19.11.09

07:40:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Love letters of a portuguese nun

Avec ce Love letters of a portuguese nun, le réalisateur Jess Franco va nous livrer un film de "nunsploitation" bien offensant envers la religion et l'église, graphique (malgré les coupes imposées sur cette version) et érotique, mais également émouvant et sensible, pour ce qui sera l'un de ses films que l'auteur préfère, à juste titre d'ailleurs.
Le script va laisser une jeune adolescente tomber sous la coupe d'un prêtre vicieux qui va l'emmener dans un couvent où régneront le vice et le satanisme.

Love letters of a portuguese nunSans préambule, le métrage va lancer son intrigue en nous présentant son personnage principal, Maria, une demoiselle batifolant dans les bois avec un autre adolescent, plus par jeu qu'autre chose même si le garçon se verrait bien embrasser sa partenaire, ce qu'il tentera de faire sans succès mais rapidement, nous allons apercevoir un prêtre, le père Vicnete, observant la scène et qui ne va pas tarder à tomber sur les deux jeunes pour les houspiller au nom de leurs pratiques immorales avant de ramener Maria chez elle pour pouvoir avoir une petite conversation avec la mère de celle-ci. Cette introduction mettra bien en avant la froideur rigide du prêtre face à ces jeux presque innocents et en tout cas n'allant pas bien loin des deux adolescents.

Love letters of a portuguese nunCe prêtre racontera donc à la mère de Maria les "impuretés" commises par sa fille, lui garantissant de fait d'aller en enfer, sauf si elle est ramenée dans le droit chemin par un séjour au couvent de Serreda Iris qu'il surveille. La crédulité de la mère de Maria sera totale et elle n'hésitera pas à gaspiller ses faibles économies pour permettre à sa fille d'être "sauvée". C'est ainsi que la jeune Maria va donc être emmenée dans ce couvent par le père Vincente sur le champ. Elle y sera accueillie froidement par Mère Alma, la grande prêtresse qui mettra tout de suite Maria dans l'ambiance en la forçant à un toucher intime afin de vérifier si elle est toujours vierge que le réalisateur ne visualisera bien évidemment pas en insistant surtout sur le malaise causé par cette action sur la jeune fille, avec en plus la présence de témoins de cette situation pour le moins gênante.

Love letters of a portuguese nunLa suite viendra peu à peu confirmer la perversité du père Vincente, notamment lors d'une confession poussée de Maria pendant laquelle Jess Franco sous-entendra que le prêtre se masturbe en écoutant les rêves érotiques de la jeune fille à qui il demandera de les détailler le plus possible, cherchant ainsi à lui en faire dire plus que de raison, mais bientôt nous allons découvrir que l'attitude du prêtre est au diapason avec ce qui se trame à l'intérieur du couvent, avec d'abord deux autres très jeunes nonnes qui vont venir faire connaissance avec Maria pour immédiatement se livrer à un jeu "limite". Mais la révélation viendra de la Mère Supérieure que nous allons ensuite retrouver lors de deux scènes en compagnie des deux nonnes, invoquant Satan, se faisant tripoter par elles ou les regardant s'adonner à un ébat saphique poussé où la croix chrétienne sera inévitablement pervertie.

Love letters of a portuguese nunLa dépravation apparente de ces nonnes sera visualisée lors de séquences graphiques et sensuelles volontairement offusquantes envers l'église dont nous ne saurons pas dans un premier temps si elle sont issues de l'imagination fertile de Maria par ailleurs accusée d'être possédée par le Démon, ou si elles relèvent de la sordide réalité du couvent, surtout que la demoiselle sera mise à l'écart en confinement dans une cellule isolée. C'est là que le métrage trouvera son point de non-retour glauque et malsain lorsque le père Vicente rendra visite à Maria pour d'abord obliger la jeune fille à lui pratiquer une fellation suggestive avant de l'emmener peu après pour une messe noire en compagnie des nonnes en partie dénudées où sa virginité sera littéralement offerte à Satan lui-même, pour ce qui restera comme la scène la plus troublante du métrage.

