Archives pour: Juin 2009

30.06.09

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Horror rises from the tomb

Mettant largement en avant la star du cinéma fantastique ibérique Paul Naschy, ce Horror rises from the tomb présentera un mélange quelque peu fouillis des grands thèmes du genre, avec aussi bien des relents de vampirisme que de sorcellerie avec également la présence de morts-vivants, pour un ensemble pourtant largement agréable à suivre et devenant même attachant, avec un érotisme léger qui sera aussi bien présent.
Le script va laisser les descendants de ceux qui ont condamné et tué un hérétique ayant pactisé avec le démon effectuer des recherches dans une villa perdue au milieu de la montagne afin d'y retrouver les restes de ce sataniste, réveillant par là même la malédiction.

Horror rises from the tombLe métrage va dans son introduction prendre place dans la France du quinzième siècle pour y suivre l'exécution d'Alaric de Marnac et de sa muse Mabille de Lancré, tout deux accusés de sorcellerie et autres actes immondes et qui vont périr décapité pour Alaric et fouettée et pendue par les pieds pour Mabille, non sans avoir eu le temps de proférer la traditionnelle malédiction à l'encontre de la descendante de leurs bourreaux, le frère d'Alaric en tête. Le corps et la tête seront enterrés en deux endroits différents afin que celui-ci ne puisse jamais revenir…en théorie. Cette introduction restera bien basique et typique, tout en surprenant quand même légèrement en avançant une décapitation franche et en dénudant sans hésitation Mabille.

Horror rises from the tombEnsuite le métrage va faire un bond jusqu'à nos jours pour rejoindre Paris et Hugo de Marnac allant rendre visite à son ami Maurice, un peintre moderne qui sera tout heureux de pouvoir retrouver sa fiancée Paula, tandis qu'Hugo retrouvera Sylvia, la sienne. Le quatuor va recevoir la visite d'un couple d'amis qui vont évoquer une séance de spiritisme à venir en compagnie d'une médium réputée, intéressant les demoiselles mais laissant Hugo de marbre et même franchement sceptique, celui-ci acceptant finalement de participer afin d'essayer de prendre contact avec son ancêtre et ainsi savoir où sont enterrés sa tête et son corps, tout en prenant la chose pour un jeu.

Horror rises from the tombCe qui nous vaudra donc une séance de spiritisme classique avec cette vieille femme invoquant l'esprit d'Alaric de Marnac, qui bien entendu répondra présent et fera voler quelques objets tout en dévoilant le lieu de "ses" sépultures. Toujours sceptique, Hugo proposera à ses amis de se rendre dans sa résidence montagneuse abritant la crypte censée contenir les restes d'Alaric, afin de prouver aux autres que tout ceci ne sont que des balivernes. Le groupe se mettra donc en route et après quelques péripéties extérieures à l'intrigue principale mettant en scène des montagnards rustres et adeptes de la justice expéditives (histoire de bien exacerber l'aspect reculé et arriéré de l'endroit), ils vont arriver dans cette demeure complètement isolée, attendus par le vieux gardien et ses deux filles, dont l'une, Elvira, fut un des amours de jeunesse d'Hugo.

Horror rises from the tombNous aurons bien sûr droit aux avertissement du vieux gardien ne souhaitant pas du tout aller dans la crypte, ce qui n'empêchera pas Hugo de s'adjoindre les services de deux hommes pour commencer à fouiller le jardin, à la recherche du corps d'Alaric. Ce sera finalement Maurice, déjà hanté par des visions de la tête d'Alaric venant lui rendre visite fréquemment, qui trouvera l'endroit et un coffre inviolable sera sorti de terre et rangé dans un garage en attendant le lendemain pour de nouvelles tentatives d'ouvertures. Mais les deux hommes venus aider vont revenir de nuit et ouvrir le coffre contenant la tête d'Alaric qui va commencer à posséder l'esprit de l'un deux pour le forcer à massacrer l'autre, puis le vieux gardien attiré par les bruits, lançant ainsi véritablement l'intrigue, surtout que bientôt, la tête va retrouver son corps et que Mabille va elle aussi ressusciter, également prête à se venger de Hugo et de Maurice, lui aussi étant un descendant de leurs bourreaux.

Horror rises from the tombA partir de ce moment-là, l'intrigue va quelque peu partir dans tous les sens, laissant Alaric et sa compagne se livrer à quelques méfaits en compagnie des possédés dans une crypte pour des séquences bien kitsch (la tenue d'Alaric y étant également pour beaucoup…), tandis qu'il va lever un petit groupe de morts-vivants allant attaquer Hugo et Elvira sans réellement ardeur, mais le métrage se laissera aussi aller à plusieurs scènes plutôt tendues lorgnant du côté du "slasher" avant l'heure avec ce possédé armé d'une grande faucille qui ira tenter de faire le ménage par le vide dans la demeure. Et ce ne sera pas tout puisque Alaric et Mabille iront faire un petit tour en ville le temps de trouver chacun de leur côté une victime pour assouvir leur soif de cœur humains. Mais Hugo et Elvira n'ont pas dit leur dernier mot, la demoiselle ayant eu vent par son père d'un talisman capable de détruire ce qui pourrait un jour venir les hanter.

Horror rises from the tombCette seconde partie du film sera largement concluante malgré quelques baisses de rythme et ces ellipses sporadiques, pour également jouer avec les nerfs du spectateur grâce aux doutes sur la possession ou non de certains protagonistes, ce qui entraînera quelques passages tendus et maîtrisés par le réalisateur (la hache), tout en nous réservant une surprise de taille avec la mort précoce et cruelle de l'un des principaux personnages, pour finalement laisser une issue quand même précipitée venir clore les débats sur un dernier plan porteur d'une note mélancolique et triste qui tranchera largement avec l'aspect happy-end habituel.

Horror rises from the tombMême si son intrigue demeurera classique et fourre-tout, le métrage pourra surprendre par son aspect résolument moderne, au niveau de l'érotisme largement présent, les demoiselles dormant nues tandis qu'Alaric sera foncièrement libidineux en dénudant systématiquement les poitrines de ses victimes, tandis que la belle Mabille portera des vêtements transparents suggestifs, le réalisateur ne manquant aucune occasion pour apporter de la sensualité à l'ensemble. Et l'aspect horrifique sera également graphique (même si il pourra paraître bien timide aujourd'hui), avec ces plaies volontaires et autres gros plans sanglants de mains déchirant l'abdomen d'une victime afin d'y extraire le cœur.

Horror rises from the tombMême s'ils n'auront pas franchement toujours le temps de s'exprimer, les personnages tenteront de gagner un peu de profondeur avec certains détails de l'intrigue, comme Hugo qui retombera dans les bras d'Elvira qu'il a aimé dans sa jeunesse, refusant par là même un baiser de sa petite amie avec qui il est venu, tandis que tous sembleront agir pour essayer de sauver leur bien-aimée des griffes de ce Alaric démoniaque. Ces personnages bénéficieront d'une interprétation cohérente, avec Paul Naschy qui jouera ici trois rôles dont deux principaux, puisqu'il interprétera Hugo et Alaric, en surjouant carrément à chaque apparition de ce dernier dans des élans souriants et kitschs, tandis que la belle et frêle Emma Cohen apportera à Elvira une douceur largement attachante, mais les autres interprètes resteront terne et sans aucun charisme, faisant encore plus se détacher le jeu de Paul Naschy.

Horror rises from the tombLa mise en scène du réalisateur Carlos Aured est plutôt convaincante mais manquera quand même de rythme lors de certaines situations du métrage, tout en arrivant parfaitement à jongler avec les angles de prises de vue pour avancer la tête coupée d'Alaric sans que les trucages soit trop décelables et en laissant une ambiance sinistre planer sur l'ensemble. Les quelques effets spéciaux sanglants du métrage sont plutôt probants, certains bien faciles et rudimentaires tout en arrivant à créer l'illusion, tandis que les maquillages des morts-vivants seront par contre largement réussis.

Donc, ce Horror rises from the tomb se suivra sans aucun mal et saura même se montrer sous son meilleur jour pour s'attirer la sympathie du spectateur en intensifiant ses aspects graphiques, horrifiques ou sensuels !

Horror rises from the tombLe DVD de zone 1 édité par BCI Eclipse avancera une image plutôt nette mais ayant conservé quelques uns de ses défauts d'origine, tandis que la bande-son sera appréciable, avec une partition musicale datée mais surprenante, le métrage étant ici disponible dans sa version originale espagnole et dans sa version anglaise, le tout avec des sous-titres anglais optionnels.
Au niveau des bonus, on pourra suivre une courte introduction par un Paul Naschy enjolivant le métrage, ainsi que la bande-annonce originale du film, quelques scènes alternatives qui ne seront que des reprises habillées des scènes érotiques du film, la séquence d'ouverture originale en espagnol et une conséquente galerie d'affiches internationales et de photos du film. Le DVD sera aussi accompagné par un petit encart contenant des notes de production.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce petit film espagnol horrifique et volontaire du début des années soixante-dix, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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29.06.09

07:40:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

All the colors of the dark

Avec ce All the colors of the dark, le réalisateur italien Sergio Martino signait un "giallo" envoûtant et onirique en mélangeant les genres pour ainsi apporter une touche sataniste directement héritée du Rosemary's baby de Roman Polanski tout en suivant le mental perturbé du personnage central, faisant de la sorte de mélanger adroitement cauchemars et réalité.
Le script va laisser une jeune femme, fragilisée par un accident et croyant être poursuivie par un mystérieux individu vu auparavant en rêves, pénétrer dans un univers satanique fait de messes noires.

All the colors of the darkAprès un générique bucolique étrange, le métrage va directement rentrer dans les cauchemars de son héroïne pour une première séquence véritablement ensorcelante et bien folle qui lancera le métrage sous les meilleurs augures, avant de céder sa place à la présentation de cette jeune femme, Jane, victime donc de cauchemars récurrents mettant notamment en scène un bien étrange personnage aux yeux bleus très spéciaux armé d'un couteau la tailladant, et soignée par Richard, son petit ami, qui la retrouvera juste après son réveil sous la douche (permettant à Sergio Martino de lorgner sur le physique divin d'Edwige Fenech) et l'invitera à prendre ses médicaments prescrits pour la seconder suite à une épreuve très douloureuse puisque suite à un accident de voiture elle a perdu son bébé.

All the colors of the darkL'intrigue va donc s'attarder quelque peu dans la présentation du couple de personnages principaux afin de nous donner les éléments nécessaires à la bonne compréhension du traumatisme vécu par Jane, tandis que Richard continuera à refuser de laisser Jane aller voir le psychanalyste vanté par Barbara, la sœur de Jane. Mais les cauchemars vont continuer, empêchant par exemple Jane de s'accomplir et d'achever un acte sexuel avec Richard, pour toujours mettre en scène cet homme au regard bleu. Finalement Jane franchira le pas et ira voir ce Docteur Burton avec qui sa sœur travaille pour lui raconter ses déboires cauchemardesques et ce sera dans la salle d'attente qu'elle verra pour la première fois dans la réalité son agresseur jusque là onirique.

All the colors of the darkMais rêve et réalité vont également continuer de se mélanger lorsque Jane rentrera chez elle en métro et sera à nouveau poursuivie par cet homme, pour une séquence remarquable, tendue et largement stressante en jouant largement sur l'attente du passage à l'acte du présumé agresseur. Ce genre de scène se répétera plusieurs fois, faisant surgir cet individu de plus en plus agressif à des moments inattendus pour ainsi créer un climat chargé d'un suspense omniprésent que la rencontre de Jane avec Mary, une de ses nouvelles voisines ne viendra pas amoindrir, le sentiment de paranoïa englobant l'ensemble rendant chaque personnage suspect. Et ce sera Mary qui en jouant sur la faiblesse émotionnelle de Jane, va la pousser à l'accompagner à une messe noire censée la délivrer de ses tourments.

All the colors of the darkCette séquence satanique restera un des grands moments du métrage en étant magistralement orchestrée par Sergio Martino pour lui conférer une ambiance gothique maîtrisée et ne versant heureusement pas dans le kitsch pour au contraire devenir instantanément envoûtante et même graphique avec ce chien sacrifié et cet aspect sexuel bien présent. Mais hélas pour Jane, son agresseur aux yeux bleus continuera de se manifester et l'intrigue semblera s'orienter vers un complot dont les tenants et les aboutissants vont demeurer mystérieux jusqu'au final bien trouvé mais agrémenté d'éléments parfois complexes (les allusions à la mère de Jane), pour laisser les tourments mentaux de Jane perdurer et alimenter l'intrigue en rebondissements et en situations toujours tendues et faisant se mélanger adroitement rêves et réalité.

All the colors of the darkCe sera justement dans cet exercice que le réalisateur va briller, pour ainsi malmener le spectateur quelque peu perdu par ces séquences oniriques trouvant quand même largement leurs fondements dans la réalité au point de ne plus savoir que penser des situations vécues par Jane, entre délires mentaux et vérité réelle qui vont nous bluffer régulièrement et notamment dans une séquence absolument paranoïaque tétanisante. Mais cela n'empêchera pas l'auteur de se jouer des codes du "giallo" avec brio pour mettre en scène cet agresseur omniprésent dans l'environnement de Jane et allant jusqu'à tuer pour intimider et mieux déstabiliser la jeune femme lors de scènes remarquables et jouant parfaitement sur certains faux-semblants.

All the colors of the darkL'idée de mélanger "giallo" et complot satanisme permettra à Sergio Martino de créer dans la seconde partie du métrage une atmosphère aliénante en laissant son héroïne être persécutée par ce groupe sataniste tout en laissant des détails nous faire douter de l'appartenance ou non à ce groupe de chacun des protagonistes, Richard en tête qui semblera quand même trop empressé auprès de Jane, tandis que les autres, du docteur Burton à Barbara, la sœur de Jane pourront eux aussi avoir des connections avec ce groupe, laissant le final nous révéler la vraie nature de chacun et surtout des motivations bien imprégnées de l"univers du "giallo". Dans ce contexte, chaque personnage aura son importance et viendra apporter son lot de questionnements et de doutes, même les plus innocents en apparence (le couple de gardien de la maison de campagne du docteur Burton par exemple), en étant tout mis en avant de manière adaptée et sibylline par le réalisateur.

All the colors of the darkL'interprétation ira dans ce sens et sera parfaitement appropriée, avec une Edwige Fenech impériale aussi bien par son jeu impliqué que par sa beauté illuminant le métrage et régulièrement exacerbée par Sergio Martino, tandis que George Hilton livrera une prestation conforme et que Ivan Rassimov prêtera son physique terriblement intimidant à l'agresseur de service. La mise en scène de Sergio Martino est largement impliquante et participe grandement à la création du climat du film avec des angles de prises de vue adéquats et l'utilisation d'effets visuels adaptés, tout en magnifiant les séquences et en réussissant à installer un suspense durable sur l'ensemble du film.

Donc, ce All the colors of the dark sera un "giallo" très spécial, partiellement déroutant mais toujours efficace, ensorcelant et jonglant parfaitement avec ses séquences oniriques défiant la réalité !

All the colors of the darkLe DVD de zone 1 édité par Media blasters avancera une image nette et ayant juste conservé quelques petits défauts d'origine, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale également impliquante et parfois décalée, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise et italienne accompagnée de sous-titres en anglais.
Au niveau des bonus, on pourra suivre une interview du réalisateur Sergio Martino qui reviendra notamment sur la genèse du film, tandis que celle de l'acteur George Hilton permettra à celui-ci surtout de s'attarder sur sa relation avec Edwige Fenech. Les autres bonus avanceront une conséquente galerie de photos, l'ouverture et la dernière séquence alternatives américaines, ainsi que la bande-annonce originale d'époque du film italienne et américaine, complétées par celles d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir cet excellent "giallo" sataniste, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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26.06.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

The sister of Ursula

Mélange de "sexploitation" flirtant parfois avec le hardcore et de "giallo", ce The sister of Ursula se servira d'une intrigue fourre-tout devenant rapidement fastidieuse pour avancer son quota de scènes de meurtres guère graphiques malgré l'utilisation d'une arme inédite (un phallus géant servant à déchirer les victimes féminines) et de séquences érotiques souvent gratuites mais osées, tout en avançant également un soupçon de surnaturel, rendant ainsi l'ensemble quelque peu brouillon mais heureusement plaisant à suivre.
Le script va laisser deux sœurs s'installer dans un hôtel au bord de la mer pour se reposer suite au décès de leur père mais rapidement une série de meurtres va endeuiller l'endroit.

The sister of UrsulaSans préambule le métrage va nous présenter ses deux personnages principaux, Dagmar et sa sœur Ursula, débarquant dans un hôtel balnéaire hors saison pour y séjourner, laissant tout de suite une sorte de mystère s'installer autour d'Ursula, celle-ci regardant étrangement des statues présentes dans la réception de l'hôtel. L'intrigue va laisser les deux demoiselles prendre possession de leur chambre, avec en prime un premier effeuillage de Dagmar qui se "mettra à l'aise" en se déshabillant lentement, porte-jarretelles compris, pour peu après faire la connaissance du patron de l'hôtel, Roberto qui l'invitera à se rendre au night-club proche où se produit Stella Shining, une chanteuse du cru, ce qu'elle fera en compagnie d'une Ursula guère à sa place et méprisante avec les autres et notamment avec un jeune homme, Filippo, présenté à elles par Roberto.

