06.07.09

09:57:44, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

The gateway meat

Ce sera en optant pour un ton extrêmement réaliste que ce The gateway meat va venir apporter sa pierre à l'édifice du gore underground craspec au possible et terriblement nauséeux autour d'une intrigue prétexte qui permettra surtout au réalisateur Ron DeCaro d'avancer une multitude de séquences sanglantes plus que graphiques, dans la lignée de la trilogie des August Underground de Fred Vogel, par ailleurs ami de l'auteur et lui ayant prêté mains fortes pour aboutir à un résultat allant très loin pour une fois encore essayer de repousser les limites.
Le script va laisser une famille de satanistes, aidés par un psychopathe meurtrier, perpétrer une tradition familiale destiné à ouvrir une porte de l'enfer en accomplissant d'innombrables actes de violence sur d'innocentes victimes.

The gateway meatAprès un préambule écrit avançant le meurtre du président des Etats-Unis ayant comme répercussion sur une famille de satanistes le fait de leur faire croire à un signe annonçant l'apocalypse les poussant donc à chercher à ouvrir une porte vers l'enfer, le métrage va avancer une première scène sanglante cauchemardesque suivant un homme s'automutiler la langue avant d'embrasser une femme, mettant ainsi tout de suite en avant le côté extrême du film, ce qui tranchera avec la présentation banale des personnages principaux, Markus et Laura, un couple endormi réveillé par leur petite fille qui va grimper sur leur lit, son père décidant peu après d'emmener celle-ci au parc.

The gateway meatPar contre, la présentation d'un autre protagoniste, Roland, un homme ventripotent au look de "biker" sera quant à elle plus radicale puisque nous allons voir celui-ci également se réveiller mais pour tout de suite s'envoyer un rail de drogue mêlée à un verre pilé tandis que la forme allongée à côté de lui se révélera être le cadavre d'une femme enceinte ensanglantée et pas vraiment fraîche avec ses marques bleutées sur le corps composées par un maquillage terriblement réaliste. Mais rapidement, nous allons découvrir le vrai visage de Markus et de sa compagne, qui seront également des satanistes orientés vers le meurtre et les mutilations, tout en n'hésitant pas à faire participer ou à laisser leur petite fille être témoin de leurs abominations.

The gateway meatPour ce faire, le métrage va se découper en autant de séquences n'ayant pas forcément de liens directs entre elles, présentant ici Markus et son ami "biker" en train de se saouler à mort à la vodka, et régulièrement la fille de Markus sera filmée dans des situations anodines, en train de jouer ou de peindre avec un jeune homme simplet, pour ce qui constituera les passages les moins prenants du métrage, qui donneront même l'impression que le réalisateur a voulu se servir du film pour parfaire son album de famille. Mais heureusement, lorsque les séquences se décideront à verser dans l'abject, Ron DeCaro n'ira pas avec le dos de la cuillère pour filmer les pires abominations.

The gateway meatEn effet, tout en allant crescendo, les scènes brutales et sanglantes seront terriblement réalistes et corsées pour suivre le calvaire des victimes de Markus ou celles de son ami qui seront au choix tailladées avec un cutter, démembrées, éviscérées ou encore battues avec un marteau, en étant bien souvent attachées, tandis que la caméra s'attardera aussi fréquemment sur le résultat peu ragoûtant de ces sévices pour exposer les chairs meurtris et autres cadavres trempant dans leur sang reposant dans une baignoire. Ces séquences gores seront extrêmement dures, n'offrant aucune once de recul au spectateur et aucun échappatoire dans un quelconque humour, flirtant pour le coup avec le "snuff" avec une volonté avérée (Roloand ne s'amusera t-il pas à filmer une de ses victimes martyrisée étendue au bord d'un lit, le tout sous les yeux envoûtés de Markus ?), dans un univers très proche de celui de Fred Vogel et de la série des August Underground, mais avec une image toujours nette.

The gateway meatPar ailleurs le réalisateur n'hésitera pas non plus à parsemer sporadiquement le film d'un aspect sexuel explicite (mais sans pour autant verser dans le "hardcore"), laissant par exemple Markus violer une des victimes offertes par son ami, tandis qu'excités par un carnage, le couple se livrera à un ébat sexuel au dessus d'une baignoire à moitié pleine de morceaux de cadavre, avec une volonté de choquer bien entendu évidente. Mais ce sera lorsque la petite gamine sera mêlée à ces méfaits que le métrage deviendra sordide et glauque. En effet, même si physiquement elle n'aura rien vu de terrible pendant le tournage, un astucieux montage parviendra à nous faire croire qu'elle a été témoin d'une partie du carnage et qu'elle a même appuyé sur la détente d'un revolver explosant un crâne ou encore qu'elle aura goûté au sang d'une des victimes étendue dans la baignoire.

The gateway meatMême si certaines séquences pourront sembler complètement et ouvertement gratuites, notamment certains méfaits de Roland, le film se parera d'un contexte social intéressant critiquant la déliquescence des mœurs et des relations humaines, au travers d'un exemple particulièrement brutal et sanglant, tout en mettant en avant l'alcoolisme et l'utilisation de drogue pour une jeunesse presque perdue, ce qui rendra l'ensemble encore plus inquiétant tout en ne minimisant pas du tout l'ampleur des exactions étalées devant la caméra pour au contraire en renforcer l'impact visuel incroyablement fort et scotchant.

The gateway meatLes personnages seront assez travaillés pour bien exacerber leurs travers meurtriers et leurs déviances malades, le film bénéficiant d'une interprétation certes flirtant parfois avec l'amateurisme, mais concernée et crédible, Ron DeCaro s'offrant au passage le rôle de Markus, tandis que les victimes resteront crédibles dans leur souffrance. La mise en scène du réalisateur est efficace pour permettre à l'ensemble de conserver un bon rythme, tout en utilisant ses effets optiques avec une générosité évidente et adaptée aux situations, laissant des cadrages en gros plans venir renforcer l'aspect régulièrement abject et répugnant très présent du métrage.

The gateway meatLes effets spéciaux seront bien entendu en vedette, pour apporter un réalisme troublant aux multiples plans sanglants du film qui ne verseront jamais dans une outrance préjudiciable pour toujours se montrer crédibles et graphiques, certainement parfois trop rapides en raison du faible budget du film, tout en nous offrant quand même quelques originalités fulgurantes, telle cette langue sortie de l'intérieur d'une plaie traversant le gorge d'une des victimes, mais on pourra aussi féliciter l'équipe de techniciens derrière ces effets également pour une série de maquillages très crus définitivement bluffants.

Donc, ce The gateway meat aura clairement sa place parmi les grandes réussites du gore underground extrême et aura largement de quoi satisfaire les amateurs tout en faisant frémir de dégoût les autres !

The gateway meatLe DVD de zone 1, proposé uniquement dans une édition extrême limitée à 1000 exemplaires proposée directement par For the better of mankind, la boîte de production du réalisateur, avancera une image souvent nette et sans véritables défauts visibles, tandis que la bande-son sera efficace, avec notamment une partition musicale sachant se faire discrète pour laisser l'horreur des images accaparer l'attention, le métrage étant ici proposé dans sa version originale en anglais, sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un long making-of complet revenant sur tous les aspects du tournage de manière informative et très intéressante, deux bandes-annonces du film, les essais de quelques comédiens, ainsi qu'une conséquente galerie de photos de production du métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette nouvelle perle du gore underground jusqu'au-boutiste, le DVD de zone 1 est commandable ici ou directement sur le site de l'éditeur !

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