22.07.09

09:57:39, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Women in cellblock 9

Avec ce Women in cellblock9 le réalisateur Jess Franco va nous livre un film de WIP (Women In Prison) bien virulent, érotique et sadique autour d’une intrigue pour le moins très mince et servant uniquement de prétexte à suivre quelques tortures et autres brimades subies par des demoiselles dans leur plus simple appareil, tout en se montrant tragique et en ne laissant pas les habituelles manies filmiques de Jess Franco s’exprimer.
Le script va prendre place dans une dictature bananière pour y suivre l’incarcération dans un camp de prisonniers de quelques demoiselles appartenant à un groupe de terroristes révolutionnaires, les tortures qu’elles vont subir afin de leur extorquer des informations et finalement leur évasion.

Women in cellblock 9Sans perdre de temps, le métrage va directement lancer son action en suivant le sinistre Dr. Milton, accompagné par Loba, une femme tout aussi peu engageante, et une poignée de soldats, stationnés au bord d’une route dans l’attente d’un véhicule qu’ils comptent bien stopper. Nous allons découvrir l’objet de leur convoitise, une camionnette servant à Karine pour espérer quitter le pays en compagnie de quelques jeunes femmes désireuses de rejoindre l’armée révolutionnaire Mais bien entendu, elles vont être arrêtées par Milton qui fera fouiller l’arrière de la camionnette et en sortira six jeunes femmes, dont seulement trois sembleront intéresser Loba qui, après les avoir appelée par leur nom (sous-entendant que quelqu’un les a trahies et dénoncées), jettera les trois autres demoiselles en pâture aux soldats qui vont les courser dans les bois et les violer, sans que le réalisateur s’attarde sur cette séquence.

Women in cellblock 9Cette entame du métrage permettra à Jess Franco de poser son argument, avec ces jeunes femmes révolutionnaires tombées aux mains de l’ennemi, mais étrangement, ce ne sera pas de leur point de vue que l’intrigue sera abordée, mais de celui du DR. Milton, qui en voix-off nous contera rapidement son existence de "médecin de la douleur" mis au rancard et sorti de sa retraite par cette Loba qui dirigera le camp de prisonnières vers lequel les trois révolutionnaires vont être acheminées, sans s'attarder sur leur présentation, laissant seule Karine avoir un peu de présence à l'écran, les autres, Aida et Barbara étant à peine esquissées pour l'instant.

Women in cellblock 9En effet, lorsque les trois demoiselles seront rendues au quartier cellulaire du titre, nous les retrouveront nues et attachées par le cou, les forçant à demeurer debout sur la pointe des pieds, laissant alors vaguement les différentes personnalités s'affirmer, entre Karine qui personnifiera la meneuse, Aida qui restera effacée, et Barbara qui se plaindra et semblera être la plus fragile du lot. Pendant ce temps-là, Loba et le Dr. Milton vont prendre un bon repas arrosé au champagne, ce qui tranchera largement avec la soupe servie aux prisonnières comme le fera constater Jess Franco, pour rapidement laisser une première séquence sordide intervenir quand Milton sera intrigué par des cris plaintifs entendus non loin.

Women in cellblock 9Ce sera la pauvre Maria, une bien jolie étudiante arrêtée car elle avait dans sa chambre de la propagande révolutionnaire, qui, privée d'eau depuis trois jours, implorera pour avoir à boire. Pour satisfaire sa soif, Loba ne trouvera rien de mieux que de la faire venir et, au lieu de lui donner du champagne après le lui avoir fait espérer vainement dans un élan de sadisme avéré, de l'obliger à lui pratiquer un cunnilingus, lui offrant seulement après un reste de coupe de champagne, non sans que Milton n'ait mis du sel dedans pour le rendre quasiment imbuvable dans un autre débordement de cruauté carrément ignoble.

Women in cellblock 9Mais cela ne sera rien comparé aux tortures réservées au trois prisonnières du bloc 9 qui subiront des affronts terriblement démonstratifs et vicieux pour leur faire avouer leurs liens avec les terroristes et donner des noms de contacts, mais sans que le réalisateur n'aille très loin au niveau graphique, laissant au soin du spectateur de s'imaginer l'horreur des sévices pour uniquement placer de rapides gros plans n'avançant que quelques gouttes de sang. Toujours-est-il que ces tortures resteront bien sévères, entre cette électrocution et surtout le sort réservé à Karine qui sera suspendue au dessus d'une corne qui s'enfoncera peu à peu dans ses parties intimes, mais comme cela ne suffira pas, un rat sera logé dans un tube et prié d'aller se nourrir dans un endroit humide et sombre…

