Par Flo200

L'excellent court métrage "À tout prix", vient tout juste de remporter le Prix du Public au Festival International du Film Policier de Liège et sort ces jours-ci en DVD chez The ecstasy of films en supplément de l’édition limitée de "La guerre des gangs" de Lucio Fulci. Son réalisateur, Yann Danh a eu la gentillesse de répondre à mes questions quelques semaines avant d'avoir remporté ce prix bien mérité, mais j'attendais le lancement des pré-commandes avant de vous proposer cet entretien...
Bonjour Yann. Peux-tu nous présenter ton court métrage "À tout prix" qui sort prochainement chez The ecstasy of films en bonus de l’édition limitée de "La guerre des gangs" ?
"À tout prix" est mon troisième court métrage. C’est un Thriller tendu et pleins de surprises.

Malgré un petit budget, "À tout prix" fait très pro. Comment as-tu obtenu un tel résultat ?
Petit budget mais j'étais super bien entouré. On a fait une grosse prépa en amont avec Vincent Vieillard Baron, mon chef opérateur, ou encore le reste du staff mise en scène. Tout était préparé, storyboardé… on était super préparé. Après comme tout tournage (et surtout quand tu n'as pas les moyens) on a dû s'adapter, trouver des solutions au jour le jour sans laisser tomber la qualité… Et je suis très fier de ce qu'on a réussit à faire avec l'équipe et le cas!

Les acteurs sont vraiment très bons, ce qui est loin d’être toujours le cas sur les courts métrages en France. Comment s’est fait le casting ?
Merci beaucoup! Le casting s'est fait en plusieurs étapes. Pendant un temps, il y a eu quelques rôles qui devaient être interprétés par des acteurs plus connu… (on me le conseillait pour la vie de mon film et sincèrement je n'étais pas pour…) Finalement les choses ont fini par me pousser à me tourner vers des acteurs avec lesquels j'avais déjà travaillé, en qui j'avais confiance. Je savais qu'ils donneraient tout et seraient sur le pont avec moi (en l'occurrence Franck Sarrabas et Pascal Henault avec qui j'ai déjà collaboré par le passé).
Simon est arrivé un peu tard dans la distribution. La rencontre fut top et très rapidement on a commencé les répétitions avec le trio (Franck, Pascal et Simon)
Bruno Henry m'avait contacté via le net, tout comme Fatima, et je les trouvais impeccable pour leurs rôles respectifs. On s'est rencontré autour d'un café. On a discuté des rôles, de comment on voyait le film etc… Et ce fut plié. Marc Duret, qui avait vu mon travail dans le clip, m'a contacté via le net également et il m'a fait savoir qu'il avait très envie que l'on travail ensemble. Après un café dans Paris où nous avons discuté de nos parcours respectifs, j'en suis sorti conquis et durant le trajet retour j'ai décidé de lui envoyé le scénario. Il m'a répondu le soir même :
"Je serai ton CORTAL!" m'a-t-il dit.
Rapide, clair et enthousiaste. J'adore!
Onna Clairin nous a rejoint bien plus tard. J'ai eu la chance de la découvrir jouant une très belle pièce avec sa sœur Elodie. Je les ai trouvé top toutes les deux. Puis nous nous sommes retrouvé autour d'un verre… et tandis que nous discutions, ça a rapidement fait un tour dans ma tête : Elle serait TOP en présentatrice du JT face à Cortal (Marc Duret).

Comment s’est faite ta rencontre avec The ecstasy of films ?
Ma rencontre avec ce nouvel éditeur passionné s'est faite durant le festival "GENRE" 3ème édition. Il a vu le film et est venu m'interviewer avec un ami à lui pour leur émission de radio "Culture Prohibée" sur l'antenne de Graf'Hit.
Puis on s'est reparlé un peu plus tard et il m'a fait part de son envie de distribuer "À tout prix" en DVD. La question était quelle forme cela va t il prendre?
Une compilation de courts? Une édition unique du film? En supplément d'un long métrage? Cette dernière proposition était celle qui nous plaisait le plus.

Es-tu fier que ton court accompagne un film de Lucio Fulci ?
Comment ne pas l'être? Ça fait super plaisir de voir son film associé à un Fulci! Sans compter que Christophe Cosyns a pris soin de mettre les petits plats dans les grands!
L'édition va être gorgé de Bonus et "À tout prix" ne sera pas en reste!!! Cette édition s'annonce vraiment collector!
Je ne pouvais pas rêver mieux! Hâte de voir le Master final!

Peux-tu nous parler un peu de tes deux précédents courts métrages et des clips que tu as tournés ?
"Illumi-Net" (film d’1 minute tourné avec des bouts de pellicule 35mm) et "Facteur Humain" (film de 13 minutes tourné en Super 16mm) sont deux courts métrages que j'aime beaucoup et qui m'ont beaucoup apporté. Il faut savoir qu'à l'époque (et oui j'ai 37 piges déjà) c'était TRÈS dur de tourner un film "pro". Fallait tourner en pellicule sinon tu t'armais de ta caméra vidéo HI8… et tu te gardais le film pour toi et tes potes! Rires!
Donc pour en revenir à ces courts métrages… ce fut de grosses batailles (en même temps c'est toujours le cas) Chaque film, ou clip m'a énormément appris. Toute expérience est bonne à prendre de toute façon.
"Illumi-Net" m'a permis de passer au 35mm et de me confirmer que ce n'était pas bien différent que de tourner en vidéo.
"Facteur Humain", avait beaucoup plus de "scénario" et donc les enjeux étaient encore un cran au dessus.
Je me suis toujours poussé à monter les marches une à une… Donc un petit court d'1 minute… puis un court avec un "vrai scénario" plus de jeu d'acteur etc… Puis un plus gros court qui serait un peu la synthèse de tout ce que j'ai appris durant toutes ces années.
Ces films ont eu une vie en Festival (à l'époque il n'y pas autant de Festivals que maintenant… et il n'y avait pas le net pour les débusquer.) Et ça m'a permis de mettre en pied dans l'univers du clip. J'ai toujours adoré les clips. J'ai grandi en découvrant le travail de certains réal qui m'ont impressionné au plus haut point : Nispel, Proyas, Fincher, Romanek…
J'adore la musique. J'adore les images. Aussi mon envie a toujours été très forte.
J'ai donc eu l'occasion d'en signer quelques uns bien que l'industrie du disque était en train de changer… et les budgets avec.
J'ai surtout officié beaucoup dans le clip indépendant (petits budgets) et chaque projet fut un véritable laboratoire. Pour moi je les ai attaqué comme un petit film à part entière. Surtout mes trois derniers dont je suis très fier.
Le tout dernier que j'ai signé "OPIUM DU PEUPLE" on l'a fait pour rien. L'équipe : Vincent Vieillard Baron et moi-même.
On avait 1 RED et 3 PROJO. Et on a fait l'un des clips dont je suis le plus fier et on l'a fait pour "rien" …
Ce clip m'a conforté dans l'idée de tourner "À tout prix" en RED.

Quelles sont tes influences ?
Le Cinéma Américain a bien entendu eu une énorme influence sur moi. Mais par le biais de mes études j'ai été amené à découvrir des cinématographies différentes… Vers 17-18 ans je voyais 4-5 films par jour. Tout pays confondu. J'étais boulimique de ciné.
Même pendant que je faisais mes devoir pour le lycées un film tourné dans mon magnétoscope… J'allais en permanence dans les deux vidéo-clubs près de chez moi : de véritables cavernes d'Ali Baba! J'y louais : du classique, du B, du Z même… peu importe. Tant que j'y trouvais des choses qui me plaisaient… peu importe! Certes, je faisais la différence entre "Le Parrain" (de Coppola) et "Nemesis" (d'Albert Pyun) mais l'envie de découvrir était la même.
Après mes influences plus direct? Scorsese, Spielberg, Leone, Coppola, Melville, De Palma, Nolan, Fincher, Oliver Stone, Schatzberg, Kurozawa, Kubrick, Yves Boisset, Paul Thomas Anderson, Sam Mendes, Kassovitz, Bryan Singer, John Woo, Tsui Hark...
Je peux continuer longtemps en fait… J'adore beaucoup de réal.

