Archives pour: Juillet 2009

30.07.09

08:45:47, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

L’été étant quand même une période calme pour les sorties DVD, ce mois du juillet n’aura pas permis une récolte prolifique en éditions DVD de films fantastiques ou horrifiques, mais heureusement quelques nouveautés valant largement le détour et des éditions de rattrapage sont venues agrémenter les linéaires !

Slugs
Le club des monstres

Au chapitre des rééditions, Opening ne s’est pas foulé pour se contenter ce mois-ci de mettre à nouveau en vente toute une série de titres déjà bien connus, regroupés dans une collection "Les grands classiques de l’horreur" et pour la plupart proposés avec le magazine Mad Movies il y a quelques temps. C’est ainsi que plusieurs titres des "seventies" ressortent, Le cirque des vampires, La fille de Jack l'éventreur, La comtesse Dracula mais aussi le sympathique Club des monstres regroupant Donald Pleasence, David Carradine et Vincent Price. Le carnage gore débile inspiré par Shaun Hutson, Mutations fait également peau neuve, tout comme Re-animator 2, le pas génial The stuff pourtant réalisé par Larry Cohen, le Society de Brian Yuzna et ses délires organiques et le pathétique Transmutations d'après un script de Clive Barker (courez plutôt voir The midnight meat train en salles…). Des ressorties uniquement utiles à ceux qui n'étaient pas né en 2003 puisque aucun bonus ni travail sur les masters ne viendront justifier ces rééditions.

Buffy contre les vampires
Buffy contre les vampires

20th Century Fox fera plaisir aux adeptes de Buffy en ressortant les six saisons de la série télévisée dans un nouveau packaging… tandis qu'Antartic offrira à Battle royale 2 : requiem un double DVD collector.

Twilight
Twilight

Pas franchement horrifique et plus destiné à un public de midinettes adolescentes (qu'est ce que je peux être réducteur parfois...), M6 Video aura mis en vente la première partie de Twilight décliné aussi bien en DVD qu'en Blu-ray, en édition simple qu'en édition "collector" et même déjà en "Edition ultimate limitée"… Ben voyons !

The spirit

Le dernier et apparemment très moyen Frank Miller, The spirit est lui aussi disponible depuis ce mois-ci, édité par Columbia/Tristar, un éditeur habituellement prolifique dans le genre mais qui se contente en juillet de ce seul titre pour nous satisfaire, c'est maigre !

Mammouth
La malédiction d'Arkham

Maigres également sont les fournées de TF1 Video qui ne nous offre qu'un Mammouth certainement souriant mais aux effets spéciaux de synthèse ratés et de Sidonis, mais largement plus intéressante puisque c'est le classique La malédiction d'Arkham de Roger Corman qui est désormais disponible.

Gingerdead man 2
L'ordre du loup

Elephant Films tentera de nous refourguer Gingerdead man 2, la suite des aventures du tueur pain d'épices (si, si !), mais ce sera surtout le loup-garou gouailleur et libidineux de L'ordre du loup qui pourrait retenir notre attention, le film ayant déjà été traité ici dans son édition anglaise.

Sasori

Pour CTV, ce mois de juillet sera l'occasion de nous gratifier de Sasori, la femme scorpion, une variation modernisée de la célèbre saga d'exploitation inspiré du manga de Toru Shinohara à découvrir de toutes façons !

Carver
Manhunt

En gardant les meilleurs pour la fin, Emylia, le petit éditeur qui monte dans le genre en nous proposant régulièrement des inédits, calme également le jeu mais ose sortir Carver, un de mes coups de cœur de la fin de l'année dernière, à la violence jusqu'auboutiste qui fait mal ! Et Studio Canal a eu l'excellente idée d'éditer le "survival" norvégien Manhunt, certes très classique mais allant directement à l'essentiel pour faire preuve d'une brillante efficacité dans la violence sèche et sauvage !

Rendez-vous donc fin d'août pour vérifier si ce second mois estival aura été plus généreux que ce mois écoulé, avec déjà une sortie de taille, celle du remake de Vendredi 13 prévue le 11 août !

Buffy contre les vampires : Saison 1

Buffy contre les vampires : Saison 1
Amazon à 15.99€
Fnac à 20€
Voir la fiche
Buffy contre les vampires : Saison 2

Buffy contre les vampires : Saison 2
Amazon à 14.99€
Fnac à 20€
Voir la fiche
Buffy contre les vampires : Saison 3

Buffy contre les vampires : Saison 3
Amazon à 15.99€
Fnac à 20€
Voir la fiche
Buffy contre les vampires : Saison 4

Buffy contre les vampires : Saison 4
Amazon à 9.59€
Fnac à 20€
Voir la fiche
Buffy contre les vampires : Saison 5

Buffy contre les vampires : Saison 5
Amazon à 14.99€
Fnac à 20€
Voir la fiche
Buffy contre les vampires : Saison 6

Buffy contre les vampires : Saison 6
Amazon à 14.99€
Fnac à 20€
Voir la fiche
Battle Royale 2 : Requiem - Edition collector / 2 DVD

Battle Royale 2 : Requiem - Edition collector / 2 DVD
Voir la fiche
Twilight - Chapitre 1 : Fascination

Twilight - Chapitre 1 : Fascination
Amazon à 5.99€
Fnac à 10€
Voir la fiche
Twilight - Chapitre 1 : Fascination (Blu-ray)

Twilight - Chapitre 1 : Fascination (Blu-ray)
Amazon à 9.74€
Fnac à 12.09€
Voir la fiche
Twilight - Chapitre 1 : Fascination - Edition collector / 2 DVD

Twilight - Chapitre 1 : Fascination - Edition collector / 2 DVD
Amazon à 12€
Voir la fiche
The spirit / 2 DVD

The spirit / 2 DVD
Amazon à 7.87€
Fnac à 9.89€
Voir la fiche

The spirit (Blu-ray)

The spirit (Blu-ray)
Voir la fiche
Gingerdead man 2

Gingerdead man 2
Voir la fiche

L'ordre du loup

L'ordre du loup
Voir la fiche
Sasori la femme scorpion

Sasori la femme scorpion
Voir la fiche
Carver (Blu-ray)

Carver (Blu-ray)
Voir la fiche
Manhunt (Blu-ray)

Manhunt (Blu-ray)
Fnac à 19.71€
Voir la fiche

Permalien 646 mots par nicore, 1376 vues • 7 retours

28.07.09

09:08:47, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Midnight meat train

Adapté de l'une des nouvelles les plus connues de l'écrivain Clive Barker, ce The Midnight meat train parviendra à apprivoiser l'univers de l'auteur tout en nous livrant une intrigue implacable, froide et graphique, conférant au film une réussite presque totale.
Le script va suivre un photographe new-yorkais dans ses déambulations nocturnes, celui-ci recherchant des clichés marquants pour espérer s'attirer les faveurs d'une puissante représentante artistique, mais ses pérégrinations vont l'amener à croiser la route d'un serial-killer d'un genre particulier.

Midnight meat trainDans sa séquence introductive, le métrage va suivre un jeune homme endormi se réveillant dans une rame de métro déserte et qui après avoir fait quelques pas va glisser dans une mare de sang, découvrant alors avec horreur un carnage en cours dans la wagon suivant. Bien qu'assez classique pour déjà mettre la pression sur le spectateur, cette entame du film va déjà avancer l'ambiance froide de cette rame de métro qui pourra paraître presque irréelle en étant d'une propreté presque immaculée s'il n'y avait pas ce sang recouvrant le sol, mais en tout cas trop propre avec ses sièges à l'aspect neuf et cet absence de graffitis et autres signes de passage humain.

Midnight meat trainEnsuite, l'intrigue va s'attacher à nous présenter son personnage principal, Leon, un photographe traquant des scènes de vie urbaines aussi bien pour son plaisir que pour gagner sa vie, qui va rentrer chez lui et retrouver sa petite amie Maya avec qui tout semble aller pour le mieux, surtout qu'elle va lui apprendre une bonne nouvelle, un futur rendez-vous avec Susan Hoff, une figure de la peinture et de la photographie artistique à New-York. Mais hélas ce rendez-vous sera un demi-échec puisque cette femme en apparence froide et quelque peu hautaine trouvera les clichés de Leon trop timorés, n'allant pas assez loin, mais en même temps, elle ne le jettera pas définitivement en lui proposant de revenir la voir avec des photos plus marquantes.

Midnight meat trainCe rendez-vous manqué va pousser Leon à une virée nocturne dans les rues sordides avec son appareil photo et ayant repéré trois individus louches, il va les suivre aux abords du métro, à juste titre puisqu'il va assister à un début d'agression puisque les trois petits voyous vont prendre à partie une demoiselle pour lui extorquer de l'argent. Après avoir pris quelques photos, Leon va intervenir, tout en continuant à photographier, et va réussir à convaincre les petites frappes de lâcher l'affaire. Ce qui lui vaudra les remerciements chaleureux de cette jeune femme qui va alors pouvoir prendre le métro, Leon continuant inlassablement de prendre des clichés, sans se douter que la personne qui va retenir la porte du wagon à celle qu'il venait de sauver sera le serial-killer du film.

Midnight meat trainEn effet, nous allons alors assister au meurtre brutal de cette jeune femme puisque l'homme en complet gris assis non loin d'elle va se lever dans son dos et s'approcher d'elle pour lui balancer un grand coup de marteau à viande au travers du visage, pour une première séquence forte et brutale qui portera la marque de fabrique du film en laissant survenir l'assassin en arrière-plan afin de s'attaquer à une victime ne se doutant encore pas du sinistre sort qui l'attend. Et bien que rapidement visualisé, l'assassin en imposera déjà avec une démarche assurée par sa carrure robuste, ainsi que par sa violence sèche pour frapper qui si elle ne sera pas gore cette fois-ci sera présente lors d'un long plan large surprenant.

Midnight meat trainL'intrigue va alors laisser Leon découvrir la disparition de cette demoiselle qui se révélera être un mannequin connu, tandis que Susan Hoff appréciera beaucoup plus les clichés pris cette nuit-là et lui en demandera d'autres afin que Leon puisse voir ses photos exposées lors d'une prochaine exposition d'art. C'est ainsi que Leon va retourner dans la nuit new-yorkaise et va par hasard photographier l'homme au complet gris, le suivant même quelque peu jusqu'à une première confrontation sans autre conséquence que de permettre à Leon grâce à un détail opportun de découvrir que cet homme étrange avec sa grande mallette était présent dans le wagon pris par le mannequin disparu, poussant ainsi notre homme à vouloir en savoir plus sur cet individu mystérieux au point de le suivre jusqu'à son travail de boucher industriel, pour ce qui deviendra peu à peu une obsession dangereuse.

Midnight meat trainLa situation ainsi posée, l'intrigue va alors laisser se succéder des situations tendues lorsque Leon traquera l'assassin, occasionnant même des séquences étouffantes et chargées d'un suspense parfaitement orchestré par le réalisateur (la course-poursuite dans l'abattoir avec ce petit hommage au remake de Massacre à la tronçonneuse avec cette pièce remplie d'innombrables carcasses de bœuf), tout en nous dévoilant progressivement lors de nouvelles scènes de plus en plus sanglantes le mode opératoire du tueur au marteau, véritable machine à tuer sans émotion. Mais parallèlement, nous assisterons à la dégradation du mental de Leon qui deviendra complètement obnubilé par sa quête au point de délaisser une Maya qui au départ ne comprendra pas son petit ami, avant de se lancer elle aussi dans l'aventure de son côté, pour ce qui restera comme une des rares faiblesses du film avec cet engagement quelque peu facile et précipité, mais qui lui aussi apportera son lot de tension (la fouille de l'appartement du tueur) et permettra au métrage d'avancer son final nihiliste mais devenu quand même anticipable.

Midnight meat trainL'intrigue parviendra à jongler intelligemment avec son aspect surnaturel gagnant de l'ampleur progressivement grâce à des détails disséminés au fil des événements pour n'exploser que dans une dernière partie qui pénétrera alors frontalement dans l'univers de la nouvelle de Clive Barker, un peu tardivement diront certains, pour justifier l'existence de cet assassin de manière quelque peu rapide et sans répondre aux questions soulevées mais en nous gratifiant de scènes une fois encore bien graphiques. Bien entendu, ce sera autour de cet meurtrier que résidera l'enjeu de film et le réalisateur nous laissera tout le loisir de découvrir chaque facette de son personnage, entre sa vie diurne de boucher et ses activités millimétrées dans le métro, quitte à laisser une horreur dérangeante s'imposer lors de la préparation des corps humains, par exemple, mais ce se fera tout en nous exposant également quelques détails physiques peu ragoûtants du personnage lors de ses passages dans sa salle de bains.

Midnight meat trainPar contre, la relation entre Maya et Leon pourra paraître plus classique dans son agencement et les dérives générées par la nouvelle obsession du photographe qui ne vivra que pour résoudre le mystère de l'homme au complet gris, et même si cela servira à nous faire partager ses changements internes qui seront justifiés par le final et qui découleront naturellement d'une méchante rencontre avec le tueur, on ne pourra pas s'empêcher de trouver les réactions de Maya soit faiblardes ou ensuite trop excessives et démesurées, rendues par ailleurs possible grâce à une intrigue devenant alors brièvement et artificiellement providentielle. Mais heureusement cet aspect du film ne viendra pas empiéter sur la réussite globale du film puisque le réalisateur ne s'y attardera pas plus que nécessaire pour privilégier l'action et la tension présente à chaque apparition du boucher.

Midnight meat trainDans la même optique, les différents personnages peineront à devenir attachants pour uniquement exister dans l'intrigue, parvenant in extremis à gagner notre sympathie et rendre de fait l'issue nihiliste du métrage impactante, mais l'ensemble bénéficiera d'une interprétation adaptée, la vedette revenant logiquement à l'imposant Vinnie Jones qui incarnera à merveille cet assassin monolithique brutal et sauvage. La mise en scène du réalisateur est adaptée, aussi bien en utilisant ses arrières-plans avec brio pour engendrer une tension palpable efficace à chaque apparition surprise du meurtrier que pour créer une atmosphère irréelle et surnaturelle dans cette rame de métro un peu spéciale, et tout en faisant participer de très près le spectateur à l'action lors des phases sanglantes du film. Les effets spéciaux sanglants du film sont plutôt probants, même si l'utilisation du numérique sera largement visible et donnera un caractère ludique et inoffensif à certaines séquences, pour avancer des plans gores volontaires et parfois douloureux (les pieds percés), tout en n'hésitant pas à étaler les cadavres humains suspendus comme du bétail, ce qui nous vaudra quelques détails aussi jouissifs que saignants lors du duel final.

Donc, ce The Midnight meat train constituera assurément une des bonnes surprises de l'année par son aspect graphique volontaire, son atmosphère tendue largement exploitée, le sérieux affiché de sa démarche, mais également par un petit côté "old-school" délectable dans la manière d'agencer ses temps forts !

Midnight meat trainLe DVD de zone 2 anglais édité par avancera une image nette et qui rendra justice à la photographie froide et métallique du film, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale adaptée aux situations.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un petit documentaire faisant intervenir Clive Barker qui reviendra sur la nouvelle ayant inspiré le métrage et sa participation à la production de celui-ci, pour ensuite nous faire découvrir les talents de peintre de l'écrivain, tandis qu'un petit module sera ensuite consacré au personnage clé du métrage, Mahogany, le meurtrier en complet gris, pour laisser la parole à l'équipe du film à propos de la création du personnage et de ses armes, laissant une analyse complète de l'une des scènes sanglantes du film clore ces bonus intéressants et prolongeant agréablement la vision du métrage.

Midnight meat train
Midnight meat train

Pour ceux qui voudraient découvrir cette adaptation réussie de Clive Barker sans pouvoir se rendre dans les salles à partir du 29 juillet prochain, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

Permalien 1724 mots par nicore, 1518 vues • 1 réaction

27.07.09

08:34:27, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Next door

Nous arrivant de Norvège, ce Next door va flirter avec le surréalisme pour imposer son intrigue envoûtante, toute en faux-semblants pour mieux troubler et jouer avec le spectateur emporté par une implication constante qui fera aisément fonctionner les surprises et retournements de situation négociées autour d’un personnage central emphatique.
Le script va laisser un jeune homme, se remettant difficilement de sa rupture avec sa petite amie, se laisser prendre au piège tendu par ses deux troublantes voisines pas très nettes qui vont réussir à le charmer au point de la manipuler en apparence.

Next doorD’entrée, le métrage va mettre en scène son personnage principal, John, un jeune homme recevant chez lui Ingrid, son ancienne petite amie venue à l’improviste récupérer des affaires chez lui, pour une séquence d’introduction qui se tiendra dans une ambiance alourdie par cette tension existante entre ces deux personnages, John ayant été plaqué par Ingrid et semblera visiblement avoir du mal à accepter cette situation, surtout qu’Ingrid est venue accompagné par son nouvel ami (resté dehors mais aux aguets) à qui elle aura raconté les dessous de leur rupture, comme elle le dira à John, ce qui ne semblera pas du tout lui plaire. Le réalisateur cherchera implicitement à placer le spectateur dans le camp de ce John assez famélique mais paraissant vraiment encore amouraché de son ex-petite amie, même si quelques petits détails pourront déjà venir désorienter quelque peu.

Next doorEnsuite, l’intrigue va replacer ce John dans l’ascenseur le menant chez lui, entouré par un vieil homme et une inconnue dont il ne manquera pas quand même de scruter les jambes, pour découvrir que cette demoiselle, qui dira se prénommer Anne, est en fait sa voisine ayant justement besoin de lui pour déplacer un meuble bien trop lourd pour elle. John acceptera devant l’insistance pressante de cette nouvelle rencontre et accompagnera Anne chez elle.

Next doorC’est ainsi qu’il va découvrir l’appartement voisin du sien, mais bien plus vaste et sinueux, tout en constatant qu’Anne ne vit pas seule, mais avec son apparente sœur, puisque l’étrange et nonchalante Kim viendra bientôt les rejoindre. Cette première confrontation sera largement fascinante et ensorcelante, les deux jeunes femmes n’arrêtant pas de formuler des sous-entendus salaces à peine déguisés qui auront le don de troubler John, mais celui-ci, toujours sous le choc de sa rupture (comme de courts flash-backs nous le signaleront intelligemment), préférera quitter les lieux.

