Archives pour: Juillet 2013

31.07.13

07:37:43, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Huit monstres connus du grand public sont approchés pour participer à un tournoi de catch. Du zombie au loup garou en passant par le vampire et le cyclope, ils s’affronteront jusqu’à la mort dans un cimetière abandonné...

Mon avis :

Tiens, en voilà une drôle d'idée! Mélanger films d'horreur et catch... Pourquoi pas! Cette étrangeté nous vient du Canada et est l’œuvre de Jesse Thomas Cook (co-réalisateur de "Scarce" et producteur de "Exit Humanity"), qui a le mérite de sortir des sentiers battus pour nous offrir un film à part...

Vu la jaquette, je pensai avoir affaire à une zèderie tout droit sortie de chez Troma, un truc complètement décalé et délirant... Mais en fait à ma grande surprise "Monster Brawl", malgré un budget très restreint, a plutôt de la gueule et bénéficie à la fois d'une très belle photographie, de décors réussis et de maquillages et effets spéciaux old school très convaincants.

Par contre, ne vous attendez pas à une grosse comédie poilante, le film est certes très second degré et amusant, mais cela se regarde plus comme on regarde un tournoi de catch. Bon, un tournoi de catch avec des montres tout de même! La plus part issus des classiques de l'horreur de la Universal comme la Momie, Frankenstein ou le loup-garou. Les combats ne sont pas forcément très spectaculaires, ils sont dans l'ensemble assez classiques, mais on se laisse prendre assez facilement au jeu, avec probablement chacun, ses chouchous!

Pour ma part, j'ai craqué sur Sorcière maudite et Frankenstein dont la stature est vraiment impressionnante... Il faut dire tout de même que c'est Robert Maillet ("300", "Sherlock Holmes", "Les Immortels", "Pacific Rim") qui l'interprète! Ce géant de 2 mètres 9 a été catcheur avant de devenir acteur et a notamment officié sous les noms de Kurgan et Goliath El Gigante... Le genre de gars qu'on n'a pas très envie qu'il nous tombe dessus!

Ce n'est évidemment pas le seul ancien catcheur que l'on retrouve au sein du casting, puisqu'on y trouve également l'ancien champion du monde Kevin Nash ("The Punisher", "Mi-temps au mitard", "DOA: Dead or Alive") dans le rôle de l’impressionnant Colonel Crookshanks. Jimmy Hart, personnalité bien connue du milieu tient quant à lui son propre rôle, de même que Herb Dean, combattant du MMA (Mixed Martial Arts).

On notera également la présence au générique de Lance Henriksen ("Terminator", "Aliens - Le retour", "Johnny Belle Gueule") mais seulement en tant que voix et de Art Hindle ("Black Christmas", "L'invasion des profanateurs", "Chromosome 3") dans le rôle de Sasquatch Sid Tucker. Les monstres sont vraiment bien faits, parfois quelque peu grotesques et cheap comme le monstre des marais par exemple, mais cela colle bien à l’esprit parodique du film.

Le film aurait probablement été quelque peu lassant s’il n’y avait pas eu quelques scènes présentant les divers personnages sous forme de petits documentaires rétrospectifs, ce qui a en plus le mérite d’apporter un peu d’humour et de permettre de diversifier les lieux de décors, car autrement la compétition se déroule sur un ring dans un cimetière, ce qui est plutôt sympa, mais limité.

Seul regret et bien au final on reste sur notre faim, avec une fin assez abrupte, d’ailleurs si on a le droit à une finale des poids lourds, cela ne sera malheureusement pas le cas des poids moyens... Pour quelles raisons? Je ne sais pas, mais c’est tout de même vraiment dommage, car on en demandait plus et ce n’est pas la scène qui se situe à la fin du générique qui viendra malheureusement combler ce manque...

Même si j’ai pris plaisir à regarder ce drôle de film, je suis resté assez perplexe et mitigé. J’en attendais vraiment un peu plus, mais le résultat est tout de même plutôt prometteur et j’attends maintenant le prochain film du réalisateur, "Septic Man", avec curiosité et pas mal d’espoir...

"Monster Brawl" sort le 6 août 2013 chez Factoris Films en combi DVD + Copie digitale et combi Blu-ray + Copie digitale. Le DVD est au format 2.35, 16/9ème avec pistes française et anglaise 5.1 Dolby Digital et anglaise dts Digital Surround et sous-titres français. Le Blu-ray est quant à lui au format AVC 1080p/24 [2.35] avec pistes française et anglaise 7.1 dts-HD Haute résolution. La copie digitale H.264, commune aux deux éditions, est quant à elle au format 2.35 et en français 2.0 AAC. Les bonus se composent d’un making of sous-titré en français, d’un commentaire audio en version originale, de la bande originale et de bandes annonces de l’éditeur.

Monster brawl (DVD + Copie digitale)

Monster brawl (DVD + Copie digitale)
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Monster brawl (Blu-ray + Copie digitale)

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30.07.13

14:36:37, Catégories: Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Archangel, une tueuse à gages hyper sexy se rend dans un club afin de tuer le propriétaire...

Mon avis :

Si tout comme moi, vous aimez le giallo et plus généralement le cinéma d'exploitation, les derniers films de François Gaillard ("I am the Ripper", "The Witching Hour", "Blackaria", "Last Caress") sont assurément pour vous. Le cinéaste montpelliérain est un passionné et se fait plaisir en tournant et cela se sent...

Avec "Die die my Darling", il délaisse quelque peu le giallo pour nous livrer un pur moment d'action Bis où l'on se régale du début à la fin. Un vrai plaisir coupable! Dès les premières images, on voit qu'il a tout de même conservé l'imagerie baroque et très stylisée de ses gialli, mais en utilisant également de nombreuses autres références provenant du cinéma d'exploitation.

On y retrouve entre autres des influences de la sexploitation, de la naziploitation, mais aussi et surtout de réalisateurs japonais comme Shunya Ito, Toshiya Fujita, Yukio Noda ou Seijun Suzuki... En grand fan des Misfits et de Danzig, le réalisateur a donné à son court métrage le titre d'une des chansons du groupe culte, ce qui montre bien qu’il a voulu se faire 100% plaisir.

On retrouve dans ce court une fidèle des films de François Gaillard, la très belle Aurélie Godefroy ("I am the Ripper", "Blackaria", "Last Caress"), en tenue hyper sexy, dans le rôle cette fois d'une tueuse à gages venue régler son compte à un mafieux interprété par Rurik Sallé ("Eject", "Le Réserviste", "Dead Shadows") dans une boîte dont il est propriétaire. Mais avant de pouvoir l'atteindre, Archangel va devoir se battre avec, tout d'abord, le service de sécurité de l'entrée, dans une scène où le réalisateur va s'amuser à pasticher une des scènes cultes de "Le dernier samaritain".

Chose assez amusante, dans cette scène, on aperçoit, entre autres, le co-producteur du film, Stéphane Bouyer ("Run Rabbit run") de Le Chat qui Fume et Antony Cinturino ("Last Caress", "Sans Relâche") le chorégraphe des combats du film, prouvant que chaque membre de l'équipe fait un peu de tout dans les films de François Gaillard. Et oui, ce sont des petits budgets et tout le monde doit mettre la main à la pâte!

S’en suit alors le générique qui se déroule en plein cœur de la boîte de nuit, nous mettant immédiatement en tête l’excellent « We rule the night » (Avec ma fille, on l’écoute en permanence! On en est dingue !) du groupe Abberline, remixé par Double Dragon (Les Goblin français !). Il faut dire que la musique du film signée par Double Dragon et Les Pleureuses est absolument géniale et joue un rôle primordial, comme dans beaucoup de gialli d’ailleurs, car à ce niveau on ressent une nouvelle fois l’amour que le cinéaste porte à ce genre très codifié.

La jolie tueuse va ensuite affronter de très belles jeunes femmes super sexy armées de bâtons électriques, ainsi que la splendide Jeanne Dessart ("Another Hero", "Fear in Carne") , une gogo danseuse revêtue d’un uniforme nazi, lors de combats hyper violents et bien gores.

Enfin, cela sera l’affrontement final avec Rurik Sallé, avec à nouveau une scène très influencée par le cinéma Bis japonais, cette fois, François faisant référence à "Lady Snowblood" rappelant notamment l'esthétisme du film avec des plumes de coussins qui volent dans tout le bar...

La photographie de Nima Rafighi ("Beware of Darkness", "Belles de nuit") est fabuleuse et apporte un réel cachet au film, de même que les effets et les maquillages toujours très réussis de David Scherer ("Blackaria", "8th Wonderland", "Ouvert 24/7", "The Hunt", "The Theatre Bizarre").

Seul petit reproche, l’interprétation n’est pas toujours au top, mais sans pour autant que cela soit spécialement gênant, d’ailleurs je vous rassure, d’une part on est loin du côté très amateur de "I am the Ripper", le premier long du réalisateur et d’autre part le film est essentiellement basé sur l’action, l’ambiance et l’esthétisme...

Depuis que j’ai découvert ce court métrage je ne me lasse pas de le voir, regrettant presque que cela ne soit pas un long... Mais au final non, "Die die my Darling" se suffit à lui-même!

"Die Die my Darling" est sorti en DVD en supplément de "La guerre des gangs" de Lucio Fulci, le 12 juin 2013 chez The Ecstasy Of Films dans une édition limitée à 1000 exemplaires, accompagné en bonus d’un entretien avec François Gaillard et Pascal Garcin (30 min), d’un entretien avec l'équipe du film (26 min) et d’un entretien avec Rurik Sallé (16 min). Une édition à ne pas louper!

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24.07.13

05:31:36, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Jonathan Corbett, alias Colorado, fine gâchette et redresseur de torts sans égal a débarrassé le Texas de nombreux malfrats. Sa bravoure légendaire et ses faits d’armes lui valent d’être placé en tête de liste des élections sénatoriales...
Mais en apprenant que Cuchillo, un bandit notoire, vient de tuer une fillette de douze ans après l’avoir violée, Colorado se lance dans une nouvelle chasse à l’homme… Sa retraite dorée de politicien attendra...

Mon avis :

Alors là... Wild Side nous gâte! Quelle belle édition! "Colorado" nous arrive enfin et dans un très beau coffret contenant le film en DVD et en Blu-ray, le tout accompagné d'un très beau livre. Et cerise sur le gâteau, on a le droit à la version cinéma et à la director's cut (Seul hic par contre, la version director’s cut est uniquement sur le Blu-ray...). Alors quelle version choisir? Il suffit de visionner le début du film pour s'en rendre compte, la version intégrale est largement supérieure. C'est donc de cette version que je parlerais principalement!

Dès l'incroyable générique on sait que l'on va assister à un excellent western spaghetti, probablement même un chef d’œuvre... La musique signée Ennio Morricone ("Il était une fois dans l'Ouest", "Le Bon, la Brute et le Truand", "Le Clan des Siciliens") est absolument majestueuse et nous emporte directement avec elle. Avec la première scène, Sergio Sollima ("Le Dernier Face à face", "Saludos hombre", "La Cité de la violence", "Le Corsaire noir") nous plonge en plein Far-West grâce à un duel typiquement spaghetti de par ses cadrages et sa mise en scène, du moins dans la version longue, car pour ce qui est de la version ciné, la scène est montée totalement différemment et n'a pas du tout le même impact.

Lee Van Cleef ("Et pour quelques dollars de plus", "Le Bon, la Brute et le Truand", "Le Dernier Jour de la colère", "Sabata") y incarne Jonathan Corbett, un chasseur de primes impitoyable et redouté ayant quelques ambitions politiques. Après la présentation de ce personnage, cela sera au tour de Cuchillo, interprété par Tomas Milian ("Saludos hombre", "Beatrice Cenci", "La longue nuit de l'exorcisme", "La Rançon de la peur") de faire son entrée en scène, un joyeux trublion accusé de viol sur une enfant de 12 ans.

Évidemment, vu le personnage, il est difficile d'y croire tant il est sympathique et d'ailleurs cela serait trop simple... On va s'attacher presque immédiatement à ce péon mexicain coureur de jupons, qui va se jouer du chasseur de primes comme personne n'avait réussi à le faire auparavant.

Les deux personnages vont alors jouer au chat et à la souris pour notre plus grand plaisir, apportant une bonne dose d'humour au film, sans pour autant tomber dans la comédie. Le jeune acteur originaire de La Havane crève ici littéralement l'écran et ridiculiserait presque Lee Van Cleef si ce dernier ne se rattrapait pas lors de ses autres duels... Car évidemment le chasseur de primes va finir par trouver le vrai coupable et cela va faire des dégâts! C'est qu'il ne faut pas trop le chauffer le Lee!!! Les deux héros vont au final former un duo d’acteurs assez atypique et attachant.

Comme dans la plus part des western spaghetti, nos héros vont croiser de jolies filles... Il s'agira de Luisa Rivelli ("La Loi", "Les possédées du démon", "Le goût de la vengeance") dans le rôle de la prostituée, la femme de Cuchillo et de Nieves Navarro ("Un pistolet pour Ringo", "Toutes les couleurs du vice", "La mort caresse à minuit ") dans le rôle d'une veuve légèrement nymphomane.

Parmi le casting, on remarquera également Fernando Sancho ("Arizona Colt", "Un pistolet pour Ringo", "Gringo, les aigles creusent ta tombe") dans le rôle du Capitaine Segura, un habitué des western spaghetti et Gérard Herter ("Caltiki, le monstre immortel", "Avec Django ça va saigner", "Adios Sabata") dans celui du Baron von Schulenberg, un tueur à gages pas vraiment classique. Le final est superbe avec deux duels mémorables dont un pistolet contre couteau, le tout évidemment superbement accompagné par les compositions de Ennio Morricone.

Avec ce film, Sergio Sollima rentre instantanément dans la cour des grands et rejoint Sergio Leone et Sergio Corbucci parmi les maîtres du western Spaghetti, formant ainsi ce qu’on appellera les « Trois Sergio ».

"Colorado" est sorti le 3 juillet chez Wild Side Vidéo dans une splendide édition combo Blu-ray + DVD, accompagnée du livre "Le vautour et la proie" écrit par Jean-François Giré comportant 128 pages richement illustrées. La version DVD est au format 2.35, 16/9ème compatible 4/3 avec pistes française et italienne Dolby Digital mono d'origine avec sous-titres français, mais ne contient que la version cinéma (85 minutes). La version Blu-ray est quant à elle au format 2.35, avec une résolution 1080 24p et des pistes française et italienne DTS-HD Master Audio mono d’origine pour la version cinéma (90 minutes) et uniquement italienne pour la version director's cut (110 minutes) et sous-titres français évidemment. Les bonus, communs aux deux galettes, se composent d'un entretien de 26 minutes avec le scénariste Sergio Donati, d'une galerie de photos et de la bande annonce.