Quels sont tes futurs projets ?
Actuellement je travaille sur plusieurs projets de long métrage. L'un d'entre eux "IMPLACABLE" est très bien avancé. Je croise les doigts!
Merci Yann et félicitations pour le Prix du Public au Festival International du Film Policier de Liège!

La sortie de "À tout prix" est prévue pour le 14 mai chez The ecstasy of films en bonus de l’édition limitée de "La guerre des gangs", mais vous pouvez d'ores et déjà le pré-commander sur le site de l'éditeur en édition limitée à 1000 exemplaires, seule ou avec affiche. Dépêchez-vous!!! Il n'y en aura pas pour tout le monde!
Par Le Lanziphile

Manu Lanzi, comédien, chorégraphe de combats et cascadeur ayant participé à une multitude de films, a eu la gentillesse de répondre à mes questions:
Bonjour Manu ! Tu joues dans le court métrage de Mathieu berthon "Le Réserviste" qui sort officiellement le 7 mai en DVD. Quels souvenirs gardes-tu de ce tournage ?
Mes meilleurs souvenirs de tournages concernant "Le réserviste" sont trop nombreux pour les citer. La bonne humeur générale, les repas à la fraîche le soir tous ensemble, la volonté de tous de faire du cinéma différent et décomplexé, les crises de fou rire dues aux looks improbables de chacun, voir monter les gens avec leurs sceaux de flotte en guise de chasse d’eau car pas d’électricité et d’eau courante dans la maison etc… Trop de bons souvenirs!
Tu es à la fois acteur, chorégraphe de combats et cascadeur. Laquelle de ces activités préfères-tu ?
Je n’ai pas de préférence. Vraiment! Les deux casquettes sont diablement jouissives à faire. Être chorégraphe te donne l’occasion de pousser la personne qui combat à se surpasser physiquement dans un domaine qui n’est pas le sien et être comédien te pousse à te surpasser toi même dans une personnalité qui n’est pas la tienne.
Quelles formations as-tu suivi ?
J’ai commencé les arts martiaux tout petit en me roulant sur les tatamis et en faisant le con avec mon pote de l’époque. J'avais 5 ans. Ensuite j’ai continué plus sérieusement avec le karaté et pleins d’autres arts martiaux par la suite. Aucun ne me plaisait à 100% car l’apprentissage des katas et des combats me faisait chi… J’ai vite compris que les arts martiaux qui m’intéressaient vraiment, étaient ceux que je voyais dans les films. J’ai donc continué à m’entraîner dans divers cours mais en prenant juste les mouvements qui me plaisaient et en les travaillant différemment chez moi. Mon magnétoscope et les vhs de l’époque ont été aussi mon prof. Je détaillais chaque mouvement de mes stars préférées. Ensuite j’ai rencontré Olivier Schneider et on a commencé à s’orienter dans le milieu du cinoche. On est arrivé au moment où les films d’action fleurissaient à foison en France. Le golden age quoi…
T’est-il déjà arrivé d’intervenir comme acteur sur un film alors que tu étais là pour autre chose ?
Ça ne m’est pas arrivé beaucoup de fois non. Les films sont bien préparés avant et ce genre de décision ne se fait quasiment pas au dernier moment.
Comment t’es-tu retrouvé face à Michelle Yeoh dans "Le Talisman" ?
C'est en fait grâce à Philip Kwok que tout cela est arrivé. Il est venu en France sur "Le pacte des loups" et j’ai beaucoup travaillé avec lui sur le film. On a sympathisé assez vite. Je le faisais marrer apparemment. Ensuite il est revenu en France quelques années plus tard pour le film "Samouraïs". On était super content de se revoir. Sur le tournage il me dit qu’un casting de Gwailo se prépare en Chine pour une production Michelle Yeoh et me demande à moi et à d’autres cascadeurs des photos et une démo. A ma grande surprise, j’ai été pris et je suis parti tourner 3 mois entier sur "Le Talisman". C'était incroyable . Mais le film a été un véritable four (un peu normal, car il n’est pas spécialement réussi) et mis à part des putains de souvenirs, ne m’a pas ouvert d’autres portes.
Quels sont tes meilleurs souvenirs de tournage?
Mes meilleurs souvenirs de tournage sont eux aussi trop nombreux pour tous les citer. Si je devais faire une analyse de tout ça je me dirais juste que beaucoup de gens sur terre espèrent un jour réaliser leurs rêves de gosse. En ce qui me concerne, je peux dire que j’ai réussi. Comment appelle-t-on un mec qui se retrouve au fil des années face à toutes les stars qui faisaient partis de sa vidéothèque, pour travailler et passer un moment avec eux ?? Hé bein un mec qu’a réussi son rêve de gosse et qui a dans sa grosse tête un putain de paquet de souvenirs accumulés qui lui donnent la banane.
Tu es passé derrière la caméra pour le court métrage "Héro ?". Quels souvenirs gardes-tu de cette expérience ? As-tu envie de réaliser d’autres courts, voir un long ?
Mon court métrage a juste été un essai sans prétention. C'est une histoire que j’avais envie de raconter et voir ce que je pouvais donner en réalisation. Bien entendu, une multitude d’idées en images fourmillent dans ma tête et je rêverais non pas de faire un long métrage mais déjà, d’en avoir le talent. Ce petit court métrage sans prétention a été vraiment une bonne école pour moi. Quand je dis sans prétention c’est vraiment le cas. Il n’y a pas de plans révolutionnaires ou dans la mouvance actuelle (plans classiques car je reste persuadé qu’il n’est pas nécessaire de faire tournoyer sa caméra comme un taré pour raconter une histoire). Il a été tourné avec des Canon 5 et 7 D et une lumière basique. Ce ne sont que des potes (au talent plus que certain) qui ont participé à ce projet. Le film est en mixage son et suis vraiment impatient d’avoir non pas les avis (tout le monde aura un avis différent) mais plus les réactions (t’es-tu juste fait embarqué ou pas ?). Maintenant si je devais faire un long, je dois avouer que j’aimerais le faire en coréalisation car je n’ai pas assez confiance en moi. Je suis sur de moi sur la réalisation des séquences d’action mais sur les plans comédies… Arghhhh!!!
Tu entraînes il me semble dans une salle. Peux-tu nous en parler ?
Je m’entraîne entre 3 et 4 fois par semaine dans une salle située sur Paris à raison de 3 heures à peu prés. L’entraînement est vraiment important pour moi car j’ai maintenant 41 ans et au delà du fait que c’est un besoin essentiel à mon mental, il me semble qu’il est tout a fait normal de garder un niveau respectable techniquement et de ne pas être le genre de régleur qui ne fait que donner des indications théoriques aux comédiens. Je veux être capable de montrer les choses que je demande et de pouvoir les expliquer avec toute la pédagogie nécessaire.
Quels sont tes futurs projets ?
Je commence à travailler dans les jours qui viennent sur le long métrage foldingue de Thierry Poiraud et Benjamin Rocher, "Goal of the dead". Ensuite je devrais continuer dans la lancée des films de genre sur le prochain film du tandem Bustillo- Maury , "Aux yeux des vivants". Je travaille aussi en écriture avec Michael Massias sur un B movie post-apocalyptique du nom de "Jungleland". Ensuite je passe à la réalisation pour le 3ème volet de "Taken" avec Liam Nees… Nan, je déconne…
Merci Manu!
Pour vous tenir au courant de l'actualité de Manu Lanzi ou si vous souhaitez en savoir plus sur ce talentueux artiste, n'hésitez pas à aller voir son site officiel!
Pour finir, voici une sélection de DVD où vous pouvez retrouver Manu Lanzi:
Interview de David Morley :
Par Nicofeel

De passage à Lyon pour présenter son film Home sweet home en première mondiale au festival Hallucinations collectives, David Morley a gentiment accepté de répondre à mes questions.
Bonjour David. Es-tu déjà venu auparavant dans des festivals de cinéma ?
Avec mon précédent film, Mutants, j'ai fait plusieurs festivals dont celui de Gérardmer en France. C'est la première fois que le film était diffusé. J'ai aussi présenté le film à l'étranger (en Espagne, au Japon, en Inde).
Ici, à Hallucinations collectives, l'ambiance est très soft par rapport à d'autres festivals où les gens sont très virulents. Je pense notamment au festival de San Sebastian ou au BIFFF.
Apprécies-tu l'ambiance de ces festivals ?
Evidemment, c'est toujours agréable de venir sur un festival et de rencontrer des spectateurs. Il n'y a guère que là que l'on peut rencontrer les amateurs spécialistes de films de genre.
Après, je ne suis pas un geek. Je n'ai pas une connaissance pointue des films de genre. De mon côté, j'aime toutes les formes de cinéma.
Quelles sont tes influences culturelles ?
Pour parler du cinéma, je suis de la génération Spielberg. Je suis né au milieu des années 70 et j'ai grandi avec le cinéma hollywoodien des années 80, en passant de Schwarzi à Stallone. J'aime beaucoup le cinéma hollywoodien des années 70. J'aime aussi le cinéma de Scorsese, de Cronenberg, de Clint Eastwood. Je suis assez ouvert en terme de cinéma.
Je remarque par ailleurs que je m'intéresse de plus en plus à des choses pointues. Je redécrouvre les classiques français avec par exemple les films de Pialat.
Sinon, je demeure un grand fan de westerns. Pour moi, c'est le genre par excellence.
J'aime aussi beaucoup la photographie, la peinture expressionniste, le cubisme.
Côté musical, j'adore les Rolling Stones.
Qu'est-ce qui t'a amené à faire des films ?

