Archives pour: Juillet 2009, 28

28.07.09

09:08:47, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Midnight meat train

Adapté de l'une des nouvelles les plus connues de l'écrivain Clive Barker, ce The Midnight meat train parviendra à apprivoiser l'univers de l'auteur tout en nous livrant une intrigue implacable, froide et graphique, conférant au film une réussite presque totale.
Le script va suivre un photographe new-yorkais dans ses déambulations nocturnes, celui-ci recherchant des clichés marquants pour espérer s'attirer les faveurs d'une puissante représentante artistique, mais ses pérégrinations vont l'amener à croiser la route d'un serial-killer d'un genre particulier.

Midnight meat trainDans sa séquence introductive, le métrage va suivre un jeune homme endormi se réveillant dans une rame de métro déserte et qui après avoir fait quelques pas va glisser dans une mare de sang, découvrant alors avec horreur un carnage en cours dans la wagon suivant. Bien qu'assez classique pour déjà mettre la pression sur le spectateur, cette entame du film va déjà avancer l'ambiance froide de cette rame de métro qui pourra paraître presque irréelle en étant d'une propreté presque immaculée s'il n'y avait pas ce sang recouvrant le sol, mais en tout cas trop propre avec ses sièges à l'aspect neuf et cet absence de graffitis et autres signes de passage humain.

Midnight meat trainEnsuite, l'intrigue va s'attacher à nous présenter son personnage principal, Leon, un photographe traquant des scènes de vie urbaines aussi bien pour son plaisir que pour gagner sa vie, qui va rentrer chez lui et retrouver sa petite amie Maya avec qui tout semble aller pour le mieux, surtout qu'elle va lui apprendre une bonne nouvelle, un futur rendez-vous avec Susan Hoff, une figure de la peinture et de la photographie artistique à New-York. Mais hélas ce rendez-vous sera un demi-échec puisque cette femme en apparence froide et quelque peu hautaine trouvera les clichés de Leon trop timorés, n'allant pas assez loin, mais en même temps, elle ne le jettera pas définitivement en lui proposant de revenir la voir avec des photos plus marquantes.

Midnight meat trainCe rendez-vous manqué va pousser Leon à une virée nocturne dans les rues sordides avec son appareil photo et ayant repéré trois individus louches, il va les suivre aux abords du métro, à juste titre puisqu'il va assister à un début d'agression puisque les trois petits voyous vont prendre à partie une demoiselle pour lui extorquer de l'argent. Après avoir pris quelques photos, Leon va intervenir, tout en continuant à photographier, et va réussir à convaincre les petites frappes de lâcher l'affaire. Ce qui lui vaudra les remerciements chaleureux de cette jeune femme qui va alors pouvoir prendre le métro, Leon continuant inlassablement de prendre des clichés, sans se douter que la personne qui va retenir la porte du wagon à celle qu'il venait de sauver sera le serial-killer du film.

Midnight meat trainEn effet, nous allons alors assister au meurtre brutal de cette jeune femme puisque l'homme en complet gris assis non loin d'elle va se lever dans son dos et s'approcher d'elle pour lui balancer un grand coup de marteau à viande au travers du visage, pour une première séquence forte et brutale qui portera la marque de fabrique du film en laissant survenir l'assassin en arrière-plan afin de s'attaquer à une victime ne se doutant encore pas du sinistre sort qui l'attend. Et bien que rapidement visualisé, l'assassin en imposera déjà avec une démarche assurée par sa carrure robuste, ainsi que par sa violence sèche pour frapper qui si elle ne sera pas gore cette fois-ci sera présente lors d'un long plan large surprenant.

Midnight meat trainL'intrigue va alors laisser Leon découvrir la disparition de cette demoiselle qui se révélera être un mannequin connu, tandis que Susan Hoff appréciera beaucoup plus les clichés pris cette nuit-là et lui en demandera d'autres afin que Leon puisse voir ses photos exposées lors d'une prochaine exposition d'art. C'est ainsi que Leon va retourner dans la nuit new-yorkaise et va par hasard photographier l'homme au complet gris, le suivant même quelque peu jusqu'à une première confrontation sans autre conséquence que de permettre à Leon grâce à un détail opportun de découvrir que cet homme étrange avec sa grande mallette était présent dans le wagon pris par le mannequin disparu, poussant ainsi notre homme à vouloir en savoir plus sur cet individu mystérieux au point de le suivre jusqu'à son travail de boucher industriel, pour ce qui deviendra peu à peu une obsession dangereuse.