Colorado - Edition collector (Blu-ray + DVD + livre)

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23.07.13

20:30:10, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Luca est contrebandier de cigarettes à Naples avec son frère Micky. Malgré les risques encourus, cette activité lui assure une vie confortable avec sa femme et son fils, loin de la misère milanaise qu’ils ont fuie quelques années auparavant. Mais un jour, lors d’une opération, Luca et ses camarades sont pris en chasse par la Garde des finances. À la suite d’une course poursuite en bateau, les contrebandiers parviennent à s’échapper après avoir sacrifié leur cargaison. Micky pense alors que Sciarrino, un autre contrebandier, les a dénoncés. Peu de temps après, il est sauvagement abattu au bord d’une route. Luca n’a alors qu’une idée en tête : retrouver l’assassin de son frère. Durant son enquête, il va apprendre l'arrivée du « Marseillais », un redoutable trafiquant de drogue qui souhaite s’installer dans la ville...

Mon avis :

Pour son second titre, le jeune éditeur The Ecstasy of Films continue d'explorer le cinéma d'exploitation italien et après le giallo, il s'attaque cette fois au poliziottesco et pas avec n’importe lequel puisqu'il s'agit de "La guerre des gangs" de Lucio Fulci ("L'enfer des zombies", "Frayeurs", "L'au-delà", "L'éventreur de New York").

Comme on pouvait s'y attendre de la part de celui qu'on surnomme le Poète du macabre, "La guerre des gangs" n'est pas un poliziottesco classique, d’ailleurs le cinéaste romain n’appréciait pas particulièrement le style. Pourtant il accepta de tourner ce film qui lui était proposé par la productrice Sandra Infascelli via la société Primex, mais en apportant sa touche personnelle et notamment beaucoup plus de violence...

Et il va en effet beaucoup plus loin à ce niveau là (C'est dire! Car la violence est généralement déjà très présente dans ce genre!), frôlant même parfois l'horreur avec quelques scènes particulièrement graphiques à l'efficacité des plus redoutable.

Et évidemment le réalisateur italien ne nous épargne rien! Ainsi, une jeune femme se fera brûler le visage au chalumeau dans une scène particulièrement insoutenable... On assistera également à une scène de viol collectif réellement éprouvante comme rarement on en a vu au cinéma (Par rapport à elle, celle de "Irréversible" m'a parue vraiment soft!).

Vous l'aurez compris, les femmes ne sont pas particulièrement bien traitées dans le film, elles seront même le plus souvent considérées comme de simples objets sexuels! Le réalisateur n’hésite d’ailleurs pas à apporter une petite touche d’érotisme à son film pour notre plus grand plaisir avec quelques scènes de nu assez hot... Hé oui, c’est en avant tout un film fait pour les hommes, les vrais, les durs, les tatoués... Euh... non, là je m’égare un peu!

La violence est donc très présente tout au long du film avec quelques effets spectaculaires et bien craspecs comme on a l’habitude d’en voir dans les œuvres du maître. Ceux-ci sont comme d’habitude très exagérés et en full frontal et feront probablement sourire la jeune génération habituée à des effets beaucoup plus réalistes.

Pour autant, le cinéaste ne se distingue pas uniquement par ses scènes gores, il nous offre aussi quelques scènes mémorables comme celle de la course poursuite en bateaux au début du film qui n'a rien à envier à la scène d’ouverture de "Miami Vice" de Michael Mann ou celle très disco dans la boîte de nuit, une scène particulièrement chaude ou comme celle surprenante des funérailles sur les hors-bords ou encore celle où l’un des mafieux prend son pied en regardant une call-girl s’occuper de son bras droit un peu coincé et au physique pas facile, faisant penser quelque peu à Roberto Benigni...

Le héros Luca Di Angelo, interprété par Fabio Testi ("Django et Sartana", "L'important c'est d'aimer", "4 de l'apocalypse"), n'est pas un personnage très recommandable, mais on s'attachera malgré tout à lui, car même s’il est contrebandier, il incarne également un bon père de famille et un homme d’honneur.

Parmi le casting, on remarque principalement la présence du français d’origine italienne Marcel Bozzuffi ("Z", "French Connection", "Section de choc", "Équipe spéciale") dans le rôle du « Marseillais » ou encore celle de Saverio Marconi ("Padre padrone", "Il prato", "Un amour interdit"), excellent dans le rôle de Luigi Perlante, avec son air malsain. L’histoire est assez classique, un mafieux d’origine étrangère veut s’implanter sur un nouveau territoire et va pour cela éliminer la concurrence...

Le Marseillais va alors représenter le Mal voulant implanter la drogue à Naples, terre des contrebandiers de cigarettes, qui représenteront quant à eux, évidemment le Bien. Le film valorise pas mal les contrebandiers napolitains, leur donnant une image, ma foi assez sympathique, ce qui n’est finalement pas très étonnant lorsqu’on sait que la Camorra à aider à boucler le budget du long-métrage. D’ailleurs ils imposèrent le titre original du film, "Luca il contrabbandiere"...

La mise en scène du cinéaste est comme souvent impeccable et efficace, aidée par son équipe habituelle, avec notamment Sergio Salvati ("L'emmurée vivante", "L'enfer des zombies", "Frayeurs", "L'au-delà") à la photographie, Vincenzo Tomassi ("L'enfer des zombies", "Cannibal Holocaust", "Frayeurs", "L'au-delà") au montage et le compositeur Fabio Frizzi ("L'emmurée vivante", "L'enfer des zombies", "Frayeurs", "Crime au cimetière étrusque") à la musique.

"La guerre des gangs" est un très bon Fulci, pas le plus connu certes, mais faisant à mon avis parti des indispensables que tout amateur se doit de posséder. En outre, c’est un excellent poliziottesco, alors si vous aimez les polars des années 70/80, ce film est également pour vous ! The Ecstasy of Films ne s’est pas trompé en nous offrant ce film et c’est maintenant avec impatience que nous attendons sa prochaine sortie et pas des moindres, puisque ce sera l’excellent "Torso" de Sergio Martino!

Après quelques petits soucis techniques qui ont contraint l’éditeur à repousser la date de sortie, le DVD de "La guerre des gangs" est finalement sorti officiellement le 12 juin 2013 chez The Ecstasy Of Films en édition limitée à 1000 exemplaires avec jaquette réversible, fourreau cartonné et livret de 16 pages écrit par Lionel Grenier avec une interview exclusive du Fabio Frizzi. Le film est présenté au format 1.85, 16/9ème compatible 4/3 avec pistes anglaise et française 2.0 et sous-titres français. Les suppléments sont nombreux et se composent d’une présentation du film par Fausto Fasulo (1min27), d’un document INA « JT Antenne 2 » (04/08/1978) : « Contrebande de cigarettes à Naples » (Inédit) (5min30), d’un documentaire intitulé « Lucio Fulci - Un cinéaste en guerre » (12 min) avec sous-titres anglais disponibles, du contenu du livret en anglais, de la bande annonce du film, ainsi que celles de "La Lame Infernale" et "Torso", d’une galerie de photos, du court métrage "Die Die my Darling" de François Gaillard (19 min) avec sous-titres anglais disponibles, accompagné également de ses bonus à savoir un entretien avec François Gaillard et Pascal Garcin (30 min), un entretien avec l'équipe du film (26 min) et un entretien avec Rurik Sallé (16 min) et enfin du court métrage "A Tout Prix" de Yann Danh (15 min) avec sous-titres anglais disponibles, avec ses suppléments également, à savoir, un module intitulé « A Tout Prix - Démasqué » (23 min), un autre « A Tout Prix - The Fulci Connexion » (3 min), « A Tout Prix - Rencontre avec David Scherer » (3 min) et l’émission radio « Culture Prohibée » avec interview du réalisateur Yann Danh au festival « Genre III » (2012) - (21 min).

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19.07.13

06:24:03, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Les beaux jours

Réalisatrice
: Marion Vernoux

Année : 2013

Origine : France

Durée du film
: 1h34

Avec
: Fanny Ardant (Caroline), Laurent Lafitte (Julien), Patrick Chesnais (Philippe), Jean-François Stévenin (Roger), etc.

Par Nicofeel

Les beaux jours est mis en scène par Marion Vernoux, qui s'était faite remarquer en 1999 avec Rien à faire, un film très original qui évoque la relation adultérine entre deux personnes touchées par le chômage.
La cinéaste française signe avec son nouveau long métrage un film qui évoque la situation d'une femme d'âge mûr, jeune retraitée. Cette personne, Caroline, incarnée par Fanny Ardant, avait été jusque-là très active sur le plan professionnel puisqu'elle était dentiste. Du jour au lendemain, elle se retrouve démunie de sa principale occupation. Ses deux filles, voyant que leur mère s'ennuie, lui offrent un abonnement dans un club de loisirs pour retraités. Caroline a cependant du mal à se reconnaître dans ce club : les adhérents lui renvoient inexorablement l'image d'elle telle qu'elle est actuellement, c'est-à-dire celle d'une femme qui a commencé à entrer dans le troisième âge, même si elle se sent encore en pleine forme tant sur le plan mental que sur le plan physique.
Pour autant, à l'occasion de l'un de ses ateliers, elle rencontre un charmant professeur d'informatique, Julien, qui n'hésite pas à la séduire. D'ailleurs, malgré leur importante différence d'âge, ils décident de sortir ensemble et ont rapidement une relation. Quelque part, Caroline agit comme une sorte de cougar, véritable phénomène de société.

Sauf qu'elle demeure plus que jamais attachée et amoureuse de Julien. Il faut dire que si elle connaît un vide sur le plan professionnel depuis qu'elle est retraitée, elle n'est pas mieux lotie sur le plan sentimental, s'ennuyant au sein de son couple qui est rentré dans un train train quotidien depuis des années. Julien tombe donc à pic. Il rappelle à Caroline sa jeunesse passée. Ce jeu de séduction et d'amour l'amuse, la distrait. Elle est flattée d'avoir cet homme qui s'intéresse à elle. Ca lui donne une bouffée d'air frais.
Sauf que Julien n'est rien d'autre qu'un tombeur. C'est un “consommateur” de femmes. Il sort avec n'importe qui et il a de nombreuses liaisons à la fois. C'est une sorte de Don Juan des temps modernes qui ne se soucie pas des sentiments des autres. Pour lui, Caroline n'est qu'une conquête de plus. Bien qu'attachée à Julien, Caroline finit par s'en rendre compte.
Même si une partie de sa vie est déjà derrière elle, elle sait qu'elle n'a aucun avenir avec Julien. Il est nécessaire pour Caroline de revenir à une vie classique, normée et pas toujours “marrante”. Cela étant, elle aura le bonheur d'être entourée par des gens qui l'apprécient et tiennent à elle.
Dans ce film qui joue avant tout sur la qualité des dialogues, la spontanéité ainsi que la justesse de ton des acteurs, la distribution est essentielle.
De ce côté-là, c'est un sans faute. Fanny Ardant apporte un fond et une véritable sincérité à son personnage. L'histoire qu'elle vit dans ce long métrage peut arriver à de nombreuses personnes. En revanche, on peut émettre des réserves sur sa couleur de cheveux, très incisive sur le blond, qui renforce uniquement en apparence son côté cougar. Car elle n'est jamais vulgaire. Quant à Laurent Lafitte, pour une fois (voir sa prestation discutable dans Les petits mouchoirs, film quasiment culte par son amoncellement de personnages et de scènes ridicules) il ne surjoue pas. Il paraît même crédible dans le rôle de cet homme très mâle et sûr de lui. Pour la petite histoire, il faut savoir que son personnage sait pertinemment qu'il avait connu, lorsqu'il n'était qu'un enfant, la fameuse Caroline, puisque c'était son dentiste. Réaliserait-il ainsi, plusieurs années après, un fantasme très masculin ?
A la base, Les beaux jours constitue une histoire d'amour moderne entre une femme d'un certain âge et un Don Juan. Film assez subtil qui adapte le roman Une jeune fille aux cheveux blancs, il permet à sa réalisatrice, Marion Vernoux de prendre le pouls de notre société actuelle, comme elle l'avait déjà fait il y a quatorze ans avec Rien à faire. Les thématiques développées sont toujours aussi sérieuses (avec comme point commun une relation adultérine). Cela étant, le titre du film, Les beaux jours, est là aussi pour nous rappeler que l'herbe n'est pas forcément plus verte ailleurs et qu'il convient de se satisfaire de sa vie, en mettant l'accent sur les choses positives et les êtres aimés que l'on côtoie tous les jours.

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16.07.13

05:32:25, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Nous vivons les derniers jours de paix... Alors que la tension entre les deux Corées est à son apogée, une attaque aérienne d’une rare violence déstabilise le pays et bouleverse le monde. Pour éviter une guerre atomique sans précédent, une troupe d’élite s’élance livrer combat dans le ciel. Leur mission : anéantir une base nucléaire ennemie et sauver l’un des leurs. De leur courage et de leur sacrifice dépendra l’avenir de toute une nation.

Mon avis :

Prenant comme toile de fond les tensions qui existent entre la Corée du sud et la Corée du nord, "Windfighters" nous offre un film d'aviation très inspiré par "Top Gun" qui devrait ravir les amateurs d'aviation par ses images très impressionnantes...

Le film de Tony Scott n'est pas forcément le film préféré des fanas d'aviation, loin s'en faut, en parti à cause de sa partie romance un peu trop prononcée pour eux, ce qui fait que le film plait en général plus à la gente féminine qu'aux hommes qui pourtant composent la majeure partie des amateurs...

En revanche, le film de Dong-Won Kim ("Drifting Away"), même s'il pompe allègrement certaines scènes de "Top Gun" (le jeune pilote fougueux et incontrôlable, la moto, la scène du café dans la tour de contrôle, l'incident déclencheur, le décès d'un des pilotes etc...) devraient les contenter beaucoup plus, car même s'il y avait de biens jolies prouesses aériennes et des combats assez spectaculaires dans "Top Gun", ici le réalisateur est allé encore plus loin.

De plus, "Windfighters" ne se prend absolument pas au sérieux et le côté comédie est ici beaucoup plus accentué (Ce qui est assez courant dans les films coréens, mais risquera d'en déstabiliser plus d'un!). Le côté romance est bien là, mais il ne prend pas le dessus sur l'aviation contrairement à dans "Top Gun"...

En revanche, du fait que la part de comédie soit plus prononcée, le film est beaucoup moins mélodramatique et le décès d'un des pilotes ne suscitera par contre pas autant d'émotion.

Le gros atout du film, ce sont évidemment ses combats aériens et les prouesses techniques des pilotes, absolument bluffants et rendus crédibles par le fait que l'armée de l'air sud-coréen ait participé au film.

L'attaque de Séoul par un avion de chasse ennemi est franchement impressionnante! Les effets spéciaux très réussis renforcent cette crédibilité. De même, le côté authentique provient aussi du fait que le tournage ait pu avoir lieu sur des bases de l'armée de l'air.

Les prises de vue aériennes sont de toute beauté, magnifiées par la très belle photographie du film. L'histoire est somme toutes très classique pour ce genre de films d'action, mais le film est bien rythmé, les personnages suffisamment attachants, avec des acteurs assez charismatiques, même si finalement leur rôle est plutôt secondaire.