Next doorMais la situation ne va pas en rester là puisque, à peine rentré chez lui, John va entendre frapper à sa porte, Anne l’implorant de lui ouvrir pour lui demander un autre service. A contrecoeur, John s’exécutera pour laisser sa voisine lui demander d’aller tenir compagnie à Kim le temps qu’elle aille chercher des médicaments à la pharmacie, sa soeur ne pouvant plus sortir ni rester seule depuis une agression sordide dont elle a été victime peu de temps auparavant, ce qui expliquera quelques bizarreries rencontrées dans la séquence précédente (l’armoire contre la porte d’entrée, notamment). John acceptera devant la mine implorante d’Anne, pour laisser ce qui ressemblera à un piège se refermer alors sur lui.

Next doorEn effet, Kim va alors jouer avec son visiteur de manière étrange, provocante et mystérieuse, l’enfermant chez elle et se dérobant à sa vue dans une sorte de partie de cache-cache avant de lui imposer de s’asseoir en face de lui pour discuter avec elle, pour une situation qui dégénérera rapidement vers un dialogue d’ordre sexuel subjuguant et largement excitant dans sa perversité, bien évidemment mené par une Kim sexy et provocante en diable qui va faire craquer John pour un coït furieux qui mêlera violence, sang et sexe de manière troublante. Même si cela découlera sur une séquence graphique en apothéose de l’atmosphère étouffante qui l’a précédé, le métrage n’ira pas bien loin dans cet érotisme déviant, mais aura bien mis en avant l’aspect vicieux de cette Kim ensorcelante.

Next doorL’intrigue laissera alors John complètement abattu et bouleversé rentrer chez lui et tenter de reprendre une vie normale, occasionnant par ailleurs la seule séquence hors de l’immeuble où nous découvrirons son lieu de travail morne et bien à l’image du personnage, mais le métrage va alors lancer une seconde partie surréaliste laissant la réalité se confondre avec les fantasmes et laisser vaciller la santé mentale des protagonistes jusqu’à cette conclusion inavouable qui deviendra de plus en plus inexorable à chaque nouvelle situation démente, laissant des surprises venir cueillir littéralement le spectateur perdu dans les méandres de ces appartements improbables où les événements voir dépasser l’entendement sans pour autant laisser au départ une quelconque orientation s’imposer parmi les multiples pistes possibles et envisageables.

Next doorPour réussir à orchestrer la diabolique descente aux enfers de son personnage principal, le métrage pourra compter sur des décors flirtant parfois même avec l’onirisme avec ces couloirs invraisemblables et ces pièces incroyables qui formeront l’appartement d’Anne et de Kim pour autant d’univers différents, entre un désordre terrible et l’aspect immaculé d’autres endroits selon les situations vécues, mais où chaque détail trouvera une importance significative qui imposera presque une seconde vision du métrage pour bien appréhender toutes les ficelles et autres indices tendus ou disséminés par le machiavélisme du réalisateur, et qui trouveront leur justification lors de l’horrible mise en place finale.

Next doorMais bien entendu, le principal atout du film sera constitué des protagonistes, avec ce John qui demeurera étrange dans un mélange emphatique de tristesse qui ne laissera pas au départ présager la rage violente avec laquelle il s’occupera sexuellement de Kim par exemple, tandis que les deux voisines transpireront d’une perversité toute en sous-entendus extrêmement fascinante et envoûtante, laissant par ailleurs intervenir une Ingrid trop effacée et son nouveau petit ami pas clair. L’ensemble bénéficiera d’une interprétation adaptée et convaincante, Kristoffer Joner campant un John tout à fait crédible, tandis que Cecilia Mosli et Julia Schacht composeront les deux voisines avec brio et un charme troublant largement efficace. La mise en scène du réalisateur participera également à l’instauration de cette atmosphère sensuelle, lourde, trouble et surréaliste qui accompagnera l’ensemble du métrage aussi bien en sillonnant ces couloirs interminables qu’en calant parfaitement l’ambiance.

Donc, ce Next door s’avérera être une œuvre aussi prenante qu’envoûtante, bercée par une sensualité pleine de sous-entendus pervers tout en réservant bien des surprises malsaines à son spectateur !

Next doorLe DVD de zone 2 hollandais édité par le label Living Colour Entertainment avancera une image nette et mettant bien en avant les différents tons de couleurs utilisés selon les séquences, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale doucereuse véritablement adaptée au ton du métrage, celui-ci étant ici proposé dans sa version originale norvégienne, avec des sous-titres optionnels en hollandais et en français.

Next doorAu niveau des bonus, contrairement au rachitique DVD français prévu pour bientôt, on pourra suivre un making-of intéressant avançant aussi bien l’importance de la musique diffusée sur le plateau pour imprégner les acteurs que certaines difficultés rencontrées par l’équipe technique, tandis qu’une interview conjointe des deux actrices principales les laissera revenir sur le tournage et leurs personnages, un autre module nous laissant découvrir la création des décors du film entièrement reconstruits en studio, deux petites séquences humoristiques présenteront Kristoffer Joner sous un jour amusant, laissant la bande-annonce originale et celles d’autres titres de l’éditeur venir compléter ces bonus passionnants qu’il ne faudra surtout pas visionner avant de découvrir le film à la vue des nombreux spoilers présents et qui auront tous la bonne idée d’être sous-titrés en français.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce film envoûtant, sensuel et troublant, le DVD de zone 2 hollandais est disponible sur le site de l’éditeur !

Permalien 1429 mots par nicore, 1402 vues • 3 retours

24.07.09

08:18:36, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Dead in 3 days

C'est en provenance d'Autriche que ce Dead in 3 days va venir nous offrir une variation sur le thème du "slasher" en reprenant une trame certes plutôt éculée mais qui parviendra à se montrer régulièrement efficace en s'ancrant dans un réalisme avéré et tout en composant avec de personnages crédibles.
Le script va laisser un mystérieux assassin décimer une petite bande d'amis après les avoir averti par SMS qu'ils seraient morts dans trois jours.

Dead in 3 daysAprès un générique sinistre montrant un homme préparer sa propre pendaison et effectivement se suicider sans nous apprendre quoique ce soit sur cette personne mais augurant déjà d'un mystère à résoudre, le métrage va brièvement nous mettre la pression avec un procédé classique et maintes fois utilisé consistant à avancer une scène du final du métrage montrant une demoiselle ensanglantée et visiblement blessée avancer péniblement sur une route pour voir débouler une voiture de police qu'où jaillira un officier à qui elle demandera d'aller aider une certaine Nina, nous laissant ainsi présager une violence à l'encontre de ces jeunes que le métrage ne va bien évidemment pas tarder à nous présenter.

Dead in 3 daysCette présentation se fera sur un mode souriant et débridé pour voir ces cinq étudiants finir de passer leurs examens de fin d'année scolaire, laissant le métrage proposer quelques blagues faciles, mais mettant déjà en avant un étudiant réservé, esseulé et sombre, Patrick, qui sera d'office placé sur la liste des suspects du massacre à venir. Une fois reçus, ils vont bien entendu se préparer à faire la fête, puisque déjà sur le chemin de retour du lycée, ils vont aussi bien fumer que boire dans la bonne humeur, jusqu'à ce que leur véhicule heurte une biche qu'il faudra bien achever pour qu'elle arrête de souffrir. Cet incident va calmer un peu les ardeurs de chacun, sonnant presque comme un avertissement opportun, et ce sera une fois que chacun sera rentré chez lui que l'intrigue va pouvoir pousser un peu plus loin la présentation de chacun.

Dead in 3 daysC'est ainsi que nous allons découvrir Martin, un grand dadais un peu cancre et sa petite amie Nina, plus sérieuse, mais également Clemens et Alex, un autre couple plus basique et enfin Mona, présentée comme une fille un peu rebelle devant aider son père handicapé à tenir sa station-service. Ces protagonistes auront le temps d'exister quelque peu puisque le métrage va s'attarder sur chacun afin de leur permettre de nous devenir sympathiques, tout en commençant à leur faire recevoir le fameux message leur annonçant qu'ils seraient morts dans trois jours, pour ensuite les replacer à la soirée organisée pour fêter la fin de l'année scolaire.

Dead in 3 daysAu cours de cette fiesta Martin va une fois de plus avoir maille à partir avec ce Patrick, mais ce sera lorsqu'il se rendra aux toilettes que les choses sérieuses vont commencer puisqu'il se fera kidnapper par un mystérieux individu qui l'endormira à l'aide d'un mouchoir imbibé de produits toxiques. Nina ne voyant pas revenir son petit ami, elle va commencer à le chercher partout et retrouvant son téléphone portable touché, elle va prendre peur, surtout qu'elle y lira le fameux message que chacun des cinq amis dira avoir également reçu, et ira sans succès à la police laissant l'officier de service, en plus le cousin de Martin, lui annoncer qu'il en peut rien faire avant vingt-quatre heures et prendra le SMS pour une farce stupide.

Dead in 3 daysPendant ce temps, nous suivrons les préparatifs du tueur qui va noyer Martin en le faisant couler, ligoté et attaché à une masse de béton, pour une mise à mort certes soft mais impactante et lugubre dans son agencement. Après quelques situations douloureuses pour Nina, atterrée par la disparition de son amoureux, elle se rendra au bord du lac en compagnie de ses amis, pour y apercevoir le corps de Martin flottant entre deux eaux. Cette découverte tranchera avec les préceptes du "slasher" puisque les potentielles victimes ne vont pas attendre le final pour découvrir les corps et du coup se sentir en danger, ce qui n'empêchera pas bien sûr l'assassin de frapper à nouveau.

Dead in 3 daysLa suite de l'intrigue se concentrera d'abord sur d'autres tentatives de meurtres assez convaincantes car porteuses d'un suspense conséquent même si les ficelles utilisés resteront parfois bien classiques et pour le coup prévisibles, mais on pourra toujours compter sur certains éléments pour laisser l'ensemble détourner ces codes du genre dans un semblant d'originalité et alors que l'intrigue fera doucement preuve de cynisme avec les impairs répétés du ce policier bien malchanceux. Hélas la dernière partie du métrage sera moins performante lorsqu'il s'agira de donner des motivations au tueur qui trouveront leurs origines dans un honteux secret portés par les victimes, rappelant ainsi furieusement la trame de Souviens-toi… l'été dernier, le métrage allant jusqu'à reprendre le look de l'assassin avec ce ciré dissimulant son visage, et il ne faudra pas compter sur le final pour espérer trouver une réelle ampleur puisqu'une issue quand même improbable viendra clore les débats.

Dead in 3 daysLe métrage pourra compter sur des protagonistes réalistes et crédibles pour s'assurer une certaine implication du spectateur qui ne pourra que compatir à la douleur de Nina notamment, sentiment renforcé par une mise en scène efficace lors de la découverte du corps de Martin pour de la sorte garantir son effet presque larmoyant, et d'ailleurs, on remarquera très vite que ce sera avec ce personnage que le réalisateur va porter ses efforts, préfigurant déjà une survie presque prévisible, même si l'introduction nous aura également fourni des renseignements que la suite de l'intrigue ne s'amusera heureusement pas à essayer de contrarier.

Dead in 3 daysSi l'intrigue suivra le schéma global du "slasher", en détournant certes certains codes, ce sera pour avancer des séquences tendues liées à la présence du meurtrier, jouant d'abord avec l'attitude trouble de ce Patrick, suspect trop facile, pour ensuite se montrer bien frileux au niveau gore, puisque seule une décapitation très graphique et douloureuse viendra pimenter quelque peu l'action, le métrage privilégiant son dernier acte pour réunir le meurtrier et ses victimes potentielles. Mais le suspense que le réalisateur tentera d'installer fonctionnera sporadiquement, les situations étant quand même régulièrement téléphonées et donc il faudra miser sur certaines surprises pour guetter une once d'originalité scénaristique.

Dead in 3 daysL'interprétation est plutôt convaincante, avec de jeunes acteurs ne surjouant jamais pour au contraire toujours paraître crédible en étant inspirés, tandis que la mise en scène du réalisateur préparera ses effets avec aisance pour parfois se montrer efficace, tout en utilisant avec rigueur les effets en caméra subjective qui viendra épier les protagonistes de façon impactante mais sans se montrer abusive. Très peu sanglant, les rares effets spéciaux seront probants, pour avancer cette terrible décapitation notamment, et tandis que les quelques maquillages mortuaires présents seront vraiement réussis.

Donc, ce Dead in 3 days se suivra facilement et parviendra à se montrer parfois efficace au milieu de ses situations peinant à sortir des sentiers battus du genre !

Dead in 3 daysLe DVD de zone 1 édité par Dimension Extreme avancera une image nette et dépourvue de défauts, même lors des séquences se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera cohérente, avec une partition musicale adaptée et accompagnant agréablement les situations tendues du film, le métrage étant ici proposé dans sa version originale allemande et dans sa version anglaise, avec des sous-titres optionnels en anglais.
Par contre, aucun bonus ne viendra accompagner le film, si ce n'est quelques bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur précédant l'arrivée du menu d'accueil.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce "slasher" autrichien classique mais pas déplaisant du tout, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

Permalien 1381 mots par nicore, 1057 vues • Réagir

23.07.09

07:49:41, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Hitch-hike

"Road movie" dantesque au casting aussi improbable que formidable, ce Hitch-hike, connu chez nous sous le titre de La proie de l'auto-stop parviendra à imposer un huit-clos étouffant et gorgé de surprises au sein d'une intrigue en apparence basique qui sera pourtant chargée d'une violence et d'un érotisme typiquement italien.
Le script va laisser un couple en pleine déroute prendre en stop un malfrat venant de commettre un hold-up et ayant abandonné ses complices pour s'enfuir avec la recette, deux millions de dollars.

Hitch-hikeDans son introduction, le métrage va donc avancer ce couple dont le mariage est chancelant. En effet, l'homme Walter, est un alcoolique fini jaloux de son épouse, Eve, qui a apparemment mieux réussi que lui, minable journaliste à la solde du père de son épouse. Cette entame s'attachera surtout à bien mettre en avant les travers de Walter qui violera presque son épouse à l'arrière de leur jeep au retour d'une partie de chasse (pour une première scène vaguement érotique jouant sur les charmes d'Eve), avant de se ridiculiser en public lors de leur dernière soirée au camping où ils ont passé leur vacances, tout en rendant quand même ce personnage pathétique, comme lorsque, trop ivre, il n'arrivera plus à se souvenir de son nom ou se montrera violent envers des piquets de tente l'ayant fait trébucher.

Hitch-hikeMais le lendemain, ils vont reprendre la route du retour chez eux, Walter ayant un sérieux mal de crâne, ce qui ne l'empêchera pas de replonger son nez dans une flasque de whisky, et il verra d'une mauvais œil l'attitude d'Eve qui va s'arrêter pour prendre en stop un homme tombé en panne avec son véhicule au bord de la route. Le métrage s'arrangera tout de suite pour présenter ce nouveau protagoniste, Adam, comme plus que potentiellement dangereux, mais au départ, sa confrontation avec Eve et Walter sera plutôt légère, pimentée par la mauvaise humeur de Walter et ses réparties à la limite de la politesse. Mais lorsque Adam tiendra des propos salaces envers Eve, Walter va s'énerver et vouloir éjecter l'autostoppeur, ce qui finira en bagarre nerveuse qui s'achèvera lorsque Adam sortira son revolver et menacera ceux qui seront désormais ses otages.

Hitch-hikeL'intrigue installera alors un huit-clos extrêmement tendu à l'intérieur du véhicule, Adam tenant des propos sarcastiques et pleins de sous-entendus, tandis que plusieurs rebondissements, lorgnant vers l'exploitation, viendront entraver leur parcours, parfois avec une violence sévère (la mort des deux motards) ou un érotisme sordide, et bien que plutôt classiques, ces péripéties resteront prenantes et permettront au réalisateur d'avancer une action régulièrement renouvelée, tout en ne laissant pas entrevoir la suite des événements à un spectateur échafaudant de multiples hypothèses qui ne trouveront de réponse que lors d'un final tragique mais surtout ironique, infâme et abject.

Hitch-hikeEn effet, la relation ambiguë entretenue par ce trio évoluera de manière complètement imprévisible, tandis qu'une connivence dans la boisson naîtra entre les deux hommes, plus tard renforcée par la volonté imposée par Adam à Walter de voir en lui celui qui écrira un livre sur sa vie, mais en même temps, est-ce que Eve restera bien indifférente aux avances faites par Adam, qui se matérialiseront lors d'une des scènes-clés du film laissant Adam violer Eve sous le regard plein de larmes d'un Walter impuissant puisque entravé. Cette situation trouble engendrera une bonne partie du suspense qui collera au métrage de bout en bout, mais on pourra aussi compter sur des situations bien plus orientées vers l'action pour apporter des montées d'adrénaline terribles.

Hitch-hikeEffectivement, le métrage laissera plusieurs événements imprévus retarder la fuir d'Adam et de ses otages vers le Mexique, avec notamment le retour de deux complices du voleur qui viendront se mêler aux démêlés du trio, occasionnant une course-poursuite qui semblera largement héritée d'un certain Duel de Steven Spielberg tout en étant remarquablement filmée, mais qui restera quand même en partie prévisible malgré une volonté de mystère désirée par le réalisateur. Les autres rebondissements impliquant ces deux motards, ou encore cet arrêt dans une station-service seront quant à eux plus orientés vers le suspense, mais par contre ils demeureront très classiques dans leur déroulement pour apporter heureusement quelques surprises.

