Archives pour: Juillet 2010

28.07.10

08:36:31, Catégories: Test / Critique  

Réalisateur : Dong-Hun Choi

Durée du film
: 135 minutes

Date de sortie du film : non prévue à l'heure actuelle (film diffusé au NIFFF 2010).

Par Nicofeel

Réalisé en 2009 par le sud-coréen Dong-Hun Choi, Woochie (de son titre international Jeon Woochie : the taoist wizard) est un film mélangeant action, fantastique (héroic-fantasy) et comédie, voire burlesque (le personnage du chien). Le film traite d'un mythe taoïste avec une flûte (genre de macguffin hitchcockien) que tout le monde recherche sans que l'on sache vraiment pourquoi au final. Et d'ailleurs l'histoire du film ne le dira jamais.
Le héros du film est un sorcier, Woochie, qui, aidé de son fidèle (c'est le cas de le dire) compagnon va tenter de sauver l'humanité. Il va devoir combattre des gobelins et un sorcier dissident ayant décidé de se ranger du côté du mal.
Très dynamique, le film passe très bien pour le spectateur malgré sa durée de 2h15. Il faut dire que Woochie joue clairement la carte du film populaire. D'autant qu'il y a une première partie qui se passe au Moyen Age puis 5 siècles plus tard, à notre époque actuelle où Woochie se retrouve complètement désorienté. Il y a clairement un côté très Visiteurs avec ce personnage qui découvre un nouveau monde : les tours ont remplacé les habitations sommaires en bois, il n'y a plus de cheval (le collègue de Woochie étant par moments transformé dans la première partie en cheval) mais des voitures, etc. Cela donne lieu à plusieurs séquences extrêmement drôles avec ce Woochie qui paraît complètement paumé et a bien du mal à se faire aux habitudes de ce pays qui est le sien mais qui a fondamentalement changé au fil des siècles.
Le cinéaste Dong-Hun Choi a bien réussi le passage d'une époque à une autre en ayant eu la bonne idée d'inscrire par moments les personnages dans des gravures où ils entrent et ne ressortent que 500 ans plus tard (côté fun pour les 500 ans). Cela fait penser à un passage dans une autre dimension, comme lors du combat final.
Le film ne se gêne pas d'ailleurs de donner un vrai côté fun au film. De ce point de vue, la relation de Woochie avec son fidèle serviteur qui prend souvent les traits d'un cheval ou d'un chien est vraiment très drôle. Délibérément, ce personnage secondaire est représenté comme quelqu'un d'un peu idiot et assez peu fin, même s'il aide plusieurs fois Woochie. On notera au passage qu'à un moment il trahit son maître une fois pour devenir un humain (une humaine en fait !).
Toutes ces histoires de transformation ou de réincarnation paraissent bien étranges aux yeux du spectateur occidental mais il faut bien voir que cela reste quelque chose de typique dans la culture orientale. Au demeurant, le film mentionne à de nombreuses reprises la religion taoïste où chaque chose aurait une âme (on reproche d'ailleurs à Woochie qu'il n'ait pas d'âme et qu'il doive avoir recours à des talismans en papier). Et puis le taoïsme est évoqué également indirectement par la réincarnation supposée de certaines personnes : on peut par exemple penser que la jeune veuve s'est réincarnée en femme à tout faire pour l'actrice (délibérément choisie comme insupportable) ; la relation qui la lie à Woochie qui ne cesse de la chercher et même de la sauver par moments. Est-elle le dieu arc qui se serait réincarnée en elle pour sauver Woochie ? On ne sait pas. On signalera également que le combat final donne lieu à quelques twists assez bienvenus (dans le côté notamment fantaisiste du film) et un rappel évident au taoïsme par l'utilisation des ces élémentaux d'air, de feu et d'eau.
Très agréable dans l'ensemble, Woochie n'est pas pour autant un film exempt de tout reproche. D'abord, il faut bien reconnaître que le film est amusant mais qu'il n'a pas vraiment d'autre but que de divertir le spectateur. On est loin d'avoir affaire à un film d'auteur.
Surtout, on regrettera un abus d'effets de synthèse par toujours très réussis, notamment lors de l'apparition des gobelins. Cela donne une désagréable sensation de décalage par rapport au film et cela amoindrit l'intérêt de ce long métrage. Mais bon, on peut se douter que le ratage de certains effets est dû au faible montant alloué à ce film.
Et puis c'est le seul vrai défaut qui n'handicape pas spécialement ce film sans prétention. On prend plaisir à voir ce film qui ne demande pas beaucoup de concentration pour être vu.
Il faut dire qu'avec des acteurs qui jouent tous la carte de l'humour et prennent particulièrement à coeur leurs rôles, quitte à sur-jouer par instants, on a le temps de rigoler et on ne voit pas le temps passer.
La boucle du film se referme d'ailleurs avec une fin qui rappelle sans conteste le début du film avec la fameuse plage où l'on voit un océan très net.
Au final, Woochie est à prendre pour ce qu'il est : un pur film de divertissement qui n'est là que pour amuser le spectateur. Un budget un peu plus conséquent aura permis d'éviter des effets visuels parfois à la limite du ridicule, notamment par la création des monstres de ce long métrage. Woochie est le film parfait à voir si on n'a pas envie de se prendre la tête mais si on a uniquement envie de se détendre.

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26.07.10

09:25:11, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The inhabited island

Réalisateur : Fyodor Bondarchuk

Durée du film : 115 minutes

Date de sortie du film : non prévue à l'heure actuelle (film diffusé au NIFFF 2010)

Avec : Vasily Stepanov (Maxim Kamerrer), Pyotr Fyodorov (Gai Gaal), Yuliya Snigir (Rada Gaal), etc.

Par Nicofeel

Sorti fin 2008 en Russie, The inhabited island est un film du cinéaste Fyodor Bondarchuk, où il adapte le roman des frères Strougatski. En quelques années, on a donc l'occasion de voir une fois de plus un film de genre russe, après la saga des Night watch (2004) et Day watch (2006). Ici, on est dans un pur film de science-fiction avec une action qui se situe en 2157. Les humains se sont alors développés sur de nombreuses planètes et ont fait disparaître les notions de guerre ou encore de famine. Maxim Kamerrer, un cosmonaute, dont le vaisseau a été touché par une météorite, s'écrase sur une planète lointaine, Sarkash. Le scénario de base rappelle quelque peu La planète des singes de Pierre Boule. Mais la suite va plutôt faire penser à Dune de Frank Herbert. En effet, sur cette planète, une guerre nucléaire a engendré une crise environnementale et sociale.
Il y a d'un côté le peuple qui vit dans une belle cité ultra-moderne et de l'autre côté des gens qui ont été manifestement contaminés par les dommages collatéraux de la guerre nucléaire, nommés les dégénérés. Cette planète a à sa tête cinq gouverneurs dits les pères inconnus qui ont la capacité de manipuler la conscience des habitants.
Sur le plan scénaristique, The inhabited island se révèle plutôt intéressant en développant des thématiques diverses tels que l'asservissement, la volonté de pouvoir, le lien entre politique et finance. Ce n'est certainement pas un hasard si ces thèmes sont développés par un cinéaste russe. Il demeure assez évident que les éléments qu'il développe ne sont pas sans rappeler les heures sombres de la Russie voire même certains éléments actuels. On s'intéresse donc d'autant plus à ce film qui montre des financiers corrompus, des politiques avides de pouvoir, un peuple qui est nourri par une propagande mensongère. Pendant que des dégénérés sont tués, le peuple ne pense pas à autre chose. A ce peuple on lui croire des choses sur l'existence de l'univers qui se révèlent inexactes ou encore sur les raisons de l'implantation des tours.

