Archives pour: Juin 2011

30.06.11

05:55:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Gianni et les femmes

Réalisateur : Gianni Di Gregorio

Durée du film : 1h30

Date de sortie au cinéma : 1er juin 2011

Avec : Gianni Di Gregorio (Gianni), Valeria de Franciscis (la mère), Elisabetta Piccolomini (la femme), Alfonso Santagata (Alfonso), Valeria Cavalli (Valeria), Kristina Cepraga (Kristina), Michelangelo Ciminale (Michelangelo), Aylin Prandi (Aylin), Teresa Di Gregorio (Teresa), Lilia Silvi (Lilia), etc.

Par Nicofeel

Après son bien sympathique Déjeuner du 15 août, comédie italienne très drôle, l'acteur-réalisateur Gianni Di Gregorio est de retour. On ne change pas une équipe qui gagne. Du coup, le réalisateur italien a décidé à nouveau de faire une chronique italienne autour de son personnage qu'il a créé de toutes pièces. Et puis, pour ceux qui connaissent Le déjeuner du 15 août, quelques personnages sont de retour. La mère de Gianni est ainsi de retour. Elle continue dans le film à déranger son fils pour des broutilles.
Mais surtout le film, comme l'indique clairement son titre, est marqué par la relation entre Gianni et les femmes. Et tous types de femmes. Il y a d'abord la relation avec sa mère, qu'il essaie d'arnaquer au départ en tentant de récupérer son appartement. Mais la mère est plus maligne qu'il ne le pense. Si elle aime son fils, elle lui rend tout de même bien la pareille en choisissant de vendre sa maison en viager à une amie ! Le pauvre Gianni se fait bien avoir. Il est finalement comme déshérité. Mais tout cela se passe sur le mode de l'humour.

Du côté de sa relation avec les femmes, il y a finalement toutes ces femmes qui lui plaisent. Gianni aime tout aussi bien ses anciens amours que de belles jeunes femmes. Et il aime les attributs féminins, notamment les fortes poitrines. Complètement obsédée par les femmes, il ne peut pas s'empêcher de les séduire. Mais Gianni n'a plus 20 ans et ce séducteur sur le déclin est victime de son âge. Il ne peut plus faire illusion comme auparavant. Les femmes savent que Gianni les aime et du coup elles profitent de lui : il y a sa belle voisine qui le "branche" gentiment et fait faire ses courses par Gianni ; il y a les anciennes amours de Gianni qui rentrent dans son jeu tout simplement pour obtenir un bon repas, car Gianni est un vrai cordon bleu.
On comprend donc bien que le film joue la carte de l'humour à fond. Si Gianni est omniprésent, d'autres personnages sont également hauts en couleurs. Il y a la mère de Gianni qui est particulièrement lucide ; il y a le petit ami de la fille de Gianni qui squatte son appartement ; il y aussi le Saint-Bernard de la voisine de Gianni que celui-ci promène de temps à autre (et notamment lors d'une scène où il est complètement à côté de ses pompes).
Tous les acteurs sont attachants dans le film et ils prennent leur rôle à coeur de façon complètement naturelle, à tel point qu'on a l'impression qu'ils sont les personnages qu'ils interprètent. Gianni Di Gregorio est évidemment le plus remarquable d'entre eux, étant capable de faire sourire le spectateur par son amour immodérée des femmes et la façon dont il se fait "jeter" à chaque fois. Les autres acteurs sont aussi très bons. Et les actrices sont belles, en plus de savoir bien jouer le jeu d'acteur !
Plutôt correctement mis en scène, Gianni et les femmes vaut avant tout pour sa succession de tranches de vie et ses personnages qui sont amusants.
Le film est assez léger et permet de passer un bon moment. Cela n'est pas un film intellectuel. C'est uniquement un divertissement de qualité. La fin du film, qui se déroule sur l'excellente musique des Pixies Here comes your man, est particulièrement drôle et n'est pas sans rappeler d'une certaine manière un certain Very bad trip - à la différence près qu'il s'agit d'un fantasme.
Voilà donc un film à voir.

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29.06.11

05:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The man from Earth

Réalisateur
: Richard Schenkman

Durée du film : 1h27

Date de sortie au cinéma : inconnue (film disponible en DVD et en blu-ray le 5 juillet 2011)

Avec : David Lee Smith (John Oldman), John Billingsley (Harry), Ellen Crawford (Edith), Tony Todd (Dan), etc.

Par Nicofeel

Produit en 2007 et arrivant seulement maintenant (dans quelques jours) dans les bacs DVD et blu-ray, The man from Earth est un film assez curieux. Le réalisateur a décidé de partir d'une idée simple : un universitaire décide de quitter son travail et ses amis pour changer de région. Il les réunit chez lui pour un petit discours d'adieu. Devant l'étonnement de ses collègues de le voir partir, il tombe le masque : en fait, il n'est pas un homme de 35 ans. En fait, il a plus de 14 000 ans, ce qui fait qu'il est né durant la période du Paléolithique.
C'est avec ce pitch particulièrement étonnant que débute le film. Tout l'intérêt de ce film réside dans les questions-réponses qui vont suivre. La première donnée est déjà de réussir à faire face à l'incrédulité de son auditoire. En effet, comment faire passer une chose extraordinaire pour vrai ? Cela n'est pas évident. Ensuite, la question est de savoir comment une telle chose a pu avoir lieu. Intelligemment, le réalisateur ne donne pas de réponses mais laisse le spectateur sur plusieurs pistes : une régénération parfaite des cellules pour une raison inconnue ? ; une incarnation divine ? un vampire ? Ou tout simplement l'idée est de se dire qu'il affabule. Ainsi, il y a matière à penser qu'il serait atteint d'Alzheimer ou qu'il serait gravement malade.
La suite du film constitue sur de nombreuses questions-réponses qui ont lieu pour savoir comment s'est passée la vie de cet homme durant toutes ces époques. Force est de constater que même si c'est plaisant à écouter (après tout, on se dit que s'il nous arrivait la même chose, cela serait incroyable), le réalisateur enfonce bien souvent des portes ouvertes avec à de nombreuses reprises l'explication de lieux communs.
L'acteur principal du film est beaucoup plus convaincant quand il évoque ses sentiments : le fait de devoir changer tous les 10 ans de métier car on se rend bien compte sinon qu'il ne vieillit pas ; le fait de ne pas pouvoir fonder une famille ; le fait de vivre à travers les âges mais de rester seul.
Voilà donc grosso modo pour les qualités de ce film qui est assez surprenant. On voit bien que l'on n'a pas besoin de gros besoins pour faire un film de science-fiction.
Dans sa globalité, le film en est réduit à sa plus simple expression : pas d'effets spéciaux, quasiment aucune scène d'extérieur, des mouvements de caméra qui sont limités au maximum.
Cela étant dit, même si le scénario est plutôt intelligent, le film tourne tout de même un peu en rond et n'offre pas vraiment de rebondissements majeurs. Le film est une sorte de huis-clos puisqu'il se déroule au même endroit, dans la même pièce, pendant quasiment toute sa durée. La fin est relativement attendue. Elle manque d'audace. On a presque une fin digne un film d'Hollywood.
Du côté des acteurs, c'est loin d'être formidable. On a du mal à les trouver géniaux, d'autant qu'ils débitent bien souvent des paroles assez banales. On est parfois étonné de leurs réactions qui paraissent quelque peu amorphes.
Au final, The man from earth vaut avant tout pour son idée de base qui est originale et qui permet de conserver le spectateur en haleine jusqu'au bout. Pour autant, il demeure évident que lorsque l'on a vu le film une fois, l'intérêt d'un deuxième visionnage est des plus limités. C'est peut-être bien ce qui prouve que le manque de budget du film a handicapé celui-ci. En effet, le cinéaste a vraiment rétréci son intrigue au maximum. Avec des moyens supplémentaires, il aurait prévoir quelques surprises scénaristiques.
Voilà tout de même un film à voir, qui change clairement des films de science-fiction d'action.

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28.06.11

05:30:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Lacérés

Petite production horrifique américaine datant de 2006, ce Lacérés pourra compter sur sa "légende urbaine" amenant des situations bien graphiques pour pouvoir espérer innover un minimum et désormais, depuis le 14 juin le film est disponible chez nous grâce à l'éditeur Emylia, qui s'est encore s'efforcé de nous dénicher un p'tit inédit sympathique !

