Archives pour: Juillet 2012

11.07.12

05:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Return to sleepaway camp

Réalisateur : Robert Hiltzik

Date de sortie du film
: non prévue en France à l'heure actuelle

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h26

Avec : Vincent Pastore (Frank), Michael Gibney (Alan), Paul DeAngelo (Ronnie), Isaac Hayes (Charlie), Erin Broderick (Karen), etc.

Par Nicofeel

Robert Hiltzik a fondé toute sa carrière cinématographique sur la série des Sleepaway camp (Massacre au camp d'été en français). Il est ainsi le réalisateur du premier épisode, un slasher des années 80 (1983) qui se révélait plutôt sympathique, mais aussi le scénariste des 3 autres suites.
Return to sleepaway camp constitue donc le cinquième épisode des Sleepaway camp. Robert Hiltzik est, outre le scénariste du film, à nouveau le metteur en scène.
Pour autant, le retour derrière la caméra de Robert Hiltzik ne se matérialise pas de façon effective par la réalisation d'un bon film.
D'abord, le premier gros défaut du film est qu'il met beaucoup de temps à démarrer. Les meurtres sont très rares au début du film. Il faut attendre le dernier tiers du film pour voir enfin un nombre correct de meurtres alors que l'on se situe tout de même dans un slasher. Un comble !
On n'est pas non plus aider par l'ambiance générale du film. Se déroulant dans un camp de vacances avec les moniteurs et les jeunes, le film accumule les blagues potaches qui réussissent quasiment à faire passer Les bronzés pour un film d'auteur. Les dialogues dont je livre ici quelques morceaux choisis parmi tant d'autres donnent une bonne idée de toute la finesse du film : "Tu pues du cul" ; "Ton cul sent la merde" ; "Va t'faire mettre suce-boules."

Non seulement les dialogues sont affligeants mais les acteurs ne sont pas non plus au top. Loin s'en faut. Les jeunes acteurs comme les adultes se révèlent franchement très mauvais tous autant qu'ils sont. On a même l'impression que tous jouent des personnages qui sont de pures caricatures. Le top du top revient sans nul doute à l'acteur jouant le rôle du souffre-douleur, à savoir Alan, qui est franchement incroyable de bêtise.
Robert Hiltzik n'a manifestement pas porté une attention très importante à la direction d'acteurs...
S'il a écrit le scénario, ce n'est pas non plus un gage de réussite. Car le film est tout de même assez foireux dans l'ensemble. On devine assez aisément l'identité du tueur.
Quant aux effets spéciaux du film lors des meurtres, ils sont globalement mal fichus.
Pour autant, malgré cet amoncellement de défauts, Return to sleepaway camp demeure un film regardable. Pourquoi ? D'abord parce que la nullité des acteurs et des dialogues permet de regarder un véritable nanar. Donc voilà un film intéressant, si tant est qu'on le regarde dans une soirée entre potes.
Autre avantage du film, la diversité des meurtres. Entre un personnage tué par une friteuse ; un autre tué par de l'essence ; un autre par des rats ; un autre par un pieu placé dans l'oeil et un autre écrasé par des pics, on est tout de même surpris par cette inventivité. Certes, les meurtres sont grossiers et bien souvent on ne voit pas grand chose (hors champ ou ellipse), mais on est tout de même intéressé par assister à cette succession de meurtres.
Au final, que dire de Return to Sleepaway camp ? Ce cinquième épisode, et dernier à ce jour, des Sleepaway camp, est proche du nanar. c'est d'ailleurs ce qui permet de regarder ce film qui est truffé de défauts. A déconseiller aux amateurs d'horreur pure et dure car là on est franchement dans une comédie horrifique débilissime. A voir en connaissance de cause.

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10.07.12

05:00:00, Catégories: Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Une jeune danseuse touche une étrange matière organique, au cours d'une promenade en bord de mer. Elle est désormais sous l'emprise du parasite...aux portes de la folie !

Mon avis :

Pour son second long métrage, Sandy Depretz ("Borderline", "Parasite transfert", "Stardust") nous offre avec ce "Psychoprotoplasmes : L'emprise du parasite" un film expérimental et underground, très graphique, d'une incroyable beauté macabre, à la fois fascinant et déstabilisant.


Après une scène d'introduction où l'on peut apprécier la grâce de la danseuse chorégraphe Fabienne Bouland ("Parasite transfert"), mise en valeur par un splendide noir et blanc et par la réalisation inspirée du metteur en scène, qui change alors de format à chaque instant, l'histoire prend place sur une plage de Noirmoutier où celle-ci va vite se retrouver contaminer par un parasite, ce qui va avoir rapidement d'horribles conséquences sur son organisme. Ce parasite va alors pousser la jeune femme à se mutiler tant la souffrance qu'elle endure sera terrible.

Le film fait irrémédiablement penser aux premières œuvres de David Cronenberg, ce qui n'est nullement le fruit du hasard, puisque le terme psychoprotoplasmes est tout droit tiré du film "Chromosome 3" du réalisateur canadien. Durant tout le film, la jeune femme va vivre d'insoutenables souffrances rythmées par la très belle musique composée par Yann Moine de Uncut Music, la poussant peu à peu vers la folie. Ce long métrage est particulièrement gore et pourra paraître pour certains comme étant insoutenable, pourtant pour peu que l'on rentre dedans, c'est avant tout la beauté cruelle de celui-ci qui prendra le dessus. La très belle gestuelle de Fabienne Bouland y est d'ailleurs pour beaucoup dans la fascination qu'exerce ce film, qui avant tout se ressent.

Le scénario est des plus simples et ce n'est donc pas pour la complexité de l'histoire qu'on l'appréciera, même si cette dernière peut être interprétée de différentes façons. En effet, on peut le voir comme un film fantastique, mais aussi comme un film sur la folie où la jeune femme, atteinte, on peut le supposer, de bouffées délirantes aiguës, pense avoir un parasite en elle et se mutile afin de le retirer...

Le choix du noir et blanc est également fort judicieux et lui apporte un certain cachet, de même que les maquillages Sfx qui sont assez bluffants, il faut dire que Sandy Depretz a su bien s'entourer, puisqu'ils sont signés par David Scherer ("Blackaria", "Last caress", "8th Wonderland", "Bloody flowers", "Ladyblood", "Mirages", "The Theatre Bizarre"...), à qui l'on doit un nombre incalculable de prothèses et de maquillages toujours particulièrement réussis, sur de multiples courts et longs métrages, clips etc... Au final, on reste subjugué devant ce spectacle appartenant au Body Horror, qui sort incontestablement des sentiers battus dans le paysage cinématographique français.

