12.01.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Ce The great american snuff film joue d’une ambiguïté certaine pour nous plonger dans l’épopée meurtrière d’un serial-killer, épaulé par un simple d’esprit, qui s’amusait à filmer ses victimes, afin de réaliser un "snuff-movie", qu'il intitulera justement dans son journal The great american snuff film.
En effet, le script suit le parcours de cet homme, William Allen Grone, meurtrier censé avoir existé, puisque le film se dit inspiré de ses méfaits ( mais impossible de trouver le moindre article sur lui, en dehors de ceux traitant de ce film…) et notamment la séquestration, la torture et finalement le meurtre de deux demoiselles.

Great american snuff filmAprès quelques phrases d'explication sur notre tueur, le métrage lance directement son action avec le kidnapping brutal de deux jeunes femmes, alors que leur ami sera quant à lui froidement assassiné d'une balle dans la tête, pour une entame mettant directement le spectateur dans le bain, avant que l'intrigue ne nous présente véritablement ses deux bourreaux au travers d'un premier flash-back nous faisant suivre leur premier crime en commun, celui d'un homme s'en rendu à la casse auto isolée en plein désert et ressemblant plus à une décharge qu'autre chose servant de refuge au simplet accompagnant William Allen Grone, dont nous découvrirons ainsi le passe-temps consistant à filmer ce qui l'entoure, et bien entendu ici l'agonie et la mise à mort de cet homme.
Ensuite, l'intrigue suivra le calvaire de deux prisonnières, droguées, brûlées avec des mégots de cigarettes mais surtout inlassablement filmées par Grone alors que lui et son camarade s'amusent à les humilier, tout en faisant intervenir d'autre flash-back, notamment pour nous montrer le tout premier crime commis par Grone sur une prostituées étouffée avec un sac plastique, jusqu'au dernier acte nihiliste qui verra le contrôle échapper au meurtrier et l'obligera à abréger son "film" de la pire des façons, avant que le métrage ne nous propose de suivre les deux minutes trente issues des preuves retrouvées par la police lors de l'enquête et mettant en scène le "vrai" William Allen Grone exécutant une victime, pour une séquence se réclamant snuff .

Great american snuff filmSi l'ensemble du métrage s'applique à traduire un réalisme avec une réussite évidente, ce seront bien sûr ces derniers instants qui marqueront le spectateur et laisseront planer le doute quant à la véracité de ces images barbares, même si on est légitimement en droit de s'imaginer que tout cela n'est encore que du cinéma, voyant mal les autorités américaines permettre que des preuves, surtout de cet acabit, prennent place dans un film, mais n'empêche que le réalisateur Sean Tretta aura plus que finement abattu sa dernière carte et laissera son spectateur libre juge de ce qu'il veut croire ou non, reprenant ainsi le principe du Projet Blair Witch et de son faux documentaire tendant à prouver l'existence de cette sorcière, ici remplacée par un criminel abject et sans scrupules.
Car auparavant, le métrage se sera découpé sous forme de "chapitres", eux aussi censés être tirés du journal du tueur, dont nous pourrons également suivre les états d'âme grâce à une voix-off ponctuant chaque nouvelle séquence, nous immisçant de la sorte dans l'univers étrange de cet homme.

Great american snuff filmMais tout cela n'empêchera pas le film de se montrer parfois très graphique et violent, avec des coups assenés qui font véritablement mal, sordide et glauque dans l'exposition du calvaire enduré par les deux jeunes femmes, tantôt sévèrement attachées avec du chatterton ou alors enchaînées comme de vulgaires animaux, et malsain lors des soupçons de nécrophilie soulevés par le métrage.
L'interprétation renforce encore un peu plus la crédibilité de l'ensemble, notamment les deux actrices jouant les victimes, qui parviennent aisément à exprimer leur terreur et leur dégoût devant leur situation guère enviable, alors que le simplet campé par Ryan Hutman est lui aussi parfaitement crédible.

Great american snuff filmLa mise en scène de Sean Tretta convient parfaitement au propos du film, en mêlant des plans avec une image granuleuse vraiment digne du super 8 de son personnage principal à d'autres plus nettes, et il parvient régulièrement à installer une tension croissante en nous faisant appréhender et redouter le pire lors des séquences débouchant sur un meurtre ( la prostituée, la première victime ), tout en maîtrisant bien l'agencement de la folie de son assassin et en arrivant à créer une belle intensité lors du final. Seul bémol, l'emploi de certains effets ( l'écran qui se couvre d'un filtre rouge à la fin de plusieurs plans ) vient nuire au côté réaliste de l'ensemble et la partition musicale pourtant bien souvent efficace et prenante s'égare parfois dans du rock bruyant plutôt malvenu.
Par contre, si le film se montrera régulièrement porteur d'une violence âpre et crue, il ne faudra pas s'attendre à un déluge de gore, puisque l'ensemble se voudra avant tout réaliste, n'amenant ainsi que des effets spéciaux discrets mais probants.
Donc, ce The great american snuff film restera une expérience vraiment "autre" parvenant à mettre mal à l'aise malgré son budget que l'on devine anémique et qui mériterait d'être plus volontiers reconnu !

Le DVD de zone 1 édité par Brain Damage Films ne propose que le film en version anglaise non sous-titrée et avance une image nette, mais parfois volontairement granuleuse.
Au niveau des bonus, cette édition disposera d'un petit making-of essentiellement composé d'interviews du réalisateur et des interprètes, de la bande-annonce du film ainsi que celles d'autres titres édités par Brain Damage Films, d'un clip musical réalisé par Sean Tretta ainsi que de trois scènes aux allures "snuff" terriblement volontaires pour continuer d'entretenir la légende de William Allen Grone.

Pour ceux qui voudraient se lancer dans l'aventure, le DVD de zone 1 est disponible ici ou sur le site officiel de Brain Damage films !

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