Lacérés

Le script va laisser une légende raconter qu’une jeune fille a survécu à son père qui, un jour de colère l’a défigurée et jetée dans un marécage. Depuis, elle erre dans les bois armée d’un couteau à la recherche d’un nouveau visage à arracher à ses victimes… Ce soir une famille partie camper dans ces bois va découvrir que ce conte n’est peut-être pas qu’une légende et va faire une rencontre cauchemardesque et fantomatique… Leur nuit va se transformer en véritable lutte pour sortir des bois et survivre… Qui perdra la face, qui la gardera ?

Lacérés

Malgré la présence de stéréotypes inhérents au genre, le métrage parviendra à devenir impactant et même bien sanglant, notamment dans un dernier acte sauvage et ce avec cette tueuse sans pitié qui s'aventurera par certains aspects sur les traces sordides d'un Leatherface. La critique complète du film étant disponible ici dans son édition en zone 1.

Lacérés

Le DVD proposé par Emylia avancera une image en 1.78 (16/9 anamorphique) pour une bande-son disponible en français en DD5.1 et en anglais sous-titré également en DD5.1 mais aussi en DTS. Par contre, aucun bonus ne viendra prolonger la vision du film.

Lacérés

Donc, c'est depuis le 14 juin que nous pouvons découvrir ce nouvel inédit horrifique et graphique ayant traversé l’Atlantique grâce à l'éditeur Emylia !

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23.06.11

05:25:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Cold prey 3

Réalisateur
:Mikkel Braenne Sandemose

Durée du film
: 1h33

Date de sortie en DVD
: 21 juin 2011

Date de sortie en blu ray : 5 juillet 2011

Avec
: Ida Marie Bakkerud (Hedda), Julie Rusti (Siri), Kim S. Flack-Jorgensen (Anders), Pal Stokka (Magne), etc.

Par Nicofeel

Voilà le retour de Cold prey et donc de son tueur. Après un premier opus plutôt satisfaisant et un deuxième opus qui marquait déjà un sévère recul au niveau de la qualité de l'ensemble, on était en droit de se demander quel est l'intérêt de mettre en scène un nouveau film pour cette franchise.
En fait, il ne s'agit pas d'une suite mais d'un retour aux origines. On s'intéresse cette fois au tout début des agissements sanglants du mystérieux tueur.
L'action initiale a lieu en 1976 avec un garçon handicapé de 11 ans qui est maltraité et va quitter un complexe hôtelier où il logeait avant de revenir tuer sa mère et son beau-père, ce qui n'est pas sans rappeler le début d'Halloween. Le tueur est ainsi en marche ett l'action va alors se dérouler 12 ans plus tard, en 1988. Le tueur a alors 23 ans.
Le film nous met bien dans l'ambiance des années 80 avec par exemple le fait que l'on entende du Kim Wilde. Comme dans Cold prey premier du nom, les principaux protagonistes du film vont être une bande de jeunes. On a précisément 4 garçons et 2 filles venus faire une balade en montagne.
Sauf que, évidemment la balade va se résumer à des attaques de notre dangereux psychopathe. Le film ne brille absolument pas par son originalité mais son réalisateur a le mérite de « faire le boulot ». Ainsi, on a droit à une élimination des jeunes les uns après les autres. Après tout, on est bien dans un slasher. Pour ne pas être trop redondant, le film propose différents types de blessures et en fin de compte de morts : un personnage se fait vider de son sang ; un autre se prend un coup de couteau. Il y a en aussi qui sont victimes de pieux ou encore de flèches.
Par ailleurs, si le film reste regardable, c'est aussi en raison de son environnement. On peut admirer de très beaux paysages de montagne avec grottes et lacs. L'environnement hostile que l'on voit dans le film n'est pas sans rappeler Délivrance de John Boorman. Toutes proportions gardées car si Cold prey 3 bénéficie d'une belle photographie, d'une mise en scène satisfaisante et de meurtres qui permettent de passer le temps, c'est bien tout ce qu'on peut en tirer.
Car il faut bien reconnaître que ce slasher est un pur consommable qui n'apporte très franchement pas grand chose à la franchise des Cold prey.
De plus, les acteurs n'ont franchement aucun charisme. Mais bon ça ne c'est pas le plus grave. Surtout, ces jeunes agissent souvent comme des bêtas, sans réfléchir. En étant plusieurs et en unissant leurs forces, ils auraient sans doute l'occasion de battre le psychopathe mais ils ne le font nullement. Ou alors quand ils ont la possibilité de le tuer, ils ne pensent qu'à s'échapper. Vraiment pas malins ces jeunes. Même si on comprend bien que s'ils étaient intelligents, il n'y aurait plus de scénario !
Dans le même ordre d'idée, le film comporte moults incohérences avec au premier rang desquelles le fait de savoir comment un gamin handicapé de 11 ans peut devenir 12 ans plus tard un dangereux psychopathe, véritable force de la nature.
Au final, Cold prey 3 est un slasher qui se laisse regarder, mais peine franchement à convaincre. Si ce n'était pas spécialement un film de la franchise des Cold prey, on n'en ferait pas toute une affaire. Cold prey 3 est au fond un slasher sans âme, sans originalité, mais qui ne démérite pas. C'est la comparaison avec Cold prey, le premier du nom, qui rend ce long métrage peu intéressant.

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22.06.11

05:15:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Le complexe du castor

Réalisatrice
: Jodie Foster

Date de sortie du film : 25 mai 2011

Durée du film
: 91 minutes

Avec : Mel Gibson (Walter Black), Jodie Foster (Meredith Black), Anton Yelchin (Porter Black), Riley Thomas Stewart (Henry Black), Jennifer Lawrence (Norah), etc.

Par Nicofeel

Présenté cette année au festival de Cannes en sélection officielle (hors compétition), Le complexe du castor représente le troisième film derrière la caméra de l'actrice Jodie Foster. A l'instar de ses deux précédents longs métrages en tant que cinéaste, à savoir Le petit homme (1992) et Week-end en famille (1996), Jodie Foster traite avant tout dans Le complexe du castor de la famille.

Ici, on suit Walter Black (Mel Gibson), un homme qui a tout pour être heureux. Sur le plan professionnel, il est à la tête d'une entreprise de jouets. Sur le plan personnel, il est marié avec Meredith, une femme qui est ingénieur (Jodie Foster). De plus il a deux enfants. Pourtant, malgré tout cela, Walter Black n'est pas bien dans sa peau. C'est un homme dépressif qui n'arrive plus à communiquer avec les gens qui l'entourent, et qui passe ses journées à prendre des médicaments et à dormir.

Son épouse, qui a tout fait pour lui, ne sait plus comment faire. D'autant que la personnalité négative de Walter se transmet sur ses enfants. Le jeune Henry se révèle particulièrement solitaire alors que l'adolescent Porter ressemble de plus en plus à son père, ce qui l'indispose au plus haut point. C'est donc avant tout pour le mal qu'il cause sur le moral de ses enfants que Meredith décide de le mettre à la porte de sa maison.

Walter, qui rate de peu le suicide dans une scène tragi-comique, récupère dans une poubelle une marionnette de castor. Même si l'on n'y fait pas forcément attention, l'instant est très symbolique. Le fait d'aller chercher quelque chose dans une décharge est une façon pour Walter de faire table rase du passé (qui est donc mis à la poubelle) et de s'accorder un nouveau départ.

Le problème reste cependant entier. Walter est toujours déprimé et ne peut supporter la personne qu'il est devenue au fil du temps. De plus, comment obtenir une nouvelle chance alors que l'on a perdu toute crédibilité au niveau de son entourage ? Pour résoudre cette question, Walter prend le parti d'utiliser sa marionnette qui va parler à sa place et représenter en quelque sorte un nouveau Walter. En prenant un timbre de voix différent de la sienne, Walter crée donc un nouveau Walter, un Walter plus serein, plus optimiste, qui affronte plus facilement la réalité.

