Archives pour: Février 2014

28.02.14

07:04:53, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Don Jon

Réalisateur : Joseph Gordon-Levitt

Date de sortie : 2013

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h30

Avec : Joseph Gordon-Levitt (Jon “Don Jon” Martello junior), Scarlett Johansson (Barbara Sugarman), Julianne Moore (Esther), Tony Danza (Jon Martello senior), etc.

Par Nicofeel

Révélé notamment dans le film romantique 500 jours ensemble, Joseph Gordon-Levitt réalise son premier long métrage avec ce Don Jon.
Il y interprète d'ailleurs le rôle principal, celui de Don Martello junior, surnommé Don Jon par ses amis par sa capacité de beau gosse à séduire des filles très rapidement en boîte de nuit et à les mettre tout aussi rapidement dans son lit. Don Jon est un tombeur et il collectionne les filles, ce qui est même un jeu pour lui puisqu'il s'amuse avec ses copains à noter les filles.
Si Don Jon arrive sans souci à sortir avec des filles, il n'empêche qu'il a un vice dont il est particulièrement friand : le porno. Le film nous montre qu'il ne peut s'empêcher de regarder plusieurs fois par jour du porno. Cette passion solitaire le remplit de joie. C'est toute la différence avec un film comme Shame où l'addiction au sexe était montrée de façon triste. Ici, l'addiction au porno amuse le spectateur, tellement la description est excessive. Don Jon n'a d'ailleurs aucune honte par rapport à cette passion puisque, comme il le dit, tous les hommes ont déjà regardé du porno. Bon, tous les hommes, peut-être, mais pas à sa fréquence d'utilisation.
Tout va très bien dans le monde de Don Jon jusqu'au jour où il tombe amoureux d'une jeune femme, Barbara Sugarman qui semble à des années lumière de ses considérations : lui veut faire l'amour rapidement, elle de son côté attend le prince charmant ; lui est fan de porno, elle est fan de comédies romantiques ; lui n'a pas spécialement d'ambition, elle de son côté souhaite que Don Jon prenne des cours du soir pour évoluer. En somme, pour pouvoir sortir avec cette jeune femme, Don Jon doit faire d'importantes concessions. Et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu'au jour où Barbara voit Don Jon en train de mater... du porno ! Là c'est la catastrophe et elle décide de le quitter, après avoir notamment constaté qu'il regarde du porno à longueur de journée.
Le film prend alors une tournure inattendue. En effet, mis à part l'aspect pornographique qui est évoqué sans vulgarité dans le film, on respecte en fin de compte le cheminement logique d'une comédie romantique : il y a la rencontre, ensuite c'est l'amour fou entre les deux tourtereaux, puis un événement déclenche une séparation, et enfin chacun étant fin amoureux de l'autre, les amoureux se retrouvent ensemble dans une séquence censée faire verser les larmes au spectateur.

Le schéma n'est pas respecté dans sa finalité. Car Don Jon décide alors de fréquenter une autre femme. Vous me direz, c'est un amour passager, futile, comme Don Jon en a connu bien d'autres dans son passé récent. Eh bien non. Déjà parce qu'il tombe sur quelqu'un qui connaît son addiction au porno. Don Jon a rencontré cette femme plus âgée que lui, Esther, lors de ses cours du soir. Elle l'a déjà vu en train de regarder du porno sur son smartphone en cours, ce qui au demeurant a donné lieu à une des séquences les plus amusantes du film. Don Jon et Esther paraissent pas du tout assortis, et pourtant ils se comprennent l'un et l'autre. Surtout, Esther parvient à faire comprendre à Don Jon qu'une relation se vit à deux et que si chacun doit faire des concessions, cela ne peut pas aller que dans un sens. Il en va de même au niveau de l'acte d'amour où chacun doit penser à l'autre, pour être en symbiose. Quand on y réfléchit bien, certes il y a la question du porno dans ce film, mais on est bien dans une comédie romantique.
Les aspects comiques du film ne se limitent pas à la question du porno. On a tout le comportement de Don Jon qui est marrant. Il s'énerve sans cesse au volant d'une voiture, en écoutant très fort de la musique, tel que le morceau culte Good vibrations de Marky Mark. De plus, ce jeune homme cool, un peu branleur sur les bords, va pourtant à la messe chaque dimanche. Pourquoi ? Tout simplement pour se faire pardonner ses péchés. Il indique au prêtre qu'il a fait l'amour hors mariage cette semaine et qu'il a regardé du porno. Ensuite, il récite des Notre père lors de sa séance de gymnastique !
La famille de Don Jon mérite également le détour : le père, Jon Martello senior (tout simplement !) est interprété par un Tony Danza (l'acteur culte de la série Madame est servie) à contre-emploi qui fait le père de famille macho, obsédé par le sport à la télé et qui félicite son fils uniquement parce qu'il fréquente une fille “canon”. Il a d'ailleurs des mots et des regards vis-à-vis de cette fille qui sont très douteux ! On a aussi la jeune sœur de Don Jon qui est obnubilée par son téléphone portable et de fait bien révélatrice du comportement des jeunes actuellement.
Profitons-en pour évoquer la distribution du film : Joseph Gordon-Levitt que l'on trouve devant et derrière la caméra est très bien dans le rôle de Don Jon. Il incarne à merveille ce personnage étonnant mais malgré tout assez attachant. Scarlett Johansson joue bien la bombe sexuelle de service qui est loin d'être aussi parfaite qu'elle semble l'être. Quant à Julianne Moore, comme à son habitude, elle est très bien dans son rôle de femme blessée qui se révèle très attachante. Au détour de ces divers personnages, le film indique de façon pertinente que les gens ne sont pas toujours ceux qu'ils semblent être.
Don Jon est une comédie sympathique, c'est une certitude. Le film est tout de même pas totalement réussi et ce, pour au moins deux raisons. D'abord, au niveau de la mise en scène, Joseph Gordon-Levitt nous assène des effets de style – on songe notamment aux images qui défilent très rapidement quand Don Jon regarde des images porno – qui sont un peu soûlantes. Et puis il faut tout de même reconnaître que pendant un bon moment, le film est redondant et peine singulièrement à se renouveler.
Ces éléments n'empêchent toutefois pas le plaisir que l'on a à regarder ce Don Jon qui détourne gentiment les codes de la comédie romantique, en les adaptant à la sauce porno, sans faire preuve pour autant de vulgarité.

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27.02.14

07:01:30, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

1917. Un commandant de sous-marin allemand est chargé d’une mission d’espionnage. Il se rend en Écosse pour découvrir les manœuvres de la flotte britannique. Il y trouve une jeune espionne se faisant passer pour une institutrice, et le Lieutenant Ashington, un traître à la solde des Allemands. Mais la jalousie s’immisce entre les deux hommes, qui tombent sous le charme de la jeune femme infiltrée. Au point de compromettre leur mission ?

Mon avis :

Première collaboration entre Michael Powell ("Une question de vie ou de mort", "Le narcisse noir", "Les chaussons rouges") et Emeric Pressburger ("Le 49ème parallèle", "Le colonel Blimp", "La bataille du Rio de la Plata"), "L'espion noir" est un très bon petit film d'espionnage assez atypique...

Atypique, car ce film fût réalisé juste avant la seconde guerre mondiale et se passe durant la première, sur le sol anglais, mais vu principalement du point de vue allemand, ce qui est plutôt rare et déstabilisant de la part d'un cinéaste anglais. D'ailleurs étonnamment, Powell ne prendra pas réellement parti pour un camp, nous offrant ainsi un film assez neutre.

En suivant dès les premières minutes des espions allemands infiltrés, le réalisateur fait le choix de nous les rendre sympathiques, ainsi, dans un premier temps, on fera la connaissance du personnage interprété par Conrad Veidt ("Le cabinet du docteur Caligari", "Le voleur de Bagdad", "Casablanca"), le capitaine Hardt.

Fraîchement revenu de mission, celui-ci va devoir repartir directement en mission en Écosse dans les Orcades, où il va devoir faire en sorte de détruire toute une flotte anglaise avec le sous-marin qu'il commande.

Pour cela, il va avec l'aide de la très belle Valerie Hobson ("La fiancée de Frankenstein", "Alerte aux Indes", "Jusqu'à ce que mort s'ensuive"), espionner la flotte depuis un village où cette dernière s'est faite engager comme institutrice en usurpant l'identité d'une jeune femme, interprétée par la fort jolie June Duprez ("Les quatre plumes blanches", "Le voleur de Bagdad", "Dix petits indiens"), que les allemands ont enlevé.

Le duo sera également épaulé d'un officier anglais interprété par Sebastian Shaw ("En Angleterre occupée", "Le retour du Jedi", "Soleil grec"), un traître qui leur fournira également des informations. Un personnage qui au contraire de Hardt, sera immédiatement antipathique... Pourtant, il faudra se méfier des apparences!

Le film comporte en effet un twist plutôt inattendu et quelques rebondissements, qui vont réellement rendre le film palpitant dans sa dernière partie, car il tarde un peu à démarrer, avec toute une première partie du film où il ne se passe finalement pas grand-chose. Heureusement il se suit tout de même agréablement grâce notamment à quelques personnages secondaires apportant pas mal d'humour au film.

Et puis, il y a bien tendu cette mise en scène impeccable et minutieuse de Powell, servi par une belle photographie signée Bernard Browne ("Taras Bulba", "Le lion a des ailes"), le film versant même par moments vers un style proche de l'expressionnisme allemand. Le film se termine de façon très ironique par un dernier rebondissement assez bien vu.

Deux ans plus tard, Powell et Pressburger réaliseront "Le 49ème parallèle", un film qu'ils feront dans le but de décider les États-Unis à rentrer dans le conflit et qui partira à nouveau du point de vue allemand puisqu'il mettra en scène un groupe de nazis rescapés d'un sous-marin...

"L'espion noir" ne fait pas parti des chefs d’œuvres du duo Michael Powell / Emeric Pressburger, mais cela reste un très bon film qu'il serait dommage de ne pas redécouvrir...

"L'espion noir" est sorti en DVD et combo DVD + Blu-ray le 4 février 2014 chez Elephant Films dans sa collection Cinéma Master Class. Le film est présenté au format respecté 1.33 4/3 avec piste anglaise Dolby Digital 2.0 Dual Mono et sous-titres français. Le Blu-ray est quant à lui au format 1.37 16/9ème résolution Full HD 1920 x 1080p avec piste anglaise en mono 2.0 dts-HD Master Audio et sous-titres français. Côté bonus, on a le droit à une intéressante présentation exclusive du film par Jean-Pierre Dionnet et à des bandes annonces de la collection.

L'espion noir

L'espion noir
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L'espion noir (Blu-ray + DVD)

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26.02.14

07:01:05, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : A touch of sin

Réalisateur : Jia Zhang-Ke

Année : 2013

Origine : Chine

Durée
: 2h10

Avec : Wu Jiang (Dahai), Wang Baoqiang (Zhou San), Zhao Tao (Xiao Yu), Luo Lanshan (Xiao Hui), etc.

Par Nicofeel

Le cinéaste Jia Zhang-Ke avait déjà évoqué lors de ses précédents films les conditions de travail très difficiles du prolétariat en Chine, pour des salaires de misère. Ainsi, dans Still life (2006), il dressait un portrait sans concessions, quasi désabusé, d'une Chine qui s'éveille au capitalisme à n'importe quel prix. Le changement économique et social est brutal et l'homme pauvre est broyé par le système.
Dans son film documentaire 24 city, Jia Zhang-Ke 24 city s'intéressait à la disparition d'une usine pour évoquer l'évolution culturelle et économique de la Chine. Ce film évoquait de manière assez subtile une société chinoise décomplexée, où la notion de travail avait été quelque part occultée par la volonté d'être riche par certains.
En somme, ces deux films avaient le mérite de pointer le doigt sur une Chine qui s'est enrichie sur le plan économique mais seulement pour une frange de sa société, laissant la majeure partie des gens dans des conditions sociales malheureuses. Et puis pire que tout : les valeurs morales semblent avoir été mises au placard.
Dès lors, il ne faut pas s'étonner de l'existence de réactions épidermiques et particulièrement violentes. Dans son nouveau film, A touch of sin (que l'on pourrait traduire littéralement comme une part de péché), Jia Zhang-Ke entend montrer au monde entier que la Chine actuelle compte de plus en plus des actes violents, qui sont révélateurs d'un mal être de la population.
Le fer-de-lance du cinéma chinois n'y va pas avec le dos de la cuillère. A travers le destin de quatre personnages qui évoluent dans quatre provinces différentes en Chine, il dépeint des situations violentes qui sont une forme de réaction à un ras-le-bol, à un mécontentement généralisé, à une frustration certaine. Jia Zhang-Ke s'est basé sur quatre faits divers particulièrement sordides pour monter son film.

