12.08.10

08:39:35, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Détour

Réalisateur : Sylvain Guy

Durée du film : 97 minutes

Date de sortie du film
: inconnue (film diffusé au NIFFF 2010)

Avec
: Luc Picard (Léo Huff), Isabelle Guérard (Lou), Guillaume Lemay-Thivierge (Roch), Suzanne Champagne (Maryse Huff), Sylvie Boucher (Lyne Ventura), etc.

Par Nicofeel

Fan de films noirs, Détour est un moyen pour le cinéaste québécois Sylvain Guy de rendre hommage à un genre qu'il apprécie. Si le film est dans l'ensemble plutôt bien joué et bien rythmé, on pourra lui reprocher une trame relativement classique et un scénario bien prévisible.
Dans le rôle de la femme fatale, il y a la belle brune, Lou, que l'on sent dès le départ animée de mauvaises intentions. Léo Huff, le principal protagoniste, va directement tomber dans ses filets. Il faut dire que cet homme marié, qui dispose d'une bonne situation sur le plan professionnel, est marié mais sa femme n'a pas l'aspect sexy de la belle Lou. Avec Lou, Léo Huff croît qu'il va atteindre le paradis mais le déroulement du film va au contraire l'amener à s'enfoncer de plus en plus vers l'enfer.
Il faut dire que Léo Huff est loin d'être au dessus de tout soupçon. Dans le cadre de son travail, il n'hésite pas à payer des pots-de-vin à des élus locaux pour remporter des projets de grande envergure. Côté vie privée, Léo Huff aime sa femme mais il s'agit d'un amour mesuré où le poids des années l'a visiblement rendu beaucoup moins amoureux. Une fois que Lou arrive dans sa vie, il l'oublie bien vite, jusqu'à la faire disparaître. Notre anti-héros a beau être amoureux d'une belle inconnue, cela n'explique pas ses gestes qui pour l'occasion sont répréhensibles, notamment sur le plan de la morale.
Comment notre Léo Huff à la vie bien rangée a-t-il pu en arriver jusque là ? Eh bien tout simplement par le fait qu'il est irrésistiblement attiré par Lou qui se montre tout à la fois sympathique et sexy. Elle attise chez lui un désir qui était jusqu'à présent éteint. Lou fait bien évidemment tout pour se mettre dans la poche Léo pour qu'il ne puisse plus penser à quelqu'un d'autre qu'elle. Ce stratagème fonctionne parfaitement puisque Léo Huff ne répond ni aux appels de sa patronne, madame Ventura, que de sa femme.
Lou a réussi son coup. En prenant la main de Léo, en faisant l'amour avec lui, ce dernier devient accro et ne peut plus se passer d'elle. Il est prêt à tout lâcher pour se retrouver avec elle.
Si le film respecte parfaitement les codes du film, on regrettera tout de même une phase d'exposition des personnages qui s'avère un peu longue. Et ce d'autant plus que certains personnages sont tout de même pas loin d'être caricaturaux, à l'image de l'ami de Lou, le « bucheron » Rock, qui en fait des tonnes et est là pour faire chanter notre Léo.
Les événements suivants, même s'ils sont sans surprise, marquent de manière effective la descente aux enfers de notre personnage principal. Pour libérer sa belle qui a été faite prisonnière de Rock (tiens, tiens, voilà un élément qui pourrait mettre la puce à l'oreille de Léo tellement c'est gros mais il est amoureux et comme on dit l'amour rend aveugle), Léo va tuer Rock. Léo est à la dérive mais il ne s'en rend pas compte. Sur le plan privé, il quitte sa femme après 22 ans de vie commune (avant de revenir ensuite très provisoirement). Sur le plan professionnel, il démissionne. Rien ne va plus et les choses ne vont pas en s'arrangeant.
La fin du film est parfaitement logique dans la veine des films noirs des années 40 et 50. On appréciera d'autant plus cette fin qu'elle répond d'une part à une logique sur le plan moral (on doit payer pour ses actes commis) et que d'autre part on on a droit au début et à la fin du film à des scènes qui se répondent ; le film ayant d'ailleurs une trame narrative qui s'inspire largement du célèbre Sunset boulevard de Billy Wilder.
Au final, Détour est un film néo-noir (selon les propres termes de son auteur) qui fait plaisir à voir. Même si le début est un brin longuet, le film bénéficie d'un bon rythme et est tout à fait plaisant à regarder. A défaut d'être géniaux, les acteurs sont plutôt bons dans leurs rôles respectifs. En tant que spectateur, on notera la difficulté de comprendre tout ce qui se dit, car plusieurs mots sont très différents du français que l'on connaît. Hommage au film noir dans sa globalité, Détour aurait mérité d'être un peu moins référentiel par rapport au genre et se distancier un peu plus de ce dernier avec des éléments scénaristiques moins prévisibles. Cela n'entache pas cependant le plaisir de voir ce film qui est globalement bien ficelé.

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