Cela étant dit, Walter doit d'abord réussir à faire accepter le principe de cette curieuse thérapie (la marionnette du castor étant sans cesse accrochée au bras droit de Walter) à son entourage. Tout comme il n'est pas évident pour la réalisatrice Jodie Foster de faire accepter cette marionnette pour le spectateur. Car au début que l'on voit le castor, on a tendance à en rire en se disant que cet homme, Walter Black, est complètement malade. Oui, mais voilà, c'est le but même du film de Jodie Foster. Sur un thème aussi sérieux que la dépression, avec cette histoire de marionnette, Jodie Foster s'attaque à un sujet risqué qui aurait pu sombrer dans le ridicule. La cinéaste américaine évite à tout moment cet écueil et réussit au contraire à montrer de manière admirable à quel point la dépression est un processus destructeur dont il est difficile d'en sortir.

Même lorsque Walter Black revient dans la maison familiale avec un optimisme retrouvé, on voit bien malgré tout qu'il y a toujours un malaise. Certes, Walter réussit à nouveau à se faire aimer de son épouse et à se faire apprécier de son jeune fils. Walter obtient également la reconnaissance de ses collègues de travail en remettant la société à flot et en créant une nouvelle ligne de jouets, tout simplement monsieur Castor qui devient rapidement le numéro 1 des ventes.

Oui mais voilà tout cela n'est que de la poudre aux yeux. Walter Black n'arrive pas à affronter la réalité sans passer par sa marionnette qui joue le rôle d'une sorte de tampon. Pourtant, cet état de fait ne peut durer indéfiniment. Comme on a coutume de le dire, la réalité finit toujours par vous rattraper. Walter n'échappe pas à cette règle. Si au début du film, la marionnette apporte une touche de gaieté, d'amusement (voir par exemple la scène où Walter prend la douche avec sa marionnette) - même pour le spectateur -, progressivement elle crée une situation de malaise et on voit bien que le film ne peut que virer au drame. L'épouse de Walter, Meredith, ne peut plus supporter ce castor (voir la scène où Meredith ne peut plus supporter d'avoir dans le lit conjugal cette marionnette qui donne l'impression de faire un ménage à trois, ou pire d'avoir un époux qui ne s'assume pas en tant que tel) et les événements s'enchaînent de façon inexorable contre Walter. Ce dernier est amené à frapper involontairement son fils aîné, Porter, qui ne le supporte pas (sûrement parce qu'il lui ressemble de plus en plus) et plus tard dans le film à commettre un acte irréparable qui va signifier la fin de sa nouvelle vie avec le castor tout comme la fin de son aventure professionnelle.

Le film de Jodie Foster est poignant et très fort sur le plan émotionnel. On s’accroche aux différents personnages du film. Car si Mel Gibson est touchant dans le rôle de cet homme vulnérable qu'est Walter Black, il n'est pas le seul à féliciter. Les autres acteurs du film sont formidables. A commencer par Jodie Foster qui, outre le rôle de réalisatrice, tient également celui de Meredith, l'épouse de Walter. Elle constitue judicieusement son opposé. Elle est une femme aimante, calme, posée, accomplie dans son travail. Elle permet au spectateur de s'interroger sur la question de la normalité. En effet, comment fait-on quand on a un chez soi son conjoint qui agit de façon bizarre et que, quoi que l'on fasse, cela ne sert à rien ? La réalisatrice Jodie Foster a réussi son film car celui-ci évoque des questions universelles autour de la famille.

Les autres acteurs du film ne sont pas cantonnés à de simples seconds-rôles. Anton Yelchin est très bon dans le rôle de Porter, le fils aîné des Black, qui hait son père et cherche à se différencier de lui, comme le prouvent tous les « post it » qui égayent le mur de sa chambre et rappellent toutes les similitudes qu'il a avec son père. Avec le personnage joué par Anton Yelchin, Jodie Foster aborde de manière frontale le mal-être adolescent. Cette question est également au coeur des préoccupations de la belle Norah, l'amie de Porter, qui est interprétée par l'excellente Jennifer Lawrence, découverte dans le film Winter's bone. Le personnage de Norah a très bien été étudié et apporte un complément important dans ce film. Norah est une jeune femme qui a tout pour être heureuse. Elle est belle, elle est jeune, elle est brillante à l'école. Et pourtant, elle n'est pas heureuse. Elle n'arrive pas à se remettre du décès de son frère qui est mort d'une overdose. Le personnage de Norah, qui est joué avec beaucoup de justesse, donne une dimension supplémentaire au film. Il expose clairement au spectateur que l'on peut tous être sujet à un mal-être intérieur, pour diverses raisons. La problématique est de réussir à en sortir et de s'appuyer sur les gens que l'on aime.

La fin du film, même si elle est un peu trop rapide et quelque peu convenue, étaye bien cette idée.

En conclusion, sans avoir l'air d'y toucher, Le complexe du castor constitue un véritable film d'auteur. Le pari était loin d'être gagné d'avance pour Jodie Foster qui s'est attaquée à la question de la dépression en utilisant brillamment un ton tragi-comique. Mel Gibson, star sur le déclin en raison de ses frasques sur le plan personnel, est brillant dans le rôle d'un homme détruit qui cherche à se reconstruire. A lui seul, il justifie que l'on aille voir ce complexe du castor.

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21.06.11

05:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Limitless

Réalisateur
: Neil Burger

Durée du film : 1h45

Date de sortie au cinéma : 8 juin 2011

Avec : Bradley Cooper (Eddie Morra), Robert de Niro (Carl Van Loon), Abbie Cornish (Lindy), Anna Friel (Melissa), etc.

Par Nicofeel

Réalisateur du sympathique film L'illusionniste (2007), Neil Burger est de retour avec un film assez original. Le synopsis du film raconte l'histoire d'Eddie Morra, un écrivain raté, qui a de sérieux problèmes financiers, qui est lâché par sa copine et qui est en train de sombrer dans un début de dépression. C'est alors que par hasard il tombe sur son ex beau-frère qui lui offre une pilule qui va littéralement changer sa vie. En effet, cette pilule, le NZT, agit comme une drogue qui va décupler ses capacités intellectuelles. Du coup, Eddie n'est plus du tout le même homme. Il voit les choses beaucoup plus vite qu'auparavant et il peut utiliser à fond toutes les possibilités offertes par son cerveau. En quelques jours, il réussit à boucler le livre dont il n'avait jamais pu achever la première page !
Rapidement, Eddie gravit quatre à quatre les échelons de la société. Il s'attaque au monde de l'économie afin de gagner un maximum d'argent. On peut voir ici un parallèle entre le principal protagoniste de ce film et celui de Pi de Darren Aronofsky. En effet, dans les deux cas, les personnages réfléchissent sur les chiffres de la Bourse, en pensant qu'ils ont des suites logiques. Et puis comme dans Pi, le personnage principal est pourchassé. Enfin, comme dans Pi, les personnages sont victimes de violents maux de tête.

Ici, Eddie doit faire face aux autres personnes qui ont eu accès au NZT et qui cherchent à nouveau à utiliser ce produit. On se retrouve donc avec une sorte de thriller mâtiné de fantastique. Le film comprend de nombreux rebondissements. D'autant qu'Eddie, doit en même temps résoudre le problème les effets indésirables (vomissements, trous de mémoire très importants) liés au NZT.
Si le film est avant conçu comme un divertissement grand public, le réalisateur Neil Burger a tout de même voulu faire passer un message. Ainsi, l'évocation du monde de la finance avec la plus grande fusion d'entreprises de l'histoire n'est pas anodine. Elle est là pour appuyer l'idée selon laquelle de nos jours certaines personnes sont capables de gagner beaucoup d'argent en peu de temps. Le réalisateur critique ouvertement la génération de jeunes gens, genre Facebook ou Youtube, qui se font de l'argent en un rien de temps. On est dans une société de l'argent facile.
Pour bien étayer son propos, le cinéaste Neil Burger a confié le rôle principal du film à Bradley Cooper, le beau gosse de Very bad trip, qui campe ici avec brio un personnage qui a des ambitions de plus en plus importantes. On notera aussi la présence au casting d'un Robert de Niro d'une exemplaire sobriété. Ca le change clairement des rôles surfaits où on a pu le voir dernièrement en train de cabotiner à mort.
Limitless est donc un film qui bénéficie de plusieurs qualités. Pour autant, le réalisateur gâche un peu l'ensemble en raison d'une mise en scène qui joue beaucoup trop sur le côté clinquant. Les effets de mise en scène sont incontestablement un peu trop tape-à-l'oeil. Certes l'idée est de montrer ce que ressent le personnage lorsqu'il ingurgite le fameux NZT. Pour autant, le réalisateur en fait trop en nous assénant des travellings avant à tout va, des accélérés ou encore des déformations de l'image. Tout cela paraît un peu surfait et surtout cela prouve une fois de plus que nombre de réalisateurs américains ne peuvent s'empêcher de prendre indirectement le spectateur pour un imbécile, en surlignant au possible certaines scènes. Et puis ces effets visuels finissent par donner mal au crâne. C'est dommage. Dans le même ordre d'idée, une voix-off nous explique tout ce qui se passe.
Au final, Limitless (littéralement « sans limites ») est une sorte de thriller qui parvient largement à capter l'attention du spectateur par un scénario plutôt bien pensé. Cependant, la mise en scène clippesque du réalisateur finit franchement par moments par exaspérer et amoindrit donc une partie du plaisir que l'on prend à regarder ce film. Je conseille tout de même le visionnage de ce long métrage qui est globalement bien fichu.