Dans la première histoire, on suit un ouvrier, Dahai, qui ne supporte pas que son patron se soit enrichi sur le dos de la communauté villageoise, qu'il ait donné des pots-de-vin pour faire passer des actes illégaux. Conséquence : le patron est riche et se permet de venir en jet privé alors que ses employés vivent dans des conditions désastreuses, faisant par exemple leur pause repas debout et en mangeant un bol de riz. Tout cela est inadmissible et Dahai va commettre l'irréparable en se faisant justice lui-même. Le film surprend par sa violence sèche et brutale. Le meurtre du comptable est pire que n'importe quel thriller ou film d'action. Jia Zhang-Ke nous avait jusque-là habitué à une violence dans la description des mutations de la Chine. Jamais il n'avait utilisé la violence comme arme de son propos. Le film est très violent, et même bien plus que nombre de films d'horreur actuels. Car tout cela paraît réaliste et on ne peut qu'être choqué par ce que l'on voit.
Surtout, Jia Zhang-Ke a l'intelligence de montrer que cette violence soudaine peut venir de partout et concerner n'importe qui. Dans la seconde histoire, on voit un homme désabusé qui cherche à se faire de l'argent rapidement et en vient à tuer une femme pour lui subtiliser son sac. Il est fort possible qu'il n'y ait rien ou presque dans ce sac. La banalisation de la violence et son omniprésence – ici elle a lieu dans une ville, dans une rue bondée – fait réellement peur.
La violence peut également être le résultat de vexations qui finissent par user mentalement les gens. Ainsi, dans la troisième histoire, on suit cette jeune femme qui travaille dans un sauna et qui est agressé par un client. Il n'arrête pas de la taper avec une serviette et veut qu'elle devienne son esclave sexuel, sous prétexte qu'il en a envie et qu'il a de l'argent. Mais l'argent n'est pas tout. Cette femme n'est pas une prostituée et s'il lui reste encore une chose qu'on ne peut pas lui enlever, c'est son amour propre. Elle décide donc de tuer violemment son agresseur, dans une séquence qui marquera sans nul doute n'importe quel spectateur.
La quatrième histoire du film est peut-être la plus symbolique avec la première. Un jeune homme, se sentant opprimé par les conditions de travail en usine et par les décisions injustes de son patron, choisit de changer de métier. Il parvient à travailler dans un hôtel de luxe qui s'avère être le repère d'hommes riches qui prennent les femmes qui sont recrutées dans cet endroit pour des prostituées de luxe. Le jeune homme perd les dernières illusions qu'il avait, surtout quand il se voit repousser par l'une de ces prostituées avec qui il avait entamé une brève relation. Choisissant à nouveau de quitter ce travail qui le débecte, il est ensuite logé dans des conditions précaires dans un HLM gigantesque et impersonnel où il doit partager son minuscule appartement avec plusieurs co-locataires. Autant dire que l'horizon est pour le moins bouché. Ce qui pousse notre protagoniste à commettre l'irréparable.
Les quatre histoires de Jia Zhang-Ke sont différentes mais elles ont toutes un point commun : une résolution extrême, qui se termine dans la violence. Mais cette dernière n'est pas anodine. Elle est le résultat du choix de personnes qui ne supportent plus leur quotidien et qui veulent changer les choses. La révolte est le maître mot et la façon dont elle se passe a de quoi faire réfléchir.
A touch of sin est, comme son titre le laisse entendre, un film effroyable. Il cristallise à lui seul les rancœurs d'une société chinoise qui a évolué sans réflexion vers un capitalisme sauvage : pendant que certains se pavanent dans des jets privés et des hôtels de luxe, d'autres meurent de faim et sont humiliés en permanence.
Jia Zhang-Ke a fait preuve d'un incroyable courage en sortant ce film. Il est étonnant que les autorités chinoises lui aient permis de le montrer en dehors des frontières de leur pays car l'envers du décor n'est pas du tout reluisant. La publicité pour la Chine peut difficilement être pire. Ce film désenchanté est dans tous les cas à réserver à un public très averti en raison de sa violence sèche et frontale. Il n'y a pas d'ellipse ici, tout est visible et ce n'est pas joli joli.

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24.02.14

05:30:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Suite à une épidémie, le monde est devenu une terre de désolation infestée de zombies. Pour venger sa famille, Hunter arpente les terres dévastées au volant de son bolide à la recherche de morts-vivants à tuer. Gravement blessé, il est recueilli par un groupe de survivants. Ensemble ils vont partir en quête d’une contrée préservée de l’invasion. Et rien ne pourra se mettre en travers de leur chemin...

Mon avis :

Avec Danny Trejo ("Desperado", "Une nuit en enfer", "Planète terreur", "Halloween", "Machete"), on ne sait jamais trop à quoi on doit s'attendre... L'acteur mexicain jouant aussi bien dans de sympathiques, voire parfois d'excellentes séries B comme "The Devil's Rejects", que dans des nanars sympathiques genre "Rise of the zombies" ou encore dans des navets infâmes du style "Necessary Evil" ou "La Balade de Crazy Joe"...

Avec "Zombie Hunter", dès les premières minutes, on sent qu'on est plus dans le style nanar sympathique et qu'à aucun moment il ne faudra prendre la chose au sérieux. Le réalisateur Kevin King, dont c'est apparemment le premier long-métrage et qui est ici également scénariste et co-producteur, nous le fait comprendre dès la première scène lors du début de l'épidémie où l'on voit notamment un présentateur télé vomissant de façon, comment dire... excessive! La première apparition de zombie est assez graphique et l'on devine alors que le film va être plutôt fun ; le genre de films à voir si possible entre potes, histoire de bien se marrer!

Après cette première scène d'introduction, l'histoire se déroule dans un monde post-apocalyptique avec un héros solitaire, sans nom (Une référence évidente au personnage interprété par Clint Eastwood, d'ailleurs il y aura un petit clin d’œil très appuyé...), qui nous fera fortement penser au personnage incarné par Mel Gibson dans "Mad Max", de par son look d'une part et par sa voiture noire d'autre part.

Notre héros a apparemment une dent contre les zombies et passe son temps à les exterminer, jusqu'au moment où il va être blessé par balle (...donc pas de soucis de contamination!) et va être recueilli par un groupe de rescapés. Bon, on ne peut pas dire que le scénario soit particulièrement original, puisque ensuite ce sera une banale histoire de survie...

Le réalisateur a choisi pour sa mise en scène un aspect très grindhouse, avec un choix de couleurs souvent flashy assez original (Des images roses régulièrement et du sang violet ! Pourquoi pas ?). Les effets spéciaux numériques sont parfois très visibles et assez cheap, mais étonnamment, ça passe plutôt bien, donnant même par moments un côté assez cartoonesque au film, ce qui contribue à accentuer son côté assez excessif, du moins niveau du gore! Car même si les scènes gores ne sont pas si nombreuses que ça, quand il y en aura elles seront en général assez généreuses et c'est ce qu'on attendait essentiellement de ce type de films.

De plus, Kevin King ne se contente pas de nous offrir des zombies aux maquillages pour la plus part très réussis, on a le droit également à quelques créatures monstrueuses bien sympathiques.

En revanche, on aurait pu espérer que le film soit plus hot, surtout que les deux héroïnes sont plutôt très sexy, malheureusement, même si c'est assez amusant, le réalisateur va jouer avec nos nerfs, puisque la chaudasse de service n'arrivera jamais à dévoiler ses charmes. A chaque fois, pour notre plus grand malheur, elle sera contrariée dans ses projets et n’arrivera d'ailleurs pas se faire culbuter par notre héros, qui apparemment s'en fout royalement, ni par le type le plus moche du lot sur lequel on finira pas se rabattre...

Et c'est évidemment la fausse sainte nitouche, jouée par la jolie Clare Niederpruem ("Orcs!", "Vampire University"), qui se fera culbuter par notre chasseur de zombies en mal de femelles. Bon, il faut tout de même reconnaître que pour sa part, notre héros, interprété par Martin Copping ("Forbidden Ground", "Sheep Impact") manque quelque peu de charisme, mais comme on est dans un film où on ne se prend pas au sérieux et plutôt destiné à un public mâle, cela n'est finalement pas trop gênant.

Comme on pouvait s'en douter, Danny Trejo n'a qu'un rôle relativement mineur, mais ses apparitions seront tout de même remarquées, notamment lors d'une scène de présentation où il massacrera quelques zombies à la hache! Et puis, le look de Père lui va, il faut bien l'avouer, à ravir... On voit que "Zombie Hunter" n'a bénéficié que d'un petit budget, d'ailleurs apparemment le film a été en parti financé par le crowdfunding, mais malgré tout le jeune réalisateur ne s'en sort pas trop mal, nous offrant un spectacle assez fun...

Au final, "Zombie Hunter" est bien le nanar attendu, mais un nanar assumé et dans l'ensemble bien fun et c'est tout ce qu'on attendait!

"Zombie Hunter" sort le 5 mars 2014 chez Wild Side Vidéo en DVD et Blu-ray. La version DVD est au format 2.35, 16/9ème compatible 4/3 avec pistes anglaise, française et allemande Dolby Digital 5.1 et Dolby Digital 2.0. La version Blu-ray est quant à elle au format 2.35, avec une résolution 1080 24p et des pistes anglaise, française et allemande DTS-HD Master Audio 5.1. Niveau bonus, cela sera par contre le désert...

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23.02.14

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Joseph Côté, séducteur notoire, condamné à mort par la Couronne pour avoir attenté à la vie de l’Intendant Talon, s’évade quelques heures avant sa pendaison et usurpe l’identité d’un jésuite. Avec un détachement militaire à ses trousses, le faux curé se réfugie à la Seigneurie de Beauport. Les censitaires de ces terres, qui attendent avec impatience l’arrivée des Filles du Roy, l’accueillent avec tous les égards dus à un prêtre. On le nourrit avec abondance et on lui raconte la légende du Père Brind’amour, chasseur de loups-garous. Joseph se rend compte qu’il a volé l’identité d’un héros! Pis encore, il découvre que, la nuit, des loups-garous ravagent le hameau de Beauport! La situation de Joseph s’empire davantage lorsqu’il s’entiche de Marie Labotte, une fille du Roy dont personne ne veut. En tentant simplement de défendre sa vie et celle de sa bien-aimée, Joseph Côté débarrasse les terres de Beauport des bêtes sauvages et devient héros malgré lui. Malgré ses méthodes peu catholiques, il devient le digne successeur du Père Brind’amour.

Mon avis :

Malgré la quantité importantes de films qui franchissent chaque année nos frontières, étonnamment peu de films québécois arrivent à parvenir jusqu'à nous et pourtant beaucoup de ces films mériteraient d'être vus...

Concernant "Le poil de la bête", c'est un film fantastique de Philippe Gagnon ("La chambre n°13", "Dans une galaxie près de chez vous 2", "Karyn l'obstinée") mettant en scène des lycanthropes au XVIIème siècle. Pour rentrer dans le film, il faudra un petit moment d'adaptation pour nous français, car l'accent québécois est ici fortement accentué, le tout avec un vieux français au niveau des dialogues. L'accent prononcé en rebutera probablement plus d'un, ce qui à mon avis un peu dommage, car en vous arrêtant à cela vous passerez à côté de certains films qui valent vraiment le coup d'être découvert... "Le poil de la bête" est dans l'ensemble un film plutôt agréable à regarder, même s'il ne sera pas exempt de défauts.

Le principal défaut sera le fait que l'on attende vraiment pas mal de temps avant de voir les fameux loups-garous et lorsqu'ils feront enfin leur apparition, on sera quelque peu déçu, car ceux-ci ne sont graphiquement pas très convaincants. Dommage, car autrement le film a de la gueule, avec de très beaux décors et costumes, une belle photographie signée Steve Asselin ("Saints-Martyrs-des-Damnés") et une mise en scène appliquée.

Malgré leur peu d’expérience dans le domaine, le scénario signé Stéphane J. Bureau et Pierre Daudelin est assez bien écrit, avec qui plus est, de petites touches d'humour régulières et bien dosées. Le personnage de Joseph Côté, interprété par Guillaume Lemay-Thivierge ("Nitro", "Frisson des collines") est assez attachant, surtout à partir du moment où il va endosser la soutane incarnant alors le personnage du Père Brind'amour, un jésuite chasseur de lycanthropes armé d'une arbalète lançant des croix en forme de flèches. Ça, j'aime!!! Le bonhomme va évidemment craquer pour la jolie Marie jouée par la charmante Viviane Audet ("Le déserteur", "Frissons des collines") et ce ne sera pas le seul.

Pas de grosses surprises malgré tout au niveau du scénario, mais c'est bien rythmé et il y a une ambiance assez prenante tout du long du film. Par contre, tous les premiers meurtres se passent hors champ, ce que l'on regrette au départ, mais ce qui ne sera finalement pas plus mal vu l'aspect des lycanthropes. Heureusement, le méchant, joué par Gilles Renaud ("Cheech", "Prozac, La Maladie Du Bonheur"), est quant à lui plutôt convaincant... De toutes évidences, le réalisateur a manqué du budget nécessaire à ces ambitions et c'est vraiment fort regrettable !