Les dents de la mer de Steven Spielberg. Je l'ai vu à 9 ans, en cachette, puisque vu mon jeune âge je n'avais pas le droit de le voir. Pour moi, ce film était l'angoisse absolue. En même temps, la sensation qu'il m'avait procuré était incroyable. C'est sans conteste mon film culte. A une époque, avec mon frangin, on se récitait tous les dialogues ! C'est que ce film et le westerns (Léone, John Ford) qui m'ont donné envie de faire du cinéma.
J'ai vu ton premier film Mutants. Avec ce nouveau film, Home sweet home, on reste dans le genre, même si la thématique est différente. Pourquoi le cinéma de genre alors que c'est un cinéma peu porteur en France ?
Un jour j'ai fait un court métrage qui s'appelait Organik (2005) qui était plus pour moi un film social. Il était traité de manière sombre, un peu à la Cronenberg. J'ai eu la chance de remporter le grand prix du court métrage à Gérardmer.
Par la suite, on m'a appelé pour réaliser les “french frayeurs” sur Canal Plus. J'ai proposé Mutants mais il ne s'agissait pas d'un film que j'avais écrit et que je voulais absolument faire. En cela, Mutants est une commande. Il fallait répondre à un cahier des charges bien précis. C'est comme cela que je suis arrivé dans le film de genre.
Voilà, l'étiquette est tout de suite collée dans le dos et je suis désormais considéré comme un réalisateur de films de genre.
Comptes-tu d'ailleurs en rester au cinéma de genre ou souhaites-tu par exemple mettre en scène une comédie romantique ?
Je serais très satisfait de faire une comédie romantique. Je travaille actuellement sur un polar, mais aussi sur une comédie dans le milieu du rock. Je ne fais pas ça pour casser une image puisqu'un film c'est au minimum deux ans de travail. C'est juste une envie de raconter autre chose.
On en vient à ton nouveau film : Home sweet home. Pourquoi a-t-il été tourné au Canada et pas en France ?

Comme pour Mutants, c'est une commande. J'ai reçu une proposition de producteurs canadiens. Comme j'étais libre à ce moment là et que je n'avais pas tourné depuis quelque temps, j'ai saisi cette opportunité.
Cela me permettait en outre de découvrir une nouvelle façon de travailler et d'approfondir mon anglais.
Peut-on avoir une idée du budget du film ?
Mutants bénéficiait d'un budget à un million d'euros. Pour Home sweet home, on est sur un micro budget : j'ai eu 3 à 4 fois moins d'argent que sur Mutants. Le film a été tourné en 12 jours. Cela donne une idée du rythme durant le tournage.
Comment s'est effectué le choix des acteurs ?
J'ai travaillé avec une directrice de casting sur place. On choisit les comédiens en fonction du budget que l'on a et là-bas c'est très réglementé. C'est très professionnel et c'est ce que j'ai apprécié. Là-bas, le fait d'être comédien est un vrai métier. Même pour les petits films, on peut trouver d'excellents acteurs qui vont donner le meilleur d'eux-mêmes.
J'ai choisi les trois acteurs principaux. Je souhaitais avoir un petit couple sympathique. Pour le tueur, les producteurs souhaitaient une sorte de boogeyman. Moi je ne voulais pas un tueur massif avec une hache de 12 mètres de long ! Je souhaitais au contraire un tueur qui ait quelque chose de clinique, de froid, de maîtrisé. C'est lui qui dicterait le rythme du film.
On peut assimiler le film à un “home invasion”. Dans un genre balisé, comment as-tu adopté un regard neuf ?
Je n'ai eu aucune prétention de faire quelque chose d'original. Je voulais au contraire faire quelque chose de classique et bien mis en scène. L'idée était vraiment de répondre à un cahier des charges bien précis.
Pour autant, je ne voulais pas d'un tueur qui grogne. Concernant l'aspect purement visuel du film, je ne souhaitais pas jouer avec une maison sombre qu'on a vu sept millions de fois. L'idée était d'avoir une maison qui soit une sorte de cocon (Home sweet home). Et dans ce cocon il y a un ver à l'intérieur. C'est cela qui m'intéressait, plus que de jouer sur des couloirs sombres.
Je voulais quelque chose de très sobre, même au niveau du traitement de violence.
Cela contraste avec Mutants, qui est gore de bout en bout.
J'estimais que j'avais fait assez de choses gore. C'est plus la torture psychologique qui m'intéressait dans Home sweet home.
Les scènes violentes sont d'ailleurs bien plus marquantes de cette façon.
Home sweet home est pour moi un mélange entre Halloween et Funny games. Pour le traitement de la violence, il y a beaucoup de choses qui ont lieu hors champ. Il ne s'agissait pas non plus de sublimer la violence avec des ralentis.
J'ai apprécié la mise en place de l'histoire où l'on se focalise sur le tueur que l'on ne voit pas. On ne sait pas s'il a déjà commis des méfaits ou s'il va le faire. Est-ce que cette idée était déjà présente dans le script ?
C'était déjà dans le script. Par rapport à la question précédente, je n'étais pas à la recherche absolue d'originalité. Pour autant, je trouvais sympathique de commencer avec le tueur. Parce qu'on visite la maison avec lui. On ne sait pas où on est. On ne sait pas qui il est. On ne connaît pas ses intentions. En fait, c'est plus un film sur le tueur que sur le couple. On découvre qui il est dans les dernières minutes du film et la fin reste ouverte.
Et puis ça me plaisait bien que l'on ait le point de vue du tueur, avec son sarcasme de temps en temps. Ce psychopathe aime jouer avec les nerfs de ses victimes.
Y-a-t-il une scène dont tu es particulièrement fier dans Home sweet home ?
Non, pas spécialement. Je suis satisfait du résultat dans l'ensemble, même s'il y a évidemment toujours des éléments qui sont perfectibles.
Je pense que le cahier des charges a été rempli et de mon côté j'ai appris des choses.
Maintenant il faut que le film ait sa vie.
Quels sont tes projets ?
J'en ai quelques-uns. Je suis en recherche de financement auprès de producteurs. J'ai un polar, intitulé Point de chute, en réflexion. C'est la suite logique de ce que j'ai fait jusqu'à présent.
Sinon, j'ai un projet très personnel, Rockabilly, qui traiterait du rockabilly dans les années 50 et se déroulerait dans une prison. C'est le film que je cherche à monter. Cela n'est pas du tout la prison crado à la Prison break mais au contraire le charme des années 50 de la culture américaine qui rencontre le charme des 30 Glorieuses chez nous. J'espère que je trouverai les bons partenaires pour monter ce film.
Merci David. On te souhaite le meilleur pour la suite.
Par Flo001fg

L’actrice Hélène Darras, dont le DVD "Le Réserviste" sort officiellement dans le commerce le 7 mai prochain chez Oh My Gore! et dont je vous ai parlé récemment, a eu la gentillesse de répondre à mes questions :

Bonjour Hélène. Peux-tu nous parler du tournage du "Réserviste" ? Dont les conditions ont été, il me semble, assez précaires...
C'est vrai que c'était un drôle de tournage, 40 personnes dans la montagne sans électricité, ni eau courante, mais les conditions ne m'ont pas paru à moi, si précaires. J'ai été scout! En fait, j'étais super contente de camper, de manger dehors sur une énorme table, de me laver dans une bassine... je vivais comme mon personnage au final... Ce tournage reste une super expérience, la fatigue, les moustiques, c'est rien !