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17.06.11

05:50:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Le gamin au vélo

Réalisateurs : Jean-Pierre et Luc Dardenne

Durée du film : 1h27

Date de sortie au cinéma
: 18 mai 2011

Avec : Cécile de France (Samantha), Thomas Doret (Cyril), Jérémie Rénier (Guy Catoul), etc.

Par Nicofeel

Présenté au dernier festival de Cannes en compétition officielle, voici venu le temps d'assister en salles au dernier film des frères Dardenne. Ne changeant absolument pas de fusil d'épaule ni de recette, les frères Dardenne nous proposent une chronique sociale, que l'on pourrait résumer comme étant un mélange entre Les quatre cents coups de François Truffaut et L'enfant, autre film des frères Dardenne.
D'ailleurs, à la vue du gamin au vélo, les similitudes avec L'enfant sautent au yeux. Il y a d'abord l'acteur Jérémie Rénier qui se trouve dans les deux films. Dans L'enfant, il est un jeune père qui ne se soucie pas de son enfant et qui, en raison d'un manque d'argent, va même jusqu'à le vendre ! Dans Le gamin au vélo, Jérémie Rénier abandonne son fils, Cyril, âgé d'une dizaine d'années, qui se retrouve alors sans famille. Pas vraiment animé dans les deux cas par la moindre affection en tant que père, il est à chaque fois à l'origine de drames.
Dans ce nouveau film des frères Dardenne, le peu d'intérêt que Guy (le personnage qu'interprète Jérémie Rénier dans le film) porte à son fils, fait complètement perdre les pédales au jeune Cyril, qui est comme perdu. Au début, on ne peut être qu'ému par la volonté indéfectible de Cyril qui, placé dans un centre pour jeunes, cherche à tout prix à revoir son père et à vivre avec lui. C'est dans le cadre de l'une de ses recherches qu'il tombe sur la belle Samantha, une femme qui n'a pas d'enfant et voit en Cyril le moyen d'avoir d'une autre façon un enfant.
C'est là où à titre personnel je n’accroche pas forcément au film. Cyril, qui est très perturbé par le fait que son père le rejette, a bien du mal à savoir dans quelle direction aller. A tel point qu'il en fait voir de toutes les couleurs à Samantha. J'ai du mal à saisir comment une jeune femme puisse accepter de prendre sous sa coupe un enfant qui est particulièrement instable, qui fait plein de bêtises, qui l'agresse physiquement, lui fait perdre son ami et l'oblige à rembourser des sommes d'argent lorsqu'il se met à frapper des gens.
L'amour est certes plus fort que tout, c'est tout de même un peu difficile à comprendre. Mais il faut croire que Samantha tient beaucoup à Cyril, comme si c'était son propre enfant. Le film des frères Dardenne est d'ailleurs un peu plus positif que d'habitude car il offre une fin assez positive, une fin qui dénote un certain optimisme.
Côté distribution, si Cécile de France et Jérémie Rénier sont comme souvent tout à fait appréciables dans leurs rôles respectifs, la vraie surprise vient du jeu du jeune Thomas Doret qui interprète un gamin qui est toujours particulièrement motivé à l'idée de retrouver son père ou de s'en sortir (d'où son surnom de pitbull). C'est assez justement qu'on le voit bien souvent en mouvement sur son vélo qui lui permet de libérer toute l'énergie négative qu'il a en lui.
Au final, Le gamin au vélo est loin d'être un mauvais film. Pour autant, il s'agit d'une œuvre relativement convenue des frères Dardenne, qui ne nous surprennent jamais vraiment. La chronique sociale est bien là. On nous montre assez adroitement d'une part un côté peu reluisant de la condition humaine (voir le personnage joué par Jérémie Rénier) et d'autre part une personne prête à tout pour aider ce jeune garçon. Mais le film n'atteint pas l'ampleur des oeuvres précédentes des frères Dardenne. Peut-être que la fin optimiste est-elle révélatrice d'un certain manque d'ambition. Les réalisateurs ont-ils été au bout de leurs idées ? Pas sûr. Pour vous en convaincre, il reste à aller regarder ce film qui demeure tout de même plus que correct.

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16.06.11

06:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Mr Nice

Réalisateur : Bernard Rose

Durée du film : 2h01

Date de sortie au cinéma
: 13 avril 2011

Avec : Rhys Ifans (Howard Marks), Chloë Sevigny (Judy), David Tewlis (Jim McCann), etc.

Par Nicofeel

Cela faisait un petit bout de temps que Bernard Rose avait disparu de la circulation. C'est donc avec un certain plaisir que l'on retrouve le nouveau film du cinéaste culte de Candyman. Avec Mr Nice, Bernard Rose adapte le best-seller autobiographique d'Howard Marks. Cet homme a eu une vie pour le moins extraordinaire. Diplômé à la prestigieuse université d'Oxford, il s'est fait connaître en étant dans les années 70 l'un des principaux trafiquants de drogue de la planète. Pour ce faire, il a créé de multiples sociétés et a utilisé de nombreuses identités, dont celle de Mr Nice. Mais ce n'est pas tout. Pour s'en sortir, Howard Marks s'est entouré d'un improbable réseau comprenant l'IRA, la mafia, la CIA et surtout le MI6 (les services secrets britanniques). Avec tout ce beau monde, Howard Marks a réussi à être la plaque tournante de la revente de cannabis entre le Moyen-Orient et le Royaume-Uni. Il a même pénétré le marché américain, ce qui lui a tout de même un séjour de sept ans de prison.
Au vu de cet énoncé synthétique de la vie d'Howard Marks, on comprend que le film n'a que l'embarras du choix pour raconter des histoires extraordinaires. D'autant qu'Howard Marks s'est révélé être un formidable manipulateur.
Le cinéaste Bernard Rose débute son film dans un joli noir et blanc qui nous explique l'adolescence d'Howard Marx, montrant que le principal protagoniste du film, est clairement un homme très intelligent. Ce noir et blanc donne également un côté mystérieux au film. On se demande alors si Bernard Rose va se lancer dans des scènes surréalistes, qui ont fait le succès de ses films Candyman ou Paperhouse.