"Psychoprotoplasmes : L'emprise du parasite" est une expérience à part et marquante, où Sandy Depretz démontre qu'il est un cinéaste de talent faisant preuve d'une sensibilité très particulière, nous livrant une œuvre d'une poésie macabre ne pouvant laisser indifférent.

Si le film a eu l'honneur d'être projeté au "Montréal Underground Film Festival" en 2009 et au "Horror Underground Filmfest of Tulsa (Okhlaoma)" en 2010, celui-ci reste inédit en DVD et le seul moyen de pouvoir le visionner, c'est en VOD sur le site de Réservoir films. Je vous conseille donc d'aller y jeter un coup d’œil afin de le découvrir (ainsi que beaucoup d’autres œuvres intéressantes !) avant une éventuelle sortie sur support physique...

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08.07.12

05:00:00, Catégories: Test de commande  

Titre du film : Tyrannosaur

Réalisateur
 : Paddy Considine

Date de sortie du film : 25 avril 2012

Origine
 : Royaume-Uni

Durée du film
 : 1h31

Avec : Peter Mullan (Joseph), Olivia Colman (Hannah), Eddie Marsan (James), Paul Popplewell (Bod), Ned Dennehy (Tommy), etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Paddy Considine, un jeune cinéaste, Tyrannosaur est un pur drame social qui se déroule dans la banlieue de Glasgow. Le chômage et la violence font bon ménage dans un quartier pauvre où la joie est cruellement absente.
Ce film britannique fait immanquablement penser au cinéma social des œuvres les plus éprouvantes de Ken Loach et de Mike Leigh. Tyrannosaur décrit principalement le quotidien de deux personnages et la relation qui s'établit entre eux.
Il y a d'un côté Joseph, un homme qui vit seul, est au chômage et tente d'oublier le monde dans lequel il évolue en buvant de l'alcool dans des pubs. Ici, le pub n'a rien de l'endroit festif où l'on boit avec ses amis. C'est un lieu sombre où l'on traîne sa peine. Le caractère aigri de Joseph l'amène par moments à être extrêmement violent, comme dans cette scène au début du film où il ne se rend même pas compte immédiatement qu'il vient de tuer son chien qu'il aimait pourtant.
Il y a de l'autre côté Hannah, une jeune femme qui vit dans un coin plus huppé de la ville, ce qui ne l'empêche pas d'être triste car c'est une femme qui est humiliée par son époux (lequel est interprété par Eddie Marsan, vu dans Be happy, et décidément habitué aux rôles de personnage cinglé). On comprend tout de suite que ce dernier est un être mauvais lorsqu'il se met par pur plaisir pervers à uriner sur sa femme alors qu'elle est en train de dormir sur un canapé. Hannah est une femme qui est sans cesse violentée par son époux : elle est battue, violée et terrorisée par celui-ci. Comme pour Joseph, elle ne trouve d'autre solution que de boire de temps à autre pour tenter d'oublier son morne quotidien.
Chacun à leur façon, Joseph et Hannah sont des écorchés vifs. Ce sont des êtres seuls qui ont autant besoin l'un de l'autre. Même si leur âge, leur niveau culturel et leur niveau social est différent, ils attendent de l'autre de la compassion. Tyrannosaur est un film sur la condition humaine qui est à sa façon empli d'humanité.

Toutefois, le réalisateur ne cède jamais à la facilité. Bien qu'il ne supporte pas sa condition, Joseph a du mal à vivre avec Hannah, comme il avait déjà du mal à vivre avec son épouse (laquelle était surnommée le tyrannosaure, d'où le titre du film). Joseph souhaite se reconstruire seul, en gardant ses problèmes et en ne récupérant pas ceux des autres. C'est un homme tourmenté, violent par instants, qui cherche cependant une vie meilleure et paisible. La très belle lettre qu'il écrit à Hannah pour lui exprimer toute sa gratitude et toute son huamnité prouve bien que Joseph est au fond un homme bien. Il est surtout victime d'un environnement qui l'empêche de s'en sortir, un peu comme le personnage de Mark dans le film Meantime de Mike Leigh.
Quant à Hannah, elle aspire elle aussi à une vie meilleure. Elle ne demande qu'à aimer les gens et être aimée en retour. Devant l'humiliation qu'elle a subie, cette dévote finit par briser un des préceptes du catholicisme pour mettre fin à son calvaire.
Tyrannosaur de Paddy Considine est d'un point de vue général un film qui prend la température d'une partie de notre société contemporaine et d'un point de vue plus particulier un film qui évoque les difficultés personnelles que rencontrent ses deux personnages principaux.
Si ce drame se révèle prenant, il le doit en partie à son excellente distribution. Peter Mullant interprètre avec brio le rôle de Joseph, cet homme alcoolique (à noter que Peter Mullan est lui-même le fils d'ouvrier et violent, et il a grandi dans la périphérie de Glasgow) qui combat ses démons intérieurs et ne parvient pas toujours à réfréner ses pulsions quasi animales. Pour lui rendre la pareille, Olivia Colman est parfaite pour interpréter Hannah, une femme meurtrie dans sa chair qui a perdu sa joie de vivre et se retrouve poussée à bout sur le plan mental et physique.
La mise en scène est pour sa part appliquée et rigoureuse, ne laissant guère d'échappatoire à ses deux protagonistes dans un univers où la violence est une chose banalisée.
Émaillé de quelques scènes heureuses qui sont les bienvenues, comme cette parenthèse qui a lieu dans un pub et au cours de laquelle Joseph et Hannah profitent enfin de la vie, Tyrannosaur n'est pas un film facile à regarder. C'est une leçon de vie pleine de subtilité qui a le mérite de captiver le spectateur. Paddy Considine est sans conteste un jeune cinéaste à suivre.

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07.07.12

05:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : De rouille et d'os

Réalisateur : Jacques Audiard

Date de sortie du film : 16 mai 2012

Origine : France

Durée du film : 1h55

Avec
 : Marion Cotillard (Stéphanie), Matthias Schoenaerts (Ali), etc.

