17.11.08

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Varver

Réalisé par Franklin Guerrero Jr (déjà auteur du sympathique The 8th plague), ce Carver proposera à son spectateur un voyage glauque dans la violence sordide et malsaine autour d'une intrigue certes simpliste mais captivante et par moments envoûtante.
Le script met en scène un groupe de jeunes adultes qui, en route pour un séjour de camping, vont se retrouver être les victimes d'un psychopathe s'amusant à filmer et à mettre en scène ses meurtres.

CarverD'entrée, le métrage va annoncer la couleur en avançant lors de sa séquence pré-générique une demoiselle se réveillant ligotée dans une cave crasseuse sans qu'elle n'ait le temps d'essayer de se libérer avant d'un imposant personnage ne vienne la maltraiter et finalement la décapiter, pour ensuite laisser la place à la présentation des personnages principaux et d'abord Bryan et Pete, deux frères en route pour retrouver Rachel et Zack, un couple d'amis à eux avec qui ils ont organisé une partie de camping dans les bois. Le point de ralliement se trouvera être un bar miteux, le "QG", qui au-delà même de son apparence décrépi et nauséabonde (les toilettes...), permettra au réalisateur de déjà faire monter une certaine tension aussi bien au travers du tenancier étrange et de son compagnon patibulaire que par l'intrusion d'un policier qui va justement emmener ce dernier avec lui. Au moment de repartie, le propriétaire du bistrot, handicapé d'une jambe, va demander de l'aide au groupe pour rentrer quelques fournitures, en échange de la promesse d'une soirée avec boissons gratuites lors du prochain karaoké, ayant justement lieu le soir même. Après l'avoir aidé, les quatre personnages vont donc se rendre dans la forêt et faire la connaissance de Kate, une campeuse attendant des nouvelles se son amie disparue quelques temps auparavant.

CarverCette mise en situation présentera des personnages définitivement éloignés des stéréotypes du genre pour leur permettre d'avoir l'air naturel, entre la gaieté du couple et les petits problèmes existants entre les deux frères, Bryan se sentant étouffé par son frère plus âgé et trop protecteur, ce qui facilitera une certaine identification qui ne fera que rendre les événements à venir plus douloureux et impactants. Et justement ensuite les cinq protagonistes vont s'en aller faire une petite randonnée, à la recherche de l'amie de Kate, pour découvrir une vielle maisonnette apparemment abandonnée dans laquelle ils vont bien entendu pénétrer pour inspecter les lieux.

CarverAu cours de leur exploration, ils vont découvrir de vielles bandes de films en 8mm ainsi qu'un projecteur. Leur curiosité éveillée, ils vont lancer une des bandes pour tomber sur une sorte de films d'horreur amateur montrant un individu massacrer des campeurs, le tout d'un réalisme insoutenable. Bien sûr, le spectateur reconnaîtra sans problème l'assassin comme étant celui de l'introduction, alors que le réalisateur arrivera à présenter cette bande 8mm à la manière d'un "snuff" de façon largement efficace et parvenant à mettre mal à l'aise sans pour autant verser dans un gore franc, mais le montage adoptée rendra cette séquence particulièrement efficace, achevant d'installer une atmosphère lourde de menace et de tension, surtout que Bryan, s'étant déjà permis de voler une des bandes, croira reconnaître les lieux du "tournage" du film qu'ils viennent de voir dans les bois, retrouvant même par terre une dent humaine.

CarverCela n'empêchera par les cinq personnages de se rendre à la soirée donnée au "QG", laissant ainsi peu à peu le piège se refermer sur eux, d'autant que Pete va insister pour retrouver dans la maisonnette reposer la bande substituée par son frère, ouvrant ainsi une seconde partie au cours de laquelle le métrage va sombrer dans la folie sanglante la plus glauque qui n'épargnera personne lors d'une série de situations toute plus brutales et vicieuses les unes que les autres. En effet, le réalisateur va alors faire intervenir son meurtrier qui va d'abord s'en prendre à Zack pour une scène inédite au cours de laquelle ce dernier va se faire écraser les testicules avec une pince (en gros plan s'il vous plaît !), avant que l'intrigue ne se déplace dans les bois et surtout dans la maisonnette qui va se révéler être le lieu de tous les carnages, laissant le tueur s'amuser avec ses victimes de façon sauvage et perverse (les clous enfoncés dans différentes parties de l'anatomie d'une demoiselle) mettant en avant une brutalité sans nom dans l'art de mutiler et de copieusement massacrer ses victimes agonisantes à coups de marteau ou à l'aide d'outils divers et variés.

