneuve par des températures négatives. Le tournage a été interrompu par la neige (lors des tempêtes de Mars 2013), certaines municipalités nous ont lâchées au dernier moment, nous avons dû retrouver un décor 2 jours avant de tourner... Bref, c’était intense. Mais grâce à une excellente équipe et à l’investissement total de chacun, j’ai pris énormément de plaisir à tourner ce film.

Vous avez fait appel au crowdfunding pour financer une partie du film. Cela semble être une bonne solution pour les petits budgets...

Sûrement, mais j’ai quand même l’impression que ce genre de financement est la preuve que le système est quand même mal foutu. Qu’il n’est pas en adéquation avec son époque. Je pense qu’il y a d’autres systèmes de financement à trouver, sans être obliger d’en demander autant aux particuliers. Ça ne peut pas être une solution à long terme.

Pouvez-vous nous parler des effets spéciaux du film ?

Les maquillages sont l’œuvre de L’Atelier 69 (CLSFX) avec qui j’avais déjà fait "La Horde". Les effets spéciaux numériques ont été réalisé par Buf Compagnie et Pixel Street. Je suis très fier du travail de chacun mais surtout de la façon dont le numérique est au service des maquillages, et inversement. C’était incroyable à voir.

Est-ce que vous pouvez nous parler du travail de Manu Lanzi sur le film ?

Manu Lanzi a chorégraphié et supervisé toutes les cascades et combats du film. Comme d’habitude, Manu a été parfait: disponible, créatif et adorable. J’aimerai bien avoir des saloperies à dire sur lui, mais je ne trouve pas.

Avez-vous supervisé la création des éditions DVD et Blu-ray du film ?

Oui, Thierry et moi avons suivi la fabrication des DVD/Blu-ray de près. Je suis très satisfait de l’édition actuelle et de ses suppléments (même si j’en aurais aimé d’avantage, toujours plus!!!!)

Est-ce qu'à votre avis le fait que le film sorte en pleine Coupe du Monde de la FIFA a un impact supplémentaire ?

C’était le plan. Faire un film d’exploitation comme celui-ci et louper la coupe du monde? Ça aurait été dommage. Je ne sais pas si ça va toucher plus de monde, mais on ne pourra pas dire qu’on n’a pas essayé.

Contrairement à "La Horde" qui avait reçu pas mal de critiques négatives, cette fois, c'est plutôt l'inverse ! Cela doit vous faire plaisir ?

C’est vrai que cette fois-ci, les retours sont excellents. Ça fait évidement très très plaisir, même si on trouve dans la plus part des critiques une phrase du genre « c’est d’autant plus étonnant que "La horde" était vraiment une merde ». Ils n’étaient pas obligés, si? Blague à part, pour "La Horde" ou pour "Goal of the Dead" je connais les qualités et les défauts de chaque film. Savoir ce que les gens vont retenir ( les bons ou les mauvais côtés) reste un grand mystère pour moi.

Auriez-vous aimé retravailler à nouveau avec Yannick Dahan sur ce projet ?

J’apprécie toujours autant le travail et la vision de Yannick. J’adorerai collaborer à nouveau avec lui si l’occasion se présente. Mais pour l’instant nous avons chacun nos projets respectifs. J’ai essayé de le faire venir sur le plateau de "Goal of the Dead" pour qu’il fasse une apparition, mais son emploi du temps ne l’a pas permis.

Quel va être l'après "Goal of the Dead" ? Avez-vous des projets en cours ?

Je travail actuellement à un nouveau projet qui avance très vite. La seule chose que je peux vous dire, c’est qu’il n’y a pas de zombie dedans... En tout cas, pas pour l’instant. J’espère pouvoir en dire plus très vite.

Merci Benjamin! A très vite alors!

Pensez à suivre la page facebook de "Goal of the Dead" pour vous tenir au courant de son actualité!