Quels souvenirs gardes-tu de tes autres tournages pour le cinéma? Que cela soit "Un conte de Noël", "Disco" ou encore "Les yeux bandés", dont les conditions étaient, je présume, toutes autres, même si tu n’avais que des petits rôles...
Les conditions de confort étaient différentes mais au final, quand on entreprend un tournage avec des gens motivés et compétents, la réalité du tournage reste la même, je passe au maquillage, j'écoute les directives et je commence à jouer au mot "action".
La différence c'est que sur "Le Réserviste", j'ai dû défendre un rôle du début à la fin. Sur les tournages pour le cinéma, j'ai beaucoup appris, il y a plus de monde, de pression, un réal connu, des acteurs connus. Mais au final, quand on aborde un tournage, c'est toujours de la même manière.
"Un conte de noël" reste un de mes meilleurs souvenirs, j'étais heureuse de tourner sur Lille, dans ma région, dans le magasin Printemps où j'avais mes habitudes. J'ai eu la chance de rencontrer Catherine Deneuve et Emmanuelle Devos, et de tourner sous la direction d'Arnaud Desplechin.

Tu as également tourné pour la télévision, notamment dans "R.I.S Police scientifique", dans la WebSérie "Pills Nation" et dans la publicité pour la marque Afflelou. Y a-t-il beaucoup de différences ?
Avec les tournages pour le cinéma, il n'y a pas de différences, d'excellents réalisateurs travaillent pour la télévision ou la publicité, et les moyens sont conséquents. La différence c'est peut être le soin apporté à l'esthétique quand on tourne une publicité, comme celle pour Afflelou réalisée par Elie Chouraqui, les tenues, le maquillage, mais aussi la déco et la précision des gestes. Après la différence entre mes expériences ciné/pub et celles pour la télé, c'est que j'y ai connu de nombreuses morts, et que ce sont toujours des scènes particulières à jouer. Pour "Les oubliées" d'Hervé Hadmar, j'ai dû m'allonger dans une véritable tombe et me faire recouvrir de terre. Dans "Les petits meurtres d'Agatha Christie", après être morte à coups de pierre, je reviens en zombie pour attaquer Lampion, 3 heures de maquillage et des lentilles qui me rendaient aveugle. Il n'y a que le maquilleur des effets spéciaux qui a osé manger à côté de moi à la cantine.

Tu as également récemment tourné dans "Florides", le nouveau court métrage de Margot Abascal. Comment es-tu arrivée sur ce projet ?
Margot m'a contacté et lors d'un déjeuner ensemble, elle m'a parlé de son projet, et m'a proposé un rôle dedans. J'étais ravie.

Peux-tu nous présenter un peu ce court qui doit être diffusé cette année sur France Télévision ?
On suit l'errance d'une femme borderline dans la ville de Dinard. Sur son parcours, elle croise un couple d'amis qui s'amuse dans un karaoké, et qui chante "C'est quand le bonheur" de Cali, qui résume le questionnement intérieur de l'héroïne.

Quel est ton cursus ? As-tu suivi des cours de comédie ?
J'ai commencé par des ateliers théâtre quand je faisais mes études à Lille. J'y ai découvert le plaisir de jouer, ainsi que des passionnés et des techniques de relaxation délirantes comme de faire des câlins aux arbres. Parallèlement, j'ai commencé à faire mes premiers pas devant la caméra notamment dans "La vie d'Anaïs" d'Arnaud Gauthier.
Mon diplôme en poche, je suis montée sur Paris, pour continuer les cours de théâtre, chez Eva Saint Paul, puis chez Blanche Salant, et enfin Jack Waltzer, pour une approche plus cinéma.

Quels sont tes futurs projets ?
Je suis de près plusieurs projets pour la télévision et le cinéma, et je continue mon travail d'écriture, car j'aime également raconter des histoires.
Merci Hélène !

N'hésitez pas à visiter le site officiel de Hélène Darras, si vous souhaitez en savoir plus sur cette actrice talentueuse.

Si vous souhaitez voir "Le réserviste" avant sa sortie officielle, je vous invite à vous le procurer directement par l’intermédiaire de la boutique Oh My Gore ! où il est déjà disponible.

Voici une sélection des DVD et Blu-ray où vous pouvez retrouver l’actrice dans des rôles plus ou moins importants :
Par Flo001fg

Je vous avais dit au mois de décembre tout le bien que je pensais de la série "Dead crossroads" sortie chez Oh My Gore! et bien figurez-vous que le réalisateur Fabien Delage a accepté de répondre à mes questions pour ma plus grande joie et j'espère la vôtre!
Bonjour Fabien. Pouvez-vous nous dire comment vous est venue l’idée de faire un Ghost Show en France ?
Je passais quelques jours à la campagne en famille et mon oncle et ma tante m'ont montré une maison abandonnée. Nous l'avons visité avec ma compagne, j'ai été séduit par l'atmosphère qui émanait du lieu. Quand j'ai appris qu'une femme et son mari y avaient trouvé la mort dans les années 80, je me suis intéressé aux faits divers et aux légendes locales françaises. J'aime les films de maisons hantées et j'aimais l'idée de faire une mini série sur elles, quelque chose de très différent de ce qu'on pouvait voir sur les chaîne US. Je me suis dit que ça n'avait jamais été fait en France et qu'en adaptant le concept en privilégiant l'ambiance et l'histoire des lieux on pouvait obtenir quelque chose de radicalement différent de tout ce qui avait été fait dans le genre. Je voulais faire quelque chose d'authentique et unique. J'ai obtenu de tout petits financements à droite et à gauche, j'ai appelé Julien et on est partis à l'aventure. Plus tard j'ai vu que le show français "RIP" avait repris l'idée mais en collant au modèle américain sans aucune innovation. Rassuré, j'ai donc continué dans cette démarche nouvelle et esthétique jusqu'à ce que nous ayons assez d'épisodes pour une saison 1...
Comment avez-vous trouvé tous ces lieux incroyables ?
En cherchant des faits divers attrayants, nous sommes tombés sur ces endroits supposés être hantés sur internet. Certains étaient faciles à localiser, d'autres moins. Nous avons donc troqué des géolocalisations contre d'autres auprès d'explorateurs urbains. La communauté URBEX nous a beaucoup aidé et grâce au travail de certains photographes, nous avons pu établir un carnet de route plus rapidement. Tout ça grâce à internet! Pas de net, pas de "Dead Crossroads"!
Quelle est la part de vérité dans ces histoires ?
Chaque histoire est basée sur des faits divers réels, il y a donc toujours une part de vérité. Les lieux sont authentiques et nous évitons les mises en scène trop tirées par les cheveux. Ainsi l'exercice policier, le rôdeur dans le château, la chute d'objets, la porte qui claque ou certains bruits étranges sont des éléments bien réels. Mais mon but avec cette série, c'était aussi de divertir, de combler les amateurs de documentaires ainsi que les fans de films d'horreur. Dans les shows de chasse aux fantômes classiques, il ne se passe pas grand chose. Pendant 45 minutes, des pseudo scientifiques écoutent en boucle des manifestations de spectre avec un équipement itech, il n'y a pas de peur, juste de l'ennui. En prenant ce concept, en y ajoutant l'esthétique du found footage pendant les nuits et des éléments troublants et donc divertissants, on obtient quelque chose d'inclassable. Il y a quelques effets spéciaux histoire de pimenter un peu la réalité, le spectateur est amené à discerner le vrai du faux, tout en se laissant bercer par une atmosphère inquiétante. "Dead Crossroads" c'est une recette indie bien de chez nous avec un soupçon de "mise en scène Found Footage US" un peu plus mainstream pour contenter les fans de genre à tous les niveaux!
Comment avez-vous rencontré votre acolyte Julien Mazzitelli ?
Je connais Julien depuis que j'ai 12 ans. Nous étions dans le même collège puis lycée. C'est un ami très proche. Il s'est spécialisé dans le domaine de la nature après ses études. C'est un pro de l'escalade, de la randonnée, il sait gérer les situations compliquées. Si tu es perdu dans la montagne lors d'une tempête, Julien is the man! C'était naturel de l'inclure dans "Dead Crossroads", il apporte la touch "Man VS Wild" à la série!
Envisagez-vous de tourner une seconde saison ?
J'adorerais! Il y a encore des tonnes d'endroits maudits, magnifiques et supposés être hantés en France. J'ai beaucoup d'idées pour faire de "Dead Crossroads" le ghost show le plus incontournable et le plus flippant du monde! Mais attendons déjà de voir comment le public va recevoir la saison 1... La sortie nationale du DVD est le 2 avril 2013. Si les gens demandent une saison 2, alors nous nous pencherons sur la question...
Est-ce que d’autres sorties DVD sont prévues à l’étranger ?
Nous travaillons actuellement sur la version anglaise de la saison 1 car nous avons plusieurs possibilités de distribution avec des éditeurs dont j'apprécie le catalogue en Nord Amérique. Vu que "Dead Crossroads" est une série très visuelle, nous étudions également la possibilité de faire un blu-ray region free avec la VF et la VA afin de permettre au spectateur de découvrir les images en full HD. Tous nos rushes sont filmés en pure HD, ça serait dommage de ne pas en profiter!
Pourquoi ne pas avoir inclus les versions longues de certaines histoires dans les bonus alors qu’elles seront prochainement visibles sur le net ?
Au début je voulais qu'il y ait une version longue pour chaque épisode, dispo uniquement en VOD pour inciter les gens à redécouvrir les épisodes différemment, mais, avec du recul, nous avons décidé, après la sortie DVD éditeur chez Oh My Gore, de garder les épisodes tels quels pour la VOD, excepté pour les épisodes "Dernière Mélodie Partie 2" et "Faustine de Thieffray Partie 2" qui bénéficieront d'une réelle version longue avec quelques éléments flippants en plus. Ces versions longues seront les versions qu'on retrouvera dans la zone 1... Nous posterons certaines scènes coupées en streaming sur le site pour les fans qui aimeraient en voir plus!
Pouvez-vous nous parler de votre collaboration au sein du magazine Rue Morgue ?
Cela fait maintenant 3 ans que je travaille pour Rue Morgue. J'en suis très fier, c'est le plus grand magazine d'horreur du monde et je suis un grand fan! L'équipe est formidable et je ne pense pas qu'il puisse y avoir plus cool comme personnes. Rien à voir avec la presse spécialisée française, c'est un crew en or! Je couvre l'actualité horrifique française, en anglais, pour le magazine et le site internet et je me rends tous les étés à Toronto pour le fameux Festival of Fear où je passe toujours un moment merveilleux! Mon prochain article porte sur les 165 ans du spiritisme, un sujet passionnant pour tous les fans de Fantastique...