Midnight meat trainLa situation ainsi posée, l'intrigue va alors laisser se succéder des situations tendues lorsque Leon traquera l'assassin, occasionnant même des séquences étouffantes et chargées d'un suspense parfaitement orchestré par le réalisateur (la course-poursuite dans l'abattoir avec ce petit hommage au remake de Massacre à la tronçonneuse avec cette pièce remplie d'innombrables carcasses de bœuf), tout en nous dévoilant progressivement lors de nouvelles scènes de plus en plus sanglantes le mode opératoire du tueur au marteau, véritable machine à tuer sans émotion. Mais parallèlement, nous assisterons à la dégradation du mental de Leon qui deviendra complètement obnubilé par sa quête au point de délaisser une Maya qui au départ ne comprendra pas son petit ami, avant de se lancer elle aussi dans l'aventure de son côté, pour ce qui restera comme une des rares faiblesses du film avec cet engagement quelque peu facile et précipité, mais qui lui aussi apportera son lot de tension (la fouille de l'appartement du tueur) et permettra au métrage d'avancer son final nihiliste mais devenu quand même anticipable.

Midnight meat trainL'intrigue parviendra à jongler intelligemment avec son aspect surnaturel gagnant de l'ampleur progressivement grâce à des détails disséminés au fil des événements pour n'exploser que dans une dernière partie qui pénétrera alors frontalement dans l'univers de la nouvelle de Clive Barker, un peu tardivement diront certains, pour justifier l'existence de cet assassin de manière quelque peu rapide et sans répondre aux questions soulevées mais en nous gratifiant de scènes une fois encore bien graphiques. Bien entendu, ce sera autour de cet meurtrier que résidera l'enjeu de film et le réalisateur nous laissera tout le loisir de découvrir chaque facette de son personnage, entre sa vie diurne de boucher et ses activités millimétrées dans le métro, quitte à laisser une horreur dérangeante s'imposer lors de la préparation des corps humains, par exemple, mais ce se fera tout en nous exposant également quelques détails physiques peu ragoûtants du personnage lors de ses passages dans sa salle de bains.

Midnight meat trainPar contre, la relation entre Maya et Leon pourra paraître plus classique dans son agencement et les dérives générées par la nouvelle obsession du photographe qui ne vivra que pour résoudre le mystère de l'homme au complet gris, et même si cela servira à nous faire partager ses changements internes qui seront justifiés par le final et qui découleront naturellement d'une méchante rencontre avec le tueur, on ne pourra pas s'empêcher de trouver les réactions de Maya soit faiblardes ou ensuite trop excessives et démesurées, rendues par ailleurs possible grâce à une intrigue devenant alors brièvement et artificiellement providentielle. Mais heureusement cet aspect du film ne viendra pas empiéter sur la réussite globale du film puisque le réalisateur ne s'y attardera pas plus que nécessaire pour privilégier l'action et la tension présente à chaque apparition du boucher.

Midnight meat trainDans la même optique, les différents personnages peineront à devenir attachants pour uniquement exister dans l'intrigue, parvenant in extremis à gagner notre sympathie et rendre de fait l'issue nihiliste du métrage impactante, mais l'ensemble bénéficiera d'une interprétation adaptée, la vedette revenant logiquement à l'imposant Vinnie Jones qui incarnera à merveille cet assassin monolithique brutal et sauvage. La mise en scène du réalisateur est adaptée, aussi bien en utilisant ses arrières-plans avec brio pour engendrer une tension palpable efficace à chaque apparition surprise du meurtrier que pour créer une atmosphère irréelle et surnaturelle dans cette rame de métro un peu spéciale, et tout en faisant participer de très près le spectateur à l'action lors des phases sanglantes du film. Les effets spéciaux sanglants du film sont plutôt probants, même si l'utilisation du numérique sera largement visible et donnera un caractère ludique et inoffensif à certaines séquences, pour avancer des plans gores volontaires et parfois douloureux (les pieds percés), tout en n'hésitant pas à étaler les cadavres humains suspendus comme du bétail, ce qui nous vaudra quelques détails aussi jouissifs que saignants lors du duel final.

Donc, ce The Midnight meat train constituera assurément une des bonnes surprises de l'année par son aspect graphique volontaire, son atmosphère tendue largement exploitée, le sérieux affiché de sa démarche, mais également par un petit côté "old-school" délectable dans la manière d'agencer ses temps forts !

Midnight meat trainLe DVD de zone 2 anglais édité par avancera une image nette et qui rendra justice à la photographie froide et métallique du film, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale adaptée aux situations.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un petit documentaire faisant intervenir Clive Barker qui reviendra sur la nouvelle ayant inspiré le métrage et sa participation à la production de celui-ci, pour ensuite nous faire découvrir les talents de peintre de l'écrivain, tandis qu'un petit module sera ensuite consacré au personnage clé du métrage, Mahogany, le meurtrier en complet gris, pour laisser la parole à l'équipe du film à propos de la création du personnage et de ses armes, laissant une analyse complète de l'une des scènes sanglantes du film clore ces bonus intéressants et prolongeant agréablement la vision du métrage.

Midnight meat train
Midnight meat train

Pour ceux qui voudraient découvrir cette adaptation réussie de Clive Barker sans pouvoir se rendre dans les salles à partir du 29 juillet prochain, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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