Bon, "Le poil de la bête" n'est certes pas une grosse surprise et dans son cas on peut aisément comprendre qu'il n'ait pas passé nos frontières, mais pour autant ce n'est pas non plus la catastrophe annoncée par de nombreuses critiques. Apparemment il était question que ce soit le premier volet d'une trilogie, dont le deuxième volet devait s'appeler "Les enfants de chienne", mais bon pas sûr que ces suites voient réellement le jour...

"Le poil de la bête" est sorti en DVD au Canada chez Paradox Entertainment le 25 janvier 2011 au format 2.35 16/9ème et piste québecoise Dolby Digital 5.1 avec sous-titres français (pour sourds et malentendants) et anglais. Un édition ayant l'avantage de contenir en bonus un documentaire sur le tournage et la bande-annonce.

Mais vous pouvez également vous procurer le film en DVD et Blu-ray allemand où le film est également sorti chez Tiberius Film le 5 janvier 2012. Le DVD est au format 2.35 16/9ème avec pistes québécoise et allemande Dolby digital 5.1 et allemande DTS 5.1, mais sans bonus contrairement à ce qu'annonce la jaquette. Quant au Blu-ray, il est aussi au format 2.35 mais avec pistes québécoise et allemande DTS-HD 5.1, également sans bonus...

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22.02.14

07:00:52, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Le détective privé Jeff Sutton est envoyé en mission au Brésil afin de retrouver une jeune femme disparue. Transportant avec lui une mallette pleine de dollars, il atterrit à Femina, une cité futuriste peuplée par des femmes d’un genre nouveau. Menée par Sonanda (Shirley Eaton), ces amazones modernes ont pour but d’asservir l’espèce masculine. Tout se corse quand Sir Matthews (George Sanders) convoite l’argent de Sutton, et cherche à s’emparer de la réserve d’or de Sonanda.

Mon avis :

La carrière du prolifique de Jess Franco ("Le miroir obscène", "Vampire lesbos", "Plaisir à trois", "La comtesse perverse", "Les prédateurs de la nuit") peut aisément se découper par périodes et notamment par périodes où il a travaillé avec tel ou tel producteur.

"Sumuru, la cité sans hommes" fait parti de la période Harry Alan Towers ("99 Women", "Venus in furs", "Le trône de feu", "L'appel de la forêt"), une des périodes les plus accessibles au grand public par son érotisme souvent soft et par ses budgets un peu plus conséquents qu'à l'accoutumée. Celui-ci ne déroge pas à la règle avec effectivement un érotisme très léger et le plus souvent suggéré.

Le film a été tourné à Rio, d'ailleurs il est également sorti sous les titres "The girl from Rio" et "Rio 70" (entre autres!), ce qui permettra à Franco de nous faire partager notamment quelques moments du carnaval qu'il a filmé et qui ma foi sont assez inutiles, mais donnant tout de même un petit cachet supplémentaire au film.

D'ailleurs Franco a bien su profiter de l'architecture très moderne, alors en vogue au Brésil, en utilisant l'un de ces bâtiments pour donner un côté très futuriste à la cité où vivent ces femmes dirigées par la fameuse Sumuru, alias Sonanda dans le film.

Cette dernière est interprétée par l'ex-James Bond girl Shirley Eaton ("Goldfinger", "Le sang de Fu Manchu"), qui reprend ici le rôle qu'elle tenait dans "The Million Eyes of Su-Muru", premier volet des aventures de ce personnage créé par Sax Rohmer, à qui on doit également les "Fu Manchu", déjà produit Harry Alan Towers et dans lequel figurait déjà Maria Rohm ("Le sang de Fu Manchu", "99 women", "Venus in furs", "Les inassouvies"), la femme de Towers dans la vie, qui tient par contre ici un rôle différent.

Le scénario signé Peter Welbeck, qui n'est autre qu'un pseudonyme utilisé par Towers en personne, n'est pas des plus passionnants, comme le film d'ailleurs... En gros Jeff Sutton, un agent secret à la James Bond, interprété par le très quelconque Richard Wyler ("Les quatre filles du Dr March", "Le château de la terreur", "Coplan FX 18 casse tout", "L'homme qui venait pour tuer"), est envoyé en mission à Rio de Janeiro pour récupérer une jeune femme kidnappée.

Pour cela il va laissé croire qu'il est en possession d'une valise contenant 10 millions de dollars afin d'attirer la convoitise des différentes organisations mafieuses de là-bas. Dans un premier temps c'est l'organisation dirigée Sir Masius, joué par l’excellent George Sanders ("Rebecca", "Le portrait de Dorian Gray", "Samson et Dalila", "Ivanhoé"), qui va se manifester, avant que notre agent secret tombeur de jupons ne soit emmener sur Femina, une étrange société composée uniquement de femmes et dirigée par Sonanda.

Le film vaut essentiellement pour ces jolies jeunes femmes d'ailleurs, toutes habillées d'un look futuriste hyper sexy laissant entrevoir régulièrement leurs poitrines, un look dans un style entre "Gwendoline" et "Barbarella". De quoi attirer forcément notre attention!!!

Mais à part de jolies filles, de jolies images et le côté très pop du film qui a évidemment son charme, le film reste très moyen avec notamment pas mal de longueurs et ne sera finalement que d'un intérêt très limité, en dehors de deux ou trois scènes assez intéressantes comme celle de pré-générique à l'ambiance très onirique avec en particulier une musique assez originale ou encore quelques petites idées assez amusantes comme cette filature peu discrète avec un corbillard hors du commun ou cette scène d’interrogatoire où Sanders feuillète un Popeye.

Et puis bien évidemment il y a tout de même la très charismatique Shirley Eaton, qui tiendra ici son tout dernier rôle au cinéma, la jeune femme n'étant pas particulièrement intéressée par le fait de faire carrière dans le cinéma et ne souhaitant en fait qu'avoir une vie de famille bien rangée. Elle sera d'ailleurs un peu surprise d'apprendre par la suite que Franco ait une réputation de réalisateur pornographique et découvrira avec étonnement la scène saphique fortement suggestive de son personnage dans le film où le réalisateur fera appel à une doublure à la chevelure bien plus longue...

Car comme on peut s'en douter de la part de Jess Franco, même si l’érotisme est ici chaste, il est malgré tout très présent et fortement suggéré, avec cette société de femmes ici très dominatrices...

De l'aventure teinté d'espionnage et de Science-Fiction chez Jess Franco, ce n'est pas si courant, alors rien que pour ça et pour quelques scènes très sympas, "Sumuru, la cité sans hommes" vaut évidemment le coup d’œil!

"Sumuru, la cité sans hommes" est sorti en DVD chez Artus films le 4 janvier 2014. Le film est présenté au format respecté 1.66 16/9 compatible 4/3, avec des pistes française et anglaise Dolby Digital 2.0 et sous-titres français optionnels. Les suppléments se composent d'une présentation du film intitulée "La fille de Rio" par Jean-François Rauger, d'un documentaire intitulé "Tourné à Rio" avec des interventions de Jess Franco, Shirley Eaton, Harry Alan Towers (Malheureusement en vo sans sous-titres... Seul Jess Franco s'exprimant ici en français!), d'un diaporama d'affiches et photos et de bandes-annonces de la collection Jess Franco.

Il est à noter que le film était déjà sorti auparavant dans divers pays comme chez Blue Underground pour les États-Unis et dans un coffret regroupant une cinquantaine de films chez Mill Creek Entertainment, chez Umbrella en Australie, chez Kino Trivial en Allemagne ou encore chez Medium Rare pour l'Angleterre avec parfois un montage différent comme sur la version allemande et l'édition de chez Mill Creek Entertainment.

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21.02.14

10:53:10, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Alors qu’ils sont en vacances à Saint-Moritz, Bob et Jill Lawrence sont témoins de l’assassinat de Louis Bernard, un espion français. Avant de mourir, il leur annonce qu’un meurtre va être commis à l’Albert Hall. Afin d’empêcher les Lawrence de parler, les assassins enlèvent leur fille. Désemparés, ils doivent mener leur propre enquête...

Mon avis :

Tout le monde ou presque connaît "L'homme qui en savait trop", ce classique de 1956 signé Alfred Hitchcock ("Fenêtre sur cour", "Sueurs froides", "La Mort aux trousses", "Psychose", "Les Oiseaux") avec James Stewart et Doris Day. Beaucoup savent qu'il s'agit d'un remake de l'un des films de la période anglaise du maître du suspens, mais finalement ils ne sont pas forcément légion ceux qui ont vu l'original...

En effet, en 1934, Alfred Hitchcock signa avec "L'homme qui en savait trop", l'un de ses films les plus connus de sa période anglaise avec bien entendu "Les 39 Marches". Même si le scénario est forcément très proche, cette première version est malgré tout assez différente de la version de 1956. Ici, l'histoire débute à Saint-Moritz (...et non Marrakech!), dans les alpes suisses, une station de sports d'hiver où les Hitchcock avaient l'habitude d'aller depuis leur lune de miel.

Le couple formé par Leslie Banks ("Les Chasses du comte Zaroff", "Vingt-et-un jours ensemble", "Henry V", "Madeleine") et Edna Best ("Un mariage à Boston", "L'Aventure de madame Muir", "Le Rideau de fer") passent un séjour décontracté avec leur fille, jouée par Nova Pilbeam ("Jeune et innocent", "Counterblast"), lorsqu'ils vont être témoin du meurtre d'un espion français, joué par Pierre Fresnay ("Marius", "La Grande Illusion", "L'assassin habite au 21", "Le Corbeau"), qui avant de mourir leur confiera un secret.

Malheureusement pour eux, les auteurs de l'assassinat vont alors enlever leur fille (...et non leur garçon comme dans le remake!) afin qu'ils gardent le silence... Immédiatement, on remarque dans cette version une forte dose d'humour, qui sera d'ailleurs présente durant tout le métrage et cela malgré un sujet qui ne s'y prête pas forcément. Un parti pris assez original et audacieux de la part du metteur en scène, mais finalement pas si étonnant que ça de la part de Hitchcock, bien connu pour son humour noir! Toutefois, cet humour, peut-être un peu trop présent, aura pour effet de pas mal désamorcer le suspens de l'intrigue.

Autre point qui surprend tout de suite, le fait qu'il rende assez sympathique le méchant du film et cela malgré un visage, on ne peut plus inquiétant! Ce méchant est interprété par un Peter Lorre ("M le Maudit", "Quatre de l'espionnage", "Le Faucon maltais", "Casablanca") au look réellement effrayant avec sa mèche de couleur blonde et sa cicatrice au front. Un look tellement impressionnant que l'acteur sera d'ailleurs mis en avant sur les affiches, comme s'il était le véritable personnage principal.

Il faut dire que l'acteur autrichien est ici véritablement fabuleux et vole même la vedette sans soucis à un Leslie Banks bien loin d'être à la hauteur d'un James Stewart, même s'il demeure assez sympathique et à Edna Best, dont le personnage ne sera pas aussi intéressant qu'on aurait pu l'espérer au départ...

En revanche, d'autres personnages secondaires seront eux vraiment charismatiques et apporteront beaucoup au charme du film et notamment parmi les méchants comme le personnage joué par Cicely Oates, une actrice qui ne fera pas grand-chose d'autre de marquant (Il faut dire qu'elle décéda à l'âge de 46 ans!) ou encore celui joué par Clare Greet ("Meurtre", "L'auberge de la Jamaïque").

Le film comporte autrement pas mal de petites invraisemblances volontaires permettant au réalisateur de jouer avec le spectateur comme lorsque l'on trouvera un train électrique dans la charme de la jeune fille kidnappée. C'est plutôt sympathique, même si du coup le film n'est pas aussi efficace que dans le remake où certaines scènes sont beaucoup plus maîtrisées comme la fameuse scène au Royal Albert Hall.

Ici, c'est une scène quasiment comme les autres, voir même inférieure à d'autres plus marquantes comme celle du dentiste, celle de la bagarre à coups de chaises ou encore celle de la fusillade finale, alors que dans le film de 1956, il s'agit évidemment d'une des scènes majeures du film. Cette version n'est donc pas aussi aboutie, mais ce n'est bien entendu pas pour rien que Hitchcock le refera quelques années après...

Même si cette version de "L'homme qui en savait trop" est donc loin de valoir celle du remake, elle laisse déjà entrevoir tout le génie dont Hitchcock fera preuve par la suite et puis, cela demeure tout de même un très bon film du maître du suspens...

Déjà sorti dans de multiples éditions, "L'homme qui en savait trop" de 1934 est ressorti en DVD et combo DVD + Blu-ray le 4 février 2014 chez Elephant Films dans sa collection Cinéma Master Class. Une édition qui supplante sans problème les précédentes éditions. Le film est présenté au format respecté 1.33 4/3 avec piste anglaise Dolby Digital 2.0 Dual Mono et sous-titres français. Le Blu-ray est quant à lui au format 1.37 16/9ème résolution Full HD 1920 x 1080p avec piste anglaise en mono 2.0 dts-HD Master Audio et sous-titres français. Côté bonus, on a le droit à une intéressante présentation exclusive du film par Jean-Pierre Dionnet et à des bandes annonces de la collection.