Par Nicofeel

Auteur de plusieurs films à succès et appréciés par la critique tels que De battre mon cœur s'est arrêté et Un prophète, Jacques Audiard est de retour, et notamment sur la Croisette à Cannes où il a présenté son dernier film.
De rouille et d'os diffère quelque peu des autres films de Jacques Audiard dans la mesure où l'on est ici dans un pur drame. On a d'ailleurs affaire à des personnages que l'on peut qualifier d'écorchés vifs.
D'un côté, on a Ali (Matthias Schoenaerts) qui galère à joindre les deux bouts, à tel point qu'il décide de vivre provisoirement avec son fils de 5 ans chez sa sœur qui elle-même ne roule pas vraiment sur l'or.
Pour se faire de l'argent, Ali accepte soit des activités légales qui ne demandent pas d'expérience (videur de boîte de nuit ; veilleur de nuit) soit des activités qui l'amènent sur un terrain particulièrement glissant (combats de rue illicites ; installation de systèmes de vidéo-surveillance illégales dans des entreprises). Ali est un homme qui agit en fonction de ses pulsions mais qui peine à raisonner de manière censée.
Cela conduit Ali à répondre parfois de façon brutale à son petit garçon ou encore à avoir des rencontres éphémères sur le plan sexuel.

D'un autre côté, on a Stéphanie qui est une jeune femme mesurée, qui dispose d'un boulot stable mais qui est victime d'un terrible coup du sort suite à un accident : elle perd ses deux jambes et doit donc faire avec une nouvelle vie en tant qu'handicapée.
Le réalisateur Jacques Audiard brosse de manière plutôt juste le portrait de ces deux jeunes gens qui sont pour des raisons diverses des écorchés vifs, des personnes victimes d'une société dans laquelle il ont du mal à évoluer.
Pour asseoir la crédibilité de ces deux personnages, De rouille et d'os bénéficie du jeu parfait de ses acteurs principaux. Matthias Schoenaerts est très bon avec son côté viscéral qui donne de la profondeur au personnage d'Ali. Quant à Marion Cotillard, on l'a rarement vu à un tel niveau. On a tout bonnement l'impression qu'elle fait corps avec le personnage de Stéphanie qui a sa vie brisée et qui va tenter progressivement de remonter la pente.
Si la distribution du film est de grande qualité et que les personnages principaux ont bien été étudiés, il n'empêche qu'il manque immanquablement quelque chose à ce film.
Le film semble manquer d'intensité. Ne serait-ce pas dû à la relation entre Ali et Stéphanie qui aurait pu (dû?) être plus développée, notamment sur un aspect purement dramatique. Les destins de ces personnages se croisent, sans jamais vraiment s'entremêler. Cette relation reste toujours plus ou moins en pointillés, ce qui empêche le spectateur de se sentir totalement concerné par cette histoire qui manque de souffle dramatique.
Sur ce dernier point, on notera que la scène la plus forte du film est celle où le jeune garçon d'Ali a un accident qui met sa vie en danger. Son père fait tout pour sauver son enfant. Cette scène est marquante pour deux raisons : d'une part, la victime est un enfant ; d'autre part, on sent depuis le début du film que la relation entre Ali et son fils est très forte, même si elle est complexe. Ali a beau être un peu brutal et même un peu rustre avec son fils, on voit bien qu'il l'aime et qu'il fait tout pour lui, même s'il est parfois maladroit.
Le seul réel défaut de ce long-métrage qui est plutôt bien filmé et qui dispose d'une excellente distribution et d'une bande son punchy, reste en fin de compte le fait que les sentiments entre les personnages ne soient pas exacerbés. On aimerait avoir une histoire extraordinaire, comme sait si bien les raconter un cinéaste tel que Douglas Sirk.
C'est la capacité de transformer une histoire ordinaire en une histoire extraordinaire qui manque à Jacques Audiard. Certes, le réalisateur français met en scène un film bien calibré, sans défauts majeurs, mais le spectateur n'est réellement emporté qu'à de très rares moments. A fortiori, le film est globalement prévisible ce qui est dommage pour un film censé jouer sur la fibre dramatique.
De chair et d'os constitue donc un film plaisant à regarder mais qui aura bien du mal à s'élever comme l'une des grandes satisfactions de l'année 2012.

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06.07.12

05:00:00, Catégories: Interview  

Par Flo001fg

Ryan Lee Driscoll, le réalisateur de "Désaxé" sorti en mai chez Emylia, a eu la gentillesse de répondre à mes questions. Je vous invite vivement à découvrir ce cinéaste de talent et tout particulièrement son second long-métrage qui vaut vraiment le détour.


Version française :


-Bonjour Ryan ! Pouvez-vous nous parler d’ « Axed » ?

« Axed » raconte l’histoire d'un père très strict qui perd son travail suite à la crise économique mondiale. Malheureusement, il avait fait de son travail la chose la plus importante de sa vie. Quand il le perd, plutôt que de dire la vérité à sa famille, qui aurait pu alors l’aider, il décide de faire quelques coupes dans son budget. Et c’est malheureusement, sa famille qui devient sa principale cible.

- Jonathan Hansler est vraiment étonnant et le reste des acteurs est également très bien choisi. Comment avez-vous fait votre casting ?

Merci ! C'est la première fois que je travaille avec Jonathan et ça a été une merveilleuse révélation. Quand vous auditionnez des acteurs, vous savez qu'ils correspondent au rôle quand ils donnent une nouvelle dimension à la lecture du scénario. C'était le cas avec Jonathan. Il a vraiment cerné le personnage de Kurt et a savouré l'idée de jouer un homme complètement instable. Johnny a aussi été un comédien de stand-up et c’était vraiment intéressant de choisir des comédiens dramatiques pour jouer les membres de la famille par contraste avec Johnny qui jouait le père complètement fou. Il a aussi fait ressortir l’humour noir typiquement anglais du script, et d’ailleurs j'espère qu'il sera bien traduit dans les autres pays.

-Quels souvenirs gardez-vous du tournage ? Combien de temps celui-ci a-t-il duré ?

Le tournage a été vraiment difficile. Si j'étais honnête, je dirais que cela a été les trois semaines les plus douloureuses de ma vie. L’emplacement dans la campagne d’ « England's Lake District » était éloigné et entouré par des collines ; donc nos téléphones portables ne captaient pas de réseau et les communications étaient épouvantables. D’autre part, nous avions peu de temps à cause des contraintes budgétaires, donc nous avons dû travailler très vite et forcément nous avons dû faire des compromis. Ce ne sont pas des conditions idéales de travail, bien que parfois c’est dans des moments pareils que peuvent resurgir de bons jeux d’acteurs et des moments mémorables.


-Est-ce que la crise actuelle a été votre principale source d’inspiration au départ pour ce film ?