The sister of UrsulaMais parallèlement, nous allons assister au premier meurtre puisqu'un mystérieux individu va accoster une prostituée, lui demandant si elle a un petit ami, pour ensuite la payer afin de pouvoir la regarder faire l'amour avec celui-ci, offrant de fait l'opportunité au réalisateur de nous offrir une seconde scène "chaude" largement érotique, flirtant même sporadiquement avec le hardcore, mais lorsque ce sera terminé, l'inconnu sortira de l'ombre pour s'attaquer à sa victime, sans que le métrage ne s'attarde sur ce meurtre dont nous apercevrons le résultat brièvement par la suite, le corps ensanglanté au niveau du bas ventre de la prostituée.

The sister of UrsulaCe meurtre va mettre Ursula dans tous ses états, puisqu'elle dira avoir vu le meurtre en rêve, confirmant ainsi ses talents de clairvoyance, laissant par la suite l'intrigue avancer aussi la possible communication de la demoiselle avec les morts et bien entendu avec son père pour un élément surnaturel plutôt sous-exploité et uniquement prétexte à quelques petites séquences s'essayant vainement à l'effroi mais sans procurer l'effet désiré en étant largement trop succincte et basique dans la présentation de quelques petits événements soi-disant surnaturels (portes s'ouvrant toutes seules, notamment), laissant seul la peur d'Ursula face à Filippo prévaloir légèrement puisque Ursula prédira que le jeune homme va l'assassiner, le plaçant ainsi de fait en haut de la liste des suspects de crimes dans les environs.

The sister of UrsulaCar en effet, le premier meurtre ne restera pas isolé, et bientôt d'autres vont suivre, pour d'abord voir un couple de jeunes fugueurs périr en plein ébat (tant qu'à faire…) des mains de l'assassin dont nous commencerons à entrevoir son arme spéciale, mais ensuite, les victimes se recentreront autour de l'hôtel puisque ce seront des protagonistes développés dans l'intrigue qui vont périr toujours de la même manière, sans que le réalisateur ne visualise véritablement l'arme avant le final pour préférer jouer avec les "ombres chinoises". Ces scènes de crimes resteront classiques dans la tradition du "giallo (avec tueur dont nous ne verrons que les yeux et portant les obligatoires gants noirs) et sans réellement ampleur, les victimes connaissant traditionnellement presque toutes le meurtrier pour lui parler et ne pas se méfier de lui, renforçant le spectateur dans l'idée que le criminel se cache parmi les personnages traversant l'intrigue, ce que le final confirmera lors d'une série de révélations d'abord guère intéressantes en n'étant pas directement liées au meurtrier avant de nous révéler son identité presque prévisible avec un peu de discernement et un sens de l'observation aiguisé.

The sister of UrsulaEt justement, cette intrigue sera éparpillée entre les déboires de Roberto avec son épouse lesbienne voulant divorcer, les problèmes de drogue d'un Filippo toxicomane et définitivement jaloux de cette Stella Shining qu'il veut pour lui seul alors que cette femme aura des tendances volages avérés et bien entendu les visions et les crises d'Ursula empêchant sa sœur de voir ce Filippo vers lequel elle est attiré, donnant de la sorte à l'ensemble une impression de foutoir pas forcément bien organisé mais où tous les protagonistes auront des raisons valables de tuer, chacun semblant cacher un secret tout en étant libidineux, permettant au film de mettre en avant un érotisme très présent.

The sister of UrsulaEn effet, ce sera avec le rythme d'un métronome que le métrage va voir se succéder des scènes sensuelles parfois complètement gratuites (comme cette masturbation nocturne de Dagmar avec une chaîne en or…) mais souvent liées au méfaits d'un tueur prenant apparemment un plaisir à devenir voyeur, quitte à payer ses victimes pour pouvoir les regarder faire l'amour dans des relations hétérosexuelles ou même saphiques. Mais le réalisateur s'arrangera également pour déshabiller ses actrices sans raison valable, avec également une petite scène de douche pour qu'Ursula ne soit pas en reste et nous montre aussi ses atouts physiques alors qu'elle ne participera pas à moindre ébat du métrage.

The sister of UrsulaL'interprétation est cohérente, assez morne et sans réel charisme à l'écran, laissant seule Barbara Magnolfi (auparavant vue dans le Suspiria de Dario Argento) apporter un peu de mystère dans le rôle d'Ursula, tandis que Stefania D'Amario saura se monter sensuelle en jouant Dagmar et que Marc Porel apportera qaund même un peu de conviction pour interpréter Filippo. La mise en scène du réalisateur Enzo Milioni sera plutôt terne, sans effet et aura du mal à donner de l'importance aux scènes de meurtres. Les quelques rapides effets spéciaux demeureront basiques et vite expédiés pour suivre les résultats de plus en plus sanglants des meurtres.

Donc, ce The sister of Ursula, "giallo" arrivant tardivement dans le genre, se suivra facilement par sa galerie de personnages troubles et par son aspect sensuel volontaire et régulier, qui allié à son meurtrier utilisant une arme originale et à cet élément surnaturel, donnera un ensemble certes hétéroclite et faussement complexe, mais ayant tous les atouts pour plaire aux amateurs de cinéma-bis déviant et érotique pas trop exigeant !

The sister of UrsulaLe DVD de zone 1 édité par Severin Films avancera une image ayany juste conservé quelques uns de ses défauts d'origine, tandis que la bande-son sera assez efficace, grâce notamment à une partition musicale typique, le métrage étant ici proposé dans sa version originale italienne, accompagnée de sous-titres anglais.
Au niveau des bonus, on pourra suivre une longue interview du réalisateur qui reviendra longuement sur la genèse du film avec de nombreuses anecdotes tout en donnant son avis sur ses acteurs et actrices, laissant même le réalisateur nous conter les éléments tragiques de al vie de Marc Porel. La bande-annonce originale en italien accompagnera seule cette interview.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce "giallo" largement érotique, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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25.06.09

07:10:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Les mois se suivent et se ressemblent un peu au niveau des sorties DVD de titres fantastiques et horrifiques, puisqu'après un mois de mai sans "grosses pointures" mais fourni en rééditions et en rattrapages, ce mois-ci présentera les mêmes symptômes avec quelques titres attendus (et d'autres beaucoup moins…), quelques suites et pas mal de rééditions diverses !

Harlequin
Patrick

Au chapitre des films déjà édités en DVD et revisités, l'éditeur Tiffany nous proposera deux titres proposés à l'époque avec la revue Mad Movies, le Harlequin de Simon Wincer et son mystérieux personnage venant perturber la vie d'un politicien ainsi que Patrick de Richard Franklin et son paralytique doté d'un sixième sens, pour deux DVD aux affiches très belles mais pas forcément en adéquation avec le film.

Les vampires
Duel au couteau

Carlotta se penchera sur le cas de Mario Bava avec trois titres, son classique La baie sanglante pour nous le proposer une édition collector qui n'aura pas de mal à être supérieure à celles déjà existantes, tout en proposant deux inédits plus qu'intéressants, le Les vampires réalisé conjointement avec Riccardo Freda et son assassin s'en prenant à des victimes du même groupe sanguin ainsi que son méconnu Duel au couteau.

R-point

M6 Video donnera une seconde chance à R-Point et ses soldats isolés confrontés à des spectres pour une édition "steelbook".

Decadent evil 2
Swarm

Tout en continuant à sonder la catalogue de Charles Band avec Decadent evil 2 et en nous gratifiant de l'opportuniste Swarm : des fourmis dans l'avion et ses insectes cannibales, l'éditeur Elephant films réédite ce mois-ci deux titres du fond de son catalogue, X-Tro 3 (alors que les deux premiers sont toujours désespérément inédits chez nous…) et Castle of the dead et ses morts-vivants encapuchonnés graphiques.

La tombe de Ligeia

Enfin, Swift aura la bonne idée de proposer une édition française de La tombe de Ligeia d'un Roger Corman toujours inspiré par Edgar Allan Poe et bénéficiant du jeu halluciné d'un Vincent Price au meilleur de sa forme, tandis qu'Emylia restera bien discret en ne nous gratifiant que des ressorties de ses titres de la "sélection extrême" uniquement agrémentés d'un piste DTS.

Une virée en enfer 2
Alone in the dark 2

Dans la série des suites qui ne s'imposaient pas franchement, 20th Century fox tentera d'imposer Une virée en enfer 2 hélas bien trop molle et pas franchement aidée par une intrigue stupide, tandis que FIP lancera sur le marché Alone in the dark 2 qui semblera être aussi sinistre et encore plus confus que son prédécesseur.

Saw V
The rage

Et bien entendu, comme chaque année depuis le lancement de la franchise des Saw, Metropolitan/Seven 7 a accouché d'un nouveau rejeton avec Saw 5, déjà évoqué ici, tandis que l'éditeur nous gratifiera du très gore et souriant The rage pour un rattrapage de l'édition en zone 1 critiquée ici !

En quarantaine
Splinter

Mais heureusement, le mois du juin a vu sortir quelques inédits non négligeables, comme le sympathique Splinter et sa "créature" aussi piquante que sanglante proposé par CTV et récemment traité ici dans son édition en zone 2 anglais, ou encore le remake américain de [REC], En quarantaine édité par Columbia/ Tristar qui ne restera hélas qu'une copie conforme et sans âme du chef d'œuvre de Jaume Balaguero et Paco Plaza, l'éditeur nous offrant également ce mois-ci une édition en Blu-ray du premier SOS Fantômes.

Dark waters
Midnight chronicles

FIP ncore, qui en plus de ses ressorties éditera les obscurs Dark waters (à ne pas confondre avec le "nunsploitation" fantastique de Mariano Baino) pour une nième histoire de requins tueurs et Midnight chronicles.

Negative happy chainsaw
Succubes

De son côté WE Productions a édité le spectaculaire, drôle et touchant Negative happy chainsaw edge à découvrir ainsi que Succubes et son playboy confronté à un ange déchu ayant pris l'apparence d'une affriolante jeune femme.

solstice
The broken

A noter également les sorties de Solstice et son récit fantastique en apparence classique de l'un des deux réalisateurs du fameux Projet Blair Witch et de Hell ride et ses bikers sauvages chez TF1 Video sans oublier The broken et sa sombre histoire de doubles inquiétants chez Gaumont qui en outre nous proposera une édition en Blu-ray du Cinquième élément.

Meurtres
Timecrimes

Et enfin, les tueurs seront à l'honneur dans le "slasher" Meurtres édité par Opening et proposé avec le Mad Movies du mois sous son titre original de Murder loves killers two, mais aussi dans l'espagnol Timecrimes grâce à l'éditeur Pathé et déjà traité ici, et qui pourrait bien être le meilleur titre sorti ce mois-ci !

Donc en attendant les deux mois estivaux, l'amateur aura quand même de quoi assouvir sa soif de nouveautés et de (re)découvertes avec les titres ayant connu des éditions ce mois-ci !

Harlequin

Harlequin
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Patrick (1977)

Patrick (1977)
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Duel au couteau

Duel au couteau
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La baie sanglante

La baie sanglante
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Les vampires

Les vampires
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En quarantaine

En quarantaine
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Decadent Evil 2

Decadent Evil 2
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Swarm : Des fourmis dans l'avion

Swarm : Des fourmis dans l'avion
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Alone in the dark 2

Alone in the dark 2
Amazon à 12.99€
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Dark waters

Dark waters
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Midnight chronicles

Midnight chronicles
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The broken

The broken
Fnac à 10€
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Timecrimes

Timecrimes
Amazon à 13.21€
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Saw 5 - Edition collector

Saw 5 - Edition collector
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The Rage - Director's Cut (2007)

The Rage - Director's Cut (2007)
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La tombe de Ligeia

La tombe de Ligeia
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Negative Happy Chainsaw Edge

Negative Happy Chainsaw Edge
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Castle of the dead

Castle of the dead
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24.06.09

06:15:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Bloody moon

"Slasher" mâtiné de giallo détonnant quand même dans la filmographie de Jess franco, ce Bloody moon permettra au réalisateur de détourner les codes du genre et de s'en amuser de manière délicieuse et parfois aberrante, mais sans jamais tomber la parodie.
Le script va laisser un mystérieux individu tuer quelques demoiselles inscrites à une école de langues.

Bloody moonDans sa séquence d'introduction, le métrage va suivre Miguel, un homme défiguré, qui, après avoir entendu de la bouche de sa soeur Manuela des reproches quant à sa façon de la regarder, va rejoindre discrètement une fête étudiante pour subtiliser un masque de Mickey à un jeune homme bien occupé avec sa petite amie et ainsi pouvoir approcher une demoiselle sans que son visage repoussant l'effraie, danser avec elle et l'accompagner chez elle à des fins érotiques. Mais lorsque la jeune femme va enlever le masque pour ainsi découvrir le vrai visage de son compagnon, elle va se mettre à hurler et déclencher un accès de folie chez Miguel qui va la massacrer, lors d'une séquence presque sanglante avec ces gros plans trop rapprochés sur les plaies infligées.

Bloody moonEnsuite, le métrage va faire un bond dans le temps de cinq années pour voir Manuela venir chercher Miguel à l'hôpital psychiatrique où il était interné et d'où le médecin s'occupant de lui compte le laisser sortir libre, à condition que Manuela prenne soin de lui, lui évite trop d'émotions et le surveille au cas où. Miguel va donc pouvoir rejoindre la villa familiale où vivent Manuela et sa grand-tante âgée en fauteuil roulant au caractère acariâtre et ne voyant dans la sympathie de Manuela qu'un intérêt pour son argent. Mais pour ce qui est des émotions, Miguel risquera bien d'être servi puisqu'une école d'apprentissage linguistique s'est installée près de la villa et ce sont de nombreuses jeunes étudiantes qui y viennent apprendre l'espagnol.

Bloody moonEt en bon "slasher" qui se respecte, le métrage va se livrer à une présentation des principales victimes, quelques demoiselles idiotes et ne pensant qu'au sexe que nous allons suivre dans plusieurs péripéties gentiment ringardes (le dancing et sa musique disco éreintante), tout en s'intéressant principalement à Angela, un peu moins stupide que les autres, mais semble-t-il épiée par un mystérieux individu et/ou par Miguel. C'est ainsi que Jess Franco se permettra quelques scènes absurdes avec une première vague de fausses alertes comiques et surtout à ne pas prendre au premier degré (le petit garçon), tout en laissant quand même un petit climat de tension s'installer autour de la jeune femme qui finalement sera témoin du meurtre d'Eva, une de ses amies chez elle, sans bien entendu qu'aucune de ses amies n'arrive à la croire. Angela passera alors son temps à rechercher Eva, pour toute une série de situations plus ou moins improbables à l'humour discret (le rocher et les policiers), tandis que le mystérieux assassin continuera de rôder dans les parages.

Bloody moonEt la seconde partie du métrage s'animera alors véritablement pour lancer une série de meurtres parfois très graphiques (la scie circulaire) jusqu'au final nous révélant la véritable identité du meurtrier masqué pour un twist largement anticipable mais bien agencé dans sa résolution à tiroirs. Le métrage cherchera en effet quelque peu à brouiller les pistes pour nous réserver sa surprise finale, mais hélas ces tentatives demeureront assez vaines avec ces suspects potentiels bien trop flagrants, alors que l'obligatoire motif de ces crimes, qui rapprocheront le film de la thématique du giallo en étant matérialiste, sera un brin cruel et méchant puisque les jeunes victimes seront sacrifiées dans un but précis n'impliquant pas directement leur personne.

Bloody moonPour son incursion dans le "slasher", Jess Franco va certes reprendre les figures obligées du genre pour quelques meurtres s'essayant au suspense, mais également pour laisser la dernière survivante découvrir comme il se doit les cadavres des autres victimes par exemple, mais n'étant pas naturellement attiré par ce genre, il va en profiter pour s'en moquer quelque peu et avancer ainsi de multiples éléments croustillants pour qui prendra la peine de les appréhender au second degré. En effet, les victimes auront le don de se mettre quasiment toutes seules à la merci du tueur, avec notamment cette demoiselle adepte des plaisirs insolites qui se laissera le meurtrier l'attacher solidement dans une carrière où une scie circulaire énorme destinée à couper la pierre va pouvoir venir tranquillement la décapiter pour la scène la plus gore du métrage.

Bloody moonOn pourra également apprécier les nombreuses fausses alertes volontairement stupides et éculées qui parsèmeront l'intrigue, Jess Franco n'hésitant pas à avoir recours à un chat surgissant d'on ne sait où pour faire croire à un moment à la présence du tueur, mais il le fera de manière délicieuse, tout comme lorsqu'il mettra un mannequin derrière l'héroïne qui croira avoir affaire à son agresseur, les ficelles de ses séquences étant trop grosses pour ne pas y voir une volonté satirique du réalisateur sans que cela soit trop prononcé ou avancé ouvertement, refusant de la sorte la parodie.

Bloody moonMais cela n'empêchera pas certaines séquences de fonctionner pleinement, avec ces quelques débordements sanglants généreux et cet érotisme certes largement plus discret qu'à l'accoutumée chez Jess Franco mais bien présent surtout en sous-entendus pervers (puisqu'il sera même question d'inceste), sans oublier une certaine volonté provocatrice lorsque ce sera un petit garçon, témoin d'un des meurtres, qui se fera écraser de manière ouvertement volontaire par l'assassin. Tout cela n'a pas dû plaire à la censure anglaise, puisque le film a fait partie de la fameuse liste des "video nasties".

