Archives pour: 2009

30.12.09

10:15:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Doghouse

Pour son troisième long métrage (après notamment le très sympathique Evil aliens), le réalisateur anglais Jake West persévère dans la comédie horrifique décapante avec ce Doghouse qui brillera par son humour incorrect, son action virevoltante surfant sur un aspect sanglant omniprésent et plus que jouissif pour ainsi offrir à son spectateur un moment de pur délire jamais répétitif en sachant renouveler ses situations régulièrement.
Le script va laisser une bande d’amis se retrouver pour un week-end qu’ils prévoyaient festif dans un bled paumé, mais hélas pour eux, une fois arrivés sur place ils vont découvrir que toutes les femmes du village se sont transformées en des zombies aussi débiles que sanguinaires.

DoghouseD'entrée, le métrage va s'attacher à nous présenter séparément par de brèves séquences chacun des principaux personnages se préparant à se retrouver pour partir ensemble en week-end, en les mettant si possible en conflit avec le sexe faible, que ce soit une petite amie récalcitrante à cette idée ou encore une rencontre d'un soir rancunière, pour de la sorte avancer d'emblée les traits de caractère et le profil de chacun, comme Matt, ce geek tenant une boutique de bande-dessinées et autres jouets d'horreur et de science-fiction. Le but de ce week-end étant de remonter quelque peu le moral de Vince, abattu par son récent divorce, en l'emmenant à Moodley, un village perdue au milieu de nulle part où l'un d'eux y a un pied à terre mais étant surtout intéressant parce que les femmes y sont quatre fois plus nombreuses que les hommes, offrant ainsi l'espoir à chacun de pouvoir se payer du bon temps au pub local.

DoghouseCette présentation des protagonistes mettra en outre en évidence le côté macho plus ou moins évident de chacun tout en étant visuellement rythmée et vive, en introduisant notamment un arrêt sur image le temps d'avancer le nom de chacun dans un style proche du "comic book". Les retrouvailles se feront dans un pub le temps de quelques vannes toujours machistes et avançant l'esprit rebelle du groupe et notamment de Neil, un dragueur invétéré irrévérencieux et provocateur. Hélas pour eux, la personne devant les emmener jusqu'à leur destination à bord du van loué avec chauffeur sera une jeune femme largement attirante, ce qui calmera quelque peu leurs ardeurs tandis qu'ils vont prendre la route de Moodley, réputé donc pour abriter quatre fois plus de femmes que d'hommes.

DoghouseMais ce sera un endroit vidé de toute vie humaine qu'ils vont découvrir alors qu'ils vont se séparer en plusieurs petits groupes, certains commençant par aller inspecter le bar local, tandis que Matt ira reluquer la devanture d'une boutique de sorcellerie. Le métrage installera alors un climat d'attente largement prenant, en plaçant ici ou là des indices de mauvaise augure, telle cette empreinte de main ensanglantée sur un mur, tandis que Neil entendra dans les toilettes du bar une personne vomir tripes et boyaux, jusqu'à ce que la vérité éclate dans une furie dantesque avec l'apparition de ces femmes zombifiées qui bien entendu vont se mettre à pourchasser Neil et ses amis dans tous les coins de la ville.

DoghouseJake West arrivera de fait à donner une originalité probante à ses zombies au féminin puisque chacune d'elles aura une spécificité souvent liée à un métier, avec par exemple cette coiffeuse armée de deux paires de ciseaux, tandis qu'une autre, habillée en mariée sera armée d'une hache, pour ensuite avancer aussi bien une dentiste qu'une sorcière affublée d'une épée ou encore une énorme ménagère ventripotente gargantuesque. Leur démarche mal assurée mais plutôt rapide et cadencée offrira un style et un graphisme inédit qui continuera d'enjoliver l'intrigue, sans oublier bien sûr leur capacité à faire n'importe quoi et éventuellement même à s'entredéchirer pour une proie, symbole ultime de la bêtise féminine ici exacerbée avec humour par le réalisateur.

DoghouseMais l'intrigue se proposera aussi rapidement de donner une explication à cette mutation ne touchant que les femmes, au travers d'une expérience militaire ayant mal tournée et dont nous découvrirons l'univers de manière très graphique pour ainsi adjoindre au groupe un soldat bien esseulé et ne pouvant pas apporter une grande aide. Et contrairement à ce que l'on pouvait craindre, l'intrigue, une fois installée, parviendra à rebondir systématiquement à chaque nouvel événement sans jamais s'enliser dans la redite, pour isoler les personnages dans différents lieux propices à des situations comiques démentielles et parfois même référentielles (avec une prédilection pour le western) et faire preuve d'une imagination débordante pour enchaîner les gags régulièrement macabres et autres situations délirantes ouvertement jouissives.

DoghousePour donner un second souffle à l'intrigue, une seconde vague de mutation ira encore enlaidir les zombies, mais surtout les rendre encore plus menaçants en leur ôtant cette bêtise et en les rendant bien plus agiles, ce qui occasionnera la mort de certains des personnages, pas forcément ceux attendus, tandis que le métrage continuera d'exploiter chacun de ses éléments pour se renouveler dans la bonne humeur sans jamais laisser le spectateur s'appesantir sur les faits, même lorsque des protagonistes infiniment attachants seront malmenés jusqu'à la mort par les zombies. Et que dire de cette "morale" définitivement incorrecte qui verra Vince surmonter sa douleur et mettre fin à son asservissement à la gente féminine lors d'un discours qui risquera fort de déplaire aux spectatrices n'ayant pas un solide sens de l'humour.

DoghouseBien entendu, l'aspect comique sera largement présent, aussi bien dans des dialogues excellents et souriants que pour s'appuyer sur les péripéties et les rendre régulièrement complètement délirantes et savoureuses (les balles de golf), tout en imprégnant l'ensemble du film d'un humour de tous les instants qui en plus viendra également rejoindre l'aspect horrifique qui ne sera pas le moins du monde oublié ou minimisé. En effet, Jake West va très souvent verser dans un gore franc, direct mais toujours souriant et guidé par l'humour des situations, avec des dégâts infligés aux zombies qui resteront originaux (toujours ces balles de golf…) et motivés par une volonté provocatrice parfois très (trop ?) flagrante.

DoghouseLes personnages arriveront sans mal à devenir quasiment instantanément attachants, avec cette crédibilité et ce naturel aussi vivifiant que réaliste bien entendu épaulé par un sens de l'humour dont chacun fera preuve, l'ensemble étant en plus servi par une interprétation impeccable, Danny Dyer en tête. La mise en scène de Jake West sera toujours aussi vivante et dynamique pour donner un rythme fou à l'ensemble tout en osant des plans et cadrages originaux et bien ancrés dans le contexte délirant du film. Les effets spéciaux sont ici largement probants, volontaires et efficaces pour s'adonner à un gore expansif et généreux qui restera malgré tout souvent réaliste bien que flirtant quand même régulièrement avec une outrance décapante, les maquillages des zombies étant eux aussi excellents, graphiques et originaux.

Donc, ce Doghouse avancera un spectacle incroyablement "fun", décomplexé, souriant jusqu'au délire qui devrait logiquement ravir et enthousiasmer les amateurs !

DoghouseLe DVD de zone 2 anglais édité par Sony Pictures avancera une image nette et sans défaut visible, tandis que la bande-son sera franchement efficace grâce à une partition musicale endiablée et collant parfaitement avec l'esprit du film, celui-ci étant ici proposeé dans sa version anglaise, avec des sous-titre anglais optionnels.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un sympathique et décontracté making-of qui donnera la parole aux membres de l'équipe du film pour également revenir sur les nombreux effets spéciaux et leur création, trois scènes coupées dont une amusante et surprenante attaque, un long bêtisier montrant bien la bonne humeur ayant régné sur le tournage, deux bandes-annonces alternatives, deux spots-tv, une conséquente galerie de photos de clichés du film et de magnifiques dessins de pré-production.

Pour ceux qui voudraient découvrir ces excellents et humoristiques zombies au féminin, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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29.12.09

10:10:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Le prix du danger
Réalisé par : Yves Boisset.
Sortie au cinéma le : 26 janvier 1983
Avec : Gérard Lanvin (François Jacquemart), Michel Piccoli (le présentateur de l'émission), Bruno Cremer (le patron de la chaîne de télévision), Marie-France Pisier (la productrice Florence Balard), Andréa Ferreol (Maître Elizabeth Worms).

Par Nicofeel

Réalisé par Yves Boisset, auteur du remarquable Dupont Lajoie, Le prix du danger est un film d'anticipation qui passe rarement sur nos chaînes télévisées.
Et pour cause. Le constat du film sur la fascination qu'engendre le Quatrième pouvoir (les médias, ici précisément la télévision) et sur les méthodes employées pour obtenir de l'audimat est tout bonnement abominable.
Avec plus de 20 ans d'avance, Yves Boisset critique tout un système où les seuls buts sont l'obtention du pouvoir et de l'argent. Le cinéaste a l'intelligence de ne pas donner de limite géographique à son action. On sait simplement qu'elle se déroule en Europe. Comme à cette époque le dollar était la monnaie unique de référence (l'euro n'étant apparu qu'en 1999), le réalisateur a logiquement choisi d'évoquer dans son film cette monnaie. Sur le plan de la géographie économique, Le prix du danger est donc un film mondial.
Mais avant de se livrer à toute analyse, quel est le synopsis de ce film ? Dans un futur proche, la chaîne CTV atteint un audimat record (on parle de 100 millions de téléspectateurs au début du film) grâce à son jeu Le prix du danger. Le concept de l'émission est simple : une personne, qui est choisie par les producteurs du jeu, consent de participer à ce jeu où il s'agit de survivre pendant 4 heures (durée de l'émission) à différentes embûches. Si le participant s'en sort indemne, la chaîne CTV lui remettra un chèque d'un million de dollars. Les deux premières émissions du prix du danger se sont soldées par la mort du candidat. La troisième émission va être celle de notre référent, un homme du peuple, François Jacquemart. Il est interprété par un Gérard Lanvin qui joue là le rôle de sa vie. Car l'acteur a eu la chance d'obtenir le rôle principal d'un film prémonitoire, où tout est devenu spectacle.

Les téléspectateurs, qui s'ennuient dans leur quotidien, sont à la recherche de sensationnel. La morale n'a plus cours. On se croirait revenu aux temps des gladiateurs avec des combats où la mort est banalisée. La mort n'est finalement que l'apothéose d'un spectacle malsain. Pourtant, la chaîne CTV rend ce spectacle « normal ». Comme le dit le directeur de la chaîne CTV, interprété par un Bruno Crémer dans un sacré rôle de salaud, où son unique but est l'audimat de son émission (en gros tous les coups sont permis, quitte à aider le héros en difficulté pour maintenir l'audimat à son point haut) : « dans un monde de dingue, il faut donner de la folie aux gens ».
Et à ce niveau là c'est du haut niveau. Car ce jeu qui joue avec la vie des gens est horrible dans son concept. On semble arrivé à un point de non retour. Préfigurant nos émissions poubelle de télé réalité, le film ne peut a priori pas faire pire. Et il est même très dangereux car il faut bien voir qu'il y a dans le cadre de ce jeu des courses-poursuite en pleine ville. Des innocents pourraient être blessés.
S'il est d'un cynisme certain, le film fait également peur. Il confirme par exemple l'idée selon laquelle l'opinion publique peut être facilement manipulable. Le présentateur du prix du danger, interprété par un Michel Piccoli complètement amoral et baratineur, prouve cette idée.
Michel Piccoli, dans le rôle de Malère, souffle le froid et le chaud suivant les directives de sa direction : « chers amis, chers téléspectateurs [...] quel spectacle, quelle émotion. »
Là où le film fait aussi très fort, c'est qu'il n'hésite pas à évoquer des liens étroits entre la politique et la télévision. Tout est lié. Au début du film, une femme qui travaille sur le jeu Le prix du danger dit clairement que « la chaîne peut compter sur un appui discret mais efficace du gouvernement. » Pour sa part, Marie-France Pisier évoque dans le film ses jeunes d'études où elle se berçait d'illusions : « je rêvais d'une télévision qui serait indépendante des pouvoirs. » Autant dire qu'une telle remarque dans un film ne peut pas passer inaperçue et est une véritable charge contre le gouvernement et les médias.
Mais le film va toujours plus loin. Il laisse ainsi supposer que les droits de recours face aux ignominies du jeu Le prix du danger sont finalement réduites à néant, puisque comme l'indique une personne qui travaille à la chaîne CTV sur ce jeu : « De toute façon, nous contrôlons plusieurs membres de la commission. »
Michel Piccoli va même encore plus loin dans les déclarations. Pour lui, ce jeu est nécessaire car « il y a va de l'intérêt national. Je soulignais au ministre du chômage l'effet de diversion provoqué par nos deux premières émissions. Pendant qu'ils se passionnent pour le prix du danger nos 5 millions de chômeurs oublient de descendre dans la rue. » La télévision n'est pas vraiment vue sous un jour agréable. Elle aurait un effet sur les masses en les neutralisant dans leurs éventuelles volontés de réaction. Cette démonstration est terrible car elle signifierait que les gens sont incapables de penser par eux-mêmes ou qu'en tout cas la télévision finirait presque par leur lobotomiser le cerveau.
Michel Piccoli n'est pas seulement le représentant de la chaîne. Il est également une sorte de Big Brother avant l'heure. A plusieurs reprises dans le film, on voit Piccoli à travers un écran de télévision. Il est partout. Et il est notable aussi de constater qu'il y a dans de nombreux endroits de la ville traversée par Gérard Lanvin des caméras de surveillance. On est vraiment dans un régime où le terme démocratie n'est qu'un mot et non une réalité. Dans cet univers futuriste (mais finalement pas si loin que cela de notre univers actuel), la vision du monde nous rapproche inmanquablement du 1984 de George Orwell.

Et pendant que le peuple est « endormi », la chaîne CTV en profite pour ramasser un maximum d'argent. On ne sera guère étonné de retrouver dans le film des nombreuses pauses publicitaires, effectuées sur le plateau de l'émission, qui sont présentées par Malère. Parfois, les situations paraissent bien incongrues, passant du coq à l'âne, mais la chaîne CTV ne cherche qu'à gagner de l'argent. Et à une heure d'écoute comme celle-ci, c'est essentiel.
La fin du film est l'apothéose d'un système qui non seulement ne faiblit pas, mais n'hésite pas à faire dans la surenchère. Au prochain épisode, Le prix du danger ne durera pas seulement 4 heures mais une journée entière. Et comme le dit la productrice de cette émission à la fin du film: « Je sais que vous voulez encore plus de sang, plus de violence et plus de carnage. Eh bien nous vous en donnerons. »
Espérons que l'on en arrive jamais jusque-là. Le problème est que l'on en prend pourtant le chemin... Seule la vie est encore réglementée, pour le reste Le prix du danger s'est révélé prémonitoire.

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28.12.09

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Esther
Réalisateur : Jaume Collet-Serra
Durée du film : 2h03
Date de sortie du film : 30 décembre 2009 (vu en avant-première)

Avec : Isabelle Fuhrman (Esther), Vera Farmiga (Kate Coleman), Peter Sarsgaard (John Coleman), Jimmy Bennett (Daniel Coleman), Aryana Engineer (Max Coleman), etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Jaume Collet-Serra, Esther se veut un film d'horreur dans la lignée des enfants maléfiques à l'instar de Damien ou plus récemment de The children.
L'histoire est assez simple et rappelle d'ailleurs Damien : un couple, John et Kate Coleman, qui a subi un traumatisme suite à la perte d'un enfant, décide d'adopter une petite fille dans un orphelinat, Esther. Evidemment, comme on peut largement s'en douter, l'angélisme de cet enfant n'est n'est que de facade.
Sur le papier, un tel synopsis, même s'il n'est pas très original, vaut le coup. A l'écran, le résultat est carrément proche d'être mauvais.
Le problème du film est avant tout son manque de finesse. Jaume Collet-Serra n'a pas jugé bon de faire preuve d'un minimum de nuances. On saisit tout de suite le personnage d'Esther. Avant même qu'Esther soit adoptée, on voit bien qu'il y a un problème puisqu'à l'orphelinat, elle reste isolée. Elle ne se mélange pas avec les autres enfants et développe des capacités artistiques étonnantes (la peinture) pour un enfant d'une dizaine d'années.
Mais le pire est à venir. Les événements étranges où Esther est à chaque fois dans le coup : le meurtre de la soeur, l'agression sur Daniel, qui est le fils des Coleman ou encore la mauvaise influence sur Max, la fille sourde muette des Coleman.
Les parents adoptifs d'Esther sont étonnants dans leurs réactions. Et principalement John Coleman qui, malgré un nombre important de faisceau d'indices, persiste à croire qu'une enfant comme Esther ne peut pas être à l'origine d'actes répréhensibles. Il n'arrive pas à croire sa propre femme, pensant qu'elle traverse une période difficile sur le plan psychologique. Le spectateur ne peut être que surpris de voir qu'à aucun moment John Coleman ne fasse aucun rapport entre le calme qu'il y avait dans la maison familiale avant l'arrivée d'Esther et les éléments malheureux qui se sont produits depuis son arrivée.
Mais ce n'est pas tout au niveau de l'aspect grotesque du scénario. Esther elle-même est prévisible à des années-lumière. On la voit à de nombreuses reprises en train de s'en prendre psychologiquement à Kate. L'actrice qui joue Esther est tout simplement ridicule dans son rôle. La faute probablement à une direction d'acteurs qui a dû complètement échapper à Jaume Collet-Serra.

Pour finir de nous achever, le cinéaste se permet ne nous livrer vers la fin du métrage des explications au sujet d'Esther qui ne sont pas loin d'être incroyables : venant de Russie, on apprend qu'elle est en fait passé par l'Estonie dans un hôpital psychiatrique. Et pour expliquer le côté très mature d'Esther, le cinéaste nous révèle une information pour le moins surprenante, qui laisse le film aux lisières du fantastique.
Certains éléments demeurent malgré tout surprenants, comme le fait que les cicatrices d'Esther n'aient jamais été vus par ses parents adoptifs.
Malgré tous ces défauts, Esther est un film qui se suit sans difficulté. D'ailleurs, le meilleur est à venir vers la fin où l'on assiste aux scènes les plus sanglantes et les plus dynamiques. Par contre, encore une fois, le parti pris du scénario laisse par moments dubitatif. C'est le cas par exemple lorsque Kate peut tuer Esther et elle la laisse simplement évanouie en fuyant avec sa fille. Pas très réaliste tout ça.
Côté acteurs, si Vera Farmiga sauve à peu près les meubles et que la petite Max a un jeu plutôt bon, tous les autres sont soit mauvais soit grotesques. La palme revient à Peter Sarsgaard qui est tout bonnement ridicule dans le rôle de John, ce père de famille qui ne saisit rien à cette affaire. Il ne commence finalement à comprendre ce qui lui arrive qu'au moment où Esther lui fait explicitement des avances !
Au final, Esther est un film bâclé tant au niveau de son scénario qu'au niveau de sa direction d'acteurs. Quelques scènes sont intéressantes mais elles ne rachètent pas la médiocrité de l'ensemble.

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24.12.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Cecilia

Avec ce Cecilia, le réalisateur espagnol Jess Franco va bien entendu s’adonner à un érotisme plus que présent au service d’une intrigue cherchant basiquement à œuvrer pour la libération des mœurs et philosopher sur l’échangisme, mais ce sera surtout l’occasion pour le réalisateur de magnifier son actrice principale, Muriel Montossé, mise en valeur comme jamais.
Le script va laisser une épouse se dévergonder après un viol pendant lequel elle a redécouvert le plaisir sexuel, entraînant son mari dans une série d’ébats échangistes et pluriels où la seule règle est de ne pas tomber amoureux des partenaires. Mais l’épouse va-t-elle respecter le pacte et la jalousie du mari ne risque-t-elle pas de prendre le dessus ?

Après un générique fleuri, le métrage va directement avancer son personnage principal, Cecilia, une jeune femme rentrant d’un petit tour en mer pour y être attendu par son chauffeur, un homme qui va devoir supporter les provocations de Cecilia puisque celle-ci va se déshabiller entièrement à l’arrière de la voiture et prendre des poses lascives, aguicheuses, comme à son habitude. Mais le chauffeur, au lieu de la ramener chez elle, va prendre une autre direction pour l’emmener vers ses deux frères à qui elle sera donnée en pâture puisqu’ils vont monter à l’intérieur du véhicule et violer sans ménagement la jeune femme qui de réticente et cherchant à se débattre va rapidement se laisser faire et même prendre du plaisir, au point d’aller se baigner dans un lac avec ses violeurs.

CeciliaCette introduction avancera tout de suite un érotisme misant essentiellement sur la plastique irréprochable de Muriel Montossé qui sera mâtiné d’un soupçon de violence lors de ce viol qui ne semblera pas pour autant éreinter cette Cecilia qui à peine rentrée chez elle va tomber dans les bras de son mari pour lui faire l’amour, offrant l’opportunité à Jess franco d’une seconde scène érotique franche mais qui restera assez soft et ne sera jamais salace ou vulgaire, les zooms et autres gros plans sur les parties intimes des actrices chers et traditionnels du réalisateur étant ici et tout au long du métrage aux abonnés absents.

CeciliaL’intrigue va alors laisser Cecilia s’exprimer face à son mari pour la laisser lui avouer qu’elle a pris du plaisir lors de ce viol qui aura raviver chez elle la flamme s’étant peu à peu éteinte après leurs deux années de mariage, revenant lors d’un flash-back touristique sur leur rencontre à Paris à la manière d’une carte postale avec la mise en évidence de monuments historiques parisiens trop évidente. Cecilia exprimera aussi son désir d’avoir d’autres aventures du même genre, laissant son mari libre d’en faire autant puisque pour elle, il existe une différence entre l’amour physique et l’amour spirituel, mais l’époux ne semblera pas convaincu et il faudra que Cecilia manigance un piège avec un ami de la famille pour jeter le mari dans les bras d’une autre femme et bien sûr les surprendre pour que les déviances puissent réellement commencer.

CeciliaMais hélas, Jess franco n’ira jamais bien loin dans l’agencement de scènes érotiques certes toujours filmées avec grâce et élégance, mais qui auront du mal à célébrer la thématique du métrage, sauf lorsque sera avancé une mère et son fils pour un constat incestueux sans appel tout en demeurant elliptique, notamment en survolant les passages les plus scabreux (Cecilia n’ira-t-elle pas délibérément retrouver les violeurs de l’introduction afin de prendre du plaisir en leur compagnie ?). Les autres passages érotiques demeureront donc superficiels pour essentiellement exposer les charmes de Muriel Montossé de manière affolante et subjuguant la beauté naturelle de l’actrice qui officiera aussi bien en pleine nature (sur une plage ou en pleine verdure portugaise) que dans un cabaret où ivre, elle se donnera littéralement en spectacle avant d’être vaguement molestée par son mari qui ne semblera pas vraiment apprécier les débordements de son épouse.

CeciliaJustement, le réalisateur mettra quand même en scène quelques séquences se laissant aller à une certaine violence, pour le viol initial mais aussi initiatique, mais également plus tard pour revenir vers cette thématique fustigeant le machisme, Cecilia devant alors subir les assauts de quatre gaillards ayant apprécié son numéro au cabaret et qui émoustillés ne pourront résister lorsque leur chemin croisera celui d’une Cecilia esseulée en pleine nature. Jess Franco essaiera également d’apporter un peu de profondeur à l’ensemble en laissant les sentiments amoureux de Cecilia devoir affronter la présence de ce chauffeur complètement épris d’elle et qui lui offrira une poésie érotique bien éloignée de l’aspect terre à terre de son mari, donnant au final l’opportunité de lui offrir un choix cornélien bien difficile.

Jess Franco emballera le métrage avec une application réelle afin de rendre les différentes séquences et certains plans formellement très beaux et mettant parfaitement en valeur cette nature luxuriante, mais ce sera surtout vers son actrice principale que son attention se portera afin de magnifier son charme qui explosera littéralement au cours de certaines scènes du film (la ballade à cheval sur la plage, ou encore ce passage en pleine forêt) sans jamais devenir grossier ou véritablement salace, l’auteur s’amusant aussi sporadiquement avec des dialogues surréalistes volontairement stupides et récurrents qui viendront se mêler étrangement au sérieux affiché pour dérouler l’intrigue, les autres discours des personnages résonant hélas parfois faux tout en restant bien superficiels dans leur volonté pseudo-philosophique.

CeciliaL’interprétation est cohérente, évidemment portée par une Muriel Montossé vraiment charmante et qui offrira un naturel désarmant devant la caméra, tandis que les autres actrices du métrage, parmi lesquelles on retrouvera avec plaisir Lina Romay, la muse du réalisateur, qui fera une courte mis remarquée apparition dans le rôle de la mère incestueuse, laissant le reste de l’interprétation osciller entre l’acceptable et un certain amateurisme coutumier chez le réalisateur, avec par exemple Antonio Mayans qui interprétera André, le mari de Cecilia, avec un monolithisme contraignant.

Donc, ce Cecilia ne pourra pas espérer faire partie des meilleurs titres du réalisateur espagnol, mais permettra à Jess Franco de mettre magnifiquement en valeur sa charmante actrice principale, ce qui se fera hélas au détriment d’une intrigue trop superficielle malgré la volonté philosophique affichée !

Le DVD de zone 0 édité par Blue Underground avancera une image assez nette et ne connaissant que quelques rares défauts d’origine n’ayant pas résisté à la restauration de l’éditeur, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale adaptée et envoûtante, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise et surtout dans sa version française.
Au niveau des bonus, on retrouvera Jess Franco pour une interview au cours de laquelle il reviendra brièvement sur les conditions de tournage du métrage et sur son art de manière toujours aussi savoureuse et croustillantes, uniquement suivi par la bande-annonce anglaise du métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette Cecilia dévergondée, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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23.12.09

07:45:00, Catégories: Test / Critique, Box office cinéma  

Titre du film : [REC]2
Réalisateurs : Jaume Balaguero et Paco Plaza
Durée du film : 1h25
Date de sortie du film : 23 décembre 2009
Avec : Manuela Velasco, Oscar Sanchez Zafra, Ariel Casas, etc.

Par Nicofeel

Avec [REC]2, les cinéastes ibériques Jaume Balaguero et Paco Plaza réalisent la suite de leur film [REC]. Le problème est que tout ce qui faisait les qualité de l'oeuvre originale ont complètement disparues pour laisser la place à un espèce de shoot them up.
[REC] tournait à plein régime avec une action qui allait crescendo. Sans concession (la révélation finale, sans doute l'oeuvre de Paco Plaza, est bien dans le style de son film Les enfants d'Abraham), [REC] était particulièrement bien mis en scène et très réaliste, avec des personnages qui ne sont pas des archétypes.
A l'inverse [REC]2 n'a jamais la bonne idée de faire monter la sauce crescendo. On rentre directement dans le vif du sujet avec un rapide rappel à la scène finale de [REC] premier du nom (à noter qu'il n'est pas indispensable d'avoir vu [REC] pour comprendre [REC]2). On a donc des militaires qui sont envoyés dans un immeuble qui pose problème. A aucun moment les deux cinéastes ne prennent pas la peine de présenter leurs personnages. On va simplement assister à des combats dans de longs couloirs entre des militaires et des êtres humains infectés avides de sang. Si les combats dans [REC] survenaient de nulle part après des séquences assez tranquilles, ici l'action pure est privilégiée. Le problème est que le film ne gagne pour autant nullement en lisibilité. Au contraire. Les scènes d'action, comme les personnages du film, sont torchées à la va-vite. Si le premier [REC] contenait des scènes bien gore, ici cela n'est nullement le cas. Mis à part un enfant qui se fait exploser le crane, les scènes d'action ne sont pas du tout gore, se perdant dans les méandres de l'illisibilité de ces mêmes scènes d'action. On est vraiment dans de l'action pure qui pourrait rappeler Aliens de James Cameron, mais le talent en moins.

Quant au scénario, il est carrément aux abonnés absents. Si [REC] traitait en substance de la recherche de l'audimat et critiquait ouvertement les émissions de reality TV, il n'en va pas de même pour [REC]2. Sur le fond, le film ne contient aucune critique et n'a pas vraiment de message à véhiculer.
Le film a d'ailleurs la bien mauvaise idée de multiplier les points de vue. Le film est ainsi découpé en trois parties avec d'abord les militaires, ensuite les gamins (qui au demeurant n'apportent rien au récit) et enfin on revient sur sur la présentatrice télé disparue, qui était l'héroïne de [REC] premier du nom. Le passage des différentes parties est au demeurant quelque peu factice avec des transitions qui ont lieu par le biais d'une nouvelle caméra. En fait, en multipliant les points de vue et les protagonistes, Jaume Balaguero et Paco Plaza ne prennent pas le temps de présenter leurs personnages. Du coup, à l'inverse de [REC] où le spectateur avait un sentiment d'empathie pour les principaux personnages et se préoccupait de leur devenir, dans [REC]2 le destin des personnages est à la rigueur le cadet des soucis du spectateur. Tout le monde peut bien mourir, on s'en moque un peu.
Et ce n'est pas tout. Alors que [REC] restait assez mystérieux quant à l'arrivée et à la transmission du virus, [REC]2 va carrément avoir l'idée saugrenue de nous planter des scènes à L'exorciste avec la présence de personnages possédés et d'un prêtre ! Non seulement cela n'est pas original pour deux euros, mais cela arrive un peu comme un cheveu sur la soupe.
Alors est-ce que [REC]2 est pour autant un très mauvais film ? Non, s'il manque cruellement d'originalité, si ses personnages sont de simples pantins, si le scénario et la mise en scène sont assez brouillonnes, il y a quand même du rythme dans [REC]2 et quelques-unes des scènes d'action méritent quand même le détour.
Mais c'est au final bien peu de choses. Disons-le clairement. [REC]2 n'aurait jamais dû exister. L'oeuvre originale se suffisait à elle-même. Le pire est qu'au vu de la fin de [REC]2, il est clair qu'une suite est fort probable. Gageons que les cinéastes ibériques, s'ils sont aux commandes de ce nouvel opus, fassent preuve de plus d'originalité et soient un peu plus sérieux dans le travail du scénario.

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22.12.09

07:00:00, Catégories: Box office cinéma  

par Nicore

Sexy sisters

A partir d'une intrigue vraiment simpliste, le réalisateur Jess Franco va avec ce Sexy sisters (connu chez nous sous le titre de deux sœurs vicieuses) pouvoir multiplier les séquences érotiques osées et sensuelles certes agréables mais qui ne pourront pas empêcher le métrage de n'être qu'anecdotique dans la filmographie de son auteur.
Le script va laisser l'aînée de deux sœurs faire passer sa cadette pour folle et nymphomane grâce à un plan machiavélique afin de se garantir la jouissance de l'héritage laissé par leur père qui devait revenir à la plus jeune des deux, sauf si sa santé mentale l'en empêchait.

Sexy sistersLe métrage va commencer par avancer un spectacle érotique païen le temps de laisser passer le générique, avant de s'intéresser à un des spectateurs, Joe, qui va se faire ouvertement et rapidement draguer par Edna, une femme qui va l'inviter à quitter les lieux avec des promesses sensuelles, pour d'abord faire un arrêt au bord de la mer le temps de quelques petits préliminaires avant que devant le manque de confort de la petite voiture de Joe, Edna l'invite à aller chez elle. Arrivés dans la demeure luxueuse pour être accueillis par une servante empressée, le couple va continuer à batifoler quelque peu, aidés par la servante qui va les déshabiller un après l'autre, pour que finalement Edna ne demande un service à Joe qu'il acceptera, faire l'amour à sa sœur Millie, une nymphomane psychotique enfermée et attachée dans sa chambre.

Sexy sistersCette introduction se montrera furieusement érotique pour d'abord suivre les prémices d'un ébat entre Joe et Edna, laissant sa place à la rencontre entre ce Joe et Millie qui se montrera furieuse en amour et semblera apprécier le traitement proposé par Joe, le tout son les regards d'Edna qui en profitera pour se masturber. L'intrigue nous permettra ensuite de faire plus ample connaissance avec Millie, cloîtrée dans sa chambre fermée avec des barreaux coulissants et soignée par Maria, une infirmière dévouée et sensible au charme du médecin, le docteur Charles Barnes qui viendra régulièrement faire des piqûres à Millie, afin de calmer ses pulsions sexuelles.

Sexy sistersL'intrigue reviendra aussi sur l'origine des tourments de Millie, violée étant jeune par un des amants d'Edna sans que celle-ci ne la défende, pour surtout mettre en avant les relations torrides existantes entre Edna et Charles, entre Charles et Maria, ou encore entre Millie et Maria, tout ce petit monde ne semblant penser qu'au sexe, laissant Jess Franco s'amuser à nous proposer de nombreuses séquences érotiques, avec en plus des retours dans la chambre de Millie, offerte par exemple aux bons soins d'un "Tarzan" (comme il se nommera lui-même) musclé. Mais l'enjeu du métrage sera bientôt dévoilé puisque le père d'Edna et de Millie décédé et laissant derrière lui une véritable fortune, avait stipulé dans son testament que l'ensemble de ses richesses devait revenir à Millie dès sa majorité (prévue dans quelques jours), laissant pour l'instant Edna gérer les biens, sauf en cas de décès ou de folie de Millie, ce qui octroierait cet argent à Edna.

Sexy sistersEt peu à peu le plan infiniment compliqué d'Edna va se révéler au grand jour, le bon docteur Barnes n'étant qu'un imposteur venant uniquement administrer à Millie des substances exacerbant sa libido afin de la faire passer pour une nymphomane, démystifiant ainsi les doutes de la première partie du métrage qui laissaient le spectateur dans l'expectative quant à la véracité des dires et des relations amoureuses de Millie qui semblaient en partie issues de son imagination fertile. Tout allait pour le mieux pour Edna et ses complices jusqu'à ce que Joe retrouve la trace de Millie dont il était tombé follement amoureux, afin de la délivrer de son quotidien infernal.

Sexy sistersL'intrigue laissera énormément d'opportunités à Jess Franco pour avancer des ébats sexuels osés (et flirtant même, comme souvent chez le réalisateur, régulièrement avec le "hardcore" sans pour autant qu'il n'abuse de ces gros plans sur l'intimité des demoiselles comme il le fît souvent), qui s'étaleront devant la caméra sans pudeur et avec une certaine vigueur dans l'action doublée d'un brin d'une perversité qui sera véhiculée contre toute attente par cette Edna sournoise et perfide qui ne rêvera que d'empocher l'héritage, quitte à pourrir la vie de sa sœur. Mais ce ne sera pas tout puisque Millie traversera le métrage entièrement dénudée et alors que les autres protagonistes tomberont leurs vêtements bien souvent avec un naturel forçant le respect, la nudité féminine et masculine ne mêlant plus que régulièrement à l'intrigue de manière plus ou moins justifiée.

Sexy sistersMais heureusement, aucune routine ne viendra s'installer dans cette succession de séquences érotiques en majeure partie grâce à un humour largement souriant (bien que souvent salace) qui flattera les dialogues de réparties réjouissantes et amusantes, donnant ainsi du piment à un ensemble qui en avait bien besoin, même si le rythme restera continu et assez vif, pour ne pas s'attarder sur les situations ou verser dans la redite. En effet, chaque nouveau compagnon de Millie offrira des particularités savoureuses et volontaires explicitement désirées par Jess Franco qui aura choisi des acteurs virils au physique appuyé (nous permettant de retrouver par exemple Eric Falk, déjà vu par exemple dans le Blue Rita toujours de Jess Franco ou dans Rolls Royce baby).

Sexy sistersEt justement l'interprétation sera ici presque cohérente car si une certain professionnalisme émanera de la charmante Karine Gambier (elle aussi habituée des films de Jess Franco de cette époque) ou encore de Pamela Stanford, laissant à Jack Taylor le soin d'apporter un certaine rigidité d'apparat vite démentie lorsque son personnage se montrera sous son vrai jour, les seconds rôles resteront bien aléatoires et viendront légèrement plombés les efforts de ces interprètes habitués à travailler avec Jess Franco, dont la mise ne scène sera ici classique et sans fioriture, avec même des raccords guère élégants.

Donc, ce Sexy sisters se suivra sans déplaisir grâce à une vitalité effective dans son action érotique bien secondée par un humour omniprésent, mais l'ensemble restera quand même bien superficiel et certainement pas inoubliable !

Sexy sistersLe DVD de zone 2 suisse avancera une image nette et ne connaissant aucun défaut notable, tandis que la bande-son sera convaincante, malgré une partition musicale basique et sans influence sur le métrage qui sera ici proposé dans sa version allemande, anglaise, espagnole et française.
Au niveau des bonus, on pourra consulter la filmographie d'une partie de l'équipe du film, visionner les bandes-annonces des titres de la collection dédiée à Jess franco, suivre le traditionnel documentaire sur la relation entre le producteur Erwin C. Dietrich et le réalisateur qui nous informera également sur la restauration de Jack l'éventreur, ainsi qu'une conséquente galerie de photos.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce métrage érotique de Jess Franco, le DVD de zone 2 suisse est disponible ici ou !

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21.12.09

08:45:55, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Avatar
Réalisateur : James Cameron
Durée du film : 2h41
Date de sortie du film : 16 décembre 2009
Avec : Sam Worthington (Jake), Sigourney Weaver (Grace), Neytiri (Zoe Saldana) etc.

Par Nicofeel

Douze ans après l'incroyable score en salles de son film Titanic, James Cameron nous revient avec un film à nouveau à la hauteur de la démesure de ce réalisateur. 300 millions de dollars hors marketing ont été utilisés pour faire ce film qui utilise à plein la 3 D. J'ai d'ailleurs eu l'occasion de voir le film dans un cinéma permettant de voir la 3 D avec les lunettes adéquates (des real 3 D).
Dans l'ensemble Avatar est un sacré spectacle qui ravira certainement un grand nombre de personnes, même si le film n'est pas exempt de défauts.
Le scénario est à mon sens le gros point faible du film. Ce scénario est ultra convenu et complètement attendu. On a finalement des êtres humains (qui ne sont pas sans rappeler les Américains dans leurs attitudes) qui ont décidé de coloniser une planète, Pandora, afin d'y extraire un minerai de grande valeur. Le film va donc nous montrer le combat entre les autochtones, les Na'vi et les humains. Ou plutôt les Na'vi vont simplement se poser en résistance face à l'opresseur. La fameuse idée des avatars est très intéressante (elle permet d'ailleurs de faire le lien entre les humains et les autochtones) et constitue in fine le seul point original du film sur le plan scénaristique. Les avatars sont le résultat du croisement de l'ADN d'un être humain et d'un Na'vi, le fameux peuple autochtone. Les avatars sont des personnages utilisés à distance, un peu à la manière du film Clones. Ils sont très utiles car l'atmosphère de Pandora est toxique.
Ce sont les acteurs Sam Worthington et Sigourney Weaver qui jouent les rôles de Jake et de Grace qui vont se rendre sur Pandora via leurs avatars. Voilà pour le côté original du scénario. En dehors de cela, il n'y a jamais de véritable rebondissement dans le film. Tout est cousu de fil blanc. Et le second reproche accroît ce qui vient d'être dit.
En effet, les personnages dans Avatar sont tous des archétypes, la palme revenant à l'acteur jouant le colonel qui apparaît comme le « vilain » par excellence. Les personnages sont tous ou blancs ou noirs. On ne fait pas dans la demi-mesure. Et c'est bien dommage. Le scénario aurait gagné en densité à donner vie à des personnages un peu plus complexes.

Mais bon, tout cela reste des remarques qui n'empêchent pas de passer un très bon moment. Car Avatar ne manque pas de qualités.
D'abord, la 3 D est vraiment bien utilisée d'où l'intérêt de voir le film avec les lunettes nécessaires. On en prend plein la tête pendant 2h50. L'immersion dans le monde créé par Cameron est encore plus évidente. Certainement une des meilleures (la meilleure) utilisation à ce jour de la 3 D dans un long métrage.
Justement, l'environnement créé par Cameron avec les autochtones (les fameuses bestioles bleues), la faune et la flore dans laquelle ils évoluent est tout à fait impressionnant. Si l'histoire n'est pas sensationnelle, en revanche le travail effectué sur la photographie du film et sur ce monde créé de toutes pièces vaut clairement le détour.
Par ailleurs, sur le plan des thématiques, James Cameron a clairement des idées à faire passer. On a ainsi un véritable message écologique (même s'il peut paraître quelque peu opportuniste car c'est bien dans l'air du temps) qui est délivré tout au long du film où Cameron laisse entendre clairement que l'homme ou d'autres êtres peuvent vivre en paix avec la nature. Dame nature est essentielle à l'équilibre de la vie. Cela dit, si l'on réfléchit bien à la trame du film, elle n'est pas sans rappeler un certain Princesse Mononoké (1997). En somme rien de neuf en soi sous le soleil. Le message le plus intéressant qui est développé dans le film est de nature politique. Il est certain que Cameron critique le côté unilatéral des américains qui s'arrogent le droit de coloniser des pays comme bon leur semblent (il y a sur ce point un côté qui rappelle le film Dune). Vu que le territoire décrit se déroule dans une espèce de jungle, on pensera notamment à la guerre du Vietnam. Le film et le portrait des Na'vi peut aussi faire penser au génocide indien.
Côté qualités, ce n'est pas tout. Le film vaut évidemment par la qualité de ses scènes d'action.
Là dessus Cameron n'a pas perdu la main. La scène finale notamment vaut sérieusement le coup d'oeil. Le film est d'une incroyable limpidité.
Voilà, au final Avatar est un très bon film qui utilise de manière optimale cette fameuse 3 D. Cependant les défauts qui apparaissent dans ce film à grand spectacle ne me permettent pas de le ranger parmi mes préférés de 2009. Mais ça vaut tout de même bien le coup d'aller le voir.

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17.12.09

07:40:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Uomini si nasce poliziotti si muore

Ce sera à partir d'un scénario de Fernando Di Leo que le réalisateur italien Ruggero Deodato va nous livrer avec ce Uomini si nasce poliziotti si muore (également connu sous son titre anglais de Live like a cop, die like a man) son seul "poliziotesco" pour un résultat musclé, violent mais étrangement souriant en étant porteur d'un humour léger qui viendra dédramatiser complètement une violence pourtant exacerbée.
Le script va suivre la lutte de deux policiers d'une brigade secrète aux méthodes peu orthodoxes contre un parrain de la mafia ayant notamment assassiné l'un des leurs.

Uomini si nasce poliziotti si muoreLe métrage ne va pas perdre un instant pour lancer son action puisque nous allons tout de suite découvrir Antonio et Alfredo, les deux personnages principaux formant un tandem de policiers, sur le terrain où à bord de leur moto, ils vont être amenés à poursuivre les auteurs d'un vol qui aura mal tournée. En effet, deux individus à moto voulant s'emparer de la sacoche d'une jeune femme sortant d'une banque vont s'apercevoir en tentant d'arracher leur butin que ce sac est relié au poignet de la demoiselle par une chaîne et donc, ils vont traîner la victime sur le sol jusqu'à ce qu'elle s'explose le crâne contre une butée. Abandonnant le tout, les deux hommes vont fuir, pourchassés par nos deux policiers pour une longue et folle course-poursuite dans les rues de Rome.

Uomini si nasce poliziotti si muoreCette introduction exposera d'entrée l'aspect violent du métrage avec la mort brutale de cette jeune femme, tandis que la poursuite motorisée sera largement prenante, filmée de manière adaptée pour ainsi renforcer son côté spectaculaire et pris sur le vif, tandis que son issue pourra surprendre puisque les deux fuyards vont trouver la mort, l'un d'eux étant carrément achevé par Alfredo qui va rompre le cou du blessé. L'intrigue pourra alors véritablement nous présenter ces deux policiers spéciaux appartenant à une brigade secrète luttant contre le crime organisé au sein d'un bureau caché où siège leur patron, avec qui ils auront justement rendez-vous, non sans avoir auparavant tenté une nouvelle fois de draguer la secrétaire, la belle Norma qui hélas pour eux aura du répondant et brisera leur discours machiste. Le boss leur fera une nouvelle fois la morale quant à leurs méthodes expéditives et en compagnie d'un de leurs collègues évoquera le cas de Pasquini, un truand qu'ils recherchent sans succès depuis trop longtemps.

Uomini si nasce poliziotti si muoreMais en ressortant leur collègue va être abattu par les hommes de mains de Pasquini, déclenchant la fureur d'Alfredo et de Antonio qui vont centrer leur action pour débusquer le malfaiteur oeuvrant surtout dans le domaine du jeu. C'est ainsi que nous allons avoir droit à plusieurs morceaux de bravoure impliqués directement dans cette ligne conductrice de l'intrigue, avec par exemple cet incendie de voitures de luxe appartenant aux clients de l'un des "clubs" de Pasquini, mais également par exemple lorsque les deux policiers vont devoir échapper à une embuscade tendue dans le terrain vague où ils s'entraînaient. Mais le métrage va aussi nous proposer de suivre les deux hommes dans d'autres circonstances où ils vont devoir affronter la mort en face pour dénouer des affaires sordides, comme cette prise d'otages qui ne laissera aucun survivant du côté des truands, ou encore lorsque Alfredo et Antonio, bien renseignés, vont carrément abattre des malfaiteurs s'apprêtant à commettre un casse.

Uomini si nasce poliziotti si muoreMais le métrage va également proposer des situations plus légères et frivoles nous faire partager un humour quelque peu salace mais toujours souriant, lorsque les deux hommes vont par exemple aller interroger la sœur de Pasquini qui se révélera être une nymphomane en manque qui va se payer les deux policiers l'un après l'autre, laissant même un brin d'érotisme charmant venir se mêler au débat, pour à plusieurs reprises dévoiler les charmes de personnages secondaires, parfois même de façon complètement gratuite (la suédoise). Mais cet humour viendra également s'imposer au travers de dialogues excellents débités par les deux héros, résonant d'un machisme explicite en répercussion à des sous-entendus sexuels quelque peu grivois.

Uomini si nasce poliziotti si muoreLe métrage va ainsi s'attacher à nous dresser le portrait de ces deux policiers jusqu'auboutistes qui n'hésiteront pas à braver la mort et surtout à rendre une justice expéditive sans crainte de représailles sérieuses, permettant à Ruggero Deodato de se livrer à une violence franche et parfois même sévère, mais toujours en adoptant ce ton léger qui annihilera tout impact malsain tout en avançant aussi l'amitié profonde liant Alfredo et Antonio, les deux hommes vivant ensemble dans un appartement entretenu par une femme de ménage, ce qui aurait presque pu laisser penser à une homosexualité larvée sans leur forte attirance pour la gente féminine qui sera constamment mise sur le devant de la scène.

Uomini si nasce poliziotti si muorePar contre, l'intrigue restera assez classique sur le fond pour mettre en branle cette guerre ouverte entre la police et ce truand qui lui aussi sera bien violent, en n'hésitant pas par exemple à arracher un œil à un joueur qui lui devait de l'argent, pour être informé par une taupe officiant au sein de la police et payée pour rechercher l'identité des deux empêcheurs de tourner en rond, mais cela donnera surtout l'occasion au film de multiplier les séquences d'action, entre cette poursuite inaugurale, ces bagarres violentes et autres échanges de coups de feu qui parfois même friseront l'irréel par ce côté "cartoonesque" certainement volontaire, mais hélas on pourra regretter un dernier acte bien facile et qui débouchera sur une issue simpliste; guère originale et donnant le sentiment d'avoir été bâclée, pour ainsi ne pas rendre franchement hommage aussi bien à ce Pasquini qui connaîtra une évidente et attendue mort stupide tandis que les deux héros échapperont de manière trop facile à un piège téléphoné.

Uomini si nasce poliziotti si muoreL'interprétation sera l'un des principaux atouts du film grâce à un duo d'acteurs charismatiques et élégants composé de Marc Porel et de Ray Lovelock qui marqueront de leur empreinte l'ensemble du métrage en y accentuant même l'humour, tandis que Adolfo Celi incarnera leur patron avec candeur et un aspect paternel avéré. La mise en scène de Ruggero Deodato sera vive et dynamique pour donner du rythme aux phases d'action et les rendre captivantes tout en magnifiant cette violence parfois sanglante et en tout cas toujours volontaire qui viendra très régulièrement se mêler à l'intrigue.

Donc, ce Uomini si nasce poliziotti si muore aura largement de quoi séduire par son aspect volontaire dans un déchaînement de violence à laquelle il manquera peut-être un brin de ce sadisme typiquement italien mais agrémenté d'un humour omniprésent toujours souriant !

Uomini si nasce poliziotti si muoreLe DVD de zone 2 italien édité par Raro Vidéo avancera une image nette et sans défaut notable, tandis que la bande-son sera convaincante, avec une partition musicale adaptée et rythmée même par des chansons de Ray Lovelock lui-même, le métrage étant ici disponible dans sa version anglaise ou dans sa version originale italienne sous-titrée en anglais.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un très intéressant documentaire revenant sur le métrage en donnant la parole à Ruggero Deodato qui évoquera par exemple la censure dont le film a été victime, tandis que Ray Lovelock reviendra lui plus sur sa relation avec Marc Porel qui a été bien moins conflictuelle que ce qui avait été avancé à l'époque, laissant quelque publicités amusantes des années soixante-dix réalisées par Ruggero Deodato, sa biographie et sa filmographie venir clore ces bonus méritant que l'on s'y attarde.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce duo de policiers expéditifs, le DVD de zone 2 italien est disponible ici ou !

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16.12.09

09:10:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

par Nicore

Shoot on sight

S'inspirant de manière romancée d'événements ayant suivi les attentats commis en Angleterre en juillet 2005, ce Shoot on sight va distiller une atmosphère tendue et retranscrivant bien la psychose ressentie par cette nation en proie au doute et à le méfiance envers les musulmans, mais non pas pour nous livrer une œuvre cherchant uniquement à verser facilement dans le spectaculaire pour au contraire s'installer de l'intérieur dans ce drame vécue par la communauté musulmane modérée, sans pour autant oublier de ménager un suspense croissant jusqu'à devenir étouffant et terriblement dramatique dans la dernière partie du métrage.
Le script va donc prendre place après les attentats du 7 juillet 2005 à Londres, pour suivre un commissaire musulman chargé d'instruire une enquête après une bavure dans le métro où des policiers ont abattu un innocent suspecté d'être un terroriste. Mais en même temps, ce commissaire va accueillir chez lui un neveu débarquant du Pakistan et dont les sensibilités religieuses vont l'amener à fréquenter des intégristes.

Shoot on sightAprès être revenu par un petit laïus écrit sue ces attentats ayant ensanglanté l'Angleterre en 2005 et avoir décrypté cette procédure du "Shoot on sight" qui autorisait la police à tirer à vue sur les terroristes potentiels, le métrage va dès son introduction installer une tension palpable en suivant ce jeune homme d'origine musulmane accoutré de manière annonçant sa religion de manière explicite s'apprêtant à prendre le métro tout en étant surveillé par un policier en contact avec ses collègues cachés à l'extérieur dans une voiture, pour recevoir l'ordre de leur commissaire d'empêcher l'homme, portant un gros sac à dos, de monter dans la rame arrivant à la station. Il va s'en suivre une course contre la montre des policiers qui vont finalement arriver à temps pour héler le suspect qui, alors que la foule se sera mise à terre, aura le malheur de ne pas entendre les injonctions à cause de son baladeur et en reconnaissant l'uniforme, mettra sa main à la poche, déclenchant les tirs de l'un des inspecteurs présents sur place. Mais bien entendu, la brigade de déminage appelée sur place ne trouvera aucune bombe dans le sac à dos du défunt.

Shoot on sightCette introduction sera rondement menée pour bien mettre en condition le spectateur tout en ne prenant pas partie pour dénoncer ou accréditer l'acte du policier coupable d'avoir tiré, laissant ensuite le commissaire discourir de la marche à suivre après cette bavure faisant la une des journaux avec son supérieur qui va décider de faire entrer en scène le commissaire Tariq Ali, de confession musulmane, pour enquêter sur cette affaire délicate et d'abord orchestrer une conférence de presse qui fera bien ressortir un certain racisme larvé de certains des journalistes présents, mais auquel saura parfaitement bien répondre Tariq. L'intrigue va alors s'attacher à nous immiscer dans la vie de ce commissaire, aussi bien pour le suivre dans son enquête que pour suivre son quotidien de musulman en Angleterre.

Shoot on sightEn effet, le métrage va d'abord rechercher à créer une certaine sympathie pour ce Tariq dont nous allons pouvoir appréhender la vie "normale", entre ses rapports conflictuels avec sa fille, une adolescente quelque peu rebelle et ceux bien plus amicaux avec son épouse, une non-musulmane, tandis que la famille va accueillir Zaheer, le neveu de Tariq, débarquant du Pakistan pour étudier à Londres. Cette mise en condition du personnage central voudra de manière évidente mettre en avant son intégration et la normalité de sa vie quotidienne, uniquement rythmée par la prière et la fréquentation de la mosquée et des commerçants musulmans de son quartier, avec bien entendu quelques traditions obligées, mais pour déjà lui opposer le discours intégriste de quelques jeunes musulmans réunis dans un parc.

Shoot on sightEnsuite, l'intrigue va donc suivre l'enquête délicate de Tariq, entre un entretien avec la famille de la victime qui tournera court avec l'arrivée de leur avocate farouchement décidée à porter l'affaire devant les tribunaux et la réticence des inspecteurs impliqués à coopérer véritablement, pour même chercher à lui mettre des bâtons dans les roues (les photos plutôt embarrassantes remises à la presse), laissant ainsi une action régulière et impliquante venir captiver le spectateur durablement tout en délivrant un rythme assez lent, d'autant plus que Zaheer va sembler adhérer aux thèses violentes et intégristes d'un imam ami d'enfance de Tariq et régulièrement visité, pour de fait laisser le métrage doucement basculer dans une seconde partie plus nerveuse, tendue et encore plus prenante au fur et à mesure que les doutes sur la participation de Zaheer à de futures actions terroristes vont devenir de plus en plus prégnants jusqu'à aboutir à un final inéluctable mais extrêmement douloureux et d'une force dramatique terrible.

Shoot on sightLe réalisateur aura déjà la présence d'esprit d'éviter tout stéréotype nuisible qui aurait fatalement discrédité l'ensemble du métrage pour au contraire s'ancrer dans un quotidien somme toute banal et n'affirmant aucune différence pour son personnage principal dont la bonhomie apparente aura largement de quoi rassurer, en étant bien éloigné des clichés véhiculés sur la confession musulmane, pour de la sorte créer un sentiment de sécurité qui tranchera avec justement ce climat de psychose régnant dans Londres après les attentats du 7 juillet 2005 et qui sera franchement bien retranscrit, aussi bien par l'attitude des protagonistes que par ce dialogue ô combien significatif entre Tariq et Yunus qui stigmatisera le changement de mentalité après l'éclatement des bombes. Les autres protagonistes entourant Tariq joueront la carte de la modernité avec notamment ses enfants, le fils étant un amateur de football et l'adolescente flirtant avec un occidental tout en affichant un "jeunisme" volontaire.

Shoot on sightPar contre, le discours intégriste véhiculé par ces fanatiques religieux, radicalement opposés à l'attitude intégrée de Tariq, restera quand même classique et simpliste pour cet appel à la guerre sainte contre les oppresseurs de l'Islam, pour quand même bien mettre en avant les méthodes de recrutement et d'embrigadement des jeunes allant jusqu'à leur faire faire n'importe quoi au nom d'Allah, comme la seconde moitié du film s'appliquera à le démontrer de façon virtuose dans sa façon de gérer le suspense et l'aspect dramatique qui explosera lors du final. Mais avant cela, la première partie aura su dépeindre les us et coutumes de ce commissaire musulman tout en réservant quelques petites surprises au spectateur complice d'un sens de l'humour aussi discret que délicieux qui pointera le bout de son nez sporadiquement dans l'intrigue pour ainsi venir surprendre d'agréable manière tout en faisant éclater certains préjugés et pas forcément ceux auxquels on pourrait penser de prime abord.

Shoot on sightL'interprétation est largement convaincante, porté par des acteurs impliqués et toujours crédibles dans leurs rôles respectifs en évitant tout surjouage (notamment pour les intégristes évitant les grimaces caricaturales) , tandis que la mise en scène du réalisateur restera par contre bien classique et traditionnelle pour ne jamais oser quoique ce soit et en limitant du coup vaguement le dynamisme de l'ensemble, mais heureusement sans pour autant venir plomber le rythme global du métrage ou réduire l'impact de la tension et du suspense englobant le métrage sur sa longueur.

Donc, ce "Shoot on sight" fera mouche par sa crédibilité jamais démentie en évitant les clichés et grâce à une intrigue intelligemment menée pour distiller son action et ses rebondissements de manière impliquante et captivante !

Shoot on sightLe DVD de zone 2 édité par Emylia avancera une image nette et sans défaut visible, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale discrète mais adaptée et efficace, le métrage étant ici disponible en version française en DD5.1 et en DTS5.1, ainsi qu'en version anglaise sous-titrée en DD5.1.
Au niveau des bonus, outre quelques bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur, on ne pourra hélas que suivre un conséquent et très bien agencé diaporama proposant de nombreux clichés du film.

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Shoot on sight (Blu-ray)

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15.12.09

08:10:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Blue Rita

Avec ce Blue Rita le réalisateur Jess Franco va nous livrer une œuvre complètement déjantée qui va profiter d'une intrigue héritée du film d'espionnage pour s'adonner à un érotisme omniprésent et largement osé, le tout dans une ambiance psychédélique et des décors excellents par leur aspect "kitsch" volontaire et définitivement assumé.
Le script va suivre les activités d'un night-club qui servira de façade pour une bande de jeunes femmes dirigées par Rita et dont la principale activité est de séquestrer des espions et autres hommes d'affaires dans le but de leur soutirer des informations grâce à des méthodes pour le moins spéciales.

Blue RitaDès sa première séquence, le métrage va donc s'installer dans ce night-club présentant des spectacles érotiques et des danseuses nues où nous allons retrouver la dirigeante des lieux, Gina, qui va rendre visite à l'un de ses clients, désireux moyennant fiances de passer la nuit avec une des danseuses, une jeune femme noire qui dansera lascivement devant lui. Avec pour seule transition le générique psychédélique, nous allons donc suivre juste après cet homme et sa conquête qui vont se livrer à un ébat sexuel visualisé de loin dans un appartement au mobilier singulier pour ensuite voir la demoiselle quitter rapidement les lieux, sans même prendre le temps de s'habiller, tandis qu'un gaz sortant du plafond va endormir l'homme. Courant dans la rue, la fuyarde sera rattrapée et éliminée par Gina, sous les yeux d'un mystérieux individu observant la scène avec ses jumelles depuis un appartement.

Blue RitaEnsuite, nous allons retrouver l'homme asphyxié qui se réveillera enchaîné nu dans une fosse au-dessus de laquelle va apparaître Rita, la responsable de ce réseau de jeunes femmes qui vont vouloir obtenir des renseignements de l'homme qui sous couvert de son métier de journaliste serait un espion. Pour ce faire, Rita va faire tomber sur lui une pâte contenant un puissant aphrodisiaque et l'aguicher en compagnie de deux de ses servantes. Cette séquence définitivement "autre" aussi bien par son décor que par son déroulement et ses demoiselles qui officieront entièrement nues symbolisera toute la déviance et l'aspect carrément délirant qui va habiter le métrage dans sa globalité.

Blue RitaEn effet, la suite sera du même acabit, pour d'abord nous renseigner sur la condition de Rita et de sa bande, des nymphomanes détestant les hommes, tandis que Rita tentera par des injections dans son intimité de retrouver goût au plaisir sexuel après qu'elle ait eu la vagin brûlé par des tortionnaires des années auparavant, alors qu'ensuite ce sera une nouvelle venue qui sera "intronisée" par Rita lors d'une sorte de cérémonie au cours de laquelle leur sang sera mêlé tandis qu'un produit sera introduit dans sa vagin. Et après le journaliste, ce sera au tour d'un boxeur arrivant d'un pays de l'Est et soupçonné d'être un espion qui sera convoité par le contact de Rita qui lui demandera d'arranger un enlèvement, lui apprenant peu après qu'un traître officie au sein de l'équipe de Rita.

Blue RitaComme on peut le voir, l'intrigue ressemblera à s'y méprendre sur le papier à celle d'un classique film d'espionnage avec traître et agents doubles travaillant en fait pour Interpol qui semblera s'intéresser de près aux exactions du gang de Rita, demande d'informations sous la menace et la torture (et quelle sorte de torture !), baston ringarde qui deviendra croustillante,et retournements de situations "imprévus" lors du final bien dans la tradition, avant qu'un dernier clin d'oeil vienne de manière savoureuse cueillir le spectateur, mais Jess Franco détournera tout cela pour en faire un film entièrement décalé, "pop" et surfant sur un érotisme de tous les instants.

Blue RitaEn effet, outre le fait que toutes les demoiselles traverseront le métrage le plus souvent dans leur plus simple appareil pour le plus grand plaisir des yeux, le réalisateur se ménagera plusieurs pauses dans ce night-club où nous pourront suivre des bribes de spectacles érotiques lascifs et souriants (l'écolière et la statue, par exemple) tout en imposant des situations bien déviantes avec ces tortures qui demeureront toujours ouvertement salaces, n'hésitant pas par exemple à laisser le journaliste en manque coucher avec celle qui sera soupçonnée de trahison, mais le réalisateur s'abstiendra de ces fameux zooms sur l'intimité de ses actrices pour toujours filmer l'action avec une fraîcheur vivifiante.

Blue RitaEn plus de cet érotisme resplendissant, le métrage pourra compter sur des décors très kitsch pour assurer un renfort efficace au spectacle, entre cet appartement aux meubles transparents et le repaire des filles qui sera truffé de gadgets délirants mais quand même assez ridicules (les gyrophares, par exemple), tandis que seront multipliées les couleurs vives et décalées pour encore renforcer ce sentiment d'assister à un divertissement "pop", la partition musicale jazzy parachevant le tout dans une ambiance souriante par tant d'excentricité et de démesure dans le traitement de situations déjà bien barrées.

Blue RitaEnfin, Jess Franco adoptera un ton vif et alerte pour suivre l'ensemble d'une action qui ne connaîtra aucun temps mort et où le réalisateur ne s'attardera pas sur les scènes érotiques sensuelles comme il l'a fait régulièrement au cours de sa carrière pour au contraire rebondir et proposer des rebondissements de manière constante et dynamique. Sa mise en scène suivra pour encore donner du rythme à l'action, avec en prime des cadrages audacieux, décalés et originaux, tout en proposant sporadiquement des plans d'ensemble magnifiques d'un Paris avancé sous un jour ouvertement touristique avec ses monuments mis en avant.

Blue RitaL'interprétation est à l'image du métrage, détendue et naturelle, portée par une flopée de demoiselles au physique attirant qui n'hésiteront pas à ses dévoiler sans fard devant la caméra nous permettant de retrouver entre autres Pamela Stanford, une habituée des œuvres érotiques de Jess Franco produites par Erwin C. Dietrich, tout comme Esther Moser, tandis que la belle Martine Fléty rayonnera littéralement et illuminera le métrage à chacune de ses apparitions, qui, bien entendu, seront toujours dénudées ou propices à un effeuillage comme lors d'un court spectacle voluptueux.

Donc, ce Blue Rita restera une œuvre largement attachante par son côté débridé et délirant qui pourra compter sur un érotisme chatoyant pour charmer le spectateur au travers de situations rocambolesques et toujours souriantes, loin de l'aspect sordide de certaines œuvres du réalisateur !

Blue RitaLe DVD de zone 2 suisse édité par VIP avancera une image très nette et ne connaissant pas de défaut notable, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale jazzy adaptée, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise, allemande et française.
Au niveau des bonus, outre le traditionnel documentaire sur la relation entre Jess Franco et Erwin C. Dietrich qui proposera en plus un regard sur la restauration du film Jack l'éventreur, on pourra visionner la bande-annonce du film ainsi que celles d'autres titrez de l'éditeur, parcourir une conséquente galerie de photos et d'affiches.

Pour ceux qui voudraient découvrir cet excellent moment de délire érotique, le DVD de zone 2 suisse est disponible ici ou , en faisant attention aux éditions proposées, seule celle éditée par VIP proposera la version non censurée du film en version française !

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14.12.09

07:25:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The proposition
Réalisateur : John Hillcoat
Durée du film : 1h44
Date de sortie du film : 16 décembre 2009 (film vu en avril 2009 dans le cadre de la seconde édition de L'étrange festival de Lyon)

Avec : Guy Pearce, Emily Watson, Ray Winstone, David Wenham, John Hurt, etc.

Par Nicofeel

The proposition est la troisième réalisation du cinéaste australien John Hillcoat. Ce film n'est pas le dernier de la filmographie de John Hillcoat, puisque La route, actuellement au cinéma, est son dernier film. C'est avec près de quatre ans de retard que ce film apparaît enfin sur les écrans de cinéma.
Au scénario mais aussi à la musique, on retrouve le musicien Nick Cave qui avait déjà participé au scénario du précédent film de John Hillcoat.

The proposition est un western crépusculaire qui rappelle le cinéma de Clint Eastwood avec Impitoyable dans sa manière de filmer en plans larges le bush australien ou encore dans sa façon de filmer les couchers de soleil.
L'ambiance très étrange de ce film donne également l'impression que l'on ait à la lisière du fantastique de manière continuelle. On pense dès à présent au chef d'oeuvre du cinéma fantastique australien, à savoir Pique nique à Hanging rock de Peter Weir.

Mais par sa violence brutale le film revient de manière impromptue à des éléments plus réalistes. Cette violence exacerbée rappelle sans conteste le western italien.
Mais que raconte au juste The proposition ? Un capitaine de police australien, Stanley, use de son pouvoir et fait une proposition ignoble à un homme, Charlie Burns (superbement interprété par l'acteur Guy Pearce, qui se fond dans un rôle de personnage quasiment taciturne) : retrouver et tuer son frère aîné, accusé des pires méfaits et recherché par la police locale, pour sauver son autre frère qui est menacé de la pendaison le jour de Noël.
The proposition est un film clairement mélancolique, comme le prouvent les nombreux couchers de soleil mais aussi très belle bande son du film. C'est le cas de la musique d'introduction notamment avec la voix d'un enfant ou encore dans d'autres morceaux avec la voix de Nick Cave qui donnent le sentiment au spectateur d'écouter une complainte.

On a l'impression d'assister à une quête sans solution, à l'instar du film comme Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia d'un autre cinéaste désenchanté, Sam Peckinpah.

The proposition tire également sa force dans sa capacité à montrer une humanité inhumaine. Car finalement si les frères Burns agissent tels des sauvages sans véritable but, les autres personnes qui sont présentées ne valent guère mieux. Car pendant que l'on critique les méfaits des frères Burns, on massacre allègrement la population aborigène. Le parallèle que l'on peut faire entre la naissance des Etats-Unis (massacre des Indiens) et celle de l'Australie (massacre des Aborigènes) est évident. Le réalisateur implore à sa façon le pardon des aborigène par un message inscrit juste au début du film et par un générique de fin où il montre plusieurs photos authentiques d'aborigènes qui ont été torturés.
Au final, pas forcément facile d'accès, The proposition est un western lent où la violence est latente et extrêmement brutale lorsqu'elle arrive. Ce western à la lisière du fantastique est avant tout psychologique. D'ailleurs, de simples regards sur les protagonistes en disent long sur leur émotions. Voilà un film mélancolique qui mérite d'être découvert.

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11.12.09

07:20:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Astro boy
Réalisateur : David Bowers
Durée du film : 1h35
Date de sortie du film : 9 décembre 2009

Avec les voix (en version originale sous-titrée français) de : Freddie Highmore (Astro boy) ; Nicolas Cage (Docteur Tenma) ; Samuel L. Jackson (Zog) ; Kristen Bell (Cora) ; Donald Sutherland (général Stone) ; Charlize Theron (le narrateur).

Par Nicofeel

En réalisant Astro boy, David Bowers dépoussière le célèbre héros japonais créé par Osamu Tezuka. Globalement, l'histoire de ce long métrage respecte l'histoire d'Astro boy.
On a un grand scientifique, créateur des robots, qui voit son fils, le jeune Toby, décéder en raison d'une expérience sur un robot qui tourne mal. C'est alors qu'en reprenant un cheveu de son fils il recrée le physique de son fils et fait de lui un robot à visage humain. Mais il ne reconnaît plus son fils et finit par le rejeter. Astro le petit robot quitte alors Métro city pour rejoindre les gens de la surface. Il est alors renommé Astro.

A partir de ce synopsis, David Bowers livre un long métrage entièrement en images de synthèse qui est plutôt satisfaisant. Cependant le film reste clairement orienté en direction d'un jeune public. Le côté dramatique de l'oeuvre originelle est tout de même particulièrement édulcoré et il y a peu de méchants.
Mais bon, ce remake d'Astro boy tient tout de même globalement la route avec des thématiques qui ont de quoi nous intéresser. Ainsi, le film évoque d'abord le besoin d'être tolérant avec les gens qui sont différents. Astro est l'exemple même du personnage qui va permettre l'alliance entre les hommes et les robots.

Dans le même ordre d'idée, le film constate (sans pour autant se lancer dans une critique à tout bout de champ) qu'il y a une différence de traitement selon que l'on ait riche ou pauvre : les riches accèdent à la cité qui vole au-dessus de la Terre, nommé Métro city ; à l'inverse les pauvres ou les gens rejetés se retrouvent sur Terre où les gens de Métro city renvoient tous leurs déchets et notamment leurs débris de robots/
Astro boy est aussi et surtout un vrai film humaniste avec son petit personnage qui n'a de cesse de sauver, au péril de sa vie. Les valeurs humanistes révélées par ce héros ô combien sympathique font plaisir à voir.
D'un point de vue thématique, le film pose également une (petite) réflexion sur le rapport entre les hommes et les robots, et sur la place de ces derniers dans le monde. Les robots peuvent vivre avec les humains et les aider dans leur vie quotidienne, sans pour autant être toujours assimilés à des esclaves.
Même si Astro boy dispose d'un background qui n'est pas forcément aussi évolué que les dernières productions Pixar, force est de constater que l'animation est plutôt réussi. Tous les personnages qui ont été créés, à commencer par le jeune Astro, sont marquants et les visages expressifs des protagonistes réservent quelques moments d'émotion.

On appréciera également le rythme de ce long métrage. Astro boy est un film d'animation où l'on ne s'ennuie pas une seconde. Et plusieurs scènes d'action font plaisir à voir. On peut citer entre autres le moment où le jeune Toby décède suite à la révolte du gros robot ; le combat d'Astro dans l'arène avec d'autres robots ; le combat entre Astro et le robot qui possède la force rouge.

Comme dit précédemment, on regrettera en revanche le fait que le film soit avant tout destiné aux enfants. Ainsi, hormis les rares méchants qu'il y a dans ce long métrage, on constate que tout le monde est beau et gentil dans ce monde qui nous est narré. Et puis lorsque Astro rejoint la surface, il ne fait que fréquenter des enfants et des robots qui, malgré le fait qu'ils aient adhéré au front de libération des robots (FLR), sont gentils et doux comme des agneaux.
Astro boy aurait carrément mérité d'être un peu plus adulte dans son développement. D'autant que certaines scènes ne sont pas sans rappeler d'autres mangas. Ainsi, lorsque le méchant robot rouge ne cesse de grandir et de tout détruire sur son passage, on pense à Akira.

Et puis même si Astro boy est dans son ensemble un film d'animation qui se défend, cela demeure malgré tout un remake. L'originalité n'est pas vraiment au rendez-vous. David Bowers ne fait que reprendre l'esprit du manga Astro boy, en se permettant au demeurant de l'édulcorer de certaines scènes qui auraient pu paraître trop cruelles ou trop dramatiques aux yeux du grand public.
Mais en agissant de la sorte le réalisateur de cet Astro boy new look risque fort de ne toucher pleinement qu'un public jeune. C'est dommage car il y avait aussi bien la technologie que les thématiques pour faire de cette oeuvre une nouvelle référence du film d'animation.

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10.12.09

07:40:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Sick nurses
Sick nurses

Preuve vivante de la vitalité du cinéma de genre thaïlandais, ce Sick nurse, réalisé en 2007 par deux jeunes auteurs locaux, avait largement de quoi séduire avec son intrigue sexy, sanglante et détournant certains codes du genre. Après être resté désespérément invisible par chez nous pendant deux ans, le métrage est disponible depuis le 22 septembre sous l’impulsion d’Emylia aussi bien en DVD qu’en Blu-ray. Un petit retour sur cette sortie française s’imposait.

Sick nurses

Le script va laisser Le docteur Taa et sept infirmières à ses ordres revendent des cadavres de patients. Les sentiments des infirmières envers le docteur ne faisant qu'augmenter avec le temps, la jalousie fait éclater le petit groupe et elles décident de tuer l'une d'entre-elles. Bien sûr, le corps de la défunte sera revendu. A moins qu'elle ne revienne hanter le cabinet et les responsables de son malheur...

Sick nurses

Ne cherchant jamais la profondeur ou encore à provoquer véritablement l’effroi, le métrage va surtout tenter avec succès de placer un maximum de situations délirantes, souriantes et grotesques pour avancer la vengeance de cette femme assassinée par ses collègues, la critique complète du film étant disponible ici pour l’édition en zone 1 !

