Archives pour: Novembre 2009

30.11.09

01:33:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Bienvenue à Zombieland
Réalisateur : Ruben Fleischer
Durée du film : 1h23
Date de sortie du film : 25 novembre 2009

Avec : Woody Harrelson (Tallahassee), Jesse Eisenberg (Columbus), Emma Stone (Wichita), Abigail Breslin (Little Rock), etc.

Par Nicofeel

Très en vogue depuis l'apparition du cultissime Shaun of the dead, le film de zombie comique n'est pas pour autant toujours réussi. On a de la chance avec Bienvenue à Zombieland car on se trouve précisément avec un bon film.
Le cinéaste Ruben Fleischer ne s'est pas embarrassé avec une quelconque toile de fond sociale, comme on pouvait le voir avec Shaun of the dead. Non Ruben Fleischer s'est contenté de livrer au spectateur un pur film pop corn, complètement décomplexé. Et le film marche bien. Le mélange entre film d'action et comédie horrifique est tout à fait plaisant à regarder.

Dès le début, on entre dans l'humour très communicatif du film. On nous apprend que l'on n'est plus aux Etats-Unis mais aux Etats-Unis de Zombieland. Peu d'humains sont encore en vie alors que les autres sont devenus des steaks ! L'humour est omniprésent et le film fait même parfois dans le politiquement incorrect. Ainsi, les gros en prennent pour leur grade. Mais le cinéaste s'en sort bien en se moquant d'eux uniquement parce qu'ils sont incapables d'aller vite. Et ce manque de rapidité fait qu'ils sont à la merci de ces cannibales de zombies !

Jamais en reste pour amuser le spectateur, le film contient à différents moments des indications sur l'écran. Elles correspondent aux règles qu'a crées le personnage principal du film pour survivre dans cet univers devenu particulièrement dangereux.
Joué par Jess Eisenberg, Columbus est à la base un drôle d'adolescent solitaire. Il se trouve être le narrateur du film (en voix off). Il va rencontrer assez rapidement dans le film un autre personnage complètement atypique, Tallahassee, joué par un Woody Harrelson loin de ses rôles dans les films d'auteur. Woody Harrelson cabotine à fond mais ça fonctionne particulièrement bien dans ce film. La première rencontre entre Columbus et Tallahassee car elle est filmée comme si on assistait à un duel dans un western. Sauf que rapidement Columbus cède en montrant son petit doigt pour indiquer qu'il veut être pris en stop !

Le rapport entre ces deux personnages que tout oppose est très amusant : on a le garçon timide d'un côté et de de l'autre le pur beauf qui voue un culte à son chien décédé et qui, en plus de vouer une haine tenace aux zombies, cherche avant à trouver un twincky à manger.
L'histoire gagne également en intérêt lorsque notre duo va former un groupe avec deux filles qui vont pendant un moment les mener en bateau et les trahir pour leur propre compte. Emma Stone est parfaite dans le rôle de cette adolescente bien rapide et déterminée, et qui va constituer la femme idéale aux yeux du jeune Columbus. Dans le rôle de la chipie de service, la jeune Abigail Breslin n'est pas mal non plus.

Comme on peut s'en douter, le film va montrer progressivement une cohésion au sein de ce groupe de quatre personnes. On n'est jamais meilleur que lorsque l'on est plus nombreux et solidaire.
Le film est rempli de scènes hilarantes. On se rappellera notamment de celle où l'on voit notre petit groupe tout casser dans une boutique, juste pour le fun. La scène gagne en lisibilité grâce à l'utilisation de ralentis. Il y a aussi et surtout cette séquence énorme avec un personnage qui interprète Bill Murray. Sauf que Bill Murray s'est déguisé en zombie pour ne pas être dévoré par les cannibales. Bill Murray se révèle un hôte des plus sympathiques. Il accepte même de jouer à SOS Fantômes avec ses invités, le tout sur la musique cultissime du film !

Doté d'un rythme soutenu egt d'une mise en scène énergique qui évite heureusement de tomber dans le clippesque, Bienvenue à Zombieland est aussi un très bon film d'action. Les zombies, qui bénéficient d'excellents maquillages, tombent comme des mouches par dizaines. Et puis si le film est avant tout une comédie, il n'empêche que certaines scènes sont tout de même bien gore. Dans le délire de vouloir tuer un maximum de zombies, on a droit à une scène où on nous explique qu'il existe le titre de tueur de zombie de la semaine ! A ce titre, le personnage de Tallahassee tue un nombre impressionnant de zombies avec des armes parfois non conventionnelles (une guitare, une batte de baseball, un sécateur).
Enfin, le film retient d'autant plus l'attention du spectateur que sa musique, signée David Sardy, est très rock'n'roll.

On l'aura compris, Bienvenue à Zombieland est un film d'horreur comique qui n'a pas d'autre but que de divertir le spectateur. Et le moins que l'on puisse dire est que cette mission est largement réussie. Si vous assez une soirée tranquille à passer, où vous souhaitez débrancher votre cerveau, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

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01:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

She killed in ecstasy

Pour ce She killed in ecstasy, le réalisateur Jess franco va reprendre une bonne partie de l’équipe avec qui il avait précédemment tourné Vampyros lesbos et notamment la splendide actrice Soledad Miranda (première muse du réalisateur qui devait mourir tragiquement peu de temps après), pour une œuvre à l’intrigue certes très classique sur le fond mais rendue formellement riche, dotée d’un érotisme ici très "soft" et d'une partition musicale envoûtante.
Le script va suivre la vengeance de la femme d'un docteur se livrant à des expériences jugées immorales par ses pairs, ce qui conduisit l'homme à se suicider.

She killed in ecstasyAprès un générique étonnant par son aspect visuel s'attardant sur des embryons en bocaux et tranchant littéralement avec la musique l'accompagnant, le métrage va directement avancer son personnage principal Mrs Johnson, une jeune femme que nous verrons quitter une maison à l'architecture bizarre pour rejoindre le bord de mer et nous conter en voix-off son histoire pleine de désarroi causé par le manque de son mari disparu après seulement deux ans de vie commune. C'est ainsi qu'au cours d'un long flash-back l'intrigue va commencer par nous retracer les moments de joie de ce couple dont l'homme, le docteur Johnson, se livre à des expérimentations sur des animaux et surtout sur des embryons humains dans le but affiché de lutter contre la maladie et la vieillesse en rendant ses cobayes plus forts et résistants. Cette partie sera surtout axée sur l'objet des travaux du docteur Johnson tout en laissant également une petite part à un érotisme léger le temps de montrer le couple s'adonnant aux plaisirs de la chair.

She killed in ecstasyMais hélas, alors que le docteur Johnson s'en allait quérir l'approbation attendue de ses pairs de l'ordre des médecins, ceux-ci vont rejeter en bloc ses travaux, les jugeant contraires à l'éthique et même blasphématoires, comme le réalisateur nous permettra de le voir lors d'une séquence forte et écrasante pour le malheureux Johnson qui en plus d'être complètement abattu par cette décision qu'il trouvera évidemment injuste, rentrera chez lui pour trouver son laboratoire dévasté par des inconnus et sa femme en pleurs. Pris d'une crise de violence, il achèvera de saccager l'endroit, sa femme décidant alors de l'emmener dans leur maison sur une île isolée pour essayer de le regonfler. Mais rien n'y fera et la déprime scotchera Johnson sur son lit, hanté par les dires des médecins et leurs insultes qui vont finalement le pousser à se suicider en se tranchant les veines.

She killed in ecstasyCette mise en condition de l'intrigue restera assez basique tout en réussissant régulièrement à interpeller le spectateur, Jess Franco arrivant merveilleusement à retranscrire la détresse de la femme de Johnson, celle-ci n'arrivant pas à être utile à son mari, toujours muré dans ce silence pesant malgré les caresses et les gestes tendres de son épouse, tandis que la ferveur et la hargne des opposants de Johnson sera fortement mise en avant, lors de leur décision de radier Johnson, puis lors d'une conférence donnée au cours de laquelle ils n'hésiteront pas à mettre à nouveau en avant les infamies de Johnson, le professeur Walker en tête qui se lancera dans un véritable sermon, sans se douter que Mrs Johnson était présente dans l'assistance.

She killed in ecstasyLa seconde partie du métrage verra donc la vengeance de mrs Johnson envers les quatre membres de l'ordre des médecins coupables de la déchéance et de la mort de son mari qu'elle va supprimer un par un. Le premier d'entre eux sera ce professeur Walker qu'elle va draguer dans un bar en se faisant passer pour une prostituée de luxe pour une fois qu'il l'aura emmené dans une chambre d'hôtel, se rendre compte de la déviance de cet homme aimant recevoir des coups et être insulté pendant l'acte d'amour et il sera largement "servi" puisque sa conquête d'un soir va le gifler violemment mais surtout lui trancher la gorge et le castrer (ce qui sera fait bien entendu hors du cadre de la caméra…). Ensuite mrs Johnson va s'en prendre au docteur Crawford, une femme vraisemblablement lesbienne qu'elle va également réussir à attirer dans une chambre pour l'étouffer avec un coussin transparent.

She killed in ecstasyLes deux dernières victimes sont traquées de manière plus subtile, car étant au courant de la mort des deux premiers, ils seront apeurés à chaque apparition de mrs Johnson et notamment le docteur Houston qui sera traqué (lors d'une autre séquence jouant parfaitement sur un aspect visuel remarquable, avec cette scène dans les escaliers)et succombera finalement à la tentation devant la beauté dégagée de mrs Johnson (qui aura entretemps changé de coiffure), mal lui en prendra puisqu'elle lui enfoncera une paire de ciseaux dans la nuque. Le dernier de la liste, le docteur Donen, sera quand à lui attaché, quelque peu torturé et finalement lui aussi castré, laissant une fois la vengeance accomplie un final tragique venir clore le métrage de manière nihiliste et sans appel.