Bloody moonLes personnages resteront globalement stéréotypés, notamment les jeunes étudiantes, pour uniquement laisser Angela sortir un peu du lot et servir à autre chose d'à se faire trucider, tandis que ce Miguel ambigu arrivera à s'imposer quelque peu, l'ensemble bénéficiant d'une interprétation assez terne laissant Olivia Pascal dans le rôle d'Angela justement, parviendra quand même à tirer son épingle du jeu. La mise en scène de Jess Franco est assez commune, sans retrouver son éclat habituel ou ses expérimentations filmiques, pour se contenter de suivre l'action. Les effets spéciaux du film sont plutôt probants pour avancer quelques plans gores volontaires, même si certains trucages resteront flagrants avec une utilisation de mannequins bien visible.

Donc, ce bloody moon restera un film à part dans l'œuvre de Jess Franco, mais sans pour autant être décevante, tellement le réalisateur a semblé s'amuser avec les codes du "slasher" pour nous gratifier de nombreux clins d'oeils savoureux !

Bloody moonLe DVD de zone 2 anglais édité par Severin Films avancera une image juste quelque peu floue par moments (certainement des plans coupés et réintégrés ensuite dans le métrage), tandis que la bande-son sera plutôt convaincante, avec une partition musicale décalée souriante, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, on pourra suivre une interview d'un Jess Franco toujours aussi passionnant et ne mâchant pas ses mots lorsqu'il évoquera les mensonges éhontés de producteurs du film, ainsi que la bande-annonce originale du film.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce "slasher" atypique, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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23.06.09

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Cloistered nun : Runa's confession

Contrairement à ce qu’on pourrait croire au premier abord et comme son titre semblait l'indiquer, ce Cloistered nun : Runa’s confession, réalisé par le spécialiste de l'érotisme parfois mêlé de sado-masochisme Masaru konuma, ne versera pas entièrement dans la "nunsploitation" traditionnelle pour uniquement s'en servir dans sa première partie avant de bifurquer vers un érotisme classique au service d'une intrigue simpliste mais comportant bien entendu son quota de scène sensuelles.
Le script va suivre la vengeance d'une jeune femme, devenue nonne après avoir surpris sa sœur avec son petit ami de l'époque, envers tous ceux qui l'ont floué.

Cloistered nun : Runa's confessionPourtant le métrage va directement commencer par une scène subversive en suivant une jeune religieuse montant dans un clocher afin d'y sonner les cloches, mais rapidement elle va être rejoint par un prêtre aux intentions inavouables à la vue de son regard lubrique qui va s'empresser de tripoter la jeune femme avant d'abuser d'elle pendant qu'elle va continuer à tirer sur la corde actionnant le mouvement des cloches, dans une référence à peine dissimulée à l'univers SM cher à l'auteur. Mais après cette "mise en bouche" amusante et de bonne augure, le métrage va s'attarder à nous présenter son personnage principal, Runa, la jeune nonne vue juste auparavant, débarquant en ville pour y retrouver sa sœur avec qui elle s'était brouillé trois ans plus tôt après qu'elle ait surpris celle-ci en plein bat avec son propre fiancé (autorisant la réalisateur à insérer un petit flash-back sensuel). Désireuse de se réconcilier avant de quitter le pays pour une mission, Runa va donc proposer à sa sœur de passer quelques jours avec elle, tout en lui proposant une affaire juteuse puisque le recteur de son couvent souhaite vendre un terrain à un prix dérisoire, susceptible de promouvoir une plus-value très importante.

Cloistered nun : Runa's confessionLa sœur de Runa va donc contacter Keigo, le petit ami trompeur avec qui elle a rompu mais va faire croire à Runa qu'elle file le parfait amour et s'apprête à se marier, prétextant pour amadouer Runa que l'argent gagné par la plus-value leur servira à pouvoir se marier, pour l'aider à trouver l'argent nécessaire à l'achat du terrain, tout en cherchant de son côté en rencontrant des hommes qu'elle va tromper et abuser en leur offrant un cadeau un peu spécial pour se faire avancer de l'argent. Runa va donc être amenée à revoir Keigo, pour intérieurement se remémorer au cours d'un long flash-back son passage au couvent, synonyme d'exaction sexuelles puisqu'elle y fût violée par le prêtre de l'introduction pour ce qui restera comme la séquence la plus dépravée du métrage avec ce viol dans un environnement boueux sous les yeux d'une autre nonne qui s'enfuira, avant d'être recueilli par une religieuse avec qui elle aura des plaisirs saphiques également visualisés longuement par Masaru Konuma.

Cloistered nun : Runa's confessionEnsuite le réalisateur va délaisser la "nunsploitation" pour se contenter de suivre la vengeance de Runa, certainement pas dupe du petit jeu de sa sœur et le prouvant en montant un piège machiavélique qui va lui permettre de tromper et de se moquer salement de sa sœur, de Keigo et même du prêtre violeur, mais tout en délaissant l'habituelle violence pour au contraire laisser la roublardise de Runa réduire à néant les plans, les envies et les relations entre ses victimes, tout en confondant sa sœur vis-à-vis de ses emprunteurs qui, lorsqu'ils vont se rendre compte du jeu de dupe dont ils ont été victimes, vont amener la sœur de Runa dans un piège qui se terminera en viol collectif dévergondé dont sera victime la jeune femme lors d'une scène certes largement osée mais devenant surtout savoureuse avec l'humour corrosif et délirant du réalisateur qui trouvera ici son apothéose.

Cloistered nun : Runa's confessionPour le reste, Masaru Konuma va bien entendu jouer avec l'attirance orientale pour les uniformes en avançant cette nonne en habits traditionnels n'hésitant pas à se dénuder ou à s'adonner aux plaisirs de la chair tout en gardant sa coiffe et même avancer l'indéniable allégresse avec laquelle Runa va délaisser le temps d'une journée sa tenue de nonne pour une virée en ville avec sa sœur, meublant par la même occasion le film qui sans ce genre de séquences renouvelées et n'apportant pas grand-chose à l'intrigue aurait été bien court, prolongeant même le final pour une dernière scène "chaude" souriante survenant juste après une petite révélation elle aussi exquise impliquant d'autres motivations que la vengeance dans l'action de Runa.

Cloistered nun : Runa's confessionMais hélas, si le réalisateur arrivera toujours aussi aisément à rendre l'ensemble très esthétique avec des images d'une beauté avérée et aux symboles forts en jouant sur les couleurs, l'intrigue restera bien facile dans ses situations parfois prétexte à avancer un érotisme certes régulièrement osé mais basique et loin des turpitudes dont Masaru Konuma fera preuve dans plusieurs autres de ses longs métrages pour ainsi avancer bien des clichés (tel ce prêtre occidental libidineux et violeur ou encore en présentant tous les protagonistes masculins comme des obsédés sexuels machistes) et seule l'aboutissement de la vengeance de Runa pourra sembler presque bien trouvée tout en se prévalant d'une crédibilité aléatoire, alors que la revanche des hommes abusés par la sœur de Runa restera comme un grand moment de n'importe quoi définitivement assumé.

Cloistered nun : Runa's confessionL'interprétation est cohérente, la froideur de Luna Takamura (par ailleurs chanteuse "pop" interprétant le thème du film) pouvant sembler soit justifiée soit cachant un manque de charisme, mais les autres participants resteront bien ternes et sans saveur. La mise en scène de Masaru Konuma est adaptée, magnifiant les plans tout en jouant sur des symboles forts et en s'amusant avec les angles de prises de vue et autres artifices pour masquer les parties intimes de ses actrices dénudées, donnant à l'ensemble un rythme régulier et vif plaisant qui sera en plus saupoudré d'un humour bienvenu.

Donc, ce Cloistered nun : Runa's confession sera sans aucun doute moins définitif que d'autres oeuvres de son réalisateur en étant plus classique pour avancer un érotisme guère déviant à l'apport religieux blasphématoire sous-exploité et certainement présenté de manière pas assez sulfureuse !

Cloistered nun : Runa's confessionLe DVD de zone 1 édité par Kimstim avancera une image nette et sans défaut, tandis que la bande-son sera plutôt efficace avec une partition musicale légère, le métrage étant ici proposé dans sa version originale japonaise avec de précieux sous-titres anglais.
Par contre au niveau des bonus, il faudra se contenter de la bande-annonce d'époque du film et de la biographie écrite du réalisateur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce "nunsploitation" japonais atypique, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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22.06.09

06:50:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Snuff

Film controversé s'il en est et rendu culte par la légende, ce Snuff devra sa réputation (faussement) sulfureuse à sa dernière séquence sanglante cherchant à prêter à confusion et contrastant complètement avec les reste du métrage qui lui versera dans le film d'exploitation pur, quelque peu naïf mais sordide (avec une ressemblance avec l'affaire du meurtre de Sharon Tate par la "famille" de Charles Manson) et au final attachant.
Le script va suivre l'épopée d'une bande de hippies idolâtrant un gourou autoproclamé appelé "Satan", allant jusqu'au meurtre pour le satisfaire.

SnuffD'entrée le métrage va mettre en scène sa bande de demoiselles oeuvrant dans un style hippie décomplexé, entre ces deux jeunes femmes chevauchant leur moto, tandis que d'autres fument négligemment un pétard, alors que ce petit monde va se retrouver à partir à la recherche d'Anna, une des leurs s'étant isolé pour s'envoyer un rail de cocaïne. Vite retrouvée, pourchassée, la petite bande va lui tirer dessus avant de lui infliger quelques petits sévices corporels (avec un couteau qui maltraitera un pied en gros plan) sous le regard approbateur de "Satan", le gourou du groupe mécontent qu'Anna lui ait désobéit. Cette introduction fera d'office rentrer de plein pied le film dans le cinéma d'exploitation quelque peu violent, sexy et dévergondé.

SnuffEnsuite, l'intrigue va nous présenter Terry, une actrice de films érotiques et son compagnon Max, un producteur plus âgé qu'elle, débarquant en Argentine pour un tournage et accueillis dès l'aéroport par deux journalistes paparazzis. Mais un fois rendu à leur villa de villégiature, Terry va prétexter une fatigue pour éloigner Max et pouvoir reprendre contact avec Horst, un ancien amant avec qui elle aimerait bien renouer. Le couple va donc se reformer, tandis qu'Anjelica, une amie proche de Horst, jalouse, va rejoindre le groupe de "Satan" et subir une initiation à base de sexe et de petites tortures, tandis que "Satan" va programmer le meurtre de Max et celui de Terry qu'il espère être enceinte.

SnuffL'intrigue suivra conjointement les aventures sensuelles de Terry et de Horst, nous offrant au passage quelques scènes érotiques gentillettes et n'allant jamais bien loin en étant guère osées, pour s'intéresser en parallèle à la vie de ce groupe de hippies féminins rythmée par la violence et le sexe pour nous offrir de multiples séquences très légèrement sanglantes avec ces quelques meurtres parfois complètement gratuits (l'attaque de l'épicerie et le meurtre de cette vieille femme et de sa petite fille) mais également plusieurs scènes dénudées (avec ce bain festif, par exemple), tout en n'hésitant pas un seconde à devenir sordide et vicieux lorsque Anjelica racontera sa jeunesse lors d'un flash-back glauque, et surtout lors de ce final au cours de laquelle le groupe s'en prendra aux occupants de la villa de Horst pour une série de meurtres, achevant ainsi ce qui était la première version du film, alors appelée The slaughter. Mais c'était sans compter sur l'opportunisme d'un tiers qui fît tourner la fameuse séquence finale qui à elle seule donna presque naissance au mythe des "snuff movies".

SnuffEn effet, alors que le meurtre de Terry vient de s'achever, la caméra s'écarte alors pour nous faire découvrir l'équipe du tournage en pleine action, provoquant de la sorte la surprise chez le spectateur, tandis qu'à l'écran celui qui semble être le réalisateur va demander à une des demoiselles présente de faire l'amour avec lui, sous les yeux de la caméra et devant son refus, il va devenir hystérique et tout en demandant à son équipe de continuer à tourner, il va mutiler la jeune femme, lui sectionnant un doigt puis la main avant de l'éventrer pour lui extirper les entrailles. Cette séquence montrera de nos jours ses limites avec des trucages quand même voyants (la main coupée) mais aussi par ailleurs assez bluffants (lorsque le réalisateur va plonger ses mains dans le ventre béant de sa victime) mais aura impressionner le public de l'époque au point de lui faire longtemps douter de la véracité de l'action dépeinte à l'écran, surtout qu'elle dénotera complètement avec le reste du film.

SnuffCar si le métrage devra sa réputation sulfureuse et controversée à cette dernière séquence jouant ouvertement sur l'ambiguïté (et peut-être aussi à son intrigue à la ressemblance frappante avec l'affaire Charles Manson), il ne faudra pas justement mésestimer le reste du métrage, qui sera largement attachant avec ses personnages hauts en couleurs dans un style hippie souriant et plus que volontaire oeuvrant dans des situations quelque peu graphiques et réjouissantes en mêlant un érotisme léger mais jouissif à une violence gratuite débridée, avec pour seul bémol un rythme parfois défaillant pour suivre notamment les aventures de Terry et de son compagnon ou encore lorsque le Michael et Roberta Findlay (le couple réalisateur du film et spécialisé à l'époque dans la "sexploitation" avant que Michael décède dans un accident et laisse son épouse poursuivre seule sa carrière derrière la caméra) s'attarderont à montrer des images en stock-shots d'un carnaval d'Amérique du Sud devenant à force répétitives et lassantes.

SnuffCes personnages plus que volontaires et parfois même aux attitudes théâtrales serviront avec aisance le film pour assurer le spectacle, avec notamment ce "Satan" qui malgré un manque flagrant de charisme arrivera à s'imposer alors qu'Anjelica se donnera un peu de profondeur avec l'évocation de son passé trouble, tandis que les autres demoiselles le servant seront toutes mignonnes à croquer, le métrage bénéficiant d'une interprétation certes sans envergure et régulièrement surjouée mais s'adaptant parfaitement à la beauté naturelle des jeunes femmes, Margarita Amuchastegui en tête dans le rôle d'Anjelica qui sera franchement adorable. La mise en scène du couple Findlay est certes quelque peu amateur mais participera largement à façonner une ambiance parfois psychédélique au métrage tout en suivant les événements avec panache. Les quelques effets spéciaux sanglants resteront rudimentaires dans la première partie du film pour devenir mitigés lors de la séquence finale, avec des gros plans peu réalistes mais tout en avançant d'autres plans étonnamment crédibles.

Donc, ce Snuff aura de quoi décevoir à la vue de sa réputation sulfureuse mais deviendra incroyablement attachant dans son exercice de cinéma d'exploitation débridé, jusqu'à sa séquence finale se voulant dérangeante et ambiguë !

SnuffLe DVD de zone 1 édité par Blue underground avancera une image juste quelque peu granuleuse, tandis que la bande-son sera appréciable grâce à sa partition musicale adaptée et psychédélique, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise sans aucun sous-titre. Certainement pour continuer à jouer sur le mythe, l'éditeur avancera une jaquette ne présentant aucun renseignement sur le film, avec notamment un verso vierge de tout crédit, si ce n'est le numéro de série de cette édition limitée, tandis que le DVD lancera directement le film sans menu d'accueil et donc sans laisser le moindre bonus prolonger la vision du métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce film si controversé et surtout une bande d'exploitation attachante, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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19.06.09

07:15:00, Catégories: Test / Critique  

Par Nicore

Oasis of fear

Avec ce Oasis of fear le réalisateur italien va nous offrir un thriller quelque peu érotique tranchant complètement avec les productions de l’époque en refusant la violence, ou encore l’aspect sanglant, préférant ainsi prendre son temps pour aspirer le spectateur dans une intrigue imprévisible et délicieusement machiavélique.
Le script va laisser un couple de hippies en fuite faire une halte dans une villa isolée et être recueillie par la propriétaire des lieux, sans se douter que celle-ci cache un lourd secret.

Oasis of fearDans sa première partie, le métrage va s’attacher à nous présenter ses deux personnages principaux, Dick et Ingrid, deux anglais en voyage à travers l’Europe et plus précisément en Italie où ils vendent des revues érotiques et autres gadgets à la sauvette pour se faire de l’argent et ainsi se payer du bon temps, n’hésitant pas lorsqu’ils seront à sec à se photographier en plein ébat ou encore à prendre des photos d’Ingrid nue pour les vendre. Cette entame du film sera légère, souriante pour avancer ces deux hippies insouciants et profitant au maximum des opportunités offertes au gré des rencontres, quitte à se faire gentiment flouer, tout en narguant la bourgeoisie de façon amusante.

Oasis of fearLe réalisateur Umberto Lenzi en profitera également pour avancer quelques scènes vaguement érotiques en misant sur la plastique irréprochable d’Ornella Muti qui incarnera une Ingrid se déshabillant facilement et jouant de son physique pour attirer les éventuels acheteurs, mais rapidement, les choses vont se gâter pour le couple puisqu’ils vont se faire prendre en flagrant délit par la police et être adjoint de quitter l’Italie, non sans avoir commis quelques vols les faisant de la sorte rechercher par les autorités, surtout que leur voiture de sport jaune à fleurs ne passera pas inaperçue.

