Archives pour: Juillet 2009, 16

16.07.09

09:03:09, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Blitzkrieg

Ce sera en se proposant de revisiter un sous-genre du cinéma d'exploitation aujourd'hui délaissé, la "Nazisploitation" que ce Blitzkrieg, escape from stalag 69 viendra apporter sa toute petit pierre à l'édifice de ce sous-genre si décrié, en n'étant qu'un métrage amateur beaucoup trop long et avare en situations sordides ou saignantes.
Le script va suivre la vie dans un camp de prisonniers dominé par un commandant SS rondouillard et plus préoccupé à discuter avec son second qu'à s'occuper des prisonniers, jusqu'à ce que l'arrivée d'une femme russe, militaire ayant réussi à tuer quelques allemands, ne vienne réveiller le camp et focaliser l'attention.

BlitzkriegLe métrage va commencer par prendre place en Argentine en 1955 pour suivre deux jeunes femmes débarquer chez un homme qu'elles vont accuser d'être un bourreau nazi, tandis qu'un vieil homme va énumérer les déportations, mais notre homme va réussir à sortie un revolver et à abattre les intrus, avant de décider dans se rendre dans une église pour confesser ses crimes de guerre. Cette entame du métrage avancera immédiatement l'aspect très "cheap" du film, avec ses cadrages statiques, son interprétation aléatoire et ses coups de feu numériques à deux balles, pour être ainsi précurseur de la déception à venir de manière évidente.

BlitzkriegL'intrigue deviendra alors un long flash-back pour nous conter la vie de cet homme, Helmut Schultz, responsable de ce camp, harcelé par un agent de la gestapo venu discuter avec lui et son second, Wolfgang, tout en nous présentant une galerie de protagonistes insignifiants et sans aucune présence à l'écran, entre la sœur de Schultz cherchant à jouer la dominatrice façon "Ilsa" tout en étant amoureuse d'un prisonnier américain, quelques autres prisonniers ou encore une autre tortionnaire. Mais tout cela sentira tellement l'amateurisme que la sauce ne prendra pas du tout, laissant le spectateur s'ennuyer fermement devant ces séquences de dialogues interminables et sans intérêt.

BlitzkriegIl faudra ainsi attendre patiemment un retour en arrière au sein du flash-back pour que le métrage se donne des allures un peu plus graphiques en suivant l'arrivée d'un groupe de soldats aux abords d'une maison. L'éclaireur tombera sur une demoiselle russe qui va tout de suite se dévêtir et lui faire l'amour dans une baignoire (pour une séquence vaguement érotique mais apparemment non simulée) avant de se la jouer à la I spit on your grave pour sortir un couteau et émasculer le soldat de manière certes graphique mais dotée d'effets spéciaux ratés. Les autres allemands vont débarquer et la jeune femme va devoir s'enfuir nue en pleine forêt, armée d'une mitraillette et ainsi venir à bout de la plupart de ses adversaires avant de Helmut ne la terrasse et la ramène au camp.

BlitzkriegNous aurons alors droit à quelques petites scènes de tortures ridicules, subies par cette femme russe ou par une autre pensionnaire du camp, qui chercheront à retrouver l'ampleur et la sordidité d'un SS hell camp mais en vain, tout en mettant quand même un peu d'animation autour de ces dialogues toujours aussi envahissants, et ce ne seront pas d'autres petits rebondissements, liés par exemple à la tentative d'évasion isolée d'une danseuse, qui viendront nous sortir de la torpeur ambiante. Et lorsque que l'espoir va renaître avec l'arrivée d'un bourreau japonais censé montrer son art aux allemands, ce sera pour être encore une fois déçu devant l'insuffisance graphique de ses actions.