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01.07.14

07:27:11, Catégories: Interview  

Par Flo001fg

Il y a bientôt deux ans (Eh oui! Déjà!), le réalisateur Julien Richard-Thomson répondait à mes questions sur sa carrière et ses projets. Alors que son nouveau film, "Korruption" est actuellement en chantier, celui-ci fait depuis quelques jours polémique... Une polémique qui ne semble pas avoir lieu d'être, mais qui prend des proportions absolument hallucinantes! Afin, que Julien puisse s'exprimer et clarifier la situation, je lui ai posé quelques questions auxquelles il m'a répondu immédiatement :

Bonsoir Julien! Tu es actuellement en train de tourner ton nouveau long métrage, qui s'intitule "Korruption", dont certaines scènes ont déjà été tournées notamment dans l'Hôtel de Ville d'Asnières et qui malheureusement fait déjà pas mal polémique, alors qu'il est loin d'être terminé... Peux-tu nous expliquer ce qu'il se passe?

En effet deux scènes sont tournées dans cette mairie, qu'on a transformé en tribunal pour l'occasion. Nous avions obtenu toutes les autorisations nécessaires des services municipaux. Hélas, un nouveau maire (de droite très dure) est arrivé aux manettes en avril et a décidé de se servir de notre tournage pour tenter de discréditer son prédécesseur par une opération médiatique d'envergure. Il a donc inventé que nous avions tourné des scènes porno, et a lancé une campagne de presse diffamatoire qui, tu imagines bien, a totalement surpris l'équipe du film! Quand les actrices ont appris qu'on les accusait de faire du X, elles ont cru à une mauvaise blague...

Tu n'as jamais versé dans le porno dans aucun de tes films, pourtant certains journalistes n'hésitent pas à parler de porno soft en parlant de ton nouveau film... Penses-tu qu'il s'agisse de journalistes mal informés ou bien au contraire de journalistes complices de cette campagne diffamatoire?

Le premier qui a "dégainé " est en effet un journaliste complice de cette campagne, c'est difficile à prouver en justice mais il n'y a aucune doute. Ensuite, la rumeur s'est propagée comme une traînée de poudre car chacun sait bien que les médias ne prennent pas souvent le temps de vérifier les infos. Quand bien même ils vérifient, ils préfèrent toujours privilégier la version scandaleuse pour attirer l'attention. Ainsi, même des journalistes qui ont parfaitement compris de quoi il retournait ont joué sur des gros titres racoleurs et choquants. Mais c'est la loi des médias. Il y a quand même des journaux qui ont fait des articles sérieux comme Metronews, Ouest France, et même Le Figaro (alors que c'est un journal "de droite" donc qu'on aurait pu croire acquis à la cause du maire) et quelques autres. Mais la plupart ont titré sur mon "film porno" pour appâter le lecteur. Face à une rumeur on sait hélas qu'il y a peu de choses à faire, ça ne dure pas, l'ennui c'est qu'il reste ensuite des traces sur internet par exemple. Quiconque tapera "Korruption" dans un moteur de recherche tombera sur cette polémique dégoutante.


Peux-tu nous parler plus en détails de "Korruption" qu'on comprenne mieux d'où peut venir cette polémique?

C'est une comédie un peu loufoque, avec des personnes haut en couleurs, un peu dans le ton de Jean-Pierre Mocky ou Bertrand Blier avec aussi un brin de Tarantino pour le côté un peu "grindhouse" que je compte donner au film. Sur le fond, l'histoire narre les aventures de deux sœurs tombées aux mains d'une mafia, alors qu'en même temps une politicienne d'extrême-droite mène campagne électorale à la tête d'une milice armée de lance-flammes. Je suis très fier de ce scénario qui a souvent suscité l'enthousiasme de ceux qui l'ont lu. Sous forme d'une comédie grinçante je dénonce la corruption, l'argent-roi, l'exploitation des femmes par des mafias etc… Le maire d'Asnières a-t-il cru que je le visais personnellement, lui qui a déjà été condamné lourdement dans des affaires de marchés publics? Si c'est le cas il s'est trompé car mon film est une pure fiction qui n'a rien à voir avec des faits réels.