Sick nurses

Le DVD de zone 2 français édité par Emylia avancera une image en 1.85 (16/9 anamorphique), tandis que la bande-son sera disponible en français en DD5.1 et en version originale thaïlandaise sous-titrée en français en DD2.0.
Au niveau des bonus, on pourra hélas uniquement suivre un diaporama bien agencé regroupant des clichés du film, uniquement suivi de quelques bandes-annonces d’autres titres horrifiques de l’éditeur.
L’édition Blu-ray laissera une image en 1.85 (AVC1080p/24) investir l’écran, avec une bande-son en français et en thaïlandais (toujours sous-titrée en français) en DTS-HD, pour ne présenter que le même bonus.

Sick nurses

Donc, il est encore temps de donner sa chance à un métrage le méritant vraiment, tout en saluant les efforts d’Emylia qui continue très régulièrement de nous proposer des inédits valant largement le détour !

Sick nurses
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Sick nurses

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Sick nurses (Blu-ray)

Sick nurses (Blu-ray)
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09.12.09

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

L'immmoralità

Avec son sujet sulfureux et son traitement partiellement graphique, ce L’immoralità, réalisé par l’italien Massimo Pirri, fait partie de ces films que l’on ne pourrait plus produire aujourd’hui, mais pour autant le métrage ne se complaira pas dans un aspect graveleux pour au contraire nous dresser le portrait d’une galerie de personnages tous plus immoraux et pervertis les uns que les autres où l’innocence de l’enfance en sortira bafouée, mais pas de la manière attendue, pour un "jeu" furieusement malsain et même provocateur qui n’épargnera personne.
Le script va laisser un pédophile violeur et meurtrier de jeunes filles blessé et en fuite trouver refuge dans une propriété bourgeoise où il va être recueillie par la fille de la maison, une jeune fille pré pubère qui va le cacher et le soigner. Mais ce sera sans compter sur la mère de la fillette, une femme pervertie, aigrie et nymphomane voulant plus que tout se débarrasser de son mari handicapé et proche de la mort.

L'immmoralitàDès sa première séquence, le métrage va choquer en avançant directement Federico, cet assassin d'enfants que nous découvrirons portant une jeune fille morte dans ses bras qu'il va s'empresser d'enterrer, sans que la nature de son méfait soit équivoque, la petite victime ayant sa petite culotte descendue jusqu'aux mollets. Notre homme va ensuite rejoindre son véhicule pour quitter les lieux mais il sera bien vite retrouvé par la police qui va le prendre en chasse pour finalement le forcer à s'arrêter, Federico s'enfuyant alors à pied pour n'être que blessé au bras par les tirs des policiers. Cette entame du métrage sera volontairement graphique, ignoble mais sans jamais chercher à en rajouter, pour avancer ce violeur d'enfants qui ne tardera pas à errer dans les bois, éreinté et aux abois.

L'immmoralitàLe métrage va alors s'intéresser à Simona, une gamine de onze ans qui nous sera présentée en compagnie de son père, un vieil homme handicapé évoluant dans son fauteuil roulant et ayant pour passion les armes à feu et les vieilles horloges qu'il réparera, mettant ainsi en avant une certaine complicité entre le père et sa fille. Simona s'en ira ensuite se balader dans le parc de la propriété familiale pour bien évidemment tomber sur Federico, installant de fait une tension palpable qui sera progressivement dégonflée lorsque nous verrons que Federico, mal en point, cherchera surtout à se cacher et non à abuser de la jeune fille qu'il réussira à amadouer, Simona lui offrant même une cachette en le conduisant dans un abri de jardin oublié de tous où elle va régulièrement jouer seule, montrant même à son invité certains jouets lors d'une séquence largement étrange et troublante, le spectateur connaissant la déviance de Federico.

L'immmoralitàPendant ce temps-là, la police et le lieutenant chargé d'arrêter le fuyard vont préparer des battues en compagnie d'un groupe de villageois désireux d'en découdre et de lyncher Federico, fustigeant la lenteur des autorités à s'organiser, Massimo Pirri pointant du doigt un certain fascisme larvé encore bien présent dans les mentalités italiennes d'alors. Ce ne sera qu'après cette mise en condition que l'un des protagonistes principaux fera son apparition en la personne de la mère de Simona, Vera, une femme d'un âge mûr souhaitant par-dessus tout garder la forme et refusant de vieillir, qui sera tout de suite cerné comme une âme perverse, avilie aussi bien en détestant son mari ouvertement, quitte à lui dire en face qu'elle attend avec impatience la mort de ce dernier, qu'en multipliant les aventures avec les hommes du village, passant ainsi pour une prostituée bénévole et en ne prêtant que peu d'attention à sa fille.

L'immmoralitàTout en continuant de fouiller les personnalités de chacun et notamment de Federico qui semblera s'attacher à Simona au point de ne pas lui vouloir de mal dans l'immédiat, l'intrigue va produire des situations prenantes qui amèneront la police à suspecter la présence de Federico aux alentours de chez Simona, voir même cachée par ses soins et sa mère, prévenue ira fouiller l'abri de jardin pour tomber sur le fuyard qu'elle va contre toute attente charmer pour coucher avec lui et le ramener dans la maison, cachée dans une chambre du sous-sol. L'attachement de Simona à Federico sera une première fois mis en avant lorsqu'elle ne le verra pas dans l'abri et se mettra à pleurer, mais ce sera surtout plus tard, alors que les villageois voudront avec force fouiller la maison de Vera que le métrage avancera sa séquence interdite en laissant Simona demander à Federico, ayant débarqué dans la salle de bains où la jeune fille prenait un bain, de lui faire l'amour, ce que le réalisateur se permettra de visualiser de manière franche, quitte à laisser la nudité de la demoiselle envahir l'écran mais tout en demeurant dans la mesure du possible "correct" en éludant certains détails de son anatomie par la présence d'objets bien placés dans le cadre de la caméra.

L'immmoralitàLa suite verra un conflit de génération destructeur envahir l'intrigue, Vera et Simona étant attachées à Federico pour des raisons bien différentes et certainement pas innocentes pour la mère calculatrice jusqu'à renier ses engagements au fil des situations, ce qui provoquera une jalousie de Simona lorsqu'elle observera sa mère et Federico faire l'amour à travers le trou d'une serrure. La dernière partie sera tout simplement grandiose et fulgurante dans sa démonstration violente et signifiant définitivement la perte de l'innocence pour Simona de manière dramatique tout en laissant présager un avenir guère réjouissant pour la demoiselle.

L'immmoralitàComme on peut le voir, le métrage ne mettra en scène que des protagonistes pervertis, à la noirceur progressive et immorale, entre cette Vera complètement malsaine dans sa relation avec les autres et avec elle-même, en se croyant également supérieure et capable de commander les autres, policier compris, ce Federico bien entendu guidé par des pulsions sordides au possible mais qui au final ne sera pas le plus dangereux puisqu'il rentrera dans le jeu de Vera et dans celui de Simona sans s'en rendre compte, tandis que justement, cette petite gamine présentée au départ comme le seul rempart de l'innocence, deviendra elle aussi trouble et presque perverse malgré son jeune âge. Les personnages secondaires ne seront pas en reste, avec ce lieutenant lui aussi assez libidineux pour proposer un marché sexuel à Vera, tandis que ces citoyens désireux de massacrer le pédophile représenteront un certain obscurantisme hérité du Moyen-âge. Le seul à demeurer cohérent et droit sera le mari, effacé au point de ne même pas avoir de prénom cité durant tout le métrage, mais sa maladie l'empêchera presque toujours d'agir.

L'immmoralitàSous couvert d'une intrigue lorgnant très régulièrement vers l'exploitation pure avec ces situations sensuelles brisant même les tabous, ou violentes et tendues, le métrage s'attachera à dépeindre une certaine déliquescence de la société où aussi bien ses fondements mêmes comme la famille ou l'autorité seront pervertis et exploseront à l'arrivée d'un élément extérieur ici symbolisé au possible par cet être vicieux et sujet à des pulsions pédophiles, pour en arriver à contaminer insidieusement l'innocence de l'enfance, détruite à jamais, pour une démonstration sans recul ni rémission qui portera bien son titre, tant l'immoralité des personnages sera dévoilée au grand jour dans toute sa "splendeur".

L'immmoralitàL'interprétation sera largement convaincante, avec cette jeune actrice, Karin Trentephol (dont ce sera la seule apparition devant une caméra) plus que crédible et naturelle, tandis que Lisa Gastoni jouera une Vera diabolique à la perfection et que Mel ferrer dans le rôle du mari sera performant. Enfin Howard Ross, un second couteau du cinéma-bis italien interprétera avec implication Federico le violeur. La mise en scène de Massimo Pirri est largement adaptée, classique mais élégante pour suivre cette action sordide en jouant régulièrement avec une tension palpable et bien agencée pour faire perdurer le suspense.

Donc, ce L'immoralità invitera son spectateur à une descente dans le côté sombre de l'âme humaine sans espoir de retour ou de rédemption et, sous son aspect choquant, parviendra à tenir un discours cohérent et amenant à la réflexion !

L'immmoralitàLe DVD de zone 2 italien édité par Raro Vidéo avancera une image juste quelque peu granuleuse, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale triste d'Ennio Morricone collant parfaitement aux situations du film, celui-ci étant ici proposé dans sa version italienne, avec des sous-titres anglais optionnels.
Au niveau des bonus, il faudra hélas et contrairement aux habitudes de l'éditeur se contenter de la biographie et de la filmographie du réalisateur Massimo Perri et de l'actrice Lisa Gastoni.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette réussite aussi méconnue que provocante et choquante du cinéma italien, le DVD de zone 2 italien est disponible ici ou !

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08.12.09

07:50:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

par Nicore

Godspeed

Bien que basé sur le thème classique de la vengeance ce Godspeed empruntera un chemin aussi tortueux qu'immersif pour s'interroger aussi bien sur la Foi que sur la notion de Bien et de Mal tout en fustigeant à demi-mot l'évangélisme et ses dérives avant de nous ramener à une réalité douloureuse, voir même amère lors d'un final dramatiquement fort et percutant.
Le script va laisser un guérisseur évangéliste ayant renié sa Foi suite au meurtre brutal de sa femme et de son fils se retrouver face aux assassins de ceux-ci.

GodspeedAprès un petit monologue en voix-off s'interrogeant sur la part de ténèbres installé au fin fond de chacun de nous et une très brève séquence suivant un homme pourchassé en pleine forêt, scène que l'on devinera sans aucun mal comme étant issue du final du film et destiné dans un concept classique à mettre d'entrée une certaine pression sur le spectateur, le métrage va nous présenter son personnage principal, Charlie, un guérisseur évangéliste que nous découvrirons en plein "travail" puisque ce sera devant un parterre de croyants qu'il va se livrer à un discours sur la Foi avant de tenter de guérir une vieille femme atteinte aux poumons qu'il va prendre dans ses bras, toujours en sermonnant l'assemblée, pour que finalement le vielle dame se sente beaucoup mieux après cette séance avortée par Charlie qui se sentira mal et saignera du nez. Cette séquence nous permettra également d'appréhender la femme de Charlie et leur fils, présents dans l'assistance, tandis que la caméra s'attardera aussi sur les visages de deux jeunes gens de façon certainement pas innocente.

GodspeedNous retrouverons alors Charlie chez lui, en compagnie de son fils pour un petit dialogue sur les étoiles et leur signification vis-à-vis de Dieu, laissant une discussion amère entre Charlie et Rebecca, son épouse, nous en apprendre plus sur leur relation désunie et sur le passé d'alcoolique de Charlie, celui-ci ne trouvant rien de mieux à faire que de laisser sa femme en plan pour aller rejoindre sa maîtresse. Mais pendant ce temps-là deux individus masqués vont faire irruption chez lui et poignarder sauvagement Rebecca avant que leur fils ne meure accidentellement, étouffé par le second assaillant. Bien qu'apparaissant au départ masqué, l'intrigue ne cherchera même pas à nous cacher l'identité des meurtriers qui vont une fois leur forfait accompli tomber le masque, relevant la visage des jeunes vus auparavant lors du numéro de Charlie.

GodspeedSans transition, le métrage va laisser passer six mois pour nous faire découvrir un Charlie bien différent, désormais barbu et négligé, vivant dans une caravane de petits boulots, complètement anéanti par la mort de sa famille et surtout aigri vis-à-vis de l'enquête, comme la visite d'un agent de l'autorité le confirmera. Le réalisateur ayant bien pris le temps de nous présenter ce personnage central du film, son changement radical d'attitude et de mode de vie sera effectif et même douloureux pour cet homme détruit par ce drame sordide et inexpliqué qui lui aura fait perdre la Foi. C'est dans ce contexte qu'un demoiselle, Sarah, va rentrer dans la vie de Charlie en s'incrustant auprès de lui, d'abord dans un café puis carrément dans sa caravane, dans le but de le supplier de venir en aide à son père, comme il l'avait fait quelques temps auparavant pour sa mère.

GodspeedCharlie finira par accepter et se rendra donc en compagnie de Sarah chez elle où au lieu de rencontrer le père de celle-ci, se sera ses deux frères, Luke et Tim, qu'il découvrira lors d'une séquence tendue, puisque nous reconnaîtrons les tueurs de la famille de Charlie. Mais cette séquence forte ne le sera pas uniquement par le fait que les assassins découvririons eux aussi celui dont ils ont brisé la vie, mais par le statut de Luke qui sera en train d'haranguer quelques jeunes en imposant sa vision d'une Foi active et désireuse de changer le monde tel que nous le connaissons pour en plus fustiger les guérisseurs de façon à provoquer ouvertement Charlie.

GodspeedLa suite des événements nous réservera bien des surprises, pour bien entendu nous révéler la raison tragique ayant conduit les deux frères à devenir des meurtriers, mais surtout pour mettre en avant une certaine folie de ce Luke conquérant et dominateur qui exercera son pouvoir sur Tim et dans une moindre mesure sur Sarah, de manière totale dans un esprit de famille déplacé. Cette seconde partie du film, succédant à une mise en condition parfaite pour favoriser l'immersion du spectateur dans l'intrigue, ne sombrera pas dans la violence gratuite d'une vengeance simple et superficielle, pour au contraire aborder des thèmes ambigus (l'inceste forcé notamment) de manière frontale et impactante avant de verser un temps dans le "survival" de façon probante pour déboucher sur un final amer, triste et chargé d'amertume qui ne sera pas sans secouer le spectateur bousculé dans sa vision des choses.

GodspeedLe principal atout du métrage résidera sans aucun doute dans ses protagonistes remarquablement travaillés, entre ce Charlie qui au départ aura tout d'un anti-héros lors de sa présentation, avec sa tendance alcoolique conjuguée à une relation adultère stérile et mal placée (Charlie ne quittera t-il pas sa femme en plein désarroi pour aller "faire un tour en ville"), pour rapidement provoquer l'empathie une fois le double meurtre commis, et le réalisateur aura l'intelligence de laisser cette partie du métrage se développer de manière intimiste et naturelle pour ainsi évoquer les doutes et la désillusion de cet être profondément désespéré et dégoûté de la vie qui pourtant retrouvera une certaine hargne bien légitime mais également éprouvante dans son aspect foncièrement malsain et destructeur lorsqu'il sera placé face à ses bourreaux. Mais les autres personnages seront également fouillés, entre Sarah qui se sera amouraché de Charlie lorsqu'elle l'a vu faire son numéro de guérisseur et qui devra confronter ses sentiments entre lui avec ceux ressenti pour ses frères et notamment Luke, qui de son côté offrira au métrage un protagoniste trouble, équivoque, manipulateur et froidement calculateur.

GodspeedSi la violence du métrage restera essentiellement psychologique (avec par exemple le choc ressenti par Charlie quand il apprendra que Luke et Tim ont tué sa femme et son fils, pour une autre séquence remarquablement réussie par le réalisateur, tout comme ce final dramatiquement fort), l'aspect graphique ne sera pas pour autant complètement négligé pour nous assener quelques scènes violentes et crues qui elles aussi feront mal, très mal même puisque les coups portés le seront froidement et directement, sans fard et sans concession, avançant même quelques effets sanglants percutants et en tout cas jamais gratuits, loin de là.

GodspeedL'interprétation servira le métrage de manière exemplaire avec des acteurs impliqués et au naturel touchant par un jeu toujours juste qui ne fera que renforcer le caractère immersif de l'intrigue, tandis que la mise en scène du réalisateur Robert Saitzyk sera efficace pour aussi bien mettre en avant les magnifiques décors naturels de l'Alaska où se déroule l'intrigue que pour rendre les phases d'action prenantes, tandis que la tension palpable accumulée qui accompagnera les temps forts du film sera remarquablement retranscrite. Les quelques effets spéciaux sanglants seront probants, réalistes et avancés de manière à servir l'intrigue et non comme une fin en soi, ce qui rendra leur caractère brutal encore plus marquant.

Donc ce Godspeed pourra s'apprécier comme une excellente surprise, détonante par sa façon de traiter un sujet classique et parfaitement agencé pour réussir à impliquer son spectateur dans ses événements dramatiques et douloureux !

GodspeedLe DVD de zone 2 édité par Emylia, présenté ici, avancera une image nette et sans défaut notable, même lors des séquences se déroulant dans la pénombre, tandis que la bande-son sera probante avec une partition musicale adaptée et renforçant le climat du métrage, celui-ci étant proposé dans sa version française et dans sa version originale anglaise sous-titrée.
Au niveau des bonus, seule la bande-annonce accompagnée par celles d'autres titres de l'éditeur sera disponible pour prolonger la vision du métrage.

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07.12.09

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : La route
Réalisateur : John Hillcoat
Durée du film : 1h59
Date de sortie du film : 2 décembre 2009

Avec : Viggo Mortensen, Kodi Smit-McPhee, Guy Pearce, Charlize Theron, Robert Duvall, etc.


Par Nicofeel

Réalisé par l'excellent John Hillcoat, auteur en 2005 d'un très beau western crépusculaire avec The proposition, La route est une adaptation du roman éponyme de Cormac McCarthy.
La route est un film d'anticipation post-apocalyptique. On apprend qu'un éclair a créé un véritable chaos sur Terre. L'action se situe dix ans après le changement brutal de la Terre.
Première grande qualité du film : les décors. On a vraiment l'impression d'être dans un monde dévasté où la vie a quasiment disparu partout. Le soleil n'arrive plus à passer car il est obstrué par des nuages de cendres. La vie a quasiment disparu à la surface de la Terre. Il n'y a plus d'animaux et les plantes se meurent. Ainsi, à plusieurs reprises on voit des arbres qui se dessèchent et qui tombent. Et puis, il y a à plusieurs reprises des secousses sismiques qui sont là pour indiquer que ce monde est vraiment proche de sa fin.

Doté d'un très belle photographie et d'une image qui a forcément été travaillée (on pense à une couleur sépia qui accroît le côté sombre du film), La route dégage dès les premiers instants une atmosphère particulière. On sait dès le début que l'on va assister à un film très sérieux qui va poser un regard pessimiste sur l'avenir de l'Homme.
Dans un monde dévasté, John Hillcoat raconte le voyage d'un père (interprété par un Viggo Mortensen au jeu très juste) et de son fils de dix ans (interprété par un Kodi Smit-McPhee particulièrement émouvant), qui décident de rejoindre l'océan en passant par la route.
Le côté dramatique du film est renforcé par la musique expérimentale et particulièrement dépressive de Nick Cave, qui signe une nouvelle fois la BO d'un film de John Hillcoat.
Doté d'un rythme assez lent, La route pourra rebuter certains spectateurs qui pourraient avoir le sentiment de voir souvent les mêmes scènes. Mais cela serait pourtant largement réducteur. Comme dans son précédent film, John Hillcoat refuse le spectaculaire et offre au contraire un film où est lié au psychologique.

Ainsi, le film privilégie la relation entre ce père et son fils. Le premier, désabusé par ce monde qui s'écroule et par la réaction des survivants qui sont quasiment tous devenus des personnages sanguinaires, cannibales, ou encore des voleurs, cherche coûte que coûte à défendre son fils dans cet environnement où la survie est une difficulté de tous les instants. Le second, à savoir le fils, aime son père mais reste le personnage qui garde un espoir en l'homme. Il n'hésite pas à donner une boîte de conserve (chose devenue rare et convoitée) ou à solliciter son père pour qu'il fasse preuve de plus de mansuétude.

Si La route est un film d'une grande sensibilité qui en fera pleurer plus d'un un dans ses dernières scènes, c'est bien en raison de la complicité qui unit les acteurs jouant le père et le fils. Et puis il y a aussi ces très beaux flashbacks où le personnage du père se rappelle les moments heureux vécus avec sa femme ou encore la disparition brutale de sa femme.
Toujours très juste dans son ton, La route livre une réflexion intéressante sur une possible évolution de notre monde, si l'on continue à le souiller sur le plan environnemental. Le film montre également de façon très réaliste que dans une situation dramatique, l'homme devient un loup pour l'homme. Il n'y a finalement plus que la survie qui compte.
Le film réserve quelques très belles scènes, comme ce moment où le père et le fils découvrent une sorte de refuge rempli de nourriture. Ils réussissent enfin à manger à leur faim. C'est une sorte d'interlude. Car la suite sera beaucoup plus difficile.

Dans ce monde post-apocalyptique, il est bien difficile de survivre et le périple vécu par ce père qui est de plus en plus malade sur le plan physique a de quoi émouvoir le spectateur. Très pessimiste sur l'avenir de notre monde et sur l'avenir de l'homme, La route réserve cependant un vrai message d'espoir dans sa dernière scène et dans ses derniers moments. La présence de personnages bons et d'enfants est là pour signifier que tout n'est pas fini et qu'un espoir, même mince, demeure.
Voilà en tout cas un beau film qui bénéficie d'excellents acteurs, d'une photographie très réaliste, d'une bande son qui colle à la peau du film et d'un scénario qui adapte le roman à succès de Cormac McCarthy. A voir évidemment.

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04.12.09

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Liberi armati pericolosi

Ce sera à partir d’un scénario du grand Fernando Di Leo que le réalisateur italien Romolo Guerrieri va nous livrer avec ce Liberi, armati, pericolosi (traduit chez nous en Jeunes, désespérés, violents) un "poliziotesco" âpre, violent et quelque peu moralisateur pour suivre la cavale de trois petits truands ayant du jour au lendemain sombré dans la violence jusqu'à atteindre le point de non-retour.
Le script va donc suivre l'équipée sauvage de trois jeunes gens de bonne famille lâchés dans Milan où ils vont multiplier les agressions sanglantes et mortelles, tandis que la police locale et le commissaire chargé de l'enquête vont chercher à arrêter le massacre.

Liberi armati pericolosiDans sa séquence introductive, le métrage va commencer par mettre en scène Lea, une demoiselle s'étant rendue à la police pour prévenir le commissaire que son petit ami et deux de ses camarades projettent de braquer une station-service avec des armes en plastiques. D'abord sceptique, le commissaire va finir par prendre note des noms et adresses des trois lascars, permettant ainsi au réalisateur de nous les présenter en même temps, nous laissant découvrir trois jeunes gens à la normalité et à l'insouciance presque innocente, avec d'abord Luis, le petit ami de Lea, plus réservé et timide que Giovanni, surnommé "Joe" qui aura un comportement bien plus exubérant et balancera des vannes à tout bout de champ pour alors se mettre à rigoler comme un fou, tandis que le troisième, appelé "Blondie" aura un semblant d'ascendant sur les deux autres et paraîtra plus froid et déterminé.

Liberi armati pericolosiEn parallèle, l'intrigue laissera des inspecteurs se rendre chez les parents de chacun d'eux pour nous laisser appréhender leurs origines confortables, tandis que les préparatifs de ce braquage vont se mettre en place, aussi bien chez les jeunes qui vont voler une voiture que chez les policiers ayant prévenu le pompiste et investi le terrain pour arrêter ceux qu'ils pensent être d'aimables plaisantins avec leurs pistolets en plastique. Mais voilà, lorsque "Blondie" va se présenter devant le pompiste et braquer son arme, celui-ci ne va pas vouloir donner l'argent et toisera même "blondie" en se moquant de son pistolet en plastique qui n'en sera pas puisque "Blondie" va faire feu et tuer l'homme, surprenant ainsi aisément par cet acte violent de sang-froid qui tranchera avec la nonchalance qui accompagnait ces protagonistes jusque-là et déclenchant une fusillade qui laissera à terre trois policiers tandis que le trio va réussir à prendre la fuite.

Liberi armati pericolosiCe sera le début d'une journée de cavale sanglante dans Milan et ses faubourgs, au cours de laquelle les fuyards vont s'amuser avec une certaine gratuité à multiplier les actes de violence avec attaque de banque et même d'une grande surface alimentaire pour y semer la terreur, course-poursuite avec la police, obligeant même Lea à les suivre contre son gré dans leur fuite qui se terminera à pied dans la campagne italienne jusqu'au final qui marquera par son état d'esprit désespéré et nihiliste mais somme toute logique puisque ce sera dans une impasse mortelle que se sera engagé la petite bande depuis l'attaque mortelle de la station-service.

Liberi armati pericolosiBien entendu le métrage mettra régulièrement en avant une action sans cesse renouvelée dans ses situations pour suivre la folle cavale du trio avec notamment cette très longue course-poursuite avec la police qui arrivera sans mal à tenir en haleine sur la longueur, mais aussi pour suivre les actions violentes de ces jeunes qui vont par exemple braquer une banque pour ensuite distribuer l'argent récoltée en le balançant sur les badauds d'un marché, ce qui dénotera bien de leur état d'esprit insouciant et ne se rendant pas encore vraiment compte de leur situation dramatique, puisque seul Luis semblera être mis mal à l'aise par cette violence à laquelle il ne participera pas directement en restant au volant des différentes voitures volées qu'ils vont emprunter pour fuir.

Liberi armati pericolosiCes scènes de violence marqueront aussi la gratuité des actes des trois jeunes gens, qui vont par exemple rejoindre une autre bande pour s'allier avec eux le temps d'une orgie dans une maison qui prendra une connotation sexuelle quelque peu déviante et surtout pour braquer en nombre ce supermarché en terrorisant les clients inutilement avec ces rafales tirées en l'air ou sur les produits disponibles à la vente. Ce sera d'ailleurs à l'issue de ce casse que la détermination froide et perfide de "Blondie" sera révélée au grand jour pour ce personnage n'hésitant pas à tuer sans motif réel, de sang-froid et pourquoi pas même en tirant dans le dos, ce qui tranchera bien évidemment avec l'aspect folingue de "Joe" qui lui rira de tout et semblera s'amuser comme un petit fou de cette cavale sans issue.

Liberi armati pericolosiMais en face d'eux nous trouverons ce commissaire à l'attitude ambiguë puisqu'il cherchera longuement dans un premier temps à sauver les jeunes d'eux-mêmes avant de demander à ce que Lea soit épargnée, mais ce sera surtout au travers de ce personnage que la morale du film se mettre en place de manière franche et déclarée lors d'une séquence au cours de laquelle il va fustiger les parents de trois malfaiteurs assis en face de lui en mettant en avant leur responsabilité dans les faits par le peu d'intérêt porté à leurs enfants qui aura conduit ceux dans la délinquance et la violence. Cette morale évidente viendra quelque peu éclairer le spectateur sur les raisons et les motifs de l'excès de violence et de sauvagerie du trio, amis sans pour autant les excuser comme l'issue finale le démontrera de façon franche et directe.

Liberi armati pericolosiLe réalisateur Romolo Guerrieri ne laissera aucun répit à son spectateur pour enchaîner sans temps mort les situations et rebondissements qui n'oublieront pas au passage de nous réserver quelques effets de surprise percutants dans le déchaînement de violence qui accompagnera l'intrigue pour adopter une mise en scène largement adaptée qui suivra de près l'action tout en n'oubliant pas de s'intéresser à ses personnages qui seront ici bien travaillés grâce à des personnalités fouillées qui laisseront se mettre à nu les sentiments de chacun pour ainsi par exemple renseigner la relation trouble et ambiguë entretenu par Luis et "Blondie", comme le mettra en avant Lea lors d'une intervention remarquée. L'interprétation sera ici largement convaincante, portée par trois jeunes acteurs impliqués, tandis que Tomas Milian apportera son savoir-faire pour une fois toute en retenue dans le rôle du commissaire, laissant la charmante Eleonora Giorgi exposer son charme indéniable.

Donc, ce Liberi, armati, pericolosi parviendra sans mal à embarquer son spectateur dans ce périple sanglant largement prenant, aussi bien tendu qu'épisodiquement souriant par l'insouciance de ces jeunes meurtriers et jouissif dans ce déferlement de violence, sans oublier pour autant de nous livrer une certaine morale qui pointera le doigt sur certains comportements parentaux !

Liberi armati pericolosiLe DVD de zone 2 italien édité par Raro Video avancera une image nette et ne connaissant pas de défaut visible, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale dynamique et collant bien aux thèmes du film, celui-ci étant ici proposé dans sa version originale italienne, avec des sous-titres anglais optionnels, ainsi que dans sa version anglaise.
Au niveau des bonus, on pourra consulter la biographie/filmographie du réalisateur, mais surtout suivre un très intéressant documentaire qui laissera le réalisateur revenir brièvement sur sa carrière et surtout sur le métrage au travers d'anecdotes sur le tournage, sa relation avec Tomas Milian ou encore la perception des critiques ou encore l'accueil que le public à réservé au film.

Pour ceux qui voudraient rencontrer ces jeunes délinquants meurtriers, le DVD de zone 2 italien est disponible ici ou !

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07:30:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Bien que ce ne soit pas encore Noël, les éditeurs DVD nous ont réservé quelques bonnes surprises ce mois-ci, en mettant par exemple le cinéma de genre tricolore à l’honneur avec non moins de trois nouveautés, tandis que les ressorties se poursuivent, aussi bien en DVD qu’en Blu-ray et que quelques inédits sympathiques et autres titres sortis en salles vont venir étoffer les possibilités de découvertes.

Seven 7 nous aura ainsi gratifié ce mois-ci d’une Nième ressortie du Maniac de William Lustig, pour ceux qui ne connaissaient pas encore ce classique du gore sordide des années quatre-vingt, tout en offrant sa chance au Repo ! The genetic opera de Darren LynnBousman, le transfuge de la saga Saw qui changera ici de registre, pour en plus nous proposer le remake de Meurtres à la Saint-Valentin, qui s’annonce quand même assez saignant en plus d’utiliser le relief, dans plusieurs éditions, avec au choix uniquement la version en 2D, ou celle comportant la 2D et la 3D (qui apparemment serait indigeste…) et enfin le Blu-ray qui proposera également les deux versions du film.

Trop occupé à nous bassiner avec de nouvelles éditions de la saga de Harry Potter, Warner Home Video n’a mis en vente en novembre que la première saison de la série True blood et ses vampires intégrés parmi les vivants.

Par contre, CTV fait le forcing en sortant notamment le Mutants de notre compatriote David Morlet qui signera là une belle réussite, tandis que l’intriguant Acolytes et Hush, en route vers l’enfer qui semblerait valoir largement que l’on s’y attarde, connaîtront directement une sortie en DVD pour deux inédits alléchants.

Toujours préoccupé à rentabiliser son catalogue, Opening donnera une seconde chance à deux de ses titres asiatiques avec Spirits et ses fantômes vietnamiens et le dispensable The wig et sa perruque hantée. En profitant de la ressortie de quelques uns des Hellraiser par Europa le mois dernier, l’éditeur tentera de nous refourguer à nouveau Hellraiser 3. Enfin, un seul inédit à se mettre sous la dent pour l’éditeur avec Autumn (fin du monde) viendra quant à lui nous offrir des morts-vivants, mais dans un monde post-apocalyptique, mais pour un résultat hélas pas foncièrement convaincant en recopiant des situations au fort goût de déjà-vu. Mais la bonne nouvelle pour les possesseurs d’un lecteur Blu-ray sera la parution du classique de George A. Romero, Zombie, un autre classique enfin disponible dans ce format.

Profitant avec un opportuniste douteux de l’actualité, Action & communication retitrera le Virus undead des allemands Wolf Wolff (bonjour le pseudo !) et Ohmuthi en Virus H13N1 et ses oiseaux contaminés qui vont bien entendu s’attaquer aux humains pour les transformer en créatures sanguinaires !

M6 Vidéo nous permettra de découvrir l’adaptation tardive du jeu de rôles Mutant chronicles qui offrirait un bilan mitigé avec une violence certes bien présente dans un univers fascinant mais quelque peu plombé par un script calibré et léger. Mais ce sera surtout l’édition en DVD et en Blu-ray du controversé Antichrist de Lars Von Trier qui retiendra l’attention pour un film "autre" foncièrement troublant.

De son côté Sony Pictures capitalisera surtout sur la sortie de Terminator renaissance en DVD et en Blu-ray qui réussira à faire oublier l'absence d'Arnold Schwarzenegger en faisant preuve d'une belle capacité d'innovation. L'éditeur en profitera pour nous proposer un coffret regroupant les quatre films de la franchise.

Elephant Films se contentera ce mois-ci de deux inédits anecdotiques avec The visitation et son prophète douteux et La possession de Paul Twist qui avancera un James Van Der Beek (le héros de la série Dawson tombé bien bas) en écrivain perdu entre réalité et fiction.

Le vertige, autre réussite française de l'année avec son périple en haute montagne qui tournera mal, a été édité par Gaumont, tandis que Wild side nous propose le cronenbergien Ne te retournes pas, laissant à UGC le soin de mettre en vente Millénium.

Enfin, Emylia après nous avoir délaissé le mois dernier, revient en force avec trois nouveaux titres, le "slasher" 7eventy 5ive et son psychopathe joueur et sanguinaire, mais également pour un autre Mutants qui s'annonce assez sanglant et bénéficiant de la présence de Michael Ironside, et surtout l'excellent Godspeed oeuvrant sur le thème de la vengeance de manière hors du commun et immersif jusqu'à devenir douloureux.

Donc, si nous avons eu de quoi faire nos emplettes horrifiques et fantastiques ce mois-ci, le rendez-vous est d'ores et déjà pris pour le mois prochain, déjà prometteur grâce à plusieurs titres attendus avec impatience !




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True Blood : Saison 1

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Mutants (2009)

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Hush : En route vers l'enfer

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Spirits (2004)

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Autumn (Fin du monde)

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Zombie (1978) (Blu-ray)

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Mutant chronicles

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Antichrist

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Antichrist (Blu-ray)

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Terminator 4 : Renaissance

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Vertige

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Ne te retourne pas

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03.12.09

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The limits of control
Réalisateur : Jim Jarmusch
Durée du film : 1h56
Date de sortie du film : 2 décembre 2009

Avec : Isaach de Bankolé (le solitaire), Alex Descas, Jean-François Stévenin, Tilda Swinton, John Hurt, Gael Garcia Bernal, Hiam Abbass, Bill Murray, etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Jim Jarmusch qui a manqué de peu la Palme d'Or avec le road movie Broken flowers, The limits of control est sans nul doute un des films les plus étranges de son auteur.
On se retrouve avec un personnage, qui ne sera jamais clairement identitié (on l'appelle par commodité le solitaire) qui voyage en Espagne, et notamment à Madrid. On ne sait pas pourquoi cet homme est là et quelles sont ses motivations.
Ce personnage principal agit de manière bizarre. Par exemple, à plusieurs reprises, il décide de commander dans un bar deux expresso dans deux tasses séparées.
A différents moments du film, on voir le solitaire en train de s'adonner à une sorte de méditation qui pourrait rappeler le tai-chi.
De manière régulière, le solitaire se rend au musée de la reine Sofia à Madrid pour y contempler des tableaux. Sur le troisième tableau qu'il voit, qui représente une ville, il est littéralement absorbé par le tableau. Il souffre du même maux que le personnage joué par Asia Argento dans le syndrome de Stendhal.

Le film The limits of control est un véritable trip sensoriel, soutenu par une musique expérimentale qui accroît létrangeté de ce long métrage. A la manière d'une oeuvre de David Lynch, le film devient un véritable jeu de pistes. Le solitaire est ainsi amené à rencontrer différentes personnes, qu'il reconnaît parce qu'elles ont une boîte d'allumettes « Le boxeur » et elles signalent à chaque fois le même code : « Vous ne parlez pas l'espagnol, n'est-ce pas ? ».

Au départ assez intriguant, le film perd à mon avis beaucoup de son intérêt par la suite. Les scènes avec le principal protagoniste sont assez redondantes et c'est toujours de la même façon que l'on voit de nouveaux personnages. Le film a beau bénéficier de la présence d'acteurs solides tels que Hiam Abbas, Tilda Swinton, Jean-François Stévenin, John Hurt ou encore Gael Garcia Bernal, le spectateur peut trouver le temps très long s'il ne rentre pas dans le trip de Jim Jarmusch.
Alors on comprend bien que le film est une réflexion sur l'univers mental de son principal protagoniste. Comme le dit si bien Gael Garcia Bernal qui évoque sur le sujet des reflets, « rien n'est vrai ». Cette réflexion entre les éléments fantasmés ou les éléments réellement vécus ou les citations telles que « Celui qui se croît plus grand les autres va au cimetière » (citation que l'on retrouve à plusieurs reprises dans le film dans la bouche de différents personnages) n'aident pas vraiment le spectateur qui peut se sentir un peu seul et aura bien du mal à recoller les morceaux du film.
Vers la fin du film, on voit bien que l'on est dans un univers mental puisque le solitaire, qui se trouve devant une base isolée, gardée par des barbebés et par des militaires, arrive en un quart de seconde à rentrer à l'intérieur de cet endroit.

Ce film reste à mon sens une véritable énigme. Il est difficile de savoir quoi en penser. Son principal personnage, le solitaire, rappelle par son jeu Le samouraï de Jean-Pierre Melville. Mais autant le film de Melville restait dans une certaine rationalité, autant le film de Jarmusch a de quoi laisser dubitatif.
Cette sorte de quête qui se termine par un meurtre, comme si c'était tout bonnement le travail de notre solitaire, est bien longue à se mettre en route et finalement on ne sait pas qui est précisément ce personnage et pourquoi il agit ainsi.

Plusieurs choses demeurent inexpliquées et inexplicables, comme cette jolie petite brunette à lunettes qui est véritablement offerte à notre solitaire. Ce dernier se contente de dormir à ses côtés.
Oeuvrant dans un cinéma proche de l'expérimental, Jim Jarmusch va probablement en décevoir plus d'un avec ce The limits of control qui a de quoi décontenancer. Le cinéaste américain, adepte de différents arts, est arrivé à un point de non retour. Gageons que ces prochains gagnent en clarté car là son film est tout de même bien difficile à saisir, et il n'a pas (à mon sens) le côté envoûtant des oeuvres d'un David Lynch.
C'est dommage car la mise en scène est réussie, la BO est marquante et la distribution est impeccable.

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07:40:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Godspeed

C'est suite à la rencontre sur le tournage du sympathique The Hamiltons que les acteurs Joseph McKelheer et Cory Knauf, désireux de retravailler ensemble vont écrire le script de ce Godspeed, bientôt rejoints par le réalisateur Robert Saitzyk, pour revenir sur le thème de la vengeance qui sera ici couplée à une étude immersif des protagonistes tout en ne négligeant pas d'amener son spectateur à la réflexion. C'est directement en DVD que le métrage s'est vu offrir sa chance chez nous depuis le 20 novembre dernier, grâce à l'éditeur Emylia pour un autre de ces inédits valant largement d'être découverts.

Godspeed

Le script va laisser un guérisseur évangéliste détruit par l'assassinat sauvage de sa famille se retrouver face aux meurtriers pour ce qui sera l'aboutissement de sa rencontre avec une jeune femme amoureuse de lui. Son désir de vengeance pourra-t-il être consommé dans un contexte bien particulier ?

Godspeed

Bien que se servant d'un thème classique, le métrage va surtout dans un premier temps s'intéresser à ses protagonistes, créant aussi bien une empathie surprenante à la vue du caractère d'anti-héros du personnage principal dans sa présentation, pour ainsi immerger complètement le spectateur dans l'intrigue afin de mieux le surprendre ensuite lors d'une seconde partie tendue, douloureuse et brutale, mais sans que la violence n'apparaisse comme une fin en soi pour au contraire servir les situations fortes et prenantes qui vont transpercer les protagonistes, alors que le réalisateur n'hésitera pas non plus à présenter l'évangélisme sous un jour pas forcément reluisant et que l'issue du métrage s'offrira comme une base de réflexion qui pourra continuer à perturber bien après le générique, faisant du film une excellente surprise qui méritera assurément le détour !

Godspeed

Le DVD de zone 2 édité par Emylia avancera une image en 2.35 (16/9 anamorphique), tandis que le bande-son sera disponible en DD5.1 ainsi qu'en DTS pour la version française, et en DD5.1 pour la version anglaise sous-titrée en français.
Par contre au niveau des bonus, il faudra se contenter de la bande-annonce du film en VO, accompagnée par celles d'autres titres de l'éditeur !

Godspeed

Donc, depuis le 20 novembre, il est possible de se frotter à cette vengeance immersive et sortant des sentiers battus pour mieux cueillir littéralement son spectateur !

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02.12.09

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Rapt
Réalisateur : Lucas Belvaux
Durée du film : 2h05
Date de sortie du film : 18 novembre 2009

Avec : Yvan Attal (Stanislas Graff), Anne Consigny (Françoise Graff), André Marcon (André Peyrac), Françoise Fabian (Marjorie), Alex Descas (Maître Walser), Michel Voïta (le commissaire Paoli).

Par Nicofeel

Après La raison du plus faible, un film très ancré sur le plan social, Lucas Belvaux a décidé de remettre le couvert. Voilà à nouveau la description de vies brisées. Que ce soit chez les petites gens ou chez les personnalités les plus en vue de notre pays, Lucas Belvaux montre que le malheur peut nous guetter à chaque coin de rue.
Comme pour La raison du plus faible, Rapt est un film tiré d'un fait divers. Ici, Lucas Belvaux s'inspire librement de l'enlèvement du baron Empain. Mais comme le signale à juste titre le réalisateur, il ne s'agit pas de l'histoire du baron Empain mais bien de Stanislas Graff, un riche chef d'entreprise français.

Le film se révèle être un excellent drame qui montre que la vie d'un homme, ici Stanislas Graff , peut basculer en quelques secondes (lors du fameux enlèvement) et que les difficultés ne s'achèvent pas à la libération. En effet, le retour à la vie normale n'est pas des plus aisées. Yvan Attal, qui interprète le rôle de Stanislas Graff n'a jamais été aussi bon. Il joue à merveille le rôle de cet homme de pouvoir qui du jour au lendemain va tout perdre. Non seulement il va être enlevé, va perdre un doigt lors de sa captivité mais son cauchemar ne s'achève pas là. Et c'est sans nul doute une des grandes forces du film de Lucas Belvaux. Il aurait pu décider d'achever son film à la libération de Stanislas Graff.

Mais non, le cinéaste, très engagé sur le plan social, va loin dans sa démonstration. Il signale clairement que cet enlèvement va coûter cher à tout point de vue. D'abord, on pourra faire un parallèle avec le précédent film de Lucas Belvaux, à savoir La raison du plus faible. Comme dans ce dernier, l'argent est au centre de toutes les préoccupations. Et que l'on soit pauvre ou riche (ou en tout cas considéré comme tel), l'argent vient à manquer. Les tractations pour réussir à faire sortir Stanislas Graff de sa captivité sont d'autant moins aisées que la somme demandée dépasse la fortune estimée de cet homme. Cela permet d'ailleurs à Lucas Belvaux de mener son intrigue comme une sorte de polar avec une tension permanente. Son film est prenant, avec une petite musique qui accroît le côté tendu de la situation.

Dans le même temps, Lucas Belvaux dresse le portrait de cet homme qui va être lynché par les médias, le peuple français et sa famille lorsque les activités secrètes de Stanislas Graff vont être connues (des dépenses pharaoniques dans des jeux au casino ou dans des soirées entre « amis » ou des relations avec plusieurs maîtresses). On comprend dès lors pourquoi le retour à la vie quotidienne est rude. Après l'enfer de la captivité, le retour à la vie normale n'est pas plus facile. Stanislas Graff n'est plus le bienvenu dans sa famille et son image, ternie par les révélations de cette affaire, l'obligent à démissionner de son poste de PDG. Comme un symbole, la seule personne avec qui traîne Stanislas Graff est son chien.

Comme dit précédemment, le film de Lucas Belvaux vaut aussi pour son côté polar. De ce point de vue, on appréciera particulièrement la captivité à l'issue incertaine. La minutie des actes des kidnappeurs est également intéressante à voir. On saisit vite que les ravisseurs sont des professionnels et que la police, malgré des moyens mis en oeuvre très importants sur le plan matériel et humain, aura bien du mal à faire déjouer les plans des kidnappeurs. Le film fait très réaliste et jusqu'à la fin, on se demande bien ce qui va arriver. On constatera enfin que Lucas Belvaux a l'intelligence de ne jamais révéler l'identité des kidnappeurs. On pourra à cette occasion supposer ce que l'on veut : le rapt peut venir du vice-président de la société de Stanislas Graff ou encore d'actionnaires importants du groupe qui souhaitent racheter à bas prix des actions de la société. Toutes les hypothèses demeurent plausibles.

Rapt a enfin le mérite de bénéficier d'une mise en scène classique mais dynamique. Le rythme du film est bon, on ne s'ennuie pas une seconde. Ceci est probablement dû, outre l'excellence de la mise en scène, à une intrigue particulièrement bien élaborée, à une musique qui colle parfaitement au film et à des acteurs de grande classe.

A cet égard, signalons entre autres les très bonnes performances d'acteurs comme Anne Consigny (qui joue l'épouse aimante puis désabusée de Stanislas Graff), Françoise Fabian (dans le rôle de la mère calculatrice) ou encore André Marcon (qui joue le vice-président aux dents longues).
Rapt est donc un film à voir indiscutablement.

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01.12.09

07:35:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Paranormal activity
Réalisateur : Oren Peli
Durée du film : 1h26
Date de sortie du film : 2 décembre 2009 (vu en avant première)

Avec : Katie Featherston (Katie), Micah Sloat (Micah), Amber Armstrong (une voisine), Mark Fredrichs (le médium).

Par Nicofeel

Paranormal activity ou comment s'en mettre plein les poches à partir d'un budget ridicule. Nanti d'un budget de 1500O dollars, Paranormal activity est à base un film fait avec la collaboration d'amis du réalisateur Oren Peli. Bénéficiant d'un incroyable buzz sur le Net, le film a alors eu droit au Etats-Unis d'une sortie en salles. Et des dizaines de millions de dollars ont été rapportées en quelques jours... Voilà pour l'historique du film.

Un succès qui n'est pas sans rappeler celui d'un certain projet Blair witch. Si les deux films ont comme point commun le fait d'avoir été tourné en vidéo « amateur » et d'avoir comme sujet de base une vidéo qui aurait été retrouvé, le parallèle entre ces deux longs métrages s'arrête là.
Car Paranormal activity joue clairement pour sa part dans un registre horrifique très codifié, celui la maison hantée. Et même précisément de l'esprit maléfique.

Si les deux protagonistes principaux du film, Katie et Micah (ils interprètent leurs propres rôles à l'écran) doivent faire face à des événements inexpliqués, c'est avant tout en raison d'un esprit, d'une chose, d'un démon (on ne saura jamais précisément) qui poursuit Katie. Cette dernière a déjà vu sa première maison brûler en raison d'événements étranges. C'est donc cette chose qui la poursuit et en a après elle.
Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'avec quelques bouts de ficelle, le réalisateur Oren Peli réussit le tour de force d'intéresser son spectateur. Le moindre dollar qui a été utilisé pour le film se voit à l'écran. Dans le genre utilisation de système, on a trouvé un cinéaste particulièrement intelligent.

Il a d'abord choisi délibérément de diviser son film en différents chapitres qui nous ramènent à différents jours, et principalement différentes soirées, où l'on va assister à la succession de moments pour le moins étranges.
En prenant le parti de nous montrer toujours le couple principal du film et leur environnement de base (la chambre à l'étage qui est toujours ouverte), on a souvent l'impression qu'une menace guette Katie et Micah. En utilisant des ressorts bien connus du fantastique, Paranormal activity fait son effet. Ainsi, on peut tressaillir juste en voyant une porte bouger, en entendant des bruits bizarres, en assistant à l'existence de pas étrangers (après que le jeune Micah ait mis du talc par terre) ou en regardant une ombre non familière.

Plus l'intrigue (qui est réduite à son strict minimum, ce qui n'est pas un mal) avance, plus on comprend que la menace est proche et devient de plus en plus dangereuse pour le jeune couple.
Le film n'est pas sans rappeler un certain L'exorciste avec la vidéo qui nous montre une femme qui est possédée ou avec tout simplement le personnage de Katie qui est amenée à faire des gestes qu'elle ne contrôle pas et dont elle ne se souvient pas. La fin du film est à cet égard symptomatique de cet état de fait. Une fin glaçante et sans concession.

Le crescendo des scènes vaut également le détour. Encore une fois, avec peu de choses le réalisateur obtient un résultat très probant. On reste interloqué en voyant une photo de Katie jeune, que son petit ami Micah aura récupéré dans un grenier. Car cette photo, Katie est censée avoir brûlée dans le premier appartement de Katie...
La part de mystère qui entoure tout cela donne une vraie tension au métrage. Dans le même ordre d'idée, on appréciera l'existence de la planche de ouija qui se met à fonctionner toute seule, une fois que le couple n'est plus là. Et voir la planche de ouija se mettre à brûler amène également le spectateur à s'interroger.

Pour autant, Paranormal activity n'est pas le film du siècle. Son micro budget s'en ressent tout de même. Ce huis clos est appréciable dans l'ensemble, mais les scènes sont tout de même bien redondantes. Mais surtout, dans la mesure où ce film joue clairement sur un effet de surprise, il semble qu'à la revoyure, il aura perdu une grande partie de son intérêt.
Cela dit, Paranormal activity reste un film d'horreur demeure un film d'horreur plus que correct qui joue le jeu du film sérieux et qui est relativement crédible (malgré les choses incroyables qu'il tente de nous faire croire !) grâce à des effets astucieux et au jeu très naturel de ses acteurs principaux. Voilà le parfait film à voir seul le soir !

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07:30:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

par Nicore

1942

Tourné entièrement en Malaisie par Kelvin Tong, un des réalisateurs les plus en vue de Singapour, ce 1942 se permettra de mélanger les genres de manière parfaitement huilée et convaincante pour réussir ce que le pourtant plus connu R-Point n’arrivait pas à obtenir, à savoir un mélange harmonieux de fantastique et de film du guerre sans pour autant devenir lourd ou trop prévisible, tout en étant en plus porté par un esthétisme remarquable et sans renier un sens de l’humour absurde.
Le script va isoler cinq soldats japonais en pleine jungle malaisienne suite à un bombardement ennemi, pour les laisser se rendre compte qu’ils sont bel et bien perdus, alors qu’en plus des événements étranges et surnaturels vont survenir pour troubler leur perception.

1942Après une série d’images épileptiques intrigantes, le métrage va donc agencer ce bombardement visant cette 6ème compagnie japonaise mais qui ne sera que très brièvement visualisé pour plutôt s’intéresser à la fuite d’un soldat, Fuji, qui va tomber sur une caméra à laquelle un moignon sera encore accroché, ce qui ne l’empêchera pas de s’en emparer avant de continuer sa route pour rapidement rencontrer un autre fantassin, Sato, qui va d’abord le prendre pour un espion et donc l’humilier quelque peu, bientôt arrêté par l’arrivée de deux autres militaires, Goto, le radio qui amènera avec lui le capitaine Tanaka, blessé sérieusement au ventre. Mais alors qu’un chant étrange va résonner dans la jungle, un dernier personnage va faire son apparition, Suzuki, lui aussi appartenant à la 6ème compagnie et qui semblera complètement terrifié, voir frappé de folie, en disant être poursuivi par le fantôme d’une femme chantante.

1942Cette mise en condition des personnages restera quand même quelque peu confuse en première intention pour peu à peu laisser chacun prendre sa place au sein de ce petit groupe qui partira bientôt à la recherche de sa compagnie pour d’abord traverser de manière rocambolesque une rivière (avec le capitaine sur un radeau et Suzuki, toujours aussi affolé et en plus ne sachant pas nager), puis une autre, pour finalement se rendre compte qu’ils tournent en rond, malgré la présence d’une carte détaillée du secteur. Mais ce ne sera pas le seul élément inquiétant puisque Fuji aura plusieurs visions furtives de soldats apparaissant et disparaissant non loin d’eux, tandis que ce fantôme féminin semblera également les suivre de près.

1942Heureusement, alors que l’on pouvait craindre un enlisement de l’intrigue une fois la situation précaire du groupe bien agencée, le métrage saura rebondir en proposant des rebondissements réguliers et des événements aussi cohérents que prenants (la mine antipersonnelle, les sables mouvants) pour ainsi justifier d’un suspense qui sera encore accru par la présence de ce fantôme dont les apparitions sporadiques demeureront aléatoires et donc d’autant plus impactantes, confinant de fait l’ambiance étrange qui entourera l’ensemble du film, avec cet élément fantastique diffus qui parviendra même à sévèrement cueillir le spectateur avec des trouvailles surprenantes (la présentation de chacun devant la caméra qui nous réservera une belle surprise, par exemple).

1942Mais l’intrigue n’oubliera pas pour autant ses protagonistes, dont nous apprendrons à faire progressivement leur connaissance jusqu’à même réussir le tour de force dans un tel contexte de les rendre attachants en créant empathie lors d’une onirique et remarquable séquence de repas imaginaire qui saura émouvoir par sa mélancolie et atteindre une ampleur dramatique réelle qui ne sera pas franchement contrariée plus tard par un dernier acte qui s’amusera à déflorer progressivement la révélation finale qui tout en n’étant pas foncièrement originale aura le mérite d’être amenée de façon singulière tout en expliquant pleinement les événements l’ayant précédée et ces petits détails récurrents qui trouveront une justification cohérente.

1942Le réalisateur arrivera au sein de son intrigue millimétrée à harmoniser les différents aspects de l’intrigue, versant par moments dans le film de guerre pur avec ces séquences tendues d’observation et de traversée de cette jungle pouvant cacher des ennemies aussi bien au milieu des herbes hautes que derrière le moindre arbre touffu, tandis que la partie fantastique viendra s’acclimater du contexte global pour mieux tirer son épingle du jeu, avec les apparitions de cette femme spectrale, même si par moments les situations pourront largement évoquer Le projet Blair Witch et ses protagonistes tournant en rond malgré leur carte des lieux, mais le rapprochement s’arrêtera là malgré la présence de cette caméra qui servira épisodiquement à Fuji pour filmer ses camarades et les alentours (pour nous destiner quelques petites surprises récurrentes). Et enfin dans sa première partie le métrage reprendra également à son compte des éléments du "film de jungle" (le radeau, les sangsues).

1942Le métrage pourra également compter sur un humour flirtant avec l'absurde pour adopter un côté souriant non négligeable avec notamment ce Suzuki bien foldingue qui distillera ses dialogues et des mimiques décalées qui, sans heureusement venir ternir le suspense ou la tension omniprésente ou amoindrir le sentiment d'étrangeté qui englobera l'ensemble du film, apporteront un vent de folie appréciable à la première partie du métrage, pour ensuite laisser une atmosphère plus sérieuse venir s'étendre sur l'intrigue et imprégner d'une aura spectrale les événements (la découverte des tombes).

1942L'interprétation sera ici largement convaincante pour donner une impression de naturel rarement démentie (avec juste ce Suzuki quand même aux réactions parfois improbables), tandis que la mise en scène de Kelvin Tong sera efficace pour apporter à l'ambiance du métrage, tout en suivant l'action de près et en magnifiant les décors naturels malaisiens, sans oublier sa capacité à réussir ses effets de surprise et autres moments de tension qui resteront effectifs et même parfois percutants. Les quelques effets spéciaux seront probants bien que l'ensemble ne cherchera pas vraiment à être sanglant, même si les gros plans sur la blessure du capitaine seront peu ragoûtants.

Donc, ce 1942 réussira son pari pourtant risqué en mêlant de manière efficace, prenante et empreinte d'un sentiment d'étrangeté ses différents éléments pour ainsi plonger son spectateur dans cet enfer vert surprenant à plus d'un titre !

1942Le DVD de zone 2 édité par Emylia avancera une image nette et sans défaut visible, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale certes discrète mais partie prenante aux temps forts du film, qui sera proposé dans sa version originale japonaise avec des sous-titres optionnels en français.
Au niveau des bonus, on pourra consulter une conséquente galerie de photos du film, ainsi qu'une autre galerie de clichés, cette fois-ci dédié au tournage.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette plongée dans l'enfer vert méritante et prenante, le DVD de zone 2 est disponible sur le site de l'éditeur ou en se reportant aux fiches du DVD et du Blu-ray pour découvrir les sites de vente qui vont le proposer à sa sortie le 1er décembre.

1942 (Blu-ray)

1942 (Blu-ray)
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30.11.09

01:33:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Bienvenue à Zombieland
Réalisateur : Ruben Fleischer
Durée du film : 1h23
Date de sortie du film : 25 novembre 2009

Avec : Woody Harrelson (Tallahassee), Jesse Eisenberg (Columbus), Emma Stone (Wichita), Abigail Breslin (Little Rock), etc.

Par Nicofeel

Très en vogue depuis l'apparition du cultissime Shaun of the dead, le film de zombie comique n'est pas pour autant toujours réussi. On a de la chance avec Bienvenue à Zombieland car on se trouve précisément avec un bon film.
Le cinéaste Ruben Fleischer ne s'est pas embarrassé avec une quelconque toile de fond sociale, comme on pouvait le voir avec Shaun of the dead. Non Ruben Fleischer s'est contenté de livrer au spectateur un pur film pop corn, complètement décomplexé. Et le film marche bien. Le mélange entre film d'action et comédie horrifique est tout à fait plaisant à regarder.

Dès le début, on entre dans l'humour très communicatif du film. On nous apprend que l'on n'est plus aux Etats-Unis mais aux Etats-Unis de Zombieland. Peu d'humains sont encore en vie alors que les autres sont devenus des steaks ! L'humour est omniprésent et le film fait même parfois dans le politiquement incorrect. Ainsi, les gros en prennent pour leur grade. Mais le cinéaste s'en sort bien en se moquant d'eux uniquement parce qu'ils sont incapables d'aller vite. Et ce manque de rapidité fait qu'ils sont à la merci de ces cannibales de zombies !

Jamais en reste pour amuser le spectateur, le film contient à différents moments des indications sur l'écran. Elles correspondent aux règles qu'a crées le personnage principal du film pour survivre dans cet univers devenu particulièrement dangereux.
Joué par Jess Eisenberg, Columbus est à la base un drôle d'adolescent solitaire. Il se trouve être le narrateur du film (en voix off). Il va rencontrer assez rapidement dans le film un autre personnage complètement atypique, Tallahassee, joué par un Woody Harrelson loin de ses rôles dans les films d'auteur. Woody Harrelson cabotine à fond mais ça fonctionne particulièrement bien dans ce film. La première rencontre entre Columbus et Tallahassee car elle est filmée comme si on assistait à un duel dans un western. Sauf que rapidement Columbus cède en montrant son petit doigt pour indiquer qu'il veut être pris en stop !

Le rapport entre ces deux personnages que tout oppose est très amusant : on a le garçon timide d'un côté et de de l'autre le pur beauf qui voue un culte à son chien décédé et qui, en plus de vouer une haine tenace aux zombies, cherche avant à trouver un twincky à manger.
L'histoire gagne également en intérêt lorsque notre duo va former un groupe avec deux filles qui vont pendant un moment les mener en bateau et les trahir pour leur propre compte. Emma Stone est parfaite dans le rôle de cette adolescente bien rapide et déterminée, et qui va constituer la femme idéale aux yeux du jeune Columbus. Dans le rôle de la chipie de service, la jeune Abigail Breslin n'est pas mal non plus.

Comme on peut s'en douter, le film va montrer progressivement une cohésion au sein de ce groupe de quatre personnes. On n'est jamais meilleur que lorsque l'on est plus nombreux et solidaire.
Le film est rempli de scènes hilarantes. On se rappellera notamment de celle où l'on voit notre petit groupe tout casser dans une boutique, juste pour le fun. La scène gagne en lisibilité grâce à l'utilisation de ralentis. Il y a aussi et surtout cette séquence énorme avec un personnage qui interprète Bill Murray. Sauf que Bill Murray s'est déguisé en zombie pour ne pas être dévoré par les cannibales. Bill Murray se révèle un hôte des plus sympathiques. Il accepte même de jouer à SOS Fantômes avec ses invités, le tout sur la musique cultissime du film !

Doté d'un rythme soutenu egt d'une mise en scène énergique qui évite heureusement de tomber dans le clippesque, Bienvenue à Zombieland est aussi un très bon film d'action. Les zombies, qui bénéficient d'excellents maquillages, tombent comme des mouches par dizaines. Et puis si le film est avant tout une comédie, il n'empêche que certaines scènes sont tout de même bien gore. Dans le délire de vouloir tuer un maximum de zombies, on a droit à une scène où on nous explique qu'il existe le titre de tueur de zombie de la semaine ! A ce titre, le personnage de Tallahassee tue un nombre impressionnant de zombies avec des armes parfois non conventionnelles (une guitare, une batte de baseball, un sécateur).
Enfin, le film retient d'autant plus l'attention du spectateur que sa musique, signée David Sardy, est très rock'n'roll.

On l'aura compris, Bienvenue à Zombieland est un film d'horreur comique qui n'a pas d'autre but que de divertir le spectateur. Et le moins que l'on puisse dire est que cette mission est largement réussie. Si vous assez une soirée tranquille à passer, où vous souhaitez débrancher votre cerveau, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

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01:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

She killed in ecstasy

Pour ce She killed in ecstasy, le réalisateur Jess franco va reprendre une bonne partie de l’équipe avec qui il avait précédemment tourné Vampyros lesbos et notamment la splendide actrice Soledad Miranda (première muse du réalisateur qui devait mourir tragiquement peu de temps après), pour une œuvre à l’intrigue certes très classique sur le fond mais rendue formellement riche, dotée d’un érotisme ici très "soft" et d'une partition musicale envoûtante.
Le script va suivre la vengeance de la femme d'un docteur se livrant à des expériences jugées immorales par ses pairs, ce qui conduisit l'homme à se suicider.

She killed in ecstasyAprès un générique étonnant par son aspect visuel s'attardant sur des embryons en bocaux et tranchant littéralement avec la musique l'accompagnant, le métrage va directement avancer son personnage principal Mrs Johnson, une jeune femme que nous verrons quitter une maison à l'architecture bizarre pour rejoindre le bord de mer et nous conter en voix-off son histoire pleine de désarroi causé par le manque de son mari disparu après seulement deux ans de vie commune. C'est ainsi qu'au cours d'un long flash-back l'intrigue va commencer par nous retracer les moments de joie de ce couple dont l'homme, le docteur Johnson, se livre à des expérimentations sur des animaux et surtout sur des embryons humains dans le but affiché de lutter contre la maladie et la vieillesse en rendant ses cobayes plus forts et résistants. Cette partie sera surtout axée sur l'objet des travaux du docteur Johnson tout en laissant également une petite part à un érotisme léger le temps de montrer le couple s'adonnant aux plaisirs de la chair.

She killed in ecstasyMais hélas, alors que le docteur Johnson s'en allait quérir l'approbation attendue de ses pairs de l'ordre des médecins, ceux-ci vont rejeter en bloc ses travaux, les jugeant contraires à l'éthique et même blasphématoires, comme le réalisateur nous permettra de le voir lors d'une séquence forte et écrasante pour le malheureux Johnson qui en plus d'être complètement abattu par cette décision qu'il trouvera évidemment injuste, rentrera chez lui pour trouver son laboratoire dévasté par des inconnus et sa femme en pleurs. Pris d'une crise de violence, il achèvera de saccager l'endroit, sa femme décidant alors de l'emmener dans leur maison sur une île isolée pour essayer de le regonfler. Mais rien n'y fera et la déprime scotchera Johnson sur son lit, hanté par les dires des médecins et leurs insultes qui vont finalement le pousser à se suicider en se tranchant les veines.

She killed in ecstasyCette mise en condition de l'intrigue restera assez basique tout en réussissant régulièrement à interpeller le spectateur, Jess Franco arrivant merveilleusement à retranscrire la détresse de la femme de Johnson, celle-ci n'arrivant pas à être utile à son mari, toujours muré dans ce silence pesant malgré les caresses et les gestes tendres de son épouse, tandis que la ferveur et la hargne des opposants de Johnson sera fortement mise en avant, lors de leur décision de radier Johnson, puis lors d'une conférence donnée au cours de laquelle ils n'hésiteront pas à mettre à nouveau en avant les infamies de Johnson, le professeur Walker en tête qui se lancera dans un véritable sermon, sans se douter que Mrs Johnson était présente dans l'assistance.

She killed in ecstasyLa seconde partie du métrage verra donc la vengeance de mrs Johnson envers les quatre membres de l'ordre des médecins coupables de la déchéance et de la mort de son mari qu'elle va supprimer un par un. Le premier d'entre eux sera ce professeur Walker qu'elle va draguer dans un bar en se faisant passer pour une prostituée de luxe pour une fois qu'il l'aura emmené dans une chambre d'hôtel, se rendre compte de la déviance de cet homme aimant recevoir des coups et être insulté pendant l'acte d'amour et il sera largement "servi" puisque sa conquête d'un soir va le gifler violemment mais surtout lui trancher la gorge et le castrer (ce qui sera fait bien entendu hors du cadre de la caméra…). Ensuite mrs Johnson va s'en prendre au docteur Crawford, une femme vraisemblablement lesbienne qu'elle va également réussir à attirer dans une chambre pour l'étouffer avec un coussin transparent.

She killed in ecstasyLes deux dernières victimes sont traquées de manière plus subtile, car étant au courant de la mort des deux premiers, ils seront apeurés à chaque apparition de mrs Johnson et notamment le docteur Houston qui sera traqué (lors d'une autre séquence jouant parfaitement sur un aspect visuel remarquable, avec cette scène dans les escaliers)et succombera finalement à la tentation devant la beauté dégagée de mrs Johnson (qui aura entretemps changé de coiffure), mal lui en prendra puisqu'elle lui enfoncera une paire de ciseaux dans la nuque. Le dernier de la liste, le docteur Donen, sera quand à lui attaché, quelque peu torturé et finalement lui aussi castré, laissant une fois la vengeance accomplie un final tragique venir clore le métrage de manière nihiliste et sans appel.

She killed in ecstasySi cette sombre histoire de vengeance ne respirera pas franchement l'originalité, Jess Franco arrivera constamment à donner une ferveur visuelle à chacune des différentes séquences préfigurant les mises à mort, pour notamment magnifier la beauté de Soledad Miranda largement mise en avant lors de meurtres qui en outre avanceront un érotisme bien éloigné d'un quelconque aspect sordide dont sera parfois capable le réalisateur en étant léger en en n'abusant aucunement de ces gros plans intimes chers à Jess Franco qui ici se contentera de suivre ces séquences avec une élégance certaine et lascive. Mais l'auteur ne se limitera pas à cet aspect pour rendre son film largement impliquant.

She killed in ecstasyEn effet, les personnages seront bien travaillés et surtout cette mrs Johnson dont nous serons amenés à partager les tourments et la tristesse infinie qui transpirera littéralement au cours de certaines scènes douloureuses et émouvantes, dévoilant ainsi un aspect de la personnalité de Jess Franco rarement mis à jour, puisque ici il prendra véritablement pitié pour son personnage principal dont les souffrances internes justifieront largement ses agissements meurtriers. Et les autres protagonistes auront également un traitement de faveur pour évidemment dévoiler leurs déviances et leurs turpitudes relevant bien souvent d'un caractère sexuel puisqu'ils se laisseront tous "avoir".

She killed in ecstasyPar contre, le métrage ne sera pas du tout volontaire au niveau de la violence sanglante, pratiquant la suggestion pour ses actes ignobles (les castrations) et ne laissant que de timides effets spéciaux basiques venir ponctuer les meurtres sans aucun souci de rendre ces plans graphiques ou expansifs, et cette partie de l'intrigue liée à l'enquête policière sera heureusement minimisée avec cet inspecteur traditionnel qui ne viendra pas trop souvent empiéter sur les agissements de mrs Johnson, pour surtout délivrer la sentence finale qui résumera parfaitement la situation et proposer quelques petites touches d'humour pas si innocentes que cela à bien y regarder.

She killed in ecstasyL'interprétation est plutôt convaincante, avec bien entendu Soledad Miranda qui illuminera le métrage par sa beauté à défaut d'être une actrice émérite, tandis que nous retrouverons avec plaisir Howard Vernon (qui ici se montrera entièrement nu), mais aussi Jess Franco lui-même qui s'offrira le rôle du docteur Donen et autre petite surprise, la présence de Horst Tappert, l'inspecteur Derrick lui-même qui jouera le rôle de… l'inspecteur. La mise en scène de Jess Franco est ici plutôt vive pour ne pas trop s'attarder sur chacune des séquences, donnant ainsi de fait un certain rythme à l'ensemble, bien aidé il est vrai par la partition musicale jazzy et envoûtante qui accompagnera l'ensemble du métrage.

Donc, ce She killed in ecstasy comptera aisément partie les réussites de la filmographie de Jess Franco, par son aspect esthétique probant, son érotisme léger et misant sur la beauté effective de Soledad Miranda et par cette implication créant même l'empathie !

She killed in ecstasyLe DVD de zone 0 édité par Synapse Films avancera une image assez nette mais hélas parfois bien envahie par des défauts d'origine persistants, tandis que la bande-son sera largement efficace grâce à cette partition musicale enivrante, le métrage étant ici proposé dans sa version originale allemande avec des sous-titres anglais optionnels.
Par contre au niveau des bonus, il faudra se contenter de la bande-annonce d'époque en allemand (également sous-titré en anglais) du film.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette vengeance sensuelle et troublante, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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27.11.09

06:55:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

1942
1942

Réalisé en 2005 par Kelvin Tong, ce 1942 mélangera fantastique et film de guerre en suivant la trace du surestimé R-Point pour connaître une distribution confidentielle uniquement en vidéo un peu partout dans le monde et c'est donc tardivement que le métrage arrive enfin chez nous en DVD et en Blu-ray le 1er décembre grâce aux bons soins d'Emylia, l'éditeur qui se spécialise dans la recherche de titres inédits à nous faire découvrir.

1942

Le script va avancer le sergent Fuji, reporter de guerre, qui s’apprête à filmer la 6e armée japonaise lorsqu’un obus ennemi explose dans la tranchée. Il fuit à travers la jungle armé de sa caméra 8 mm. Il rejoint les restes épars de la 6e armée et retrouve le sergent Sato, ainsi que Goto, opérateur radio et le Capitaine Tanaka blessé. Rapidement, les 4 hommes sont rejoints par le Caporal Suzuki, qui jure avoir vu un fantôme dans la jungle. Perdus dans cette jungle labyrinthique, assoiffés et affamés, le Sergent Fuji doit endosser la responsabilité de garder tout le monde en vie. Attendront-ils leur but sains et saufs ?

1942

Tout en mélangeant harmonieusement les genres, le métrage laissera une place de choix à chacun de ses différents aspects, pour tour à tour emprunter ses situations au "film de jungle", puis au film de guerre mâtiné de fantastique pour réussir ce que "R-Point" ratait, à savoir maintenir la tension et capter son public grâce à un rythme constant secoué par des rebondissements et des situations impactantes, tout en nous réservant des effets de surprises probants et parfois même percutants et ce même si la révélation finale demeurera anticipable, certainement selon la volonté de l'auteur.

1942

Le DVD édité par Emylia avancera le film avec une image en 1.78 (16/9 anamorphique, compatible 4.3), tandis que la bande-son sera disponible en DD5.1 et en DTS, mais seulement dans sa version originale en japonais, bien entendu sous-titrée en français. Au niveau des bonus, on pourra parcourir une conséquente galerie de photos scindée en deux parties, le film en lui-même et son tournage.
L'édition Blu-ray du film reprendra le même format audio et proposera le métrage en DTSHD, avec des bonus identiques à l'édition DVD.

1942

Donc, il ne reste plus qu'à patienter jusqu'au 1er décembre pour pouvoir découvrir cette petite perle injustement méconnue du cinéma fantastique asiatique !

1942 menu d'accueil
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26.11.09

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Hors du temps
Réalisateur : Robert Schwentke
Durée du film : 1h50
Date de sortie du film : 25 novembre 2009
Avec : Eric Bana (Henry), Rachel McAdams (Claire), etc.

Par Nicofeel

Auteur d'un peu glorieux Flight plan, Robert Schwentke nous revient au cinéma dans un genre complètement différent. Ici, on est clairement dans le drame romantique avec cet homme, Henry (Eric Bana), victime d'une maladie génétique qui le contraint à voyager dans le temps, aussi bien dans le futur que dans le passé.

Évidemment, pour faire une belle histoire d'amour, il faut être deux. Et c'est Claire (Rachel McAdams) qui va être l'amour de la vie d'Henry. Si Henry ne peut pas contrôler ses disparitions, en revanche c'est de manière régulière qu'il revient voir sa chère Claire.
Là où le film fait preuve d'une réelle originalité, c'est qu'il montre au spectateur un couple qui va être réuni à différentes époques. Et tant Henry que Claire n'auront pas le même âge. D'ailleurs, au début du film, quand Henry vient voir Claire, seule cette dernière le connaît. Plus tard, c'est l'inverse qui se produit : Henry rencontre une petite fille, la fameuse Claire, dans un pré. Comme pour indiquer que chaque venue d'Henry est un éternel recommencement, on voit ce personnage nu comme un ver (enfin on ne le voit pas, c'est suggéré) à chacun de ses retours.