L'homme qui en savait trop (1934)

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L'homme qui en savait trop (1934) (Blu-ray + DVD)

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L'homme qui en savait trop (1934) - Edition 2005

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L'homme qui en savait trop (1934) - Edition 2006

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L'homme qui en savait trop (1934) - Edition 2013

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L'homme qui en savait trop + The lodger

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L'homme qui en savait trop (1934) - Edition 2010

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L'homme qui en savait trop (1934) - Edition 2000

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20.02.14

06:58:43, Catégories: Interview  

Par Flo001fg

Producteur, directeur du développement et responsable financier de « Affreux, Sales & Méchants », Vladimir Feral est un homme très occupé... Il a toutefois eu l'amabilité de me consacrer quelques minutes et ainsi de répondre à mes questions:

Bonjour Vladimir !

Quel est votre rôle à chacun au sein de « Affreux, Sales & Méchants » ?

Je suis le créateur de la société. Mon rôle est de faire en sorte que la société tourne évidemment avec des projets qui se fassent de manière régulière et des projets qui correspondent à l’image d’ASM, donc en fait je suis donc à la fois producteur, créateur de la société et surtout un petit peu à la base de tous les films, les choix éditoriaux, visuels etc...

"L'enclume" de Thierry Nevez

Comment est né « Affreux, Sales & Méchants » ?

« Affreux, Sales & Méchants » est né au départ d’une envie de créer une société avant mes 25 ans. J’ai co-créé cette société avec un associé qui s’appelle Alban Villani, qui est maintenant à Singapour dans les nouveaux médias et jeux vidéo. On a créé ça parce qu’on s’était très bien entendu sur nos bancs d’école, on va dire, à l’Université et que pendant l’école, on devait entre autres de faire un Master, des mémoires etc..., on devait faire un business model et donc on avait fait un business model sur un principe de film en cross média et trans média, qui s’appelait "Bikini’s college" qui était le guide interactif de la drague internationale et l’idée c’était de le faire à la fois pour internet, pour la télé, pour les téléphones portables etc, etc... On a créé ça pendant nos études en 2004 et on a monté avec la société en 2005, donc on voulait faire du court métrage, mais on s’était aussi lancé dans cette série virtuelle, qui s’appelait "Bikini’s college" et qu’au final on n’a jamais vraiment terminé, car on a eu trop de travail avec la fiction et surtout on l’a fait un peu trop en amont et du coup les téléphones portables intelligents n’existaient pas comme aujourd’hui et donc on est arrivé un peu trop tôt sur ce créneau là...

Vous étiez en quelque sorte précurseur...

Oui, un petit peu !

Pourquoi ce nom ? Aimiez-vous particulièrement le titre du film d’Ettore Scola ou vouliez-vous montrer à travers ce nom une certaine image ?

Oui, alors il y a en fait deux choses tout simplement quand on a créé la société... On se posait plusieurs questions parce que le nom d’une société est quelque chose qui marque, car c’est la première chose qui vient à l’esprit d’une personne quand on parle de la production, alors effectivement on aimait bien l’univers d’Ettore Scola, ce qu’il a fait, on savait qu’ "Affreux, sales et méchants" avait gagné, pas le Grand prix du festival de Cannes, mais il avait juste gagné un prix de la mise en scène, mais ça avait fait pas mal polémiquer en ce temps là et il y avait un petit peu dans ce côté-là « Affreux, sales & méchants », un côté à la fois sympathique, voyeur et un petit peu atypique qu’on pouvait trouver dans le nom que les autres sociétés qui s’appellent toujours les productions de ou les films du etc... Donc on savait qu’avec ça, on avait quelque chose de bien et très rapidement sont venus se greffer le principe du « Les affreux scénaristes, réalisateurs », « Les sales comédiens, techniciens », « Les méchants producteurs et partenaires financiers »... Après on est parti là-dessus, on a un petit peu compartimenter les choses et à chaque fois qu’une personne intégrée la société, elle prenait donc d’office l’un des noms titres soit l’affreux, le sale ou le méchant...

"A minuit, ici tout s'arrête" de Just Philippot

Comment sélectionnez-vous vos projets de fictions ?

Alors, on le fait de manière assez empirique parce que, comme on bosse beaucoup, tous les associés, aussi bien David Hourrègue qui s’occupe du long métrage avec moi, Cédric Delannoy qui est au court métrage, on essaye de recevoir un maximum de projets qu’on a par courrier, on essaye de les lire et de répondre au maximum... C’est toujours compliqué, car on n’a pas forcément toujours le temps pour tout faire, souvent on fait ça pendant les vacances, on lit beaucoup pendant les vacances et pendant les vacances on revient et on dit, tiens il y a ça qui peut être intéressant et tout, mais on a aussi des réalisateurs avec qui on a déjà travaillé, qu’on aime bien continuer à suivre, avec qui on nous soumet des projets, qu’on accepte ou pas, mais c’est surtout le même principe toujours d’avoir un côté fantastique ou bien encré dans le réel qui lorgne avec le fantastique et toujours aussi ce côté dérangeant qu’on peut avoir, un peu pince sans rire chez « Affreux, Sales et Méchants » et qu’on aime bien, donc après, le choix se fait en interne, on est plusieurs, on essaye de se faire une fois par trimestre une sorte de récap de tous les courts métrages qu’on a vu, qu’on a lu. On parle des réalisateurs aussi parce que le parcours des réalisateurs est important. On fait toujours des premiers films, on en fait au moins un par an, parce que c’est important, cela permet à un jeune réalisateur d’avoir enfin quelque chose à montrer, une visibilité... Nous ça nous permet de rencontrer une nouvelle personne qui est un peu vierge dans le domaine... Mais après, voilà, ça se fait maintenant à la décision, on va dire votes en fonction des différents producteurs qu’il y a ici... Que tout le monde soit bien au courant de ce qu’on fait et tout...

"Entre-deux" de Lucas Fabiani et Pascal Barbier

Vous avez, il me semble, trois longs métrages en développement...

Oui, trois dont deux surtout bien avancés, le troisième est surtout en écriture pour l’instant.

Pouvez-vous nous en parler ?

Oui, alors le premier, c’est le tout premier de la société qu’on a monté, ça s’appelle "Direction assistée" de Jérôme Boivin avec Patrick Chesnais et Isabelle Carré. Jérôme Boivin était un de nos parrains de courts métrages. C’est David Hourrègue qui l’avait rencontré dans un vidéo club par hasard et il lui avait proposé son propre film, qui s’appelait "Baxter". Donc, ça a fait énormément rire Jérôme Boivin, David qui adorait Jérôme Boivin, du coup a proposé à ce que Jérôme soit le parrain de notre boîte de prod de courts et un beau jour en 2010, alors qu’on avait atteint un bon niveau de productions, il nous avait proposé un traitement et depuis le traitement, de fil en aiguilles, ben, c’est devenu un scénario, qui a plu à des comédiens, qui a plu à un distributeur et là on est en train de chercher tout simplement le montage financier pour partir faire le film…

Ensuite on a "Show mage" de Mehdi Senoussi qui est dans le starting block en ce moment puisqu’on est en train de commencer à faire les premiers dossiers de développement et de réécriture, alors le premier est une sorte de polar, un petit peu noir à humour grinçant, qui est une sorte de "Nikita" social, celui-ci est une sorte de thriller social sur une prise d’otages à Pôle emploi, là on est en train de réfléchir au casting et tout et tout, donc il est un cran en dessous dans le développement et le dernier, c’est avec Liam (Engle) avec qui on a fait "Mecs meufs" et "Le portail" aussi co-produit avec Black Bird, on est en train de réfléchir justement à l’écriture d’un long métrage, qui est en fait plus pour l’instant sur des pitchs et c’est donc à nous de décider vers où on va aller.

Et cela sera toujours en co-production ?

Non, du tout, du tout ! Il n’y a vraiment que "Le portail" qui était en co-production au départ et "Mecs meufs" effectivement...

"Mecs meufs" de Liam Engle

Touchez-vous de l’argent lorsque certains de vos courts sont diffusés à la télévision ?

Oui, quand c’est diffusé en télé, on touche de l’argent... Sur les télés, c’est un grand mot... Si on gagne de l’argent sur les courts métrages, c’est non ! Si on gagne de l’argent sur les télés, oui, puisque les télés payent un minimum les courts métrages qu’ils diffusent.

En plus de produire des films de fictions, vous faites également des clips et des publicités. Notamment vous vous êtes occupé des clips de Jenifer "Poupée de cire, poupée de son" et "Les jours électriques" et de "Who else ?" une publicité Internet pour Nespresso... Est-ce ce qui rapporte le plus ?

En fait, c’est ce qui nous permet de rester vivant, on va dire ! C’est-à-dire en fait que les pubs et les clips nous permettent de payer les dépassements qu’on a sur les courts métrages puisque les courts métrages nous coûtent de l’argent chaque années et on prend beaucoup de risques et on a rarement un retour sur l’investissement, puisque ce n’est arrivé qu’une fois sur les 40 courts métrages qu’on a produit et encore, le film coûtait tellement pas cher qu’il pouvait se rentabiliser rapidement... Mais c’était au tout début de la boîte et depuis, on dépense plus d’argent qu’autre chose dans la fiction et du coup, on arrive en faisant un peu de pub et des clips à maintenir les coûts de la boîte, à pouvoir payer les frais de la société et surtout à payer les dépassements des courts métrages.

Il y a quelques années, certains de vos courts étaient sortis en DVD sous le label DVD-Pocket. Pensez-vous réitérer l’expérience ?

Non, car DVD-Pocket, n’a pas fait faillite, mais en fait a eu un procès avec Pocket, qui était le Livre de Poche ; ils ont perdu le procès, donc du coup ils avaient l’incapacité de pouvoir utiliser et d’un la marque et de deux leurs stocks, donc à partir de là, la société est morte. Donc nous, à partir de là, notre éditeur DVD qui nous éditait tous nos films chaque année l’a plus fait et donc on le fait nous maintenant en interne pour les festivals.

En dehors des longs, quels sont vos futurs projets ?

On a deux courants qui sont en train de se faire. On a le courant qu’on appelle pour le moment « Octobre rouge », qui est un peu une production alternative, qu’on va lancer entre janvier et février. Quand je dis production alternative, c’est un peu comme s’est fait "Mecs meufs" et "I’m a sharpener". Donc là, on aurait trois ou quatre projets, on est en train de voir. Donc on lancera ça en janvier/février, donc c’est à la fois en recherche de financement sur internet, plus aussi on va dire en courant un peu plus classique. Et après on a l’autre programme, qui le programme de la société pure et dure qui ont été des scénarios qu’on a lu, relu, écrit et réécrit, en courts métrages je parle, qui est chapeauté par Cédric Delannoy, qui s’occupe maintenant du court métrage chez nous, où on a trois films qui se dégagent vraiment qui sont "Célébration", "Glistenburg" et "Tombé du ciel". Voilà, c’est les trois projets qui se dégagent vraiment et qui ont eu des subventions pour l’instant de régions et qu’on pousse pour commencer avoir des télés etc… Pour avoir un autre budget, conséquent, pour pouvoir réaliser ces projets ambitieux.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur "Rien ne peut t’arrêter", un court métrage qui va bientôt se terminer ?

Alors "Rien ne peut t’arrêter", j’aurai aimé que David (Hourrègue) soit là pour en parler, car David est à la fois réalisateur, du coup sur ce court métrage qui est son vrai premier court métrage, en tant que réalisateur on va dire pro, produit par une production professionnelle. Et David développe le long avec moi et aussi toute la partie pub, clip sur laquelle on sait que ça nous permet de vivoter. Donc en fait "Rien ne peut t’arrêter", c’est un peu notre monstre de l’année prochaine, monstre, je dis ça puisque le film est très bon, à la fois parce que le film a coûté cher, à la fois parce que le film continue à coûter cher puisque on est en post-prod, que on a beaucoup d’effets spéciaux, d’effets visuels, d’effets sonores... la musique à enregistrer qui est un orchestre symphonique etc... Et qu’au départ nous n’avions que deux régions pour faire le film, donc c’était quasiment une mission impossible, mais comme on sait, « Affreux, sales et méchants » sait faire les choses impossibles ou possibles et donc du coup, ce que je peux dire c’est qu’il y a une bande annonce qui va sortir bientôt, un petit teaser, vraiment très court, mais qui va donner un petit peu la couleur du film et on espère que les gens qui nous ont aidé sur ce film, je pense aux plus de 300 personnes qui nous ont aidées sur Ulule et tout ça, ça va leur donner un bon petit coup au moral avant les fêtes (Note : L’interview a été réaliser avant Noël..) pour qu’ils en profitent au maximum, pour débuter une bonne année et comme ça ils auront la patience d’attendre encore un petit peu de temps, car on ne l’a pas fini, fini, tout simplement.