Il paraît évident que ces accusations ne reposent absolument sur rien. A ton avis quel intérêt peut avoir Monsieur Aeschlimann à attaquer ainsi ton film alors que finalement cela ne peut que te faire de la pub et qu'il risque de se ridiculiser publiquement?

En effet, chaque heure qui passe voit ce "hoax" se dégonfler comme une baudruche nauséabonde. Et les soutiens affluent pour me soutenir face à ce politicien qui se croit au dessus de lois. J'ai bien sûr porté plainte pour faire cesser la calomnie et protéger mon équipe, mes comédiens surtout. Derrière ce coup monté, il y a en réalité une vengeance personnelle de ce maire contre son prédécesseur dont je suis proche. Il prend en otage un film et des artistes qui n'y sont pour rien dans ses manœuvres. Mais toute l'équipe est déterminée à se battre pour trouver le financement qui manque encore pour finir le tournage et sortir le film dès que possible! J'espère fin 2014 ou début 2015.

Parlons un petit peu DVD! Tu dois sortir prochainement une compilation de courts-métrages. Peux-tu nous en parler?

J'édite une compilation de films de zombies qui sortira le 2 septembre en DVD, "Zombie Club Special Cocktail". Et fin 2014 je sortirai une autre compilation, une sorte de film à sketches comique, 100% "feel-good movies" avec quelques grands noms du rire!

Bon courage Julien! En espérant que la lumière soit faite rapidement et que cela ne porte , malgré tout, aucunement atteinte au film...

N'hésitez pas à suivre l'actualité du film sur sa page facebook! Et si vous avez envie de vous faire une idée sur les films du réalisateur et sur ses productions, voici les titres de sa filmographie disponibles en DVD :

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Votez Cindy ! : Elections présidentielles 2012

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30.06.14

05:37:42, Catégories: Interview  

Par Flo200

Éric Falardeau, le réalisateur du film "Thanatomorphose", dont je vous avais parlé à l'automne dernier, a eu la gentillesse de répondre à mes questions. Une interview qui date de fin avril, mais que je ne pouvais pas mettre en ligne avant l'annonce officielle de sa sortie DVD en France chez Uncut Movies.

"Thanatomorphose" parle d'une jeune femme dont le corps est en train de pourrir... Comment t'es venue l'idée d'un tel scénario ?

L’idée m’est venue naturellement pendant mes études universitaires; ma thèse de maîtrise portait sur les fluides corporels et le rapport au corps. Par conséquent, j’ai beaucoup lu sur la mort, le corps, etc., autant du point de vue concret, matériel, que philosophique et anthropologique. Ces considérations théoriques se sont mélangées avec mes propres états d’âme à différents moments de ma vie.

Je suis quelqu’un de très pessimiste. Le personnage principal, qui était un homme au début de l’écriture du scénario, est une sorte de double non pas de ma vie, mais de ma vision générale de l’existence. De changer pour un personnage féminin m’a permis de prendre du recul. Sans oublier que le sujet du corps féminin est beaucoup plus évocateur que celui du corps masculin. De mon point de vue à tout le moins.

J’ai écrit le scénario à temps perdu entre le travail et la maîtrise entre 2007 et 2009. Je voulais tourner en 2010, mais j’ai obtenu du financement pour un autre film (mon court métrage d’animation "Crépuscule"). Nous avons donc tourné à l’été 2011.

Est-ce qu'avec "Thanatomorphose" tu as voulu aller au bout de ton sujet commencé au moment de ta thèse ?

"Thanatomorphose" est en effet la synthèse d’une partie de ma vie; c’est en quelque sorte un condensé de mes courts-métrages, de mes études universitaires et de ma vision des rapports humains. Ce film marque pour moi la fin d’une étape. Pas du point de vue des thématiques – qui sont indissociables de qui je suis – mais du côté de la représentation graphique de ces thématiques. Je suis allé au bout de cette idée et du concept. Mes prochains films seront sûrement aussi lourds et traiteront de sujets similaires, mais la représentation sera moins littérale. Je ne veux pas faire le même film deux fois!