Au sein du casting, on notera la présence de Rain ("Speed Racer", "Ninja Assassin") et Shin Se-Kyung ("Cinderella", "Hindsight") dans les rôles principaux, les deux acteurs formant le duo d'amoureux.

Malgré la comparaison évidente avec "Top Gun", le film est en fait un remake d'un film coréen de 1964, "Red Scarf", mais je ne saurai vous dire si celui-ci est fidèle ou pas à l'original...

"Windfighters" ne brille pas par son originalité, mais cela reste un film d'action divertissant, qui ravira notamment probablement les amateurs d'aviation...

"Windfighters" est sorti le 10 juillet chez Wild Side Vidéo en DVD, combo Blu-ray + DVD et VOD. La version DVD est au format 2.35, 16/9ème compatible 4/3 avec pistes françaises dts 5.1 & Dolby Digital 2.0 et coréenne Dolby Digital 5.1 avec sous-titres français. La version Blu-ray est quant à elle au format 2.35, avec une résolution 1080 24p et des pistes française et coréenne DTS-HD Master Audio 5.1 et sous-titres français. Les bonus, communs aux deux éditions se composent d'un making of de 18 minutes et de la bande annonce. Les deux éditions contiennent la copie numérique à télécharger.

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15.07.13

06:52:33, Catégories: Test / Critique  

Par Flo200


Synopsis :

Une jeune fille est engagée comme baby-sitter par un couple qu'elle ne connaît pas. Surprise par l'étrange attitude des deux enfants, elle invite des amies à lui tenir compagnie. Elles ne se doutent pas que ce sera la pire soirée de leur vie...


Mon avis :

M'intéressant au travail de la jeune et talentueuse Morgane Housset depuis que je l'ai découvert dans "Ouvert 24/7" de Thierry Paya, il était évidemment naturel pour moi que je me penche sur "Baby-sitting", un court métrage horrifique qui a déjà remporté de nombreuses récompenses, dont certaines grâce à la charmante Tromette...


Ce court métrage d'une vingtaine de minutes réalisé par Lucas Masson ("La boîte") est un petit bijou d'humour noir, corrosif et particulièrement cruel. Dès le générique, on sent un réel professionnalisme et le talent du metteur en scène. La chanson "Freak in the city" du groupe Never Been contribue immédiatement à donner une ambiance particulière au film, proche des stéréotypes que l’on a sur l’Amérique des années 50, un peu à l’image de celle donnée par "Retour vers le futur".


D'ailleurs les parents, interprétés par Laurent Gérardin et Roma Léone, qui reçoivent Élise, la baby-sitter jouée par Morgane, donnent également un peu cette impression de référence à ces années par leur façon un peu caricaturale de parler, apportant ainsi un petit côté intemporel au film et pourtant l'action se déroule bien en France et de nos jours. Alors, ne serait-ce pas cette famille bourgeoise qui s’est figée dans cette époque?


Après le départ des parents, l'ambiance va devenir de plus en plus étrange avec ces deux enfants qui restent assis, immobiles sur le canapé du salon au décor très dépouillé. Rien ne semble les perturber! Vasco Bailly-Gentaud ("Stelle") et Prune Richard ("Le miroir") campent vraiment un duo d'enfants particulièrement flippant, avec un stoïcisme qui n'est pas sans rappeler celui des sœurs jumelles de "Shining".


Faisant part de cela à ses amies, interprétées par Wendy Nieto ("Polisse") et Bénédicte Ernoult ("Dernier Recours"), et devant leur perplexité, Élise va leur demander de venir, mais comme on s'en doute, cela va partir sérieusement en cacahouètes par la suite et même aller vers le grand guignol lors d’un final particulièrement gore et à l’humour bien noir.


La bande originale composée par Laure Serriere, qui avait déjà collaboré à la musique du premier court métrage du réalisateur, est vraiment fabuleuse et apporte une ambiance réellement angoissante au film. On passe d’ailleurs constamment de moments stressants, voir d’effroi pur à d’autres plus légers.


Les acteurs sont tous très bons et en particulier, Morgane Housset qui démontre une nouvelle fois qu'elle a vraiment du talent. Mention spéciale également au jeune Vasco, qui crève littéralement l’écran par sa présence. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien s’il se retrouve en vedette sur l’affiche!


"Baby-sitting" prouve une fois de plus que les talents ne manquent pas en France et tout particulièrement dans le cinéma de genre, maintenant il s’agit de les soutenir...


Si vous voulez en savoir plus sur ce court métrage et suivre son actualité, je vous invite à le suivre sur sa page facebook.

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11.07.13

06:22:06, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Chine, 19ème siècle, une guerre sans fin ravage le royaume. Sur le champs de bataille, un guerrier d’exception fait preuve d’une force sans limite. Mais ce don surhumain finira aussi par le tuer. Pour survivre, il devra se rendre là où tout a commencé et percer le secret d’une pratique ancestrale...

Mon avis :

Premier volet d'une nouvelle saga s'inspirant de la vie du créateur du Tai Chi, "Tai Chi Zero" est une superproduction brillant par son originalité et sa démesure...

Immédiatement, l'acteur/réalisateur Stephen Fung ("Gen X Cops", "House of Fury", "Jump") nous en met plein la vue avec des effets spéciaux hallucinants et des chorégraphies de combats spectaculaires lors d'une première scène de bataille mémorable. Le cinéaste a voulu donné une image résolument moderne du Tai Chi et à ce niveau, pas de doute, c'est réussi!

On est bien loin des mouvements ultra lents qu'on a l'habitude de voir dans les parcs... Il faut dire qu'il est plutôt bien entouré avec notamment Sammo Hung ("Le jeu de la mort", "Le marin des mers de Chine", "Le flic de Shanghai", " S.P.L."), en tant que chorégraphe de combats. Une véritable légende!

Le scénario est guère original, mais au niveau de la mise en scène, le film est plein d'idées folles et originales, avec notamment des passages inspirés du muet, de multiples onomatopées, des présentations des acteurs durant le film et autres idées hallucinantes (L'attaque avec les fruits et légumes est un vrai régal!!!) et farfelues donnant par moments au film un petit côté BD/manga bien déjanté ou encore un aspect jeu vidéo.

D'ailleurs le générique de début, qui arrive au bout d'un quart d'heure est en parti sous forme de dessin animé. Le film mélange pas mal les genres, on passe du film de kung-fu relativement classique, aux combats câblés plus modernes pour ensuite aller vers une imagerie proche de Jules Verne etc... Tout est fait pour nous éblouir!

La photographie du film, signée notamment par Yiu-Fai Lai ("Infernal Affairs", "Wu xia") est vraiment splendide. Le casting comporte quelques personnalités relativement connues comme Tony Leung Ka-Fai ("L'amant", "Flying Dagger", "Victim", "Election"), Qi Shu ("Millennium Mambo", "Le transporteur", "So close") ou le réalisateur en personne, mais l'acteur principal, Yuan Xiaochao est un jeune premier au charisme certain, rendant son personnage immédiatement attachant.

Quant aux deux actrices principales, elles sont de toute beauté! Angelababy ("Love You You") est vraiment très belle et on comprend pourquoi notre jeune héros s'accroche autant à elle, malgré les dérouillées qu'il se prend! Et que dire de la splendide débutante Mandy Lieu dans le rôle de Claire... Le film est très bien rythmé et on ne s'ennuie donc à aucun moment, alors évidemment le film nous laisse quelque peu sur notre faim au final, mais ce n'est que le premier volet et le suivant arrive très vite!

"Tai Chi Zero" m'a vraiment mis l'eau à la bouche et il me tarde déjà de voir sa suite, "Tai Chi Hero" dont la sortie est prévue chez Wild Side pour le 28 août!

"Tai Chi" est sorti le 26 juin chez Wild Side Vidéo en DVD, Blu-ray et VOD. La version DVD est au format 2.35, 16/9ème compatible 4/3 avec pistes françaises dts 5.1 & Dolby Digital 2.0 et en mandarin Dolby Digital 5.1 avec sous-titres français. La version Blu-ray est quant à elle au format 2.35, avec une résolution 1080 24p et des pistes française et en mandarin DTS-HD Master Audio 5.1 et sous-titres français. Les bonus, communs aux deux éditions se composent d'une introduction aux deux films, d'un clip rap présentant le film, d'un making of en deux parties et de la bande annonce. Les deux éditions contiennent la copie numérique à télécharger.

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10.07.13

07:32:44, Catégories: Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

A la fin de la guerre de Sécession, John Chandler (Alan Ladd) parcourt le pays en quête d’un médecin qui pourrait soigner son fils David, que le choc provoqué par la mort de sa mère a rendu muet. Dans une petite ville, il se bat contre les fils d’un riche éleveur, Burleigh. Il est alors aidé et recueilli par Linnett Moore (Olivia de Havilland) qui le fait travailler dans sa ferme. Mais les fils Burleigh vont revenir provoquer John...

Mon avis :

Autant je suis amateur de westerns spaghetti, autant les westerns classiques, ce n'est pas forcément ma tasse de thé en dehors de quelques classiques comme "La chevauchée fantastique" ou encore "Les sept mercenaires". Mais "Le fier rebelle" fait parti des très bons westerns se démarquant notamment par son scénario sortant quelque peu des sentiers battus.

Datant de 1958, ce western de Michael Curtiz ("Capitaine Blood", "La Charge de la brigade légère ", "Les Aventures de Robin des Bois", "Casablanca") se passe à la fin de la guerre de sécession. John Chandler, interprété par le quelque peu oublié de nos jours, Alan Ladd ("Tueur à gages", "L'Homme des vallées perdues", "Le Tigre du ciel", "Les Ambitieux"), un ancien sudiste dont le fils a perdu la parole suite au décès traumatisant de sa mère, parcourt les États-Unis à la recherche d'un médecin pouvant aider son fils à retrouver la parole.

Malheureusement, suite à une mauvaise rencontre, il va devoir trouver du travail pour rembourser sa caution pour ne pas aller en prison. John va alors travailler pour Linnett Moore, jouée par Olivia de Havilland ("Les Aventures de Robin des Bois", "Autant en emporte le vent", "La Charge fantastique"), une fermière indépendante, qui lutte pour conserver son domaine, convoité par Harry Burleigh, joué par Dean Jagger ("L'Étoile du Nord", "La Tunique"), un riche propriétaire, justement à l'origine des problèmes de notre héros.

Immédiatement, on va s'attacher à ce héros d'une droiture sans pareil et à son fils, remarquablement interprété par le fils de l'acteur en personne, David Ladd. Il faut dire que tout est fait pour qu’on s’attache à eux, notamment par l’intermédiaire de la relation que le jeune garçon handicapé entretient avec son chien… Contrairement à se qu'on aurait pu craindre, le film n'est jamais larmoyant malgré son côté résolument mélodramatique. Le père et le fils ont vraiment la poisse, c'est le moins qu'on puisse dire, mais John fera preuve de courage, ne renonçant de aucun sacrifice pour son fils.

Le scénario signé Joseph Petracca et Lillie Hayward, d'après une histoire de James Edward Grant est vraiment bien écrit (malgré son côté assez prévisible) et à aucun moment on ne décroche de l'histoire, l'action est parfaitement dosée avec son lot de bagarres, très bien filmées d'ailleurs et surtout les enjeux dramatiques ne peuvent laisser indifférent. Le jeune garçon subit les moqueries et l'incompréhension des jeunes de son âge, son père quant à lui subit les a priori et le mépris des nordistes, mais tous deux garderont leur fierté et arriveront à imposer le respect.

Quant à Linnett, elle incarne résolument la femme moderne, même si elle n'aspire finalement qu'à une chose trouver un homme, un vrai! Tous les personnages font vrai, pas de beaux gosses ou de bimbos ici. Les méchants sont également très crédibles, profondément humains dans leur méchanceté et leurs réactions. Parmi eux, une gueule bien connue, celle de Harry Dean Stanton ("Alien - Le huitième passager", "New York 1997", "Paris, Texas", "Sailor et Lula") dans l'un de ses premiers rôles.

Parmi les atouts du film, on notera enfin, la très belle photographie signée Ted McCord ("Le Trésor de la Sierra Madre", "La Femme aux chimères", "La Mélodie du bonheur") et la musique très réussie de Jerome Moross ("Les Grands Espaces", "Le Cardinal").

"Le fier rebelle" est un très bon western familial que pour ma part je vous recommande !

"Le fier rebelle" est sorti en DVD chez Artus films le 2 avril au format original 1.37 16/9 compatible 4/3, avec pistes française et anglaise avec sous-titres français amovibles et comme suppléments, une présentation du film intitulée "Fier et rebelle" par Eddy Moine, un diaporama d'affiches et de photos et des bandes-annonces de l'éditeur dont celle du film.

Le fier rebelle

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09.07.13

07:29:32, Catégories: Test / Critique  

Par Flo200


Synopsis :

A peine rentrée d’Égypte, Sarah est invitée par son meilleur ami, dont elle est amoureuse, à une fête dans les bois, mais un invité surprise va faire basculer cette journée en véritable cauchemar...


Mon avis :

Amateurs de films d'horreur et autres pellicules déviantes du style de celles du réalisateur suisse Jean-Clément Gunter ou encore des productions indépendantes allemandes comme celles sortant régulièrement chez Uncut Movies, ce "Sang pour Sang" 100% amateur est pour vous! Les autres, passez votre chemin!


Ce petit slasher au budget dérisoire est l’œuvre du jeune réalisateur amateur girondin Anthony Vavasori ("Project Biohazard"). Après un début prometteur, Anthony prend le temps de nous présenter ses personnages. Un peu trop peut-être d'ailleurs, utilisant pour cela des vidéos souvenirs familiales (filmées pour l’occasion ?), comme un voyage en Égypte, ce qui sera heureusement bien exploité par la suite de l’histoire ou comme des images du Tour de France (Tiens c'est la période, cela tombe bien!), ce qui sera cette fois en revanche beaucoup plus facultatif (On aurait même pu franchement s'en passer!) ou encore des images d’un mariage et cela on l’imagine dans le but de donner un petit cachet supplémentaire au film.


En fait, du fait que les acteurs soient amateurs, il aurait peut-être été préférable de raccourcir quelque peu cette mise en place un peu longuette et diminuer ainsi la durée du métrage de quelques minutes.


Toutefois, le réalisateur en profite pour nous mettre un peu de nu, élément quasi indispensable de tout bon slasher qui se respecte! Bon, on ne va pas cracher dessus, d'autant plus que la jeune demoiselle est bien agréable à regarder... Cette première partie du film est toutefois heureusement assez bien rythmée grâce notamment à un bon choix au niveau des musiques et à quelques ruptures de tons faits de petits flash-backs.