Merci beaucoup !

Ben de rien ! Il y aussi la collection Vian, qui sont 5 courts métrages inspirés des nouvelles de Boris Vian qu’on co-produit avec Nolita cinéma... Voilà, merci !

Cette interview a été réalisée avec l'aide précieuse de Fanny Grailet. Un grand merci aussi à elle!

Si les projets de « Affreux, Sales et Méchants » vous intéressent, vous pouvez les suivre sur leur page facebook, sur Twitter ou sur leur site

Photos : © Affreux, Sales & Méchants Productions

13 courts mortels

13 courts mortels
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19.02.14

06:58:11, Catégories: Interview  

Par Flo001fg

Le compositeur Guy-Roger Duvert à qui on doit notamment les musiques des films "Les yeux secs", "Eyeborgs" et "Tension(s)", mais également de nombreuses musiques de courts métrages, trailers, jeux vidéos etc... a eu la gentillesse de répondre à mes questions:

Bonjour Guy-Roger. Peux-tu te présenter ?

Bonjour. Je suis compositeur de musiques de films, de jeux vidéos, de trailers, et de plein d'autres projets nécessitant de la musique (séries TV, théâtre, comédie musicale, pubs...etc). J'ai commencé à temps plein il y a 12 ans. J'ai eu de la chance de travailler très rapidement sur mon premier long métrage, qui a été pris à Cannes, à la Quinzaine des Réalisateurs, ce qui m'a clairement aidé pour la suite. Après avoir vécu à Paris pendant des années, je vis aujourd'hui à West Hollywood, en Californie. Avec une activité à l'arrivée très internationale (mon premier long était marocain, le second américain, le troisième canadien. Sur d'autres projets, j'ai travaillé pour des clients en France, en Belgique, aux USA, en Angleterre, à Singapour, et j'ai actuellement des pistes en extrême orient).

"Les yeux secs" de Narjiss Nejjar


Quel est ton parcours ? As-tu suivi une formation particulière ou es-tu autodidacte?

Je suis passé par le conservatoire, mais pas par la voie royale. J'ai fait du piano et du solfège en conservatoire d'arrondissement, puis en province. Une fois étudiant, j'ai pris des cours aux USA pendant un an, et enfin, j'ai pris 5 ans de cours particuliers de composition, d'orchestration, d'écriture, à la Schola Cantorum. Donc, musicalement, je ne suis pas autodidacte. En revanche, je n'ai jamais pris de cours spécifique de musiques de films. De ce point de vue là, je le suis, en apprenant de la meilleure manière possible : en apprenant des maîtres eux-mêmes. Je suis un très gros consommateur de films et de bandes originales.

"Eyeborgs" de Richard Clabaugh

Travailles-tu étroitement avec les réalisateurs lorsqu’on te demande de composer pour un film ?

Oui, bien sûr. Ce sont eux les « maîtres d'ouvrage » artistiques. Ce sont eux qui ont la vision du film. Donc, si, bien évidemment, une partie de mon travail consiste aussi à faire des propositions auxquelles le réalisateur ne pense pas nécessairement au départ, l'idée est toujours que ces propositions respectent la vision générale du film. Et la seule personne à même de dire si c'est le cas ou non est le réalisateur. Il est donc primordial de travailler étroitement avec eux. Ceci étant dit, d'un cas à l'autre, le niveau de liberté est très variable. Dans certains cas, on me laisse une liberté quasi complète, le réalisateur me faisant confiance, à partir d'indications données par lui au départ.

"Tension(s)" de Vincent Lecrocq

Prenons l'exemple de "Tension(s), comment as-tu travaillé avec Vincent Lecrocq?

L'avantage, avec Vincent, c'est qu'on avait déjà travaillé ensemble, sur l'un de ses courts métrages, "Survivant(s)". On se connaissait donc déjà bien. C'est vraiment un plaisir de bosser ensemble, car c'est le genre de configuration idéale pour un compositeur : un réalisateur qui a au départ une idée assez précise de l'orientation qu'il veut, des influences qu'il veut avoir etc..., et qui, une fois qu'on s'est bien compris sur ces orientations, laisse ensuite beaucoup de liberté au compositeur. Tout l’intérêt, dans "Tension(s)", était de développer un score qui soit à la fois action oriented sur toutes les phases de combats, d'infiltrations, mais aussi très intimate pour le drame qui se déroule dans cette maison. C'est ce que j'ai adoré à la lecture du scénario : on est dans un film de genre assumé, mais en même temps, on est dans l'humain. Les personnages ne sont pas caricaturaux, ils ont des doutes, des peurs. Il fallait pouvoir accompagner ça musicalement. Très tôt, avec Vincent, on s'est mis d'accord sur l'utilisation de guitares et de sons industriels. Les thèmes se sont ensuite rapidement développés. Et à l'arrivée, je pense que nous avons réussi à avoir un score très identitaire, avec une personnalité forte.

"Tension(s)" de Vincent Lecrocq

Travailles-tu différemment selon qu’il s’agisse d’une musique de film, d’un jeu vidéo, d’une publicité ou d’une bande annonce ?

Oui. En fait, la principale différence est la nécessité ou non de synchroniser. Concrètement de composer à l'image (ce qui est une contrainte particulière). Dans les films, tout doit être synchronisé, pour les jeux vidéos, uniquement les cinématiques s'il y en a. Et pour les trailers, uniquement lorsqu'on me donne le footage, ce qui arrive moins de 20% du temps. C'est là la principale différence. Autre différence : dans les films et les jeux vidéos, l'idée est souvent de développer des thèmes et de jouer sur des variations, ce qui est une composante absente des trailers. Autre différence : la musique de trailers est probablement la plus codée, et pourtant il convient de rester original, unique, tout en respectant ce code. A l'arrivée, j'ai vraiment du plaisir sur chacun des supports, et j'espère bien pouvoir continuer à travailler en parallèle pour chacun d'entre eux.

"Ça caille à l'Ombre" de Pierre-Yves Hampartzoumian


Comment se retrouve-t-on à composer les musiques de bandes annonces de blockbusters comme "Prometheus", "Transformers 3" ou "Green Lantern" ?

La première fois que je suis allé à Los Angeles, j'ai contacté toutes les sociétés de production de musiques de trailers, étant fan moi-même de ce type de musique. L'une d'entre elles s'est montrée intéressée par mon travail, et j'ai commencé à travailler pour eux. J'ai depuis été contacté par plusieurs autres sociétés de musiques de trailers, mais pour le cas spécifique des trailers, je reste exclusif avec la même société.


Y a-t-il des compositeurs qui t’ont particulièrement influencés ?

Oui, bien sûr ! En termes de musiques de films, ma principale influence est très probablement Hans Zimmer. Je pense avoir mon style personnel, mais son influence est je pense indéniable. A côté de ça, d'autres compositeurs m'ont également inspiré. En musiques de films, John Barry, ou Craig Armstrong, par exemple. Dans le domaine de la chanson, je suis marqué aussi bien par des groupes alternatifs comme Dead Can Dance que par la New Wave, en passant par des groupes d'electro pop rock comme Muse ! Et si l'on en revient aux classiques, j'adore Mozart, Beethoven, Handel et Tchaïkovski, même si Bach reste probablement mon influence première.


Quel matériel utilises-tu pour composer ?

Techniquement, parfois mon piano, mais c'est rare. Sinon, mon ordinateur, mon clavier, et un nombre gigantesque d'instruments virtuels. Soit je pars d'une idée précise que j'ai en tête, soit je me ballade parmi les sons tout en pianotant, et les idées arrivent. Dans ces cas, je découvre la musique au fur et à mesure que je la compose. Ce qui est assez curieux, quand on y pense.

Composes-tu également pour des projets personnels ? Peux-tu nous parler des différents albums que tu as sorti ?

Lorsque j'ai le temps, oui. Je bosse pour moi. J'ai sorti plusieurs albums, qui sont tous autant de projets personnels. Un de musiques de films de type pirates (avec certaines pistes très inspirées de "Pirates des Caraïbes", et les autres prenant plus d'indépendance sur cette première influence), un de musiques de films de type fantasy. Je m'éloigne même parfois de la musique de films. J'ai ainsi sorti une compilation de musiques zen, et un album de chansons electro pop rock, avec la chanteuse Constance Amelane.

J'ai aussi sorti une compilation de musiques de trailers, "Ultima Necat", que j'ai composées durant mes trois premières années à travailler sur cette niche, et dont je suis très fier. Certaines des musiques présentes sur cet album ont été utilisées pour des trailers comme "Transformers 3", "Sarah's Key", "Prometheus"... Mon prochain album a de fortes chances d’être axé science-fiction. On verra. En fonction du temps que j'aurai pour le faire.


Merci Guy-Roger!

Si vous souhaitez suivre le travail de Guy-Roger Duvert ou écouter ses compositions, je vous invite à vous rendre sur son site...

Autrement voici quelques DVD et Blu-ray sortis en France sur lesquels il a travaillé:

Survivant(s)

Survivant(s)
Fnac à 11€
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Eyeborgs (Blu-ray)

Eyeborgs (Blu-ray)
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L'affaire Finaly

L'affaire Finaly
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18.02.14

06:51:40, Catégories: Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Lydia, une vieille dame qui a consacré sa vie à aider les jeunes orphelins aveugles sans jamais se marier, est invitée par le docteur Michael Fitzpatrick, à partager une soirée avec quelques gentlemen qui ont comptés dans sa vie. Les souvenirs remontent alors à la surface : quarante ans plus tôt, à Boston, Lydia était une belle et effrontée jeune fille, prête à croquer la vie à pleine dents. Les hommes se battaient pour conquérir son coeur, dont Michael et les deux autres prétendants présents à la soirée. Le moment est alors venu pour Lydia de leur raconter ce qu’ils ignorent : son amour tragique et impossible pour l’intrépide Richard Mason.

Mon avis :

Durant la seconde guerre mondiale, Julien Duvivier ("Pépé le Moko", "Panique", "Le Petit Monde de don Camillo", "Voici le temps des assassins") partit continuer sa carrière aux États-Unis où il réalisa 5 films avant de revenir en France après la fin de la guerre. Parmi ceux-ci, il réalisa "Lydia", sorte de remake de son film "Un carnet de bal" de 1937 ; sorte de remake, car les deux films sont tout de même assez différents...

"Lydia" nous narre le destin à la fois cruel et ironique de Lydia MacMillan, jouée par Merle Oberon ("L'Ange des ténèbres", "Le Divorce de Lady X", "Les Hauts de Hurlevent", "La Chanson du souvenir"), une jeune femme fortunée qui va sacrifier sa vie sentimentale à attendre un homme, le seul qu'elle ait jamais aimée, alors que trois autres l'avaient aussi courtisée et sacrifieront de leur côté également leur vie amoureuse pour elle...

Duvivier est connu pour sa noirceur et son pessimisme et malgré une certaine légèreté dans ce film, il ne déroge pas à la règle, Lydia finissant ici vieille fille. Le film débute par une scène où l'un des anciens prétendants de Lydia, Michael Fitzpatrick, interprété par Joseph Cotten ("Citizen Kane", "Le Troisième Homme", "Baron vampire", "Soleil vert"), va la retrouver et lui donner rendez-vous dans un luxueux appartement en haut d'un gratte-ciel où la vieille femme va se remémorer en compagnie de ses anciens prétendants ses souvenirs de jeune femme avec eux, mais aussi ceux passés en compagnie de celui qu'elle aimera passionnément et attendra ensuite toute sa vie.

Le film fonctionne donc en flashbacks, les acteurs étant maquillés pour les rendre beaucoup plus âgés dans les scènes se passant dans le présent. Un maquillage faisant quelque peu dépassé par rapport aux méthodes de vieillissement actuelles, mais ma foi, cela fonctionne pas si mal que ça, même si on n'est pas dupe.

En revanche, malgré quelques décors peints, on est assez rapidement frappé par les très beaux décors, notamment lors de la première scène de bal. Étonnamment, là où Duvivier va exceller, c'est dans les scènes d'action, notamment dans une très belle scène de match de rugby sous la pluie et lors d'une course de calèches.

"Lydia" s'apprécie notamment grâce à ses acteurs et tout particulièrement la belle Merle Oberon, mais celle qui sortira vraiment son épingle du jeu, sera Edna May Oliver ("Les Quatre Filles du Docteur March", "Alice au pays des merveilles", "Sur la piste des Mohawks"), une actrice malheureusement décédée peu de temps après la fin du tournage et véritablement surprenante dans le rôle de la grand-mère de Lydia.

Si la vie de la jolie Lydia sera un échec sentimentalement parlant, en revanche la jeune femme fera de belles choses et consacrera sa vie à aider les enfants orphelins aveugles. Le film se termine de façon assez surprenante et ironique, bien dans le ton à la fois léger, mais toujours pessimiste du long-métrage.