She killed in ecstasySi cette sombre histoire de vengeance ne respirera pas franchement l'originalité, Jess Franco arrivera constamment à donner une ferveur visuelle à chacune des différentes séquences préfigurant les mises à mort, pour notamment magnifier la beauté de Soledad Miranda largement mise en avant lors de meurtres qui en outre avanceront un érotisme bien éloigné d'un quelconque aspect sordide dont sera parfois capable le réalisateur en étant léger en en n'abusant aucunement de ces gros plans intimes chers à Jess Franco qui ici se contentera de suivre ces séquences avec une élégance certaine et lascive. Mais l'auteur ne se limitera pas à cet aspect pour rendre son film largement impliquant.

She killed in ecstasyEn effet, les personnages seront bien travaillés et surtout cette mrs Johnson dont nous serons amenés à partager les tourments et la tristesse infinie qui transpirera littéralement au cours de certaines scènes douloureuses et émouvantes, dévoilant ainsi un aspect de la personnalité de Jess Franco rarement mis à jour, puisque ici il prendra véritablement pitié pour son personnage principal dont les souffrances internes justifieront largement ses agissements meurtriers. Et les autres protagonistes auront également un traitement de faveur pour évidemment dévoiler leurs déviances et leurs turpitudes relevant bien souvent d'un caractère sexuel puisqu'ils se laisseront tous "avoir".

She killed in ecstasyPar contre, le métrage ne sera pas du tout volontaire au niveau de la violence sanglante, pratiquant la suggestion pour ses actes ignobles (les castrations) et ne laissant que de timides effets spéciaux basiques venir ponctuer les meurtres sans aucun souci de rendre ces plans graphiques ou expansifs, et cette partie de l'intrigue liée à l'enquête policière sera heureusement minimisée avec cet inspecteur traditionnel qui ne viendra pas trop souvent empiéter sur les agissements de mrs Johnson, pour surtout délivrer la sentence finale qui résumera parfaitement la situation et proposer quelques petites touches d'humour pas si innocentes que cela à bien y regarder.

She killed in ecstasyL'interprétation est plutôt convaincante, avec bien entendu Soledad Miranda qui illuminera le métrage par sa beauté à défaut d'être une actrice émérite, tandis que nous retrouverons avec plaisir Howard Vernon (qui ici se montrera entièrement nu), mais aussi Jess Franco lui-même qui s'offrira le rôle du docteur Donen et autre petite surprise, la présence de Horst Tappert, l'inspecteur Derrick lui-même qui jouera le rôle de… l'inspecteur. La mise en scène de Jess Franco est ici plutôt vive pour ne pas trop s'attarder sur chacune des séquences, donnant ainsi de fait un certain rythme à l'ensemble, bien aidé il est vrai par la partition musicale jazzy et envoûtante qui accompagnera l'ensemble du métrage.

Donc, ce She killed in ecstasy comptera aisément partie les réussites de la filmographie de Jess Franco, par son aspect esthétique probant, son érotisme léger et misant sur la beauté effective de Soledad Miranda et par cette implication créant même l'empathie !

She killed in ecstasyLe DVD de zone 0 édité par Synapse Films avancera une image assez nette mais hélas parfois bien envahie par des défauts d'origine persistants, tandis que la bande-son sera largement efficace grâce à cette partition musicale enivrante, le métrage étant ici proposé dans sa version originale allemande avec des sous-titres anglais optionnels.
Par contre au niveau des bonus, il faudra se contenter de la bande-annonce d'époque en allemand (également sous-titré en anglais) du film.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette vengeance sensuelle et troublante, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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27.11.09

06:55:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

1942
1942

Réalisé en 2005 par Kelvin Tong, ce 1942 mélangera fantastique et film de guerre en suivant la trace du surestimé R-Point pour connaître une distribution confidentielle uniquement en vidéo un peu partout dans le monde et c'est donc tardivement que le métrage arrive enfin chez nous en DVD et en Blu-ray le 1er décembre grâce aux bons soins d'Emylia, l'éditeur qui se spécialise dans la recherche de titres inédits à nous faire découvrir.

1942

Le script va avancer le sergent Fuji, reporter de guerre, qui s’apprête à filmer la 6e armée japonaise lorsqu’un obus ennemi explose dans la tranchée. Il fuit à travers la jungle armé de sa caméra 8 mm. Il rejoint les restes épars de la 6e armée et retrouve le sergent Sato, ainsi que Goto, opérateur radio et le Capitaine Tanaka blessé. Rapidement, les 4 hommes sont rejoints par le Caporal Suzuki, qui jure avoir vu un fantôme dans la jungle. Perdus dans cette jungle labyrinthique, assoiffés et affamés, le Sergent Fuji doit endosser la responsabilité de garder tout le monde en vie. Attendront-ils leur but sains et saufs ?

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Tout en mélangeant harmonieusement les genres, le métrage laissera une place de choix à chacun de ses différents aspects, pour tour à tour emprunter ses situations au "film de jungle", puis au film de guerre mâtiné de fantastique pour réussir ce que "R-Point" ratait, à savoir maintenir la tension et capter son public grâce à un rythme constant secoué par des rebondissements et des situations impactantes, tout en nous réservant des effets de surprises probants et parfois même percutants et ce même si la révélation finale demeurera anticipable, certainement selon la volonté de l'auteur.

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Le DVD édité par Emylia avancera le film avec une image en 1.78 (16/9 anamorphique, compatible 4.3), tandis que la bande-son sera disponible en DD5.1 et en DTS, mais seulement dans sa version originale en japonais, bien entendu sous-titrée en français. Au niveau des bonus, on pourra parcourir une conséquente galerie de photos scindée en deux parties, le film en lui-même et son tournage.
L'édition Blu-ray du film reprendra le même format audio et proposera le métrage en DTSHD, avec des bonus identiques à l'édition DVD.

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Donc, il ne reste plus qu'à patienter jusqu'au 1er décembre pour pouvoir découvrir cette petite perle injustement méconnue du cinéma fantastique asiatique !

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26.11.09

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Hors du temps
Réalisateur : Robert Schwentke
Durée du film : 1h50
Date de sortie du film : 25 novembre 2009
Avec : Eric Bana (Henry), Rachel McAdams (Claire), etc.

Par Nicofeel

Auteur d'un peu glorieux Flight plan, Robert Schwentke nous revient au cinéma dans un genre complètement différent. Ici, on est clairement dans le drame romantique avec cet homme, Henry (Eric Bana), victime d'une maladie génétique qui le contraint à voyager dans le temps, aussi bien dans le futur que dans le passé.

Évidemment, pour faire une belle histoire d'amour, il faut être deux. Et c'est Claire (Rachel McAdams) qui va être l'amour de la vie d'Henry. Si Henry ne peut pas contrôler ses disparitions, en revanche c'est de manière régulière qu'il revient voir sa chère Claire.
Là où le film fait preuve d'une réelle originalité, c'est qu'il montre au spectateur un couple qui va être réuni à différentes époques. Et tant Henry que Claire n'auront pas le même âge. D'ailleurs, au début du film, quand Henry vient voir Claire, seule cette dernière le connaît. Plus tard, c'est l'inverse qui se produit : Henry rencontre une petite fille, la fameuse Claire, dans un pré. Comme pour indiquer que chaque venue d'Henry est un éternel recommencement, on voit ce personnage nu comme un ver (enfin on ne le voit pas, c'est suggéré) à chacun de ses retours.

Sur le plan scénaristique, l'idée de cet amour presque impossible est des plus enthousiasmantes. En effet, Claire sait très bien qu'elle ne pourra vivre que par instants avec l'amour de sa vie. C'est la même chose pour Henry. On comprend alors la difficulté pour les deux tourtereaux de réussir à se marier ou encore de décider d'avoir un foyer commun.
Et que dire de la volonté de Claire d'avoir un enfant qui donne lieu à des scènes véritablement dramatiques. On la voit faire des fausses couches et on voit même Henry refuser d'avoir un enfant. Finalement, Claire réussira à « tromper » la vigilance d'Henry en faisant l'amour à un Henry plus jeune, qui n'est donc pas au courant de cette histoire d'enfant. En quelque sorte, Claire trompe l'histoire.
Mais c'est bien l'un des seuls moments où l'histoire ne se répète pas. Car Henry ne peut pas changer le cours de l'histoire. Ainsi, on voit plusieurs fois au début du film le jeune Henry qui revit la scène de l'accident qui amène au décès de sa mère. Mais il ne peut rien y faire. Dans le même ordre d'idée, Henry sait pertinemment que le futur ne lui permet jamais de dépasser la quarantaine. Progressivement, il comprend donc que sa vie est comptée. Il n'a plus beaucoup de temps à vivre avec sa bien aimée et sa fille Alba. D'autant qu'Alba est comme lui une voyageuse du temps. Elle sait donc pertinemment quand son père va décéder.

Prenant progressivement un sens dramatique, le film Hors du temps a malheureusement le tort d'avoir un piètre réalisateur derrière la caméra. Robert Schwentke ne profite pas que partiellement de son excellent scénario de base. Il se contente de nous offrir des scénettes (dont certaines sont tout de même plutôt réussies) avec comme raccords la disparition et la réapparition d'Henry. Tout ceci devient finalement assez facile comme procédé et les scènes deviennent assez redondantes.

Heureusement, le dernier tiers du film prend une véritable dimension dramatique avec l'idée que la mort d'Henry est proche et que l'on ne peut rien y faire pour l'empêcher. Par un joli tour de passe-passe, le réalisateur Robert Schwentke décide malgré tout, dans un ultime rebondissement, d'inscrire ses différents protagonistes, et principalement Henry et Claire, dans une histoire d'amour éternelle.
Au niveau du casting, Eric Bana interprète un Henry d'une grande sensibilité. Ce bel acteur est parfait dans ce rôle. La très mignonne Rachel McAdams ne l'est pas moins dans le rôle d'une Claire qui est éprise à jamais d'Henry. Les deux acteurs donnent vraiment l'impression d'être complices dans ce film et la réussite partielle de ce dernier n'y est pas étrangère. Voilà un couple beau et romantique.
L'histoire de personnages victimes d'un temps qui passe à l'envers ne nous est pas étranger. Récemment, on a pu voir L'étrange histoire de Benjamin Button de David Fincher. Ici, l'histoire comme les effets spéciaux sont beaucoup plus simples.
Mais la dimension romantique est omniprésente. Non dénué de défauts, Hors du temps mérite tout de même d'être vu.

