Archives pour: Juillet 2009, 10

10.07.09

07:28:43, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Black sun the nanking massacre

Réalisé par Tun Fei Mou, l’auteur de l’infâme Men behind the sun traitant du fameux camp731 où les japonais se livrèrent à des expérimentations barabres pendant la Seconde Guerre Mondiale, ce Black sun : the nanking massacre versera certes également dans l’horreur et l’abject mais le fera en se parant d’un aspect documentaire avéré pour relater ces événements tragiques réels, permettant ainsi au métrage de vraiment bouleverser et de chahuter son spectateur confronté à des abominations qui trouveront leur répercussion dans des photos et images d’archives créant un malaise induit.
Le script va suivre l’invasion de la chine et plus particulièrement de la ville de Nankin par l’armée impériale japonaise qui se livrera à un véritable massacre proche du génocide et tuant aussi bien les soldats chinois que les civils, femmes et enfants compris.

Black sun the nanking massacreAprès un petit rappel historique appuyé par des images d’archives replaçant l’agression de la Chine par l’armée japonaise en 1937, le métrage va tout de suite se centrer sur cette invasion, d’abord en laissant quelques moines bouddhistes tenir des propos alarmants, pour ensuite laisser intervenir une famille apeurée par les événements et dont nous suivrons les déboires en filigrane des événements décrits, avant de laisser l’étendue de l’horreur de la situation s’étaler au grand jour au travers de différentes séquences suivant la progression de l’armée japonaise dans cette ville en ne faisant pas de quartier, loin de là.

Black sun the nanking massacreEn effet, des les premières scènes d’extérieurs, les cadavres joncheront les rues, le réalisateur laissant sa caméra s’attarder sur ces corps ensanglantés, avant de laisser les soldats japonais se livrer à plusieurs carnages, tuant sans discernement hommes, femmes et enfants. L’intrigue ne se servira d’aucune vraie linéarité pour progresser, laissant ces scènes terribles se succéder les unes au autres afin de bien nous montrer les exactions commises par l’armée japonaise, tout en laissant la population chinoise réagir de différentes façons, entre résignation, fuite ou même collaboration et en faisant régulièrement intervenir les officiers japonais qui seront bien entendu les plus odieux.

Black sun the nanking massacreEn effet, en plus de traiter les chinois comme un race inférieure au mieux à rééduquer et au pire à exterminer, ces dirigeants militaires iront même jusqu’à lancer des challenges parmi les troupes pour honorer celui qui massacrera le plus de chinois, tout en n’hésitant pas se mêler au carnage, par exemple pour tester une épée qui décapitera plusieurs victimes. Mais le plus abominable restera l’organisation d’un véritable génocide le long d’un fleuve où de très nombreux chinois seront amenés et fusillés sans autre forme de procès, transformant cette rive en un véritable champ de cadavres qui seront scrutés par l’auteur de manière terriblement macabre et saisissante, provoquant même l’effroi devant l’envergure du massacre. Ces officiers seront présentés en outre comme étant tout à fait conscients de leurs actes puisqu’ils voudront cacher leur barbarie lorsqu’une cérémonie fera venir des représentants étrangers à Nankin et ils organiseront finalement l’incendie de l’amas de corps jonchant la rive de ce fleuve, pour ce qui restera comme l’une des séquence les plus marquantes du métrage.

Black sun the nanking massacreMais le réalisateur va également mettre en avant les actes bestiaux commis par des soldats isolés, violant les femmes et s’attaquant même aux fillettes, maltraitant et mutilant les chinois sans vergogne, pour toute une série de scènes odieuses n’hésitant pas à mettre en péril des bébés molestés et tués, et si parfois cette étalage pourra presque prêter à sourire, des images d’archives déchirantes viendront tout de suite faire s’étrangler cet humour macabre. Cela n’empêchera pas le métrage de verser parfois dans le grand-guignol comme lorsqu’une baïonnette viendra déloger un fœtus du ventre de sa mère, mais ces écarts renvoyant aux énormités de Men behind the sun resteront rares au profit d’une violence brutale bien plus sournoise et malsaine qui sera vécue tout au long du film sans aucune concession.