Oasis of fearC’est dans ce contexte qu’ils vont tomber en panne d’essence juste à côté d’une villa, qualifiée par Ingrid d’"oasis". Après avoir frappé longuement à la porte sans réponse (alors que nous allons suivre Barbara, la propriétaire des lieux, qui ne répondra pas volontairement mais semblera largement inquiète de cette intrusion comme elle le confirmera à un mystérieux interlocuteur téléphonique) Dick et Ingrid vont pénétrer dans le garage pour siphonner de l'essence après avoir y fait rentrer leur propre voiture en la poussant, tombant peu de temps après sur Barbara.

Oasis of fearD'abord effrayée, Barbara va peu à peu reconnaître que ces deux intrus ne représentent pas une menace sérieuse et après un temps d'arrêt, va leur proposer de leur offrir un repas, puis de rester passer la nuit chez elle, invoquant le fait qu'elle a peur d'être seule en l'absence de son mari dans cette grande maison vide et reculée. Cela permettra à l'intrigue de se lancer dans une autre phase légère de danse et de découverte des rites hippies de Dick et surtout d'Ingrid, tout en laissant un climat trouble s'installer, jouant sur une attirance sexuelle équivoque de Barbara pour les deux jeunes gens, tout en laissant quand même quelques éléments étranges venir troubler la fête, comme cette nervosité sporadique de Barbara sursautant au moindre bruit.

Oasis of fearLa soirée se terminera en laissant Barbara réussir à attirer Dick dans son lit pour une nouvelle séquence érotique surtout pleine de sous-entendus, laissant d'autre part Ingrid découvrir la trahison de son petit ami, sans que le spectateur puisse encore savoir vers quelle direction l'intrigue va se diriger, mais au petit matin, les choses vont commencer doucement à s'éclaircir et la machination va enfin dévoiler ses rouages perfides et sournois, impliquant de fait une tension qui ira crescendo, surtout que le réalisateur va multiplier les fausses alertes et autres péripéties certes parfois faciles (l'arrivée des policiers enquêtant sur un délit de fuite et désireux d'inspecter les véhicules du garage, par exemple) mais toujours bourrées de suspense, en allant aussi à l'encontre des principes du couple de hippies qui ne pourra pas toujours aller au bout de ses idées par humanisme et par manque de cruauté avéré.

Oasis of fearCette seconde partie prendra largement son temps pour laisser monter la pression en ne nous dévoilant que sporadiquement les éléments de la manœuvre "diabolique" qui apportera ainsi son lot de révélations successives sans pour autant révéler forcément le "pot aux roses", laissant de la sorte longtemps le spectateur dans l'expectative jusqu'à ce que l'intrigue ne mette en lumière les tenants et les aboutissants de l'affaire pour alors devenir bien cruelle et avancer le caractère fourbe et malsain de l'un des protagonistes, tentateur et manipulateur, tout en laissant l'issue du métrage demeurer incertaine jusqu'au final définitivement amer, tragique et sadique qui viendra achever le film sur une note déroutante laissant abasourdi.

Oasis of fearUmberto Lenzi mélangera agréablement les genres au cours du film, passant de la comédie érotique légère et pouvant apparaître aujourd'hui comme portant les vestiges d'une époque révolue où les revues érotiques et autres disques comportant uniquement des cris de plaisir de femmes pouvaient se vendre, au thriller tendu à l'ambiance malsaine lentement, sans jamais forcer le ton pour laisser les situations s'imbriquer naturellement les uns dans les autres renfermant le piège sur les protagonistes en jouant sur les faux-semblants de façon à toujours questionner le spectateur bien incapable de prévoir l'orientation ou le déroulement à venir des événements, sans pour autant céder à la facilité de la violence (comme il saura si bien le faire par la suite pour ses "poliziottesci" et sans oublier naturellement ses film de cannibales/zombies) tout en nous gratifiant de séquences de terreur pure (la volière) directement héritées du "giallo".

Oasis of fearLes personnages auront largement le temps de s'exprimer dans l'intrigue, avançant d'abord la désinvolture du couple de hippies qui vont perdre leur innocence béate en cours de route, pour ensuite laisser l'intrigante Barbara s'imposer lors du huit-clos dans la villa, l'ensemble bénéficiant d'une interprétation épatante, entre un Ray Lovelock naturel dans le rôle de Dick et Ornella Muti (alors âgée de seize ans) qui imposera la fraîcheur de sa jeunesse éblouissante et radieuse avec une pointe d'érotisme pour jouer Ingrid, laissant Irène Papas rendre le personnage de Barbara impériale dans son mystère.

Oasis of fearLa mise en scène d'Umberto Lenzi est adaptée, légère et rythmée pour l'entame du film pour ensuite devenir plus langoureuse et posée, laissant chaque situation impliquer son lot d'indices et de troubles, parfois visualisés par des effets de styles originaux et marquants, tout en se laissant également aller à quelques fantaisies dans les angles de prises de vues s'amusant ainsi avec le spectateur en accord parfait avec le ton du métrage lors de son entame, mais ce genre de plans disparaîtront au fur et à mesure que l'intrigue prendra le dessus pour imposer son suspense.

Donc, ce Oasis of fear demeurera un thriller érotique finement mené, captivant et définitivement prenant qui contrastera singulièrement avec les œuvres italiennes de l'époque et qui bien évidemment méritera largement d'être découvert !

Oasis of fearLe DVD de zone 2 anglais édité par Shameless avancera une image ayant gardé ses petits défauts d'origine guère gênants tout en étant quelque peu granuleuse, tandis que la bande-son sera efficace, en laissant notamment la partition musicale s'effacer lors des situations tendues du film, celui-ci étant uniquement disponible dans sa version anglaise.
L'éditeur proposera la version la plus complète du film, avec quelques ajouts de plans jamais doublés en anglais et qui ici seront présents avec des sous-titres anglais.
Au niveau des bonus, on trouvera la bande-annonce originale du film, accompagnée par celles d'autres titres de l'éditeur, tout en ayant la possibilité de visionner le film avec un commentaire plus ou moins humoristique.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette petite perle atypique du cinéma italien du début des années soixante-dix, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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18.06.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Bad reputation

Curieux "rape and revenge" en milieu estudiantin, ce Bad reputation malaxera des thèmes certes rabâchés mais en les accommodant de manière consistante pour décrire d'abord le calvaire de cette demoiselle flouée et violée par des étudiants sans scrupules avant de suivre sa vengeance sanglante marchant largement sur les traces du classique I spit on your grave de Meir Zarchi, tant au niveau de son déroulement que de l'ambiance mortifère qui s'en dégagera.
Le script va laisser une étudiante timide et solitaire se faire inviter à une soirée donnée par le capitaine de l'équipe de football du lycée, sans se douter des intentions peu louables de celui-ci et de deux de ses amis qui après l'avoir drogué, vont la violer. Les petites amies des violeurs, découvrant l'affaire, vont en plus achever de détruire moralement la victime en lançant une campagne de dénigrement, poussant celle-ci à sombrer dans une folie homicide sur fond de vengeance.

Bad reputationSans perdre de temps, le métrage va tout de suite mettre en scène Michelle, une étudiante solitaire passant son temps à lire aussi bien en s'enfermant dans les toilettes du lycée (quelle drôle d'idée…) qu'en asseyant au pied d'un arbre. Aussi sera-t-elle bien surprise lorsque Aaron, le capitaine de l'équipe de football du lycée va venir s'intéresser à elle et l'inviter à une soirée qu'il va donner chez lui en l'absence de ses parents. Croyant à la sincérité du jeune homme, elle va accepter, allant jusqu'à acheter une robe sexy, au grand dam de sa mère quelque peu possessive et rébarbative mais qui va quand même la laisser aller à cette "party".

Bad reputationCette entame du métrage sera rapide pour avancer des personnages quelque peu stéréotypés et laissant une vague influence du carrie de Brian De Palma se faire sentir, pour ensuite prendre place à cette soirée donnée par Aaron qui va bien sûr accueillir chaleureusement Michelle, la choyer en lui servant verre sur verre, danser avec elle (le tout sous les yeux de sa petite amie officielle qui semblera pourtant guère choquée par ce petit jeu) avant de s'isoler avec elle en cuisine pour l'embrasser. Mais en même temps Aaron va fomenter son plan sinistre avec deux de ses amis et va glisser une drogue dans le verre de Michelle. Celle-ci se sentira mal peu de temps après et Aaron va l'entraîner dans sa chambre, bien vite rejoint par ses deux complices pour un viol devenu inéluctable.

Bad reputationCette séquence de viol sera filmée de façon pudique, sans jamais chercher le moindre voyeurisme en se refusant à toute nudité, pour plutôt se concentrer sur l'aspect abject de la chose avec la douleur ressentie par la victime ainsi qu'avec des détails peu ragoûtants (les chaussettes enfoncées dans la bouche de Michelle pour que personne ne puisse entendre ses cris), donnant malgré tout un impact évident à cette scène consumée par la roublardise et le manque de scrupule d'Aaron, tout en étant encore rendue plus démonstrative par un jeu déviant avec une bouteille d'un de ses amis. Mais le calvaire de Michelle ne s'arrêtera pas là puisque, leur forfait accompli, les trois hommes vont laisser Michelle endormie sur le lit et être découverte par la petite amie d'Aaron qui va voir rouge et humilier Michelle un peu plus en l'attachant à un arbre, le terme "slut" écrit au rouge à lèvres sur le front, pour l'exhiber ainsi aux autres participants de la fête Endolorie, meurtrie, vexée et souillée, Michelle finira quand même par rentrer chez elle.

Bad reputationMais la petite amie d'Aaron continuera sa campagne de dénigrement en apposant partout des affichettes insultant Michelle tout en faisant courir des bruits salaces sur sa vertu et en l'intimidant constamment, ce qui mettra Michelle définitivement à l'écart des autres lycéens pour uniquement engendrer des regards déplacés des hommes, aussi bien des lycéens devenus entreprenants que du conseiller d'éducation auprès duquel elle ira vainement chercher une aide impossible. Finalement, Michelle va péter un câble et changer complètement de comportement.

Bad reputationEn effet, elle va se mettre à s'habiller de manière plus que sexy et lancer des regards aguicheurs à son entourage, semblant de fait justifier sa mauvaise réputation. Mais cela ne sera pas innocent puisque le but avéré de Michelle sera d'attirer ses violeurs dans des pièges en jouant sur son apparence désirable afin de se venger en les tuant de manière graphique et jouant plutôt habillement avec ses sous-entendus sexuels, vengeance qui trouvera son paroxysme lors de la fête d'Halloween donnée par Aaron pour un final qui laissera enfin l'intrigue devenir quelque peu graphique pour de petits débordement sanglants mais qui sera surtout douloureux, nihiliste et tragique.

Bad reputationBien que sa thématique ne brille pas par son originalité, le métrage va l'adapter de façon plaisante, cohérente et plus que réaliste au milieu lycéen pour mettre en avant des protagonistes crédibles et notamment cette frêle Michelle complètement détruite par ce viol qui interviendra lors de sa première sortie hors du joug de sa mère, en étant en plus devenue la risée de tous et au centre d'une rumeur relayée de façon adaptée et plausible par l'intrigue, laissant quelques séquences fortes venir régulièrement donner de l'ampleur au drame vécue par la jeune femme. La seconde partie du film, qui suivra le vengeance sanglante de la malheureuse héroïne, se recentrera plus sur son aspect horrifique (alors que la première moitié du métrage lorgnait du côté du drame) pour laisser une tension s'installer au départ puisqu'un vague doute traînera quand même dans l'esprit du spectateur quant aux intentions de Michelle, avant de s'installer dans le champ du "slasher" lors du dernier acte, en laissant même celle-ci revêtir par exemple à un moment un masque digne de celui de Jason Voorhees pour rester discrète parmi les invités.

Bad reputationLe réalisateur traitera son sujet avec une certaine froideur, balayant rapidement tous les clichés du "film de campus" toujours pour rester réaliste en se focalisant les différents personnages, avec notamment la descente aux enfers de Michelle qui même avec une personnalité rapidement esquissée trouvera une profondeur impliquant une compassion immédiate du spectateur, sans pour autant que la seconde partie cherche à être franchement jouissive ou libératrice avec ces mises à mort pour uniquement demeurer dramatique, même lorsque Michelle aura atteint le point de non-retour.

Bad reputationL'interprétation sera convaincante, sans surjouage inutile pour aider grandement le film à rester crédible à chaque instant, avec surtout une prestation exemplaire d'Angélique Hennessy dans le rôle principal. La mise en scène du réalisateur est efficace, calme et posée pour suivre les différentes situations afin de leur donner un véritable impact, sans se servir d'effets de style nuisibles et tout en gérant avec bonheur son petit budget qui ne viendra jamais influer sur l'efficacité de l'ensemble. Les quelques effets spéciaux resteront assez simplistes, l'auteur préférant utiliser le hors-champ ou des bruitages marquants pour sous-entendre les actes abominables commis.

Donc, ce Bad reputation évitera avec brio les écueils placés sur son chemin pour devenir impliquant et prenant, justifiant largement ainsi sa vision !

Bad reputationLe DVD de zone 1 édité par Maverick Entertainment avancera une image nette et sans défaut, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale discrète mais adaptée, le métrage étant ici uniquement proposé dans sa version originale anglaise, sans aucun sous-titre.
Par contre, au niveau des bonus, il faudra se contenter de quelques bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce "rape and revenge" assez percutant, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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17.06.09

07:35:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Torso

Avec ce Torso le réalisateur italien Sergio Martino nous livre un excellent "giallo" en avance sur son temps et qui participera avec le La baie sanglante de Mario Bava et le Black Christmas de Bob Clark à l'élaboration d'une genre en devenir, le "slasher", tout en étant terriblement prenant, magnifiquement réalisé et porteur d'un érotisme omniprésent.
Le script va suivre les méfaits d'un mystérieux tueur encagoulé s'attaquant à quelques demoiselles qu'il va massacrer une par une.

TorsoAprès un générique déjà ouvertement érotique suivant deux demoiselles se trémoussant en compagnie d'une troisième personne que nous ne verrons pas, le métrage va commencer à nous présenter ses principaux personnages, un groupe de jeunes femmes italiennes étudiant l'art italien et notamment la peinture en compagnie de Franz leur professeur auquel elles n'hésitent pas poser des questions après les cours,bientôt rejointe par Jane, une étudiante américaine fraîchement débarquée sur place et tandis que l'une d'elles, Daniela, aura des petits soucis avec Stefano, un jeune homme apparemment épris d'elle et régulièrement éconduit, ce qui le placera d'emblée dans la liste des suspects au fait des crimes à venir.

TorsoEt justement, le métrage ne traînera pas pour avancer une première séquence de meurtre, assez traditionnelle dans son agencement puisque ce sera un couple s'adonnant aux plaisirs de la chair dans une voiture qui sera victime d'un tueur encagoulé, mais cette scène sera bien stressante en maniant un suspense tenace avant de devenir quelque peu graphique lorsque le meurtrier frappera. Les cadavres découverts par un villageois, une légère psychose va s'installer parmi les étudiantes, et Daniela sera encore plus oppressée par l'omniprésence près d'elle de Stefano, tandis qu'un second meurtre va se préparer.

TorsoEn effet, ensuite le métrage va laisser une des jeunes femmes, Carol, partir avec deux motards hippies jusqu'à un repaire de débauche où après s'être laissée tripoter par les deux hommes (pour encore une petite scène érotique), elle va finalement sortir dehors et s'enfoncer dans un marécage brumeux sans se douter que l'assassin rôde et va la rejoindre. Cette seconde séquence de meurtre sera tout simplement admirable, magnifiée par une photographie incroyablement étouffante mettant en avant un brouillard plus que sinistre pour voir Carol se traîner dans la boue poursuivie par ce meurtrier portant toujours cette sorte de cagoule très visuelle, présageant ainsi clairement les tueurs masqués du "slasher" traquant leurs proies en pleine nature. La police va alors réunir les étudiantes pour essayer d'obtenir des éléments susceptibles de faire avancer l'enquête, puisque pour l'instant leur seul indice est ce morceau de foulard rouge et noir laissé par deux fois sur les victimes étranglées.

TorsoDaniela n'en pouvant plus après une tentative d'agression de Stefano désirant absolument lui parler et angoissée de ne pouvoir se rappeler sur qui elle a effectivement vu ce foulard rouge et noir, elle va décider de partir se reposer à la campagne avec Jane et deux autres étudiantes, Katia et Ursula, dans la villa familiale surplombant un village reculé. Mais bien entendu le tueur va les suivre et après avoir entre autres tué les trois jeunes femmes, un huit-clos va s'installer lorsque Jane se retrouvera seule et anonyme enfermée dans la demeure avec l'assassin ignorant sa présence, pour une série de situations exemplaires, maniant la tension avec un art consommé pour ne plus lâcher le spectateur jusqu'au final qui hélas pourra juste paraître quelque peu décevant quant aux motivations du meurtrier dont l'identité aura su rester mystérieuse assez longtemps, jusqu'à ce que l'intrigue élimine les suspects potentiels de différentes façons.

TorsoEn effet, l'intrigue aura pris le temps d'avancer toute une série de personnages masculins gravitant autour des jeunes femmes, entre bien entendu ce Stefano bien entreprenant et à l'allure bizarre qui fera un suspect facile et évident, ce vendeur de foulard plus que louche qui officiera sur la place proche de l'école des demoiselles, ou encore cet individu présent très tôt dans le métrage et qui semblera tourner autour de Daniela et de ses amies, avant de sembler être le médecin de campagne qui sera obligé de venir soigner Jane victime d'une foulure pour une drôle de coïncidence, et Sergio Martino arrivera à les présenter tous de manière à laisser planer un doute certain sur chacun d'entre eux, pour ensuite en faire mourir certains, réduisant de fait au fur et à mesure des péripéties le nombre de suspects, jusqu'à cette révélation finale bien amenée dans l'action et presque cruelle pour l'assassin.