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25.11.09

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Death factory bloodletting

Réalisé par Sean Tretta (précédemment auteur du très spécial The great american snuff film), ce Death factory bloodletting ne sera pas une suite directe du Death factory de Brad Sykes datant de 2002 (et édité chez nous en DVD par "Uncut Movies") pour se contenter d'en reprendre la créature humanoïde au service d'une intrigue hélas bien sommaire malgré une certaine volonté innovatrice qui ne parviendra pas à marquer en profondeur le métrage.
Le script va laisser une jeune femme espérer mettre la main sur les assassins de sa fille en participant à une réunion de déviants désireux d'assister à une mort en direct dans une usine désaffectée, sans se douter qu'il s'agit d'un piège orchestré par un religieux psychopathe épaulé par sa petite sœur Alexa devenue une créature monstrueuse suite à un accident industriel.

Death factory bloodlettingLe métrage va commencer par avancer une courte séquence mettant en scène une jeune femme, Ana, se préparant à s'enregistrer avec son caméscope pour un monologue dont nous n'entendrons pour l'instant que le début, laissant ensuite l'intrigue faire des bonds dans le passé pour introduire ce fanatique religieux nommé Denny que nous allons d'abord suivre se rendant dans un bâtiment désaffecté pour donner à manger à des déshérités qu'il va finalement tuer, se rendant compte qu'il s'agit de drogués avant de donner leur bébé en pâture à une ombre qui surgira de son van pour l'attraper, tandis que plus loin, ce sera une jeune femme, une prostituée, attachée qui servira de repas à cette créature, plus largement visualisée (et qui reprendra intégralement le look de Tiffany Shepis dans le film de Brad Sykes) cette fois-ci dans l'environnement de cette usine abandonnée où Denny semblera avoir élu domicile pour pouvoir suivre à partir des nombreuses caméras les faits et gestes de la créature, tout en pouvant communiquer par micros interposés avec les victimes.

Death factory bloodlettingAprès cette introduction plutôt prometteuse, l'intrigue va revenir vers cette Ana dont nous ferons plus ample connaissance, pour découvrir aussi bien son passé sinistre puisque sa fille a été enlevée, malmenée et tuée, le crime ayant été diffusé sur internet dans des membres d'un site "underground" baptisé "Gorehouse", que son statut de droguée (laissant même le réalisateur montrer sans recul les préparatifs d'un "shoot") et sa détermination à retrouver les assassins de sa fille, qu'elle imaginera faire partie des membres de "Gorehouse", site auquel elle a adhéré par réussir à être invitée à participer moyennant finances à une réunion au cours de laquelle un innocent servira de victime dans la pure tradition des "snuff movies", un "bloodletting". Mais hélas, toutes ces explications ne feront pas l'objet de flash-backs pour uniquement laisser Ana débiter son histoire devant son caméscope.

Death factory bloodlettingLe métrage daignera alors adopter une narration plus linéaire pour laisser Ana se rendre au rendez-vous fixé pour aller assister à ce "bloodletting" où elle sera accueillie par un homme cagoulé qui va le fouiller sans ménagement, prendre l'argent demandé et la conduire dans un van à bord duquel elle sera amenée dans cet endroit tenu secret destiné à héberger la réunion. Sur place nous découvrirons en même temps qu'Ana les autres "invités" qui seront appelé chacun leur tour à se présenter, le réalisateur incrustant pour chacun d'entre eux sur l'écran leur nom, pseudonyme sur "Gorehouse" et leurs caractéristiques déviantes pour ainsi mettre en avant une galerie de protagonistes bien barrée, entre ce néo-nazi provocateur, cet anarchiste à l'apparence "normale" mais voulant commencer à tuer, ce pédophile ventripotent qui en regardant une photo de la future victime de la demoiselle devant servir de victime la trouvera un peu vieille, cette call-girl détestant les hommes ou encore cette dominatrice accompagnée de son esclave qu'elle tiendra en laisse.

Death factory bloodlettingMais hélas, ces personnages hauts en couleurs ne seront qu'esquissés pour rapidement laisser Ana découvrir que l'assassin de sa fille est parmi eux puisque le pédophile présent reconnaîtra l'acte sans fard, permettant de la sorte à la jeune femme, qui aura réussi à emmener avec elle un revolver caché dans son intimité, de l'abattre sans autre forme de procès et annihilant de fait la majeure partie de l'aspect dramatique et de l'originalité du métrage qui du coup se contentera par la suite de laisser la créature s'attaquer aux différents protagonistes qui bien entendu auront une propension excessive à se disperser dans l'usine avant qu'un dernier acte plus imprévu permette à l'ensemble de rebondir quelque peu.

Death factory bloodlettingSi l'intrigue bénéficiera d'éléments apportant un semblant d'originalité avec ces personnages déviants et ce prédicateur barjot qui s'amusera comme un petit fou des méfaits de sa sœur monstrueuse à l'animalité meurtrière, ce ne sera pas pour autant que les rebondissements et autres situations sortiront des sentiers battus pour régulièrement amener les personnages à errer dans ce bâtiment vaguement piégé avec ces issues électrifiées et ces caméras omniprésentes pour offrir des proies faciles à cette Alexa aux dents et aux mains acérées de métal qui aura pourtant tendance à tuer lors de séquences assez saignantes mais peu gore en n'étant guère expansives ni même franchement volontaires. Il faudra donc uniquement compter sur l'aspect trouble de certains personnages (le néo-nazi notamment) pour espérer certaines surprises qui elles aussi demeureront facilement anticipables.

Death factory bloodlettingQuant à ce religieux se servant de la monstruosité de sa sœur pour éradiquer les pêcheurs et autres mécréants, il n'offrira pas assez de grandiloquence ou d'hystérie pour marquer les esprits ou même apporter un réel "plus" au métrage, d'autant plus que ses interventions seront aléatoires et largement espacées. Ce sera donc sur la créature elle-même que les regards se tourneront pour escompter trouver une ampleur graphique ou une réelle présence à l'écran (l'héroïne étant elle aussi bien fade !). Et de ce côté-là, le réalisateur tiendra quasiment ses promesses en nous gratifiant de plans probants sur cette humanoïde destructeur au look toujours aussi volontaire, qui ici sera quand même filmé de manière épileptique et saccadée.

Death factory bloodlettingEn effet, Sean Tretta épousera une mise en scène certainement rythmée et nerveuse mais saccadée, flirtant même avec le clip vidéo (impression épaulée par une partition musicale métal très présente) en incluant même des ralentis et autres arrêts sur image intempestifs qui finiront par brouiller la lisibilité de certaines séquences et notamment celles mettant en avant Alexa, donnant certes un aspect étrange et dynamique à ces apparitions mais ne nous permettant pas d'apprécier pleinement le look dévastateur de ce monstre graphique. L'interprétation sera cohérente mais sans aucun charisme si l'on exempte la prestation de Shane Dean dans le rôle du néo-nazi. Les effets spéciaux seront plutôt convaincants, pour maquiller la créature de manière exemplaire mais aussi pour les rares plans sanglants qui iront un peu plus loin que de se contenter d'asperger les acteurs de faux sang.

Donc, ce Death factory bloodletting n'arrivera pas à se servir pleinement de ses bonnes idées de base et de sa galerie de personnages déviants ici uniquement réduits à servir de victimes à une créature heureusement très graphique !

Death factory bloodlettingLe DVD de zone 1 édité par Well Go USA avancera une image nette et sans défaut, même lors des nombreuses séquences se déroulant dans la pénombre, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale métal largement rythmée et dynamique, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, on pourra suivre trois toutes petites featurettes revenant le film au travers d'un rapide retour sur le tournage et de deux séquences à effets spéciaux brièvement analysées, une scène coupée bien gore avançant la mort d'un bébé de manière graphique, la bande-annonce et une conséquente galerie de photos.

Pour ceux qui voudraient retrouver cette créature graphique et dangereuse, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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24.11.09

07:25:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

The house where evil dwells

Vingt ans avant The grudge, les fantômes japonais s'en prenaient déjà à des américains ayant émigré chez eux dans ce The house where evil dwells, mais de manière bien traditionnelle en recyclant les figures imposés du film de maison hantée.
Le script va laisser une famille américaine s'installer au Japon, dans une maison où un siècle et demi plus tôt un samouraï avait tué sa femme adultère et son amant avant de se faire hari-kiri. Mais les trois esprits séjournent encore sur place et vont s'en prendre aux nouveaux occupants des lieux pour faire se répéter leur histoire.

The house where evil dwellsLa séquence pré-générique prendra place en 1840 pour suivre une jeune japonaise recevant chez elle, en l'absence de son mari, un jeune homme pour qui elle va jouer de la musique et lui offrir une petite statuette représentant un couple enlacé dans une position explicite, avant que le couple s'enlace et se lance dans les préliminaires d'un acte sexuel qui n'aura jamais lieu puisque le mari de la jeune femme, un samouraï, va du dehors apercevoir en ombre chinoise leur ébat et pris d'une fureur sanguinaire, va faire irruption et sans ménagement s'attaquer à l'amant de son épouse qui aura un bras tranché avant d'être décapité, tandis que sa femme sera égorgée. Il finira par retourner son sabre vers lui pour se suicider. Cette séquence d'introduction sera quand même sanglante et aura le mérite de tout de suite placer le métrage dans son univers oriental.

The house where evil dwellsEnsuite, après un bond dans le temps jusqu'au présent, nous allons assister à l'arrivée au Japon d'un couple, Ted et Laura, accompagnés par leur fille Amy et qui vont être accueillis par leur ami Alex en poste au consulat. Alex va les conduire jusqu'à leur nouvelle demeure qu'il a choisi pour eux, bien évidemment la maison du carnage de l'introduction, sans leur cacher le fait que le loyer est anormalement bas à cause de la réputation de maison hantée trimbalée par l'endroit, sans que cela n'effraye outre mesure les nouveaux arrivants, qui en plus seront charmés par leur nouvelle demeure dès qu'ils la visiteront. Bien sûr, de petits signes avant-coureurs ne vont pas tarder à se manifester, tel ce verre tombant tout seul, puis plus tard, cette lumière facétieuse, jusqu'à ce que les trois fantômes n'apparaissent à un Ted à moitié endormi qui pensera juste avoir cru voir quelqu'un. Cela ne l'empêchera pas au cours de cette première nuit de faire l'amour à sa femme.