Black sun the nanking massacreMalgré la volonté de l’auteur de nous impliquer dans la situation globale de ce massacre, plusieurs destins croisés viendront donc régulièrement intervenir pour nous faire suivre la trajectoire des membres de cette famille vue dès le début du film, permettant de fait au réalisateur d’avancer plusieurs abominations avec pour témoin ces deux enfants ou leur oncle qui au départ vont fuir ensemble avant d’être séparés, jouant ainsi avec nos sentiments qui vont osciller entre espoir et mélancolie face à la vie passée détruite de ces pauvres gens, avant que l’issue du film n’apportent une évidente amertume par son aspect triste et délétère, poignant même et mettant de côté tout espoir.

Black sun the nanking massacreMais ce ne seront pas les seuls protagonistes récurrents puisqu’en plus des membres de cette famille et des officiers, plusieurs personnages vont venir alimenter les situations, avec ces observateurs humanitaires étrangers (américains ou allemands) qui tenteront avec leurs faibles moyens d’empêcher les japonais de continuer leur carnage dans la zone censée abriter les réfugiés civils, pour se faire régulièrement humilier ou bafouer, même si on sentira une réserve et une peur de la communauté internationale de la part des responsables japonais, qui sera facilement liable avec leur volonté de cacher leurs méfaits, tandis que parmi les personnages récurrents on trouvera ce collaborateur de la première heure qui connaîtra finalement un destin délicieusement ironique à la hauteur de sa trahison.

Black sun the nanking massacreAu-delà même de chaque situation horrible et sordide, ce sera la représentation parfaite de l’étendue du carnage qui fera froid dans le dos, l’auteur ayant réussi à retranscrire l’ampleur de ce carnage de manière efficiente, par ces plans d’ensemble impressionnants et macabres de la berge de ce fleuve jonchée de cadavres, mais aussi en nous montrant par exemple des exécutions massives de chinois, fusillés lâchement ou décapités froidement par des bourreaux qui sembleront quand même trouver du plaisir à tuer, et ce même si les japonais ne seront pas entièrement montrés comme des bêtes assoiffées de sang, le dialogue entre un responsable militaire et un sage qui sera bien plsu réservé en désapprouvant ce massacre.

Black sun the nanking massacreEt bien entendu, les nombreuses images d’archives aideront encore l’ensemble à devenir perturbant, entre ces scènes de combats et de violences contre les chinois filmées à l’époque et ces photos représentants des exactions en totale équation avec certaines atrocités reconstituées, tout en faisant osciller continuellement le métrage entre une option documentaire qui serait alors desservie par les outrances sanglantes et un aspect "exploitation" alors amoindri par ce positionnement se calant sur la réalité historique pour décrire les faits.
Mais cette cohabitation délicate ne viendra jamais nuire à l"efficacité de l'ensemble et encore moins à l'impact global du film qui donnera quand même à réfléchir, tout en poussant le spectateur à se demander pourquoi ce génocide est resté si peu connu et évoqué par rapport aux atrocités nazies auxquelles les abominations japonaises d'alors n'ont rien à envier.

Black sun the nanking massacreL'interprétation restera convaincante, naturelle et sans surjouage pour continuer de laisser ce sentiment d'authenticité envahir le spectateur, tandis que la mise en scène du réalisateur restera efficace pour nous faire mesurer l'ampleur du carnage et étant fluide et sans effets inutiles. Les effets spéciaux resteront globalement probants, même si certains trucages sanglants pourront paraître basiques et quelque peu voyants.

Donc, ce Black sun : the nanking massacre parviendra à se montrer édifiant et perturbant vis à vis de son sujet traité avec une certaine déférence et un reagrd historique, tout en ayant la volonté de mettre en avant de façon graphique et sanglante les exactions commises !

Black sun the nanking massacreLe DVD de zone 2 anglais édité par Tartan Video avancera une image souvent nette même pas exempte de quelques défauts de la pellicule d'origine qui seront présents, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale très discrète, le métrage étant ici proposé dans sa version originale cantonaise, avec heureusement des sous-titres optionnels en anglais.
Par contre, contrairement au DVD de zone 1 qui avancera plusieurs modules apparemment intéressants sur l'histoire du massacre de Nanki, ici aucun bonus ne sera disponible.

Pour ceux qui voudraient découvrir cet épisode oublié de la Seconde Guerre Mondiale traité sans concession, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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