Pouvez-vous nous parler de votre activité de photographe ?
En 2011 j'ai sorti un set de trading cards limitées pop erotic à New York. C'était vendu dans les endroits spécialisés et les ventes ont cartonné. Avec la quarantaine de photos érotiques que j'ai shooté, j'ai pu faire des expos dont 2 grosses à Paris et Los Angeles. Je me suis fait remarqué par de grands photographes érotiques internationaux, ce qui m'a donné un sérieux coup de pouce pour ma carrière en tant que photographe. C'était mon premier projet et j'ai tout de suite été considéré comme le représentant français du Pop Erotic! J'ai eu beaucoup de chance... Aujourd'hui je collabore régulièrement avec Roy Stuart. Mais ça ne veut pas dire que je ne shoot que de l'érotique! Je me suis baladé un peu partout dans le monde et je suis revenu avec divers projets photographiques, il serait temps que je mette mon site à jour! En photo, j'aime l'architecture, le reportage, le paysage et bien sûr... l'horreur!

Avez-vous d’autres projets ? Aimeriez-vous réaliser un long-métrage ?
Je travaille actuellement sur mon premier documentaire. C'est un long métrage sur un film maudit qu'aurait réalisé Georges Méliès à la fin du 19ème siècle, un film perdu et dangereux qui provoquerait de violentes réactions chez tous ceux qui le visionnent. Nous avons eu un pré-achat d'une chaîne TV régionale ainsi que le soutien du CNC et de la famille Méliès bien sûr! Il est prévu que le film commence la tournée des festivals internationaux début 2014, en attendant je bosse sur un nouveau court tourné aux USA en super 8 et sur 2 livres de photos. J'ai une bonne dizaine de scenarii de longs qui traînent dans mes tiroirs et dans ma tête. Mais, comme pour tous projets, il faut du temps et de l'argent! Mais je suis confiant, chaque chose en son temps... J'aime le genre et je ne suis pas prêt de m'arrêter!
Merci Fabien!
La très belle édition DVD digipack de la série "Dead crossroads" sort officiellement dans le commerce le 2 avril, mais si comme moi vous ne pouvez attendre, vous pouvez dès à présent la commander via la boutique du site Oh My gore!
Par Flo001fg
Alexandre Simard, gérant de la société EMYLIA et Isabelle Haury, fondatrice du site avenuedelhorreur.fr se sont associés pour nous faire découvrir une collection de films d’horreur inédits!

Le 3 juillet dernier la collection Avenue De L’Horreur débutait avec la sortie en DVD et Blu-ray du film "Sutures". Le 6 novembre, "Devil Seed", un deuxième titre orienté possession, disponible cette fois uniquement en DVD, est venu la compléter. Un troisième titre sera disponible dès le 2 janvier 2013 en DVD et Blu-ray, il s'agit d'une comédie sanglante récompensée dans plusieurs petits festivals indépendants (Cinequest, Backseat Film Festival, Atlanta horror festival…).
"Sang plomb" a connu l’honneur d’une sortie en salles au Royaume-Uni en 2012. Réalisé par Alexandre Orr, il propose un synopsis des plus alléchant: « le prix du pétrole explose, avoir une voiture devient un luxe : un choix se nourrir ou conduire. Un jeune instituteur s’improvise inventeur afin de trouver un carburant alternatif. Son obsession se transforme en coup de génie sanglant : utiliser du sang humain. Ses voisins ne lui ont jamais été aussi utiles… »
A l'occasion de la sortie de ce nouveau titre, Isabelle Haury a eu la gentillesse de répondre à quelques questions afin de nous présenter son site et cette collection:
Bonjour Isabelle ! Peux-tu nous présenter ton site ?
"Avenue De L’Horreur" est né d’une passion commune avec mon mari pour les films d’horreur. En juillet 2007 nous avons lancé le forum, qui est toujours en ligne aujourd’hui. Notre envie de partager toujours un peu plus avec des passionnés comme nous, m’a conduit à mettre en ligne un site en avril 2010. Ce fut aussi l’occasion de faire progresser l’ensemble et de faire de belles rencontres. La grosse activité du site se concentre sur les critiques de films de genre, les actualités cinéma, vidéo et les news ! Comme nous voulions récompenser nos lecteurs nous nous sommes tournés vers les jeux concours. Depuis deux ans, le site en organise en permanence avec nos partenaires.
A ton avis, qu’apporte "Avenue de l’horreur" par rapport aux autres sites consacrés à l’Horreur ?
Notre passion pour l’horreur voit sans cesse ses limites repoussées alors nous sommes en perpétuelles améliorations et innovations. En plus du cinéma et des séries TV de genre nous nous sommes tournés vers la littérature et les jeux vidéo horrifiques. Depuis une bonne année maintenant, nous rédigeons des actualités et des critiques concernant un bon nombre de livres, de BD, de comics, de mangas. Pour les jeux vidéo nous essayons de coller au plus près l’actualité et de publier nos tests afin d’aider nos lecteurs dans leur choix d’achats.
En janvier sort le troisième titre de la collection "Avenue de l’horreur présente". Comment est née cette collaboration avec Emylia entertainment ?
La rencontre avec l’équipe d’Emylia entertainment remonte juste avant l’ouverture du site. Le courant est de suite très bien passé entre nous, sans doute grâce à un amour du cinéma que nous partageons. Dans un premier temps nos échanges ont consisté à organiser des jeux concours pour leurs sorties horreur, et par le test de leurs titres. Notre envie de progresser a entretenu nos liens. C’est à la suite de plusieurs entretiens au sujet des projets d’avenir d’Emylia entertainment, qu’Alexandre Simard, gérant de la société, m’a proposé de travailler en collaboration sur une collection horreur, "Avenue De L’Horreur". Nous sommes très vite tombés d’accord sur un premier titre, "Sutures" s’imposait comme une évidence.
As-tu un regard sur les titres qui sont sélectionnés ? Si un titre ne te plaisait pas, refuserais-tu qu’il appartienne à cette collection ?
Avant chaque sortie de titres, nous discutons ensemble des possibilités à venir et nous choisissons ensemble le film à éditer. Il est évident que si un titre ne correspondait pas à ce que nous souhaitons offrir aux amateurs de films d’horreur, nous ne l’ajouterions pas à la collection "Avenue De L’Horreur".
Penses-tu élargir cette collection à d’autres éditeurs ?
Non, cette collection est un partenariat unique avec Emylia entertainment, en aucun cas elle ne pourra s’étendre à d’autres éditeurs.
"Devil Seed" devait sortir en Blu-ray. Regrettes-tu que cette sortie ait été annulée ?
Malheureusement, personne n’est à l’abri d’un problème technique qui vient chambouler ses projets. C’est ce qui s’est produit avec l’annulation de la sortie Blu-ray de "Devil Seed". Évidemment ce genre d’incident est ennuyeux, surtout qu’au vue de la qualité d’image du DVD on pouvait s’attendre à une image haute définition superbe, comme ce fut le cas pour "Sutures". Il est toujours plus intéressant d’être présent dans les deux formats, surtout sur un marché où le Blu-ray grignote des parts chaque jour.
Aura-t-on le droit une édition Blu-ray pour "Sang plomb"?
"Sang Plomb" sera bien présent en DVD et en Blu-ray, afin de satisfaire au mieux les attentes de tous et de permettre de découvrir ce long métrage dans des conditions optimales.
Quelles évolutions aimerais-tu apporter à "Avenue de l’horreur"? Aimerais-tu par exemple te lancer dans l’édition comme "Oh my gore!"?
Les idées ne manquent pas, depuis la création d’ "Avenue De L’Horreur", j’ai sans cesse de nouveaux projets qui me traversent la tête mais aucun n’a pour le moment pris le dessus. J’aimerai déjà dans un premier temps pouvoir m’occuper du site à temps plein, car cumuler avec un emploi ce n’est pas toujours évident. Me lancer dans l’édition comme le fait "Oh My Gore!" serait pour moi un bel aboutissement et cela fait partie de nos espérances futures.
Merci Isabelle!
Par Flo001fg