BlitzkriegL'obligatoire révolte finale restera dans le même ton amateur pour voir ces quelques prisonniers abattre ces quelques allemands, l'étroitesse du budget ne permettant pas une action massive, Helmut parvenant bien entendu à s'échapper après une série de scénettes risibles et téléphonées, et le retour dans l'église pour un final moralisateur stupide et largement prévisible ne viendra même pas rehausser un peu cet ensemble d'une fadeur à toute épreuve et ne pouvant espérer donner que des motifs d'insatisfaction à son spectateur, même si l'indulgence devant cette tentative de ressusciter un sous-genre révolue était de rigueur.

BlitzkriegEn effet, l'amateurisme frappera à tous les niveaux, avec déjà des décors tellement minimisés qu'ils n'imposeront aucune ampleur ni la moindre véracité historique, avec ces quelques baraquements de briques rouges complètement anodins et en plus délabrés, avec par exemple ces carreaux cassés et ces espaces verts en friche, donnant à penser que le métrage a été tourné dans un vulgaire terrain vague, tandis que les intérieurs resteront vides, mis à part quelques drapeaux ornés de croix gammées (parfois à l'envers, mais bon, de toutes façons, tous les emblèmes nazis sentiront à plein nez les gadgets crées pour l'occasion sans se soucier de la réalité historique) histoire de, et même les salles de tortures auront l'air d'un garage aménagé, c'est dire… Et lorsque le métrage tentera de se donner une quelconque valeur historique en évoquant la nuit des longs couteaux, ce ne sera que pour montrer deux protagonistes dans une chambre d'hôtel.

BlitzkriegEnsuite, lorsque le métrage voudra retrouver l'aspect malsain et sordide de ses ancêtres, il en sera définitivement incapable, avec ces séances de tortures foireuses déjà évoqués et cet érotisme bon marché gratuit et même pas sensuel (un comble !), tandis que les déblatérations des personnages sur le nazisme ou encore sur les sévices endurés par les prisonniers ne resteront que des paroles rarement accompagnées de scènes visuelles, mais le pire demeurera dans des effets spéciaux toujours terriblement rudimentaires, aussi bien pour suivre les deux castrations (le réalisateur doit trouver cela "trash" pour nous en servir deux dans le même film…) ratées et inconsistantes, tout comme ces gros plans sur ces doigts transpercés et autres ablation de la langue plus que faciles et n'étant jamais réalistes.

BlitzkriegEt enfin, l'interprétation achèvera de rendre l'ensemble incohérent et ridicule, aussi bien par un surjouage ici nuisible et en plus certainement involontaire du personnage principal que nous aurons tout le loisir de voir discuter avec son second, ce qui sera normal puisque l'intrigue s'amusera à en faire deux homosexuels, que pour l'ensemble des seconds rôles apathiques, vides, sans la moindre trace de charisme à l'écran, et n'arrivant jamais à exprimer la douleur ou la souffrance correctement, plombant encore un peu plus les scènes "graphiques" du film alors qu'elles n'en avaient pourtant pas besoin. La mise en scène du réalisateur sera quand à elle fade, jamais imaginative et augmentant encore l'impression de manque de rythme global.

Donc, ce Blitzkrieg, escape from stalag 69 arrivera uniquement à décevoir son spectateur sur sa longue durée par son amateurisme omniprésent et un manque de volonté graphique, et ne pourra jamais et en aucun cas espérer se hisser à la hauteur des titres de "gloire" de la "nazisploitation", dommage, l'intention était louable, mais le résultat est juste pitoyable !

BlitzkriegLe DVD de zone 1 édité par Wild eye avancera une image nette et sans défaut, tandis que la bande-son sera cohérente, avec une partition musicale bien trop discrète et anodine, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un making-of laissant la parole à l'équipe "artistique" et technique du film, revenant sur le tournage et les ambitions du réalisateur, la bande-annonce du film, presque mensongère en donnant un aspect dégradé à l'image pour faire "grindhouse" et ainsi masquer un tournage en vidéo plus que plat, suivi par deux autres bandes-annonces, trois conséquentes galeries de photos, un court-métrage gore amateur du réalisateur ainsi qu'une scène test tournée en 16mm.

Pour ceux qui oseraient vouloir tenter l'expérience, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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