Sur le plan scénaristique, l'idée de cet amour presque impossible est des plus enthousiasmantes. En effet, Claire sait très bien qu'elle ne pourra vivre que par instants avec l'amour de sa vie. C'est la même chose pour Henry. On comprend alors la difficulté pour les deux tourtereaux de réussir à se marier ou encore de décider d'avoir un foyer commun.
Et que dire de la volonté de Claire d'avoir un enfant qui donne lieu à des scènes véritablement dramatiques. On la voit faire des fausses couches et on voit même Henry refuser d'avoir un enfant. Finalement, Claire réussira à « tromper » la vigilance d'Henry en faisant l'amour à un Henry plus jeune, qui n'est donc pas au courant de cette histoire d'enfant. En quelque sorte, Claire trompe l'histoire.
Mais c'est bien l'un des seuls moments où l'histoire ne se répète pas. Car Henry ne peut pas changer le cours de l'histoire. Ainsi, on voit plusieurs fois au début du film le jeune Henry qui revit la scène de l'accident qui amène au décès de sa mère. Mais il ne peut rien y faire. Dans le même ordre d'idée, Henry sait pertinemment que le futur ne lui permet jamais de dépasser la quarantaine. Progressivement, il comprend donc que sa vie est comptée. Il n'a plus beaucoup de temps à vivre avec sa bien aimée et sa fille Alba. D'autant qu'Alba est comme lui une voyageuse du temps. Elle sait donc pertinemment quand son père va décéder.

Prenant progressivement un sens dramatique, le film Hors du temps a malheureusement le tort d'avoir un piètre réalisateur derrière la caméra. Robert Schwentke ne profite pas que partiellement de son excellent scénario de base. Il se contente de nous offrir des scénettes (dont certaines sont tout de même plutôt réussies) avec comme raccords la disparition et la réapparition d'Henry. Tout ceci devient finalement assez facile comme procédé et les scènes deviennent assez redondantes.

Heureusement, le dernier tiers du film prend une véritable dimension dramatique avec l'idée que la mort d'Henry est proche et que l'on ne peut rien y faire pour l'empêcher. Par un joli tour de passe-passe, le réalisateur Robert Schwentke décide malgré tout, dans un ultime rebondissement, d'inscrire ses différents protagonistes, et principalement Henry et Claire, dans une histoire d'amour éternelle.
Au niveau du casting, Eric Bana interprète un Henry d'une grande sensibilité. Ce bel acteur est parfait dans ce rôle. La très mignonne Rachel McAdams ne l'est pas moins dans le rôle d'une Claire qui est éprise à jamais d'Henry. Les deux acteurs donnent vraiment l'impression d'être complices dans ce film et la réussite partielle de ce dernier n'y est pas étrangère. Voilà un couple beau et romantique.
L'histoire de personnages victimes d'un temps qui passe à l'envers ne nous est pas étranger. Récemment, on a pu voir L'étrange histoire de Benjamin Button de David Fincher. Ici, l'histoire comme les effets spéciaux sont beaucoup plus simples.
Mais la dimension romantique est omniprésente. Non dénué de défauts, Hors du temps mérite tout de même d'être vu.

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25.11.09

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Death factory bloodletting

Réalisé par Sean Tretta (précédemment auteur du très spécial The great american snuff film), ce Death factory bloodletting ne sera pas une suite directe du Death factory de Brad Sykes datant de 2002 (et édité chez nous en DVD par "Uncut Movies") pour se contenter d'en reprendre la créature humanoïde au service d'une intrigue hélas bien sommaire malgré une certaine volonté innovatrice qui ne parviendra pas à marquer en profondeur le métrage.
Le script va laisser une jeune femme espérer mettre la main sur les assassins de sa fille en participant à une réunion de déviants désireux d'assister à une mort en direct dans une usine désaffectée, sans se douter qu'il s'agit d'un piège orchestré par un religieux psychopathe épaulé par sa petite sœur Alexa devenue une créature monstrueuse suite à un accident industriel.

Death factory bloodlettingLe métrage va commencer par avancer une courte séquence mettant en scène une jeune femme, Ana, se préparant à s'enregistrer avec son caméscope pour un monologue dont nous n'entendrons pour l'instant que le début, laissant ensuite l'intrigue faire des bonds dans le passé pour introduire ce fanatique religieux nommé Denny que nous allons d'abord suivre se rendant dans un bâtiment désaffecté pour donner à manger à des déshérités qu'il va finalement tuer, se rendant compte qu'il s'agit de drogués avant de donner leur bébé en pâture à une ombre qui surgira de son van pour l'attraper, tandis que plus loin, ce sera une jeune femme, une prostituée, attachée qui servira de repas à cette créature, plus largement visualisée (et qui reprendra intégralement le look de Tiffany Shepis dans le film de Brad Sykes) cette fois-ci dans l'environnement de cette usine abandonnée où Denny semblera avoir élu domicile pour pouvoir suivre à partir des nombreuses caméras les faits et gestes de la créature, tout en pouvant communiquer par micros interposés avec les victimes.

Death factory bloodlettingAprès cette introduction plutôt prometteuse, l'intrigue va revenir vers cette Ana dont nous ferons plus ample connaissance, pour découvrir aussi bien son passé sinistre puisque sa fille a été enlevée, malmenée et tuée, le crime ayant été diffusé sur internet dans des membres d'un site "underground" baptisé "Gorehouse", que son statut de droguée (laissant même le réalisateur montrer sans recul les préparatifs d'un "shoot") et sa détermination à retrouver les assassins de sa fille, qu'elle imaginera faire partie des membres de "Gorehouse", site auquel elle a adhéré par réussir à être invitée à participer moyennant finances à une réunion au cours de laquelle un innocent servira de victime dans la pure tradition des "snuff movies", un "bloodletting". Mais hélas, toutes ces explications ne feront pas l'objet de flash-backs pour uniquement laisser Ana débiter son histoire devant son caméscope.

Death factory bloodlettingLe métrage daignera alors adopter une narration plus linéaire pour laisser Ana se rendre au rendez-vous fixé pour aller assister à ce "bloodletting" où elle sera accueillie par un homme cagoulé qui va le fouiller sans ménagement, prendre l'argent demandé et la conduire dans un van à bord duquel elle sera amenée dans cet endroit tenu secret destiné à héberger la réunion. Sur place nous découvrirons en même temps qu'Ana les autres "invités" qui seront appelé chacun leur tour à se présenter, le réalisateur incrustant pour chacun d'entre eux sur l'écran leur nom, pseudonyme sur "Gorehouse" et leurs caractéristiques déviantes pour ainsi mettre en avant une galerie de protagonistes bien barrée, entre ce néo-nazi provocateur, cet anarchiste à l'apparence "normale" mais voulant commencer à tuer, ce pédophile ventripotent qui en regardant une photo de la future victime de la demoiselle devant servir de victime la trouvera un peu vieille, cette call-girl détestant les hommes ou encore cette dominatrice accompagnée de son esclave qu'elle tiendra en laisse.

Death factory bloodlettingMais hélas, ces personnages hauts en couleurs ne seront qu'esquissés pour rapidement laisser Ana découvrir que l'assassin de sa fille est parmi eux puisque le pédophile présent reconnaîtra l'acte sans fard, permettant de la sorte à la jeune femme, qui aura réussi à emmener avec elle un revolver caché dans son intimité, de l'abattre sans autre forme de procès et annihilant de fait la majeure partie de l'aspect dramatique et de l'originalité du métrage qui du coup se contentera par la suite de laisser la créature s'attaquer aux différents protagonistes qui bien entendu auront une propension excessive à se disperser dans l'usine avant qu'un dernier acte plus imprévu permette à l'ensemble de rebondir quelque peu.

Death factory bloodlettingSi l'intrigue bénéficiera d'éléments apportant un semblant d'originalité avec ces personnages déviants et ce prédicateur barjot qui s'amusera comme un petit fou des méfaits de sa sœur monstrueuse à l'animalité meurtrière, ce ne sera pas pour autant que les rebondissements et autres situations sortiront des sentiers battus pour régulièrement amener les personnages à errer dans ce bâtiment vaguement piégé avec ces issues électrifiées et ces caméras omniprésentes pour offrir des proies faciles à cette Alexa aux dents et aux mains acérées de métal qui aura pourtant tendance à tuer lors de séquences assez saignantes mais peu gore en n'étant guère expansives ni même franchement volontaires. Il faudra donc uniquement compter sur l'aspect trouble de certains personnages (le néo-nazi notamment) pour espérer certaines surprises qui elles aussi demeureront facilement anticipables.

Death factory bloodlettingQuant à ce religieux se servant de la monstruosité de sa sœur pour éradiquer les pêcheurs et autres mécréants, il n'offrira pas assez de grandiloquence ou d'hystérie pour marquer les esprits ou même apporter un réel "plus" au métrage, d'autant plus que ses interventions seront aléatoires et largement espacées. Ce sera donc sur la créature elle-même que les regards se tourneront pour escompter trouver une ampleur graphique ou une réelle présence à l'écran (l'héroïne étant elle aussi bien fade !). Et de ce côté-là, le réalisateur tiendra quasiment ses promesses en nous gratifiant de plans probants sur cette humanoïde destructeur au look toujours aussi volontaire, qui ici sera quand même filmé de manière épileptique et saccadée.

Death factory bloodlettingEn effet, Sean Tretta épousera une mise en scène certainement rythmée et nerveuse mais saccadée, flirtant même avec le clip vidéo (impression épaulée par une partition musicale métal très présente) en incluant même des ralentis et autres arrêts sur image intempestifs qui finiront par brouiller la lisibilité de certaines séquences et notamment celles mettant en avant Alexa, donnant certes un aspect étrange et dynamique à ces apparitions mais ne nous permettant pas d'apprécier pleinement le look dévastateur de ce monstre graphique. L'interprétation sera cohérente mais sans aucun charisme si l'on exempte la prestation de Shane Dean dans le rôle du néo-nazi. Les effets spéciaux seront plutôt convaincants, pour maquiller la créature de manière exemplaire mais aussi pour les rares plans sanglants qui iront un peu plus loin que de se contenter d'asperger les acteurs de faux sang.

Donc, ce Death factory bloodletting n'arrivera pas à se servir pleinement de ses bonnes idées de base et de sa galerie de personnages déviants ici uniquement réduits à servir de victimes à une créature heureusement très graphique !

Death factory bloodlettingLe DVD de zone 1 édité par Well Go USA avancera une image nette et sans défaut, même lors des nombreuses séquences se déroulant dans la pénombre, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale métal largement rythmée et dynamique, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, on pourra suivre trois toutes petites featurettes revenant le film au travers d'un rapide retour sur le tournage et de deux séquences à effets spéciaux brièvement analysées, une scène coupée bien gore avançant la mort d'un bébé de manière graphique, la bande-annonce et une conséquente galerie de photos.

Pour ceux qui voudraient retrouver cette créature graphique et dangereuse, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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24.11.09

07:25:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

The house where evil dwells

Vingt ans avant The grudge, les fantômes japonais s'en prenaient déjà à des américains ayant émigré chez eux dans ce The house where evil dwells, mais de manière bien traditionnelle en recyclant les figures imposés du film de maison hantée.
Le script va laisser une famille américaine s'installer au Japon, dans une maison où un siècle et demi plus tôt un samouraï avait tué sa femme adultère et son amant avant de se faire hari-kiri. Mais les trois esprits séjournent encore sur place et vont s'en prendre aux nouveaux occupants des lieux pour faire se répéter leur histoire.

The house where evil dwellsLa séquence pré-générique prendra place en 1840 pour suivre une jeune japonaise recevant chez elle, en l'absence de son mari, un jeune homme pour qui elle va jouer de la musique et lui offrir une petite statuette représentant un couple enlacé dans une position explicite, avant que le couple s'enlace et se lance dans les préliminaires d'un acte sexuel qui n'aura jamais lieu puisque le mari de la jeune femme, un samouraï, va du dehors apercevoir en ombre chinoise leur ébat et pris d'une fureur sanguinaire, va faire irruption et sans ménagement s'attaquer à l'amant de son épouse qui aura un bras tranché avant d'être décapité, tandis que sa femme sera égorgée. Il finira par retourner son sabre vers lui pour se suicider. Cette séquence d'introduction sera quand même sanglante et aura le mérite de tout de suite placer le métrage dans son univers oriental.

The house where evil dwellsEnsuite, après un bond dans le temps jusqu'au présent, nous allons assister à l'arrivée au Japon d'un couple, Ted et Laura, accompagnés par leur fille Amy et qui vont être accueillis par leur ami Alex en poste au consulat. Alex va les conduire jusqu'à leur nouvelle demeure qu'il a choisi pour eux, bien évidemment la maison du carnage de l'introduction, sans leur cacher le fait que le loyer est anormalement bas à cause de la réputation de maison hantée trimbalée par l'endroit, sans que cela n'effraye outre mesure les nouveaux arrivants, qui en plus seront charmés par leur nouvelle demeure dès qu'ils la visiteront. Bien sûr, de petits signes avant-coureurs ne vont pas tarder à se manifester, tel ce verre tombant tout seul, puis plus tard, cette lumière facétieuse, jusqu'à ce que les trois fantômes n'apparaissent à un Ted à moitié endormi qui pensera juste avoir cru voir quelqu'un. Cela ne l'empêchera pas au cours de cette première nuit de faire l'amour à sa femme.

The house where evil dwellsMais les événements vont s'enchaîner les uns aux autres, Laura découvrira la statuette sexuelle (laissant par la même occasion l'opportunité au réalisateur de dévoiler de manière très précoce le plan des spectres en s'arrangeant pour nous faire comprendre de façon assez grossière qu'un nouvel adultère est en train de se préparer), pour ensuite laisser un des fantômes, celui de la jeune femme adultère, prendre possession du corps de Laura pour lui faire dire des choses sous-entendant son attirance envers Alex, allant même jusqu'à le narguer littéralement au téléphone. Et ce qui devrait arriver va se produire, au cours d'une soirée donnée au consulat, Laura et Alex vont s'isoler pour consumer leur relation, sans que Ted découvre quoique ce soit pour l'instant, mais cela n'empêchera pas les manifestations surnaturelles de continuer et même d'empirer puisque Ted sera lui aussi sporadiquement possédé, le temps de brutaliser sa fille qui ne voulait pas manger sa soupe, par exemple, pour gentiment nous emmener vers un final plus que prévisible, anticipable et du coup sans réelle saveur.

The house where evil dwellsTourné entièrement au Japon, le métrage arrivera sans mal à assurer un dépaysement de tous les instants, aussi bien avec des décors appropriés qu'en mettant en avant les traditions locales, avec par exemple ce prêtre qui en plus de prononcer l'inévitable mise en garde viendra brièvement "exorciser" la maison, pour également avancer les croyances et les démons locaux, mais cela se fera aussi en se moquant quelque peu de l'attitude occidentale du couple d'américain qui en cherchant l'intégration se fera parfois gentiment moquer de lui (le saké, par exemple). Par contre, dès lors qu'il s'agira de privilégier son élément fantastique, le métrage aura tendance à partir dans tous les sens de manière guère convaincante.

The house where evil dwellsEn effet, outre la présence de ces trois fantômes qui sembleront étrangement bien s'entendre pour hanter le couple malgré les événements ayant entraîné la mort de leurs corps dans la violence et le sang, et qui viendront se mêler aussi bien de la vie du couple que pour précipiter Laura dans les bras d'Alex, certains événements auront du mal à trouver une cohérence probante, comme cette attaque de crabes géants qui en plus d'être assez ridicule ne trouvera aucune justification dans l'intrigue globale, et surtout la relation entre Laura et Ted, qui bien entendu se dégradera progressivement, avec des hauts et des bas parfois garnis de "bons sentiments" irritants, prendra des allures qui ne seront pas sans rappeler de façon évidente les déboires du couple Torrance dans Shining, avec en plus la profession d'écrivain de Ted qui deviendra obsédé par son roman en cours, et même si cet aspect du film sera au final complètement sous-exploité. Enfin, le métrage se parera d'une connotation sexuelle assez présente, forcément liée à l'adultère, pour avancer quelques scènes sensuelles guère osées mais tout en demeurant quelque peu graphiques.

The house where evil dwellsL'interprétation ne sera pas le point fort du métrage, entre une Susan George horripilante dans ses grimaces et un Edward Albert inexpressif au possible, et la mise en scène de Kevin Connor ne parviendra pas à donner un réel rythme à un ensemble en dents de scie, plutôt mollasson, et qui ne créera jamais de tension et encore moins d'effroi. Les effets spéciaux sont plutôt mitigés, car si l'incrustation des fantômes sera quasiment parfaite, les effets sanglants laisseront à désirer, avec notamment ces décapitations peu graphiques et pas franchement crédibles.

Donc, ce The house where evil dwells supportera largement une vision grande partie grâce au dépaysement proposé par l'intrigue, mais ne pourra espérer convaincre dans l'agencement de son élément fantastique aléatoire !

The house where evil dwellsLe DVD de zone 1 édité par MGM avancera une image nette et sans défaut visible, tandis que la bande-son sera appréciable avec une partition musicale adaptée et en adéquation avec les situations et l'environnement du film, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise, mais également dans une version française peu glorieuse, avec des sous-titres optionnels en anglais, en espagnol et en français.
Au niveau des bonus, comme souvent chez MGM, il faudra se contenter de la bande-annonce originale du métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir ces fantômes orientaux sournois, le DVD de zone 1 est par exemple disponible ici !

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23.11.09

07:50:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Fish tank
Réalisatrice : Andrea Arnold
Durée du film : 2h02
Date de sortie du film : 16 septembre 2009
Avec : Katie Jarvis (Mia) ; Michael Fassbender (Connor), Kierston Wareing (Joanne), etc.

Par Nicofeel

Nanti d'un prix du jury lors du dernier festival, Fish tank constitue le deuxième film de la réalisatrice Andrea Arnold.
A la manière d'un Ken Loach ou d'un Mike Leigh, la cinéaste va livrer un film engagé sur le plan social. Mais elle ne va pas se contenter de cela. Elle va aussi nous décrire les affres de l'adolescence avec la petite Mia, une jeune fille de 15 ans, qui souhaite plus que tout s'émanciper et quitter le milieu dans lequel elle évolue.

Fish tank a d'abord le mérite de décrire un milieu particulièrement sordide où évoluent de nombreuses personnes. On est loin des beaux quartiers londoniens. Ici les HLM sont omniprésents et tout ce béton donne un côté étouffant, presque sans espoir à ses habitants. C'est le quotidien de la jeune Mia qui vit avec une famille dans un style qui pourrait rappeler le A nos amours de Pialat. La petite soeur de Mia est peu âgée mais elle a déjà un caractère bien trempé et ne cesse d'insulter à longueur de temps sa grande soeur et sa mère. La mère est d'ailleurs un sacré cas. Ne faisant pas bien âgée (on peut supposer qu'elle a eu Mia en étant très jeune), la mère, Joanne, est une véritable épave humaine. Elle ne prend pas le temps d'éduquer ses enfants. Son temps, elle le passe entre ses bouteilles d'alcool et ses différents amants. Et pourtant, malgré tout, elle garde un charme, une sensualité certaine.

Ce n'est donc pas une surprise totale si elle se retrouve à avoir comme amant le beau Connor, interprété par un magnétique Michael Fassbender. Un peu à l'instar du visiteur mystérieux dans l'excellent Théorème de Pasolini, Connor va révéler les personnalités de chacun. Et puis Connor attire à lui toutes les personnes qui gravitent autour de lui. C'est évidemment le cas de la mère de Mia mais c'est aussi le cas de Mia elle-même.

Là où le film se différencie du cinéma social des Ken Loach, Mike Leigh ou encore des frères Dardenne, c'est qu'il pose en filigranes - et même plus – la sensualité et la sexualité au coeur du dispositif du film.
Connor est pourtant très différent de Mia. Déjà au niveau de l'âge. Elle n'a que 15 ans alors que lui a une bonne trentaine d'années. Et puis Connor est l'amant de sa mère. Mais rien n'y fait. Par son aspect sympathique ou à tout le moins troublant, la jeune Mia est attiré par lui.

Il faut dire que Connor est très malin puisqu'il s'intéresse à la seule chose qui passionne Mia : la danse hip hop. De son côté, Connor va faire découvrir à Mia des choses qu'elle ne connaît pas : la nature et notamment le ruisseau qui va unir Connor et Mia (très belle scène qui va évidemment en opposition avec le titre du film puisque Fish tank signifie aquarium) ; la musique très classe de Bobby Womack et la richesse avec la voiture de Connor et sa caméra. Car il ne faut pas s'y tromper : Connor et Mia sont des opposés. Alors que le premier est un parfait représentant de la classe moyenne britannique (comme le prouve le moment où l'on découvre qu'il a une famille et tout ce qui va avec), la seconde est la parfaite représentante d'une classe laborieuse qui semble sans avenir. La fin du film où Mia décide de quitter son univers est l'aboutissement d'un rite d'initiation. La petite adolescente révoltée n'est nullement résignée. Elle a décidé de prendre sa vie en main.

Mais avant cela, telle une écorchée vive, elle aura connu des expériences dont elle se souviendra. Entre une scène d'amour avec l'homme qu'elle aime (ce dernier jouant à un double jeu) et une audition de danse hip-hop qui tourne au vinaigre, rien ne semble favorable à cette petite Mia. Il lui faut donc changer d'horizon.
Au jeu des oppositions, on a aussi le milieu de la nature, où convie Connor à la famille de Mia. Ce milieu naturaliste rappelle le grand Jean Renoir et vient en opposition directe avec les banlieues sales, désincarnées, où l'on ne fait que retrouver de grands bâtiments sans vie.

La mise en scène d'Andrea Arnold, particulièrement vive, est aussi affutée que les dialogues – souvent des insultes – fusent à toute allure. Tous les acteurs du film sont excellents. A commencer par la jeune Katie Jarvis qui est étonnante dans le rôle pourtant peu facile de Mia. Autour d'elle on retrouver un Michael Fassbender toujours aussi excellent dans des rôles pourtant très différents (Eden lake, Hunger, Inglorious bastard, etc.). La mère de Mia est jouée par Kierston Wareing, laquelle s'était fait remarquée en début d'année 2008 dans l'excellent It's a free world de Ken Loach.

Tout à la fois chronique sociale, évocation de l'adolescence et lutte des classes, Fish tank est une excellente surprise à découvrir sans plus tarder.

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20.11.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Happy birthday to me

"Slasher" typique des années quatre-vingt, ce Happy birthday to me parviendra à se démarquer quelque peu de la masse de films ayant chcerché à profiter du succès de Halloween et de Vendredi 13 grâce à une intrigue plus fouillée qui parviendra à maintenir le spectateur en haleine jusqu'au final dans cette traditionnel quête de l'identité du tueur rendue ici prenante et dont la résolution lors d'un final mémorable aura le mérite de ne pas décevoir.
Le script va laisser un mystérieux assassin décimer les membres d'une petite confrérie estudiantine ayant récemment accepté en son sein la jeune Ginny, souffrant par ailleurs d'absence liée à un accident ayant eu lieu plusieurs années auparavant.

Happy birthday to meLa longue séquence d'introduction restera bien classique pour avancer un premier meurtre, précédé d'une fausse alerte assez risible et grossière, meurtre qui nous donnera déjà quelques petits renseignements sur la personnalité du tueur que la victime connaîtra tout en nous offrant une mise à mort assez classique et que très vaguement sanglante lors d'une scène qui pourrait presque rapprocher le métrage du "giallo" avec cet assassin (déjà filmé en caméra subjective) armé d'un rasoir et portant les habituels gants noirs qui le suivront tout au long du film. Très référentielle, cette première séquence portera en elle tous les stigmates du film, avec cette volonté affichée de surprendre à tout prix le spectateur par des effets hélas basiques et téléphonés.

Happy birthday to meEnsuite, le métrage va s'attacher à nous présenter cette bande de jeunes gens issus de familles aisées et qui se retrouveront régulièrement pour faire la fête comme ce soir-là dans un pub où ils vont faire preuve d'arrogance vis-à-vis d'un groupe, entraînant un début de bagarre tout en jouant des mauvais tours avant de finalement jouer avec leur vie en franchissant un pont basculant en pleine ouverture. Parmi cette bande, on retrouvera des protagonistes bien stéréotypés, entre le comique de service, le dragueur, le timide mis à plus ou moins à l'écart, mais l'intrigue se focalisera sur cette demoiselle, Ginny, récemment acceptée par ses pairs et appelée à devenir le personnage central du métrage.

Happy birthday to meEn effet, ce sera en suivant cette demoiselle au passé trouble que nous dérouler l'intrigue, pour peu à peu en apprendre plus sur ses antécédents et notamment cet accident ayant coûté la vie à sa mère, l'obligeant à vivre seule avec son père (avec qui elle entretient des rapports presque conflictuels) et au cours duquel elle a été sérieusement blessée à la tête, obligeant les médecins à s'en servir de cobaye pour tester une nouvelle forme de régénérescence des tissus, ce qui permettra au réalisateur de nous gratifier d'une petite scène sanglante d'opération médicale à cerveau ouvert. Les absences de la demoiselle en feront bien entendu une suspecte idéale pour les meurtres qui vont se succéder au fil de l'intrigue, mais bien évidemment, ce ne sera pas la seule coupable potentielle.

Happy birthday to meEn effet, l'intrigue s'amusera à placer presque tous les protagonistes masculins au départ comme des tueurs éventuels, avec par exemple ce Rudi quelque peu effacé, au physique banal voir même ingrat, qui semblera en pincer pour Ginny tout en se livrant à des activités suspectes, mais les situations promettront de fournir d'autres pistes envisageables, diminuants bien sûr au fil des meurtres jusqu'à la découverte voulue et anticipée de l'identité probable de l'assassin que viendra remuer un final à rebondissements très graphique et bien pensé qui amènera à reconsidérer pas mal de choses tout en demeurant mémorable par son ambiance, son agencement et son cadre très "spécial" qui renverra bien entendu au titre du métrage.

Happy birthday to mePar contre, le film restera très classique dans ses nombreuses situations en jouant furieusement sur des fausses alertes trop récurrentes et manifestes que viendront heureusement contrebalancer des séquences bien plus troubles et intrigantes (le clocher, par exemple) au point de toujours faire douter le spectateur qui devra de fait rester dans l'expectative et attendre le dénouement pour mesurer l'étendue globale de l'intrigue et ses ramifications. Les scènes de meurtres seront quant à elles typiques du "slasher" mâtiné de "giallo" pour suivre en caméra subjective cet assassin aux gants noirs s'approcher de ses victimes avant de les tuer de manière diverses et variées, preuve d'une certaine recherche voulue par le réalisateur qui ne se contentera pas des habituels meurtres à l'arme blanche.

Happy birthday to meEffectivement, l'assassin aura des opportunités bien différentes de se débarrasser de ses victimes, entre ce jeune homme qui aura la tête passée dans la roue d'une moto tournant à sa vitesse maximum et cet autre qui finira écrasé par ses haltères pour une scène bien vicieuse, quand ce ne sera pas une brochette qui ira s'enfoncer dans une bouche ouverte. Mais ces séquences resteront hélas peu graphiques pour n'avancer que de très rapides plans sanglants vite aperçus avec également ces égorgements presque avortés. Cela n'empêchera pas ces scènes de meurtres d'avoir une certaine efficacité formelle et de toujours maintenir une certaine tension palpable encouragée par les fausses alertes et autres retournements de situation oscillant entre cauchemars et réalité qui parsèmeront l'intrigue.

Happy birthday to meLes personnages seront donc classiques et stéréotypés dans une volonté de coller à l'archétype du "jeune" des années quatre-vingt, ce qui nous vaudra également quelques passages de "remplissage" guère passionnants (la partie de football, par exemple), mais malgré cela, certains protagonistes arriveront à sortir du lot et à devenir attachants, comme Ginny dont les troubles parviendront presque à émouvoir, avec la mise en avant de sa relation affective avec son médecin, l'ensemble bénéficiant en plus d'une interprétation plus que correcte, Melissa Sue Anderson, échappée de "La petite maison dans la prairie" en tête pour incarner Ginny, brillamment accompagnée notamment par Glenn Ford dans le rôle du thérapeute. La mise en scène du réalisateur Jack Lee Thompson est soignée pour rechercher aussi bien à surprendre le spectateur qu'à créer une certaine ambiance accompagnée de tension, avec l'utilisation répétée mais justifiée de la caméra subjective, mais hélas l'auteur peinera à maîtriser un rythme qui aura tendance à fléchir de manière récurrente. Les effets seront plutôt probants pour ces quelques petits et rapides plans sanglants.

Donc, ce Happy birthday to me aura tous les ingrédients pour satisfaire les amateurs de "slasher" flirtant avec le "giallo" grâce à cette intrigue bien pensée et garantissant une tension et une implication constante du spectateur.

Happy birthday to meLe DVD de zone 1 édité par Anchor Bay avancera une image nette et qui ne présentera aucun défaut visible, tandis que la bande-son sera plutôt efficace avec la présence de la partition musicale d'origine (contrairement à une précédente édition déjà en zone 1) qui se révélera largement adaptée et renforçant l'impact des temps forts du film, celui-ci étant ici proposé dans sa version anglaise avec des sous-titres anglais optionnels.
Par contre, au niveau des bonus il faudra se contenter de la sympathique bande-annonce originale du film, accompagnée uniquement par celles de deux autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ou redécouvrir ce sympathique "slasher" quelque peu oublié des années quatre-vingt, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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19.11.09

07:40:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Love letters of a portuguese nun

Avec ce Love letters of a portuguese nun, le réalisateur Jess Franco va nous livrer un film de "nunsploitation" bien offensant envers la religion et l'église, graphique (malgré les coupes imposées sur cette version) et érotique, mais également émouvant et sensible, pour ce qui sera l'un de ses films que l'auteur préfère, à juste titre d'ailleurs.
Le script va laisser une jeune adolescente tomber sous la coupe d'un prêtre vicieux qui va l'emmener dans un couvent où régneront le vice et le satanisme.

Love letters of a portuguese nunSans préambule, le métrage va lancer son intrigue en nous présentant son personnage principal, Maria, une demoiselle batifolant dans les bois avec un autre adolescent, plus par jeu qu'autre chose même si le garçon se verrait bien embrasser sa partenaire, ce qu'il tentera de faire sans succès mais rapidement, nous allons apercevoir un prêtre, le père Vicnete, observant la scène et qui ne va pas tarder à tomber sur les deux jeunes pour les houspiller au nom de leurs pratiques immorales avant de ramener Maria chez elle pour pouvoir avoir une petite conversation avec la mère de celle-ci. Cette introduction mettra bien en avant la froideur rigide du prêtre face à ces jeux presque innocents et en tout cas n'allant pas bien loin des deux adolescents.

Love letters of a portuguese nunCe prêtre racontera donc à la mère de Maria les "impuretés" commises par sa fille, lui garantissant de fait d'aller en enfer, sauf si elle est ramenée dans le droit chemin par un séjour au couvent de Serreda Iris qu'il surveille. La crédulité de la mère de Maria sera totale et elle n'hésitera pas à gaspiller ses faibles économies pour permettre à sa fille d'être "sauvée". C'est ainsi que la jeune Maria va donc être emmenée dans ce couvent par le père Vincente sur le champ. Elle y sera accueillie froidement par Mère Alma, la grande prêtresse qui mettra tout de suite Maria dans l'ambiance en la forçant à un toucher intime afin de vérifier si elle est toujours vierge que le réalisateur ne visualisera bien évidemment pas en insistant surtout sur le malaise causé par cette action sur la jeune fille, avec en plus la présence de témoins de cette situation pour le moins gênante.

Love letters of a portuguese nunLa suite viendra peu à peu confirmer la perversité du père Vincente, notamment lors d'une confession poussée de Maria pendant laquelle Jess Franco sous-entendra que le prêtre se masturbe en écoutant les rêves érotiques de la jeune fille à qui il demandera de les détailler le plus possible, cherchant ainsi à lui en faire dire plus que de raison, mais bientôt nous allons découvrir que l'attitude du prêtre est au diapason avec ce qui se trame à l'intérieur du couvent, avec d'abord deux autres très jeunes nonnes qui vont venir faire connaissance avec Maria pour immédiatement se livrer à un jeu "limite". Mais la révélation viendra de la Mère Supérieure que nous allons ensuite retrouver lors de deux scènes en compagnie des deux nonnes, invoquant Satan, se faisant tripoter par elles ou les regardant s'adonner à un ébat saphique poussé où la croix chrétienne sera inévitablement pervertie.

Love letters of a portuguese nunLa dépravation apparente de ces nonnes sera visualisée lors de séquences graphiques et sensuelles volontairement offusquantes envers l'église dont nous ne saurons pas dans un premier temps si elle sont issues de l'imagination fertile de Maria par ailleurs accusée d'être possédée par le Démon, ou si elles relèvent de la sordide réalité du couvent, surtout que la demoiselle sera mise à l'écart en confinement dans une cellule isolée. C'est là que le métrage trouvera son point de non-retour glauque et malsain lorsque le père Vicente rendra visite à Maria pour d'abord obliger la jeune fille à lui pratiquer une fellation suggestive avant de l'emmener peu après pour une messe noire en compagnie des nonnes en partie dénudées où sa virginité sera littéralement offerte à Satan lui-même, pour ce qui restera comme la scène la plus troublante du métrage.

Love letters of a portuguese nunAprès cette première partie s'attachant viscéralement à nous dépeindre les activités licencieuses de ce couvent satanique en mêlant rêve et réalité autour de Maria, l'intrigue va laisser Maria s'enfuir pour aller chercher de l'aide auprès du maire du village, qui bien entendu ne la croira pas et la ramènera au couvent avant que l'Inquisition ne s'en mêle et ne fasse le procès de Maria, qui par ailleurs sera torturée dans la tradition du genre, écartelée, suppliciée pour lui faire avouer son hérésie. Mais au lieu des lettres d'amour promises par le titre, ce sera directement à Dieu que Maria écrira une lettre infiniment émouvante et d'une tristesse sans nom (du fait de l'incompréhension de sa situation par son inexpérience de la vie) du haut de son cachot et Jess Franco apportera pour une fois une certaine morale à son final avec une "happy-end" inespérée et salvatrice.

Love letters of a portuguese nunCe sera un Jess Franco largement impliqué et appliqué qui nous gratifiera de cette œuvre certes sulfureuse et répondant aux figures imposées de la "nunsploitation" avec ce déchaînement des sens par des séquences érotiques répétées et graphiques, mais cela n'empêchera pas le réalisateur de se livrer à une réflexion critique sur la religion, ses règles d'alors avec cet Inquisition impitoyable et aveugle se nourrissant de croyances obsolètes et de l'incrédulité des "petites gens" (comme le prouvera la facilité avec laquelle le père Vincente réussira à soustraire Maria à sa mère pour satisfaire sa perversité pour en plus voler les économies de cette femme d'une crédulité énorme). Cela sera fera également au travers des quelques scènes de tortures ayant résisté aux coupes de la censure qui elle verseront gratuitement dans l'exploitation pure en restant dans la veine de celles de The bloody judge ou des sévices de Die nonnen von Clichy.

Love letters of a portuguese nunLe métrage pourra également se reposer sur une intrigue avançant suffisamment de rebondissements et renouvellent ses situations régulièrement pour garder un rythme constant tout en confortant l'implication du spectateur qui progressivement en arrivera à ressentir une véritable pitié envers cette pauvre Maria dont toutes les tentatives d'échappatoire se solderont par des échecs (la lettre et le fuite du couvent) alors qu'au départ, elle croyait naïvement que ce séjour au couvent allait la purifier, puisqu'elle n'hésitera pas à éconduire son amoureux venu la chercher. Et si ce personnage principal sera bien travaillé et étudié de façon humaine, les autres protagonistes resteront plus stéréotypés, tel ce prêtre libidineux et pervers et cette grande prêtresse sataniste déviante.

Love letters of a portuguese nunL'ensemble bénéficiera d'une interprétation convaincante, la très jeune Susan Hemingway, qui semblera bien avoir l'âge de son personnage (ce qui expliquerait la réticence de la censure devant les scènes où elle apparaîtra nue au point d'en exiger des coupes) parviendra à être foncièrement émouvante, tandis que William Berger jouera un prêtre pervers avec aisance. La mise en scène de Jess Franco est plutôt dynamique, sans pour autant oublier une certaine paresse contemplatrice lors des séquences sensuelles avec aussi ces gros plans osés sur l'intimité des actrices. Les quelques petits effets spéciaux demeureront bien basiques, le métrage ne cherchant pas du tout à mettre en avant un aspect sanglant.

Donc, ce Love letters of a portufguese nun parviendra à surpasser son statut de simple "nunsploitation" érotique pour impliquer son spectateur et l'émouvoir devant le clavaire sordide vécue par l'héroïne !

Love letters of a portuguese nunLe DVD de zone 2 anglais édité par Anchor bay avancera une image d'une netteté surprenante, tandis que la bande-son sera convaincante, avec une partition musicale largement adaptée au style du film, celui-ci étant ici proposé dans sa version anglaise et dans sa version allemande avec des sous-titres anglais.
Au niveau des bonus, on pourra visionner une conséquente galerie de photos du film, quelques filmographies, la bande-annonce du film ainsi que celles des autres titres de la collection, le traditionnel petit reportage sur la restauration de Jack the ripper ainsi qu'une série d'interviews croisés de Jess Franco, d'Erwin C. Dietrich, de Herbert Fux et de Lina Romay qui reviendront brièvement sur le film et notamment sur le regain d'intérêt de la jeunesse pour les films de Jess Franco.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce couvent sataniste, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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18.11.09

07:20:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Voodoo passion

Ce sera bien évidemment sous un jour foncièrement érotique que le réalisateur Jess Franco va s'intéresser au vaudou avec ce Voodoo passion dont l'intrigue servira de prétexte à toute une série de scènes de danse tribales et autres séquences sensuelles réussies en ne sombrant jamais dans la vulgarité pour au contraire magnifier le physique des trois principales actrices du métrage, de fidèles collaboratrice du réalisateur.
Le script va laisser la femme du consul britannique en Haïti rejoindre ce dernier sur l'île où elle va bientôt être sujette à des rêves étranges et si réalistes qu'elle va finir par ne plus distinguer la barrière entre ses fantasmes et la réalité.

Voodoo passionAprès une longue introduction qui débordera du générique pour représenter des danseurs africains traditionnels évoluant sur la plage au son des tam-tams, le métrage va nous présenter son personnage principal, Susan, la femme du consul britannique en Haïti, débarquant justement sur l'île pour pouvoir enfin rejoindre son mari qu'elle n'a pas vu depuis très longtemps. Elle sera accueillie par la troublante Inès qui va la prendre en charge pour l'emmener dans la propriété de son mari, Jack, absent pour le moment. Cette entame permettra à Jess Franco de donner d'entrée un caractère touristique au film en avançant de nombreux plans pittoresques d'Haïti, réalistes en n'étant pas forcément commerciaux.

Voodoo passionLe trajet laissera l'opportunité aux deux femmes de discuter quelque peu pour nous permettre d'en apprendre un peu plus sur chacune d'elles et notamment sur Inès qui se présentera comme étant fille d'un autochtone noir et d'une française blanche, et malgré sa couleur de peau pâle, elle annoncera se considérer à l'intérieur comme une femme noire, ce qui aura par la suite un semblant d'importance lorsque les éléments vaudous commenceront à se mettre en place. Mais avant cela, nous allons suivre l'installation de Susan dans la demeure opulente de son mari, où elle va faire la connaissance d'Olga, une demoiselle qu'elle découvrira nue dans sa chambre et qui s'annoncera comme étant la sœur de Jack vivant sous son toit.

Voodoo passionCette Olga présentera d'emblée des penchants lesbiens évidents ainsi qu'une exubérance éhontée (elle restera dévêtue tout au long du film), tout en paraissant bien attirée par Susan. Mais celle-ci préférera pour l'instant rejoindre son mari, qu'elle va retrouver en compagnie d'amis qui vont rapidement s'éclipser, laissant alors les deux tourtereaux savourer leurs retrouvailles et donner de fait l'opportunité à Jess Franco de nous livrer une longue scène érotique flirtant avec le hardcore mais sans jamais franchir la ligne, tandis que Olga ne perdra pas une miette du bruit de cet ébat et cela l'émoustillera au point de la faire se lancer dans une séance de masturbation en compagnie d'une bouteille de champagne bien fraîche.

Voodoo passionCe ne sera qu'ensuite que l'intrigue va commencer à flirter avec le vaudou, d'abord pour laisser Susan se faire envoûter par Inès qui va l'emmener participer à un rituel vaudou essentiellement composé de danses lascives par des participants entièrement nus, le réalisateur s'attardant longuement sur le physique de ses actrices et notamment de Vicky Adams qui interprétera Inès, alors que peu après, croyant avoir rêvé, Susan sera confrontée à d'autres songes plus ou moins répétitifs jusqu'à ce qu'au cours d'une de ses visions elle n'aille rejoindre un des amis de Jack pour coucher avec lui et finalement le tuer, la suggestion l'emportant pour ce dernier acte alors que ce nouvel ébat sera lui aussi clairement visualisé.

Voodoo passionDe plus en plus perturbée, confondant rêve et réalité, Susan va laisser son entourage lui faire croire que les dieux de l'île ne veulent pas d'elle, tandis qu'elle va encore tuer dans ses cauchemars, pour laisser un final bien plus cartésien venir nous livrer une explication sans ampleur ni surprise mais qui aura au moins l'ambition de justifier pleinement les actes et les situations passées, tout en laissant quand même planer un doute avec un dernier élément contradictoire (la mort d'Olga). Jess Franco utilisera à bon escient la panoplie traditionnelle du vaudou, avec ces danses rituelles magnifiées et incluant des sacrifices de poulets (sans pour autant que le film verse réellement dans un aspect sanglant qui sera ici plus que timide) ou encore ces poupées vaudous qui viendront se mêler de près à l'intrigue et accroître encore un peu plus le malaise de Susan.

Voodoo passionPar contre, l'aspect érotique sera quant à lui omniprésent, Jess Franco laissant volontairement ses actrices évoluer la plupart du temps nues (certainement la chaleur régnant sur l'île…), et notamment Olga qui marquera le film de sa présence saphique provocante de tous les instants au point de finir par faire succomber à la tentation Susan, et les situations serviront quand même énormément de prétexte pour suivre des ébats sexuels, saphiques ou non, ainsi que ces danses langoureuses qui viendront très régulièrement auréoler le métrage de leur présence graphique remarquable, tandis que le réalisateur laissera également longuement ses protagonistes évoluer dans cette salles de bain au milieu de laquelle trônera une immense baignoire propice à toutes les déviances.

Voodoo passionJess Franco ne cachera pas du tout ses intentions en laissant rapidement l'érotisme prendre le dessus sur cette intrigue minimaliste et sujette uniquement à quelques digressions vers l'ambiance vaudou pure pour plutôt nous laisser profiter pleinement de la beauté fraîche de ses actrices délurées et volontaires pour se laisser scruter sous toutes les coutures par la caméra inquisitrice du réalisateur qui ici n'hésitera pas comme à son habitude à démultiplier les gros plans sur l'anatomie, intime ou non, de chacune. Par ailleurs, Jess Franco arrivera à créer sporadiquement une atmosphère envoûtante lors des scènes de danse, tout en donnant un rythme régulier et assez vif à l'ensemble avec surtout des situations ne s'éternisant pas inutilement.

Voodoo passionL'interprétation est cohérente grâce aux trois actrices principales qui se donneront corps et âme pour incarner ces demoiselles guère farouches, avec Vicky Adams (autre nom de scène de Muriel Montossé) qui nous fera admirer ses talents de danseuse nue, tandis que Ada Tauler jouera le premier rôle (comme dans Love camp un autre titre bien sympathique et dénudé de Jess Franco) en interprétant Susan avec consistance, laissant à Karine Gambier donnera vie à l'exubérante Olga avec un sens de la provocation tentatrice plus que vigoureux. Par contre, Jack Taylor, qui œuvra beaucoup dans le genre et notamment avec Jess Franco, restera bien statique et guère convaincant.

Donc, ce Voodoo passion s'illustrera presque exclusivement par son érotisme vivifiant et plus que présent au sein d'une intrigue sans ampleur et ne servant que de moteur à des situations coquines comme seul Jess Franco sait nous en gratifier !

Voodoo passionLe DVD de zone 2 anglais édité par Anchor Bay avancera une image nette et ne connaissant aucun défaut flagrant, tandis que la bande-son sera efficace, notamment avec cette partition musicale lancinante qui prendra parfois des airs jazzy chers au réalisateur, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise et dans sa version allemande sous-titrée en anglais.
Au niveau des bonus, on pourra suivre le traditionnel documentaire laissant le producteur Erwin C. Dietrich revenir sur sa relation avec Jess Franco, la bande-annonce du film ainsi que celles des autres titres de la collection dédiée à Jess Franco, une conséquente galerie de photos du film et les filmographies sélectives de l'équipe du film.

Pour ceux qui voudraient suivre cette incursion érotique dans l'univers du vaudou, le DVD de zone 2 anglais est par exemple disponible ici !

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17.11.09

07:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Tempête de boulettes géantes
Réalisateur : Phil Lord et Christopher Miller
Durée du film : 1h30
Date de sortie du film : 21 octobre 2009

Par Nicofeel

Film d'animation réalisé par Phil Lord et Christopher Miller, Tempête de boulettes géantes donne en surface l'impression d'être uniquement un petit divertissement qui n'a d'autre but que d'amuser la petite famille venue voir ce spectacle. Cette affirmation est exacte, mais en partie seulement.
Tempête de boulettes géantes est d'abord un spectacle très drôle à regarder. On voit dès les premières secondes du film notre petit héros, Flint Lockwood, qui dispose d'un petit corps et d'une grosse tête. Lorsqu'il grandit, il est mieux proportionné mais tout se passe, comme pour les autres personnages de synthèse, au niveau du visage. Le personnage principal est particulièrement expressif et l'on comprend vite ce qui lui arrive, simplement au vu de ses mimiques.

Notre héros est un personnage particulier. C'est un inventeur, une sorte de génie incompris. Dès son enfance, il crée une télévision téléguidée ou encore une voiture volante ! En étant adulte, il joue au scientifique alors qu'il se trouve toujours auprès de son père ! C'est alors que ce petit bonhomme qui était loin d'être apprécié dans son village de Swallow va réussir à faire une découverte « fantastique ». Il crée une machine qui transforme l'eau en nourriture.
Suite à une péripétie plutôt drôle où notre Flint se retrouve en difficulté, il va finalement réussir à faire pleuvoir des cheeseburgers !
Évidemment, on se dit que tout ceci n'est pas très sérieux et va uniquement plaîre à un public très jeune.

Eh bien même si de nombreux éléments sont pris dans ce film d'animation à la rigolade, il n'empêche que les dialogues fusent et ils sont beaucoup plus sarcastiques qu'il n'y paraît.
Les deux réalisateurs s'en prennent très clairement à notre société de consommation. Alors que beaucoup de gens sur Terre n'ont pas de quoi manger à leur faim, les protagonistes de cette histoire se gavent de la nourriture qui leur est offerte tout droit du ciel. Les gens ne font plus que manger. Si cela donne lieu à des scènes très drôles comme le fait que la machine se mette par exemple à créer un environnement entier dédié aux glaces (celles que l'on mange), les cinéastes n'oublient pas de rappeler le danger que cela peut comporter. Ainsi, on voit à l'écran un petit garçon qui fait un coma alimentaire après avoir trop mangé. Et puis ce n'est pas non plus un hasard si les repas qui sont proposés par la machine n'ont rien de diététique (une critique implicite des fast-food) nombre de personnages que l'on voit (le maire notamment) sont présentés comme obèses.

Ce film d'animation est également une critique de la versatilité du peuple. Ce dernier a la fâcheuse tendance de brûler ses idoles et inversement d'adorer des personnes qui auparavant avaient été quasiment ostracisés. Ainsi, notre petit Flint est d'abord quelqu'un qui est mis à l'écart puis du jour au lendemain il devient une vraie star avant de passer un mauvais quart d'heure lorsque les choses commencent à mal tourner.
Car un autre intérêt du film est son histoire qui, même si elle n'est pas d'une originalité folle, évoque pour sa part que les choses qui sont peu connues (cette machine qui transforme l'eau en nourriture) peuvent se révéler très dangereuses. Sur un ton très humoristique, ce film d'animation évoque des catastrophes : une tempête de spaghettis géants (c'est très drôle mais si ça devait nous arriver cela serait peut-être beaucoup moins marrant) et d'autres tempêtes de nourriture. C'est peut-être une façon pour les auteurs de ce film d'animation d'évoquer les dérèglements climatiques qui sont caractéristiques de notre société actuelle.
En dehors de toutes ces considérations de fond, Tempête de boulettes géantes comporte plusieurs scènes bien drôles. On pourra citer entre autres le moment où notre héros et ses amis doivent combattre des poulets mangeurs d'hommes ou encore le moment où le singe de Flint combat des bonbons à la gélatine géants ! Il y a aussi plusieurs répliques qui peuvent faire sourire le spectateur. Par exemple, Flint explique au maire que sous l'effet d'un changement du code génétique de la nourriture, tout devient plus gros.

Autre atout de ce petit film d'animation : la romance toute gentillette qui va progressivement s'établir entre Flint et entre une nouvelle présentatrice météo, la jeune Sam Sparks. Comme Flint, celle-ci a vraiment une bouille adorable. Tout son visage est très significatif. Elle est même encore plus marrante lorsqu'on la retrouve avec des lunettes.
Au final, Tempête de boulettes géantes est un sympathique petit film d'animation. Loin d'être inoubliable, il a tout de même quelques atouts pour lui. Il développe notamment quelques thématiques intéressantes, ce qui ne l'empêche pas de jouer par instants la carte de l'émotion. Il mérite donc d'être vu.

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16.11.09

07:35:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Les vies privées de Pippa Lee
Réalisatrice : Rebecca Miller
Durée du film : 1h34
Date de sortie du film : 11 novembre 2009
Avec : Robin Wright Penn (Pippa Lee), Keanu Reeves (Chris Nadeau), Alan Arkin (Herb Lee), Winona Ryder (Sandra), Julianne Moore (Kat), Monica Bellucci (Gigi Lee), Maria Bello (Suky Sarkissian), Blake Lively (Pippa adolescente), etc.

Par Nicofeel

Après un succès d'estime avec son premier film, The ballad of Jack and rose (2006), la cinéaste Rebecca Miller nous revient avec Les vies privées de Pippa Lee. Elle adapte à cette occasion son propre roman.
La réalisatrice va s'intéresser entièrement à son personnage principal, Pippa Lee, une mère de famille bien rangée qui a son époux et ses deux enfants. Mais, proche de la cinquantaine, cette Pippa Lee commence à se poser des questions. Robin Wright Penn est le gros plus de ce film. Elle incarne incontestablement à merveille cette femme qui se remémore son passé et se pose des questions sur son présent. Le passé débute avec la naissance de Pippa Lee puis on insiste sur son adolescence pour finalement arriver au moment où passé et présent se confondent.

Bénéficiant d'un excellent directeur photo et d'une mise en scène très astucieuse, Rebecca Miller réussit parfaitement à faire la jonction entre le passé et le présent. Dès le début du film, on a droit par exemple à un plan d'une grande finesse avec dans le même plan le présent (dans le bas de la maison on a la réalité) et le passé (dans le haut de la maison Pippa Lee et sa maman). Le lien est également fait entre le passé et le présent avec un simple travelling. On a aussi des raccords assez astucieux où un gâteau crée un lien entre le passé et le présent. Tout cela a évidemment pour but de montrer que le passé et le présent sont inextricables pour Pippa Lee. Les phases de transition sont même parfois assez violentes avec des fondus au blanc.

Ce qui n'est pas illogique car la réalisatrice indique clairement que la charmante Pippa Lee, épouse modèle, a eu une adolescence pour le moins contrariée. Elle a consommé des médicaments à grosse dose, elle a pris de la drogue, elle a fréquenté des gens peu fréquentables et a assisté à un suicide.
La cinéaste met le spectateur en situation de voyeur dans le sens où toute la remise en question de Pippa Lee nous est narrée. On sent que cette femme est éprise de liberté et voudrait quelque part changer de vie. D'ailleurs, la réalité se révèle pour elle beaucoup moins rose que prévu : elle se rend compte que son mari la trompe avec une de ses meilleures amies (Winona Ryder dans un rôle bien dépressif) et a la désagréable impression que le monde s'écroule autour d'elle. Ce n'est pas anodin si la cinéaste nous montre à plusieurs reprises Pippa Lee en train de fumer. Ce petit détail indique clairement qu'elle a envie de changer de vie. Elle veut juste vivre.

Pippa Lee va finalement lier amitié et même plus avec un jeune homme atypique, interprété par un Keanu Reeves qui fait preuve d'une finesse et d'une sensibilité qu'on ne lui connaissait pas forcément. Celui qui était cantonné aux rôles caricaturaux dans les super-productions (Matrix, Constantine) vaut plus que les railleries dont il peut être l'objet. Ici, il est un personnage essentiel qui contribue au (relatif) succès de ce film.

Les vies privées de Pippa Lee finit par être victime de ce qui aurait dû constituer son point fort : sa distribution. Notons qu'outre Robin Wright Penn et Keanu Reeves, le film regroupe des stars telles que Winona Ryder, Julianne Moore, Monica Bellucci ou encore Maria Bello. Le problème est que le film, avec sa succession de personnages, finit par prendre des allures de film chorale un peu brouillon. La réalisatrice aurait dû se limiter à quelques personnages. C'est d'autant plus dommage que tous les acteurs sont bons. On aurait pu espérer simplement que les caractères des personnages soient un peu plus élaborés.

Mais bon, Les vies privées de Pippa Lee demeure malgré tout un film tout à fait acceptable. La performance de Robin Wright Penn est admirable, de même que celle de Blake Lively qui joue le rôle d'une Pippa Lee adolescente, qui est confondante de naturel et qui donne l'impression d'une jeune femme qui découvre le monde.

Les vies privées de Pippa Lee est aussi une réflexion que l'on retrouve dans plusieurs films dun moment, à savoir l'usure de l'amour au sein d'un couple. Cette remarque est d'autant plus importante dans ce film que Pippa Lee a épousé un homme qui est beaucoup plus âgé qu'elle. Pourtant, contre toute attente, c'est bien son mari qui la trompe. L'épouse idéale n'a donc pour sa part rien à se reprocher. Elle peut décider de prendre un nouveau départ et donc de démarrer une nouvelle vie.

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07:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Spine

Ce sera en flirtant continuellement avec l'amateurisme que ce Spine viendra dresser le portrait un serial-killer adepte des infirmières pour un résultat hélas minimaliste, jamais prenant et encore moins efficace ou sanglant, avec uniquement de rares plans réussis, c'est bien peu.
Le script va laisser un tueur en série s'acharner sur quelques infirmières, tout en laissant la police sans le moindre indice.

SpineAprès une courte mais prometteuse séquence d'introduction avançant une jeune femme nue et sévèrement attachée sur laquelle va se pencher un homme barbu et portant des lunettes noires pour sortir un couteau à cran d'arrêt et la tuer, ce dernier geste étant effectué hors du cadre de la caméra, le métrage va mettre en scène Leo Meadows, un policier arrivant sur les lieux du crime pour y retrouver un acolyte en train de rechercher sans succès des empreintes. Nous aurons donc droit à quelques banalités affligeantes guère rehaussées par l'amateurisme d'une interprétation déjà d'une crédibilité plus que douteuse et venant d'entrée faire s'envoler tout espoir.

SpineLa suite ne fera hélas que confirmer ce sentiment, avec la courte présentation du personnage principal, Carrie, réceptionniste dans un hôpital qui saluera une de ses collègues appelée à devenir la prochaine victime du barbu qui va la suivre jusqu'à chez elle, pénétrer de force dans son appartement et la ligoter, sans pour autant faire preuve de la moindre violence graphique. Pendant ce temps-là, notre policier va avoir un briefing somnolant avec son supérieur, histoire de nous en apprendre un peu plus sur cette série de crime commis dans la ville avec toujours pour victimes des infirmières puis Leo va aller rejoindre la standardiste du commissariat, qui évoquera une plainte de voisinage pour du bruit dans l'appartement d'une infirmière, sans que cela n'ait mis la puce à l'oreille de personne, sauf de Leo qui va se précipiter sur place pour… arriver trop tard et découvrir un nouveau cadavre mutilé que nous pourrons cette fois-ci visualisé pour ce qui sera le seul et unique plan sanglant du film.

SpineNous retrouverons alors Carrie, qui recevra un coup de téléphone d'une connaissance, Leah, débarquant en ville et ne sachant pas où aller sauf chez elle, que Carrie va donc accueillir pour quelques palabres sans intérêt jusqu'au coup de téléphone de la police lui annonçant la mort de sa collaboratrice. L'actrice jouant Carrie se lancera alors dans un numéro très drôle au second degré pour feindre la douleur et l'émotion, arrivant même finalement à verser une petite larme. Après une tentative de meurtre avortée grâce à l'arrivée de Carrie dans l'hôpital même, une seconde partie vaguement plus intéressante viendra opposer directement Leah et Carrie à ce meurtrier qui va les séquestrer et les visiter tour à tour mais de manière furieusement répétitive pour de très vagues humiliations au caractère sexuel uniquement sous-entendu avant qu'un subterfuge ridicule et éculé ne vienne donner lieu à un final expédié et complètement foiré en étant amené n'importe comment en plus d'être définitivement bâclé.

SpineLa première partie du métrage sera donc carrément soporifique aussi bien pour disposer d'une situation classique avec ce tueur en série à la seule particularité avancée guère originale, pour en plus ne mettre en scène que des protagonistes superficiels au possible et même complètement incroyables, comme ce policier au look impayable (avec son chapeau jaune ridicule !) le faisant plus passer pour un hippie sur le retour que pour un officier de police, tandis que cette Carrie défraîchie et fade accaparera trop souvent l'écran au détriment de cette Leah un peu plus gironde que le duo de réalisateur filmera quand même sous la douche, sans pour autant venir apporter le moindre soupçon d'érotisme au métrage.

SpineLa seconde partie aurait pu devenir plus stressante avec ce huit-clos dans l'appartement de Carrie où l'assassin va réussir à rentrer, après quelques tentatives uniquement destinées à générer un suspense qui ne montera jamais, pour parvenir à surprendre chacune des demoiselles (mais jamais le spectateur…) et les attacher chacune de leur côté dans une pièce différente. Le métrage donnera alors la parole au meurtrier qui va mettre en avant son trauma besogneux de manière aussi répétitive que monotone auprès des deux jeunes femmes pour une série de scènes sans aucun impact jusqu'à ce meurtre qui, à défaut d'être véritablement graphique puisque les coups de couteau seront une nouvelle fois donnés en hors-champ, permettra aux deux réalisateurs de couvrir leur assassin de sang de manière assez probante pour en plus se hasarder à des cadrages en gros plans zoomant sur son visage plutôt réussis et enfin quelque peu impactant. Mais hélas, la routine reprendra bien vite le dessus avec cette astuce basique qui replacera les personnages dans un conteste "normal" pour céder leur place à un final surprenant dans sa rapidité éhontée.

SpineL'amateurisme du projet se fera hélas cruellement sentir à tous les niveaux pour enfoncer un peu plus le métrage dans la médiocrité, avec déjà cette interprétation calamiteuse qui viendra gommer aussi rapidement que définitivement toute crédibilité de façon bien navrante, tandis qu'ensuite les décors ne feront jamais illusion, aussi bien pour ce commissariat de pacotille que pour cet hôpital réduit à un hall d'accueil en contreplaqué et à des décors d'intérieur d'une maison en construction censés représenter les sous-sols dangereux de l'endroit où va se hasarder une pauvre infirmière sous l'oeil du tueur. Et enfin, la mise en scène du duo de réalisateur restera plate et morne, pour ne jamais donner un semblant de rythme à l'ensemble en se contentant de suivre les personnages sans génie, et il ne faudra compter que sur ce long plan du tueur ensanglanté pour justifier un quelconque motif de contentement.

Donc, ce Spine n'arrivera qu'à ennuyer sévèrement son spectateur à cause d'une approximation plus que dommageable dans un amateurisme fatal !

SpineLe DVD de zone 0 édité par substance avancera une image continuellement granuleuse à cause d'un transfert vraisemblablement issu d'une copie de VHS qui ne fera qu'augmenter l'aspect amateur de l'ensemble, tandis que la bande-son sera juste cohérente, avec une partition musicale souvent inexistante pour en plus se monter ridicule lorsqu'elle daignera accompagner les événements. Et évidemment, aucun bonus ne viendra prolonger la vision du métrage, puisque le menu d'accueil ne proposera que de lancer le film ou d'accéder directement aux scènes.

Pour ceux qui oseraient quand même vouloir rencontrer cet assassin d'infirmières, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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14.11.09

10:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The box
Réalisateur : Richard Kelly
Durée du film : 1h55
Date de sortie du film : 4 novembre 2009

Avec : Cameron Diaz (Norma Lewis), James Marsden (Arthur Lewis), Frank Langella (Arlington Steward), etc.


Par Nicofeel

Réalisateur très en vue après son premier long métrage daté de 2001, l'excellent Donnie Darko qui bénéficie d'un côté culte bien mérité, Richard Kelly a depuis subi les foudres des critiques avec son second film, Southland tales, présenté en 2006 à Cannes et qui a même dû être remonté.
En 2009, Richard Kelly nous revient avec un thriller mâtiné de fantastique qui ne manque pas d'intérêt. The box est une adaptation d'une nouvelle de Richard Matheson (Je suis une légende).

Le film part d'un postulat de base qui est déjà fort enthousiasmant : une famille américaine modèle, constituée de Norma Lewis (Cameron Diaz) et Arthur Lewis (James Marsden) et de leur jeune fils doit faire face à des problèmes économiques importants. Un jour, un homme dépose un paquet devant la porte d'entrée des Lewis. Ce paquet contient la boîte qui correspond au titre du film. Le lendemain, madame Lewis reçoit un homme défiguré, qui lui a déposé cette boîte, et qui lui fait une proposition : si elle appuie sur le bouton rouge de la boîte, elle tuera une personne qu'elle ne connaît pas et elle recevra la somme d'un million de dollars.
L'entrée en matière du film est vraiment particulièrement bien rendue. L'ambiance est tendue à souhait et le film est d'autant plus prenant que les moindres détails ont été étudiés. Ainsi, le film se déroule à la fin de l'année 1976 et les couleurs assez flashies du film, dues à l'utilisation de filtres, donnent vraiment une impression rétro au film.

Le côté thriller du film fonctionne à merveille. Mais on peut voir aussi dans la proposition faite par le mystérieux Arlington Steward une métaphore de notre société. A savoir une société de consommation où l'on n'hésite pas pour de l'argent à mettre au placard des notions morales. Petit à petit, le thriller, qui se suivait sans difficulté, laisse la place au fantastique. Richard Kelly nous livre un film étonnant où il évoque aussi bien le passage d'une dimension à l'autre (on est carrément dans une thématique commune avec Donnie Darko) que le choix qui s'offre à nous, à savoir la destinée ou encore la force qui régit ce monde (Dieu ?). Bref, si les éléments « rationnels » ont complètement disparus et laissent place à de l'étrangeté et du pur fantastique, le film demeure plus que jamais passionnant. Par contre, il faut bien reconnaître que le virage que prend le film ne plaira pas à tout le monde. Il faut accepter de rentrer dans ce très curieux film qui pose beaucoup de questions mais n'apportera au final que peu de réponses. Le film retombera pourtant parfaitement sur ses pattes avec l'explication des meurtres étranges qui nous ont été rapportés au début du film. Car le fantastique est intimement lié au côté thriller du film.
Le film The box n'est pas pour autant totalement réussi. Il faut bien reconnaître que Richard Kelly ne réussit pas toujours l'alchimie entre le fantastique et le thriller. Et puis surtout à force de vouloir nous emmener très loin, dans des contrées inconnues, Richard Kelly est proche de perdre le spectateur. Le film donne souvent l'impression d'être insaisissable et certaines scènes s'emboîtent un peu maladroitement.

Mais Kelly s'en sort tout de même bien au final, en raison notamment de scènes qui n'auront de cesse de marquer les esprits du spectateur : la scène des portes ou encore le passage d'un monde à l'autre.
Peut-être un peu trop référentiel par instants, car The box n'est pas sans rappeler par instants L'invasion des profanateurs de sépultures (avec ces personnages qui agissent bizarrement et tous ensemble) ou encore La malédiction de Richard Donner (avec l'enfant de la famille Lewis), le film bénéficie tout de même d'un excellent rythme et d'une histoire assez solide pour captiver de bout en bout.

Et puis dans ce film Richard Kelly se révèle un formidable directeur d'acteurs. Frank Langella est incroyable dans le rôle particulièrement marquant d'Arlington Steward. Il fait corps avec ce personnage inquiétant, mystérieux, sorte d'intermédiaire de Dieu qui laisse aux gens la possibilité de faire le bon choix. James Marsden, vu notamment dans la trilogie des X-Men, est particulièrement impliqué dans le film et le spectateur n'a aucun mal à s'identifier à ce père de famille. Mais surtout, l'actrice la plus bluffante est sans nul doute Cameron Diaz. Actrice habituée principalement à des comédies lourdingues où elle s'évertue à montrer son joli minois, Cameron Diaz est transformée dans ce film. On la sent impliquée au plus haut point, elle dispose pour l'occasion d'un jeu d'une grande finesse. Elle fait passer une palette d'émotions et elle n'est jamais en sur-jeu. Elle est toujours très sobre.
Superbement filmé (la mise en scène est d'une grande fluidité), disposant d'une distribution très solide, bénéficiant d'une bande son qui se marie merveilleusement avec le film et ayant des thématiques très intéressantes, The box reste un film qui mérite largement d'être vu. On attend avec impatience le prochain film de Richard Kelly.

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13.11.09

06:40:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Away we go
Réalisateur : Sam Mendes
Durée du film : 1h38
Date de sortie du film : 4 novembre 2009

Avec : John Krasinski (Burt), Maya Rudolph (Verona), Maggie Gyllenhaal (LN), etc.

Par Nicofeel

Reconnu comme étant l'auteur de l'excellent American beauty, satire féroce de l'american way of life, Sam Mendes n'a pas vraiment confirmé par la suite. Il s'est égaré dans des films complètement impersonnels, qui frôlent parfois la nullité (Les sentiers de la perdition, titre assez révélateur de la carrière de ce cinéaste).
Dernier film en date de Sam Mendes, Away we go est un petit road movie sympathique, qui n'a rien d'autre but que de divertir le spectateur en lui montrant un couple qui est très heureux, et qui a même tendance à véhiculer cette joie de vivre.
Car il faut bien le reconnaître, le film vaut avant tout pour l'interprétation de ses deux acteurs principaux, John Krasinski dans le rôle de Burt et Maya Rudolph qui joue sa compagne dans le film avec le rôle de Verona. Si les deux acteurs ne sont pas vraiment très glamour, ils démontrent une complicité certaine et une joie qui transparait à l'écran. On voit ainsi ces deux tourtereaux qui vont faire un long voyage alors que Verona est enceinte.
Tout le film va tourner autour de la notion de famille. Mais là où un film comme American beauty se voulait irrévérencieux, Away we go est finalement très classique avec des idées même assez conservatrices. Car dans le film le seul couple qui en prend pour son grade, est le couple post hippie dont la femme est jouée par une Maggie Gyllenhaal bien décalée.

Sam Mendes, bien propret, s'amuse certes à nous décrire des couples qui sont parfois en proie à des problèmes mais sur le fond il en revient toujours à la même idée : le foyer est quelque chose d'indispensable. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le couple Burt-Verona va voyager à Phénix, Tucson, Madison et à Montréal avant de revenir à l'endroit sacré : chez soi. On nous parle de façon très explicite dans le film de l'importance de l'Amour et de choses comme l'altruisme, la patience. En fait, Sam Mendes évoque tout ce qu'il faut pour qu'une vie familiale puisse se dérouler dans l'harmonie.
Heureusement que son film est truffé de moments dramatiques (la jeune femme qui a fait plusieurs fausses couches) ou de moments assez drôles (la première soeur de Verona qui est complètement déjantée et particulièrement accro au sexe ou encore le moment où Burt décide de péter les plombs face au couple baba-cool qui l'indispose), car sinon Away we go serait parfait comme somnifère.

Away we go est également un film assez maladroit au niveau de son montage. Car Sam Mendes a clairement choisi la facilité et il ne s'est pas embarrassé pour faire se succéder ses scènes. Il s'est contenté d'agrémenter le titre de la ville traversée sur un fond noir. Tout cela paraît tout de même assez factice et surtout l'enchaînement des événements donne bien souvent l'impression d'avoir affaire à un film qui se limite à nous décrire (timidement) des scènes de vie avec la famille comme leitmotiv. On peut d'ailleurs rester assez dubitatif devant l'idée qu'a eu le couple Burt-Verona d'aller voir des amis, de la famille ou d'anciennes connaissances qui ont déjà des enfants. Car finalement qu'est-ce que ce couple constate ? Que chaque couple a des problèmes, qui peuvent être très différents. Ouah, bonjour le scoop.

En fin de compte, le seul petit risque que prend Sam Mendes est de nous décrire ce couple Burt-Verona qui n'est pas marié et qui va avoir un enfant. Cela va un peu à contre-courant du puritanisme dont sont parfois taxés les américains.
Sinon, la mise en scène à proprement parler est tout ce qu'il y a de plus classique. On a même parfois l'impression d'assister à un téléfilm de luxe.

Terminons tout de même par un point positif : le jeu de l'ensemble des acteurs qui est tout à fait probant. Que ce soit le couple principal ou les seconds rôles, tous les acteurs sont parfaitement impliqués dans le film. Le petit plaisir que l'on peut avoir à regarder ce film est sans nul doute dû au jeu des acteurs, lesquels apportent un vrai plus.
En synthèse, Away we go est à ranger dans la catégorie « feel good movie ». Le problème est que rien n'est vraiment étudié sur le fond et qu'en conséquence, le film reste tout juste sympathique. Voilà une nouvelle fois un film mineur signé Sam Mendes. A quand le retour de ce cinéaste pour un film du niveau d'American beauty ? La question mérite d'être posée.

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12.11.09

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Whiteout
Réalisateur : Dominic Sena
Durée du film : 1h40
Date de sortie du film : 21 octobre 2009

Avec : Kate Beckinsale (Carrie Stetko), Gabriel Macht (Robert Pryce), Tom Skerritt (le docteur John Fury), etc.


Par Nicofeel

Auteur entre autres de 60 secondes chrono et d'Opération espadon, Dominic Sena est le prototype même de cinéaste qui n'a pas vraiment de personnalité. Sorte de yes man, il confirme ce statut avec son dernier film en date, Whiteout.
Thriller polaire qui se déroule en Antarctique, Whiteout essaie de manger à tous les râteliers. Il fait par moments penser à Alien de Ridley Scott (notamment par son affiche française où il est indiqué : « En Antarctique personne ne vous entendra crier) mais aussi à The thing de John Carpenter par son environnement.
Le seul véritable intérêt du film tient dans son intrigue qui, à défaut d'être géniale, permet au moins au spectateur d'éviter de tomber dans une somnolence. Si le scénario est rempli d'incohérences ou en tout cas de succession de scènes pour le moins étonnantes, cela permet de distraire le spectateur. Les trahisons et les multiples pistes que l'on retrouve dans Whiteout font de ce long métrage une série B acceptable, à défaut d'être géniale.

Il faut dire que ce film cumule tout de même un certain nombre de défauts. Il y a d'abord des scènes qui sont parfaitement inutiles et qui ont une capacité certaine à rendre le film risible. Ainsi, par exemple, dès le début du film, on voit le docteur John Fury qui présente l'Antarctique en s'amusant à jouer au golf ! On a aussi dans le style inutile des jeunes gens qui s'amusent à faire la fête en buvant du whisky avec de la glace qui aurait plusieurs centaines d'années !

Il y a aussi les scènes qui arrivent comme un cheveu sur la soupe. Là encore, pas besoin d'aller très loin : dans les premières minutes du film, on voit le marshall fédéral Carrie Stetko (Kate Beckinsale) qui mène son enquête et qui tombe nez à nez avec un corps alors qu'elle se trouve en Antarctique et que, d'après ce que l'on a appris précédemment dans le film, on ne peut pas voir à plus de 15 cm devant soi dans l'enfer blanc ! On s'amusera également de la prodigieuse capacité de Carrie Stetko à résoudre l'intrigue en trouvant très rapidement les solutions aux différents problèmes auxquels elle est confrontée.

Autre maladresse du film : la psychologie de ce personnage de Carrie Stetko. On comprend assez vite qu'elle a vécu un véritable trauma en tuant en légitime défense un collègue. Mais Dominic Sena ne se contente pas d'une allusion. Non, ce cinéaste se plaît à truffer son film de flashbacks avec la même scène traumatique que l'on voit à de nombreuses reprises. Cette utilisation du flashback a une fâcheuse tendance à saccader ce long métrage et à ralentir l'action.
D'ailleurs, les scènes d'action à proprement parler du film sont loin d'être au top. Elles manquent sérieusement de lisibilité. Il aurait été préférable de rendre l'ensemble plus facile à regarder, d'autant que le film manque du coup de scènes un peu sanglantes. On ne s'ennuie certes pas mais à l'instar du reste de ce long métrage, tout cela est assez maladroit et quelque peu molasson.

Ayant gardé le meilleur pour la fin, il reste à évoquer le cas des acteurs du film. Si Kate Beckinsale qui est la tête d'affiche de Whiteout s'en sort globalement avec les honneurs (et ce malgré les flashbacks déjà cités dont elle est partie prenante), il n'en va pas de même pour les autres du film. Soit on les trouve peu investis dans le film soit on les trouve carrément peu crédibles. Il faut dire aussi que ces acteurs ont tout de même à leur corps défendant le fait que Dominic Sena n'a pas vraiment pris la peine de développer la psychologie des personnages qu'ils interprètent. Ces personnages se limitent bien souvent à des caricatures que l'on a vu 100 fois dans d'autres films.