Julien Richard-Thomson, réalisateur atypique bien connu des amateurs de séries Z et des lecteurs du magazine Mad Movies, plus connu sous le pseudo de Richard J.Thomson, a eu la gentillesse de répondre à mes questions:

Bonjour Julien ! Alors qu’on vous connaît depuis longtemps sous le nom de Richard J. Thomson, vous vous faites appeler dorénavant par votre vrai nom Julien Richard-Thomson. Pourquoi ce changement?
Il y a plus de quinze ans, j’avais choisi de signer mes films sous le nom de Richard J.Thomson pour donner un petit côté US que nous pensions plus vendeur pour des films de genre. Cela dit, voilà des années que pas mal d’amis, de collaborateurs ou de journalistes me conseillent de "franciser" mon nom afin de mieux convenir aux organismes officiels qui gèrent et financent le cinéma français. En même temps, beaucoup d’autres me conseillent de m’expatrier outre-Atlantique pour avoir plus de succès, alors…. lol

Bach films a sorti, il y a environ un an et demi de cela, un coffret regroupant 3 de vos films. Pouvez-vous nous les présenter?
Cet éditeur a réuni 3 anciens films réalisés dans les années 90, alors que je venais de terminer mes études de cinéma. Ces films ont été tournés sans aucun argent, avec une bande de passionnés (dont bon nombre issus de la revue Mad Movies), des parodies ou plutôt des hommages aux films de genre. "Time Demon" et sa suite "Time Demon 2" mettent en scène un anti-héros inspiré du film de John Carpenter "Les aventures de Jack Burton", dans des aventures très "Z" mêlant nazis hystériques, prêtresses sataniques, gangsters… Il y a pas mal d’action, des gags et des séquences sexy assurées par des vedettes du ciné X de l’époque. "Jurassic Trash" quant à lui est une parodie de "Jurassic Park", intitulée à l’origine "Terror of prehistoric bloody creatures from space". C’est mon film préféré, il est très drôle, c’est un peu comme un croisement entre les films de Roger Corman et un épisode de Benny Hill!

Pour quelles raisons avez-vous opté au départ pour ces hommages parodiques aux séries Z ? Est-ce principalement faute de budget?
Oui, j’avais tourné ces films pour me faire la main, en attendant de mettre en scène des projets plus importants…sauf que ces autres projets plus "sérieux" n’ont jamais pu voir le jour! Il est possible que je me sois "grillé" dans le milieu très conventionnel du cinéma français en réalisant ces parodies délirantes de films américains. Moi qui pensais au contraire me faire une carte de visite!...

Dans un style très différent, Bach films toujours, a ensuite sorti votre film sur Cindy Lee. Comment est né ce documentaire?
Ah! Ce documentaire est une longue histoire. Je suis ami avec Cindy depuis longtemps et j’ai suivi à la fois avec intérêt et amusement son parcours atypique de strip-teaseuse-politicienne. J’ai décidé de la suivre camera au poing pendant plusieurs campagnes électorales et cela a donné un documentaire assez marrant, qui aborde aussi la question des "petits candidats en politique". D’ailleurs j’ai tenté d’obtenir des financements auprès de chaînes de télé pour un film sur les candidats farfelus à la présidentielle mais en vain, hélas… Je trouve qu’il s’agit pourtant d’un sujet intéressant, pas si anecdotique que ça, qui en dit long sur le fonctionnement de notre démocratie et de la société de l’information…

Pouvez-vous nous parler également de vos trois premiers longs-métrages ?
Vous voulez parler de "Night of Vampyrmania", "Attack of serial killers from outer space" et "Roboflash Warrior"? Ce sont aussi des parodies de films de genre, les vampires pour le premier, les ET et les super héros pour le second, les robots tueurs pour le troisième. Mais ce sont des films totalement cheaps, j’ai donc décidé de ne plus les diffuser. Ils ont connu une sortie VHS au milieu des années 90, alors que j’étais encore étudiant… Au début je livrais moi-même les cassettes dans les magasins. Je ne compte pas les faire ré-éditer en dvd. On peut aussi ajouter un autre film qui ne figure pas toujours dans mes filmos, car il n’est jamais sorti - pas même en VHS- "La Nuit des Ploucs-Vivants", ou "Green zombies from Ploucville". Une sorte de "nuit des morts-vivants" dans le Poitou-Charentes, plutôt fun mais hélas la fin n’a jamais été tournée.

Vous avez réalisé plusieurs courts-métrages, mais seul "Invasion of green big heads from unknown" est sorti chez One plus One en bonus sur le DVD "Slave girls" de la collection Bimbo star. Pourquoi ne pas les avoir fait figurer en bonus sur le coffret Bach films?
J’ai réalisé plus de quarante courts-métrages, en super 8, 16mm et enfin en vidéo. Le premier je l’ai tourné à l’âge de neuf ans! Dans un prochain dvd il est possible que j’en mette 2 ou 3 en bonus. J’aime bien mon "Loup Garou!" tourné au début des années 2000, ou encore "Serial Starlettes" qui se déroule au festival de Cannes…

Ne pourriez-vous pas mettre certains de vos films en VOD via votre site afin de rendre visibles certains de vos anciens films?
C’est une idée, je suis en contact avec plusieurs opérateurs de VOD mais leurs propositions ne sont pas folichonnes.

Tout comme John Carpenter que vous admirez, vous composez vous-même vos musiques. Avez-vous suivi une formation musicale?
J’ai fait un peu de solfège mais en musique, je suis plutôt autodidacte. A certaines périodes je passe 2 heures par jour au piano, à d’autres moments beaucoup moins, mais j’adore improviser ou composer des musiques de film. D’ailleurs, lorsque je dois écrire un scénario, je me mets aux claviers et j’improvise pendant des heures en réfléchissant à l’histoire du film, les idées me viennent en jouant… J’aime beaucoup la musique électronique, je collectionne les synthétiseurs, j’ai un vrai amour pour ces instruments qui ne sont pas du tout "dénués d’âme" comme certains pourraient le prétendre.