Le film bénéficie également d'une très belle photographie qui donne un effet très classe à l'ensemble. Une des raisons de la réussite du film sur le plan visuel tient à la multitude d'effets spéciaux que contient le film. Le film est beau à regarder, notamment lors des scènes nocturnes.
Voilà pour les qualités du film. Celui-ci n'est pas pour autant exempt de défauts, loin s'en faut. D'abord, le rôle principal du film tenu par Vasily Stepanov n'est pas des plus fameux. Ce beau blondinet donne vraiment l'impression d'avoir été choisi uniquement pour son physique et non pour son jeu d'acteur. Car côté interprétation celui-ci est loin d'être au top. Très souvent il sourit ou a l'air surpris. Sa palette de jeu est pour le moins très limité. C'est donc d'autant plus difficile d'imaginer Maxim dans une sorte de rôle de messie (personnage qui n'est pas sans rappeler un Paul Atréides dans Dune, étant en tout état de cause comme lui du côté des opprimés), celui-ci ayant des capacités particulières : il a des talents incroyables de militaire ; il peut mémoriser un livre en une demi-heure ; il réussit à atténuer les douleurs vécues par les dégénérés par les radiations des tours.
Le reste des acteurs n'est pas non plus au top, même si c'est moins pire que l'interprétation de Vasily Stepanov.
Ajoutez à cela que plusieurs scènes du film tombent un peu comme un cheveu sur la soupe : Maxim tombe immédiatement de la belle Rada Gaal (jouée par Yuliya Snigir) et on a droit à une petite musique romantique au piano.
Certains choix scénaristes sont également pour le moins contestables sur le plan de la vraisemblance : Maxim a la chance car il se trouve sur une planète où il peut respirer normalement (il ne pense d'ailleurs à aucun moment de mettre une combinaison de cosmonaute) ; il tombe comme par hasard à un moment donné dans un trou qui le ramène à la vieille forteresse.
Enfin, la mise en scène est sa globalité contestable. Le cinéaste Fyodor Bondarchuk se laisse aller aux tics visuels très actuels, avec une utilisation abusive de ralentis ou d'accélérés lors des scènes d'action, notamment pour figurer que Maxim est fort.
La fin du film, qui se termine en queue de poisson, avec une intrigue qui n'est pas résolue, laisse clairement entendre qu'il y aura une suite à The inhabited island. Ca sera le cas avec The inhabited 2, avec de nouveau derrière la caméra Fyodor Bondarchuk.
Au final, The inhabited island est un film inégal, qui demeure plaisant sur le plan thématique mais qui souffre d'une interprétation très moyenne et d'une mise en scène inadaptée.

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23.07.10

10:34:42, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Millénium 2 : La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

Réalisateur : Daniel Alfredson

Durée du film : 129 minutes

Date de sortie du film : 30 juin 2010

Avec : Michael Nyqvist (Michael Blomkvist), Noomi Rapace (Lisbeth Salander), Lena Endre (Erika Berger), Georgi Staykov (Alexander Zalachenko), etc.

Par Nicofeel

Suite des aventures de la trilogie Millénium créée par Stieg Larsson, Millénium 2 : La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette voit le réalisateur Niels Arden Oplov laisser la place à Daniel Alfredson (le frère du cinéaste ayant mis en scène le très beau Morse).
On notera également que le budget du film a été revu à la baisse et que, bien que sortant en salles de cinéma, Millénium 2 (ainsi que Millénium 3) a été plus vu comme un film télévisé que comme un film de cinéma. Il n'est donc pas étonnant que le beau travail apporté à la photographie et la mise en scène très soignée ne disposent pas dans ce second épisode des mêmes considérations.
Pour autant, Millénium 2 demeure un film très intéressant à regarder et ce pour au moins deux raisons : son histoire et la distribution du film.
Côté histoire, il faut bien reconnaître que l'on a droit à un spectacle de grande qualité avec une enquête menée en parallèle par la police et par Michael Blomkvist du fameux journal du Millénium.
Dans cet opus qui s'intéresse beaucoup plus à la personne de Lisbeth Salander que le premier, Michael Blomkvist va tout tenter pour prouver que sa protégée n'est en rien responsable du triple meurtre dont on l'accuse.

L'intérêt de ce deuxième opus est d'ailleurs de partir sur une thématique très en vogue actuellement, et qui a le mérite de dénoncer un état de fait inadmissible dans notre société actuelle, à savoir la traite des blanches de femmes provenant de pays de l'Est à qui l'on fait miroiter des choses dans leur pays et qui une fois sur place sont victimes de violence et doivent se prostituer. Eu égard à cette thématique, on se doute bien que Lisbeth Salander n'a pas pu commettre le meurtre de deux jeunes gens ayant travaillé sur cette question, étant donné qu'elle a elle-même été victime de sévices corporels de la part d'hommes qui ont eu beau jeu de déclarer qu'elle était folle.
Dès lors, toute la question est de savoir qui commet ces meurtres, en dépit du fait que certains éléments semblent mettre en cause Lisbeth Salander.
Par son scénario de très bon niveau, Millénium n'a dès lors aucun mal à passer devant toutes les productions télévisuelles courantes.
Plusieurs scènes dans le film sont particulièrement marquantes, notamment celles où l'on voit ce grand blond, qui semble insensible à la douleur, et qui fait preuve d'une résistance hors du commun. On ne peut être qu'interloqué en voyant que même des champions de boxe se cassent les doigts sur une telle masse. A côté, le « requin » des James Bond passerait presque pour un Mickey. Et puis il y a à l'approche de l'épilogue de cet opus la rencontre tant attendue entre Lisbeth et son père qui ne manque pas d'intérêt et va être une formidable introduction au troisième opus.
On notera au passage que le cinéaste a bien su traduire l'essentiel du roman en mettant Lisbeth Salander au coeur de l'intrigue (on apprend tout de nombreux éléments sur son vécu et les raisons ayant justifié certains de ses gestes), les éléments principaux étant quasiment tous cités.
Comme dit précédemment, le film vaut également le coup pour sa distribution. Michael Nyqvist se révèle très bon et très crédible dans son rôle de journaliste qui cherche coûte que coûte à obtenir la vérité, quitte à travailler à la limite de la légalité en faisant du chantage à des gens. Mais surtout c'est la prestation de Noomi Rapace qui impressionne. Dans son style gothique et quasi masculin par les manières qu'elle adopte, elle est clairement la Lisbeth Salander de Stieg Larsson. Si on s'attache à cette histoire, c'est avant tout parce que Noomi Rapace incarne parfaitement cette écorchée vive qui a dû vivre un passé particulièrement douloureux.
Au final, malgré des ambitions revues à la baisse sur le plan de la mise en scène par rapport au premier opus, Millénium 2 demeure un thriller de bon niveau.