Kayden Rose est absolument incroyable dans le film. As-tu rencontré beaucoup d'autres jeunes femmes avant de faire ton choix ?

Non. En fait, je l’avais vue dans quelques courts métrages et j’ai tout de suite compris qu’elle était faite pour le rôle. Je l’ai contactée, elle a lu le scénario et elle a immédiatement saisi le personnage et les enjeux du film. Ce ne fût donc pas très difficile de la convaincre!

Rémy Couture

Les effets spéciaux de maquillages, qui jouent un rôle primordial dans le film sont signés Rémy Couture et David Scherer. Qui s'est occupé de quoi dans le film ?

David et Rémy avaient des tâches très précises et complémentaires. Dans le cas de Rémy, son aide a été ponctuelle et touchait essentiellement les répliques de membres puisque David était en France avant le tournage et il ne pouvait donc pas mouler les comédiens. Rémy s’est aussi occupé des différents fluides corporels (sang, pus, urine, etc.). En 2011, il était en pleine promotion du documentaire "Art/Crime" de Frédérick Maheux ("Théorie de la religion", "Ana") qui porte sur son arrestation en plus de préparer son procès. Il a fait un excellent travail.

Du côté de David, je n’ai que d’excellents commentaires à faire sur son travail. C’est le Gianetto De Rossi français! Un maître! David était en charge des effets sur le plateau durant tout le tournage, travaillant pendant trois semaines entre 10 et 14 heures par jour. C’est tout simplement dément. Avant de venir nous rejoindre au Québec pour le tournage, il a préparé des prothèses, une fausse tête, un squelette, une carcasse... Énormément de travail. Ce fût un plaisir de récupérer le colis aux douanes canadiennes! Nous échangions ponctuellement par le biais de courriels, d’un FTP et de Skype. Cela me permettait de superviser à distance son travail quoique David a très vite saisi ce que je désirais en terme d’effets spéciaux : organiques, cronenbergiens et fulciesque. Je lui serai toujours redevable pour son professionnalisme, son enthousiasme et son talent. Il est extrêmement débrouillard et créatif. C’est un grand artiste.


Comment t'es venu l'idée de faire appel à David Scherer alors qu'il est français ?

Ce sont deux amis, Colin Vettier et Thierry Paya, qui m’ont conseillé de faire appel à David. Ils ont travaillé avec lui sur leur long "Ouvert 24/7" et ils n’avaient que des éloges à son sujet. Benoît Lemire (directeur photo) et moi avons rencontré David à Paris quelques mois avant le tournage. Nous revenions de la projection de "Coming Home" au Festival des Maudits Films (Grenoble). Ce fût une rencontre professionnelle déterminante, le genre qui n’arrive que rarement dans une vie. Il est conscient du rôle de l'éclairage et du montage dans la réussite d'une scène à effets. Nous nous sommes immédiatement entendus et nous avons scellé notre collaboration avec un peu d’alcool!

Es-tu surpris de l'accueil plutôt très positif reçu par le film?

Extrêmement. Je suis très content et surtout surpris de l'accueil généralement chaleureux réservé au film. En fait, je suis content car le film divise le public, mais les raisons évoquées des deux côtés sont les mêmes! Cela signifie pour moi que nous avons réussi quelque chose, nous touchons les gens et provoquons une réaction. Il n'y a rien de pire pour moi qu'un film consensuel. Il faut susciter la discussion, provoquer des points de vue divergents. C'est important pour moi à titre de spectateur, et donc de cinéaste. Ce n’est pas un film facile. Il est lent, contemplatif et lourd, mais c’était selon moi la seule façon de le faire pour respecter mon sujet et faire vivre une émotion pure au spectateur. Il ne pouvait pas plaire à tous. C’est très encourageant et ça me motive énormément pour le prochain film.