Hitch-hikeLe métrage sera essentiellement tourné vers ses trois personnages principaux lors de ce huit-clos qui permettra de bien laisser se développer les caractères de chacun, laissant ainsi ce Adam certes dangereux comme on pourra le voir lorsqu'il lui faudra faire le "coup de poing", mais qui aura plutôt tendance à faire sourire dans ses réparties et son cynisme verbal, tandis que Walter aura un comportement toujours trouble et incertain, entre ses crises de nerfs initiales précédant leur rencontre avec Adam et ensuite une certaine capacité à copiner avec l'ennemi qui aura de quoi déconcerter, tandis qu'il semblera quand même aussi bien intéressé par ces deux millions de dollars. Enfin, Eve restera quelque peu en retrait en apparence, en incarnant la droiture et la morale, mais tout en paraissant prête à vaciller à tout moment. Si bien que le spectateur aura bien du mal à pouvoir prendre parti pour les uns ou les autres, tiraillé par le doute et par les actions guère reluisantes de chacun, pour ainsi se laisser guider par l'avancement des événements.

Hitch-hikeL'interprétation sera un autre point fort du film, avec un Franco Nero excellent dans le rôle savoureux de l'alcoolique Walter, tandis que David Hess reprendra la formule gagnante de La dernière maison sur la gauche jouant sur son charisme naturel pour laisser Corinne Clery apporter la touche d'érotisme et de sensualité, accompagnée brièvement par l'affriolante Monica Zanchi (que nous reverrons entre autres plus longuement dans Sister Emanuelle) dans une courte apparition. La mise en scène du réalisateur Pasquale Festa Campanile est largement efficace, aussi bien pour instaurer une ambiance en filmant ce huit-clos à l'intérieur de cette voiture de manière adaptée, que pour ces plans larges magnifiques et pour coller de près à l'action et montrer une violence sèche mais peu sanglante, mis à part un plan excellent ne nécessitant pas d'effets spéciaux élaborés mais demeurant terriblement impactant.

Donc, ce Hitch-hike aura largement de quoi ravir les amateurs d'exploitation par son aspect sordide, érotique et violent, tout en mettant en place une tension permanente et palpable qui accompagnera chaque situation d'une intrigue imprévisible et impliquante !

Hitch-hikeLe DVD de zone 0 édité par Blue Underground avancera une image nette et rendant justice à la splendide photographie du métrage, tandis que la bande-son sera largement convaincante, portée par une partition musicale forte et lancinante d'Ennio Morricone, le métrage étant ici uniquement proposé dans sa version anglaise, sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, on pourra suivre la bande-annonce du film et surtout une interview croisée des trois acteurs principaux qui reviendront sur leur prestation, leurs rapports entre eux et avec le réalisateur ou encore les démêlés du film avec la censure.

Pour ceux qui voudraient découvrir cet excellent "road movie" d'exploitation, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

Permalien 1253 mots par nicore, 1252 vues • Réagir

22.07.09

09:57:39, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Women in cellblock 9

Avec ce Women in cellblock9 le réalisateur Jess Franco va nous livre un film de WIP (Women In Prison) bien virulent, érotique et sadique autour d’une intrigue pour le moins très mince et servant uniquement de prétexte à suivre quelques tortures et autres brimades subies par des demoiselles dans leur plus simple appareil, tout en se montrant tragique et en ne laissant pas les habituelles manies filmiques de Jess Franco s’exprimer.
Le script va prendre place dans une dictature bananière pour y suivre l’incarcération dans un camp de prisonniers de quelques demoiselles appartenant à un groupe de terroristes révolutionnaires, les tortures qu’elles vont subir afin de leur extorquer des informations et finalement leur évasion.

Women in cellblock 9Sans perdre de temps, le métrage va directement lancer son action en suivant le sinistre Dr. Milton, accompagné par Loba, une femme tout aussi peu engageante, et une poignée de soldats, stationnés au bord d’une route dans l’attente d’un véhicule qu’ils comptent bien stopper. Nous allons découvrir l’objet de leur convoitise, une camionnette servant à Karine pour espérer quitter le pays en compagnie de quelques jeunes femmes désireuses de rejoindre l’armée révolutionnaire Mais bien entendu, elles vont être arrêtées par Milton qui fera fouiller l’arrière de la camionnette et en sortira six jeunes femmes, dont seulement trois sembleront intéresser Loba qui, après les avoir appelée par leur nom (sous-entendant que quelqu’un les a trahies et dénoncées), jettera les trois autres demoiselles en pâture aux soldats qui vont les courser dans les bois et les violer, sans que le réalisateur s’attarde sur cette séquence.

Women in cellblock 9Cette entame du métrage permettra à Jess Franco de poser son argument, avec ces jeunes femmes révolutionnaires tombées aux mains de l’ennemi, mais étrangement, ce ne sera pas de leur point de vue que l’intrigue sera abordée, mais de celui du DR. Milton, qui en voix-off nous contera rapidement son existence de "médecin de la douleur" mis au rancard et sorti de sa retraite par cette Loba qui dirigera le camp de prisonnières vers lequel les trois révolutionnaires vont être acheminées, sans s'attarder sur leur présentation, laissant seule Karine avoir un peu de présence à l'écran, les autres, Aida et Barbara étant à peine esquissées pour l'instant.

Women in cellblock 9En effet, lorsque les trois demoiselles seront rendues au quartier cellulaire du titre, nous les retrouveront nues et attachées par le cou, les forçant à demeurer debout sur la pointe des pieds, laissant alors vaguement les différentes personnalités s'affirmer, entre Karine qui personnifiera la meneuse, Aida qui restera effacée, et Barbara qui se plaindra et semblera être la plus fragile du lot. Pendant ce temps-là, Loba et le Dr. Milton vont prendre un bon repas arrosé au champagne, ce qui tranchera largement avec la soupe servie aux prisonnières comme le fera constater Jess Franco, pour rapidement laisser une première séquence sordide intervenir quand Milton sera intrigué par des cris plaintifs entendus non loin.

Women in cellblock 9Ce sera la pauvre Maria, une bien jolie étudiante arrêtée car elle avait dans sa chambre de la propagande révolutionnaire, qui, privée d'eau depuis trois jours, implorera pour avoir à boire. Pour satisfaire sa soif, Loba ne trouvera rien de mieux que de la faire venir et, au lieu de lui donner du champagne après le lui avoir fait espérer vainement dans un élan de sadisme avéré, de l'obliger à lui pratiquer un cunnilingus, lui offrant seulement après un reste de coupe de champagne, non sans que Milton n'ait mis du sel dedans pour le rendre quasiment imbuvable dans un autre débordement de cruauté carrément ignoble.

Women in cellblock 9Mais cela ne sera rien comparé aux tortures réservées au trois prisonnières du bloc 9 qui subiront des affronts terriblement démonstratifs et vicieux pour leur faire avouer leurs liens avec les terroristes et donner des noms de contacts, mais sans que le réalisateur n'aille très loin au niveau graphique, laissant au soin du spectateur de s'imaginer l'horreur des sévices pour uniquement placer de rapides gros plans n'avançant que quelques gouttes de sang. Toujours-est-il que ces tortures resteront bien sévères, entre cette électrocution et surtout le sort réservé à Karine qui sera suspendue au dessus d'une corne qui s'enfoncera peu à peu dans ses parties intimes, mais comme cela ne suffira pas, un rat sera logé dans un tube et prié d'aller se nourrir dans un endroit humide et sombre…

Women in cellblock 9Ensuite, l'intrigue va laisser nos prisonnières, ayant survécu en dénonçant leurs amis et désormais accompagnées par Maria, fomenter un plan pour s'évader en se servant d'un gardien qu'elle vont appâter en se trémoussant les unes contre les autres pour ensuite l'inviter à se joindre à elle, dans le but de l'assommer. Une fois libres, les jeunes femmes vont s'enfoncer dans la jungle, non sans avoir essuyé les plâtres des tirs des gardiens qui tueront l'une d'elles et en blesseront une autre, pour une dernière partie quelque peu ringarde lorsque Jess Franco tentera dans nous faire croire qu'elle se situe dans la jungle avec des stock-shots animaliers parfois bien risibles, comme cette prétendue attaque de crocodiles plus que foireuse, qui laissera ensuite les jeunes femmes se reposer juste au bord du fleuve, mais un dénouement aussi sinistre qu'imprévu reviendra noircir définitivement le tableau.

Women in cellblock 9Le métrage comportera donc tous les stigmates du film de WIP, mais ici Jess Franco poussera quand même l'érotisme sur le devant de la scène déjà en faisant évoluer ses actrices entièrement nues pendant les trois quarts du film, pour en plus s'attarder longuement sur la séquence au cours de laquelle elles vont tenter d'attirer un gardien en se trémoussant les unes contre les autres dans un ébat saphique à quatre langoureux, mais curieusement (peut-être à cause de la présence proche du producteur Erwin C. Dietrich), on ne prendra pas le réalisateur à se focaliser sur des gros plans des parties intimes des jeunes femmes comme à son habitude pour préférer des plans d'ensemble tout aussi sexys.

Women in cellblock 9Mais le spectateur pourra aussi apprécier l'originalité du métrage qui ne sera pas présenté sous le point de vue des prisonnières, mais de ce sadique Dr. Milton, un exécrable personnage croustillant dans son sadisme omniprésent, comme lorsqu'il se préparera avec un plaisir non fient à torturer ses victimes en sortant ses gants et ses instruments de ses valises, annonçant qu'ils sont ses seuls amis fidèles. L'intrigue restera également plus que portée sur ces tortures décrites lors de scènes bien méchantes et en prenant le temps de bien poser la délicate situation de chacune des victimes tout en laissant la caméra suivre leur calvaire sans verser dans le gore où l'abject pour demeurer soft à ce niveau-là et laisser travailler l'imagination. Et donc, après ces délires cruels, la dernière partie bien plus légère pourra sembler bien superficielles, jusqu'au final nihiliste et tragique.

Women in cellblock 9Les personnages resteront superficiels, à l'exception donc du Dr. Milton dont nous suivrons également la joie de retravailler avec cette Loba dont il est éperdument amoureux, celle-ci imposera surtout son aspect sévère et déterminé pour faire parler ses victimes. Parmi les prisonnières, seule Karine sera quelque peu fouillée, tout comme la jeune Maria, mais tout cela restera bien stéréotypé. L'ensemble bénéficiera d'une interprétation plutôt savoureuse bien entendu dominée par un Howard Vernon excellent, comme à son habitude, dans le rôle de Milton, tandis que la toute mignonne Susan Hemingway parviendra à imposer son charme face à celui de la non moins affriolante Karine Gambier, deux actrices spécialisées dans l'érotisme. La mise en scène de Jess Franco est adaptée aussi bien pour mettre en avant ses actrices que l'étendue des sévices, mais laissera parfois transpirer l'étroitesse du budget, notamment avec ces stock-shots ridicules.

Donc, ce Women in cellblock 9 saura largement se faire apprécier des amateurs par sa générosité dans l'érotisme et les sévices, mais n'ira jamais trop loin pour certes se montrer sordide, mais sans pour autant devenir abject ou trop malsain !

Women in cellblock 9Le DVD de zone 2 suisse édité par VIP Entertainment avancera une image nette et sans défaut notable, tandis que la bande-son sera appréciable avec une partition musicale dynamique et souriante, le métrage étant ici proposé dans sa version française, allemande et anglaise, laissant juste la version originale allemande s'imposer lors de quelques séquences jamais doublées en français, puisque cette édition proposera la version intégrale du film.
Au niveau des bonus, on pourra parcourir les filmographies de l'équipe du film ainsi qu'une conséquente galerie de photos du film, suivre la bande-annonce du film ainsi que celles de nombreux autres titres de l'éditeur et un documentaire laissant la parole à Erwin C. Dietrich qui reviendra longuement sur sa relation avec Jess Franco.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce film de WIP très attachant et volontaire, le DVD de zone 2 suisse est disponible ici ou commandable !

Permalien 1583 mots par nicore, 3712 vues • Réagir

21.07.09

10:27:26, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Perkins'14

Sélectionné pour faire partie de la troisième saison de l'Afterdark horrorfest, ce Perkins'14, réalisé par Craig Singer déjà auteur du sympathique Dark ride, va au moins faire preuve d'un semblant d'originalité pour avancer un métrage scindé en deux parties bien distinctes, la première plutôt psychologique, tandis que la seconde s'en ira braconner sur les terres des films de zombies ou plutôt d'"infectés" de manière jouissive et bien sanglante.
Le script va laisser un policier, rongé par la disparition de son fils quelques années plus tard lors d'une vague d'enlèvements survenus dans sa ville, croire qu'il a retrouvé le coupable arrêté pour une broutille, mais les preuves recueillies dans son cave vont se mettre à tuer et à semer la terreur dans la ville.

Perkins'14Après nous avoir fait part d'une vague de disparition survenues dans la petite ville touristique de Stone Cove, faisant du coup fuir les vacanciers, le métrage va nous présenter son personnage principal, Dwayne, un policier coincé entre sa fille rebelle en pleine crise d'adolescence et sa femme avec qui ses rapports se sont détériorés depuis la disparition de leur fils Kyle, enlevé en pleine nuit à leur domicile, le quatorzième enfant disparu quelques années plus tôt et dont on n'a jamais retrouvé la moindre trace, le métrage nous faisant revivre ce rapt en même temps que Dwayne au travers de cours flash-backs qui hanteront notre homme devant ce soir-là remplacer un de ses collègues malades. Cette entame du film s'attachera surtout à bien mettre en avant les tourments harcelant ce Dwayne marqué à jamais par cette enlèvement scellé pour lui du sceau de l'impuissance.

Perkins'14C'est ainsi que Dwayne va se rendre au poste de police, relever l'officier présent et continuer à s'appesantir sur son sort, surtout que cela fait précisément dix ans que la première disparition a eu lieu. S'étant endormi, il se réveiller et aller faire sa ronde, passant devant les cellules pour son faire apostropher par un homme qui va lui demander de le faire sortir au plus vite, sous prétexte qu'il est ami du juge local. Dwayne va alors s'intéresser un peu plus à cet homme, affirmant être un pharmacien local mais que le policier ne connaîtra pas, et d'autant plus qu'il lui manquera une phalange à un doigt et que son fils avait, comme par hasard, réussi à mordre profondément son agresseur à une main lors de son enlèvement, ce qui resta comme le seul maigre indice. Dwayne va alors faire des recherches et trouver des choses plus que louches, personne en connaissant cet homme se faisant appeler Ronald Perkins.

Perkins'14Dwayne réussira à envoyer un de ses collègues chez ce Perkins, surtout après avoir fouillé son véhicule pour y trouver entre autres du P.C.P., et l'investigation tendue de la cave qui en découlera, avec notamment Dwayne qui communiquera avec son collègue par radio avec en face de lui Perkins, nous plongera dans un univers sordide fait de cages insalubres et de substances diverses destinées à droguer les petites victimes. Mais sans se rendre compte de son acte, l'homme envoyé chez Perkins va ouvrir les cages, libérant des êtres retournés à l'état primitifs, sauvages et meurtriers qui vont attaquer leur libérateur violemment avant de disparaître.

Perkins'14Dwayne se rendra alors à son tour chez Perkins en compagnie de celui-ci, pour à son tour descendre dans la cave et tomber sur des vidéocassettes sur lesquelles il découvrira les horreurs faites à son fils et aux treize autres enfants, terminant de la sorte la première partie du film qui jouera énormément sur l'affrontement verbal et mental entre Dwayne et ce Perkins sûr de lui par ses connaissances haut placées mais étrangement nonchalant, même lorsqu'il sera effectif que ses abominations vont être révélées au grand jour, alors que le réalisateur ne cherchera même pas à cacher ses influences, Hannibal Lecter en tête, notamment dans la façon de nous présenter ce tortionnaire derrière ses barreaux.

Perkins'14La seconde partie du film va donc suivre le déchaînement de ces quatorze créatures ressemblant à s'y méprendre à des infectés tout droit échappés de 28 jours plus tard pour toute une série de situations bien sanglantes, graphiques et volontaires laissant Dwayne essayer de retrouver sa fille, comme par hasard de sortie avec sa bande de punks gothiques et sa femme partie le tromper dans un motel minable avec un bellâtre, chose que sa fille lui apprendra sans que cela vienne réellement perturber notre homme qui aura auparavant reconnu son fils dans l'un des infectés. L'intrigue placera donc bientôt un huit-clos à l'intérieur du poste de police, délivrant au passage des situations tendues et chargées d'un suspense efficace avec les créatures rôdant bien évidemment dans le coin, jusqu'à son final plus que nihiliste qui refusera toute happy-end, pour une fois.

Perkins'14Malgré ses influences flagrantes, le métrage aura l'originalité de combiner ses éléments de manière plutôt convaincante et en tout cas suffisamment réfléchie pour faire passer la pilule et se faire apprécier tout en laisser le spectateur se prendre au jeu de la première partie, même si la culpabilité de Perkins ne fera aucun doute dès le départ, pour ensuite réussir à trouver une transition cohérente pour se jeter de manière débridée dans un genre complètement différent mais en l'illustrant de manière toute aussi probante avec cette volonté gore bien présente et cette aisance à installer une ambiance tendue et claustrophobe efficace malgré la facilité des situations.

Perkins'14Les personnages seront bien travaillés, avec évidemment ce Dwayne perturbé et souffrant terriblement de la disparition de son fils, comme nous le montreront ces flash-backs presque trop récurrents, tandis que Ronald Perkins aura le don de mettre mal à l'aise, laissant les autres protagonistes rester plus stéréotypés pour ne pas arriver à devenir attachants ou même sympathiques, l'ensemble bénéficiant d'une interprétation convaincante, largement dominée par un Patrick O'Kane impeccable dans le rôle de Dwayne. La mise en scène du réalisateur est efficace pour rythmer l'ensemble tout en installant un suspense conséquent, mais certains plans au montage "cut" resteront difficilement lisibles. Les effets spéciaux sont probants, aussi bien pour des plans gores très graphiques, laissant par exemple les infectés éventrer une victime et sortir goulûment les entrailles, tandis que les créatures auront un maquillage impactant, avec notamment des yeux blanchis effroyables.

Donc, ce Perkins' 14 saura faire preuve d'une originalité certaine pour avancer des sujets pourtant déjà visités, tout en s'avérant être généreux dans un gore assez expansif et tendu pour des situations prenantes !