Eh bien malheureusement ce n'est pas le cas. Il y a bien quelques scènes étonnantes, notamment lorsque Howard fume pour la première fois un joint ; qu'il se crashe en voiture et n'a bizarrement rien du tout ; qu'il vole un projecteur pour visionner avec son allié de l'IRA des films pornographiques ! Mais c'est tout. On aurait espéré un peu plus d'un cinéaste aussi doué et novateur que Bernard Rose. Dans Mr Nice, il n'y a pas spécialement d'éléments étonnants : on assiste à une présentation et une fin très théâtrale avec le personnage d'Howard Marks qui raconte son histoire au public.
Bernard Rose s'est contenté de reprendre les événements marquants de la vie d'Howard Marks et de les transcrire à l'écran. Ce biopic est en fin de compte très classique dans sa forme. Ce qui est quelque peu dommage car il y avait matière à faire quelque chose de surprenant.
Cela étant dit, Mr Nice reste malgré tout un film de qualité. D'abord, tout le monde n'a pas lu l'histoire d'Howard Marks. Ainsi, pour les néophytes, l'histoire est en soi tellement extraordinaire qu'elle est suffisante pour passer de manière plaisante les deux heures du film. Ensuite, Bernard Rose ne prend pas fait et cause pour son personnage principal. Il se contente de raconter les événements et de narrer la philosophie du personnage. Car Howard Marx reste tout de même un personnage à part dans le monde de la drogue. Cet homme n'a jamais fait preuve de violence par rapport à sa profession. Il a toujours conservé son style hippie, dans lequel il a évolué dans ses jeunes années. Une phrase du film est d'ailleurs caractéristique de son mode de pensée : « Comment veux-tu qu'on déclare la guerre à des plantes ? ». Ce pacifisme ambiant, n'est évidemment pas dénué d'un certain humour. C'est au demeurant une des autres qualités du film : son ton désinvolte avec son personnage atypique. Ainsi, quand son épouse lui demande pourquoi il fait tout cela, Howard Marks répond : « Je subviens aux besoins de ma famille. »
Pour finir, quelques mots sur les acteurs du film qui sont plutôt bons. Rhys Ifans est parfait pour interpréter Howard Marks, tant psychologiquement, que physiquement en post-hippie avec une coupe de cheveux dans le style des années 70 et des vêtements bien rétro. Les autres acteurs qui gravitent autour de lui, Chloë Sevigny dans le rôle de son épouse, et David Tewlis dans le rôle d'un membre de l'IRA, sont loin d'être de simple faire-valoir.
Au final, Mr Nice est un biopic intéressant qui raconte la vie d'un personnage extraordinaire. Si le film recèle de nombreuses qualités, il pâtit en revanche de son manque d'ambition sur le plan de la mise en scène. On espère revoir le réalisateur Bernard Rose dans ce qu'il fait le mieux : les films fantastiques.

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15.06.11

06:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : L'étrangère

Réalisatrice
: Feo Aladag

Durée du film
: 1h59

Date de sortie au cinéma
: 20 avril 2011

Avec : Sibel Kekilli (Umay), Settar Tannögen (Kader, père d'Umay), Derya Alabora (Halime, mère d'Umay), Tamer Yigit (Mehmet, frère aîné d'Umay), Serhad Can (Acar, frère cadet d'Umay), Almila Bagriacik (Rana, soeur d'Umay), Nizam Schiller (Cem), etc.

Par Nicofeel

Premier film de la réalisatrice Feo Aladag, L'étrangère se base sur un fait divers qui avait parlé de lui en Allemagne en 2005 : l'affaire Hatun Sürücü où une jeune femme de 23 ans, d'origine turque, a été tuée par ses frères pour avoir déshonoré sa famille en quittant son époux.
Dans ce long métrage, on commence d'abord par une scène étrange que l'on reverra à la fin, et qui va mener ce drame vers son point paroxysmique.
Puis on fait connaissance avec notre héroïne, la belle Umay, une jeune allemande d'origine turque âgée de vingt cinq ans, qui vit en Turquie avec un époux qu'elle n'aime pas et qui la violente (il la frappe sans vergogne, il l'oblige à avoir des relations sexuelles non consenties). Pour mettre fin à cette vie malheureuse non voulue, elle décide de retourner dans sa famille, en Allemagne, avec son jeune fils, Cem.
Seulement, comme va brillamment le démontrer la réalisatrice Feo Aladag, Umay n'est absolument pas la bienvenue. Sa famille l'invite à rejoindre au plus vite son époux, qui évidemment lui pardonnera ce petit écart ! Bah voyons... Quant au père d'Umay, Kader, il refuse de donner un certain crédit à sa fille quand cette dernière lui explique qu'elle est partie de Turquie car son mari la battait. De manière très naturelle, Kader réplique que la main qui frappe est également la main qui apaise. Sacré point de vue ! De manière encore plus radicale, la famille d'Umay pense que si cette dernière ne retourne pas vivre chez son mari, l'enfant doit revenir au père.

La famille d'Umay est tellement ancrée dans le communautarisme que les individus s'effacent rapidement derrière les notions d'honneur, de primauté de l'homme sur la femme, d'unions qui sont choisies à l'insu des intéressés. Si évidemment toutes les familles allemandes d'origine turques ne correspondent pas à ce qui est décrit dans le film, il n'empêche que cela existe bel et bien.
Ces gens sont tellement dans leur monde d'un point de vue familial, sociétal et religieux qu'ils refusent de donner le moindre espace de liberté à ceux qui décident de choisir leur vie. La belle Umay est le symbole de toutes ces femmes bafouées, brimées dans leurs choix (il n'y a qu'à voir le personnage de la mère d'Umay qui est complètement soumise), qui cherchent tout à la fois à faire leur vie selon leurs volontés et conserver des liens avec leur famille. Sans jamais adopter un point de vue dichotomique – il n'y a pas d'un côté les bons et de l'autre côté les méchants – le film présente au contraire des êtres qui sont dans un système qui les enferme. Ce n'est pas seulement Umay qui est limitée dans ses possibilités mais également sa famille. On voit bien que le père d'Umay rejette sa fille car le communautarisme l'y oblige mais par moments, il donne bien l'impression de continuer à l'aimer.
Pour sa part, Umay, n'arrive pas à couper les ponts avec sa famille alors qu'on cherche à lui enlever son enfant (la scène avec la police est proprement hallucinante, montrant jusqu'où Umay est obligée d'en d'arriver pour conserver son enfant auprès d'elle) et qu'elle est considérée comme une véritable paria. Elle est le déshonneur de sa famille. Les hommes de cette famille en viennent à des actes de pression sur Umay (tentative de récupérer l'enfant d'Umay, refus d'accepter Umay au sein de la famille tant qu'elle n'aura pas rejoint son époux) avant de commettre l'irréparable dans un final bien radical, digne d'une tragédie grecque. Cette fin assourdissante, qui laisse le spectateur dans un état de révolte et d'injustice, a le mérite de montrer de façon on ne peut plus claire à quel point l'enracinement dans des valeurs rétrogrades peut conduire les gens à commettre des actes inadmissibles.
De leur côté, ces personnes qui se permettent de juger si certains ont le droit de vivre ou de mourir, sont-ils impeccables sur le plan moral ? Pas vraiment. Entre une sœur cadette qui tombe enceinte alors qu'elle est très jeune, un père qui achète le mariage de sa fille cadette pour éviter un nouveau déshonneur, un frère aîné qui fréquente les bars allemands, une mère qui ne protège jamais sa fille, on navigue dans des eaux qui ne sont pas forcément d'une grande propreté.
Si le film est si fort, c'est bien entendu en raison de ces thématiques intéressantes qui sont développées et vont jusqu'au bout. Mais ce n'est pas le seul point remarquable de ce film. La distribution est sans conteste une des raisons majeures de la réussite du film. Les acteurs sont tous particulièrement bons et crédibles dans le film. L'acteur jouant le frère aîné d'Umay, Mehmet, est assez détestable et fait franchement peur par ses débordements de violence. Avec un père qui est déstabilisé par les événements qui ont lieu, Mehmet entend devenir le bras droit du père, en se contentant d'appliquer à la lettre, sans aucune réflexion, les valeurs traditionnelles qu'on lui a enseignées. On se doute bien que le jour où le fameux Mehmet aura une femme, elle sera à coup sûr soumise. D'autres acteurs du film méritent d'être félicités par leurs interprétations. La patronne d'Umay, qui est aussi d'origine turque, a visiblement fait le choix radical de couper les liens avec sa famille. C'est une femme extrêmement censée qui n'hésite pas à aider Umay, allant jusqu'à être son porte-parole face à la famille d'Umay. Elle se permet même de tenir tête au père de famille, renvoyant aux orties ses valeurs et ses explications religieuses.
La bande son de ce long métrage, à laquelle on ne pense pas forcément au premier abord, se marie pourtant bien avec l'ensemble du film. Ainsi, les quelques notes de piano ou de violons, renforcent l'aspect dramatique du film.
Au final, L'étrangère est un film passionnant grâce à son scénario, aux thèmes abordés (danger du communautarisme, condition de la femme), aux acteurs du film et à sa musique. C'est une réussite totale pour ce film puissant sur le plan émotionnel. Sans conteste, on tient là l'un des films majeurs de l'année 2011.