Les jeunes protagonistes vont ensuite se rendre à une fête en forêt et bien naturellement les choses vont rapidement se gâter pour eux avec l'arrivée d'un tueur masqué au look particulièrement réussi. Cela sera d'ailleurs un des points forts du film, car il faut le reconnaître, le masque du maniaque fait son petit effet et cela malgré sa simplicité. De plus, le tueur a une belle panoplie d'armes, ce qui va lui permettre une certaine diversité dans ses meurtres.


On voit que le réalisateur s'est fait plaisir, rendant d'ailleurs avec certains de ces meurtres, hommage à quelques classiques de l'horreur. La musique du film est dans l’ensemble assez réussie avec au niveau des chansons qui composent la bande originale des morceaux tantôt très extrêmes (Du Death Metal, histoire de nous déboucher les cages à miel!), tantôt rap. Le réalisateur insuffle à son film un petit côté fantastique, plutôt bien vu, ce qui débouchera d'ailleurs sur une fin assez réussie.


Côté négatif, en dehors de l’interprétation souvent très amateur, quelques effets assez rudimentaires, mais heureusement généreux, comme on peut l'espérer de ce type de productions. On sent que l'équipe du film était pleine de motivation et cela compense heureusement pas mal le manque de moyens... On notera enfin parmi les figurants, la présence de Laly, ex-candidate de Secret Story devenue star du X.


Vous l'aurez compris, "Sang pour Sang" (Non, aucun rapport avec le film de Joël Coen ou avec le tube de Johnny Hallyday !) est destiné à un public averti et indulgent, mais le film est plein de passion, de générosité et d’énergie et les amateurs de ce type de productions fauchées y trouveront assurément leur compte!


Comme vous pouvez vous en douter, ce DVD (qui est un DVD-R d’ailleurs) édité par Vava Production de "Sang pour Sang" n’est pas disponible sur le circuit normal, mais il est toutefois possible de se le procurer sur le site de l’association Sin’art, dans une édition offrant de plus quelques sympathiques bonus, à savoir les coulisses du tournage, un faux clip, des photos de tournage et la bande annonce.

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07:28:59, Catégories: Interview  

Bonjour Fabien. Peux-tu me rappeler tes missions dans le cadre du festival Hallucinations collectives ?

Je suis en grande partie chargé d'organiser le "off" du festival, tous les événements "hors cinéma". Depuis le début du festival nous organisons un traditionnel concert d'ouverture et une exposition d'art graphique, bien qu'Hallucinations collectives soit essentiellement un festival de cinéma. Depuis deux ans, nous tentons d'incorporer la littérature en organisant des tables rondes, des lectures publiques, des événements autour de la sortie de livres.

Cette année, c'est une grande première, nous avons rajouté le jeu vidéo à cette pièce montée.

Pourquoi le jeu vidéo ? Ca peut paraître relativement loin du reste ?

A nos yeux pas tant que ça. Un jeu vidéo ce sont des images animées, de la musique qui les accompagnent, un scénario évolutif basé sur des "changements d'actes", un dénouement. L'arrivée du jeu vidéo sur le marché a eu de grosses répercutions (esthétiques, économiques, culturelles) sur la production d'images cinématographiques. Bonnes ou néfastes, c'était important pour nous de faire lien, de ne pas l'ignorer, d'inviter les gens à réfléchir sur ce qui s'échange entre ces deux médiums.

Cyril [Despontin, le directeur du festival] est passionné par le jeu vidéo depuis de nombreuses années. Et Anne-Laure [de Boissieu, chargée de la communication sur le festival] fait partie depuis deux ans d'une association Lyonnaise baptisée “Game Dev Party” qui vise à développer le jeu vidéo indépendant en Rhône-Alpes. Nous nous sommes rapidement et naturellement tourné vers eux.

Cette assoc' organise 3 fois par an des “Game Dev” ("Dev" pour développement), c'est-à-dire des week-end de concours de développement de jeux vidéo. Cette année, une de ces "Game Dev" a eu lieu durant la période du festival Hallucinations collectives. Nous avons aussi travaillé de concert pour proposer deux conférences, une de Douglas Alves sur l'histoire du jeu vidéo, et une autre d'Alexis Blanchet dont le thème était "Jeu vidéo & cinéma".

Et tout ça, c'est gratuit ?

Oui, tous ces événements sont gratuits. Après, je ne développe pas ça tout seul. Pour le jeu vidéo, Anne-Laure et Cyril sont les vraies locomotives du projet, même si toute l'association se tient derrière eux pour soutenir leur action.

Concernant le concert, c'est Benjamin, qui s'occupe habituellement chez nous de la sélection des court-métrages, qui l'a pris en charge cette année parce qu'il a eu la bonne intuition d'inviter le rappeur Lyonnais Lucio Bukowski et quelques membres de son collectif, "L"Animalerie". L'année dernière c'était moi qui m'y était collé avec le concert de Richard Pinhas/Noël Akchoté et 2080. Bref, c'est à celui qui la meilleure idée qu'il revient le droit d'organiser tel ou tel événement. Chez Zonebis, chacun amène un peu ses compétences et ses centres d'intérêts. C'est un peu l'auberge espagnole !

Est-ce que les missions que tu remplis dans le cadre du festival sont en lien avec ton travail dans le privé ?

En ce moment, absolument pas, je suis ouvrier. Cependant, ces quinze dernières années, j'ai gagné ma vie en étant pigiste cinéma pour la presse, en organisant des spectacles puis des expositions d'art graphique. Bref, je fais bénévolement pour Zone Bis des choses qui relèvent de mes compétences professionnelles.

Pour quelles raisons as-tu décidé de faire partie de l'aventure Etrange festival devenue Hallucinations collectives ?

Par amitié pour les membres de l'association et par amour du cinéma.

Tu es fidèle à Hallucinations Collectives. Qu'est-ce que le festival t'apporte ?

Le plaisir d'organiser un festival qui a son propre public, qui marche bien et qui organise des choses intéressantes.

Est-ce que tu te retrouves au niveau de la programmation ?

Ce qui m'intéresse le plus, ce sont les films des rétrospectives. Les avant-premières m'intéressent moins car je ne me retrouve difficilement dans le cinéma de genre contemporain. Cette année, j'ai adoré "Berberian Sound Studio" [film qui a gagné le grand prix du festival] et me suis passionné pour "Modus Anomali". Le reste de la sélection m'a moins intéressé.

Sans être passéiste ou anti-moderne, je préfère me replonger dans la cinéphilie d'avant. Nous avons beau désormais projeter une grande majorité de films en HD ou de films remasterisés en numérique haute-définition, il n'y a rien de plus beau qu'une projection en 35mm. Cette année, nous avons programmé 7 films en pelloche. A mes yeux, c'est un vrai cadeau, que nous faisons autant au public qu'à nous-même.

Quels sont tes films préférés ?

J'ai un ami qui me disait il y a quelques jours que si je devais être chargé de la programmation d'Hallucinations Collectives, on ne projetterait que des films de 3 heures dans lesquels on voit bouger un roseau ! C'est un peu réducteur, mais j'avoue qu'il y a de ça.

Ceci dit, j'ai été “biberonné” au cinéma de genre. Je lis le Mad Movies depuis que j'ai 13-14 ans, mon cinéaste favori a longtemps été Paul Verhoeven, et je crois que mon engagement dans Hallucinations Collectives trouve ici ses origines. Les années passant, mes goûts ont beaucoup évolué. Si je devais citer quelques réalisateurs phares, je te parlerais de Tarkovski ou de Carl Theodor Dreyer. Des gens qui ont aussi fait du cinéma de genre ("Vampyr" pour Dreyer, "Stalker" et "Solaris" pour Tarkovski) mais qui l'ont envoyé sur orbite.

Y-a-t-il des rencontres qui t'ont marqué lors des différentes éditions d'Hallucinations collectives ?

Humainement, j'ai besoin de temps pour apprivoiser les gens, trouver un terrain d'entente avec l'autre. Côtoyer des réalisateurs, des journalistes dont tu lis les papiers depuis 20 ans ou des gens du métier, c'est bien, mais 5 jours c'est trop court pour moi pour tisser de vrais liens et être marqué par une relation.

Les rencontres les plus importantes pour moi ont eu lieu avec les membres de l'équipe de Zonebis. J'aimerais avoir une personnalité plus directe, plus "liante", mais au niveau du relationnel, j'ai plutôt besoin de 5/6 ans que de 5/6 jours...

Le festival connaît-il un succès public et critique grandissant ?

Au niveau critique, les compte-rendus sont depuis le début assez bons. Certains élogieux, rarement venimeux. Le festival dans son ensemble est plutôt très bien reçu.

Je pense qu'on a un public très fidèle, qui nous fait confiance. Je reste très étonné de voir chaque année le nombre de personnes qui vont à toutes les séances, peu importe si le film est une avant-première, un film des années cinquante, un film érotique, un ultime chef d’œuvre ou une curiosité bis. Je suis très fier de notre public car je crois qu'il nous ressemble et qu'il se retrouve dans notre démarche.

Mais cette ouverture d'esprit a aussi sa face noire. Pour beaucoup de journalistes et pour une grande majorité du public, on est difficile à identifier. On n'est pas un festival de rétrospectives (Festival Lumière), ni un festival qui s'intéresse à la production cinématographique d'un pays (Asie Expo, Le Festival du Film Ibérique), ni un festival qui se définit par sa sexualité (Ecrans Mixtes). Pour autant, on est un peu tout cela à la fois, on ne s'interdit rien, la cohérence de notre programmation se base vraiment sur des critères extrêmement subjectifs et qui sont très souvent remis en question entre nous. C'est cette ouverture d'esprit qui est souvent mal comprise.

Si vous aviez plus de budget, que souhaiteriez-vous modifier pour le festival ?

Nous ferions probablement venir des invités de l'étranger, réalisateurs, membres du jury, artistes, écrivains. Il y a deux ans par exemple, nous avions tenté de faire venir Lloyd Kaufman pour présenter une sélection de films de la Troma et organiser une master class, mais cela n'a pu aboutir, faute de moyens.

Que peut-on te souhaiter et que peut-on souhaiter au festival ?

J'aimerais que le festival touche un public toujours plus large, car à l'exclusion des enfants, Hallucinations collectives est un festival "pour tous", c'est comme ça que nous le concevons, comme un festival de culture populaire.

On peut espérer aussi que le festival grandisse encore un peu, prenne quelques rides, devienne un "vieux beau", sans pour autant qu'il devienne une grosse et ennuyeuse machine.

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08.07.13

05:58:58, Catégories: Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

"Woman with no name" relate les aventures d'une hors-la-loi à la recherche de son passé. Son voyage lui fera traverser les étendues du far west français à la rencontre de personnages hauts en couleurs.

L'histoire se déroule sur quatre actes autant d'anecdotes autour des personnages principaux...

Mon avis :

11 heures, le 29 juin 2013, j'arrive au Panorama Max Linder pour l'avant-première de "Woman with no name", un court métrage que j'avais soutenu sur Ulule.

De nombreux contributeurs étaient également présents et tout comme moi avaient reçu leur très belle invitation à leur domicile, car disons le tout de suite, niveau marketing, Bacon & Cheese Movies a vraiment fait les choses en grand!

De bien belles affiches du film ornent les murs du cinéma et à l'entrée de la salle de très jolies cartes et poster nous attendent, imprimés en offset sur un papier luxueux. La classe! L'équipe du film quasi au complet nous reçoit afin de nous présenter le fruit de leur travail, à l'exception de Bernie Bonvoisin ("La Haine", "Les Démons de Jésus", "Les Grandes Bouches", "Blanche"), le chanteur de Trust étant, malheureusement pour nous, absent pour cause de tournage... En même temps, c'est une bonne chose, car on le reverra donc à l'écran prochainement!

Une petite surprise nous attend alors avant la projection proprement dite du film, la bande annonce du film en japonais, qu'on avait déjà eu l'occasion de voir ces jours-ci sur la page facebook du film. Une bande annonce délirante avec une Noémie Alazard ("Echap") en présentatrice complètement barrée. Un pur régal! Mais la petite surprise, c'était surtout une petite scène spécialement faite pour les spectateurs de l'avant-première avec toujours Noémie nous mettant en condition pour bien apprécier le film. Top!

"Woman with no name" est un court métrage d'une trentaine de minutes réalisé par Fabio Soares, très influencé par le western spaghetti, sauf qu'ici cela ne se passe pas au temps des cow-boys, mais dans un présent imaginaire. Les protagonistes sont habillés comme au Far West, mais de nombreux éléments modernes font également parti de leur panoplie, comme un smartphone ou encore des bottes cloutées on ne peut plus à la mode actuellement. Un anachronisme totalement volontaire et plutôt intéressant, apportant une touche d'humour fort sympathique. L'héroïne, la fameuse femme sans nom, en hommage au personnage interprété par Clint Eastwood dans la trilogie du dollar, est incarnée par la tatoueuse Laura Satana, absolument parfaite dans ce rôle.

Il faut dire que la jeune femme a une vraie gueule et une dégaine qui ne (me) laissent pas indifférent. Son corps recouvert de tatouages et son physique très latin collent à merveille pour ce rôle de rebelle. C'est le premier personnage qu'on découvre, elle gît au pied d'un arbre, blessée par une balle qui lui a traversée la main gauche. A peine se relève-t-elle que la jeune femme se retrouve face à face avec le Marshall Winston Lamarche et son adjointe Sally Pépin, interprétés par Bernie Bonvoisin et Brigitte Lo Cicero ("L'Exercice de l’État").

Bernie apporte évidemment sa personnalité au personnage, à la fois bourru, charismatique et au parlé inimitable. Ses dialogues sont naturellement un vrai régal, comme on pouvait s’y attendre de la part de ce dialoguiste hors du commun. D’ailleurs il est difficile de ne pas imaginer que celui-ci n’ait pas mis son petit grain de sel... Quant à Brigitte Lo Cicero, on ne peut pas dire que le sex-appeal de celle qui est la doublure nue de Maïween dans "Amour crime parfait" soit mis en avant, bien au contraire! C’est limite si elle a une dégaine de scout! Mais on n’est évidemment pas là pour se prendre au sérieux et la jeune femme colle à merveille à cette ambiance quelque peu parodique.

Les autres protagonistes n’interviennent que dans les chapitres suivants et là encore le casting est parfait avec notamment le méchant idéal en la personne de Arben Bajraktaraj ("Taken", "Harry Potter et les reliques de la mort – Part 1", "Des Dieux et des Hommes" ), toujours impeccable dans ce type de rôles. Bon, inutile que je vous raconte tout, cela serait même dommage...

Sachez simplement que le court métrage est très bien réalisé, avec une belle photographie et une musique très réussie signée par le groupe Junksista. Seuls reproches que l’on pourrait faire, quelques dialogues peu audibles (mais des améliorations devraient être faites d’ici la sortie du DVD), un rythme pas toujours bien maîtrisé et pour ma part, j’aurai bien aimé voir un final un peu plus pétaradant.


Bon, franchement, voilà qui est vraiment très prometteur, surtout lorsqu’on sait qu’il n’y a eu que 4 jours de tournage... Du bon boulot! Respect!