Perkins'14Le DVD de zone 1 édite par Lionsgate avancera une image nette et sans défaut visible, même lors des nombreuses scènes se déroulant dans la pénombre, tandis que la bande-son sera cohérente, avec une partition musicale presque trop discrète, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise avec des sous-titres optionnels en anglais et en espagnols.
Au niveau des bonus, il faudra se contenter des traditionnels webisodes mettant en avant les "Miss horrorfest", ainsi que ceux consacrés plus précisément au film prenant ainsi la forme d'un petit making-of sympathique.

Pour ceux qui voudraient découvrir ces nouveaux "infectés" dans un contexte original, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

Permalien 1294 mots par nicore, 1246 vues • Réagir

20.07.09

08:53:01, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Bad moon

Les films de loups-garous étant plutôt rares, il est toujours appréciable d’en découvrir un, surtout si celui-ci se révèle être efficace avec une intrigue tentant d’apporter une variation quelque peu originale au mythe en plus d’être assez sanglant et prenant lors de scènes fortes, ce qui est le cas de ce Bad moon réalisé par Eric Red, surtout connu pour être le scénariste de Near Dark et de The hitcher.
Le script va laisser le frère d’une avocate, vivant seule avec son fils et leur berger allemand, s’installer dans son mobil home chez sa sœur. Problème, l’homme est un loup-garou !

Bad moonDans sa séquence introductive, le métrage va avancer un couple d’américains en reportage au Népal s’apprêtant à passer une nuit câline tandis que leurs guides somnolent autour d’un feu, mais une créature va s’approcher du campement, faisant fuir les chevaux avant d’attaquer le couple, griffant mortellement la jeune femme avant de s’en prendre à l’homme qui n’aura que le temps de se saisir de sa carabine et d’abattre ce loup-garou en lui explosant la tête. Cette entame du métrage sera largement efficace, prétexte à un érotisme léger mais surtout déjà bien saignante en n’hésitant pas à avancer frontalement les blessures infligées à la première victime du loup tandis que l’homme sera lui aussi salement griffé à l’épaule, tout en nous permettant d’apprécier le physique d’un loup-garou très agressif, sauvage et graphique, tout en dents énormes sortant de sa gueule.

Bad moonEnsuite, le métrage va nous présenter Brett, un garçon jouant devant chez lui avec Tonnerre, son berger allemand, et qui va recevoir la visite d’un vendeur de livres scolaires tentant de l’amadouer, lui, puis sa mère, tout comme il cherchera à exciter Tonnerre, avec succès puisque le chien lui sautera dessus, sentant ses maîtres menacés. Cet homme se révélera être un escroc cherchant à obtenir de l’argent suite à l’attaque du chien contre son silence, mais pas de chance pour lui, le mère de Brett, Janet, sera une avocate qui le mettra en déroute. Et après une petite attaque du loup-garou qui s’en prendra à un homme des "eaux et forêts" travaillant tard le soir, nous retrouverons Janet qui va recevoir un appel téléphonique de son frère, Ted, rentré au pays depuis trois mois mais ne donnant que maintenant de ses nouvelles pour les inviter à venir lui rendre visite près du lac où il séjourne dans son mobil home.

Bad moonLa présentation des personnages se poursuivra donc en mettant en présence de cette Janet bien sûre d'elle et presque froide son frère Ted, l'homme griffé de l'introduction, tout de suite présenté sous un jour inquiétant, ce que confirmera sans tarder l'intrigue, laissant Tonnerre traîner dans les bois proches du mobil home pour tomber sur les restes de la victime massacrées peu de temps auparavant, tandis que Brett, en fouillant tombera sur de curieuses éprouvettes et un livre traitant de la lycanthropie, ne laissant ainsi planer aucun doute sur l'identité du loup-garou du métrage. Et la tension montera d'un cran lorsque Ted acceptera l'invitation de sa sœur qui lui avait proposé de venir passer quelques temps chez elle.

Bad moonL'intrigue va alors notamment suivre l'étrange confrontation ayant lieu entre Ted et le chien de la famille, tonnerre ayant bien entendu repéré le loup se dissimulant sous l'enveloppe humaine de Ted, tandis que Janet va peu à peu se poser des questions sur le comportement étrange de Ted, surtout après avoir découvert des photos compromettantes ainsi que la journal intime de Ted et qu'un meurtre sauvage aura lieu près de chez elle, pour laisser la double confrontation finale avoir lieu dans un climat graphique et assez violent qui réussira presque à imposer un léger suspense hélas trop prévisible quant au dénouement qui nous réservera quand même une dernière surprise grâce à un effet de surprise qui atteindra largement son but.

Bad moonL'intrigue se démarquera des poncifs du genre en nous révélant très tôt l'identité du loup, et surtout en installant ce climat tendu entre Ted et ce berger allemand très protecteur qui fournira à lui seul les périodes les plus prenantes du métrages, comme lorsqu'il ira dans les bois découvrir Ted, transformé en loup-garou, s'étant menotté autour d'un arbre pour s'empêcher d'aller faire le mal, ou plus tard lorsque ce chien campera littéralement devant le mobil home de Ted pour lui interdire d'aller en forêt. Mais dans ce duel Ted ne sera pas en reste, cherchant l'intimidation ou profitant de sa position d'être humain en apparence, provoquant même le chien quand il le faudra pour espérer le mettre hors d'état de nuire de manière interposée.

Bad moonFace à cet affrontement larvé assez intense, les autres personnages, humains cette fois-ci, feront hélas pâle figure, les interrogations tardives d'une Janet ne voyant pas ce qui se passe sous ses yeux avant de découvrir le "pot aux roses" chez Ted restant sans réelle saveur surtout qu'elle ne verra pas les avertissements donnés par son chien et ira même jusqu'à croire aux accusations portés contre lui, commettant ce qui semblera en apparence comme irréparable, entraînant de fait une scène largement émouvante bien retranscrite avant de se retrouver devant le fait accompli lors du final et d'en subir les conséquences brutales. Quant au jeune Brett, il ne verra rien du tout, préférant regarder des vieux films de loups-garous à la télévision.

Bad moonPar contre, le métrage nous laissera bien appréhender l'attitude de Ted avec sa déshumanisation progressive qui suivra une exposition de sa façon de s'accommoder de sa nouvelle condition pour avancer un personnage inquiétant à souhait et qui n'aura pas de mal à offrir un certain charisme face à l'attitude morne de ceux qu'il aimait au départ et au contact de qui il espérait voir sa "maladie" régresser. Et lorsqu'il sera transformé en loup, ce sera pour nous gratifier d'un lycanthrope très graphique, agressif en diable dans une violence froide et brutale (le premier combat avec Tonnerre), même si ses attaques contre des protagonistes uniquement là pour se faire dévorer pourront sembler quelque peu gratuites et uniquement là pour assurer le quota de scènes sanglantes du film.

Bad moonL'interprétation est convaincante, porté par un Michael Paré à l'aise dans le rôle de Ted, mais la vraie surprise reviendra quand même au chien incarnant Tonnerre qui sera largement expressif en plus d'assurer les scènes d'action du film de façon étonnante. La mise en scène du réalisateur est souvent efficace, tout en renforçant encore la prédominance de l'animal en suivant régulièrement les activités de Tonnerre en caméra subjective de manière à bien en faire un personnage du film à part entière. Les effets spéciaux sont globalement probants, pour avancer quelques effets gores volontaires mais jamais outranciers, tandis que le loup-garou aura un aspect graphique réussi dans la tradition en étant bien féroce et énorme, même si sa condition d'"homme sous un costume" sera parfois visible et que l'obligatoire transformation sera complètement loupée avec des effets numériques vraiment peu gracieux.

Donc, ce Bad moon s'avérera être un film de lycanthrope tout à fait honnête, surprenant dans son duel original, assez graphique et violent, tout en étant seulement amoindri par quelques petits défauts largement pardonnables !

Bad moonLe DVD de zone 1 édité par Warner Home Video avancera une image nette et sans défaut malgré les nombreuses séquences se déroulant dans la pénombre, tandis que la bande-son sera cohérente avec une partition musicale adaptée mais peut-être pas assez appuyée, le métrage étant ici disponible dans sa version originale anglaise ou dans sa version française.
Au niveau des bonus, il faudra se contenter de quelques filmographies et de la bande-annonce originale du film, seulement accompagnée par celles d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir de film de loup-garou sympathique et original dans son traitement, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

Permalien 1443 mots par nicore, 2161 vues • Réagir

17.07.09

10:40:22, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

The children

Précédemment auteur de l'appréciable WAZ, le réalisateur anglais Tom Shankland va avec ce The children s'attaquer à un sujet sensible en mettant en scène des enfants meurtriers pour un résultat secouant par sa violence franche, parfois même graphique à l'encontre de ces petits tueurs tout en parvenant à installer une ambiance largement pesante avec le déchaînement d'une sauvagerie éreintante.
Le script va laisser deux sœurs réunir leurs familles respectives pour le réveillon de Nouvel An dans un cottage isolé, mais l'un des quatre enfants présents va contracter un mystérieux virus rendant agressif et qu'il va bien entendu propager chez ses trois camarades de jeu.

The childrenLe métrage ne perdra pas de temps pour installer sa situation puisque nous allons tout de suite suivre Casey, une adolescente rebelle, ses parents et son petit frère Paulie débarquer chez la soeur de sa mère, Chloe, pour y être accueillis par toute la famille de celle-ci, son mari et deux autres enfants. Ces retrouvailles se feront dans la bonne humeur, les enfants piaillant et les adultes se faisant de grandes accolades tandis que Casey, visiblement guère ravie d'être là, restera à l'écart. Cette entame du métrage, qui succédera à un générique sinistre avançant une forêt nocturne guère engageante, sera rapide pour déjà présenter un signe avant-coureur puisque le petit Paulie sera pris de vomissements, mais sans que cela n'inquiète outre mesure ses parents.

The childrenL'intrigue s'installera alors dans ce cottage douillet où les enfants vont ouvrir leurs cadeaux de Noël tandis que les adultes vont discuter paisiblement entre eux au milieu du vacarme des cris des jeunes tout excités. Mais le réalisateur va également déjà s'amuser avec les nerfs du spectateur par quelques fausses alertes stressantes et bien trouvées, tandis que le comportement des enfants va insidieusement commencer à changer, alors que la contagion sera clairement mise en avant, ce qui se vérifiera le lendemain lorsque Paulie restera à l'écart pour joueur seul et mécaniquement avec un xylophone pour petits, tandis que les autres vont s'amuser dans la neige avec les adultes. Parallèlement, les différents protagonistes auront le temps d'exister quelque peu à l'écran, et notamment Casey, toujours plus ou moins à l'écart mais qui se trouvera des affinités comportant presque des sous-entendus sexuels avec le mari de Chloe, mais cet aspect du script par ailleurs uniquement esquissée, sera bientôt complètement oubliée.

The childrenEn effet, alors que la tension atteindra son paroxysme après une petite agression inattendue et parfaitement orchestrée, un premier "accident" sanglant et frontal (c'est le cas de le dire…) va survenir, sans que les adultes se rendent encore compte du danger qui les guettent tous, lançant alors la seconde partie du film qui après la retenue de l'entame du film va s'en donner à cœur joie dans la violence et le gore pour suivre les attaques de ces garnements qui vont devenir de plus en plus féroces (l'attaque dans la serre, par exemple), mais en même temps profondément manipulateurs pour mieux s'approcher de leurs proies lors de séquences furieusement tendues rendant le spectateur impuissant puisque ne pouvant pas avertir les personnages du danger qui les guette, et tout en maintenant une tension palpable qui perdurera jusqu'au final.

The childrenEnfin, le dernier acte du film verra quand même la seule survivante, accompagnée de Casey qui elle semblera avoir tout compris bien avant les autres, accepter la situation et oser se rebeller contre les enfants encore en vie, osant ce que le cinéma n'avait que très rarement fait auparavant en n'hésitant pas à mettre en scène la mort graphique et saignante de certains de ces petits assassins pour des plans choquants et surprenants par leur vigueur démonstrative (la porte), pour laisser un final ouvert, quand même plus ou moins prévisible tout en laissant quelques interrogations demeurer , mais qui en même temps sera guère optimiste pour clore déjà les débats, puisque le métrage n'excédera pas les quatre-vingt minutes, générique compris.

The childrenLe réalisateur arrivera à une belle maîtrise de son sujet pour instantanément créer une ambiance tendue, parfois même bien malsaine au cœur de l'intrigue et ainsi impliquer directement le spectateur pour ne plus le lâcher jusqu'au final grâce à des situations de terreur aussi bien physique lors des agressions que psychologique en faisant se retourner les enfants non pas contre des inconnus (comme dans Eden lake, autre film anglais, tiens, tiens…) mais carrément contre leurs parents, imposant de fait une crise de conscience de ceux-ci, qui tergiverseront en refusant d'accepter les faits (ce qui pourrait bien leur être fatal !) et préféreront même accuser Casey de folie, déclenchant de la sorte une situation plus que prenante et finalement généreuse qui elle aussi sera sérieusement immorale dans son agencement avec ce père qui frappera sa propre fille sans retenue.

The childrenD'ailleurs à ce niveau, le réalisateur parviendra également à bien retranscrire le chaos mental de chacun des adultes, entre résignation débouchant presque sur un suicide et excès de violence disproportionné et mal placé devant une situation qu'ils arrivent plus du tout à comprendre ni à maîtriser. Quant à la cause de cette agressivité des enfants, l'intrigue restera très elliptique, évacuant le sujet très rapidement et de façon intelligente pour préférer avec bonheur s'attaquer aux conséquences néfastes de cette contamination dont l'origine demeurera un mystère, sans que cela vienne nuire au bon fonctionnement de l'ensemble, le spectateur n'ayant plus jamais le temps de s'appesantir sur la question.

The childrenLes personnages seront largement cohérents, crédibles et ne tombant jamais dans les stéréotypes ou la caricature pour au contraire paraître toujours réalistes quelles que soient les situations ou leurs réactions, mais seule la jeune Casey arrivera à devenir attachante, sentiment clairement désiré par l'auteur à la vue de la présentation approfondie de la demoiselle. L'interprétation est largement convaincante, aussi bien avec des enfants capables de troubler et d'inspirer naturellement l'effroi, tandis que les autres interprètes seront naturels et inspirés. La mise en scène de Tom Shankland est adaptée, impliquée dans l'action pour générer des effets de surprise réussis tout en gérant avec aisance le climat de tension global, avec comme seul petit reproche de rares facilités scénaristiques bien trop évidentes (le retour à la vie d'une des victimes). Les effets spéciaux sont largement probants, pour verser dans un gore direct, graphique et bien brutal mais tout en n'étant guère appuyé afin de toujours être réaliste, une quelconque outrance dans ce contexte aurait nui au bon développement de l'atmosphère pesante régnant sur l'intégralité du métrage.

Donc, ce The children réussira imparablement son coup pour nous entraîner dans une spirale de violence graphique et choquante par la nature même des assassins, créant ainsi la surprise tout en maintenant une ambiance tendue impliquant définitivement le spectateur ! Chapeau !

The childrenLe DVD de zone 2 anglais édité par E1 Entertainment avancera une image nette et ne connaissant aucun défaut, tandis que la bande-son jouera un rôle important entre la cacophonie du départ qui s'atténuera progressivement, parallèlement à une tension croissante, laissant une partition musicale adaptée jouer son rôle avec brio, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un making-of complet laissant surtout la parole au membres de l'équipe du film, suivi par plusieurs petits modules revenant sur les effets spéciaux, les décors, la confection de la neige artificielle ou encore le travail délicat dans ce contexte avec les enfants, tandis que nous suivrons le réalisateur chez lui pour y découvrir ses méthodes de travail et que trois petites scènes coupées viendront clore ces bonus globalement instructifs et guère gênés par un quelconque ton promotionnel ici complètement absent.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette nouvelle franche réussite du cinéma horrifique anglais, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

Permalien 1414 mots par nicore, 1150 vues • Réagir

16.07.09

09:03:09, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Blitzkrieg

Ce sera en se proposant de revisiter un sous-genre du cinéma d'exploitation aujourd'hui délaissé, la "Nazisploitation" que ce Blitzkrieg, escape from stalag 69 viendra apporter sa toute petit pierre à l'édifice de ce sous-genre si décrié, en n'étant qu'un métrage amateur beaucoup trop long et avare en situations sordides ou saignantes.
Le script va suivre la vie dans un camp de prisonniers dominé par un commandant SS rondouillard et plus préoccupé à discuter avec son second qu'à s'occuper des prisonniers, jusqu'à ce que l'arrivée d'une femme russe, militaire ayant réussi à tuer quelques allemands, ne vienne réveiller le camp et focaliser l'attention.

BlitzkriegLe métrage va commencer par prendre place en Argentine en 1955 pour suivre deux jeunes femmes débarquer chez un homme qu'elles vont accuser d'être un bourreau nazi, tandis qu'un vieil homme va énumérer les déportations, mais notre homme va réussir à sortie un revolver et à abattre les intrus, avant de décider dans se rendre dans une église pour confesser ses crimes de guerre. Cette entame du métrage avancera immédiatement l'aspect très "cheap" du film, avec ses cadrages statiques, son interprétation aléatoire et ses coups de feu numériques à deux balles, pour être ainsi précurseur de la déception à venir de manière évidente.

BlitzkriegL'intrigue deviendra alors un long flash-back pour nous conter la vie de cet homme, Helmut Schultz, responsable de ce camp, harcelé par un agent de la gestapo venu discuter avec lui et son second, Wolfgang, tout en nous présentant une galerie de protagonistes insignifiants et sans aucune présence à l'écran, entre la sœur de Schultz cherchant à jouer la dominatrice façon "Ilsa" tout en étant amoureuse d'un prisonnier américain, quelques autres prisonniers ou encore une autre tortionnaire. Mais tout cela sentira tellement l'amateurisme que la sauce ne prendra pas du tout, laissant le spectateur s'ennuyer fermement devant ces séquences de dialogues interminables et sans intérêt.