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14.06.11

05:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : X-Men : Le commencement

Réalisateur
: Matthew Vaughn

Date de sortie au cinéma : 1er juin 2011

Durée : 2h10

Avec
: James McAvoy (Charles Xavier / Professeur X), Michael Fassbender (Erik / Magneto), Kevin Bacon (Sebastian Shaw), Jennifer Lawrence (Raven / Mystique), January Jones (Emma Frost), Nicholas Hoult (Hank / Le fauve), etc.

Par Nicofeel

Très remarqué en 2010 avec son film Kick-ass qui proposait une vision décalée du super-héros et une réflexion intéressante sur la notion de la violence, le réalisateur Matthew Vaughn est de retour. Ayant certainement conscience que ce cinéaste est capable de faire de belles choses derrière la caméra et qu'il connaît bien les films de super-héros, les producteurs de la Century Fox ont décidé de lui donner sa chance en lui confiant le nouveau film de la franchise des X-men.
Il ne s'agit pas à proprement parler d'une suite des précédents films mais au contraire, comme le titre du film l'indique, d'une explication sur les origines de nos mutants dotés de super pouvoirs. Quand on sait que la franchise des X-men n'était pas loin de sombrer, ce n'est pas forcément un mauvais choix que de faire table rase du passé et revenir aux origines.
Mais que vaut ce X-Men. D'abord, les fans des X-men seront ravis d'en apprendre plus sur le passé de personnages aussi mythiques que le professeur X et Magneto. Avant d'être ces personnages très connus qui luttent l'un contre l'autre, ils étaient des amis. Une réussite certaine de Matthew Vaughn est d'avoir utilisé un ton adulte pour faire passer un message. Ici, l'idée est que les mutants sont des gens différents qui doivent accepter leur condition avant d'accepter de vivre au milieu des hommes. Le film comprend de nombreuses scènes intimes où ces mutants se posent des questions sur qui ils sont. Certains comme Raven (incarnée par la belle Jennifer Lawrence, vue dans Winter's bone ou plus récemment dans l'excellent Le complexe du castor) veulent même que leur apparence soit celle d'un humain. L'une des autres réflexions des mutants, qui est d'ailleurs la base même des X-men est le fait de savoir s'ils vivent au milieu des hommes ou contre les hommes. On voit progressivement dans le film que le point de vue d'Erik, futur Magneto, se démarque progressivement de celui de Charles-Xavier qui lui cherche au contraire à collaborer avec les humains.

Dans ce film, les X-men sont pour une fois tous ensemble. Ils se liguent contre un ennemi commun, Sebastian Shaw. Les pouvoirs très différents de nos mutants vont leur permettre de mettre à mal leur ennemi. C'est aussi la preuve que l'union fait la force.
Dans ce film qui dure plus de 2 heures, les scènes intimes prennent le dessus sur les scènes d'action. Ce n'est finalement pas un mal car cela donne une certaine légitimité aux personnages du film. Et connaître leurs motivations, leurs espoirs, leurs déceptions est tout aussi intéressant que des scènes de combats qui eux aussi sont réussies. Sans compter que le réalisateur a mis la gomme du côté des effets spéciaux avec des combats qui prennent une tournure titanesque. On ne s'ennuie jamais devant X-men le commencement.
La raison tient sans doute à une mise en scène dynamique, à des personnages qui sont dotés d'une vraie personnalité, à des acteurs qui se sentent concernés et dont le casting hétéroclite (James McAvoy, Michael Fassbender, Kevin bacon et Jennifer Lawrence entre autres) est en fin de compte une force, une photographie réussie. Le film passe très bien. Pas vraiment de déception, si ce n'est un scénario un peu trop classique avec une histoire qui nous apprend certes plusieurs éléments mais ne nous surprend jamais vraiment.
Au final, avec X-men le commencement, la franchise des X-men repart de bon pied. On attend avec intérêt le prochain film de Matthew Vaughn.

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10.06.11

05:45:00, Catégories: Interview  

Alexandre Simard, gérant de la société Emylia, éditeur bien connu des DVDpaschériens, a eu la gentillesse de répondre à mes questions :

Emylia
Alexandre Simard

Bonjour et merci !

Emylia vient de fêter avec joie ses 7 ans il y a quelques jours, notre société comporte une dizaine de collaborateurs en provenance de Europacorp, Sony Columbia et du milieu de la finance.

Tristan Prunier chargé des ventes TV et VOD

L’idée première d’Emylia était de créer non pas une major mais une minor dans le milieu de l’audiovisuel francophone.
Nos collègues concurrents étaient présents sur soit la vidéo, soit la TV ou le cinéma.
Nous tentons d’être sur tous ces segments.
La société double son chiffre d’affaire depuis 3 ans, bien que le marché du DVD soit dur.
Notre développement passant principalement par des alliances avec des chaînes de TV et le regroupement de concurrents en les fédérant.

Au départ, votre société s’appelait Long Boat Entertainment. Pourquoi avez-vous changé de nom ?

Non, Long Boat Entertainment est une marque (ancienne) de Emylia nous en avons quelques unes en fonction du type de films ou téléfilms.
Nous n’utilisons plus cette marque trop liée aux téléfilms vendus en grande distribution.
Ce n’est plus du tout notre stratégie.

Pouvez-vous nous parlé un peu de HDFR ?

HDFR

HDFR est indépendant de Emylia mais fait partie de notre groupe.
Cet outil (un des rares laboratoires) indépendant français, nous permet de sortir des combos DVD et Blu-ray facilement (48 en 2010), mais aussi d’en réaliser pour de nombreux confrères.
L’entente est bonne avec la majorité de nos collègues.
HDFR dispose de la licence Blu-ray, D-Box mais surtout de magnétoscope HD cam sr de la dernière génération...

Pour quelles raisons avez-vous ouvert une antenne aux Etats-Unis ?

Tout simplement parce que nous nous lançons dans la production en Floride. Notre premier document sur des voitures de légendes (voitures de sport) sera notre première production.
De plus, nous entretenons avec certains producteurs américains de bonnes relations qui nécessitent la proximité géographique.

Pourquoi certaines versions originales et certains bonus de vos éditions ne sont pas sous-titrés ?

Je ne peux répondre que sur les bonus, c’est tout simplement un bug, ou une erreur. Ceci ne devrait plus se reproduire. Néanmoins c’est marginal dans notre catalogue... Je le souligne.

Alors que vous aviez lancé la sélection "Extrême", vous semblez avoir abandonné l’idée de collections… Pour quelles raisons ?

Collection "Extrêeme"

Cette collection a connu un réel succès, merci à tous et spécialement au forum dvdpascher. Cette collection va se compléter début 2012... Avec de très grosses surprises... Comme notre dernière acquisition " The woman" de Ketchum et Lucky Mc Kee... Je vous invite à voir ce qu’il s’est passé sur ce film événement à Sundance (youtube)

Pourquoi certains Blu-ray comme "Cicak-Man" ou "His name was Jason" comportent un DVD et un Blu-ray ? N’aurait-il pas été plus judicieux de mettre le film ou les bonus figurant sur DVD en SD sur le Blu-ray ?

Cicak-Man
His name was Jason

Tout simplement parce que nous ne trichons pas... Le premier volet de "Cicakman" nous a été livré en sd par le producteur donc nous avons sorti un DVD… Même chose pour Jason.

On peut trouver sur certains titres, certaines erreurs grossières comme le menu de "Guerriers Afghans" sur le BR de "Etat d’urgence", celui de "Dracula 3K" sur le BR de "Blood stains" ou encore la jaquette de "Scarce" qui mentionne "par le réalisateur de Saw 2, 3, 4"… Comment de telles erreurs ont-elles pu arriver et vont-elles être rectifiées sur de prochaines rééditions ?

Scarce

Oui cela sera rectifié, c’est une erreur de pressage, nous échangerons gratuitement prochainement ces titres.

Y aura-t-il une mesure d’échange concernant le BR de "Jack Brooks – tueur de monstres" dont le court métrage présent en bonus bloque ?

Oui, d’ici septembre, le film ne comporte aucun problème néanmoins...

Pourquoi, alors que souvent vous utilisez des masters français, ne reprenez-vous pas sur la jaquette le titre français utilisé sur le master du film ?