Love letters of a portuguese nunAprès cette première partie s'attachant viscéralement à nous dépeindre les activités licencieuses de ce couvent satanique en mêlant rêve et réalité autour de Maria, l'intrigue va laisser Maria s'enfuir pour aller chercher de l'aide auprès du maire du village, qui bien entendu ne la croira pas et la ramènera au couvent avant que l'Inquisition ne s'en mêle et ne fasse le procès de Maria, qui par ailleurs sera torturée dans la tradition du genre, écartelée, suppliciée pour lui faire avouer son hérésie. Mais au lieu des lettres d'amour promises par le titre, ce sera directement à Dieu que Maria écrira une lettre infiniment émouvante et d'une tristesse sans nom (du fait de l'incompréhension de sa situation par son inexpérience de la vie) du haut de son cachot et Jess Franco apportera pour une fois une certaine morale à son final avec une "happy-end" inespérée et salvatrice.

Love letters of a portuguese nunCe sera un Jess Franco largement impliqué et appliqué qui nous gratifiera de cette œuvre certes sulfureuse et répondant aux figures imposées de la "nunsploitation" avec ce déchaînement des sens par des séquences érotiques répétées et graphiques, mais cela n'empêchera pas le réalisateur de se livrer à une réflexion critique sur la religion, ses règles d'alors avec cet Inquisition impitoyable et aveugle se nourrissant de croyances obsolètes et de l'incrédulité des "petites gens" (comme le prouvera la facilité avec laquelle le père Vincente réussira à soustraire Maria à sa mère pour satisfaire sa perversité pour en plus voler les économies de cette femme d'une crédulité énorme). Cela sera fera également au travers des quelques scènes de tortures ayant résisté aux coupes de la censure qui elle verseront gratuitement dans l'exploitation pure en restant dans la veine de celles de The bloody judge ou des sévices de Die nonnen von Clichy.

Love letters of a portuguese nunLe métrage pourra également se reposer sur une intrigue avançant suffisamment de rebondissements et renouvellent ses situations régulièrement pour garder un rythme constant tout en confortant l'implication du spectateur qui progressivement en arrivera à ressentir une véritable pitié envers cette pauvre Maria dont toutes les tentatives d'échappatoire se solderont par des échecs (la lettre et le fuite du couvent) alors qu'au départ, elle croyait naïvement que ce séjour au couvent allait la purifier, puisqu'elle n'hésitera pas à éconduire son amoureux venu la chercher. Et si ce personnage principal sera bien travaillé et étudié de façon humaine, les autres protagonistes resteront plus stéréotypés, tel ce prêtre libidineux et pervers et cette grande prêtresse sataniste déviante.

Love letters of a portuguese nunL'ensemble bénéficiera d'une interprétation convaincante, la très jeune Susan Hemingway, qui semblera bien avoir l'âge de son personnage (ce qui expliquerait la réticence de la censure devant les scènes où elle apparaîtra nue au point d'en exiger des coupes) parviendra à être foncièrement émouvante, tandis que William Berger jouera un prêtre pervers avec aisance. La mise en scène de Jess Franco est plutôt dynamique, sans pour autant oublier une certaine paresse contemplatrice lors des séquences sensuelles avec aussi ces gros plans osés sur l'intimité des actrices. Les quelques petits effets spéciaux demeureront bien basiques, le métrage ne cherchant pas du tout à mettre en avant un aspect sanglant.

Donc, ce Love letters of a portufguese nun parviendra à surpasser son statut de simple "nunsploitation" érotique pour impliquer son spectateur et l'émouvoir devant le clavaire sordide vécue par l'héroïne !

Love letters of a portuguese nunLe DVD de zone 2 anglais édité par Anchor bay avancera une image d'une netteté surprenante, tandis que la bande-son sera convaincante, avec une partition musicale largement adaptée au style du film, celui-ci étant ici proposé dans sa version anglaise et dans sa version allemande avec des sous-titres anglais.
Au niveau des bonus, on pourra visionner une conséquente galerie de photos du film, quelques filmographies, la bande-annonce du film ainsi que celles des autres titres de la collection, le traditionnel petit reportage sur la restauration de Jack the ripper ainsi qu'une série d'interviews croisés de Jess Franco, d'Erwin C. Dietrich, de Herbert Fux et de Lina Romay qui reviendront brièvement sur le film et notamment sur le regain d'intérêt de la jeunesse pour les films de Jess Franco.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce couvent sataniste, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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