Une fois, la projection terminée, l’équipe du film répond alors à quelques timides questions, puis nous invite à rejoindre le hall pour l’apéro (Hé oui, c’est juste l’heure, cela tombe bien!) où toute l’équipe va se montrer très accessible et d’une gentillesse incroyable. Très sympathique initiative, l’évènement était filmé et les contributeurs qui le désiraient interrogés afin de constituer un bonus original pour le futur DVD. Ah, qu’il me tarde de l’avoir en main celui-là!

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05:58:30, Catégories: Dossier  

Compte rendu du festival Hallucinations collectives (Lyon, 22 mars – 1er avril)

Il y en a qui choisissent pour Pâques de partir à la recherche des oeufs dans le jardin familial. Quand on aime le cinéma, il y a de biens meilleurs plans. En l’occurrence, la meilleure destination à cette époque est Le cinéma Comoedia à Lyon.

Pourquoi ? Parce que les membres de Zonebis investissent le cinéma Le Comoedia à Lyon en proposant aux spectateurs curieux les films “les plus rares, décalés et joyeusement foutraques produits à travers le monde” (édito qui figure sur le site Hallucinations collectives).

Pour ma part, j'ai eu le plaisir de visionner durant 3 jours la bagatelle de 13 films.

constitués d'avant-premières ou de films rares. Tous ont fait l'objet de présentations qui augmentaient l'envie de regarder ces films.

Le plaisir de participer à Hallucinations collectives a été décuplé par le fait de pouvoir discuter aussi bien avec les membres de Zonebis qu'avec des spectateurs ravis par le programme du festival.

Il est toujours appréciable de pouvoir discuter de cinéma avec des gens qui apprécient toutes sortes de films

Avant de procéder à la critique de chaque film visionné, un rapide bilan s'impose. A cet effet, il convient de noter la grande qualité globale de ce festival.

Au niveau des avant-premières, Berberian sound studio s'est révélé particulièrement original dans son approche en laissant le spectateur s'imaginer beaucoup de choses. C'est d'ailleurs ce film qui a remporté le grand prix du long métrage 2013. Je lui ai cependant préféré Modus anomali, un film horrifique transgenre qui se plaît à jouer avec le spectateur. La seule déception des avant-premières est le film The collection, un film qui cumule les défauts, au point d'être proche d'un film Z. Cela dit, le film en devient involontairement drôle, à tel point qu'il mérite qu'on le regarde, au moins pour se marrer.

Au niveau des rétrospectives, le festival a mis du lourd, car ce ne sont ni plus ni moins que de véritables chefs-d'oeuvre qui m'ont été donnés de voir : entre le film schizophrénique Possessions de Zulawski, le splendide film sur l'enfance avec L'enfant miroir de Philip Ridley ou encore Requiem pour un massacre, film définitif sur la guerre, les émotions ont été fortes et le plaisir n'en a été que plus grand.

Le cru 2013 du festival Hallucinations collectives a donc été très bon, comme le prouvent les critiques des différents films visionnés, qui figurent ci-dessous.

On attend désormais qu'une chose : revenir sur ce festival pour l'année 2014.

Nul doute que de nouvelles expériences extraordinaires sur le plan cinématographique nous attendront dans la belle ville de la fête des Lumières !

Vivement l'année prochaine !

Les séances du vendredi 29 mars 2013

Rock'n roll overdose (1993, Etats-Unis) de Todd Philips

La critique du film :

Todd Philips est surtout connu pour ses comédies bien lourdingues mais franchement marrantes telles que Retour à la fac et le désormais culte Very bad trip. En 1993, il a réalisé son premier long métrage, un film documentaire sur le punk rocker, GG Allin, dont il était fan.

Ce film narre les dernières années de GG Allin, à un moment où il était au creux de la vague sur le plan musical et pas au mieux sur le plan personnel. C'est le moins que l'on puisse dire. Car Rock'n roll overdose est un documentaire hallucinant qui montre un homme, GG Allin, qui se livre aux pires folies. Dès le départ, on est mis dans l'ambiance avec notre fameux punk rocker qui est nu sur scène et qui frappe des spectateurs. Ce n'est qu'un avant-goût car le reste est impressionnant.

Lors d'une autre scène, on le verra s'enfoncer une banane dans le cul devant des universitaires et inviter les participants à ôter leurs vêtements. Lors d'une autre séquence, on le voit déféquer sur scène, manger sa merde et chanter en même temps.A un autre moment, l'espace d'un instant, on aperçoit une photo où un fan suce le sexe de GG Allin. Le plus étonnant a certainement lieu lorsqu'une fille lui pisse dans la bouche et que GG Allin vomit ensuite tout ce qu'il avait précédemment mangé. La scène est très crade. Elle n'a pas été filmée par Todd Philips mais par le frère de GG Allin, Merle. Pour le bon goût, évidemment, on repassera.

GG Allin fait dans la provocation, c'est une certitude. On ne sait pas jusqu'où peut aller sa folie. En tout cas, elle l'amène à rendre visite en prison au serial-killer Gacy. Aux dires d'un des fans de GG, leur sujet de conversation aurait été d'attacher des filles.

Mais GG Allin n'est pas seul à être très perturbé et incontrôlable dans ses faits et gestes. Son bassiste, Dino, joue aussi à poil sur scène et déclare : “Je suis paix et amour au milieu de la violence.” Pourtant, l'ami Dino est loin d'être un saint. Il a fait de la prison pour exhibitionnismme après avoir montré son sexe à une petite fille.

Ce documentaire prouve que GG Allin se trouve dans un environnement de gens dégénérés qui ne sont pas là pour le sortir du mauvais pas dans lequel il se situe. Conclusion : GG Allin est révolté contre tout. Il n'aime pas les gens et il le clame ouvertement en disant : “Je vous hais bande d'enculés”, alors qu'il est défoncé et boit une bière. Un fan de GG Allin, que l'on voit à plusieurs reprises dans le documentaire, confirme les dires de sa star : “Je crois que GG hait tout le monde.” Le film est d'ailleurs émaillé de plusieurs interviews : membres et ex membres du groupe ; frère de GG Allin (“GG n'a pas de place dans la société”) ; ex professeur, qui chacun à leur façon évoquent la personnalité très dérangé de GG Allin. Mais de manière plus générale, on peut aussi comprendre en partie les agissements de ce dernier, puisqu'il a vécu avec des gens vraiment pas très nets.

Rock'n roll overdose comporte notamment des extraits de concerts qui ont été tournés dans des conditions rudimentaires, avec une image très granuleuse ce qui accroît le côté foutraque de l'ensemble.

Au final, que penser de ce film. D'abord, c'est un documentaire unique. On imagine clairement qu'il est quasiment impensable dans notre société actuelle de pouvoir voir un tel film. Déjà, il faut avoir l'idée et le courage de le tourner. Ensuite, Rock'n roll overdose donne l'occasion au spectateur d'assister aux frasques d'un personnage hors-du-commun. On est abasourdi par les attitudes déviantes de GG Allin qui agit clairement comme un électron libre, en dehors du système. Le public de GG Allin a tout à la fois une relation d'attirance et de répulsion pour sa star. Car GG Allin peut être considéré d'une certaine façon comme le représentant d'une Amérique autre. Il est bon parfois de se rappeler que les Etats-Unis ne se limitent pas à Hollywood et à des jolies filles qui jouent les gravures de mode. C'est aussi un pays où des gens n'arrivent pas à s'intégrer dans le système et se retrouvent complètement en perdition.

A défaut d'être un grand film, Rock'n'roll overdose est une sorte OFNI (objet filmique non identifié) qui ne peut être regardé que par un public très averti. Car la plupart des scènes risquent de choquer, voire même d'écoeurer un public lambda. Il faut tout de même être conscient du spectacle pour le moins incroyable que l'on est amené à voir.

The land of hope (2012, Japon) de Sono Sion

La critique du film :

Remarqué avec le film Suicide club (2002), le cinéaste Sono Sion est devenu depuis une coqueluche des festivals de cinéma. Adepte du tournage guerilla (sans autorisations), il a été récompensé à Berlin pour Love exposure.

Il s'est senti investi d'une mission après le drame de Fukushima. Voilà la raison qui explique pourquoi il a tourné ce Land of hope.

Le film commence en nous montrant ce qu'est la vie avant que ne survienne la catastrophe de la centrale nucléaire.

Sono Sion a fait un film très sérieux, où il ne manque pas d'esprit critique. La gestion de la crise le laisse circonspect, à l'image du père de famille dans le film qui déclare : “Peut-on croire les informations officielles ?” La question mérite d'être posée car certains éléments tendent à prendre les habitants pour des imbéciles. On songe par exemple à cette scène où des personnes en combinaisons tracent une ligne à partir de laquelle cela ne serait pas dangereux de circuler. A l'instar du drame de Tchernobyl, on se doute bien que l'air pollué ne va pas s'arrêter devant cette frontière fictive.

De manière générale, c'est l'absence d'informations qui fait l'objet de critiques. Il y a bien eu une demande d'évacuation de la population, mais on ne dit rien aux gens. Ce qui fait dire à la famille qui décide de rester malgré l'ordre d'évacuation, que le gouvernement “se tait toujours quand c'est important.” L'Etat en prend pour son grade, et c'est loin d'être fini. En mêlant tout à la fois une forme de dépit et un cri de rage, le père de famille déclare que “l'Etat, la préfecture, la ville […] personne n'est de notre côté.”

De manière générale, le film s'interroge sur ce que génère un tel incident. Certaines personnes sont placées dans des abris de fortune. Des gens vivent serrés, dans des cartons. On comprend aisément que la vie est devenue très difficile. Certains font le choix (par amour) de se donner la mort ensemble.

Cela étant, la fin apporte un message d'espoir lorsqu'une femme enlève son masque, comme si elle avait foi en l'avenir. Pour autant, la radioactivité est toujours présente. Mais il faut garder espoir en notre terre (d'où le titre du film) : “on s'aime, alors on s'en sortira”.

Il va sans dire que The land of hope est un film coup de poing où son réalisateur a souhaité une prise de conscience de la population pour que de tels drames ne se reproduisent pas et pour que la gestion de la crise soit plus efficace. Le film est assez aride et épuré, destiné à un public averti. Les thématiques développées sont loin d'être réjouissantes, renforcées au passage par des notes au piano qui suscitent l'inquiétude. Le film est donc réservé à un public conscient du film qu'il va regarder.

Henry, portrait d'un serial killer (1986, Etats-Unis) de John Mac-Naughton :

La critique du film :

A l'origine, Henry portrait d'un serial killer est une simple commande. Le but est de faire un film d'horreur sanglant. John McNaughton ne voit alloué un budget très faible de 110 000 € dollars.

Le cinéaste va apporter sa touche personnelle en décidant de centrer son film sur le personnage d'Henry Lucas. Ce denier est un tueur en série célèbre, accusé de onze meurtres et qui se serait déclaré l'auteur de trois cent meurtres.

Pour contourner le problème inhérent à son faible budget, John McNaughton décide de tourner son film dans un style documentaire. Par ailleurs, son film se veut minimaliste. Ce qui aurait pu paraître comme un défaut renforce au contraire la puissance des scènes du film.

Henry portrait d'un serial killer est un film glauque et on ne tarde pas à s'en rendre compte. La première image du film est celle d'une femme assassinée. Ensuite on passe directement à une seconde victime et puis il y a une prostituée qui est tuée. En l'espace de quelques minutes, les personnes mortes sont nombreuses. Mais ici, pas de surenchère comme on peut le voir dans les films d'horreur actuels, à la Saw. Il n'y a pas un tueur pervers qui s'amuse à jouer avec ses victimes. Pas de geysers de sang et autres plans gore. Non, John McNaughton nous montre dès le départ la finalité, à savoir la personne morte. Et il a l'idée pour le moins audacieuse de raconter en voix of ce qui s'est passé lors du meurtre. Il y a ainsi une distorsion entre l'image (on voit le mort) et le son (on entend l'agression de la victime par le psychopathe). John McNaughton a sans doute pris cette direction car il disposait d'un budget limité. Pour autant, cette façon de filmer et de raconter son histoire se révèle une excellente idée. En effet, le spectateur est pris dans l'action et comme le sait chacun, une chose est encore plus horrible quand on l'imagine.

Henry portrait d'un serial killer est un film clinique, froid, avec cette succession de personnes tuées, et cette insistance avec un son prenant et stressant.

Le film ne se limite pas à une succession de meurtres qui ont lieu hors champ. Il nous amène surtout dans le quotidien d'Henry Lucas. Il vit dans un appartement misérable, crasseux, avec un pervers sexuel, dénommé Otis. Ce dernier ramène à la maison sa soeur, Becky, qui semble s'entendre avec Henry Lucas. Cela étant, on apprend que chacun des personnages a vécu dans un contexte familial pour le moins particulier. Becky raconte qu'elle s'est fait violer plusieurs fois par son père et que sa mère n'a jamais rien fait. On ne saura jamais si Becky raconte cela pour impressionner Henry et si ses dires sont véridiques. De son côté, Henry Lucas lui déclare qu'il a tué sa mère quand il avait quatorze ans. Les rares moments d'explications sur la vie familiale des uns et des autres donnent lieu à des révélations bien particulières.

Cela étant, la majeure partie du quotidien d'Henry Lucas et d'Otis consiste à tuer des gens. Sur ce point, on notera qu'Henry dit à un moment donné à Otis : “J'ai envie de tuer quelqu'un. Allons faire un tour Otis.” On constatera qu'à partir du meurtre de deux prostituées, les décès ne se déroulent plus hors champ. Bien au contraire. Nos deux protagonistes en vont même jusqu'à filmer une de leurs victimes. Tout cela accroît le côté documentaire de l'ensemble. Et cela prouve l'esprit pervers de ces tueurs qui prennent un malin plaisir à consulter ensuite leurs méfaits en vidéo, notamment Otis.

Ce dernier n'hésite pas à se repasser la vidéo. Et il ne peut s'empêcher d'avoir une attirance pour tout type de personne. Il laisse aller toutes ses envies. Ainsi, il “branche” un jeune homme qui lui fournit de la drogue. Et puis il regarde toujours avec envie sa soeur Becky, n'ayant aucune considération morale qui pourrait éventuellement le retenir.

Il faut dire que la morale est bien loin d'être respectée dans une telle oeuvre : d'un côté, on a un Henry Lucas qui ne contient jamais ses pulsions meurtrières ; de l'autre, on a le pervers Otis qui cherche à assouvir ses pulsions sexuelles. Le style documentaire du film est clairement un très bon choix. Il donne un côté voyeur et presque malsain à un spectateur qui assiste médusé aux actions répréhensibles des personnages principaux.

Evidemment, le film doit notamment sa grande réussite à l'interprétation parfaite de Michael Rooker. Il campe à merveille un Henry Lucas qui paraît doux comme un agneau, presque timide, mais qui n'a aucun amour pour son prochain. Personne n'a grâce à ses yeux et il ne souhaite qu'assouvir sa passion du meurtre.