Nous utilisons dans 100% des cas les master originaux, le titre original en gros et en petit le titre français. Nous aimons le cinéma et les œuvres originales.

Vous aviez prévu de ressortir pour le 13 septembre certains Blu-ray remasterisés en 7.1. Qu’en est-il ? Est-ce que cela apportera vraiment un plus ?

Oui car c’est du vrai 7.1 nous aimons la technique, notre ingénieur son passe ses nuits dessus actuellement...

A l’époque de Long Boat Entertainment, vous deviez sortir "Secrets entre amis" en HD-DVD et en Blu-ray (sorties finalement annulées dans ces deux formats). Qu’est-ce qui vous a poussé à finalement opter uniquement pour le Blu-ray plutôt que le HD-DVD ?

Nous préférions de loin le HD DVD et son codec vc 1 à l époque. Mais celui ci est sur tous nos Blu- ray.

Pourquoi, alors que vous avez sortis certains titres assez dispensables en Blu-ray, d’autres, à mon avis beaucoup plus intéressants comme "Godspeed" ne sont disponibles qu’en DVD ?

Godspeed

Nous allons sortir en novembre en novembre "Godspeed", nous n’avions pas le master HD à l' époque.

Qu’en est-il de votre partenariat avec D-Box ? Car vous semblez ne plus utiliser ce système sur vos nouveautés… Vous deviez d’ailleurs commercialiser vous-même les fauteuils à des prix très compétitifs, l’avez-vous fait ou allez-vous le faire ?

D-Box

D-Box est une société qui se cherche, le patron Claude Mac Master est un ami, nous annoncerons de grandes choses au ces (Consumer electronic show) 2012 en janvier...

On trouve régulièrement des titres de votre catalogue soldés, voir bradés et cela souvent peu de temps après leurs sorties. N’avez-vous pas peur qu’à force les acheteurs potentiels attendent avant d’acheter ?

Vous avez raison, nous avons eu des fuites lors de retours vers des soldeurs, nous sommes attentifs à notre politique de prix néanmoins.

Quelles sont à ce jour vos meilleures ventes ?

Pirates de Langkasuka

"Pirates de Langkasuka", "Nobel son", "The deal", "Jack Brooks" et bien d’autres (l’opération trio Blu-ray pour trois films en HD le tout à 16.99 fait un malheur actuellement. Nous proposerons 12 nouveaux titres en novembre).

Pas mal de vos nouveautés sortent actuellement en édition combo, mais avec un packaging très différent (Boîtier Blu-ray double pour "Exit speed", boîtier DVD double avec fourreau pour "Woochi" par exemple). Pourquoi cette différence de packaging ?

Nous testions le marché. Tous nos gros titres sortent maintenant en combo DVD/ Blu-ray et copie digitale gratuite et illimitée mac pc en boîtier Blu-ray collector avec fourreau... Qui dit mieux?

Pourquoi sortez-vous que très rarement des éditions dites collector ?

Vous aurez des surprises pour Noël avec des coffrets collector et figurines...

Comment se fait le choix des titres que vous allez sortir ?

Nous avons un comité de visionnage qui décide en fonction des attentes de nos partenaires (tv, vod et Blu-ray). L’expertise de ce comité nous permet de sortir 50 nouveaux titres par an.

Pouvez-vous nous parler des principaux titres à venir ?

The woman
8th wonderland

"The woman", "Dead heads" (Hilarant! Un road movie zombie), "Inhabited island" (45 millions de dollar de budget), "8th wonderland" (91 salles au cinéma en France)..."Little deaths"... "Extract" (avec Ben Affleck) Et j’en oublie... Nous allons vers des films de studios et des sorties cinéma.

Merci beaucoup pour le temps que vous nous avez consacré et longue vie à Emylia !

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09.06.11

04:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The tree of life

Réalisateur : Terrence Malick

Durée du film : 2h18

Date de sortie au cinéma : 17 mai 2011

Avec : Brad Pitt (M. O'Brien), Sean Penn (Jack), Jessica Chastain (Mme O'Brien), Hunter McCracken (Jack jeune), Laramie Eppler (R.L.), etc.

Par Nicofeel

Auréolé très récemment de la palme d'Or à Cannes, The tree of life est toutefois un film qui divise beaucoup les spectateurs. De l'avis des gens, soit l'on adore ce film, soit on le rejette en bloc. Eh bien, pourtant, après visionnage, je n'ai pas trouvé le film mauvais mais je ne crierai pas malgré tout au chef d’œuvre.
Dit simplement, le film de Malick bénéficie de très belles images et d'une mise en scène audacieuse. Cela étant, le film comporte des longueurs et l'insertion de plusieurs images sur l'origine du monde paraissent au bout d'un moment quelque peu curieuses (on se demande même par instants si l'on n'est pas dans une émission d'Haroun Tazieff avec ces images de volcans en fusion).
Que raconte au juste le film ? On débute par un drame avec le décès accidentel d'un jeune garçon, ce qui place sa famille dans un sentiment de détresse insondable. Du début à la fin du film, toute réflexion sur la vie et sur la mort est analysée d'un point de vue divin. Il y a d'un côté l'infiniment petit, l'histoire personnelle avec ce père, joué par un Brad Pitt impeccable, qui donne une éducation très stricte à ses trois enfants, et relègue son épouse au second plan alors que celle-ci se montre affectueuse avec ses enfants. D'un autre côté, il y a l'infiniment grand avec tout l'espace de la terre et de l'univers qui est le résultat de la création de Dieu.
Sans nul doute, on comprend aisément que la volonté de Terrence Malick a été de faire un poème religieux, mystique, avec un Dieu omniprésent. Pour ce cinéaste passionné par la relation entre l'homme et la nature (il n'y a qu'à voir les excellents films Les moissons du ciel et Le nouveau monde), l'homme vit dans un environnement qui a été créé par Dieu. Ce n'est pas un hasard si l'on voit beaucoup d'arbres dans le film (après tout ce sont bien les poumons de notre planète) ou de nombreuses scènes d'eau, lesquelles nous ramènent à l'idée de pureté et de création. Pour appuyer son propos, le cinéaste américain a décidé d'agrémenter son récit de plusieurs voix-off des personnages principaux du film et d'opter pour une bande son classique. Au niveau de la mise en scène, on a droit à de nombreux plans d'élévation qui donnent cette impression que le monde est régi par Dieu.
Tout cela est très joliment filmé et les plans sont bien souvent majestueux. Incontestablement, Terrence Malick est un grand cinéaste et on le voit aisément à l'écran. Seulement, le réalisateur américain a tenté de lier la petite histoire que l'on voit dans le film avec la grande, celle de la création du monde. On comprend bien l'idée. Cela étant dit, cet aspect quasi documentariste avec des images de notre Terre, de mouvements de la planète (les éruptions volcaniques), de l'univers, paraît curieux et a de quoi décontenancer. En plus, on voit à un moment des dinosaures et on se demande bien ce qu'a voulu raconter Terrence Malick. Entre ces moments pour le moins abscons et une fin de film avec un côté surréaliste qui est capable de dérouter le spectateur, on finit franchement par trouver le temps long.
Ce qui est dommage car l'interprétation est au top avec notamment un Brad Pitt appliqué, et d'une rare sobriété. Et les liens entre les différents personnages sont bien sentis, en particulier la relation qu'il y a entre ces trois frères.
Au final, que penser de The tree of life ? La palme d'Or 2011 est un film atypique, qui constitue une véritable expérience pour le spectateur. Il s'agit sans nul doute d'un bon film (au vu de sa mise en scène et de sa photographie), même s'il est à mon sens sur sa longueur plombé par des scènes curieuses qui ne s'emboîtent pas aisément avec le reste de ce long métrage. Pour les personnes qui seraient déçues par ce film, je les invite à voir Les moissons du ciel et Le nouveau monde, deux films qui sont beaucoup plus faciles à regarder et à appréhender.

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08.06.11

05:10:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Very bad trip 2

Réalisateur
: Tod Phillipps

Durée du film : 1h42

Date de sortie au cinéma : 25 mai 2011

Avec : Bradley Cooper (Phil), Ed Helms (Stu), Zach Galifianakis (Alan), Ken Jeong (Mr Chow), Justin Bartha (Doug), Mason Lee (Teddy), Mike Tyson (lui-même), etc.