TorsoMais outre les deux scènes de meurtres initiales terribles, le métrage vaudra largement pour ce huit-clos éreintant à l'intérieur de la villa isolée, qui s'il éludera les meurtres des demoiselles accompagnant Jane pour uniquement laisser celle-ci assister au découpage à la scie de ses amies par le meurtrier (autorisant le réalisateur à nous gratifier de quelques très rapides plans sanglants guère expansifs mais tout aussi impactants), saura gérer sur la durée un suspense intenable et vicieux largement copié et imité par la suite, tout en nous laissant partager la minutie du tueur (les courses rentrées) mais aussi son ingéniosité malsaine et surprenant absolument le spectateur (la clef).

TorsoEn plus de son intrigue galliesque Sergio Martino se fera également le témoin de l'évolution des mœurs de la jeunesse italienne, entre cette incursion dans le monde hippie et la tendance à se dévergonder des demoiselles n'hésitant à se reposer nues devant la villa, pour toujours se permettre d'avancer un érotisme jouant élégamment avec la plastique avantageuse des jeunes actrices largement et régulièrement mises en avant entièrement ou en partie dénudées, plaçant ainsi même sporadiquement le spectateur en position de voyeur, comme lors d'une séquence lesbienne scrutée aussi bien par un témoin indésirable que par la caméra.

TorsoL'interprétation est convaincante, adaptée et sans aucun surjouage, bien épaulée il est vrai par des acteurs confirmés comme Luc Merenda ou encore Suzy kendall, tandis que les starlettes habituées des productions italiennes du moment ne démériteront pas. La mise en scène de Sergio Martino est remarquable, aussi bien pour filmer l'angoisse des scènes de crimes eque pour celles de la seconde partie du film, tout en maniant une caméra subjective avec brio et efficacité pour faire grimper l'adrénaline. Les quelques effets spéciaux sanglants resteront assez simplistes pour quelques gros plans pas toujours crédibles, comme cette tête éclatée contre un mur, mais cela ne sera jamais gênant.

Donc, ce Torso restera comme une pierre angulaire du "slasher" tout en gardant des liens tenaces avec le "giallo" pour un résultat plus que captivant, tendu et porteur d'une ambiance terrible faisant du film une des grandes réussites du genre !

TorsoLe DVD de zone 2 danois avancera une image nette et ne connaissant pas de défaut visible, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale sachant s'effacer complètement pour laisser monter la tension, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise sans autre sous-titres que ceux danois, finlandais et suédois.
Au niveau des bonus, outres trois bandes-annonces du film, on pourra suivre la séquence d'ouverture du film dans sa version allemande, américaine et italienne, une courte galerie de photos du film, quelques filmographies ainsi qu'une interview écrite du réalisateur et plusieurs bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir cet excellent "giallo" incontournable et préfigurant des "slashers" à venir, le DVD de zone 2 danois est disponible sur ce site !

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16.06.09

07:30:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

timecrimes

Toujours aussi vaillant, le cinéma fantastique espagnol n’en fini pas de nous étonner à chaque nouvelle production (cf Les disparus sorti récemment en DVD), et même sans le sou les réalisateurs du cru parviennent à nous livrer des œuvres intéressantes, ou carrément passionnantes. C’est donc le cas de Nacho Vigalondo qui, pour son premier long métrage, accouche de ce Timecrimes, un thriller fantastique qui après avoir reçu le prix du meilleur inédit vidéo au festival de Gérardmer mais sans avoir eu la chance de connaître une sortie en salles pourtant méritée, arrive en DVD le 17 juin prochain sous la houlette de l’éditeur Pathé.

timecrimes

Le script va suivre les déboires d’Hector, un homme découvrant le corps d’une jeune femme nue assassinée, sans penser que le tueur peut encore être sur place. Pris de panique, il s’enfuit, trébuche et s’assomme. Lorsqu’il reprend ses esprits, il se retrouve toujours au même endroit, mais une heure auparavant et en voulant réparer cette erreur, il va déclencher toute une série de catastrophes irréparables. Mais une question va commencer à l’obséder : et s’il connaissait le meurtrier ?

timecrimes

D'après les avis recueillis, Timecrimes démarrerait comme un "slasher" bien effrayant dans son introduction, pour ensuite rapidement s'en éloigner en introduisant des éléments dignes de la science-fiction avec ces failles temporelles qui vont décupler le personnage principal pour un scénario très intelligent et fourmillant de nombreux petits détails narratifs, ce qui permettra au réalisateur de se jouer d'un humour noir méchant et omniprésent (se gaussant également au passage gentiment des "slashers") pour suivre les déboires de ce quadragénaire complètement perdu provoquant des situations qui vont bien entendu lui échapper, le tout sur un rythme soutenu. La mise en scène de Nacho Vigalondo restera éclairée pour rendre l'ensemble impactant malgré la pauvreté du budget, bien aidé par une interprétation adaptée et de qualité.

timecrimes

Le DVD édité par Pathé avancera le film avec une image en 1.85 (16/9 anamorphique), pour une bande-son proposant le film en français et en espagnol en DD5.1, mais il sera préférable de suivre dans sa version espagnole sous-titrée en français, la VF étant apparemment exécrable.
Par contre, l'éditeur n'a pas jugé on d'adjoindre d'autres bonus que deux bandes-annonces, dont celle du film, dommage !

timecrimes

Donc, il ne nous reste plus qu'à attendre le 17 juin pour pouvoir découvrir cette nouvelle œuvre espagnole intrigante et croustillante, dotée en plus d'un tueur au look impayable !

timecrimes
Timecrimes

Timecrimes
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Permalink 452 mots par nicore, 750 vues • 3 retours

15.06.09

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Papaya love goddess of the cannibals

Malgré son titre du coup carrément racoleur, ce Papaya love goddess of the cannibals n’aura rien à voir avec la vague de films de cannibales italiens initiée par Ruggero Deodato et sera donc un des premiers titres de "sexploitation" teintée d'un soupçon de violence sanglante du réalisateur érotomane Joe D'Amato qui va par la suite nous livrer des films encore plus graphiques et ouvertement hardcores tels que The erotic nights of the living dead.
Le script va voir un ingénieur préparant la construction d'une centrale nucléaire sur une île du Pacifique et une de ses amies journaliste en vacances se faire envoûter par une jeune femme appartenant à un groupuscule luttant contre l'implantation de cette centrale sur leur territoire.

Papaya love goddess of the cannibalsDès sa première séquence le métrage va avancer un érotisme d'abord discret pour suivre une jeune femme se promenant et se prélassant à moitié nue sur une plage tropicale avant de rejoindre un homme visiblement hébété dans une cabane où elle va s'occuper de lui en tranchant un fruit qu'elle va passer langoureusement sur son corps avant de commencer à lui faire l'amour, pour finalement lui arracher le sexe avec ses dents, les gémissements de l'homme se transformant alors en hurlements de douleur. Et finalement, la jeune femme va quitter les lieux pour laisser des hommes de connivence avec elle brûler la cabane avec le supplicié encore à l'intérieur. Cette entame du métrage sera bien évidemment impactante par son érotisme et sa violence vicieuse avec cette castration quelque peu graphique.

Papaya love goddess of the cannibalsEnsuite, l'intrigue va nous présenter Sarah, une jeune américaine en vacances et assistant à un combat de coqs (ce qui permettra au réalisateur de s'attarder quelque peu sur ce combat qui fera très "couleurs locales"), qui va rencontrer Vincent, un ami ingénieur préparant l'implantation d'une centrale nucléaire sur place. Anciens amants, les deux personnages vont alors aller s'isoler dans le bungalow de Vincent mais leur intimité vouée au plaisir de la chair sera bien vite stoppé lorsque Sarah va découvrir un cadavre à moitié carbonisé à l'intérieur du bungalow, que Vincent reconnaîtra comme étant celui d'un de ses collègues travaillant avec lui sur le projet, et dont le spectateur a vu en introduction la mort atroce. La police alertée, deux inspecteurs viendront recueillir des informations pour voir dans ce geste un avertissement lancé à Vincent, sans véritablement chercher à aller plus loin.

Papaya love goddess of the cannibalsCette mésaventure macabre n'empêchera pas le couple de décider d'aller faire une balade en voiture et ils vont prendre en stop une demoiselle nommée Papaya (celle vue dans l'entame sanglante du film) qui va leur parler d'un rituel appelé le "Festival de la pierre ronde" au cours duquel les participants se livrent à une cérémonie païenne orgiaque. Plus tard, après un passage en ville où ils vont se retrouver mêlés à une marche funèbre locale traditionnelle et terriblement solennelle, Sarah et Vincent vont apercevoir Papaya et décider de la suivre pour alors se retrouver dans des ruelles complètement désertes d'un bidonville.

Papaya love goddess of the cannibalsJoe D'Amato arrivera alors à installer une réelle tension, presque surprenante car tranchant radicalement avec le reste du métrage pour laisser ses deux protagonistes arpenter ces lieux déserts jusqu'à ce qu'ils trouvent enfin un vieil homme qui va leur indiquer le chemin à suivre, ce qui va les mener à ce "Festival de la pierre ronde" se déroulant en sous-sol et auquel ils vont participer d'abord en buvant du sang mélangé à diverses substances hallucinogènes, pour ensuite voir deux porcs morts et suspendus se faire éventrer avec une complaisance répugnante, les participants récoltant au passage le sang des animaux tandis que les entrailles sont répandues sur le sol, avant que ce soit un homme blanc arrivé sur une civière qui soit poignardé à mort, laissant le maître de cérémonie lui ôter le cœur et le croquer à pleine dent.

Papaya love goddess of the cannibalsCette cérémonie quelque peu absurde et improbable aura le mérite d'être envoûtante et très graphique, laissant finalement tous les participants se dévêtir pour se lancer dans une orgie qui ne sera que suggérée. Sarah et Vincent vont alors se réveiller le lendemain dans un lieu inconnu d'eux, pour découvrir qu'ils sont plus ou moins prisonniers d'un groupuscule auquel appartient Papaya et dont le but est d'empêcher la construction de la centrale nucléaire. Si Sarah tentera de s'enfuir avant que le chef du groupe ne lui propose de réaliser un reportage sur leurs activités et surtout sur les nuisances et les dangers pour l'environnement causés par l'implantation de la centrale (laissant de la sorte Joe D'Amato se livrer à un vague discours écologique avant l'heure) , Vincent va complètement tomber amoureux de Papaya avec qui il va pouvoir se livrer à quelques ébats avant que la jeune femme montre son vrai visage.

Papaya love goddess of the cannibalsEt les cannibales dans tout cela, me direz-vous… Et bien, il n'y en aura tout simplement pas (mis à part éventuellement ce maître de cérémonie dévorant un coeur, mais bon…), sans pour autant que l'on puisse taxer Joe D'Amato d'opportunisme, puisque le titre orignal du métrage est Papaya dei Caraibi, le reste venant des éditeurs vidéos. Et le réalisateur cherchera surtout à nous livrer une œuvre érotique soignée, magnifiant ses deux actrices principales dont le physique sera exposé devant la caméra sous son meilleur jour pour donner à l'ensemble une sensualité rarement graveleuse bien que flirtant parfois avec le hardcore sans jamais s'y aventurer (contrairement à certains films suivants de Joe D'Amato), le tout au détour de séquences dénudées bien présentes et répétées mais jamais gratuite en servant toujours l'intrigue, même si celle-ci, très simpliste, ne restera qu'un prétexte pour avancer ces scènes osées.

Papaya love goddess of the cannibalsDans un tel contexte, les rares passages sanglants auront de quoi surprendre quelque peu. En effet, si l'introduction restera bien dans le ton des dérives du réalisateur, la scène de l'éventration "snuff" des porcs aura de quoi perturber en étant vraiment froide et avancée sans rémission pour dévoiler chaque détail nauséeux, mais là encore le réalisateur ne pourra pas être taxé de complaisance ou de cruauté puisque les deux animaux éviscérés seront déjà mort au début de la séquence du film, contrairement à d'autres morts animales bien réelles qui peupleront un certain cinéma italien par la suite.

Papaya love goddess of the cannibalsLes personnages resteront superficiels et basiques, l'auteur ne cherchant pas du tout à pousser les présentations pour se contenter de les utiliser dans son intrigue sexy, mais l'ensemble bénéficiera d'une interprétation de qualité, notamment de la part de Sirpa Lane (auparavant vue dans La bête de Walerian Borowczyk) et de Melissa Chimenti, ces deux jolies actrices donnant le meilleur d'elles–mêmes pour chacune des scènes "chaudes" du film. La mise en scène de Joe D'Amato est certes assez lente et peinera à donner un véritable rythme à l'ensemble, mais dans un sens collera parfaitement avec l'aspect langoureux du film. Les quelques petits effets spéciaux resteront probants, bien que versant dans un gore rapide et rudimentaire.

Donc, ce Papaya love goddess of the cannibals, en dépit de son titre mensonger, sera un bon exemple de "sexploitation" à l'italienne jouant aussi bien sur le dépaysement ici parfaitement maîtrisé (et pour cause, le film a été entièrement tourné en République Dominicaine) que sur son aspect sensuel à l'esthétisme orchestré de mains de maître par Joe D'Amato.

Papaya love goddess of the cannibalsLe DVD de zone 1 édité par Severin Films avancera une image incroyablement nette et claire, faisant remarquablement ressortir les couleurs, tandis que la bande-son sera efficace, grâce à une partition musicale envoûtante, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise sans aucun sous-titre optionnel.
Par contre, au niveau des bonus, il faudra se contenter de la longue bande-annonce originale du film.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette petite perle de la "sexploitation" italienne, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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12.06.09

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

The black belly of the tarantula

Certainement bien aidé par son casting solide, ce The black belly of the tarantula restera un "giallo" quelque peu surestimé qui vaudra plus pour l'étude faite de son personnage principal passionnant que pour son intrigue basique prétexte à une séir de meurtres certes originaux mais bien vite répétitifs.
Le script va suivre l'enquête de l'inspecteur Tellini confronté à une vague de meurtres suivant le même mode opératoire et visant des jeunes femmes.

The black belly of the tarantulaPourtant, le métrage commencera de la plus sensuelle des manières en suivant une demoiselle se faire masser langoureusement par un aveugle dans un institut spécialisé avant d'être dérangé par un coup de téléphone de son mari visiblement énervé. Et il aura de quoi puisqu'il reçoit des photos de sa compagne, avec qui il s'est séparé depuis peu, nue avec un autre homme, ce qui nous vaudra une petite "scène de ménage" avec paire de baffes en prime. Mais peu après un inconnu va s'introduire chez elle et la tuer de manière terriblement macabre puisqu'il va la paralyser avec une aiguille de façon à ce qu'elle puisse bien le voir lui enfoncer un couteau dans l'abdomen pour ainsi l'éventrer.

The black belly of the tarantulaCette entame du métrage sera de bon augure en avançant une tension réelle mêlée à un érotisme bien présent, mais hélas les choses vont quelque peu se gâter par la suite. En effet ensuite le métrage va nous présenter son personnage central, l'inspecteur Tellini, arrivé sur les lieux du crime pour interroger le mari qui de témoin deviendra vite suspect, surtout qu'il ne trouvera rien de mieux à faire que de se cacher pour faire mener sa propre enquête par un détective privé. Mais rapidement les meurtres vont se succéder, laissant aussi bien le spectateur que Tellini dans l'expectative quant au mobile du tueur, puisqu'en plus d'une folie d'un des protagonistes envisageable, cette histoire de chantage aux photos compromettantes pourrait bien apporter un motif bien plus rationnel.

The black belly of the tarantulaMais hélas l'intrigue va quelque peu se perdre dans les méandres de ses rebondissements et situations dans le but évident d'avancer de nouvelles victimes potentielles qui n'échapperont pas à leur sort et ne feront que plonger Tellini dans un désarroi mêlé de lassitude, pour chercher à embrouiller le spectateur avec des fausses pistes bien souvent flagrantes, pour au final recentrer l'intrigue vers ce salon de massage où comme on pouvait facilement s'en douter depuis le début chaque victime était cliente, mais de toutes façons l'identité du meurtrier demeurera très facilement anticipable, tout comme une bonne partie des événements qui déboucheront sur un final retrouvant enfin une véritable ampleur dramatique (même si également prévisible) dans une tension bien maîtrisée.

The black belly of the tarantulaLe tueur à l'aiguille d'acupuncture offrira quand même quelques bons moments tendus et quelque peu graphiques (mais l'ensemble ne versera jamais dans le gore), en présentant un assassin typique du "giallo", vêtu de noir, portant un chapeau et surtout des gants de latex transparents très visuels, pour ainsi procéder à quelques meurtres souvent joliment amené (celui au milieu des mannequins, par exemple) mais qui hélas finiront pas se montrer redondant en ne variant jamais les "plaisirs", pour toujours se contenter d'enfoncer cette aiguille paralysante et laisser les victimes découvrir leur mort imminente, ce qui donnera une justification au titre du film renvoyant à une guêpe seule capable de lutter contre la tarentule en lui injectant justement un poison dans le ventre qui la paralysera, scène que le métrage se croira obligé de visualiser au détour d'une situation.