Ce long métrage peut même apparaître comme perturbant pour certains spectateurs, car il ne cherche jamais à expliquer. On a affaire à un malade, un point c'est tout.

Au final, Henry, portrait d'un serial killer est sans conteste un film inoubliable, l'un des meilleurs films qui rentre dans le quotidien le plus banal d'un de ces tueurs. Avec un Maniac qui date de la même époque, c'est un incontournable qui continue de faire son effet, encore aujourd'hui.

Les séances du samedi 30 mars 2013

La compagnie des loups (1984, Angleterre) de Neil Jordan

La critique du film :

L'organisation d'Hallucinations collectives a mis les petits plats dans les grands en permettant de voir le film La compagnie des loups dans une copie 35 mm en version originale sous-titrée français.

A l'origine, ce long métrage est une nouvelle qui a été adaptée à la radio avant que le cinéaste Neil Jordan (Entretien avec un vampire, Crying game) n'en fasse un film en 1984.

Le film peut être vu comme une sorte de conte horrifique, avec de manière sous-jacente le passage de l'enfance à l'adolescence.

Les références à la littérature et aux mythes sont nombreuses. La plus évidente est celle du petit chaperon rouge. Il faut dire que le loup est omniprésent dans différentes histoires qui jalonnent le récit.

La compagnie des loups est par essence un film à voir sur grand écran. En effet, sa photographie est superbe. On a vraiment l'impression de regarder un conte s'animer sous nos yeux. Le travail effectué au niveau des décors et de la lumière est impressionnant. Tout comme la mise en scène qui est fort réussie : on pense ainsi notamment au monde étrange qui fait l'objet des rêveries d'une jeune fille. On aperçoit des champignons géants, des loups dont les yeux rouges font peur, etc.

Ce long métrage très pictural se déroule à une époque moyen-âgeuse. Pusieurs histoires se succèdent avec comme thème commun le loup. Ce dernier se révèle très dangereux. Or, un loup sommeille en certaines personnes. On a droit à des maquillages de grande qualité, qui sont le résultat du travail du maquilleur Christopher Tucker.

Le film peut être vu aussi comme une expression du désir sexuel avec tous ces hommes qui gravitent autour d'une jeune fille au visage enfantin et qui n'ont de cesse de tenter de la fréquenter. Il faut dire que la principale protagoniste évolue et qu'elle n'est plus la jeune fille qu'elle était au début du film, comme lors de cette scène où elle monte dans un arbre et se met du rouge sur les lèvres. Elle attise la convoitise. Comme lui dit sa grand-mère, “tu ne resteras plus petite fille très longtemps.” Mais notre héroïne ne se laisse bien évidemment pas fair et la fin réserve des surprises. Bref, le film est étonnant et même haletant de bout en bout.

La compagnie des loups est un film très subtil qui joue constamment entre rêve et réalité (Rosaleen est-elle en fin de compte un loup ?), entre monde de l'enfance et dureté de la vie des hommes. Ce long métrage joue aussi tout à la fois sur l'aspect du merveilleux que sur une tension, qui est rehaussée par une musique symphonique.

Ce second film de Neil Jordan, qui peut faire l'objet de moults interprétations, est une grande réussite du cinéma fantastique.

Berberian sound studio (2012, Angleterre) de Peter Strickland

La critique du film :

Berberian sound studio est un film d'horreur mis en scène par Peter Strickland. Ce cinéaste britannique, fan de cinéma populaire italien, est connu pour faire de la musique expérimentale. Et dans ce long métrage, il reste bien dans le style de ses travaux précédents.

En effet, il a pris le parti de ne rien montrer. Dans Berberian sound studio, on suit le personnage de Gilderoy, un homme qui est venu procéder à la création et au montage du son d'un film.

Dès le début, le spectateur constate qu'il va assister à un spectacle très original et ô combien étonnant. Il est clair qu'il est souhaitable de rentrer dans le “trip” du film, sinon on risque de passer à côté. Dans le détail, on a droit dans ce long métrage à l'envers du décor avec des gens qui jouent avec tout ce qui est possible pour produire le son voulu. Ainsi, des hommes coupent des radis pour ensuite montrer à l'écran quelqu'un qui se fait agresser. Notre principal protagoniste découpe de la salade pour signifier que quelqu'un se prend un coup de couteau.

A chaque instant, on imagine les scènes mais on ne voit rien. C'est tout à la fois original et décalé. Le réalisateur Peter Strickland n'est manifestement beaucoup amusé à faire ce film. Et surtout il n'est pas si loin de ses concerts musicaux qui sont pour moins très étonnants.

Car on a beau se situer dans un film d'horreur, le cinéaste n'a pas hésité à faire preuve d'un maximum d'humour. Il filme en gros plans des salades qui vont se faire exploser. A un autre moment, il met de la salade dans un aquarium pour représenter une sorcière noyée dans un tonneau.

L'humour ne s'arrête pas au parti pris très particulier du film. Peter Strickland s'amuse également à se moquer des producteurs du film qui ne sont là que pour faire de l'argent et coucher avec les actrices. Ils n'ont aucune conscience artistique. Quand le producteur du film déclare que “Personne n'a jamais vu ce genre d'horreur”, il n'est pas là pour flatter Gilderoy. Il est plutôt en train de se dire que tout cela va lui permettre de se faire un maximum d'argent.

Peter Strickland se moque également de la qualité très relative du jeu des actrices (“même un hamster jouerait mieux”), qui se borne bien souvent à hurler dans tous les sens.

Cela étant, le film ne se contente pas d'amuser le spectateur. Il le mène vers des contrées étranges, avec une pellicule qui finit par griller. La fin du film se termine de manière particulièrement ouverte avec notre principal personnage.

Au final, si Berberian sound studio est très original, il n'en demeure pas moins un film très déstabilisant et difficile à regarder, si l'on n'est pas en phase avec celui-ci. Pour ma part, même si certaines scènes m'ont semblé amusantes et d'autres assez troublantes, je n'ai pas été très réceptif à cette oeuvre.

Dellamorte dellamore (1994, Italie) de Michele Soavi :

La critique du film :

Pour des raisons professionnelles, Michele Soavi, à qui une rétrospective était dédiée lors de ce festival, n'a pu être présent pour évoquer ses films. Pour autant, le plaisir de voir un chef d'oeuvre tel que Dellamorte dellamore sur grand écran est énorme. On assiste à une oeuvre hors-norme, qui surpasse largement le pourtant très sympathique Bloody Bird du même Michele Soavi.

Dans ce film qui date de 1994, le cinéaste transalpin adapte avec brio la bande dessinée Dylan Dog.

La grande réussite tient notamment à son casting. Rupert Everett incarne à merveille le rôle de Francesco Dellamorte, un gardien de cimetière, qui vit seul avec son assistant (joué par un des anciens Garçons Bouchers) et qui doit tuer des morts qui reviennent à la vie. Son personnage décalé nous offre des moments inoubliables. Véritable conte macabre où Eros et Thanatos sont plus que jamais présents, Dellamorte dellamore bénéficie aussi de la présence de la magnifique Anna Falchi qui rend la pareille au personnage de Francesco Dellamorte, en jouant plusieurs rôles dans le film.

Déroutant, magnétique, humoristique, fantastique, Dellamorte dellamore est tout cela à la fois. Mais c'est aussi et surtout une très belle histoire d'amour, narrée à sa façon par un auteur transalpin qui a été fortement influencé par son maître, le grand Dario Argento mais aussi par Mario Bava. Il faut dire que le travail rendu sur la photographie est impressionnant. Le film est d'ailleurs d'autant plus marquant quand on a la possibilité, comme lors de ce festival, de le voir sur grand écran.

Certaines scènes sont sublimes, à l'image de cette séquence d'amour qui a lieu dans le cimetière, avec les lucioles qui entourent les deux amants. Et puis le film comporte plusieurs degrés de lecture, notamment par les apparitions très différentes jouées par Anna Falchi. Si l'amour est toujours présent, la mort rôde également, ce qui prouve bien que l'on a affaire à un auteur passionné par ces thématiques.

Avant de mettre en scène l'excellent Arrivederci amore ciao, Michele Soavi aura donc durablement marqué les esprits avec ce fabuleux Dellamorte Dellamore, film inclassable et pour autant génial.

The collection (2012, Etats-Unis) de Marcus Dunstan :

La critique du film :

Scénariste de la franchise Saw depuis le quatrième épisode (autant dire les plus mauvais épisodes...), Marcus Dunstan est un jeune cinéaste qui a connu une ascension rapide. En 2009, il met en scène de manière efficace – à défaut d'être original – The collector.
Avec The collection, Marcus Dunstan signe la suite de The collector, un film où un psychopathe prenait un plaisir certain à séquestrer ses victimes de manière très méthodique.
De son côté, The collection parvient haut la main à intégrer la catégorie “nanar” car il cumule à un tel niveau les fautes de goût qu'il en devient un film d'horreur involontairement drôle.
Tout y passe dans ce long métrage : la mise en scène est hachée, la distribution joue comme un pied, le scénario est totalement prévisible et surtout les scènes sont irréalistes et s'enchaînent de façon abracadabrantesques.

Commençons par la mise en scène. L'ami Marcus Dunstan a pris le parti de nous livrer un ersatz de Saw. C'est bien simple, du début à la fin de The collection, on a l'impression d'assister à un clip géant qui dure plus d'une heure trente minutes. Du coup, à notre grand désarroi, à force de contempler des scènes “cut”, on ne voit pas grand chose et les plans deviennent quasi illisibles.

Si la mise en scène est pathétique, le scénario est du même niveau. Et là, il y a franchement matière à rigoler. Pour donner un exemple savoureux, au début du film, un homme parvient à échapper aux griffes du fameux tueur en série. Etant gravement blessé, il fait logiquement un passage par la case hôpital. Pourtant, son état de santé ne l'empêche pas de prêter main forte à une équipe de mercenaires chargée de retrouver la fille d'un homme riche, qui a été kidnappée par le collector. Cet homme a une faculté de récupération qui force le respect.

Pour que le spectacle soit total, il est nécessaire d'avoir un casting de troisième zone. Et là non plus on n'est pas déçu, tant les acteurs jouent tous plus faux les uns que les autres.

Au final, que dire de The collection ? Film impersonnel, qui souffre cruellement d'un manque d'originalité et d'une mise en scène trop hachée, ce long métrage n'en demeure pas moins une pépite pour les amateurs de nanar. En effet, le film bénéficie d'un rythme alerte et surtout les scènes sont tellement ratées qu'elles en deviennent hilarantes.


8) Requiem pour un massacre (1987, URSS) de Elem Klimov

La critique du film :

Réalisé en 1985 par le grand et rare cinéaste russe Elem Klimov, auteur notamment de L’agonie, extraordinaire biographie de Raspoutine, Requiem pour un massacre est un véritable choc émotionnel.
Se déroulant durant la seconde guerre mondiale dans la campagne biélorusse, le film suit le parcours d’un jeune garçon qui décide de s’engager chez les partisans anti-nazis et qui va être confronté aux horreurs de la guerre.
Rappelant la trame du chef d’œuvre de Tarkovski, L’enfance d’Ivan, Klimov s’éloigne pourtant du traitement poétique du célèbre cinéaste russe pour une approche ultra-réaliste.
Suivant pas à pas son héros, Klimov entraîne avec lui le spectateur qui découvre avec les yeux du garçon la folie humaine. Véritable cauchemar sur pellicule, Requiem pour un massacre est un film incroyablement physique, où le spectateur semble ressentir tout ce que ressent le jeune garçon.
Le film est une errance terrifiante dans la campagne, où le héros va d’atrocités en atrocités, entraînant parfois avec lui une pure jeune fille. Klimov ne décrit ni exploits héroïques, ni scènes de bravoure, ni discours didactiques, il se focalise uniquement sur la violence inhérente à la guerre et la mort. Seul survivre importe dans ce chaos qui semble ne jamais finir et qui débouche sur la fin de l’innocence.
Ponctué de scènes toutes plus impressionnantes les unes que les autres (celle où le spectateur découvre les cadavres des membres de la famille du garçon entassés derrière une ferme ; celle où le garçon et la fille sont contraints de traverser un enfer de boue pour échapper à la mort ; la séquence du massacre du village, d’un réalisme quasi-insoutenable ou encore la tétanisante scène finale où le garçon tire comme un forcené dans une flaque d’eau), Requiem pour un massacre est une expérience traumatisante, où le spectateur a l’impression permanente d’être avec les protagonistes au cœur de la guerre.
Klimov a ici réalisé l’un des films de guerre les plus intenses et les plus remarquables de l’histoire du cinéma. Il montre la guerre telle qu’elle est vraiment, sale, dégueulasse, transformant les hommes (alliés ou ennemis) en bêtes féroces et ne faisant que des victimes. D’une rare cruauté, Requiem pour un massacre constitue une sorte de point de non-retour dans la description de la barbarie humaine et hante encore longtemps le spectateur après ces visions apocalyptiques.

Ce film a sans aucun doute été l'un des moments forts de ce festival car il est particulièrement marquant. Certains spectateurs sont ressortis sonnés à l'issue de la séance.

Les séances du dimanche 31 mars 2013

9) L'enfant miroir (1990, Angleterre) de Philip Ridley

La critique du film :

Philip Ridley est un auteur rare. Il faut dire que le cinéma constitue la partie la plus infime de son oeuvre. Dès lors, avoir la possibilité de voir sur grand écran L'enfant miroir – film inédit en salles – en version originale sous-titrée français est un véritable plaisir.

L'enfant miroir a comme principal protagoniste Seth Dove, un garçon âgé de neuf ans. Il vit dans un petit village des Etats-Unis, après la deuxième guerre mondiale.

Ce long métrage s'intéresse à la période de l'enfance. Le jeune Seth doit composer avec deux problèmes : l'un inhérent à sa famille, l'autre concernant un contexte particulier. La famille de Seth est loin d'être un cadeau : sa mère, qui paraît folle, a des tocs. Quant à son père, c'est une personne lâche et stressée en permanence. Il se fait même taper par sa femme.

L'enfant miroir est très maîtrisé sur le plan technique. On a droit à de très beaux cadrages qui sont filmés à hauteur du jeune personnage principal. On ressent dès lors son stress, son spleen et sa frustration.

Le film ne se contente pas d'avoir comme thématique l'enfance, et notamment sur l'enfance volée. C'est aussi une oeuvre qui traite des conséquences de la guerre. Une jeune femme, Dolphin, considérée comme une sorcière aux yeux des enfants, vit recluse dans une maison isolée. Elle n'arrive pas à se remettre du décès de son époux qui est mort à la guerre : “Le matin je me lève et la moitié de moi reste dans mon lit.” La guerre a également fait des dégâts sur ceux qui y ont participé et en sont revenu. C'est le cas de Cameron Dove, le grand frère de Seth, qui a été traumatisé par la guerre dans le Pacifique et dont il ne veut pas parler.