La crise financière a été sans aucun doute une source d'inspiration. Bien qu’en fait j’ai écrit le scénario trois ans après le début de la crise– c'est le temps qu'il faut pour finaliser un film ! J'étais aussi intéressé par le genre de personnalités répressives qui existent dans l’intimité de certaines familles. En particulier ce genre de père que vous redouteriez d'avoir. Ces personnes doivent exister dans la réalité bien sûr et je voulais étudier de quelle façon un tel père dominant pouvait manipuler et terroriser sa famille, au point qu’ils en deviennent impuissants en sa présence. Jusqu'à ce que finalement ils soient incapables de faire quoi que ce soit, même pas de se sauver eux-mêmes. C'est pour moi ce qui est vraiment horrible dans ce film.

-De quel budget disposiez-vous ?

Mes producteurs ne seraient pas contents si je donnais le budget du film alors qu’ils sont en train de le commercialiser en ce moment ! Ce que je peux vous dire, c’est que le film a coûté à peu près le prix d’une petite maison, ce qui est peu pour un long métrage !

-Pour quelles raisons « Axed » n’est sorti actuellement en DVD et en Blu-ray qu’en France ?

C'est difficile d'obtenir une sortie en salles pour un film qui n'a pas de stars au générique en France ou dans n'importe quel pays. Cependant les films d'épouvante ont vraiment une chance d'obtenir une distribution plus large car ils n'ont pas besoin de stars puisque c’est l’horreur elle-même qui est la star du film. C'est pourquoi ils peuvent coûter moins cher et sont donc très attractifs pour des producteurs indépendants comme moi.

-Avez-vous déjà signé pour d’autres sorties dans le monde ?

Oui, « Axed » a eu beaucoup de succès auprès des distributeurs partout dans le monde. Peut-être à cause de son sujet d'actualité. Plus de 12 pays ont déjà acheté le film, y compris Lionsgate pour une édition anglaise. En fait deux labels importants du film d'horreur étaient en compétition autour du film à Cannes cette année. On en saura bientôt plus sur le vainqueur de cette drôle de bataille, et c'est très excitant !

"Making a killing"

-Pouvez-vous nous parler de « Making a killing », votre premier film en tant que réalisateur ?

« Making a killing » est un thriller qui raconte l’histoire d'un groupe d'acteurs qui imite le meurtre d'un tueur en série afin de toucher une prime d'assurance-vie. Malheureusement, le tueur est bien plus proche d’eux qu’ils ne pouvaient l'imaginer. L’intrigue est beaucoup plus compliquée que dans le film « Axed », car il y a beaucoup de rebondissements et de retournements de situations.


-Peut-on espérer qu’il sorte un jour en France ?

Oui, j'espère qu'il aura une édition française un jour. D’ici-là, je pense qu’il pourra être importé du Royaume-Uni ou des États-Unis où il est sorti sous le titre : « Murder by design ».

-Avant de passer à la réalisation, vous étiez monteur notamment sur « Funny man ». Est-ce que cette expérience vous sert beaucoup en tant que metteur en scène ?

Avoir un passé de monteur est toujours utile pour un réalisateur. Vous connaissez tout sur la structure des films. Et ça vous aide aussi à comprendre l'importance du rythme. En effet, l’un des plus gros défauts des films actuels est qu’ils mettent trop longtemps à raconter leur histoire. Tout ce qui vous apprend à raconter ce que vous devez dire de la façon la plus courte et la plus concise est important !


-Avez-vous des projets en cours ?

J'ai d’autres projets de productions de films, et ce sont encore des thrillers et des films d'horreur. J'ai l’impression que ces genres me conviennent! Pour plus d'informations, je possède des sites internet, www.axedmovie.com et www.shininglightfilms.com, et je suis aussi sur twitter : @shininglightpix.

Merci beaucoup Ryan!

English version :

- Hello Ryan! Can you tell us more about « Axed »?

‘Axed’ is about a strict disiplinarian father who loses his job in the
worldwide economic crisis. Unfortunately he has made his job the most
important thing in his life and when he loses it, rather than tell his
family the truth so they can sort out the problem, he decides to make
some cutbacks of his own. And unfortunately his family are his intended
targets.


- Jonathan Hansler is really surprising, and the rest of the actors is
also well chosen. How did you make your casting ?


Thanks! This is my first time working with Jonathan and he really was a
fantastic revelation. When you audition actors you know they are rightuu
for the part when they read the lines in your script and take it to a
whole new level. This was the case with Jonathan. He really understood
the character of Kurt and relished the idea of playing a man who is
totally on the edge. Johnny also has a background as a stand-up
comedian so it was really interesting to cast straight drama actors as
the family in contrast with Johnny as the completely manic father. He
also brought out the element of dark humour in the script which is
particularly British I suppose so I hope it translates in other countries.



- What kind of memories you keep from the shooting? How long this one
lasted?


The shoot was really difficult. If I'm honest it was the most painful
three weeks of my life! The countryside location in England’s Lake
District was remote and surrounded by hills so our mobile phones stopped
working making communication a total nightmare. Also because we only
had a short time due to budgetary constraints, we had to work very
quickly and inevitably many compromises had to be made. This is not an
ideal way to work although sometimes when you are under pressure good
performances and story moments can emerge.


- Is the actual crisis was at first your main source of inspiration for
the movie?


The financial crisis was certainly one source of inspiration. Although
I actually wrote the screenplay when the crisis was first starting over
three years ago -- that's how long it takes to get a film together! But
also I was interested in the kind of repressive personalities that exist
in family life behind closed doors. Specifically, the kind of father
that you would dread to have. These figures do exist in reality of
course and I wanted to explore how such a dominant father could
manipulate and terrorize his family to such an extent that they would
become powerless in his presence. Until finally they are unable to do
anything, not even to save themselves. This for me is the true horror
in the film.


- What was the budget for the movie?

I cannot say exactly what the budget is at the moment as the film is
being still sold around the world and my sales agents would not be too
happy! However I can probably say that it was made for about the cost
of a small house which is not that much for a feature film!

- Why « Axed » is actually only release on DVD and Blu-ray in France?
Any reason?

It is difficult to get a cinema release of any film if it does not have
well-known stars in it in France or in any other country. However
horror movies do stand a chance of getting wider distribution – they do
not need stars as the horror is the star - which is why they can be made
cheaper and so are very attractive for independent film makers like
myself to get involved in.


- Others releases on DVD planned in the world?

Yes, luckily 'Axed' has been really popular with distributors all over
the world. Perhaps due to it’s timely subject matter. Over 12
countries have picked the film up at the moment including Lionsgate for
the UK release. In fact 2 major horror labels were fighting over the
film in Cannes this year. More details about who won that particular
battle will be announced shortly – and it’s all very exciting!