The black belly of the tarantulaSi l'intrigue cherchera donc à brouiller les pistes plutôt vainement, le réalisateur parviendra aisément à intéresser son spectateur et à l'impliquer dans le film grâce à son personnage principal, cet inspecteur désabusé et ayant bien de la chance de trouver certains indices, dont nous suivrons également la vie privée attachante en compagnie d'Anna, sa petite amie adorable, créant de la sorte un personnage bien éloigné des "super-flics" traditionnels forts et sûrs d'eux alors qu'ici l'inspecteur Tellini sera continuellement en proie au doute aussi bien sur son enquête que sur sa vocation vacillante de policier, sentiment qui sera bien entendu amplifié lorsque le tueur commencera à se rapprocher un peu trop près de ses proches, ce qui renforcera de fait l'envergure du dernier acte qui hélas s'achèvera sur une révélation commune et sans charisme ni saveur pour justifier les actes macabres d'un tueur bien trop classique.

The black belly of the tarantulaEn plus de ces meurtres originaux, le métrage se parera également de quelques morceaux de bravoure, dont une poursuite se terminant sur les toits d'un bâtiment et en négligera pas de s'adonner sporadiquement à une violence directe, avec ces coups échangés lors du final ou encore ces claques brutalisant la première victime sans ménagement, pour également se montrer vaguement méchant lors d'un chute de hauteur d'un des personnages qui ira quand même défoncer des vitres avant de s'écraser au sol, et si le film ne versera pas dans un aspect sanglant ici régulièrement caché à la caméra par des artifices, le réalisateur s'attardera quand même sur le premier crime pour nous montrer le couteau enfoncé dans les chairs commencer son parcours mortel.

The black belly of the tarantulaLes personnages joueront donc un rôle vital dans l'implication du spectateur avec bien entendu le couple formé par l'inspecteur Tellini et sa compagne Anna, mais les seconds rôles seront aussi bien travaillés pour nous gratifier d'une galerie de personnages déviants et même parfois pervers, tout en laissant parfois s'exprimer un humour discret (le détective privé délateur, par exemple), l'ensemble bénéficiant d'une interprétation exemplaire, avec Giancarlo Giannini impeccable dans le rôle de Tellini, tandis que parmi les victimes on retrouvera les toutes belles (et n'hésitant pas à apporter une touche d'érotisme réelle) Claudine Auger, Barbara Bouchet mais aussi une Barbara Bach alors débutante et l'adorable Stefania Sandrelli. La mise en scène de Paolo Cavara (le co-réalisateur du fameux Mondo cane) est adaptée pour magnifiant certains plans en s'attardant sur des détails anodins.

Donc, ce The black belly of the tarantula constituera un "giallo" mineur, pas déplaisant à suivre grâce à ses protagonistes, mais trop classique dans son enquête faussement alambiquée !

The black belly of the tarantulaLe DVD de zone 1 édité par Blue underground avancera une image nette et bien restaurée, tandis que la bande-son sera largement appréciable, avec comme toujours une splendide partition musicale d'Ennio Morricone, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise ou dans sa version italienne avec des sous-titres anglais optionnels.
Au niveau des bonus, on pourra suivre une interview de Lorenzo Danon, le fils du producteur du film qui reviendra suer la carrière de son père avant de s'intéresser au film pour nous apporter quelques anecdotes intéressantes, laissant la bande-annonce et un spot TV clore ces bonus succincts.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce "giallo" mineur mais loin d'être déplaisant, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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11.06.09

07:50:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Saw 5
Saw 5

Comme tous les ans depuis 2003, la franchise des Saw s'est enrichie l'année dernière d'un nouvel épisode, le cinquième, pour continuer donc d'explorer l'univers des pièges et tortures du "Jigsaw", et ce Saw 5, après un passage en salles obscures où il a drainé presque 522 000 spectateurs, est désormais disponible en DVD et en Blu-ray, toujours avec la bénédiction de Metropolitan.

Saw 5

Le script reprend le personnage de Hoffman, désormais le seul héritier du pouvoir du Tueur au puzzle. Mais lorsque son secret manque d'être découvert, la seule alternative qu'il lui reste est d'éliminer chaque menace, sans droit à l'erreur, multipliant de la sorte les pièges attendus reposant toujours sur un cas de conscience…

Saw 5

Après un quatrième volet plutôt désastreux et ne valant que par ce retour sur les origines du Tueur au puzzle, on était légitimement en droit d'être sceptique quant à l'utilité de ce nouvel opus et hélas, une partie de ces craintes resteront fondées. En effet, le script semblerait vouloir continuer à se fourvoyer dans les méandres des rebondissements des précédents volets pour essayer de développer sa propre intrigue, obligeant ainsi le spectateur à connaître sur le bout des doigts la franchise pour espérer s'y retrouver, même si de nombreux flash-backs viendront nous y aider tout en osant vouloir nous faire croire que le "Jigsaw" avait tout prévu début le début. Mais heureusement, le métrage serait plus lisible, avec un montage bien moins "cut" grâce à une réalisation plus posée de David Hackl, remplaçant (enfin diront certains…) Darren Lynn Bousman, et qui semblera également posséder une meilleure direction d'acteurs, tout en parvenant à rendre l'ensemble divertissant, parfois même amusant et jamais ennuyeux, relevant ainsi quelque peu le niveau de la franchise pourtant sur le déclin… De bon augure avant le fameux Saw 6 qui déchaîne déjà les passions rien que par tous les bons et mauvais jeux de mots issus de son titre ?

Saw 5

Le DVD édité par Metropolitan avancera une image en 1.85 (16/9 anamorphique) et proposera le film en version française et anglaise en DD5.1EX, laissant seule la version française bénéficier du DTS6.1ES.
Au niveau des bonus, outre les deux commentaires audios disponibles, on pourra uniquement suivre les explications de plusieurs pièges révélés aussi bien au niveau des effets visuels que du sens de chaque piège.
Le Blu-ray du film reprendra le même format d'image et avancera les même bonus, mais proposera la bande-son en DTSHDMA5.1 et en DTSHDMA6.1 aussi bien pour la version française que pour la version anglaise.

Saw 5

Donc, depuis le 10 juin, il est possible de se replonger chez soi dans l'univers de la franchise Saw grâce à ce nouvel épisode redressant apparemment quelque peu la barre !

Saw 5

Saw 5 - Edition collector

Saw 5 - Edition collector
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Saw 5 (Blu-ray) - Edition Warner

Saw 5 (Blu-ray) - Edition Warner
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10.06.09

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Beyond the limits

Avec ce Beyond the limits le réalisateur allemand Olaf Ittenbach nous prouvera si besoin en était qu’il est bien le maître du gore teuton pour ce film à sketches énormément saignant, certes moins définitif que son terrible Premutos mais bien plus professionnel, aussi bien dans ses effets sanglants que dans la direction d’acteurs, tandis que la reconstitution médiévale de la seconde partie du film tiendra incroyablement bien la route.
Le script va laisser une journaliste aller interviewer le gardien d’un cimetière qui va lui conter deux histoires sordides ayant comme point commun un cœur malfaisant ayant le pouvoir de donner l’immortalité.

Beyond the limitsPour lancer le métrage, le réalisateur va commencer par nous concocter un générique plus que macabre et rudement bien mis en œuvre avec cette caméra se promenant entre les tombes d’un cimetière pour finalement s’arrêter sur cet homme scrutant une stèle funéraire splendide, bientôt rejoint par une demoiselle qui se présentera comme étant journaliste et désirant questionner ce gardien du plus grand et pittoresque cimetière de la région. Notre homme ne va pas se faire prier et après avoir entraîner la jeune femme dans une remise où ils vont s’installer, il va lui conter une première histoire liée à une série de décès suspects, permettant à l’intrigue de faire une transition toute trouvée pour lancer le premier sketch.

Beyond the limitsC’est ainsi que nous allons dans cette première partie du film suivre un règlement de comptes entre truands, sur fond de trafic de drogues, pour d’abord suivre Paul, un homme connaissant des soucis pour déposer une valise convoyée et surtout entendant par téléphone sa petite amie se faire malmener et finalement défenestrer par des inconnus, le poussant ensuite au suicide. L’intrigue va alors prendre place chez Jimmie Levinson, un homme d’affaires rentrant chez lui pour préparer la fête d’anniversaire de son épouse lorsqu’un inconnu désirant lui parler va venir l’importuner en lui demandant où se trouve Paul, bientôt interrompu par l’arrivée des invités qui seront tous, comme Jimmie, des truands qui vont réussir à maîtriser cet invité non désiré pour devoir faire appel à Mortimer et à son étrange compagnon Rick pour les débarrasser définitivement de cet importun . Mais Mortimer va rapidement leur révéler la vraie raison de sa venue, puisqu’il travaillera sur commande de leur chef à tous pour retrouver de la cocaïne disparue.

Beyond the limitsPour faire parler les différents personnages en présence, Mortimer et Rick vont bien entendu utiliser la violence, tuant un par un les invités de manière toujours sanglante et abusive, sans oublier au passage de mutiler Jimmie, pour nous gratifier de séquences tendues et méchantes dans l’art de massacrer son prochain, surtout que ce Mortimer tatoué aura un charisme certain à l’écran, bien à l’aise dans sa déviance aussi cynique et vicieuse que destructrice. Ce qui fera heureusement oublier la simplicité extrême du scénario qui demeurera basique jusque dans les rebondissements et retournements de situation du final de ce premier sketch qui ne vaudra finalement que pour ses exactions gores manifestes et jouissives, avec ces nombreuses blessures infligées, sans oublier des impacts de balles terribles qui iront jusqu’à faire littéralement exploser les têtes.

Beyond the limitsEn plus de la cocaïne, Mortimer semblant être particulièrement intéressé par une boîte renfermant un cœur, ce qui poussera notre journaliste à questionner le gardien du cimetière à ce sujet, prétexte idéal pour avancer une transition judicieuse vers le second sketch qui remontera le temps jusqu’au Moyen-Âge pour y suivre les méfaits de l’Inquisiteur David Deming et de son bras droit Brewster, que nous découvrirons prêts à se lancer à l’assaut d’une église dont le prêtre serait un hérétique, malgré ses apparences chrétiennes. Et c’est ainsi que malgré l’opposition de Dennis, un jeune sergent, le groupe de soldats de Deming va investir l’église, accuser le prêtre et massacrer les ouailles réunies dans un bain de sang toujours extrêmement volontaire pour faire voler mains, membres et têtes au cours de brefs plans sanglants terriblement réalistes.

Beyond the limitsMais Deming va bientôt avancer la véritable raison de l’attaque de l’église et de l’enlèvement du prêtre Flynn pour le soumettre à ses questions, puisqu’il sera en possession du cœur malfaisant, dont seul le vieux prêtre aura connaissance du lieu où se trouve les documents permettant de dénicher les parchemins nécessaires à l’utilisation du cœur pour obtenir la vie éternelle. Devant le refus de Flynn de l’aider malgré quelques tortures bien graphiques (pied arraché, œil percé), Deming va donc le faire brûler vif et chercher uniquement en compagnie de Brewster le moyen de découvrir les mystères du cœur satanique en lui offrant d’abord de nombreuses victimes suppliciées, prétexte à de nouveaux effets sanglants explosifs, avant que Brewster ne s’en prenne à Dennis et à sa bien-aimée Annabelle.

Beyond the limitsCe second sketch sera le plus convaincant des deux, en étant déjà largement plus sanglant et démonstratif pour mettre en avant des sévices graphiques nombreux mais justifiés par l’intrigue jusque dans ce final excellent se déroulant en enfer pour promouvoir une dernière explosion de gore rappelant celle du final de The burning moon avec ce corps littéralement massacré, au visage mutilé avant que les démons s’acharnent pour éventrer et démembrer leur victime ayant par ailleurs bien mérité ce calvaire se déroulant dans des décors magnifiques d’un enfer démentiel. Cette seconde partie bénéficiera également d’une intrigue plus travaillée, parfois cruelle mais aussi largement plus impliquante avec des protagonistes plus développés avec notamment ce couple formé par Dennis et Annabelle qui sera présenté sous un jour éminemment sympathique. Enfin, la reconstitution historique sera grandement réussie pour toujours tenir la route sans jamais paraître légère ou "cheap".

Beyond the limitsL'interprétation sera ici plus soignée qu'à l'accoutumée chez le réalisateur, pour paraître de la sorte largement moins amatrice, mais hélas quelques fausses notes à ce niveau-là seront quand même à déplorer à cause d'un surjouage sporadique quelque peu néfaste bien qu'heureusement peu voyant. La mise en scène d'Olaf Ittenbach s'est elle aussi largement améliorée en fil du temps pour devenir limpide, maîtrisée jusque dans des scènes d'action beaucoup moins mollassonne qu'avant et mettant toujours en avant les exactions gores. Et justement, les innombrables effets spéciaux du métrage resteront toujours probants, pour avancer ces multiples plans sanglants toujours expansifs, volontaires et efficaces dans un graphisme réaliste parfois étonnant mais jamais malsain pour devenir jouissif.

Donc, ce Beyond the limits aura largement de quoi combler l'amateur de gore avec ce véritable feu d'artifice d'effets sanglants réalistes, mais marquera également une nouvelle étape dans la carrière de son réalisateur devenant bien plus professionnel et technicien, avec juste ce petit bémol d'une intrigue pas toujours très recherchée !

Beyond the limitsLe DVD de zone 2 allemand édité par XT Video avancera une image juste parfois vaguement granuleuse, tandis que la bande-son sera plutôt efficace même si la partition musicale demeurera souvent en retrait et manquera quand même de dynamisme, le métrage étant ici proposé dans sa version allemande ou anglaise, sans la présence du moindre sous-titre..
Au niveau des bonus, on pourra suivre deux bandes-annonces du film, une galerie de photos du tournage du film, la bande-annonce de l'excellent Premutos ainsi qu'un conséquent making-of de ce film laissant intervenir les différents acteurs et bien entendu Olaf Ittenbach, dont la filmographie viendra clore ces bonus hélas non sous-titrés.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette perle sanglante d'Olaf Ittenbach, le DVD de zone 2 allemand est par exemple disponible ici !

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09.06.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Amusement

C'est en s'essayant au film à sketches que ce Amusement va tenter de se démarquer quelque peu du "slasher" de base avec plusieurs segments comme souvent inégaux, largement prévisibles mais pas désagréable à suivre grâce à une mise en scène inventive et par un souci esthétique omniprésent.
Le script va suivre les mésaventures de trois demoiselles, des anciennes amies d'enfance, aux prises chacune leur tour avec un meurtrier ricanant, avant de se retrouver toutes les trois confrontées au tueur.

AmusementSans préambule le métrage va lancer sa première partie, la plus courte, en mettant en avant Rob et sa petite amie Shelby circulant sur une autoroute au retour d'un week-end désastreux. Profitant de l'endormissement de Shelby Rob va prendre part à un convoi de trois véhicules se suivant pour pouvoir ainsi rouler à vive allure, guidés par un poids lourd, mais lors d'un arrêt dans une station-service, Shelby va apercevoir une jeune femme enfermée dans la cabine du routier, visiblement retenue prisonnière. Ce premier sketch ne prendra pas le temps de s'appesantir sur ses situations ou ses personnages pour visiblement vouloir arriver le plus vite possible à son twist final certes pas forcément prévisible mais plutôt improbable, sans laisser la moindre ambiance s'installer et surtout sans se soucier de la pertinence des événements qui vont faire perdre toute ampleur à ce retournement de situation qui demeurera peu crédible.

AmusementSans transition autre que le nom de la future victime s'affichant en bas de l'écran, le métrage va alors s'intéresser à Tabitha, une jeune femme arrivant chez sa tante pour y retrouver ses deux neveux seuls, leur baby-sitter ayant apparemment mis les voiles sans raison. Le réalisateur prendra cette fois-ci le temps d'exposer sa situation assez simpliste de manière à créer une tension réelle et volontaire, avec notamment ces bruits étranges qui par contre ne sembleront pas préoccuper Tabitha plus que cela, tandis que ces deux gamins bizarres et étranges ne sembleront pas êtreperturbés par l'absence de leur baby-sitter.

AmusementCe segment avancera alors plusieurs pistes pour présager des soucis à venir de Tabitha, entre les deux enfants, le petit ami mystérieux de la baby-sitter à la recherche de celle-ci et ensuite et surtout ce clown à taille humaine trônant dans la chambre d'ami (par ailleurs remplie de poupées clownesques) occupée par Tabitha, pour finalement largement orienter le spectateur vers un de ces choix et donc annihiler tout suspense pour ne plus laisser au spectateur se poser la question "qui", mais uniquement "quand" le meurtrier va se décider à frapper, ce qu'il fera bien entendu finalement de manière assez stressante (avec un emploi judicieux de l'arrière plan) mais se terminant de façon bien trop abrupte après un petit clin d'œil aux clichés du "slasher".

AmusementLa troisième demoiselle à rentrer dans l'action sera Lisa, inquiète de la disparition de sa colocatrice après une sortie dans un bar, la poussant à se rendre à une pension de famille lugubre où son amie est censée avoir fini la soirée, obligeant même Dan, son petit ami, à la suivre sur place et à profiter du travail de celui-ci au ministère de la Santé pour qu'il puisse pénétrer dans ce lieu vraiment peu engageant. Tout aussi prévisible dans son déroulement, ce troisième sketch vaudra surtout par ses décors sinistres à souhait arrivant quelque peu à créer une atmosphère délétère, tandis qu'un piège amusant viendra divertir également même s'il demeurera plus que facile. Et l'issue de cette partie du film se montrera enfin quelque peu graphique et macabre, lui donnant ainsi un léger impact.