Sans le chef d’œuvre annoncé par un Jean-Pierre Dionnet amoureux du cinéma de Duvivier, "Lydia" demeure tout de même une œuvre assez rafraîchissante et agréable à regarder.

"Lydia" est sorti en DVD le 3 décembre 2013 chez Elephant Films dans sa collection Cinéma Master Class. Le film est présenté au format respecté 1.33 4/3 avec piste anglaise Dolby Digital 2.0 Dual Mono et sous-titres français. Côté bonus, on a le droit à une intéressante présentation exclusive du film par Jean-Pierre Dionnet et à des bandes annonces de la collection.

Lydia

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17.02.14

06:45:21, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Le professeur Wayne Gretzky est un vampire... impuissant. Il n’a pas été capable de montrer les crocs depuis qu’il a tué l’amour de sa vie trois cent ans plus tôt. Avec l’aide de son collègue, le docteur Levine, et une jeune étudiante de première année, Chris qui est le sosie de son amour perdu, sa vraie nature de vampire ressurgit. Malheureusement, cette ressemblance n’est pas une coïncidence et les choses vont sérieusement se compliquer quand Chris se transforme en vampire assoiffé de sang...

Mon avis :

Avec les succès ces dernières années de la saga "Twilight" et de la série "Vampire diaries", touchant la génération d'adolescentes actuelle, des producteurs ont dû se dire que cela pourrait être une bonne idée, bien rentable, de mixer cela à la sauce "American Pie", la série de films à l'humour bien gras et salace ayant touché la génération d'ados précédente. Curieuse idée toute de même puisque les "Twilight" & co touchent essentiellement les demoiselles alors qu'en ce qui concerne les "American Pie" et consorts, c'était plutôt les jeunes hommes boutonneux... Mais bon, pourquoi pas?

"Vamp U" est une comédie sortie en 2013 signée Matt Jespersen et Maclain Nelson, tous deux co-réalisateurs et co-scénaristes du film. Le scénario est plutôt amusant, puisqu'il est question ici d'un vampire devenu impuissant (non pas sexuellement... mais en fait le pauvre vampire n'arrive plus à sortir ses canines!) après avoir tué accidentellement celle qu'il aimait il y a de ça des siècles.

Devenu professeur d'histoire dans une université où il passionne ses élèves avec ses anecdotes toutes droit sorties de son vécu personnel, il fait la rencontre d'une élève ressemblant étrangement à sa bien-aimée...

Après avoir culbuté à maintes reprises son élève, Wayne Gretzky va enfin retrouver sa puissance et transformer celle-ci en vampire, avant de s'apercevoir que celle-ci est en fait la fille de celle qu'il a toujours aimé et qui n'était en fait pas décédée...

Contrairement à beaucoup de comédies de ce type, l'humour n'est pas trop gras et du coup ça passe plutôt bien. Adam Johnson ("Frozen", "Orcs!") qui joue le rôle de Wayne Gretzky est vraiment excellent et Julie Gonzalo ("Freaky friday", "Veronica Mars", "Dallas"), qui joue le double rôle de Chris Keller et Mary Lipinsky, apporte le quota de charme nécessaire à ce type de comédie sexy. Là aussi, le film ne tombera jamais dans le vulgaire en étant très légèrement sexy, sans jamais dévoiler le moindre quart de sein (Oui, cela peut être un peu frustrant!!!).

Le film est dans l'ensemble assez amusant avec quelques gags assez bien vus, comme lorsque le gang de vampirettes distribuent des tracts pour une collecte de sang devant l'université, toutes équipées de parapluies noirs pour les protéger du soleil ou encore quand le professeur casse sa guitare à chaque fois que quelqu'un rentre sans frapper dans son bureau.

Au niveau du casting, on notera autrement essentiellement la présence du sympathique Gary Cole ("Un plan simple", "Intuitions", "Wanted", "The Good Wife") tenant le rôle du psychanalyste du professeur Wayne Gretzky et pour sa plastique avantageuse la très jolie Alexis Knapp ("Percy Jackson: Le voleur de foudre", "Projet X", "The Hit Girls").

On remarquera aussi la première apparition à l'écran de la joueuse de tennis russe Maria Kirilenko, qui n'est pas désagréable à regarder également. Quant aux deux acteurs jouant les deux héros du film, dont l'un n'est autre que Maclain Nelson, l'un des deux auteurs du film, ils remplissent très convenablement leur rôle de loosers comme il y en a toujours dans ce type de comédie...

Dans l'ensemble, ce "Vampire University" constitue plutôt une agréable surprise. Le genre de petit divertissement attachant et sans prétention qui nous font juste passer un bon moment, sans qu'on lui en demande plus...

"Vampire University" est sorti le 4 février 2014 en DVD et Blu-ray chez Factoris Films. Le DVD contient le film au format 1.78 16/9ème compatible 4/3 avec pistes française et anglaise 5.1 Dolby Digital et anglaise 5.1 DTS Digital Surround, alors que le Blu-ray est au format vidéo AVC 1080P/24 [1.78] avec pistes française et anglaise 7.1 DTS-HD High Resolution Audio. Les deux formats contiennent autrement la copie digitale illimitée du film au format 1.78, 16/9ème avec piste française 2.0 AAC.

Vampire University (DVD + Copie digitale)

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14.02.14

05:30:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Un restaurant ouvert 24h/24. Un flic débarque en plein braquage sans le savoir. Très vite, la situation dérape et tourne en prise d’otages. Au mauvais endroit au mauvais moment, un ancien taulard est pris pour bouc émissaire et s’engage dans un jeu du chat et de la souris avec les fédéraux, la police locale et la mafia.

Mon avis :

Avec son casting plutôt alléchant, "Pawn" ne pouvait qu'aiguiser notre curiosité... Pourtant, comme pour la plus part des pays où il est sorti, il nous arrive directement en vidéo, ce qui n'est pas forcément bon signe!

Première réalisation de David A. Armstrong (le directeur de la photographie de la série "Saw"), "Pawn" est un thriller sur un braquage qui tourne mal et où le but va être de comprendre les tenants et les aboutissants d'une intrigue beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît au premier abord.

Le scénario va dévoiler ses cartes petit à petit, jusqu'à une révélation finale, laissant durer le suspens jusqu'au bout grâce à une mise en scène usant constamment de flashbacks. Malgré sa complexité, l'histoire va s'avérer relativement classique et déjà-vu et surtout parfois un peu confuse et pas toujours très crédible.

Alors heureusement le film bénéficie d'un excellent casting, avec des acteurs qui portent le film sur leurs épaules... Forest Whitaker ("Platoon", "Good Morning, Vietnam", "Panic Room", "Le dernier roi d'Écosse", "Le majordome") et Ray Liotta ("Dangereuse sous tous rapports", "Les affranchis", "Obsession fatale", "Absolom 2022", "Identity") apportent un certain cachet au film et leur talent, mais finalement leur rôle sera plutôt secondaire.

En fait, c'est surtout Michael Chiklis ("The Shield", "Les 4 fantastiques", "Parker"), Sean Faris ("Never Back Down", "Vampire Diaries", "Pretty Little Liars") et Common ("American Gangster", "Au bout de la nuit", "Wanted", "Insaisissables") qui vont être les vraies têtes d'affiche du film.

Heureusement, l’affrontement entre ces différents protagonistes va réussir à nous maintenir relativement en haleine jusqu’au dénouement tant attendu... Seulement voilà, à la fin, on reste tout de même pas mal sur notre faim !

Le réalisateur étant également directeur de la photographie le reste du temps, évidemment de ce côté là, le film sera soigné et aura donc plutôt de la gueule, mais une jolie photographie et un beau casting ne suffisent pas à faire un bon film!

Au lieu de claquer leur budget dans ce casting de luxe, les producteurs auraient mieux fait d’investir un peu plus de sous dans un scénario qui soit mieux écrit, car les ficelles sont quand même un peu grosses...

Le film se laisse certes voir, mais franchement, ça ne casse pas des briques! Mais bon, cela sera toujours mieux que de regarder un vulgaire téléfilm de l'après-midi si vous n'avez rien à faire d'autre...

"Pawn" sort le 12 mars 2014 en DVD et Blu-ray chez Warner. Le DVD contiendra le film au format 2.35 16/9ème compatible 4/3 avec pistes française et anglaise 5.1 Dolby Digital et anglaise 5.1 DTS Digital Surround, alors que le Blu-ray sera au format vidéo AVC 1080P/24 [2.35] avec pistes française et anglaise 7.1 DTS-HD High Resolution Audio. Les deux éditions proposeront un making of en version originale avec sous-titres français et la bande annonce en guise de bonus.

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Pawn (Blu-ray)

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12.02.14

07:22:01, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Dans un village, l'inquisition fait des ravages. Albino, chasseur de sorcières, emprisonne et torture de pauvres femmes innocentes. Christian et son terrible bourreau Jeff Wilkens arrivent dans ce village avec pour mission de faire respecter la loi et la notification des actes de tortures. Alors qu’il attend dans un bar la venue de Lord Cumberland, Christian s'amourache de Vanessa, une servante accusée de sorcellerie par Albino...

Mon avis :

Le jeune éditeur The Ecstasy of Films nous gâte une nouvelle fois avec la sortie d’une très belle édition de "La marque du diable" dans un tirage limité à 666 exemplaires numéroté, accompagné de son sac à vomi, un amusant objet de promotion imaginé par des producteurs français qui sortirent le film aux États-Unis en 1970. Une édition qui est partie comme des petits pains...

Suite au succès du film de Michael Reeves, "Le Grand inquisiteur", l'acteur et producteur autrichien Adrian Hoven ("Le château des passions sanglantes", "Voluptés nordiques", "La Torture", "Pusteblume") proposa à ce dernier de réaliser "La marque du Diable", malheureusement le talentueux jeune cinéaste anglais décéda prématurément et Hoven se rabattit alors pour la mise en scène de son film sur l’assistant de Reeves, Michael Armstrong ("The Haunted House of Horror", "Screamtime").

Malheureusement, les relations entre les deux hommes vont s'avérer plutôt houleuses, Armstrong s’éloignant un tantinet de la vision réaliste voulue par Hoven, en apportant notamment une fin fantastique avec l’apparition de morts-vivants. Hoven terminera alors le film lui-même, même s'il ne se créditera pas au générique en tant que réalisateur...

Malgré ces discordes, "La marque du diable" est une œuvre cohérente et aboutie et on peut d’ailleurs se demander franchement pourquoi Hoven n’a pas eu le désir de réaliser le film lui-même dès le départ...

Dans le film, Adrian Hoven tient le rôle du marionnettiste qui subira la torture de la goutte d’eau, une des tortures les plus marquantes du film, même si ce n’est pas forcément la plus graphique. Évidemment, la scène la plus marquante sera celle de l’arrachage de langue que va subir le personnage interprété par Gaby Fuchs ("Les contes de Grimm pour grandes personnes", "La furie des vampires", "La cavaleuse au corps chaud"), injustement accusée de sorcellerie comme la plus part des victimes du film ; une scène qui sera reprise d’ailleurs pour les affiches du film.

Il est clair que cette scène a dû faire son petit effet à l’époque de la sortie du film, elle reste d’ailleurs toujours assez éprouvante même si on a vu bien pire depuis.

Qu’est-ce qu’elle va prendre d’ailleurs la pauvre dans le film !!! Le but était bien entendu avant tout de réaliser un vrai film d’horreur et donc de montrer un maximum d’atrocités, mais pour autant celui-ci aura également l’intérêt de montrer les horreurs perpétrées par l’Église durant l’inquisition.

Cette chasse aux sorcières va, comme on peut le voir dans le film, servir à celle-ci à acquérir des richesses et à ses exécutants de pouvoir commettre viols et assassinats en toute impunité.

"La marque du diable" est l'occasion de découvrir le prolifique Udo Kier ("De la chair pour Frankenstein", "Du sang pour Dracula", "Suspiria", "Lulu", "The Theatre Bizarre") dans le rôle de Christian, l'un de ses tous premiers rôles. Malgré un côté assez lisse, l'acteur y est déjà fascinant grâce notamment à son regard et à ses yeux assez incroyables.

Mais les acteurs les plus marquants du film seront surtout Herbert Lom ("Guerre et paix", "Spartacus", "Le fantôme de l'opéra", "Quand l'inspecteur s'emmêle", "Dead Zone"), excellent dans le rôle du juge Lord Cumberland et surtout Reggie Nalder ("La Torture", "Zoltan, le chien sanglant de Dracula") dans le rôle d’ Albino, l'inquisiteur de province et Herbert Fux ("Pas de pitié pour les salopards", "Les inassouvies", "L'honneur perdu de Katharina Blum") dans celui du bourreau, deux vraies « gueules » du cinéma autrichien.