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22.07.10

00:55:35, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Copacabana

Réalisateur : Marc Fitoussi

Durée du film : 107 minutes

Date de sortie du film : 7 juillet 2010

Avec
: Isabelle Huppert (Babou), Lolita Chammah (Esméralda), Aure Atika (Lydie), Luis Rego (Patrice), Noémie Lvovsky (Suzanne), etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Marc Fitoussi, Copacabana met en scène une Isabelle Huppert dans un rôle véritablement à contre-emploi. Cette grande actrice française incarne le rôle de Babou, une femme qui aime être libre, se laisser vivre au gré de ses envies. Mais avec cette attitude où Babou ne vogue que de petit boulot en petit boulot (selon qu'elle les trouve à son goût ou non), elle fait un peu tâche dans notre société actuelle. A tel point que la plupart de ses amis lui tournent et que même sa fille, Esméralda, finit par se désolidariser d'elle. Le point de non-retour semble être atteint au moment où Esméralda lui déclare qu'elle va se marier mais qu'elle n'est pas invitée au mariage car elle lui fait honte.
Blessée dans son amour-propre, Babou n'a plus d'attaches dans la ville où elle habite et elle va tenter de se relancer en acceptant de travailler pour une société qui vend des appartements en multipropriété. Cette pratique, le timeshare, qui fut très en vogue en Espagne notamment, a beaucoup été décrié et a fait l'objet de plusieurs arnaques qui ont été nettement relayées par les médias.
A fortiori, dans le cas présent, le but pour Babou n'est pas de vendre des appartements en timeshare en Espagne mais en Belgique, à Ostende, et en hors-saison ! Tout ceci est loin d'être particulièrement sympathique mais Babou va tenter l'expérience, en s'appuyant sur sa bonne humeur et son bagout habituel. Le réalisateur Marc Fitoussi n'y va pas de main morte quand il évoque les promoteurs immobiliers. Il fait vraiment passer les gens qui travaillent là-dedans pour des gens qui ne cherchent qu'à faire du profit et qui traitent leurs employés avec peu de considérations.

Babou et les trois personnes venues comme elle de France pour vendre des appartements ont d'une part la désagréable sensation de constater qu'ils ne vont être logés que dans des appartements étroits, et ce avec deux personnes dans chaque, et d'autre part ils ne sont pas des vendeurs mais uniquement censés aborder les gens dans la rue pour ramener la clientèle.
Seuls les chiffres comptent et si Babou a droit rapidement a plus de considérations que ses camarades (notamment de la part de leur chef, jouée par une Aure Atika particulièrement carnassière dans un rôle peu aimable), c'est uniquement parce qu'elle obtient des résultats très probants. Seul compte d'ailleurs le résultat. La manière dont il a été obtenu importe peu. La société immobilière cherche coûte que coûte à faire signer des gens, le fait qu'ils s'installent dans un bel endroit et bénéficient de belles prestations importe peu (l'exemple du canapé qu'il ne faut pas déplier en direct est assez parlant).
Le cinéaste Marc Fitoussi ne se limite pas à évoquer le monde de l'immobilier. Il traite également la condition des laissés-pour-compte, ceux à qui la société ne laisse guère de choix. C'est ainsi que Babou porte un regard attendri sur un couple de jeunes clochards, qu'elle accepte de loger, au risque de perdre son emploi. On comprend clairement que Babou représente le point de vue du réalisateur.
Le film vaut surtout par les rapports entre Babou et les différents personnages qui gravitent autour d'elle. Il y a son ami Patrice, avec qui elle s'entend parfaitement. Entre deux personnes à la dèche et qui ont des aspirations communes, à savoir vivre tranquillement, il y a une vraie complicité. On prend un réel plaisir à revoir Luis Rego qui interprète donc ce Patrice ô combien sympathique. Il y a également les relations de Babou avec son ex amie Suzanne, jouée par une Noémie Lvovsky particulièrement remontée contre Babou, ce qui ne l'empêche pas d'avoir la gentillesse de lui prêter sa voiture. Il y a aussi la relation entre Babou et son ami belge, ce dernier la lâchant car il a des sentiments et ne veut pas se limiter à jouer le rôle d'une « bite sur pattes ». Surtout, la principale relation de Babou est celle, conflictuelle, qu'elle entretient avec sa fille. Une relation difficile du fait des aspirations très différentes de ces deux femmes. Mais on prend plaisir à voir ces deux actrices qui jouent un rôle plus vrai que nature puisque Esméralda est jouée par Lolita Chammah qui est la fille d'Isabelle Huppert à la ville. L'épilogue réjouissante du film prouve que ce film a tout du « feel good movie ».
Au final, cette comédie qui a de nombreuses considérations sociales vaut largement le coup d'être vu, d'autant qu'elle permet de voir une Isabelle Huppert particulièrement inspirée et drôle dans un rôle qui lui sied parfaitement. Voilà un film riche et fort de sentiments vrais qui mérite d'être regardé.

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20.07.10

10:19:49, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Cargo

Réalisateur : Ivan Engler

Durée du film
: 2h

Date de sortie du film : prochainement (diffusé au NIFFF)

Avec
: Anna Katharina Schwabroh (Laura Portmann), Martin Rapold (Samuel Decker), Regula Grauwiller (Anna Lindbergh), Michael Finger (Claudio Vespucci), Claude-Oliver Rudolph (Igor Prokoff), Pierre Semmler (Pierre Lacroix), Yangzom Brauen (Miyuki Yoshida),

Par Nicofeel

Premier film suisse de science-fiction, Cargo est réalisé par Ivan Engler. Bénéficiant d'un budget manifestement relativement important, Cargo permet à son auteur de nous offrir une bonne série B tout à fait appréciable, à défaut d'être franchement originale.
L'histoire se déroule dans un futur lointain (2270), à un moment où la Terre est devenue inhabitable (critique évidente de notre société actuelle avec les menaces qui pèsent sur notre éco-système si rien ne change) et où les progrès en matière de conquête de l'espace permettent désormais à l'Homme d'aller vivre sur d'autres planètes. On suit quelques membres d'un cargo spatial qui a pour but d'amener ses occupants sur une planète colonisée, Rhéa.
A son bord, on retrouve l'équipage et notamment le médecin Laura Portmann, qui va être le référent du spectateur. D'emblée, le film fait référence à Alien avec l'équipage qui décide de se mettre dans des containers de cryogénisation afin de retarder leur vieillesse et leur permettre le lieu espéré, qui se situe à plusieurs années-lumière de la Terre. Évidemment, comme on peut fortement s'en douter, tout ne va pas se dérouler comme prévu et les membres de l'équipage vont devoir être réveillés avant leur arrivée.
Et là où le film est réussi, c'est qu'avec finalement peu de choses, il instaure une tension certaine. Qui est responsable du meurtre de Lacroix ? Qui a visité les soutes alors que les agents de l'équipage étaient censés endormis par la cryogénisation ? Qui a tué le programmateur Yoshida ? Beaucoup de questions restent pendant un bon moment et il faut reconnaître que l'on ne sait pas vraiment à quelle sauce on va être mangé. Le mystérieux occupant serait-il une sorte de mort-vivant à la Event Horizon ou serait-ce autre chose ?

Parfaitement maîtrisé sur le plan de la mise en scène, le film Cargo privilégie le filmage de longs couloirs obscurs avec un nombre de plans qui est relativement limité. Le cinéaste sait où il va et il évite la mise en scène tape-à-l'oeil de certains cinéastes actuels et d'un film récent comme Pandorum. On est dans un film où le cinéaste a décidé de mettre en oeuvre une vraie ambiance, n'usant pas de facilités au niveau de la réalisation.
Les effets spéciaux sont eux aussi tout à faits probants. Il s'agit certes d'animation 3 D, pourtant les vaisseaux que l'on voit dans cette représentation de l'espace et l'intérieur des vaisseaux est loin de faire toc. Les effets font très réalistes et ajoutent à l'intérêt que l'on peut porter à ce film.
Côté histoire, même si celle-ci est au fond assez classique et reprend des standards du film de science-fiction (il est clairement fait référence à Solaris et à Alien, voire à Event horizon), elle n'en n'est pas moins globalement efficace. On suit avec un certain plaisir les faits et gestes de Laura Portmann, bien décidée à résoudre cette étrange affaire où les morts s'amoncellent et où la destination des membres du vaisseau-cargo ne semble pas être Rhéa.
Les divers intérêts de chacun, que l'on ne connaît pas immédiatement, vont apporter un vrai plus à cette histoire. Car somme toute, Cargo demeure assez logique de bout en bout et aucune mauvaise surprise ne nous est réservée à la fin, comme cela avait par exemple été le cas dans un film comme Sunshine dont le revirement final n'était pas du meilleur effet. Les motivations très différentes des protagonistes justifient l'évolution de ce long métrage et permettent également de s'interroger sur plusieurs éléments de notre société contemporaine : tout ce que l'on nous dit à travers les médias est-il vrai ? Est-ce que les médias travaillent pour l'intérêt général ou uniquement pour eux ? Il est évident que le seul fait de poser ces questions donne un indice sur les réponses.
Il n'empêche, les leurres et revirements de situation de ce film sont crédibles et donnent un vrai rythme à Cargo. Pourtant, si on réfléchit bien, Cargo est quasiment dénué d'action. C'est plus un film d'ambiance qu'autre chose.
Du côté de la distribution, celle-ci est dans l'ensemble plutôt satisfaisante, même si aucun acteur n'émerge vraiment, en dehors d'Anna Katharina Schwabroh qui est très appliquée dans le rôle de Laura Portmann. On s'interrogera juste sur la présence de la petite fille dont le rôle dans le film est parfaitement dispensable.
Au final, même si Cargo ne joue pas vraiment la carte de l'originalité, ce film s'avère un spectacle de qualité sans réelle fausse note, et qui effleure quelques thématiques actuelles (l'écologie, le lobbying de certaines industries, etc.). Ce premier film suisse de science-fiction est donc une excellente surprise qui n'a pas à rougir de la comparaison avec d'autres films. A voir.