AmusementPour clore l'ensemble, nous allons donc retrouver Tabitha, ayant survécu et maintenant entre les mains du FBI, qui va devoir répondre aux questions d'une psychanalyste, permettant de la sorte tardivement au métrage de faire le lien entre les trois histoires contées précédemment, avant de replonger facilement et sans grand souci de cohérence (quid de le présence de la psychanalyste dans ces lieux) Tabitha dans l'antre du tueur qui va s'amuser avec elle tout en faisant intervenir Lisa et Shelby, pour un dernier acte volontaire, lorgnant gentiment du côté de Saw avec ces pièges et astuces morbides, pour une série de rebondissements rythmés prenant place dans un labyrinthe sordide impactant recelant diverses fantaisies pas franchement probables mais bien trouvées pour tenter de faire enfler le suspense et al tension, mais sans y parvenir réellement jusqu'au final sans originalité (mais nous gratifiant d'un bel effet gore) qui viendra clôturer le film sur une note triste et dépressive pour ainsi ne pas se contenter d'une happy end basique.

AmusementSi on écarte un premier segment bâclé et sans saveur, le métrage arrivera quand même à créer une certaine ambiance et à se barder d'une tension réelle à défaut d'être soutenue, pour suivre ces différents protagonistes dans des situations laissant hélas une forte impression de déjà-vu, venant ainsi réduire l'ampleur de chaque rebondissement, ce qui restera dommage à la vue des tentatives de diversion parfois convaincantes avancées par un script qui ne parviendra jamais à transformer l'essai en gâchant bêtement ces points positifs soit par des effets d'annonces trop flagrants, ou en abandonnant ces bonnes idées en cours de route pour se recentrer sur des aspects conventionnels, quand ce ne sera pas un manque de crédibilité qui achèvera de plomber l'ensemble.

AmusementCar sinon le métrage arrivera à se parer d'une ambiance visuelle assez forte au travers de décors soit troublants par leur imprégnation dans un quotidien à la banalité désarmante mais rendue menaçante par des éléments extérieurs (les bruits dans la maison de la tante de Tabitha), soit carrément gothiques et sinistres avec l'extérieur et surtout l'intérieur de la pension explorée par Lisa, tandis que l'atmosphère du dernier acte du film devra beaucoup également à ces décors humides, glauques et pleins de faux-semblants largement exploités par un script mettant complètement en avant cet endroit inhabituel pour agencer ses rebondissements qui serviront en outre de lien entre ces différents segments pour justifier leur existence à chacun.

AmusementLes différents personnages resteront plutôt lisses, sans réelle saveur par manque de personnalité à la vue de leur présentation successive inexistante ou trop vite agencée par le réalisateur pour qu'ils puissent espérer nous devenir sympathique, à l'exception de Tabitha, celle qui aura en outre la plus grande présence à l'écran et servira au final d héroïne, qui sera plus travaillée et arrivera au final à devenir attachante, rendra ses mésaventures quelque peu impliquantes. Ces personnages bénéficieront d'une interprétation mitigée, assez terne pour laisser la toute mignonne Katheryn Winnick s'attirer les faveurs du spectateur dans el rôle de Tabitha, tandis que le meurtrier ricanant aura quand même un minimum de charisme à l'écran, notamment par son rire et par ses grimaces surjouées.

AmusementLa mise en scène du réalisateur est adaptée, rythmée pour suivre l'action de près en se faufilant dans les méandres des décors, tout en arrivant à créer des plans parfois originaux, transitifs, et en justifiant d'un suspense généré en partie par une utilisation adéquate des arrière-plans et des possibilités offertes par les décors et leurs pièges. Les effets spéciaux du film resteront peu nombreux, l'ensemble semblant privilégier l'ambiance à une volonté graphique trop franche, mais cela ne donnera que plus d'impact aux quelques plans sanglants parfois rapidement avancés, mais aussi pleinement mis en avant, notamment celui du final qui restera bien jouissif.

Donc, ce Amusement se suivra sans déplaisir grâce à ses quelques bonnes idées hélas trop souvent gâchées et par son esthétisme magnifié, pour en contrepartie souffrir d'une prévisibilité excessive.

AmusementLe DVD de zone 1 édité par New line Cinema Picturehouse avancera une image nette et sans défaut, même lors des nombreuses séquences se déroulant dans la pénombre, tandis que la bande-son sera plutôt efficace, avec juste une partition musicale quelque peu sobre et effacée, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise, avec des sous-titres anglais et espagnols optionnels.
Par contre cette édition ne comprendra aucun bonus digne de ce nom puisque seules quelques bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur seront visionnages avant d'arriver au menu principal du DVD.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce petit film à sketch assez sympathique malgré ses défauts récurrents, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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08.06.09

07:15:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Rusted body

Troisième volet de la série des Guts of a virgin, initiée par Entrails of a virgin et poursuivie par Entrails of a beautiful woman, ce Rusted body (également connu sous le titre de Female inquisitor) s'avérera être bien plus porté sur l'érotisme quelque peu déviant que sur l'aspect horrifique ici relégué au second plan pour servir une intrigue terriblement simpliste mais prétexte à toute une série de scènes osées et quand même dépravées.
Le script va suivre le parcours d'un quatuor de personnages n'hésitant pas à torturer et à abuser de quelques victimes afin de leur soutirer les codes secrets permettant d'accéder à de l'argent détourné.

Rusted bodyD'entrée, le métrage va mettre en avant son côté érotique en introduisant deux jeunes femmes en pleine séance de masturbation, tandis que dans la pièce d'à côté, deux hommes s'acharnent gaiement sur un troisième attaché qu'ils vont fouetter et menacer dans l'espoir de le faire avouer où se trouvent les 160 millions de yen qu'il a détourné. Devant leur manque de succès, les deux femmes vont faire leur entrée en scène et s'occuper de cet homme qui aura d'abord un ongle d'un doigt de pied arraché, avant que la pince utilisée serve à lui ôter une dent, pour finalement lui écraser le pénis, ce qui d'ailleurs le fera parler, indiquant à ses tortionnaires qu'il a en sa possession qu'un quart de la somme annoncée et leur donnant le code d'accès avant de mourir.

Rusted bodyCette première séquence mettra tout de suite le spectateur dans le bain et sera d'ailleurs la seule véritablement horrifique du métrage, portée par une volonté graphique réelle (l'ongle sera ainsi arraché en gros plan), tout en mettant bien en évidence la déviance de ce quatuor hétéroclite composée d'une dominatrice, Hiriko Ichijo, d'un vieil homme pervers et adepte de la torture depuis son passage dans l'armée, de sa petite fille et du petit ami de celle-ci, la suite de l'intrigue nous permettant de faire quelque peu connaissance avec chacun d'eux pour de al sorte découvrir leurs penchants souvent pervers et toujours savoureux dans la manière dont ils seront mis en avant par le réalisateur.

Rusted bodyEn effet, nous allons par exemple découvrir le lit à orgasmes, une invention hautement improbable du vieil homme qui aura la faculté de transmettre les orgasmes d'un couple faisant l'amour sur ce lit à un tierce personne reliée au lit, comme nous allons le découvrir lors d'une expérience au cours de laquelle la petite fille du vieil homme et son petit ami vont copuler sur le lit et donc transmettre leurs émotions à Hiriko, prouvant dans la pratique l'efficacité de cette invention haute en couleur et impayable grâce à l'humour salace véhiculé par cette séquence de test érotique qui donnera bien des émotions au vieil homme puisque celui-ci en profitera pour se rapprocher d'Hiriko et entreprendre de la caresser intimement.

Rusted bodyMais après cet intermède sensuel, le quatuor va se remettre à la recherche de l'argent manquant, certainement détenu par un responsable de banque adultère, comme va le prouver à l'épouse de celui-ci un des membres du groupe grâce à une cassette vidéo suivant les ébats de cet homme avec une de ses employées, laissant par la même occasion l'auteur nous gratifier d'une nouvelle scène sensuelle sans grand rapport avec l'intrigue globale mais venant meubler le film et le remplir dans la durée. Ensuite, ce banquier et son épouse vont donc se faire kidnapper et se réveiller attachés l'un près de l'autre sous les regards du quatuor qui fera une entrée en scène remarquée et théâtrale avant de se lancer dans une entreprise d'intimidation afin d'obtenir les informations désirées.

Rusted bodyEt alors que l'on était en droit de s'attendre à une nouvelle série de tortures physiques sadiques, l'intrigue va opter pour différents sévices certes originaux et souriants mais guère graphiques, plus axés sur la domination sexuelle et la perte de volonté des victimes, en plongeant par exemple le fessier de la femme dans un bain d'anguilles que le vieil homme va exciter avec du saké, ou encore utiliser le lit à orgasme relié au banquier pour espérer le faire céder à la tentation et donner le code d'accès à son compte en banque. Mais devant son refus de collaborer, Hiriko va devoir tenter le tout pour le tout et nous offrir un final terriblement douloureux sexuellement, mais en même temps porteur d'une idée bien folle et déviante.

Rusted bodyLe réalisateur Gaira va donc ici surprendre les fans de deux premiers films de la série des Guts of a virgin en orientant son film vers son aspect sexuel qu'il exploitera largement, multipliant les séquences érotiques avec une régularité exemplaire, qui certes serviront sporadiquement l'intrigue générale mais seront quand même parfois complètement gratuites tout en étant à chaque fois différentes dans leur agencement pour ne jamais sombrer dans la vulgarité grâce à un humour omniprésent (souvent véhiculé par le personnage haut en couleur du vieil homme) et ravageur dans son impertinence salace et l'auteur s'amusera clairement avec les "ombres chinoises" pour se permettre d'avancer des plans explicites échappant de la sorte à la censure puisque aucune des scènes érotiques n'ira sinon bien loin pour se contenter de demeurer sensuelles.

Rusted bodyPar contre, si les deux premiers films contenaient leur quota de scènes horrifiques, Gaira semblera délaisser cet aspect de son cinéma, alors que le script aurait pu largement donner lieu à des événements sanglants graphiques, comme le laissera entrevoir l'entame du métrage, bien volontaire et laissant présager de tortures qui ne viendront jamais, ce qui au final donnera une ressource supplémentaire au film qui étonnera et trouvera une ampleur insoupçonnée avec cette bataille mentale aiguillée par le désir sexuel de la malheureuse (enfin, pas tant que cela, si on y réfléchit bien…) victime aguichée par une Hiriko sensuelle en diable.

Rusted bodyDans ce contexte, les personnages resteront assez superficiels, le métrage n'ayant pas le temps ni l'opportunité de s'attarder sur chacun d'eux autrement que pour mettre en avant leurs penchants déviants, ce qui aurait par ailleurs ralenti le rythme global du film et n'aurait pas forcément eu d'intérêt dans cet environnement, mais cela n'empêchera pas chacun d'entre eux d'être savoureux, à des degrés divers selon leur importance, mais tous bénéficieront d'une interprétation adaptée et convaincante. La mise en scène de Gaira est linéaire et parviendra à donner un rythme continu mais peu dynamique au métrage, les différentes séquences traînant parfois quelque peu en longueur. Les quelques effets spéciaux sont probants pour servir à merveille l'entame du film avec ces deux exactions sanglantes franches et réalistes.

Donc, ce Rusted body, s'il ne tiendra pas ses promesses sanglantes, arrivera aisément à se rattraper par son aspect érotique original et omniprésent au service d'un script croustillant et bien déviant !

Rusted bodyLe DVD de zone 0 édité par Japan Shock avancera une image quelque peu granuleuse lorsque l'action se déroulera dans la pénombre, tandis que la bande-son sera cohérente, avec une partition musicale très discrète, le métrage étant ici proposé dans sa version originale japonaise avec des sous-titres anglais et allemand optionnels.
Au niveau des bonus, il faudra se contenter d'une assez longue galerie de photos du film, la bande-annonce promise par la jaquette demeurant introuvable.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce film sensuel ouvertement déviant, le DVD de zone 0 est disponible ici !

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05.06.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Space wolf

Film indépendant plus ou moins amateur réalisé par Timo Rose, un des principaux réalisateurs de le scène gore allemande, auteur de la trilogies des Mutaion, de Barricade ou encore de Rigor mortis, ce Space wolf pourra surprendre de la meilleure manière possible en avançant une galerie de personnages travaillés et étonnamment crédibles qui parviendront sans mal à exister dans une intrigue leur laissant véritablement le temps d’exister avant de virer au carnage.
Le script va envoyer sept petits voyous à un stage de réinsertion en pleine forêt avec deux éducateurs psychologues, mais en plus de querelles prévisibles engendrées par ces fortes têtes agressives, une créature extraterrestre va venir décimer le petit groupe.

Space wolfD’entrée, le métrage va nous présenter un de ses personnages principaux, Benny, une sorte de punk alcoolique vivant dans un taudis avec ses chats et guère enchanté de rencontrer un nouveau psychologue, Thomas Kercmar, qui va "l’inviter" de force à un stage en pleine nature pour espérer pouvoir ensuite le réinsérer dans la société, tout en lui précisant que son ancienne petite amie sera présente. L'introduction va également mettre en scène une demoiselle volant différentes choses à l'étalage, nous invitant ainsi à penser qu'elle sera également du voyage, ce qui se vérifiera très vite puisque le réalisateur ne va pas tarder pour placer ses protagonistes dans un véhicule en route pour ce séjour en forêt qui devrait aider les jeunes à se reconstruire.

Space wolfMais l'ambiance commencera à se tendre entre Benny et son voisin de siège, Tequila, un hard-rocker épais qui passera son temps à lui faire des grimaces avant que la situation dégénère une fois la destination atteinte, pour une première échauffourée réaliste et méchante sans pour autant être violente, que Thomas et son bras droit Marc auront bien du mal à calmer. Après un deuxième voyage pour aller chercher les deux derniers invités au stage, le métrage va mélanger scènes communes et bribes d'entretiens de Thomas avec chacun des délinquants pour ainsi amorcer une présentations des personnages réussies en impliquant véritablement le spectateur grâce à des personnalités aussi diverses que crédibles et porteuses d'un naturel surprenant.

Space wolfC'est ainsi que le métrage va avancer un exhibitionniste corpulent, un jeune devenant violent avec son entourage sans avoir de raisons, un drogué, Benny, alcoolique et dépressif, Tequila, mais aussi les deux jeunes femmes du groupe, Annabell, la voleuse vue en introduction et Alenka, l'ancienne petite amie de Benny venue là de son propre chef, malgré ses tendances à la prostitution. Chacun pourra évoquer son cas à Thomas et écouter ses recommandations sans jamais que ces passages deviennent ennuyeux ou fastidieux grâce toujours au naturel ambiant s'exprimant sans jamais forcer la donne. Et lorsque l'intrigue s'intéressera au groupe lui-même, ce sera de façon souriante en avançant les travers de chacun, avec par exemple ce Tequila qui récitera l'alphabet en rotant sa bière, puisque même pour un stage de réinsertion, l'alcool coulera à flots, Benny passant ainsi tout le métrage une bouteille de whisky à la main, mais sans que cela paraisse irréel ou invraisemblable dans ce conteste naturaliste.

Space wolfL'ambiance restera quand même tendue à chaque situation avancée, l'imprévisibilité de chacun donnant même lieu à quelques violences à base de coups de poing et autres bagarres parfaitement agencées par le réalisateur pour leur donner du punch mais toute cette première partie restera quasiment vierge de tout effet sanglant (mis à part quelques éclaboussures résultant des coups encaissés par certains) et la bête entraperçue débarquant sur Terre d'une sorte de météorite au début du métrage sera quasiment absente, si on excepte quelques plans en caméra subjective, sans que cela donne lieu à la moindre attaque (pourtant attendue quand on connaît le goût de Timo Rose pour les effets sanglants), pour ainsi juste accentuer quelque peu le suspense et le climat tendu de l'ensemble.

Space wolfLa seconde partie du film va racheter cette absence de gore, d'abord en invitant deux des protagonistes à un duel enfin saignant qui va définitivement perturber le bon déroulement du stage tout en révélant au grand jour la nature rebelle et détraquée de Marc, l'adjoint de Thomas qui, en plus de monter chaque participant contre leur psychologue, va vouloir faire tuer celui-ci lorsqu'il sera blessé. Mais ce sera surtout cette sorte de loup-garou qui va enfin venir offrir le spectacle gore attendu en massacrant un par un les personnages égarés ou esseulés pour mettre en avant des effets sanglants de plus en plus marqués à chaque agression, entre tête et bras arrachés, corps déchiquetés, crânes défoncés, pour laisser un final s'affirmer comme une apothéose sanglante terrible et volontaire, plus que graphique.

Space wolfLes personnages arriveront sans mal à s'attirer la sympathie du spectateur et à créer l'empathie, par leur naturel désarmant et grâce à quelques traits d'humour discret et réaliste, pour de la sorte impliquer aussi largement que de manière inattendue le spectateur dans l'évolution de la situation du groupe et de chacun, et le dépit lors de la mise à mort de chacun contrastera de façon étonnante avec l'aspect jouissif de plans sanglants mis en avant par le réalisateur, alors que l'ensemble bénéficiera d'une interprétation adaptée et cohérente, Andreas Pape (un habitué du genre qui collaborera souvent avec Timo Rose, tout en se faisant parfois réalisateur, comme pour Hunting creatures) en tête.