"Making a killing"


- Can you tell us more about « Making a killing », your first movie as
director ?


‘Making a Killing’ was a thriller about a group of actors who fake a
serial killer murder in order to claim the insurance money.
Unfortunately the killer is a lot closer than any of them could
imagine! The plotline is much more complicated than Axed with lots of
twists and turns.

- Can we hope a release in France in the future?

Yes, I do hope it gets a release in France one day. Until then I guess
it could be imported from the UK or from the US where it is called
‘Murder by Design’.

- Before realization, you were editor especially on « Funny man », is
this kind of experience serve you a lot as director?

Having a background as an editor is always useful for a filmmaker. It
teaches you everything about the structure of films. And it also
obviously helps you to understand the importance of pacing. Some of the
biggest problems with films these days is they simply take too long to
tell their story. So any discipline that teaches you to say what you
need to say in the shortest and most concise way can only help a project!


- Have you current projects ?

I do have a number of other film productions planned and once again they
are thrillers and horror movies. I've got a feeling I might stick to
these genres! For further information I have websites at
www.axedmovie.com and www.shininglightfilms.com and I am also on twitter
@shininglightpix
.

Thank you very much Ryan!

Merci à Nathalie Serre-combe, Nicolas Orlando et Didier Mocq pour leur aide précieuse pour la traduction!

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05.07.12

05:00:00, Catégories: Top 10  

Durant le mois de juin 2012, les dvdpascheriens ont eu l'occasion d'envoyer le top de leurs 20 séries préférées.

Un grand merci à Yannickv qui s'est occupé de recenser le classement des différentes séries.
Et un grand merci aux 28 participants qui se sont prêtés au jeu, à savoir Barbe-Noire, zardi, ikkoku59, Bridoli, TheForsaken, shambleau, kakashi3561, Evilfred, Minimyr, makimura, c2302t, langeikki, Noyrac, nicolaoua, Johnny-Fan, ill nino, ghostwolf, dale cooper, reno11, Ivenpast, wood, LeMartien, flo001fg, asiafan, Frediwan, utique, nicofeel, grogro et bien évidemment Yannickv.

Et voici les résultats :
1. X-files (1993-2002), genre : fantastique

2. Sur écoute (2002-2008), genre : policier

3. The shied (2002-2009), genre : policier


4. Columbo (1968-2003), genre : policier
5. Chapeau melons et bottes de cuir (1961-1969, 1976-1977), genre : action
6. Twin peaks (1990-1991), genre : policier
7. Six feet under (2001-2005), genre : drame
8. Lost (2004-2010), genre : aventure
9. Babylon 5 (1993-1999), genre : science-fiction
10. Le prisonnier (1967-1968), genre : fantastique
11. La quatrième dimension (1959-1964), genre : fantastique
12. Les soprano (1999-2007), genre : drame
13. Le trône de fer (2011- ), genre : fantastique
14. The walking dead (2010- ), genre : horreur
15. Frères d'armes (2001), genre : guerre
16. Les mystère de l'ouest (1965-1969), genre : western
17. A la maison Blanche (1999-2006), genre : drame
18. 24 heures chrono (2001-2010), genre : action
19. Docteur Who (2005- ), genre : science-fiction
20. Oz (1997-2003), genre : drame

Ce classement mérite quelques développements.

D'abord, ce ne sont pas fondamentalement les séries les plus récentes qui ont écrasé le classement. Une série comme X-files qui trône sans conteste au sommet a débuté en 1993. Il faut croire que les aventures de Mulder (David Duchovny) et Scully (Gillian Anderson) ont particulièrement marqué les spectateurs.
Trois autres séries cultes comme Columbo avec Peter Falk (1968), Chapeau melon et bottes de cuir (1961) ainsi que la série Twin peaks (1990) de David Lynch sont respectivement classés 4ème, 5ème et 6ème. Un peu plus loin, en 16ème position, on retrouve Les mystères de l'ouest avec un autre duo célèbre : Robert Conrad et Ross Martin.

En fait, si l'on se réfère à la première année de diffusion de chaque série, le classement se révèle assez hétéroclite : on a 1 série des années 50, 4 séries des années 60, 6 séries des années 90, 7 séries des années 2000 et 2 séries des années 2010.

Comme quoi, ce ne sont pas spécialement les séries qui sont actuellement diffusées qui obtiennent les meilleurs résultats. On notera que seules 3 séries en cours de diffusion font partie de ce top 20. On a trois séries appartenant à trois genres différents : Le trône de fer (13ème, fantastique) qui adapte la saga de George R. Martin, The walking dead (14ème, horreur) et Docteur Who (19ème, science-fiction).

On peut d'ailleurs faire quelques commentaires quant aux genres les plus cités. Evidemment, j'ai choisi de mettre chaque série dans une catégorie bien déterminée, même s'il est évident que certaines séries comportent plusieurs genres.

Bizarrement, le genre qui brille le plus par son absence est celui de la comédie. Est-ce à croire que les spectateurs ne voient ces séries uniquement comme un moyen de passer un moment sympathique et rien de plus ? Difficile à dire.
En tout cas, d'autres genres sont bien représentés : on a 4 séries fantastiques, 4 séries policières, 4 séries dramatiques, 2 séries d'action, 2 séries de science-fiction, 1 série d'aventure, 1 série de guerre, 1 série de western et 1 série d'horreur.

Au final, un peu comme le top 20 « général » des films préférés, ce top 20 séries se révèle assez riche et diversifié, offrant la possibilité de voir des séries très différentes et qui ont été conçues à des époques différentes.

Pour ceux qui ne connaissent pas certaines de ces séries (et je fais partie de ces gens!), vous voyez vers quelles séries il convient de vous tourner.

Permalink 660 mots par nicofeel Email , 471 vues • Réagir

04.07.12

05:00:00, Catégories: Interview  

Par Flo001fg

Fabrice Lambot, réalisateur notamment de « Dying god » et producteur de nombreux projets via Metaluna Productions a eu la gentillesse de répondre à mes questions malgré un emploi du temps surchargé.

- Bonjour Fabrice. Vous avez actuellement un emploi très chargé entre la sortie récente de « The Theatre Bizarre » et le tournage de « L’Autre Monde ». Pouvez-vous nous parler de ces deux films que vous produisez?