Les images que l’on a pu voir de "Bloody flowers" sont assez alléchantes. Pouvez-vous nous parler de ce film qui semble tout de même beaucoup plus sérieux que vos précédents longs-métrages?
En effet il ne s’agit pas d’une comédie mais d’un thriller étrange et horrifique, avec quelques scènes gore. C’est un peu un mélange entre l’univers onirique de David Lynch et un torture-porn à la "Hostel". L’histoire narre les mésaventures de jeunes filles des pays de l’Est venues à Paris pour faire carrière dans le mannequinat et qui tombent entre les mains de producteurs de snuff-movies. Ce film a été tourné avec un budget microscopique mais je suis assez satisfait de son ambiance inquiétante. Amanda Lear interprète un personnage de créatrice de mode odieuse, elle est excellente dans ce film. Hélas, nous avons eu des galères durant le tournage, il a fallu ré-écrire le scénario en cours de tournage, un vrai cauchemar. Finalement j’ai vécu l’enfer, comme les personnages du film! lol

"Bloody flowers" devait sortir en DVD au mois de mars, mais sa sortie a été pour le moment repoussée sans date. Que s’est-il passé?
Eh bien ce film doit être maudit tout simplement. L’éditeur a repoussé plusieurs fois la sortie et a fini par l’annuler purement et simplement. Il faut dire que l’éditeur a été victime de pressions de la part de l’actrice principale Dovile Cesnaviciute (alias Jennifer Krueger) qui ne voulait plus que le film sorte! C’est une histoire de fou! Cette jeune femme a prétendu que ce film nuisait à son prestige en raison des scènes d’horreur, et du fait qu’on voit sa poitrine dans l’une des séquences. Elle a donc pris un avocat qui a mis en avant un soi-disant "droit de repentir", un concept juridique qui n’a cours que dans l‘ industrie du X. Il faut préciser tout de même que cette fille vient du milieu du charme, des photos et vidéos pour adultes, et que "Bloody Flowers" est de loin le film le moins honteux qu’elle ait tourné ! Pire: pour empêcher la sortie du dvd, son agent a inventé de nombreux prétextes tous plus délirants les uns que les autres, il a prétendu par exemple que nous avions piégé sa comédienne en tournant le film à son insu (absurde!) puis il a dit que nous avions forcée cette malheureuse à rester sur le plateau alors qu‘elle voulait s’en aller et qu’elle avait dû tourner certaines scènes contre son gré (un peu comme dans le scénario de "Bloody Flowers", une mise en abyme en quelque sorte!) Il a dit aussi que nous avions trafiqué ses contrats, etc… Cet "agent" - qui réclame vous vous en doutez une forte somme d’argent - s’est même permis de me menacer ainsi que ma famille. Bref, j’ai confié l’affaire à mes avocats, pour le moment le film ne sort pas et toute l’équipe est pénalisée. C’est la "malédiction Bloody Flowers".

Quelles sont toutes les activités de votre société Jaguarundi Films?
Ma société produit des fictions mais aussi des clips, des reportages. Je travaille parfois pour des agences de publicité. J’avais également des activités dans la presse magazine et "people" il y a quelques années, mais j’ai laissé tomber, ce milieu étant peuplé de requins… encore pire que la télé c’est dire!

Vous avez écrit et produit le film "Eject" de Jean-Marc Vincent ("Lady Blood") avec Pascal Sellem. Quel a été votre rôle sur le tournage ? Êtes-vous intervenu sur celui-ci?
Il s’agit d’une parodie du film espagnol "REC". J’ai écrit le scénario, puis j’ai donné carte blanche à Jean-Marc Vincent pour le réaliser. Il y a un côté frustrant à n’être que producteur, car il y a beaucoup de choses que je n’aurais pas du tout fait comme ça si j’avais été le réalisateur du film, mais je devais jouer le jeu… J’ai donc choisi de me tenir relativement à l’écart du tournage pour ne pas être tenté d’intervenir, en gros je passais surtout signer les chèques! Toute l’équipe s’est donnée à fond et même si le film est un joyeux foutoir à l’arrivée, je le trouve amusant, les acteurs se tapent un bon gros délire - Pascal Sellem en tête - et j’espère qu’il va trouver son public.

Une sortie DVD est-elle prévue?
Oui, nous allons l’éditer nous même directement sous le label Jaguarundi, ainsi qu’un ou deux autres films, dans une collection de parodies. Hélas comme vous le savez le marché dvd en France est catastrophique, il n’y a plus que les blockbusters qui se vendent encore… les gens continuent de télécharger et bien sûr, ça tue le marché.

Vous devez tourner un nouveau film qui s’appelle "Hekatombe" et vous produisez également "Paris maléfique" un film à sketches. Pouvez-vous nous parler de ces deux nouveaux projets?
"Hekatombe" est un super projet, un script que j’ai écrit qui évoque un peu le "ExistenZ" de David Cronenberg. Nous devions débuter le tournage cet été, hélas nous n’avons pas pu trouver les fonds. C’était pourtant un budget extrêmement modeste… J’espère pouvoir trouver l’argent pour le tourner au printemps. En attendant, je vais me consacrer à un film de commande pour une chaîne de la TNT sur lequel je ne peux pas encore dire grand chose pour le moment…. Quant à "Paris Maléfique", c’est un projet sur lequel je travaille depuis pas mal de temps, qui a évolué au fil des mois… C’est un film à sketches qui réunit plusieurs réalisateurs, les nouveaux talents de l’horreur à la française. Toutes les histoires se déroulent à Paris, nous jouons sur les clichés parisiens, mais chaque segment possède son propre style d’autant que les réalisateurs sont très différents. Le film à sketches est redevenu à la mode, j’en suis très heureux. J’espère pouvoir inscrire ce film dans la collection French Frayeurs de Canal Plus. L’objectif étant de commencer à tourner dans un an au plus tard.

Est-ce que le fait d’être passé par ulule pour financer en partie "Hekatombe" est un véritable plus?
Pour être franc, nous avons récolté une somme ridicule sur ce site, mais cela vient du fait que le film n’a pas vraiment été affiché dans la liste des films à financer, il n’était pas facile d’accéder à sa fiche. Je crois que ce site marche bien pour les courts-métrages, si vous cherchez mille euros par exemple, cela peut être une solution, mais pas pour un long-métrage, même "low cost"…

Quels sont les autres projets que vous avez actuellement en cours?
Je vous ai parlé des principaux projets actuels, mais bien sur j’ai une dizaine de scénarios écrits durant la dernière décennie qui n’attendent que des financements pour être tournés. Le problème, c’est qu’il s'agit pour la plupart de film fantastiques au style assez personnel, ou de comédies d’humour noir, assez "décalées"… un peu comme pouvait faire Bertrand Blier autrefois. Or aujourd’hui ce genre de film est totalement rejeté, il faut marcher dans les clous pour recevoir l’argent public et l’aval des télévisions. En France, soit il faut écrire des comédies grand public (avec Kad Merad ou Franc Dubosc) soit des drames intimistes. Et surtout, s’inscrire dans un certain réalisme. Dès que l’on aborde le surnaturel, le surréalisme, l’absurde, là on se brûle les ailes. J’admire un gars comme Quentin Dupieux, par exemple, il a une démarche pas très éloignée de la mienne, mais il a eu davantage de chance que moi…

Merci Julien pour le temps que vous m'avez consacré et bon courage pour la suite!

Par Flo001fg

Le jeune réalisateur Ludovic Bornes, auteur de "Une Épine D'amour" sorti le 5 juin chez Emylia, a eu la gentillesse de répondre à mes questions.
"Une Épine D'amour" est un film réaliste sur la drogue qu'il est important de soutenir car les bénéfices iront en faveur de l'association Béthel, qui lutte contre la toxicomanie.
Comment est né "Une Épine D'amour"?
"Une Épine D'amour" est né de ma collaboration avec Jean-Claude Schembri, qui m'a offert l'opportunité de réaliser mon premier long-métrage, en me proposant un scénario de film préventif contre la drogue, se basant sur le vécu d'une de ses amies d'enfance "Fabienne".
Comment a débuté votre collaboration avec Jean-Claude Schembri?
Si ma mémoire est bonne, ma première collaboration avec Jean-Claude, s'est faite sur un projet à lui "Izbak sur l'île des Embiez", ou j'avais pour mission de réaliser un reportage photo de l'événement réalisé.