Space wolfLa mise en scène de Timo Rose reprendra ses tics habituels, avec des ralentis intempestifs et autres petits effets de style personnels qui ne seront jamais gênants, bien au contraire en participant activement à générer l'atmosphère spéciale du film tout en masquant ainsi la pauvreté des décors (une forêt, point barre), tandis que l'utilisation de la caméra subjective se fera de manière sporadique et guère envahissantes, mais le réalisateur aura quand même du mal à rendre complètement efficaces certaines scènes d'actions, notamment lors du final gore, par manque de mouvement de al caméra qui demeurera plutôt statique. Les effets spéciaux sont probants, réalisés par ce grand spécialiste des débordements ultra-gore qu'est Olaf Ittenbach, pour les diverses mutilations et autres éventrements présents dans le film, mais la créature n'offrira hélas qu'un look guère crédible.

Donc, ce Space wolf surprendra son spectateur pas son ton naturaliste vraiment inattendu de la part de l'auteur qui signera sans doute ici son film le plus personnel avec en plus des protagonistes à la personnalité fouillée crédible, mais sans pour autant décevoir les amateurs de gore avec une seconde partie bien expansive en la matière !

Space wolfLe DVD de zone 2 allemand édité par SOI avancera une image quand même granuleuse lors des séquences se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera convaincante, avec notamment une partition musicale rythmée et dynamique largement efficace, le métrage étant ici proposé dans sa version allemande avec des sous-titres optionnels anglais hélas quelque peu minimalistes.
Au niveau des bonus, on pourra suivre le clip musical du morceau du thème central du film, ainsi que la bande-annonce de Sounds of fear réalisé par Andreas Pape, et il faudra aller chercher en bonus cachés (et non indiqués sur la jaquette) plusieurs scènes coupées prolongeant notamment quelques effets gores, la bande-annonce anglaise du film ainsi qu'une conséquente galerie de photos du film.

Space wolf
Space wolf

Pour ceux qui voudraient découvrir ce film étonnant d'un Timo Rose inspiré, le DVD de zone 2 allemand est disponible ici ou commandable !

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04.06.09

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Sexorgien im Satansschloss

Remake officieux et ne cherchant même pas à se cacher du sympathique et envoûtant Malabimba, the malicious whore, ce Sexorgien im satansschloss, réalisé trois ans après son modèle, ne retrouvera hélas que très partiellement l’aura de son prédécesseur pour se contenter d’afficher un érotisme bien présent mais guère osé tout en dispensant une intrigue simpliste et surtout prétexte à dévoiler la nudité des charmantes interprètes féminins, délaissant de la sorte l’aspect horrifique et la tension, tous deux relégués au second plan.
Le script va prendre place dans un manoir isolé après la mort suspecte de la châtelaine pour y suivre la vengeance qu’elle va exercer en prenant possession du corps de sa fille.

Sexorgien im SatansschlossLa séquence pré-générique va directement mettre en avant tout le casting du film réuni autour de la dépouille funèbre de Maria, laissant chaque personnage présent regarder les autres en chien de faïence pour ainsi installer une ambiance sinistre et trouble, comme si chacun cherchait à percer le mystère des autres et que l’arrivée de Myra, la fille de la défunte, va renforcer pour alors permettre au métrage de placer son seul effet d’esbroufe réussi lorsque le corps de la morte va être brusquement secoué de violents spasmes, ce qui aura bien évidemment le don d’effrayer tout le monde et notamment Myra qui se mettra à hurler comme une damnée.

Sexorgien im SatansschlossEnsuite, l’intrigue va laisser le médecin de famille expliquer à Antonio, le mari de Maria, que ces spasmes post-mortem arrivent parfois et sont naturels tout en laissant entrevoir un manque de clarté sur les causes de la mort de Maria, la prise trop régulières de valium et ses crises de nerfs offrant des motifs de crise cardiaque qui sembleront arranger tout le monde, amenant sans équivoque le spectateur à penser que cette femme a en réalité été assassinée, mais par qui ? Le métrage n’offrira que peu de suspects, puisque les seuls personnages qui traverseront le film seront cet Antonio apparemment jaloux des aventures extraconjugales de sa femme compensant ainsi ses manques dus à des prises régulières de drogue, le médecin lui-même, Isidro, un serviteur superstitieux, Ignazio, le frère d’Antonio invalide et cloué sur son fauteuil roulant sans pouvoir bouger ni même parler, Mira et Sol, une religieuse débutante s’occupant aussi bien de Mira que d’Ignazio.

Sexorgien im SatansschlossL’intrigue va alors laisser Isidro se lancer dans une sorte de cérémonie dans le caveau familial pour tenter d’exorciser la cadavre de Maria, ne reposant selon pas en paix, ce que le métrage confirmera lorsque la voix de Maria ira troubler le sommeil de sa fille et l’inviter à descendre au caveau, perturbant ainsi le rituel d’Isidro. Le médecin dépêché sur place conseillera à Antonio d’envoyer sa fille dans une clinique pour qu’elle puisse se reposer, ce que la demoiselle, toujours influencée par l’esprit de sa mère, ne voudra évidemment pas. L’embaumement du corps de Maria donnera l’occasion à l’esprit de celle-ci de se débarrasser du toubib en retournant une seringue remplie de liquide mortel contre lui. Antonio découvrant le cadavre du médecin décidera de cacher sa mort en balançant son cadavre au fond d’une crypte et en jetant sa voiture dans le lac.

Sexorgien im SatansschlossTandis que Mira semblera de plus en plus visiblement accaparée par l’esprit de sa mère, Antonio pour sa part aura de plus en plus de mal à refreiner les pulsions sexuelles dirigées avec Sol, la religieuse qui bien entendu ne voudra pas de lui en ayant de toutes façons une bien piètre opinion de cet homme opportun et vicieux, le poussant à vouloir se débarrasser définitivement de tous les habitants du manoir, but également recherché par Maria, pour ainsi permettre au film d’avancer plusieurs mises à mort définitivement softs dans la seconde partie du film qui débouchera sur un final prévisible mais quand même heureusement quelque peu jouissif.

Sexorgien im SatansschlossLe métrage pourra donc compter sur sa galerie de personnages troubles et parfois hauts en couleurs (le serviteur et sa cérémonie hystérique au cours de laquelle il sacrifiera de manière exagérée un poulet encore vivant) pour assurer un minimum le spectacle et permettre aux nombreuses séquences de dialogue de devenir vaguement intéressantes lorsque seront révélés les penchants pervers de chacun et notamment de la défunte qui aura comblé son appétit sexuel avec presque tout le monde, du médecin à Ignazio qu’elle aura satisfait d’une fellation, en passant par La religieuse avec qui elle a entretenu des rapports saphiques. Et si ces penchants seront uniquement exprimés en paroles, l’intrigue va se trouver bien d’autres occasions pour laisser un érotisme flagrant envahir l’écran.

Sexorgien im SatansschlossEn effet, en plus des apparitions de la défunte nue qui viendra troubler ses anciens amants pour mieux les tuer, la métrage va souvent dévoiler la beauté franche de la jeune Mira, aussi bien pour une séquence de masturbation féminine guère osée que lorsque le médecin l’examinera, pour également s’intéresser de près à cette religieuse qui elle aussi aura l’occasion de se dévoiler, par exemple lorsqu’elle se préparera à se mettre au lit, le métrage justifiant même cette séquence pour mettre en avant l’aspect voyeur du pauvre Ignazio incapable de faire quoique ce soit à part regarder. Mais cet érotisme restera limité et n’ira jamais bien loin, ne flirtant pas ouvertement avec le hardcore comme avait pu le faire Malabimba, the malicious whore en son temps.

Sexorgien im SatansschlossPar contre, l’aspect horrifique de l’intrigue sera bien clairsemé et guère motivant, puisque le réalisateur n’arrivera pas à installer la moindre ambiance alors que les décors gothiques s’y prêtaient largement, et ce malgré une tentative sans impact de placer une caméra subjective parcourant au hasard les différentes pièces du manoir qui lui sera également régulièrement avancé pour des plans larges d’extérieurs par contre probants, et surtout les quelques séquences surnaturelles du film demeureront bien vite expédiées et les mises à mort se feront sans l’usage d’hémoglobine et encore moins de violence, laissant seule une séquence avec une sorte de zombie momifié tirer légèrement son épingle du jeu en se donnant un caractère macabre avéré et magnifié par les décors de cette crypte mortuaire flamboyants, mais la rapidité avec laquelle cette scène sera emballée gâchera son potentiel funèbre.

Sexorgien im SatansschlossLe métrage parviendra quand même à se parer par moments d’une ambiance trouble lorsqu’il versera dans la "nunsploitation" en déshabillant sa religieuse tout en nous la montrant plus que rapidement s'adonner aux plaisirs saphiques avec la châtelaine, pour en plus la laisser quand même mettre en avant sa foi de manière exaltée lorsque Antonio cherchera à s'attirer ses faveurs, mais le plus perturbant restera largement cette séquence au cours de laquelle elle va laver intimiment Ignazio entendu nu sur un lit, pendant que celui-ci se remémorera les visions qu'il avait eu de Sol se dénudant et se trémoussant seule dans son lit.

Sexorgien im SatansschlossLes personnages apporteront un semblant de vie à l'ensemble, mais passeront beaucoup trop de temps à converser, pour bénéficier heureusement d'une interprétation plutôt cohérente, car si la jeune Jacqueline Dupré (dont ce sera la seule apparition à l'écran) exprimera difficilement ses sentiments, Mariangela Giordano, déjà présente dans le rôle de la nonne de Malabimba offrira une prestation convaincante dans un le rôle similaire de Sol. La mise en scène du réalisateur est plutôt terne et peinera à donner du rythme à l'ensemble. Les rares effets spéciaux sont plutôt probants pour notamment avancer ce mort-vivant momifié de toute beauté.

Donc, ce Sexorgien im satansschloss ne retrouvera jamais l'impact de son modèle mais arrivera à se suivre sans déplaisir par son érotisme très présent et grâce à quelques idées perverses.

Sexorgien im SatansschlossLe DVD de zone 2 allemand édité par X-Rated Kult dans son format "livre" toujours aussi resplendissant avancera une image nette et n'ayant conservé que de rares défauts d'origine, tandis que la bande-son sera plus percutante avec une partition musicale gothique et métal volontaire, le métrage étant ici proposé dans sa version allemande ou italienne avec des sous-titres anglais.
Par contre, au niveau des bonus, il faudra se contenter de la sympathique bande-annonce italienne d'époque du métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce petit film à l'érotisme bien présent englué dans une intrigue prétexte, le DVD de zone 2 allemand est commandable ici !

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03.06.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

SS Girls

Avec ce SS Girls, le réalisateur Bruno Mattei (bien connu des mateurs de bisseries italiennes, Virus cannibale ou encore Les rats de Manhattan) versera dans la "nazisploitation" en copiant sans vergogne l'intrigue du Salon Kittyde Tinto Brass pour un résultat souvent ouvertement érotique mais presque complètement débarrassé du sadisme (exit toute scène de torture, par exemple) et de la provocation inhérente au sous-genre.
Le script va suivre la création d'une maison close réservée aux officiers allemands et dirigée par un fanatique du Troisième Reich dont la mission sera de faire débusquer par ses" filles" les traîtres et autres conspirateurs contre le Fürher.

SS GirlsD'entrée, le métrage va nous présenter son personnage central, l'officier SS Hans Schellenberg, en train de jouer au piano du Wagner (tant qu'à faire…) pour recevoir la visite d'un général qui va lui confier une mission top secret : créer un bordel destiné en apparence à satisfaire les généraux de l'armée régulière allemande pour en vérité chercher à savoir ce que ceux-ci pensent d'Hitler et ainsi châtier les traîtres. Schellenberg va alors s'octroyer l'aide de Madame Eva pour recruter dix jeunes femmes destinées à être formée pour devenir de véritable "guerrières sexuelles" prêtes à tout. Cette mise en situation sera très rapide pour ainsi permettre au réalisateur de se lancer dans ses délires visuels souvent hilarants.

SS GirlsEn effet, la formation des dix recrues, après un passage en revue par une sorte de savant fou dévergondé, se fera sous forme de petites séquences alternant initiation "militaire" sommaire et décalée ( les demoiselles s'entraînant bien entendu en petite tenue pas vraiment réglementaire de l'armée, mais qu'importe…) et expériences sexuelles diverses et variées (avec une prédilection pour des hommes difformes, amputés, et même un berger allemand, mais sans que le réalisateur n'aille bien loin, rassurez-vous…), le tout dans une bonne humeur communicative . Les demoiselles seront ainsi bientôt prêtes à recevoir leurs premiers "clients" pour tenter de percer leurs secrets et leurs convictions politiques.

SS GirlsMais bien sûr, le métrage va surtout s'attarder sur une longue séquence de débauche et d'orgie souriante mettant en présence des filles cinq généraux libidineux qui vont boire, manger (ou plutôt se gaver) et flirter avec les jeunes femmes, sous l'oeil averti de Schellenberg, de Madame Eva et de Frau Inge, une dominatrice perverse qui essayera en outre de draguer un Schellenberg bien plus attiré par Eva. Cette première mission occupera la partie centrale du film, entrecoupée par d'autres séquences érotiques démontrant pleinement le fanatisme exacerbé de Schellenberg mais également son mal-être et ses tourments internes.

SS GirlsMais si Bruno Mattei se montrera plus que généreux dans l'art de déshabiller ses jeunes actrices et de les faire évoluer nue, il ne se montrera jamais vulgaire et mis à part quelques petits clichés vaguement provocateurs (telle cette demoiselle nue faisant le salut hitlérien devant une svastika géante), demeurera finalement bien sage jusqu'au jugement des cinq généraux, ceux-ci ayant bien sûr auront dénigré Hitler, puisque Schellenberg leur apparaîtra dans une tenue parodiant de façon paillarde celle du pape pour une nouvelle scène tordante, sans que cela soit visiblement volontaire, à la vue du sérieux sentencieux affichée dans la mise en scène de cette séquence.

SS GirlsLa suite de l'intrigue restera dans la même optique, avec l'arrivée de trois officiers indésirables (car trop brutaux, mais au look impayable) dont Schellenberg et ses ouailles vont devoir se débarrasser après les avoir quand même laissé s'amuser un peu avec les filles, pour finalement laisser place à la chute de Schellenberg, avec la fin de la guerre et la mort d'Hitler, qui entraînera un final nihiliste au sein des officiers présents dans la maison close, pour une dernière orgie qui tournera au suicide collectif, laissant comme seul survivant un soldat allemand, amoureux d'une des filles et ayant quitté le front en pleine débâcle pour venir chercher sa dulcinée, offrant ainsi un visage plus humain que celui offert tout au long du film par ces personnages obsédés et pervers. La fin de la guerre sera quand même illustrée par quelques scènes de guerre pure, sans que l'on puisse arriver à déterminer véritablement s'il s'agit ou non de stock-shots, mais qui donneront de toutes façons un peu de rythme et d'action à un ensemble quand même assez lent.

SS GirlsEn bon "nazisploitation" qui se respecte, le métrage mettra largement en avant le folklore nazi avec ces croix gammées ornant chaque mur, parfois même jusqu'à l'outrance, toujours pour bien appréhender le fanatisme de Schellenberg dont le lit sera même orné d'une svastika, ainsi qu'un soupçon de sado-masochisme dans les relations entre les différents personnages (Frau Inge appréciera de se faire fouetter par un général, par exemple), mais ce sera surtout un érotisme omniprésent qui s'imposera d'emblée pour ne plus jamais quitter le devant de la scène et orner quasiment chaque développement du film de la présence de demoiselles nues ou en très petites tenues sexys en diable, tout en ne tombant jamais franchement dans le graveleux ou le sordide.

SS GirlsLes personnages animeront le film de manière largement plaisante, avec notamment ce Schellenberg grimaçant de façon outrancière et démesurée, parfois grotesque, tandis que les autres protagonistes, heureusement plus en retenue, seront quand même travaillés, l'ensemble étant porté par une interprétation adaptée, Gabrielle Carrara imposant un certain charisme et la force de ses expressions au rôle de Schellenberg, tandis que la toute belle Macha Magall ( déjà vue dans SS hell camp) incarnera à merveille Eva pour une prestation toute en sensualité. La mise en scène de Bruno Mattei est assez lente, s'attardant sur les principales séquences qui pourront parfois sembler traîner quelque peu en longueur, mais il se rattrapera largement avec d'autres plus dynamique, comme ces montages de courts plans rapides pour la formation des filles ou plus tard pour découper les scènes d'orgies.

Donc, ce SS girls offrira un visage assez amusant à la "nazisploitation", loin de l'aspect sordide et sadique habituel, pour un ensemble largement sexy et très souriant, même si cela sera parfois involontaire de la part du réalisateur !

SS GirlsLe DVD de zone 1 édité par Exploitation Digital avancera une image généralement nette et sans autre défaut que ceux d'origine, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale adaptée mais quelque peu en retrait, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise sans aucun sous-titre optionnels.
Au niveau des bonus, on pourra suivre une croustillante interview de Bruno Mattei qui revient aussi bien sur le film, la genèse de la "nazisploitation" ou les différences entre les films italiens et les "blockbusters" américains, une très courte galerie de photos, la bande-annonce originale (en italien), ainsi que d'autres bandes-annonces de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce "nazisploitation" très sexy mais guère offensant, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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