Women in cellblock 9Ensuite, l'intrigue va laisser nos prisonnières, ayant survécu en dénonçant leurs amis et désormais accompagnées par Maria, fomenter un plan pour s'évader en se servant d'un gardien qu'elle vont appâter en se trémoussant les unes contre les autres pour ensuite l'inviter à se joindre à elle, dans le but de l'assommer. Une fois libres, les jeunes femmes vont s'enfoncer dans la jungle, non sans avoir essuyé les plâtres des tirs des gardiens qui tueront l'une d'elles et en blesseront une autre, pour une dernière partie quelque peu ringarde lorsque Jess Franco tentera dans nous faire croire qu'elle se situe dans la jungle avec des stock-shots animaliers parfois bien risibles, comme cette prétendue attaque de crocodiles plus que foireuse, qui laissera ensuite les jeunes femmes se reposer juste au bord du fleuve, mais un dénouement aussi sinistre qu'imprévu reviendra noircir définitivement le tableau.

Women in cellblock 9Le métrage comportera donc tous les stigmates du film de WIP, mais ici Jess Franco poussera quand même l'érotisme sur le devant de la scène déjà en faisant évoluer ses actrices entièrement nues pendant les trois quarts du film, pour en plus s'attarder longuement sur la séquence au cours de laquelle elles vont tenter d'attirer un gardien en se trémoussant les unes contre les autres dans un ébat saphique à quatre langoureux, mais curieusement (peut-être à cause de la présence proche du producteur Erwin C. Dietrich), on ne prendra pas le réalisateur à se focaliser sur des gros plans des parties intimes des jeunes femmes comme à son habitude pour préférer des plans d'ensemble tout aussi sexys.

Women in cellblock 9Mais le spectateur pourra aussi apprécier l'originalité du métrage qui ne sera pas présenté sous le point de vue des prisonnières, mais de ce sadique Dr. Milton, un exécrable personnage croustillant dans son sadisme omniprésent, comme lorsqu'il se préparera avec un plaisir non fient à torturer ses victimes en sortant ses gants et ses instruments de ses valises, annonçant qu'ils sont ses seuls amis fidèles. L'intrigue restera également plus que portée sur ces tortures décrites lors de scènes bien méchantes et en prenant le temps de bien poser la délicate situation de chacune des victimes tout en laissant la caméra suivre leur calvaire sans verser dans le gore où l'abject pour demeurer soft à ce niveau-là et laisser travailler l'imagination. Et donc, après ces délires cruels, la dernière partie bien plus légère pourra sembler bien superficielles, jusqu'au final nihiliste et tragique.

Women in cellblock 9Les personnages resteront superficiels, à l'exception donc du Dr. Milton dont nous suivrons également la joie de retravailler avec cette Loba dont il est éperdument amoureux, celle-ci imposera surtout son aspect sévère et déterminé pour faire parler ses victimes. Parmi les prisonnières, seule Karine sera quelque peu fouillée, tout comme la jeune Maria, mais tout cela restera bien stéréotypé. L'ensemble bénéficiera d'une interprétation plutôt savoureuse bien entendu dominée par un Howard Vernon excellent, comme à son habitude, dans le rôle de Milton, tandis que la toute mignonne Susan Hemingway parviendra à imposer son charme face à celui de la non moins affriolante Karine Gambier, deux actrices spécialisées dans l'érotisme. La mise en scène de Jess Franco est adaptée aussi bien pour mettre en avant ses actrices que l'étendue des sévices, mais laissera parfois transpirer l'étroitesse du budget, notamment avec ces stock-shots ridicules.

Donc, ce Women in cellblock 9 saura largement se faire apprécier des amateurs par sa générosité dans l'érotisme et les sévices, mais n'ira jamais trop loin pour certes se montrer sordide, mais sans pour autant devenir abject ou trop malsain !

Women in cellblock 9Le DVD de zone 2 suisse édité par VIP Entertainment avancera une image nette et sans défaut notable, tandis que la bande-son sera appréciable avec une partition musicale dynamique et souriante, le métrage étant ici proposé dans sa version française, allemande et anglaise, laissant juste la version originale allemande s'imposer lors de quelques séquences jamais doublées en français, puisque cette édition proposera la version intégrale du film.
Au niveau des bonus, on pourra parcourir les filmographies de l'équipe du film ainsi qu'une conséquente galerie de photos du film, suivre la bande-annonce du film ainsi que celles de nombreux autres titres de l'éditeur et un documentaire laissant la parole à Erwin C. Dietrich qui reviendra longuement sur sa relation avec Jess Franco.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce film de WIP très attachant et volontaire, le DVD de zone 2 suisse est disponible ici ou commandable !

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