Quant à l'actrice et chanteuse yougoslave Olivera Katarina ("J'ai même rencontré des tziganes heureux", "Goya"), elle a une présence presque animal, qui ne peut laisser indifférent, même si elle n’est pas extrêmement belle. On comprend aisément que le beau Christian cède à la tentation et qu’elle est fait tourner la tête de ce « pauvre » Albino...

Grâce à ses costumes, ses très beaux décors et paysages, "La marque du diable" constitue également une très belle reconstitution historique mise en valeur par une photographie et une mise en scène soignées lui donnant un certain cachet, mais avant tout, cela reste un film culte pour les amateurs de films de genre, avec son lot d’horreurs et son soupçon d'érotisme...

"La marque du diable" est un film à posséder pour tout amateur qui se respecte, alors si vous n’arrivez pas à vous procurer la très belle édition collector, il ne vous reste plus qu’à vous rabattre sur la nouvelle édition simple...

"La marque du diable" est sorti chez The Ecstasy of Films le 19 décembre 2013 en DVD collector limité à 666 exemplaires numérotés accompagné de son sac à vomi et un fac-similé de 28 pages reprenant une partie du fanzine "Monster Bis" n°24 consacré à l'inquisition, avec jaquette réversible et sous fourreau cartonné, une édition quasiment épuisée et bientôt probablement introuvable et a été réédité en édition simple le 11 février 2014.

Les deux éditions présentent le film dans sa version intégrale au format 1.66, 16/9ème compatible 4/3 et pistes anglaises Dolby Digital 2.0 mono & Dolby Digital 5.1 accompagnées évidemment de sous-titres français.

L'édition collector contient en outre un second DVD consacré aux bonus, proposant la bande annonce, une galerie photos, un entretien de Udo Kier (11 min), un de Herbert Fux (23 min), un de Gaby Fuchs (11 min), un de Ingeborg Schöner (9 min), un entretien audio Herbert Lom (5 min), un entretien Norbert Moutier (7 min), un de Jacques Sirgent, directeur du "Musée des vampires" (Inquisition et Sorcellerie), une critique d'époque de Joe Dante, traduction et introduction du texte par Frank Lafond, auteur du livre "Joe Dante, l'art du je(u)" et enfin des scènes coupées (7 min) et des spots radio d'époque. Rien que ça!!!

Il est à noter enfin que l'éditeur propose depuis le 6 février 2014 un tee-shirt collector du film.

La marque du diable - Edition simple

La marque du diable - Edition simple
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10.02.14

05:30:00, Catégories: Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Trois jeunes mannequins des pays de l'Est débarquent à Paris dans l'espoir de faire carrière dans la ville-lumière. Hélas, le rêve deviendra cauchemar lorsqu'elles tomberont aux mains de producteurs de films d'horreur un peu particulier...

Mon avis :

Initialement une sortie DVD était prévue chez Emylia pour le 6 mars 2012, repoussée ensuite au 2 mai, mais une plainte injustifiée de la part de son actrice principale Jennifer Krueger (alias la très jolie modèle Dovilė Česnavičiūtė), qui reprochait que le film avait été filmé à son insu (N'importe quoi!!!) empêcha le film "Bloody Flowers" de sortir à la date finalement fixée. Au final celle-ci fût tout simplement annulée, mais il faut dire que le procès pris fin le 12 juillet 2013 et qu'entre temps Emylia ferma ses portes. Toujours est-il que le film sortit discrètement tout de même en DVD chez la branche américaine de Bach films dans une édition malheureusement réservée aux anglophones...

Avec ces déboires et le fait que le film soit difficilement visible, "Bloody Flowers" est en train de devenir un film presque culte, aiguisant la curiosité des amateurs de cinéma Bis et bien évidemment celles des fans de son metteur en scène, Richard J.Thomson ("Time Demon", "Jurassic Trash", "Votez Cindy!", "A Very Very Sexy Snuff Movie"). Il est vrai aussi que les photos que l'on a pu voir des trois splendides héroïnes du film en tenue légère ne peuvent pas laisser indifférent...

Le film débute par une scène faisant très thriller eighties à la De Palma, où la strip-teaseuse Cindy Lee ("Time demon 2", Votez Cindy!") se fait agresser dans les couloirs d'un parking par un maniaque répondant au surnom « tueur à l’ours en peluche ».

Le film est traité ici de façon beaucoup plus sérieuse que ce que le réalisateur a l'habitude de nous proposer, versant moins qu'à l'accoutumée dans la comédie ou la parodie, mais cela n'empêche pas celui-ci d'apporter à son film des touches d'humour particulièrement rigolotes et bien à lui.

Eh oui, comment prendre au sérieux un film avec un tueur qui se balade avec un ours en peluche ou encore des inspecteurs constamment en train de manger ou boire? D'ailleurs dans la scène suivante, l'un des deux policiers fera tomber son hamburger sur le corps dénudé de la strip-teaseuse retrouvée morte... Du grand n'importe quoi! Mais quelle rigolade! Les deux comparses seront d'ailleurs toujours en train de manger lors de l'autopsie, une scène où l'on aura la surprise de découvrir la miss météo de Canal Plus, Doria Tillier dans le rôle du médecin légiste.

Après cette première partie du métrage consacré au « tueur à l’ours en peluche », le film va se concentrer sur les trois héroïnes, trois filles de l’Est venues faire carrière dans le mannequinat. Fraîchement débarquées de l’aéroport, elles sont prises en main par un agent douteux qui va leur faire faire leur premier shooting et les présenter à la célèbre créatrice de mode Charlotte de St Martin, jouée par Amanda Lear ("Bimboland", "Le défi", "Oliviero Rising").

Malheureusement pour Dovilė, Petra et Zafira, leur rendez-vous va tourner au cauchemar puisque la créatrice et l'agent seront décapités par deux tueurs cagoulés (Ce qui donnera lieu à une scène assez bidonnante où l'un des deux tueurs, joué par Fabrice Colson, se baladera avec une fourchette plantée dans le crâne!). Elles vont alors s'enfuir avec un cuisinier du restaurant, qui va par la suite les présenter à un producteur de films d’horreur, un producteur qui va s’avérer être un producteur de snuffs...

Cette partie du film, qui se déroule au Moon City (Un club érotique de Paris) est la plus réussie, d’ailleurs c’est la partie qui sera remontée afin de constituer le deuxième segment de "A Very Very Sexy Snuff Movie").

Ce sera notamment là où se trouveront les scènes les plus gores, où l’on pourra profiter du travail toujours très convaincant de David Scherer ("Ouvert 24/7", "The Theatre Bizarre", "Thanatomorphose", "Chimères") en matière d’effets de maquillages.

Cette partie sera également marquée par une photographie aux couleurs très vives, proches de celles utilisées par Dario Argento dans "Suspiria" ou "Inferno" et mettant parfaitement en valeur les jolis décors du club, par quelques personnages haut en couleurs et par quelques passages très oniriques assez bien fichus.

Malgré quelques raccourcis, l’histoire se tient plutôt correctement, on attend juste que les deux histoires se rejoignent, jusqu’à ce final où arrive la révélation finale, assez inattendue, mais arrivant un peu comme un cheveu sur la soupe et nous laissant surtout assez dubitatif. Là, on se dit qu’on a dû louper quelque chose !

Et malheureusement, c’est là que le film laisse franchement à désirer, le scénario est franchement bancal ! La raison : en fait, le tournage fût franchement chaotique et le scénario dû être réécrit à l’arrache durant celui-ci, car l’acteur qui devait joué le grand méchant s’était malheureusement blessé et n’a pas pu venir tourner.

Autre point faible du film, certains acteurs ne jouent pas forcément très bien, notamment les trois charmantes demoiselles, mais ce n’est pas forcément trop gênant, car cela colle assez bien à leurs rôles...

Au final, on a affaire à un film, certes, raté, mais plein de bonnes intentions et comportant tout de même de très bonnes choses... Des jolies filles et du gore !!!!

Aucune sortie en DVD n’est à ce jour prévue et selon mes informations, une sortie n’est pas envisagée, alors si vous êtes fan de Richard J.Thomson ou si vous êtes curieux de découvrir ce film rare, vous pouvez vous procurer le DVD édité par Bach Films aux États-Unis via Amazon.com tout comme celui de "A Very Very Sexy Snuff Movie" (Suivez le lien!). Par contre attention, suite à une erreur de classement celui-ci a été mis dans la section pour adultes et n’est donc pas trouvable si vous faites la recherche sur le site tout public. Cette édition DVD propose le film au format respecté et en 16/9ème avec une unique piste anglaise (Le film fût tourné en anglais !) stéréo et contient en guise de bonus un making of. Enfin, il est à noter que ce DVD est zone all !

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07.02.14

06:58:45, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Annette (Emma Cohen) et Marie (Lina Romay), deux sœurs, vivent avec leur père sur une île, à Madère. Depuis leur plus jeune âge, elles entretiennent une relation ambiguë, mêlant jalousie et obsession fusionnelle. Lorsque Annette décide de se marier, Marie, ne le supportant pas, se suicide. Annette se renferme davantage sur elle-même, et quitte l’île pour habiter en ville. Désormais, sa sœur va la hanter à travers un miroir, jadis témoin de leurs rapports incestueux...

Mon avis :

Alors là, Artus Films nous gâte franchement avec cette superbe édition collector du film "Le miroir obscène"!!! L'éditeur aurait pu se contenter de nous offrir le très moyen montage français de ce film très rare, mais non, en guise de bonus, il nous offre en plus le très beau montage initial espagnol, qui lui, vaut vraiment le détour...

Ces deux montages sont très différents, mais surtout nous proposent deux films aux scénarios qui, même s’ils ont pas mal de points communs, sont vraiment différents. Dans "Le miroir obscène", Annette, le personnage incarné par Emma Cohen ("Deux mâles pour Alexa", "Les pétroleuses", "Cannibal man") est victime de la possessivité de sa sœur, jouée par celle qui deviendra la muse et la compagne de Jess Franco ("Les inassouvies", "Vampire lesbos", "Plaisir à trois", "La comtesse perverse", "Les prédateurs de la nuit"), Lina Romay ("La comtesse noire", "Célestine... bonne à tout faire", "Les nuits brûlantes de Linda", "Rolls-Royce Baby"), qui se suicidera à l'annonce de son mariage et dont l'esprit poussera ensuite le double de la jolie Annette à tuer ses amants par l’intermédiaire d’un miroir hanté...

Cette version française est malheureusement très moyenne, car les inserts érotiques, voir par moments limite pornographiques, filmés par le réalisateur et mettant en scène notamment Lina Romay et Alice Arno ("Justine de Sade", "Règlements de femmes à O.Q. Corral", "Kiss Me Killer"), s’intègrent assez mal dans l'histoire et gâchent franchement le film. En plus d'être inutiles, ces inserts sont assez courts et particulièrement peu attrayants.

Le nouveau scénario en devient de plus beaucoup moins intéressant et on a même par moments l'impression que cela part un peu dans tous les sens... Pourtant, on sent déjà que Jess Franco a voulu faire un film assez personnel, marqué notamment par ses passions pour le jazz et pour l'île de Madère. Le film est dans cette version peu passionnant et certaines scènes musicales semblent même durer une éternité !

A contrario, le rythme assez lent et les longs passages musicaux passent nettement mieux dans la version espagnole qui bénéficie d’une atmosphère assez troublante. Dans "Al otro lado del espejo", le personnage d'Ana est cette fois victime, non pas d'une sœur qui ici n’existe pas, mais de la possessivité de son père, joué par Howard Vernon ("Le Diabolique docteur Mabuse", "L'Horrible Docteur Orloff", "La Rose écorchée"), qui se suicide le jour de son mariage et qui à travers le même miroir que dans l'autre version, poussera celle-ci, du moins son double, à tuer ses amants successifs...

De ce fait, les deux films versent évidemment de façon discrète dans le fantastique. La version initiale est en tous cas vraiment différente et beaucoup plus intéressante et curieusement, est d’ailleurs quasiment dépourvue d’érotisme. Tout juste y verra-t-on la très jolie Emma Cohen nue dans deux scènes du film !

Et en plus, deux scènes vraiment soft ! C’est assez étonnant d’ailleurs, car dans la version française, on y voit l’actrice également complètement nue dans la scène de la tentative de suicide dans la salle de bain, scène qui fût donc raccourcie dans la version initiale, mais qui avait pourtant bel et bien était filmée dès le départ...

Pourtant malgré cette coupe et l’ajout de nouvelles scènes érotiques, cette version demeure légèrement plus longue et contient d’ailleurs quelques scènes qui ne seront pas repris dans la version française, notamment une sympathique scène où l’héroïne danse dans un club.

Dans les deux versions, il est question de relations incestueuses (même si c’est plus ou moins suggéré selon la version !), un sujet toujours tabou de nos jours, montrant bien le côté assez audacieux et ambitieux de Jess Franco dans ce projet.

On notera enfin que les deux versions contiennent une bande originale différente, celle de la version espagnole étant signée Adolfo Waitzman ("La cloche de l'enfer", "Le Pervers"), alors que celle de la version française est de André Bénichou ("Les possédées du diable", "Exorcisme", "Les emmerdeuses").