Quelles ont été tes influences ? On imagine aisément qu'il y a pu y avoir des cinéastes comme David Cronenberg et Jörg Buttgereit...

Oui, il y a des références directes à ces deux grands cinéastes que j’admire énormément, mais aussi au "Driller Killer" de Ferara et à Polanski. Du côté expérimental, il y a Brakhage, mais aussi "La vie nouvelle" de Philippe Grandrieux pour son désespoir écrasant. Pour ce qui est des effets spéciaux, David Scherer est un fan de Fulci et moi d' "Hellraiser" alors c'est un peu un mélange de ces deux univers.

"Thanatomorphose" sort enfin en France chez Uncut Movies... Peux-tu nous parler de cette édition ? Contiendra-t-elle des suppléments inédits par rapport aux autres éditions sortis un peu partout dans le monde ?

En ce moment, je ne sais pas encore quels sont les choix de Uncut pour les suppléments. Cela dit, le film comportera des sous-titres français (un énorme merci à Sabine Garcia du Festival des Maudits Films à Grenoble). Je suis très fier de sortir sous ce label. Ce sont de vrais passionnés, des guerriers du cinéma de genre, et c’est grâce à des gens comme eux que le cinéma underground indépendant peut atteindre le public. Leur travail est colossal et nécessaire. Ce sera un superbe DVD!

Pour les fans et collectionneurs, quelles autres éditions leur conseillerais-tu ?

Toutes! Sans blague, outre les boni communs (making of, etc.), chaque édition comporte des courts métrages différents dont certains sont plutôt rares, en particulier mon film d’animation "Crépuscule". La future sortie Allemande sera en quantité limitée dans un superbe boîtier. Ce sera un bel objet pour les collectionneurs.

Quels sont tes projets pour l'avenir ? Penses-tu continuer à faire le même style de films ?

En ce moment, je coécris/codirige avec Simon Laperrière un livre sur un programme télévisé québécois, "Bleu nuit", qui diffusait du cinéma érotique et qui a contribué à l’éducation sexuelle de beaucoup d’entre nous! Le livre sera publié à l’automne aux Éditions Somme Toute et Panorama Cinéma. Il y a même des articles de spécialistes français que vous connaissez bien!
Sinon, je monte la structure financière pour un court métrage expérimental tout en scénarisant mes prochains longs. J’ai quelques projets sur la table. Il ne reste plus qu’à voir lequel sera financé. Les genres sont différents (comédie, fantastique, érotisme), mais mon côté sombre demeurera.

Merci Éric!

Amateurs de cinéma extrême et underground, surtout ne manquez pas la sortie du DVD prévue normalement à l'automne prochain chez Uncut Movies, d'autant plus que cela sera la seule édition à proposer des sous-titres français sur un vrai DVD! Attention comme d'habitude chez l'éditeur, tirage limité à 1000 copies!

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14.04.14

07:29:39, Catégories: Interview  

Par Flo001fg

A l'occasion de la sortie en salle de "Une Promesse" le 16 avril, j'ai eu la chance de pouvoir rencontrer Patrice Leconte lors de l'avant-première du film le soir du 8 avril au mK2 Bibliothèque où le réalisateur a eu la gentillesse d'accepter de répondre à mes questions:

Bonjour Monsieur Leconte ! Je vous remercie de prendre le temps de répondre à mes questions. C’est vraiment très gentil de votre part. Comment est né votre nouveau film "Une Promesse" ?

Un ami scénariste, Jérôme Tonnerre, m’a donné un jour ce « petit » livre de Zweig en me disant « Je crois qu’il y a là un film pour toi ».

Quels souvenirs gardez-vous du tournage ?

Un souvenir lumineux, harmonieux. Les peintres utilisent une expression que j’aime, lorsqu’ils sont heureux de l’évolution de la toile sur laquelle ils travaillent : « Ça vient bien ». Et c’est ce que j’aurais pu dire jour après jour durant ce tournage.