CarverMais malgré ce qu'on pourrait croire, le métrage ne versera jamais dans le voyeurisme béat, laissant ses abominations terribles s'inscrire dans une action sans cesse renouvelée qui laissera même au-delà de la tension permanente percer un certain suspense pour mieux réussir à amener des effets de surprise globalement performants, tout en arrivant également à interpeller dans le choix précaire des survivants potentiels pour ainsi s'écarter des principes de base du genre et continuer à surprendre pour même devenir sévèrement nihiliste dans son final refusant toute "happy-end" pour mieux assener un dernier coup au spectateur.

CarverRendus humains et attachants par une approche naturelle, les personnages subiront donc des violences qui affecteront le spectateur, le mettant mal à l'aise, coincé entre le caractère débridé et "jouissif" de la cruauté barbare du tueur et l'empathie ressentie pour les protagonistes, sentiment qui sera encore renforcé par l'atmosphère glauque et sordide enveloppant le métrage (même si parfois cet aspect pourra sembler trop appuyé, comme lorsque le réalisateur "s'amusera" avec les excréments), avec ces images "snuff" de la première partie et l'ambiance délétère et suffocante de la maisonnette, renvoyant directement aux grandes heures du premier Massacre à la tronçonneuse avec lequel le métrage entretiendra d'étroites relations, avec en plus aussi bien son tueur imposant et masqué (même si ici ce ne sera pas de la peau humaine) qu'avec le traitement fait des restes humains.

CarverAlors bien sûr l'intrigue ne sera pas follement originale dans son concept et laissera quelques longueurs d'avance au spectateur qui n'aura que très peu de doutes sur l'identité du meurtrier rapidement mis en scène et déclaré comme tel (avec notamment la séquence ou le policier va l'emmener à travers bois jusqu'à la dépouille torturée d'une jeune femme), mais le réalisateur aura l'intelligence de laisser plusieurs zones d'ombre traîner tout au long du film pour ne jamais devenir prévisible sur le fond ( et ce même si quelques situations auront un goût de "déjà-vu"), mais surtout aucun twist foireux ne viendra endeuiller le dernier acte pour préférer une simplicité désarmante et tout aussi efficace.

CarverL'interprétation est exemplaire, avec de jeunes acteurs n'en faisant jamais trop et parvenant à faire passer leurs sentiments et leur douleur, tandis que la mise en scène de Franlin Guerrero Jr (un auteur à suivre dans l'avenir qui après la bonne impression de son premier long métrage confirme ici un talent indéniable et une volonté jusqu'auboutiste rare) est efficace pour imprégner son film d'une atmosphère lourde et sordide tout en suivant l'action de près pour rendre ses temps forts dramatiques et tétanisant, tout en faisant preuve d'un sens du suspense avéré. Les effets spéciaux sont largement probants pour verser dans un gore franc et direct qui ne cherchera pas pour autant l'outrance ou la surenchère afin de toujours demeurer réaliste et ainsi de montrer une violence brute et sans rémission.

Donc, ce Carver arrivera sans peine à devenir complètement immersif dans son art d'atteindre des sommets de sauvagerie franche mais sans jamais devenir contemplatif ou inutile pour un résultat qui méritera largement d'être découvert par sa capacité à mettre mal à l'aise et pour son jusqu'auboutiste définitif !

CarverLe DVD de zone 2 anglais édité par Danger After Dark avancera une image nette mais qui aura hélas tendance à perdre quelques détails lors des séquences se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera largement efficace en renforçant encore l'atmosphère trouble du film tout en appuyant certains temps forts pour mieux se montrer discrète ailleurs, le métrage étant ici proposé en version anglaise sans aucun sous-titres.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un petit mais intéressant making-of laissant surtout la parole aux différents interprètes du film, quelque scènes coupées non dénuées d'intérêt, une courte galerie de photos, ainsi que la bande-annonce du film suivie de celles d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient plonger dans l'ambiance macabre et sauvage de ce film d'une brutalité absolue, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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