Archives pour: Avril 2012

25.04.12

06:00:00, Catégories: Test / Critique  

Par Nicore

Women in fury

Film de "W.I.P." classique mais rythmé et en donnant à son spectateur pour son argent, ce Women in fury n'hésitera pas à verser aussi bien dans l'érotisme forcément gratuit que dans une certaine violence à tendance sanglante lors de sa seconde partie lorgnant du côté du "film de jungle".

Le script va suivre les déboires d'une demoiselle emprisonnée pour un meurtre qu'elle na pas commis mais en étant désireuse de couvrir son frère, tandis qu'un médecin, plus que certainement épris d'elle va chercher à l'innocenter.

Women in fury

Le métrage va commencer par exposer la situation de l'héroïne au travers de la rencontre d'un toubib, Luis et d'un avocat évoquant le cas d'Angela Duvall, jeune femme mise en prison pour le meurtre d'un baron de la drogue, crime qu'aurait commis son frère Sergio, pour rapidement laisser place à l'intrigue proprement dite qui va commencer par suivre le jugement de cette Angela, sa sortie du tribunal et son arrivée en prison. Cette mise en situation ne traînera pas pour pouvoir le plus vite possible égrainer les passages obligés de tout "W.I.P." qui se respecte.

Women in fury

En effet,à peine arrivée au pénitencier Angela sera déshabillée et conduite dans la cellule commune où les autres prisonnières, toutes courtes vêtues, vont se moquer d'elle avant de passer aux choses sérieuses puisque lors d'une séquence évidemment complaisante et un brin sadique dans son érotisme Angela sera fouettée avec du linge mouillé avant que la matrone des détenues ne la viole. Conduite à l'infirmerie complètement meurtrie et couverte de bleus Angela va faire la connaissance du docteur Luis qui va la prendre en "amitié".

Women in fury

La suite va continuer dans la même voie, infligeant à Angela une douche forcée à la lance d'incendie pour lui faire avouer qui l'a martyrisé, tandis que peu après trois hommes, des complices du parrain de la drogue assassiné, vont investir sa cellule pour tenter de la pendre, l'intrigue n'oubliant pas quelques querelles entre filles et bien entendu cette directrice de prison lesbienne qui va jeter son dévolu sur Angela, l'obligeant à un rapport saphique bien graphique.

Women in fury

Le réalisateur Michele Massimo Tarantini, un habitué des "sexy comédies" italiennes, ne recherchera jamais la moindre originalité pour se contenter de réciter la leçon du sous-genre, mais en le faisant de manière plaisante, toujours chargée en érotisme avec ces prisonnières guère habillées et surtout de façon rythmée, les situations se succédant sans temps mort, mis à part l'enquête de ce Luis qui va vouloir prouver l'innocence d'Angela, notamment en courant après le frère de celle-ci, un drogué qui refusera de coopérer et finira par se suicider.

Women in fury

Le chef de la police, de mèche avec les trafiquants de drogue, cherchera bientôt à supprimer Angela et pour ce faire armera une détenue chargée de tuer la jeune femme devenue témoin gênant et au cours d'une rixe qui s'en suivra une révolte va éclater au sein de la prison, permettant à Angela et quelques autres de s'évader, le métrage se tournant alors bien plus vers l'action, mais sans délaisser forcément la sensualité des demoiselles toujours aussi peu vêtues.

Women in fury

Et s l'évasion sera rocambolesque à souhait, les péripéties ne manqueront pas on plus dans la jungle avec de redondantes attaques de serpents (dont une sera à la limite du ridicule), tandis que les policiers et leurs chiens ont suivre la trace des fugitives, tout comme ce Luis décidément acharné dans sa volonté de retrouver Angela, ce qu'il fera lors d'un final quand même un peu bâclé et prévisible.

Women in fury

Heureusement le métrage pourra compter sur son rythme vif et sur des rebondissements constants pour occuper le spectateur tout en avançant cette sensualité des interprètes féminins constamment et sans négliger de mettre en avant une violence parfois sadique et même méchante (il suffira de voir le peu de loyauté qu'auront entre elles les évadées ou encore cette décapitation surprenante), car sur le fond l'intrigue, en plus d'être on ne peut plus basique, n'offrira pas grand-chose de neuf, avec une imagination en berne et une crédibilité plus que restreinte, un comble pour un film se déclarant inspiré de faits réels. L'interprétation ne viendra pas bouleverser la donne, avec seule la charmante Suzane Carvalho qui semblera véritablement crédible et la mise en scène de Michele Massimo Tarantini donnera de la vivacité à l'ensemble.

Women in fury

Donc, ce Women in fury restera un "W.IP." assez plaisant à suivre à condition de ne pas être trop regardant et sera de toutes manières plaisant dans son érotisme bien présent mais n'allant jamais bien loin, ainsi que dans une certaine violence parfois presque graphique.

Women in fury

Le DVD de zone 1 édité par Media Blasters  avancera une image quand même légèrement marquée, tandis que la bande-son sera probante, portée par une partition musicale dynamique, le métrage étant ici uniquement proposé dans sa version anglaise sans sous-titres. Au niveau des bonus, seules trois bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur seront visibles.

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24.04.12

05:30:00, Catégories: Test / Critique  

Par Nicore

Night of the skull

Bien que réalisé par Jess Franco, ce Night of the skull va rester étonnamment sobre et lorgner plus du côté des "krimis" d'Edgar Wallace (qui aura d'ailleurs en partie inspiré le script) et d'Allen Edgar Poe (via "Le chat et le canari") lorgnant du coup largement du côté du "Giallo" que vers les déviances habituelles du réalisateur qui va donc ici nous livrer une œuvre flirtant avec le gothique au sein d'une intrigue prenante et chargée en suspense.

Le script va laisser un mystérieux assassin éliminer les membres d'une famille réunie autour d'un héritage.

Night of the skull

Après un générique fort reprenant certains des temps forts du film, le métrage va avancer lord Archibald Marian, un vieil homme lisant par cette nuit d'orage des versets de "L'apocalypse" tandis que son serviteur, Rufus, semblera bien effrayé par les coups de tonnerre. La femme du lord s'étant absentée, sa fille illégitime, Rita, couchée et ses domestiques ayant rejoint leur loge, Marian va donc rester seul et sera une proie facile pour cette ombre portant un masque de tête de mort qui va l'estourbir avant de la traîner dehors pour l'enterrer vivant lors d'une séquence graphique (mais pas sanglante) qui trouvera son apothéose lorsque Cecilia, la femme du lord, va découvrir les mains du cadavre sortant de terre et bougeant encore légèrement.

Night of the skull

La police va dépêcher sur place l'inspecteur Bore, qui va commencer à mener l'enquête, bientôt rejoint par le major Oliver Brooks de Scotland Yard arrivé là par hasard et qui va se proposer d'épauler Bore dans son enquête. L'intrigue va alors avancer ce testament que le notaire ne pourra ouvrir que lorsque un couple demandé sera arrivé, les Tobias, et alors que l'inspecteur Bore va auditionner Rita, cette dernière lui racontant aussi bien ses origines de fille illégitime que les mauvais traitements subis et causés aussi bien par le lord que par sa femme qui lorsqu'elle est ivre, a l'habitude de battre la malheureuse Rita.

Night of the skull

C'est dans ce contexte que l'ouverture du testament se fera, une fois les Tobias arrivés et ayant pris possession de leur chambre d'hôtel qui sera positionnée juste à côté de celle de Brooks qui pourra ainsi les épier à sa guise, pour laisser provisoirement Rita seule héritière, provisoirement car rapidement un autre testament va se faire connaître et obliger la venue d'autres protagonistes. C'est ainsi que nous découvrirons un autre fils illégitime du lord et un couple décadent pour cette fois un testament plus équitable, et ce tandis que Cecilia sera à son tour victime de l'homme au masque de tête de mort, pour un second crime sadique puisqu'elle sera attachée face à la mer et périr par la force du vent, continuant ainsi à égrainer un passage de "L'apocalypse" lu par le lord juste avant sa mort et qui évoquait quatre façon de mourir avec "l'aide" des éléments naturels.

Night of the skull

La suite de l'intrigue va continuer à nous révéler des éléments nouveaux et troublants qui vont doucement nous conduire vers la piste de l'identité du meurtrier, hélas quand même facilement anticipable avant l'issue finale, tout en laissant d'autres crimes venir réduire la liste des suspects potentiels, ces meurtres restant toujours un minimum graphique mais sans développer le moindre aspect sanglant ou véritablement violent, la présence de cette ombre masquée faisant à elle seule son petit effet.

Night of the skull

Jess Franco va donc ici faire preuve d'une retenue rare, pour uniquement se laisser aller à un passage quelque peu sadique lorsque Cecilia, saoule, va venir fouetter Rita dans sa chambre avec un ceinturon en cuir avec même un soupçon d'érotisme trouble, que nous ne retrouverons ailleurs que lors d'une rapide séquence entre les Tobias dans leur chambre d'hôtel. Par contre, le réalisateur arrivera sans mal à installer une ambiance gothique édifiante, notamment lors de l'introduction et le meurtre du lord par cette nuit d'orage qui va magnifier de ses éclairs les décors de ce manoir lugubre, tout en nous livrant un film sérieux, seulement entaché par de timides touches d'humour, avec cet inspecteur oubliant systématiquement son chapeau partout où il va passer.

Night of the skull

Les personnages seront bien travaillés pour laisser planer le doute sur leur éventuelle culpabilité et l'interprétation suivra avec la présence d'habitués des œuvres de Jess Franco, Lina Romay en tête et encore juvénile, mais on retrouvera également Antonio Mayans, Evelyne Scott et le toujours impeccable William Berger, tandis que le réalisateur se donnera comme souvent un petit rôle savoureux. La mise en scène de Jess Franco est assez classique (pas de zooms intempestifs ici et la caméra restera concentrée sur l'action et les personnages sans aller se perdre dans des détails) mais arrivera à créer une ambiance tout en générant du suspense, notamment lors des apparitions du tueur masqué.

Night of the skull

Donc, ce Night of the skull restera une œuvre atypique dans la filmographie de Jess Franco, prouvant ainsi que le réalisateur est capable de nous livrer des configurations "normales" en faisant preuve d'un savoir-faire évident et émérite !

Night of the skull

Le DVD de zone 1 édité par Image Entertainment avancera une image quand même terne et sans éclats, tandis que la bande-son sera convaincante avec une partition musicale idéale, le métrage étant ici proposé dans sa version espagnole avec des sous-tires en anglais. Hélas, aucun bonus ne viendra prolonger la vision du film.

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23.04.12

05:30:00, Catégories: Test / Critique  

Par Nicore

Axe

Bénéficiant d'une solide réputation, presque trop flatteuse, ce Axe (également connu sous les titres de Lisa, Lisa et California axe massacre) va rester assez surprenant dans le déroulement de son intrigue superficielle au premier abord mais qui va s'enrichir lors de sa seconde partie pour devenir sordide, dérangeant et trouble avec cette demoiselle meurtrière sans aucun état d'âme.

Le script va laisser trois truands recherchés par la police trouver refuge dans une ferme uniquement habitée par une jeune fille et son grand-père invalide, et lorsque l'un des fuyards voudra violer la demoiselle, les événements vont dégénérer.