BlitzkriegIl faudra ainsi attendre patiemment un retour en arrière au sein du flash-back pour que le métrage se donne des allures un peu plus graphiques en suivant l'arrivée d'un groupe de soldats aux abords d'une maison. L'éclaireur tombera sur une demoiselle russe qui va tout de suite se dévêtir et lui faire l'amour dans une baignoire (pour une séquence vaguement érotique mais apparemment non simulée) avant de se la jouer à la I spit on your grave pour sortir un couteau et émasculer le soldat de manière certes graphique mais dotée d'effets spéciaux ratés. Les autres allemands vont débarquer et la jeune femme va devoir s'enfuir nue en pleine forêt, armée d'une mitraillette et ainsi venir à bout de la plupart de ses adversaires avant de Helmut ne la terrasse et la ramène au camp.

BlitzkriegNous aurons alors droit à quelques petites scènes de tortures ridicules, subies par cette femme russe ou par une autre pensionnaire du camp, qui chercheront à retrouver l'ampleur et la sordidité d'un SS hell camp mais en vain, tout en mettant quand même un peu d'animation autour de ces dialogues toujours aussi envahissants, et ce ne seront pas d'autres petits rebondissements, liés par exemple à la tentative d'évasion isolée d'une danseuse, qui viendront nous sortir de la torpeur ambiante. Et lorsque que l'espoir va renaître avec l'arrivée d'un bourreau japonais censé montrer son art aux allemands, ce sera pour être encore une fois déçu devant l'insuffisance graphique de ses actions.

BlitzkriegL'obligatoire révolte finale restera dans le même ton amateur pour voir ces quelques prisonniers abattre ces quelques allemands, l'étroitesse du budget ne permettant pas une action massive, Helmut parvenant bien entendu à s'échapper après une série de scénettes risibles et téléphonées, et le retour dans l'église pour un final moralisateur stupide et largement prévisible ne viendra même pas rehausser un peu cet ensemble d'une fadeur à toute épreuve et ne pouvant espérer donner que des motifs d'insatisfaction à son spectateur, même si l'indulgence devant cette tentative de ressusciter un sous-genre révolue était de rigueur.

BlitzkriegEn effet, l'amateurisme frappera à tous les niveaux, avec déjà des décors tellement minimisés qu'ils n'imposeront aucune ampleur ni la moindre véracité historique, avec ces quelques baraquements de briques rouges complètement anodins et en plus délabrés, avec par exemple ces carreaux cassés et ces espaces verts en friche, donnant à penser que le métrage a été tourné dans un vulgaire terrain vague, tandis que les intérieurs resteront vides, mis à part quelques drapeaux ornés de croix gammées (parfois à l'envers, mais bon, de toutes façons, tous les emblèmes nazis sentiront à plein nez les gadgets crées pour l'occasion sans se soucier de la réalité historique) histoire de, et même les salles de tortures auront l'air d'un garage aménagé, c'est dire… Et lorsque le métrage tentera de se donner une quelconque valeur historique en évoquant la nuit des longs couteaux, ce ne sera que pour montrer deux protagonistes dans une chambre d'hôtel.

BlitzkriegEnsuite, lorsque le métrage voudra retrouver l'aspect malsain et sordide de ses ancêtres, il en sera définitivement incapable, avec ces séances de tortures foireuses déjà évoqués et cet érotisme bon marché gratuit et même pas sensuel (un comble !), tandis que les déblatérations des personnages sur le nazisme ou encore sur les sévices endurés par les prisonniers ne resteront que des paroles rarement accompagnées de scènes visuelles, mais le pire demeurera dans des effets spéciaux toujours terriblement rudimentaires, aussi bien pour suivre les deux castrations (le réalisateur doit trouver cela "trash" pour nous en servir deux dans le même film…) ratées et inconsistantes, tout comme ces gros plans sur ces doigts transpercés et autres ablation de la langue plus que faciles et n'étant jamais réalistes.

BlitzkriegEt enfin, l'interprétation achèvera de rendre l'ensemble incohérent et ridicule, aussi bien par un surjouage ici nuisible et en plus certainement involontaire du personnage principal que nous aurons tout le loisir de voir discuter avec son second, ce qui sera normal puisque l'intrigue s'amusera à en faire deux homosexuels, que pour l'ensemble des seconds rôles apathiques, vides, sans la moindre trace de charisme à l'écran, et n'arrivant jamais à exprimer la douleur ou la souffrance correctement, plombant encore un peu plus les scènes "graphiques" du film alors qu'elles n'en avaient pourtant pas besoin. La mise en scène du réalisateur sera quand à elle fade, jamais imaginative et augmentant encore l'impression de manque de rythme global.

Donc, ce Blitzkrieg, escape from stalag 69 arrivera uniquement à décevoir son spectateur sur sa longue durée par son amateurisme omniprésent et un manque de volonté graphique, et ne pourra jamais et en aucun cas espérer se hisser à la hauteur des titres de "gloire" de la "nazisploitation", dommage, l'intention était louable, mais le résultat est juste pitoyable !

BlitzkriegLe DVD de zone 1 édité par Wild eye avancera une image nette et sans défaut, tandis que la bande-son sera cohérente, avec une partition musicale bien trop discrète et anodine, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un making-of laissant la parole à l'équipe "artistique" et technique du film, revenant sur le tournage et les ambitions du réalisateur, la bande-annonce du film, presque mensongère en donnant un aspect dégradé à l'image pour faire "grindhouse" et ainsi masquer un tournage en vidéo plus que plat, suivi par deux autres bandes-annonces, trois conséquentes galeries de photos, un court-métrage gore amateur du réalisateur ainsi qu'une scène test tournée en 16mm.

Pour ceux qui oseraient vouloir tenter l'expérience, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

Permalien 1344 mots par nicore, 2714 vues • Réagir

15.07.09

08:47:28, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Devil's island lovers

Connu par chez nous sous le titre de Quartier de femmes, ce Devil's island lovers, second film de WIP (Women In Prison) tourné par Jess Franco aura de quoi surprendre en restant bien chaste à tous les niveaux, aussi bien pas son aspect érotique définitivement absent que par la violence sadique habituelle ici réduite comme peau de chagrin, mais vu qu’il existe plusieurs versions du film, le métrage n’a pas forcément livré tous ses secrets…
Le script va emprisonner à tort un couple d’amoureux sur une île servant de pénitencier où ils vont subir quelques brimades avant d’une détenue, favorite de la directrice, décide de les aider à s’évader.

Devil's island loversDans sa première partie, le métrage va suivre l’avocat Lindsay appelé au chevet du gouverneur de la région (laquelle, nous ne le saurions jamais, mais tout prêtera à penser qu’il s’agit d’un pays d’Amérique du Sud) gravement malade et désireux de s’entretenir avec Lindsay avant de mourir. Et ce sera pour évoquer le cas de deux jeunes gens emprisonnés dont le gouverneur va nous raconter au cours d’un long flash-back la véritable histoire ayant amené à leur condamnation. C’est ainsi que nous allons faire connaissance avec Raymond Franval et sa bien-aimée Béatriz, deux tourtereaux dont l’amour sera caché puisque Raymond vit chez sa tante Emilia, une riche notable du coin qui ne supporte pas les activités de rebelle de son neveu.

Devil's island loversCe flash-back prendra également le temps de mettre en avant l’amour porté par le gouverneur à Béatriz au travers d’une scène de dialogue avec Emilia, poussant les deux individus à fomenter un plan pour se débarrasser des deux jeunes gens. C’est ainsi qu’Emilia va soudoyer son neveu pour faire la connaissance de Béatriz au cour d’un dîner, mais cela se révélera être un leurre puisqu’elle va droguer ses proies et, aidée par le gouverneur, elle va les faire passer pour les meurtriers d’une femme chez qui ils vont être conduits, le gouverneur tuant la victime et posant l’arme du crime dans les mains de Raymond avant d’alerter sa police. Bien entendu, le couple sera jugé et évidemment condamné à mort, peine qui sera in extremis transformée en prison à perpétuité grâce à Emilia.

Devil's island loversAprès avoir été mis au courant de cette erreur judiciaire, Lindsay va donc tenter de faire réviser le procès de Raymond et de Béatriz et va donc contacter Emilia pour grâce au chantage, réussir à obtenir un visa pour se rendre sur "L’île du diable" qui sert de pénitencier mixte. Sur place, il sera amené à rencontrer Rosa, une détenue implorante qu'il demandera à voir et qui va lui raconter comment elle a fait connaissance avec Béatriz avant de la prendre sous sa coupe et finalement de l'aider à s'échapper en compagnie de Raymond. Ce qui occasionnera une seconde partie, toujours racontée en un flash-back qui occupera quasiment le reste de l'intrigue.

Devil's island loversC'est ainsi que nous allons suivre la trajectoire habituelle des WIP, avec d'abord l'arrivée de Béatriz dans cette prison insulaire dont la responsable aura de quoi inquiéter en paraissant bien stricte et revêche, mais ne laissant hélas uniquement entrevoir son sadisme lors de rapides scènes assez inutiles (style trois coups de cravache sur une prisonnière ayant le malheur de faire du bruit pendant un recueillement pieux avant un repas, ou encore quelques décharges électriques après une bagarre), le réalisateur préférant se focaliser sur l'amitié naissante entre Béatriz et Rosa, la confidente de la directrice qui va servir de guide à Béatriz., tout en n'hésitant pas à se battre avec une autre détenue pour la protéger, lors d'une autre scène typique du WIP.

Devil's island loversPendant ce temps-là, Raymond va de son côté subir les brimades de ses gardiens n'appréciant que modérément les rebelles et n'hésitant pas non plus à avoir recours à la violence et même à tuer pour se faire respecter, mais là non plus l'aspect graphique demeurera bien réduit, voir même inexistant. Chacun des deux amoureux croyant que l'autre a été exécuté, ce sera une véritable surprise lorsque Rosa, qui offrira en plus son corps au responsable des gardiens, entendra parler de Raymond par celui-ci et ce sera ce qui déclenchera son désir d'aider le couple à s'évader, pour une dernière partie qui cherchera vaguement à se montrer haletante et chargée d'une suspense qui ne sera au final que rapiécé mais dont l'issue aussi inattendue que sinistre aura de quoi refroidir, tout en laissant place à une morale délétère.

Devil's island loversLoin de ses exubérances habituelles, Jess Franco semblera ici plutôt vouloir critiquer tout azimuts, le pouvoir dictatorial qui exercera une justice arbitraire en réprimant dans le mensonge la moindre rébellion en créant de fausses preuves pour finir par étouffer la moindre affaire gênante, mais également les autorités pénitentiaires qui ne penseront qu'à leur bon plaisir au détriment de la vie des détenus, et bien entendu la vie rude et drastique à l'intérieur de ces geôles dictatoriaux. En utilisant le destin brisé de ce couple d'amoureux, le réalisateur va insuffler au métrage un certain romantisme assez percutant, mais qui n'aura pas non plus le temps de s'exprimer pleinement.

Devil's island loversLes personnages seront ici plutôt superficiels, même le couple principal sera peu fouillé pour uniquement mettre en avant leur amour, et il faudra compter sur quelques seconds rôles croustillants, comme celui du colonel Ford qui prononcera la sentence finale ou encore celui de Rosa, pour distraire un minimum, et l'ensemble bénéficiera d'une interprétation adaptée, plutôt limitée, laissant seulement quelques uns des acteurs fétiches de Jess Franco venir apporter un petit "plus" à l'ensemble, le grand Howard Vernon en tête, tandis que Britt Nichols apparaîtra dans un petit rôle. La mise en scène de Jess Franco est plutôt efficace pour suivre le peu d'action contenu dans le métrage mais imposera des plans assez agréables.

Donc, ce Devil's island lovers restera quand même anecdotique dans la filmographie de Jess Franco et pourra surtout décevoir par son manque de graphisme avéré !

Devil's island loversLe DVD de zone 1 édité par Image Entertainment avancera une image assez nette mais perdra énormément de détails lors des rares scènes se déroulant dans la pénombre, tandis que la bande-son sera appréciable, avec une partition musicale adaptée et plaisante, le métrage étant proposé dans sa version espagnole, avec des sous-titres optionnels en anglais.
Par contre, aucun bonus ne viendra accompagner le métrage, alors qu'il aurait été intéressant de pouvoir découvrir les scènes coupées de ce montage.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce WIP mineur de Jess Franco, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

Permalien 1203 mots par nicore, 1194 vues • Réagir

13.07.09

09:29:59, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Milano calibro 9

Réalisé par Fernando Di Leo, ce Milano calibro 9 pourra aisément compter parmi les polars italiens des années soixante-dix les plus réussis, par son intrigue remarquablement réfléchie et d’une solidité à toute épreuve et grâce à une interprétation habitée qui donnera du corps à chacun des protagonistes mis en présence.
Le script va suivre les déboires d’un malfrat qui, à peine sorti de prison, va voir ses anciens partenaires le harcelés en le croyant coupable d’avoir détourné 300.000 dollars.

Milano calibro 9Dans sa séquence pré-générique, le métrage va suivre le parcours d’un colis passant de mains en mains pour atterrir dans celles de Rocco, mais au lieu d’une somme d’argent, ce ne sera que du papier qu’il trouvera. Pris de fureur, il va retrouver chacun des commissionnaires et les interroger dans la violence pour finalement s’en débarrasser en les faisant exploser à la dynamite, nous prouvant déjà que ce personnage halluciné n’est pas là pour rigoler en faisant preuve d’une brutalité extrême et n’hésitant pas molester une jeune femme pour essayer de la faire parler. Ce sera même avec un certain détachement qu’il attendra que la dynamite explose, la vie humaine n’ayant apparemment aucune espèce d’importance pour lui.

Milano calibro 9Ensuite, nous allons faire connaissance du personnage principal, Ugo Piazza, que nous allons suivre à sa sortie de prison pour y être tout de suite intercepté par Rocco et ses hommes d’une manière d’abord mielleuse avant de devenir plus inquisiteur et facétieux lorsqu’il évoquera le fait qu’Ugo a participé au transfert d’argent vu en introduction et étant le seul n’ayant pu être interrogé puisque le jour même il s’est fait arrêter par la police, il restera donc comme le seul suspect encore en vie. Bien entendu Ugo niera les faits ce qui n’empêchera par Rocco de le cogner, de lui voler son argent et ses papiers tout en le prévenant que son patron, "l’américain", ne le lâchera pas d'une semelle tant qu’il n’aura pas rendu l’argent volé.

Milano calibro 9La situation ainsi plantée, nous allons alors suivre Ugo se rendant au commissariat pour avoir une carte d'identité provisoire, la sienne ayant été prise par Rocco, pour y trouver le commissaire l'ayant arrêté et qui se montrera sarcastique sur sa situation. Mais Rocco et ses sbires ne vont pas laisser Ugo tranquille une seconde, dévastant sa chambre d'hôtel sous ses yeux et le suivant partout, même lorsqu'il rendra visite à Don Vincenzo, un ancien parrain de la mafia devenu un vieillard aveugle et dont seul son fils Chino s'occupe encore. Ce qui occasionnera une des scènes fortes du métrage puisque Chino va violemment s'opposer aux méthodes de Rocco et l'humilier devant ses hommes dans un climat pesant vraiment énorme et lourd de menaces.

Milano calibro 9Cela n'empêchera pas Ugo de retrouver également son ancienne maîtresse, Nelly, une danseuse dans une boîte de nuit et qui va nous être dévoilée en plein travail pour une séquence de danse lascive sensuelle en diable, avant, après plusieurs péripéties, d'être obligé de retravailler pour "L'américain" malgré ses réticences bien légitimes dues en partie à l'omniprésence de Rocco, ce qui alimentera le métrage en rebondissements parfois surprenants (les explosions) jusqu'à ce qu'un échange d'argent tourne mal avec la mort d'un convoyeur presque sous les yeux d'Ugo, ce qui déclenchera une vendetta sanglante à répétitions qui s'achèvera dans un bain de sang lors d'une fusillade terrible, laissant alors le final faire toute la lumière sur l'intrigue tout en nous réservant encore quelques surprises de taille.

Milano calibro 9La réussite du métrage viendra en grande partie de son intrigue à facettes solidement charpentée, puissante et dont les nombreuses sous-intrigues gravitant autour du personnage d'Ugo viendront enrichir l'ensemble de manière efficiente et calculée, montrant ici la police sous un jour pas franchement reluisant dans sa lutte d'idéologies représentée ici par l'opposition entre deux inspecteurs voyant la criminalité sous un jour bien différent, tandis que du côté des truands, ce sera la lutte de générations qui trouvera sa répercussion entre les mafieux possédant encore un "code de l'honneur" face à une nouvelle criminalité en gangs symbolisée par Rocco et pour qui seul le résultat comptera, tout en ne tolérant aucune contradiction et en acceptant d'ordres de personne, sauf bien entendu de son patron, "l'américain". Mais évidemment, l'intrigue pourra compter sur sa question principale relative à la culpabilité d'Ugo dans ce vol d'argent sale pour maintenir de bout en bout une pression sur le spectateur qui cherchera des éléments de réponse constamment, tout en se laissant plus ou moins guidé par ce personnage qui lui de son côté cherchera à prouver son innocence en démasquant le coupable.

Milano calibro 9Le métrage se parera d'entrée d'une tension palpable qui ne fléchira jamais, du fait du caractère imprévisible de ce Rocco, une brute sans pitié hallucinée et sans scrupules qui obéira à un patron certes plus affable et tranquille mais dont la dangerosité intérieure ne fera aucun doute, mettant ainsi en péril constamment la vie d'un Ugo devenu progressivement attachant, pour trouver son apothéose lors de séquences incroyablement prenante et tendues, comme cette défiance de Chino envers Rocco ou encore lors de la fusillade finale qui restera un morceau de bravoure à l'efficacité indéniable, avant que l'excellent final ne vienne retourner pour de bon le spectateur dans un machiavélisme total.