"The Theatre Bizarre"

Bonjour. « The Theatre Bizarre » est une anthologie horrifique que nous avons tourné en 2010/2011 et qui a fait le tour des festivals de films fantastiques en 2011. Il est sorti en salles en France le 9 mai 2012, dans un petit réseau, mais le film va continuer de tourner de ville en ville jusque septembre. C’est David Gregory de Severin Films aux USA qui est à l’origine du projet et quand il nous en a parlé, nous avons décidé de nous joindre à l’aventure comme coproducteurs. Le premier film incluait les réalisateurs Douglas Buck, Buddy Giovinazzo, David Gregory, Karim Hussain, Jeremy Kasten, Tom Savini et Richard Stanley. Chaque réalisateur avait le même budget et une liberté artistique totale, à partir du moment où ils touchaient de près ou de loin au concept du grand guignol. Nous préparons actuellement un « The Theatre Bizarre 2 » que nous espérons tourner cette année.

Tournage de "L'Autre Monde"

Quant à « L’Autre Monde », c’est le nouveau long métrage documentaire de Richard Stanley, réalisateur des films « Hardware » et « Dust Devil », mais aussi de documentaires fascinants comme « The Secret Glory » ou « The white Darkness ». J’ai rencontré Richard quand nous avons produit « The Theatre Bizarre », puisqu’il a tourné son segment près de Montségur dans les Pyrénées. Quand il parlait de ce nouveau projet, sur les légendes et le surnaturel dans le sud ouest de la France, en me rappelant les lieux de tournage tous plus étranges les uns que les autres sur son segment « The Mother of Toads », je me suis dit qu’on devait foncer et produire ce film. Le tournage se passe très bien, et nous espérons pouvoir finir le film avant la fin de l’année.

Tournage de "L'Autre Monde"

- N’étiez-vous pas tenté de réaliser un des segments de « The Theatre Bizarre » puisque vous êtes également réalisateur ?

On verra plus tard. Pour le premier, c’était hors de question car David Gregory réalisait déjà un segment, en tant que producteur-réalisateur (il avait réalisé le long « Plague Town ») et il était hors de question de voir les deux producteurs s’accaparer chacun un segment. Et il y avait de toute manière beaucoup trop de travail à gérer les différents segments. Je suis allé sur les prépas et tournages à Los Angeles et Montréal, notamment sur le segment de Douglas Buck pendant tout le tournage, et ça a donc pris beaucoup de temps et d’énergie. Et j’aime beaucoup produire, autant que mettre en scène.

Catriona MacColl dans "The Theatre Bizarre"

- Quel est votre rôle sur les tournages en tant que producteur ?

Beaucoup de producteurs ne vont pas sur les tournages. Ils ont une équipe de production, avec un directeur de production, des assistants, etc., mais je ne conçois pas de produire un film sans être sur le tournage, m’assurer que tout va bien, gérer les aspects financiers, logistiques, même créatifs et aider de quelque manière que ce soit, aussi bien en coupant la circulation pendant des heures sur une petite route près de Montréal pour « The Accident », que pour assister le chef machiniste comme je l’ai fait sur « Samurai ». J’adore être sur les tournages, sentir le film prendre forme, et je n’ai pas envie de rester assis derrière mon bureau à attendre que ça se passe. Actuellement c’est le cas, nous sommes en plein tournage de « L’Autre Monde », et je ne peux pas être sur le plateau depuis une semaine et ne pourrait m’y rendre que pour la dernière semaine de tournage, ce qui me frustre énormément, et sans doute aussi un peu l’équipe qui est habituée à me voir sur les tournages en permanence.

- Est-ce que le fait de ne pas avoir endossé la casquette de metteur en scène depuis quelques années ne vous manque pas de trop ?

En fait j’ai un court métrage, « Le Pénitent », qui est soutenu par la Région Lorraine, et que je dois tourner avant la fin de l’année, mais il faut que j’arrive à trouver le temps de me mettre dessus à temps plein, très difficile avec tous les projets en cours. J’aime beaucoup mettre en scène, mais je suis de plus en plus passionné par la production et je pense vraiment que c’est ce que je vais continuer de faire car je m’éclate encore plus que dans la mise en scène.

"Insanity"

- Quels souvenirs gardez-vous des tournages de « Insanity », « Le sang du châtiment » et « Dying God » ?

Je garde un bon souvenir d’ « Insanity », qui était mon premier court et s’était fait dans des conditions assez rock’n’roll, mais avec une vraie ambiance glauque et des comédiens impliqués, et aussi de mon second court « Le Sang du Châtiment », même si le scénario était un peu trop ambitieux pour un court. En fait c’était un sujet de long condensé sur un court, et on sent parfois que c’est un peu touffu, mais bon ça m’a permis de rencontrer le comédien Enrique Liporace, très connu en Argentine, avec qui je suis devenu ami et toujours en contact, ayant eu l’occasion de travailler de nouveau ensemble.

"Le sang du châtiment"

Par contre pour « Dying God » c’est une expérience assez douloureuse. La production en Argentine n’était pas du tout à la hauteur, et on a foncé dans le mur jour après jour. Je dois dire que c’est aussi ma faute, car j’ai validé un scénario complètement infaisable avec le budget qu’on avait, avec 49 rôles parlants, plus de 20 lieux de tournage, des effets gore, du sexe, etc. Absolument injouable avec le budget qu’on avait, et comme l’équipe de production locale s’est très vite retrouvée dépassée par les évènements, on a eu beaucoup de mal à tourner le film comme je le voulais, et j’ai dû sacrifier nombre de séquences et d’autres sont malheureusement cheap.

Lance Henriksen dans "Dying God"

J’aime quand même certaines séquences du film, et je garde un super souvenir par contre des comédiens. Travailler avec Lance Henriksen, super comédien et être humain d’une gentillesse et d’une modestie inouïe, restera gravé dans ma mémoire à tout jamais. Enrique Liporace était aussi de la partie, et j’ai rencontré la très talentueuse et très belle Victoria Maurette avec qui je suis devenu ami et avec qui j’ai travaillé de nouveau sur « The Theatre Bizarre ». Mais bon globalement, ça reste une expérience plutôt douloureuse et j’ai du mal à regarder le film.

Misty Mundae dans "Dying God"

- Pour quelles raisons avez-vous tourné vos différents films en tant que réalisateur en Argentine ?

Déjà parce que ma femme est argentine, et qu’elle m’a fait découvrir son pays qui est fabuleux, avec des gens exceptionnels, et une industrie cinématographique qui est l’une des meilleures au monde avec des techniciens de grande qualité professionnelle et humaine. Au niveau financier, c’est intéressant aussi car moins cher, mais c’est surtout au niveau humain que c’est génial. Je suis complètement tombé amoureux du cinéma argentin et de ses techniciens. On a d’ailleurs coproduit le long métrage « Samurai », film argentin qu’on a tourné dans la région de San Luis en décembre dernier.