Vous avez tourné pour la première fois en anglais avec un casting international. Était-ce plus difficile ?

Non, ça n’a absolument rien changé à ma manière de faire, à mes rapports avec les acteurs, sauf que nous nous parlions en anglais.

Pourquoi ne pas l’avoir finalement tourné en Allemand comme vous l’aviez envisagé initialement ?

Tourner en allemand m’a traversé l’esprit, par pure fidélité à Zweig, mais cette idée a vite été abandonnée, car je ne parle pas un mot d’allemand, et je ne me voyais pas travailler avec des acteurs avec la présence permanente d’un interprète.

Comment s’est fait le choix des acteurs ?

Je me suis fait aidé par une casting director anglaise formidable, Suzie Figgis, qui m’a suggéré des acteurs, des rencontres. Je connaissais Rebecca Hall, Alan Rickman, mais j’avais besoin de quelqu’un d’avisé qui m’en suggère l’idée.

Parmi votre filmographie, quels sont vos films préférés et pour quelles raisons ?

Je suis incapable de choisir. Mais il y avait, tout au long de la création de "La fille sur le pont", une petite magie particulière dont je me souviendrai toujours.


Au début de votre carrière de cinéaste, vous avez réalisé pas mal de courts métrages dont seuls quelques uns sont sortis en DVD. Y a-t-il une chance qu’ils sortent un jour sur les bonus d’autres films ou sur une compilation ?

Les vieux courts métrages sont souvent beaucoup mieux où ils sont, c'est-à-dire aux oubliettes, car, de la même manière que l’on ne souhaite pas revoir des photos de soi adolescent, je n’ai pas très envie de montrer mes premiers films.

Vous êtes également romancier. Entre cette activité et celle de réalisateur, vers laquelle votre cœur balance ?

Mon cœur ne balance pas, j’aime les deux. Mais il est vrai que le cinéma, qui est mon envie depuis toujours, reste ma principale passion.

Vous avez aussi été dessinateur de bandes dessinées à l’époque du magazine Pilote. Est-ce que cela vous manque parfois ?

Cela ne me manque nullement, car je savais que cette période BD n’était qu’une parenthèse dans ma vie. D’ailleurs je ne dessine presque plus, et je ne lis pratiquement pas de BD. Pilote, qui reste un souvenir merveilleux, appartient à un passé très lointain désormais.

Pouvez-vous nous parler de "Music !", votre prochain film d’animation ?

Difficile d’en parler, car pour l’instant le projet est quasiment au point mort, faute de financement. Il s’agit d’un scénario original, de Jérôme Tonnerre, et dont le pitch est simplissime : « Et si un jour la musique n’existait plus… ».

Avez-vous d’autres projets en cours ?

Oui, l’adaptation de la pièce de Florian Zeller, "Une heure de tranquillité", que nous allons tourner cet été.

Avez-vous toujours envie d’arrêter le cinéma ?

Non, décidément non.

Référencer ici toutes les éditions DVD et Blu-ray serait impossible (Pour les trouver, n'hésitez pas à vous rendre sur le site!), mais voici déjà une sélection de chaque titre en DVD et Blu-ray pour ceux qui existent dans ce format:

Du court au long Vol. 1

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Les Bronzés - Edition collector / 2 DVD

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Les Bronzés font du ski - Edition collector / 2 DVD

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Viens chez moi j'habite chez une copine - Splendid

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Ma femme s'appelle reviens - Collection Splendid

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Circulez y'a rien à voir

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Les Spécialistes

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Le mari de la coiffeuse

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Le batteur du Boléro

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Le parfum d'Yvonne

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Ridicule - Edition collector 2005 / 2 DVD

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Ridicule (Blu-ray)

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Les grands ducs

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La fille sur le pont - Edition StudioCanal

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La veuve de Saint-Pierre - Universal classics

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Félix et Lola

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Rue des plaisirs

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L'homme du train

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L'homme du train (Blu-ray)

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Dogora, l'éveil des sens

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