Milano calibro 9Les personnages auront une importance prépondérante au sein de l'intrigue, même les seconds rôles qu'il faudra surveiller de près, et ils seront tous remarquablement travaillés, Ugo en tête pour définir cet homme peu causant, discret mais efficace dans l'action qui promènera sa carrure imposante tout au long du film avec un charisme naturel qui contrastera complètement avec la folie apparente d'un Rocco haut en couleurs mais sans jamais tomber dans la caricature. Ces protagonistes bénéficieront d'une interprétation excellente, Gastone Moschin incarnant à merveille Ugo, tandis que Mario Adorf prêtera sa "gueule" au personnage de Rocco, laissant la belle Barbara Bouchet venir apporter la touche sensuelle du film en jouant Nelly et alors que parmi les personnages secondaires, on retrouvera avec plaisir Philippe Leroy ou encore Lionel Stander. La mise en scène de Fernando Di Leo est efficace pour suivre l'action de près tout en donnant de l'ampleur aux séquences fortes du métrage.

Donc, ce Milano calibro 9 captivera son spectateur sur la durée par son intrigue implacable, impliquante et parfaitement millimétrée, nous offrant de la sorte un thriller exemplaire à réhabiliter d'urgence !

Milano calibro 9Le DVD de zone 2 italien édité par Raro Video avancera une image nette et seulement parfois vaguement granuleuse, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale typique excellente, le métrage étant ici proposé dans sa version italienne et anglaise avec des sous-titres optionnels sur la version italienne.
Au niveau des bonus, on pourra suivre trois documentaires, le premier sous forme de making-of laissant les intervenants revenir sur la film alors qu'une interview de Fernando Di Leo suivra pour laisser des spécialistes évoquer le travail de Giorgio Scerbanenco, l'écrivain du roman dont fut tirée l'intrigue, laissant une conséquente galerie de photos en noir et blanc et la bio/filmographie du réalisateur clore ces bonus conséquents mais hélas non sous-titrés.

Milano calibro 9
Milano calibro 9

Pour ceux qui voudraient (re)découvrir ce thriller à l'efficacité redoutable, le DVD de zone 2 italien est commandable ici ou !

Permalien 1325 mots par nicore, 920 vues • Réagir

10.07.09

07:28:43, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Black sun the nanking massacre

Réalisé par Tun Fei Mou, l’auteur de l’infâme Men behind the sun traitant du fameux camp731 où les japonais se livrèrent à des expérimentations barabres pendant la Seconde Guerre Mondiale, ce Black sun : the nanking massacre versera certes également dans l’horreur et l’abject mais le fera en se parant d’un aspect documentaire avéré pour relater ces événements tragiques réels, permettant ainsi au métrage de vraiment bouleverser et de chahuter son spectateur confronté à des abominations qui trouveront leur répercussion dans des photos et images d’archives créant un malaise induit.
Le script va suivre l’invasion de la chine et plus particulièrement de la ville de Nankin par l’armée impériale japonaise qui se livrera à un véritable massacre proche du génocide et tuant aussi bien les soldats chinois que les civils, femmes et enfants compris.

Black sun the nanking massacreAprès un petit rappel historique appuyé par des images d’archives replaçant l’agression de la Chine par l’armée japonaise en 1937, le métrage va tout de suite se centrer sur cette invasion, d’abord en laissant quelques moines bouddhistes tenir des propos alarmants, pour ensuite laisser intervenir une famille apeurée par les événements et dont nous suivrons les déboires en filigrane des événements décrits, avant de laisser l’étendue de l’horreur de la situation s’étaler au grand jour au travers de différentes séquences suivant la progression de l’armée japonaise dans cette ville en ne faisant pas de quartier, loin de là.

Black sun the nanking massacreEn effet, des les premières scènes d’extérieurs, les cadavres joncheront les rues, le réalisateur laissant sa caméra s’attarder sur ces corps ensanglantés, avant de laisser les soldats japonais se livrer à plusieurs carnages, tuant sans discernement hommes, femmes et enfants. L’intrigue ne se servira d’aucune vraie linéarité pour progresser, laissant ces scènes terribles se succéder les unes au autres afin de bien nous montrer les exactions commises par l’armée japonaise, tout en laissant la population chinoise réagir de différentes façons, entre résignation, fuite ou même collaboration et en faisant régulièrement intervenir les officiers japonais qui seront bien entendu les plus odieux.

Black sun the nanking massacreEn effet, en plus de traiter les chinois comme un race inférieure au mieux à rééduquer et au pire à exterminer, ces dirigeants militaires iront même jusqu’à lancer des challenges parmi les troupes pour honorer celui qui massacrera le plus de chinois, tout en n’hésitant pas se mêler au carnage, par exemple pour tester une épée qui décapitera plusieurs victimes. Mais le plus abominable restera l’organisation d’un véritable génocide le long d’un fleuve où de très nombreux chinois seront amenés et fusillés sans autre forme de procès, transformant cette rive en un véritable champ de cadavres qui seront scrutés par l’auteur de manière terriblement macabre et saisissante, provoquant même l’effroi devant l’envergure du massacre. Ces officiers seront présentés en outre comme étant tout à fait conscients de leurs actes puisqu’ils voudront cacher leur barbarie lorsqu’une cérémonie fera venir des représentants étrangers à Nankin et ils organiseront finalement l’incendie de l’amas de corps jonchant la rive de ce fleuve, pour ce qui restera comme l’une des séquence les plus marquantes du métrage.

Black sun the nanking massacreMais le réalisateur va également mettre en avant les actes bestiaux commis par des soldats isolés, violant les femmes et s’attaquant même aux fillettes, maltraitant et mutilant les chinois sans vergogne, pour toute une série de scènes odieuses n’hésitant pas à mettre en péril des bébés molestés et tués, et si parfois cette étalage pourra presque prêter à sourire, des images d’archives déchirantes viendront tout de suite faire s’étrangler cet humour macabre. Cela n’empêchera pas le métrage de verser parfois dans le grand-guignol comme lorsqu’une baïonnette viendra déloger un fœtus du ventre de sa mère, mais ces écarts renvoyant aux énormités de Men behind the sun resteront rares au profit d’une violence brutale bien plus sournoise et malsaine qui sera vécue tout au long du film sans aucune concession.

Black sun the nanking massacreMalgré la volonté de l’auteur de nous impliquer dans la situation globale de ce massacre, plusieurs destins croisés viendront donc régulièrement intervenir pour nous faire suivre la trajectoire des membres de cette famille vue dès le début du film, permettant de fait au réalisateur d’avancer plusieurs abominations avec pour témoin ces deux enfants ou leur oncle qui au départ vont fuir ensemble avant d’être séparés, jouant ainsi avec nos sentiments qui vont osciller entre espoir et mélancolie face à la vie passée détruite de ces pauvres gens, avant que l’issue du film n’apportent une évidente amertume par son aspect triste et délétère, poignant même et mettant de côté tout espoir.

Black sun the nanking massacreMais ce ne seront pas les seuls protagonistes récurrents puisqu’en plus des membres de cette famille et des officiers, plusieurs personnages vont venir alimenter les situations, avec ces observateurs humanitaires étrangers (américains ou allemands) qui tenteront avec leurs faibles moyens d’empêcher les japonais de continuer leur carnage dans la zone censée abriter les réfugiés civils, pour se faire régulièrement humilier ou bafouer, même si on sentira une réserve et une peur de la communauté internationale de la part des responsables japonais, qui sera facilement liable avec leur volonté de cacher leurs méfaits, tandis que parmi les personnages récurrents on trouvera ce collaborateur de la première heure qui connaîtra finalement un destin délicieusement ironique à la hauteur de sa trahison.

Black sun the nanking massacreAu-delà même de chaque situation horrible et sordide, ce sera la représentation parfaite de l’étendue du carnage qui fera froid dans le dos, l’auteur ayant réussi à retranscrire l’ampleur de ce carnage de manière efficiente, par ces plans d’ensemble impressionnants et macabres de la berge de ce fleuve jonchée de cadavres, mais aussi en nous montrant par exemple des exécutions massives de chinois, fusillés lâchement ou décapités froidement par des bourreaux qui sembleront quand même trouver du plaisir à tuer, et ce même si les japonais ne seront pas entièrement montrés comme des bêtes assoiffées de sang, le dialogue entre un responsable militaire et un sage qui sera bien plsu réservé en désapprouvant ce massacre.

Black sun the nanking massacreEt bien entendu, les nombreuses images d’archives aideront encore l’ensemble à devenir perturbant, entre ces scènes de combats et de violences contre les chinois filmées à l’époque et ces photos représentants des exactions en totale équation avec certaines atrocités reconstituées, tout en faisant osciller continuellement le métrage entre une option documentaire qui serait alors desservie par les outrances sanglantes et un aspect "exploitation" alors amoindri par ce positionnement se calant sur la réalité historique pour décrire les faits.
Mais cette cohabitation délicate ne viendra jamais nuire à l"efficacité de l'ensemble et encore moins à l'impact global du film qui donnera quand même à réfléchir, tout en poussant le spectateur à se demander pourquoi ce génocide est resté si peu connu et évoqué par rapport aux atrocités nazies auxquelles les abominations japonaises d'alors n'ont rien à envier.

Black sun the nanking massacreL'interprétation restera convaincante, naturelle et sans surjouage pour continuer de laisser ce sentiment d'authenticité envahir le spectateur, tandis que la mise en scène du réalisateur restera efficace pour nous faire mesurer l'ampleur du carnage et étant fluide et sans effets inutiles. Les effets spéciaux resteront globalement probants, même si certains trucages sanglants pourront paraître basiques et quelque peu voyants.

Donc, ce Black sun : the nanking massacre parviendra à se montrer édifiant et perturbant vis à vis de son sujet traité avec une certaine déférence et un reagrd historique, tout en ayant la volonté de mettre en avant de façon graphique et sanglante les exactions commises !

Black sun the nanking massacreLe DVD de zone 2 anglais édité par Tartan Video avancera une image souvent nette même pas exempte de quelques défauts de la pellicule d'origine qui seront présents, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale très discrète, le métrage étant ici proposé dans sa version originale cantonaise, avec heureusement des sous-titres optionnels en anglais.
Par contre, contrairement au DVD de zone 1 qui avancera plusieurs modules apparemment intéressants sur l'histoire du massacre de Nanki, ici aucun bonus ne sera disponible.

Pour ceux qui voudraient découvrir cet épisode oublié de la Seconde Guerre Mondiale traité sans concession, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

Permalien 1528 mots par nicore, 721 vues • Réagir

09.07.09

08:25:10, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Timber Falls

Malgré son affiche très "slasher", ce "Timber Falls" versera plus assurément dans le "survival" pur et très classique dans sa première partie avant de bifurquer quelque peu pour essayer d'innover dans un genre très codifié en apportant des arguments aussi malsains que déroutants qui hélas ne donneront pas l'ampleur espérée à l'ensemble à cause de situations n'allant pas au fond de leurs possibilités.
Le script va envoyer un couple en pleine forêt pour une randonnée pédestre, sans se douter qu'ils vont tomber sur une famille de religieux ayant besoin d'eux à des fins licencieuses.

Timber FallsD'entrée le métrage va quelque peu mettre la pression lors de sa séquence pré-générique suivant un homme pendu par les bras et une jeune femme clouée par les mains sur une table de travail dans une cabane, laissant la demoiselle se libérer en se délivrant de ses entraves dans la douleur, mais ce sera pour tomber sur un homme défiguré et armé d'une sorte de faucille sophistiquée qui va la courser jusqu'au bord d'un ravin d'où elle va se jeter pour échapper à son prédateur. En plus d'être déjà assez sanglante, cette introduction aura le mérite d'avancer précocement et en pleine lumière celui qui sera le boogeyman du métrage.

Timber FallsEnsuite, nous allons avoir droit aux traditionnelles présentations des personnages principaux, Mike et Sheryl, un couple quelque peu lassé de la vie urbaine et désireux de se ressourcer à la montagne, ce qu'ils vont faire en se rendant dans un parc national pour une randonnée. Et après un arrêt à la cabane des gardes forestiers pour obtenir quelques renseignements et recevoir l'habituelle mise en garde les invitant à respecter les autochtones, ils vont s'enfoncer dans la forêt où il ne vont pas tarder à rencontrer une étrange femme qui va leur conseiller de se rendre à "Timber Falls", l'endroit selon elle où les paysages sont les plus remarquables. Nos tourtereaux vont bien entendu suivre ces conseils et emprunter un chemin plus sinueux et moins fréquenté.

Timber FallsLe réalisateur se lancera alors dans une série de fausses alertes plus ou moins convaincantes, réussisant à créer une réelle tension lors de l'altercation avec des chasseurs qui manquera de peu de dégénérer, mais tout en foirant celle faisant surgir un garde forestier bien affable. Arrivés à destination, le couple va s'installer pour la nuit, laissant l'auteur jouer de la caméra subjective pour générer un sentiment de menace facile mais toujours efficace qui se prolongera lorsque Mike et Sheryl iront sous leur tente pour une petite scène vaguement sensuelle, l'individu les épiant étant toujours là. Mais l'intrigue sera véritablement lancée lorsqu'un petit matin Sheryl se fera enlevée par l'homme défiguré de l'introduction.

Timber FallsEn se réveillant Mike partira inévitablement à la recherche de sa compagne et après toute une série de rebondissements tour à tour violents, parfois même bien agressifs, ou jouant plus sur la tension, notre homme va se retrouver en compagnie de Sheryl sous la coupe d'un couple de fanatiques religieux n'arrivant pas à avoir une descendance et ayant donc besoin des services de Sheryl et de Mike pour réalisé leur rêve d'aliénés, lançant de la sorte une seconde partie qui se jouera des nerfs des deux protagonistes confrontés à ces malades largement obstinés. En effet, cette seconde moitié du métrage s'axera sur les tortures physiques et mentales subies par Mike et par Sheryl qui refuseront de se plier aux ordres de leurs bourreaux, entraînant quelques sévices surfant sur la vague des "torture-flicks" à la mode tout en étant graphiques et sanglants, nous permettant au passage de s'immiscer dans la vie quotidienne de ce couple de fanatiques prêts à tout pour obtenir gain de cause dans leur volonté délirante, avant de lancer un final largement attendu mais plutôt réussi malgré son aspect prévisible en ne lésinant par sur la violence et sur l'hémoglobine, hélas quelque peu gâché par un dernier plan aussi inutile de stupide.

Timber FallsMais hélas, malgré son désir d'innover se traduisant par ce revirement de la seconde partie et la remise en question induite de la place de principale menace de l'homme défiguré, le métrage peinera à se montrer réellement original à cause de situations à la teneur largement prévisible, notamment lorsque l'intrigue tentera de jouer avec les faux semblants quant à la nature de certains protagonistes pour ne nous réserver que des révélations déjà anticipées par le spectateur, et malgré leur teneur graphique les tortures infligées aux deux victimes ne parviendront pas à avoir l'ampleur désirée, l'intrigue n'étant pas assez méchante pour mettre réellement en péril son couple de héros, sentiment encore renforcé par une certaine apathie de ce couple à l'apparence normale et presque débonnaire qui aura bien du mal à rester crédible dans des moments de fureur amoindries. En plus, le rôle joué par ces chasseurs demeurera presque insipide, n'entraînant que quelques violences heureusement bien brutales après la tension générée par la première rencontre, pour ne servir qu'à meubler quelque peu l'ensemble et assurer un quota d'effets gores volontaires.

Timber FallsEt heureusement, le métrage pourra quand même se parer de qualités non négligeables. Déjà, la photographie du métrage rendra justice à des décors naturels de toute beauté, tandis que l'intérieur du repaire du couple de fanatiques sera également intéressant pour planter une atmosphère sordide et glauque quand même sous-exploitée. Ensuite le réalisateur ne lésinera pas sur les plans sanglants, aussi bien lors des tortures physiques avancés de manière frontale devant la caméra et devenant de la sorte presque douloureuse que pour quelques mises à mort bien graphiques. Et enfin, certaines idées avancées auront un impact certain, tel ce boogeyman que l'on attendait et qui ne sera pas le plus terrible de tous, ou encore quelques situations bien tendues qui atteindront leur but tandis que d'autres flirteront délibérément avec le scabreux.

Timber FallsMalgré toute la bonne volonté du réalisateur, les personnages resteront superficiels et n'arriveront pas à s'attirer la sympathie du spectateur, ce qui sera quand même préjudiciable pour l'implication à venir dans les mésaventures subies par ce couple trop "propre" et sans saveur, rendant aussi leurs tortures moins impactantes que voulues. L'ensemble bénéficiera pourtant d'une interprétation cohérente, notamment celle de la toute belle Brianna Brown qui semblera réellement concernée, tandis que la mise en scène du réalisateur est adaptée, suivant l'action de près et utilisant ses artifices avec justesse, comme cette caméra subjective effective et guère envahissante, tout en pêchant paroif pour garder un rythme soutenu tout au long de l'intrigue. Les effets spéciaux sont probants pour avancer quelques mutilations sanglantes et autres blessures graphiques au couteau, tandis que le maquillage du défiguré sera également convaincant.

Donc, ce "Timber Falls" s'avérera être un "survival" assez plaisant à suivre, original par certains aspects, assez gore mais hélas trop régulièrement prévisible dans ses situations !

Timber FallsLe DVD de zone 1 édité par Vivendi Entertainment avancera une image nette et rendant justice aux décors splendides du métrage, tandis que la bande-son sera cohérente, avec une partition musicale juste mais quelque peu en retrait, le métrage n'étant ici proposé que dans sa version originale anglaise sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, on pourra regarder la bande-annonce du film et surtout suivre un making-of complet laissant la parole à l'équipe technique et artistique qui reviendra sur le projet et son résultat, avec juste un ton promotionnel parfois perceptible.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce "survival" prenant, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

Permalien 1354 mots par nicore, 1513 vues • Réagir

08.07.09

07:36:02, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Bare behind bars

Nous venant du Brésil, ce Bare behind bars reprendra à son compte tous les éléments du film de WIP (Women In prison) en se trouvant résolument vers un érotisme omniprésent pour décrire cet univers carcéral quelque peu kitsch et léger malgré la présence obligatoire de quelques sévices corporels infligés aux prisonnières récalcitrantes.
Le script va suivre l’arrivée d’une nouvelle prisonnière au pénitencier de Prisao, pour nous faire partager le quotidien salace de cette prison avant qu’elle décide avec deux autres détenues de s’évader.