The house where evil dwellsMais les événements vont s'enchaîner les uns aux autres, Laura découvrira la statuette sexuelle (laissant par la même occasion l'opportunité au réalisateur de dévoiler de manière très précoce le plan des spectres en s'arrangeant pour nous faire comprendre de façon assez grossière qu'un nouvel adultère est en train de se préparer), pour ensuite laisser un des fantômes, celui de la jeune femme adultère, prendre possession du corps de Laura pour lui faire dire des choses sous-entendant son attirance envers Alex, allant même jusqu'à le narguer littéralement au téléphone. Et ce qui devrait arriver va se produire, au cours d'une soirée donnée au consulat, Laura et Alex vont s'isoler pour consumer leur relation, sans que Ted découvre quoique ce soit pour l'instant, mais cela n'empêchera pas les manifestations surnaturelles de continuer et même d'empirer puisque Ted sera lui aussi sporadiquement possédé, le temps de brutaliser sa fille qui ne voulait pas manger sa soupe, par exemple, pour gentiment nous emmener vers un final plus que prévisible, anticipable et du coup sans réelle saveur.

The house where evil dwellsTourné entièrement au Japon, le métrage arrivera sans mal à assurer un dépaysement de tous les instants, aussi bien avec des décors appropriés qu'en mettant en avant les traditions locales, avec par exemple ce prêtre qui en plus de prononcer l'inévitable mise en garde viendra brièvement "exorciser" la maison, pour également avancer les croyances et les démons locaux, mais cela se fera aussi en se moquant quelque peu de l'attitude occidentale du couple d'américain qui en cherchant l'intégration se fera parfois gentiment moquer de lui (le saké, par exemple). Par contre, dès lors qu'il s'agira de privilégier son élément fantastique, le métrage aura tendance à partir dans tous les sens de manière guère convaincante.

The house where evil dwellsEn effet, outre la présence de ces trois fantômes qui sembleront étrangement bien s'entendre pour hanter le couple malgré les événements ayant entraîné la mort de leurs corps dans la violence et le sang, et qui viendront se mêler aussi bien de la vie du couple que pour précipiter Laura dans les bras d'Alex, certains événements auront du mal à trouver une cohérence probante, comme cette attaque de crabes géants qui en plus d'être assez ridicule ne trouvera aucune justification dans l'intrigue globale, et surtout la relation entre Laura et Ted, qui bien entendu se dégradera progressivement, avec des hauts et des bas parfois garnis de "bons sentiments" irritants, prendra des allures qui ne seront pas sans rappeler de façon évidente les déboires du couple Torrance dans Shining, avec en plus la profession d'écrivain de Ted qui deviendra obsédé par son roman en cours, et même si cet aspect du film sera au final complètement sous-exploité. Enfin, le métrage se parera d'une connotation sexuelle assez présente, forcément liée à l'adultère, pour avancer quelques scènes sensuelles guère osées mais tout en demeurant quelque peu graphiques.

The house where evil dwellsL'interprétation ne sera pas le point fort du métrage, entre une Susan George horripilante dans ses grimaces et un Edward Albert inexpressif au possible, et la mise en scène de Kevin Connor ne parviendra pas à donner un réel rythme à un ensemble en dents de scie, plutôt mollasson, et qui ne créera jamais de tension et encore moins d'effroi. Les effets spéciaux sont plutôt mitigés, car si l'incrustation des fantômes sera quasiment parfaite, les effets sanglants laisseront à désirer, avec notamment ces décapitations peu graphiques et pas franchement crédibles.

Donc, ce The house where evil dwells supportera largement une vision grande partie grâce au dépaysement proposé par l'intrigue, mais ne pourra espérer convaincre dans l'agencement de son élément fantastique aléatoire !

The house where evil dwellsLe DVD de zone 1 édité par MGM avancera une image nette et sans défaut visible, tandis que la bande-son sera appréciable avec une partition musicale adaptée et en adéquation avec les situations et l'environnement du film, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise, mais également dans une version française peu glorieuse, avec des sous-titres optionnels en anglais, en espagnol et en français.
Au niveau des bonus, comme souvent chez MGM, il faudra se contenter de la bande-annonce originale du métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir ces fantômes orientaux sournois, le DVD de zone 1 est par exemple disponible ici !

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23.11.09

07:50:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Fish tank
Réalisatrice : Andrea Arnold
Durée du film : 2h02
Date de sortie du film : 16 septembre 2009
Avec : Katie Jarvis (Mia) ; Michael Fassbender (Connor), Kierston Wareing (Joanne), etc.

Par Nicofeel

Nanti d'un prix du jury lors du dernier festival, Fish tank constitue le deuxième film de la réalisatrice Andrea Arnold.
A la manière d'un Ken Loach ou d'un Mike Leigh, la cinéaste va livrer un film engagé sur le plan social. Mais elle ne va pas se contenter de cela. Elle va aussi nous décrire les affres de l'adolescence avec la petite Mia, une jeune fille de 15 ans, qui souhaite plus que tout s'émanciper et quitter le milieu dans lequel elle évolue.

Fish tank a d'abord le mérite de décrire un milieu particulièrement sordide où évoluent de nombreuses personnes. On est loin des beaux quartiers londoniens. Ici les HLM sont omniprésents et tout ce béton donne un côté étouffant, presque sans espoir à ses habitants. C'est le quotidien de la jeune Mia qui vit avec une famille dans un style qui pourrait rappeler le A nos amours de Pialat. La petite soeur de Mia est peu âgée mais elle a déjà un caractère bien trempé et ne cesse d'insulter à longueur de temps sa grande soeur et sa mère. La mère est d'ailleurs un sacré cas. Ne faisant pas bien âgée (on peut supposer qu'elle a eu Mia en étant très jeune), la mère, Joanne, est une véritable épave humaine. Elle ne prend pas le temps d'éduquer ses enfants. Son temps, elle le passe entre ses bouteilles d'alcool et ses différents amants. Et pourtant, malgré tout, elle garde un charme, une sensualité certaine.

Ce n'est donc pas une surprise totale si elle se retrouve à avoir comme amant le beau Connor, interprété par un magnétique Michael Fassbender. Un peu à l'instar du visiteur mystérieux dans l'excellent Théorème de Pasolini, Connor va révéler les personnalités de chacun. Et puis Connor attire à lui toutes les personnes qui gravitent autour de lui. C'est évidemment le cas de la mère de Mia mais c'est aussi le cas de Mia elle-même.

Là où le film se différencie du cinéma social des Ken Loach, Mike Leigh ou encore des frères Dardenne, c'est qu'il pose en filigranes - et même plus – la sensualité et la sexualité au coeur du dispositif du film.
Connor est pourtant très différent de Mia. Déjà au niveau de l'âge. Elle n'a que 15 ans alors que lui a une bonne trentaine d'années. Et puis Connor est l'amant de sa mère. Mais rien n'y fait. Par son aspect sympathique ou à tout le moins troublant, la jeune Mia est attiré par lui.

Il faut dire que Connor est très malin puisqu'il s'intéresse à la seule chose qui passionne Mia : la danse hip hop. De son côté, Connor va faire découvrir à Mia des choses qu'elle ne connaît pas : la nature et notamment le ruisseau qui va unir Connor et Mia (très belle scène qui va évidemment en opposition avec le titre du film puisque Fish tank signifie aquarium) ; la musique très classe de Bobby Womack et la richesse avec la voiture de Connor et sa caméra. Car il ne faut pas s'y tromper : Connor et Mia sont des opposés. Alors que le premier est un parfait représentant de la classe moyenne britannique (comme le prouve le moment où l'on découvre qu'il a une famille et tout ce qui va avec), la seconde est la parfaite représentante d'une classe laborieuse qui semble sans avenir. La fin du film où Mia décide de quitter son univers est l'aboutissement d'un rite d'initiation. La petite adolescente révoltée n'est nullement résignée. Elle a décidé de prendre sa vie en main.

Mais avant cela, telle une écorchée vive, elle aura connu des expériences dont elle se souviendra. Entre une scène d'amour avec l'homme qu'elle aime (ce dernier jouant à un double jeu) et une audition de danse hip-hop qui tourne au vinaigre, rien ne semble favorable à cette petite Mia. Il lui faut donc changer d'horizon.
Au jeu des oppositions, on a aussi le milieu de la nature, où convie Connor à la famille de Mia. Ce milieu naturaliste rappelle le grand Jean Renoir et vient en opposition directe avec les banlieues sales, désincarnées, où l'on ne fait que retrouver de grands bâtiments sans vie.

La mise en scène d'Andrea Arnold, particulièrement vive, est aussi affutée que les dialogues – souvent des insultes – fusent à toute allure. Tous les acteurs du film sont excellents. A commencer par la jeune Katie Jarvis qui est étonnante dans le rôle pourtant peu facile de Mia. Autour d'elle on retrouver un Michael Fassbender toujours aussi excellent dans des rôles pourtant très différents (Eden lake, Hunger, Inglorious bastard, etc.). La mère de Mia est jouée par Kierston Wareing, laquelle s'était fait remarquée en début d'année 2008 dans l'excellent It's a free world de Ken Loach.

Tout à la fois chronique sociale, évocation de l'adolescence et lutte des classes, Fish tank est une excellente surprise à découvrir sans plus tarder.

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20.11.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Happy birthday to me

"Slasher" typique des années quatre-vingt, ce Happy birthday to me parviendra à se démarquer quelque peu de la masse de films ayant chcerché à profiter du succès de Halloween et de Vendredi 13 grâce à une intrigue plus fouillée qui parviendra à maintenir le spectateur en haleine jusqu'au final dans cette traditionnel quête de l'identité du tueur rendue ici prenante et dont la résolution lors d'un final mémorable aura le mérite de ne pas décevoir.
Le script va laisser un mystérieux assassin décimer les membres d'une petite confrérie estudiantine ayant récemment accepté en son sein la jeune Ginny, souffrant par ailleurs d'absence liée à un accident ayant eu lieu plusieurs années auparavant.