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15.07.10

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Mutant girls squad
Réalisateurs : Noboru Iguchi, Yoshihiro Nishimura, Tak Sakaguchi
Durée du film : 90 minutes
Date de sortie du film : non prévue à l'heure actuelle (film diffusé au NIFFF 2010)
Par Nicofeel

Tourné en vidéo (V-Cinéma), Mutant girls squad est un délire dans le genre action/gore.
Le film est découpé (comme les héroïnes qui s'y mettent à coeur joie) en 3 segments. Chacun de ces segments est mis en scène par un cinéaste différent : le chapitre 1 intitulé Eveil est signé Tak Sakaguchi ; le second dénommé Révolution est signé Noboru Iguchi et le troisième qui s'intitule Rébellion est l'oeuvre de Yoshihiro Nishimura.
Dans la lignée des Tokyo gore police, Machine girl, X-Cross, le film n'a guère de volonté artistique mais plutôt le souhait de faire plaisir à un public friand de spectacles décomplexés. Il faut d'ailleurs noter au passage que le film est surtout destiné à un public masculin. D'une part, le film offre une action ininterrompue avec de nombreuses scènes gore. D'autre part, on a droit à de jeunes héroïnes qui, comme par hasard sont habillées dans des tenues qui ont l'habitude de faire fantasmer un certain nombre d'hommes (une tenue d'écolière, une blouse d'infirmière). Sans compter le fait que l'on a droit à des combats entre filles.

Niveau scénario, cela ne monte pas très haut avec une jeune fille, qui vient tout juste de fête ses 16 ans, qui apprend qu'elle est mi-homme mi-mutante et que le gouvernement tente de supprimer les mutants. Elle se met alors dans l'idée de tuer les cruels humains et défend la cause des mutants. Aidée de jeunes filles de son âge qui sont aussi des mutantes, elle va combattre les vilains humains.
Les cinéastes se sont visiblement bien marrés avec un scénario complètement débile. Car nos mutantes, à l'instar de super-héros tels les X-men, disposent de super pouvoirs. Elles ont précisément des armes cachées en elles : il y a l’héroïne avec son bras bionique ; il y a la fille qui a une tronçonneuse cachée dans son cul ; il y en a une autre qui dispose de sabres dans les seins ; il y en a une qui transforme sa langue en une langue énorme.
Les cinéastes ont beau changer entre les divers segments, le spectateur ne sent pas vraiment de changement tant dans la mise en scène que dans le ton adopté par le film. Tout se joue avant tout autour d'un spectacle bien gore. On a droit ainsi à de nombreuses têtes qui sont découpées ; une femme qui est dépecée de toutes parts et qui devient du pain français !
Vu comme cela, le film pourrait paraître difficile d'accès en raison de la violence à l'écran. Cela n'est nullement le cas en raison d'un aspect comique délibéré qui a lieu tout au long du film. Les moments où le spectateur est amené à rigoler de cette histoire pour le moins atypique sont très nombreuses. On compte par exemple le moment où notre héroïne voit que son père est un mutant (utilisation d'effets spéciaux extrêmement rudimentaires qui ont pour effet de donner un côté kitsch à la situation) ; la tête du père qui termine sur le gâteau d'anniversaire (d'ailleurs à un autre moment l’héroïne voit son père en rêve avec seulement sa tête sur le gâteau d'anniversaire) ; l’héroïne qui coupe la main d'un adversaire avec son bras bionique ; une tête qui se fait découper et le raccord avec quelqu'un en train de manger.
Sur une musique bien énervée qui joue à fond la carte action, Mutant girls squad a tout de même un (léger) message à faire passer. Ainsi, la lutte des humains contre les humains, qui est vue comme un acte sanglant et inégalitaire, rappelle le droit de chacun à la différence. Cela n'est parce que l'on n'est pas comme tout le monde que l'on représente un danger.
Niveau distribution, c'est loin d'être le top. Les actrices sur-jouent un maximum. Il faut dire que les cinéastes ne leur demandent pas spécialement de bien jouer mais au contraire d'en faire des tonnes. On notera que le maître des mutants girls que l'on voit dans les trois segments est le réalisateur Tak Sakaguchi.
Côté mise en scène, là encore cela n'est pas le top avec un filmage quasiment à l'arrache. Quelques tics visuels sont là pour accroître le côté comique de l'ensemble, avec par exemple nos héroïnes qui sont filmées au ralenti lorsqu'elles partent au combat. On se doute que le film n'a pas dû mettre très longtemps à être tourné.
Au final, que penser de Mutant girls squad ? Il s'agit d'un film d'action qui comprend de nombreuses images gore où le sang coule à flot. Cela n'est pas fin pour deux sous mais cela donne au spectateur ce qu'il a envie de voir : un spectacle fun, jouissif, qui se donne immédiatement sans qu'il y ait le moins besoin du monde de réfléchir. Voilà le film parfait à voir entre amis.

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13.07.10

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The house of the devil
Réalisateur : Ti West
Durée du film : 93 minutes
Date de sortie du film : non prévue à l'heure actuelle (film diffusé au NIFFF 2010)

Avec : Jocelin Donahue (Samantha Hughes), Tom Noonan (Mr Ulman), Mary Woronov (Mrs Ulman), Greta Gerwig (Megan), etc.

Par Nicofeel

Produit par Larry Fessenden (connu pour réaliser des séries B avec de petits budgets), The house of the devil est signé Ti West. Auteur en 2005 d'une sympathique série B avec The roost, Ti West s'est par la suite complètement vautré en réalisant une très peu convaincante suite du film Cabin fever.
Avec The house of the devil, le cinéaste américain nous revient en grande forme avec un film qui n'est certes pas révolutionnaire mais qui se révèle fort efficace.
Quand on regarde The house of the devil, on a l'impression d'assister à un film d'horreur des années 80. Tout concourt à cette idée : les acteurs et plus précisément les actrices ont le style vestimentaire et une coupe de cheveux caractéristique de cette époque ; les automobiles sont bien datées ; les téléphones que l'on trouve sont bien loin des portables actuels ; et puis la photographie est sans conteste typée années 80.
The house of the devil rappelle le film Terreur sur la ligne (1979) de Fred Walton avec cette baby sitter venue garder deux enfants. Ici, le cas de figure est tout de même un peu différent mais l'ambiance tendue du début de Terreur sur la ligne est ressentie de manière identique. Dans le film de Ti West, plusieurs éléments étranges se déroulent dès le début : il y a la personne qui rappelle la jeune étudiante, Samantha Hughes, alors que celle-ci n'a pas laissé de numéro ; il y a également cette première baby sitter qui n'aurait pas convenu sans que les raisons soient bien connues (en tout cas au départ) ; il y a le fait que Samantha se fasse planter lors de son rendez-vous.