- Comment s’est créé Metaluna Productions ?

Metaluna Productions s’est créé en 2005, d’abord sous forme d’association, pour officialiser le tournage de « Le Sang du Châtiment » et lancer d’autres projets qu’on avait à l’époque, et en mars 2007 on est passé en SARL avec Jean-Pierre, pour monter « Dying God » et nous lancer dans la production à temps plein, et depuis on a fait notre petit bonhomme de chemin et on grandit tranquillement.

- Comment est née votre collaboration avec Jean-Pierre Putters ?

Avec Jean-Pierre c’est d’abord une histoire d’amitié. Il a d’abord été mon mentor, quand je publiais mon fanzine Atomovision dans les années 1994-1996. Il me donnait des conseils, et je lui passais des VHS de films rares pour alimenter sa rubrique craignos monsters, et puis un jour soudainement on s’est découvert une passion mutuelle pour le tennis, et c’est là que tout a vraiment commencé, à coups de revers ravageurs le long de ligne de jpp. De mentor il est devenu un copain, et même mon meilleur ami, un être rare, une personne en or, d’une gentillesse et d’une sensibilité à fleur de peau qui me touchent beaucoup. Et puis on est tous les deux des dingues de boulot et ça nous rapproche. On n’arrive pas à tenir en place et à rester sans rien faire.

Fabrice Lambot, Bruno Terrier, Jean-Pierre Putters
et Julien Maury à Movies 2000 lors de la promo de "Livide"

- Pouvez-vous nous parler de vos autres activités et notamment de la revue Métaluna et de la mythique boutique Movies 2000 ?

Alors justement quand je dis qu’on ne tient pas en place, c’est parce qu’on multiplie les activités. Si la production est mon boulot à plein temps et pas à 35h / semaine, plutôt le double, en plus on continue à s’éclater en écrivant dans notre revue Métaluna, à la parution certes très aléatoire, mais on va y remédier prochainement, et aussi en gérant la boutique Movies 2000 qu’on a repris, et mine de rien c’est aussi du boulot même si Bruno Terrier tient la boutique de main de maître. C’est encore moi qui passe les commandes, qui envoie les colis, et jpp qui gère une partie des stocks, notamment les photos et les magazines. Mais bon on s’éclate et tant qu’on s’amuse, on continue…

- En dehors de « L’autre monde », avez-vous d’autres projets en cours ?

Oui on en a plein ! Déjà on finit le long « Samurai », un western philosophique coproduit avec l’Argentine, et on prépare « The Theatre Bizarre 2 » et pourquoi pas 3… On a aussi plusieurs « french frayeurs » en développement, et d’autres films en coproduction avec les USA et l’Argentine, mais il est trop tôt pour en parler.

Sur le tournage de "Dying God"

- Êtes-vous un gros consommateur de DVD et de Blu-ray ?

C’est Bruno qui m’a poussé à me mettre au BR il y a quelques mois, et je ne regrette pas. Et oui, je suis un énorme consommateur, acheteur, de DVD et Blu-ray puisque j’approche les 3000, et que j’ai des piles entières que je n’ai pas encore pu regarder, mais en matière de fantastique, j’achète beaucoup de films. Je ne télécharge jamais, et je ne regarde quasiment jamais de films à la télé, mais par contre presque tous les soirs on regarde un film avec mon épouse, et parfois j’en regarde aussi en faisant de la compta ou des dossiers… Et je continue aussi d’aller au cinéma, une fois par semaine à peu près, et je vois beaucoup de films dans les festivals.

Merci Fabrice pour avoir pris le temps de répondre à mes questions !

"Dying God"

Vous trouverez ci-dessous les DVD actuellement sortis en France dont Fabrice Lambot est le réalisateur, ainsi que ceux produits ou édités par Metaluna Productions:

Dying God

Dying God
Amazon à 13.6€
Fnac à 20€
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Le sang du châtiment

Le sang du châtiment
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Marvel 14 : Les super-héros contre la censure

Marvel 14 : Les super-héros contre la censure
Fnac à 14€
PlusDeDVD à 15.63€
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Dr. Gore

Dr. Gore
PlusDeDVD à 13.79€
Amazon à 17€
Fnac à 17€
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French demence Vol. 1

French demence Vol. 1
Fnac à 11€
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Permalink 2032 mots par flo001fg Email , 874 vues • 2 retours

03.07.12

05:00:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Après de nombreuses années de recherche, le prospecteur Sam Cooper (Van Heflin) découvre enfin un filon d’or. Pour l’exploitation difficile, il demande l’aide de Manolo (George Hilton), son fils adoptif. Celui-ci rejoint Sam, et cherche à imposer le Blond (Klaus Kinski). Sam sollicite alors la venue de Mason (Gilbert Roland), un vieil ami à lui. Les quatre hommes se lancent dans l’expédition. Entre rivalité et convoitise, tous ne reviendront pas vivants.

Mon avis :

Unique western réalisé par Giorgio Capitani ("Une langouste au petit déjeuner", "Je hais les blondes", "L'amour c'est quoi au juste?", "Le grand défi"), "Chacun pour soi" est un western italien assez unique en son genre, puisqu'il ressemble plus à un western classique américain qu'à un western spaghetti, tout en comportant quelques éléments plutôt originaux pour un western dit classique faisant de ce film une curiosité particulièrement intéressante...

"Chacun pour soi" oppose deux duos représentant les deux types de western, d'un côté les plus âgés avec Van Heflin ("La diligence vers l'Ouest", "3 H10 pour Yuma", "Le salaire de la violence", "La piste de Santa Fé") et Gilbert Roland ("Django porte sa croix", "Je vais, je tire et je reviens", "Les Cheyennes"), représentants le western américain et de l'autre, les plus jeunes avec Klaus Kinski ("Le grand silence", "Black Killer", "Priez les morts, tuez les vivants") et George Hilton ("Django arrive, préparez vos cercueils", "Je vais, je tire et je reviens", "Le temps du massacre", "Trois salopards, une poignée d'or"), qui représentent le western italien.

Premier élément donnant au film l'impression qu'on a affaire à un film en provenance des États-Unis, la musique signée pourtant par Carlo Rustichelli ("Opération peur", "Un train pour Durango") et dirigée par Bruno Nicolai ("Toutes les couleurs du vice", "Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé"), deux habitués du western spaghetti, mais ici bien loin de leurs registres habituels, nous offrant une partition très classique, même si parfois on peut y percevoir des consonances arabisantes.