L'enfant miroir est un film subtil qui joue sur plusieurs niveaux : c'est d'abord un film sur l'enfance sacrifiée (y compris avec ces kidnappings), c'est aussi un film sur une Amérique meurtrie ; c'est enfin un film proche du fantastique avec par exemple cette voiture étrange qui rôde qui représente la mort ou encore l'anglaise Dolphin qui est prise par les enfants pour une sorcière et un vampire.

Bien que se déroulant dans un environnement très lumineux et doté d'une mise en scène quasi atmosphérique, le film L'enfant miroir est un pur drame.

Au niveau de la distribution, le jeune acteur qui interprète Seth Dove est parfait dans le rôle de ce garçon isolé qui se sent désespérément seul, n'ayant aucun soutien familial et voyant disparaître autour de lui ses jeunes copains. Le rôle de son grand frère échoit à un jeune et beau Viggo Mortensen, qui ne parle pas beaucoup mais laisse transparaître beaucoup d'émotion.

Au final, L'enfant miroir est un film très fin, riche sur le plan thématique et doté de sublimes paysages naturels. Toutefois, c'est un film assez exigeant qui demande un minimum de concentration au spectateur.

10) Gods and monsters (1998, Angleterre) de Bill Condon

La critique du film :

James Whale est connu pour la majeure partie des gens comme étant l'auteur de films d'horreur classiques tels que Frankenstein et La fiancée de Frankenstein. Pourtant ce réalisateur britannique a mis en scène des films dans des genres très différents.

Le film Gods and monsters s'intéresse à la fin de la vie de James Whale, connu pour avoir une vie dissolue. Il est notable que ce film n'est pas une biographie mais l'adaptation du roman.

Ce film n'est jamais sorti en France et c'est donc une exclusivité de premier choix que de pouvoir le regarder dans une salle de cinéma.

Le réalisateur de ce long métrage est Bill Condon, pas franchement reconnu du grand public, si ce n'est récemment après avoir mis en scène les deux derniers Twilight.

Dans Gods and monsters, on suit deux principaux personnages : il y a bien entendu Jimmy (James) Whale et un jardinier, Clay Boone, qui plaît beaucoup à Jimmy.

Le film ne manque pas d'humour, en montrant par exemple que Jimmy Whale prêt à tout pour voir la nudité de certains hommes. Ainsi, lorsqu'un jeune homme vient dans la demeure de James Whale pour l'interviewer, celui-ci n'accepte de répondre à ses questions que s'il ôte un habit à chaque question posée. L'intervieweur termine en slip ! Plus tard, lorsque le réalisateur de Frankenstein rencontre Clay Boone, il décide de le peindre en tant que modèle pour arriver à ses fins. A un autre moment, James Whale fait état à Clay Boone des jeunes gens qui sont passés dans sa demeure pour poser nus : il y repense en souriant et on a droit alors à un flashback d'hommes nus dans une piscine.

Cela étant, on constatera que le film devient de plus en plus dramatique. Car James Whale, qui a participé à la première guerre mondiale, ne s'est pas remis de cette période sombre de l'histoire. Le masque à gaz qu'il a conservé chez lui est là pour lui rappeler la première guerre mondiale. Surtout qu'à cette époque il aimait l'un de ses camarades d'infortune, Barnett. A de nombreuses reprises dans le film, James Whale se rappelle la guerre et son amour qui est décédé à cette époque. Ses souvenirs sur cette période pénible sont toujours vivaces. Comme il le dit à un moment donné, “les seuls vrais monstres sont ici”. Il évoque les souvenirs qu'il a toujours dans sa tête.

La relation entre Jimmy Whale et Clay Boone est très bien étudiée. Comme le second refuse les avances du premier, il s'établit en fin de compte une sorte de relation d'amitié. Dans une très belle scène rêvée par Clay Boone, il voit James Whale retrouver son amant mort à la guerre et s'allonger à ses côtés. Une façon de boucler la boucle et de mettre le célèbre metteur en scène en paix.

Gods and monsters ne se résume nullement à la carrière horrifique de James Whale ni à son penchant pour les hommes. C'est au contraire une fiction qui évoque tendrement et avec humour la fin de vie d'un vieil homme qui se rappellera à jamais son amour de toujours. C'est aussi une belle histoire d'amitié entre deux hommes, Jimmy Whale et Clay Boone, qui n'ont à la base rien en commun. L'acteur Ian Mc Kellen (le Gandalf du Seigneur des anneaux) est excellent dans le rôle de cet homme amateur de beaux éphèbes, prêt à tout pour réussir à ses fins. Brendan Fraser (Darkly Noon) est pour sa part également très bon pour jouer cet homme athlétique mais peu instruit et qui finit par comprendre ce que pense James Whale.

Au final, Gods and monsters est un très bon drame qui relate à sa façon la fin de vie de James Whale. Une sortie en DVD et/ou en blu ray de ce long métrage serait on ne peut plus méritée.


11) Home sweet home (France, 2013) de David Morley :

La critique du film :

Après une première incursion dans le genre avec Mutants (2009), un film de virus, le Français David Morley est de retour avec un “home invasion movie” intitulé tout bonnement Home sweet home.

Le scénario de Home sweet home est assez simple : un psychopathe s'introduit dans la maison d'une gentille petite famille. Il s'installe tranquillement dans la maison de ses futures victimes pour ensuite les séquestrer. Evidemment, avec un tel script, il est difficile d'être original dans un genre ultra balisé.

Pour autant, même si David Morley doit composer avec les codes du genre, il a plusieurs idées qui rendent son long métrage tout à fait intéressant, à défaut d'être novateur. Ainsi, on apprécie qu'il prenne son temps pour installer son film. Le tueur, dont on ne saura jamais les motivations, prend possession des lieux en installant divers objets, en verrouillant toutes les fenêtres et en neutralisant les systèmes de communication, de telle sorte qu'il devient quasi impossible de sortir de la maison une fois que l'on y est rentré.

En cela, la maison, dont on découvre progressivement les différentes pièces, devient indirectement un personnage à part entière du film. On se demande comment les protagonistes vont faire pour échapper au psychopathe qui a jeté son dévolu sur eux.

Cela fait l'objet de la deuxième partie du film. Evidemment, elle est bien plus démonstrative que la première. Cela étant, contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, les scènes sanglantes ne sont pas nombreuses. Elles en sont d'autant plus marquantes. Elles bénéficient d'ailleurs de SFX tout à fait probants. La deuxième partie du film, même si elle est plus attendue, avec notamment un jeu du chat et de la souris qui se met en place entre le psychopathe et l'héroïne, apporte néanmoins quelques éléments originaux.

Mine de rien, avec Home sweet home, on se situe dans un film d'ambiance, qui maintient une tension permanente.

Côté distribution, les deux acteurs qui interprètent l'infortuné couple sont probants dans leurs rôles respectifs.

En synthèse, si Home sweet home investit un champ horrifique qui a déjà donné lieu à de très nombreuses productions, le film parvient malgré tout à tirer son épingle du jeu.

12) Modus anomali, le réveil de la proie (2012, Indonésie) de Joko Anwar

La critique du film :

Quatrième film du jeune cinéaste indonésien Joko Anwar, Modus anomali : la proie du tueur a été désigné par le rédacteur en chef du magazine Mad Movies, comme un film transgenre.

Dès le début, on est plongé dans une ambiance étrange. On aperçoit un homme qui sort de terre au milieu de nulle part, dans une forêt. Se demandant bien ce qui lui arrive, cet homme entre dans une maison en bois où des indications l'invitent à visionner une vidéo. On songe alors à la saga des Saw. D'autant que la vidéo nous montre une femme qui se fait égorger en direct.

Et pourtant, on est bien loin du compte. Car jusqu'à la fin du film, la surprise va être de rigueur. Le principal personnage du film apprend qu'il est l'époux de la femme qu'il a vu se faire égorger, et qu'il a deux enfants. Il ne sait pas dans quelle galère il se trouve.

Et le spectateur n'en sait pas plus. Le réalisateur aime jouer avec son auditoire en disséminant ça et là des des pistes à suivre. Mais le film a toujours un coup d'avance et il est bien difficile de deviner ce qui va se passer.

A la fin, le film retombe bien sur ses pieds, avec une originalité certaine, dans un cinéma de genre qui est pourtant souvent ultra balisé.

En plus d'un scénario subtil et bien vu dans l'ensemble, le film bénéficie de plusieurs autres qualités. La photographie du film est superbe. Le directeur photo a très bien su tirer parti de l'environnement naturel dans lequel a été tourné Modus anomali.

Deuxième qualité : l'interprétation du film. L'acteur Rio Dewanto, qui joue le rôle de John Ewans, est particulièrement crédible. Cet acteur interprète très bien son personnage. Il a sans nul doute de l'avenir au niveau de sa carrière.

Et puis dernier avantage, qui a déjà été évoqué précédemment, le film est transgenre et ne peut donc pas être rangé dans un type de film en particulier. On va de surprise en surprise et l'ambiance de ce long métrage est pour le moins étrange. Si le terme est souvent galvaudé, on peut raisonnablement affirmer que Modus anomali a une atmosphère quasi lynchienne.

Au final, si Modus anomali : le réveil de la proie est un film surprenant, il constitue une bonne surprise.

13) Possession (1981, France / RFA) d'Andrzej Zulawski :

La critique du film :

Le festival Hallucinations collectives a gâté ses spectateurs, leur donnant l'occasion rare de visionner le film Possession de Zulawski dans une copie 35 mm. En préambule, on a eu droit à une présentation du film par Nicolas Boukhrief qui nous a fait part de son amour pour ce film, à tel point qu'il a été jusqu'à devenir à un moment donné assistant réalisateur de Zulawski.

Pour revenir au film, Possession est clairement un film de Zulawski puisqu'il rentre très bien dans sa filmographie. C'est un film qui sur un couple qui se désagrège. Les rapports entre les différents protagonistes sont très violents, tant d'un point de vue physique qu'au niveau des dialogues. Les mots échangés entre les personnages sont loin d'être anodins et contribuent à une réflexion sur les rapports hommes – femmes. A titre non exhaustif, on peut relever les phrases suivantes : “Je suis le seul dans ta vie à avoir des droits car je n'en réclame aucun” ; “Je suis en guerre contre les femmes car elles sont dangereuses”.

La mise en scène très dynamique, voire même chaotique, se met au rythme des sentiments exacerbés des personnages du film. Sur ce point, la scène du métro est inoubliable avec une Isabelle Adjani quasi hallcucinée qui bouge, hurle dans tous les sens et paraît en transe.

A noter que ce film comporte un aspect fantastique avec cette créature visqueuse qui réside dans l'appartement crasseux du personnage joué par Isabelle Adjani. Cette créature étrange entretient des rapports étroits avec cette dernière et prend progressivement forme humaine, ce qui ne fait que renforcer l'aspect paranoïaque du film.

Même s'il ne manque pas de qualités, Possession n'en demeure pas moins un film exigeant, qui demande une certaine attention du spectateur.

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05.07.13

05:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Gods and monsters (Ni dieux ni démons)

Réalisateur : Bill Condon

Année : 1998

Origine : Angleterre

Durée : 1h45

Avec : Ian McKellen (James Whale), Brendan Fraser (Clayton Boone), Lynn Redgrave (Hanna), etc.

Par Nicofeel

James Whale est connu pour la majeure partie des gens comme étant l'auteur de films d'horreur classiques tels que Frankenstein et La fiancée de Frankenstein. Pourtant ce réalisateur britannique a mis en scène des films dans des genres très différents.

Le film Gods and monsters s'intéresse à la fin de la vie de James Whale, connu pour avoir une vie dissolue. Il est notable que ce film n'est pas une biographie mais l'adaptation du roman.

Ce film n'est jamais sorti en France et c'est donc une exclusivité de premier choix que de pouvoir le regarder dans une salle de cinéma.

Le réalisateur de ce long métrage est Bill Condon, pas franchement reconnu du grand public, si ce n'est récemment après avoir mis en scène les deux derniers Twilight.

Dans Gods and monsters, on suit deux principaux personnages : il y a bien entendu Jimmy (James) Whale et un jardinier, Clay Boone, qui plaît beaucoup à Jimmy.

Le film ne manque pas d'humour, en montrant par exemple que Jimmy Whale prêt à tout pour voir la nudité de certains hommes. Ainsi, lorsqu'un jeune homme vient dans la demeure de James Whale pour l'interviewer, celui-ci n'accepte de répondre à ses questions que s'il ôte un habit à chaque question posée. L'intervieweur termine en slip ! Plus tard, lorsque le réalisateur de Frankenstein rencontre Clay Boone, il décide de le peindre en tant que modèle pour arriver à ses fins. A un autre moment, James Whale fait état à Clay Boone des jeunes gens qui sont passés dans sa demeure pour poser nus : il y repense en souriant et on a droit alors à un flashback d'hommes nus dans une piscine.

Cela étant, on constatera que le film devient de plus en plus dramatique. Car James Whale, qui a participé à la première guerre mondiale, ne s'est pas remis de cette période sombre de l'histoire. Le masque à gaz qu'il a conservé chez lui est là pour lui rappeler la première guerre mondiale. Surtout qu'à cette époque il aimait l'un de ses camarades d'infortune, Barnett. A de nombreuses reprises dans le film, James Whale se rappelle la guerre et son amour qui est décédé à cette époque. Ses souvenirs sur cette période pénible sont toujours vivaces. Comme il le dit à un moment donné, “les seuls vrais monstres sont ici”. Il évoque les souvenirs qu'il a toujours dans sa tête.

La relation entre Jimmy Whale et Clay Boone est très bien étudiée. Comme le second refuse les avances du premier, il s'établit en fin de compte une sorte de relation d'amitié. Dans une très belle scène rêvée par Clay Boone, il voit James Whale retrouver son amant mort à la guerre et s'allonger à ses côtés. Une façon de boucler la boucle et de mettre le célèbre metteur en scène en paix.

Gods and monsters ne se résume nullement à la carrière horrifique de James Whale ni à son penchant pour les hommes. C'est au contraire une fiction qui évoque tendrement et avec humour la fin de vie d'un vieil homme qui se rappellera à jamais son amour de toujours. C'est aussi une belle histoire d'amitié entre deux hommes, Jimmy Whale et Clay Boone, qui n'ont à la base rien en commun. L'acteur Ian Mc Kellen (le Gandalf du Seigneur des anneaux) est excellent dans le rôle de cet homme amateur de beaux éphèbes, prêt à tout pour réussir à ses fins. Brendan Fraser (Darkly Noon) est pour sa part également très bon pour jouer cet homme athlétique mais peu instruit et qui finit par comprendre ce que pense James Whale.

Au final, Gods and monsters est un très bon drame qui relate à sa façon la fin de vie de James Whale. Une sortie en DVD et/ou en blu ray de ce long métrage serait on ne peut plus méritée.

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04.07.13

05:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : L'enfant miroir

Réalisateur : Philip Ridley

Année : 1990

Origine
: Angleterre

Durée
: 1h35

Avec
: Jeremy Cooper (Seth Dove), Viggo Mortensen (Cameron Dove), Lindsay Duncan (Dolphin Blue), etc.