Par Nicofeel

L'excellente comédie Very bad trip, ayant cartonné au box-office, c'est donc sans réel surprise que l'on voit émerger la suite de ce film. Aux manettes, on a une nouvelle fois le cinéaste Tod Phillips. L'action du film ne se déroule plus à Las Vegas mais à Bangkok.
Reste à savoir ce que nous réservait le scénario. Eh bien malheureusement c'est le gros point faible du film. Very bad trip 2 constitue de manière éhontée un décalque de Very bad trip. Si le lieu de l'action du film est différent, tout le reste amène le spectateur en terrain connu.
Celui qui a donc déjà vu Very bad trip ne sera pas vraiment surpris, ce qui est dommage sur un film qui joue justement sur ses gags. Là, on a comme dans le premier film des amis qui se rendent dans un endroit inconnu (Bangkok à la place de Las Vegas) pour fêter le mariage d'un de leurs amis. Comme dans Very bad trip, l'enterrement de la vie de garçon se termine en fait pas un incroyable trou noir. On va progressivement comprendre ce qui s'est passé pendant la nuit où les compères ont complètement pété les plombs et mis le bazar dans la ville de Bangkok.
Du coup, même si les gags sont une nouvelle fois très drôles (ce qui sauve immanquablement le film du désastre), ils sont tout de même assez attendus. On notera que cette fois-ci ce n'est plus d'un bébé dont hérite Alan mais d'un petit singe. De plus, au lieu de ravir le tigre de Mike Tyson, les personnages principaux ont subtilisé un moine ! D'ailleurs, il y a un clin-d'oeil à Mike Tyson avec sa présence à la fin du film lorsqu'il se met à chanter pendant la fête du mariage. Et puis, comme pour Very bad trip, on assiste à la fin du film à un montage photos qui nous montre tout ce qui s'est passée durant cette nuit qui a été manifestement incroyable.
Certains gags ou personnages sont tout de même bien hilarants : le petit singe, qui est tout mignon, se met à fumer ! Mieux, il sert d'intermédiaire aux vendeurs de drogue. Quant au personnage de Stu, il lui en arrive une bonne cette fois-ci. Ce n'est plus une prostituée qu'il a fréquentée durant la nuit mais un transsexuel ! En fin de compte, on constate que c'est au moment où le réalisateur en fait des tonnes et n'hésite pas à aller dans le bon gros trash que le film devient remarquable.
Cela étant, ces scènes ne sont pas si fréquentes et Very bad trip 2 se contente souvent d'un scénario bien huilé, même trop, puisqu'il ne transmet pas au spectateur la même hilarité que pour Very bad trip. On sent que le scénario a cherché à ressembler le plus au premier Very bad trip. Ce qui est dommage car cela ôte une partie de l'âme du film. De plus, force est de constater que le côté anarchiste de Very bad trip, le côté revendicatif avec une critique de la société américaine, s'est complètement évaporé. Ce qui est dommage car cela donnait une vraie identité au film.
Quant aux acteurs, ils sont impliqués dans leur sujet mais on sent qu'ils s'amusent moins que lors du premier film.
Au final, Very bad trip 2 est certes une comédie plaisante à regarder mais c'est surtout un décalque de Very bad trip, avec un scénario en tous points identiques et des blagues moins percutantes. Le film est donc complètement dispensable. Cela étant, le niveau du film est tout de même toujours plus élevé que la plupart des comédies qui sortent chaque semaine sur les écrans de cinéma.

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07.06.11

05:20:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Source code

Réalisateur
: Duncan Jones

Durée du film
: 1h33

Date de sortie au cinéma : 20 avril 2011

Avec :Jake Gyllenhaal (le capitaine Stevens / Sean), Michelle Monaghan (Christina Warren), etc.

Par Nicofeel

Auteur d'un premier film, Moon, intéressant par les thématiques évoquées mais quelque peu ennuyeux par son traitement, Duncan Jones est de retour avec son nouveau film, Source code.
Se voulant plus grand public, Source code reste cantonné dans le même genre que Moon, à savoir la science-fiction. Ici, on suit les pérégrinations d'un pilote d'hélicoptère de l'armée américaine, le capitaine Stevens (Jake Gyllenhaal), qui débarque du jour au lendemain dans un endroit qui ne lui est absolument pas familier.
En effet, le capitaine Stevens se retrouve dans un train à destination de Chicago, alors qu'il est censé être en Afghanistan. La surprise ne s'arrête pas là pour ce militaire : une jeune femme, qui semble le connaître, se met à converser avec lui et à l'appeler Sean alors que cela n'est pas son prénom. En allant dans les toilettes du train, le capitaine Stevens constate avec effroi dans la glace que ce n'est pas son visage qui apparaît mais celui du fameux Sean. Après plusieurs minutes, le train explose mais le capitaine Stevens ne décède pas, il se réveille en sueur dans un espace confiné qu'il ne reconnaît pas non plus. Enchaîné, il n'est pas libre de ses mouvements et doit exécuter la tâche qui lui est confiée par une femme de l'armée américaine, à savoir retrouver l'auteur de la bombe du fameux train.

On apprend un peu plus tard que l'armée américaine exploite pour l'occasion le code source qui permet d'utiliser la mémoire post-mortem pendant un maximum de 8 minutes. Le code source ouvre une brèche dans le passé. Muni de la mémoire de Sean, le capitaine Stevens est donc renvoyé à plusieurs reprises dans le passé pour tenter de résoudre la tâche qui vient de lui être confiée.
Avec un tel synopsis, on comprend aisément que l'on a affaire à de la science-fiction. Comme son précédent film, le cinéaste Duncan Jones joue sur la notion de mémoire et place son personnage principal dans une situation d'isolement.
Dans le cas présent, comme dans Inception de Christopher Nolan, il agrémente son film de nombreux flashbacks ou plutôt il envoie son personnage principal dans un même flashback. Le capitaine Stevens doit se rendre à l'intérieur de cet espace temps relativement réduit (les fameuses huit minutes qui lui sont laissées), jusqu'à ce qu'il trouve la bombe qui a détruit le train et l'identité du poseur de la bombe. En montrant sous divers aspects une même scène, le réalisateur invite le spectateur à s'interroger sur la notion de réel (qu'est-ce qui est vrai dans tout ça ? Le capitaine Stevens ne servirait-il pas de cobaye à l'armée américaine ?) et sur le fait de savoir si l'on peut ou non influer sur le destin (le capitaine Stevens ne réussit-il pas à « parasiter » le code source ?) en faisant une immersion dans le passé. Ce n'est pas anodin si le personnage principal du film prononce dans ses dernières paroles les phrases suivantes : « Il faut croire en l'avenir » ; « Est-ce que tu crois au destin ? ».
Le film Source code joue beaucoup sur la notion de répétition de scènes. Pour autant, le spectateur n'a pas le temps de s'ennuyer car les renvois dans le passé du personnage principal sont à chaque fois marqués par une évolution dans le déroulement de l'histoire. Et le cinéaste a la bonne idée d'agrémenter son film de rebondissements. Si ces derniers peuvent être parfois quelque peu prévisibles, ils ont en tout cas le mérite d'entretenir un certain suspense.
De plus, si Source code est plaisant de bout en bout, c'est non seulement en raison de son scénario et de son montage, mais également de l'excellente interprétation de l'acteur principal. On sent Jake Gyllenhaal vraiment investi dans son rôle. Il est particulièrement crédible et tient le film à bout de bras. D'ailleurs, Source code demeure prenant par sa capacité à naviguer le spectateur au gré des découvertes du principal principal. Ceci étant dit, il faut tout de même noter qu'une fois que l'on connaît le déroulement du film, celui-ci risque de perdre nettement en intérêt lors d'un prochain visionnage.
Au final, nanti d'un budget appréciable et mené par un acteur qui a le vent en poupe (Jake Gyllenhaal), Source code constitue un « blockbuster » appréciable. Surtout que les thématiques qui sont développées dans le film sont passionnantes et invitent le spectateur à se poser de nombreuses questions. Après un premier film satisfaisant à défaut d'être transcendant, Duncan Jones a pris une nouvelle envergure avec Source code. On attend désormais avec un certain intérêt son prochain long métrage.

Permalink 855 mots par nicofeel Email , 955 vues • 1 réaction

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