La mise en scène et la photographie du film sont également très classiques, mais pourtant le film comporte tout de même des éléments assez inhabituels mettant tout de suite la puce à l'oreille, avec notamment quelques scènes originales comme celle où Gilbert Roland se met à danser pour faire diversion lors d'une embuscade ou encore cette hallucinante scène sous la pluie où les deux jeunes se roulent par terre en riant à en crever.

Le scénario écrit par Fernando Di Leo ("Milan calibre 9", "Le boss") et Augusto Caminito (Les longs jours de la vengeance", "Trois salopards, une poignée d'or"), fortement inspiré par "Le Trésor de la Sierra Madre" est plutôt classique, tout en sortant des sentiers battus, en abordant le thème de l'homosexualité qui est ici largement suggéré avec le duo des jeunes, ce qui était assez scandaleux pour l'époque et toujours assez tabou même à notre époque, surtout pour un univers d'hommes virils comme le western.

Sarah Ross ("Trois salopards, une poignée d'or", "Sylvia et l'amour") apportera tout de même une touche de charme féminin non négligeable. Le film ne manque pas d'action, mais se concentre surtout sur la complexité des différents personnages.

George Hilton est décrit comme un bellâtre, soumis et faisant preuve d’une certaine lâcheté par moments, Klaus Kinski est comme souvent inquiétant, énigmatique et ambigu, avec un côté efféminé et dominateur. Gilbert Roland, quant à lui, est un homme distingué souffrant du paludisme, ce qui le rend plutôt attachant et Van Heflin joue le rôle d’un vieux renard solitaire.

Alors qu’on pouvait penser que l’on allait avoir droit à un duel final détonnant entre les quatre principaux protagonistes, le réalisateur va nous surprendre en éliminant prématurément deux d’entre eux pour nous livrer finalement un duel plutôt inattendu lors de la dernière séquence, nous offrant ainsi une fin assez âpre et critique vis-à-vis de la cupidité.

"Chacun pour soi" est donc un excellent western, atypique malgré ses apparences classiques, qu’il est urgent de redécouvrir ! Un film à voir et à avoir !

Sorti courant juin chez Artus films après quelques jours de retard sur la date de sortie prévue initialement, "Chacun pour soi" nous arrive dans une édition soignée, en couleur et au format 2.35 Cinémascope original 16/9 compatible 4/3, avec pistes française, anglaise et italienne avec sous-titres français optionnels. Côté bonus, on a le droit à une présentation du dessinateur et scénariste de bandes dessinées Curd Ridel, grand amateur de westerns, "Les 4 impitoyables" une intéressante analyse du film toujours par Curd Ridel, un diaporama de photos et 4 bandes-annonces de l'éditeur dont celle du film.

Chacun pour soi

Chacun pour soi
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02.07.12

05:00:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Le Professeur Franz Mueller conserve le cerveau du magnat de la finance Donovan, tué dans un accident d’avion, afin de mener des expériences scientifiques. Mais, très vite, le cerveau prend le contrôle de l’esprit de l’assistant du Professeur et tente d'éloigner ce dernier de la belle Janice.

Mon avis :

Artus films continue à un rythme régulier à nous offrir des oeuvres rares souvent méconnues comme ce "La Femme et le Monstre", mettant en scène l'acteur/réalisateur et romancier Erich von Stroheim ("La Grande Illusion", "Les Disparus de Saint-Agil", "Boulevard du crépuscule"), personnage au faciès fort reconnaissable.

Malgré le poids des années, "The Lady and The Monster" réalisé par George Sherman ("À l'abordage", "Le Trésor de Pancho Villa", "Big Jake") est un thriller fantastique toujours captivant, grâce un rythme soutenu et surtout à l'interprétation de Erich von Stroheim, acteur charismatique plutôt inquiétant et à celle de Richard Arlen ("Sur la piste des Apaches", "Alice au pays des merveilles", "L'île du docteur Moreau") qui va se révéler être assez étonnant au fur et à mesure du film alors qu'il pouvait paraître assez insignifiant au début de celui-ci.

L'intrigue, si elle est relativement simple, classique et déjà-vu, est suffisamment intrigante et bien écrite pour nous tenir en haleine jusqu'au bout et nous faire croire à cette histoire pourtant invraisemblable de cerveau communiquant avec un être humain par télépathie. D’ailleurs, son côté déjà-vu n’est évidemment pour nous pas étonnant, puisque le scénario s’inspire de la nouvelle de Curt Siodmak, "Donovan's Brain" qui sera par la suite adapté à plusieurs reprises. La romance entre Janice interprétée par Vera Ralston ("Le bagarreur du Kentucky", "La naufragée", "Dakota") et le docteur Patrick Cory joué par Richard Arlen, sera finalement très secondaire et prétexte essentiellement à attiser la jalousie possessive du professeur Franz Mueller incarné par Erich von Stroheim et à montrer le changement de comportement du docteur Cory même vis-à-vis de sa bien-aimée.

Le titre "The Lady and the Monster" et les affiches du film sont d'ailleurs assez racoleurs et pas très représentatifs du film, car il n'y a pas réellement de monstre ici, du moins au sens littéral du terme. Le film est entrecoupé à plusieurs reprises d’une voix off assez bien venue, donnant une ambiance particulière à ce long-métrage, aidée par une musique simple mais entêtante, des cadrages et des éclairages oppressants et des décors parfois étonnants comme cette bâtisse appelée ici le château, qui y ressemble d’ailleurs beaucoup et qui donne au film un certain cachet.


Sans prétendre être un chef d’œuvre, ce film est tout de même une sympathique découverte qui mérite amplement votre attention.

Nouveau titre de la collection Prestige, sortant dans le commerce le 3 juillet chez Artus films, "Erich von Stroheim Mystérieux" contient au sein d’un joli coffret digipack avec sur-étui, 4 films de cet étrange personnage répartis sur deux DVD, à savoir "The Lady and the Monster", "The mask of Dijjon", "The great Gabbo" et "The crime of Dr Crespi". Chaque film est accompagné d’un diaporama (sauf "The crime of Dr Crespi") et est présenté en noir et blanc, dans son format original 1.33 en version originale avec sous-titres français optionnels. En outre, on trouve dans ce coffret un livret de 12 pages et 4 cartes postales (une de chaque film).

Erich von Stroheim mystérieux

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