Axe

D'entrée le métrage va mettre en scène ces trois hommes, Lomax, Billy et leur chef Steele, qui vont rejoindre un appartement et s'y cacher en attendant le retour du propriétaire, pour ainsi s'amuser avec des vêtements de femmes, trouant par exemple une nuisette avec un cigare, tout en se moquant. Cela deviendra vite explicable lorsque nous découvrirons que l'habitant des lieux est un homme rentrant avec son ami, pour un relent d'homosexualité jamais exploité puisque ce sera pour une raison confuse et à peine esquissée que Steele va se mettre à rouer de coups cet homme, l'écorchant avec sa chevalière avant de le frapper plus férocement jusqu'à ce que mort s'en suive, tandis que Billy, le plus jeune des trois, ne semblera pas franchement ravi de ces méthodes expéditives.

Axe

Cette entame du métrage, assez plate, sera quand même assez violente dans la représentation de la violence déchaînée contre cet homme (et alors que son ami préférera sauter par la fenêtre qu'être à son tour tabassé), pour ainsi nous laisser tout de suite appréhender le caractère dangereux de ce Steele, ce qui sera confirmé lorsque lui et Lomax vont aller s'amuser dans une supérette, Billy préférant une fois encore rester en dehors des forfaits de ses "amis". En effet, Steele va une fois encore faire preuve d'une violence cette fois-ci complètement gratuite contre la pauvre caissière qui commencera par recevoir des pommes lancées par Steele avant que ce dernier l'oblige sous la menace de son revolver à enlever sa blouse pour ensuite jouer à Guillaume Tell ou encore asperger la malheureuse de Coca-Cola, le tout dans une volonté délibérée de la part du réalisateur de chercher à se montrer sordide et à mettre en avant l'aspect vicieux des deux hommes qui s'entendront comme larrons en foire pour souiller et avilir cette caissière qui aura en plus un physique assez ingrat.

Axe

Nous aurons également eu le temps pendant cette première partie de découvrir la vie morne et triste de Lisa, une demoiselle frêle vivant seule avec son grand-père complètement paralysé passant son temps à regarder un poste de télévision déréglé sans le voir, pour suivre Lisa dans ses tâches quotidiennes telles que ramasser des œufs, nourrir et laver son père, avec pour seule indication de sa maturité le détachement avec lequel elle va tuer une poule et ramener jusque dans la cuisine le corps décapité de la bestiole. Et ce sera sur ces faits que le métrage va décoller véritablement avec l'arrivée de Steele et de ses complices à la ferme, pensant y trouver une planque parfaite, surtout après avoir découvert qui y vit.

Axe

En effet, bien qu'exécutée sans aucune violence, la rencontre entre Lisa et les trois hommes sera chargée en tension, et ce même si le réalisateur va tenter d'installer en plus un petit suspense trop facile lorsque deux policiers viendront questionner Lisa, visiblement à la recherche des trois truands qui vont la pousser sous la menace à cacher leur présence chez elle, mais ce ne sera véritablement qu'après une petite séance de repas sans intérêt et une tentative de Billy de s'excuser auprès de Lisa pour leur intrusion chez elle que le métrage va basculer, lorsque Lomax va nuitamment s'introduire dans la chambre de Lisa pour tenter de la violer. Mais la situation ne va pas se passer comme prévue par notre homme grâce à la présence à portée de main pour Lisa d'un rasoir avec lequel elle va trancher le cou de son violeur avant d'amener son corps dans la baignoire pour le découper et cacher les morceaux dans une malle.

Axe

Cette séquence sera rendue parfaitement déstabilisante par l'insensibilité teintée d'indifférence avec laquelle Lisa va exécuter cette besogne, prenant même ensuite le temps d'éponger le sang ayant maculé le couloir pour ainsi pouvoir cacher ce meurtre aux deux autres truands avant de retourner se coucher. Mais ensuite elle ne va pas tarder à devoir faire usage cette fois-ci de la hache du titre pour se débarrasser de Steele avant qu'un final encore une fois assez facile vienne mettre un terme au métrage en laissant supposer que Lisa va s'en sortir sans préjudice ni accusation.

Axe

Cette seconde partie du film va également chercher à mettre en avant un certain désordre mental chez Lisa, entre ces visions aussi fugaces que malsaines et cette tentative de suicide avortée par l'arrivée d'un Billy voulant s'excuser auprès d'elle, tandis qu'ensuite, de victime Lisa deviendra prédatrice apte à frapper à tout moment et n'importe qui, ce qui sera flagrant et volontairement mis en avant lors d'une escapade en forêt en compagnie de ce Billy décidément bien inoffensif et mal assorti avec ses deux compères, le tout possédant un rendu visuel percutant avec la froideur et le manque d'émotions qui vont caractériser cette Lisa tuant les humains comme s'il s'agissait de poulets.

Axe

Le métrage va donc accumuler les situations sordides et malsaines, entre les activités perverses et un minimum sadiques de Steele et de Lomax, les meurtres de Lisa et ces tentatives de viol successifs dont elle sera une victime revancharde, laissant le métrage flirter vaguement avec le "rape and revenge", surtout que le réalisateur va donner à ces séquence un impact supplémentaire grâce à cette caméra tournoyant autour des protagonistes pour ainsi ajouter à la folie ambiante.

Axe

Mais hélas on pourra quand même regretter l'aspect superficiel de la première partie, qui éludera la justification du passage à tabac mortel pour cet homosexuel, tout comme nous ne saurons jamais pourquoi les trois hommes sont recherchés par la police, laissant de fait un sentiment de gratuité s'installer, sentiment encore renforcé lors de la séquence de la supérette et qui ne disparaîtra vraiment que dans le dernier acte du métrage, bien plus impactant et troublant.

Axe

Les personnages ne seront donc que peu travaillés, à l'exception de Lisa qui elle bénéficiera d'un traitement de faveur puisque le réalisateur voudra à l'évidence insister sur ses troubles internes sans pour autant nous expliquer pourquoi elle vit seule avec son grand-père loin de tous, mais l'interprétation sera largement efficace, avec une Leslie Lee parfaite pour jouer cette Lisa sans état d'âme, tandis que Jack Canon campera Steele avec aplomb pour réussir à donner du charisme à ce personnage douteux et détestable. La mise en scène du réalisateur Frederick R. Friedel est dynamique et envoûtante lors des temps forts de la seconde partie du métrage, tout en peinant franchement à faire démarrer l'action. Les quelques effets spéciaux sanglants resteront simplistes puisque le hors-champ primera lors des meurtres et des atrocités commises par lisa.

Axe

Donc, ce Axe vaudra surtout pour sa seconde partie dérangeante, glauque et malsaine au possible dans une atmosphère nihiliste, mais hélas cela n'empêchera pas une certaine gratuité de survoler l'ensemble pour ainsi interdire à l'ensemble d'atteindre complètement son but sordide !

Axe

Le DVD de zone 1 édité par Something Weird Video présentera une image quelque peu granuleuse et non exempt de ses petits défauts d'origine, avec une bande-son adaptée et renforçant par moments le suspense, le métrage étant ici uniquement proposé dans sa version originale anglaise sans aucun sous-tires. Au niveau des bonus, on trouvera notamment un second film, The electric chair, mais aussi trois bandes-annonces du film sous ses différents titres, suivie de celles d'autres titres de Harry Novak, deux courts-métrages souriants, une conséquente galerie d'affiches de films d'exploitation et quelques spots radio.

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22.04.12

05:30:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Après avoir exposé la malbouffe dans SUPER SIZE ME (nominé aux Oscars 2005), Morgan Spurlock s’attaque à son gagne-pain en révélant tous les vilains petits secrets d’Hollywood ainsi que tous les stratagèmes utilisés pour convaincre les annonceurs de placer leurs produits dans les films ou à la télévision. Ce fou de documentaires controversés utilise son sens inimitable de la comédie pour s’infiltrer dans les salles de conférence de grandes entreprises et les réunions brainstorming d’agences de publicité afin de les pousser à dévoiler la face cachée du monde publicitaire... Succès garanti !

Mon avis :

Après "Super Size Me", un documentaire sur la malbouffe qui avait fait beaucoup parler de lui, Morgan Spurlock ("Where in the World is Osama Ben Laden?", "The Simpsons 20th Anniversary Special – In 3-D! On Ice!") nous revient avec un nouveau documentaire, cette fois sur le placement de produit.

Je suis en général assez contre les éditeurs français qui changent les titres originaux anglais par d'autres titres en anglais, mais il faut avouer que pour cette fois, le titre trouvé par Emylia est plutôt bien choisi et accrocheur. "The Greatest Movie Ever Sold" est ici rebaptisé "Super ca$h me", permettant ainsi de faire tout de suite le rapprochement entre ce nouveau documentaire et "Super size me" le documentaire culte où Morgan Spurlock mangea du McDo pendant un mois, prouvant ainsi les côtés néfastes de ce type d'alimentation pris au quotidien. Toujours sur un ton sarcastique et politiquement incorrect, le bonhomme s'attaque cette fois à la publicité qui envahit constamment les programmes télévisés, le cinéma ou encore la musique. Le placement de produit (vous savez, le petit "p" que l'on voit en bas de nos écrans de télé!!!!) est passé au crible par le réalisateur qui sous prétexte de faire un film sur ce sujet, financé intégralement par la pub, va approcher de nombreuses marques plus ou moins connues.

Il va alors être intéressant de voir les réactions au départ très négatives ou dédaigneuses des plus grandes marques, ne prenant pas au sérieux Morgan Spurlock, malgré la popularité de son premier documentaire. Il va alors se tourner vers des entreprises un peu moins importantes et arrivera à attirer l'attention de certaines. Malgré leurs inquiétudes, il va être assez intéressant de voir à quoi sont prêtes ces marques et leurs exigences... Bien qu'apparaissant sous un meilleure jour que les grandes marques ayant refusé l'offre de Spurlock, ces marques ne seront toutefois pas épargnées par son humour souvent corrosif. Il va également interroger le monde artistique du cinéma et de la musique et il sera d'ailleurs assez amusant de voir les réponses, notamment, de Quentin Tarantino et Brett Ratner, dont les points de vue sont radicalement différents.

Spurlock se rendra aussi à São Paulo où l'affichage publicitaire a été interdit et où les gens ont l'air particulièrement satisfait de cet état de fait. Enfin, il va être amusant de voir au final, Spurlock obligé pour vendre son film, de se plier aux exigences souvent complètement idiotes de ses sponsors, toujours avec beaucoup d'humour et d'ironie...

Malgré le succès de son premier film, ses deux suivants ne trouveront étonnamment pas de distributeurs en France et c'est donc avec plaisir que nous voyons sortir chez nous le quatrième documentaire de Morgan Spurlock. Espérons que de cette sortie donnera des idées aux éditeurs français, afin que l'on puisse découvrir notamment un jour "Where in the World is Osama Bin Laden ?"...

La sortie de "Super ca$h me" est prévue chez Emylia pour le 2 mai 2012 en version combi DVD + Copie digitale et combi Blu-ray + Copie digitale. La version DVD sera présentée au format 1.85, 16/9ème avec des pistes 2.0 Dolby Digital en français et en anglais sous-titré, alors que la version Blu-ray sera au format AVC 1080P/24 [1.85] avec des pistes 2.0 dts-HD Master Audio également dans les deux langues. La copie digitale H.264, toujours illimitée chez l'éditeur sera elle au format 1.85, 16/9ème, en français 2.0 AAC. La bande annonce sera par contre le seul bonus présent...