Happy birthday to meLa longue séquence d'introduction restera bien classique pour avancer un premier meurtre, précédé d'une fausse alerte assez risible et grossière, meurtre qui nous donnera déjà quelques petits renseignements sur la personnalité du tueur que la victime connaîtra tout en nous offrant une mise à mort assez classique et que très vaguement sanglante lors d'une scène qui pourrait presque rapprocher le métrage du "giallo" avec cet assassin (déjà filmé en caméra subjective) armé d'un rasoir et portant les habituels gants noirs qui le suivront tout au long du film. Très référentielle, cette première séquence portera en elle tous les stigmates du film, avec cette volonté affichée de surprendre à tout prix le spectateur par des effets hélas basiques et téléphonés.

Happy birthday to meEnsuite, le métrage va s'attacher à nous présenter cette bande de jeunes gens issus de familles aisées et qui se retrouveront régulièrement pour faire la fête comme ce soir-là dans un pub où ils vont faire preuve d'arrogance vis-à-vis d'un groupe, entraînant un début de bagarre tout en jouant des mauvais tours avant de finalement jouer avec leur vie en franchissant un pont basculant en pleine ouverture. Parmi cette bande, on retrouvera des protagonistes bien stéréotypés, entre le comique de service, le dragueur, le timide mis à plus ou moins à l'écart, mais l'intrigue se focalisera sur cette demoiselle, Ginny, récemment acceptée par ses pairs et appelée à devenir le personnage central du métrage.

Happy birthday to meEn effet, ce sera en suivant cette demoiselle au passé trouble que nous dérouler l'intrigue, pour peu à peu en apprendre plus sur ses antécédents et notamment cet accident ayant coûté la vie à sa mère, l'obligeant à vivre seule avec son père (avec qui elle entretient des rapports presque conflictuels) et au cours duquel elle a été sérieusement blessée à la tête, obligeant les médecins à s'en servir de cobaye pour tester une nouvelle forme de régénérescence des tissus, ce qui permettra au réalisateur de nous gratifier d'une petite scène sanglante d'opération médicale à cerveau ouvert. Les absences de la demoiselle en feront bien entendu une suspecte idéale pour les meurtres qui vont se succéder au fil de l'intrigue, mais bien évidemment, ce ne sera pas la seule coupable potentielle.

Happy birthday to meEn effet, l'intrigue s'amusera à placer presque tous les protagonistes masculins au départ comme des tueurs éventuels, avec par exemple ce Rudi quelque peu effacé, au physique banal voir même ingrat, qui semblera en pincer pour Ginny tout en se livrant à des activités suspectes, mais les situations promettront de fournir d'autres pistes envisageables, diminuants bien sûr au fil des meurtres jusqu'à la découverte voulue et anticipée de l'identité probable de l'assassin que viendra remuer un final à rebondissements très graphique et bien pensé qui amènera à reconsidérer pas mal de choses tout en demeurant mémorable par son ambiance, son agencement et son cadre très "spécial" qui renverra bien entendu au titre du métrage.

Happy birthday to mePar contre, le film restera très classique dans ses nombreuses situations en jouant furieusement sur des fausses alertes trop récurrentes et manifestes que viendront heureusement contrebalancer des séquences bien plus troubles et intrigantes (le clocher, par exemple) au point de toujours faire douter le spectateur qui devra de fait rester dans l'expectative et attendre le dénouement pour mesurer l'étendue globale de l'intrigue et ses ramifications. Les scènes de meurtres seront quant à elles typiques du "slasher" mâtiné de "giallo" pour suivre en caméra subjective cet assassin aux gants noirs s'approcher de ses victimes avant de les tuer de manière diverses et variées, preuve d'une certaine recherche voulue par le réalisateur qui ne se contentera pas des habituels meurtres à l'arme blanche.

Happy birthday to meEffectivement, l'assassin aura des opportunités bien différentes de se débarrasser de ses victimes, entre ce jeune homme qui aura la tête passée dans la roue d'une moto tournant à sa vitesse maximum et cet autre qui finira écrasé par ses haltères pour une scène bien vicieuse, quand ce ne sera pas une brochette qui ira s'enfoncer dans une bouche ouverte. Mais ces séquences resteront hélas peu graphiques pour n'avancer que de très rapides plans sanglants vite aperçus avec également ces égorgements presque avortés. Cela n'empêchera pas ces scènes de meurtres d'avoir une certaine efficacité formelle et de toujours maintenir une certaine tension palpable encouragée par les fausses alertes et autres retournements de situation oscillant entre cauchemars et réalité qui parsèmeront l'intrigue.

Happy birthday to meLes personnages seront donc classiques et stéréotypés dans une volonté de coller à l'archétype du "jeune" des années quatre-vingt, ce qui nous vaudra également quelques passages de "remplissage" guère passionnants (la partie de football, par exemple), mais malgré cela, certains protagonistes arriveront à sortir du lot et à devenir attachants, comme Ginny dont les troubles parviendront presque à émouvoir, avec la mise en avant de sa relation affective avec son médecin, l'ensemble bénéficiant en plus d'une interprétation plus que correcte, Melissa Sue Anderson, échappée de "La petite maison dans la prairie" en tête pour incarner Ginny, brillamment accompagnée notamment par Glenn Ford dans le rôle du thérapeute. La mise en scène du réalisateur Jack Lee Thompson est soignée pour rechercher aussi bien à surprendre le spectateur qu'à créer une certaine ambiance accompagnée de tension, avec l'utilisation répétée mais justifiée de la caméra subjective, mais hélas l'auteur peinera à maîtriser un rythme qui aura tendance à fléchir de manière récurrente. Les effets seront plutôt probants pour ces quelques petits et rapides plans sanglants.

Donc, ce Happy birthday to me aura tous les ingrédients pour satisfaire les amateurs de "slasher" flirtant avec le "giallo" grâce à cette intrigue bien pensée et garantissant une tension et une implication constante du spectateur.

Happy birthday to meLe DVD de zone 1 édité par Anchor Bay avancera une image nette et qui ne présentera aucun défaut visible, tandis que la bande-son sera plutôt efficace avec la présence de la partition musicale d'origine (contrairement à une précédente édition déjà en zone 1) qui se révélera largement adaptée et renforçant l'impact des temps forts du film, celui-ci étant ici proposé dans sa version anglaise avec des sous-titres anglais optionnels.
Par contre, au niveau des bonus il faudra se contenter de la sympathique bande-annonce originale du film, accompagnée uniquement par celles de deux autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ou redécouvrir ce sympathique "slasher" quelque peu oublié des années quatre-vingt, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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19.11.09

07:40:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Love letters of a portuguese nun

Avec ce Love letters of a portuguese nun, le réalisateur Jess Franco va nous livrer un film de "nunsploitation" bien offensant envers la religion et l'église, graphique (malgré les coupes imposées sur cette version) et érotique, mais également émouvant et sensible, pour ce qui sera l'un de ses films que l'auteur préfère, à juste titre d'ailleurs.
Le script va laisser une jeune adolescente tomber sous la coupe d'un prêtre vicieux qui va l'emmener dans un couvent où régneront le vice et le satanisme.

Love letters of a portuguese nunSans préambule, le métrage va lancer son intrigue en nous présentant son personnage principal, Maria, une demoiselle batifolant dans les bois avec un autre adolescent, plus par jeu qu'autre chose même si le garçon se verrait bien embrasser sa partenaire, ce qu'il tentera de faire sans succès mais rapidement, nous allons apercevoir un prêtre, le père Vicnete, observant la scène et qui ne va pas tarder à tomber sur les deux jeunes pour les houspiller au nom de leurs pratiques immorales avant de ramener Maria chez elle pour pouvoir avoir une petite conversation avec la mère de celle-ci. Cette introduction mettra bien en avant la froideur rigide du prêtre face à ces jeux presque innocents et en tout cas n'allant pas bien loin des deux adolescents.

Love letters of a portuguese nunCe prêtre racontera donc à la mère de Maria les "impuretés" commises par sa fille, lui garantissant de fait d'aller en enfer, sauf si elle est ramenée dans le droit chemin par un séjour au couvent de Serreda Iris qu'il surveille. La crédulité de la mère de Maria sera totale et elle n'hésitera pas à gaspiller ses faibles économies pour permettre à sa fille d'être "sauvée". C'est ainsi que la jeune Maria va donc être emmenée dans ce couvent par le père Vincente sur le champ. Elle y sera accueillie froidement par Mère Alma, la grande prêtresse qui mettra tout de suite Maria dans l'ambiance en la forçant à un toucher intime afin de vérifier si elle est toujours vierge que le réalisateur ne visualisera bien évidemment pas en insistant surtout sur le malaise causé par cette action sur la jeune fille, avec en plus la présence de témoins de cette situation pour le moins gênante.

Love letters of a portuguese nunLa suite viendra peu à peu confirmer la perversité du père Vincente, notamment lors d'une confession poussée de Maria pendant laquelle Jess Franco sous-entendra que le prêtre se masturbe en écoutant les rêves érotiques de la jeune fille à qui il demandera de les détailler le plus possible, cherchant ainsi à lui en faire dire plus que de raison, mais bientôt nous allons découvrir que l'attitude du prêtre est au diapason avec ce qui se trame à l'intérieur du couvent, avec d'abord deux autres très jeunes nonnes qui vont venir faire connaissance avec Maria pour immédiatement se livrer à un jeu "limite". Mais la révélation viendra de la Mère Supérieure que nous allons ensuite retrouver lors de deux scènes en compagnie des deux nonnes, invoquant Satan, se faisant tripoter par elles ou les regardant s'adonner à un ébat saphique poussé où la croix chrétienne sera inévitablement pervertie.