Finalement, peu de choses reste à sauver dans ce film sinon son scénario avec ces multiples rebondissements. Sur ce point, Whiteout réserve à la toute fin un twist qui vaut le coup, même si il demeure décelable pour ceux qui auraient suivi l'intrigue de façon active. Whiteout est un film qui est l'oeuvre d'un cinéaste plutôt médiocre. Ce film sera aussi vite oublié qu'il aura été vu.

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11.11.09

01:10:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Mademoiselle Chambon
Réalisateur : Stéphane Brizé
Durée du film : 1h41
Date de sortie du film : 14 octobre 2009

Avec : Vincent Lindon (Jean), Sandrine Kiberlain (Véronique Chambon), Aure Atika (Anne-Marie), Jean-Marc Thibault (le père).

Par Nicofeel

Auteur en 2007 d'un très intéressant Entre adultes où il faisait la démonstration de l'érosion du désir au sein de différents couples et des attitudes que cela peut engendrer (mensonges, adultère), Stéphane Brizé revient avec un film moins « documentaire » et plus romancé. Cependant la thématique reste bien quelque part la même.
Passionné visiblement par la notion d'Amour qu'il peut y avoir entre un homme et une femme, Stéphane Brizé est également très sensible aux rapports sociaux qui se nouent dans notre société. Cela n'est évidemment pas un hasard si ses deux personnages principaux sont issues de deux classes sociales complètement différentes.

Vincent Lindon interprète un maçon plus vrai que nature. Il est très attaché à son travail mais il n'a pas reçu une éducation comme le prouve la première scène très démonstrative avec la difficulté d'aider son fils au sujet d'une question d'école relative au complément d'objet direct. Il demeure quelqu'un de bien, toujours prêt à donner un coup de main aux siens comme le prouve l'aide qu'il effectue fréquemment pour son vieux père (joué par Jean-Marc Thibault). Jean va se retrouver à tomber amoureux de la fameuse mademoiselle Chambon qui est complètement son opposée. Sandrine Kiberlain est parfaite dans ce rôle de professeur des écoles qui détient pour sa part le savoir à transmettre aux enfants, qui est issue d'une classe plutôt aisée mais qui est pour sa part pas du tout manuelle. Quant aux relations familiales de Véronique Chambon (qui se limitent dans le film à un coup de fil assez solennel donné par sa mère), elles restent assez froides. Pourtant, malgré toutes ces différences entre ces deux êtres que sont Jean et Véronique Chambon, il y a bien un coup de foudre qui va naître. Mais Stéphane Brizé rappelle que tout n'est pas toujours possible dans la vie et que même si l'on aime quelqu'un, il n'est pas si facile que cela de changer du jour au lendemain sa vie.

Et à ce petit jeu, qui est le jeu de la vie, Stéphane Brizé est vraiment très bon. Il montre bien la complexité du sentiment humain et que le sentiment amoureux n'est pas évident à vivre. Il y a une vraie retenue dans les relations entre Jean et Véronique Chambon. Le film est sur ce point d'un réalisme incroyable. On croît à cette histoire qui n'est finalement jamais amenée à avoir des lendemains qui chantent. Il y a d'ailleurs beaucoup de larmes, tant de Jean ou de Véronique Chambon, qui coulent en raison de cet impossible amour. On remerciera le réalisateur Stéphane Brizé de ne jamais tomber dans la facilité et au contraire d'insister sur cette barrière entre ces êtres qui semble infranchissable. Ou presque. Même l'acte sexuel qui est vécu entre les deux n'est rien d'autre qu'un adieu. En cela, le film se rapproche de l'excellent In the mood for love de Wong Kar Wai ou encore Le temps de l'innocence de Martin Scorsese.

Le film vaut également par sa capacité à nous décrire la fin d'un couple. Jean a beau être avec Anne-Marie, jouée par une très sensible Aure Atika, il n'y a plus d'amour dans son couple. Il semblerait que le quotidien a fini par ronger le désir de ce couple. Et la cause est belle et bien entendue. Même le fait qu'Anne-Marie soit enceinte et toujours aimante ne change rien à l'affaire. La fin du film est imparable. Le mouvement en travelling arrière lors la dernière séquence indique bien que le couple n'a plus rien à se dire, que le désir au sein du couple s'est complètement désagrégé.

On ressort naturellement chamboulé par un tel film car il y a bien quelque chose de vrai dans les sentiments qui sont décrits. Et puis l'une des forces de Stéphane Brizé est d'avoir mis le spectateur dans une position d'empathie à l'égard de l'ensemble des personnages du film. Personne n'est à blâmer dans cette histoire. Chacun a ses motivations et personne n'agit pour faire du mal à l'autre. Comme le dit le célèbre proverbe, le coeur a ses raisons que la raison ignore. C'est pourquoi on peut tomber amoureux en un instant d'un être humain, quel qu'il soit. Mais comme l'indique Stéphane Brizé, un tel amour est difficile à assumer et cela peut avoir des conséquences dramatiques. Car dans cette fiction tout le monde souffre. Gageons que la grande lucidité dont fait preuve Stéphane Brizé reste un film et que les couples puissent continuer à communiquer et s'aimer.

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10.11.09

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Zombie commando

Malgré une intrigue pour le moins simpliste, et un budget que l'on devine plus que limité, ce Zombie commando parviendra à se montrer expansif dans un gore franc et régulier tout en maintenant une action rythmée et dynamique.
Le script va laisser une petite escouade à la solde d'un laboratoire ayant "égaré" un virus partir à la recherche de celui ayant volé le container, mais arrivé trop tard, le groupe va devoir faire face à une horde d'infectés cannibales.

Zombie commandoDans sa séquence d'introduction précédant le générique, le métrage va prendre place en Sibérie pour y suivre un chercheur en blouse blanche courir dans la neige, en possession d'une fiole contenant un virus et guetté par deux soldats qui vont bientôt l'abattre, mais l'un d'entre eux va décider de garder la fiole, dans l'espoir de devenir riche en la vendant, au lieu de la rendre au laboratoire à qui elle appartient, quitte pour cela à devoir se battre à mains nus avec son coéquipier et finalement le tuer de sang-froid. Cette petite séquence d'introduction sera déjà bien dynamique pour suivre de près l'action tout en posant les prémices de l'intrigue à venir.

Zombie commandoEnsuite, le métrage va nous présenter celui qui deviendra le personnage principal, Ash, un ancien collaborateur du laboratoire rappelé pour résoudre le problème posé par Craine Black, l'homme ayant volé le virus juste auparavant, mission que Ash acceptera malgré les ressentiments qu'il éprouve après s'être fait viré en étant surtout appâté par la somme offerte en échange de ses services. C'est ainsi qu'il va se retrouver à la tête d'un petit groupe comprenant outre lui-même Francis, une spécialiste en virologie, La Rocka, un baroudeur et Carter, un sniper habitué à prendre la le commandement et qui verra d'un mauvais œil de devoir laisser sa place de chef à Ash.

Zombie commandoMais pendant ce temps-là, Craine Black aura été infecté par le virus s'étant échappé de son container pour ne pas tarder à contaminer ceux qu'il va rencontrer, à commencer par deux psychopathes notoires qui vont croiser sa route à leurs dépends pour à leur tour se mettre à attaquer deux punkettes se rendant à une "party" donnée non loin de là. La trace de Black retrouvée, Ash et ses compagnons vont pouvoir passer à l'action avec pour destination cette forêt où Black est censé se cacher, mais avant de pouvoir espérer lui mettre la main dessus, ils vont d'abord devoir affronter les infectés, de plus en plus nombreux, agressifs et avides de chair humaine.

Zombie commandoLe métrage ne traînera pas pour lancer son action, la présentation des différents protagonistes étant réduite au strict minimum, même si l'intrigue s'attardera peut-être trop longuement et inutilement à retracer le passé de Ash au sein du laboratoire au cours d'une séquence de dialogue presque fastidieuse, qui heureusement sera ensuite suivie de situations plus rythmées et virulentes, avec notamment ces premières attaques mettant en avant des victimes hautes en couleurs qui feront des "infectés" parfaits. La partie centrale du film, se déroulant dans cette forêt relativement bien mise en valeur, sera surtout composée de "gunfights" particulièrement saignants puisque l'on ne comptera plus les têtes explosés, les impacts de balles éclaboussant les décors et même la caméra (souvent partie prenante à l'action), tandis que les zombies continueront de s'attaquer aux quidams ayant le malheur de les croiser, pour d'autres scènes sanglantes certes assez classiques (comme cet étripage obligatoire) mais bien volontaires et toujours graphiques.

Zombie commandoPar contre, l'intrigue restera hélas largement superficielle, souvent prévisible, notamment en faisant mourir au sein du groupe progressivement ceux ayant été le moins présentés pour évidemment laisser à un moment opportun laisser la rancœur de Carter ressurgir, celui-ci s'opposant alors sans raison valable à Ash, tandis que les rares passages tentant d'installer un minimum de suspense en faisant surgir des "infectés" non loin des vivants n'arriveront pas à atteindre leur but, le spectateur attendant plutôt le prochain effet sanglant. Enfin, la dernière partie se déroulant autour d'un chalet isolé n'aura pas l'ampleur attendue, notamment au niveau du duel final entre Ash et Black qui sera carrément expédié, presque bâclé.

Zombie commandoLes personnages demeureront quand même stéréotypés et superficiels malgré quelque maigre tentative d'insuffler à Ash une petite profondeur dans sa relation avec l'obligatoire femme du groupe, et l'ensemble bénéficiera d'une interprétation plutôt mitigée car en effet, si les principaux protagonistes seront campés avec sérieux et un aplomb presque surprenant dans ce type de production, les seconds rôles deviendront invariablement aléatoires par un jeu surfait ou perdant beaucoup de naturel. La mise en scène sera par contre plus probante, en suivant véritablement l'action de près, pour même laisser parfois la caméra y prendre part, s'essayant même à quelques effets osés (la balle suivie, par exemple). Les effets spéciaux resteront quand même le principal atout, par de multiples effets gores graphiques (même si quelque peu répétitifs) assez réalistes et ne souffrant d'aucune surenchère pourtant typiques des "splatters" allemands.

Donc, ce Zombie commando se suivra facilement, épaulé par un aspect sanglant omniprésent qui viendra en partie compenser la faiblesse de l'intrigue pour donner au métrage une efficacité certaine !

Zombie commandoLe DVD de zone 2 allemand édité par Euro cult avancera une image plutôt nette et ne comportant pas de défauts visibles, tandis que la bande-son sera convaincante, portée par une partition musicale plus que dynamique, le métrage étant ici proposé dans sa version allemande avec des sous-titres anglais.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un petit making-of revenant sur le tournage d'une séquence, un bêtisier assez amusant, une scène de dialogue heureusement coupée du montage final, un petit court-métrage vraiment anecdotique, la bande-annonce du film ainsi que celles d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce "splatter" allemand bien saignant et assez efficace, le DVD de zone 2 allemand est disponible ici ou commandable !

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07:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Jennifer's body
Réalisatrice : Karyn Kusama
Durée du film : 1h45
Date de sortie du film : 21 octobre 2009

Avec : Megan Fox (Jennifer), Amanda Seyfried (Needy), Johnny Simmons (Chip)

Par Nicofeel

Réalisé par Karyn Kusama mais surtout scénarisé par Diablo Cody (déjà scénariste de l'excellent Juno), Jennifer's body est une comédie horrifique un peu bizarroïde. Plus précisément, on a l'impression d'assister à un film hybride : moitié slasher et moitié teen movie.
Et c'est l'une des faiblesses évidentes du film : il n'est pas assez gore côté film d'horreur et il n'est pas assez drôle ou en tout cas pas assez prégnant sur le plan de l'étude psychologique côté teen movie.

A l'image de ce que sont capables de nous livrer les américains lorsqu'ils évoquent la question du sexe, le film n'assume jamais totalement cette question. Et c'est bien dommage. Le film est rempli de citations qui ont trait au sexe et qui sont révélateurs d'une société frustrée sur ce plan : pêle-mêle on nous parle de vagin, de vulve et de bite. Quant au personnage de Jennifer joué par le sex-symbol qu'est Megan Fox, il n'y va pas par quatre chemins : « Mon clito est plus long que sa queue » ; « Tu m'fais mouiller comme une fontaine » ; « C'est du gros matériel ». Le sexe est une notion fondamentale dans le film : c'est une chose qui est au centre des discussions de ces adolescents. La mignonne Amanda Seyfried, qui est la narratrice du film, et qui joue accessoirement le rôle de Needy, l'amie de Jennifer, est très sensible au fait de connaître sa première expérience sexuelle avec son petit ami. Cette question du rapport au sexe est plutôt bien vue. Malheureusement ce parti pris scénaristique pour le moins intéressant n'est pas du tout assumé au niveau de la mise en scène. On ne voit rien à l'écran. Soit les rapports sexuels se passent hors champ soit on nous montre uniquement des soutiens-gorges et des petites culottes. Le spectateur qui serait venu voir le film uniquement pour Megan Fox aura de quoi être déçu sur ce point car il ne verra que les décolletés et une petite culotte de la belle.

Et le fan de film d'horreur pourra lui aussi être largement déçu. Car là encore le film n'assume jamais son côté slasher. Les scènes horrifiques sont peu nombreuses et elles se déroulent souvent hors champ. C'est dommage car l'idée de la femme fatale avec Megan Fox qui joue le rôle d'une succube était bien vue à la base. On pouvait donc être enthousiaste avec un tueur qui se trouve pour le coup être une femme. Le problème est que le résultat à l'écran est bien fade. Le jeu de Megan Fox est en plus très limité et toutes les scènes horrifiques sont prévisibles. Seuls les effets spéciaux, relativement réussis, relèvent un peu le niveau côté scènes d'horreur mais cela reste à chaque fois particulièrement sage.

En somme, la cinéaste Karyn Kusama, qui disposait d'un scénario qui aurait pu lui permettre de faire un film qui s'élèverait de la production courante, s'est contentée de livrer un produit formaté, ô combien caricatural, à destination du public adolescent, et mâle de préférence.
Côté casting, si l'on retrouve en tête d'affiche Megan Fox, comme dit précédemment son jeu d'actrice laisse franchement à désirer. Il faut dire qu'elle n'est pas aidée avec ce rôle de femme allumeuse qui cache en elle un démon à l'énergie sexuelle vivace. Ce personnage n'a aucune finesse. On ne s'étonnera donc pas que la sympathique Amanda Seyfried vole la vedette à Megan Fox. D'abord, elle est la narratrice du film et on comprend au fur et à mesure que l'action avance pourquoi elle se retrouve dans un hôpital psychiatrique. Ensuite, son personnage de Needy bénéficie certainement le plus d'une étude psychologique. Et puis Needy est l'un des rares personnages qui relance un peu la dynamique avec un petit twist final agréable.

Cependant, la bonne prestation d'Amanda Seyfried ne peut pas faire oublier une trame qui effiloche au fur et à mesure que le long métrage s'avance. La fin du film, avec la séquence du bal, rappelle le chef d'oeuvre de De Palma, Carrie au bal du diable, mais de façon bien caricaturale.
Au final, en dépit d'un scénario situé largement au dessus de la moyenne des films horrifiques que l'on a l'habitude de voir, Jennifer's body est un film partiellement réussi (ou en partie raté, c'est selon) car sa réalisatrice s'est contentée de livrer au spectateur un produit formaté, et ce malgré des thématiques fortes qui auraient mérité de larges développements.

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09.11.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Saw 6
Réalisateur : Kevin Greutert
Durée du film : 1h30
Date de sortie du film : 4 novembre 2009

Avec : Costas Mandylor, Tobin Bell, Betsy Russell, Mark Rolston, Peter Outerbridge, etc.

Par Nicofeel

Après la surprise du premier Saw (2004), on nous sert chaque année au moment d'Halloween un nouvel épisode des aventures du Jigsaw. Si le premier épisode était assez original, il faut bien reconnaître que cela fait un moment que la franchise Saw s'est essoufflée. Mais bon, il faut croîre que tant que ces films rapportent de l'argent, on continuera à réaliser des suites pour le moins peu originales.
Saw 6 est réalisé par un parfait inconnu, Kevin Greutert, dont c'est le premier film. En fait, Kevin Greutert a été le monteur de Saw 2 à Saw 5. Cela promet déjà ! Et effectivement on ne tarde pas à comprendre que le film va être un nouveau ratage.
D'abord, le défaut le plus flagrant du film tient dans l'idée qu'il fait une nouvelle fois dans la redite. Pour celui qui n'a jamais vu les Saw, le film peut faire illusion (et encore), pour les autres la déception est de taille. Le film se veut une suite directe de Saw 5, qui peut cependant se suivre sans avoir vu les autres Saw. Le film Saw 6 (oui le jeu de mots est facile en français eu égard au titre du film !) est en fait un recopiage des autres films ou en tout cas du concept même de Saw. On navigue une nouvelle fois entre des tortures qui sont l'oeuvre du sadique Jigsaw et entre de nombreux flashbacks. John Kramer, à l'origine des tortures, est très présent alors qu'il est mort depuis belle lurette. Oui mais voilà on le voit au travers de nombreux flashbacks. Ces longs flashbacks, qui n'apportent tout de même pas grand chose à l'action du film, finissent par donner la désagréable impression que le réalisateur a vraiment besoin de meubler. Déjà que le film ne dure qu'une heure trente...
Film complètement impersonnel, Saw 6 nous offre des tortures qui font elles aussi dans le déjà vu. Ainsi, dès le début du film, on voit deux personnes (a priori des banquiers) qui sont emprisonnées et qui vont devoir donner de leur chair pour sauver leur vie.

Le reste de ce long métrage est lui aussi bien calibré et répond à un cahier des charges qui ne surprend pas du tout. Ainsi, on va suivre les traces d'un assureur pour le moins amoral qui va devoir faire des choix extrêmes pour sauver sa vie. Il va être confronté à quatre épreuves d'une durée totale de 60 minutes. Cette histoire, qui correspond à la trame principale du film, est vraiment très classique.
Quant à la méthode du jigsaw, elle commence à être bien connue : il s'attaque à des gens qui ont pêché ou qui en tout cas ont commis des actes qui peuvent être répréhensibles. Ainsi, on nous montre cet assureur sous un jour particulièrement peu flatteur. Cette personne est à l'origine d'une méthode de calcul pour décider quelles personnes peuvent être assurées ou non. Comme dans les précédents Saw, les personnages qui vont être victimes du jigsaw ont croisé la vie de John Kramer. Mais à force de tirer sur cette corde, les événements finissent par perdre en crédibilité et devenir abracadabrantesques. Et puis il faut bien voir qu'à force de ne présenter que des personnages pourris, le spectateur a bien du mal à ressentir la moindre émotion devant le spectacle qui lui est offert.
Ce spectacle est d'ailleurs, comme les autres opus, bien mal filmé. Le film est clippesque ô possible dans les scènes de tortures en multipliant les plans « cut » et en faisant varier rapidement les points de vue. Le cinéaste, qui veut donner de l'action à son film, ne fait que surligner des scènes qui auraient pu être efficaces en étant filmées de manière classique.

Mais ce n'est pas le dernier des défauts du film. On pourra aussi reprocher au scénariste d'avoir fait bien peu d'efforts. Le film est beaucoup trop explicatif. Il n'y a pas assez de zones d'ombre. On comprend trop rapidement ce qui va se passer. En outre, le tueur qui a poursuivi l'oeuvre de John Kramer, n'aurait pas dû être dévoilé dès le début. Or, c'est le cas. On nous signale clairement que le personnage de Mark Hoffman est le nouveau tueur. Non seulement ça n'est pas très intelligent de n'avoir pas fait preuve de plus de subtilité, mais en outre le jeu des acteurs est terrifiant de nullité.
Ainsi, le jeu des acteurs qui est globalement assez mauvais. On ne sent pas les acteurs concernés et on regrettera que les victimes aient l'air à peine étonnées de ce qui leur arrive. Costas Mandylor dans le rôle d'Hoffman mérite probablement sur ce point la palme, tant il ne laisse transparaître aucune émotion visible à l'écran. Pourtant, le personnage d'Hoffman est une nouvelle fois le survivant de Saw. On peut donc s'attendre à un Saw 7 l'année prochaine ! Aie, aie, aie !

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06.11.09

07:15:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Faccia di spia

Film aussi méconnu que polémique, ce Faccia di spia va prendre la forme d'un docu-fiction pour dénoncer de manière frontale et graphique les activités néfastes de la C.I.A., ici présentée sous un jour bien noir, prouvant au passage l'implication politique du réalisateur Giuseppe Ferrara qui n'hésitera pas à verser régulièrement dans l'abject et l'horreur.
Le script va suivre les coulisses des activités internationales de la C.I.A., pour mettre en avant leur activisme dans plusieurs événements mondiaux, tels que la mort de Che Guevara, le renversement de Salvator Allende au Chili ou même l'attentat contre le président Kennedy.

Faccia di spiaD'entrée, le métrage va se montrer sordide pour avancer ces soldats brandissant des têtes de vietcongs décapités pour se faire prendre en photos par des américains visiblement ravis. Et après quelques scènes volontaires accompagnant le générique, avec par exemple cet assassinat qu'un homme déguisé en suicide, le métrage va tout de suite mettre en parallèle la C.I.A. et différents événements, pour commencer avec ces émeutes sanglantes au Guatemala orchestrées pour renverser le gouvernement en place jugé communiste (opération surnommée PBSUCCESS) , mélangeant déjà (et comme ce sera fait tout au long de l'intrigue) images d'archives et scènes tournées reconstituant les événements, pour ensuite nous faire prendre part à l'inauguration des nouveaux bâtiments de la C.I.A. (ayant bien entendu coûté une fortune), revenant notamment sur la puissance des nombreux ordinateurs dont l'agence sera équipée.

Faccia di spiaEnsuite, le réalisateur s'occupera de faire le lien ayant pour lui existé entre certains membres de la C.I.A. et le meurtre du président américain Kennedy, laissant surtout des plans d'époque déjà vus venir nous faire revivre cet épisode tragique de l'histoire américaine tout en posant certaines questions prêtant largement à polémique avec cette corrélation mise en avant avec les événements du Cuba, ce qui permettra au film de faire une transition avec un nouvel épisode qui s'intéressera plus précisément au sort de la révolution bolivienne ayant entraîné la capture et l'exécution de Che Guevara.

Faccia di spiaCe segment sera largement plus étoffé pour suivre l'infiltration d'une demoiselle, Tania, qui va rejoindre la guérilla afin de rencontrer Che Guevara, pour ce qui ressemblera plus à une intrigue d'espionnage classique qu'autre chose, avec rendez-vous secret et filatures, jusqu'à l'arrivée dans la jungle où l'armée régulière bolivienne traquera les guérilleros, pour finir par arrêter un Che Guevara blessé à la jambe et qui sera finalement exécuté sans sommation sur ordre de la C.I.A., laissant même le réalisateur, après quelques images d'archives montrant des quidams venir se recueillir sur sa dépouille, mettre en scène une première séquence horrifique puisque nous verrons un médecin trancher littéralement la main du Che pour la conserver dans du formol.

Faccia di spiaMais ce ne sera rien comparé à ce qui va suivre, puisque, sous couvert de dénoncer les méthodes de tortures employées aux quatre coins du monde par la C.I.A., nous allons voir une jeune femme refusant de parler être frappée, dénudée, humiliée avec des jeux pervers (ses tortionnaires s'amusant par exemple à lui brûler les mamelons) pour être finalement attachée dans une posture pour le moins inconfortable et être violée. Mais ce ne sera pas tout, le réalisateur avançant ensuite un homme noir qui verra ses mains tranchées à la hache avant d'avoir un œil énuclée, avant de sombrer dans une dépravation terrible puisqu'un autre suspect assis nu aura une broche métallique enfoncée dans le pénis, broche qui sera ensuite chauffée à l'aide d'un briquet, tandis qu'en Orient, une femme aura une anguille vivante enfournée dans ses parties intimes et un homme aura le bras recouvert d'un bandage imbibé d'essence qui sera ensuite enflammé. Cette succession de courtes séquences extrêmes sera volontairement choquante, montrant ces sévices de manière directe et sans fard.

Faccia di spiaLa suite sera pour le coup bien plus "soft" avec ce militant italien anarchiste, arrêté suite à un attentat commandité par la C.I.A. (attentat dont nous suivrons l'exécution et ses conséquences macabres) pour permettre de démanteler ce groupe d'activistes, qui finira défenestré, la police annonçant par la suite un suicide, tandis que le réalisateur achèvera son métrage en mettant en avant l'aide apportée au général Pinochet au Chili dans son entreprise visant à renverser le président Salvator Allende, lui aussi "suicidé" lors des combats et dont le métrage exacerbera la volonté de la C.I.A. de falsifier une nouvelle fois la réalité. Et histoire de marquer une dernière fois les esprits, Giuseppe Ferrara laissera un dernier plan inoubliable venir clore le film qui verra les deux tours jumelles du World Trade Center suinter et dégouliner lentement de sang.

Faccia di spiaLa volonté dénonciatrice du réalisateur ne sera évidemment pas à prouver tant ses arguments seront flagrants, mais ce sera toujours en s'appuyant sur une réalité historique qu'il avancera les rouages ayant existé entre l'agence gouvernemental américaine et différentes dictatures sud américaines, mais pas seulement, puisque la Grèce sera aussi évoquée, tout comme le Vietnam ou encore le Congo, mais l'auteur privilégiera des épisodes forts et mettant en avant des personnages célèbres de l'histoire, Che Guevara et le général Pinochet en tête, l'épisode italien n'évoquant pas spécialement grand-chose pour qui ne connaît pas en profondeur l'histoire du pays.

Faccia di spiaLa méthode employée par Giuseppe Ferrara se révélera être payante, car cet habile mélange d'images d'archives (lorgnant régulièrement du côté des "Mondos" alors à la mode) et de fiction imprimera un élan de véracité dans les faits abordés sous un jour pas franchement objectif, la sympathie communiste de l'auteur ne faisant aucun pli, pour inciter le spectateur à prendre lui aussi partie et être dégoûté par les activités de la C.I.A. qui au nom du profit capitaliste et de l'hégémonie américaine, ne va pas hésiter à tuer, torturer et comploter contre les libertaires de tout poil. Par ailleurs, les reconstitutions historiques resteront toujours crédibles, avec des interprètes ressemblant franchement aux personnages célèbres qu'ils vont incarner, pour ainsi donner un écho parfait aux images d'époques présentes dans le métrage.

Faccia di spiaMais on retiendra surtout la volonté provocatrice du réalisateur, qui, en l'espace de cinq minutes, va avancer les pires sévices imaginables, avec une connotation sexuelle très forte et une fougue graphique terrible et dévastatrice précurseur des débordements italiens à venir, bien que reprenant à son compte certains aspects de la série des Mondo cane du duo Cavara/ Jacopetti en plaçant régulièrement le spectateur en position de voyeur d'images réelles sordides. Et ce dernier plan définitivement agressif laissera un sentiment plus qu'étrange de nos jours après les événements du 11 septembre, en ensanglantant le symbole ultime des U.S.A., vingt-six avant la réalité.

Faccia di spiaLes parties reconstituées bénéficieront d'une interprétation convaincante, aussi bien pour les "sosies" des personnages dominants que pour tous ces seconds rôles qui viendront exister le temps de l'un ou l'autre des épisodes du métrage, tandis que la mise en scène du réalisateur restera adaptée aux situations pour suivre aussi bien les séquences de dialogues de manière insistante que pour coller à l'action. Les effets spéciaux qui vont parsemer le métrage et notamment ces cinq minutes d'horreur absolue seront terriblement réalistes pour rester de fait dans le ton d'authenticité voulu pour le métrage.

Donc, ce Faccia di spia restera une expérience particulière mais largement édifiante qui donnera envie de se plonger dans les manuels d'histoire pour vérifier l'horrible véracité des faits avancés !

Faccia di spiaLe DVD de zone 2 allemand édité par Multivision avancera une image nette et ne connaissant que quelques défauts d'origine guère gênants, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale sachant se montrer discrète, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise ou italienne, avec des sous-titres optionnels en allemand.
Hélas, au niveau des bonus, il faudra se contenter de la bande-annonce originale en italien, uniquement accompagnée par celle d'un autre titre proposé par l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient se plonger dans les activités troubles de la C.I.A., le DVD de zone 2 allemand est disponible ici ou !

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05.11.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Offspring

Adapté d’un roman de Jack Ketchum (qui signa lui-même le scénario), ce Offspring avait pourtant toutes les cartes en main pour devenir un bon film terrifiant, glauque et sanglant mais hélas, il n’en sera rien, la faute à une mise en scène déficiente, à des personnages sans saveur et seules quelques situations sordides ou gore parviendront vaguement à avoir un minimum d’impact.
Le script va suivre l’attaque d’une famille par une bande de cannibales dégénérés vivant cachés dans les bois.

OffspringAprès un générique avançant par la biais de coupures de journaux la disparition d’un gardien de phare et de sa famille ainsi que des disparitions se succédant depuis la fin du dix-neuvième siècle jusqu’à nos jours, le métrage va commencer à mettre en scène ses personnages principaux et en premier lieu David, un concepteur graphique par ordinateur qui va faire une pause nocturne dans son travail et prendre l’air sur sa terrasse pour voir surgie une demoiselle habillée comme une sauvage qui va le regarder fixement avant de prendre la fuite sans se presser. Ensuite, l’intrigue va véritablement rentrer dans la vif du sujet en suivant une première attaque, celle d’une femme ivre rentrant chez elle après une soirée de beuverie, pour découvrir le corps sans vie de sa baby-sitter et être sauvagement attaquée par une bande de gamins également vêtus comme des primitifs.

OffspringCette agression n’atteindra pas franchement son but, les gamins n’ayant jamais l’air menaçant malgré leur apparition dans cette cuisine couverte de sang et de morceaux de cadavres qui sera bientôt examinée par des policiers accompagnés de Goerge, un ancien flic appelé à la rescousse car ce crime va rappeler aux enquêteurs d’autres affaires similaires non élucidées mettant vraisemblablement en cause les descendants cannibales de la famille d’un gardien de phare disparu avec les siens sans laisser de traces et qui écumeraient la région à la recherche de viande fraîche. L’origine des agresseurs sera ainsi expédiée le temps d‘un bref dialogue, tout comme le sera la présentation des différents autres protagonistes puisque nous allons ensuite retrouver David, cette fois-ci en présence de sa femme, Amy, à qui il va raconter sa rencontre nocturne, mais sans y prêter d’importance, alors que peu après, vont débarquer chez eux une amie d’Amy, Claire et son fils Luke, venus passer quelques jours sur place.

OffspringL’intrigue ne s’attardera sur ces protagonistes qui brièvement, le temps d’avancer la situation de divorcée de Claire, dont le mari, Stephen, un alcoolique notoire sadique sera comme par hasard en route pour rejoindre la ville et y retrouver Claire, ce qui nous vaudra une séquence complètement débile de présentation de ce Stephen qui va prendre en stop une punkette gothique pour tenter de l’amadouer et de la tripoter avant de la larguer au bord de la route. Cette réticence du réalisateur à essayer de donner une quelconque profondeur à ses personnages sera bien évidemment nuisible à l’intérêt que le spectateur va ensuite porter à leurs déboires qui ne vont pas tarder puisqu’à la nuit tombée, le carnage va pouvoir commencer.

OffspringEn effet, alors que les trois adultes prenaient tranquillement un verre, on va frapper à la porte, obligeant David à se déplacer pour ouvrir et voir tomber au sol la sauvageonne ensanglantée vue en introduction (et par ailleurs déjà avancée lors d’une séquence la présentant comme une adepte de l’auto-flagellation). David va forcément chercher à lui porter secours mais ce sera pour se faire aussitôt mordre copieusement au cou, tandis que d’autres assaillants vont pénétrer dans la maison par les fenêtres, lançant de la sorte une longue nuit de chasse et d’horreur à laquelle tout ce petit monde sera mêlé, aussi bien George et quelques policiers continuant leur traque des cannibales pour devenir eux aussi victimes, que Stephen, arrivé sur place et lui aussi attaqué.

OffspringMais hélas, l’intrigue se contentera de situations sans ampleur ni saveur pour alimenter des rebondissements trop souvent prévisibles et anodins, les attaques surprises restant systématiquement téléphonées et ne pourront compter que sur la violence gore pour avoir un minimum de valeur, tandis que les visites dans l’antre des cannibales n’arriveront pas à avoir l’impact recherché, malgré des décors glauques et quelques situations désirant trop fortement et facilement provoquer le dégoût ou offenser le spectateur par ces détails scabreux aisés mais sans jamais recevoir l’aplomb nécessaire. En effet, le métrage aura beau laisser la sauvageonne enfourcher un prisonnier devenu débile pour le violer, alors que plus tard ce sera Amy qui sera sujette à la violence sexuelle des cannibales, rien n’y fera et ces séquences resteront stériles et sans aucun effet, même lorsque Claire sera salement agressée, dénudée et mordue par ses tortionnaires jusque dans son intimité, aucune émotion ne viendra s’emparer du spectateur, qui se demandera surtout le pourquoi de ces violences définitivement gratuites mais même pas jouissive.

OffspringEn plus, les situations auront tendance à se répéter et à tourner en rond autour de la caverne des cannibales, sans jamais que leur volonté d’avoir avec eux des bébés qu’ils enlèvent à leurs victimes soit explicitée, ruinant ainsi de fait le final faussement mouvementé et leur peur de voir un des nouveaux nés malmené, et seule la violence régulièrement qui fera parfois très mal parviendra à se montrer à la hauteur, surtout en s’attaquant à des enfants, les coups portés par les primitifs étant foncièrement méchants et même parfois vicieux, laissant la métrage comporter son quota de plans sanglants, mais sans que ceux-ci soient réellement graphiques ou démesurés, il faudra compter sur les nombreux détails macabres et malsains de l’antre pour parvenir à trouver quelques originalités, et encore…

OffspringLes personnages resteront donc définitivement stéréotypés, entre l’ancien flic reprenant du service, le mari attentionné qui contrastera complètement avec l’alcoolique vicieux et gouailleur, tandis que les deux femmes rivaliseront de vacuité, tant leurs personnalités demeureront creuses et insignifiantes. Comment le réalisateur pouvait-il espérer nous faire trembler face à leurs mésaventures après cela ? En plus l’interprétation sera commune, sans aucun charisme, même venant de la part de Art Hindle qui lui aussi sera décevant, tandis que la mise en scène du réalisateur restera morne, presque télévisuelle pour ne jamais s’énerver ou parvenir à donner de l’ampleur aux temps forts du film. Les effets spéciaux sanglants seront par contre probants pour quelques morsures saignantes et autres gros plans sur ces cadavres mutilés.

Donc, ce Offspring aura tout du rendez-vous manqué pour Jack Ketchum qui ne retrouvera pas l’ambiance perverse t trouble de The girl next door pour sombrer dans la facilité et balancer des situations se voulant sordides sans aucun profondeur ni implication de la part du spectateur ! Dommage…

OffspringLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate dans sa collection Ghost House Underground avancera une image nette et sans défaut notable, même lors des nombreuses séquences se déroulant dans l’obscurité, tandis que la bande-son sera cohérente, avec une partition musicale trop discrète et tentant en vain de se montrer étrange, le métrage étant ici proposé dans s a version anglaise avec des sous-titres optionnels en anglais et en espagnol.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un making-of intéressant revenant bien sur la globalité du projet et son tournage, complété par un petit module sur une arrestation présumée ayant eu lieu pendant le tournage et par une série de webisodes bien plus sympathiques et attrayants. Viendront ensuite une galerie de photos assez conséquentes, la bande-annonce du film, une version du script imprimable, un petit montage musical issu des bandes-annonces des quatre nouveaux titres de la collection dont nous pourrons découvrir les "vraies" bandes-annonces séparément.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette adaptation de Jack Ketchum quand même assez médiocre alors que le sujet était porteur, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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03.11.09

11:55:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Tragic ceremony

Pour ce qui fut l'un de ses derniers longs métrages, le réalisateur italien Riccardo Freda nous livre avec ce Tragic ceremony une œuvre étrange, vaporeuse et misant bien plus sur son ambiance, ce qui se fera hélas au détriment d'une intrigue confuse et brouillonne.
Le script va laisser un petit groupe de hippies trouver refuge, suite à une panne d'essence, dans un manoir où les châtelains organisent une messe noire et vont voir dans la fille du groupe une victime à offrir en sacrifice à Satan.

Tragic ceremonyLe métrage va directement nous présenter ses personnages principaux, quatre jeunes gens que nous découvriront à bord d'un voilier pour une excursion en mer, le temps de cerner rapidement chacun, et tout d'abord Bill, un "fils à papa" dont le père est propriétaire du bateau et qui aura bien du mal à répondre aux questions sur la navigation posées par Fred et Joe, tandis que Jane, la seule demoiselle de la bande semblera se désintéresser complètement de ces échanges. Nous retrouverons ensuite le quatuor sur la terre ferme autour de leurs tentes pour continuer les présentations, avançant notamment le fait que Fred et Joe profitent de l'argent de Bill sans beaucoup de scrupules, tandis que ce dernier sera visiblement attiré par Jane, au point de lui offrir un collier de perles destiné en première intention à sa mère mais refusé par celle-ci suite à une histoire de possession démoniaque de la dernière propriétaire du collier.

Tragic ceremonyCette entame du métrage ne sera guère entraînante, installant d'entrée un faux rythme langoureux qui perdurera par la suite, pour en plus manquer de rigueur dans l'agencement de ce flash-back destiné à nous expliquer l'origine du collier qui aura vaguement une importance par la suite. Les ennuis ne vont pas tarder à commencer pour le groupe lorsque leur Buggy va tomber en panne d'essence, les obligeant à pousser leur véhicule jusqu'à cette station-service tenue par un homme réfractaire à leur servir du carburant faute de pièce d'identité, mais qui va finalement leur en fournir un minimum suite à la demande de Jane, désireuse de ne pas rester bloquée en plein air surtout qu'un orage menace. Ce sera cet orage qui va pousser Bill et ses amis à vouloir trouver refuge dans une propriété où le maître des lieux, Lord Alexander, va les accueillir et leur proposer de rester pour la nuit, mais en s'installant dans la partie de la demeure réservée aux domestiques, absents ce jour-là, sous prétexte de la présence d'autres invités dans la demeure.

Tragic ceremonyC'est alors que fera irruption Lady Alexander qui va littéralement prendre sous sa coupe Jane pour l'entraîner dans une autre chambre et lui proposer de prendre un bain, ce qui donnera l'occasion au réalisateur de dénuder brièvement son actrice principale, alors qu'en parallèle nous découvrirons les invités de Lord Alexander, les membres d'une secte satanique s'apprêtant à célébrer une messe noire bien dans la tradition avec ces symboles macabres ou encore ces cierges noirs. Les trois hippies resteront quant à eux à leur place, pour commencer par manger et jouer aux cartes avant de trouver l'absence de Jane bien longue, celle-ci ayant entre-temps quitté son bain et sa chambre pour descendre à la cave où se tient la messe noire.

Tragic ceremonyPartis à la recherche de Jane, Bill, Fred et Joe vont eux aussi rejoindre cette cave pour arriver juste à temps pour sauver Jane, étendue sur l'autel et prête à être sacrifiée par Lady Alexander, bill devant même retourner contre Lady Alexander son couteau qui la tuera, déclenchant une folie meurtrière chez les adeptes de Satan qui vont alors s'entretuer gaiement lors d'une séquence très sanglante, mais surtout surréaliste et démentielle, qui restera comme le seul véritable temps fort du métrage, avec cette tête coupée en deux à l'épée, mais aussi par cette décapitation sauvage ou encore cette femme plongeant dans les flammes, le tout filmé de manière saccadée et tressautante. Les jeunes réussiront à s'enfuir, mais ce n'est pas pour autant qu'ils seront au bout de leurs peines puisque le mauvais sort s'acharnera sur eux jusqu'au final qui tentera de donner une explication "scientifique" aux débordements improbables survenus auparavant.

Tragic ceremonyBien découpé en deux parties distinctes, le métrage aura pourtant bien du mal à captiver son spectateur dans son introduction morne et n'avançant que des personnages superficiels au possible, dont les déboires mécaniques n'auront rien de passionnants, même si cette rencontre avec ce pompiste étrange entraînera par la suite une des situations les plus intéressantes (mais qui sera complètement sous-exploitée) du film et ce sera lui qui les orientera vers la demeure maudite. Dans le même état d'esprit, le métrage traînera en longueur pour suivre l'oisiveté de Bill et de ses deux collègues restés avec lui une fois arrivés chez le Lord Alexander, jusqu'à devenir presque fastidieux lorsque le réalisateur les filmera en train de manger ou de jouer aux cartes.

Tragic ceremonyMais heureusement, cette séquence définitivement folle du massacre au cours de la messe noire viendra secouer quelque peu le spectateur de sa torpeur pour hélas le laisser y retomber plus ou moins avec par la suite toute une série de situations souvent absurdes (les deux policiers sortis de nulle part) ou confuses et qui ne trouveront qu'une justification hasardeuse lors du final, tout en laissant quand même quelques passages graphiques venir entretenir l'intérêt. Face à ce rythme en dents de scie, le spectateur n'aura aucun mal à déceler la volonté du réalisateur de privilégier l'atmosphère étrange qui englobera l'ensemble du film pour un mélange de modernisme et de gothique qui lui restera parfaitement maîtrisé.

Tragic ceremonyEn effet, passé la présentation résolument moderne des personnages et dès l'arrivée au manoir de lord Alexander, une ambiance gothique va s'emparer du métrage, laissant les chandelles et autres cierges investir les lieux, nous gratifiant ainsi d'une séquence traditionnelle de traversée de couloir par une Jane envoûtée et éclairée par ces seules bougies tandis que voleront au gré du vent ces rideaux intérieurs, le tout sous les éclairs et le tonnerre de l'orage grondant, les éléments propres à la messe noire restant eux aussi profondément ancrés dans la tradition du genre pour ainsi parvenir à avoir un minimum d'impact, même si l'utilité de nous repasser lors du dernier acte une bonne partie du massacre pourra être contestée, surtout que ce plan gore de la tête coupée en deux sera resservie au moins quatre fois en l'espace de quelques minutes.

Tragic ceremonyLes personnages resteront stéréotypés et superficiels, à l'exception de Jane et de bill qui seront vaguement plus travaillés, l'ensemble bénéficiant d'une interprétation cohérente mais sans réelle présente à l'écran autre que celle de Camille Keaton (pas encore martyrisée par Meir Zarchi dans I spit on your grave, tandis que la mise en scène de Riccardo Freda manquera quand même régulièrement de style et d'harmonie, mais tout en réussissant quelques séquences fortes, comme également cet extrait de journal télévisé impactant et on pourra apprécier son insolence à garnir le métrage de plans sanglants plus que généreux qui certes resteront basiques et parfois rudimentaires, mais tout en étant volontaires, graphiques et même étonnants pour cet effet de tête coupée.

Donc, ce Tragic ceremony, qui jouira d'une petite notoriété du fait de sa rareté passée, s'avérera être bien confus, d'une crédibilité douteuse, mais tout en arrivant à installer une ambiance étrange et spéciale !

Tragic ceremonyLe DVD de zone 1 édité par Dark sky Films avancera une image nette et ne connaissant pas de défaut visible, tandis que la bande-son sera plutôt convaincante malgré une partition musicale terne et sans emphase, le métrage étant ici proposé dans sa version originale italienne avec des sous-titres optionnels en anglais.
Au niveau des bonus, on pourra visionner la bande-annonce originale du film, et suivre une interview de Camille Keaton qui reviendra sur sa carrière et surtout sur ses films européens, tout en évoquant également sa collaboration avec Riccardo Freda.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce film étrange et atmosphérique, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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02.11.09

10:05:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

La rentrée à peine passée, les éditeurs DVD nous ont déjà donné au cours de ce mois d’octobre qui s’est achevé un avant-goût des fêtes de fin d’année avec d’innombrables coffrets sortis ou à venir, et bien entendu le genre horrifique n’a pas été épargné, avec des coffrets thématiques par auteur (Stephen King, David Cronenberg, par exemples) ou regroupant tout simplement des titres récents. En dehors de ces coffrets, le mois a été plutôt chiche, avec surtout des ressorties en DVD ou en Blu-ray et quand même quelques inédits intéressants et des titres largement attendus.

Vendredi 13
Doom

Au niveau des ressorties, Warner Home Video profitera de la relecture récente de vendredi 13 par Marcus Nispel pour nous proposer en Blu-ray l’original de 1981 dans une édition qui enterra facilement le DVD grâce à des bonus largement plus conséquents et proposant notamment les scènes inédites coupées du montage final. Bien plus anecdotique, Universal offrira à Doom une seconde chance avec également une édition Blu-ray, au mitigé Hannibal et à l’excellent Les fils de l’homme.

Hellraiser
Stag night

Europa revisitera l’ancien catalogue de TF1 Vidéo en éditant les deux premiers volets de la franchise des Hellraiser ainsi que le quatrième pour de nouvelles éditions dont le principal intérêt restera le prix plus que modique, tout en laissant le très moyen Creepshow 2 revenir tenter le chaland. Mais l’éditeur proposera également l’inédit Stag night et ses clochards assassins pour un résultat semble-il efficace et bien saignant et Humains pour un mélange d’aventures et de "survival" largement "autre" et étrange.

Ghosts of Mars
The chaser

M6 Vidéo, tout en continuant de recycler en Blu-ray son catalogue avec ce mois-ci l'excellent Ghosts of Mars de John Carpenter, le terrifiant Intuitions de Sam Raimi ou encore Le fils de Chucky, avancera The chaser et son ancien flic devenu proxénète traquant un serial-killer pour un résultat terrible, graphique et malgré tout parfois comique.

The cell 2
Les cavaliers de l'apocalypse

Pour Seven 7, ce mois d'octobre aura été l'occasion d'offrir à Silent hill une édition en Blu-ray, ce qui rehaussera le niveau et compensera quelque peu la sortie de très moyen (mais certainement moins pire que prévu) The cell 2 et sa banale enquête policière uniquement mâtinée de quelques visions histoire d'assurer un minimum la filiation avec son prédécesseur, et celle de l'inutile Les cavaliers de l'apocalypse qui n'engendrera probablement que l'ennui tout en n'étant même pas graphique en ces temps de "torture flicks".

Dark floors
Last and the living

Au rayon des inédits, Action & communication donnera sa chance au Dark floors (par ailleurs disponible avec le "Mad Movies" du mois) initié par le groupe métal finlandais Lordi qui avait crée la sensation au concours de l'Eurovision en 2006 et dont l'édition en zone 1 a déjà été traité ici, ainsi qu'au néo-zélandais Last and the living qui flirtera avec la comédie pour un film de zombie appréciable et souriant malgré son petit budget.

Les intrus
La dernière maison sur la gauche

Enfin, les remakes auront eu droit de cité ce mois-ci, avec l'édition de Dreamworks de transposition américaine du pénible Deux sœurs asiatique qui deviendra ici Les intrus sans parvenir néanmoins à passionner ou à effrayer son spectateur du fait de sa prévisibilité absolue.
Bien plus attendue, la relecture de La dernière maison sur la gauche pourra venir confirmer l'étendue de sa réussite grâce au DVD et au Blu-ray d'Universal qui s'avérera être une très bonne surprise en ayant conservé l'ambiguïté, le sadisme et la folie de l'original.

Donc, si ce mois-ci n'aura pas été véritablement palpitant, le rendez-vous est déjà pris pour novembre, mois qui on l'espère se montrera plus généreux et prolifique pour appâter l'amateur !

Vendredi 13 (1980) (Blu-ray)

Vendredi 13 (1980) (Blu-ray)
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Doom (Blu-ray)

Doom (Blu-ray)
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Hannibal (Blu-ray)

Hannibal (Blu-ray)
Fnac à 12.79€
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Les fils de l'homme (Blu-ray)

Les fils de l'homme (Blu-ray)
Amazon à 12.73€
Fnac à 12.79€
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Hellraiser : Le pacte

Hellraiser : Le pacte
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Hellraiser IV : Bloodline

Hellraiser IV : Bloodline
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Creepshow 2

Creepshow 2
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Stag night

Stag night
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Ghosts of Mars (Blu-ray)

Ghosts of Mars (Blu-ray)
Amazon à 12.99€
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Intuitions (Blu-ray)

Intuitions (Blu-ray)
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Le fils de Chucky (Blu-ray)

Le fils de Chucky (Blu-ray)
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The chaser / 2 DVD

The chaser / 2 DVD
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The chaser (Blu-ray)

The chaser (Blu-ray)
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The cell 2

The cell 2
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Les cavaliers de l'apocalypse

Les cavaliers de l'apocalypse
Amazon à 1.8€
Fnac à 9.09€
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Les cavaliers de l'apocalypse (Blu-ray)

Les cavaliers de l'apocalypse (Blu-ray)
Amazon à 6.99€
Fnac à 13.13€
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Dark floors

Dark floors
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Last of the living

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Les intrus

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30.10.09

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Scarce

"Survival" teinté de "torture-flick" indépendant, ce Scarce n'offrira certes que peu d'originalité au sein d'une intrigue codifiée, mais arrivera sans mal à devenir captivant et même parfois dérangeant, aussi bien grâce à une violence gore bien présente et sadique que par son ancrage au milieu d'un hiver rigoureux qui a du rendre son tournage largement harassant.
Le script va laisser un trio de jeunes rentrant d'un séjour à la neige tomber entre les mains de deux cannibales bien décidés à en faire leur dîner.

ScarceLe métrage se montrera tout de suite surprenant et fascinant avec cette première séquence avantageuse suivant en plans serrés et courts un homme chevelu et barbu, entièrement nu et couvert de sang et de blessures courant dans une forêt montagneuse le souffle court et visiblement complètement déboussolé et apeuré pour bientôt escalader quelques rochers et disparaître de l'écran afin de pénétrer dans une grotte pour bientôt se mettre à pousser des hurlements de terreur atroces. Cette entame du film plongera directement le spectateur dans une ambiance lourde et graphique qui contrastera plus que frontalement avec la légèreté de la présentation des personnages principaux qui va suivre.

ScarceEn effet, ce sera sur un mode volontairement "fun" de nous allons faire la connaissance de Trevor, Dustin et Owen, trois jeunes gens en vacances dans le Colorado pour y faire du surf des neiges qui nous allons notamment découvrir lors de leur dernière soirée sur place pour une fiesta qui mettra en évidences les particularités de chacun, accro à la drogue douce pour un Trevor fumeur de pétards, dragueur pour Dustin qui trouvera sans mal une minette, tandis que Owen restera à l'écart. Bien que traînant quelque peu en longueur cette mise en place des protagonistes restera vive et délivrera un humour certes assez grossier mais qui restera quand même plutôt souriant tout en nous gratifiant de quelques plans érotiques définitivement gratuits.

ScarceEnsuite, nous allons retrouver ce trio s'apprêtant à prendre la route du retour chez eux, pour quelques séquences de dialogues dans leur véhicule qui vont parachever la présentation sans pour autant réussir à rendre ces personnages attachants ou même véritablement sympathiques, tandis qu'une tempête va menacer sérieusement leur périple de retour, les obligeant même à un arrêt dans un snack miteux dont les deux réalisateurs s'amuseront à gonfler l'aspect répugnant (le cuisinier crachant sur ses œufs en train de cuire, par exemple), avec en prime des clients guère engageants, crasseux et suspicieux, qui symboliseront de manière caricaturale les "rednecks" campagnards.

ScarceAvant qu'une brève altercation éclate, Owen aura eu le temps de demander à un quidam le chemin d'un gîte afin qu'ils puissent s'arrêter pour la nuit, et ce sera en suivant les indications de cet homme qu'ils vont avoir un accident envoyant leur voiture dans le décor, mais surtout blessant Trevor sérieusement à la jambe. Les deux autres vont bien entendu se mettre en quête de secours dans ce milieu isolé pour rapidement tomber sur une baraque désertée de tout habitant qu'ils vont commencer à inspecter à la recherche d'un téléphone, bientôt stoppé dans leur quête par l'arrivée du propriétaire des lieux, Ivan, un homme d'un certain âge à l'allure sèche et menaçante mais dont le ton doucereux tranchera pleinement avec la violence verbale des autochtones vus lors de l'arrêt au snack. Cet homme se proposera immédiatement d'aider les jeunes, d'abord en retournant à leur véhicule pour découvrir, de manière attendue, que Trevor a disparu, puis en leur proposer de passer la nuit chez lui, la tempête menaçant toujours, avant le lendemain de les conduire en ville.

ScarceL'intrigue s'installera alors durablement dans la tanière de cet homme vivant seul après le décès de sa femme et ne vivant que de sa chasse, personnage qui sera évidemment inquiétant derrière ses attentions prévenantes, notamment lorsqu'il évoquera la nourriture qu'il donnera à ses invités, cette première partie étant bientôt terminée lorsque Ivan va assommer successivement les deux jeunes au petit matin, pour laisser enfin le métrage se corser et réellement devenir impactant, puisque cette longue mise en situation du métrage aura eu tendance à s'éterniser sur des situations pas toujours convaincantes et surtout ne laissant aucun doutes dans l'esprit du spectateur quant aux intentions de ce Ivan.

ScarceLa seconde partie du film verra donc Owen et Dustin être attachés et malmenés dans la cave d'Ivan, bientôt rejoint par celui qui lui servira de "bras droit", Wade, un homme corpulent et franchement menaçant qui prendra un malin plaisir à faire subir quelques sévices graphiques (arrachage d'ongles par exemple) à ses victimes tout en officiant comme "boucher" puisque ce sera lui qui s'occupera de "vider" et de découper en morceaux lors d'une scène très saignante le pauvre Trevor qui aura été cueilli dans la voiture. Et même si l'intrigue avancera quelques situations classiques (avec notamment cette brève tentative de fuite rapidement avortée), ce sera lors de son dernier acte que le métrage parviendra à se montrer original, en laissant Ivan et Wade relâcher Owen et Dustin pour ensuite les prendre en chasse dans cette montagne enneigée.

ScarceMalgré son intrigue globalement classique et ses protagonistes assez fades, le métrage arrivera quand même à captiver son spectateur dès l'entame de sa seconde moitié en investissant un univers carrément glauque, malsain et que le comportement d'Ivan et de son ami Wade viendront compléter de manière efficace, puisqu'ils considéreront véritablement leurs victimes comme de la nourriture qu'il faut goûter et laisser reposer avant de tuer. Mais surtout, le duo de réalisateurs parsèmera le film de quelques idées originales comme lorsqu'ils reviendront sur la destinée de précédentes victimes pour de courts flash-backs marquants ou surtout lors de cette sévère partie de chasse à l'homme prenant place dans des décors enneigés et glaçant, parcourus par les deux victimes en tee-shirts et caleçons, les pieds nus, tandis que pour son final le métrage reviendra parcourir un univers sadique et pervers emprunté au Hostel d'Eli Roth de manière volontaire et éprouvante.

ScarceLes personnages resteront donc superficiels et guère fouillés, notamment les trois jeunes qui serviront de victimes, tandis que les deux cannibales seront plus impactants et viscéraux, même si le métrage prendra une tournure involontairement comique lorsque Wade se munira d'un masque ridicule pour s'en aller torturer ses victimes, bien que le spectateur pourra être amené à penser qu'il s'agira là d'un clin d'œil (pour le coup bien trop appuyé) des auteurs au "slasher", l'ensemble bénéficiant d'une interprétation de qualité (avec les deux réalisateurs qui joueront les premiers rôles), sans surjouage. La mise en scène du duo de réalisateurs canadiens est assez dynamique lors de scènes d'action parfaitement rendues et arrivant à nous communiquer cette impression de froid glacial, mais hélas l'exposition sera bien trop longue pour devenir presque fastidieuse et redondante, sentiment qui sera réitéré lorsque nous appréhenderons plus en avant le mode de vie des cannibales. Les effets spéciaux resteront sans hésiter un des atouts du métrage en étant volontaires, graphiques et d'un réalisme sanglant étonnant tout en demeurant toujours généreux et même parfois originaux.

Donc, ce Scarce, s'il ne sera pas exempt de petits défauts, arrivera sans mal à se montrer virulent et dérangeant dans sa seconde partie sanglante, glauque et même un brin sadique !

ScarceLe DVD de zone 1 édité par Critical Mass Releasing avancera une image nette et sans défaut visible même lors des séquences se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera plutôt efficace, avec une partition musicale adaptée aux différentes situations et surtout aux différentes ambiances parcourant le métrage, celui-ci étant proposé uniquement dans sa version originale anglaise, sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un excellent making-of revenant largement sur les difficultés rencontrés lors du tournage, notamment avec ce froid abominable, qui prouvera bien l'implication de toute une équipe largement soudée qui aura ici la parole pour également revenir sur l'origine du projet ou sur les effets spéciaux, la bande-annonce du sympathique End of the line venant clore ces bonus certes peu nombreux sur le papier mais vraiment intéressant et donnant même une ampleur accrue au métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir ces cannibales assassins d'un genre particulier, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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29.10.09

06:50:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Clones
Réalisateur : Jonathan Mostow
Durée du film : 1h25
Date de sortie du film : 28 octobre 2009
Avec : Bruce Willis (Agent Greer) ; Radha Mitchell (Agent Peters), etc.


Par Nicofeel

Auteur de l'excellent thriller Breakdown et d'un Terminator 3 qui a divisé tant la critique que le public, Jonathan Mostow nous revient avec une thématique qui lui tient particulièrement à coeur avec le film Clones.
Adapté d'un roman intitulé The Surrogates (le titre original du film), Clones rappelle évidemment Terminator 3. Surtout que le film multiplie les scènes d'action à grand spectacle. Par sa thématique, le film n'est pas non plus sans rappeler l'oeuvre de Philip K. Dick et notamment le fabuleux Blade Runner.
Clones réussit aussi à intéresser par une certaine originalité. En effet, on n'avait pas encore vu dans un film de science-fiction se développer la notion du clone robotisé qui finit par faire le travail et les occupations de tout un chacun. Critiquant sans vergogne une société qui ne cesse d'utiliser les nouvelles technologies et qui finit par là même d'enfermer l'homme dans un cercle infernal, Clones n'y va pas avec le dos de la cuillère.
Il faut dire que le constat est assez effrayant. Dans ce film on nous montre des êtres humains qui ne vivent plus que par procuration (thématique que l'on retrouve dans le sublime Strange days de Kathryn Bigelow) et qui n'osent plus affronter la réalité en face. Ils ont leurs clones, plus jeunes, plus robustes qui font toutes leurs tâches quotidiennes à leur place.
Dans cette société où peu d'êtres humains ont choisi de vivre sans clone, c'est le culte de l'apparence qui prédomine et bien évidemment la communication entre les êtres humains a été réduite à sa plus simple expression.

Le film de Jonathan Mostow vaut non seulement par cette thématique autour de l'être humain et son devenir dans le futur mais également par son scénario qui prend des allures de thriller.
Tout au long du film, on voit les agents Greer et Peters (joués respectivement par Bruce Willis et Radha Mitchell) qui enquêtent autour de meurtres étranges qui ont lieu sur des êtres humains. En effet, normalement si le clone meurt, l'être humain bénéficie d'une sécurité qui l'empêche de décéder à son tour. Mais dans le film on comprend bien vite qu'une personne malveillante en veut aux clones mais aussi aux hommes qui choisi d'avoir ces mêmes clones.
Comme souvent, Bruce Willis est très efficace dans le rôle de cet homme qui va tenter d'élucider ce mystère.

Son personnage est également intéressant dans le sens où il montre la difficulté de réapprendre à vivre une fois que l'on est obligé de faire ce qui était jusque-là dévolu à son clone.
En fait, on regrettera surtout que Jonathan Mostow insiste avant tout sur les scènes d'action. Les scènes intimistes, notamment entre Bruce Willis et Radha Mitchell, existent mais elles sont trop peu nombreuses et elles donnent par moments l'impression d'arriver comme un cheveu sur la soupe.
C'est dommage car le cinéaste tenait là un sujet en or. On aurait vraiment pu obtenir un meilleur film si le réalisateur avait insisté davantage sur la perte de personnalité de l'être humain du fait de l'existence du clone. Il aurait aussi pu s'intéresser davantage aux pensées du clone. Dans le film, on voit bien que le clone est un intermédiaire indispensable pour l'homme, il est devenu une sorte de drogue. L'inter-relation du clone et de l'être humain aurait pu être un peu plus développé.
D'autant que le film Clones ne dure qu'une heure vingt cinq. Entre quelques scènes d'action, on aurait pu nous ajouter quelques séquences plus « réflexives ».
Il y a bien la notion de complot qui est développé mais la notion de création des clones n'est finalement montrée qu'au début du film.

En conclusion, que dire du film Clones ? Ce long métrage est l'oeuvre d'un bon faiseur, passionné visiblement par l'oeuvre de Philip K. Dick et par tout ce qui tourne autour de la notion d'identité. Mais malheureusement, le cinéaste est plus à l'aise dans les scènes d'action pure que lors des scènes intimistes qu'il délaisse un peu trop. Au final, le film s'en sort avec les honneurs grâce à de bons acteurs principaux (Bruce Willis en tête) et à des effets spéciaux qui pour l'occasion sont vraiment bien faits.

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27.10.09

08:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Squadra antiscippo

Réalisé par Bruno Corbucci, ce Squadra antiscippo, premier volet d’une franchise mettant à l’honneur Tomas Milian dans un rôle de policier atypique, alliera action et humour pour un cocktail détonant irrésistible où la violence sera presque cartoonesque.
Le script va suivre l’inspecteur Nicola Giraldi, affecté à la brigade antivol et qui, en plus de ses enquêtes "ordinaires" va devoir affronter un dignitaire américain victime d’un vol à l’arraché le flouant de cinq millions de dollars d'argent "sale", somme qu’il va chercher à récupérer par tous les moyens.

Squadra antiscippoDans son introduction, le métrage va commencer par avancer toute une série de courtes séquences mettent en scène des voleurs s'en prenant à des passants de manière originale et souriante, comme, entre autres, cet homme qui montrera ses fesses pour perturber un groupe de touristes japonais pendant que ses complices vont les délester de leurs valises, ou encore ce chien dressé à attraper les sacoches, jusqu'à cette séquence prenant place sur un marché aux fruits et légumes où un délinquant va tenter de voler le sac à mains d'une femme, pour voir les autres badauds le houspiller jusqu'à l'arrivée en moto d'un homme ressemblant également à un voyou qui va rentrer dans la danse pour révéler sa profession de policier et, après une bagarre épique avec le voleur qui dévastera ce marché, arrêter le coupable.

Squadra antiscippoCette mise en avant de la petite délinquance régnant sur la capitale italienne et la présentation du personnage principal seront ouvertement comiques, quelque peu déjantées et ce Nicola Giraldi offrira au métrage un protagoniste s'imposant immédiatement à l'écran par sa dégaine négligée et son charisme indéniable. Nous allons ensuite suivre cet inspecteur au commissariat où il pourra notamment s'entretenir avec son supérieur hiérarchique pour ainsi avancer une thèse selon laquelle les vols ne diminueront qu'avec l'arrestation des receleurs et non des voleurs eux-mêmes, ce qui permettra au passage à l'intrigue de nous en apprendre plus sur ce personnage inhabituel, voleur lui-même avant de devenir policier. Mais le métrage va également avancer un autre de ses protagonistes principaux, un voleur surnommé "Baronetto" et qui arrivera à échapper une fois de plus à un des collègues de Giraldi.

Squadra antiscippoEnsuite, l'intrigue va s'immiscer dans le quotidien de Giraldi, aussi bien chez lui où ses penchants marginaux s'affirmeront encore un peu plus, avec par exemple la présence de ce rat blanc qui lui servira de compagnon, que pour une nouvelle traque de la bande de Baronetto qui se terminera par l'arrestation de plusieurs de ses complices après une course-poursuite haletante et quelques échanges de coups de poing d'une violence quelque peu démesurée, mais ce Baronetto aura trouvé un alibi en béton en ayant un complice infirmier dans un hôpital qui affirmera que le petit voyou est alité depuis plusieurs jours. Cette première partie du métrage laissera l'intrigue bien agencer son contexte et les différents protagonistes, Giraldi commençant même une liaison avec la victime du vol qui a permis l'arrestation des complices de Baronetto, laissant le spectateur s'immerger dans ce monde fait de violence et de réparties excellentes et ordurières de Giraldi qui se moquera ouvertement de tout le monde, avant de rentrer dans le vif du sujet en introduisant celui qui servira de vrai "méchant" du métrage.

Squadra antiscippoEn effet, ce nouveau personnage au faciès aussi sec qu'inquiétant, Norman Shelley, fera preuve d'une cruauté et d'une violence froide qui trancheront avec les péripéties des petits voleurs poursuivis par Giraldi immédiatement mis en avant lors de la première séquence où il apparaîtra, mais le tournant du film interviendra lorsque Baronetto et un complice vont le délester d'une valisette à la sortie d'un hôtel. Valisette dont le contenu aura de quoi surprendre et embarrasser Baronetto et ses amis puisqu'ils vont y découvrir cinq millions de dollars en billets de banque, somme trop importante pour être honnête, ce qui sera confirmé lorsque Shelley va lancer ses hommes de main à la recherche des voleurs, pour rapidement en trouver un qui sera tabassé jusqu'à ce que mort s'en suive. Giraldi se verra confier l'enquête même s'il s'agit d'un homicide, ses connexions avec le "Milieu" devant l'aider à remonter la piste pour retrouver Baronetto et ainsi découvrir ce qui se trame, surtout qu'un second ami du voleur périra au nez et à la barbe de Giraldi en essayant de fuir les sbires de Shelley.

Squadra antiscippoL'intrigue permettra à Bruno Corbucci de placer de nombreuses phases d'action, avec ces bagarres qui prendront pour habitude de détruire les décors, murs et vitres compris, mais surtout pour des courses-poursuites motorisées endiablées et bien folles, Giraldi étant un adepte de moto dont il se servira même plus que de raison (pour suivre des voyous grimpant des escaliers, par exemple), jusqu'à cette apothéose finale lors de l'obligatoire face à face entre Giraldi et Shelley qui, même s'il restera peu vraisemblable, demeurera mémorable aussi bien lors de cette course au travers de chemin de campagne qu'ensuite dans le bureau de shelley à l'ambassade américaine où il occupera un poste éminent.

Squadra antiscippoMais le principal atout du métrage restera quand même son personnage principal complètement hors norme pour un policier, dont le look crasseux ressortira irrésistiblement avec des tenues vestimentaires hautes en couleurs, tandis que ses méthodes peu orthodoxes arroseront l'ensemble du film d'un humour de situation décapant et irrévérencieux, témoin cette séquence dans une boîte de nuit où Giraldi, grimé en souteneur de prostituée parviendra à obtenir des renseignements en faisant passer sa nouvelle petite amie, bien entendu au courant de rien, pour une de ses "filles". Mais les dialogues ne seront pas en reste avec en plus d'un langage ordurier un sens de l'humour gouailleur et satirique qui fera invariablement mouche, achevant ainsi de rendre ce protagoniste attachant au possible.

Squadra antiscippoBien évidemment, face à un tel charisme, les autres personnages pourront paraître quelque peu fades et même ce Shelley, s'il restera dangereux, ne pourra espérer voler la vedette à son adversaire. L'ensemble bénéficiera d'une interprétation de qualité largement dominée par un Tomas Milian habité et parfaitement à l'aise dans ce genre de personnage (guère éloigné de celui de "Poubelle" dans une autre franchise postérieure), tandis que Jack Palance prêtera avec bonheur son physique particulier à Shelley avec une réussite certaine. La mise en scène du réalisateur est efficace, plus que dynamique et vive pour suivre l'action, donnant de la sorte un rythme effréné à l'ensemble.

Donc, ce Squadra antiscippo offrira à Tomas Milian une nouvelle opportunité de prouver son talent et son charisme pour incarner un personnage irrésistible que l'on aura envie de revoir à l'œuvre au plus vite !

Squadra antiscippoLe DVD de zone 2 italien édité par Raro Video avancera une image quelque peu granuleuse, tandis que la bande-son sera convaincante, portée par une excellente partition musicale typique et envoûtante, le métrage étant ici proposé dans sa version italienne, anglaise mais surtout française.
Au niveau des bonus, on pourra suivre la bande-annonce originale du film, ainsi qu'un petit documentaire laissant un critique de cinéma s'exprimer sur le film et sur la carrière de Tomas Milian, mais hélas ce module sera à réserver exclusivement aux italophones puisqu'il ne sera pas sous-titré.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce personnage haut en couleur, le DVD de zone 2 italien est par exemple disponible ici !

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26.10.09

07:25:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Love camp

Autre film de WIP (Women In Prison) du prolifique réalisateur Jess Franco tourné dans le sillage du sordide Women in cellblock 9, ce Love camp sera quant à lui presque exclusivement orienté vers un érotisme omniprésent qui servira à illustrer une intrigue servant de prétexte pour avancer une nouvelle fois les thèmes favoris du sous-genre, pimentés par des relations troubles entre les protagonistes.
Le script va suivre les déboires de quelques demoiselles enlevées par des guérilleros afin d’être assujetties à la discipline d’un camp où elle devront satisfaire les combattants venus y chercher le repos du guerrier.

Love campDans son introduction, le métrage va suivre plusieurs enlèvements dont vont être victimes des demoiselles d’horizons bien différents puisque ce seront d’abord deux prostituées attendant le client qui vont être attrapées par des soldats, alors qu’ensuite ce sera une jeune femme endormie chez elle qui sera réveillée sans ménagement et emmenée, laissant alors une troisième séquence bien plus originale et volontaire voir une jeune mariée s’apprêtant à consommer sa relation avec son mari être stoppée dans ses ardeurs par ces militaires qui vont assommer l’homme et emporter avec eux la demoiselle malgré ses protestations bien inutiles. Ces scènes rapides lanceront le métrage de manière efficace mais également souriante avec des dialogues volontairement décalés.

Love campEnsuite l’intrigue va laisser les captives progresser difficilement dans une jungle présentée comme dangereuse (avec de méchants serpents rôdant aux alentours mais que nous ne verrons jamais…) avec ces mercenaires de pacotille faisant semblant de se frayer un chemin au milieu de la végétation avec leurs serpes et éructant plus que de raison après les jeunes femmes éreintées par cette longue marche, tandis que nous allons découvrir la raison de ces enlèvements puisque le chef de la guérilla, Gino de Guerra, va annoncer à l’une de ses fidèles collaboratrices qu’elle va avoir la responsabilité d’un camp destiné à recevoir des demoiselles qui devront assurer la relaxation et le repos des combattants de la "Révolution", idée parallèlement utilisé dans le SS girls de Bruno Mattei tourné la même année.

Love campL'arrivée au camp respectera le cahier des charges du genre, avec scène de douche appuyée et s'attardant logiquement sur les attributs des demoiselles pour ensuite laisser la nouvelle gardienne en chef (affublée de deux sbires qui évolueront tout le long du film topless) qui se sera obligatoirement parée d'une cravache, énoncer aux nouvelles arrivantes les règles strictes du camp et la raison de la présence des jeunes femmes en ses murs, tout en ayant l'occasion de prouver sa cruauté lorsque l'une des captives va tenter de s'évader pour finalement narguer ses geôlières, elle finira tout simplement décapitée, mais sans que Jess Franco n'ait recours au moindre effet sanglant, la suggestion faisant le reste.

Love campCette mise en condition passée, le métrage va conjointement proposer des situations typiques du WIP, pour des crêpage de chignons entre détenues, avec au centre de la discorde une jeune vierge (qui aura quand même auparavant subi les assauts de la cravache de la responsable du camp, trop heureuse de s'amuser un peu…) que tentera de draguer une lesbienne et s'attirant les foudres d'autres prisonnières, mais également quelques petites séquences de sévices en représailles à ces violences, notamment pour une mémorable scène au cours de laquelle deux des femmes séquestrées recevront de coups de fouets, la seconde, interprétée par une bien mauvaise actrice, aura un mal fou à simuler la douleur et nous gratifiera de grimaces tordantes, tandis que l'inévitable plan d'évasion viendra alimenter quelques rebondissements du dernier acte, même si pour une fois Jess Franco sera moins pessimiste quant à l'issue finale et au sort réservé à son héroïne.

Love campEn effet, le métrage avancera une héroïne puisque, parmi les prisonnières, l'une d'elles, Angela, va occuper une bonne partie du métrage au travers de sa relation avec Gino de Guerra qui va la choisir pour assouvir quelques besoins sexuels, mais les deux êtres vont être attirés l'un vers l'autre dans un mélange d'amour et de haine qui imposera des situations plus fouillées et bien moins superficielles que prévue, surtout que la gardienne en chef, lesbienne comme il se doit, sera également charmée par Angela, entraînant une jalousie teintée de méchanceté qui offrira l'opportunité au réalisateur de nous livrer d'autres séquences d'exactions et d'humiliations subies par la pauvre Angela, surtout qu'une histoire de complot avec le médecin du camp viendra aggraver la situation.

Love campBien entendu le métrage sera largement habité par un érotisme qui s'exposera continuellement, avec déjà ces prisonnières évoluant uniquement à moitié ou complètement dénudées (certainement à cause du climat tropical de cette république bananière…) et que Jess Franco scrutera avec sa caméra sous toutes les coutures, osant même des gros plans plus que salaces dont il a le secret, quand il ne cadrera pas carrément un mamelon au premier plan d'une scène de dialogues. Mais les situations du métrage entraîneront également des ébats filmés lascivement quand ce sera Angela et Gino de Guerra qui seront mis en scène tandis que lorsque ce seront des soldats qui iront rendre visite aux prisonnières, une certaine folie investira l'écran dans un délire largement souriant, volontairement comique et évidemment exagéré.