Mais surtout que dire de ce baby sitting qui se situe dans une bâtisse vieille, isolée et qui concerne non pas des enfants mais la mère du demandeur ? Pourquoi le demandeur est prêt à payer 400 dollars pour simplement surveiller une vieille dame qui dort déjà dans son lit ? Avec finalement peu de moyens et simplement des éléments pour le moins troubles et de longs couloirs obscurs, Ti West réussit à instaurer une vraie tension.
Doté d'un scénario plutôt intéressant qui met tout en œuvre afin que l’héroïne se trouve dans une situation de stress (comment la personne qui paye Samantha peut parler à son épouse à l'étage alors que celle-ci vient tout droit de la cave ? Qu'est-ce qu'il y a exactement à l'étage ?) et faisant tout pour que le spectateur prenne fait et cause pour son héroïne, Ti West livre un film vraiment prenant. Les déambulations de l’héroïne dans la maison sont tout à fait intéressants.
Surtout que rapidement (suite au décès de son amie) on comprend que Samantha va être seule face à son destin dans cette affaire. Avec un film qui privilégie une ambiance étrange et plutôt tendue, Ti West peut également se permettre de surprendre le spectateur et de le faire sursauter avec quelques moments de violence sèche, particulièrement inattendus.
Il en va ainsi lors du meurtre de l'amie de Samantha. Encore plus fort, et pas forcément prévisible, le film prend un virage à 360 degrés lors de ses vingt dernières minutes. Alors que l'horreur était jusque-là quasi exclusivement suggestive, on a droit à un déferlement d'effets gore (du reste tout à fait réussis) avec des meurtres qui ne font pas dans la dentelle.
De plus, Ti West a l'excellente idée de ne pas terminer son film comme on pouvait s'y attendre. Non, le réalisateur, qui aura marié plusieurs sous-genres différents (film de maison hantée, survival, film sur le diable), va surprendre le spectateur avec un premier twist bien carré (ce que décide de faire l’héroïne pour en finir avec ses problèmes) suivi d'un autre twist non dénué d'une certaine ironie.
Terminons la synthèse de ce film en louant la performance d'actrice de la jeune Jocelin Donahue, très bonne dans le rôle de Samantha. Avec cette actrice, on a sans conteste une nouvelle « scream queen » de talent. Sans l'implication de cette actrice, il va sans dire que le film n'aurait pas la même intensité.
Au final, the house of the devil est une très bonne surprise. Si The house of the devil n'est pas le chef d'oeuvre ni un long métrage qui va renouveler le genre, il s'agit d'un film respectueux du genre, et qui rappelle au grand plaisir du spectateur les films d'horreur des années 80. Avec en sus un changement de rythme dans le film dans son dernier quart qui est tout à fait appréciable. Voilà donc une très bonne série B à voir.

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09.07.10

07:40:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

par Nicore

Blood snow

Malgré son pitch apparemment classique annonçant une Nième histoire de fantôme revanchards, ce Blood snow va plutôt s'attacher à nous dépeindre l'aggravation de la schizophrénie de l'un des protagonistes déjà instable et rendu encore plus fragile par son environnement, ce que le réalisateur parviendra à rendre de manière éclairée, quitte à délaisser les spectres promis pour s'attarder sur une ambiance tendue qui hélas n'aura que peu de temps pour faire monter le pression, le métrage mettant du temps à réellement commencer pour ne devenir oppressant que dans son dernier acte assez méchant.
L'intrigue va laisser six amis partir en week-end dans un chalet isolé en pleine montagne mais bientôt une tempête de neige va les y coincer et une légende à base de colons cannibales va plonger l'un d'eux dans la folie.

Blood snowDans sa séquence pré-générique le métrage va mettre son spectateur dans l'ambiance en prenant place en 1846 pour y suivre deux colons entourés de restes sanglants et visiblement frappés d'une malédiction qui va se matérialiser en un homme qui ne va pas faire de détails pour les massacrer en hors champ. Ensuite, le métrage va faire un bond en avant pour revenir au présent et nous présenter ses six protagonistes, deux couples, Jerry et Samantha, ainsi que Karen et Michael, accompagnés par deux célibataires, Matt et Megan, offrant ainsi déjà une des orientations du film avec le possible rapprochement entre ces deux-là. Et heureusement, le métrage va s'éloigner des stéréotypes du genre en évitant de mettre en avant des adolescents typiques ne pensant qu'à boire et qu'au sexe pour au contraire avancer de jeunes adultes déjà plus mûrs (même si les conversations tourneront quand même régulièrement autour de la possible relation entre Megan et Matt) et ayant déjà un pied dans la maturité.

Blood snowCette présentation sera quand même légère et souriante pour laisser le temps d'un arrêt dans un bar l'obligation avertissement venir de la bouche d'un autochtone (joué par Michael Berryman) qui va vouloir raconter l'histoire de la montagne au petit groupe pour en être empêché par un de ses amis, le tout dans une ambiance tendue et menaçant de finir en bagarre générale si les personnages principaux n'avaient pas préféré s'éclipser. L'installation dans ce chalet "romantique" se fera toujours sur un ton badin et l'intrigue s'attardera même quelque peu sur cette partie du film qui certes permettra au spectateur de bien se familiariser avec chacun et d'appréhender les liens les unissant, mais quand même, le menace tardera à se manifester, et ce même si le récit de l'histoire de ces colons coincés dans la neige et obligés de se livrer au cannibalisme commencera à laisser entrevoir la nature des apparitions.

Blood snowEn effet, il faudra attendre une balade en scooter des neiges pour que Jerry soit victime d'une première hallucination (ou tout du moins considérée comme telle) lui laissant voir une forme spectrale qui va tenter de l'avertir, tandis que la situation générale va ensuite se dégrader, avec cette tempête de neige qui va bloquer le groupe dans le chalet dont le générateur d'électricité va tomber en panne et que la découverte d'un cadavre (bientôt appelé à disparaître tout seul) va définitivement ruiner le week-end reposant de chacun. Mais même dans cette partie l'intrigue va continuer à s'orienter vers ses personnages et notamment Megan et Matt pour suivre les tentatives de séduction de ce dernier qui se feront de façon presque attachante et en tout cas jamais barbantes.

Blood snowParallèlement à cet aspect de l'intrigue, le personnage de Jerry va continuer à voir régulièrement ces spectres, pour des apparitions qui ne chercheront pas à effrayer le spectateur mais plutôt à se montrer quelque peu graphique, quitte à frustrer puisque ces fantômes ne sembleront pas décidés à agir de manière violente, et au contraire ce sera ce Jerry qui va progressivement sombrer et devenir une menace pour ses "amis", lançant un dernier acte assez cruel en n'hésitant pas à tuer certains personnages sensibles de manière réaliste pour hélas ne pas justifier ou même valider l'existence de ces fantômes avec ce final ouvert qui ne renseignera pas le spectateur outre mesure.

Blood snowPar contre, malgré ses faibles moyens ne permettant pas de visualiser cette tempête de neige, le métrage parviendra à créer une ambiance d'isolement assez prégnante à défaut de véritablement générer une claustrophobie et la présence de ce personnage dangereux va quand même alimenter un petit suspense croissant qui une fois encore hélas n'aura que peu de temps pour s'exprimer, l'intrigue ne misant pas complètement sur cet atout pour faire durer le suspense en amenant l'issue finale assez rapidement, après seulement quelques rebondissements classiques et anticipables.