Bare behind barsLa séquence d’introduction annoncera tout de suite la couleur en suivant ces prisonnières jouant de manière chaotique au ballon dans la cour de leur prison pour laisser l’une d’entre elles profiter d’une mêlée pour en poignarder une autre, déclenchant une répression des gardiennes aidées par une lance à incendie qui se poursuivra par des interrogatoires individuels ou en groupe dans la salle de torture où les jeunes femmes seront par exemple fouettées pour obtenir des informations sur l’incident. Cette introduction présentera à elle seule un condensé du métrage, un brin sadique, débridé mais pas encore érotique.

Bare behind barsEnsuite, le métrage va s’installer dans ce pénitencier pour nous présenter ses principaux personnages et notamment la surveillante en chef, Sylvia, une femme alcoolique, lesbienne et qui n’hésitera pas à "vendre" une de ses prisonnières à une riche bourgeoise également attirée par les demoiselles, ce qui contrastera complètement avec le caractère irréprochable de Sandra, sa seconde, toujours droite et fière, tandis que Barbara, l'infirmière et occasionnellement la gynécologue, elle aussi lesbienne apportera une touche d'humour déjanté avec ses manières stupides et son manque de professionnalisme évident.

Bare behind barsL'arrivée d'une nouvelle prisonnière, Inez, condamnée pour le meurtre de son beau-père qui selon elle passait son temps à la violer, va bouleverser Sylvia qui va tout faire pour en faire sa protégée. Mais pendant ce temps-là, la vie continue à Prisao. Et ce sera justement ce que le métrage va s'appliquer à nous dépeindre lors de séquences ouvertement érotiques mais n'entretenant pas forcément de rapports linéaires, alternant séquences de douches collectives au cours desquelles les jeunes femmes vont se trémousser exagérément avec des passages à l'infirmerie où Barbara va s'occuper de sa protégée dans des élans sensuels tout en appliquant toujours cet humour salace souriant, sans oublier d'autres scènes dans les cellules laissant les détenues s'amuser entre elles pour passer le temps.

Bare behind barsMais à côté de ces passages sensuels, le métrage va également faire preuve d'une volonté suggestive de tous les instants, les détenues se mettant nues à la moindre occasion, tandis que les gardiennes auront leurs chemisiers ouverts jusqu'à la taille, une d'elles se laissant même prendre par un livreur, et bien entendu chaque détour dans le bureau de Sylvia se terminera par un ébat lesbien pour la nouvelle venue. Et à force de rechercher un érotisme à n'importe quel prix, le métrage deviendra même parfois complètement irréel lors de séquences absurdes, comme cette gardienne échangeant des baisers et des attouchements avec une détenue en cellule d'isolement au travers du parloir de la porte ou encore lorsque plusieurs prisonnières vont se mettre à faire de la gymnastique nues dans la cour de la prison, sans oublier la présence de ce godemiché que les détenues se passeront à tour de rôle.

Bare behind barsEn bon WIP qui se respecte, le film va quand même se devoir d'avancer quelques sévices et autres violences, laissant les gardiennes réprimer toute forme de rébellion en faisant pleuvoir les coups de bâtons, tandis que Sylvia s'avérera être une adepte du fouet, mais d'autres figure obligées du genre seront passées en revue, comme cette jeune femme enfermée mise à l'isolement dans une pièce sordide et crasseuse sans fenêtre avec pour seule compagnie quelques rats avec qui elle va faire connaissance, laissant plus tôt une fouille mettre un jour un nombre important d'armes de circonstances, dont un rasoir caché dans un endroit intime par une prisonnière.

Bare behind barsEt bien évidemment, les principales captives vont décider de s'évader, trouvant un prétexte assez amusant pour pouvoir prendre la poudre d'escampette sans se faire voir, lançant alors une dernière partie qui se montrera plus violente et presque grotesque (la castration) pour illustrer la fuite en ville des échappées tout en avançant deux scènes ouvertement hardcores qui trancheront largement avec l'érotisme plutôt "bon enfant" et léger présent jusque là, et en laissant le métrage se terminer de façon guère joyeuse pour une bonne partie des personnages mais en laissant un semblant de morale venir faire le ménage dans la prison.

Bare behind barsMalgré son sujet et quelques moments sordides, l'ensemble du métrage restera largement enjoué et délibérément kitsch, presque parodique dans ses situations, nous prouvant bien que son réalisateur, Oswaldo de Oliveira (auteur d'un Amazon jail du même style) ne se prendra jamais au sérieux, ce qui se verra franchement lors de certaines séquences abusives (les douches) et renforcera le capital sympathie d'un film déjà purement jouissif auquel on pourra encore rajouter ces séquences à l'infirmerie qui prendront des airs de sketches comiques grivois éminemment souriants et quelques gags décapants parsemant le métrage, tel ce rat couinant lors qu'une détenue traînée par les gardiennes lui passera dessus.

Bare behind barsLes personnages resteront forcément stéréotypés, Sylvia en tête qui par son look et sa physionomie renverra directement aux icônes du sous-genre, Dyanne Thorne en tête, tandis que les prisonnières seront surtout et presque uniquement présentées sous leur jour lubrique, à l'exception d'Inez qui aura droit à un traitement de faveur, l'ensemble bénéficiant d'une interprétation superficielle mais collant parfaitement au ton du film. La mise en scène du réalisateur est vive, dynamique pour donner un rythme constant à l'ensemble tout en appuyant fortement certaines séquences sensuelles.

Donc, ce Bare behind bars remplira entièrement son contrat en étant ouvertement érotique, bien débridé et en ne laissant aucun temps mort venir calmer son ambiance dégénérée !

Bare behind barsLe DVD de zone 1 édité par Blue underground avancera une image nette et sans défaut visible et présentera la version intégrale du film, tandis que la bande-son sera efficace, notamment grâce à une partition musicale jazzy souriante et en même temps décalée, augmentant ainsi les effets comiques et d'humour au second degré du métrage qui sera ici uniquement proposé dans sa version anglaise, sans aucun sous-titres.
Au niveau des bonus, seule la bande-annonce originale du film sera disponible.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce WIP bien déjanté, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

Permalien 1200 mots par nicore, 3345 vues • Réagir

07.07.09

08:31:15, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Philosophy of a knife

Avec ce Philosophy of a knife le réalisateur russe Andrey Iskanov s’intéresse à un épisode douloureux et controversé de l’histoire japonaise avec l’existence pendant la Seconde Guerre Mondiale du fameux camp 731 où furent pratiqués des expériences dépassant l’entendement sur des cobayes humains, mais contrairement au Men behind the sun traitant du même sujet, l’auteur va se donner une ampleur largement plus historique tout en n’hésitant pas à aller frontalement à la rencontre des atrocités commises, ici retranscrites froidement et sans recul au sein du film, véritable marathon macabre de plus de quatre heures.
Le script va s’attacher à reconstituer l’histoire du camp 731, de sa création dans son contexte historique jusqu’à sa destruction et le procès des bourreaux arrêtés.

Philosophy of a knifeAprès une première intervention de la voix-off sur fond d'images d'archives avançant un petit résumé de la situation et une longue séquence pré-générique suivant trois hommes marchant dans la neige, deux soldats accompagnant un prisonnier qu’ils vont finir par décapiter, le métrage va dans sa première partie s’attacher à remettre en place l’aspect historique de cette partie du monde dans les années trente, le tout avec l’appui de nombreuses images d’archives très parlantes et en pouvant compter sur le témoignage d’un homme âgé ayant été le témoin extérieur de ces événements et qui interviendra régulièrement tout au long du métrage pour apporter aussi bien son point de vue que pour valider la réalité historique des faits décrits.

Philosophy of a knifeRefusant toute structure narrative classique, le métrage va progressivement s’installer dans l’horreur pure des abominations commises dans ce camp ou des scientifiques et des médecins avaient pour but de créer une arme de destruction massive, pour ainsi ne reculer devant aucune atrocité, puisque chaque "grand" thème sera illustré de manière graphique et sans concession ni ellipse en refusant systématiquement le hors-champ, pour de nombreuses séquences terriblement éprouvantes et douloureuses, comme cet arrachage de dents une par une filmé en gros plan, ou encore ces tests de résistance au froid qui se termineront dans manière abjecte, sans oublier les multiples mutilations commises sur des victimes hurlantes ou cette accouchement par césarienne sans anesthésie.

Philosophy of a knifeLe réalisateur prendra le temps de mettre en place chacune de ces séances de torture, nous invitant à suivre aussi bien les préparatifs que les issues invariablement fatales pour ces cobayes qui attendront leur tour dans une cellule glauque, laissant une voix-off insister sur la réalité historique de ces expérimentations terribles et dépassant parfois les limites du supportable (l'insecte vivant enfoncé dans le vagin d'une demoiselle par exemple pour une scène explicite peu ragoûtante) et qui pourront en plus pour certaines sembler démesurées et inutiles au but recherché d'alors, mais l'auteur se gardera bien de juger sur l'utilité de ces expériences, même si la dernière partie lèvera le voile sur des faits quand même honteux puisque ces horreurs auraient participé à l'avance de la médecine thérapeutique japonaise, en avance sur son temps juste après la guerre.

Philosophy of a knifeEt après avoir abasourdi son spectateur avec ce déballage de barbarie ultime, le réalisateur va calmer quand même quelque peu les choses dans la dernière heure du film qui reviendra sur la fin de la Seconde Guerre Mondiale, évoquant même les largages de bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki avec leurs résultats dramatiques et le procès des bourreaux attrapés, toujours aidé par de nombreuses images d'archives impressionnantes et par ce témoin qui participa également au procès et qui le détaillera pour nous de manière appuyée, et tout en avançant certaines connexions méconnues et cachées entre les grandes puissances en devenir d'alors pour avancer des théories par forcément reluisantes.

Philosophy of a knifeSi les images d'archives resteront marquantes, ce seront bien entendu ces reconstitutions malsaines au possible qui parviendront à toucher le spectateur, même le plus endurci, par leur aspect cru et barbare (avec encore par exemple ce viol peu glorieux uniquement destiné à laisser un malade de la syphilis transmettre son fléau à une prisonnière pour pouvoir ensuite étudier son cas), ne reculant devant rien pour dénoncer la bassesse dont est capable l'être humain lorsque les circonstances l'y invitent, surtout qu' Andrey Iskanov va utiliser de nombreux artifices visuels pour rendre ces séquences encore plus marquantes par leur montage rythmé et efficace, mais aussi par l'emploi d'un noir et blanc impérial (l'utilisation de la couleur aurait rendu l'ensemble encore plus insupportable) et d'une pellicule volontairement vieillie et hachurée qui donnera une sensation de réalité encore plus grisant et troublant.

Philosophy of a knifeAlors bien sûr on pourra toujours s'interroger sur le but recherché par le réalisateur qui placera son spectateur dans une position de voyeur de toutes ces horreurs loin des fictions habituelles puisque réellement vécues, mais de toutes façons, sa volonté jusqu'auboutiste ne pourra qu'être louée, repoussant encore un peu plus loin les limites de ce qui est montrable à l'écran sans aucune distanciation possible avec une absence définitive d'humour ou de recul pour nous plonger directement et sans relâche dans l'enfer de ce camp 731, en parvenant même l'exploit de conserver intact l'attention du spectateur sur toute la durée du métrage grâce à un rythme soutenu et par un renouvellement des situations qui ne tomberont jamais dans la redite pour avancer les sévices avec insistance.

Philosophy of a knifeDans ce contexte complètement "autre", les personnages resteront presque anonyme, avec comme seule petite concession ce semblant de bluette impossible entre une des prisonnières et un des gardiens qui se prolongera sur une bonne partie du film mais sans jamais venir court-circuiter l'évolution globale de l'intrigue ni ralentir le rythme, ce qui nous offrira une séquence chargée en émotions lors de la dernière partie du film. L'ensemble bénéficiera d'une interprétation adaptée et largement crédible, les souffrances endurées paraissant bien réelles sans aucun surjouage nuisible et l'apathie indifférente des tortionnaires ne fera qu'accroître l'impact des séquences dures du film.

Philosophy of a knifeLa mise en scène d'Andrey Iskanov affirmera encore une fois sa particularité entièrement différente grâce à un soin apporté à chaque plan qui transparaître continuellement pour donner une beauté formelle indéniable à l'ensemble avec une quête artistique de tous les instants. Les effets spéciaux, mêlés à des images d'archives dans un mélange dont il est parfois difficile de faire la part des choses comme pour cette descente dans ce charnier absolument sordide et glauque, sont globalement probants pour mettre en scène ces très nombreuses tortures avancées frontalement et avec des gros plans réguliers pour demeurer le plus souvent réaliste et bien entendu du coup foncièrement dérangeant et douloureux.

Donc, ce Philosophy of a knife offrira une expérience "autre" et extrême jusqu'auboutiste dans sa démonstration historique et fataliste quant à la nature humaine présentée ici sous son plus mauvais jour !

Philosophy of a knifeLe DVD de zone 1 édité par Unearthed Films avancera une image parfois volontairement dégradée, tandis que la bande-son sera terriblement efficace, notamment grâce à cette partition musicale envoûtante et macabre avec ces cris et pleurs grinçants, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise non sous-titrée pour la voix-off, tandis que les interventions du témoin seront quant à elle sous-titrées en anglais.
Cette édition limitée avancera en bonus un long making-of laissant la parole aux interprètes et au réalisateur qui pourra justifier l'existence du métrage et avancer ses motivations, la séquence du charnière sera quant à elle visible en couleur, suivie par quelques rapides scènes coupées guère passionnantes, une interview de l'actrice Manoush donnera l'occasion à la "scream-queen" Debbie Rochon de se mettre également en valeur, le réalisateur s'exprimera en outre pour un entretien écrit, laissant deux clips vidéos, plusieurs galeries de photos et la bande-annonce du film, accompagnée par celles d'autres titres de l'éditeur clore ces bonus plus qu'intéressants.

Pour ceux qui se sentiraient prêts à tenter l'expérience de ce film extrême et dérangeant, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

Permalien 1444 mots par nicore, 4127 vues • 3 retours

06.07.09

09:57:44, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

The gateway meat

Ce sera en optant pour un ton extrêmement réaliste que ce The gateway meat va venir apporter sa pierre à l'édifice du gore underground craspec au possible et terriblement nauséeux autour d'une intrigue prétexte qui permettra surtout au réalisateur Ron DeCaro d'avancer une multitude de séquences sanglantes plus que graphiques, dans la lignée de la trilogie des August Underground de Fred Vogel, par ailleurs ami de l'auteur et lui ayant prêté mains fortes pour aboutir à un résultat allant très loin pour une fois encore essayer de repousser les limites.
Le script va laisser une famille de satanistes, aidés par un psychopathe meurtrier, perpétrer une tradition familiale destiné à ouvrir une porte de l'enfer en accomplissant d'innombrables actes de violence sur d'innocentes victimes.

The gateway meatAprès un préambule écrit avançant le meurtre du président des Etats-Unis ayant comme répercussion sur une famille de satanistes le fait de leur faire croire à un signe annonçant l'apocalypse les poussant donc à chercher à ouvrir une porte vers l'enfer, le métrage va avancer une première scène sanglante cauchemardesque suivant un homme s'automutiler la langue avant d'embrasser une femme, mettant ainsi tout de suite en avant le côté extrême du film, ce qui tranchera avec la présentation banale des personnages principaux, Markus et Laura, un couple endormi réveillé par leur petite fille qui va grimper sur leur lit, son père décidant peu après d'emmener celle-ci au parc.

The gateway meatPar contre, la présentation d'un autre protagoniste, Roland, un homme ventripotent au look de "biker" sera quant à elle plus radicale puisque nous allons voir celui-ci également se réveiller mais pour tout de suite s'envoyer un rail de drogue mêlée à un verre pilé tandis que la forme allongée à côté de lui se révélera être le cadavre d'une femme enceinte ensanglantée et pas vraiment fraîche avec ses marques bleutées sur le corps composées par un maquillage terriblement réaliste. Mais rapidement, nous allons découvrir le vrai visage de Markus et de sa compagne, qui seront également des satanistes orientés vers le meurtre et les mutilations, tout en n'hésitant pas à faire participer ou à laisser leur petite fille être témoin de leurs abominations.

The gateway meatPour ce faire, le métrage va se découper en autant de séquences n'ayant pas forcément de liens directs entre elles, présentant ici Markus et son ami "biker" en train de se saouler à mort à la vodka, et régulièrement la fille de Markus sera filmée dans des situations anodines, en train de jouer ou de peindre avec un jeune homme simplet, pour ce qui constituera les passages les moins prenants du métrage, qui donneront même l'impression que le réalisateur a voulu se servir du film pour parfaire son album de famille. Mais heureusement, lorsque les séquences se décideront à verser dans l'abject, Ron DeCaro n'ira pas avec le dos de la cuillère pour filmer les pires abominations.

The gateway meatEn effet, tout en allant crescendo, les scènes brutales et sanglantes seront terriblement réalistes et corsées pour suivre le calvaire des victimes de Markus ou celles de son ami qui seront au choix tailladées avec un cutter, démembrées, éviscérées ou encore battues avec un marteau, en étant bien souvent attachées, tandis que la caméra s'attardera aussi fréquemment sur le résultat peu ragoûtant de ces sévices pour exposer les chairs meurtris et autres cadavres trempant dans leur sang reposant dans une baignoire. Ces séquences gores seront extrêmement dures, n'offrant aucune once de recul au spectateur et aucun échappatoire dans un quelconque humour, flirtant pour le coup avec le "snuff" avec une volonté avérée (Roloand ne s'amusera t-il pas à filmer une de ses victimes martyrisée étendue au bord d'un lit, le tout sous les yeux envoûtés de Markus ?), dans un univers très proche de celui de Fred Vogel et de la série des August Underground, mais avec une image toujours nette.