Si "Le miroir obscène" s’avère être un film mineur dans la filmographie impressionnante de Jess Franco, en revanche "Al otro lado del espejo" fait véritablement parti du haut du panier. Rien que pour cette version, cette édition est un indispensable pour tous les amateurs du réalisateur !

"Le miroir obscène" est sorti en édition collector 2 DVD chez Artus films le 4 janvier 2014. Le montage français est au format respecté 1.85 16/9 compatible 4/3, avec donc une piste mono française, alors que le montage espagnol est au format respecté 1.77 16/9 compatible 4/3 avec piste mono espagnole et sous-titres français. Les suppléments se composent d'un documentaire intitulé "De l’autre coté de Jess" par Alain Petit, d'un diaporama d'affiches et photos et de bandes-annonces de la collection Jess Franco.


Comparatif image des deux versions :

Montage espagnol
Montage français
Montage espagnol
Montage français
Montage espagnol
Montage français



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05.02.14

20:00:01, Catégories: Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

En 1860, alors qu’elle est sur le point d’accoucher, Blanche Fury se souvient de son arrivée au domaine ancestral des Fury. Son riche cousin lui offre une place de gouvernante et elle épouse bientôt son noble fils. Mais la jeune femme se sent irrésistiblement attirée par le ténébreux Philip Thorn, qui se revendique l’héritier légitime du manoir. L’obsession de Thorn et la passion de Blanche va alors entrainer le couple dans une spirale destructrice, vengeresse et tragique.

Mon avis :

Quelle surprise de retrouver le cinéaste Marc Allégret ("Fanny", "Entrée des artistes", "Pétrus", "L'Amant de lady Chatterley", "Sois belle et tais-toi") à la tête d'un film anglais! Un film radicalement différent d’ailleurs de ce qu'il a pu faire en France, un superbe film en costumes à la "Autant en emporte le vent"...

"Blanche Fury" rebaptisé chez nous "Jusqu'à ce que mort s'ensuive" débute par une superbe scène particulièrement gothique où l'on se croirait presque dans un film de la Hammer. Cette scène donne immédiatement le ton du film qui ne sera jamais vraiment rassurant. Et pourtant on est bien à la base dans un film mélodramatique...

Blanche Fury, superbement interprétée par Valerie Hobson ("La fiancée de Frankenstein", "Le monstre de Londres", "Alerte aux Indes", "Les Grandes espérances") est une gouvernante qui quitte son ancien travail auprès d'une vieille femme exigeante lorsqu'elle reçoit l'offre de travailler dans un château (le Domaine de Clare) appartenant à sa famille, une famille qu'elle ne connaît pas suite à une brouille familiale...

La jeune femme, qui compte bien avoir une vie plus confortable, va alors se marier avec son cousin qu'elle n'aime pas, tout en succombant au charme de Philip Thorne, incarné par Stewart Granger ("Les mines du roi Salomon", "Scaramouche", "Le prisonnier de Zenda", "Les contrebandiers de Moonfleet"), l'intendant du domaine et fils illégitime de l'ancien propriétaire des lieux...

Immédiatement, on perçoit que Philip Thorne est un personnage amer, qui n'a qu'un but, récupérer la propriété qu'il considère comme lui revenant de droit. Si Blanche va au départ aller dans le sens de son amant, allant même, par cupidité notamment, jusqu'à être complice des meurtres de son mari et de son oncle, celle-ci va ensuite s'apercevoir que Thorne fera toujours passer le domaine avant elle et qu'il est près à tout pour l’acquérir.

Une obsession qui le poussera aux limites de la folie! Blanche fera alors marche arrière et se retournera contre son amant (...même si jusqu'au bout on sentira que leurs sentiments sont toujours là), lorsque celui-ci sera près à s'en prendre à la jeune Lavinia, dont Blanche s'est prise d'affection et devenue la nouvelle héritière...

Malgré cette fin tragique du couple, leur passion sera auparavant superbement retranscrite à l’écran avec une réelle tension érotique parfaitement palpable, même si cela restera très chaste évidemment, car on est tout de même dans un film de 1948.

Il y aura également dans cette histoire une dimension quasiment fantastique avec cette malédiction qui semble planer sur la famille Fury, renforçant encore plus le côté gothique du film...

Le Château joue aussi un rôle très important dans le film et est un personnage à part entière, tant le Domaine de Clare donne l’impression d’emprisonner les personnes qui le possèdent et se refermer sur eux comme un piège.

Stewart Granger, considéré comme un acteur un peu trop lisse au début de sa carrière, est vraiment fabuleux et a un charisme fou et malgré son côté antipathique du début, on s’attachera assez rapidement à son personnage, notamment pour son côté finalement très humain qu’il montrera à travers son amour pour les chevaux.

Quant à Valerie Hobson, elle est ici vraiment remarquable, très classe, très belle, hyper élégante et en même temps, elle s’impose avec une autorité qui en fait une femme forte et assez moderne pour l'époque, à la personnalité plus complexe qu’il n’y paraît. D’ailleurs dans la scène où elle donne sa démission à son ancienne patronne, elle montre une facette de sa personnalité qui planera ensuite sur le reste du film.

Parmi les autres acteurs, on notera surtout la présence de Michael Gough ("L'emprise des ténèbres", "Batman", "Sleepy Hollow") dans le rôle de Laurence Fury, un acteur au faciès que l'on ne peut oublier.

Allégret signe un film de toute beauté, vraiment palpitant, mis en valeur par la très belle photographie de Guy Green ("Les grandes espérances", "Oliver Twist") pour les scènes d'intérieur et Geoffrey Unsworth ("Atlantique, latitude 41°", "2001, l'odyssée de l'espace", "Cromwell") pour les extérieurs. On peut d'ailleurs se poser la question si Green n'a pas eu une réelle influence sur la mise en scène très gothique qu’Allégret nous offre là...

Les décors, les costumes, tout est splendide dans ce film! Le tout servi par un splendide Technicolor. Il est à noter d'ailleurs qu'il s'agissait pour Allégret de son tout premier film en couleur...

"Jusqu'à ce que mort s'ensuive" est vraiment un très beau film à la fois baroque et gothique, qui mérite amplement d’être redécouvert !

"Jusqu'à ce que mort s'ensuive" est sorti en DVD dans le commerce le 3 décembre 2013 chez Elephant Films dans sa collection Cinéma Master Class. Le film est présenté au format respecté 1.33 4/3 avec piste anglaise Dolby Digital 2.0 Dual Mono et sous-titres français. Côté bonus, on a le droit à une intéressante présentation exclusive du film par Jean-Pierre Dionnet et à des bandes annonces de la collection.

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04.02.14

06:36:01, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Mr Mistival (Paul Muller) confie sa fille Eugénie à sa maîtresse, Mme de Saint-Ange (Maria Rohm) afin de l’initier aux jeux de l’amour. Arrivée sur une île, la jeune fille va découvrir les joies de l’érotisme, du saphisme et d’autres perversions raffinées. Sa naïveté et son innocence décuplent le plaisir de ses initiateurs qui l’emmènent de plus en plus loin dans la débauche...

Mon avis :

Après une première série de 4 films de Jess Franco ("L'horrible Docteur Orlof", "Plaisir à trois", "Célestine... bonne à tout faire", "La comtesse perverse", "Les prédateurs de la nuit") sortis en décembre 2012, Artus films nous propose 3 nouveaux titres du réalisateur dont "Les inassouvies". Ce titre ne sera probablement pas le plus intéressant pour les amateurs de films de Franco, car la plupart le possède déjà très certainement dans l'édition Blue Underground sortie il y a des lustres sous le titre "Eugenie... the story of her journey into perversion" et qui contenait déjà le doublage français, mais bon la présentation du film par Alain Petit est tout de même un plus qu'ils ne voudront très certainement pas manquer, même s'ils ne se débarrasseront très probablement pas de leur ancienne édition ne serait-ce que pour les interviews qui étaient présentes en bonus...

"Les inassouvies" a longtemps été considéré comme perdu jusqu'à sa sortie justement chez Blue Underground. Il fait parti de la période Harry Alan Towers ("The Castle of Fu Manchu", "Le trône de feu", "L'appel de la forêt"), qui est ici scénariste et producteur, une période très intéressante dans la filmographie de Franco, fortement marquée par le psychédélisme. Le scénario s'inspire de "La Philosophie dans le boudoir" du Marquis de Sade, une œuvre dont Franco s'inspirera à plusieurs reprises.

Étonnamment, il s'agit d'un de ses films érotiques les plus soft. Il faut dire qu'il date de 1970 et que cela restait encore relativement gentillet par rapport à ce qui suivra les années qui suivirent... Jess Franco nous livre un film esthétiquement très réussi, magnifiquement mis en valeur par la photographie de Manuel Merino ("Joe l’implacable", "99 women", "Les cauchemars naissent la nuit ", "Vampyros Lesbos").

Les deux hommes vont évidemment se concentrer sur la beauté de la très jolie Marie Liljedahl ("Les contes de Grimm pour grandes personnes", "Le dépravé", "Inga, la séductrice au corps de velours"), en la filmant de façon très classe, très raffinée, ce dont le réalisateur ne nous a pas forcément habitué par la suite...

"Les inassouvies" est donc un film plus accessible au plus grand nombre, même s’il rebutera probablement certains par sa lenteur. C'est également une œuvre assez cruelle, puisqu'il est question ici d'adeptes du Marquis de Sade, qui sacrifie des jeunes femmes pour assouvir leurs fantasmes et leur goût, bien entendu, pour le sadisme.

On retrouve au niveau du casting quelques habitués des films de Franco comme la belle Maria Rohm ("Les deux beautés", "Venus in Furs", "L'appel de la forêt", "Dix petits nègres"), Jack Taylor ("Les nuits de Dracula", "Les cauchemars naissent la nuit", "La comtesse noire", "La neuvième porte") et surtout Christopher Lee ("Le corps et le fouet", "La crypte du vampire", "Dracula, prince des ténèbres", la trilogie "Le seigneur des anneaux"). Un Christopher Lee qui ne semble pas s’être super investi dans ce rôle d’ailleurs...

D’ailleurs pour une raison assez curieuse, l’acteur aurait déclaré avoir regretté avoir joué dans ce film qu’il considère comme pornographique. A tord, car franchement comme je l’ai dit précédemment, on a ici affaire à de l’érotisme plutôt soft et raffiné.

On notera également que le film comporte une musique plutôt réussie et souvent assez étonnante signée par Bruno Nicolai ("Django tire le premier", "La queue du scorpion", "Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé"). Rien que ça ! Malgré sa lenteur, c’est un film plutôt agréable à regarder (voir de jolies filles nues, c’est de toutes manières toujours agréable !) avec en plus une fin assez inattendue, mais n’allant malheureusement pas jusqu’au bout de son propos.

Personnellement, j’aurai arrêté le film deux minutes avant la fin... Et puis, il y a quand même quelques scènes assez surprenantes comme celle où Jack Taylor joue avec les rideaux ou celle de l’arrivée très théâtrale des adeptes de Sade...

Un très bon Franco donc, pas l’un des tous meilleurs, mais un tout de même fort recommandable !

"Les inassouvies" sort en DVD chez Artus films le 4 janvier 2014 au format 2.35 original 16/9 compatible 4/3, avec pistes française et anglaise. Les suppléments se composent d'un documentaire intitulé "Histoire d’une perversion" par Alain Petit, d'un diaporama d'affiches et photos et de bandes-annonces de la collection Jess Franco.

Le DVD de Blue Underground sorti quant à lui le 5 novembre 2002 sous le titre "Eugenie... the story of her journey into perversion" proposait une image au format également 2.35 anamorphique avec pistes anglaise et française Dolby Digital 2.0 mono et en bonus contenait un documentaire de 17 minutes intitulé "Perversion Stories" contenant des interviews de Jess Franco, Harry Alan Towers, Christopher Lee et de Marie Liljedahl, ainsi que la bande annonce, une galerie de photos et une biographie et filmographie de Jess Franco.

Il est à noter que l'édition anglaise sortie chez Anchor Bay est identique à l'édition américaine, mais sans la piste française. Quant à celle sortie chez Mediumrare également en Angleterre, elle semble être une simple copie de la précédente édition... Le film est également sorti en Allemagne chez EpiX avec piste française sous le titre "De Sades Eugenie - Die Jungfrau und die Peitsche", ainsi que dans une plus récente édition chez Defcon 1 offrant notamment une interview de 10 minutes de Jack Taylor, mais dans une édition n'offrant pas de piste française... Enfin une édition existe également au Danemark, mais ne contient pas non plus de version française.

Comparatif des éditions Artus Films et Blue Underground:

Artus Films
Blue Underground
Artus Films
Blue Underground
Artus Films
Blue Underground
Artus Films
Blue Underground
Artus Films
Blue Underground
Les inassouvies

Les inassouvies
Fnac à 18.29€
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