Blood snowL'aspect surnaturel du film sera donc largement sous-exploité avec ces fantômes guère présents pour uniquement quelques apparitions qui vont venir hanter Jerry et l'enfoncer dans sa schizophrénie de plus en plus évidente, laissant le doute planer sur la véracité de ces visions qui ne seront peut-être uniquement que le fruit de l'imagination détraquée de ce Jerry, et surtout cette menace fantôme sera bien souvent abandonnée au profit de situations annexes jouant sur les relations entre les protagonistes vers qui le réalisateur aura orienté une bonne partie de ses efforts.

Blood snowEn effet, les personnages, assez travaillés pour ne pas devenir énervants et même s'attirer une certaine sympathie (rendant ainsi certaines disparitions encore plus cruelles), auront tout le temps de s'exprimer et d'exister devant la caméra, limitant certes de manière drastique l'action mais ce sera pour avancer des situations heureusement pas toujours caricaturales et qui donneront une certaine profondeur à certains, et bien entendu surtout ce "couple" formé par Matt et Megan, ce qui pourra par contre rebuter le spectateur en quête de frissons ou de tension palpable, puisque le réalisateur optera plutôt pour une approche psychologique de son sujet non moins intéressante pour peu de bien vouloir rentrer dans son jeu.

Blood snowL'interprétation est cohérente malgré une certaine carence de charisme et d'ampleur de certains acteurs, et notamment James Kyson-Lee qui peinera à représenter une menace tangible, tandis que la mise en scène du réalisateur Jason Stephens sera assez efficace pour générer un sentiment d'isolement et rendre certains passages graphiques, ce qui se fera hélas quelque peu en vain. Les effets spéciaux sont probants pour maquiller ces spectres et pour quelque petits plans sanglants notamment issus de cauchemars certes en grande partie gratuits mais toujours percutants et même porteurs d'un léger érotisme.

Donc, ce Blood snow prendra une direction assez inattendue qui pourra ne pas plaire à tout le monde en s'éloignant du terrain sur lequel le film était attendu, mais pour autant, cela ne l'empêchera pas d'être captivant et donc de faire preuve d'une certaine audace derrière ses situations plutôt classiques !

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur l'édition française du film proposée par Emylia, une présentation est disponible ici !

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08.07.10

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Valhalla rising
Réalisateur : Nicolas Winding Refn
Durée du film : 90 minutes
Date de sortie du film : 10 mars 2010

Avec : Mads Mikkelsen (One-Eye), Maarten Steven (Are), Jamie Sives (Gorm), Ewan Stewart (Eirik), Gary Lewis (Kare), etc.

Par Nicofeel

L'auteur de la trilogie Pusher ou encore de l'inégal Bronson nous revient avec un film des plus étranges intitulé Valhalla rising, ou en français Le guerrier silencieux. Présenté à la Mostra de Venise en 2009, le film a de quoi décontenancer.
S'intéressant au monde des vikings, tourné pour l'occasion dans les Highlands écossais, Valhalla rising est un long métrage à mi-chemin entre du Ingmar Bergman et du Werner Herzog.
Le film narre l'histoire de One-Eye, prisonnier d'un chef de clan viking, Barde, qu'il tue avant de s'échapper avec un enfant, Are. Il s'enfuie alors à bord d'un bateau viking destiné à se rendre à Jérusalem. Mais le bateau se perd dans un brouillard particulièrement et se retrouve dans un endroit inconnu.
Dès le départ, et ce pendant toute sa durée, Valhalla rising est un film difficile d'accès. Le principal personnage du film, One-Eye, est muet et ses motivations restent pour le moins mystérieuses. Ajoutez à cela que les autres personnages du film ne sont pas beaucoup plus bavards. Le film ne joue pas non plus sur une action démesurée. Si One-Eye se révèle par moments particulièrement sanglant avec des actes de meurtre bien barbares, il n'empêche que la majeure partie de Valhalla rising joue sur un côté méditatif, contemplatif. One-Eye est avant tout un personnage étrange, muet, au regard impénétrable. Quelles sont ses envies, ses buts ? Nous n'en savons rien et tout cela concourt au côté étrange, évanescent de l'ensemble.
Divisé en 6 parties (Le courroux, Le guerrier silencieux, Les hommes de Dieu, La terre sainte, Les enfers, Le sacrifice), Valhalla rising fait penser à une sorte de trip sensoriel macabre. Car plus le film avance, plus le nombre de morts augmente et moins on a l'impression que les personnages vont s'en sortir. Il faut dire que les titres des différentes parties sont suffisamment explicites et n'invitent guère à un certain optimisme.
Tout concourt à faire de la terre sur laquelle débarque ces vikings le lieu de leur tombeau. Il y a d'abord le passage à travers cette brume épaisse. De façon symbolique, elle semble représenter l'entrée des enfers. D'ailleurs, cela n'est pas un hasard si notre principal personnage, One-Eye a à de nombreuses reprises des visions quasi cauchemardesques, lesquelles sont appuyées avec insistance par l'utilisation de filtres rouges.
On notera également que c'est lors de la partie V, intitulée sobrement les enfers, que le nombre de morts augmente de façon exponentielle.
Le film n'est pas pour autant uniquement une quête mortuaire. C'est avant tout un film méditatif sur la vie et la mort pris ensemble. Au demeurant, on constate que de nombreuses notions antinomiques sont évoquées dans le film : outre la vie et la mort, il y a l'enfer et le paradis.

Les éléments que l'on voit tout au long du film correspondent aussi à des choses qui s'opposent : après avoir vécu dans des lieux montagneux grisâtres (qui représentent la terre ferme), One-Eye traverse l'océan (donc l'eau) avant de se retrouver en pleine forêt (retour sur la terre ferme).
Pour donner un côté quasi hypnotique à ce film, Valhalla rising bénéficie d'une superbe photographie qui donne un côté atemporel à l'ensemble de ce film. Certaines scènes sont vraiment superbes, notamment lorsque l'on voit l'horizon ou simplement les beaux paysages naturels. Citons tout de même une très belle scène lorsque les « survivants » se retrouvent sur le haut de la colline et qu'ils évoquent leur avenir.
Et pour accroître le côté trip de l'ensemble, il y a une musique minimaliste par instants, à d'autres moments la musique est carrément coupée et il y a aussi de véritables ruptures avec une musique particulièrement bruitiste.
La fin du film, à l'instar du reste de ce long métrage, est très bizarre, avec One-Eye qui disparaît dans l'eau alors qu'au même moment il est mis à mort sur la montagne.
Film très atypique qui demande un effort certain au spectateur et qui ne plaira pas à tout le monde (par son ambiance étrange et par son rythme particulier qui donnent l'impression que l'intrigue avance lentement), Valhalla rising n'en demeure pas moins un vrai film d'auteur avec des qualités évidentes (trip sensoriel pour le moins original, photographie, interprétation de l'acteur principal). A voir si vous souhaitez regarder des films qui sortent de l'ordinaire.

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06.07.10

10:24:13, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Hélas, le mois de juin qui vient de s’achever n’aura fait que confirmer la baisse de régime des principaux éditeurs qui ne nous auront "offert" que peu de choses à se mettre sous la dent, avec encore quelques rééditions, plusieurs inédits, mais pas de titres majeurs ou de bonne surprises !

Pour les rééditions, Sidonis aura fait l'essentiel de l'actualité avec trois éditions de films anciens, Le chat noir et Le corbeau version Bela Lugosi et Boris Karloff, ainsi que La tour de Londres, proposé en pack avec ses deux versions, celle de 1939 et celle de 1962.