The gateway meatPar ailleurs le réalisateur n'hésitera pas non plus à parsemer sporadiquement le film d'un aspect sexuel explicite (mais sans pour autant verser dans le "hardcore"), laissant par exemple Markus violer une des victimes offertes par son ami, tandis qu'excités par un carnage, le couple se livrera à un ébat sexuel au dessus d'une baignoire à moitié pleine de morceaux de cadavre, avec une volonté de choquer bien entendu évidente. Mais ce sera lorsque la petite gamine sera mêlée à ces méfaits que le métrage deviendra sordide et glauque. En effet, même si physiquement elle n'aura rien vu de terrible pendant le tournage, un astucieux montage parviendra à nous faire croire qu'elle a été témoin d'une partie du carnage et qu'elle a même appuyé sur la détente d'un revolver explosant un crâne ou encore qu'elle aura goûté au sang d'une des victimes étendue dans la baignoire.

The gateway meatMême si certaines séquences pourront sembler complètement et ouvertement gratuites, notamment certains méfaits de Roland, le film se parera d'un contexte social intéressant critiquant la déliquescence des mœurs et des relations humaines, au travers d'un exemple particulièrement brutal et sanglant, tout en mettant en avant l'alcoolisme et l'utilisation de drogue pour une jeunesse presque perdue, ce qui rendra l'ensemble encore plus inquiétant tout en ne minimisant pas du tout l'ampleur des exactions étalées devant la caméra pour au contraire en renforcer l'impact visuel incroyablement fort et scotchant.

The gateway meatLes personnages seront assez travaillés pour bien exacerber leurs travers meurtriers et leurs déviances malades, le film bénéficiant d'une interprétation certes flirtant parfois avec l'amateurisme, mais concernée et crédible, Ron DeCaro s'offrant au passage le rôle de Markus, tandis que les victimes resteront crédibles dans leur souffrance. La mise en scène du réalisateur est efficace pour permettre à l'ensemble de conserver un bon rythme, tout en utilisant ses effets optiques avec une générosité évidente et adaptée aux situations, laissant des cadrages en gros plans venir renforcer l'aspect régulièrement abject et répugnant très présent du métrage.

The gateway meatLes effets spéciaux seront bien entendu en vedette, pour apporter un réalisme troublant aux multiples plans sanglants du film qui ne verseront jamais dans une outrance préjudiciable pour toujours se montrer crédibles et graphiques, certainement parfois trop rapides en raison du faible budget du film, tout en nous offrant quand même quelques originalités fulgurantes, telle cette langue sortie de l'intérieur d'une plaie traversant le gorge d'une des victimes, mais on pourra aussi féliciter l'équipe de techniciens derrière ces effets également pour une série de maquillages très crus définitivement bluffants.

Donc, ce The gateway meat aura clairement sa place parmi les grandes réussites du gore underground extrême et aura largement de quoi satisfaire les amateurs tout en faisant frémir de dégoût les autres !

The gateway meatLe DVD de zone 1, proposé uniquement dans une édition extrême limitée à 1000 exemplaires proposée directement par For the better of mankind, la boîte de production du réalisateur, avancera une image souvent nette et sans véritables défauts visibles, tandis que la bande-son sera efficace, avec notamment une partition musicale sachant se faire discrète pour laisser l'horreur des images accaparer l'attention, le métrage étant ici proposé dans sa version originale en anglais, sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un long making-of complet revenant sur tous les aspects du tournage de manière informative et très intéressante, deux bandes-annonces du film, les essais de quelques comédiens, ainsi qu'une conséquente galerie de photos de production du métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette nouvelle perle du gore underground jusqu'au-boutiste, le DVD de zone 1 est commandable ici ou directement sur le site de l'éditeur !

Permalien 1364 mots par nicore, 3037 vues • Réagir

03.07.09

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Boo

Le réalisateur Anthony C. Ferrante, qui collabora longtemps au magazine "Fangoria", nous livre pour son premier long métrage ce Boo, une "ghost story" classique, bourrée d'hommages divers au travers de nombreuses séquences volontaires destinées à générer des frissons qui hélas ne viendront jamais, à cause d'une prévisibilité absolue de l'intrigue et des effets de surprise éculés.
Le script va laisser une bande de jeunes aller passer la soirée d'Halloween dans un hôpital réputé hanté, histoire de s'amuser un peu, mais hélas pour eux, des fantômes hantent bien les lieux et n'ont rien d'amicaux.

BooDans sa première séquence, le métrage va se livrer à une amusant relecture du "slasher" pour nous présenter son personnage principal, Jessie, une demoiselle préparant la citrouille de circonstance mais qui devra faire face à un intrus masqué qui se révélera aussitôt être son petit ami venu lui faire une farce et lui annoncer le programme de la soirée devant se dérouler au Sant Mira Hospital, un bâtiment désaffecté suite à un incendie survenu quelques années plus tôt au troisième étage. Et justement nous allons alors suivre Emmet, le roi de la blague macabre qui sera le premier sur place pour y préparer quelques pièges censés effrayer ses amis, permettant ainsi au spectateur de découvrir cet endroit vraiment lugubre, sordide et aux bruits inquiétants qui ne sembleront pas déranger le jeune homme trop occupé à préparer ses farces pour faire cas des nombreux avertissements posés ici ou là au détour de chaque plan et sous-entendant facilement l'existence d'une présence surnaturelle sur place qui se montrera au grand jour pour attaquer le chien d'Emmet.

BooEnsuite, l'intrigue va revenir continuer la présentation des autres protagonistes participant à la soirée, puisque en plus de Jessie et de son petit ami Kevin, Marie et Freddy vont être du voyage, mais ces personnages demeureront lisses dans leur agencement cherchant surtout à mettre en valeur Jessie et ses dons étranges puisqu'à peine arrivée devant l'hôpital, elle aura une vision étrange et devra se faire prier par ses compagnons pour pénétrer dans l'hôpital. En parallèle, le métrage va s'arranger pour envoyer deux autres individus sur place, Baines un policier fan de "Dynamite Jones", le héros de la "blaxploitation" qui suivra le fils de l'un de ses anciens collègues parti à la recherche de sa sœur disparue dans l'hôpital.

BooEt rapidement, tout ce petit monde, provisoirement en deux groupes séparés, va devoir affronter les spectres qui hantent l'hôpital, avec aussi bien des apparitions se voulant inattendues que par la possession des corps par le fantôme récalcitrant d'un malade mental pédophile désireux de quitter les lieux. Mais hélas, une fois la situation posée, l'intrigue va quand même tourner quelque peu en rond pour déclencher des rebondissements souvent répétitifs mais pas désagréables à suivre, seulement ponctués par de petites baisses de rythme et un aspect superficiel des situations mettant en scène les fantômes qui apparaîtront plus que nécessaire et sans raison valable, pour uniquement nous gratifier de plans très visuels et graphiques.

BooL'aspect "possession" du film sera quant à lui plutôt bien rendu, entraînant même une paranoïa directement héritée de The thing pour en prime nous gratifier d'effets sanglants volontaires, notamment lors de l'explosion des "possédés", et cela viendra meubler des péripéties redondantes, tournant autour d'allers-retours au fameux troisième étape maudit de l'hôpital suite à un drame survenu des années auparavant et ayant servi de déclencheur de la hantise des lieux, mais il ne faudra pas compter sur les enjeux avancés pour impliquer le spectateur dans cette sombre histoire terriblement classique et ici présentée de manière superficielle, parfois même confuse avec l'omniprésence des spectres et autres possédés qui interviendront parfois uniquement pour "faire joli" lors de scènes sous-exploitées.

BooPar contre, le métrage pourra compter sur des décors impressionnants, terriblement réalistes dans cet aspect sinistre, poussiéreux et parfois même glauque en sous-entendant des traitements de chocs pour les malades mentaux, qui assureront même lors des nombreux flash-backs/ visions de l'héroïne oscillant entre le présent décrépi et le passé des lieux alors propres et immaculés. Ces décors faciliteront les apparitions des fantômes en regorgeant de recoins sombres propices à laisser surgir la moindre entité, et le réalisateur s'en servira très régulièrement, tout en nous proposant quand même d'autres alternatives, comme ce costume de clown en pleine lévitation dans les airs qui finira par se vider d'un amas de vers et autres asticots répugnants.

BooLes personnages resteront donc simplistes et même stéréotypés, pour bien laisser la vedette à Jessie, mais on pourra quand même trouver un humour parfois souriant dans les propos des uns et des autres et ce policier fan de "Dynamite Jones" apportera son quota d'idées amusantes bien trouvées. La mise en scène du réalisateur est adaptée pour installer une ambiance sinistre perpétuelle et pour mettre en avant ses apparitions spectrales mais n'arrivera jamais à susciter le moindre frisson. Les effets spéciaux sont globalement probants, aussi bien pour des maquillages fantomatiques très visuels que pour avancer des plans sanglants volontaires et graphiques mais sans verser dans la moindre outrance.

Donc, ce Boo se suivra facilement grâce à la volonté graphique et visuelle plus qu'avérée de son auteur et par son ambiance lugubre bien retranscrite, mais peinera à trouver véritablement son rythme tout en demeurant confus et superficiel pour avancer le fond de son intrigue.

BooLe DVD de zone 2 anglais édité par Momentum Pictures avancera une image nette et perdant juste quelques détails lors de ses passages se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera cohérente avec une partition musicale certainement trop discrète, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise sous-titrée en anglais.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un making-of classique laissant intervenir l'équipe technique et artistique du métrage tout en proposant des images du tournage, un petit module sur les effets spéciaux nous dévoilant quelques secrets, un autre qui présentera les soi-disant expériences surnaturelles vécues par l'équipe du film lors du tournage, laissant la bande-annonce et quelques scènes coupées ou prolongées sans grand intérêt venir clore ces bonus copieux et globalement informatifs.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette "ghost story" classique mais très visuelle, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

Boo
Boo
Permalien 1163 mots par nicore, 923 vues • Réagir

02.07.09

07:20:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Die nonne und das biest

Même s'il ira se frotter à la "nunsploitation", ce Die nonne und das biest, plus connu sous son titre anglais de Sister Emanuelle (et connu chez nous comme Emanuelle et les collégiennes) optera pour un ton bien plus léger et souriant que la plupart des œuvres de la série des "Black Emanuelle" mettant en scène la star métisse d'origine indonésienne Laura Gemser pour nous servir une histoire bien entendu sensuelle mais ne cherchant pas à verser dans le sordide ou la violence.
Le script va laisser une jeune adolescente rebelle et obsédée sexuelle rejoindre un couvent afin d'y être dressée mais au lieu de cela, elle va pervertir et troubler son entourage et notamment une nonne l'ayant accompagnée.

Die nonne und das biestD'entrée le métrage va avancer ces deux sœurs rejoignant par bateau la résidence d'un riche homme d'affaires guère aimable avec ses employés mais affable avec les deux nonnes puisqu'elles sont venues chercher Monica, sa fille, afin de l'emmener dans un couvent pour y faire son éducation religieuse et ce dans un environnement strict. C'est ainsi que le réalisateur Giuseppe Vari va tout de suite nous présenter cette jeune demoiselle sous un jour trouble et gorgé de sous-entendus rien qu'à la vue du baiser langoureux d'adieu qu'elle fera à sa propre mère, obligeant les deux religieuses à détourner le regard. Le trio va donc repartir, direction la gare pour y prendre un train leur permettant de rallier le couvent.

Die nonne und das biestC'est dans ce train que Monica va révéler au grand jour ce que qui était jusque-là sous-entendu, n'hésitant pas à se dénuder entièrement devant Sœur Emanuelle avec qui elle va partager un compartiment-lit avant de lui poser des questions sur sa condition de religieuse et finalement en prétextant un mauvais rêve salace (ce qui permettra au métrage de se livrer à une nouvelle scénette érotique) de rejoindre la couche de la nonne se blottissant contre elle avant d'essayer de l'embrasser et devant son refus, ce sera un voyageur qui bénéficiera un peu plus tard dans la nuit d'une petite gâterie, que sœur Emanuelle surprendra bien évidemment mais sans agir.

Die nonne und das biestLa situation ainsi posée, avec cette Monica perverse en diable et semblant quand même troubler quelque peu Sœur Emanuelle, l'arrivée dans ce couvent perché en haut d'une montagne va pouvoir se faire, laissant Giuseppe vari nous gratifier d'un splendide plan glaçant quant à l'austérité régnant dans ce couvent avec ses étudiantes appliquées et ses nonnes au visage de marbre, ce qui provoquer l'hystérie de la demoiselle cherchant à s'enfuir, obligeant Sœur Emanuelle à la maîtriser, révélant au passage à la Mère supérieure un défaut de tenue vestimentaire puisque Sœur Emanuelle portera des bas sous sa robe de religieuse, ce qui lui vaudra une remontrance sévère permettant à l'intrigue de nous renseigner quelque peu sur le passé trouble de la fautive.

Die nonne und das biestEnsuite l'intrigue va laisser Monica séduire sa compagne de chambre et l'initier aux plaisirs saphiques, tandis que lors d'une sortie avec ses camarades, elle va rencontrer un repris de justice en cavale qu'elle va charmer et à qui elle va même offrir un refuge dans une des tours du couvent, bien entendu contre quelques câlins. Mais surtout, Monica va fomenter un plan diabolique pour jouer avec Sœur Emanuelle en la pervertissant définitivement et en l'entraînant avec elle dans la débauche et la dépravation pour une série de rebondissements très réguliers qui occuperont l'essentiel du métrage jusqu'à cette double chute finale bien pensée d'abord avec la vengeance de Sœur Emanuelle et ensuite avec un twist certes très classique mais ici efficace et surtout aboutissant sur un final immoral et bafouant la religion avec une belle ardeur.

Die nonne und das biestBien entendu le métrage sera rythmé par toute une série de séquences sensuelles et érotiques très régulières mais ici le réalisateur n'ira jamais bien loin pour toujours demeurer léger et "frais" en se contentant quasiment uniquement de dénuder ses jolies actrices féminines à la moindre occasion (et il y en aura plus d'une…) pour laisser de rares accouplements venir se mêler à cet érotisme sans paraître pour autant gratuits puisqu'ils seront nécessités pour les besoins d'une intrigue grivoise et démonstratrice dans sa volonté de mettre en avant la perversion exubérante de cette Monica à peine sortie de l'adolescence.

Die nonne und das biestEt justement, c'est cet partie du script qui monopolisera une bonne partie du film, laissant cette jeune Monica jouer les premiers rôles au détriment de Sœur Emanuelle qui sera quant à elle étrangement presque reléguée au second plan et ne participera que sur le tard aux actes érotiques du film, même si Giuseppe vari aura quand même pris le temps de nous offrir un petit effeuillage quasiment obligatoire, mais cela ne viendra en aucun cas nuire au bon déroulement d'un ensemble qui pourra largement s'appuyer sur des situations renouvelées fréquemment tout en étant souvent souriantes, légères et ne tombant jamais dans la redite mais sans jamais tomber dans la comédie parodique.

Die nonne und das biestMais à côté de cela, l'aspect "nunsploitation" sera quand même bien présent, au travers de séquences suivant la rigueur de la vie dans le couvent avec notamment cette Mère Supérieure inflexible, mais surtout en confrontant Sœur Emanuelle à des pulsions et à des troubles sexuels avérés qui feront bien évidemment vaciller sa Foi tout en la replongeant dans son passé, ce qui éclatera de manière terriblement efficace lors de l'excellent final pour sa vengeance humiliante pour Monica avant de nous offrir une dernière séquence confrontant la réalité des vœux de chasteté des nonnes pour une dernière surprise aussi probante que remarquablement bien agencée.

Die nonne und das biestLes personnages seront ici assez bien travaillés, pour privilégier facilement Monica et Sœur Emanuelle, tout en nous offrant quelques seconds rôles croustillants, avec par exemple le vieillard servant d'homme à tout faire ou encore cette nonne qui accompagnera Sœur Emanuelle pendant l'introduction et ses réparties définitives. L'ensemble bénéficiera d'une interprétation plutôt convaincante, Laura Gemser semblera toujours aussi à l'aise dans le rôle d'Emanuelle qui fît sa renommée, tout en se faisant presque voler la vedette par la craquante Monica Zanchi. La mise en scène de Giuseppe vari est dynamique pour donner un rythme constant à l'ensemble tout en profitant parfaitement des décors magnifiques et en n'hésitant pas nous livre quelques plans audacieux très réussis.

Donc, ce Die nonne und das biest offrira un spectacle plaisant, léger et ne cherchant quasiment jamais à verser dans une sordidité ici malvenue pour au contraire privilégier un érotisme frais et pas forcément gratuit !

Die nonne und das biestLe DVD de zone 2 allemand édité par X-Rated Kult, toujours présenté dans son boîtier au format "livre" excellent avancera une image hélas parfois granuleuse et très vaguement floue, tandis que la bande-son sera efficace, grâce à une partition musicale enjouée et typique, le métrage étant ici proposé dans sa version allemande, italienne et anglaise, avec seulement des sous-titres allemands, contrairement à ce qu'annoncera la jaquette.
Au niveau des bonus, on pourra suivre la bande-annonce du film, une galerie de photos ainsi qu'une des jaquettes de éditions VHS du film, mais surtout plusieurs scènes alternatives, coupées ou rallongées, certes très courtes mais avançant entre autres deux rapides plans hardcores heureusement coupés au montage et qui auraient plombé le ton du film, ainsi qu'une amusante séquence avec une banane.

Pour ceux qui voudraient découvrir cet épisode léger et croustillant de la saga de la "Black Emanuelle", le DVD de zone 2 allemand est pour l'instant encore disponible ici !

Permalien 1345 mots par nicore, 3218 vues • Réagir

Juillet 2009
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
 << < Courant> >>
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    

Le Blog des DVDpasChériens

Les dvdpascheriens ayant la fibre journalistique peuvent participer à ce blog. Sur le thème des DVD, de la HD et de la vente en ligne. On y trouve des critiques, des dossiers, des articles sur les nouveautés ...

Rechercher

Qui est en ligne?

  • Visiteurs: 31

powered by
b2evolution