11.01.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Reviens-moi
Réalisateur : Joe Wright
Durée du film : 2h 03
Date de sortie en salle : 9 janvier 2008

par nicofeel

Reviens moiRéalisateur anglais, Joe Wright avait déjà lors de son précédent film fait beaucoup parlé de lui. En effet, il venait de réaliser une excellente adaptation du chef d'oeuvre de Jane Austen, Orgueil et préjugés.
Joe Wright nous revient cette fois-ci avec Reviens-moi (Atonement selon son titre original), où il adapte à nouveau l'oeuvre d'un romancier, cette fois-ci Ian Mac Ewan avec Expiation (le roman datant de 2001). L'oeuvre est beaucoup plus sombre qu'Orgueil et préjugés. Cependant, autant le dire tout de suite, la réussite du film est totale.
Véritable drame romantique, Reviens-moi, se déroule sur près de 75 ans, débutant en Angleterre en 1935 et s'achevant à notre époque actuelle. Le film montre une jeune femme, Briony, qui raconte sa vie telle qu'elle l'a vécue mais aussi telle qu'elle aurait aimer qu'elle soit (d'où le titre du roman à l'origine du film, Expiation). L'action démarre avec une Briony âgée de 13 ans, puis de 18 ans et enfin à la fin de sa vie.

Première grande qualité du film et non des moindres, son filmage : Joe Wright, qui avait déjà montré toute l'étendue de son talent dans Orgueil et préjugés avec des belles envolées lyriques, nous offre une nouvelle fois une mise en scène très dynamique. Véritable cinéaste du mouvement, Joe Wright nous offre à plusieurs reprises de très beaux travellings qui permettent de voir l'action dans sa continuité. Surtout, au moment où l'action est censée se dérouler en France, on a droit sur la plage à un immense plan séquence (c'est-à-dire aucune coupe dans l'action) de près de 10 minutes où toute l'horreur des conséquences de la guerre est visible pour le spectateur.
Par ailleurs, notons dans la première partie du film l'excellente utilisation de flashforwards (c'est-à-dire que le spectateur voit une scène qui va ensuite avoir lieu, c'est en somme l'inverse d'un flasback) qui permettent de comprendre les tenants et aboutissants de l'action.

Reviens moiSeconde grande qualité du film : toute l'ambiguité qui régit les différents personnages du film. Et au premier rang de ces personnages il y a évidemment celui de Briony, qui, après s'être rendue responsable d'un drame, veut se racheter de sa faute. Elle devient alors lors de la seconde guerre mondiale une infirmière. Lors d'une très belle scène où l'on voit se succéder les blessés de guerre (ce qui d'ailleurs fait inmanquablement penser à L'ange rouge de Masumura), on comprend que Briony est prête à tout pour aider les hommes et pour obtenir une paix intérieure. J'apprécie particulièrement toute la nuance de ce personnage qui ne cessera de penser au seul homme qu'elle a toujours aimé, et qu'elle a pourtant dénoncé.

D'ailleurs, un autre point fort du film est de faire croire au spectateur que les deux « héros » du film sont Cécilia, la soeur de Briony (jouée par Keira Knightley) et son amant de toujours, Robbie (joué par James McAvoy). Pourtant, comme nous le montre clairement la fin du film, tout est finalement vu du personnage de Briony (interprétée lors de ses 18 ans par une très convaincante Romola Garai). Et c'est cela aussi qui est formidable : le film montre clairement que le cinéma permet de tout montrer et de changer éventuellement la fin d'une histoire.

Reviens moiDernière grande qualité du film : les relations sociales entre les personnages. Déjà dans Orgueil et préjugés, Joe Wright critiquait les relations de classes. Ici, la critique est encore plus grande et elle donne même lieu à un certain sentiment de malaise avec l'infériorité très claire du pauvre Robbie, fils de domestique, qui se retrouve accusé pour une chose horrible qu'il n'a pas commise. Sa parole n'a aucune importance comparé à celle de bourgeois beaucoup plus puissants et influents que lui (et surtout la parole d'une enfant ce qui est extrêmement dommageable). D'autant que ces mêmes bourgeois ont des attitudes très troubles, comme le montre le début du film. L'hommage à Joseph Losey et notamment au film Le messager est on ne peut plus clair (notamment par le biais de cette fameuse lettre qui attise le désir de Cécilia mais surtout la jalousie de Briony).

En fin de compte, Joe Wright réalise avec Reviens-moi un très grand drame romantique, très bien filmé, très bien joué et très bien scénarisé. Que demander de plus ?

Ma note : 9/10

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