Love letters of a portuguese nunLa dépravation apparente de ces nonnes sera visualisée lors de séquences graphiques et sensuelles volontairement offusquantes envers l'église dont nous ne saurons pas dans un premier temps si elle sont issues de l'imagination fertile de Maria par ailleurs accusée d'être possédée par le Démon, ou si elles relèvent de la sordide réalité du couvent, surtout que la demoiselle sera mise à l'écart en confinement dans une cellule isolée. C'est là que le métrage trouvera son point de non-retour glauque et malsain lorsque le père Vicente rendra visite à Maria pour d'abord obliger la jeune fille à lui pratiquer une fellation suggestive avant de l'emmener peu après pour une messe noire en compagnie des nonnes en partie dénudées où sa virginité sera littéralement offerte à Satan lui-même, pour ce qui restera comme la scène la plus troublante du métrage.

Love letters of a portuguese nunAprès cette première partie s'attachant viscéralement à nous dépeindre les activités licencieuses de ce couvent satanique en mêlant rêve et réalité autour de Maria, l'intrigue va laisser Maria s'enfuir pour aller chercher de l'aide auprès du maire du village, qui bien entendu ne la croira pas et la ramènera au couvent avant que l'Inquisition ne s'en mêle et ne fasse le procès de Maria, qui par ailleurs sera torturée dans la tradition du genre, écartelée, suppliciée pour lui faire avouer son hérésie. Mais au lieu des lettres d'amour promises par le titre, ce sera directement à Dieu que Maria écrira une lettre infiniment émouvante et d'une tristesse sans nom (du fait de l'incompréhension de sa situation par son inexpérience de la vie) du haut de son cachot et Jess Franco apportera pour une fois une certaine morale à son final avec une "happy-end" inespérée et salvatrice.

Love letters of a portuguese nunCe sera un Jess Franco largement impliqué et appliqué qui nous gratifiera de cette œuvre certes sulfureuse et répondant aux figures imposées de la "nunsploitation" avec ce déchaînement des sens par des séquences érotiques répétées et graphiques, mais cela n'empêchera pas le réalisateur de se livrer à une réflexion critique sur la religion, ses règles d'alors avec cet Inquisition impitoyable et aveugle se nourrissant de croyances obsolètes et de l'incrédulité des "petites gens" (comme le prouvera la facilité avec laquelle le père Vincente réussira à soustraire Maria à sa mère pour satisfaire sa perversité pour en plus voler les économies de cette femme d'une crédulité énorme). Cela sera fera également au travers des quelques scènes de tortures ayant résisté aux coupes de la censure qui elle verseront gratuitement dans l'exploitation pure en restant dans la veine de celles de The bloody judge ou des sévices de Die nonnen von Clichy.

Love letters of a portuguese nunLe métrage pourra également se reposer sur une intrigue avançant suffisamment de rebondissements et renouvellent ses situations régulièrement pour garder un rythme constant tout en confortant l'implication du spectateur qui progressivement en arrivera à ressentir une véritable pitié envers cette pauvre Maria dont toutes les tentatives d'échappatoire se solderont par des échecs (la lettre et le fuite du couvent) alors qu'au départ, elle croyait naïvement que ce séjour au couvent allait la purifier, puisqu'elle n'hésitera pas à éconduire son amoureux venu la chercher. Et si ce personnage principal sera bien travaillé et étudié de façon humaine, les autres protagonistes resteront plus stéréotypés, tel ce prêtre libidineux et pervers et cette grande prêtresse sataniste déviante.

Love letters of a portuguese nunL'ensemble bénéficiera d'une interprétation convaincante, la très jeune Susan Hemingway, qui semblera bien avoir l'âge de son personnage (ce qui expliquerait la réticence de la censure devant les scènes où elle apparaîtra nue au point d'en exiger des coupes) parviendra à être foncièrement émouvante, tandis que William Berger jouera un prêtre pervers avec aisance. La mise en scène de Jess Franco est plutôt dynamique, sans pour autant oublier une certaine paresse contemplatrice lors des séquences sensuelles avec aussi ces gros plans osés sur l'intimité des actrices. Les quelques petits effets spéciaux demeureront bien basiques, le métrage ne cherchant pas du tout à mettre en avant un aspect sanglant.

Donc, ce Love letters of a portufguese nun parviendra à surpasser son statut de simple "nunsploitation" érotique pour impliquer son spectateur et l'émouvoir devant le clavaire sordide vécue par l'héroïne !

Love letters of a portuguese nunLe DVD de zone 2 anglais édité par Anchor bay avancera une image d'une netteté surprenante, tandis que la bande-son sera convaincante, avec une partition musicale largement adaptée au style du film, celui-ci étant ici proposé dans sa version anglaise et dans sa version allemande avec des sous-titres anglais.
Au niveau des bonus, on pourra visionner une conséquente galerie de photos du film, quelques filmographies, la bande-annonce du film ainsi que celles des autres titres de la collection, le traditionnel petit reportage sur la restauration de Jack the ripper ainsi qu'une série d'interviews croisés de Jess Franco, d'Erwin C. Dietrich, de Herbert Fux et de Lina Romay qui reviendront brièvement sur le film et notamment sur le regain d'intérêt de la jeunesse pour les films de Jess Franco.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce couvent sataniste, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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18.11.09

07:20:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Voodoo passion

Ce sera bien évidemment sous un jour foncièrement érotique que le réalisateur Jess Franco va s'intéresser au vaudou avec ce Voodoo passion dont l'intrigue servira de prétexte à toute une série de scènes de danse tribales et autres séquences sensuelles réussies en ne sombrant jamais dans la vulgarité pour au contraire magnifier le physique des trois principales actrices du métrage, de fidèles collaboratrice du réalisateur.
Le script va laisser la femme du consul britannique en Haïti rejoindre ce dernier sur l'île où elle va bientôt être sujette à des rêves étranges et si réalistes qu'elle va finir par ne plus distinguer la barrière entre ses fantasmes et la réalité.

Voodoo passionAprès une longue introduction qui débordera du générique pour représenter des danseurs africains traditionnels évoluant sur la plage au son des tam-tams, le métrage va nous présenter son personnage principal, Susan, la femme du consul britannique en Haïti, débarquant justement sur l'île pour pouvoir enfin rejoindre son mari qu'elle n'a pas vu depuis très longtemps. Elle sera accueillie par la troublante Inès qui va la prendre en charge pour l'emmener dans la propriété de son mari, Jack, absent pour le moment. Cette entame permettra à Jess Franco de donner d'entrée un caractère touristique au film en avançant de nombreux plans pittoresques d'Haïti, réalistes en n'étant pas forcément commerciaux.

Voodoo passionLe trajet laissera l'opportunité aux deux femmes de discuter quelque peu pour nous permettre d'en apprendre un peu plus sur chacune d'elles et notamment sur Inès qui se présentera comme étant fille d'un autochtone noir et d'une française blanche, et malgré sa couleur de peau pâle, elle annoncera se considérer à l'intérieur comme une femme noire, ce qui aura par la suite un semblant d'importance lorsque les éléments vaudous commenceront à se mettre en place. Mais avant cela, nous allons suivre l'installation de Susan dans la demeure opulente de son mari, où elle va faire la connaissance d'Olga, une demoiselle qu'elle découvrira nue dans sa chambre et qui s'annoncera comme étant la sœur de Jack vivant sous son toit.

Voodoo passionCette Olga présentera d'emblée des penchants lesbiens évidents ainsi qu'une exubérance éhontée (elle restera dévêtue tout au long du film), tout en paraissant bien attirée par Susan. Mais celle-ci préférera pour l'instant rejoindre son mari, qu'elle va retrouver en compagnie d'amis qui vont rapidement s'éclipser, laissant alors les deux tourtereaux savourer leurs retrouvailles et donner de fait l'opportunité à Jess Franco de nous livrer une longue scène érotique flirtant avec le hardcore mais sans jamais franchir la ligne, tandis que Olga ne perdra pas une miette du bruit de cet ébat et cela l'émoustillera au point de la faire se lancer dans une séance de masturbation en compagnie d'une bouteille de champagne bien fraîche.

Voodoo passionCe ne sera qu'ensuite que l'intrigue va commencer à flirter avec le vaudou, d'abord pour laisser Susan se faire envoûter par Inès qui va l'emmener participer à un rituel vaudou essentiellement composé de danses lascives par des participants entièrement nus, le réalisateur s'attardant longuement sur le physique de ses actrices et notamment de Vicky Adams qui interprétera Inès, alors que peu après, croyant avoir rêvé, Susan sera confrontée à d'autres songes plus ou moins répétitifs jusqu'à ce qu'au cours d'une de ses visions elle n'aille rejoindre un des amis de Jack pour coucher avec lui et finalement le tuer, la suggestion l'emportant pour ce dernier acte alors que ce nouvel ébat sera lui aussi clairement visualisé.

Voodoo passionDe plus en plus perturbée, confondant rêve et réalité, Susan va laisser son entourage lui faire croire que les dieux de l'île ne veulent pas d'elle, tandis qu'elle va encore tuer dans ses cauchemars, pour laisser un final bien plus cartésien venir nous livrer une explication sans ampleur ni surprise mais qui aura au moins l'ambition de justifier pleinement les actes et les situations passées, tout en laissant quand même planer un doute avec un dernier élément contradictoire (la mort d'Olga). Jess Franco utilisera à bon escient la panoplie traditionnelle du vaudou, avec ces danses rituelles magnifiées et incluant des sacrifices de poulets (sans pour autant que le film verse réellement dans un aspect sanglant qui sera ici plus que timide) ou encore ces poupées vaudous qui viendront se mêler de près à l'intrigue et accroître encore un peu plus le malaise de Susan.

Voodoo passionPar contre, l'aspect érotique sera quant à lui omniprésent, Jess Franco laissant volontairement ses actrices évoluer la plupart du temps nues (certainement la chaleur régnant sur l'île…), et notamment Olga qui marquera le film de sa présence saphique provocante de tous les instants au point de finir par faire succomber à la tentation Susan, et les situations serviront quand même énormément de prétexte pour suivre des ébats sexuels, saphiques ou non, ainsi que ces danses langoureuses qui viendront très régulièrement auréoler le métrage de leur présence graphique remarquable, tandis que le réalisateur laissera également longuement ses protagonistes évoluer dans cette salles de bain au milieu de laquelle trônera une immense baignoire propice à toutes les déviances.