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21.04.12

06:29:16, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The caller

Réalisateur : Matthew Parkhill

Date de sortie au cinéma
 : non prévue (sortie en DVD et en blu ray le 30 mai 2012)

Origine : Royaume-Uni

Durée du film
 : 92 minutes

Avec
 : Rachelle Lefevre (Mary Kee), Lorna Raver (Rose), Stephen Moyer (John Guidi), Ed Quinn (Steven), Luis Guzman (George), etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Matthew Parkhill, The caller s'apparente de prime abord à un thriller. Le film suit une jeune femme, Mary Kee, qui sort d'un mariage difficile qui s'est terminé par un divorce, et qui emménage dans un vieil appartement pour commencer un nouveau départ. Son ex-mari, qui n'a manifestement pas perdu espoir de la récupérer, rôde dans le coin, alors qu'il lui est interdit d'être trop proche du domicile de Mary. On sent que la relation entre ces deux personnages peut être à la base d'une sorte de thriller psychologique.

Ceci étant, le réalisateur du film a la bonne idée de multiplier les pistes en donnant également un côté « old school » ou plus précisément « eighties » à son long métrage. En effet, Mary réside dans un appartement où se trouve un vieux téléphone. Elle n'a pas choisi d'enlever ce téléphone et ô surprise elle reçoit le coup de fil d'une inconnue. Il s'agit d'une vieille dame, prénommée Rose, qui lui demande si Bill est là. Mary pense au départ qu'il s'agit d'un faux numéro mais ce n'est pas le cas. Rose donne des détails prouvant qu'elle connaît très bien l'appartement de Mary.

Le film fait penser à When a stranger calls, slasher inoubliable où un homme appelle une baby-sitter pour lui demander si elle a bien pensé à voir les enfants à l'étage. Dans ce film, on comprend à un moment donné que l'appel provient de la maison où la baby-sitter garde les enfants.
Dans The caller, le réalisateur Matthew Parkhill reprend à son compte cet aspect de When a stranger calls avec une personne qui appelle alors qu'elle se situe dans le même lieu. Sauf qu'ici le film prend carrément une tournure fantastique. Cela explique la raison pour laquelle The caller a été sélectionné en 2010 au NIFFF, festival suisse qui met l'accent sur les films fantastiques. La connotation fantastique du film est évidente avec cette vieille dame qui appelle Mary alors qu'elle vit dans l'année 1969.

L'un des intérêts du film est qu'il joue (dans sa première partie) sur plusieurs genres : le thriller, le drame psychologique, le film de fantômes, le film fantastique, etc. Du coup, on ne comprend pas immédiatement quelle tournure va prendre le film.

Quand les choses sont plus claires, elles n'en sont pas moins intéressantes. Car le réalisateur a opté pour un sujet pour le moins original : en conversant avec Rose, Mary lui a redonné de la volonté et l'a ainsi empêché de se suicider. Ce que Mary ne sait pas alors, c'est qu'elle a sauvé une femme qui se trouve être une psychopathe. Mary a agi sur le cours de l'histoire et a révélé une tueuse en puissance qui s'ignorait. Le film va s'évertuer à montrer qu'en changeant le cours de l'histoire, plusieurs éléments peuvent être modifiés. C'est ainsi que Rose – qui se brouille avec Mary – va prendre un malin plaisir à persécuter Mary les gens proches de celle-ci, dans le passé, de telle sorte que Mary est coincée. Cette dernière peut juste essayer d'influencer Rose pour l'amener où elle veut.

On se situe en somme dans un film de serial-killer sans que l'on assiste au moindre meurtre. Pour autant, la tension est bien de mise car chaque appel de la vieille dame nous fait comprendre quelles sont ses intentions.

Le moment le plus marquant du film intervient quand Mary discute avec la vieille dame qui la met en relation avec elle-même (Mary enfant, puisque Rose vit en 1969). Mary sait qu'elle est en danger et qu'elle doit aider son alter ego du passé si elle veut continuer à vivre dans le présent.
Le réalisateur Matthew Parkhill exploite très bien le côté fantastique du film et « l'effet papillon » (un changement dans le passé a des répercutions dans le futur).

On regrettera simplement l'une des scènes de fin où la vieille dame, Rose, vient attaquer Mary dans le présent. Cette scène est non seulement peu crédible, mais en outre elle se démarque de la finesse du reste du film.

Cela dit, ce défaut reste mineur et n'obère pas le plaisir que l'on prend à regarder The caller. D'autant que l'interprétation est de qualité avec notamment Rachelle Lefevre qui interprète avec beaucoup de réalisme et de conviction le rôle-clé de Mary Kee.

Au final, sans avoir l'air d'y toucher et avec des moyens budgétaires que l'on devine peu importants, The caller se révèle une excellente découverte.

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20.04.12

06:23:47, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : 38 témoins

Réalisateur : Lucas Belvaux

Date de sortie au cinéma : 14 mars 2012

Origine : France

Durée du film : 1h44

Avec
 : Yvan Attal(Pierre Morvand), Sophie Quinton (Louise Morvand), Nicole Garcia (Sylvie Loriot), François Feroleto (le capitaine Léonard), Natacha Régnier (Anne), Patrick Descamps (Petrini), Didier Sandre (le procureur Lacourt), etc.

Par Nicofeel

Le synopsis du film 38 témoins peut faire penser de prime abord à un thriller. En effet, dans les premières images, on voit un corps inerte qui gît dans le hall d'un immeuble. On apprend rapidement qu'il s'agit du corps d'une femme assassinée. L'enquête de la police est pour le moins difficile puisque les 37 premiers témoins potentiels – à savoir les voisins de l'immeuble d'en face – n'ont rien vu ou entendu lorsque le meurtre a eu lieu.
38 témoins prend les contours d'un polar. Pour autant, cela n'est pas le sujet principal du film. Le réalisateur Lucas Belvaux en profite pour traiter un de ses thèmes de prédilection : le social avec la description de vies brisées.
Comme dans son film précédent, Rapt, Lucas Belvaux a choisi Yvan Attal pour interpréter le rôle principal du film. Ici, le jeu de l'acteur est particulièrement sobre. Yvan Attal est Pierre Morvand, un monsieur-tout-le-monde qui travaille dans le port du Havre et vit avec une jeune femme qui voyage beaucoup. A de nombreuses reprises, Lucas Belvaux insiste sur le visage de Pierre Morvand, comme pour montrer que celui-ci est déjà coupable. C'est d'ailleurs un sentiment de culpabilité grandissant tant vis-à-vis de sa compagne que de la société de manière générale qui amène Pierre Morvand à être ce fameux trente-huitième témoin qui va déclarer avoir vu et entendu quelque chose lorsque le meurtre a eu lieu.

Les similitudes entre les deux derniers films de Lucas Belvaux existent bel et bien : dans les deux cas, ces hommes ont vécu un moment particulièrement difficile mais ce n'est rien à côté des ennuis qui ont lieu après le drame vécu. A chaque fois, le retour à la vie normale n'est pas possible.
Dans 38 témoins, la vie de Pierre Morvand devient encore plus insupportable lorsque ses voisins comprennent que c'est lui qui a parlé à la police et qui les a mis dans une situation difficile. Il devient un paria pour ces voisins et même sa compagne qui déclarait au début du film qu'elle lui pardonnerait tout (« je t'aimerai toujours ») finit par le quitter quand elle comprend la façon dont il s'est comporter le jour du drame.
A cet égard, la reconstitution du drame dans le film est sans nul doute une des scènes les plus éprouvantes qui constitue des preuves accablantes contre ceux qui s'étaient jusque-là réfugiés dans le mensonge.
N'ayons pas peur des mots, 38 témoins est un film qui met particulièrement à mal la condition humaine. Il ne fait que révéler les pires travers de l'être humain : la lâcheté et le mensonge sont des attitudes que l'on observe avec un certain dégoût.
Pour autant, la question à se poser est de savoir ce que l'on ferait si se trouvait dans la même situation que ces gens. Jouerait-on les héros ou resterait-on chez soi, par peur ?
Le personnage du procureur (interprété avec beaucoup de justesse par l'acteur Didier Sandre) est symptomatique de l'état de notre société. Il dit à la journaliste de laisser tomber car au final elle découvrira quelque chose qui est totalement attendu : le fait que les gens sont « lâches et indifférents ».
Dans ce film, sur un rythme assez lent qui peut déconcerter certains spectateurs, le cinéaste Lucas Belvaux porte un regard très sombre sur la condition humaine et signale dans le cas d'espèce que la non-assistance à personne en danger peut avoir des conséquences irréparables.
Le personnage de Pierre Morvand, brillamment joué par Yvan Attal, est révélateur à lui tout seul des maux qui touchent ces personnes rongées par la culpabilité. Il préfère être lynché par les médias (le titre « La honte » du journal qui évoque cette affaire ne fait pas dans la demi-mesure) et donc jugé par la société plutôt que de continuer à vivre dans le silence et le mensonge comme une âme en peine. En tout état de cause, il est entre deux eaux et comme il le dit lui-même, il n'existe plus.
38 témoins est un film qui n'est pas du tout aimable. C'est en outre un film qui n'est pas franchement facile d'accès. Cependant, c'est un film très profond et qui peut s'enorgueillir d'une distribution de qualité. Rien que pour cela, c'est sans conteste un film à voir.

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19.04.12

06:19:52, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Hellraiser : révélations

Réalisateur
 : Victor Garcia

Date de sortie du film au cinéma : inconnue

Durée du film 
: 75 minutes

Avec : Stephan Smith Collins (Pinhead), Nick Eversman (Steven Craven), Jay Gillespie (Nico Bradley), Tracey Fairaway (Emma Craven), etc.