Comment avez-vous fait votre casting et comment notamment avez-vous réussi à obtenir que Ambroise Michel et Daniel Beretta participent à votre aventure?
Pour être honnête avec vous, la majeure partie du casting s'est faite grâce à nos amis et à des pique-assiettes (oui malheureusement quand on a une petite production et la naïveté du débutant, on ne s'entoure pas forcément des bonnes personnes aux bonnes intentions !).
Sachant que le film était destiné à la base à la prévention pour les écoles, pour représenter la capitale de la culture 2013 de Marseille (ma chère ville !), je me suis dit qu'il serait peut-être bon d'intégrer le comédien Ambroise Michel (plus connu sous le nom Rudy de "Plus belle la vie"), pour que sa présence nous aide dans nos démarches, et tout simplement profiter de sa médiatisation, à l'époque quotidienne, pour faire connaître le projet et notre cause que l'on défendait.
Pour vous dire la vérité sans trop m'étaler, je regrette beaucoup cette collaboration avec M. Michel. Et ça pour plusieurs raisons…
En ce qui concerne Daniel Beretta, c'était plus un plaisir personnel qu'autre chose. Vous ne le savez peut-être pas mais M. Beretta, est un très grand artiste, comédien, doubleur et chanteur. Il est connu pour être la voix française de Lumière dans "La belle et la bête" (de Disney) et d'Arnold Schwarzenegger (que vous retrouverez dans "Expendables 2"). Ce que j'ai beaucoup apprécié chez Daniel, c'est qu'il se met vraiment au service du film sur lequel il travaille, que ce soit un blockbuster ou une petite production (dans notre cas), il ne juge pas. Il fait son travail proprement, rapidement, professionnellement... C'est le Terminator ! Et en plus il est humble, pas comme certains...
Je trouve que Jenny Antoine est vraiment étonnante dans le rôle de Lysa, mais que vous auriez pu développer un peu plus son personnage afin qu’on éprouve un peu plus d’empathie pour elle. Pour quelles raisons n’avez-vous pas approfondi plus son personnage alors que votre film est tout de même relativement court ?
Jenny Antoine a été la première à intégrer et soutenir le projet, j'ai pu remarquer que c'était une femme sur qui on pouvait compter et qui s'investissait énormément. Personnellement je pense qu'elle nous a offerte les meilleures scènes grâce à son interprétation, surtout pour la scène dans la salle de bain (à noter qu'il n'y a pas de doublure pour le passage de la piqûre). Malheureusement suite à des événements personnels avec Jenny Antoine, nous avons dû avec regret se séparer d'elle, ce qui a eu pour conséquence la mort prématurée de Lysa dans le film. J'en suis le premier désolé.
Au début du DVD, vous parlez avec Jean-Claude Schembri des difficultés que vous avez rencontré pour obtenir des aides, à tel point que vous avez fini par vous débrouillez seuls. Pouvez-vous nous en parler un peu plus et comment vous avez réussi à financer?
Oui effectivement nous avons rencontré des difficultés à financer le film, pourtant c'est pas faute d'avoir essayé ou insisté ! La région, les collectivités territoriaux, le CG13, on a frappé vraiment à toutes les portes, mais rien, et le plus scandaleux c'est quand, je vois que ma ville, Marseille, qui "représentera la capitale de la culture de 2013", ne nous apporte aucune, aucune aide ! Je rappelle que c'était un film pour faire de la prévention et qu'on avait "une icône" de Marseille avec nous Monsieur Michel de "Plus belle la vie".... Une incompréhension de plus ... Du coup moi, Jean-Claude et avec la grande aide de sa femme Grace, nous avons fait "en image" une sorte de pot commun pour avoir dans les 5000 €. C'est donc avec ce budget là qu'on a pu faire le film.
Pouvez-vous nous parler d’ "Addict", votre court métrage présent en bonus sur le DVD, que l’on peut imaginer comme étant en quelque sorte une introduction à "Une épine d’Amour"?
"Addict" est plutôt à mon goût une sorte de fausse suite à "Une épine d'amour", une histoire parallèle, Jean-Claude avait écrit cette histoire, on en a profité pour la tourner et ainsi par la même occasion tourner le générique de début de "Une Épine D'amour".

Et vos autres réalisations ? Notamment "Psychotropes" et "Georges"…
"Psychotropes" est tout simplement le pilote de "Une Épine D'amour", ça nous a servi à présenter un support pour nos différentes démarches. Pour l’anecdote, il a été sélectionné au Short Film Corner du Festival de Cannes 2011.
"Georges" est un court-métrage toujours écrit par Jean-Claude, dont il joue aussi le 1er rôle, Georges. Le but de cette réalisation était un acte "bénévole" pour soutenir la fondation Abbé-Pierre et par la suite la fameuse campagne d’Éric Cantona aux présidentielles pour ses fameux temps de paroles consacrer à dénoncer les conditions de précarités et de mal logements de certaines personnes.
Pouvez-vous nous parler également de vos autres activités en tant que monteur ou encore photographe ?
2006/2007 Mon 1er vrai projet professionnel a été un travail pour un groupe de Métal "Blazing war machine" où j'étais chargé de faire le montage vidéo d'un de leurs concerts.
Toujours dans la même période j'ai réalisé pour la batteur Franky Costanza un vidéo multi-angles de batterie au format de 18 minutes. Ma première grande fierté, car en plus d'avoir été publiée dans le magazine "Batterie Mag N°34", j'ai reçu ma première rémunération "un billet de 100 €"… Ça m’a vraiment marqué cette expérience !
Côté photo je peux dire que ça a réellement commencé lorsque j'étais venu "par hasard" sur le lieu de tournage d'Ambroise Michel, je me suis improvisé "photographe de plateau". Les photos ont plu, j'ai continué de mon coté, j'ai même sorti par la suite un livre, grâce au labo "Rétine Argentique à Marseille" consultable sur le net.

Quel a été votre cursus ? Avez-vous suivi des études dans l’audiovisuel ?
J'ai arrêté l'école en 3ème, mais j'ai pu faire une école audio-visuel "AIS", je n'ai malheureusement pas pu continuer ma "formation", car durant cette période j'ai été embauché dans une agence de communication sur Aubagne.
Cependant j'ai récemment tenté d'intégrer l'école de Luc Besson, mais le destin n'a pas voulu que ça se fasse. Je me suis permis de faire une vidéo "lettre ouverte à Monsieur Luc Besson", où je lui fais part de mon point de vue sur son école et son projet d'aide aux jeunes. Suite à ça, j'ai reçu une notification de l'école me demandant pourquoi cette démarche...
J'ai alors rédigé une lettre à laquelle je n'ai toujours pas de réponse, mais j'ai eu le plaisir d'avoir le soutien de Monsieur Fremaux.
Avez-vous d’autres projets en cours ?
J’ai écris un scénario de long-métrage, mais il faut croire que personne ne veut me produire, j'ai pourtant frappé à beaucoup, beaucoup de portes, mais rien ... Pareille pour un clip.
Les démarches pour produire un film/court/clip sont vraiment insupportables, car les "vrais" producteurs ne prennent plus de risques. Rare sont ceux qui donnent la chance à des jeunes. C'est d'ailleurs ce que je voulais dénoncer dans ma lettre ouverte pour « Monsieur Besson ». Car il y a trop de foutage de gueule. Les prods veulent des "stars/valeurs sûres" pour financer un projet. Quand j'appelle un ou des agents pour proposer un scénario à Mélanie Laurent ou une autre, on me bloque sans même savoir qui je suis avec toujours la même excuse avez-vous une production ? Non... Désolé on ne prend que les projets avec des productions. C'est vraiment le poisson qui se mord la queue, et je le vis comme un paradoxe. Car à cause de cette mentalité on passe à côté de beaucoup de choses, et on a l'impression de perdre son temps et de l'argent, avec toutes ces démarches qui n’aboutissent jamais... M'obligeant à mettre mes scénarios "finalisés" dans le tiroir en espérant un jour trouver quelqu'un qui pourra bien les financer.
Merci pour vos réponses Ludovic et bon courage pour la suite!
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