Par Nicofeel

Philip Ridley est un auteur rare. Il faut dire que le cinéma constitue la partie la plus infime de son oeuvre. Dès lors, avoir la possibilité de voir sur grand écran L'enfant miroir – film inédit en salles – en version originale sous-titrée français est un véritable plaisir.

L'enfant miroir a comme principal protagoniste Seth Dove, un garçon âgé de neuf ans. Il vit dans un petit village des Etats-Unis, après la deuxième guerre mondiale.

Ce long métrage s'intéresse à la période de l'enfance. Le jeune Seth doit composer avec deux problèmes : l'un inhérent à sa famille, l'autre concernant un contexte particulier. La famille de Seth est loin d'être un cadeau : sa mère, qui paraît folle, a des tocs. Quant à son père, c'est une personne lâche et stressée en permanence. Il se fait même taper par sa femme.

L'enfant miroir est très maîtrisé sur le plan technique. On a droit à de très beaux cadrages qui sont filmés à hauteur du jeune personnage principal. On ressent dès lors son stress, son spleen et sa frustration.

Le film ne se contente pas d'avoir comme thématique l'enfance, et notamment sur l'enfance volée. C'est aussi une oeuvre qui traite des conséquences de la guerre. Une jeune femme, Dolphin, considérée comme une sorcière aux yeux des enfants, vit recluse dans une maison isolée. Elle n'arrive pas à se remettre du décès de son époux qui est mort à la guerre : “Le matin je me lève et la moitié de moi reste dans mon lit.” La guerre a également fait des dégâts sur ceux qui y ont participé et en sont revenu. C'est le cas de Cameron Dove, le grand frère de Seth, qui a été traumatisé par la guerre dans le Pacifique et dont il ne veut pas parler.

L'enfant miroir est un film subtil qui joue sur plusieurs niveaux : c'est d'abord un film sur l'enfance sacrifiée (y compris avec ces kidnappings), c'est aussi un film sur une Amérique meurtrie ; c'est enfin un film proche du fantastique avec par exemple cette voiture étrange qui rôde qui représente la mort ou encore l'anglaise Dolphin qui est prise par les enfants pour une sorcière et un vampire.

Bien que se déroulant dans un environnement très lumineux et doté d'une mise en scène quasi atmosphérique, le film L'enfant miroir est un pur drame.

Au niveau de la distribution, le jeune acteur qui interprète Seth Dove est parfait dans le rôle de ce garçon isolé qui se sent désespérément seul, n'ayant aucun soutien familial et voyant disparaître autour de lui ses jeunes copains. Le rôle de son grand frère échoit à un jeune et beau Viggo Mortensen, qui ne parle pas beaucoup mais laisse transparaître beaucoup d'émotion.

Au final, L'enfant miroir est un film très fin, riche sur le plan thématique et doté de sublimes paysages naturels. Toutefois, c'est un film assez exigeant qui demande un minimum de concentration au spectateur.

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03.07.13

06:30:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Atlanta, 1873. Un nouveau jour commence, et Scarlett est déterminée à reconquérir le coeur de Rhett. Elle décide de retourner à Tara. Mais les ennuis vont vite commencer...

Mon avis :

Lorsque j'étais adolescent, je me souviens très que j'entendais parler de "Autant en emporte le vent" comme étant le film à l'eau de rose le plus barbant qui soit (Il faut dire que nos parents nous l'imposaient alors que nous ne rêvions que de "Star Wars"...) et à ma grande surprise, lorsque je l'ai enfin découvert, j'ai adoré! Je me suis alors demandé ce qu'il pouvait y avoir de mièvre dans ce film que l'on me décriait tant, alors que les deux personnages principaux sont purement ignobles l'un envers l'autre et cela malgré l'amour qu'ils se portent... "Scarlett" est en fait la suite directe de ce classique et j'étais très curieux de voir s'ils avaient conservé le même esprit pour cette mini-série de 4 épisodes.

Joanne Whalley-Kilmer ("Willow", "Scandal", "Troubles", "Storyville") en étant la vedette, cela ne faisait que de me conforter dans mon désir de la découvrir enfin, car il faut dire que je suis totalement amoureux de l'actrice depuis que je l'ai découvert dans le fabuleux "Kill Me Again". Datant de 1994, "Scarlett" bénéficie d'un casting prestigieux pour l'époque et d'un budget très confortable.

Nos deux tourtereaux, qui ne cessent de jouer au jeu du chat et de la souris, sont en effet interprétés par deux stars très en vogue alors, à savoir donc l'ex-compagne de Val Kilmer et le James Bond de l'époque, Timothy Dalton ("Flash Gordon", "Tuer n'est pas jouer", "Les Looney Tunes passent à l'action"). Pas mal! Et franchement ils arrivent à parfaitement remplacer, voir même à presque faire oublier Vivien Leigh et Clark Gable.

Leur caractère est toujours bien trempé, même s'il a quelque peu évolué, logiquement d'ailleurs, avec les différentes épreuves qu'ils ont vécues par le passé. Les deux acteurs ont un charme fou et constituent assurément l'un des points forts de cette adaptation du roman d’Alexandra Ripley, roman datant de 1991 et non cautionné par les héritiers de Margaret Mitchell.

Mais le reste de la distribution n'est pas en reste et notamment on trouve dans le rôle de Lord Richard Fenton, l'excellent Sean Bean (La trilogie "Le seigneur des anneaux", "Troie", "The Island", "Black Death"), absolument magistral dans le rôle d'une pure ordure, apportant d’ailleurs à la série un côté assez malsain ou encore le très bon Colm Meaney ("Horizons lointains", "Le dernier des Mohicans", "Layer Cake") dans le rôle du Père Colum O'Hara.

On retrouve également une bonne partie des principaux personnages du film original comme Ashley Wilkes par exemple, interprété ici par Stephen Collins ("Les hommes du président", "Jake Cutter", "7 à la maison").

La série a bénéficié d'un budget conséquent, environ 40 millions de dollars et cela se ressent notamment avec les décors et les costumes. La mise en scène de John Erman ("Racines", "Queen") est très soignée, même si on ressent bien entendu le côté télévisuel et que celle-ci ne brille pas forcément par son originalité. Les 360 minutes de la série passent comme une lettre à la Poste tellement on rentre de plein pieds dans cette histoire à rebondissements et cela même si tout est plus ou moins prévisible.

L'histoire débute évidemment en Georgie, mais Scarlett passera une bonne partie de son temps à essayer de découvrir ses origines, notamment en allant s'installer en Irlande sur la terre de ses ancêtres. C'est d’ailleurs ce qui rend le personnage touchant, car malgré une certaine sophistication, cela reste une personne assez simple, proche du peuple et attachée à la terre. Évidemment, l’autre motivation de ses voyages, sera soit de se rapprocher, soit de s’éloigner de Rhett Butler, mais ça on s’en doute, puisque c’est leur éternel problème...


"Scarlett" est une mini-série de qualité, justement récompensée par deux Emmy Awards, valant le coup notamment pour son casting et ses décors fastueux et qui ravira probablement une bonne partie des amateurs du film aux 8 Oscars.

"Scarlett" est sorti le 15 mai en DVD chez Koba Films dans une édition 2 DVD au format 1.33, 4/3 avec par contre une unique piste française Dolby digital 2.0. Côté bonus, cette édition nous offre en revanche un très beau making of inédit de 45 minutes et 4 bandes annonces de l'éditeur.

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02.07.13

06:30:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Marko, la trentaine, écrivain, vit à Berlin et ne rend que rarement visite à sa famille installée dans les environs de Bonn. Venu passer un week-end chez eux avec son fils, il retrouve Günter, son père éditeur, Jakob, son jeune frère dentiste resté auprès de ses parents, et Gitte, sa mère psychologiquement fragile depuis des années qui, à la surprise de tous, annonce sa décision d’arrêter son traitement thérapeutique. Cette annonce va bouleverser l’équilibre familial...

Mon avis :

Après "La révélation", le réalisateur allemand Hans-Christian Schmid ("Au loin, les lumières", "Requiem") voulait en dressant le portrait d'une famille moyenne allemande de nos jours, faire avec son scénariste Bernd Lange ("Requiem", "Et puis les touristes") un film plus personnel et plus proche de la réalité...

Le duo prend le temps de décrire les personnages de cette famille en crise dans laquelle on perçoit immédiatement des tensions. Marko, le personnage principal interprété par Lars Eidinger ("Hell", "Code Blue") est un écrivain qui a sacrifié sa vie de famille pour son métier, alors que son frère Jakob, joué par Sebastian Zimmler, dont c'est ici la première participation à un long-métrage (ce dernier étant connu en Allemagne comme comédien de théâtre), vit très mal de vivre toujours aux crochets de son père qui continue de l'entretenir alors qu'il travaille comme dentiste, mais malheureusement pour lui les patients ne se bousculent pas...

Comme on peut s’en douter, Jakob a de la rancœur envers son frère auquel il reproche de ne pas être suffisamment présent auprès de leurs parents, mais on imagine que c’est plutôt la jalousie qu'il éprouve envers lui par rapport à sa situation sociale qui provoque cette rancune.

Le père, Günther, joué par Ernst Stötzner ("Underground", "Une fenêtre sur l’été") a quant à lui de plus en plus de mal à supporter la vie conjugale avec sa femme, Gitte, joué par Corinna Harfouch ("La Chute", "Le Parfum : histoire d'un meurtrier"), une femme maniaco-dépressive. Le fragile équilibre de la famille va se trouver complètement chambouler lorsque cette dernière va décider d’arrêter son traitement pour le remplacer par des médecines douces...

Le réalisateur nous offre un film touchant, jamais ennuyant, joliment filmé et aux comédiens impeccables. Cela m’embête de l’avouer, mais pour une fois je suis d’accord avec Télérama lorsqu’ils écrivent « une écriture et une mise en scène au scalpel »... Contrairement aux films français de ce genre, celui-ci offre plusieurs rebondissements assez inattendus au niveau de l’intrigue et cela, même si certaines choses sont totalement prévisibles comme par exemple le rapprochement entre les deux frères.

Si durant tout le début du film, on reste proche de la vie quotidienne d’une famille de classe moyenne (relativement aisée tout de même !), on s’en éloigne peu à peu et le réalisateur s’éloigne à nouveau de la réalité pour retourner vers un côté beaucoup plus romanesque. L’une des scènes finales est d’ailleurs très onirique, voir presque irréelle. C’est d’ailleurs ce qui rend le film très certainement plus passionnant qu’une simple chronique d’une famille contemporaine.

En outre, il comporte quelques jolis tableaux comme cette scène où Marko se retrouve seul à méditer dans cette cabane au milieu de la forêt ou encore cette scène très touchante où il joue du piano avec ses parents qui l’accompagnent au chant, faisant preuve une dernière fois d’une certaine complicité...

"Un week-end en famille" est un joli film, touchant et tout en finesse, qui mérite vraiment qu’on s’y attarde.

"Un week-end en famille" est sorti le 4 juin chez Jour2fête dans une très jolie édition DVD digipack slim accompagnée d'un livret très instructif de 8 pages. Le film est proposé au format respecté, 16/9ème compatible 4/3 avec piste audio allemande stéréo 2.0 et sous-titres français amovibles.

Un week-end en famille

Un week-end en famille
Fnac à 10€
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01.07.13

05:30:14, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

A la suite d'une soirée alcoolisée, une femme se réveille aux côtés d'un homme mystérieux qui lui est totalement inconnu. Séduite et embarrassée à la fois en discutant avec lui, elle est brutalement assassinée par ce dernier dans un moment de passion. Alors qu'elle est condamnée à revivre le même destin encore et encore : être tuée et se réveiller auprès de cet homme, elle essaye à chaque réveil d'en connaître plus sur lui et ses démons pour sauver sa vie.

Mon avis :

"Wake up and die"... Voilà un titre qui claque bien! Une affiche en plus plutôt prometteuse et pourtant j'aborde le film avec tout de même une petite méfiance. Il faut dire que les derniers titres horrifiques sortis chez l'éditeur m'ont laissé un sentiment assez mitigé. Aucun film ne m'a vraiment scotché depuis l'excellent "The Woman" en tous cas...

Ce premier film en tant que réalisateur de Miguel Urrutia nous vient de Colombie, chose ma foi suffisamment rare pour être signalée! Le scénario est relativement simple, c'est une sorte de "Un Jour sans fin" horrifique où une jeune femme se réveille auprès d'un homme qu'elle ne connaît pas et qui va l'assassiner. Elle va alors revivre cela plusieurs fois en essayant de changer le cours des choses à chaque fois afin de pouvoir s'en sortir vivante.

Ce genre de scénario peut laisser craindre un côté très répétitif et à la longue ennuyant, mais le réalisateur, également scénariste du film, s'en sort à merveille, changeant constamment les situations avec en plus une réelle logique.

Le film est un huis-clos stressant et très bien rythmé, au budget probablement assez limité, se concentrant essentiellement autour de ses deux protagonistes interprétés par la très belle Andrea Montenegro ("Zorro: La espada y la rosa") à la plastique irréprochable et par Luis Fernando Bohórquez ("Lecciones para un beso") qui ne devrait pas non plus déplaire cette fois à la gente féminine, mais le cinéaste donne à son long-métrage une esthétique très pro et hyper stylisée (Un peu trop?).

La photographie du film signée Alejandro Ardila Ribón apporte en tous cas un réel cachet à celui-ci, mettant aussi bien en valeur les corps dénudés des deux acteurs, que l'intérieur dépouillé de la très belle maison dans laquelle ils se trouvent. Les deux acteurs sont vraiment convaincants, Andrea Montenegro réussissant à réellement à nous transmettre sa peur et Luis Fernando Bohórquez incarnant parfaitement ce tueur sadique et séducteur.

Le réalisateur a su doser parfaitement le niveau d'horreur, sans jamais tomber dans le gore excessif, ni le Grand Guignol, d’ailleurs la fin aurait pu laisser croire qu’on tomberait dans le torture-porn, mais il n’en ait rien... Mais que les amateurs d'hémoglobine se rassurent, il y en a suffisamment pour les contenter!

"Volver a morir" est bel et bien une surprenante découverte comme on aimerait en avoir plus souvent. Elle donne de plus envie de se pencher un peu plus sur ce cinéma colombien dont nous ignorons absolument tout.

"Wake up and die" est sorti le 2 juin chez Factoris Films en combi DVD + Copie digitale. Le film est proposé sur le DVD au format 1.78 16/9 compatible 4/3 avec pistes espagnole et française 5.1 Dolby Digital et française 5.1 dts et sur la copie digitale H.264 au format 1.78 16/9ème en français 2.0 AAC. Côté bonus, on ne trouve que des bandes annonces de l'éditeur, mais pas celle du film.

Wake up and die (DVD + Copie digitale)

Wake up and die (DVD + Copie digitale)
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