Par Nicofeel

Si certaines sagas horrifiques semblent quasi infinies, à l'instar des nombreux opus des Vendredi 13, et Halloween, celle d'Hellraiser n'est pas mal placée.
Auteur de Mirrors 2, le cinéaste Victor Garcia réalise ainsi le neuvième épisode de la saga Hellraiser ! Seulement, depuis le premier film signé Clive Barker, la qualité de cette franchise a clairement baissé, pour ne pas dire qu'elle s'est effondrée. A tel point que les premiers films, qui bénéficiaient d'une sortie en salles, sont désormais limités à une sortie en direct-to-video.
Ce neuvième chapitre, intitulé Hellraiser : révélations nous permet rapidement de comprendre que le film ne risque pas de relever fondamentalement le niveau de la saga. On voit au début deux jeunes qui s'amusent à se filmer et ne pensent qu'à « baiser » en se rendant au Mexique. On fait bien dans la finesse avec notamment ce propos qui mérite d'être signalé : « on saute la première fille qui les écarte. »
Évidemment, l'un des jeunes, Nico, va avoir la bien mauvaise idée d'utiliser la fameuse boîte qui, si elle est ouverte, conduit celui qu'il l'a ouvert dans un monde de souffrance, où résident des monstres, les cénobites.
L'action du film est censée se dérouler en partie au Mexique et l'autre dans une sorte de huis-clos avec la famille des deux jeunes, qui est réunie dans une maison.
On ne délivrera pas la médaille d'or de l'originalité au scénariste du film car celui-ci repompe allègrement certains des éléments fondamentaux d'Hellraiser, premier du nom. Du coup, ce qui pourrait apparaître comme un « twist » est finalement attendu pour ceux qui connaissent le premier film de la saga, qui est au demeurant l'opus le plus connu.
Non seulement le repompage est évident avec ce personnage qui a besoin de se régénérer, mais en outre on constate que le réalisateur Victor Garcia n'arrive pas à faire ressentir l'ambiance malsaine d'Hellraiser, faite de ce mélange détonnant entre sexe et violence.
Ici, les rares scènes de sexe donnent surtout l'impression de vouloir répondre à un cahier des charges qu'à une véritable réflexion sur la violence et le sexe.
Par ailleurs, certaines scènes sont complètement illogiques : ainsi, lorsqu'une jeune femme est tuée (accidentellement?), on se demande ce qui pousse les deux jeunes à rester bien sagement dans un bar et à siroter de l'alcool. De plus, le coup du père de famille qui se met à tirer sur un étranger est un peu stupide. Et ce d'autant plus que l'étranger réussit à se relever et à le scalper ! On a l'impression que l'on se situe dans le grand n'importe quoi.
Pour ne rien arrangé, les acteurs, tous inconnus, ne sont pas franchement transcendants. A cet égard, on regrettera que le rôle du cultissime Pinhead ne soit plus tenu par Doug Bradley mais par le peu charismatique Stephan Smith Collins.
Cela étant dit, tout n'est pas à jeter dans Hellraiser : révélations. Le dernier quart-d'heure offre son lot de scènes gore. Certes, cela n'est pas très fin et très logique mais au moins cela peut apporter une certaine satisfaction pour les amateurs de films d'horreur. De plus, le film ne fait pas dans le happy end.
En synthèse, Hellraiser : révélations n'est pas un franc succès. C'est un film d'horreur pas très bien filmé qui prend un peu trop comme référent Hellraiser premier du nom. A priori, seuls les fans de la saga d'Hellraiser peuvent y trouver un centre d'intérêt. Les autres sont invité à passer leur chemin, à moins qu'ils ne disposent pas de film d'horreur digne de ce nom à regarder.

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18.04.12

05:30:00, Catégories: Test / Critique  

Par Nicore

Eugénie… the story of her journey into perversion

Adaptation des écrits du Marquis de Sade et plus particulièrement de "La philosophie du boudoir", ce Eugenie… the story of her journey into perversion (à ne pas confondre avec l'autre "Eugénie" également réalisé par Jess Franco) va permettre au réalisateur espagnol de nous livrer une œuvre soignée, sensuelle mais jamais vulgaire qui en outre va bénéficier de la présence d'un casting remarquable pour s'appliquer à respecter un esprit sadien qui va envelopper l'ensemble du métrage.

Le script va laisser une jeune fille pure tomber entre les mains d'adeptes du Marquis de Sade qui vont s'amuser à la pervertir en profondeur.

Eugénie… the story of her journey into perversion

Dans son introduction, le métrage va avancer une femme, Madame de St Ange, en pleine lecture, ce qui nous vaudra une visualisation d'une cérémonie païenne prônant le vice et la recherche du plaisir que raison de vivre avec les discours du maître de cérémonie, Dolmance, pour une première séquence assez graphique qui osera même devenir vaguement saignante lors de ce sacrifice humain, mais surtout envoûtante et troublante, avec en plus cette mise en scène efficace du réalisateur qui utilisera déjà ce filtre rougeâtre du plus bel effet.

Eugénie… the story of her journey into perversion

Ensuite l'intrigue va nous présenter Eugénie, une demoiselle victime de sa mère inquisitrice qui voudra absolument savoir à qui Eugénie téléphonait lorsque celle-ci aura appelé Madame de St Ange, qu'elle aura rencontré peu de temps auparavant lors d'une réception, pour alors laisser le père d'Eugénie être lui aussi victime des questions de sa femme lorsqu'il quittera la demeure familiale pour se rendre à un important rendez-vous. Rendez-vous important certes, puisqu'il s'agira de retrouver dans une maison de passe Madame de St Ange pour un ébat sexuel qui sera certes présenté sans fard mais sans pour autant devenir salace, laissant ainsi Madame de St Ange exprimer ce qu'elle présentera comme un caprice, à savoir faire accepter au père d'Eugénie que sa fille vienne passer un week-end sur son île comme elle l'avait promis à Eugénie. Bien entendu et emporté dans le feu de la passion le père de la jeune fille acceptera.

Eugénie… the story of her journey into perversion

Eugénie pourra donc se rendre chez Madame de St Ange en bateau tandis que nous découvrirons alors le demi-frère de la propriétaire des lieux, Mirvel, un homme visiblement plus qu'intéressé par Eugénie et qui aura demander à sa sœur de s'arranger pour la faire venir sur l'île, laissant Jess Franco commencer à nous dévoiler les rouages d'un plan parfaitement huilé destiné à satisfaire les envies de ce Mirvel qui ne se cachera pas pour tout de suite déclarer à Eugénie tout l'intérêt qu'il lui porte. Mais la jeune fille n'en fera pas cas et au contraire semblera bien s'amuser de ce début de week-end en compagnie d'une Madame de St Ange prévenante.

Eugénie… the story of her journey into perversion

Les choses "sérieuses" ne vont alors pas tarder à commencer progressivement pour une Eugénie qui va d'abord feuilleter un livre du Marquis de Sade pour se faire surprendre par Mirvel avant que Madame de St Ange lui propose d'aller prendre un bain au cours duquel elle va lascivement savonner Eugénie avant de commencer à l'initier aux plaisirs saphiques pour une séquence majestueusement sensuelle et qui jouera sur la plastique affolante des deux actrices en présence, le tout sous les regards envieux d'un Mirvel embusqué.

Eugénie… the story of her journey into perversion

Mais cela ne constituera qu'une entrée en matière pour Eugénie qui plus tard sera droguée au cours d'un repas pour ensuite pouvoir laisser Madame de st Ange et Mirvel se livrer à un ébat à trois avec elle endormie, pour une nouvelle scène plastiquement maîtrisée et percutante, ce que Madame de st Ange fera plus tard passer pour un rêve qu'Eugénie aura trouvé terrifiant mais également merveilleux tandis qu'elle sera une seconde fois endormie (cette fois-ci par des cigarettes turques), laissant Mirvel et Madame de St Ange la caresser mais avec cette fois-ci l'arrivée des amis sadien appartenant à la même secte qu'eux , ce qui va faire alors dériver la séquence vers la violence avec coups de fouets et de fléaux d'armes qui martyriseront la pauvre Eugénie. La suite de l'intrigue va laisser le meurtre venir se mêler aux plaisirs teintés de douleurs pour achever de transformer Eugénie qui aura perdu toute sa pureté dans l'affaire et devra même subir un dernier acte certes n'allant jamais bien loin dans la violence graphique mais qui sera sévère psychologiquement avec la demoiselle, surtout qu'un twist final peaufiné par Dolmance viendra clore le métrage sur une note terriblement sadique et machiavélique qui aurait été largement appréciée par le Marquis.

Eugénie… the story of her journey into perversion

Jess Franco se sera idéalement appliqué pour donner au métrage un aspect esthétique jamais démenti qui trouvera son apothéose lors de ces séquences quasiment oniriques auréolées de ce filtre rouge édifiant et qui parviendront à bluffer le spectateur avec en plus ces flous volontaires insistant sur l'état second de lequel se trouvera Eugénie, mais le réalisateur se sera également appuyé sur ses actrices pour magnifier certaines séquences tandis que d'autres se montreront cruelles et même parfois sadiques avec une volonté d'exprimer cette violence dont sera victime Eugénie.

Eugénie… the story of her journey into perversion

Et justement l'interprétation sera vraiment performante, avec déjà la renversante Marie Liljedahl qui symbolisera une pureté bien vite ébréchée tout en nous gratifiant de scènes de nudité affolantes, tandis que Maria Rohm ne sera pas non plus avare de ses charmes, laissant à Jack Taylor le rôle de Mirvel tout à son aisance et que nous retrouverons brièvement un autre habitué des œuvres de Jess Franco, Paul Muller. Mais le petit "plus" sera apporté par la présence de Christopher Lee jouant un Dolmance charismatique et inquiétant, rôle que l'acteur à accepté par obligation envers son producteur tout en s'étant dit par la suite outré d'avoir participé à un film dont il n'avait soi-disant pas saisi la teneur érotique.

Eugénie… the story of her journey into perversion

Donc, ce Eugénie… the story of her journey into perversion sera une œuvre de premier choix dans la filmographie de Jess Franco, ce dernier ayant été véritablement inspiré pour raconter cette histoire sadienne esthétique, sensuelle et au final troublant et douloureux !

Eugénie… the story of her journey into perversion

Le DVD de Zone 0 américain édité par Blue Underground avancera une image juste quelque peu granuleuse, tandis que la bande-son sera appréciable avec une partition musicale doucereuse adaptée, le métrage étant ici disponible dans une version anglaise mais surtout dans sa version française. Au niveau des bonus, on pourra suivre des passionnantes interviews de Jess franco, du producteur Harry Alan Towers, de l'actrice Marie Liljedahl et de Christopher Lee, la bande-annonce d'époque, une imposante galerie d'affiches et de photos du film ainsi de la biographie de Jess Franco.

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17.04.12

05:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Paperhouse

Réalisateur : Bernard Rose

Origine
 : Royaume-Uni

Durée du film : 92 minutes

Avec
 : Charlotte Burke (Anna Madden), Elliott Spiers (Marc), Glenne Headly (Kate Madden), Ben Cross (monsieur Madden), etc.