Le vaisseau de l'angoisse
True blood saison 2

De son côté, Warner aura doté Le vaisseau de l'angoisse d'un édition en Blu-ray et profité de la sortie de la deuxième saison de True blood pour rééditer la première.

Des filles pour un vampire
La fiancée de la jungle

Ce mois de juin aura quand même vu le retour salutaire d'Artus Films avec deux titres sympathiques, Des filles pour un vampire, critiqué dans son édition en zone 2 anglais ici, ainsi que La fiancée de la jungle.

Donnie Darko 2
Pulse 2

Au niveau de suites pas vraiment attendues, on notera l'édition de Donnie Darko 2 chez 20th Century Fox et celle de Pulse 2 chez M6 Vidéo, pour deux titres qui auront bien du mal à faire de l'ombre à leur prédécesseurs respectifs.

Cicak-Man 1&2

Emylia se sera contenté de nous proposer les aventures loufoques et délirantes du Cicak-Man pour un double DVD avançant les deux titres de cette franchise amusante, édition présentée ici tandis que les films sont critiqués ici pour le premier et pour le second. Mais l'éditeur aura l'occasion de se rattraper d'ici à la fin de l'année avec déjà l'annonce de quelques sorties des plus sympathiques.

The lovely bones

Seul titre inédit en DVD sorti en juin et ayant bénéficié d'une sortie en salles, The lovely bones permettra de retrouver de retrouver le cinéma de Peter Jackson grâce à Dreamworks.

Salvage
9ine dead

Pour les autres titres inédits, il aura fallut compter sur le Salvage et sa menace incertaine, édité par Opening, mais également sur BAC Vidéo et le thriller horrifique 9ine dead lorgnant du côté des Saw et de Cube.

Zombie war
Des serpents à bord

Enfin et bien plus anecdotique, on aura noté les sorties d'un zombie war chez Elephant Films et d'un Des serpents à bord du routinier Fred Olen Ray et ses reptiles mutants lâchés dans un sous-marin chez Sony.

Donc, après ce mois de juin bien morose pour l'amateur de cinéma fantastique et horrifique, le rendez-vous est déjà pris pour voir si ce mois de juillet qui vient de commencer aura été plus généreux, croisons les doigts !

True Blood : Saison 2 (Blu-ray)

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True Blood : Saison 2

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True Blood : Saison 1 (Blu-ray)

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Fnac à 20€
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Cicak-Man 1 & 2 / 2 DVD

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Lovely bones

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Amazon à 8.75€
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Lovely Bones (Blu-ray)

Lovely Bones (Blu-ray)
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Zombie War

Zombie War
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Le Vaisseau de l'angoisse (Blu-ray)

Le Vaisseau de l'angoisse (Blu-ray)
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Le Chat noir

Le Chat noir
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Le corbeau - Edition 2010

Le corbeau - Edition 2010
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07:44:16, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Blood snow
Blood snow

Après les zombies nazis de Dead snow, c'est au tour de spectres de colons cannibales de venir hanter la neige dans ce Blood snow, film américain indépendant qui constitue la nouveauté horrifique de ce début juillet (disponible à partir du 6) pour l'éditeur Emylia, toujours apte à nous dénicher des inédits surprenants.

Blood snow

Le script va laisser six amis parvenir à une cabane isolée pour profiter d’un long week-end à la montagne. Une tempête de neige épique interrompt leurs vacances, les prenants au piège en pleine montagne et ressuscitant des spectres cannibales… S’agit-il d’hallucinations ou de véritables fantômes ?

Blood snow

Mais contrairement à ce que l'on pourrait croire, le métrage ne va pas se limiter uniquement à des apparitions fantomatiques pour au contraire s'intéresser largement à ses personnages, de jeunes adultes et non les habituels écervelés ne pensant qu'au sexe et à la boisson, avant de mettre en avant la schizophrénie de l'un des protagonistes qui du coup va devenir dangereux, guidés par ces fantômes graphiques qui au final resteront sous-exploités, amenant de fait une certaine audace de la part du réalisateur dans sa volonté de se démarquer (mais tout en utilisant quand même des passages obligés du genre) qui pourra hélas rebuter certains spectateurs. On notera aussi la présence de Michael Berryman pour un caméo sympathique.

Blood snow

L'édition DVD proposera le métrage avec une image en 1.78 (16/9 anamorphique) tandis que la bande-son sera disponible en français en DD5.1 et en DTS, et en anglais sous-titré en DD5.1. Au niveau des bonus, on pourra suivre un sympathique making-of (hélas non sous-titré, ainsi qu'un diaporama. Le Blu-ray du film avancera une image également en 1.78 (AVC 1080p/24) pour une bande-son en français et en anglais sous-titré français en DTS-HD 5.1. pour reprendre les même bonus que l'édition DVD.

Blood snow

Donc, nous allons pouvoir bientôt découvrir cette histoire surprenante de spectres cannibales qui certes n'auront pas forcément la vedette, mais assureront un aspect graphique dans un film à l'ambiance chargée pour peu que l'on se prenne au jeu distribué par son réalisateur.

Blood snow menu général
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Blood snow

Blood snow
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05.07.10

07:55:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Splice
Réalisateur : Vincenzo Natali
Durée du film : 107 minutes
Date de sortie du film : 30 juin 2010
Avec : Sarah Polley (Elsa), Adrien Brody (Clive), Delphine Chaneac (Dren), etc.

Par Nicofeel

Après s'être fait connaître notamment par un certain Cube (1999) qui bénéficiait d'un scénario astucieux mais qui finissait par tourner en rond, Vincenzo Natali nous revient en 2010 avec un certain Splice.
Le synopsis nous amène dans le quotidien de deux chercheurs, Elsa et Adrien Brody, qui ont réussi à croiser l'ADN de deux espèces animales différentes, en vue de créer des vaccins pour soigner diverses maladies. Les gastéropodes Ginger et Fred (clin d'oeil à Fellini) qui ont été créés donnent envie à Elsa et Clive d'aller plus loin. Dans une totale illégalité, car leur hiérarchie leur interdit, ils réussissent à croiser de l'ADN animal avec de l'ADN humain : cela donne naissance à Dren, une créature à forme humaine qui se développe à vitesse grand V.
Avec un film qui traite des dangers de la science, Splice n'est pas sans rappeler l'oeuvre horrifique de David Cronenberg et principalement La mouche. Ce dernier film marquait le croisement entre un homme et une mouche. Ici, le cas de figure est identique puisque Dren est un être mi-homme mi-animal.
Seulement, dans La mouche, Seth Brundle n'a pas choisi de fusionner avec la mouche. Dans Splice, Elsa et Clive ont délibérément créé une nouvelle espèce, en dépit des dangers que cela pouvait comporter et en dépit de toute notion d'éthique. Le cinéaste Vincenzo Natali livre un film efficace et très prenant où l'on suit l'évolution de Dren et ses relations avec le duo constitué d'Elsa et de Clive.