Love campPar contre, le métrage demeurera bien soft au niveau de la violence, les sévices étant montrés de manière à ne pas être accompagnés d'effusions de sang, tout en étant quand même complaisants (comme lorsque Angela sera attachée les bras en l'air dans la section des "traitement spéciaux") , laissant l'imagination faire son travail, et il faudra se "contenter" d'une agressive bagarre entre détenues qui verra cette lesbienne être rudement rouée de coups et de baffes par une autre jeunes femme complètement hystérique suite aux avances faites à la jeune vierge du groupe, puisque même cette décapitation du début du film sera désespérément suggérée, le ton général du film étant bien plus léger que lors d'autres démonstrations du réalisateur.

Love campLes personnages n'échapperont pas aux stéréotypes du genre, entre cette gardienne en chef sadique et attirée par les femmes suivant ainsi la trace de la célèbre "Ilsa" tout en étant largement moins sadique malgré la volonté exprimée, ce chef de guerre viril mais transi d'amour pour Angela, et bien entendu ces prisonnières aux caractères bien marqués, l'ensemble ne bénéficiant comme évoqué précédemment que d'une interprétation aléatoire, même si Muriel Montossé (une habituée des œuvres de Jess Franco) sera plutôt efficace dans le rôle de la responsable du camp. La mise en scène de Jess Franco reprendra les tics du réalisateur, avec ses gros plans vicieux et ces fulgurances de cadrage définitivement "autres" mais cette fois-ci l'ensemble profitera d'un rythme régulier et assez vif avec des situations renouvelées régulièrement.

Donc, ce Love camp sera une nouvelle illustration du film de WIP par un Jess Franco en forme et assez inspiré, tout en étant foncièrement sensuel et érotique !

Love campLe DVD de zone 2 anglais édité par Anchor Bay avancera une image plus que nette et sans défaut notable, tandis que la bande-son sera convaincante, avec une partition musicale basique, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise ou allemande avec des sous-titres anglais.
Au niveau des bonus, on pourra consulter quelques filmographies, une galerie d'affiches et une conséquente galerie de photos du film, suivre la bande-annonce de quelques autres titres de la collection dédiée à Jess franco ou (re)découvrir le passionnant petit documentaire donnant la parole au producteur suisse Erwin C. Dietrich.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce film de WIP érotique et souriant, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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22.10.09

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

The backwoods

Malgré son approche apparemment classique liée aux "survivals" des années soixante-dix, ce The backwoods parviendra à absorber son spectateur grâce à des personnages fouillés et particulièrement réalistes dont nous suivrons l'évolution dramatique percutante jusqu'à rendre ténue la frontière entre le bien et le mal qui vont ici se noyer dans des événements forts et radicaux, sans pour autant faire preuve du jusqu'auboutisme des œuvres phares ayant explicitement influencé le métrage.
Le script va laisser deux couples s'installer dans une maison isolée en pleine forêt, mais leur curiosité va mettre à nue un secret qui va déclencher une traque de la part de quelques habitants du coin.

The backwoodsSans préambule le métrage va se lancer dans une courte présentation des personnages principaux, pour d'abord s'intéresser à Norman et à Lucy, un couple circulant dans leur voiture sous la chaleur des routes espagnoles, ce qui aura pour effet de rendre Lucy irritable, même si quelques petits détails laisseront sous-entendre la présence d'un conflit ou d'un malaise à l'intérieur du couple. Et ce ne sera que lors d'un arrêt dans un village retiré que nous allons rencontrer Paul, conduisant l'autre véhicule en compagnie de sa femme Isabel, pour voir les deux hommes rentrer dans le bar local à quelques minutes d'intervalle, les deux jeunes femmes ayant préféré rester chacune dans leur voiture.

The backwoodsCe premier contact avec les habitants du cru respectera au départ les figures obligées du "survival" en instaurant immédiatement un fossé entre Norman et ces autochtones quelque peu arriérés et qui vont se gausser en espagnol du nouveau venu en étant sûr de n'être pas compris, mais l'intrigue va bifurquer dès l'entrée de Paul qui lui parlera très bien la langue du pays et stoppera ainsi de fait toute raillerie pour au contraire susciter l'intérêt des clients du bar, surtout lorsqu'il indiquera être quasiment un enfant du pays ayant racheté la maison perchée dans la montagne de sa grand-mère. Cette séquence arrivera donc ainsi à déjouer les codes du genre pour présenter chaque camp de manière humaine et tout à fait réaliste, sans pour autant négliger de placer en sourdine une menace latente, comme lorsque Lucy ira se rafraîchir à une fontaine pour être reluquée par un gaillard pas très fin d'aspect.

The backwoodsCette présentation des protagonistes installera également de fait la supériorité de Paul, évidemment plus à l'aise que Norman en parlant parfaitement l'espagnol, mais déjà on pourra remarquer quelques traces de son ascendant sur son ami, aussi bien au travers des dialogues échangés que par des détails en apparence anodins (la différence de véhicule, par exemple qui prendra de l'importance dès la sortie du village). L'arrivée à la demeure familiale de Paul continuera de nous immiscer dans les relations entre les différents personnages, pour voir la crise du couple Norman/ Lucy s'exacerber et laisser subtilement le réalisateur mettre en avant le point de vue de chacun, impliquant progressivement le spectateur dans l'intrigue, sans pour autant chercher benoîtement à rendre les protagonistes attachants pour au contraire leur garantir une crédibilité totale.

The backwoodsL'événement déclencheur du drame sera amorcé tranquillement lorsque Paul et Norman vont partir de bon matin pour une partie de chasse pour finalement tomber sur une baraque en apparence abandonnée que Paul va vouloir inspecter par curiosité pour découvrir enfermée dans une pièce sombre une gamine aux mains difformes et se comportant comme un animal sauvage. Voulant sortir de cet enfer cette enfant, le duo va décider de la ramener chez Paul où elle sera nourrie, lavée et semblera trouver du réconfort dans les bras d'Isabel, personnage jusque-là plutôt effacé. La découverte de l'enfant sera un moment rendu fort grâce à une mise en scène habile qui arrivera à privilégier le suspense et la surprise de cet événement pourtant attendu tout en garantissant l'apitoiement du spectateur sur le sort misérable de cette gamine crasseuse enfermée dans le pénombre sans autre compagnie que celle d'une petite poupée à moitié cassée.

The backwoodsEnsuite, l'intrigue va coincer les quatre personnages dans la montagne après une tentative pour se rendre avec l'enfant aux autorités qui se soldera par un accident de voiture sans gravité causé par leur précipitation dans l'action, pour, au petit matin, voir plusieurs autochtones vus auparavant au bar venir frapper à la porte de Paul, déclarant être à la recherche d'une petite fille égarée, dans une ambiance pleine de menace que Paul pensera désamorcer en se déclarant prêt à participer avec eux aux recherches, dans le but caché de les éloigner de sa maison pour permettre aux autres de descendre en ville à pied pour y trouver la police, mais rapidement le groupe va se séparer, laissant Paul seul avec le père déclaré de la fillette, tandis que ses deux fils vont aller de leur côté, pour bientôt retourner chez Paul.

The backwoodsLe métrage basculera définitivement dans un climat d'attente plus qu'inquiétant dès l'apparition de ces villageois à l'allure guère engageante que Paul pensera dans un élan de supériorité manifeste tromper en déjouant leur piège, installant une ambiance faussement amicale particulièrement lourde entre lui et ces hommes qui se doutent forcément de la présence de la gamine chez lui, tandis qu'en parallèle l'intrigue va suivre plus facilement la trame bénie du "survival" lorsque ces deux frères iront chahuter Isabel et Lucy laissée seule par un Norman parti inspecter les alentours, pour ainsi dérouler quelques situations toujours stressantes avec des sous-entendus sexuels qui trouveront leur écho lors d'une tentative de viol dramatiquement forte et tendue qui plus que la découverte de la petite fille apportera au métrage un point de non-retour dépassé pour laisser alors l'absurdité d'une violence, qui finira par dépasser ceux qui l'engageront, guidés par la vengeance et la douleur, s'affirmer comme unique échappatoire possible à cette situation que plus personne ne pourra espérer maîtriser.

The backwoodsMais cette seconde partie du film ne sombrera pas pour autant dans l'action ultra violente pour lui préférer cette ambiance toujours aussi tendue, avec certes quelques rebondissements brutaux qui seront ici traités de manière dramatique, la mort de certains n'entraînera aucun plaisir de la part des fautifs pour au contraire les laisser abasourdis par leur méfait, et plusieurs effets de surprise généralement réussis jusqu'à l'attendu face-à-face ultime qui lui aussi se montrera surprenant par les personnages impliqués qui ne seront pas forcément ceux pressentis pour atteindre une intensité dramatique incroyable qui surpassera celle pourtant terrible de la mise à mort de l'un des personnages-clés du film. L'ensemble restera donc assez sage au niveau d'une violence visuelle certes sèche et méchante mais sans jamais chercher à offrir un aspect graphique avéré, pour ainsi manquer quelque peu de cet aspect jusqu'auboutiste dont faisait preuve les œuvres des années soixante-dix et auxquelles le réalisateur rendra régulièrement hommage.

The backwoodsLe réalisateur aura également la subtilité de ne pas cataloguer ses différents protagonistes définitivement (pour au contraire achever le spectateur lors du final) qui presque tous franchiront les limites pour se rendre coupables d'actes interdits, laissant même Norman révéler sa vraie nature sauvage tandis que les autochtones ne seront pas uniquement des brutes épaisses sans cœur ni âme, le père de la fillette gardant même un semblant de sang-froid à plusieurs reprises tandis que les motifs de l'incarcération de la fillette, s'ils demeureront troubles, ne présenteront aucune gratuité ni sadisme guidé uniquement par le plaisir de faire souffrir l'enfant pour au contraire laisser en suspens un passé trouble évoqué à demi-mot.

The backwoodsLes personnages auront donc toute l'attention du réalisateur qui pourra donc compter sur des personnalités et des relations impactantes pour guider l'ensemble de l'intrigue, et l'interprétation sera heureusement largement à la hauteur, entre un Gary Oldman impeccable et sûr de lui et un Paddy Considine étonnant, pour laisser Virginie Ledoyen apporter une petite touche de sensualité discrète mais avérée et troublante. La mise en scène du réalisateur est largement efficace, aussi bien pour donner une portée énorme aux scènes fortes du film que pour mettre en avant les décors naturels qui ne feront que renforcer le sentiment d'isolement des personnages.

Donc, ce The backwoods se révélera être un excellent "survival" qui en plus se parera d'une ampleur dramatique terrible et forte jusqu'à devenir irrémédiablement poignant !

The backwoodsLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate avancera une image nette et ne connaissant par le moindre défaut visible, mettant ainsi parfaitement en valeur les décors forestiers du métrages, tandis que la bande-son sera efficace grâce à une partition musicale sachant se montrer discrète pour accompagner sans en rajouter les temps forts du métrage, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise, avec des sous-titres optionnels en anglais et en espagnols.
Par contre au niveau des bonus, il faudra se contenter de quelques bandes-annonces d'autres titres principalement fantastiques et horrifiques de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce "survival" largement probant et dramatiquement fort, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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20.10.09

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

The hills run red

Dans l'univers ultra codifié du "slasher", rares sont les œuvres à réussir à se démarquer réellement et le moins que l'on puisse dire c'est que ce The hills run red y parviendra pleinement grâce à son intrigue reprenant à son compte le principe du "film dans le film" pour embarquer son spectateur dans un périple très graphique, rythmé et n'oubliant pas de nous assener quelques surprises certes parfois prévisibles mais toujours crédibles pour sombrer dans une ambiance dépravée de violence et de tortures.
Le script va suivre le parcours d'un jeune fan de cinéma d'horreur à la recherche d'un film horrifique oublié, considéré comme disparu et à la réputation sulfureuse.

The hills run redDès son générique, le métrage va instantanément donner le ton en suivant par une série de plans largement épileptiques un jeune garçon, assis face à un mirroir, se découper la peau du visage aux ciseaux à grands renforts de plans sanglants macabres pour parvenir d'entrée à créer un certain malaise persistant avant que l'intrigue se lance dans une présentation de ses principaux protagonistes qui réussira à éviter les stéréotypes pour en même temps introduire cette légende liée à ce film maudit "The hills run red" dont le personnage central sera complètement obsédé au point de vouloir se lancer à sa recherche avec ses amis.

The hills run redEn effet, après un petit laïus écrit relatant l'histoire de ce "The hills run red", film ultra violent et réaliste datant de 1982 et dont aussi bien le réalisateur que les interprètes ont disparu, l'intrigue va mettre en scène Tyler, un jeune homme que nous découvrirons devant son ordinateur pour le laisser regarder une nouvelle fois la bande-annonce de ce film (seul vestige ayant traversé le temps) et rechercher des informations, créant aussi de fait une mythologie tout à fait crédible et plausible autour de ce métrage mettant en scène un assassin nommé "Babyface" passant son temps à décimer les malheureux s'étant aventurés dans les bois. Nous allons aussi faire la connaissance de Serina, la petite amie de Tyler lassée de le voir passer son temps devant son écran, puis de Lalo, un de ses amis également cinéphile mais trouvant l'obsession de Tyler ridicule. C'est dans ce contexte que Tyler va annoncer à ses amis son envie insistante de découvrir "The hills run red" et pour ce faire de se mettre en quête des bobines originales.

The hills run redCe qui pourrait paraître comme une idée farfelue sera facilité par un des seuls éléments "faciles" de l'intrigue, puisque Tyler aura réussi à retrouver la trace de la fille du réalisateur de "The hills run red" pour bien entendu aller à sa rencontre, laissant Serina et Lalo seuls. Ce sera dans une boîte à strip-tease (qui permettra au réalisateur d'avancer quelques plans sexys sur des demoiselles guère vêtues) qu'il va rencontrer Alexa, qui officiera sur place comme strip-teaseuse, pour réussir à s'isoler avec elle dans un box où elle se lancera dans un numéro de charme classique puisque rémunéré. Lorsque Tyler mentionnera le nom du film et avancera ses intentions, Alexa lui donnera rendez-vous dehors.

The hills run redLe duo se rendra chez la jeune femme où Tyler découvrira la toxicomanie sévère d'Alexa, tandis que celle-ci lui avouera être régulièrement visitée par des fans du film de son père (dans lequel elle a joué en étant encore une enfant) désirant soit un autographe, soit un objet "collector". La présentation du personnage d'Alexa sera sensuelle mais en même temps tragique en suivant la demoiselle se piquer au bras, ce qui poussera Tyler à lui imposer de force une cure de désintoxication chez elle et dont il sera responsable, dans le but évident de lui faire retrouver sa lucidité afin qu'elle puisse l'aider dans sa quête. Pendant ce temps-là, Serina et Lalo seront tombés dans les bras l'un de l'autre, tout en étant prêts à rejoindre Tyler lorsque leur quête pourra commencer, avec pour destination les lieux du tournage du film.

The hills run redEn plus d'insérer régulièrement des plans sauvages et sanglants de ce "Babyface" jouant dans "The hills run red", le métrage va laisser ses protagonistes filmer leur expédition en compagnie d'Alexa, pour un reportage destiné à internet, mais sans pour autant tomber véritablement dans cette mouvance actuelle initiée par le [REC] de Jaume Balaguero, pour ainsi donner encore plus de crédibilité et impliquer davantage le spectateur. Nous allons donc suivre les personnages d'abord pour un arrêt dans une station-service vue dans le film où ils vont rencontrer quelques "rednecks" plutôt amusants et qui trouveront des répercussions plus tard, puis dans cette forêt où Alexa va les guider jusqu'à la maison de son défunt père, tout en plaçant par bribes des éléments inquiétants et intrigants, comme cette brève apparition de "Babyface" ou encore ces ossements découverts et sans oublier ce plan d'une caméra semblant filmer l'avancée du petit groupe.

The hills run redL'histoire de "The hills run red" sera encore plus décortiquée par Alexa autour d'un feu de camp (élément traditionnel du "slasher" ici utilisé à bon escient) pour ainsi avancer le passé douloureux de "Babyface", laissant juste après un événement aussi inattendu qu'incisif venir lancer véritablement l'action, d'abord pour confronter les protagonistes à un danger bien calibré avant que ce "Babyface" fasse son apparition dans la réalité et prenne en chasse Alexa, même si une certaine affinité entre eux. L'intrigue développera alors quelques événements bien liés à la trame du "slasher", la traque se prolongeant jusqu'à la maison du père d'Alexa, ce qui nous vaudra quelques moments bien malsains (le fumoir, par exemple) mais ce sera pour rapidement rebondir et laisser un dernier acte de folie venir clore le métrage de manière terriblement impactante tout en nous livrant une réflexion sur le cinéma en général et les "snuffs" en particulier, tortures inédites et sanglantes à l'appui, pour au final boucler la boucle de façon terrible tout en laissant un dernier plan quelque peu facile annoncer une éventuelle suite des méfaits de ce "Babyface" qui restera un "boogeyman" parfait.

The hills run redConsensus équilibré entre une certaine originalité et des références ici discrètes et avancées de manière adéquates pour ne pas sombrer dans le cliché ou le clin d'œil appuyé trop facile, le métrage transpirera l'amour de son auteur pour le genre avec déjà ce "Babyface" au look incendiaire plus que probant et singulier qui multipliera les meurtres bien barbares et surtout très variés tout au long du métrage que se soit dans "The hills run red" ou dans la réalité, tandis que les péripéties et les retournements de situations (hélas parfois largement prévisibles) resteront empreints du genre mais pour présenter un ensemble largement cohérent et toujours crédible, certaines ficelles étant même dévoilées pour assurer la bonne marche de l'intrigue.

The hills run redLes protagonistes resteront réalistes, sans toutefois que le réalisateur arrive à les rendre véritablement attachants, Tyler, Serina et Lalo demeurant trop superficiels pour inspirer la sympathie, laissant seule Alexa s'attirer les faveurs du spectateur, bien aidée il est vrai par ses formes affriolantes largement contemplées lors de sa présentation, mais l'auteur s'attachera à décrire un personnage ambigu qui captera immanquablement l'attention. L'ensemble bénéficiera d'une interprétation cohérente, le jeu de Tad Hilgenbrik pour Tyler ou de Alex Wyndham pour Lalo ne marqueront certainement pas les esprits, tandis que Sophie Monk interprétera une Alexa bien plus charismatique, laissant à William Sadler le rôle du réalisateur hystérique et frappé de "The hills run red" pour lequel il imprimera une folie rentrée convaincante.

The hills run redLa mise en scène du réalisateur Dave Parker, surtout connu pour son plutôt sympathique et référentiel Les morts haïssent les vivants, est adaptée et utilisera la caméra subjective de manière cohérente et sans en abuser, tandis que ce reportage filmé par les protagonistes ne viendra pas du tout empiéter sur l'action en y prenant part avec justesse. Les effets spéciaux seront probants pour verser dans un gore justifié, sans surenchère inutile ou gratuite pour au contraire venir cueillir le spectateur par des plans furieusement graphiques et saignants toujours réalistes et justifiés par l'intrigue, ce qui les rendra encore plus percutants.

Donc, ce The hills run red sera assurément une excellente surprise pour ce qui sera certainement appeler à devenir l'un des meilleurs "slashers" de ces dernières années, en attendant avec une certaine impatience la suite des aventures de "Babyface" mais aussi du réalisateur Dave Parker !

The hills run redLe DVD de zone 1 édité par Warner Home Video avancera une image nette et ne connaissant aucun défaut notable, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale macabre et insistante, le métrage étant iciproposé dans sa version originale anglaise ou dans sa version portugaise, avec des sous-titres notamment en français.
Au niveau des bonus, on pourra uniquement suivre un sympathique making-of retraçant la réalisation du film dans sa globalité, de sa conception jusqu'à son tournage, en passant par la création des effets spéciaux, en laissant l'équipe du film intervenir sans utiliser le moindre ton promotionnel, pour un module largement intéressant.

Pour ceux qui voudraient découvrir cet excellent "slasher", le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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19.10.09

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : La proposition
Réalisatrice : Anne Fletcher
Durée du film : 1h48
Date de sortie du film : 23 septembre 2009
Avec : Sandra Bullock (Margaret Tate) ; Ryan Reynolds (Andrew Paxton), etc.

Par Nicofeel

Dernier film en date d'Anna Fletcher, La proposition ne laissait pas augurer d'un film très fameux au vu de sa simple bande annonce. Et pourtant, le film vaut plus que ce qu'il est supposé être à la base, une comédie romantique américaine classique comme on en peut en voir toute l'année sur les écrans de cinéma.
La proposition tire parti d'un scénario plutôt bien fait qui permet au film de se rapprocher des comédies américaines des années 50. En voyant le film et notamment cette femme, éditrice qui est crainte de tous et qui a un caractère très fort, on pense immédiatement aux films de George Cukor. Comme dans ceux-ci, la femme est celle qui porte la culotte. C'est elle qui est le sexe dominant pour le coup.

Sandra Bullock, qui ne fait pas toujours preuve d'une grande finesse dans ses choix de carrière et donc dans les films où elle évolue, est pour l'occasion parfaite dans le rôle de cette femme déterminée qui pense avant tout à sa carrière. Sandra Bullock incarne à merveille le personnage de Margaret Tate, qui a tellement fait le ménage autour d'elle, qu'elle n'a plus d'amis et de famille.
Sandra Bullock, qui fait preuve dans le film à la fois d'une grande classe et d'un autoritarisme mais aussi d'une grande sensibilité, prouve à l'occasion qu'elle a une palette de jeu d'actrice plus variée qu'on aurait pu le penser. L'actrice américaine rappelle même par instants une certaine Katharine Hepburn qui jouait des rôles très masculins chez Cukor.

Pour rendre la pareille à Sandra Bullock, on trouve le jeune Ryan Reynolds (âgé de 12 ans de moins que Sandra Bullock), qui est lui aussi une excellente surprise pour ce film. Il est tout à la fois le gendre idéal et l'acteur qui va faire rire le spectateur, étant à la merci de cette femme autoritaire jouée par Sandra Bullock.
Car si le film marche très bien au niveau des situations vécues, c'est en raison du duo d'acteurs principaux qui est d'abord sur le mode du « Je te hais » et qui passe ensuite sur le mode purement romantique.

Si la réalisatrice n'évite pas toujours les lieux communs ou les scènes un peu faciles, dans l'ensemble son film réserve des moments très drôles. Plusieurs scènes sont de ce point de vue remarquables : on pense ainsi à la scène où Sandra Bullock, en pyjama, vient sauver le chien de la maison familiale des griffes d'un oiseau.


Et puis on s'amuse beaucoup de la scène où les deux principaux protagonistes se retrouvent nez à nez, en étant l'un et l'autre nus. Remarquez aussi l'excellente scène avec le stripteaseur Ramone, sur la musique Relax de Frankie goes to Hollywood. Même le générique de fin, qu'il ne faut surtout pas louper, nous réserve un moment très drôle, avec entre autres le fameux Ramone.
De plus, si la réalisatrice Anne Fletcher est loin d'égaler au niveau de sa mise en scène un auteur comme George Cukor, elle arrive tout de même à (légèrement) aborder quelques problèmes qui sont typiques de notre époque. Pêle-mêle on peut citer : le mariage blanc ; une société qui est de plus en plus individualiste ; une société où la notion du travail est devenue primordiale au détriment d'autres valeurs, telles que la morale ou la famille.

Car rappelons qu'au départ le film La proposition est tout sauf moral. En effet, la proposition qui justifie le titre du film, arrange nos deux principaux protagonistes : le jeune Andrew Paxton (joué par Ryan Reynolds) est censé épouser sa patronne en échange d'une promotion professionnelle. De son côté en se mariant avec un résident américain, Margaret Tate (Sandra Bullock) évite d'être renvoyée au Canada par le Bureau de l'immigration. Cette proposition amorale n'a évidemment rien d'autre but que de nous montrer l'évolution des sentiments entre notre duo d'acteurs. La deuxième partie du film insiste d'ailleurs clairement sur le côté romantique du film.

Et puis le film d'Anne Fletcher prône clairement un retour à la source, en insistant sur l'importance de la famille. La cinéaste n'évite pas toujours certaines facilités (notamment les scènes où l'on voit la grand-mère) mais son film est très plaisant à regarder. Il est rempli de bons sentiments qui permettront à tout à chacun de sortir de ce film le sourire aux lèvres. Et rien que pour cela, le film mérite d'être vu.

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16.10.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Rolls Rolls Baby

Pour l'un de ses rares films non tournés avec son mentor Jess Franco, Lina Romay se livrera au réalisateur suisse Erwin C. Dietrich, plus connu pour avoir justement produit un certain nombres de titres de Jess Franco, pour ce Rolls Royce baby qui sera une véritable ode à la beauté de l'actrice qui se dévoilera ici très largement au sein d'une intrigue prétexte à multiplier les séquences érotiques tout en avançant un sens de l'humour fertile.
Le script va suivre les aventures amoureuses d'une starlette nymphomane qui va finir par embaucher un chauffeur afin de pouvoir se faire promener dans la campagne suisse à la recherche d'autostoppeurs aptes à satisfaire ses envies.

Rolls Royce BabyAprès un générique collant cette Rolls Royce de très près, le métrage ne va pas traîner pour avancer son personnage principal, une demoiselle que nous découvrirons nue en pleine séance de rasage intime prolongée et qui va en voix-off exprimer son désir de ressembler à une adolescente vierge tout juste pubère à la peau douce et nette pour attirer les hommes et les femmes vers son intimité. S'en suivra dans la continuité une longue scène de masturbation pour cette héroïne décomplexée qui va pourtant finir par se présenter (toujours en voix-off) comme étant Lisa (et non Lina, quelle nuance…) Romay, surnommée "Rolls Royce Baby", un mannequin de charme également actrice de films érotiques se proposant de nous raconter son histoire… comment résister à une telle invitation ?

Rolls Royce BabyCette présentation du personnage central du film sera déjà très ouvertement sensuelle et explicite pour quelques gros plans dirigés sans fard sur l'intimidé de l'actrice, mais sans pour autant sombrer dans une quelconque vulgarité salace, une certaine grâce naturelle émanant de Lina Romay qui pourtant se livrera à la caméra sans fausse pudeur. Pour commencer à nous raconter son histoire, nous allons d'abord l'accompagner pour une séance de photos de charme destinées à promouvoir un film, ce qui laissera Lina Romay se livrer à toute une série de poses lascives plus affolantes les unes que les autres assise dans un fauteuil ressemblant étrangement au célèbre siège en osier d'une certaine Emmanuelle tout en nous expliquant l'effet excitant qu'elle ressent face à un objectif. Cette séquence dérivera lentement vers un surréalisme érotique lorsqu'elle évoquera au photographe le plaisir ressenti par le sable coulant sur elle, pour bien entendu imager la scène à l'intérieur même du studio et laisser son compagnon la rejoindre.

Rolls Royce BabyMais ce photographe ne sera pas le seul partenaire de Lisa puisque elle va ensuite nous dévoiler son fantasme ultime, Erik, un homme viril que nous découvrirons d'abord en pleine séance de kung-fu face à la caméra, successivement vêtu d'un pantalon ou nu lors d'une scène irrésistiblement drôle et excessive par son agencement et les mimiques de l'acteur qui en fera largement trop, avant de le retrouver en compagnie de Lisa chez elle où elle va à son tour lui montrer ce qu'elle sait faire lors d'une session de yoga évidemment nue qui vaudra également son pesant de cacahuètes et qui aura pour effet d'émoustiller Erik qui ne tardera pas à venir satisfaire Lisa. C'est alors que Lisa va lui proposer de l'embaucher comme chauffeur, mais pas avant de lui avoir raconté ses antécédents pour un flash-back lui aussi mémorable.

Rolls Royce BabyEn effet, alors que Lisa n'était pas encore "célèbre", elle faisait de l'autostop et fût prise par un routier mais, déjà sujette à une nymphomanie précoce, elle se déshabillera devant le conducteur pour bientôt découvrir qu'il y a un second homme dans la cabine, enchaînant du coup les actes sexuels avec chacun d'eux pour finalement se faire jeter nue au bord de la route lorsque les deux hommes en auront eu marre d'elle. Ce qui expliquera son désir de retourner la situation puisque désormais, ce sera elle qui prendra en stop de jeunes mâles pour leur faire l'amour avant de les jeter. Cette transition officiera comme une cassure au sein du métrage qui deviendra alors plus répétitif dans ses scènes érotiques guère variées pour voir plusieurs hommes être poussés par Erik le chauffeur dans les bras de Lisa, avec pour seules variantes un homme très jeune qu'elle emmènera dans un décor bucolique et la dernière "victime" qui se révélera être une jeune femme que les plaisirs saphiques ne sembleront pas gêner le moins du monde.

Rolls Royce BabyBien entendu, le métrage sera ouvertement tourné vers un aspect érotique omniprésent, Lina Romay traversant le film en petites tenues ou le plus souvent carrément dénudée pour être ainsi mise en valeur de manière édifiante par Erwin C. Dietrich qui magnifiera littéralement l'actrice en la présentant sous tous les angles possibles et imaginables pour régulièrement s'attarder sur son visage filmé en gros plan lors de l'extase mais aussi sur son physique avantageux qui sera également scruté intégralement lors de quelques séquences de masturbation jamais répétitives ou lors d'ébats à deux ou à trois qui flirteront sporadiquement avec le hardcore pour même parfois franchir quelque peu la limite au détour de quelques plans plus osés.

Rolls Royce BabyL'intrigue en elle-même restera bien simpliste et basique, laissant planer un léger doute sur la véracité de l'ensemble avec ces noms de protagonistes déguisant à peine ceux des acteurs, pour hélas devenir vaguement redondante dans sa seconde partie qui offrira moins de charme dès lors que les balades en Rolls Royce vont commencer, même si esthétiquement l'ensemble restera agencé de manière plaisante, avec ces décors naturels bien imagés (mais où jamais on ne pourra penser trouver le moindre autostoppeur, à la vue de ces chemins de terre, mais cela ne sera qu'un détail…), mais ce sera pour ne pas retrouver le charme et l'humour de l'entame du film, excellent en la matière et pour même laisser une scène plus crue et salace clore les débats.

Rolls Royce BabyEn plus de ses quelques petits délires visuels bien décalés (le kung-fu, le sable, par exemples), le métrage pourra également compter sur ses décors et cette Rolls Royce pour se donner une certaine ampleur, la voiture étant toujours filmée de très près tandis que son chauffeur aura un look "vintage" délicieux, tout comme Lisa, vêtue uniquement de son chapeau, de lingerie légère et fumant avec ce long porte-cigarettes rétro dans un élan incroyablement sensuel. On pourra également compter sur la mise en scène d'Erwin C. Dietrich pour animer de façon dynamique le métrage, même lors des longues séquences sensuelles qui ne paraîtront jamais fastidieuses grâce à un découpage vif et par ces élans graphiques plus que volontaires pour exalter la beauté fraîche de Lina Romay.

Rolls Royce BabyD'ailleurs, l'interprétation de l'actrice sera largement à la hauteur des ambitions du métrage puisque Lina Romay se livrera littéralement à la caméra pour toujours demeurer crédible et éviter tout surjouage nuisible, ce qui aurait été préjudiciable au réalisme de l'ensemble. Les autres interprètes resteront plus mitigés, entre les grimaces d'Erik Falk, qui tourna beaucoup pour le réalisateur mais aussi pour Jess Franco, jouant par exemple un Nestor terrible dans le déviant Barbed wire dolls, et l'air absent des "victimes" de Lisa, sans compter que le réalisateur n'aura pas forcément engagés des modèles de beauté masculine pour jouer ces rôles, comme cet homme chétif et chevelu, involontairement drôle au demeurant.

Donc, ce Rolls Royce baby arrivera sans aucun mal à mettre en valeur une Lina Romay définitivement épanouie tout en maniant des situations humoristiques et teintée de surréalisme irrésistibles !

Rolls Royce BabyLe DVD de zone 2 suisse édité par ABCDVD dans sa collection des "Erotic classics" avancera une image nette et ne connaissant aucun défaut notable, tandis que la bande-son sera obsédante et lancinante, le métrage étant ici proposé dans sa version allemande, anglaise et surtout française.
Par contre, au niveau des bonus, il faudra se contenter de la sympathique bande-annonce du film, uniquement accompagnée par celles d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce film sensuel magnifiant Lina Romay, le DVD de zone 2 suisse est disponible ici ou !

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15.10.09

07:25:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Playgirls and the vampire

Tout en restant ancré dans la vague de cinéma gothique italien des années soixante, ce Playgirls and the vampire aura pour particularité d’apporter une petite touche sensuelle (à défaut d’être réellement érotique) à son intrigue très classique qui malaxera le thème du vampirisme en y apportant en plus une touche d’humour pas forcément bienvenue.
Le script va laisser cinq demoiselles accompagnées de leur imprésario trouver refuge en pleine tempête dans un château isolé, demeure du Comte Kernassy qui remarquera la ressemblance frappante entre l’une des jeunes femmes et une de ses ancêtres ayant vécu au XVIIème siècle.

Playgirls and the vampireDans sa première séquence précédant le générique, le métrage va laisser la caméra explorer une crypte lugubre pour finalement s’arrêter devant un tombeau sinistre qui ne tardera pas à voir son couvercle bouger doucement et une main mystérieuse commencer à apparaître pour s’en extirper, pour ce qui restera comme une entame classique mais toujours impressionnante par son aspect macabre afin de tout de suite placer l’intrigue face à sont hème principal, le vampirisme, mais sans pour autant nous laisser découvrir à qui cette main appartiendra afin de conserver intact le suspense inhérent au film.

Playgirls and the vampireSans transition, nous allons ensuite faire la connaissance des occupants de ce van circulant sous une tempête sévère, le chauffeur, cinq demoiselles girondes et leur manager, Lucas, un homme haut en couleurs qui racontera à ses "girls" une scène de leur futur spectacle au cours de laquelle un gorille devra attaquer les demoiselles, nous indiquant ainsi tout de suite le degré de ringardise de cet homme beau parleur. Mais bientôt, un inconnu stationné au bord de la route va leur indiquer leur impossibilité à continuer leur chemin, la chaussée étant impraticable à cause de la tempête, ce qui obligera Lucas à se renseigner sur l'existence d'un éventuel refuge aux alentours, l'homme leur parlant alors du château des Kernassy, tout en leur conseillant de ne pas y aller. Peine perdue, Lucas ne voulant pas retourner à leur hôtel quitté le jour même (pour ainsi ne pas avoir à payer une nouvelle note !) va ordonner au chauffeur de prendre la route du château.

Playgirls and the vampireCette présentation des personnages principaux sera rapide, concise et ne perdra pas de temps pour les emmener devant la grille de ce château, tout en avançant déjà un petit coté sexy certes très discret mais bien présent en laissant par exemple la caméra s'attarder sur les jambes de l'une des jeunes femmes portant des jarretelles. L'intérêt du réalisateur ira rapidement vers Vera, une des demoiselles qui aura un comportement bien étrange, pour commencer par trouver le moyen d'ouvrir la grille que Lucas croyait fermée, pour ensuite, une fois que le groupe aura pénétré dans le château, se servir directement dans une boîte contenant des cigarettes alors que ces lieux lui étaient parfaitement inconnus, comme le lui fera remarquer Lucas, l'auteur s'assurant ainsi facilement que le spectateur à lui aussi bien appréhendé ces détails troublants et installant de fait un aura de mystère sur le métrage qui sera encore largement renforcé par le peu d'amabilité dont feront preuve les serviteurs du Comte, peu enclins à accepter le présence de ces intrus à l'intérieur du château. Le Comte Kernassy ne sera d'ailleurs guère plus accueillant, s'apprêtant même à renvoyer les voyageurs jusqu'à ce qu'il voie Vera et du coup change brusquement d'avis.

Playgirls and the vampireLa mise en place de l'intrigue restera prenante pour instaurer immédiatement une atmosphère mystérieuse qui laissera plusieurs orientations possibles pour les événements à venir, avec bien entendu cette Vera dont on pourra être amené à penser qu'elle est comme par hasard la réincarnation de quelqu'un ayant vécu au château, tandis que le Comte malgré son apparence normale, pourrait parfaitement être le vampire du titre. Mais cette dernière possibilité sera rapidement mise côté lorsque Vera, après avoir entendu des bruits nocturnes, ira se balader pour tomber sur le Comte qui lui parlera normalement et la mettra en garde contre un danger sans préciser lequel, lui ordonnant juste de rester dans sa chambre la nuit. Ce que ne fera pas Katia, un autre des jeunes filles impressionnée par le château et qui ira emprunter la veste de Vera pour aller explorer la bâtisse. Mal lui en prendra puisqu'elle fera une mauvaise rencontre la faisant pousser des cris de terreur et sera découverte au petit matin au pied du château, morte. Cette visite nocturne permettra au réalisateur de tenter d'installer un climat tendu avec une réussite hélas que partielle, les fausses alertes employées demeurant trop faciles.

Playgirls and the vampireEnsuite l'intrigue va apprendre à Lucas et à ses filles qu'ils sont bloqués au château, le seul pont leur permettant de quitter le château s'étant effondré à cause de la tempête, et qu'ils ne peuvent même pas prévenir les autorités du décès de Katia, le téléphone étant coupé, ce qui les obligera à enterrer Katia sur place, lors d'une séquence magnifiquement mise en scène par le réalisateur. Dès lors, le métrage va commencer à avancer des éléments sous-entendant la présence d'un monstre vampirique dans les environs pour mieux se diriger vers un acte révélateur qui comportera une surprise plutôt bien trouvée et originale en laissant évidemment Vera jouer les premiers rôles.

Playgirls and the vampireL'attirail classique du thème vampirique sera en partie représenté ici avec le corps de Katia disparaissant de sa sépulture pour ensuite venir hanter les nuits de Lucas toutes canines proéminentes dehors, ou ces pieux enfoncés dans le cœur qui se révéleront être mortels, tout comme la lumière du jour, mais le réalisateur se jouera également du genre, avec notamment une séquence devant un miroir, pour par ailleurs ne jamais donner d'écho à la splendide scène d'ouverture du film. Mais hélas, le climat parfois tendu et chargé de mystère sera largement "pourri" par cet humour déplacé qui viendra trop régulièrement gâcher certaines séquences et s'étaler pour des parenthèses inutiles, ce qui, heureusement, ne viendra pas complètement entacher l'ambiance gothique régnant sur ce château typique et ses nuits d'orage.

Playgirls and the vampirePar contre, le métrage se montrera audacieux pour l'époque, en laissant les demoiselles évoluer en petites tenues ou portant des nuisettes plus que suggestives, laissant même Katia revenir nue d'entre les morts le temps d'une scène dévoilant sa poitrine, tandis que le réalisateur trouvera le moyen de placer un petit strip-tease langoureux au sein d'une séquence de répétition de la petite troupe de Lucas, mais l'intervention de la servante du Comte y mettra fin au moment où cela commençait à devenir réellement intéressant. Bien entendu, ce soupçon d'érotisme pourra paraître largement désuet et inoffensif de nos jours, mais il faudra quand même souligner l'audace du réalisateur en replaçant le métrage dans son contexte historique.

Playgirls and the vampireLes personnages resteront survolés pour uniquement de focaliser sur ce mystérieux comte Kernassy et ses secrets de famille, ainsi que sur cette Jeune et adorable Vera qui se retrouvera mêlée aux événements sans le vouloir et dont on pourra regretter la sous-exploitation de certains aspects avancés lors de la mise en place de l'intrigue, laissant les autres protagonistes venir uniquement meubler l'ensemble, pour ces touches d'humour faciles avec ce Lucas gouailleur et cet érotisme léger avec les autres demoiselles. L'ensemble bénéficiera d'une interprétation cohérente et sans surjouage, dominée par la ravissante Lila Rocco, tandis que Walter Brandi jouera le Comte Kernassy avec implication et prestance. La mise en scène du réalisateur Piero Regnoli est parsemée de plans remarquables tout en donnant de l'attrait aux décors gothiques du film. Les quelques effets spéciaux posséderont un charme rétro indéniable, comme cette décomposition d'un vampire réalisée en "stop-motion".

Donc, ce Playgirls and the vampire ne pourra certes pas espérer connaître le degré de réussite des grands classiques de cette période du cinéma d'épouvante italien, mais restera une petite curiosité audacieuse à découvrir !

Playgirls and the vampireLe DVD de zone 2 anglais édité par Redemption avancera une image comportant quelques petits défauts d'origine guère gênants, tandis que la bande-son sera mitigée, avec une partition musicale très discrète mais avec surtout la présence de craquements et autres bruits de fond réguliers, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise sans aucun sous-titres, contrairement à ce qui est avancé par la jaquette qui annonce le film dans sa version italienne sous-titrée en anglais.
Au niveau des bonus, on pourra suivre une courte galerie de photos du film, quelques affiches, sa bandes-annonces anglaise, un petit texte en anglais du producteur Richard Gordon, quelques filmographies, ainsi qu'un court-métrage étrange et original qui méritera d'être suivi.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette agréable curiosité gothique, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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14.10.09

07:25:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Funny people
Réalisateur : Judd Apatow
Durée du film : 2h20
Date de sortie du film : 7 octobre 2009

Avec : Adam Sandler (George Simmons), Seth Rogen (Ira Wright), Leslie Mann (Laura), Eric Bana (Clarke), Jonah Hill (Léo), Jason Schwartzman (Mark), Aubrey Plaza (Daisy), etc.

Funny people

Par Nicofeel

Auteur de 40 ans, toujours puceau (2005) et de En cloque, mode d'emploi (2007), le cinéaste Judd Apatow nous revient avec une nouvelle comédie intitulée Funny people.
En surface, Judd Apatow donne à voir au spectateur ce à quoi il s'attend : une comédie lourdingue avec des blagues autour du cul qui fusent de partout ! Si on reste là, effectivement le film remplit largement sa mission à ce niveau là.
Pourtant, si on gratte un peu pour voir le message de Judd Apatow, on comprend alors nettement pourquoi son film est nettement plus subtil que prévu. Car le cinéaste américain n'a de cesse de brocarder notre société avec des stars qui se prennent pour les rois du monde avec leurs caprices. Mais ce n'est pas tout. Judd Apatow fait aussi le constat d'une société où l'esprit de compétition est omniprésent. Que ce soit au niveau du travail ou au niveau de la drague. Et comme dans toute compétition, il y a des vainqueurs et forcément des perdants.

Et c'est là où Judd Apatow est le plus fort. Il montre clairement que l'un des principaux protagonistes du film, Ira Wright (joué par un excellent Seth Rogen), n'a de cesse de tenter de faire carrière en tant que comique en utilisant toujours des blagues à base de cul. On aura rarement vu dans un film autant de citations du mot couilles. Et mine de rien, ces citations sont loin d'être vides de sens. Elles prouvent tout simplement que le personnage qui les emploie est un être frustré sur le plan sexuel, car il n'arrive pas à avoir des rapports avec le sexe opposé. L'utilisation de blagues portées sur le sexe devient alors une catharsis de la frustration. Elle est devenue un moyen d'expression comme un autre.
Judd Apatow ne se contente pas d'évoquer cette solitude sur le plan sexuel. De manière plus générale, il dresse le portrait d'un homme, George Simmons (interprété par un Adam Sandler plus subtil qu'il n'y paraît et que l'on avait plus vu aussi bon depuis le très beau Punch drunk love de Paul Thomas Anderson), qui est certes riche et apprécié par de nombreuses personnes par son statut de star mais qui est finalement bien isolé sur le plan personnel.

Semblant partir en vrille totale, le film de Judd Apatow est au contraire d'une grande rigueur sur le plan thématique. Le réalisateur américain fait une comédie douce-amère où tous les travers de notre société sont évoqués. On a notamment l'utilisation à outrance d'Internet comme moyen de communication qui est clairement critiquée. Ce n'est pas un hasard si l'un des personnages du film n'hésite pas à dire « Fuck my space » ou encore si le principal personnage du film, George Simmons, déclare que plus on a des amis sur Internet, moins on en a dans la vraie vie.
Judd Apatow évoque aussi la solitude du comique lorsqu'il se retrouve devant une scène de spectateurs venus assister à son spectacle. A chaque représentation, c'est un recommencement. Rien ne garantit un succès total. Le manque d'inspiration du fameux George Simmons le prouve très clairement.
Le film de Judd Apatow n'est heureusement pas pour autant une succession de thématiques négatives sur notre société.
Le réalisateur rappelle que personne ne peut rester et que chacun a besoin de fréquenter des gens, qu'il s'agisse de la famille, d'une petite amie ou encore d'amis.

Judd Apatow paraîtrait presque classique dans sa vision de la vie en mettant en avant la cellule familiale (même si celle-ci est loin d'être une sinécure) par rapport à la solitude de son personnage principal.
Par ailleurs, le réalisateur évoque une chose qui lui semble essentielle : l'amitié. Il porte cet élément comme une vertu essentielle. Ce n'est pas un hasard si la relation entre le personnage de George Simmons et d'Ira Wright couvre quasiment tout le film. Et puis il y a aussi les copains d'Ira qui sont là pour lui remonter le moral ou le remettre sur le droit chemin. Le film est traversé de plusieurs scènes très fortes sur le plan émotionnel. Il y a par exemple la fête du Thanksgiving qui donne lieu à des moments très sincères entre plusieurs protagonistes du film. Et puis il y a tout simplement la dernière scène du film avec George Simmons et Ira Wright qui boivent un verre ensemble. La caméra prend du recul (on assiste à un travelling arrière) et cela donne un côté apaisé à cette relation. Il y a manifestement beaucoup d'optimisme à la fin du film.

Avant de clore cette critique, terminons par quelques mots sur la distribution qui est vraiment de très bon niveau, que ce soit les comiques de service, Adam Sandler, Seth Rogen, Jason Schwartzman, Jonah Hill mais aussi des acteurs moins attendus sur ce plan comme Eric Bana, Leslie Mann et Aubrey Plaza.

Au final, plus proche du film d'auteur que de la comédie potache, Judd Apatow ne déçoit pas du tout avec ce film qui oscille entre comédie et drame, entre solitude et vie familiale, entre esprit de compétition et amitié profonde. En somme, beaucoup de bonnes choses sont présentes dans ce film qui ne va cesser de se bonifier avec le temps.

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13.10.09

07:25:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Perversion story

Première incursion de Lucio Fulci, qui jusque-là s’était cantonné dans la comédie (hormis son excellent western Le temps du massacre) dans le thriller, ce Perversion story ne pourra pas renier l’influence du Sueurs froides d’Alfred Hitchcock au sein d’une intrigue machiavélique en diable qui permettra au réalisateur d’affirmer aussi bien son talent de metteur en scène que sa capacité à captiver son spectateur sur la durée, tout en avançant un érotisme bien présent.
Le script va suivre les déboires d’un homme partagé entre sa maîtresse et son épouse souffrant d’asthme lorsque celle-ci va mourir dans des conditions suspectes, surtout que peu de temps après il va rencontrer une strip-teaseuse, sosie presque parfait de la défunte.

Perversion storyLe métrage va tout de suite mettre en scène son personnage principal, le Dr. George Dumurrier, propriétaire d’une clinique privée, en pleine conversation avec son frère Henry travaillant pour lui et ne semblant guère apprécier la publicité hasardeuse faite dans la presse par George, pour ensuite s’immiscer dans sa vie privée houleuse au travers des rapports tendus et guère amicaux qu’il entretient avec son épouse Susan, souffrant de crises d’asthme sévères et nécessitant une présence permanente, obligeant George à embaucher une infirmière particulière. Cette présentation du personnage principal sera quand même teintée de cynisme de la part de Lucio Fulci qui, juste après avoir fait dire à son personnage, expliquant à cette nouvelle infirmière le traitement de Susan, qu’il aimait sa femme, nous allons retrouver George dans les bras d’une autre femme, Jane, avec qui il entretient une relation adultère.

Perversion storyMais cette Jane annoncera à George qu’elle s’apprête à quitter la ville, rompant de fait avec lui pour, juste après avoir fait une dernière fois l’amour (lors d’une première scène sensuelle magnifiquement agencée, avec notamment ce plan pris de sous le matelas et cet éclairage particulier resplendissant), le laisser la déposer à la gare. Ne voulant pas perdre sa bien-aimée George va sur un coup de tête se rendre en voiture à la destination de Jane et l’attendre sur le quai de la gare, ce qui bien sûr fera de l’effet à Jane puisqu’elle restera avec lui, mais hélas ces retrouvailles seront ternies par un appel de Henry annonçant à George la mort de sa femme. Après une pause mortuaire s’attardant sur le cadavre de Susan dans un élan funèbre évident et précurseur sans doute de l’attrait du réalisateur pour le macabre, la vie semblera reprendre ses droits pour George et Jane, sous les meilleures augures vu que George a hérité d’une assurance-vie confortable de la part de Susan, chose qu’il ne comprendra pas vraiment vu que sa femme le haïssait. Mais les deux tourtereaux seront observés et épiés par un individu anonyme les suivant partout jusqu’à ce que George reçoive en plein dîner dans un restaurant un curieux appel téléphonique le faisant quitter Jane pour se rendre dans une boîte à strip-tease.

Perversion storyL’univers de cet établissement sera bien croustillant en symbolisant parfaitement la libération des mœurs avec ces filles nues dansant lascivement au milieu de gros ballons colorés lancés par les spectateurs et c’est dans cet endroit que George, bientôt rejoint par Jane qui l’avait suivi et commençait à lui poser des questions sur son attirance pour ce genre de spectacle, va découvrir Monica, une strip-teaseuse qui fera un numéro de charme étourdissant mais surtout stupéfiera George et Jane par sa ressemblance avec la défunte, à quelques petits détails près (la couleur des cheveux et des yeux). La similitude physique des deux femmes scotchera littéralement George qui invitera la demoiselle à sa table dans une atmosphère largement étrange et presque surréaliste, pour après chercher à revoir cette personne avec qui il couchera, tandis que la compagnie d‘assurance chargée de payer l’assurance-vie aura des doutes sur l’affaire au point de mettre la police au courant de certaines choses, déclenchant une enquête.

Perversion storyL’intrigue se révélera être tortueuse, jouant sur les faux-semblants et malmenant son personnage principal qui doutera constamment de la réalité et de l’identité de Monica, surtout que plusieurs coïncidences troublantes viendront encore brouiller les pistes et pervertir la compréhension des choses, laissant le spectateur désarmé devant les situations et ne parvenant jamais à anticiper sur l’évolution des événements ou la direction prise par l’ensemble. Le spectateur se retrouvera ainsi coincé entre une possible machination improbable puisque personne ne semblera en vouloir à George ou pouvoir tirer profit de la situation et l’éventualité de la culpabilité de George, qui pourrait avoir payé l’infirmière pour tuer son épouse, mais aucun élément décisif ne viendra donner un avantage à l’un ou l’autre des hypothèses jusqu’à ce que le réalisateur décide de plein gré de nous donner toutes les clefs de l’affaire lors d’un dernier acte machiavélique qui avancera une explication terriblement tortueuse, diabolique et quelque part terrible pour les protagonistes concernés. Hélas, le seul petit bémol pourra concerner l’issue finale opportuniste, pas forcément très crédible mais présentée de manière originale et préméditée en amont pour éviter le naufrage.

Perversion storyLucio Fulci arrivera sans mal à impliquer son spectateur dans cette intrigue prenante au renouvelant constamment ses situations pour toujours imposer le doute au travers de détails en apparence anodins mais qui trouveront toute leur importance en fin de compte et tout en faisant évoluer des protagonistes étranges, troubles comme cette Jane aux relents lesbiens et cette Monica sujette à toutes les interrogations, tandis que George officiera en anti-héros assez méprisable dans sa relation adultère et ses mots durs envers son épouse malade pour ensuite devenir le jouet d’un ensemble qu’il ne comprendra jamais, ses tentatives pour s’en sortir échouant même et ce sera uniquement le hasard qui fera "bien" les choses.

Perversion storyL'érotisme sera largement présent, permettant au réalisateur d'avancer régulièrement ses actrices en petite tenue ou même entièrement dénudées, aussi bien par des choix scénaristiques volontaires (comme la séquence dans la boîte à strip-tease) ou en impliquant des protagonistes aux métiers avantageux (Jane étant photographe de charme), laissant bien évidemment Monica par son métier et ses prérogatives dans l'intrigue évoluer dans son plus simple appareil. Sans jamais verser dans la violence franche et en se permettant même de se gausser du "giallo" naissant lors d'une scène irrésistible (les gants blancs) , Lucio Fulci parsèmera le film de séquences macabres et malsaines, entre ce cadavre putride à la morgue complaisamment étalé devant la caméra, cette scène mortuaire prolongée et tous ces détails morbides impliquant la chambre à gaz du pénitencier.

Perversion storyL'interprétation sera ici convaincante, même si Jean Sorel ne brillera pas par son charisme dans le rôle de George, pour laisser la troublante à défaut d'être vraiment belle Marisa Mell imposer son œuvre de séduction réussie. La mise en scène de Lucio Fulci est admirable aussi bien par ses cadrages originaux et parfois expérimentaux que pour son utilisation des décors, des miroirs ou encore des gros plans, avec en plus une utilisation adaptée de cet écran divisé en plusieurs parties pour avancer différents plans. Les rares effets spéciaux sont probants, notamment pour ce cadavre en bien mauvais état qui resservira plusieurs fois.

Donc, ce Perversion story fera preuve d'une grande maîtrise dans son intrigue tortueuse qui parviendra à fasciner son spectateur qui pourra en plus admirer le travail méticuleux effectué par le regretté Lucio Fulci !

Perversion storyLe DVD de zone 0 édité par Severin Films avancera une image nette et sans réel défaut notable, tandis que la bande-son sera efficace, grâce à une partition musicale jazzy performante, le métrage étant ici proposé dans sa version italienne et anglaise, avec des sous-titres en anglais optionnels.
Au niveau des bonus, il faudra se contenter de la bande-annonce d'époque du film, mais un second disque audio "offert" permettra d'écouter la partition musicale du métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette œuvre prenante et remarquable du maître italien, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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12.10.09

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

The fifth cord

Giallo de la première heure, ce The fifth cord peinera à convaincre réellement à cause d’une intrigue bien trop simpliste dans sa volonté de brouiller les pistes et de surprendre son spectateur, alors que l’identité du tueur sera pourtant aisément anticipable très vite dans le métrage, pour en plus s’embrouiller avec une série de protagonistes aux liens inutilement complexes et ténébreux, mais pour autant la beauté visuelle de l’ensemble et une interprétation exemplaire permettront à l’ensemble de se suivre sans peine.
Le script va suivre l’enquête d’un journaliste plus ou moins alcoolique sur le déclin face à une série de meurtres survenant dans son entourage proche, au point de faire de lui un coupable potentiel.

The fifth cordAprès un monologue lancinant en voix-off de l’assassin en puissance qui s’enregistrera sur bande magnétique pour se déclarer prêt à agir, plaçant ainsi de suite le spectateur dans l’attente des meurtres à venir, le métrage va lors de son générique avancer une bonne partie de ses personnages, réunis pour célébrer le Nouvel An, en s’attardant sur Andrea Bild, un homme apparemment porté sur la bouteille qui observera surtout ce qui se passe autour de lui, avant à la fin de la soirée d’aller attendre Hélène, son ancienne femme dans sa voiture pour lors d’un court dialogue voir confirmer sa situation d’alcoolique notoire et surtout se faire rejeter par celle-ci, imposant de fait d’entrée un personnage principal déchu.

The fifth cordEnsuite, l’intrigue va suivre l’instituteur John Lubbock rentrant à pied chez lui à l’issue de cette soirée, pour passer sans les voir devant un couple en pleine embrassade torride avant de s’enfoncer dans un tunnel pour se rendre compte qu’il est suivi (l’inconnu étant trahi par ses bruits de pas), instaurant pour le coup un court suspense qui s’achèvera lorsque Lubbock, pris par surprise, recevra plusieurs coups de bâtons et seuls ses cris ayant attiré le couple vu auparavant feront fuir l’agresseur. Cette première attaque atypique pour un giallo servira de point de départ à l’enquête d’Andrea, que nous retrouverons d’abord chez lui en compagnie d’une demoiselle, Lu, avant qu’un coup de téléphone ne le convoque à la rédaction de son journal où il va se faire confier cette affaire d’agression, l’obligeant à se rendre à l’hôpital où comme par hasard officiera comme médecin le Dr Bini, un des participants de la soirée de Nouvel an, qui sera appelé à prendre part à l’intrigue très vite puisque son épouse handicapée fournira la première véritable victime au métrage.

The fifth cordEn effet, après quelques situations sans intérêt fondées sur les relations des différents protagonistes déjà rencontrés, nous allons pénétrer dans l’intimité de ce docteur, pour découvrir le caractère acariâtre mais sensible de son épouse, clouée au lit à cause de sa paralysie des jambes, qui se retrouvera bientôt seule puisque son mari sera appelé sur une urgence, rendant rapidement l’intérieur de la maison, remarquablement filmée, dangereux tout en mettant parfaitement en avant l’isolement et la vulnérabilité de la future victime qui ne tardera pas à se rendre compte qu’elle n’est pas si seule que cela et tentera de fuir en rampant sur le sol pour échapper à un agresseur invisible mais déplaçant des objets vitaux (fauteuil roulant, téléphone) avant de finalement s’abattre sur sa proie de manière sauvage pour l’étrangler et la jeter presque négligemment dans les escaliers.

The fifth cordCette séquence sera certainement la plus forte du film, avec quelques autres scènes de crime toutes probantes, bardées d’un suspense percutant et d’une mise en scène impeccable, comme cet homme qui finira par mourir d’une crise cardiaque, facilitant de fait le "travail" du meurtrier ou encore ce final au cours duquel ce sera un enfant qui se retrouvera en mauvaise posture. Mais hélas, en dehors de ces passages probants, le métrage ne développera que des situations stériles et guère enthousiasmantes pour suivre l'enquête d'Andrea, perdu entre ses doutes, ses talents de dragueur et des sous-intrigues banales et mal exploitées qui heureusement parviendront parfois à sentir le souffre en lorgnant par exemple du côté de la pornographie amateur. Cela aura pour effet de brouiller l'intrigue principale tout en détournant l'attention du spectateur sur des éléments extérieurs, mais de toutes façons, avec un minimum de réflexion et de bon sens, l'identité du tueur sera déjà évidente, confirmée plus tard lors d'un final énervé tranchant largement avec la lenteur ambiante, pour nous bassiner avec un motif sans aucune ampleur et franchement presque ridicule pour tenter de justifier les actes de l'assassin.

The fifth cordMais ce qui fera en grande partie la force partielle du film, ce sera son interprétation sans faille avec bien entendu la prestation de Franco Nero qui interprétera un Andrea avec une justesse rare, sans aucun surjouage néfaste, pour donner une réalité avérée à son personnage qui incarnera un anti-héros parfois violent (même envers les femmes…) pas franchement attachant mais dont nous suivrons les pérégrinations avec un attachement certain. Autour de lui vont graviter un certain nombre de personnages féminins qui apporteront sporadiquement une petite touche sensuelle et érotique non négligeable, les ravissantes Pamela Tiffin et Agostina Belli n'hésitant pas à se déshabiller devant la caméra. Mais les seconds rôles ne seront pas oubliés et nous retrouverons par exemple avec plaisir Edmund Purdom ou encore Andrea Scotti.

The fifth cordL'autre aspect du film qui sera foncièrement maîtrisé sera la photographie et l'esthétique de l'ensemble, loin d'un quelconque baroque repompé sur l'univers de Dario Argento, le métrage va laisser des couleurs saisissantes s'imposer sur les structures géométriques angulaires, donnant ainsi un air irréel, gigantesque et volontairement surfait aux décors et à la nuit italienne magnifiquement filmée tandis que le réalisateur Luigi Bazzoni s'offrira une mise en scène saisissant lors des temps forts du film , avec notamment une caméra subjective employée à merveille pour renforcer le suspense et une dynamique puissante pour gérer ses autres effets de clairs/obscurs, donnant ainsi une beauté rare à chaque plan.

The fifth cordCette beauté formelle compensera donc la vacuité certaine d'une intrigue inutilement alambiquée avançant un tueur ayant comme seule caractéristique propre (et sous-exploitée) de laisser auprès de chacune de ses victimes un gant noir dont il coupera un doigt de plus à chaque forfait et les scènes de crime vaudront surtout pour leur mise en place installant un suspense conséquent, puisque le métrage se montrera particulièrement avare en effets sanglants, pour même uniquement nous montrer le résultat de l'un des meurtres sans même nous gratifier de son exécution qui aurait certainement été croustillantes à la vue de ses conséquences, et enfin la violence sera très sporadique, surtout centrée autour du personnage d'Andrea, imprévisible et parfois bien sauvage (sans que les situations ne le justifie toujours vraiment, d'ailleurs).

Donc, ce The fifth cord vaudra surtout le coup d'œil pour son esthétisme vraiment remarquable et son interprétation convaincante, car son intrigue aura une tendance trop appuyée à se disperser inutilement, délaissant ainsi un noyau central bien anecdotique !

The fifth cordLe DVD de zone 0 édité par Blue Underground avancera une image nette et parfaitement restaurée pour ne laisser place à aucun défaut, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale d'Ennio Morricone prenante mais moins définitive que certaines autres créations du compositeur, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise, sans aucun sous-titres, comme souvent chez Blue Underground.
Au niveau des bonus, outres l'excellente et originale bande-annonce, on pourra suivre une interview croisée de Franco Nero et du responsable de la photographie, Vittorio Storaro, qui reviendront sur le film et leur participation à celui-ci au travers d'anecdotes intéressantes, tout en portant un regard nostalgique sur cette période de leur activité.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce "giallo" formellement maîtrisé, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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09.10.09

07:15:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Contraband

Réalisé par un Lucio Fulci tout juste sorti de L'enfer des zombies, ce Contraband, connu chez nous sous le titre de La guerre des gangs restera comme l'un des polars italiens les plus violents et sanglants de l'époque, porté par une bonne dose de sadisme, ce qui compensera largement une intrigue quelque peu commune malgré des choix scénaristiques pour le moins étranges en présentant les contrebandiers sous un jour presque sympathique, comparés aux importateurs de drogue étrangers.
Le script va suivre la vengeance d'un contrebandier (s'occupant d'un trafic de cigarettes) suite au meurtre de son frère et de plusieurs pontes de la pègre locale, tous assassinés par "Le Marseillais", un truand désireux d'étendre son pouvoir sur Naples au travers du trafic de drogues dures.

ContrabandLe métrage va tout de suite lancer son action pour nous présenter son personnage principal, Luca Di Angelo, et son frère Micky en plein trafic maritime puisqu'avec leurs hors-bords ils vont aller chercher des cartons de cigarettes de contrebande sur un bateau les attendant au large, mais cette fois-ci, la police maritime sera de la partie, obligeant Luca à s'enfuir, non sans avoir fait exploser le bateau pour faire disparaître les preuves. Cette entame du métrage sera remarquablement maîtrisée pour suivre le ballet de ces hors-bords surfant sur l'eau et zigzaguant pour des plans de toute beauté, et tout en nous permettant de commencer à se familiariser avec ce Luca assez tranquille malgré l'approche de la police et qui restera maître de la situation.

ContrabandEnsuite, l'intrigue va pousser la présentation de Luca, que nous allons retrouver chez lui en compagnie de sa femme, Adèle et de leur fils, pour y découvrir une famille presque normale et allant souvent rendre visite à Micky qui s'occupe de chevaux de course, avec pour seules différences la peur quotidienne d'Adèle face au "métier" de Luca avec ses craintes de le voir mourir ou être emprisonné, et la présence épisodique d'un autre mafioso sur le champ de course qui ne semblera pas plaire du tout à Luca. Le côté "truand" de Luca ressortira lorsqu'il ira rendre visite à Luigi "le Milanais", un autre contrebandier avec il s'entend bien et avec lequel il va s'entretenir pour savoir qui a bien pu renseigner la police lors du fiasco vu en introduction leur ayant coûté plusieurs millions de lires.

ContrabandLe décor ainsi planté, avec donc des personnages présentés sous un jour bien conciliant malgré leurs actions illégales (il ne faudra pas oublier que le film a été en partie financé par de vrais contrebandiers italiens…), l'intrigue va pouvoir réellement commencer lorsque Luca et son frère vont tomber dans une embuscade tendue par de faux policiers qui vont abattre sans sommations Micky avant de s'enfuir. Ce décès plongera Luca dans une tristesse sans nom, teintée d'un désir de vengeance avéré malgré les recommandations de son épouse de se tenir "trtanquille". Les funérailles de Micky donneront l'occasion à Lucio Fulci de nous gratifier d'une splendide séquence maritime, observée de loin par deux inspecteurs qui pourront ainsi nous énumérer le nom des pontes de la pègre locale, tout en reprenant des traditions purement italiennes.

ContrabandEnsuite, le métrage va d'abord laisser Luca s'orienter vers une fausse piste qui lui coûtera quelques bleus et autres traumatismes, avec au passage une scène de bagarre bien méchante qui se terminera par un plongeon dans une marre de souffre pour l'adversaire de Luca, ce qui l'autorisera par la suite à balancer le cadavre décomposé à travers la vitre de la chambre de celui qu'il pensera alors être le responsable de la mort de son frère. Cette partie de l'intrigue nous vaudra quelques plans sanglants, mais cela restera bien mesuré par rapport à ce qui va suivre, lorsque Luca va découvrir qu'un truand étranger, "Le Marseillais" s'acharne à décimer tous les truands locaux pour prendre le pouvoir de la pègre napolitaine et imposer un trafic de drogues dures.

ContrabandEn effet, le métrage va dans sa seconde partie basculer dans des rebondissements privilégiant une violence froide et sanglante, pour mettre en scène de nombreuses mises à mort saignantes au cours desquelles on ne comptera plus les impacts de balles tandis que les gorges seront éclatées par des coups de feu, quand ce ne sera pas directement dans une bouche que l'on tirera pour faire exploser la cervelle d'une victime, laissant même un sadisme investir les débats lorsque Luca va enfoncer un couteau dans l'abdomen d'un adversaire pour le faire parler, et plus certainement encore lors de cette séquence de viol terrible, dégradante sur l'épouse de Luca dont il en sera le témoin impuissant en entendant ce qui arrive à sa femme par téléphone. Le final restera quant à lui comme un épisode marquant avec cette avant-dernière séquence admirable, à la mise en scène parfaite et qui trouvera une ampleur inespérée.

ContrabandSi Lucio Fulci pourra mettre en scène cette sauvagerie sanglante, ce sera en majeure partie grâce au personnage appelé "Le Marseillais", qui fera preuve d'une cruauté sans limite dans sa volonté d'asservir la pègre locale ou carrément de faire le nettoyage par le vide, avec même une succession de crimes perpétrés contre les parrains locaux suivis les uns après les autres. Mais ce "Marseillais" laissera également éclater ses penchants vicieux et cruels lorsqu'il défigurera au chalumeau une demoiselle coupable de demander trop d'argent en échange d'une cargaison de drogue, dont un échantillon aura été soigneusement caché dans l'intimité de la jeune femme, exemple typique d'une certaine perversité typique dont fera preuve le métrage.

ContrabandOn pourra d'ailleurs remercier Lucio Fulci de ce jusqu'au-boutisme dans sa démarche car sinon le métrage aurait sans doute été plutôt fade, la faute à une intrigue de fond pas foncièrement passionnante, qui n'hésitera pas à avoir recours à quelques ellipses délicates dans son cheminement, mais on pourra aussi s'amuser de quelques scènes et détails souriants, comme cette descente de police dans un quartier où chaque habitant semblera être en possession de cigarettes de contrebande pour une séquence décalée par rapport à la noirceur ambiante avec ces quidams arrêtés dans des circonstances saugrenues, aux toilettes ou encore en plein repas comme cet homme qui emmènera avec lui sa plâtrée de nouilles, tandis que le réalisateur ne donnera pas forcément une image reluisante d'une ville de Naples gangrenée par le chômage et où les trafics sembleront faire vivre beaucoup d'habitants.

ContrabandLes personnages demeureront assez bien travaillés pour devenir non pas attachants mais au moins sympathiques et dont on aura tendance à frémir devant leur triste sort, la palme revenant à la douce Adèle qui aura passé son temps à mettre en garde Luca pour être au final elle-même violée dans des conditions plus que sordides, tandis que ce Luca, qui finira lui complètement dépassé par l'enchaînement des événements, fera un héros atypique en devenant régulièrement aussi sadique et violent que ses adversaires, dont "Le Marseillais" qui demeurera dans la grande tradition des truands sans pitié. L'ensemble bénéficiera d'une interprétation convaincante, portée par un Fabio Testi à l'aise dans le rôle de Luca et tandis que nous retrouverons avec plaisir Marcel Bozzuffi pour interpréter "Le Marseillais", sans oublier les seconds rôles savoureux de Guido Alberti ou encore de la transsexuelle Ajita Wilson. La mise en scène de Lucio Fulci est épatante pour donner de l'ampleur à ses séquences, tout en suivant l'action de près pour donner un rythme régulier au métrage, avec seulement un petit relâchement avant l'entrée dans le vis du sujet. Les effets spéciaux sanglants sont ici probants, volontaires et graphiques pour de la sorte demeurer réalistes.

Donc, ce Contraband s'imposera donc comme une œuvre largement réussie mais hélas méconnue du grand Lucio Fulci, qu'il conviendrait de réhabiliter à sa juste valeur !

ContrabandLe DVD de zone 0 édité par Blue Underground avancera une image nette et ne connaissant pas de défaut notable, tandis que la bande-son sera efficace avec une splendide partition musicale qui accompagnera idéalement les temps forts du film, celui-ci étant comme souvent chez l'éditeur, uniquement proposé dans sa version anglaise, sans aucun sous-titres.
Au niveau des bonus, on ne pourra hélas que suivre la bande-annonce anglaise du métrage et parcourir quelques filmographies.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce polar sanglant largement convaincant de Lucio Fulci, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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08.10.09

07:20:00, Catégories: Test / Critique  

Réalisateur : Christian Alvart
Durée du film : 1h45
Date de sortie du film : 30 septembre 2009
Avec : Denis Quaid, Ben Foster, etc.

Par Nicofeel

Réalisé par l'allemand Christian Alvart dont ce n'est pourtant pas le premier film, Pandorum est une sacrée déception. Attendu comme une série B plutôt sympathique, le film n'est rien d'autre qu'un raté.
Et il faut bien reconnaître dès le départ que Christian Alvart ne s'est pas foulé. Le cinéaste fait vraiment dans le déjà-vu avec des références très poussées à Alien, Resident evil ou encore à Event horizon (film déjà pas terrible de Paul W. Anderson, qui est pour l'occasion producteur du film). Le début du film est un repompage évident au début d'Alien avec la scène du réveil. Le problème c'est que Christian Alvart n'a pas le talent de Ridley Scott. En outre, il fait vraiment dans la redite, et en moins bien. Le montage quelque peu épileptique, que l'on retrouvera malheureusement tout au long du film, fatigue plus le spectateur qu'autre chose. Mais bon cela n'est que le début donc on est encore à ce moment du film indulgent avec le réalisateur.

Le problème est que le film ne va jamais s'améliorer en qualité. Christian Alvart, qui a bien du mal à se démarquer de ses références, n'a au demeurant pas grand chose à dire. Le scénario du film, d'une évidence incroyable, est linéaire et même assez vide. C'est dommage car le cinéaste allemand ouvre plusieurs pistes qui auraient pu être intéressantes (la fin de l'espèce humaine, des mutations génétiques) mais qu'il ne développe jamais.
Christian Alvart multiplie le même genre de scènes avec des monstres qui attaquent des humains. Encore, les scènes de combat seraient bien filmées, ça pourrait encore aller. Mais non. Le réalisateur a décidé de nous concocter des scènes qui vont se dérouler dans l'obscurité et avec une mise en scène épileptique. Conséquence : les scènes de combat sont illisibles et plutôt ennuyeuses. Car le réalisateur abuse de ce genre de scènes qui se révèlent particulièrement redondantes. Les vilaines bestioles qui attaquent les humains finissent presque par saouler le spectateur. On regrettera par ailleurs que ces scènes de combat se déroulent de nuit car du coup il devient rarissime d'avoir droit à quelques plans sanglants.

Et puis ce n'est pas tout. Car le naufrage est total. Les acteurs sont complètement insipides et on ne ressent strictement rien par rapport aux événements qu'ils sont amenés à vivre. On se demander bien ce qui a pu amener l'acteur Denis Quaid à s'embarquer dans une telle galère. Aucun des acteurs n'est vraiment charismatique. Et puis la psychologie des personnages est proche du néant.
Mais ce n'est pas fini. Les décors ne sont pas finement étudiés et le début du film donne l'impression de voir des maquettes et non des vaisseaux spatiaux. De plus, la photo du film qui va avec n'est pas non plus terrible. On a par instants la désagréable impression de se retrouver dans une adaptation de jeux vidéo.
Quant à la fin du film, si elle n'est pas évidente à deviner, il faut bien reconnaître qu'elle arrive un peu comme un cheveu sur la soupe. L'optimisme du réalisateur laisse un peu le spectateur sur sa faim.
Pour terminer au chapitre des déceptions, on pourra aussi noter que les quelques explications de la situation du vaisseau laissent plutôt dubitatifs. Ainsi, l'idée de l'évolution de l'être humain en une sorte de mutant laisse perplexe.

