07.09.12

05:00:00, Catégories: Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Une femme sans visage voit des passages de sa vie passée, future... et présente! avec pour seul lien la danse...

Mon avis :

Pour son troisième long-métrage, Sandy Depretz ("Borderline", "Psychoprotoplasmes", "Stardust") continue dans le même registre que "Psychoprotoplasmes : L'emprise du parasite", mais en poussant encore plus le côté expérimental, nous offrant une nouvelle fois un spectacle beau et dérangeant, mais réservé à un public tout de même apte à apprécier ce mélange bien particulier de danse et d'horreur.

Le réalisateur retrouve pour la troisième fois, après "Psychoprotoplasmes : L'emprise du parasite" et "Saddie's last dance" un court métrage également dans le même esprit, la danseuse chorégraphe Fabienne Bouland, qui tiendra à nouveau l'unique rôle de ce film. "Parasite transfert" suit la transformation d'une danseuse contaminée par un parasite.

Les trois périodes de cette évolution de la jeune femme vont continuellement être mélangée tout du long du film, montrant ainsi successivement la danseuse tout d'abord normale, puis se mutilant, pour enfin apparaître sous un aspect monstrueux, complètement transformée.

Toujours filmé dans un très beau noir et blanc, lui apportant un certain cachet, le film est comme le précédent long de ce réalisateur underground, servi par les effets spéciaux et maquillages très réussis de David Scherer ("Blackaria", "Paris by night of the living dead", "8th Wonderland", "Ouvert 24/7", "The hunt", "Bloody current exchange", "The Theatre Bizarre"...) et par une bande-son faite de cris de femme et d'oiseaux et de musique électronique composée par Uncut Music, Sulphuric Saliva et Lunatic Asylum, donnant vie à ce beau ballet macabre à réserver à un public tout de même averti, car certaines scènes peuvent choquer...

Pourtant le film n'a rien de particulièrement choquant, il a simplement une approche de la beauté différente, une fascination pour la chair et le sang comme on peut la retrouver chez David Cronenberg ou Karim Hussain, mêlée ici à la passion de Sandy Depretz pour la danse et la grâce féminine. Cette grâce se retrouve magnifiée par la gestuelle de son unique interprète féminine qui crève l'écran une nouvelle fois et fascine au plus haut point devant pourtant un décor minimaliste (même si certains passages tournés pour "Psychoprotoplasmes" ont été réutilisés ici apportant une impression d'un peu plus de moyens engagés sur le film, puisqu'on y retrouve des passages filmés notamment sur les plages de Noirmoutier).

Pour autant, "Parasite transfert" n'est pas un film de danse, ni un long clip comme on pourrait le penser, c'est une œuvre à part, qui s'apprécie comme on apprécie un tableau, laissant libre cours à notre imagination et à nos émotions. On peut bien entendu ne pas rentrer dedans, ni adhérer au fait que ce spectacle particulièrement gore utilise l'esthétique du sang, il semble même évident que la plus part resteront perplexe, car pour aimer ce film, il faut avoir une sensibilité particulière, loin des standards classiques.

Ce qui ne veut pas dire qu'il est réservé à une certaine élite, mais il faut tout de même admettre que ce film n'est pas forcément facile d'accès, un peu comme les premières œuvres de Roman Polanski, David Lynch ou David Cronenberg, qui eux aussi ont signés à leurs débuts des œuvres expérimentales encore moins accessible, à mon avis, pour le plus grand nombre. Sandy Depretz est bourré de talent et il est vraiment impressionnant de voir ce qu'il est capable de faire ici avec trois francs six sous... Respect !

"Parasite transfert" est donc un peu plus difficile d'accès que "Psychoprotoplasmes", mais cet étrange spectacle est avant tout beau et vraiment fascinant et personnellement il me tarde de découvrir son long-métrage suivant, "Stardust", filmé en Finlande et mettant en scène l'actrice Caroline Raynaud vue notamment dans "La môme" et "La rafle"...

Contrairement à "Psychoprotoplasmes", "Parasite transfert" reste inédit en VOD et n'est également pas sorti en DVD et cela malgré le fait que le film ait été projeté aux États-Unis au "Horror underground filmfest of Tulsa" en 2010... En attendant, si vous souhaitez découvrir l'univers de ce réalisateur atypique, je vous invite à vous procurer "Psychoprotoplasmes" en VOD sur le site de Réservoir films.

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