Par Nicofeel

Avant de mettre en scène le film Candyman (1992) qui constitue son film le plus célèbre et probablement son chef d'oeuvre, Bernard Rose s'était déjà attaqué à une oeuvre fantastique pour le moins singulière.
C'est précisément Paperhouse qui lui a d'ailleurs permis de se faire connaître. Le synopsis du film est assez original : une fille de onze ans, Anna, a quelques difficultés dans ses relations à l'école. Elle choisit alors de s'évader de son quotdien en simulant un évanouissement. Elle s'évade de son quotidien en se mettant à rêver.
Ses rêves sont plus que particuliers dans la mesure où elle évolue dans un environnement qu'elle a dessiné sur un papier dans la réalité. Elle aborde ainsi en rêve la maison (le film ne s'appelle pas Paperhouse sans raisons) et le petit garçon malade, Marc, qu'elle a créé de toutes pièces.
Ce film alterne constamment scènes rêvées et scènes du quotidien durant lesquelles Anna est le plus souvent avec sa maman. Pas besoin de bénéficier d'un gros budget pour créer une ambiance étrange et donner une tonalité fantastique à un film. Le réalisateur Bernard Rose a la solution. Ici, ce sont simplement la façon dont sont montées les scènes et les différences au niveau de la photographie qui permettent de savoir si l'on est dans le rêve ou au contraire dans la réalité.
Là où le film devient franchement enthousiasmant, c'est lorsque l'on comprend que certains choix d'Anna concernant son dessin ont non seulement des répercussions dans son rêve mais aussi dans son quotidien. L'exemple le plus frappant est celui du petit garçon malade qui existe vraiment dans la réalité et dont l'évolution de la santé dépend de ce que va faire Anna.
Paperhouse peut être vu comme une sorte de conte pour adultes. On tremble pour notre petite héroïne et pour Marc lorsque ceux-ci sont attaqués par le père d'Anna venu se venger par le fait qu'Anna l'a rendu avenugle dans son rêve.
On notera que l'environnement rêvé a des couleurs de plus en plus sombres et le jour n'est plus représenté. Tout cela laisse craindre le pire, surtout que les blessures d'Anna dans son rêve se matérialisent dans la réalité. Cela dit, Bernard Rose est plus optimiste dans son film que dans Candyman. Car si tout le monde ne sort pas indemne de Paperhouse, le réalisateur montre tout de même à la fin du film une famille recomposée, ce qui n'était pas le cas au début du film.
Paperhouse peut aussi être vu comme un film métaphorique représentant le passage obligé d'une jeune fille qui doit passer du monde de l'enfance (Anna s'endort avec son nounours ; elle ne s'intéresse absolument pas aux garçons) à celui de l'adolescence. Ce n'est pas un hasard si l'on voit dans les dernières scènes du film un moment privilégié et apaisé où Anna embrasse Marc.
Paperhouse marque également l'acceptation d'Anna de vivre au milieu d'adultes, ce qu'elle n'appréciait guère jusque-là.
Les acteurs du film, que ce soient les enfants ou les adultes, sont tous très bons dans leurs rôles respectifs, et véhiculent avec brio le côté émotionnel nécessaire au film.
La musique renforce quant à elle tantôt l'aspect mélancolique tantôt la tension du film.
La mise en scène de Bernard Rose est quant à elle parfaite, étant d'une grande fluidité et contribue au passage « naturel » entre les scènes rêvées et les scènes du quotidien. A cet effet, les raccords entre les scènes sont toujours très bien vues.
Au final, Paperhouse constitue un film réussi sur le monde de l'enfance. C'est un long métrage étonnant et éminemment personnel qui prouve déjà tout le savoir-faire d'un Bernard Rose qui excelle dans le registre fantastique. Le cinéaste devrait d'ailleurs se cantonner à ce genre qui lui sied à merveille.

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16.04.12

05:00:00, Catégories: Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Une petite fille effrayée par une villa trop silencieuse. Une adolescente attirée par de mystérieuses présences rôdant dans son village. Une femme qui revient défier ses fantômes sur les lieux de son enfance. Les trois âges clés de la vie tourmentée d’Ana. Un voyage charnel entre réalité et fantasmes oppressants où plaisir et douleur s’entrecroisent...

Mon avis :

Pour leur premier long-métrage, Hélène Cattet et Bruno Forzani continuent sur leur lancée entamée via différents courts-métrages, en nous offrant un étrange mélange de film expérimental et de giallo.
"Amer" n'est pas un film facile d'accès et il est préférable de bien connaître les codes de ce genre bien particulier, né en Italie dans les années 60, pour appréhender correctement le film.

L'histoire se décompose en trois parties, montrant les peurs, les désirs intimes et la découverte du corps d'Ana à trois périodes de sa vie. Dès la première partie, qui se déroule durant son enfance, les metteurs en scène utilisent de nombreux éléments tirés de l'univers des gialli, alors que le sujet n'est a priori pas un thème giallesque. Ils utiliseront d'ailleurs tout au long du film des musiques tirées de divers gialli, avec des bandes-son signées entre autres par Ennio Morricone, Bruno Nicolai et Stelvio Cipriani. Des musiques absolument splendides jouant un rôle essentiel dans le film. Il utiliseront également divers autres éléments utilisés dans ce style de films comme les armes blanches, les gants noirs, un tueur masqué ou encore le voyeurisme, le tout tinté d'érotisme avec des cadrages et un découpage comme on peut en trouver dans divers films du genre. Au niveau de la thématique, seule la dernière partie, celle se passant à l’âge adulte, se rapprochera vraiment des thèmes courants que l'on peut voir dans ces thrillers italiens. Ce qui fait que le film risque fort de déstabiliser certains amateurs, alors que d'autres, comme moi-même, seront à coup sûr complètement fascinés.

Sans être un vrai giallo, "Amer" lui rend un vibrant hommage. C'est une œuvre sensuelle et fascinante, un film à part qui mérite d'être découvert. Alors comme dirait François Cognard (producteur notamment du film), enter into the Néo Bis!

Pour ma part, il me tarde de voir "L'étrange couleur des larmes de ton corps", leur prochain film dont le titre est absolument splendide et plein de promesses!

En attendant, si vous êtes un aficionado du giallo ou que vous êtes simplement curieux, différentes éditions s’offrent à vous pour découvrir cet OFNI. Pour l’avoir testé, je peux vous conseiller le Blu-ray anglais d'Anchor Bay, qui offre de très belles performances techniques en plus de nous permettre de découvrir quatre des cinq courts-métrages signés par Hélène Cattet et Bruno Forzani, contrairement au DVD français sorti chez Wild side video, qui n'en contient malheureusement que un. De plus, cette édition est accompagnée d’une jaquette réversible (le deuxième jaquette qui se trouve au verso est celle du gagnant d’un concours) et contient en plus un petit poster reprenant la splendide affiche du film.

Un Blu-ray allemand est également sorti sous forme d'un mediabook contenant un livret de 16 pages et également les quatre même courts-métrages. Le Blu-ray américain contient quant à lui les cinq courts-métrages et serait de plus non zoné d'après certaines sources, mais n'ayant pas encore pu vérifier, je ne peux vous le conseiller pour le moment... Il existe enfin diverses éditions DVD aux États-Unis, en Allemagne, en Hollande etc... dont certaines se démarquent des autres par leur packaging ou des bonus intéressants comme le très joli DVD digipack slim de l’édition belge qui contient le court métrage "Chambre jaune" et surtout "Santos palace", court absent du Blu-ray anglais ou allemand, constituant ainsi un complément intéressant pour les possesseurs d’un de ces deux Blu-ray. Le DVD suédois de Njutafilms contient quant à lui en bonus une comparaison d’une scène avec la version du story-board en plus de la bande annonce, alors que le DVD espagnol offre en complément le court métrage "Dos manos zurdas y un racimo de ojos manchados de gris" de Antonio Trashorras, scénariste entre autres de "L'échine du diable"...

Si toutefois, l'édition française éditée par Wild side video vous suffit, voici des liens utiles pour vous permettre de vous la procurer : cliquer ici

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15.04.12

05:00:00, Catégories: Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Coplan se rend à Istanbul pour aider une ancienne maîtresse, mais elle est assassinée. Poussé par un désir de vengeance, il affronte le redoutable Saroghu, qui tente de l'anéantir au cours d'une chasse à l'homme...

Mon avis :

Après avoir été assistant réalisateur sur des films comme "Le Colosse de Rhodes" de Sergio Leone, "Paris brûle-t-il ?" de René Clément ou encore "Coplan ouvre le feu à Mexico" de Riccardo Freda, Yves Boisset ("Dupont Lajoie", "Le Prix du danger", "Canicule") se voit confier son premier long-métrage en tant que réalisateur avec "Coplan sauve sa peau", nouvelle adaptation de la série de romans d'espionnage créée par Paul Kenny. Cet épisode s'inspire de "Coplan paie le cercueil" et s'il ne signe pas un chef d'oeuvre, Boisset nous offre tout de même une sympathique série B où son talent de metteur en scène saute tout de suite aux yeux.

Le scénario de "Coplan sauve sa peau" est des plus simple et le personnage de Francis Coplan ne rivalisera à aucun moment avec James Bond ou OSS 117, d'autant plus que Claudio Brook ("L'Ange exterminateur", "La Grande vadrouille", "Permis de tuer", "Cronos") qui l'incarne ici, ne casse pas des briques dans ce rôle. Le film suscitera d'ailleurs plus d'intérêt par ses seconds rôles interprétés notamment par Bernard Blier ("Hôtel du Nord", "Les Tontons flingueurs", "Buffet froid"), Klaus Kinski ("Aguirre, la colère de Dieu", "Le Grand Silence", "Nosferatu, fantôme de la nuit") ou encore Jean Topart ("Rocambole"), que par son acteur principal. Mais ce sont surtout les jolies actrices du film qui capteront notre attention comme Margaret Lee ("Liz et Helen", "La clinique sanglante") et Nanna Michael ("Galia", "Portrait-robot"), qui marquera les esprits dans cette scène où elle chevauche un cheval, vêtue de cuir noir avec un faucon au bras et où elle se met ensuite en maillot de bain pour aller affronter sa proie (le héros!) lors d'une longue chasse à l'homme probablement influencée par "Les Chasses du comte Zaroff"... D'ailleurs ce ne sera pas la seule référence à ce classique, puisque Hugo Gensbach, le méchant du film interprété par Hans Meyer ("La Grande Vadrouille", "Les Aventuriers", "Le Pacte des loups") habitera aussi une forteresse. Le film est par contre parfois assez laborieux, mais cette scène de chasse assez longue, sera plutôt inattendue pour un long-métrage sensé être d’espionnage, de même que la violence de certaines scènes ou encore cette fin virant limite au fantastique...

"Coplan sauve sa peau" reste un film mineur dans la filmographie de Yves Boisset, mais c'est tout de même une petite série B d’aventure, pas désagréable à regarder, malgré quelques longueurs, grâce notamment au talent de son metteur en scène et à la plastique de ses actrices...

Si vous désirez voir ce film en DVD, sachez qu'il est sorti en Allemagne sous le titre "Der Teufelsgarten" avec la piste française sans sous-titres allemands dessus. Cette édition, malgré une image présentant pas mal de défauts, reste très convenable. Le film est présenté au format 1.66:1, 16/9ème avec des pistes 2.0 en français donc et en allemand et deux galeries photos en bonus.

Il est à noter également pour les collectionneurs que le film a fait l'objet d'une édition limitée à 99 exemplaires en Hardbox chez X-Rated Kult DVD, avec les mêmes caractéristiques.

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14.04.12

05:00:00, Catégories: Top 10  

Par Zardi

Il y a une semaine se terminait le top des 20 meilleurs westerns dont le résultat a été publié et commenté sur ce blog. Voici les 20 métrages primés :

1. Il était une fois dans l'Ouest de Sergio Leone
2. Le bon, la brute et le truand de Sergio Leone
3. Rio Bravo d'Howard Hawks
4. Danse avec les loups de Kevin Costner
5. Impitoyable de Clint Eastwood
6. Les sept mercenaires de John Sturges
7. L'homme qui tua Liberty Valance de John Ford
8. Le dernier des Mohicans de Michael Mann
9. Il était une fois la révolution de Sergio Leone
10. La horde sauvage de Sam Peckinpah
11. Le train sifflera trois fois de Fred Zinnemann
12. Mon nom est personne de Sergio Leone et Tonino Valerii
13. La prisonnière du désert de John Ford
14. La chevauchée fantastique de John Ford
15. Et pour quelques dollars de plus de Sergio Leone
16. La poursuite infernale de John Ford
17. L'homme des hautes plaines de Clint Eastwood
18. Open range de Kevin Costner
19. Pale rider de Clint Eastwood
20. La conquête de l'Ouest de John Ford

Chacune des photos suivantes correspond à un film de la liste ci-dessus. A vous de les reconnaître. Toutefois un intrus s'est glissé dans la série d'images, il correspond à un métrage connu que vous n'aurez pas de mal à identifier.
Bon jeu.
Les solutions sont à la fin de l'article après les photos.