Heureusement, tout n'est pas noir (si l'on peut dire). En de rares occasions, le cinéaste réussit à distiller un semblant d'angoisse dans son film. C'est notamment le cas au début du film où l'on se demande bien ce qui arrive aux protagonistes du film et ce qui est arrivé aux gens qui sont morts. Et puis, si le scénario est quasiment toujours linéaire, il y a tout de même quelques (rares) rebondissements.


En définitive, Pandorum est un film de science-fiction de bas étage, qui ne mérite absolument pas d'être vu. Le film est non seulement d'un classicisme éprouvé (le film croulant sous les références du genre) mais il est en outre plutôt mal filmé. Ce n'est pas le tout de filmer de longs couloirs obscurs, encore faut-il être capable de distiller une ambiance. Ce qui ne semble pas être quelque chose de possible chez Christian Alvart.

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07.10.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

The blood rose

Film français réalisé en 1969 par Claude Mulot, surtout connu ensuite pour sa carrière dans l'érotisme hardcore sous le pseudonyme de Frédéric Lansac, ce The blood rose (sorti chez nous sous son titre original de La rose écorchée), malgré son script lorgnant du côté des Yeux sans visage de Georges Franju, arrivera à développer aussi bien un aspect surréaliste et poétique épaulé par ces décors gothiques et certains personnages "autres" qu'un érotisme teinté d'horreur pure au sein d'une intrigue dramatique forte appuyée par une histoire d'amour malheureuse.
Le script va suivre la déchéance d'un peintre renommé suite à l'accident ayant défiguré et brûlé profondément sa tendre épouse, la transformant en un monstre avec qui il va vivre reclus dans un château jusqu'à l'arrivée d'un ancien chirurgien spécialiste du visage qui va redonner espoir au couple avec l'éventualité d'une greffe, mais pour cela, il va bien falloir trouver une donneuse, pas forcément consentante…

The blood roseD'entrée, le métrage va avancer son personnage principal, Frédéric Lansac et son ami Wilfried attendant le verdict d'un médecin, ce qui permettra à Wilfried de revenir sur le passé de Lansac, aidé par une voix-off pour quelques flash-backs qui nous permettront de retracer le parcours de ce peintre aussi volage de réputé et prisé des milieux mondains, pour suivre sa rencontre avec Moira, une demoiselle attirée par la notoriété de Lansac et avec qui il va entretenir une relation amoureuse jusqu'au jour où, se préparant à se rendre à une soirée déguisée chez Moira, il va croiser Anne. Ce sera le coup de foudre instantané et réciproque, ce qui poussera Lansac à négliger Moira pour filer le parfait amour avec cette nouvelle jeune femme pour qui il éprouvera de vrais sentiments.

The blood roseC'est ainsi que Lansac fera découvrir à Anne le château familial seulement gardé par deux nains au faciès guère engageant, ce qui n'arrêtera pas Anne qui voudra y habiter. Peu de temps après ils vont se marier, et lors d'une soirée donnée pour fêter ce mariage, Moira va faire irruption et menacer Anne qui en reculant va tomber dans les flammes, laissant alors l'intrigue faire la transition avec l'entame du film puisque le médecin rendra son verdict, Anne est défigurée, incapable de marcher et sa vision est troublée par ses brûlures. Cette mise en condition des protagonistes sera efficace pour bien mettre en avant le changement de personnalité de ce Lansac qui, de mondain dragueur et amateur de jeunes femmes dont il abusera en profitant de sa notoriété, deviendra un amoureux transi et respectueux de sa récente épouse qui elle apportera une fraîcheur vivifiante. Mais cela n'empêchera pas le réalisateur de déjà avancer quelques rapides séquences sensuelles, déshabillant au passage Elizabeth Teissier qui interprétera Moira ou encore Anny Duperey jouant Anne, tout en plaçant également quelques scènes étranges et presque onirique, avec la découverte du château et des deux nains, Olaf et Igor qui vont servir le couple.

The blood roseMais cet accident va faire sombrer la vie du couple dans le désespoir, Anne devenant irritable et méchante, tandis que Lansac n'arrivera plus à peindre et demeurera prostré dans son château, au grand désespoir de Wilfried qui va pourtant devoir le booster et l'obliger à superviser l'institut de beauté dont ils sont copropriétaires, Wilfried partant à l'étranger quelques temps, tout en ayant engagé une infirmière pour s'occuper d'Anne, cette dernière étant par ailleurs déclarée morte aux yeux de tous. C'est à l'institut que Lansac va retrouver le professeur Römer, un botaniste méticuleux qui cachera un passé bien plus trouble, puisque nous ne tarderons pas à découvrir en compagnie de Lansac que ce professeur est un ancien chirurgien spécialiste du visage radié suite à une bavure et continuant à œuvrer pour remodeler le faciès de truands en fuite. Démasqué par Lansac, il n'aura pas d'autre choix que d'accepter la proposition de ce dernier de trouver un nouveau visage pour Anne.

The blood roseMais pendant ce temps-là, l'intrigue aura également mis en avant le caractère méchant de cette nouvelle Anne, aigrie, jalouse de la beauté d'Agnès, l'infirmière à laquelle Lansac ne résistera pas longtemps, ce qui la poussera à s'arranger pour que Agnès meure dans un "accident" délibéré et sadique, volontairement laissé à la vue de Lansac dans une opération de défiance. Mais pour pouvoir opérer Anne, il va bien falloir trouver un visage et l'institut de beauté va devenir un terrain de chasse pour Lansac et Römer qui seront loin de se douter qu'une victime toute trouvée va plus tard venir frapper à la porte du château, la sœur d'Agnès partie à la recherche de cette dernière.

The blood roseMême si l'influence des Yeux sans visage de Georges Franju se fera bien évidemment sentir sur le fond, l'intrigue restera fouillée, riche et puissante autour de cet amour perverti par une destinée atroce et servie par une galerie de protagonistes tour à tour hauts en couleurs et attachants, hors du commun et permettant au film de développer plusieurs sous-intrigues passionnantes, celle liée au professeur Römer en tête, tandis que le métrage dérapera doucement d'un classique formel de toute beauté vers un ensemble de gothisme et de délire surréaliste franchement débridé et jouissif, porté notamment par ces deux nains qui délivreront quelques séquences complètement folles, bien bis et ainsi irrémédiablement marquantes.

The blood roseEn effet, il faudra voir ces deux nains s'affairer autour d'une prisonnière qu'ils vont déshabiller, violer et finalement tuer (même si le métrage sera elliptique sur ce dernier aspect pour uniquement nous montrer la victime morte), ou encore poursuivre la sœur d'Agnès armés de haches disproportionnées par rapport à leur petite taille, chacune de leur apparition illuminant le métrage d'un caractère démentiel et extravagant qui contrastera avec l'univers gothique dans lequel le métrage plongera pour nous offrir quelques séquences remarquables, comme cette visite nocturne et en plein orage du château par la sœur d'Agnès (qui présentera une ressemblance physique avec Barbara Steele certainement pas innocente) qui trouvera son point d'orgue en nous dévoilant la visage martyrisé d'Anne jusqu'ici intelligemment masqué à la caméra.

The blood roseLe métrage avancera ainsi une histoire d'amour éperdument tragique, douloureuse pour ce couple détruit par la jalousie de cette Moira qui n'aura pas supporté d'être délaissée et humiliée par Lansac, mais ce sera surtout les répercussions de l'accident sur le comportement de chacun qui sera mis en avant par les différentes phases de l'intrigue jusqu'au final à la fois poétique dans son dernier plan et nihiliste dans son entreprise de mort pour de la sorte nous réserver une méchante surprise plutôt inattendue lors d'un final qui s'éloignera de la trame largement envisagée et anticipée par le spectateur, abandonnant ainsi toute idée de happy-end qui de toutes façons n'aurait pas collé avec l'esprit et l'ambiance délétère de la seconde partie du film.

The blood roseLes personnages seront ici bien travaillés, le couple formée par Lansac et Anne bien entendu pour laisser Anne devenir irrésistiblement attachante dans sa joie de vivre tandis que Lansac arrivera à gagner la sympathie après une présentation guère reluisante, mais le personnage le plus frappant du film sera ce professeur Römer, un être torturé au physique dur, et l'ensemble bénéficiera d'une interprétation convaincante, entre Philippe Lemaire jouant Lansac et Anny Duperey qui resplendira dans le rôle d'Anne, tandis que Howard Vernon, l'acteur fétiche de Jess Franco brillera forcément par son charisme naturel pour donner vie au professeur Römer, laissant quelques jolies actrices venir apporter un érotisme certes quelque peu désuet de nos jours mais pour autant graphique en les dénudant entièrement ou partiellement. La mise en scène de Claude Mulot est efficace, léchée et utilisera avec bonheur ses filtres pour avancer une caméra subjective se mettant à la place du personnage d'Anne, tout en rendant justice aux décors naturels gothiques. Les quelques petits effets spéciaux sanglants demeureront rudimentaires mais tout en étant crédibles.

Donc, ce The blood rose s'avérera être une œuvre fantastique sensuelle française méconnue qui mériterait pourtant largement d'être réhabilitée pour son atmosphère gothique, érotique mais également douloureuse lorsqu'elle brisera cette histoire d'amour éperdue !

The blood roseLe DVD de zone 0 édité par Mondo Macabro avancera une image nette et ne connaissant pas de défaut flagrant, tandis que la bande-son sera efficace et adaptée pour aider à la création de l'ambiance du métrage, celui-ci étant ici proposé dans sa version anglaise mais surtout dans sa version originale française.
Au niveau des bonus, on pourra suivre une interview de l'un des collaborateurs de Claude Mulot qui reviendra sur le travail de ce dernier, un petit document écrit sur l'histoire des films horrifiques français, une conséquente galerie de photos du film, la biographie/ filmographie de l'équipe du film ainsi que le toujours excellent petit montage d'extraits d'autres titres proposés par l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce film français largement maîtrisé et estimable, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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06.10.09

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : 500 jours ensemble
Titre original : 500 days of summer
Réalisateur : Marc Webb
Durée du film : 1h36
Date de sortie du film : 30 septembre 2009
Avec : Joseph Gordon-Levitt, Zooey Deschanel, etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Marc Webb dont c'est le premier long métrage, 500 jours ensemble est une comédie romantique qui ne manque pas d'attrait.
En effet, on est loin des comédies romantiques typiques avec les recettes très largement éculées. Non, ici dès le début du film (il n'y a qu'à voir le propos introductif du film pour s'en convaincre), on comprend que l'histoire d'amour proposée va sortir des sentiers battus. Car la grande force du film de Marc Webb est de poser une vraie réflexion quant aux relations entre hommes et femmes. Le cinéaste ne choisit pas la facilité. Il aurait très bien donner au spectateur ce qu'il attend : une histoire d'amour contrariée entre deux êtres qui évidemment finit bien. Eh bien ici rien de tout ça.
D'abord le réalisateur a pris le parti de déstructurer le récit en donnant un film qui suit une logique certaine mais qui n'est pas linéaire. Pendant un bon moment on jongle au sein de ces fameux 500 jours, en passant par exemple d'une journée où les deux personnages principaux ne s'aiment plus (pas) pour revenir sur les premiers jours de la rencontre ou encore sur les moments agréables de la relation. Marc Webb réussit le tour de force de rendre son film passionnant avec non seulement ce récit non linéaire mais aussi et surtout avec une vraie réflexion derrière. Le cinéaste rappelle de façon très juste au spectateur que l'on peut soudainement passer de moments très agréables avec la personne aimée (la scène d'IKEA, la scène de la douche ou encore d'autres scènes très intimistes) à des moments beaucoup moins marrants, dans des lieux identiques, qui sont annonciateurs d'une prochaine rupture.

Le film est aussi plus globalement une vraie réflexion sur le couple contemporain, avec la crainte de tout un chacun que l'être aimé nous laisse tomber. Avec un vrai esprit critique et une grande justesse de ton, le cinéaste Marc Webb utilise aussi une mise en scène adaptée au propos du film. Ainsi, lorsque le personnage principal est heureux car il « sort » enfin avec la femme qu'il aime, on a droit à une scène quasi surréaliste avec ce personnage qui transmet sa bonne humeur autour de lui et qui se met à danser avec des gens dans la rue. A l'inverse, lorsque le personnage principal traverse un grave moment de doute où il espère encore pouvoir retrouver l'être aimé, le cinéaste utilise de façon très astucieuse le split screen : on assiste à deux scènes vues de deux façons différentes. La scène dans l'écran de gauche représente les attentes avec l'espoir d'une reconquête, la scène de droite représente en revanche ce qui va réellement se passer. Et là forcément c'est moins drôle. Mais bon, le film, en dehors de ses scènes surréaliste et de son scénario éclaté, n'en garde finalement pas moins un certain réalisme dans les rapports qu'il peut y avoir actuellement entre un homme et une femme.
Et le film n'en conserve pas moins un certain optimisme. Car le propos du film est clair également à ce sujet. Si on perd l'être aimé, c'est peut-être tout simplement parce qu'il ne s'agissait pas de la bonne personne. Le destin va probablement nous permettre de rencontrer une autre personne avec qui cela va mieux marcher.

Bénéficiant d'une excellente bande son (où l'on retrouve entre autres les Smiths ou encore l'excellente chanson She's like the wind, interprétée par feu Patrick Swayze) signée Mychael Danna qui rythme parfaitement les sentiments vécus par le principal personnage du film, 500 jours ensemble ne serait sans doute pas aussi réussi sans son couple vedette qui fonctionne très bien. Si Zooey Deschanel est très bien dans le rôle de Summer Finn, cette femme mystérieuse qui demeure difficilement sondable, une mention spéciale serait à donner à l'acteur Joseph Gordon-Levitt qui donne réellement l'impression d'être le personnage qu'il joue, à savoir Tom Hansen.
Alors précipitez-vous dans les salles obscures pour voir ce curieux film qui parle d'amour et qui pour l'occasion est vraiment original.

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02.10.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Barbed wire dolls

Film de WIP (Women In Prison) très classique sur le fond, ce Barbed wire dolls portera tous les stigmates du cinéma de son réalisateur, Jess Franco, qui ici se montrera particulièrement inspiré lorsqu'il s'agira de se laisser aller à un érotisme omniprésent ou à quelques séances de tortures mentales ou physiques dégradantes.
Le script va suivre les déboires de quelques prisonnières brimées et assujetties aux désirs d'une gardienne sadique et perverse.

Barbed wire dollsD'entrée le métrage va s'installer au sein de cette prison côtière pour une première séquence annonçant parfaitement la couleur puisque nous verrons une femme attachée (nue, cela va sans dire) subissant les coups de fouet et la pression d'une brute épaisse nommée Nestor qui, alors que sa victime sera restée six jours sans manger, osera disposer près d'elle une gamelle pleine de nouilles, mais sans qu'elle puisse y toucher, pour une torture mentale bien vicieuse et qui se prolongera suffisamment pour déranger, entre les plaintes et les tentatives d'apitoiement de la femme et les cris et ordres hurlés par ce Nestor qui semblera bien entendu jouir de la situation et de sa position de dominateur (surtout qu'il aura pour témoin le gardienne en chef de l'endroit et le médecin des lieux) envers cette femme dont le motif d'incarcération sera d'avoir osé dénigrer le Gouverneur.

Barbed wire dollsEnsuite le métrage va se lancer dans la présentation de trois des prisonnières dont nous suivrons les tourments, Pompadour, une prostituée nymphomane et délirante, Rosaria, une folle passant son temps à chanter et enfin Bertha, une demoiselle emprisonnée pour le meurtre de son frère, que nous découvrirons dans leur cellule le temps d'appréhender le caractère de chacun, le réalisateur s'attardant à coup sûr sur cette Pompadour le temps de quelques gros plans ouvertement salaces, tandis que Bertha, la plus "normale" des trois et la plus attirante sera aussi la plus discrète. Et après avoir ainsi planté le décor, nous allons suivre l'arrivée d'une nouvelle prisonnière en la personne de Maria, une autre demoiselle accusée elle aussi de meurtre mais niant les faits et qui va commencer par rejoindre le "quartier spécial". Ce "quartier spécial" servira surtout de lieu de torture puisque Maria sera allongée nue sur un lit métallique parcouru régulièrement d'électricité pour des séances de rééducation sadiques et complaisantes largement étalées devant la caméra.

Barbed wire dollsL'intrigue va également s'attarder sur la directrice de cette prison, qui restera bien dans la tradition inaugurée par "Ilsa" avec ses bottes en cuir, ce monocle et ses shorts moulants, tandis qu'elle aura toujours à la main sa cravache prête à servir et avec en plus des penchants lesbiens avérés comme pourra le découvrir Bertha lors d'une autre scène érotique au cours de laquelle elle devra même frapper sur ses ordres la gardienne en chef adepte également du sadomasochisme, ainsi que sur ce Gouverneur de la province aimant les jeunes et jolies détenues qu'il se fera régulièrement amené chez lui pour, selon son humeur, les regarder se masturber sur son lit ou laisser Nestor abuser d'elles.

Barbed wire dollsPour meubler le métrage, l'intrigue va quand même avancer quelques événements intéressants comme cette lettre dénonçant les pratiques à l'intérieur de la prison qui arrivera chez le Gouverneur, ce qui ne le troublera pas plus que cela bien sûr mais lancera une vague de répression à l'intérieur du pénitencier, tandis que Maria sera liée à la directrice de la prison par son passé et le meurtre dont elle a été accusée, ce qui nous vaudra une séquence définitivement "autre" puisque Jess Franco, n'ayant certainement pas le budget nécessaire pour tourner une scène passée au ralenti ensuite, la fera jouer ainsi à l'origine, ce qui sera irrésistiblement comique avec les gestes saccadés des acteurs, et y participera même puisqu'il interprétera lui-même le père incestueux de Maria, ce qui pourra par ailleurs être interprété sous différents angles quand on sait que Maria sera jouée par Lina Romay, la muse du réalisateur.

Barbed wire dollsLe métrage avancera quasiment toutes les figures obligées du film de "WIP", hormis les traditionnelles scènes de douches ici absentes, pour suivre ces quelques tortures subies par ces prisonnières qui souffriront aussi bien dans leur chair que dans leur esprit, mais les sévices auront tendance à se répéter (avec plusieurs passages dans ce "quartier spécial" et sur le lit électrique) et ne sombreront jamais dans la violence franche ou dans l'abject (comme dans le bien sadique Women in cellblock 9 par exemple) et encore moins dans le gore, aucune plan sanglant ne venant émailler l'ensemble, pour se terminer par l'habituelle évasion ici bien opportune et facile, mais l'issue du métrage pourra, une fois de plus chez Jess Franco, laisser un goût amer.

Barbed wire dollsCe sera donc l'érotisme qui sera omniprésent au sein de l'intrigue, les prisonnières évoluant toujours à moitié nues et n'hésitant pas à se déshabiller à la moindre occasion, avec en plus des situations et des rebondissements prétextes à avancer des ébats en tous genres qui, s'ils ne verseront jamais dans la hardcore, resteront sporadiquement très osés avec ces gros plans dont Jess Franco s'est fait le spécialiste et qui iront inspecter les entrejambes des demoiselles sans aucune pudeur pour même devenir licencieux lorsque la nymphomane dérangée ira se toucher avec une cigarette allumée. Mais le réalisateur pourra compter sur la beauté et la jeunesse de Lina Romay et de Martine Stedil (toutes deux habituées de l'auteur) pour illuminer le film, contrastant de la sorte avec une certaine fadeur et un manque de fraîcheur des autres prisonnières et même de Monica Swinn qui ne sera pas ici présentée sous son meilleur jour.

Barbed wire dollsLes personnages alimenteront les situations avec un certain classicisme, notamment les détenues et la directrice de la prison, tandis que ce Nestor n'aura pas le charisme désiré dans son rôle de bourreau pervers, laissant seul le médecin des lieux apporter une certaine originalité en semblant s'intéresser réellement au sort des prisonnières (ce qui ne l'empêchera pas de coucher avec Maria…) et paraître comme le seul être "humain" parmi l'équipe officiant dans cette prison, pour de la sorte apporter une petite touche humaniste au milieu de la misogynie ambiante et sous-jacente. L'interprétation est cohérente, sans réel charisme à l'écran mais sans pour autant sombrer dans un quelconque amateurisme, les différents acteurs et actrices présents restant concernés. La mise en scène de Jess Franco est moins lascive que parfois pour donner un rythme constant au métrage qui ne connaîtra pas de temps morts, et nous gratifiera de cette séquence hallucinée au ralenti qui vaudra son pesant de cacahuètes.

Donc, ce Barbed wire dolls illustrera parfaitement son sujet en demeurant un film de "WIP" volontaire, porteur d'un érotisme osé et régulièrement sordide qui devrait satisfaire les amateurs du sous-genre !

Barbed wire dollsLe DVD de zone 2 anglais édité par Anchor Bay avancera une image nette et sans défaut visible, tandis que la bande-son sera convaincante, avec une partition musicale impactante mais hélas pas assez présente, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise ou allemande avec des sous-titres anglais.
Au niveau des bonus, on pourra suivre le documentaire sur le travail de restauration effectué pour les éditions de la collection de l'éditeur dédiée à Jess Franco, une série d'interviews croisés du producteur Erwin C. Dietrich, de Jess Franco et de Lina Romay qui reviendront sur le tournage du film et sur les sentiments du réalisateur vis-à-vis du cinéma et de la censure, une galerie de photos assez conséquente, la bande-annonce du film, quelques filmographies et la présentation publicitaire de cette collection.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce film de "WIP" érotique et sordide, le DVD de zone 2 est disponible ici ou !

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29.09.09

07:30:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Même si ce mois de septembre qui s'achève n'a pas apporté un nombre phénoménal de nouveaux titres fantastiques et horrifiques, ce sont quand même des films de qualité et des inédits globalement sympathiques qui ont connu une sortie ou une ressortie, pour notre plus grand plaisir !

Evil dead 2
Dark crystal

Au niveau des ressorties, on notera une jolie offensive de Studio Canal qui offrira à plusieurs titres importants de son catalogue une édition en Blu-ray, avec le délirant Evil dead 2, Les autres et ses fantômes flippants, ils et ses inconnus menaçants pour une autre leçon de terreur, à la française cette fois-ci, le Mission to Mars de Brian De Palma et Sleepy hollow et sa légende fantastique. Sony Pictures de son côté sera plus orienté "fantasy" pour ses éditions en Blu-ray de Labyrinth et de Dark crystal. Enfin Gaumont proposera toujours en Blu-ray Le dernier combat de Luc Besson.

Octopus
Altered

Bien plus modeste, Seven 7 donnera une seconde chance au Spiders de Gary Jones et à Octopus et sa pieuvre géante à l'animation quand même ratée, et toujours en piochant dans le catalogue de "Nu Image", l'éditeur offrira une édition au Megasnake bien dans la tradition des films de grosses bebêtes de cette boîte de production, avec ici des effets spéciaux pour une fois à la hauteur. L'éditeur nous gratifiera du sympathique Altered déjà évoqué ici dans son édition en zone 1 et du Les passagers qui ne semblera valoir en majeure partie que pour son twist final déroutant.

Warbirds
Automaton transfusion

Pendant ce temps-là, Elephant films laissera Warbirds imposer son intrigue débile au possible mais incroyablement "fun" et qui devrait se faire apprécier par les amateurs de série Z décalées et stupides, tandis que le neurasthénique La secte viendra endormir son spectateur malgré la présence de David Carradine et de ses vampires lesbiennes. L'éditeur se rachètera quelque peu en offrant au fans de gore le bien saignant Automaton transfusion traité ici dans son édition en zone 1.

Descent
end of the line

Opening de son côté revisitera le classique Testament du docteur Mabuse pour une nouvelle édition du film de Fritz Lang, pour également sortir Descent, qui flirtera avec le "rape and revenge" dramatique et surtout le très sympathique End of the line de Maurice Devereaux, le québécois nous livrant son film le plus abouti, sanglant, prenant et fustigeant de manière terrible le fanatisme religieux pour un inédit qui méritera largement d'être découvert.

Sick nurses

Autre inédit qui vaudra le détour, Sick nurses et ses infirmières sexys en diable confrontées à un esprit vengeur (critiqué ici dans son édition en zone 1), que nous devons à Emylia qui décidemment continue de nous surprendre agréablement de mois en mois, l'éditeur ayant également sorti ce mois-ci un Sanctimony plus anecdotique.

Unborn
Unborn

Universal osera éditer le pathétique Unborn et son tagline débile, "Peut-on être possédé par quelqu'un qui n'a jamais existé ?", auquel on a envie de répondre non et passer à autre chose s'il n'y avait la craquante Odette Yustman en débardeur et petite culotte pour un triste plagiat de L'exorciste.

Watchmen
Watchmen

Paramount a édité l'un des titres les plus attendus avec le Watchmen de Zack Snyder, en mettant le paquet puisque le film sera disponible en édition simple, en édition collector et évidemment en Blu-ray.

Push
Prédictions

Et enfin, M6 Vidéo occultera la sortie de Push et ses mutants télépathes par celle de l'attendu Prédictions d'Alex Proyas qui restera marqué par des séquences de catastrophes terriblement réalistes pour une intrigue certes pas toujours à la hauteur mais quand même captivante.

Donc, après ce mois mitigé heureusement porteur de quelques inédits savoureux, le rendez-vous est pris pour octobre, que l'on espère plus généreux !

Evil dead 2 (Blu-ray)

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Les autres (Blu-ray)

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Ils (Blu-ray)

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Mission to Mars (Blu-ray)

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Sleepy hollow (Blu-ray)

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Dark Crystal (Blu-ray)

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Le dernier combat (Blu-ray)

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Spiders (Jones)

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Megasnake

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Altered : Les survivants

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Les passagers - Edition prestige

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Les passagers (Blu-ray)

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Automaton transfusion

Automaton transfusion
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Le testament du Dr Mabuse

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End of the line : Le terminus de l'horreur

End of the line : Le terminus de l'horreur
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Unborn

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Unborn (Blu-ray)

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Watchmen : Les gardiens

Watchmen : Les gardiens
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Watchmen : Les gardiens (Blu-ray) / 2 Blu-ray

Watchmen : Les gardiens (Blu-ray) / 2 Blu-ray
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Watchmen : Les gardiens - Edition collector / 2 DVD

Watchmen : Les gardiens - Edition collector / 2 DVD
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Push (Blu-ray)

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28.09.09

07:25:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Démineurs
Titre original : The hurt locker
Réalisatrice : Kathryn Bigelow
Durée du film : 2h04
Date de sortie du film : 23 septembre 2009
Avec : Jeremy Renner, Anthony Mackie, Brian Geraghty, etc.

Par Nicofeel

démineurs

Auteur de plusieurs films de très haut niveau, que ce soit avec le film de vampires (Aux frontières de l'aube), le film de hold-up (Point break extrême limite) ou encore le film d'anticipation qui livre un portrait peu flatteur de notre futur (Strange days), Kathryn Bigelow nous revient cette année en grande forme.

Et pourtant sur le papier son film n'a rien de passionnant. Avec Démineurs la cinéaste va nous parler des démineurs américains qui sont présents en Irak. Avec un sujet qui est d'actualité et qui a donc été vu et revu de nombreuses fois (ne serait-ce qu'à la télévision), on pouvait craindre le fait de se retrouver avec un film convenu. Pire, on aurait pu avoir une sorte de film qui regorge de clichés, avec comme objectif affiché d'être à la gloire du peuple américain. Combien de films d'action américains, où la finesse n'est pas le maître mot, évoquent la guerre et surtout la bravoure de militaires qui vont tout détruire sur leur passage ?
Face à ces interrogations légitimes, le tout est donc de savoir si Kathryn Bigelow a réussi à faire preuve du recul nécessaire concernant le conflit qui oppose des citoyens irakiens et les militaires américains présents en Irak.

N'y allons pas par quatre chemins : oui, Kathryn Bigelow a réussi à évoquer le conflit qui a lieu en Irak, avec le recul nécessaire. Mieux, la cinéaste américaine apporte au spectateur un film d'une grande originalité tant sur le forme que sur le fond.
Sur la forme, la réalisatrice a cherché à donner le maximum de réalisme à son film, en privilégiant le côté documentaire. Ainsi, on a l'impression d'assister à une sorte de documentaire télévisé, avec un reportage qui serait pris sur le vif.

Cette idée est renforcée par l'utilisation de la caméra à l'épaule. Cependant il ne faut pas s'y tromper, Kathryn Bigelow a tout bien pensé et rien n'a été laissé au hasard. En agissant de la sorte, la réalisatrice a surtout voulu immerger son spectateur dans le quotidien de ces soldats américains.

Sur le fond, le film ne manque pas non plus d'intérêt. Kathryn Bigelow nous invite à rentrer (un peu comme des voyeurs si l'on y réfléchit bien) dans le quotidien de ces hommes. Les relations entre ces hommes sont souvent très viriles, avec par exemple une sorte de confrontation perpétuelle pour prouver à l'autre que l'on est plus fort que lui. Il y a même pire : selon les affinités de chacun, on voit à un moment du film que des personnages sont amenés à réfléchir à faire disparaître l'un de leurs collègues. La complexité du sentiment humain est étudiée avec un grand sens du détail par Kathryn Bigelow. Mais il y a aussi paradoxalement une solidarité de groupe qui est parfaitement évoquée dans ce film.

Il faut dire que l'Irak de Bigelow est loin d'être une sinécure pour ces soldats. On voit clairement que le danger peut se trouver à n'importe quel endroit avec une mine ou une bombe qui peut être posée n'importe où. En somme, le danger peut provenir de partout. Et il y a de quoi avoir peur car on voit à plusieurs reprises des militaires américains qui sont tués. D'où un stress quotidien pour ces ceux qui sont toujours en vie. Il y a même pire. A vivre sans cesse sous pression, on comprend qu'une certaine paranoïa s'est installée chez ces militaires. La scène où ils se font tirer dessus en plein désert par un ennemi qui est d'abord « invisible » est de ce point de vue remarquable. Le temps passé à quitter cette zone dangereuse est aussi révélateur de ce sentiment quasi paranoïaque qui a gagné ces hommes.
Dès lors, on est d'autant plus surpris par le caractère hors-du-commun du principal personnage du film, ce fameux démineur qui risque sans arrêt sa vie. Est-ce de l'inconscience ? Ou est-ce tout simplement comme l'indique un commentaire au début du film le fait que la guerre agit sur le militaire comme une drogue ? Peut-être est-ce tout simplement un peu des deux. Toujours est-il que le courage de cet homme donne lieu à des scènes bien tendues, où le point paroxysmique est atteint lors de cette scène avec un « human-bomb » . Là, on se demande bien ce qui va arriver, car à la différence des autres scènes, le temps n'est pas suspendu, le démineur a très peu de temps pour désamorcer ces bombes et tenter de sauver cet « human-bomb » qui a été forcé de porter ces charges explosives.
Avec Démineurs, Kathryn Bigelow nous fait entrer dans un quotidien que l'on imagine pas forcément. Ne subissant jamais de baisse de rythme, ce film mérite clairement d'être vu. Démineurs ajoute une nouvelle pierre à l'édifice très hétéroclite de la carrière de la très intéressante cinéaste Kathryn Bigelow.

démineurs
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25.09.09

07:10:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Exitus interruptus

Réalisé par Andreas Bethmann, auteur érotomane coupable de quelques titres comme Rossa venezia ou encore Demon terror mélangeant ouvertement horreur et érotisme flirtant largement avec le hardcore, ce Exitus interruptus ne dérogera pas à la ligne de conduite que s’est fixé le réalisateur pour privilégier une fois de plus l’érotisme des situations au sein d’une intrigue vaguement horrifique, mais hélas, le manque de moyens et ici même d’inspiration viendront se faire cruellement sentir malgré quand même quelques séquences presque graphiques et une propension à dénuder les charmantes actrices largement volontaire.
Le script va suivre les déboires d’une demoiselle, kidnappée et violée cinq ans auparavant par un maniaque qu’elle aura finalement tué, qui va de nouveau se retrouver face à un détraqué qui va la séquestrer et l’humilier dans une maison isolée.

Exitus interruptusAprès un générique réussi et glauque, le métrage va directement s’intéresser à son personnage principal, Manuela, une demoiselle que nous allons d’abord découvrir à bord de sa voiture, le temps d’entendre par une station de radio écoutée que plusieurs jeunes femmes ont disparu dans la région ces derniers temps, sans aucun doute victime d’un psychopathe, avant de la retrouver chez elle pour une nuit perturbée par un cauchemar qu’il nous sera permis de visualiser au travers d’images presque subliminales avançant une femme nue attachée et torturée pour ce qui aurait pu être une première scène graphique si la rapidité extrême des plans ne les avait pas rendu quasiment illisibles.

Exitus interruptusEnsuite, nous allons pouvoir appréhender le passé trouble de Manuela au travers d’une séance chez son psychiatre qui la suit pour ces cauchemars certainement hérités du kidnapping suivi de viol dont elle a été victime cinq années auparavant, tandis qu’elle va avouer à son thérapeute avoir tué et enterré son bourreau (mais sans aucun flash-back saignant comme on était en droit de s’attendre), cette présentation du personnage central de l’intrigue étant ensuite prolongé par une promenade le long d’un chemin semi forestier en compagnie de Monique, qui se révélera être la petite amie de Manuela, surtout que celle-ci lui proposera de venir s’installer chez elle, ce qui sera rapidement fait et donnera l’occasion au réalisateur de nous gratifier d’une petite scène érotique lesbienne sensuelle mais n’allant "étrangement" pas bien loin dans l’érotisme, tandis qu'en parallèle un inconnu va creuser et déterrer un cadavre qu'il va s'empresser de nettoyer.

Exitus interruptusCette mise en situation de l'intrigue sera assez encourageante, le réalisateur parvenant à bien mettre en évidence le trauma dont est victime cette Manuela tout en alignant plusieurs passages performants, comme cette scène érotique entrecoupée de plans macabres suivant cet individu masqué creusant et s'affairant en gros plan autour de ce crâne pour le laver et le toiletter. L'intrigue va alors véritablement se mettre en branle lorsque Manuela et Monique vont se donner rendez-vous dans un night-club libertin où Manuela, ayant rejoint les toilettes pour se rafraîchir va voir arriver deux lesbiennes soucieuses de s'isoler pour un petit ébat mais qui vont bientôt être stoppées dans leurs ardeurs par un homme les tuant toutes les deux avant de kidnapper Manuela en l'endormant avec un mouchoir imbibé de produits chimiques.

Exitus interruptusLe métrage va donc pouvoir rejoindre l'endroit qui lui servira de décor jusqu'au final, cette maison isolée dans les bois devant laquelle Manuela et Monique étaient comme par hasard passées devant au cours de leur récente promenade, Manuela se retrouvant enchaînée et soumise à un malade qui connaîtra bien sa victime (et pour cause…) et se présentera comme étant le frère de son agresseur d'il y a cinq ans avant de se lancer dans toute une série de petites humiliations sans aucune audace ni graphisme autre que la vue de cette charmante Manuela progressivement dénudée, très vaguement fouettée et surtout tripotée par cet homme qui portera tout le long du film au masque noir assez minable et ne servant à rien puisque son identité sera connue de tous.

Exitus interruptusHélas, une fois installé dans cette demeure banale, l'intrigue va sombrer dans la redite pour ne plus parvenir à captiver véritablement son spectateur, largement enclin à déceler les influences flagrante du réalisateur qui piochera ici dans les méandres de Massacre à la tronçonneuse pour une scène de repas en hommage désiré (la partition musicale également repompée en sera la garantie) mais sans jamais retrouver la folie de Tobe Hooper ni sa pugnacité, tandis que plus loin ce sera Psychose qui sera revisité avec la présence envahissante et parlante du squelette de la mère du kidnappeur, laissant un piège bien trouvé et ouvertement salace venir nous rappeler que la franchise des Saw existe bel et bien, mais toutes ces situations manqueront quand même de rythme et d'imagination (malgré heureusement quelques petites idées le plus souvent érotiques), même si Monique sera elle aussi bientôt captive de ce pervers pour gentiment nous emmener au final du métrage qui lui aussi demeurera facile, sans aucune ampleur et bien vite expédié.

Exitus interruptusBien évidemment à partie de cette intrigue quand même minimaliste, Andreas Bethmann va surtout privilégier l'érotisme des situations afin d'en profiter pour cadrer ses actrices dans leur plus simple appareil à grand renfort de gros plans directs et en étirant les situations les plus érotiques, mais sans pour autant verser dans le hardcore (comme ce fut le cas pour Rossa venezia par exemple), alors que certaines scènes s'y prêtaient largement (pendant ce piège sadique au cours duquel Manuela aura une minute pour faire jouir son agresseur par une fellation, sinon, un revolver relié à une minuterie tirera sur l'intimité de Monique attachée et ne pouvant donc se soustraire à ce danger). Cet érotisme sera souvent impudique, parfois même salace mais deviendra vite lassant en ne se renouvelant pas de manière significative.

Exitus interruptusL'aspect horrifique, bien présent sur le papier, sera quant à lui relégué au second plan, le métrage n'étant jamais véritablement sanglant pour uniquement avancer de rapides plan gore très basiques et sans aucune ampleur, tandis que ces cadavres qui viendront peupler l'univers du kidnappeur ne seront pas réellement mis en avant de façon efficace pour laisser cet aspect macabre définitivement sous-exploité, et il ne faudra pas compter sur les quelques détails des décors pour donner une apparence glauque à l'ensemble, puisque ces poupées et autres têtes de mannequin ficelés par du fil de fer barbelé n'auront pas d'impact probant et ne serviront pas l'intrigue. Enfin, le meurtrier n'offrira qu'une personnalité basique, avec de petits tourments liés à son enfance vite expédiés et ses facéties n'amuseront que lui.

Exitus interruptusLes personnages resteront donc basiques, même si cette Manuela perturbée bénéficiera d'une présentation adaptée pour en plus voir l'interprétation ne pas être à la hauteur avec des actrices peu concernées, malgré les apparents efforts de Renee Pornero, une hardeuse autrichienne à la filmographie "impressionnante". La mise en scène d'Andreas Bethmann est fidèle au style dépouillé affiché pour uniquement nous servir quelques petits effets de manière sporadique. Les effets spéciaux sont rudimentaires pour ces rares plans saignants et les maquillages des cadavres resteront simplistes.

Donc, ce Exitus interruptus s'avérera être trop frileux dans chacun de ses deux pôles d'attraction, pas assez sanglant et doté d'un érotisme répété mais sans originalité et n'allant pas bien loin, pour espérer satisfaire les amateurs de hard-gore !

Exitus interruptusLe DVD de zone 2 allemand édité par X-Rated Kult, toujours proposé dans son boîtier au format "livre" des plus plaisants, avancera le film dans sa version "director's cut" et donc raccourcie par le réalisateur par rapport au montage intégrale, mais ce ne sera pas un mal, le montage intégral étant très souvent considéré comme trop long. L'image sera nette et ne connaîtra pas d'autres défauts visibles que ces détails se perdant dans les tons noirs, tandis que la bande-son sera plutôt efficace, avec une partition musicale dynamique et influencée, le métrage étant ici proposé dans sa version allemande, avec des sous-titres anglais optionnels.
Par contre au niveau des bonus, il faudra se contenter de la bande-annonce du métrage, l'éditeur ayant par ailleurs sorti une édition trois DVD par contre blindée de bonus.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce nouveau méfait du réalisateur érotomane allemand, le DVD de zone 2 allemand est par exemple disponible ici !

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24.09.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Jack the ripper

Réalisée par Jess Franco, ce Jack the ripper se présentera comme une variation fantaisiste sur le thème du tueur de Whitechapel, bien entendu orientée érotisme (mais ici bien discret) et horreur (sans réel débordement, hélas) pour suivre les méfaits du cet assassin suivi ici de près par le réalisateur qui adoptera son point de vue, reléguant l'obligatoire enquête policière au second plan.
Le script va donc suivre les méfaits d'un Jack l'éventreur écumant les cabarets à la recherche de proies faciles parmi les prostituées présentes pour assouvir ses pulsions sanguinaires.

Jack the ripperD'entrée le métrage va se lancer dans une séquence nocturne voyant un dame de petite vertu refusant d'être raccompagnée chez elle par un "client" à la sortie d'un bar pour préférer s'enfoncer seule dans les rues désertes et brumeuses de Londres, se rendant bientôt compte qu'elle est suivie par… un aveugle qui lui demandera une petite pièce tout en lui conseillant de ne pas traîner ainsi dans les rues dangereuses. Après cette fausse alerte assez savoureuse, le véritable assassin ne va pas tarder à sortir de l'ombre pour s'attaquer à la demoiselle qu'il va commencer à malmener et à déshabiller mais l'arrivée sur place de l'aveugle l'obligera à l'emporter avec lui, sans que nous découvrions réellement ce qui va lui arriver puisqu'il se rendra dans une serre d'un jardin botanique où Frieda, une femme un peu simplette lui servant de complice va l'attendre et finalement l'aider au petit matin à se débarrasser du corps que l'on imaginera découpé en morceaux vu qu'il rentrera dans un sac de jute.

Jack the ripperCette entame du métrage sera plutôt classique dans son agencement pour rapidement avancer frontalement le tueur, ne laissant d'emblée aucun doute sur son identité, mais Jess Franco arrivera à installer sporadiquement une atmosphère dangereuse et un petit suspense certes facile en raison d'une attaque de l'assassin évidemment prévisible, mais pour autant palpable. L'intrigue mettra ensuite en avant les activités diurnes de Jack l'éventreur, qui officiera en temps que médecin auprès d'une population pauvre qu'il soignera presque pour rien (ce qui permettra au réalisateur de nous offrir une petite scène sanglante avec cet abcès à la cheville soigné sans anesthésie), tout en lançant l'enquête policière menée par l'inspecteur Selby qui aura se contenter pour l'instant du témoignage pourtant érudit de l'aveugle et d'une mégère guère sûre d'elle.

Jack the ripperHélas, cette présentation des protagonistes traînera en longueur et ne sera pas franchement passionnante, les séquences de dialogues se succédant les unes aux autres sans entrain, les problèmes de couple entre Selby et la jeune Cynthia, une danseuse préférant sa carrière à son compagnon, n'auront rien de captivant, tandis que les tentatives de séduction de la propriétaire de l'immeuble où Jack l'éventreur vit envers celui-ci demeureront stériles et même pas comiques ou salaces. Il faudra donc attendre patiemment que Jack l'éventreur se mette en chasse pour que le métrage ne regagne véritablement de l'intérêt, avec également ses hallucinations délirantes et fantasmées mettant en scène une prostituée qui semblera être sa mère pour apporter de la sorte un début de réponse à la question de la raison de la folie homicide du meurtrier.

Jack the ripperLa partie centrale du métrage sera donc occupée par ces séquences nocturnes s'articulant autour du " Pike's Hole", un cabaret servant également de maison de passe où Jack l'éventreur ira "recruter" ses victimes, avec cette prostituée dont il s'attira les faveurs en parvenant à aller avec elle dans une chambre pour se voir gratifier d'un début de fellation, ce qui ne calmera pas ses pulsions puisque la demoiselle sera tuée, son meurtrier ayant juste le temps de s'enfuir avant l'arrivée de témoins qui ne pourront que découvrir le corps ensanglanté, et surtout cette autre jeune femme, Marika, une danseuse et chanteuse qu'il arrivera à emmener loin de la ville à bord de sa calèche. Mais au moment de passer à l'acte de mort, Maika verra briller le scalpel et s'enfuira dans la forêt baignée d'une brume de toute beauté pour une séquence de traque remarquable qui se terminera par un viol et quelques coups de couteaux, Jack l'éventreur trouvant même le moyen de ramener la demoiselle encore en vie au jardin botanique où il lui découpera un sein et tranchera un bras, pour ce qui restera comme la seule scène véritablement sanglante du métrage.

Jack the ripperPar contre, la dernière partie du film deviendra bien plus hasardeuse lorsque Cynthia, l'ex petite amie de l'inspecteur Selby, décidera de son propre chef de se faire passer pour une prostituée afin de traquer l'assassin pour bien entendu le trouver lors d'une scène hélas ratée et nébuleuse pour se diriger vers une issue du métrage pas franchement convaincante car bien trop opportuniste et l'arrestation de Jack l'éventreur qui elle par contre permettra à Jess Franco de mettre en scène une dernière séquence réussie et une sentence de Jack l'éventreur terriblement frappante et pleine de sous-entendus, en rehaussant même largement l'intérêt global du film.

Jack the ripperSi le métrage parviendra à recréer des décors faisant illusion et une ambiance propre à la période de l'histoire à laquelle évolua Jack l'éventreur, toute en famine et en pauvreté, on ne pourra pas en dire autant de l'intrigue de fond, bien trop classique et alignant des arguments fantaisistes parfois guère probants, comme cette complicité non expliquée et sous-exploitée avec le personnage de Frieda, tandis que les motifs avancés pour exposer la raison de la folie meurtrière de Jack l'éventreur resteront basiques, sans aucune originalité et eux aussi trop rapidement explicités à l'écran, en une seule scène et un monologue du tueur alors en charmante compagnie, et que l'enquête policière sera elle aussi minimisée et facile, tout en ayant au moins la bonne idée de mettre en scène des protagonistes témoins de crimes hauts en couleurs et gentiment provocateurs, comme ces deux prostituées qui railleront et provoqueront ouvertement une femme d'un âge avancé.

Jack the ripperDans le même ordre d'idée, on pourra regretter une certaine frilosité de Jess Franco bien inhabituelle, aussi bien au niveau de l'érotisme, ici ramené uniquement à quelques demoiselles déshabillées et à un spectacle de danse sensuel charmant mettant en valeur la muse du réalisateur, Lina Romay, tandis que l'aspect horrifique du métrage sera également bien réduit, avec la scène évoquée plus haut qui restera bien isolée puisque le métrage ne nous gratifiera autrement que de rares petits plans rapides, presque elliptiques, sur les plaies occasionnées par ces coups de couteaux, la violence de Jack l'éventreur n'étant par ailleurs pas vraiment brutale ou généreuse, engendrant de fait une certaine frustration surtout pour qui connaît l'œuvre de Jess Franco et des débordements en tous genre dont il fut capable au cours de sa longue carrière.

Jack the ripperL'interprétation est plus que mitigée, car si Klaus Kinski arrive rien que par son charisme à donner une certaine ampleur au personnage de Jack l'éventreur, on aura quand même l'impression qu'il aurait été capable de nous offrir une prestation bien plus travaillée et impactante et alors que les autres interprète ne brilleront certainement pas par leur jeu ici réduite au strict minimum. La mise en scène de Jess Franco est aléatoire, pour donner un rythme en dents de scie au métrage mais tout en parvenant à agencer quelques séquences largement convaincantes. Les effets spéciaux sont assez rudimentaires, ce qui entâcha leur crédibilité.

Donc, ce Jack l'éventreur version Jess Franco ne tiendra pas toutes ses promesses et pourra même décevoir quelque peu son spectateur, qui trouvera quand même sporadiquement des motifs de satisfaction au sein du métrage !

Jack the ripperLe DVD de zone 2 anglais édité par Anchor Bay avancera une image très nette, incroyablement bien restaurée (comme on pourra le découvrir dans les bonus) et ne présentant aucun défaut d'origine, tandis que la bande-son sera cohérente, avec une partition musicale adaptée mais manquant de présence et surtout de réelle d'ampleur, le métrage étant ici proposé dans sa version allemande et anglaise, avec des sous-titres optionnels en anglais, mais attention, ceux-ci seront bien hasardeux, limités et ne respecteront que partiellement les dialogues.

Jack the ripperAu niveau des bonus, on pourra suivre un passionnant documentaire donnant la parole à Erwin C. Dietrich, le producteur suisse du film qui reviendra sur sa relation prolifique avec Jess Franco et sur le tournage du film, avec notamment des anecdotes pour tricher quant à la représentation de Londres alors que le film fût tournée à Zurich, images à l'appui, suivi par un autre reportage sur la restauration du film en vue de cette édition DVD qui sera largement intéressant et impressionnant à la vue de la charge de travail et du boulot incroyable accompli sur le film (avec des comparaisons entre la bande originale et le résultat final), tandis qu'ensuite on pourra visionner trois galeries de photos du métrage, la biographie/filmographie du réalisateur, du producteur et de Klaus Kinski, la bande-annonce originale du film, ainsi qu'un petit laïus écrit sur l'historique de Jack l'éventreur et une page promotionnelle sur la collection dédié à Jess Franco à laquelle cette édition appartient.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette variation fantaisiste du mythe de Jack l'éventreur, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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22.09.09

08:05:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Autopsy

Faisant partie du dernier Afterdark Horrorfest (avec entres autres le sympathique Perkins' 14), ce Autopsy abordera son intrigue simpliste avec une bonne humeur communicative et une volonté graphique largement engagée pour ainsi parvenir à bluffer régulièrement son spectateur et à l'embarquer dans cet hôpital transformé en train fantôme jouissif !
Le script va laisser cinq jeunes ayant eu un accident de voiture se faire emmener dans un hôpital afin d'y passer quelques examens de routine mais l'endroit ne sera pas franchement accueillant et réservera bien des surprises funestes et sanglantes à ses nouveaux hôtes.

AutopsyLe métrage nous épargnera la traditionnelle présentation des principaux personnages, ici réduite à une série de clichés pris lors d'une fête arrosée d'alcool de mardi-gras qui introduira ces cinq amis le temps du générique pour tout de suite les placer en mauvaise posture puisque l'intrigue commencera directement par cet accident qui immobilisera leur véhicule contre un arbre. Perdus au milieu de nulle part, les téléphones portables ne captant aucun réseau, ils vont découvrir horrifiés qu'ils ont heurté un homme du coup en bien mauvais état (pour un premier effet de surprise quand même éventé) avant de voir débouler de manière bien opportuniste une ambulance tous gyrophares allumés, les ambulanciers leur déclarant être à la recherche de l'homme heurté, un patient s'étant échappé et se proposant de les conduire à l'hôpital pour des examens de contrôle.

AutopsyCette entame du métrage aura le grand mérite de ne pas nous bassiner avec la mise en situation des protagonistes, un couple, Emily et Bobby, accompagné de Clare, de Jude et de Dimitry, un étudiant russe rencontré à la fête, pour instantanément les confronter à un environnement quasiment hostile, les ambulanciers n'ayant rien de rassurant avec leurs méthodes brusques pour traiter l'homme blessé, tandis que l'arrivée dans ce petit hôpital désert n'inspirera pas non plus confiance, l'infirmière présente, une femme imposante et autoritaire nommée Marian, ne faisant que renforcer ce sentiment étrange d'insécurité dans un lieu pourtant censé être hospitalier (sans mauvais jeu de mots !).

AutopsyL'intrigue va alors s'arranger pour éparpiller les jeunes, après que Bobby se soit découvert une blessure très graphique et outrancière (la taille du morceau de verre), afin que chacun puisse tomber dans un des pièges tendus par le personnel de cet hôpital où officie le docteur Benway, Emily demeurant la seule à ne pas se rendre compte que quelque chose cloche puisqu'elle aura affaire justement au docteur Benway qui prendra pour l'instant soin d'elle et sera faussement amical, surtout qu'Emily lui fera part d'un projet avorté d'études de la médecine n'ayant au final duré qu'une année. Mais pendant ce temps-là, Jude se fera berner par un des ambulanciers qui profitera de la tendance de Jude à abuser de drogue pour l'amadouer et réussir à l'enfermer, tandis que Bobby disparaîtra et que Dimitry finira prématurément sur une table d'opération où le Docteur Benway l'éventrera pour lui ôter quelques organes.

AutopsyMais alors que le spectateur pouvait commencer à penser à un quelconque trafic d'organes justement, le métrage va prendre une autre direction pour justifier les méfaits de Benway et de ses sbires tout en laissant Emily devenir le personnage central en suivant ses tentatives de fuite de cet hôpital où chaque recoin réservera bien des surprises, avec même quelques "patients" quasiment fantomatiques faisant par moment verser le métrage dans une ébauche de surnaturel complètement sous-exploité et inapproprié dans ce contexte, sans que ce petit écueil ne vienne pour autant perturber de manière envahissante ou dommageable un ensemble porté par toute une série de situations bien folles, saignantes et arrivant même à duper et à berner le spectateur qui ira de surprises en surprises avec même quelques passages franchement épatants en véhiculant un humour dévastateur (la curieuse rencontre faite par le policier dans un couloir).

AutopsyLes déboires survenants à chacun des protagonistes permettront au réalisateur de nous livrer plusieurs petites sous-intrigues avançant des péripéties souvent sanglantes, avec des plans gores volontaires, mais aussi sadiques et porteuses d'une violence sèche et fondamentalement méchante, parfois même éxagérée, tandis que certains sévices deviendront ouvertement douloureux grâce à un agencement franc aidé de gros plans qui feront mal (la piqûre mais aussi l'instrument servant à percer une boîte crânienne) pour laisser ensuite l'obligatoire vengeance d'Emily être toute aussi hargneuse et brutale, nous gratifiant au passage d'une scène furieusement graphique au cours de laquelle un des ambulanciers aura le visage littéralement défoncé à grands coups d'extincteur, pour laisser un final quelque peu décevant venir clore de manière trop abrupte les événements.

AutopsyLes personnages joueront un rôle important car si les jeunes resteront basiques pour uniquement laisser Emily devenir quelque peu attachante (et même si les tentatives lacrymales du final tomberont quand même à plat), le métrage pourra compter sur le personnel de l'hôpital pour déchaîner sa violence et son mauvais goût (qui par contre ne sera jamais orienté vers le sexe) avec la violence gratuite de l'un des ambulanciers, Travis, qui ne pourra refréner ses penchants pour les coups et le sadisme gratuits, tandis que son coéquipier, Scott, sera bien plus charismatique et dangereux d'aspect pour même s'offrir les meilleures séquences du métrage comme lorsqu'il s'affairera à rendre méconnaissable des cadavres, laissant alors le docteur Benway paraître presque fade et effacé.

AutopsyL'interprétation est plutôt convaincante, avec de jeunes acteurs crédibles, notamment Jessica Lowndes dans le rôle d'Emily, tandis que Robert LaSardo offrira son physique marquant à Scott. La mise en scène du réalisateur est adaptée, vive et n'utilisera ses effets clippesques qu'avec parcimonie, tout en mettant en avant un panel de couleurs qui donneront de l'ampleur aux décors de l'hôpital. Les nombreux effets spéciaux sanglants seront largement probants, aussi bien pour quelques mutilations graphiques que pour cette visite dans cette pièce macabre remplie de morceaux de corps et de membres humains présentés de façon frontale.

Donc, ce Autopsy réussira malgré ses petits défauts le tour de force de mêler horreur et humour pour un mariage détonnant, graphique et vraiment appréciable !

AutopsyLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate avancera une image nette et ne connaissant pas de défaut notable, tandis que la bande-son sera efficace, grâce à des bruitages insistants et une partition musicale adaptée et renforçant agréablement les temps forts du film, celui-ci étant ici proposé dans sa version originale anglaise avec des sous-titres optionnels en espagnols et en anglais.
Au niveau des bonus, outre les traditionnels webisodes avançant les "Miss horrorfest", on pourra suivre une fin alternative quelque peu moins brutale que celle finalement retenue, ainsi qu'un making-of laissant la parole aux différents interprètes et au staff technique du film pour une série d 'interviews intéressantes mais au ton promotionnel parfois présent, pour laisser quelques bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur venir clore ces bonus.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette petite perle horrifique parfois irrésistiblement drôle, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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21.09.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Food of the gods

Connu chez nous sous le titre de soudain les monstres, ce The food of the gods, inspiré par un écrit de H.G. Wells dont il ne reprendra que l’idée de base, proposera à son spectateur toute une série d’animaux gigantesques belliqueux qui auront surtout le don de faire sourire face à des effets spéciaux trop simplistes qui en plus serviront une intrigue semblant apprécier les stéréotypes et les invraisemblances.
Le script va laisser une curieuse substance, ayant la particularité de faire grandir les animaux l’ingurgitant, contaminer une partie de la faune d’une petite île sur laquelle trois footballeurs étaient venus se "mettre au vert".

Food of the godsDès son introduction, le métrage va avancer son personnage principal, Morgan, un footballeur à l'entraînement qui va en voix-off nous balancer un petit laïus écologiste basique tout en laissant l'intrigue puisqu'il aura accepté de se rendre sur une petite île brumeuse pour se reposer et se changer les idées en compagnie de son entraînement et d'un autre footballeur afin d'assurer la préparation pour un match très important. C'est ainsi que nous allons rapidement suivre ces trois hommes en pleine partie de chasse, suivant leurs chiens pourchassant une biche depuis leurs chevaux, mais lorsque la bête sera acculée, Morgan s'arrangera pour qu'elle puisse s'enfuir, déclenchant ainsi la fureur de son compagnon Davis qui va se mettre à suivre l'animal pour la tuer. Mal lui en prendra puisque, après s'être isolé dans les bois, il va être attaqué par des guêpes géantes qui vont le piquer mortellement.

Food of the godsLe métrage ne perdra pas un instant pour lancer son intrigue, passant sur une présentation des protagonistes qui sera réduire au minimum pour être ainsi véritablement expédiée, afin de rapidement pouvoir mettre en scène une première attaque de la part de la première variété d'animaux gigantesques qui vont peupler le film. Hélas, ces guêpes géantes ne bénéficieront que d'une animation plus que réduite et ratée, donnant quasiment d'entrée un air très kitsch au métrage, que les situations à venir ne vont certainement pas effacer. En effet, après avoir découvert le corps boursouflé de son ami, Morgan va s'en aller quémander de l'aide, pour tomber sur une bien étrange ferme dans laquelle il rencontrera des poulets géants et se fera même agresser par un coq bien belliqueux, mais là encore, l'invraisemblance des effets employés déclenchera une crise de rire certainement pas volontaire.

Food of the godsL'intrigue nous expliquera alors très brièvement l'origine de la mutation de ces animaux lorsque Morgan rencontrer madame Skinner, la propriétaire de la ferme dont le mari a découvert sur ses terres un mystérieux liquide gluant qui, mélangé à leur alimentation, fait grandir et grossir ses poulets, mais hélas pour eux, d'autres espèces animales vont avoir goûté à cette substance, comme nous allons continuer de le découvrir par la suite. Car après un passage sur le continent le temps d'apprendre que Davis est bien mort à cause du poison répandu dans son corps par des piqûres de guêpes, Morgan va retourner avec son entraîneur sur l'île afin de venger son ami.

Food of the godsPendant ce temps-là et après quelques autres attaques plus probantes grâce à des animations plus crédibles mettant notamment en avant pour la première fois les rats mais aussi quelques vers bien méchants, un biologiste véreux, Jack Besington, et son assistante vont débarquer chez les Skinner suite à un rendez-vous donné par le malheureux monsieur Skinner (mort lors de la première apparition des rats) pour espérer mettre la main sur cette substance. C'est juste à ce moment-là que Morgan et son entraîneur vont débarquer à la ferme, bientôt rejoints par un couple de touristes égarés ayant eux aussi déjà eu affaire aux rats gigantesques.

Food of the godsLa suite de l'intrigue installera une sorte de huit-clos à l'intérieur de la propriété des Skinner, laissant les différents protagonistes être attaqués par ces énormes rats qui deviendront les véritables vedettes animalières du film, poussant même les survivants, de moins en moins nombreux après quelques mises à morts presque sanglantes, à se retrancher dans la maison des Skinner pour essayer de repousser les assauts des rongeurs jusqu'au final assez singulier, original par son idée mais tout en demeurant fondée sur un élément stupide (les rats ayant grandi et grossi ne saurait plus nager… bien sûr !).

Food of the godsLa principale attractivité du film viendra évidemment de ces animaux démesurés qui seront largement exposés devant la caméra avec plus ou moins de bonheur et de réussite, entre ces guêpes impensables jamais réalistes et ces poulets irrésistibles, mais ce seront les rats qui bénéficieront principalement des faveurs du réalisateur Bert I. Gordon (un spécialiste des films d'animaux gigantesques), avec la plupart du temps de vrais rats filmés dans des décors miniatures plutôt convaincants ou incrustés dans des images près des humains, alors que les gros plans utiliseront des têtes de rats factices hélas guère trompeuses et pas franchement réalistes, ce qui occasionnera encore des séquences croustillantes et savoureuses dans un second degré bien involontaire qui sera encore alourdi par ces plans de tirs de carabine faisant littéralement voler les rongeurs ou les couvrant d'hémoglobine.

Food of the godsMais l'intrigue comportera aussi son lot d'énormités scénaristiques, avec déjà ce final improbable, mais aussi par les réactions de certains personnages guidés par l'appât du gain ou tout simplement par leur stupidité notoire, tandis que le métrage n'hésitera pas à placer parmi les protagonistes une femme enceinte sur le point d'accoucher, histoire de rendre la situation encore plus "dramatique" et que les différentes tentatives de créer une tension entre les personnages seront avortées par l'interprétation souvent pitoyable et même désastreuse puisque les différents acteurs oscilleront entre un surjouage facile et flagrant (comme Ralph Meeker dans le rôle du cynique et cupide Besington) et une apathie terrible uniquement perturbée par des mimiques exagérées et hors-sujet que nous gratifiera Marjoe Gortner jouant Morgan.

Food of the godsA cela, on pourra rajouter un sérieux inébranlable des situations qui tranchera évidemment avec l'humour involontaire des situations et des effets spéciaux, puisque le métrage ne se hasardera que très rarement à placer quelques notes souriantes volontaires pour quelques dialogues souriants, comme lorsque l'assistante de Besington avouera à Morgan avoir envie de lui faire l'amour lors qu'ils sont retranchés dans la maison des Skinner encerclée par les rongeurs ou encore par les réparties sans scrupules de ce Besington uniquement préoccupé par l'argent qu'il pourra gagner grâce à la substance, ce qui lui permettra de se lancer dans des tirades d'un cynisme rare. Ce sérieux affiché sera également palpable au niveau de la mise en scène du réalisateur qui n'hésitera pas un instant à multiplier les plans avançant les rats et les autres animaux mutants dans toutes les situations possibles sans jamais douter de l'impact comique qui pourrait en découler. Mais pour autant le métrage se déroulera sur un rythme continu et assez vif, proposant de nouvelles agressions régulièrement.

Donc, ce The food of the gods sera franchement daté dans sa naïveté, mais de ce postulat découlera un côté attachant indéniable qui viendra traverser le métrage de bout en bout pour le rendre souriant et même appréciable, au second degré bien entendu !

Food of the godsLe DVD de zone 1 édité par MGM dans sa collection des Midnite Movies avancera une image certes pas exempte de petits défauts épars mais guère préjudiciables, tandis que la bande-son sera cohérente, avec une partition musicale adaptée qui soulignera bien les temps forts du film et notamment les attaques des rats avec une musique spéciale originale, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise sous-titrée en anglais et en espagnol, mais surtout, cette édition proposera également la version française du film.
Par contre aucun bonus sera disponible, pas même la bande-annonce du film !

Pour ceux qui voudraient découvrir cette invasion d'animaux géants mettant notamment en vedette des rats belliqueux, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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18.09.09

07:20:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : District 9
Réalisateur : Neill Blomkamp
Durée du film : 1h50
Date de sortie du film : 16 septembre 2009

Avec : Sharlto Copley (Wikus van der Merwe), Jason Cope (Christopher), etc.

Par Nicofeel

district 9

Remarqué par Peter Jackson, qui pour l'occasion est le producteur de ce film, District 9 constitue le premier long métrage de Neil Blomkamp. Sous ses apparences de film de science-fiction, District 9 est aussi et surtout une intéressante réflexion sur notre capacité d'intégration, sur le regard que l'on peut porter à l'autre.
Car il ne faut pas s'y tromper. Si District 9 est un film qui comporte plusieurs scènes d'action, on est à des années-lumière des films habituels que l'on peut trouver dans ce genre.

District 9 est avant tout un plaidoyer pour le respect des droits de l'homme, ou par rapport aux créatures que l'on voit dans le film, un respect du droit de chacun de vivre décemment en paix. Ce n'est nullement un hasard si le film se déroule à Johannesbourg. C'est la principale ville d'Afrique du Sud (pays d'origine du réalisateur), là où il y a finalement encore peu de temps existait l'Apartheid (mot signifiant séparation, en place en Afrique du Sud de 1948 à 1991), c'est-à-dire une séparation dans la population en fonction de critères raciaux ou ethniques. Une des grandes qualités du film est de montrer cette situation inadmissible, mais en décidant de remplacer les êtres humains victimes de ce fameux apartheid, par des extraterrestres.

Au début du film, en peu de temps, le cinéaste Neil Blomkamp, qui a l'excellente idée de nous donner l'impression d'assister à un documentaire, met en évidence l'échec de cette politique de la mise à l'écart. A force de prendre les gens (ici les extraterrestres) pour des moins que rien, il est évident que l'on aboutit à un moment ou à un autre à un clash. Et puis les extraterrestres que l'on voit débarquer de nulle part au début du film, n'ont aucune intention belliqueuse à la base. Leur mise à l'écart dans des endroits d'une hygiène épouvantable n'est pas sans rappeler des événements fâcheux de notre histoire. On peut en effet extrapoler et penser que cette séparation dans ce district 9 est un rappel aux camps de concentration durant la seconde guerre politique. Dans le même ordre d'idée, dans la seconde partie du film, le réalisateur évoque sans conteste les expériences horribles commises par les nazis, lorsque l'on voit l'extraterrestre Christopher qui découvre ce que l'on fait à ses congénères dans les sous-sols de la société MNU.

On comprend aisément que District 9 n'est pas un film de science-fiction lambda. C'est un film engagé qui dresse un portrait peu flatteur de notre espèce humaine. D'ailleurs, au fond, que penser du principal personnage du film, Wikus van der Merwe. Si on peut pardonner au personnage (qui est admirablement joué par Sharlto Copley) le fait qu'il est assez niais et donc qu'il n'ait pas les épaules assez solides pour mener à bien la mission « d'expulsion » des aliens pour les mener en dehors du district 9, en revanche plusieurs de ses agissements demeurent inadmissibles. Comment en effet trouver des circonstances atténuantes à quelqu'un qui se plaît à tuer des bébés extraterrestres et qui s'amuse dans le même temps à évoquer devant une caméra qu'il vient de procéder à des avortements ? Le côté peureux du personnage n'est pas non plus un point positif. L'une des forces du film est d'avoir choisi de faire de son personnage principal un homme qui est loin de l'image du héros. Bien au contraire. D'ailleurs, ce n'est finalement qu'à partir du moment où cet homme va devenir de plus en plus un alien qu'il va alors prendre conscience du mal que commet l'Homme. Mais encore, ce propos est à relativiser car notre personnage principal cherche avant à redevenir comme avant.

Jamais lisse sur la forme comme sur le fond, le film se permet également de critiquer (de manière légère toutefois) des médias qui, à la recherche de faits sensationnels, sont prêts à cautionner n'importe quoi et à transmettre des informations erronées. En alternant sans cesse le côté documentaire avec le côté fictionnel, Neil Blomkamp invite le spectateur à s'interroger sur la notion de vérité.
Enfin, à l'instar du Starship troopers de Paul Verhoeven, District 9 montre que l'Homme a malheureusement un peu trop tendance à penser qu'il est le seul ou en tout cas le plus malin dans l'univers. Pourtant, les faits (dans le film) parlent d'eux-mêmes. Les aliens, qui sont considérés comme des sous-êtres par les humains – avec cette tendance à les dénommer les crevettes – disposent d'une technologie en matière d'armement qui est très supérieure à la nôtre. Et puis leurs engins spatiaux sont incroyablement évolués. Durant tout le film, on se pose inmanquablement à un moment ou à un autre la question du devenir de cet immense engin spatial qui est situé en apensateur, juste au dessus de Johannesbourg. En outre, le film se termine de façon très ouverte. Que vont faire les aliens à l'avenir ? Cette fin est peut-être une façon de faire une transition avec un District 9, second épisode, que l'on verra débarquer dans les salles de cinéma en 2010.
Toujours est-il que cet excellent film de science-fiction, très engagé sur le plan historico-politique, mérite amplement d'être vu.

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15.09.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Body snatchers

Second remake du classique de la science-fiction paranoïaque que fut L’invasion des profanateurs de sépultures, ce Body snatchers, réalisé par Abel Ferrara restera comme un "film de commande" pour l'auteur de Driller killer ou encore de l'excellent L'ange de la vengeance mais sans que cela vienne nuire à l'impact du métrage qui arrivera à jouer sur une ambiance de psychose lourde de menaces et de sous-entendus avant que les secrets de ces envahisseurs ne soient étalés dans toute leur horreur devant la caméra.
Le script va laisser un chimiste s'installer avec sa famille dans une base militaire afin d'y effectuer toute une série de tests sur l'aspect nocif de produits toxiques entreposés sur place afin de les retraiter, mais la base semble en proie à une invasion insidieuse.

Body snatchersD'entrée le métrage va avancer ses principaux personnages, la famille Malone en route pour une base militaire où le père, Steve, travaillant pour une agence gouvernementale, doit effectuer des tests sur des produits toxiques en vue de leur retraitement, et a donc choisi d'emmener sa fille Marti issue d'un premier mariage, ainsi que sa nouvelle épouse Carol et l'enfant qu'ils ont eu ensemble, Andy. Cette présentation rapide se fera avec la voix-off de Marti, bien pessimiste en annonçant déjà des événement sinistres mais d'après elle inéluctables, ce qui aura pour effet immédiat de commencer à impliquer le spectateur tout en laissant déjà son imagination travailler.

Body snatchersSans tarder l'intrigue nous donnera un petit avertissement au travers d'un effet de surprise réussi malgré un caractère très classique, pour ensuite laisser cette famille prendre ses quartiers au sein de cette base militaire fermée et quadrillée, laissant comme une sorte de piège se refermer sur Marti et sa famille, l'installation de l'intrigue dans ce cadre militaire restant comme un des grands atouts du métrage. La venue de ce chimiste extérieur à l'armée étant plutôt mal vue par le général Platt, le responsable de la base, et son entourage, ce sera avec circonspection et encadré par des soldats que Steve pourra commencer ses travaux, tandis que Marti fera la rencontre et sympathisera avec Jenn, la fille rebelle de Platt.

Body snatchersTout en posant sa situation, le métrage va commencer de façon presque sournoise à placer ici ou là de petits éléments dérangeants, perturbateurs et intrigants qui vont venir tirer la sonnette d'alarme tout en créant une atmosphère paranoïaque assez effective (la scène de la garderie par exemple) pour ainsi laisser le danger peser sur Marti et ses proches, mais chacun sera trop occupé pour réellement faire attention à ces prémices de la découverte d'une réalité terrible, Steve n'écoutera en effet que d'une oreille distraite le major Collins, responsable de l'infirmerie où de nombreux soldats semblent vivre une psychose les faisant redouter de dormir et de cohabiter avec leur entourage, tandis que Marti sera trop occupée à sortir et à tomber sous le charme d'un pilote d'hélicoptère, Tim, pour prêter attention aux déboires de son demi-frère.

Body snatchersLorsque ce climat pesant sera bien installé, l'intrigue va alors prendre un virage assez abrupt pour dans un premier temps nous faire apercevoir lors d'une scène assez osée psychologiquement le résultat d'une transformation d'un humain en un sosie déshumanisé avec pour témoin le petit Andy que personne ne voudra bien évidemment croire, avant de carrément nous mettre en face du processus répugnant de transfert lors d'une séquence plus que tendue et graphique, porteuse d'un suspense limité du fait des protagonistes touchés mais tout en étant assurément graphique (le "double" gisant dans la baignoire), pour ainsi lancer une seconde partie plus virulente et largement plus orientée vers l'action qui verra Marti accompagnée par d'autres survivants tenter de fuir les envahisseurs ayant pris forme humaine.

Body snatchersCette seconde partie nous réservera quelques surprises hélas parfois éventées mais aussi pour certaines frappantes, tout en jouant sur l'ambiguïté de chaque protagoniste puisque nous en saurons pas forcément qui est "contaminé" et qui est encore humain. L'organisation et la volonté des extraterrestres seront bien mise en avant, prononçant même quelques vérités sur l'espère humaine assez désobligeantes mais furieusement réalistes tout en mettant en place le début d'une invasion à grande échelle millimétrée et planifiée avec une rigueur absolue toute militaire qui fera froid dans le dos, alors que nous pourrons apprécier une nouvelle fois le procédé graphique permettant à ces cocons de se métamorphoser en êtres à l'apparence humaine mais vides de tout sentiment ou expression faciale.

Body snatchersHélas, quelques ellipses et autres facilités certaines viendront quand même nuire à cette seconde partie, comme l'aisance avec laquelle les survivants humains arriveront à se fondre dans la masse des "aliens" sans se faire prendre, même si cela occasionnera quelques situations livrées à un certain suspense jouant également sur l'aspect vicieux des envahisseurs, mais cela ne viendra pas nuire à l'impact global de ce second acte parfois violent, volontaire et même quelque peu spectaculaire. Le final ouvert, incertain et indécis viendra clore les débats sur une note presque pessimiste mais qui aura l'intelligence de laisser chaque spectateur se faire sa propre opinion sans nous offrir le moindre élément de réponse, offrant ainsi à chacun la possibilité de prolonger la vision du film à sa guise.

Body snatchersLes personnages seront avancés de façon cohérente pour notamment parvenir à rendre attachante Marti, cette adolescente esseulée et perturbée par la décision de son père de se remarier après la mort de sa mère, mais son entourage demeurera quand même stéréotypé, entre sa nouvelle amie rebelle et insouciante par ses passe-droits et ce bellâtre qui tombera à pic pour l'occuper, ou superficiel, comme sa famille. L'ensemble bénéficiera d'une interprétation convaincante, avec la jeune mais déjà mignonne Gabrielle Anwar qui nous laissera même entrevoir ses charmes dans le rôle de Marti, et que nous retrouveront avec plaisir R. Lee Ermey, pas encore investi du rôle du shérif Hoyt dans le remake de Massacre à la tronçonneuse et sa suite. La mise en scène d'Abel Ferrara est fonctionnelle, classique et sans effets de style pour suivre l'action de près et surtout installer un climat dans la première partie en laissant chaque situation s'exprimer. Les effets spéciaux sont probants pour suivre ces transformations gluantes et graphiques.

