15.07.09

08:47:28, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Devil's island lovers

Connu par chez nous sous le titre de Quartier de femmes, ce Devil's island lovers, second film de WIP (Women In Prison) tourné par Jess Franco aura de quoi surprendre en restant bien chaste à tous les niveaux, aussi bien pas son aspect érotique définitivement absent que par la violence sadique habituelle ici réduite comme peau de chagrin, mais vu qu’il existe plusieurs versions du film, le métrage n’a pas forcément livré tous ses secrets…
Le script va emprisonner à tort un couple d’amoureux sur une île servant de pénitencier où ils vont subir quelques brimades avant d’une détenue, favorite de la directrice, décide de les aider à s’évader.

Devil's island loversDans sa première partie, le métrage va suivre l’avocat Lindsay appelé au chevet du gouverneur de la région (laquelle, nous ne le saurions jamais, mais tout prêtera à penser qu’il s’agit d’un pays d’Amérique du Sud) gravement malade et désireux de s’entretenir avec Lindsay avant de mourir. Et ce sera pour évoquer le cas de deux jeunes gens emprisonnés dont le gouverneur va nous raconter au cours d’un long flash-back la véritable histoire ayant amené à leur condamnation. C’est ainsi que nous allons faire connaissance avec Raymond Franval et sa bien-aimée Béatriz, deux tourtereaux dont l’amour sera caché puisque Raymond vit chez sa tante Emilia, une riche notable du coin qui ne supporte pas les activités de rebelle de son neveu.

Devil's island loversCe flash-back prendra également le temps de mettre en avant l’amour porté par le gouverneur à Béatriz au travers d’une scène de dialogue avec Emilia, poussant les deux individus à fomenter un plan pour se débarrasser des deux jeunes gens. C’est ainsi qu’Emilia va soudoyer son neveu pour faire la connaissance de Béatriz au cour d’un dîner, mais cela se révélera être un leurre puisqu’elle va droguer ses proies et, aidée par le gouverneur, elle va les faire passer pour les meurtriers d’une femme chez qui ils vont être conduits, le gouverneur tuant la victime et posant l’arme du crime dans les mains de Raymond avant d’alerter sa police. Bien entendu, le couple sera jugé et évidemment condamné à mort, peine qui sera in extremis transformée en prison à perpétuité grâce à Emilia.

Devil's island loversAprès avoir été mis au courant de cette erreur judiciaire, Lindsay va donc tenter de faire réviser le procès de Raymond et de Béatriz et va donc contacter Emilia pour grâce au chantage, réussir à obtenir un visa pour se rendre sur "L’île du diable" qui sert de pénitencier mixte. Sur place, il sera amené à rencontrer Rosa, une détenue implorante qu'il demandera à voir et qui va lui raconter comment elle a fait connaissance avec Béatriz avant de la prendre sous sa coupe et finalement de l'aider à s'échapper en compagnie de Raymond. Ce qui occasionnera une seconde partie, toujours racontée en un flash-back qui occupera quasiment le reste de l'intrigue.

Devil's island loversC'est ainsi que nous allons suivre la trajectoire habituelle des WIP, avec d'abord l'arrivée de Béatriz dans cette prison insulaire dont la responsable aura de quoi inquiéter en paraissant bien stricte et revêche, mais ne laissant hélas uniquement entrevoir son sadisme lors de rapides scènes assez inutiles (style trois coups de cravache sur une prisonnière ayant le malheur de faire du bruit pendant un recueillement pieux avant un repas, ou encore quelques décharges électriques après une bagarre), le réalisateur préférant se focaliser sur l'amitié naissante entre Béatriz et Rosa, la confidente de la directrice qui va servir de guide à Béatriz., tout en n'hésitant pas à se battre avec une autre détenue pour la protéger, lors d'une autre scène typique du WIP.

Devil's island loversPendant ce temps-là, Raymond va de son côté subir les brimades de ses gardiens n'appréciant que modérément les rebelles et n'hésitant pas non plus à avoir recours à la violence et même à tuer pour se faire respecter, mais là non plus l'aspect graphique demeurera bien réduit, voir même inexistant. Chacun des deux amoureux croyant que l'autre a été exécuté, ce sera une véritable surprise lorsque Rosa, qui offrira en plus son corps au responsable des gardiens, entendra parler de Raymond par celui-ci et ce sera ce qui déclenchera son désir d'aider le couple à s'évader, pour une dernière partie qui cherchera vaguement à se montrer haletante et chargée d'une suspense qui ne sera au final que rapiécé mais dont l'issue aussi inattendue que sinistre aura de quoi refroidir, tout en laissant place à une morale délétère.

Devil's island loversLoin de ses exubérances habituelles, Jess Franco semblera ici plutôt vouloir critiquer tout azimuts, le pouvoir dictatorial qui exercera une justice arbitraire en réprimant dans le mensonge la moindre rébellion en créant de fausses preuves pour finir par étouffer la moindre affaire gênante, mais également les autorités pénitentiaires qui ne penseront qu'à leur bon plaisir au détriment de la vie des détenus, et bien entendu la vie rude et drastique à l'intérieur de ces geôles dictatoriaux. En utilisant le destin brisé de ce couple d'amoureux, le réalisateur va insuffler au métrage un certain romantisme assez percutant, mais qui n'aura pas non plus le temps de s'exprimer pleinement.

Devil's island loversLes personnages seront ici plutôt superficiels, même le couple principal sera peu fouillé pour uniquement mettre en avant leur amour, et il faudra compter sur quelques seconds rôles croustillants, comme celui du colonel Ford qui prononcera la sentence finale ou encore celui de Rosa, pour distraire un minimum, et l'ensemble bénéficiera d'une interprétation adaptée, plutôt limitée, laissant seulement quelques uns des acteurs fétiches de Jess Franco venir apporter un petit "plus" à l'ensemble, le grand Howard Vernon en tête, tandis que Britt Nichols apparaîtra dans un petit rôle. La mise en scène de Jess Franco est plutôt efficace pour suivre le peu d'action contenu dans le métrage mais imposera des plans assez agréables.

Donc, ce Devil's island lovers restera quand même anecdotique dans la filmographie de Jess Franco et pourra surtout décevoir par son manque de graphisme avéré !

Devil's island loversLe DVD de zone 1 édité par Image Entertainment avancera une image assez nette mais perdra énormément de détails lors des rares scènes se déroulant dans la pénombre, tandis que la bande-son sera appréciable, avec une partition musicale adaptée et plaisante, le métrage étant proposé dans sa version espagnole, avec des sous-titres optionnels en anglais.
Par contre, aucun bonus ne viendra accompagner le métrage, alors qu'il aurait été intéressant de pouvoir découvrir les scènes coupées de ce montage.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce WIP mineur de Jess Franco, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

Permalink 1203 mots par nicore, 1346 vues • Réagir

Pingbacks:

Cet article n'a pas de Pingbacks pour le moment...

Article précédent: Critique DVD Zone 2 italien : Milano calibro 9Article suivant: Critique DVD Zone 1 : Blitzkrieg, escape from stalag 69

Août 2019
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
 << <   > >>
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  

Le Blog des DVDpasChériens

Les dvdpascheriens ayant la fibre journalistique peuvent participer à ce blog. Sur le thème des DVD, de la HD et de la vente en ligne. On y trouve des critiques, des dossiers, des articles sur les nouveautés ...

Rechercher

Qui est en ligne?

  • Visiteurs: 30

powered by
b2evolution