Photo 1
Photo 2

Photo 3

Photo 4

Photo 5

Photo 6

Photo 7

Photo 8
Photo 9
Photo 10
Photo 11

Photo 12

Photo 13

Photo 14

Photo 15

Photo 16
Photo 17

Photo 18
Photo 19
Photo 20
Photo 21

Solutions
Photo 1 : Les sept mercenaires
Photo 2 : La poursuite infernale
Photo 3 : Le dernier des mohicans
Photo 4 : Pale rider
Photo 5 : Et pour quelques dollars de plus
Photo 6 : Mon nom est personne
Photo 7 : Il était une fois dans l'ouest
Photo 8 : La conquête de l'ouest
Photo 9 : La horde sauvage
Photo 10 : Le train sifflera 3 fois
Photo 11 : Il était une fois la révolution
Photo 12 : La prisonnière du désert
Photo 13 : Little big man
Photo 14 : Rio Bravo
Photo 15 : L'homme des hautes plaines
Photo 16 : Impitoyable
Photo 17 : Le bon, la brute et le truand
Photo 18 : Open range
Photo 19 : L'homme qui tua Liberty Valance
Photo 20 : Danse avec les loups
Photo 21 : La chevauchée fantastique

N'hésitez pas à faire des commentaires.

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13.04.12

05:00:00, Catégories: Test / Critique  

Par Nicore

Girls in chains

Malgré son intrigue puisant aisément ses inspirations dans Psychose pour son twist éventé ou encore lorgnant du côté de Massacre à la tronçonneuse pour sa famille de dégénérés, ce Girls in chains (au titre original de Schoolgirls in chains, impensable aujourd'hui car pouvant prêter à confusion !) va réussir à développer suffisamment de situations sordides (mais pour autant souvent plutôt souriantes dans leur contexte) pour devenir assurément jouissif et décadent mais en restant au final assez sage côté érotisme et encore plus au niveau d'un aspect sanglant définitivement absent.

Le script va suivre les méfaits de deux frères (dont un attardé mental) qui kidnappent des jeunes filles et les enferment dans une cave afin de pouvoir "jouer" avec elles.

Girls in chains

Après un générique promenant la caméra sur une collection de poupées, le métrage va rapidement introduire ses deux personnages principaux, Frank et son frère John pour une très courte séance de coupe de cheveux avant de véritablement lancer l'action puisque les deux frères vont prendre leur voiture pour aller faire un tour (en achevant de présenter John comme un attardé mental) et comme par hasard tomber sur une demoiselle en panne. John Caché à l'arrière, Frank pourra courtoisement aller proposer de l'aide à cette jeune femme, Sue, afin de l'emmener chez un garagiste. Mais bien entendu au lieu de cela, Frank va quitter la route principale sous les regards d'une Sue commençant à comprendre que quelque chose ne tourne pas rond et voudra descendre, surtout lorsque John sortira de sa cachette. Un arrêt forcé à un passage à niveau donnera une opportunité à Sue de quitter les deux hommes mais elle sera poursuivie et rattrapée par John lors d'une séquence assez remarquablement mise en scène.

Girls in chains

Arrivés chez eux, les deux frères vont faire descendre Sue dans une cave où elle fera la connaissance de deux autres demoiselles enlevées, Ginger et Stevie, cette dernière restant alitée avec une pneumonie. John ne tardera pas à aller chercher son nouveau jouet dans la cave et emmènera donc Sue dans les bois pour jouer à cache-cache, Sue ayant trouvé ce prétexte pour s'enfuir. Mais après une course folle rythmée par une partition musicale étrange, ce sera Frank qui mettra fin à la fuite de Sue en lui tirant alors qu'elle s'approchait de la civilisation, pour une seconde séquence orchestrée de manière impactante.

Girls in chains

Cette entame du métrage aura permis au réalisateur de bien poser la situation de ces deux frères vivant sous la coupe d'une mère autoritaire à qui ils obéiront plus ou moins (John se cachant par exemple pour aller jouer avec Sue), pour ensuite laisser des événements sordides s'exposer avec notamment les jeux de ce John attardé qui s'amusera à aller espionner une étudiante lors de ses rendez-vous galants avec son professeur de psychologie (nous gratifiant au passage d'une petite scène sensuelle guère graphique) et surtout ira jouer au docteur dans la cave avec Ginger pour laisser cette fois-ci un aspect quelque peu malsain et salace s'installer surtout que John aura tendance à aller chercher le pouls sur les seins de Ginger quand il se lui fera pas une piqûre sur les fesses, mais là aussi le métrage n'ira jamais bien loin.

Girls in chains

Par contre Frank sera lui tout à fait adulte lorsqu'il tentera de violer la pauvre Ginger, sans grand succès puisqu'il aura bien des tourments internes causés par l'activité incestueuse qu'il a connu avec sa mère comme il le racontera à Ginger lors d'un excellent flash-back bien déviant contant la rencontre de la seule petite amie qu'il a connu avec sa mère, ce qui mettra parfaitement en avant l'origine des troubles de Frank partagé entre son attirance pour les jeunes femmes et les recommandations de sa mère pour qui toutes les filles étaient mauvaises.

Girls in chains

Plus tard leur mère autorisera John à aller avec Frank kidnapper Bonnie, cette étudiante qui faisait tant rêver John et qu'il suivait régulièrement, afin d'en faire un nouvel et dernier jouet, mais évidemment, les choses vont mal tourner, le petit ami de Bonnie ne tardera pas à retrouver la trace de Frank et Bonnie va réussir à s'échapper pour n'être reprise que par John avec qui elle va se mettre à jouer à des jeux "innocents" mais qui autoriseront le réalisateur à nous offrir de splendides plans orientés sur la semi nudité de Bonnie. Hélas, le final ne se montrera pas vraiment à la hauteur, an bâclant ce twist complètement éventé et en laissant une issue sommaire s'imposer sans aucune violence mais avec quand même un aspect poignant et tragique pour ce pauvre John qui n'aura pas dans sa petite tête compris qu'il faisait le mal.

Girls in chains

Le métrage va largement mettre en valeur cet attardé mental au visage bien volontaire pour se permettre plusieurs séquences érotiques et déviantes au sein d'une intrigue qui parviendra à se montrer généreuse en rebondissements et ne laisser aucun temps venir ralentir un rythme constant, ce qui viendra complètement palier le manque d'originalité global avec notamment cette resucée de Pyschose pour espérer surprendre avec ce twist anticipable dès le début du film, mais pour autant, une certaine volonté sordide s'installera sporadiquement avec ces jeunes filles kidnappées et parquées dans une cave misérable et alors qu'une cette Ginger sera victime en partie du syndrome de Stockholm au point de prendre en pitié Frank et de ne pas réussir à s'évader lorsqu'elle en aura l'occasion. Les deux personnages centraux seront assez bien travaillés pour mettre en avant leurs déficiences, arrivant même in extremis à rendre John pitoyable et même curieusement attachant dans la dernière séquence, tandis que les demoiselles qui serviront de victimes seront par contre assez lisses, sauf cette Ginger qui en plus n'hésitera pas à se sacrifier pour que John laisse tranquille sa compagne d'infortune malade.

Girls in chains

L'interprétation est assez savoureuse, avec notamment un John Parker excellent pour camper ce John attardé, tandis que Gary Kent en imposera un minimum dans le rôle de Frank, laissant la toute mignonne Suzanne Lund (dont ce sera hélas la seule apparition cinématographique) jouer Ginger et la non moins charmante Cheryl Waters s'exposer devant la caméra sous les traits de Bonnie. La mise en scène du réalisateur Donald M. Jones (plus connu pour son "slasher" intitulé "The forest") est inventive, parfois même surprenante et brillante pour agencer des plans sortant de l'ordinaire.

Girls in chains

Donc, ce Girls in chains sera vraiment agréable à suivre pour ses petites déviances sordides mais généralement souriantes et qui viendront compenser la teneur d'une intrigue guère innovante sur le fond !

Girls in chains

Le DVD de zone 1 édité par Exploitation Digital avancera une image quand même quelque peu meurtrie par les années pour une bande-son appréciable avec une partition musicale plaisante, le métrage étant ici proposé uniquement dans sa version anglaise, sans aucun sous-titres. Au niveau des bonus, on pourra suivre une passionnante interview du réalisateur et de son acteur Gary Kent, une assez conséquente galerie de photos, la bande-annonce d'époque suivie par celles d'autres titres de l'éditeur.

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12.04.12

05:00:00, Catégories: Test / Critique  

Par Nicore

Baba Yaga

Inspiré d'une bande dessinée à tendance S&M, ce Baba Yaga va se montrer un brin psychédélique pour nous conter une sombre histoire de domination à tendance démoniaque et lesbienne, en incluant ainsi des éléments oniriques au symbolisme fort qui vont faire quelque peu oublier un certain manque de rigueur dans l'enchaînement et dans la narration de l'intrigue.

Le script va laisser une jeune photographe être envoûtée par une sorcière répondant au nom de Baba Yaga.

Baba Yaga

Dans son introduction le métrage va s'attacher à nous présenter son personnage principal, Valentina, une demoiselle photographe de mode que nous découvrirons alors qu'elle arrivera à une soirée donnée entre artistes pour les laisser quelque peu converser sur leur condition avant que Valentina décide de quitter l'endroit, accompagnée par son petit ami Arno à qui elle se refusera pour préférer rentrer seule chez elle. Ce sera sur ces faits qu'elle va faire une rencontre appelée à bouleverser sa vie. En effet, en voulant sauver un chiot qui allait se faire écraser par une voiture de luxe roulant à vive allure, Valentina va donc rencontrer la conductrice, qui se présentera sous le nom de Baba Yaga et qui imposera presque à Valentina de la ramener chez elle pour en plus lui "emprunter" sans lui demander son avis une pince de sa jarretelle. Le métrage laissera d'entrée planer une aura mystérieuse autour du personnage de Baba Yaga, avec se tenue de veuve et ses paroles pleines d'énigmes.

Baba Yaga

Valentina va alors rentrer chez elle pour faire un premier rêve symbolique puisqu'elle se verra entourée de nazis et devant sauter dans un trou sans fond, pour se faire réveiller le lendemain tardivement par l'arrivée d'un modèle venant faire une séance de photographies plus ou moins osées et dénudées qui sera interrompue par l'arrivée de Baba Yaga revenant rendre la pince à Valentina tout en étant déçue de ne pas pouvoir la remettre à sa place, puisque Valentina ne portera rien sous son pull, pour repartir non sans avoir amoureusement tripoté l'appareil photo de Valentina et laissé son adresse à Valentina pour l'inviter à se rendre chez elle.