Donc, cette nouvelle relecture du classique de Don Siegel ne méritera assurément pas sa mauvaise réputation et offrira même une atmosphère paranoïaque bien retranscrite tout en impliquant complètement le spectateur dans l'intrigue !

Body snatchersLe DVD de zone 1 édité par Warner Home Video avancera une image nette et sans défaut notable, même lors de la seconde partie se déroulant de nuit, tandis que la bande-son sera efficace, avec ces bruitages répugnants et sa partition musicale adaptée et efficace, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise sous-titrée en français ou carrément dans sa version française.
Par contre, aucun bonus ne viendra compléter la vision du métrage, même pas une petite bande-annonce, dommage !

Pour ceux qui voudraient découvrir cette invasion insidieuse, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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14.09.09

06:40:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Non ma fille, tu n'iras pas danser
Réalisateur : Christophe Honoré
Durée du film : 1h45
Date de sortie du film : 2 septembre 2009

Avec : Chiara Mastroianni (Léna), Marina Foïs (Frédérique), Marie-Christine Barrault (Annie), Jean-Marc Barr (Nigel), Fred Ulysse (Michel), Julien Honoré (Gulven), Alice Butaud (Elise), Louis Garrell (Simon), etc.

Par Nicofeel

Non ma fille, tu n'iras pas danser

Avec Non ma fille, tu n'iras pas danser, le cinéaste français Christophe Honoré, actuellement très prolifique (depuis 2006, un film tous les ans avec respectivement Dans Paris, Les chansons d'amour, La belle personne), donne son premier grand rôle à Chiara Mastroianni. Dans ce film on est clairement dans le style « Famille je t'aime, famille je te hais ». Chiari Mastroianni joue le rôle d'une femme sur le point de divorcer qui a bien du mal à s'occuper de son quotidien et de ses deux enfants.
Si l'originalité ou à tout le moins l'intérêt du film n'est pas à rechercher dans son scénario, car au fond le film ne fait que traiter des relations familiales qui pourraient être ceux de n'importe quelle personne vue voir ce film, en revanche ce long métrage demeure appréciable par sa capacité à montrer que la famille peut se révéler chez certains particulièrement étouffante.
Léna (jouée donc par Chiara Mastroianni) est une femme angoissée, stressée, nerveuse qui est proche de la rupture. Chiara Mastroianni incarne parfaitement cette femme qui en a marre de sa famille, tant sa mère et sa soeur cadette qui lui lancent des piques en remettant sans cesse en cause ses habitudes de vie, que son frère qui se la joue un peu trop au mec cool et optimiste, que son ex-mari qui essaie de lui reprendre ses enfants.

Avec ce film Christophe Honoré laisse la part belle à ses acteurs. Le film bénéficie à cet égard d'une distribution de bonne facture avec, outre Chiara Mastroianni, une Marina Foïs tout à fait crédible dans le rôle de la soeur qui en marre de son époux et a du mal à assumer sa période de femme enceinte ; une Marie-Christine Barrault qui joue le rôle de la mère qui apparaît bien envahissante et un peu trop moralisatrice ; un Jean-Marc Barr impeccable dans le rôle de l'ex-époux qui demeure calme en apparence mais qui a lui aussi ses humeurs ; un Louis Garrell en « guest star » qui joue bien le rôle de l'amoureux transi. Les autres acteurs du film, notamment les enfants qui sont d'un naturel confondant et qui montrent bien que dans ces histoires d'adultes, ce sont eux les premiers à trinquer.
Le cinéaste Christophe Honoré est loin de nous dépeindre une famille où tout va bien dans le meilleur des mondes. Chacun des personnages qui nous est décrit a ses qualités mais surtout ses défauts qui apparaissent au grand jour.

Non ma fille, tu n'iras pas danser, est comme son titre l'indique, un film sur la liberté ou plutôt l'absence de liberté. Le personnage de Léna souffre en raison d'un manque de liberté. Elle a l'impression d'être oppressée et d'être à la botte de tout le monde. C'est la raison pour laquelle à la fin du film elle prend une décision radicale. De ce point de vue, Christophe Honoré, qui est très attaché aux événements post-68 (voir le film Dans Paris), semble dresser le portrait d'une femme éprise de liberté, qui est d'ailleurs considérée à un moment dans le film comme une révolutionnaire.
La scène des légendes bretonnes, qui apparaît de façon presque brutale dans le film, n'est pas pour autant là par hasard. Elle rappelle tout simplement le personnage de Léna et ce qu'elle va devoir faire pour obtenir sa liberté, pour se libérer du carcan familial qu'elle ne peut plus supporter.

Se déroulant sur un rythme un peu lent, Non ma fille, tu n'iras pas danser est le film d'un auteur français qui commence à s'affirmer. Mais le film déplaira forcément aux gens qui veulent que ça aille vite. Parce que si Christophe Honoré se montre moins littéraire que lors de ses précédents films, n'en prend pas moins son temps pour planter le décor de son film et pour évoquer les relations difficiles qui s'établissent entre les différents personnages du film. Voilà un film qui mérite d'être vu, surtout si l'on apprécie ce cinéma où la famille est mise à mal. Mais n'est-ce pas quelque part le symbole d'une société qui a perdu certains de ses repères fondamentaux ?
Car Léna n'est pas le seul personnage du film à exprimer son mal-être.

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11.09.09

13:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Header

C'est à partir d'une idée complètement tordue, sordide et dépravée que ce Header va développer une intrigue divisée en deux parties distinctes qui, si elles ne manqueront pas de se rencontrer lors d'un final bien nihiliste, auront le mérite de se contrebalancer, la folie et la perversité prenant ainsi encore plus d'ampleur face à une situation dramatique poussant à la mansuétude, même si par manque de moyens le réalisateur n'aura pas eu la possibilité de visualiser toutes les folies du livre d'Edward Lee.
Le script va conjointement suivre les mésaventures d'un policier obligé de passer de l'autre côte de la barrière pour pouvoir trouver l'argent nécessaire afin de soigner sa compagne gravement malade tandis qu'en parallèle évoluera un serial-killer adepte d'une pratique répugnante en compagnie de son grand-père.

HeaderAprès une courte séquence d'introduction montrant un bambin observer à la dérobée deux adultes en pleine discussion houleuse, discussion que nous n'entendront pas, mais qui sera suivie de la fuite d'une demoiselle dans une forêt, le métrage va faire un bond de onze ans pour se lancer dans la présentation de ses principaux protagonistes. C'est ainsi que nous allons commencer à rencontrer Stewart Cummings, un agent de l'ATF (pour "Alcohol", "Tobacco" et "Firearms", abréviation donnée à ce service fédéral luttant contre les trafics d'armes…) s'apprêtant à rejoindre son bureau mais allant embrasser sa compagne Kathy, alitée suite à une grave maladie l'obligeant à rester au lit, tandis qu'au même moment, un homme, Travis, va sortir de prison et faire du stop afin s'en aller retrouver son grand-père, un vieux cordonnier vivant en pleine forêt dont il découvrira qu'il a été amputé des deux jambes pendant son séjour en prison.

HeaderCette mise en condition des protagonistes restera bien classique jusqu'à ce que Travis retrouve son grand-père pour en autres lui raconter, flash-back sanglant à l'appui, son séjour derrière les barreaux et les bagarres sous la douche, mais le métrage deviendra tendu et ouvertement glauque lorsque Travis demandera à son grand-père en quoi consiste le "Header", pratique dont il a entendu parler dans sa jeunesse sans pouvoir jamais appréhender la chose. Pour ménager le suspense un peu plus longtemps, le réalisateur reviendra aux activités malhonnêtes de Stewart, mêlé à des trafics de drogue et rackettant les dealers pour pouvoir payer les médicaments de Kathy, quitte à devoir malmener ses "clients".

HeaderBien entendu, l'un des attraits principaux du métrage résidant justement dans ce mystère autour de cette pratique dénommée "header", il conviendra évidemment de ne pas en dévoiler la teneur qui ne tardera pas à étaler toute son ignominie devant la caméra lors d'une séquence abominable bien que surtout chargée en sous-entendus, le réalisateur ne pouvant décemment pas avancer frontalement ce concept à la perversité inimaginable, mais le métrage se proposant de revenir plusieurs fois sur sa démonstration, chaque passage sera de plus en plus graphique, surtout que pour insister encore un peu plus dans l'abject, le grand-père ne tardera pas à participer à son tour dans un élan malsain en diable.

HeaderCette partie du métrage s'intéressant donc à ce serial-killer d'un genre particulier sera bien entendu la plus brutale, sauvage et sanglante, mais le réalisateur ne versera pas pour autant dans un déluge de plans gore pour se contenter d'avancer une violence sèche, froide et qui démontrera bien la déshumanisation de ce Travis trop attiré par le "header" pour se préoccuper de quelconques états d'âme lorsqu'il s'agira d'enlever sauvagement des jeunes femmes destinée à devenir ses victimes, à lui et à son grand-père. L'aspect sordide de cette partie de l'intrigue ressortira de manière marquante, sentiment encore renforcé par l'univers "redneck" dans lequel évolueront les personnages, mais on pourra quand même regretter que certainement par manque de budget, le réalisateur n'ait pas eu l'opportunité de visualiser par un flash-back un des aspects sordide de l'intrigue avec la destinée tragique des parents de Travis racontée par le grand-père mais uniquement en paroles.

HeaderLa seconde partie du film, centrée sur ce Stewart bien en mal de trouver de l'argent pour soigner sa bien-aimée, sera quant à elle plus "calme" et plus poignante, le personnage agissant par devoir et sûrement par obligation pour espérer voir ressusciter un passé plus radieux, alors que sa condition actuelle le frustrera terriblement tout en l'obligeant à mentir à Kathy, s'inventant des promotions pour expliquer les rentrées d'argent, mais hélas pour lui, même si parallèlement il se mettra sur la trace du tueur, il se retrouvera pris dans une spirale dramatique et finalement meurtrière dont il ne pourra espérer sortir indemne, surtout que le final viendra enfoncer le clou par une série de révélations terribles et accablantes qui forceront le destin et laisseront le final ouvert imaginer la pire des abominations.

HeaderMême si le métrage mettra fin au suspense concernant la pratique dénommée "header" assez tôt dans l'intrigue, cela ne fera pas pour autant baisser l'intensité globale qui accompagnera l'ensemble jusqu'au final, bien au contraire, chaque séquence mettant en avant Travis et son grand-père laissera imaginer et espérer le pire, pour parfois satisfaire le spectateur par quelques plans absolument dérangeants mais toujours en jouant avec les sous-entendus dans l'abject et les tabous, tandis que la déchéance de Stewart laissera constamment présager le pire, bluffant joliment le spectateur qui attendait avec impatience la rencontre des deux sous-intrigues pour voir la principale et tétanisante surprise venir d'ailleurs et scotcher littéralement devant l'atrocité de cette bassesse humaine balancée frontalement sur l'écran.

HeaderLes personnages auront un rôle important dans l'impact global du film, car si Travis réussira à dégoûter par ses pratiques sordides et sa violence froide et inhumaine sur ses victimes, Stewart arrivera aisément à gagner la bienveillance du spectateur malgré son mauvaises actions et ses dérives justifiées par l'amour porté à sa compagne et qui expliquera ses méfaits orchestrés sans enthousiasme ni plaisir, le réalisateur ayant l'intelligence de s'immiscer dans l"intimité du personnage pour bien laisser transparaître sa situation désespérée. Et il ne faudra pas oublier le grand-père, protagoniste clé de la déviance, gouailleur, ordurier et salace qui retrouvera une seconde jeunesse avec l'arrivée de Travis et le retour des pratiques d'antan.

HeaderL'interprétation est globalement cohérente, le trio de tête assurant un jeu efficace, mais hélas les seconds rôles, certainement joués par des non-professionnels, laisseront quand même à désirer et viendront même plomber certaines séquences du métrage. La mise ne scène du réalisateur est adaptée, parfois vive et utilisant ses effets de style (notamment le ralenti) avec brio pour rendre encore plus impactantes certaines scènes fortes du métrage. Les effets spéciaux sanglants sont probants pour avancer quelques mutilations ciblées et pour faire gicler l'hémoglobine sans pour autant verser dans la surenchère, tandis que les maquillages cadavériques présents sont tout à fait réalistes.

Donc ce Header arrivera sans mal à se démarquer de la production actuelle par son idée de base ignoble et originale, tout en parvenant à ne pas valoir uniquement au travers d'elle grâce à une intrigue intelligente et bluffante !

HeaderLe DVD de zone 0 édité par Synapse Films avancera une image parfois volontairement granuleuse et ne connaissant pas de défaut visible, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale certes assez lente mais largement envoûtante, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un making-of en fait composé d'interviews du réalisateur, de l'écrivain Edward Lee, mais aussi de l'acteur principal et de Jack Ketchum, invité à faire un caméo dans le film, ces participants revenant sur le tournage, sur l'idée de base et sur les personnages sans ton promotionnel avéré, laissant ensuite deux bandes-annonces du film venir clore ces bonus largement intéressants.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette pratique sordide au possible utilisée au sein d'une intrigue largement valable, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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09.09.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Vampyres, daughters of Dracula

Bien que rattaché au mythe vampirique, ce Vampyres, daughters of Dracula à l’intrigue minimaliste s’attachera surtout à créer une ambiance hors du temps envoûtante pour se laisser aller à une débauche érotique et sanglante inhabituelle et parfois même surprenante !
Le script va suivre les exactions de deux demoiselles, des vampires attirant dans leur manoir des messieurs qu’elles vont charmer avant de les vider de leur sang.

Vampyres, daughters of DraculaDans sa séquence d’introduction, le métrage va tout de suite mettre son spectateur dans le bain pour une première séquence érotique suivant un bref ébat saphique entre deux demoiselles allongées nues sur un lit mais qui vont bientôt interrompues par une ombre mystérieuse pénétrant dans leur chambre pour dégainer un pistolet et les abattre sans autre forme de procès, laissant ensuite des chauves-souris en plein vol accueillir le générique sans nous apporter la moindre exaction et surtout sans faire de lien direct avec la suite de l’intrigue qui va instantanément se lancer dans la présentation simultanée des principaux protagonistes du film.

Vampyres, daughters of DraculaEn effet, nous allons d’abord découvrir Ted, un quadragénaire arrivant dans un hôtel afin d’y réserver une chambre pour la nuit, le vieux gérant croyant reconnaître en lui quelqu’un qu’il avait connu des années auparavant, ce qui donnera une touche quelque peu irréelle à la scène, tandis que pendant ce temps-là, un couple de vacanciers, Harriet et John, vont sillonner les petites routes anglaises afin d’y dénicher un coin tranquille pour s’installer avec leur caravane, c’est ainsi qu’ils vont croiser au bord de la route une demoiselle tout de noir vêtue, bientôt prise en stop, Harriet apercevant même une seconde jeune femme cachée derrière un arbre.

Vampyres, daughters of DraculaCette mise en situation des personnages sera réduite au minimum, s’attardant juste quelque peu sur ce couple s’étant installé près d’un manoir apparemment désert pour laisser Harriet faire un cauchemar paraître perturbée par la vision de ces deux jeunes emmes énigmatiques, au point d’en faire un cauchemar et de croire avoir vu un main ensanglantée venir se coller sur la vitre de leur caravane, ce qui forcera John à aller sous la pluie inspecter les alentours sans rien déceler d’anormal et tôt dans la matinée, elle reverra ces deux silhouettes courant entre les arbres. Ce sera donc de manière détournée que l’intrigue va avancer ses deux étranges demoiselles, laissant quand même déjà le spectateur se douter de leur mode opératoire global pour attirer leurs proies, avant justement de rentrer dans les détails puisque la prochaine rencontre impliquera Ted.

Vampyres, daughters of DraculaCe dernier acceptera donc de prendre à bord de sa voiture Fran, une des deux jeunes femmes, et de la ramener chez elle, pour être invité à prendre un verre, Ted se laissant charmer par cette mystérieuse et insondable rencontre. Le métrage installera un climat trouble et sensuel largement envoûtant pour suivre cette attirance réciproque naissante entre les deux individus tout en faisant planer une menace sourde et sous-entendue. Mais ce sera l’érotisme qui prévaudra lorsque Ted et Fran vont succomber aux plaisirs de la chair pour une nuit d’amour qui laissera Ted se réveiller au petit matin seul, exsangue et se découvrir une profonde plaie sur le bras. Il va quitter l’endroit pour tomber sur la caravane de John et de Harriet et se faire soigner, mais de manière déraisonnable, il va ensuite retourner au manoir.

Vampyres, daughters of DraculaL’intrigue s’attachera ensuite à nous dépendre la déchéance de Ted, sous l’emprise d’une Fran qui le pervertira et usera de ses charmes pour le maintenir au château, tandis que nous allons faire connaissance avec la seconde demoiselle, Miriam, plus effacée en apparence mais toute aussi dangereuse, et appréhender plus en profondeur les liens lesbiens unissant les deux jeunes femmes vampiriques, tandis que d’autres victimes vont tomber dans le piège tendu et que Harriet, toujours intriguée par ce manoir qu’elle va même reproduire en peinture, ira bien entendu s’aventurer sur place à ses risques et périls.

Vampyres, daughters of DraculaSi l’intrigue globale du métrage pourra sembler bien simpliste, voir même commune, le réalisateur José Ramon Larraz jouera la carte de l’esthétisme onirique pour parvenir sans mal à créer une ambiance surréaliste, hors du temps et définitivement envoûtante qui planera sur l’ensemble du métrage de manière efficace et prenante, symbolisée par ces deux vampires plus ou moins atypiques qui sembleront ne craindre que modérément la lumière du jour (entraînant par ailleurs plusieurs petites contradictoires à l'intérieur même de l'intrigue) et n’auront pas de canines proéminentes pour mordre leurs victimes et devant donc s’aider de couteaux ou autres objets tranchants.

Vampyres, daughters of DraculaMais au-delà de cet esthétisme marquant, le métrage pourra compter sur une sensualité omniprésente pour parfaire le portrait de ses "héroïnes" d’outre-tombe qui n'hésiteront pas à se dévêtir à la moindre occasion et à se lancer dans des ébats saphiques (plus ou moins poussés) ou non lors que Ted sera présent, installant même sporadiquement un climat de perversion trouble qui contrastera de fait avec la langueur certaine installée, mais encore plus avec l'animalité terrible et plus que largement graphique dont feront preuve les prédatrices lorsque leur instinct primaire reprendra le dessus.

Vampyres, daughters of DraculaEn effet, le métrage comportera également quelques séquences sanglantes largement graphiques et même terriblement impactantes sans pour autant se laisser aller à une quelconque outrance gore, mais ce sera justement cette violence presque animale qui fera agir les jeunes femmes qui aura de quoi surprendre et même choquer avec cette vivacité et cette précision féroce dans l'action qui ne laissera pas la moindre chance aux humains concernés. Ce sera ce qui rendra la relation entre Ted et Fran intrigante, puisque celle-ci décidera de laisser son amant d'un soir en vie au lieu de le faire disparaître comme les autres en simulant un accident de voiture, pour ainsi occuper une bonne partie de l'intrigue, reléguant de fait la curiosité de Harriet au second plan, pour presque laisser ce couple de vacanciers développer un sentiment d'inutilité (avec seulement un apport de suspense régulier puisqu'ils seront eux aussi perpétuellement en danger) uniquement perturbé par ce final graphique terrible. Dans le même ordre d'idée, on pourra aussi franchement regretter que le personnage de Miriam soit sous-exploité de la sorte, alors qu'elle apportera une aura de mystère et d'animalité bien plus frappante et titillante que cette Fran certes sensuelle mais largement plus commune, mais qui officiera le plus souvent au premier plan.

Vampyres, daughters of DraculaL'interprétation est convaincante, portée par ces deux jeunes mannequins reconverties actrices sans pour autant démériter, bien au contraire, et notamment Anulka (drôle de pseudo…) dans le rôle de la charmante et plus que troublante Miriam, pour laisser Murray Brown interpréter Ted avec crédibilité. La mise en scène du réalisateur espagnol exilé quelques temps en Angleterre est adaptée au style du métrage pour lui conférer une approche ténébreuse et langoureuse dans la création de ce climat ensorcelant. Les effets spéciaux sanglants sont plutôt simplistes mais deviendront saisissants et même surprenants dans ce contexte vaporeux.

Donc, ce Vampyres, daughters of Dracula aura largement de quoi charmer et envoûter son spectateur par son climat sensuel et sa violence brutale inattendue, à condition quand même de rentrer dans l'intrigue et son rythme guère porté vers l'action.

Vampyres, daughters of DraculaLe DVD de zone 2 anglais édité par Anchor bay avancera une image juste parfois quelque peu granuleuse, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale prenante, adaptée et partie prenante dans l'instauration du climat trouble qui englobera le métrage, celui-ci étant ici proposé dans sa version anglaise sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, on pourra suivre une petite featurette trop brève mais intéressante permettant aux deux actrices principales de revenir sur le film et leurs personnages, la bande-annonce anglaise et américaine du film, ainsi que plusieurs galeries de photos consacrées au film, à son tournage, aux affiches ou encore à l'actrice Anulka.

Pour ceux qui voudraient découvrir ces deux vampires saphiques et sensuels, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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07.09.09

06:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Night of the lepus

Parmi les excentricités commises pendant les années soixante/ soixante-dix et cette vague de films mettant en avant des animaux disproportionnés s’attaquant aux humains, ce Night of the lepus (connu chez nous sous le titre de Les rongeurs de l’apocalypse) tiendra une place de choix en ayant choisi l’animal le plus doux et le plus gentil en apparence pour en faire un véritable tueur, le lapin qui sera ici un prédateur exposé sur un ton sérieux, ce qui n’empêchera pas le métrage d’être très souvent comique, voir même hilarant.
Le script va laisser un couple de scientifique tester des hormones sur des lapins afin de mettre fin à une surpopulation nuisible pour les fermiers locaux, mais malencontreusement, l’un d’eux va s’échapper et contaminer ses congénères qui vont se mettre à grossir et à attaquer les humains.

Night of the lepusDans sa séquence d’introduction, le métrage va suivre un reportage télévisuel mettant en avant une invasion de lapins en Australie avec des images d’archives à l’appui, tentant ainsi d’apporter une certaine crédibilité aux faits exposés ensuite, pour en plus avancer des scènes assez difficiles de traque de lapins malmenés. Passée cette entame sérieuse et ne prêtant pas vraiment à sourire, le métrage va se lancer dans la présentation de ses principaux protagonistes, avec d’abord Cole Hillman, un cow-boy dans la tradition qui n’hésitera pas un instant avant d’abattre son cheval blessé suite à une chute causée par un terrier de lapin (oui, ils sont déjà mis en cause !), avant d’aller s’entretenir avec son ami Elgin, doyen de l’université, sur les problèmes causés par ces lapins en surabondance sur ses terres. Elgin promettra à Cole d’évoquer cette nuisance avec les Bennett, un couple de scientifiques tendance écologiste qui seront tout heureux de pouvoir tenter quelque chose avant l’emploi de poisons pour exterminer les lapins, mais aussi du coup toute la faune locale.

Night of the lepusCette mise en condition de l’intrigue restera "bon enfant" dans son traitement et dans la présentation des personnages et notamment ce couple de scientifiques toujours flanqués d'Amanda, leur fillette qui se permettra des commentaires puérils bien kitschs, pour insister afin de présenter véritablement le lapin comme une sale bête nuisible et qui ne trouvera grâce qu'auprès justement de cette jeune Amanda qui sera le point de départ du cauchemar à venir. En effet, alors que son père, Roy, testait différents produits à base d'hormones pour ralentir la multiplication des rongeurs, Amanda va échanger un spécimen infecté avec un autre, sain, et s'arrangera pour réussir à amadouer ses parents afin de le garder. Mais lorsque ce lapin se retrouvera par mégarde lâché dans la nature, les ennuis ne vont pas tarder à commencer.

Night of the lepusIl ne faudra pas plus de deux attaques isolées jouant largement sur la suggestion en n'avançant que quelques gros plans en contre-plongée sur des gueules de lapins tâchées de sang pour que Roy, Cole et quelques autres décident de dynamiter la mine où les lapins géants auront trouvé refuge, clôturant ainsi une première partie assez concluante et étrangement sérieuse pour réussir à maintenir ses effets intacts de tout fou rire. Mais par la suite, le film sombrera dans un grand n'importe quoi débridé et plus que comique dans ses effets incroyables, lorsque les lapins, ayant bien entendu survécu au dynamitage, vont s'attaquer à la bourgade de Cole avant de se lancer à l'assaut de la ville la plus proche.

Night of the lepusCette seconde partie du métrage oubliera la suggestion pour oser mettre en avant plus que de raison ces rongeurs géants qui évolueront régulièrement autour de maquettes en modèle réduit afin de nous faire croire à leur taille démesurée pour des courses hilarantes filmées au ralenti avec une bande-son très "spéciale", ce qui donnera un résultat largement souriant et jamais inquiétant malgré la bonne tenue des maquettes. Les gros plans utiliseront des "hommes en costumes" bien ratés qui heureusement pour l'intégrité du métrage seront rapidement aperçus, et enfin, une patte géante servira plusieurs fois lors des gros plans très vaguement sanglants.

Night of the lepusCes lapins vont donc s'attaquer à différents protagonistes annexes pour des séquences classiques cherchant vainement à se montrer tendues, mais comment le réalisateur pouvait-il espérer réussir son coup en osant présenter si souvent et frontalement ces lapins ? L'intrigue se lancera même dans une série de situations bien stupides et improbables (comme lorsque madame Benett quittera la ville avec Amanda pour rapidement quitter la grande route pour prendre un raccourci dans un chemin défoncé qui immobilisera comme il se doit son véhicule, à la merci des rongeurs), et il faudra aussi compter sur un final d'une cruauté terrible dans l'art de se débarrasser des lapins avec un moyen pour les détruire très graphique et qui nous vaudra encore quelques bons moments croustillants.

Night of the lepusEvidemment, le principal problème du métrage tiendra dans le choix plus que risqué de son prédateur, qui ne pourra jamais espérer avoir l'air menaçant malgré les tentatives du réalisateur qui multipliera les gros plans sur des faciès toutes dents dehors ou carrément ensanglantés des lapins, mais là encore, cela prêtera plus à sourire qu'autre chose, mais l'apothéose sera atteinte avec ces fameuses courses au ralenti inoubliables, quelque part surréalistes, et en tout cas valant le détour par leur capacité à dérider le spectateur, ce qui annihilera toute la volonté évidente de l'auteur de nous livrer un film sérieux, puisqu'en effet, aucun humour volontaire viendra perturber le caractère appliqué et solennel désiré, mais alors, question humour involontaire, le métrage se posera là.

Night of the lepusLes personnages principaux resteront quand même stéréotypés, tel ce Cole, cow-boy n'hésitant pas à sacrifier une partie de ses terres pour endiguer l'invasion de lapins, ou encore ce couple de scientifiques nunuches mais presque attachants, l'ensemble étant porté par une interprétation plutôt convaincante, entre Janet Leigh et Stuart Whitman campant les scientifiques et Rory Calhoun pour jouer avec aisance Cole. La mise en scène du réalisateur est plutôt vive pour donner un rythme constant à l'ensemble, mais tous ses effets tentés pour rendre les lapins effrayants seront voués à l'échec pour devenir souriants et comiques. Les effets spéciaux sont largement mitigés, entre ces plans saignants n'avançant que des victimes recouvertes de ketchup et ces lapins géants joués par des cascadeurs mal dissimulés dans leur costume, pour uniquement laisser les vrais lapins paraître à l'aise au milieu de maquettes.

Donc, ce Night of the lepus méritera le détour pour tout amateur de curiosités kitschs au possible et osant l'impensable et saura se faire apprécier par le spectateur qui rentrera dans le jeu de cette intrigue savoureuse !

Night of the lepusLe DVD de zone 1 édité par Warner Home Video avancera une image assez nette malgré sa tendance à devenir légèrement granuleuse par moments, tandis que la bande-son sera appréciable, avec une partition musicale décalée qui rythmera de façon excellente les temps forts du film, le métrage étant proposé dans sa version originale anglaise et dans sa version française. Par contre, au niveau des bonus, il faudra se contenter de la sympathique bande-annonce originale d'époque du film.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette farce incroyable, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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03.09.09

09:10:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Amazon jail

Film de W.I.P. (Women In Prison) tardif nous venant du Brésil et réalisé par Oswaldo De Oliveira (qui nous avait déjà gratifié d’un Bare behind bars assez salé), ce Amazon jail proposera surtout un spectacle sensuel et érotique tout en déclinant tous les artifices du sous-genre avec un volontarisme graphique qui masquera en partie l’extrême simplicité de l’intrigue.
Le script va prendre place dans la jungle pour y suivre les activités dans un camp où des jeunes femmes sont emprisonnées pour être revendues à de riches hommes d’affaires par un couple extravagant et leurs sbires, mais bientôt quelques prisonnières vont vouloir s’échapper avec la complicité de l’un des gardiens, neveu du "boss".

Amazon jailDans sa première séquence, le métrage va voir atterrir un petit avion de ligne d'où deux hommes en complet vont descendre, attendus par un jeune homme qui va les conduire avec sa jeep jusqu'au camp d'Edgar, un homme haut en couleur, gouailleur et apparemment porté sur la bouteille qui va les accueillir à bras ouverts pour des nouvelles affaires, puisque nous apprendrons bientôt que ces deux individus viennent chez Edgar faire leur "marché" parmi les demoiselles retenues prisonnières, que nous allons découvrir au travers de la mise en garde d'Helena, la femme qui semblera s'occuper des prisonnières en les menant du bout de son fouet (dont elle ne se servira jamais à l'écran), mais la symbolique s'imposera d'elle-même, renvoyant directement aux dominatrices pullulant dans le "W.I.P.".

Amazon jailAfin de ses mettre ses clients dans la poche Edgar va organiser une petite soirée où les prisonnières vont venir danser langoureusement au son d'un tam-tam presque nues autour des messieurs pour rapidement voir la situation dégénérer en une orgie qui demeurera au final assez pudique tout en étant bien absurde avec notamment les grimaces et les gestes inconsidérés et désordonnées des deux clients visiblement ravis de cette présence féminine. Ensuite, l'intrigue va s'attarder sporadiquement sur le couple volage formé par Edgar et Helena, dont les rapports seront conflictuels, ce qui ne les empêchera pas de se réconcilier sur l'oreiller régulièrement, même lorsque Edgar fera preuve d'une brutalité collant bien avec son caractère colérique et outrancier.

Amazon jailMais nous allons également assister à l'arrivée d'un nouveaux groupes de prisonnières attrapées on en sait où qui vont rejoindre le trio "d'anciennes" auprès desquelles elles vont appréhender leur triste sort, avant que Edgar ne parvienne à charmer l'une d'elles, tandis qu'une autre, Mary, va s'attirer les faveurs d'Helena, révélant au passage sa bisexualité déviante. Et bien entendu, d'autres clients vont venir pour permettre au réalisateur de reproduire une seconde fois sa séquence d'orgie paillarde avec cette fois-ci plus de participants mais avec toujours autant de délire visuel, sauf que l'une des jeunes femmes, Angel, va en profiter pour tenter de s'évader, Mary trompant la vigilance d'Helena a sa manière.

Amazon jailCette évasion donnera un peu d'action au métrage puisque les gardiens vont se lancer à la poursuite d'Angel et vont sans le vouloir faire d'une pierre deux coups puisqu'ils vont récupérer la fugitive alors qu'elle avait trouvé refuge auprès de trois demoiselles se baignant dans une rivière. L'intrigue connaîtra son tournant lorsque le neveu d'Edgar, amoureux de l'une des captives, va fomenter un plan pour lui permettre de s'évader à son tour en emmenant les autres, le camp courant de toutes façons à sa perte avec d'autres alliances cachées qui vont éclater au grand jour, le métrage s'installant alors dans le "film de jungle" pour suivre la fuite des prisonnières, fuite qui sera parsemée de situations typiques (attaque d'un serpent, par exemple), mais surtout parcourue de rencontres qui donneront l'occasion au réalisateur de dénuder ses actrices qui vont par exemple charmer deux campeurs pour finalement piller leur nourriture avant de tomber sous la coupe d'un illuminé cherchant de l'or pour Dieu avec ses ouailles, mais qui lui aussi malgré des sous-entendus homosexuels tombera sous le charme des demoiselles, pour orienter le métrage vers un final aberrant au cours duquel le neveu d'Edgar parti à la recherche de son amoureuse va intervenir avec d'autres alors que les chercheurs d'or se lançaient dans un viol collectif, pour laisser un goût quand même amer à la happy-end puisque toutes les demoiselles ne survivront pas.

Amazon jailLe métrage reprendra donc dans sa première partie (qui occupera les deux tiers du film) les figures obligées du sous-genre, avec scènes de douche (individuelles pour une fois), crêpage de chignons, mais l'ensemble sera ouvertement orienté vers l'érotisme puisque chaque situation dérivera inévitablement vers un accouplement (souvent dans des endroits inappropriés, mais bon…) et évidemment les demoiselles évolueront à moitié nues, offrant leur poitrine et leur fessier à la caméra la plus souvent possible, tandis que la seconde partie, tout en avançant un peu plus d'action, ne délaissera pas cet érotisme parfois à la limite de la vulgarité pour continuer de présenter ces demoiselles sous un jour méprisant, flirtant même avec la misogynie.

Amazon jailEn effet, ces jeunes femmes emprisonnées ne sembleront pas toutes déprécier leur sort, s'offrant avec une facilité déconcertante aux "clients" d'Edgar ou encore à ce dernier pourtant guère attirant, tandis qu'elles utiliseront toujours leurs charmes pour obtenir ce qu'elles veulent, laissant seule celle amoureuse du neveu d'Edgar avoir un semblant de sincérité, ce qui contrastera formellement avec le caractère manipulateur de la jeune et belle Mary, ce qui finira par déboucher sur un affrontement en bonne et due forme. Mais les hommes ne seront guère mieux traités, présentés ici quasiment tous comme des obsédés sexuels pervers tout en étant majoritairement repoussants.

Amazon jailHeureusement d'ailleurs que le métrage pourra compter sur soin aspect érotique pour combler les limites d'un script basique, sans surprise et qui n'apportera qu'un peu d'humour régulièrement, entre les facéties d'un Edgar haut en couleurs et quelques situations souriantes et déraisonnables par leur excentricité notoire, avec par exemple ce "pasteur" loufoque qui imposera un final tonitruant et saugrenu. Par ailleurs les personnages n'offriront que des personnalités simplistes et guère travaillées, mis à part Edgar, sa compagne Helena et l'une des prisonnières dont nous découvrirons le passé évidemment sensuel de danseuse nue peinturlurée.

Amazon jailL'interprétation est cohérente, avec un Sergio Hingst excellent dans le rôle d'Edgar, tandis que Elizabeth Hartmann peinera à donner du charisme à une Helena bien fade dans sa parure de dominatrice, les jeunes actrices semblant par contre plus avoir été choisies pour leur physique et leur propension à se dénuder que pour leur capacité d'actrice, même si la toute belle Shirley Benny se fera aisément remarquer. La mise en scène du réalisateur est classique, pour n'utiliser que de rares effets de style, mais tout en s'attardant et en zoomant fréquemment sur le physique des actrices.

Donc, ce Amazon jail n'offrira qu'un attrait graphique par son érotisme parfois salace omniprésent et par l'absurdité souriante de certaines situations outrancières bien déjantées !

Amazon jailLe DVD de zone 1 édité par Blue Underground avancera une image légèrement granuleuse mais sans que cela devienne gênant, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale lancinante particulièrement adaptée aux événements présents dans l'intrigue, le métrage étant ici uniquement proposé dans sa version anglaise sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, il faudra hélas ses contenter de la bande-annonce originale du film.
A noter que le film a été édité en VHS chez nous sous le titre de Femmes en cages avec un doublage français putassier incroyable ne reflétant pas du tout les intentions premières du réalisateur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce "W.I.P." érotique et quand même largement souriant, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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31.08.09

07:20:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Après un mois de juillet en "dents de scies" au niveau des nouveautés fantastiques et horrifiques, le mois qui se termine à été bien plus intéressant et prolifique avec quelques titres largement attendus, mais également avec un nombre conséquents de rattrapages de titres peut-être légèrement moins récents mais pour autant à découvrir, sans oublier quelques rééditions plus ou moins anecdotiques !

Tarantulas
Hydra

Justement, au niveau des ressorties, Opening éditeur habitué de cette pratique, tentera de nous refourguer à nouveau le Scream de Wes Craven, mais aussi le très moyen Trauma de Dario Argento ou encore la pathétique Attaque des morts-vivants. Mais pour les possesseurs d'un lecteur de blu-ray, l'éditeur proposera Le jour des morts-vivants. L'éditeur privilégiera pour ses nouveautés les grosses bébêtes avec Tarantulas, le cargo de la mort et ses araignées lâchées dans la nature, et Hydra, the lost island qui revisitera "Les chasses du comte Zaroff" avec en prime une créature dotée de plusieurs têtes qui viendra perturber les plans de quelques milliardaires chassant un gibier humain. Toujours dans le genre "animaux tueurs", Zylo tentera de faire passer son Megalodon pour un nouveau titre, alors qu'il s'agit tout simplement du Shark attack 3 disponible depuis bien longtemps.

Guêpes tueuses
Vikings

Emylia sera plus dynamique ce mois-ci, pour outre la ressortie du dispensable La chute de la maison Usher version 2006 tentant de moderniser le thème, nous proposer un sympathique The stingers, guêpes tueuses ainsi qu'un Vikings qui s'annonce "autre" en n'avançant pas forcément le côté épique attendu et doté d'une bande-son métal largement adaptée.

Le berceau

Elephant Films délaissera les titres de Charles Band pour éditer Le berceau et sa thématique forte hélas plutôt mal exploitée malgré quelques séquences efficaces.

The punicher zone de guerre
Starman

Outre la sortie d'un The punisher – zone de guerre bien plus violent et méchant que son prédécesseur, Columbia/ Tristar nous gratifiera d'une ressortie en Blu-ray du Starman de John Carpenter.

Amusement

Seven 7, bien timide en ce moment, se contentera de sortir le sympathique Amusement, déjà évoqué ici dans son édition en Zone 1.

Next door
Timber falls

Toujours dans les titres déjà traités ici même et connaissant seulement une édition chez nous, c'est également au tour du remarquable Next door de débarquer grâce à Studio Canal pour une édition simple qui ne tiendra pas la comparaison avec celle critiquée ici, tandis que 20th Century Fox proposera le "slasher" Timber falls disponible depuis un bon moment déjà dans une édition en zone 1 évaluée ici.

Sex addict

Disponible depuis début juillet avec le magazine "Mad Movies", le nouveau méfait gore et sexy de Frank Henenlotter, le bien nommé Sex addict connaît une sortie "officielle" chez SWIFT.

Les contes de la nuit noire

TF1 Vidéo a profité de l’été pour éditer Les contes de la nuit noire, une anthologie d’histoires horrifiques assez basiques pourtant écrites par Stephen King ou encore George A. Romero et qui rafla le grand prix à Avoriaz en 1991.

Underworld 3
Les faucheurs

M6 vidéo s’offrira plusieurs actualités au cours du mois écoulé, avec bien sûr la sortie en DVD et en Blu-ray de Underworld 3, le soulèvement des lycans, éditions évoquées ici, mais aussi avec Les faucheurs , titre français cachant le The deaths of Ian Stone et son intrigue rappelant Un jour sans fin en version horrifique, tandis que Hunted permettre à Kim Basinger de se frotter notamment au "survival" pour un film mangeant quand même à tous les râteliers.

Vendredi 13
Vendredi 13

Enfin, à tout saigneur tout honneur, Jason Voorhees, le boogeyman de la saga des Vendredi 13 voit le remake réalisé par Marcus Nispel être édité par Paramount en DVD et en Blu-ray, plus d’infos sur ces éditions ici.

Donc l'amateur de cinéma fantastique et horrifique aura eu largement de quoi se rassasier de nouveautés ce mois-ci, en attendant la rentrée qui s'annonce déjà plus que passionnante et fournie !

Le jour des morts vivants (Blu-ray)

Le jour des morts vivants (Blu-ray)
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Hydra, the lost island

Hydra, the lost island
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Le berceau

Le berceau
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The Punisher : Zone de guerre

The Punisher : Zone de guerre
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Starman (Blu-ray)

Starman (Blu-ray)
Fnac à 13.13€
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Amusement

Amusement
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Next door

Next door
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Timber falls

Timber falls
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Timber falls (Blu-ray)

Timber falls (Blu-ray)
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Les contes de la nuit noire

Les contes de la nuit noire
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Amazon à 2.75€
Fnac à 12.49€
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Fnac à 13.59€
Amazon à 13.59€
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Les faucheurs

Les faucheurs
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Vendredi 13 (2009)

Vendredi 13 (2009)
Amazon à 9.7€
Fnac à 12.19€
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Vendredi 13 (2009) - (Blu-ray)

Vendredi 13 (2009) - (Blu-ray)
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28.08.09

08:20:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Frogs

Comptant parmi les initiateurs du film d'agressions animales, ce Frogs, bien que devenu quelque peu kitsch aujourd'hui, posera par sa thématique écologique limpide et son intrigue une partie des bases maintes fois reproduites par la suite, tout en offrant quelques moments savoureux aussi bien en mettant en scène de nombreuses espèces animales plus ou moins agressives mais toujours rendues menaçantes qu'en dressant le portrait d'une série de personnages truculents.
Le script va inviter un photographe écologiste à la fête organisée par un milliardaire sur son île pour son anniversaire, moment choisi par la faune locale pour se rebeller contre les humains.

FrogsDès son générique, le métrage va exposer son discours écologique de manière claire et frontale en suivant ce photographe prenant des clichés depuis sa barque pour d'abord avancer une nature immaculée peu à peu ternie par des déchets et par une pollution due à l'homme qui viendront honteusement gâcher le paysage et mettre en avant un côté fossoyeur de nature de manière on ne peut plus claire. Mais bientôt notre homme, Pickett Smith, va voir foncer sur lui deux individus, Karen et Clint Crockett, à bord de leur hors-bord lancé à toute allure sur le lac, manquant de peu de tuer Smith pour uniquement le faire chavirer. Pour se faire pardonner, ils vont inviter Smith à venir se sécher et prendre un verre dans la propriété familiale.

FrogsC'est ainsi que le métrage va amorcer la présentation des différents membres de cette famille complètement dominée par le patriarche, Jason Crockett, un vieil homme abusif et dominateur depuis son fauteuil roulant et qui ne verra pas au départ d'un bon oeil l'arrivée de Smith, repéré en train de prendre des photos aux abords de son domaine. Nous allons donc faire la connaissance de chacun des personnages présents, qui tous avanceront plus ou moins des stéréotypes souriants dans leur dévotion forcée à Jason, ce qui se traduira par des séquences de dialogues jamais ennuyeuses ou rébarbatives pour au contraire laisser apparaître un humour au second degré des plus attachants. Mais si cela occupera la majeure partie de la mise en place de l'intrigue, les crapauds et autres reptiles foisonnant sur l'île se montreront déjà, bien entendu sans attaquer mais installant un climat d'attente et de tension sous-jacent efficace, le réalisateur arrivant par miracle à rendre ses batraciens intrigants.

FrogsFinalement Smith fera plus que passer un moment avec ses hôtes, puisqu'il sera invité par Jason à faire un tour de l'île pour plusieurs raisons, aller à la recherche d'un de ses employés disparu pendant qu'il allait essayer un pesticide pour tenter de débarrasser l'île de ces trop nombreuses grenouilles qui empêchent certains convives de dormir tout en dressant justement un état des lieux de la prolifération mystérieuse de ces batraciens envahissants. En toute logique l'employé disparu sera retrouvé mort, mais Jason insistera pour que Smith cache cet événement afin de ne pas gâcher la traditionnelle fête prévue pour le lendemain afin de célébrer plusieurs anniversaires, dont le plus important, celui de Jason qui, même lorsque que la menace sera avérée, refusera de modifier son programme, thème repris largement par la suite par d'autres films en le modifiant, comme par exemple Les dents de la mer et son maire refusant d'annuler des festivités à cause du requin tueur.

FrogsDans sa seconde partie, l'intrigue va laisser les animaux se déchaîner contre les humains qui vont un par un et individuellement subir les foudres de différentes espèces avec d'abord un homme tué par des araignées énormes, tandis que des lézards aidés par des sortes de varans vont asphyxier dans une serre une autre victime en faisant tomber des fioles de poison, laissant des serpents venir à bout d'autres proies humaines, des crocodiles viendront également se mêler à ces attaques, tout comme ces oiseaux lors d'une séquence en hommage évident au film d'Alfred Hitchcock, laissant les crapauds du titre rester spectateurs des méfaits tout en semblant coordonner et ordonner aux autres espèces d'agir contre les personnages pour se contenter d'affluer vers la propriété et de se réserver la mise à mort du principal protagoniste visé.

FrogsOn pourra d'ailleurs saluer le choix scénaristique effectué par le réalisateur car en effet ces grenouilles, bien que présentées sous un jour inquiétant, ne pouvaient pas constituer une menace mortelle à elles seules, et l'aide précieuse de différents prédateurs permettra à l'ensemble de gagner en impact et en "crédibilité" pour peu que l'on se prenne au jeu. Ces phases d'agressions resteront comme les meilleurs moments du film, avec un impact plus ou moins fort selon les animaux mis en présence, les lézards offriront un caractère étrange à chacune de leurs apparitions, les serpents demeurant les plus efficaces tandis qu'hélas l'attaque de l'alligator souffrira d'un manque de vraisemblance trop flagrant.

FrogsSi l'isolement des personnages sera bien retranscrit, l'atmosphère poisseuse et humide du sud américain sera également largement mise en valeur, ce qui donnera par ailleurs l'occasion au réalisateur de fustiger certaines mentalités rétrogrades encore empreintes des traditions esclavagistes sudistes qui viendront se greffer à un discours déjà bien tempéré par cet écologisme qui sans être nommé planera littéralement sur l'ensemble du film, les animaux se vengeant principalement des pollueurs de la nature et les scènes de mises à morts franches leur resteront destinées, tandis que d'autres personnages bien moins coupables connaîtront un sort largement plus évasif et bien moins cruel.

FrogsLes différents personnages occuperont largement le terrain, permettant surtout au réalisateur de se gausser de traits de caractère typiques grâce à un humour discret, pour bien évidemment laisser Smith symboliser la raison face à ce Jason voulant coûte que coûte conserver son programme de festivités quoiqu'il arrive, tandis que Karen apportera une vague sensualité en charmant le personnage principal avec uniquement des sous-entendus. L'ensemble bénéficiera d'une interprétation convaincante, Ray Milland en tête dans le rôle de Jason, tandis que Sam Elliot paraîtra plus effacé pour incarner Smith. La mise en scène du réalisateur est adaptée et originale pour filmer les batraciens et les reptiles, avec ces zooms malicieux efficaces. Les quelques effets spéciaux resteront basiques mais plutôt réussis.

Donc, ce Frogs parviendra à se rendre largement attachant, malgré des aprioris infondés, par sa bonne humeur quelque peu sarcastique et par sa générosité dans l'art de mettre en scène ses animaux tueurs !

FrogsLe DVD de zone 1 édité par MGM avancera une image plutôt nette et ne devenant que rarement granuleuse, notamment lors des séquences se déroulant dans la pénombre, tandis que la bande-son sera efficace, soutenue par une partition musicale discrète mais adaptée, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise ou dans sa version espagnole, avec des sous-titres français et espagnols optionnels.
Par contre au niveau des bonus, il faudra se contenter, comme souvent chez MGM, de la sympathique bande-annonce originale du film.

Pour ceux qui voudraient découvrir ces batraciens et autres reptiles agressifs, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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25.08.09

08:00:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Underworld 3
Underworld 3

Troisième volet de la saga Underworld présenté sous forme de préquelle revenant aux sources du mythe, ce Underworld 3 : le soulèvement des lycans ne semblera pas retrouver la force épique de ses prédécesseurs et devra pallier à l’absence de l’héroïne de la franchise incarnée par Kate Beckinsale. Le métrage, après un passage en salles obscures en février dernier où il a drainé quelques 359 000 spectateurs, s’offre une seconde chance en DVD et en Blu-ray sous la houlette de M6 Vidéo.

Underworld 3

L’intrigue va faire un retour en arrière de mille ans, aux origines du conflit qui oppose les Vampires aux Lycans. Deux races immortelles étranges vinrent alors au monde, chacune descendant d'un des fils d'Alexandre Corvinus. Les vampires, issus de la lignée de Markus, devinrent des aristocrates buveurs de sang et rusés. Les loups-garous, descendants de William, se transformèrent en bêtes sauvages, sans plus aucune humanité et habitées d'un désir de violence insatiable. Grâce à leur supériorité intellectuelle et à leur habileté politique, les Vampires réussirent à dominer les terres sauvages de la Hongrie occidentale. Ils continuèrent néanmoins à craindre les loups-garous qui, s'ils étaient incapables de s'organiser, faisaient montre d'une incroyable sauvagerie et d'une force immense... Au Moyen-Age, l'équilibre règne entre les vampires, dirigés d'une main de fer par Viktor, et leurs serviteurs les Lycans. Mais lorsque Sonja, la fille de Viktor s'éprend de Lucian, un Lycan, c'est le début d'une longue guerre sanglante qui continuera jusqu'à aujourd'hui...

Underworld 3

D’après les avis recueillis, le métrage aura un intérêt historique indéniable pour tout fan de la franchise puisque levant le voile sur les origines des vampires et des lycans, mais connaissant déjà le sort réservé à Sonja, l’attrait du métrage en sera d’entrée limitée. De plus, l’intrigue serait quand même minimaliste, bien plus axée sur cette bluette gothique entre Lucian et Sonja, romance qui prendra donc le dessus sur cette lutte entre vampires et lycans rétrogradée en arrière-plan, mais nous gratifiant heureusement de quelques scènes d’action performantes mais inégales. Par contre, on retrouvera avec plaisir Bill Nighy jouant avec froideur ce patriarche vampire, tandis que Rhona Mitra, avec une ressemblance physique avec Kate Beckinsale pas franchement heureuse qui viendra perturber le spectateur, ne déméritera pas dans le rôle principal. Les effets spéciaux bénéficieront d’un traitement spécial du réalisateur Patrick Taptopoulos, plus connu justement pour ses travaux dans ce domaine, tout en ne pouvant pas cacher toutes les ficelles utilisées.

Underworld 3

Le DVD édité par M6 Vidéo avancera une image en 2.40 et en 2.35 (16/9 anamorphique) pour une bande-son disponible en français et en anglais sous-titrée en DD2.0 et en DD5.1. Au niveau des bonus, on pourra suivre un sympathique making-of, un retour sur les personnages-clés et les événements de la saga ainsi qu’un module bavard consacré aux effets spéciaux.
L’édition Blu-ray du film reprendra les même bonus, en nous offrant en plus les deux premiers volets de la franchise disponibles en version nomade pour iPhone, iPod et PSP, pour proposer le film avec une image en 2.35, tandis que la bande-son en anglais et en français sera disponible en DTSHDMA5.1.

Underworld 3

Donc, à partir du 27 août prochain, ce sera dans notre salon que nous allons pouvoir suivre ce troisième épisode de la saga Underworld pour vérifier si sa réputation mitigée est justifiée !

Underworld 3




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24.08.09

06:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Blood & chocolate

Film de loup-garou "romantique" reprenant la thématique de l'histoire d'amour impossible héritée de "Roméo et Juliette", ce Blood and chocolate n'arrivera hélas pas à offrir la moindre originalité dans un traitement de son sujet bien plus axé vers la romance que vers l'action pour offrir au final qu'un spectacle se suivant facilement, sans déplaisir, mais sans enthousiasme.
Le script va laisser une demoiselle appartenant à une confrérie de loups-garous tomber amoureuse d'un jeune artiste entièrement humain, ce qui ne sera pas du goût du chef de la meute.

Blood & chocolateDans sa séquence introductive, le métrage va laisser une petite fille être la seule survivante de l'attaque de sa maison par des hommes en armes qui vont exterminer ses parents et ses frères sans aucune pitié, avant de lancer des chiens à ses trousses, tandis que la voix-off de l'héroïne nous entretiendra sur sa condition passée en adéquation avec le monde qu'elle a quitté lors de l'attaque. Et après un bond dans le temps et dans l'espace jusqu'au présent en Roumanie, nous allons retrouver le personnage principal, Vivian, ayant apparemment survécu aux chiens et devenue désormais une belle jeune femme qui effectuera un jooging musclé et bondissant, presque et volontairement surnaturel dans les enjambées et les sauts réalisés, avant de rentrer chez sa tante qui l'héberge.

Blood & chocolateL'intrigue va alors se laisser aller à une présentation de cette caste de loups-garous vivant cachés parmi les humains, permettant ainsi au passage à la réalisatrice de s'amuser brièvement à chercher à tromper le spectateur sur la nature de plusieurs protagonistes, puisque outre Vivian, nous allons faire connaissance avec son neveu Rafe et ses amis aux allures de jeunes bourgeois vaguement rebelles, tandis que tous attendent le retour de Gabriel, le chef de la meute, qui doit venir sous peu retrouver les siens. Mais Vivian semblera différente des autres, plus humaines et au cours d'une virée nocturne solitaire dans une église, elle va rencontrer Aiden, un jeune dessinateur de bande dessinées, ou de "romans graphiques" comme il le dira lui-même, opportunément porté sur les loups et plus précisément les loups-garous.

Blood & chocolateCette rencontre qui aurait due être sans lendemain va pourtant tarauder les deux jeunes gens, Vivian achetant les œuvres d'Aiden tandis que celui-ci va la poursuivre alors qu'il l'apercevra par hasard un jour dans la rue et il va réussir à rentrer dans sa vie, leur amour devenant par la même occasion réalité. Mais cela ne sera pas du tout du goût de Rafe et de Gabriel, qui prédestinait Vivian pour devenir sa nouvelle épouse (une ancienne loi des loups-garous autorisant le chef de meute à changer de compagne tous les sept ans…), rendant inévitables les intimidations puis les représailles suite à la mort d'un des leurs tué par Aiden lors de ce qui restera comme la meilleure séquence du film.

Blood & chocolateHélas, le métrage accordera bien du temps à cette romance simpliste et sans envergure, jouant même sur un petit côté gothique naïf, et qui demeurera prévisible et même rabâchée dans les difficultés endurés par les deux tourtereaux épiés puis traqués par les loups-garous, tout en sous-exploitant carrément la différence de condition entre Vivian et son amoureux. Mais surtout, si Vivian arrivera sans mal à gagner un minimum de sympathie auprès du spectateur avec ses joies, déceptions et ses tourments hérités du passé, il n'en ira pas du tout de même pour Aiden, un bien fade artiste dont l'unique intérêt étant sa passion pour les lycanthropes peuplant ses "romans graphiques" puisque son passif quand même hautement improbable ne gagnera certainement pas à être dévoilé et au lieu de renforcer sa personnalité, cela ne fera que le discréditer complètement.

Blood & chocolateMais heureusement, le métrage comportera quand même quelques situations s'attardant sur la vie de ces loups-garous que nous verrons le plus souvent dans leur apparence humaine et quasiment anonyme, pour nous permettre de prendre part à une chasse à l'homme rituelle laissant les lycanthropes retrouver leur instinct bestial l'espace d'une nuit, le temps de traquer et de dévorer un humain, scène qui sera renouvelée de manière plus impliquée dans l'intrigue par la suite. Mais le spectateur venu chercher de l'action devra rapidement se faire une raison, le métrage ne sera que rarement trépidant, pour uniquement "s'énerver" quelque peu lors de sa dernière partie ponctuée de rebondissements enfin dignes de ce nom, et pour cette première confrontation entre Aiden et un lycanthrope venu l'intimider et qui se transformera en un duel réussi et mordant.

Blood & chocolatePar contre, la grande déconvenue du film viendra de l'absence de transformation digne de ce nom, passage pourtant prisé du genre et quasiment obligatoire qui sera ici éludé puisque nous n'aurons affaire qu'à des vrais loups qui viendront se substituer à l'apparence humaine des lycanthropes lorsqu'ils se mettront en chasse et bondiront pour dans un hâle blanc ressortir en loups, pour un effet véritablement minimaliste et bien évidemment très décevant, ce qui n'empêchera pas certaines situations d'être quand même probante, la réalisatrice parvenant régulièrement à donner un aspect surnaturel dans la démarche et les gestes des loups sous leur apparence humaine, et les scènes faisant intervenir des loups véritables seront plutôt bien agencées.

Blood & chocolateLes personnages seront travaillés de manière mitigée car si Vivian deviendra un minimum attachante, Aiden restera transparent, tandis que ce Gabriel, chef de meute se voulant ténébreux, sera assez ridicule et guère crédible, l'ensemble étant porté par une interprétation au diapason qui laissera Agnes Bruckner seule s'épanouir pleinement pour jouer Vivian. La mise en scène de la réalisatrice sera posée pour laisser les sentiments des protagonistes s'exprimer tout en parvenant sporadiquement à dynamiser les quelques séquences d'action du film. Les effets spéciaux sont donc largement décevants, non pas dans leur réalisation qui rendra assez belles les mutations rapides des hommes en loups, mais dans la frustration engendrée par ce procédé simpliste.

Donc, ce Blood and chocolate sera quand même plus largement destiné à un public adolescent porté sur un fantastique "soft" et prétexte à des bluettes à rebondissements qu'aux fans de films de loups-garous agressifs et saignants !

Blood & chocolateLe DVD de zone 1 édité par Sony Pictures Home Entertainment avancera une image nette jusque dans ses séquences se déroulant dans la pénombre, tandis que la bande-son sera dynamique et guère originale, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise et dans sa version française, avec des sous-titres français anglais et espagnols optionnels.
Au niveau des bonus, il faudra se contenter d'une kyrielle des scènes coupées pas franchement indispensables en proposant principalement de petites situations superficielles supplémentaires et des scènes de dialogues, suivies par quelques bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette histoire d'amour impossible sur fond de lycanthropie, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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20.08.09

08:15:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Scourge

Variation démoniaque sur le thème du Hidden de Jack Sholder, ce Scourge ne brillera évidemment pas par l'originalité de son propos mais se montrera suffisamment vif et parfois même généreux pour se suivre sans déplaisir au détour de quelques situations volontairement grotesques, souriantes ou graphiques.
Le script va laisser une créature démoniaque passant de corps en corps s'échapper de l'église où elle était tenue prisonnière pour semer la terreur dans une petite ville.

ScourgeAprès une courte séquence d'introduction obscure prenant place en 1871 une nuit d'orage près d'une église et suivant quelques moines offrant aux éclairs un homme avec pour résultat de voir des tentacules sortir de son abdomen, le métrage va se diriger directement vers le présent pour suivre conjointement des pompiers venant d'éteindre un incendie ayant ravagé l'église vue auparavant et le personnage principal, Scott, un jeune homme au passé trouble (comme le démontrera rapidement une première confrontation avec le shérif local) revenant dans le quartier de son enfance pour y rencontrer Jessie, son ancienne camarade de jeu et d'adolescence avec qui il avait coupé tout lien depuis deux ans.

ScourgeBien entendu, un pompier inspectant les décombres de l'église va découvrir un trou suspect dans le sol avant d'être projeté au sol et secoué de spasmes, avant de se relever comme si de rien n'était, pour l'instant. Car une fois rentré à la caserne, il va se mettre à avoir un comportement étrange, se goinfrant de toute nourriture passant à portée avant de prendre une douche au cours de laquelle il se grattera le front au point de s'écorcher, pour en ressortir titubant et prendre le large avec une démarche pour le moins spéciale. Pendant ce temps-là, Scott aura eu le temps de renouer quelques liens avec Jesse, nous permettant d'en apprendre plus sur leur passé commun, laissant ainsi le réalisateur essayer de rendre attachants ces deux protagonistes au final bien basiques et presque superficiels dans les sentiments évidents qu'ils éprouvent l'un pour l'autre.

ScourgeMais le hasard faisant bien les choses, le pompier contaminé va se rendre au match de hockey sur glace disputé par Scott le soir pour y retrouver Lydia, la petite amie officielle de Scott présente comme spectatrice et après avoir traversé l'aire de jeu d'une démarche encore moins assurée et provoquant quelques sourires, il va entraîner cette Lydia dans les vestiaires pour lui transmettre une vilaine créature qui sortira de sa bouche pour se glisser dans la ventre de son nouvel hôte par le nombril. Lydia changera alors à son tour peu à peu de comportement, délaissant Scott qui pourra la suivre se rendant dans un night-club où elle va également très vite trouver un nouvel corps pour la créature et lorsque ce sera fait, Scott se retrouvera suspecté de son meurtre puisqu'il sera le seul témoin de la mort graphique de sa petite amie qui vomira tripes et boyaux.

ScourgeScott ne trouvera rien de mieux à faire que d'aller se cacher chez Jesse, par ailleurs nièce du shérif, pour essayer de la convaincre de son innocence et lui demander de l'aider. Jesse sera évidemment au départ sceptique avant peu à peu de se mettre à croire à cette histoire invraisemblable à al vue des événements étranges se produisant dans la ville. L'intrigue n'inventera rien en plaçant cet innocent mais avancé comme "coupable idéal" au centre de l'action, tandis que la créature continuera de passer de corps en corps en provoquant diverses catastrophes souvent amusantes comme le saccage d'une galerie marchande en jouant sur la gloutonnerie grotesque des corps servant d'hôte et sur des tenues vestimentaires inadaptées pour sortir en public.

ScourgePar contre, le métrage jouera franchement la facilité pour laisser Scott et Jesse découvrir l'origine de la créature, laissant même Jesse aller rendre visite à une vieille femme membre de la famille ayant lutté contre la bête en 1871 qui, en plus de la recevoir sans problème, lui fournira toutes les informations au travers de grimoires et autres instruments en sa possession depuis des lustres, pour nous laisser appréhender cette histoire de démon quasiment immortel capturé et caché depuis dans les sous-sols de l'église ayant brûlé, démon devant transiter dans une série de corps humains pour grandir et arriver à maturité, ce qui pourra vaguement expliquer la boulimie des victimes.

ScourgeHeureusement, l'intrigue s'orientera vers l'action pour suivre l'enquête et la lutte des deux protagonistes contre cette créature, nous offrant au passage quelques petites surprises débouchant sur des situations assez prenantes (lorsque le shérif sera contaminé à son tour notamment) et graphiques, pour déboucher sur un dernier acte ouvertement loufoque lorsque Jesse draguera le nouvel hôte répugnant de la créature pour l'attirer dans un piège concocté avec Scott, mais l'intrusion carrément sous-exploitée de ce religieux traqueur de démons tombera complètement à plat pour bâcler un final du coup sans grande saveur et largement en deçà des attentes légitimes.

ScourgeA partir de cette idée sympathique de transformer l'extraterrestre de hidden en démon ressemblant quand même physiquement à n'importe quel "alien" tout en dents et en mandibules, l'intrigue se contentera hélas de ressasser des situations au fort goût de "déjà-vu", entre ces séquences impliquant les contaminés qui se comporteront n'importe comment et évidemment sans se soucier des autres ou des dégâts qu'ils peuvent commettre, et surtout cette bluette renaissante entre les deux personnages principaux qui demeurera téléphonée et sans envergure, ces protagonistes laissant le spectateur de marbre en n'arrivant pas à exister réellement à l'écran et surtout en n'obtenant pas la sympathie recherchée. En plus, le métrage se montrera elliptique quand cela l'arrangera et même les contaminés réagiront différemment au contact du démon, avec notamment un temps plus ou moins d'adaptation avant que la créature prenne définitivement le contrôle des faits et gestes de ses victimes.

ScourgeLes personnages principaux n'offriront donc que des personnalités basiques, laissant du coup les seconds rôles et notamment les victimes du démon être les seuls à paraître souriants et parfois même originaux, tel ce photographe ventripotent, pour ainsi véhiculer un humour largement souriant, tandis que l'ensemble bénéficiera d'une interprétation cohérente, le peu de charisme de Nic Rhind qui interprétera Scott sera compensé en partie par la toute mignonne Robyn Ledoux. La mise en scène de Jonas quastel, auparavant auteur de Ripper 2 est adaptée pour suivre l'action de près tout en parvenant à dynamiser ses séquences. Les effets spéciaux sont largement probants, aussi bien pour l'animation de al créature qui restera invisibles et bluffantes, que pour quelques effets gores graphiques et volontaires, comme cette mâchoire littéralement arrachée d'un coup de poing.

Donc, ce Scourge se suivra facilement grâce à un humour de situation contrastant avec le séreux de l'intrigue et par sa volonté graphique avérée !

ScourgeLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate avancera une image nette et sans défaut, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale dynamique et adaptée, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise avec des sous-titres optionnels et anglais et en espagnol.
Par contre, au niveau des bonus, il faudra se contenter de la bande-annonce du film, suivie par celles de quelques autres titres variés de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette créature démoniaque, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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18.08.09

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Delirium

Juste avant son extravagant Black magic rites, le réalisateur italien Renato Polselli imposait déjà une bonne dose de délire nonsensique dans ce bien nommé Delirium pour nous livrer une œuvre inclassable, oscillant entre le "giallo" et l'érotisme, qui connut en plus plusieurs montages différents selon ses pays d'exploitation, avec notamment une version américaine incluant un traumatisme hérité de le guerre de Vietnam pour justifier les exactions d'un personnages principal tourmenté sexuellement.
Le script va suivre les crimes commis par un criminologue aidant par ailleurs la police à enquêter sur ces meurtres, mais bientôt suspecté, il va se rendre compte qu'un second assassin rôde et tue selon les mêmes méthodes que lui.

DeliriumDès sa première séquence le métrage va avancer son personnage principal, Herbert Lyutak, accoudé au comptoir d'un bar et visiblement plus qu'intéressé par une demoiselle court vêtue qu'il s'arrangera pour approcher en lui proposant de l'emmener au night-club où elle devrait rejoindre ses amis contactés par téléphone. Ce sera donc sous le regard suspicieux du barman que notre homme va quitter les lieux en charmante compagnie mais, au lieu de prendre la route de la boîte de nuit, il va quitter la ville pour aller s'isoler près d'une rivière et après avoir traqué sa victime, il va pouvoir la dénuder, la violenter et l'étrangler.

DeliriumCette séquence d'introduction sera largement efficace, troublante par l'attitude de cet Herbert grimaçant de plus en plus puisqu'il ne pourra pas s'empêcher de lorgner copieusement vers les jambes de la demoiselle l'accompagnant, au point de l'effrayer définitivement. La scène de meurtre sera brutale mais sans exagération pour continuer de bien affirmer la névrose du personnage hystérique dans son comportement. Ensuite, l'intrigue va laisser deux inspecteurs de police scruter les clichés pris sur les lieux du crime vu juste auparavant, indiquant qu'il s'agit du septième suivant le même mode opératoire, tandis que nous allons retrouver Herbert chez lui s'apprêtant à sortir en trouvant un prétexte bidon auprès de sa charmante épouse, Marcia, pour aller dans son bureau cacher quelque chose dans un petit coffre situé sur une cheminée. Mais Marcia aura suivi toute la scène et dès que son mari aura le dos tourné elle ira fouiller pour retrouver une chemise tachée de sang roulée en boule dans sa cachette.

DeliriumPendant ce temps-là, Herbert se sera rendu auprès des deux policiers pour les aider par son métier de criminologue, mais l'arrivée du barman de l'introduction va changer quelque peu la donne puisqu'il va devra justifier sa présence dans le bar le soir du meurtre et surtout mentir en expliquant qu'il a laissé la demoiselle assassinée vivante devant le night-club et non morte près d'une rivière. De par sa position, la police le croira, surtout que peu après nous allons suivre une nouvelle séquence de meurtre, une demoiselle réfugiée dans une cabine téléphonique finira étranglée lors d'une scène hélas peu convaincante car trop théâtrale, et Herbert étant en compagnie des inspecteurs en moment de ce nouveau crime, la moindre suspicion contre lui sera de fait levée.

DeliriumEnsuite l'intrigue va suivre parallèlement cette enquête policière quelque peu superficielle et biscornue avec notamment la présence d'un autre suspect ridicule et bien empressé de se mêler de ce qui ne le regarde pas, et les relations troubles entre ce Herbert ayant bien du mal à refreiner ses pulsions et son épouse Marcia qui l'aimera au point d'accepter tout et n'importe quoi, laissant au passage le réalisateur nous gratifier d'une petite séance de sadomasochisme. Renato Polselli pourra alors se livrer à de nombreuses séquences délirantes, aussi bien lors de cauchemars érotiques et violents de Marcia (toujours sur fond de domination et de plaisirs sexuels saphiques) que pour suivre des rebondissements improbables mais ô combien décapants et hystériques comme lors d'un final hallucinant malgré une certaine opacité.

DeliriumPar contre l'intrigue ne pourra pas longtemps espérer demeurer mystérieuse et cacher l'identité du second assassin, tant les pistes offertes seront trop grossières (avec ce suspect relâché mais continuant à fouiner dans l'entourage d'Herbert) pour ainsi désigner d'office l'autre coupable dont les motifs seront mêmes clairement avancés tôt dans le métrage. Mais cela ne sera pas grave, tout comme les ficelles éculées utilisées lors de l'enquête biscornue au possible dans ses situations pour espérer créer une tension (comme par exemple cet appât tendu au tueur) qui arrivera sporadiquement à se montrer efficace, notamment grâce à la personnalité tourmentée du personnage principal imprévisible dans ses réactions face à la gente féminine qui sera ici toujours affriolante et portant des mini-jupes dévastatrices.

DeliriumL'érotisme sera d'ailleurs bien présent, non pas pour suivre de quelconques ébats, mais plutôt pour dénuder les jeunes et charmantes actrices (avec une obsession pour les jambes largement scrutées par la caméra) même lors des séquences de mise à mort (devenant même parfois légèrement sulfureux lorsque Herbert s'attaquera à des proies mineures dont le réalisateur s'empressera de filmer le physique en gros plans, ou encore en sous-entendu grassement l'amour charnel porté par la nièce de Marcia à celle-ci qui écaltera lors du final du métrage), et avancer des détails inutiles mais volontaires (la domestique du couple se masturbant sans raison évidente), mais ce seront les rêves de Marcia qui offriront au film ses passages les plus osés en étant largement graphiques et généreux dans une ambiance toujours déchaînée.

DeliriumLes personnages seront bien entendu largement travaillés, avec en tête ce Herbert qui offrira une personnalité trouble et obsédée sexuellement alors qu'il n'arrivera pas à satisfaire son épouse du coup encore vierge, mais dont la folie sera parfaitement retranscrite et donnera de l'ampleur à l'ensemble pour ainsi justifier le film à lui seul, tandis que son épouse Marcia sera elle aussi dérangeante dans sa servitude aveugle poussée à l'extrême, laissant de fait les autres protagonistes rester en retrait pour tout au plus apporter un peu plus d'excentricité et de folie.

DeliriumL'interprétation est ici convaincante, portée par Mickey Hargitay dont le faciès se prêtera à merveille à toute une série de grimaces diaboliques exagérées, tandis que Rita Calderoni offrira son charme indéniable, accompagnée par toute une série d'actrices au physique engageant. La mise en scène de Renato Polselli est à l'image du métrage, trouble, étrange et non conventionnelle pour participer activement à rendre ses situations délirantes. Très peu porté sur un aspect sanglant presque absent, le métrage n'utilisera que quelques petits effets spéciaux sommaires vite expédiés.

Donc, ce Delirium portera bien son nom pour nous offrir une séance de cinéma nonsensique décapant, volontaire jusqu'à l'extrême mais pas frocément accessible à tous !

DeliriumLe DVD de zone 1 édité par Anchor Bay avancera une image plutôt nette mais perdant quelque peu ses détails lors des séquences se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale décalée excellente, le métrage étant ici proposée dans sa version originale italienne sous-titrée en anglais pour le montage international et uniquement en anglais pour le montage américain. Car en effet, le principal bonus de cette édition sera la présence du montage américain, devenu très rare, et qui offrira une direction complètement différente au film, en présentant des séquences additionnelles en introduction pour sous-entendre que le trauma du personnage principal lui vient de la guerre du Vietnam, tandis qu'un personnage en plus sera présent (et finira mal pour une scène annonçant le Black Christmas de Bob Clark) et que le final différera complètement. Mais on pourra aussi suivre une interview croisée de Renato Polselli et de Mickey Hargitay qui reviendront sur le métrage, sur les différentes versions du film et sur la censure dont il fut victime.