Voodoo passionJess Franco ne cachera pas du tout ses intentions en laissant rapidement l'érotisme prendre le dessus sur cette intrigue minimaliste et sujette uniquement à quelques digressions vers l'ambiance vaudou pure pour plutôt nous laisser profiter pleinement de la beauté fraîche de ses actrices délurées et volontaires pour se laisser scruter sous toutes les coutures par la caméra inquisitrice du réalisateur qui ici n'hésitera pas comme à son habitude à démultiplier les gros plans sur l'anatomie, intime ou non, de chacune. Par ailleurs, Jess Franco arrivera à créer sporadiquement une atmosphère envoûtante lors des scènes de danse, tout en donnant un rythme régulier et assez vif à l'ensemble avec surtout des situations ne s'éternisant pas inutilement.

Voodoo passionL'interprétation est cohérente grâce aux trois actrices principales qui se donneront corps et âme pour incarner ces demoiselles guère farouches, avec Vicky Adams (autre nom de scène de Muriel Montossé) qui nous fera admirer ses talents de danseuse nue, tandis que Ada Tauler jouera le premier rôle (comme dans Love camp un autre titre bien sympathique et dénudé de Jess Franco) en interprétant Susan avec consistance, laissant à Karine Gambier donnera vie à l'exubérante Olga avec un sens de la provocation tentatrice plus que vigoureux. Par contre, Jack Taylor, qui œuvra beaucoup dans le genre et notamment avec Jess Franco, restera bien statique et guère convaincant.

Donc, ce Voodoo passion s'illustrera presque exclusivement par son érotisme vivifiant et plus que présent au sein d'une intrigue sans ampleur et ne servant que de moteur à des situations coquines comme seul Jess Franco sait nous en gratifier !

Voodoo passionLe DVD de zone 2 anglais édité par Anchor Bay avancera une image nette et ne connaissant aucun défaut flagrant, tandis que la bande-son sera efficace, notamment avec cette partition musicale lancinante qui prendra parfois des airs jazzy chers au réalisateur, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise et dans sa version allemande sous-titrée en anglais.
Au niveau des bonus, on pourra suivre le traditionnel documentaire laissant le producteur Erwin C. Dietrich revenir sur sa relation avec Jess Franco, la bande-annonce du film ainsi que celles des autres titres de la collection dédiée à Jess Franco, une conséquente galerie de photos du film et les filmographies sélectives de l'équipe du film.

Pour ceux qui voudraient suivre cette incursion érotique dans l'univers du vaudou, le DVD de zone 2 anglais est par exemple disponible ici !

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17.11.09

07:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Tempête de boulettes géantes
Réalisateur : Phil Lord et Christopher Miller
Durée du film : 1h30
Date de sortie du film : 21 octobre 2009

Par Nicofeel

Film d'animation réalisé par Phil Lord et Christopher Miller, Tempête de boulettes géantes donne en surface l'impression d'être uniquement un petit divertissement qui n'a d'autre but que d'amuser la petite famille venue voir ce spectacle. Cette affirmation est exacte, mais en partie seulement.
Tempête de boulettes géantes est d'abord un spectacle très drôle à regarder. On voit dès les premières secondes du film notre petit héros, Flint Lockwood, qui dispose d'un petit corps et d'une grosse tête. Lorsqu'il grandit, il est mieux proportionné mais tout se passe, comme pour les autres personnages de synthèse, au niveau du visage. Le personnage principal est particulièrement expressif et l'on comprend vite ce qui lui arrive, simplement au vu de ses mimiques.

Notre héros est un personnage particulier. C'est un inventeur, une sorte de génie incompris. Dès son enfance, il crée une télévision téléguidée ou encore une voiture volante ! En étant adulte, il joue au scientifique alors qu'il se trouve toujours auprès de son père ! C'est alors que ce petit bonhomme qui était loin d'être apprécié dans son village de Swallow va réussir à faire une découverte « fantastique ». Il crée une machine qui transforme l'eau en nourriture.
Suite à une péripétie plutôt drôle où notre Flint se retrouve en difficulté, il va finalement réussir à faire pleuvoir des cheeseburgers !
Évidemment, on se dit que tout ceci n'est pas très sérieux et va uniquement plaîre à un public très jeune.

Eh bien même si de nombreux éléments sont pris dans ce film d'animation à la rigolade, il n'empêche que les dialogues fusent et ils sont beaucoup plus sarcastiques qu'il n'y paraît.
Les deux réalisateurs s'en prennent très clairement à notre société de consommation. Alors que beaucoup de gens sur Terre n'ont pas de quoi manger à leur faim, les protagonistes de cette histoire se gavent de la nourriture qui leur est offerte tout droit du ciel. Les gens ne font plus que manger. Si cela donne lieu à des scènes très drôles comme le fait que la machine se mette par exemple à créer un environnement entier dédié aux glaces (celles que l'on mange), les cinéastes n'oublient pas de rappeler le danger que cela peut comporter. Ainsi, on voit à l'écran un petit garçon qui fait un coma alimentaire après avoir trop mangé. Et puis ce n'est pas non plus un hasard si les repas qui sont proposés par la machine n'ont rien de diététique (une critique implicite des fast-food) nombre de personnages que l'on voit (le maire notamment) sont présentés comme obèses.

Ce film d'animation est également une critique de la versatilité du peuple. Ce dernier a la fâcheuse tendance de brûler ses idoles et inversement d'adorer des personnes qui auparavant avaient été quasiment ostracisés. Ainsi, notre petit Flint est d'abord quelqu'un qui est mis à l'écart puis du jour au lendemain il devient une vraie star avant de passer un mauvais quart d'heure lorsque les choses commencent à mal tourner.
Car un autre intérêt du film est son histoire qui, même si elle n'est pas d'une originalité folle, évoque pour sa part que les choses qui sont peu connues (cette machine qui transforme l'eau en nourriture) peuvent se révéler très dangereuses. Sur un ton très humoristique, ce film d'animation évoque des catastrophes : une tempête de spaghettis géants (c'est très drôle mais si ça devait nous arriver cela serait peut-être beaucoup moins marrant) et d'autres tempêtes de nourriture. C'est peut-être une façon pour les auteurs de ce film d'animation d'évoquer les dérèglements climatiques qui sont caractéristiques de notre société actuelle.
En dehors de toutes ces considérations de fond, Tempête de boulettes géantes comporte plusieurs scènes bien drôles. On pourra citer entre autres le moment où notre héros et ses amis doivent combattre des poulets mangeurs d'hommes ou encore le moment où le singe de Flint combat des bonbons à la gélatine géants ! Il y a aussi plusieurs répliques qui peuvent faire sourire le spectateur. Par exemple, Flint explique au maire que sous l'effet d'un changement du code génétique de la nourriture, tout devient plus gros.

Autre atout de ce petit film d'animation : la romance toute gentillette qui va progressivement s'établir entre Flint et entre une nouvelle présentatrice météo, la jeune Sam Sparks. Comme Flint, celle-ci a vraiment une bouille adorable. Tout son visage est très significatif. Elle est même encore plus marrante lorsqu'on la retrouve avec des lunettes.
Au final, Tempête de boulettes géantes est un sympathique petit film d'animation. Loin d'être inoubliable, il a tout de même quelques atouts pour lui. Il développe notamment quelques thématiques intéressantes, ce qui ne l'empêche pas de jouer par instants la carte de l'émotion. Il mérite donc d'être vu.

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16.11.09

07:35:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Les vies privées de Pippa Lee
Réalisatrice : Rebecca Miller
Durée du film : 1h34
Date de sortie du film : 11 novembre 2009
Avec : Robin Wright Penn (Pippa Lee), Keanu Reeves (Chris Nadeau), Alan Arkin (Herb Lee), Winona Ryder (Sandra), Julianne Moore (Kat), Monica Bellucci (Gigi Lee), Maria Bello (Suky Sarkissian), Blake Lively (Pippa adolescente), etc.

Par Nicofeel

Après un succès d'estime avec son premier film, The ballad of Jack and rose (2006), la cinéaste Rebecca Miller nous revient avec Les vies privées de Pippa Lee. Elle adapte à cette occasion son propre roman.
La réalisatrice va s'intéresser entièrement à son personnage principal, Pippa Lee, une mère de famille bien rangée qui a son époux et ses deux enfants. Mais, proche de la cinquantaine, cette Pippa Lee commence à se poser des questions. Robin Wright Penn est le gros plus de ce film. Elle incarne incontestablement à merveille cette femme qui se remémore son passé et se pose des questions sur son présent. Le passé débute avec la naissance de Pippa Lee puis on insiste sur son adolescence pour finalement arriver au moment où passé et présent se confondent.

Bénéficiant d'un excellent directeur photo et d'une mise en scène très astucieuse, Rebecca Miller réussit parfaitement à faire la jonction entre le passé et le présent. Dès le début du film, on a droit par exemple à un plan d'une grande finesse avec dans le même plan le présent (dans le bas de la maison on a la réalité) et le passé (dans le haut de la maison Pippa Lee et sa maman). Le lien est également fait entre le passé et le présent avec un simple travelling. On a aussi des raccords assez astucieux où un gâteau crée un lien entre le passé et le présent. Tout cela a évidemment pour but de montrer que le passé et le présent sont inextricables pour Pippa Lee. Les phases de transition sont même parfois assez violentes avec des fondus au blanc.

Ce qui n'est pas illogique car la réalisatrice indique clairement que la charmante Pippa Lee, épouse modèle, a eu une adolescence pour le moins contrariée. Elle a consommé des médicaments à grosse dose, elle a pris de la drogue, elle a fréquenté des gens peu fréquentables et a assisté à un suicide.
La cinéaste met le spectateur en situation de voyeur dans le sens où toute la remise en question de Pippa Lee nous est narrée. On sent que cette femme est éprise de liberté et voudrait quelque part changer de vie. D'ailleurs, la réalité se révèle pour elle beaucoup moins rose que prévu : elle se rend compte que son mari la trompe avec une de ses meilleures amies (Winona Ryder dans un rôle bien dépressif) et a la désagréable impression que le monde s'écroule autour d'elle. Ce n'est pas anodin si la cinéaste nous montre à plusieurs reprises Pippa Lee en train de fumer. Ce petit détail indique clairement qu'elle a envie de changer de vie. Elle veut juste vivre.