Baba Yaga

Ensuite l'intrigue va sporadiquement s'intéresser au couple formée par Valentina et ce Arno, réalisateur plus ou moins underground, afin de charger le métrage d'une tension érotique assez originale en mêlant bande dessinée et réalité, pour uniquement ensuite commencer à faire survenir des événements étranges dans la vie de Valentina, avec d'abord ce modèle qui sera pris de malaise après que Valentina ait commencé à la prendre en photo, comme si l'appareil était "hanté, ce qui sera confirmé plus tard lorsqu'elle tentera de prendre un cliché d'un "Jésus" hippie dans la rue, mais avant cela Valentina aura fait une visite chez Baba Yaga. Cette visite sera assez troublante, avançant une Baba Yaga bien calme et qui va laisser Valentina faire des photos d'art chez elle, tandis qu'elle va jouer avec des runes en bois avant de lui offrir une poupée drôlement vêtue puisqu'elle rappellera l'univers S&M, Valentina s'apercevant en développant les photos prises chez Baba Yaga ne correspondent pas la réalité de ce qu'elle pensait avoir capturé avec son objectif.

Baba Yaga

La suite de l'intrigue va continuer sur le même mode bizarre et peuplé de ces visions surréalistes des rêves de Valentina, tandis que la poupée s'avérera être un cadeau empoisonné et qui va déclencher la visite finale de Valentina chez baba Yaga, tandis que Arno, mis également en alerte va lui aussi se rendre chez Baba Yaga pour essayer de sauver sa dulcinée, laissant alors la métrage devenir bien envoûtant et suffocant pour un dernier acte qui va avancer un univers S&M réel teinté de surnaturel démoniaque tout en ne nous offrant qu'une explication finale attendue et quelque peu décevante.

Baba Yaga

Mais avant cela le métrage aura avancé tout une imagerie érotique assez disparate mais suffisamment forte pour troubler le spectateur, entre ces séquences oniriques en uniformes et ces séance de photos érotiques largement visualisées, tandis que l'emprise de baba Yaga sur Valentina se fera de plus en plus forte pour exploser lors d'un dernier acte où le fouet sera de sortie tandis que la poupée S&M va prendre vie sous la forme d'une magnifique jeune femme esclave de Baba Yaga.

Baba Yaga

L'aspect surnaturel pur sera quant à lui plus restreint pour jouer avec les codes de la sorcellerie de manière assez brumeuse avant également de prendre une tournure plus menaçante et efficiente au cours du final, ce qui contrastera évidemment avec l'ambiance "new age" dans laquelle le métrage va baigner avec aussi bien les décor de l'appartement de Valentina que les propos gauchistes des artistes rencontrés au cours du film au encore ce Jésus moderne. On pourra juste regretter un rythme assez inégal, parfois contemplatif lors de certaines séquences qui pourront presque paraître quelque peu prétentieuses ou sans réel intérêt au sein de l'intrigue, comme lorsque le réalisateur s'intéressera à ce Arno qui ne servira véritablement le film que lors du final, mais l'ensemble comportera suffisamment de scènes fortes et porteuses d'une symbolique énorme pour faire en partie oublier ces menus défauts de structure faisant verser le film dans un certain psychédélisme d'époque quelque peu désuet aujourd'hui.

Baba Yaga

L'interprétation est convaincante, portée par une Carroll Baker dominante et mystérieuse dans le rôle de Baba Yaga, tandis que Isabelle De Funès ne déméritera pas pour camper Valentina et que nous retrouverons avec plaisir George Eastman, l'aspect érotique du métrage étant assuré par des actrices charmantes dont la belle Ely Galleani. La mise en scène de Corrado Farina peinera donc à donner du rythme à l'ensemble tout en magnifiant le final et certains temps forts du film.

Baba Yaga

Donc, ce Baba Yaga restera une expérience étrange, parfois troublante et envoûtante mais en tout cas porteur de visuels forts bien qu'un brin psychédéliques !

Baba Yaga

Le DVD de zone 0 édité par Blue underground avancera une image nette, pour une bande-son appréciable grâce en partie à sa partition musicale en totale adéquation avec le métrage, celui-ci état proposé uniquement en version anglaise, sans sous-titres. Au niveau des bonus, on pourra regarder la bande-annonce du film, suivre quelques scènes coupées ou censurées (donc plus osées), une imposante galerie de photos et d'affiches du film, une passionnante interview du réalisateur Corrado Farina ainsi qu'un documentaire sur le métrage.

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11.04.12

05:40:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Bullhead

Réalisateur
 : Michael R. Roskam

Date de sortie au cinéma : 22 février 2012

Origine : Belgique

Durée du film : 2h09

Avec : Matthias Schoenaerts (Jacky Vanmarsenille), Jeroen Perceval (Diederik Maes), Jeanne Dandoy (Lucia Schepers), Robin Valvekens (Jacky âgé de 13 ans), etc.

Par Nicofeel

Premier long métrage du flamand Michael R. Roskam, Bullhead est ce que l'on pourrait appeler un polar agraire. En effet, il se déroule dans le milieu agricole.
Issu d'une famille d'agriculteurs dans le sud du Limbourg, Jacky Vanmarsenille est une figure importante dans le milieu du trafic des hormones, avec notamment l'aide que lui procure un vétérinaire corrompu. Alors qu'il est sur le plan de signer un contrat important et d'étendre son influence, Jacky doit au contraire se faire particulièrement discret suite au décès d'un policier fédéral. Car la police enquête et il fait partie des gens qui sont surveillés.
Le synopsis du film laisse entendre que l'on a à faire à une sorte de polar. Si l'enquête policière, qui est rondement menée correspond bien à la toile de fond du film, elle n'en constitue pas pour autant le sujet principal du film.
Toute cette histoire nous ramène au personnage de Jacky Vanmarsenille. Ce jeune homme de 33 ans apparaît comme quelqu'un de rustre et plutôt brutal, en tout cas en affaire. Et cela n'est pas spécialement dû au fait qu'il vit depuis son enfance dans un monde agricole qui paraît fermé. Non, en fait on apprend dans le film que Jacky doit faire chaque jour avec un terrible secret.
Le drame originel nous est raconté par le biais d'un flashback terrifiant qui ne cesse de hanter le quotidien de Jacky. Il faut dire qu'il y a de quoi être tourmenté. Lorsqu'il était âgé de 13 ans, Jacky s'est fait écraser ses testicules par un garçon plus âgé que lui. La scène est terrible à voir et elle explique beaucoup de choses.
Ainsi, on comprend mieux pourquoi s'injecte en permanence des anabolisants pour tenter de devenir ou à tout le moins de rester en apparence un homme comme les autres. La testostérone qu'il prend est une hormone stéroïdienne. Elle permet une augmentation de la masse musculaire. Elle joue un rôle dans le désir sexuel mais aussi dans l'agressivité.

Cette hormone préfigure bien toute la personnalité de Jacky. C'est un être frustré qui n'en a pas moins des désirs. Il est obligé à plusieurs reprises de refouler ses pulsions sexuelles et quand on le voit en train de fréquenter son amour d'enfance, on voit bien qu'il est dans un état second. Le réalisateur Michael R. Roskam filme notamment à merveille cette scène dans la boîte de nuit où Jacky arrive déterminé, désireux de ramener celle qu'il aime (ce sentiment est appuyé par des ralentis totalement justifiés). Mais il sait qu'il est un être castré et pour se donner du courage, il boit jusqu'à perdre la raison, les gros plans sur son visage étant admirables de sincérité.
L'acteur Matthias Schoenaerts qui joue le rôle de Jacky réalise une performance époustouflante. Il est parfait dans le rôle de cet homme qui d'un côté donne l'impression d'être une véritable force de la nature, un être dangereux, imprévisible, et d'un autre côté est une personne blessée dans sa chair et fragile sur le plan psychologique.
S'il est surnommé Tête de bœuf (traduction littérale en français du titre du film) par certains, cela n'est pas sans raisons. C'est bien entendu dû à son physique imposant. Mais c'est aussi une façon de rappeler qu'il est lié aux bœufs qui constituent son gagne-pain. En effet, il fait évoluer les bœufs en leur injectant des hormones. Ces bœufs deviennent ainsi gros plus rapidement et plus gras. De son côté, Jacky est une bête blessée qui s'injecte des anabolisants pour être un autre homme.
Mais on est toujours rattrapé par son passé, ce que déclare d'ailleurs en voix-off Matthias Schoenaerts au tout début du film (« tu te fais toujours couillonner »).
En ce sens, Bullhead est non seulement un polar agricole très intéressant – ce trafic d'hormones paraissant plus vrai que nature – mais aussi et surtout un terrible drame humain.
Le réalisateur Michael R. Roskam ne juge jamais son antihéros. Il a même une certaine compassion envers lui. Pourtant, Jacky est loin d'être un tendre. Certaines scènes sont d'une violence assez dure. On pense notamment à la scène où Jacky tabasse l'homme qui a passé la nuit avec son amour d'enfance ou bien évidemment la scène de l'ascenseur qui n'est pas sans rappeler la violence brutale aperçue dans l'excellent Drive de Nicolas Winding Refn.
Pour autant, la violence la plus terrible est bien celle que l'on ne voit pas : lors de la castration, on ne voit que le visage de Jacky et l'horreur est encore plus insoutenable.
Bullhead est un film qui prend à la gorge du début à la fin tant en raison d'un excellent scénario que d'un acteur principal remarquable.
Ce ne sont pas les seules qualités de ce film. On notera que pour un premier long métrage, Michael R. Roskam s'est montré particulièrement à son avantage. Son film est extrêmement maîtrisé d'un point de vue formel. On peut signaler entre autres la présence de très beaux ralentis (voir la scène dans la boîte de nuit) ; plusieurs travellings de qualité et un excellent plan-séquence dans l'hôpital psychiatrique qui donnent une dimension supplémentaire à Bullhead.
Si l'on ajoute la photographie aux couleurs sombres qui amplifie l'aspect dramatique du film, on comprendra que l'on tient là un film de tout premier plan. C'est le premier choc de l'année. Et sans nul doute l'un des films majeurs de 2012.

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10.04.12

05:45:00, Catégories: Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Le Dieu créateur s'est fait assassiné libérant ainsi les miracles sur Terre. Malheureusement les hommes ont abusé de ses mannes transformant la vie en chaos. Seules quelques personnes sont encore vivantes. Trois femmes arrivent dans un No man's land, montant dans une ancienne structure industrielle afin de retrouver l'assassin de Dieu...

Mon avis :

Pour son second long-métrage, Karim Hussain ("Subconscious Cruelty", "La belle bête", "The Theatre Bizarre") nous livre une œuvre hyper lente, tantôt onirique, tantôt très bavarde, risquant de laisser ses spectateurs quelque peu dubitatifs...

Le réalisateur canadien exploite ici au maximum l'architecture particulièrement intéressante d'une usine désaffectée pour créer un univers post-apocalyptique avec finalement peu de moyens, aidé en cela par une photographie très froide, utilisant le plus souvent une colorimétrie tendant vers les gris et les bleus. Le film est une interminable ascension d'un bâtiment pour trois femmes à la recherche de l'assassin de Dieu. Cette montée ne se fera pas sans difficulté, entre fatigue et vieillissement des protagonistes. L'histoire tourne essentiellement autour de ces trois femmes, interprétées par Marie-Josée Croze ("Ne le dis à personne", "Je l'aimais", "Un balcon sur la mer"), Ilona Elkin ("End of the Line", "Confessions d'un homme dangereux") et Barbara Ulrich ("Danny in the Sky"), qui au cours de leur ascension discuteront sur divers sujets existentiels (genre : As-tu déjà eu un orgasme?).