Delirium
Delirium

Pour ceux qui voudraient découvrir cet assassin perturbé au sein d'une intrigue délirante, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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17.08.09

08:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Very bad trip (The hangover)
Réalisateur : Todd Phillips
Durée du film : 1h30
Date de sortie en salles : 24 juin 2009

Par Nicofeel

Réalisé par Todd Philips, auteur du récent long métrage sur Starsky et Hutch, Very bad trip (The hangover de son titre original) n'augurait rien de bon. D'autant que le film semblait vouloir surfer avec un pitch de base et un titre ressemblant étrangement au film Very bad things.
En effet, on se retrouve ici avec trois copains et le frère de l'un d'entre eux qui décident de se rendre à Las Vegas afin d'enterrer la vie de célibataire d'un des copains. Se rendant dans un hôtel, les copains boivent ensemble un coup et puis subitement c'est le trou noir... Les copains ne se souviennent plus de la soirée qu'ils ont passé. Et puis ils ont perdu leur copain qui est censé se marier.
Eh bien jusqu'à ce moment du réveil, le film a tout de la comédie américaine bien calibrée, à destination des adolescents. On se dit alors que l'on va avoir droit à un film du style de Mec, elle est où ma caisse. Eh bien pas du tout ! Very bad trip surprend en bien et c'est peu de le dire.
Very bad trip enchaîne les situations les plus absurdes à un rythme d'enfer. Et puis cerise sur le gâteau le film ne se contente pas de faire rire le spectateur. Very bad trip a le mérite de faire dans le politiquement incorrect. Dans ce film, on a même droit à une critique de notre société contemporaine. Tout le monde, à des degrés divers, en prend pour son grade.

Les blagues du film sont parfois d'un goût douteux (le frère attardé qui fait croire à ses camarades que le bébé qu'ils ont récupéré est en train de se masturber) mais elles ne peuvent pas laisser indifférents. A partir du réveil des personnages le film ne cesse d'aller de l'avant.

Le scénario est d'ailleurs astucieux car on apprend que progressivement ce qui s'est réellement passé. Ce n'est que par petites touches que l'on comprend ce qui a eu lieu lors de cette soirée. C'est en fait au même moment que les personnages du film que des explications nous sont délivrées. Encore que, pour pouvoir remettre en place toutes les pièces du puzzle, il faudra attendre la fin du film.

Certaines scènes sont vraiment incroyables. Le coup du tigre que l'on retrouve dans la salle de bain est énorme. Les personnages vont être obligés d'endormir le tigre et de le ramener à son propriétaire qui n'est autre que Mike Tyson ! Le caméo de Mike Tyson dans sa villa donne lieu à une scène vraiment hilarante. Ce qui est appréciable dans ce film c'est que ces scènes pourtant peu croyables pourraient arriver à n'importe qui. Nos protagonistes n'ont rien de héros. Ce sont simplement des hommes qui ont dérapé à un moment donné et qui voient les événements les plus défavorables s'enchaîner contre eux.
La découverte du bébé est également tout aussi surprenante que celle de l'apparition du tigre.

Mais le film n'est pas qu'une débauche de gags. C'est également l'occasion pour le cinéaste de se livrer à une critique de notre société contemporaine.

Ainsi, les policiers sont loin d'être idéalisés. La démonstration du tazer évoque sans vergogne l'idée selon laquelle certains policiers abusent du pouvoir qui leur a été confié. De plus, l'incompétence des policiers est également manifeste avec nos protagonistes qui n'ont aucun mal à s'emparer d'une voiture de police.

Very bad trip se permet également de se montrer le racisme qu'il peut y avoir entre américains et asiatiques. Le chef de gang asiatique passe vraiment pour un guignol lorsque dans une scène hallucinante, il sort nu du coffre d'une voiture. Ce même chef, qui est décrit comme un homosexuel notoire, n'hésite pas quant à lui à se moquer de notre joyeuse équipe qui apparaît vraiment comme stupide (voir à ce sujet la scène de l'échange d'une somme d'argent contre un prisonnier qui n'est pas leur copain disparu !).

Enfin, le puritanisme des américains est battu en brèche. On voit que sur ce point le réalisateur s'est bien fait plaisir. L'épouse du dentiste est véritablement détestable, prenant son mari pour un gentil toutou et lui empêchant de faire ce qu'il veut. Ce dernier doit se conformer à un rythme de vie bien déterminé. Le plus étonnant dans le film est certainement le fait que le cinéaste réussit à rendre plus noble et plus sympathique une jeune femme strip-teaseuse que va épouser (pendant cette nuit) le dentiste par rapport à l'épouse de ce dernier. Les normes sociales ont sans conteste explosé à ce moment. Et puis le cinéaste nous montre bien que l'amour est plus important que tout, la condition sociale ne signifiant pas tout. A ce moment, on peut penser que Todd Philips s'est servi comme modèle du sublime et touchant Embrasse-moi idiot de Billy Wilder.
Et puis il y a vers la fin du film une scène mémorable où le garçon employé pour chanter lors du mariage se met à faire des phrases autour du sexe. On est carrément surpris de trouver autant de propos crus sur le sexe dans un film américain. La chanson en elle-même est hilarante. Mais ce n'est pas encore fini.
L'apothéose intervient lors du fabuleux générique de fin qui est hilarant. Sur la musique énergique du groupe Flo-Rida (Right round), on a droit à des photos qui nous montrent ce qui s'est passé lors de cette mémorable soirée. Tout y passe : moment très rapproché avec des strip-teaseuses, vol d'un tigre, situations obscènes, etc.

Terminons en disant que Very bad trip ne serait pas aussi réussi sans le talent de ses acteurs principaux qui jouent parfaitement les monsieur-tout-le-monde qui doivent affronter des épreuves pour le moins peu conventionnelles.

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14.08.09

08:15:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Sick nurses

Petit délire sans prétention nous venant de Thaïlande, ce Sick nurses va appliquer sur une intrigue basique de vengeance fantomatique un traitement décomplexé, aussi humoristique que saignant pour un résultat très sympathique bien que quelque peu superficiel et ne pouvant jamais espérer provoquer l’effroi du spectateur par un manque de crédibilité heureusement en majeure partie assumé.
Le script va suivre la vengeance d’une infirmière tuée par ses collègues dirigées par le médecin de leur service alors qu’elle les menaçait de dénoncer leur trafic de corps humains.

Sick nursesDans sa première séquence, le métrage va rapidement revenir sur le triste sort de Tawan, assassinée par ses collègues infirmières sous les yeux complices du docteur Taa parce qu’elle voulait rendre public leur commerce illégal de cadavres, devenant de la sorte elle-même le prochain objet d’échange aussitôt vendu. Cette introduction, au goût d’inachevé comblé par la suite, sera plutôt efficace pour mettre en condition le spectateur en étant gentiment macabre dans les préparatifs du cadavre, tout en laissant quelques interrogations en suspens au travers de rapides plans intrigants qui dénoteront déjà du manque de linéarité de l’intrigue à venir.

Sick nursesEn effet ensuite la présentation des principaux personnages se fera de manière complètement désordonnée avec des séquences très courtes et sans raccord francs pour mettre en avant ces infirmières sexys désoeuvrées et surtout leurs travers avancés de façon excessive et souriante, insistant ainsi sur l’anorexie boulimique de l’une d’elles de manière graphique et répugnante, tandis que l’excès de coquetterie d’une autre sera singée abusivement ou que deux lesbiennes joueront à se photographier avec leurs téléphones portables dans un élan sensuel, le tout déroulé sur un ton léger et amusant, parfois même volontairement grotesque, mais assurant toujours un spectacle sexy bien en phase avec le fantasme masculin représenté par le mythe de l’infirmière.

Sick nursesPendant ce temps-là, le docteur Taa se sera absenté pour se rendre au rendez-vous fixé sept jours après le meurtre de Tawan afin de vendre le corps conservé dans de la glace dans son coffre de voiture, laissant les demoiselles, seules dans un hôpital apparemment déserté de tout patient, vaquer à leurs occupations tout en jouant à se faire peur avec une légende impliquant la venue du fantôme de leur victime qui pourrait revenir se venger au soir du septième jour suivant sa mort, ce qui bien entendu va se produire. C’est ainsi que chacune des jeunes femmes va rencontrer le spectre de Tawan au cours de scènes jamais flippantes mais assez réussies visuellement pour proposer des idées assez folles (le shampooing aux cheveux du fantôme par exemple) mais qui pourront déstabiliser car au lieu de suivre la destinée de chacune d’entre elles séparément, le métrage va s’attacher à suivre conjointement et chronologiquement les événements.

Sick nursesNous suivrons donc au sein d’une première partie assez modérée et inoffensive les différentes apparitions du fantôme de Tawan, présenté sous une déclinaison originale des traditionnels spectres asiatiques aux cheveux noirs et longs lancé par Ring, mais sans que ces séquences n’aboutissent, annihilant tout effet de suspense et faisant régulièrement retomber le début de tension installé en revenant à chaque fois au ton léger prolongeant la mise en condition des protagonistes. Mais malgré cela, cette phase du film restera largement intéressante surtout qu'elle approfondira l'intrigue en présentant de nouveaux éléments éludés lors de l'entame et venant donner un peu de consistance à l'ensemble tout en expliquant certains détails et les motivations de chacun.

Sick nursesMais il faudra attendre que les différentes situations exposées s'entrechoquent pour que le métrage décolle véritablement et devienne jouissif et débridé dans une série de séquences sanglantes aussi graphiques qu'originales pour suivre les sévices infligés aux différentes infirmières qui seront surtout amenées à s'automutiler, le fantôme de Tawan ne frappant pas directement mais prenant possession d'une partie du corps de ses victimes (bien souvent les bras) pour les obliger à se faire subir diverses atrocités graphiques et souvent en liaison avec les travers exposés (l'une d'elles mangera aussi bien des mégots que des résidus humains, tandis qu'une autre avalera des lames de rasoir, se sectionnant carrément la mâchoire avant qu'un dernier outrage ne vienne la finir), mais aussi littéralement horrifiques, avec cette autre demoiselle qui découpera en morceaux son amie anesthésiée.

Sick nursesLes éléments avancés offriront à l'intrigue un petit twist final certes anticipable mais bien agencé et porteur d'une certaine perversité évasive mais bien réelle en faisant preuve d'une belle immoralité pour peu de prendre le temps de bien reconsidérer chacun des événements et de sonder un des protagonistes, ce qui tranchera largement avec le côté quand même superficiel laissé jusqu'alors par un ensemble plutôt porté sur son caractère déraisonnable et débridé, pour de la sorte nous fournir tous les renseignements nécessaires pour appréhender chacun des aspects de l'intrigue voulus par les deux réalisateurs thaïlandais.

Sick nursesLes personnages resteront bien évidemment stéréotypés pour une outrance jouissif et sexy même si l'ensemble n'ira jamais loin dans l'érotisme (même l'obligatoire séance de douche se fera habillée) pour préférer s'attarder sur les décolletés ou les fessiers des ravissantes actrices, tandis que le docteur, malgré son peu de temps de présence à l'écran, offrira son lot de perversion et de manipulations. Hélas, l'interprétation surjouée plombera la crédibilité globale du film, avec des demoiselles certainement choisies en fonction de leur physique et non de leur talent devant la caméra. La mise en scène du duo de réalisateurs est efficace, dynamique et efficiente pour créer une atmosphère surréaliste en jouant avec une photographie adéquate et des couleurs tour à tour vives ou fades adaptées. Les effets spéciaux sont probants pour avancer des plans saignants volontaires et parfois même très graphiques, avec juste ces inserts numériques qui resteront visibles, tandis que le maquillage du spectre sera réussi.

Donc, ce Sick nurses offrira un spectacle enjoué et souriant, volontaire et sans prétention dans un délire régulièrement jouissif !

Sick nursesLe DVD de zone 1 édité par Magnolia Home Entertainment avancera une image nette et exempte de tout défaut, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale adaptée et dynamique, le métrage étant ici proposé dans sa version originale thaïlandaise ou dans sa version anglaise, avec dans tous les cas des sous-titres anglais optionnels.
Au niveau des bonus, seul un petit making-of, laissant quasiment exclusivement la parole aux réalisateurs et aux différentes actrices qui reviendront sur leur prestation, sera disponible, accompagné par les bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette vengeance sexy et sanglante, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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12.08.09

07:55:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Vendredi 13
Vendredi 13

Alors que la vague de remakes et autres suites continue d'accaparer une bonne partie de la production horrifique américaine, il n'y a rien d'étonnant à ce que la franchise des Vendredi 13 et son boogeyman attitré Jason Vhoorhees soient à leur tour revisités pour redonner vie une fois encore au tueur de Crystal Lake sous l'impulsion de Marcus Nispel qui nous avait déjà gratifié de la très bonne surprise qu'avait été le remake de Massacre à la tronçonneuse. Le métrage, après un passage en salles obscures en février dernier où il a drainé 129 500 spectateurs, arrive en DVD et en Blu-ray à partir du 11 août sous la houlette de Paramount.

Vendredi 13

Le script, piochant notamment dans les deux premiers volets de la franchise, va laisser Jason Voorhees, un petit garçon difforme, assister à la décapitation de sa mère psychopathe. Donné pour mort, il déambule dans la région abandonnée de Crystal Lake. Au fil des années, il acquiert une force surhumaine et une rage aveugle envers tous les adultes. Aujourd'hui, un groupe d'adolescents décide de passer un week-end près du lac, et vont déclencher la folie meurtrière de Jason.

Vendredi 13

D'après les avis recueillis, Marcus Nispel aurait, malgré les écueils placés sur sa route, réussi à nous gratifier d'un "slasher" respectueux du matériau d'origine tout en étant très "fun", avec notamment des répliques d'une stupidité volontaire d'anthologie, tandis que l'intrigue offrirait presque une synthèse de la franchise tout en forçant quelque peu la dose sur les plans érotiques ou sanglants, mais sans aller trop loin et en laissant le boogeyman commettre même quelques meurtres en hors-champ, le tout sur un rythme vivifiant, mais avec pour seuls petits bémols une image trop nette et léchée ne retrouvant pas l'aspect 80's et un jason Vhoorhees manquant de charisme à l'écran !

Vendredi 13

Le DVD édité par Paramount avancera une image en 2.35 (16/9 anamorphique) et proposera le film dans sa version française et anglaise en DD5.1 avec des sous-titres optionnels. Au niveau des bonus, on pourra visionner quelques scènes alternatives, un making-of et un module revenant sur les méfaits de Jason au travers des effets spéciaux utilisés pour le film. L'édition Blu-ray du film proposera une image en 2.40 (16/9) et la bande-son en français en DD5.1, laissant seulement la version anglaise avec sous-titres optionnels bénéficier du DDTHD5.1. En ce qui concerne les bonus, outre ceux présents sur le DVD, on pourra rejoindre directement aux sept meilleures scènes du métrage et accéder en PIP à toute une série d'anecdotes sur la franchise.

Vendredi 13

Donc, c'est à partir du 11 août que nous allons pouvoir nous replonger dans le mythe de Jason Vhoorhees grâce au DVD ou au Blu-ray de ce remake quand même largement attendu par les fans de la saga !

Vendredi 13

Vendredi 13 (2009)

Vendredi 13 (2009)
Amazon à 9.7€
Fnac à 12.19€
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Vendredi 13 (2009) - (Blu-ray)

Vendredi 13 (2009) - (Blu-ray)
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10.08.09

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Spider baby

Réalisé par le grand Jack Hill, ce Spider baby bénéficia d’un statut de "film-culte" amplement mérité tant le métrage, outre sa sincérité communicative pour manier aussi bien l'effroi que l'humour noir, aura une incidence sur toute une partie de la production horrifique à venir avant d'être remis au goût du jour par Rob zombie dans ses deux premiers méfaits.
Le script va s'intéresser aux derniers descendants d'une famille de dégénérés cannibales souffrant d'une maladie rare qui vont se retrouver aux prises avec des héritiers peu scrupuleux voulant les chasser de leur demeure.

Spider babyAprès un générique magnifique imprimé d'une chanson magnifique et entraînante interprétée par Lon chaney Jr lui-même, le métrage va laisser un homme tranquillement installé dans un fauteuil évoquer le "syndrome de Merrye", une maladie très rare provoquée vraisemblablement par la consanguinité qui provoque une dégénérescence progressive du cerveau et un retour à l'état animal de ceux qui en sont atteints. Heureusement, ce syndrome sera décrété comme disparu avec l'extinction de la famille Merrye qui en souffrit et dont ce narrateur va nous raconter les dernières heures pour remonter une dizaine d'années en arrière, lançant ainsi véritablement le métrage comme un long flash-back.

Spider babyC'est ainsi que nous allons commencer par suivre un postier débonnaire parti à la recherche de la maison des Merrye, guère aidé par les personnes croisées sur son chemin qui vont paraître effrayées en entendant le nom de la destination de l'homme, mais finalement il va réussir à se débrouiller tout seul pour arriver devant cette bâtisse sinistre et guère engageante. L'intrigue présentera cette demeure sous un aspect gothique à cette demeure avec par exemple ce portail grinçant et s'ouvrant tout seul, laissant le postier monter les marches craquantes et héler un éventuel habitant dans une ambiance relativement tendue jusqu'à ce que, se penchant par une fenêtre, il voit débouler de l'intérieur une demoiselle hystérique jouant au jeu de "l'araignée" et lui jetant une sorte de toile sur la tête. Ce qui prêterait à sourire si ensuite cette jeune femme ne s'était pas armée de couteaux pour frapper à de nombreuses reprises le pauvre homme qui perdra même une oreille.

Spider babyCette tigresse, prénommée Virginia, se fera alors houspillée par sa sœur Elizabeth qui la laissera craindre le retour de Bruno, qui arrivera bientôt et sera présenté comme étant le chauffeur de la famille ayant à sa charge ces deux demoiselles mais dont il semblera tolérer de telles incartades en se contentant de sermonner Virginia, lui interdisant à l'avenir de jouer au jeu de "l'araignée" avant de laisser sortir de son véhicule Ralph, le troisième fils du patron de Bruno, un être presque difforme au comportement quasiment animal et plus particulièrement canin qui paraîtra intéressé par le cadavre du postier mais trouvera la lettre qu'il leur amenait, courrier qui annoncera l'arrivée le jour même de lointains cousins et de leur avocat.

Spider babyCette nouvelle mettra tout ce petit monde en branle pour faire disparaître les traces du meurtre du postier, Virginia ramassant l'oreille coupée pour la conserver amoureusement dans une petite boîte tandis que le cadavre sera descendu dans une cave secrète pour être jeté en pâture aux mystérieux oncle Ned et à la tante Clara. Cette présentation des personnages principaux sera largement attractive, arrivant même presque à rendre ces trois dégénérés attachants malgré leurs travers macabres et violents, mais ce sera ce chauffeur, Bruno, qui gagnera la sympathie du spectateur, ayant promis au père de ceux-ci sur son lit de mort de protéger ses enfants et qui donc s'occupera d'eux de son mieux en essayant de limiter la "casse".

Spider babyCette sympathie pour ces personnages sera encore accrue quand débarqueront ces cousins éloignés, Emily et Peter, et cet avocat détestable accompagné par sa charmante assistante Ann, puisque ces intrus dans l'univers des Merrye seront globalement présentés sous un jour peu reluisant, entre cet avocat dédaigneux et sûr de lui dans une attitude inquisitrice et cette Emily dont l'appât du gain constitué par la maison sera tout de suite identifiable en plus de laisser apparaître sa mesquinerie, laissant ainsi seul ce Peter se montrer aimable et charmant. Mais bien entendu la rencontre entre ces deux mondes va être explosive et Bruno aura autant de mal à préserver les secrets de la famille Merrye qu'à refreiner les pulsions des trois rejetons.

Spider babyL'intrigue réussira aisément son savant dosage de terreur et d'humour, en s'appuyant aussi bien sur ses protagonistes que sur l'ambiance et les décors pour surprendre constamment le spectateur. Déjà la maison des Merrye recèlera son lot de surprises, entre les habitants de la cave, les découvertes macabres faites dans les chambres ou encore la présence de ces araignées très envahissantes mais choyées par Virginia qui se prendra elle-même pour un arachnide. Ensuite, chaque personnage apportera sa contribution à cet humour souvent noir qui traversera le métrage sur sa longueur pour nous livrer des séquences largement souriantes, tel cet avocat citant les lois le protégeant lorsqu'il se fera attaqué, et d'une manière générale, les dialogues fourmilleront de clins d'œil (deux protagonistes ne parleront-ils pas des films d'horreur mettant en scène la momie ou le loup-garou en présence de Lon Chaney Jr ?) et de sous-entendus amusants mais également parfois plus glauques lorsqu'il s'agira d'évoquer l'inceste ou le cannibalisme.

Spider babyMais l'intrigue en elle-même nous réservera également quelques situations brillantes, comme ce repas incroyable et appelé à rester dans les mémoires ou encore la fureur et la férocité inouïe avec laquelle les deux sœurs vont s'attaquer aux intrus, tandis que d'autres séquences seront plus langoureuses et troubles, comme lorsque Virginia tentera de séduire un Peter attaché au cours d'un nouveau jeu de "l'araignée" qui lui aussi sera au final bien surprenant. Et cette succession de péripéties fluides, arrivant même à présenter l'arrivée des cousins comme un viol de l'intimité de la famille Merrye, donnera une force évidente au propos du film qui trouvera sa justification lors d'un final rendue terriblement douloureux mais hélas inéluctable.

Spider babyLes personnages joueront un rôle plus qu'important dans la réussite du film, et notamment les membres du clan Merrye, entre la troublante Virginia qui sera la plus violente et certainement la plus dérangée dans son obsession des araignées, au point de les avaler et de vouloir agir comme elles, Elizabeth qui si elle semblera plus effacée sera également plus vicieuse pour essayer de discréditer sa sœur, et enfin ce Ralph animal et au physique détonnant aura de quoi faire frémir mais aussi sourire, laissant de fait la palme de l'émotion revenir au chauffeur, Bruno, qui dans sa droiture à respecter un engagement pris sera témoin et acteur dans le drame à venir. Face à ces personnalités fortes, les autres protagonistes auront du mal à les surclasser, cet avocat puant sera juste comique tandis que la bluette naissante entre Peter et Ann n'apportera pas grand-chose, si ce n'est de pouvoir fournir le clin d'œil final.

Spider babyL'interprétation est largement convaincante, portée par un Lon Chaney Jr excellent, sincère et chargé en émotions qu'il parviendra facilement à nous communiquer, tandis que Sid Haig offrira son physique particulier à Ralph, pour laisser le soupçon d'érotisme revenir à Carol Ohmart qui se promènera une partie du métrage en tenue affriolante tandis que Jill Banner nous offrira une Virginia troublante et démentielle. La mise en scène de Jack Hill est efficace, adaptée pour avancer ses surprises et autres retournements de situations tout en parvenant à garder un rythme constant même lors des nombreuses séquences de dialogues.

Donc, ce Spider baby devrait sans mal s'attirer une immense sympathie de la part de ses spectateurs grâce à son humour accompagnant ses situations horrifiques dans une ambiance excellente !

Spider babyLe DVD de zone 1 édité par Dark Sky films avancera une image incroyablement nette dans un noir et blanc somptueux et débarrassé du moindre défaut d'origine, tandis que la bande-son sera probante, avec une partition musicale adaptée et dynamique, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise avec des sous-titres anglais optionnels.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un documentaire revenant sur la genèse et la production du film en laissant intervenir aussi bien le réalisateur que certains acteurs et membres de l'équipe technique pour un condensé d'anecdotes passionnantes, un autre petit module reviendra sur la musique du film et son auteur Ronald Stein, pour laisser ensuite Jack Hill revenir sur les lieux du tournage pour une petite visite anecdotique des extérieurs de la maison des "Merrye" tandis qu'une ouverture alternative et une scène rallongée viendront se rattacher au métrage, avec également une conséquente galerie de photos du film et de son tournage.

Spider baby
Spider baby

Pour ceux qui voudraient découvrir ce film inestimable, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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07.08.09

07:20:00, Catégories: Test / Critique, Test de commande  

par Nicore

Byleth

Oscillant entre fantastique, "giallo" et romantisme érotique, ce Byleth osera affronter de face un des derniers tabous modernes, l'inceste entre frère et sœur, pour une intrigue hélas n'allant pas au fond de ses thématiques pour du coup laisser quelque peu le spectateur sur sa faim.
Le script va faire coïncider une série de meurtres avec le retour dans sa propriété de la sœur du duc Lionello, ce dernier étant profondément amoureux d'elle.

BylethDans sa séquence d'introduction plutôt prometteuse malgré son aspect classique, le métrage va avancer un premier meurtre, celui d'une prostituée que nous aurons auparavant eu le temps de découvrir en plein ébat avec un client se gaussant de l'abstinence de sa femme légitime, cette demoiselle va donc ensuite recevoir une visite d'un inconnu la poignardant au cou sans autre forme de procès, laissant le réalisateur illustrer à sa manière le "giallo" avec son assassin filmé en caméra subjective et portant des gants noirs suivant en gros plan la souffrance puis la mort de la victime, sans pour autant faire preuve de la moindre violence et surtout en demeurant bien timoré puisque le crime se fera en hors-champ.

BylethEnsuite, après un splendide générique fait de peintures démoniaques, le métrage va laisser les autorités évacuer le corps de la prostituée sous le regard de la foule parmi laquelle on découvrira le personnage principal du métrage, le duc Lionello assistant à la scène du haut de son cheval blanc. A peine rentré dans son domaine, il sera averti de l'arrivée de Barbara, une jeune femme qu'il se dépêchera de rejoindre dans sa chambre pour une accolade passionnée et émue avant d'aller ensemble se promener dans le parc, Barbara lui racontant son voyage d'une année au travers de l'Italie pour ensuite réserver une surprise au spectateur qui apprendra que Lionello et Barbara sont frère et sœur, alors que leur comportement pouvait largement laisser à penser qu'ils étaient amants. Mais ce ne sera pas tout puisque Barbara va également annoncer à son frère qu'elle s'est mariée, ce qui plongera Lionello dans une fureur noire suivie d'une tristesse incommensurable.

BylethPassées ces présentations, la première partie va s'attacher à suivre l'évolution du comportement de Lionello, bien obligé de composer avec la présence de Giordano, le mari de Barbara (un homme largement plus âgé qu'elle qui tentera de sympathiser avec lui), pour bien mettre en avant ses tourments et ses attitudes troubles, entre ses divagations érotiques dans lesquelles il se voit faire l'amour à sa sœur, son agressivité démesurée envers Giordano lors d'une partie d'escrime qui manquera de mal tourner, quand il ne se montrera pas voyeur pour épier les ébats de leur servante avec le majordome dans une grange, ce qui ne semblera pas l'exciter plus que cela mais au contraire le dégoûter. Ce tempérament de voyeur sera par ailleurs remis en avant lorsque ce sera Barbara et Giaordano dont Lionello espionnera l'intimité.

BylethMais cela n'empêchera pas le métrage d'avancer bientôt un autre meurtre se rapprochant du duc, puisque ce sera comme par hasard la servante qui sera assassinée en pleine nuit alors qu'elle dormait nue dans sa chambre, toujours avec cette même arme (qui restera floue et jamais montrée clairement) spéciale possédant trois lames pour une nouvelle séquence héritée du "giallo" toujours aussi avare en effets sanglants mais présentant un érotisme sensuel. Le juge local interrogera même Lionello sans en tirer grand-chose, mais ce sera lorsque Giaordano décidera de faire venir sa cousine au domaine dans l'espoir de détourner Lionello de Barbara et donnera une réception que l'élément fantastique va se "matérialiser".

BylethEn effet, un prêtre présent dans l'assistance va évoquer la possibilité d'avoir affaire à un meurtrier possédé par un démon nommé "Byleth" qui a pour particularité de faire vivre ses victimes dans l'inceste et de leur faire assassiner des jeunes femmes en apparaissant toujours sur un cheval blanc… Beaucoup de coïncidences frappantes avec Lionello, surtout qu'en plus nous apprendrons bientôt que son père pratiquait la sorcellerie et que le jeune homme avait évoqué le nom de "Byleth" lors d'une crise dans son enfance. Cela entraînera un dernier acte quelque peu confus notamment lors de la séquence finale bâclée et aucunement explicative, tandis que même les sentiments de Barbara envers son frère demeureront plus troubles que jamais.

BylethHélas, malgré les thématiques assez fortes proposées par le métrage, jamais le réalisateur n'arrivera véritablement à donner de l'ampleur à ses situations, même lors des "jeux" limites de Barbara et de son frère qui symboliseront cet inceste forcément interdit et mis en avant de manière plutôt romantique en présentant les peines endurées par Lionello dans son amour impossible. L'aspect "giallo" du métrage sera quant à lui très superficiel pour ces quelques meurtres rapides et uniquement quelque peu savoureux pour cet érotisme charmant, surtout que l'intrigue ne jouera pas franchement sur l'ambiguïté quant à l'identité du meurtrier. L'apport de l'élément fantastique avec ce démon qui donnera son nom au film restera également minime et plutôt brumeux, nous gratifiant certes de quelques scènes presque oniriques lors des apparitions de ce démon à visage humain chevauchant son cheval blanc près de Lionello, mais jamais nous ne saurons si ces apparitions sont issues de son imagination délirante ou non.

BylethPar contre, l'érotisme sera très présent, dès l'introduction, pour ne jamais hésiter à dévoiler les charmes d'actrices adorables et les laisser participer à quelques ébats qui ne seront jamais vulgaires ou ouvertement scabreux pour paraître même plutôt stylisés avec une sensualité exacerbée sans racolage inutile dans ce contexte, même lors des dérives mentales de Lionello où il apparaîtra en compagnie de sa sœur en pleine action, tandis que les visions de demoiselles nues et envoûtantes qui viendront aguicher et perturber un peu plus le personnage principal déjà bien préoccupé seront certes gratuites mais très agréables à suivre.

BylethLes personnages seront bien travaillés et bénéficieront d'une interprétation largement convaincante, aussi bien Mark Damon qui donnera vie à Lionello de manière efficace et impactante mais sans surjouage néfaste, tandis que Aldo Bufi Landi nous offrira une prestation bien plus matérialiste et volontairement opposée aux dérives du personnage central, laissant Claudia Gravy apporter son charme dans le rôle de Barbara, mais il ne faudra pas oublier la toute belle Marzia Damon apparaissant déshabillée pour avancer ses charmes en jouant la servante assassinée. La mise en scène du réalisateur est cohérente mais peinera à inculquer un rythme régulier au métrage.

Donc, ce Byleth manquera d'audace pour réussir à marquer de son empreinte le cinéma-bis des années soixante-dix, mais demeurera quand même une petite curiosité jamais déplaisante et sensuelle !

BylethLe DVD de zone 2 allemand édité par X-Rated Kult, toujours dans ce format "livre" plus que plaisant, avancera une image nette mais ayant conservé quelques défauts d'origine, tandis que la bande-son sera plutôt efficace avec une partition musicale adaptée et lyrique, le métrage étant ici proposé dans sa version allemande et italienne avec le possibilité de lire des sous-titres anglais optionnels.
Au niveau des bonus, on pourra juste suivre un court module sur la restauration de l'image avec le résultat à l'écran comparé à l'image issue de la VHS du film, une galerie d'affiches du film ainsi que quelques bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette petite curiosité naviguant entre les genres, le DVD de zone 2 est disponible ici ou dans une de ses deux affiches alternatives !

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05.08.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Avere vent'anni

Film maudit pour son réalisateur Fernando Di Leo, ce Avere vent'anni, présenté à l'époque comme une comédie sexy avançant les deux starlettes sexys les plus en vue du moment, fît scandale à cause de son final d'une violence extrême tranchant définitivement avec le reste du métrage beaucoup plus insouciant et léger au point d'être très vite retiré de l'affiche et remonté pour évacuer le malaise de son dernier acte remplacé par une happy-end quelconque. Mais la version originale intégrale du film conservera tout son intérêt, avec bien entendu cette issue nihiliste terrible.
Le script va suivre le parcours de deux demoiselles vivant en marge de la société et qui vont atterrir dans une communauté hippie singulière.

Avere vent'anniD'entrée, le métrage va avancer la rencontre de ses deux personnages principaux, Lia et Tina, deux jeunes femmes se retrouvant seules puisque le groupe de jeunes gens avec qui elles étaient installées sur une plage va se dissoudre, imposant une séance de présentation forcée qui va pousser les deux demoiselles, aussi insouciantes l'une que l'autre, à faire un bout de chemin ensemble. C'est ainsi qu'au cours du générique nous allons les retrouver en train de faire du stop en n'hésitant pas user de leurs charmes mis en avant pour se faire remarquer, laissant alors une citation ("Avoir vingt ans. Je ne laisserai jamais personne dire que c’est le plus bel âge de la vie" de Paul Nizan) apparaître sur l'écran et qui se révélera être terriblement bien choisie à l'issue du métrage.

Avere vent'anniL'entame du film sera extrêmement légère pour suivre nos deux demoiselles dans toute une série de péripéties souriantes et vaguement coquines, celles-ci usant de leur charme pour obtenir ce qu'elles veulent, un café, un paquet de Marlboro en troublant le vendeur d'un certain âge, ou encore pour une séquence bien désuète de vol dans un supermarché, tout en refusant l'argent proposé par une bourgeoise moralisatrice, le tout dans un esprit de rébellion paillard bien superficiel et ne valant uniquement que par la présence charmante de ces deux jeunes actrices aguicheuses et fraîches. Mais heureusement Fernando Di Leo ne s'attardera pas sur ces situations quelque peu naïves pour ensuite laisser l'intrigue s'installer dans une communauté hippie squattant une grande demeure que Tina et Lia vont rejoindre, cette dernière ayant quelques temps auparavant rencontré le régisseur, Nazariota.

Avere vent'anniLa découverte de l'endroit par les deux héroïnes permettra au métrage d'avancer toute une galerie de protagonistes amusants, déroutants ou surréalistes, tel cet homme grimé en "Pierrot" pleureur qui passera son temps à méditer sans jamais bouger, cette mère de trois triplés et surtout ce Nazarieto ayant certainement perdu l'esprit hippie puisqu'il n'hésitera pas à demander un loyer aux nouvelles arrivantes. Ce tour d'horizon de cette petite communauté servira de critique de l'esprit "flower power" en pleine déliquescence, gangrené par la drogue qui fait planer presque tous les occupants tandis que le capitalisme aura repris ses droits (le loyer, la vente d'encyclopédies) et que la corruption et la prostitution y régneront en maître absolu. Cela provoquera toute une série de situations encore amusantes, toujours légères avec notamment ce clown triste méditant qui occasionnera quelques scènes comiques, et surtout gentiment sensuelles lorsque Lia et Tina se livreront par exemple à un ébat saphique, surtout que nous découvrirons le statut d'assoiffée de sexe de Tina qui aura bien du mal à trouver quelqu'un de vaillant parmi les drogués endormis malgré ses tentatives de séduction.

Avere vent'anniCette plage centrale du film traînera quelque peu en longueur, reproduisant des situations déjà utilisées puisque Lia et Tina useront encore de leurs charmes pour vendre leurs encyclopédies, mais déjà une pointe de désillusion se fera sentir. En effet, outre une présentation des origines des deux demoiselles pour un "film dans le film" tourné dans la communauté et qui avancera un passé guère reluisant, si Tina continuera à bien s'amuser en aguichant ceux qu'elle va visiter pour mieux les frustrer ensuite, Lia semblera se lasser de ce jeu et refusera même les avances d'une femme désirant la payer contre un ébat entre femmes, alors que c'était cette même Lia qui avait entraîné Tina dans une étreinte langoureuse. Le premier virage s'effectuera ensuite avec l'arrivée de policiers effectuant une descente dans la communauté pour y chercher de la drogue.

Avere vent'anniFernando Di Leo, expert en polars violents au travers de ses "Poliziotteschi", retrouvera ses marques pour quelques séances d'interrogatoires presque brutaux au cours desquelles les baffes vont parfois pleuvoir, mais aussi pour des passages humoristiques (toujours avec l'homme méditant), mais laissant quand même également percevoir une critique douce-amère de cette jeunesse se moquant des autorités et des règles quitte à en subir les conséquences. Conséquences qui se traduiront par une extradition de Lia et de Tina, sommées par l'inspecteur en charge de l'affaire (qui sera lui aussi ensuite ridiculisé par l'intrigue) de quitter Rome et de rejoindre leur villes natales.

Avere vent'anniCe sera au cours d'une pause que les deux jeunes femmes vont s'arrêter déjeuner dans un restaurant isolé et avec leur insouciance retrouvée, elles vont se mettre à danser de manière lascive et quand même provocante au son d'un juke-box devant une tablée d'hommes assez louches et présidée par un homme en complet guère engageant. Se croyant provoqués, les hommes vont commencer à tourner autour d'elles, dansant de plus en plus près, ce qui fera fuir Lia et Tina puisque ces mâles deviendront plus que collants et pressants. Reprenant alors le chemin menant à la grande route, elles vont être poursuivies en voiture par cette meute d'hommes en chaleur qui vont bientôt les rattraper, les dévêtir et les violer sans ménagement puisque chacune d'elles sera frappée et Tina connaîtra même un sort définitivement ignoble puisque le chef de cette troupe va la violer avec un gros morceau de bois meurtrier tandis que Lia sera quant à elle frappée à la tête férocement, laissant alors un dernier plan s'éloigner de leurs cadavres gisant dans le chemin, comme si la caméra était honteuse d'avoir assisté à un tel spectacle, laissant alors le spectateur pantois tandis que la citation de l'introduction reviendra évidemment en mémoire pour trouver toute sa justification.

Avere vent'anniOn pourra donc aisément comprendre les spectateurs de l'époque, choqués par ce final que rien ou presque ne laissait présager et faisant basculer le métrage dans une horreur absolue insoupçonnable et tétanisante en plus par sa morale assez limite, puisque ce sera après avoir aguiché (vraiment volontairement ou non, le métrage n'avancera pas franchement de pistes sur le sujet !) ces hommes que les demoiselles se retrouveront en bien mauvaise posture, comme le rappellera le chef des meurtriers, laissant bien entendu à penser que si Lia et Tina étaient restées sagement dans leur coin, rien ne leur serait arrivé, et que ce sont elles les responsables de leur sort, finalement…par leur tenue et leur attitude provocante, ! De quoi alimenter une polémique qui n'est pas prête de s'éteindre à la vue de certaines tenues vestimentaires de la jeunesse actuelle…

Avere vent'anniLes personnages resteront globalement superficiels dans une volonté humoristique franche, hormis les deux héroïnes un peu plus fouillées mais qui seront surtout attachantes par leur attitude espiègle et fraîche, surtout qu'elles bénéficieront de l'interprétation de la craquante Gloria Guida jouant Lia, tandis que ce sera une autre starlette en vue, Lilli Carati qui incarnera Tina. Par contre, les autres interprètes n'offriront qu'un jeu parfois trop limité. La mise en scène de Fernando Di Leo est adaptée, vive et dynamique pour suivre les péripéties pour devenir ensuite plus inquisitrice et voyeuse lors du final extrêmement glauque du métrage.

Donc, ce Avere vent'anni aura largement de quoi surprendre par sa rupture de ton débouchera sur une ignominie terrible, marquante et déstabilisante qui tranchera frontalement avec le reste du film plus léger et souriant, même si l'esprit critique du réalisateur se fera régulièrement sentir !

Avere vent'anniLe DVD de zone 2 italien édité par Raro vidéo avancera une image nette, juste vaguement granuleuse et ne connaissant que quelques petits défauts d'origine lors de la dernière partie censurée et présentée ici pour la première fois en DVD. La bande-son est convaincante, avec une partition musicale adaptée et parfois même grinçante, notamment lors du final.
Cette édition "collector" deux DVD proposera donc le métrage dans sa version originale tel qu'il fut présenté en salles en italien avec des sous-titres anglais optionnels, tandis que sur le second DVD, on pourra suivre la version remontée, présentée elle en version italienne et anglaise, mais ce remontage n'apportera rien, puisque son issue en happy-end dénaturera la volonté du réalisateur.
Au niveau des bonus, on pourra un très intéressant documentaire laissant le réalisateur ainsi que plusieurs acteurs revenir sur le film au travers d'anecdotes incluant bien entendu la censure dont fût victime le métrage, une conséquente galerie de photos du film et de sa production, ainsi que la biographie et la filmographie du réalisateur.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette œuvre sulfureuse et radicale, le DVD de zone 2 italien est par exemple disponible ici !

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03.08.09

08:10:00, Catégories: Test / Critique, Box office cinéma  

par Nicore

Bacterium

Réalisé par Brett Piper, un aimable artisan abonné aux petits budgets étriqués toujours généreux notamment au sein du studio "Shock-O-Rama" (Screaming dead ou encore Bite me ! par exemples), ce Bacterium ne dérogera pas à la règle en nous offrant un spectacle souriant et efficace, certes régulièrement imparfait mais bénéficiant d'un capital sympathie évident.
Le script va laisser quelques amis s'adonner à une partie de paint-ball non loin d'un bâtiment dans lequel un savant certainement un peu fou a concocté pour l'armée une arme bactériologique.

BacteriumDans sa séquence d'introduction, le métrage va tout de suite lancer l'action en suivant un homme au visage ravagé et mal en point tentant de fuir l'hélicoptère le pourchassant transportant deux hommes en combinaison antiradiations qui vont finalement ne pas avoir de mal à intercepter le fuyard. En effet, celui-ci va finir sa route contre une cabane, laissant ses deux poursuivants se poser pour récupérer une fiole contenant un liquide verdâtre et finalement l'un d'eux va incendier les alentours du véhicule ainsi que son compagnon, coupable d'avoir peut-être touché le fugitif. Cette entame du métrage de facture assez classique aura le mérite d'identifier immédiatement la menace tout en mettant en avant les dégâts causés sur les humains lors de cette séquence généreuse et convaincante dans ses effets.

BacteriumEnsuite l'intrigue va nous présenter ses personnages principaux directement en action puisque nous allons suivre Beth et Jiggs en pleine partie de paint-ball dans une forêt qui vont rapidement apercevoir un groupe d'hommes armés n'appartenant pas à leur équipe, se décidant bien entendu à les suivre discrètement. C'est ainsi qu'ils vont découvrir une baraque apparemment abandonnée qu'ils vont décider d'investir dans un style militaire souriant, notamment à la vue de leurs armes factices. Mais au lieu de nous proposer la traditionnelle visite des lieux tentant d'installer un quelconque suspense, le réalisateur va très vite laisser Jiggs déclencher un signal d'alarme qui va faire sortir de son antre un homme en combinaison, le laissant réussir à mettre la main sur Beth.

BacteriumBeth va alors être contrainte de se déshabiller entièrement, offrant un passage l'opportunité au réalisateur de nous gratifier d'une petite scène de nudité bienvenue, pour être placée de force dans une pièce remplie d'un gaz soporifique avant que ce savant, le Dr. Boskovic, ne retourne à ses expériences nébuleuses qui sembleront l'avoir marqué profondément puisque même ses rêves tourneront au cauchemar. Mais pendant ce temps-là Jiggs, rejoint par une troisième participante à la partie de paint-ball, Brook, va se mettre à la recherche de Beth pour parvenir à la délivrer, forçant Boskovic à leur en apprendre plus sur ses activités, tout en plaçant enfin l'enjeu du métrage lorsque l'expérimentation en cours va libérer une créature spongieuse semblant apprécier la chair humaine et animale puisqu'elle va engloutir aussi bien Boskovic que des rats de laboratoire.

BacteriumCette mise en place de l'intrigue restera bien vivante et dynamique pour suivre les différents protagonistes tout en les mettant en péril aussi bien en mettant en avant la dangerosité des militaires postés non loin qui vont ouvrir le feu et blesser Beth ayant tenté une sortie qu'en s'introduisant dans le quartier général des militaires surveillant de près Boskovic et le résultat de ses expériences, au point de dépêcher sur place deux autres scientifiques chargés de mesurer la situation, ceux-ci ne tardant pas à se retrouver eux aussi bloqués à l'intérieur du bâtiment, l'armée craignant une contagion généralisée causée par cette bactérie amatrice de chair humaine.

BacteriumLa seconde partie du métrage restera résolument orientée vers l'action pour suivre les tentatives de fuite du petit groupe tandis que la bactérie gluante va bien entendu s'échapper du laboratoire de Boskovic et se multiplier, orientant l'intrigue vers une conclusion aussi souriante qu'originale dans son traitement humoristique (les décisionnaires jouant à pile ou face pour se décider, par exemple), dans l'argument étonnant avancé pour espérer se débarrasser de la créature qui occasionnera une double séquence finale d'envergure bien réussie malgré la petitesse du budget et dans une mobilisation inattendue décomplexée pour venir délivrer Jiggs et ses amies.

BacteriumBrett Piper fera preuve de sa générosité permanente pour suivre les déboires de ses personnages, laissant la créature dévorer ses victimes pour les réduire à l'état de squelette ou carrément s'attaquer à un hélicoptère, tout en adoptant un ton amusant souvent présent au travers d'un humour bien placé et ne souffrant jamais de la moindre lourdeur pour au contraire devenir même parfois référentiel (un des personnages ne citera-t-il pas le "Blob", inspiration évidente du métrage pour la bactérie, lorsqu'il se retrouvera face à la "chose") et, conscient de son petit budget, jamais il ne se lancera dans des situations surdimensionnés qui auraient été vouées à l'échec.

BacteriumPar contre, tout ne sera pas parfait, certaines séquences souffriront d'une direction artistique de groupe hésitante et venant plomber leur crédibilité (l'attaque finale et ses soldats immobiles ou surjouant lors de leur mort) tandis que l'intrigue globale restera classique et sans réel envergure, réduisant de la sorte considérablement le suspense pour laisser le spectateur anticiper la majorité des situations, notamment au petit jeu de "qui va mourir et qui va survivre" et même se hasarder à des situations peu réalistes (Beth blessée par balle au ventre et qui arrivera quand même à se déplacer bien facilement dans les premiers temps), mais ces petits défauts ne viendront pas entacher l'ambiance bon enfant de l'ensemble et au contraire peaufiner ce côté attachant inhérent aux œuvres de Brett Piper.

BacteriumL'interprétation est cohérente, parfois assez superficielle et manquant de présence à l'écran pour réussir à rendre les personnages attachants, mais sans heureusement tomber dans l'amateurisme. La mise en scène de Brett Piper est adaptée au contexte pour suivre l'action de près, avec une utilisation de la caméra subjective en introduction intéressante sans pour autant que ce procédé ne vienne ensuite investir trop fréquemment l'écran en se mettant à la place de la bactérie que très sporadiquement, parvenant de la sorte à donner un rythme assez constant au métrage malgré quelques petites baisses heureusement de courte durée. Les effets spéciaux sont globalement probants, aussi bien pour visualiser cette créature gluante ne ressemblant à rien de particulier pour justement devenir presque originale que pour les quelques plans sanglants ou horrifiques du film.

Donc, ce Bacterium se suivra aisément pour les amateurs de cinéma-bis à petits budgets grâce à la générosité de son réalisateur toujours partant pour satisfaire son spectateur !

BacteriumLe DVD de zone 1 édité par Shock-O-Rama avancera une image juste parfois quelque peu floue, tandis que la bande-son sera cohérente, avec une partition musicale hélas quelque peu en retrait, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un vrai making-of revenant sur le tournage du film au travers d'images et des paroles de l'équipe technique et artistique qui resteront naturelles et certainement pas orientées vers un ton promotionnel ici définitivement absent, laissant ensuite un petit bêtisier souriant et quelques bandes-annonces venir clore ces bonus efficients.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette bactérie agressive, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

Permalink 1312 mots par nicore, 2002 vues • Réagir

30.07.09

08:45:47, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

L’été étant quand même une période calme pour les sorties DVD, ce mois du juillet n’aura pas permis une récolte prolifique en éditions DVD de films fantastiques ou horrifiques, mais heureusement quelques nouveautés valant largement le détour et des éditions de rattrapage sont venues agrémenter les linéaires !

Slugs
Le club des monstres

Au chapitre des rééditions, Opening ne s’est pas foulé pour se contenter ce mois-ci de mettre à nouveau en vente toute une série de titres déjà bien connus, regroupés dans une collection "Les grands classiques de l’horreur" et pour la plupart proposés avec le magazine Mad Movies il y a quelques temps. C’est ainsi que plusieurs titres des "seventies" ressortent, Le cirque des vampires, La fille de Jack l'éventreur, La comtesse Dracula mais aussi le sympathique Club des monstres regroupant Donald Pleasence, David Carradine et Vincent Price. Le carnage gore débile inspiré par Shaun Hutson, Mutations fait également peau neuve, tout comme Re-animator 2, le pas génial The stuff pourtant réalisé par Larry Cohen, le Society de Brian Yuzna et ses délires organiques et le pathétique Transmutations d'après un script de Clive Barker (courez plutôt voir The midnight meat train en salles…). Des ressorties uniquement utiles à ceux qui n'étaient pas né en 2003 puisque aucun bonus ni travail sur les masters ne viendront justifier ces rééditions.

Buffy contre les vampires
Buffy contre les vampires

20th Century Fox fera plaisir aux adeptes de Buffy en ressortant les six saisons de la série télévisée dans un nouveau packaging… tandis qu'Antartic offrira à Battle royale 2 : requiem un double DVD collector.

Twilight
Twilight

Pas franchement horrifique et plus destiné à un public de midinettes adolescentes (qu'est ce que je peux être réducteur parfois...), M6 Video aura mis en vente la première partie de Twilight décliné aussi bien en DVD qu'en Blu-ray, en édition simple qu'en édition "collector" et même déjà en "Edition ultimate limitée"… Ben voyons !

The spirit

Le dernier et apparemment très moyen Frank Miller, The spirit est lui aussi disponible depuis ce mois-ci, édité par Columbia/Tristar, un éditeur habituellement prolifique dans le genre mais qui se contente en juillet de ce seul titre pour nous satisfaire, c'est maigre !

Mammouth
La malédiction d'Arkham

Maigres également sont les fournées de TF1 Video qui ne nous offre qu'un Mammouth certainement souriant mais aux effets spéciaux de synthèse ratés et de Sidonis, mais largement plus intéressante puisque c'est le classique La malédiction d'Arkham de Roger Corman qui est désormais disponible.

Gingerdead man 2
L'ordre du loup

Elephant Films tentera de nous refourguer Gingerdead man 2, la suite des aventures du tueur pain d'épices (si, si !), mais ce sera surtout le loup-garou gouailleur et libidineux de L'ordre du loup qui pourrait retenir notre attention, le film ayant déjà été traité ici dans son édition anglaise.

Sasori

Pour CTV, ce mois de juillet sera l'occasion de nous gratifier de Sasori, la femme scorpion, une variation modernisée de la célèbre saga d'exploitation inspiré du manga de Toru Shinohara à découvrir de toutes façons !

Carver
Manhunt

En gardant les meilleurs pour la fin, Emylia, le petit éditeur qui monte dans le genre en nous proposant régulièrement des inédits, calme également le jeu mais ose sortir Carver, un de mes coups de cœur de la fin de l'année dernière, à la violence jusqu'auboutiste qui fait mal ! Et Studio Canal a eu l'excellente idée d'éditer le "survival" norvégien Manhunt, certes très classique mais allant directement à l'essentiel pour faire preuve d'une brillante efficacité dans la violence sèche et sauvage !

Rendez-vous donc fin d'août pour vérifier si ce second mois estival aura été plus généreux que ce mois écoulé, avec déjà une sortie de taille, celle du remake de Vendredi 13 prévue le 11 août !

Buffy contre les vampires : Saison 1

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Buffy contre les vampires : Saison 2

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Buffy contre les vampires : Saison 3

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Buffy contre les vampires : Saison 4

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Buffy contre les vampires : Saison 5

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Buffy contre les vampires : Saison 6

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Battle Royale 2 : Requiem - Edition collector / 2 DVD

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Twilight - Chapitre 1 : Fascination

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Twilight - Chapitre 1 : Fascination (Blu-ray)

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The spirit / 2 DVD

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The spirit (Blu-ray)

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Gingerdead man 2

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L'ordre du loup

L'ordre du loup
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Sasori la femme scorpion

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Carver (Blu-ray)

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Manhunt (Blu-ray)

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28.07.09

09:08:47, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Midnight meat train

Adapté de l'une des nouvelles les plus connues de l'écrivain Clive Barker, ce The Midnight meat train parviendra à apprivoiser l'univers de l'auteur tout en nous livrant une intrigue implacable, froide et graphique, conférant au film une réussite presque totale.
Le script va suivre un photographe new-yorkais dans ses déambulations nocturnes, celui-ci recherchant des clichés marquants pour espérer s'attirer les faveurs d'une puissante représentante artistique, mais ses pérégrinations vont l'amener à croiser la route d'un serial-killer d'un genre particulier.

Midnight meat trainDans sa séquence introductive, le métrage va suivre un jeune homme endormi se réveillant dans une rame de métro déserte et qui après avoir fait quelques pas va glisser dans une mare de sang, découvrant alors avec horreur un carnage en cours dans la wagon suivant. Bien qu'assez classique pour déjà mettre la pression sur le spectateur, cette entame du film va déjà avancer l'ambiance froide de cette rame de métro qui pourra paraître presque irréelle en étant d'une propreté presque immaculée s'il n'y avait pas ce sang recouvrant le sol, mais en tout cas trop propre avec ses sièges à l'aspect neuf et cet absence de graffitis et autres signes de passage humain.

Midnight meat trainEnsuite, l'intrigue va s'attacher à nous présenter son personnage principal, Leon, un photographe traquant des scènes de vie urbaines aussi bien pour son plaisir que pour gagner sa vie, qui va rentrer chez lui et retrouver sa petite amie Maya avec qui tout semble aller pour le mieux, surtout qu'elle va lui apprendre une bonne nouvelle, un futur rendez-vous avec Susan Hoff, une figure de la peinture et de la photographie artistique à New-York. Mais hélas ce rendez-vous sera un demi-échec puisque cette femme en apparence froide et quelque peu hautaine trouvera les clichés de Leon trop timorés, n'allant pas assez loin, mais en même temps, elle ne le jettera pas définitivement en lui proposant de revenir la voir avec des photos plus marquantes.

Midnight meat trainCe rendez-vous manqué va pousser Leon à une virée nocturne dans les rues sordides avec son appareil photo et ayant repéré trois individus louches, il va les suivre aux abords du métro, à juste titre puisqu'il va assister à un début d'agression puisque les trois petits voyous vont prendre à partie une demoiselle pour lui extorquer de l'argent. Après avoir pris quelques photos, Leon va intervenir, tout en continuant à photographier, et va réussir à convaincre les petites frappes de lâcher l'affaire. Ce qui lui vaudra les remerciements chaleureux de cette jeune femme qui va alors pouvoir prendre le métro, Leon continuant inlassablement de prendre des clichés, sans se douter que la personne qui va retenir la porte du wagon à celle qu'il venait de sauver sera le serial-killer du film.

Midnight meat trainEn effet, nous allons alors assister au meurtre brutal de cette jeune femme puisque l'homme en complet gris assis non loin d'elle va se lever dans son dos et s'approcher d'elle pour lui balancer un grand coup de marteau à viande au travers du visage, pour une première séquence forte et brutale qui portera la marque de fabrique du film en laissant survenir l'assassin en arrière-plan afin de s'attaquer à une victime ne se doutant encore pas du sinistre sort qui l'attend. Et bien que rapidement visualisé, l'assassin en imposera déjà avec une démarche assurée par sa carrure robuste, ainsi que par sa violence sèche pour frapper qui si elle ne sera pas gore cette fois-ci sera présente lors d'un long plan large surprenant.

Midnight meat trainL'intrigue va alors laisser Leon découvrir la disparition de cette demoiselle qui se révélera être un mannequin connu, tandis que Susan Hoff appréciera beaucoup plus les clichés pris cette nuit-là et lui en demandera d'autres afin que Leon puisse voir ses photos exposées lors d'une prochaine exposition d'art. C'est ainsi que Leon va retourner dans la nuit new-yorkaise et va par hasard photographier l'homme au complet gris, le suivant même quelque peu jusqu'à une première confrontation sans autre conséquence que de permettre à Leon grâce à un détail opportun de découvrir que cet homme étrange avec sa grande mallette était présent dans le wagon pris par le mannequin disparu, poussant ainsi notre homme à vouloir en savoir plus sur cet individu mystérieux au point de le suivre jusqu'à son travail de boucher industriel, pour ce qui deviendra peu à peu une obsession dangereuse.

Midnight meat trainLa situation ainsi posée, l'intrigue va alors laisser se succéder des situations tendues lorsque Leon traquera l'assassin, occasionnant même des séquences étouffantes et chargées d'un suspense parfaitement orchestré par le réalisateur (la course-poursuite dans l'abattoir avec ce petit hommage au remake de Massacre à la tronçonneuse avec cette pièce remplie d'innombrables carcasses de bœuf), tout en nous dévoilant progressivement lors de nouvelles scènes de plus en plus sanglantes le mode opératoire du tueur au marteau, véritable machine à tuer sans émotion. Mais parallèlement, nous assisterons à la dégradation du mental de Leon qui deviendra complètement obnubilé par sa quête au point de délaisser une Maya qui au départ ne comprendra pas son petit ami, avant de se lancer elle aussi dans l'aventure de son côté, pour ce qui restera comme une des rares faiblesses du film avec cet engagement quelque peu facile et précipité, mais qui lui aussi apportera son lot de tension (la fouille de l'appartement du tueur) et permettra au métrage d'avancer son final nihiliste mais devenu quand même anticipable.

Midnight meat trainL'intrigue parviendra à jongler intelligemment avec son aspect surnaturel gagnant de l'ampleur progressivement grâce à des détails disséminés au fil des événements pour n'exploser que dans une dernière partie qui pénétrera alors frontalement dans l'univers de la nouvelle de Clive Barker, un peu tardivement diront certains, pour justifier l'existence de cet assassin de manière quelque peu rapide et sans répondre aux questions soulevées mais en nous gratifiant de scènes une fois encore bien graphiques. Bien entendu, ce sera autour de cet meurtrier que résidera l'enjeu de film et le réalisateur nous laissera tout le loisir de découvrir chaque facette de son personnage, entre sa vie diurne de boucher et ses activités millimétrées dans le métro, quitte à laisser une horreur dérangeante s'imposer lors de la préparation des corps humains, par exemple, mais ce se fera tout en nous exposant également quelques détails physiques peu ragoûtants du personnage lors de ses passages dans sa salle de bains.

Midnight meat trainPar contre, la relation entre Maya et Leon pourra paraître plus classique dans son agencement et les dérives générées par la nouvelle obsession du photographe qui ne vivra que pour résoudre le mystère de l'homme au complet gris, et même si cela servira à nous faire partager ses changements internes qui seront justifiés par le final et qui découleront naturellement d'une méchante rencontre avec le tueur, on ne pourra pas s'empêcher de trouver les réactions de Maya soit faiblardes ou ensuite trop excessives et démesurées, rendues par ailleurs possible grâce à une intrigue devenant alors brièvement et artificiellement providentielle. Mais heureusement cet aspect du film ne viendra pas empiéter sur la réussite globale du film puisque le réalisateur ne s'y attardera pas plus que nécessaire pour privilégier l'action et la tension présente à chaque apparition du boucher.

Midnight meat trainDans la même optique, les différents personnages peineront à devenir attachants pour uniquement exister dans l'intrigue, parvenant in extremis à gagner notre sympathie et rendre de fait l'issue nihiliste du métrage impactante, mais l'ensemble bénéficiera d'une interprétation adaptée, la vedette revenant logiquement à l'imposant Vinnie Jones qui incarnera à merveille cet assassin monolithique brutal et sauvage. La mise en scène du réalisateur est adaptée, aussi bien en utilisant ses arrières-plans avec brio pour engendrer une tension palpable efficace à chaque apparition surprise du meurtrier que pour créer une atmosphère irréelle et surnaturelle dans cette rame de métro un peu spéciale, et tout en faisant participer de très près le spectateur à l'action lors des phases sanglantes du film. Les effets spéciaux sanglants du film sont plutôt probants, même si l'utilisation du numérique sera largement visible et donnera un caractère ludique et inoffensif à certaines séquences, pour avancer des plans gores volontaires et parfois douloureux (les pieds percés), tout en n'hésitant pas à étaler les cadavres humains suspendus comme du bétail, ce qui nous vaudra quelques détails aussi jouissifs que saignants lors du duel final.

Donc, ce The Midnight meat train constituera assurément une des bonnes surprises de l'année par son aspect graphique volontaire, son atmosphère tendue largement exploitée, le sérieux affiché de sa démarche, mais également par un petit côté "old-school" délectable dans la manière d'agencer ses temps forts !

Midnight meat trainLe DVD de zone 2 anglais édité par avancera une image nette et qui rendra justice à la photographie froide et métallique du film, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale adaptée aux situations.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un petit documentaire faisant intervenir Clive Barker qui reviendra sur la nouvelle ayant inspiré le métrage et sa participation à la production de celui-ci, pour ensuite nous faire découvrir les talents de peintre de l'écrivain, tandis qu'un petit module sera ensuite consacré au personnage clé du métrage, Mahogany, le meurtrier en complet gris, pour laisser la parole à l'équipe du film à propos de la création du personnage et de ses armes, laissant une analyse complète de l'une des scènes sanglantes du film clore ces bonus intéressants et prolongeant agréablement la vision du métrage.

Midnight meat train
Midnight meat train

Pour ceux qui voudraient découvrir cette adaptation réussie de Clive Barker sans pouvoir se rendre dans les salles à partir du 29 juillet prochain, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

Permalink 1724 mots par nicore, 1731 vues • 1 réaction

27.07.09

08:34:27, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Next door

Nous arrivant de Norvège, ce Next door va flirter avec le surréalisme pour imposer son intrigue envoûtante, toute en faux-semblants pour mieux troubler et jouer avec le spectateur emporté par une implication constante qui fera aisément fonctionner les surprises et retournements de situation négociées autour d’un personnage central emphatique.
Le script va laisser un jeune homme, se remettant difficilement de sa rupture avec sa petite amie, se laisser prendre au piège tendu par ses deux troublantes voisines pas très nettes qui vont réussir à le charmer au point de la manipuler en apparence.

Next doorD’entrée, le métrage va mettre en scène son personnage principal, John, un jeune homme recevant chez lui Ingrid, son ancienne petite amie venue à l’improviste récupérer des affaires chez lui, pour une séquence d’introduction qui se tiendra dans une ambiance alourdie par cette tension existante entre ces deux personnages, John ayant été plaqué par Ingrid et semblera visiblement avoir du mal à accepter cette situation, surtout qu’Ingrid est venue accompagné par son nouvel ami (resté dehors mais aux aguets) à qui elle aura raconté les dessous de leur rupture, comme elle le dira à John, ce qui ne semblera pas du tout lui plaire. Le réalisateur cherchera implicitement à placer le spectateur dans le camp de ce John assez famélique mais paraissant vraiment encore amouraché de son ex-petite amie, même si quelques petits détails pourront déjà venir désorienter quelque peu.

Next doorEnsuite, l’intrigue va replacer ce John dans l’ascenseur le menant chez lui, entouré par un vieil homme et une inconnue dont il ne manquera pas quand même de scruter les jambes, pour découvrir que cette demoiselle, qui dira se prénommer Anne, est en fait sa voisine ayant justement besoin de lui pour déplacer un meuble bien trop lourd pour elle. John acceptera devant l’insistance pressante de cette nouvelle rencontre et accompagnera Anne chez elle.

Next doorC’est ainsi qu’il va découvrir l’appartement voisin du sien, mais bien plus vaste et sinueux, tout en constatant qu’Anne ne vit pas seule, mais avec son apparente sœur, puisque l’étrange et nonchalante Kim viendra bientôt les rejoindre. Cette première confrontation sera largement fascinante et ensorcelante, les deux jeunes femmes n’arrêtant pas de formuler des sous-entendus salaces à peine déguisés qui auront le don de troubler John, mais celui-ci, toujours sous le choc de sa rupture (comme de courts flash-backs nous le signaleront intelligemment), préférera quitter les lieux.

Next doorMais la situation ne va pas en rester là puisque, à peine rentré chez lui, John va entendre frapper à sa porte, Anne l’implorant de lui ouvrir pour lui demander un autre service. A contrecoeur, John s’exécutera pour laisser sa voisine lui demander d’aller tenir compagnie à Kim le temps qu’elle aille chercher des médicaments à la pharmacie, sa soeur ne pouvant plus sortir ni rester seule depuis une agression sordide dont elle a été victime peu de temps auparavant, ce qui expliquera quelques bizarreries rencontrées dans la séquence précédente (l’armoire contre la porte d’entrée, notamment). John acceptera devant la mine implorante d’Anne, pour laisser ce qui ressemblera à un piège se refermer alors sur lui.

Next doorEn effet, Kim va alors jouer avec son visiteur de manière étrange, provocante et mystérieuse, l’enfermant chez elle et se dérobant à sa vue dans une sorte de partie de cache-cache avant de lui imposer de s’asseoir en face de lui pour discuter avec elle, pour une situation qui dégénérera rapidement vers un dialogue d’ordre sexuel subjuguant et largement excitant dans sa perversité, bien évidemment mené par une Kim sexy et provocante en diable qui va faire craquer John pour un coït furieux qui mêlera violence, sang et sexe de manière troublante. Même si cela découlera sur une séquence graphique en apothéose de l’atmosphère étouffante qui l’a précédé, le métrage n’ira pas bien loin dans cet érotisme déviant, mais aura bien mis en avant l’aspect vicieux de cette Kim ensorcelante.

Next doorL’intrigue laissera alors John complètement abattu et bouleversé rentrer chez lui et tenter de reprendre une vie normale, occasionnant par ailleurs la seule séquence hors de l’immeuble où nous découvrirons son lieu de travail morne et bien à l’image du personnage, mais le métrage va alors lancer une seconde partie surréaliste laissant la réalité se confondre avec les fantasmes et laisser vaciller la santé mentale des protagonistes jusqu’à cette conclusion inavouable qui deviendra de plus en plus inexorable à chaque nouvelle situation démente, laissant des surprises venir cueillir littéralement le spectateur perdu dans les méandres de ces appartements improbables où les événements voir dépasser l’entendement sans pour autant laisser au départ une quelconque orientation s’imposer parmi les multiples pistes possibles et envisageables.

Next doorPour réussir à orchestrer la diabolique descente aux enfers de son personnage principal, le métrage pourra compter sur des décors flirtant parfois même avec l’onirisme avec ces couloirs invraisemblables et ces pièces incroyables qui formeront l’appartement d’Anne et de Kim pour autant d’univers différents, entre un désordre terrible et l’aspect immaculé d’autres endroits selon les situations vécues, mais où chaque détail trouvera une importance significative qui imposera presque une seconde vision du métrage pour bien appréhender toutes les ficelles et autres indices tendus ou disséminés par le machiavélisme du réalisateur, et qui trouveront leur justification lors de l’horrible mise en place finale.

Next doorMais bien entendu, le principal atout du film sera constitué des protagonistes, avec ce John qui demeurera étrange dans un mélange emphatique de tristesse qui ne laissera pas au départ présager la rage violente avec laquelle il s’occupera sexuellement de Kim par exemple, tandis que les deux voisines transpireront d’une perversité toute en sous-entendus extrêmement fascinante et envoûtante, laissant par ailleurs intervenir une Ingrid trop effacée et son nouveau petit ami pas clair. L’ensemble bénéficiera d’une interprétation adaptée et convaincante, Kristoffer Joner campant un John tout à fait crédible, tandis que Cecilia Mosli et Julia Schacht composeront les deux voisines avec brio et un charme troublant largement efficace. La mise en scène du réalisateur participera également à l’instauration de cette atmosphère sensuelle, lourde, trouble et surréaliste qui accompagnera l’ensemble du métrage aussi bien en sillonnant ces couloirs interminables qu’en calant parfaitement l’ambiance.

Donc, ce Next door s’avérera être une œuvre aussi prenante qu’envoûtante, bercée par une sensualité pleine de sous-entendus pervers tout en réservant bien des surprises malsaines à son spectateur !

Next doorLe DVD de zone 2 hollandais édité par le label Living Colour Entertainment avancera une image nette et mettant bien en avant les différents tons de couleurs utilisés selon les séquences, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale doucereuse véritablement adaptée au ton du métrage, celui-ci étant ici proposé dans sa version originale norvégienne, avec des sous-titres optionnels en hollandais et en français.

Next doorAu niveau des bonus, contrairement au rachitique DVD français prévu pour bientôt, on pourra suivre un making-of intéressant avançant aussi bien l’importance de la musique diffusée sur le plateau pour imprégner les acteurs que certaines difficultés rencontrées par l’équipe technique, tandis qu’une interview conjointe des deux actrices principales les laissera revenir sur le tournage et leurs personnages, un autre module nous laissant découvrir la création des décors du film entièrement reconstruits en studio, deux petites séquences humoristiques présenteront Kristoffer Joner sous un jour amusant, laissant la bande-annonce originale et celles d’autres titres de l’éditeur venir compléter ces bonus passionnants qu’il ne faudra surtout pas visionner avant de découvrir le film à la vue des nombreux spoilers présents et qui auront tous la bonne idée d’être sous-titrés en français.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce film envoûtant, sensuel et troublant, le DVD de zone 2 hollandais est disponible sur le site de l’éditeur !

Permalink 1429 mots par nicore, 1577 vues • 3 retours

24.07.09

08:18:36, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Dead in 3 days

C'est en provenance d'Autriche que ce Dead in 3 days va venir nous offrir une variation sur le thème du "slasher" en reprenant une trame certes plutôt éculée mais qui parviendra à se montrer régulièrement efficace en s'ancrant dans un réalisme avéré et tout en composant avec de personnages crédibles.
Le script va laisser un mystérieux assassin décimer une petite bande d'amis après les avoir averti par SMS qu'ils seraient morts dans trois jours.

Dead in 3 daysAprès un générique sinistre montrant un homme préparer sa propre pendaison et effectivement se suicider sans nous apprendre quoique ce soit sur cette personne mais augurant déjà d'un mystère à résoudre, le métrage va brièvement nous mettre la pression avec un procédé classique et maintes fois utilisé consistant à avancer une scène du final du métrage montrant une demoiselle ensanglantée et visiblement blessée avancer péniblement sur une route pour voir débouler une voiture de police qu'où jaillira un officier à qui elle demandera d'aller aider une certaine Nina, nous laissant ainsi présager une violence à l'encontre de ces jeunes que le métrage ne va bien évidemment pas tarder à nous présenter.

Dead in 3 daysCette présentation se fera sur un mode souriant et débridé pour voir ces cinq étudiants finir de passer leurs examens de fin d'année scolaire, laissant le métrage proposer quelques blagues faciles, mais mettant déjà en avant un étudiant réservé, esseulé et sombre, Patrick, qui sera d'office placé sur la liste des suspects du massacre à venir. Une fois reçus, ils vont bien entendu se préparer à faire la fête, puisque déjà sur le chemin de retour du lycée, ils vont aussi bien fumer que boire dans la bonne humeur, jusqu'à ce que leur véhicule heurte une biche qu'il faudra bien achever pour qu'elle arrête de souffrir. Cet incident va calmer un peu les ardeurs de chacun, sonnant presque comme un avertissement opportun, et ce sera une fois que chacun sera rentré chez lui que l'intrigue va pouvoir pousser un peu plus loin la présentation de chacun.

Dead in 3 daysC'est ainsi que nous allons découvrir Martin, un grand dadais un peu cancre et sa petite amie Nina, plus sérieuse, mais également Clemens et Alex, un autre couple plus basique et enfin Mona, présentée comme une fille un peu rebelle devant aider son père handicapé à tenir sa station-service. Ces protagonistes auront le temps d'exister quelque peu puisque le métrage va s'attarder sur chacun afin de leur permettre de nous devenir sympathiques, tout en commençant à leur faire recevoir le fameux message leur annonçant qu'ils seraient morts dans trois jours, pour ensuite les replacer à la soirée organisée pour fêter la fin de l'année scolaire.

Dead in 3 daysAu cours de cette fiesta Martin va une fois de plus avoir maille à partir avec ce Patrick, mais ce sera lorsqu'il se rendra aux toilettes que les choses sérieuses vont commencer puisqu'il se fera kidnapper par un mystérieux individu qui l'endormira à l'aide d'un mouchoir imbibé de produits toxiques. Nina ne voyant pas revenir son petit ami, elle va commencer à le chercher partout et retrouvant son téléphone portable touché, elle va prendre peur, surtout qu'elle y lira le fameux message que chacun des cinq amis dira avoir également reçu, et ira sans succès à la police laissant l'officier de service, en plus le cousin de Martin, lui annoncer qu'il en peut rien faire avant vingt-quatre heures et prendra le SMS pour une farce stupide.

Dead in 3 daysPendant ce temps, nous suivrons les préparatifs du tueur qui va noyer Martin en le faisant couler, ligoté et attaché à une masse de béton, pour une mise à mort certes soft mais impactante et lugubre dans son agencement. Après quelques situations douloureuses pour Nina, atterrée par la disparition de son amoureux, elle se rendra au bord du lac en compagnie de ses amis, pour y apercevoir le corps de Martin flottant entre deux eaux. Cette découverte tranchera avec les préceptes du "slasher" puisque les potentielles victimes ne vont pas attendre le final pour découvrir les corps et du coup se sentir en danger, ce qui n'empêchera pas bien sûr l'assassin de frapper à nouveau.

Dead in 3 daysLa suite de l'intrigue se concentrera d'abord sur d'autres tentatives de meurtres assez convaincantes car porteuses d'un suspense conséquent même si les ficelles utilisés resteront parfois bien classiques et pour le coup prévisibles, mais on pourra toujours compter sur certains éléments pour laisser l'ensemble détourner ces codes du genre dans un semblant d'originalité et alors que l'intrigue fera doucement preuve de cynisme avec les impairs répétés du ce policier bien malchanceux. Hélas la dernière partie du métrage sera moins performante lorsqu'il s'agira de donner des motivations au tueur qui trouveront leurs origines dans un honteux secret portés par les victimes, rappelant ainsi furieusement la trame de Souviens-toi… l'été dernier, le métrage allant jusqu'à reprendre le look de l'assassin avec ce ciré dissimulant son visage, et il ne faudra pas compter sur le final pour espérer trouver une réelle ampleur puisqu'une issue quand même improbable viendra clore les débats.