Par une très belle photographie tant dans le laboratoire que dans le refuge ou dans les quelques extérieurs du film, Vincenzo Natali convie le spectateur pendant plus d'une heure 45 à une fascinante immersion. D'abord, on reste particulièrement intéressé par l'évolution de Dren qui ressemble de prime abord à un animal avant que l'aspect humain ne semble de plus en plus présent. Ensuite, ce sont les rapports entre Dren et le duo Elsa et Clive qui attire l'attention. Dans le rôle de Dren, Delphine Chaneac est excellente en exprimant de multiples émotions, sans avoir recours à la moindre parole. Tantôt elle fait preuve d'un véritable pouvoir d'attraction (jusqu'à une vision très sexuelle des choses) sur ses géniteurs et principalement Clive, tantôt elle convie à une certaine répulsion, notamment quand son aspect animal reprend le dessus.
Sans avoir l'air d'y toucher, Splice comporte plusieurs scènes bien gore. La plus marquante reste sans doute l'exposition au grand public de Ginger et Fred qui ne se passe pas comme prévu et se termine dans un véritable bain de sang. La fin du film ne fait pas non plus dans la demi-mesure avec des morts en pagaille.
L'échec de l'expérience Ginger et Fred mais aussi le revirement très inattendu de Dren (être polymorphe qui va connaître une sacrée évolution d'ici la fin) sont aussi là pour étayer les dangers de la science. Avant de vouloir donner lieu à une nouvelle espèce, il convient de s'assurer de certaines choses.
Le film est également intéressant par l'importance donnée à la procréation. Elsa ne veut pas avoir d'enfant mais elle est fascinée par le fait de créer un nouvel être. Elle est tout aussi intéressée par le fait d'éduquer cet être inconnu comme un être humaine. La conclusion du film n'est pas non plus anodine puisqu'elle donne d'une part l'occasion à Vincenzo Natali de faire une suite à son film et que d'autre part elle rappelle de manière claire et nette le film La mouche.
Bénéficiant d'une intrigue très prenante, même si on se doute que tout cela ne peut pas se terminer bien, Splice est un film de science-fiction intelligent qui pose de vraies questions sur notre société contemporaine, comme l'avait déjà fait à son époque le film La mouche (où de manière sous-jacente était évoquée la question du sida).
Côté casting, si Adrien Brody ne marque pas vraiment et est même un peu fade, en revanche les deux principaux rôles féminins joués par Sarah Polley et Delphine Chanéac contribuent à délivrer une vraie intensité émotionnelle.
On soulignera également la qualité des effets spéciaux. L'être hybride qui est créé de toutes pièces fait plus vrai que nature et Dren à l'état adulte est parfaitement crédible. On y croît et c'est ce qui fait que l'on peut se passionner pour ce film.
Le seul défaut que l'on pourrait trouver est en fin de compte un final qui s'étire un peu trop et qui joue également trop la carte de la surenchère.
Cela n'entache pas le plaisir que l'on a à voir ce film fantastique qui pose de vraies questions, dans la droite lignée de l'oeuvre horrifique d'un David Cronenberg. Sans conteste, Splice est la première grande réussite de Vincenzo Natali. On attend déjà impatiemment son prochain film.

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01.07.10

07:40:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Les petits ruisseaux
Réalisateur : Pascal Rabaté
Durée du film : 94 minutes
Date de sortie du film : 23 juin 2010

Avec : Daniel Prévost (Emile), Philippe Nahon (Edmond), Bulle Ogier (Lucie), Hélène Vincent (Lyse), etc.

Par Nicofeel

Avec Les petits ruisseaux, Pascal Rabaté adapte sa propre bande-dessinée. Il s'agit de son premier long métrage. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que cette comédie est fort originale.
Elle traite d'une question fondamentale qui n'est pas souvent abordée au cinéma : la solitude des gens du troisième âge. Le film va même aller plus loin en évoquant la sexualité de ces personnes (rappelant quelque peu pour le coup le film Septième ciel).
Les petits ruisseaux s'intéresse au personnage d'Emile (Daniel Prévost) qui voit que son ami de pêche Edmond (Philippe Nahon) profite de sa retraite pour sortir avec de nombreuses femmes. L'idée est bien de se faire plaisir et de rester actif à tous points de vue. Edmond n'est pas sans rappeler un certain Henri Serin (Jean-Pierre Marielle) dans Les galettes de Pont-Aven. Et ce d'autant plus que les deux ont une attirance immodérée pour la gente féminine et ses formes généreuses. L'un comme l'autre peignent des femmes. Et si Edmond meurt subitement d'une crise cardiaque, il aura eu le temps d'attiser l'envie d'Emile qui sent bien qu'il lui manque quelque chose.
Les petits ruisseaux va devenir la quête de la désinhibition d'Emile qui va se mettre à faire des choses dont il n'a pas l'habitude. Exit le Emile timide, réservé, qui n'ose pas aborder les femmes. Emile sait qu'il ne sera pas éternel et qu'il lui faut profiter de la vie. C'est ainsi qu'il retourne à ses origines à bord de son splendide bolide (!), une voiture sans permis orange qui ressemble à s'y méprendre à une voiture de playmobil géante (quel gag que cette voiture). Ce n'est pas un hasard si Emile y croise une bande de néo-hippies, qui vivent dans une vieille bâtisse, en plein nature, d'amour et d'eau fraiche, si l'on peut dire. Particulièrement tranquilles et sociables, ces néo-hippies vont apporter à Emile une sorte de deuxième jeunesse. C'est d'ailleurs en fréquentant ces jeunes qu'Emile va se rappeler une chose essentielle : il a lui aussi un corps qui mérite de vivre. Une scène est de ce point de vue fondamentale : celle où on voit un Emile pudique qui n'ose pas immédiatement se baigner nu dans un ruisseau, comme les deux jeunes filles, avant de rentrer finalement nu dans l'eau. Lorsqu'il ressort de l'eau il a la gaule, le ruisseau a un côté salvateur pour lui. De la même façon, la jeune fille avec laquelle il fait l'amour lui rappelle que le rapport sexuel est un élément très important et beau de la vie.

Plus que jamais, Emile est sur la bonne voie, celle du bonheur. Il ne fait plus attention à la société qui l'entoure mais il pense désormais à lui : il fume d'abord des cigarettes puis de l'herbe avec les jeunes hippies, histoire de faire la fête. Emile pense à lui avant tout. Le réalisateur Pascal Rabaté délivre ici un message universaliste : il faut profiter de la vie, vivre chaque instant pleinement. Il y a de beaux moments à vivre, si l'on s'en donne les moyens. Le cinéaste en profite également pour rappeler la beauté de la nature et compléter donc son message par une thèse très rousseauiste.
Le film aborde également de plein front l'amour chez les seniors et ce avec beaucoup de pudeur et de délicatesse. Le réalisateur se sert du ressort comique (l'accident de voiture) pour indiquer malgré tout une idée forte : la sexualité chez les gens du troisième âge existe belle et bien et elle est même nécessaire. Il faut bien voir que les gens du troisième ont aussi droit à leur moment de bonheur et la rencontre entre Emile et Lyse va permettre à chacun de briser la solitude et de créer un couple amoureux.
Le film signale en outre que le fait d'avoir un lien social est plus que jamais nécessaire dans notre société actuelle : c'est ainsi qu'Emile a ses amis du bar qui ne donnent pas leur langue au chat pour s'amuser (voir les épisodes avec les deux cyclistes) ; Emile peut compter sur le soutien indéfectible de sa famille et plus précisément de son fils ; Emile s'entend parfaitement avec ses amis néo-hippies).
Très bien interprété, et notamment par un Daniel Prévost qui se montre tantôt drôle tantôt touchant, Les petits ruisseaux est un beau petit film qui a aussi le mérite de bénéficier d'une très belle mise en scène (avec de nombreux plans-séquences où la fluidité du rythme est mise en avant, par rapport à d'autres films actuels où le montage est parfois saccadé) et d'une photographie impeccable qui fait ressortir la beauté des paysages naturels que l'on voit tout au long du film.
Si le ton abordé par le film est comique, il n'empêche que les thèmes évoqués sont pour le moins sérieux (la solitude, l'importance de créer du lien social, l'amour chez les personnes âgées, le fait de vivre pleinement sa vie) et valorisent d'autant plus un petit film qui sans avoir l'air d'y toucher démontre qu'il n'a rien à envier à la plupart des longs métrages qui sortent chaque année.
Optimiste et revitalisant, Les petits ruisseaux signale à tout chacun que le bonheur est dans le pré. Vous savez donc ce qu'il vous reste à faire !

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