Il faut bien avouer qu'il faut s'accrocher pour suivre ce film assez complexe et où il ne se passe pas grand-chose. Heureusement quelques découvertes macabres, deux flash-back et une chanson ("Playgirl" de Ladytron, qui apporte ici une rupture de ton plutôt surprenante!) permettront de nous tenir éveiller... Pourtant le film ne sera pas inintéressant et intriguera malgré tout, incitant le spectateur à ne pas abandonner en cours de route. La fin laisse toutefois un peu pantois et au final on reste tout de même un peu sur notre faim...


"Ascension" est un film pas vraiment facile d'accès, complexe et particulièrement lent, mais en même temps tout de même assez fascinant. Ce n'est en tous cas pas le film que je vous recommanderai en premier pour découvrir l'univers si particulier de Karim Hussain...

Pour les plus curieux, l’édition suédoise de Njutafilms propose le film au format anamorphique Widescreen 1.78 :1, avec la piste originale anglaise en Dolby Digital Stéréo accompagnés de sous-titres suédois, danois, norvégiens et finlandais amovibles. Au niveau des bonus, on trouve un commentaire audio de Karim Hussain, un making of de 68 minutes, une bande originale inédite de 68 minutes, des scènes coupées ou alternatives, le court métrage "La dernière voix" de Karim Hussain et Julien Fonfrède, une galerie photos, un teaser et de nombreuses bandes annonces de l’éditeur dont celles des films de Karim Hussain.

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05.04.12

05:30:00, Catégories: Test / Critique  

Par Flo200

Synopsis :

Que se passe-t-il lorsque l'hémisphère droit du cerveau (émotions, désirs) prend le dessus sur l'hémisphère gauche (raison, morale)? ...

Mon avis :

Pour son premier long-métrage, Karim Hussain ("Ascension", "La belle bête", "The Theatre Bizarre") signe une œuvre expérimentale, particulièrement sanglante, déviante et poétique.

"Subconscious Cruelty" se décompose en plusieurs segments indépendants, liés par une présentation nous disant que quand l'hémisphère droit du cerveau prend le dessus sur le gauche, l'être humain éprouve des désirs de sexe et de sang. S'en suit alors un spectacle qui en rebutera certainement plus d'un! Pourtant malgré le fait que ce que filme le réalisateur est sensé être répugnant pour le commun des mortels, les différents tableaux s'avèrent être fascinants et beaux, par leur côté très onirique, grâce notamment à la musique signée David Kristian et au talent de Karim Hussain.

En plus, d'être réalisateur, Karim est également chef opérateur (il a travaillé sur de nombreux autres films, autres que les siens comme "Territoires" ou encore "Hobo with a Shotgun") et apporte une photographie très travaillée et personnelle à son film. Car malgré le fait qu'il s'agisse d'un métrage très underground réalisé avec peu de moyens, le film a tout de même une certaine gueule! C’est une œuvre vraiment étrange, qui à mon avis, se ressent plus qu'elle ne se comprend, même si il est évident que l'on peut aisément philosopher sur ce qu'expriment ces différents segments.

Le premier montre une femme enceinte, dont le frère est attiré sexuellement par elle et qui tuera le nourrisson après l'avoir accouché, le deuxième montrera une orgie sanglante d'individus faisant l'amour à la nature, dans le troisième, un homme se masturbera devant un film pornographique avant d'être atrocement agressé par des extra-terrestres, qui lui injecteront un sérum dans l'hémisphère droit de son cerveau et enfin, le dernier touchera à la religion chrétienne, en montrant le Christ se faisant violer et dévorer par trois succubes, poussant le blasphème très loin, puisque l'une entre elles ira jusqu'à uriner sur lui... Tout un programme donc, d'un goût douteux, certes, mais sous la caméra de Karim Hussain, on le ressent comme de la poésie macabre, belle et perturbante à la fois...

"Subconscious Cruelty" est un film à part, à réserver à un public averti et ouvert d'esprit, mais surtout qui n'a pas froid aux yeux!

L’édition suédoise de Njutafilms est actuellement la plus aisément trouvable. Cette édition propose le film au format plein écran 1.33 :1 avec la piste originale anglaise en Dolby Digital Stéréo accompagnée de sous-titres amovibles suédois, danois, finlandais et norvégiens. Les bonus se composent d’un commentaire audio de Karim Hussain en anglais, d’un making of de 77 minutes, de 20 minutes de scènes coupées commentées par le réalisateur, du court métrage de Nicolas Debot "Facts are safety" dont Karim Hussain est le chef opérateur, d’une galerie photos et de diverses bandes annonces de l’éditeur dont celles des films de Karim Hussain.

Beaucoup plus difficile à trouver, l’édition sazuma.com nous offre une très belle édition de luxe, avec un très beau packaging cartonné, contenant un livret de 16 pages. Cette édition propose le film au format plein écran 1.33 :1 ou en option au format letterbox 1.66 :1 encodé en ultrabit, avec une piste 5.1 Dolby Digital Surround, ainsi que dans son mixage original en stéréo, accompagnés de sous-titres anglais, allemand et hollandais. Côté bonus, cette édition est également assez fournie, avec une introduction de Karim Hussain et la bande annonce sur le premier disque et sur le second, le making of de 77 minutes, le court métrage de Mitch Davis, "Divided into zero" dont Karim Hussain est le chef opérateur, accompagné d’une introduction de Mitch Davis, d’un making of, de la bande annonce, ainsi que d’un clip des premiers courts de Mitch Davis, d’interviews écrites de Karim Hussain et Mitch Davis, ainsi que le court métrage de Karim Hussain et Julien Fonfrède "La dernière voix", d’un titre inédit de David Kristian, d’une galerie photos et enfin d’un comic-strip inspiré du film "Subconscious cruelty" signé par Rick Trembles.

Deux éditions donc intéressantes et assez complémentaires...

Permalink 754 mots par flo001fg Email , 1728 vues • 3 retours

02.04.12

07:14:54, Catégories: Top 10  

Résultats du jeu : le top des 20 meilleurs westerns

Pendant un mois et demi, les dvdpascheriens ont eu l'occasion d'envoyer le top de leurs 20 westerns préférés.

Un grand merci à Barbe-noire qui s'est occupé de recenser le classement des différents films.

27 personnes se sont prêtées au jeu, ce qui constitue un très bon score quand on sait qu'il s'agit d'un top thématique très spécifique.

Merci donc à : Barbe-Noire, Surfeur51, Zardi, Flo001fg, Yannickv, Cinephil, Bridoli, Dale Cooper, Ikkoku59, Pierrot44, Locktal, Johnny-Fan, C2302t, Ghostwolf, Evilfred, Kenshiro, Grogro, Nicofeel, Nicore, Minimyr, Kakashi3561, Asiafan, Ivenpast, Reno11, Gegeonix, Alamo et Wood qui ont fait part de leurs westerns préférés !

Alors désormais roulement de tambours. Voici donc la liste des 20 westerns qui ont obtenu le plus grand nombre de points :
1. Il était une fois dans l'Ouest de Sergio Leone (1968), 1109 pts, 21 citations  ;
2. Le bon, la brute et le truand de Sergio Leone (1966), 859 pts, 20 citations ;
3. Rio Bravo d'Howard Hawks (1959), 719 points, 18 citations  ;
4. Danse avec les loups de Kevin Costner (1990), 648 pts, 19 citations  ;
5. Impitoyable de Clint Eastwood (1992), 492 pts, 18 citations  ;
6. Les sept mercenaires de John Sturges (1960), 411 pts, 20 citations  ;
7. L'homme qui tua Liberty Valance de John Ford (1962) de John Ford, 386 pts, 11 citations  ;
8. Le dernier des Mohicans de Michael Mann (1992), 319 pts, 10 citations ;
9. Il était une fois la révolution de Sergio Leone (1972), 299 pts, 10 citations ;
10. La horde sauvage de Sam Peckinpah (1969), 271 pts, 13 citations ;
11. Le train sifflera trois fois de Fred Zinnemann (1952), 267 pts, 10 citations ;
12. Mon nom est personne de Sergio Leone et Tonino Valerii (1973), 264 pts, 7 citations ;
13. La prisonnière du désert de John Ford (1956), 260 pts, 14 citations ;
14. La chevauchée fantastique de John Ford ( 1939), 247 pts, 8 citations;
15. Et pour quelques dollars de plus de Sergio Leone (1965), 212 pts, 10 citations ;
16. La poursuite infernale de John Ford (1946), 208 pts, 8 citations  ;
17. L'homme des hautes plaines de Clint Eastwood (1973), 195 pts, 6 citations ;
18. Open range de Kevin Costner (2003), 187 pts, 10 citations ;
19. Pale rider de Clint Eastwood (1985), 182 pts, 12 citations ;
20. La conquête de l'Ouest de John Ford (1962), 157 pts, 5 citations.

On notera de prime abord que ce top 20 est très concentré au niveau des années : les années 60 se taillent la part du lion avec 7 films cités, les années 50 ont droit à 3 films tout comme les années 70. Finalement, c'est assez représentatif des années fastes du western, « genre » qui a progressivement disparu des salles de cinéma.
Si l'on note un sursaut dans les années 90 au niveau de ce top avec 3 films cités, ce sont avant tout des acteurs-réalisateurs qui ont rendu leurs lettres de noblesse au western : on pense notamment à Danse avec les loups de Kevin Costner (cité 19 fois dans les 27 tops des dvdpascheriens), gros succès commercial et à Impitoyable, western crépusculaire qui symbolise à sa façon la fin du western.

Du côté des réalisateurs, on notera avec plaisir que les deux cinéastes les plus connus dans le monde sont ceux qui ont droit au plus grand nombre de films cités. C'est l'égalité parfaite, 5 films chacun, pour John Ford et pour Sergio Leone.

Cela étant dit, Sergio Leone trône aux deux premières places avec les cultissimes Il était une fois dans l'Ouest (premier, et qui a été cité 21 fois sur les 27 tops, soit un record) et Le bon, la brute et le truand (deuxième, 20 citations).

Notons également la présence à la troisième place de l'excellent western humaniste Rio Bravo d'Howard Hawks (18 citations), un classique indémodable avec notamment l'excellent duo John Wayne – Dean Martin. Rio Bravo est tout bonnement le premier western américain qui est cité dans ce top 20.

De manière plus générale, au niveau des films, il n'y a pas de réelle surprise. Tous ces longs métrages sont des westerns connus, voire très connus, qui passent parfois à la télévision.
Il aurait pu être appréciable d'avoir dans ce top des films un peu plus rares, qui n'en sont pas moins de grands films. Je pense notamment aux superbes La flèche brisée ; Le sergent noir ou encore Johnny Guitare.

Si l'on raisonne en terme de nationalité, les Américains planent littéralement sur le classement. S'il n'y avait pas les films de Sergio Leone, ce serait le carton plein.
D'ailleurs, on peut s'étonner que l'Italie ne place pas d'autres films que ceux de Sergio Leone car l'Italie a produit de nombreux westerns dits spaghetti dont certains de grande qualité (Tire encore si tu peux ; Keoma ; Django pour ne citer que ceux-là).

Evidemment, aucun film français n'est cité !

Voilà !

Je remercie à nouveau Barbe-Noire pour son gros travail et les dvdpascheriens qui se sont prêtés au jeu.

Si vous cherchez un bon western pour regarder durant le week-end de Pâques, vous avez désormais largement le choix.

Permalink 796 mots par nicofeel Email , 752 vues • 7 retours

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