Pippa Lee va finalement lier amitié et même plus avec un jeune homme atypique, interprété par un Keanu Reeves qui fait preuve d'une finesse et d'une sensibilité qu'on ne lui connaissait pas forcément. Celui qui était cantonné aux rôles caricaturaux dans les super-productions (Matrix, Constantine) vaut plus que les railleries dont il peut être l'objet. Ici, il est un personnage essentiel qui contribue au (relatif) succès de ce film.

Les vies privées de Pippa Lee finit par être victime de ce qui aurait dû constituer son point fort : sa distribution. Notons qu'outre Robin Wright Penn et Keanu Reeves, le film regroupe des stars telles que Winona Ryder, Julianne Moore, Monica Bellucci ou encore Maria Bello. Le problème est que le film, avec sa succession de personnages, finit par prendre des allures de film chorale un peu brouillon. La réalisatrice aurait dû se limiter à quelques personnages. C'est d'autant plus dommage que tous les acteurs sont bons. On aurait pu espérer simplement que les caractères des personnages soient un peu plus élaborés.

Mais bon, Les vies privées de Pippa Lee demeure malgré tout un film tout à fait acceptable. La performance de Robin Wright Penn est admirable, de même que celle de Blake Lively qui joue le rôle d'une Pippa Lee adolescente, qui est confondante de naturel et qui donne l'impression d'une jeune femme qui découvre le monde.

Les vies privées de Pippa Lee est aussi une réflexion que l'on retrouve dans plusieurs films dun moment, à savoir l'usure de l'amour au sein d'un couple. Cette remarque est d'autant plus importante dans ce film que Pippa Lee a épousé un homme qui est beaucoup plus âgé qu'elle. Pourtant, contre toute attente, c'est bien son mari qui la trompe. L'épouse idéale n'a donc pour sa part rien à se reprocher. Elle peut décider de prendre un nouveau départ et donc de démarrer une nouvelle vie.

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07:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Spine

Ce sera en flirtant continuellement avec l'amateurisme que ce Spine viendra dresser le portrait un serial-killer adepte des infirmières pour un résultat hélas minimaliste, jamais prenant et encore moins efficace ou sanglant, avec uniquement de rares plans réussis, c'est bien peu.
Le script va laisser un tueur en série s'acharner sur quelques infirmières, tout en laissant la police sans le moindre indice.

SpineAprès une courte mais prometteuse séquence d'introduction avançant une jeune femme nue et sévèrement attachée sur laquelle va se pencher un homme barbu et portant des lunettes noires pour sortir un couteau à cran d'arrêt et la tuer, ce dernier geste étant effectué hors du cadre de la caméra, le métrage va mettre en scène Leo Meadows, un policier arrivant sur les lieux du crime pour y retrouver un acolyte en train de rechercher sans succès des empreintes. Nous aurons donc droit à quelques banalités affligeantes guère rehaussées par l'amateurisme d'une interprétation déjà d'une crédibilité plus que douteuse et venant d'entrée faire s'envoler tout espoir.

SpineLa suite ne fera hélas que confirmer ce sentiment, avec la courte présentation du personnage principal, Carrie, réceptionniste dans un hôpital qui saluera une de ses collègues appelée à devenir la prochaine victime du barbu qui va la suivre jusqu'à chez elle, pénétrer de force dans son appartement et la ligoter, sans pour autant faire preuve de la moindre violence graphique. Pendant ce temps-là, notre policier va avoir un briefing somnolant avec son supérieur, histoire de nous en apprendre un peu plus sur cette série de crime commis dans la ville avec toujours pour victimes des infirmières puis Leo va aller rejoindre la standardiste du commissariat, qui évoquera une plainte de voisinage pour du bruit dans l'appartement d'une infirmière, sans que cela n'ait mis la puce à l'oreille de personne, sauf de Leo qui va se précipiter sur place pour… arriver trop tard et découvrir un nouveau cadavre mutilé que nous pourrons cette fois-ci visualisé pour ce qui sera le seul et unique plan sanglant du film.

SpineNous retrouverons alors Carrie, qui recevra un coup de téléphone d'une connaissance, Leah, débarquant en ville et ne sachant pas où aller sauf chez elle, que Carrie va donc accueillir pour quelques palabres sans intérêt jusqu'au coup de téléphone de la police lui annonçant la mort de sa collaboratrice. L'actrice jouant Carrie se lancera alors dans un numéro très drôle au second degré pour feindre la douleur et l'émotion, arrivant même finalement à verser une petite larme. Après une tentative de meurtre avortée grâce à l'arrivée de Carrie dans l'hôpital même, une seconde partie vaguement plus intéressante viendra opposer directement Leah et Carrie à ce meurtrier qui va les séquestrer et les visiter tour à tour mais de manière furieusement répétitive pour de très vagues humiliations au caractère sexuel uniquement sous-entendu avant qu'un subterfuge ridicule et éculé ne vienne donner lieu à un final expédié et complètement foiré en étant amené n'importe comment en plus d'être définitivement bâclé.

SpineLa première partie du métrage sera donc carrément soporifique aussi bien pour disposer d'une situation classique avec ce tueur en série à la seule particularité avancée guère originale, pour en plus ne mettre en scène que des protagonistes superficiels au possible et même complètement incroyables, comme ce policier au look impayable (avec son chapeau jaune ridicule !) le faisant plus passer pour un hippie sur le retour que pour un officier de police, tandis que cette Carrie défraîchie et fade accaparera trop souvent l'écran au détriment de cette Leah un peu plus gironde que le duo de réalisateur filmera quand même sous la douche, sans pour autant venir apporter le moindre soupçon d'érotisme au métrage.

SpineLa seconde partie aurait pu devenir plus stressante avec ce huit-clos dans l'appartement de Carrie où l'assassin va réussir à rentrer, après quelques tentatives uniquement destinées à générer un suspense qui ne montera jamais, pour parvenir à surprendre chacune des demoiselles (mais jamais le spectateur…) et les attacher chacune de leur côté dans une pièce différente. Le métrage donnera alors la parole au meurtrier qui va mettre en avant son trauma besogneux de manière aussi répétitive que monotone auprès des deux jeunes femmes pour une série de scènes sans aucun impact jusqu'à ce meurtre qui, à défaut d'être véritablement graphique puisque les coups de couteau seront une nouvelle fois donnés en hors-champ, permettra aux deux réalisateurs de couvrir leur assassin de sang de manière assez probante pour en plus se hasarder à des cadrages en gros plans zoomant sur son visage plutôt réussis et enfin quelque peu impactant. Mais hélas, la routine reprendra bien vite le dessus avec cette astuce basique qui replacera les personnages dans un conteste "normal" pour céder leur place à un final surprenant dans sa rapidité éhontée.

SpineL'amateurisme du projet se fera hélas cruellement sentir à tous les niveaux pour enfoncer un peu plus le métrage dans la médiocrité, avec déjà cette interprétation calamiteuse qui viendra gommer aussi rapidement que définitivement toute crédibilité de façon bien navrante, tandis qu'ensuite les décors ne feront jamais illusion, aussi bien pour ce commissariat de pacotille que pour cet hôpital réduit à un hall d'accueil en contreplaqué et à des décors d'intérieur d'une maison en construction censés représenter les sous-sols dangereux de l'endroit où va se hasarder une pauvre infirmière sous l'oeil du tueur. Et enfin, la mise en scène du duo de réalisateur restera plate et morne, pour ne jamais donner un semblant de rythme à l'ensemble en se contentant de suivre les personnages sans génie, et il ne faudra compter que sur ce long plan du tueur ensanglanté pour justifier un quelconque motif de contentement.

Donc, ce Spine n'arrivera qu'à ennuyer sévèrement son spectateur à cause d'une approximation plus que dommageable dans un amateurisme fatal !

SpineLe DVD de zone 0 édité par substance avancera une image continuellement granuleuse à cause d'un transfert vraisemblablement issu d'une copie de VHS qui ne fera qu'augmenter l'aspect amateur de l'ensemble, tandis que la bande-son sera juste cohérente, avec une partition musicale souvent inexistante pour en plus se monter ridicule lorsqu'elle daignera accompagner les événements. Et évidemment, aucun bonus ne viendra prolonger la vision du métrage, puisque le menu d'accueil ne proposera que de lancer le film ou d'accéder directement aux scènes.

Pour ceux qui oseraient quand même vouloir rencontrer cet assassin d'infirmières, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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14.11.09

10:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The box
Réalisateur : Richard Kelly
Durée du film : 1h55
Date de sortie du film : 4 novembre 2009

Avec : Cameron Diaz (Norma Lewis), James Marsden (Arthur Lewis), Frank Langella (Arlington Steward), etc.


Par Nicofeel

Réalisateur très en vue après son premier long métrage daté de 2001, l'excellent Donnie Darko qui bénéficie d'un côté culte bien mérité, Richard Kelly a depuis subi les foudres des critiques avec son second film, Southland tales, présenté en 2006 à Cannes et qui a même dû être remonté.
En 2009, Richard Kelly nous revient avec un thriller mâtiné de fantastique qui ne manque pas d'intérêt. The box est une adaptation d'une nouvelle de Richard Matheson (Je suis une légende).

Le film part d'un postulat de base qui est déjà fort enthousiasmant : une famille américaine modèle, constituée de Norma Lewis (Cameron Diaz) et Arthur Lewis (James Marsden) et de leur jeune fils doit faire face à des problèmes économiques importants. Un jour, un homme dépose un paquet devant la porte d'entrée des Lewis. Ce paquet contient la boîte qui correspond au titre du film. Le lendemain, madame Lewis reçoit un homme défiguré, qui lui a déposé cette boîte, et qui lui fait une proposition : si elle appuie sur le bouton rouge de la boîte, elle tuera une personne qu'elle ne connaît pas et elle recevra la somme d'un million de dollars.
L'entrée en matière du film est vraiment particulièrement bien rendue. L'ambiance est tendue à souhait et le film est d'autant plus prenant que les moindres détails ont été étudiés. Ainsi, le film se déroule à la fin de l'année 1976 et les couleurs assez flashies du film, dues à l'utilisation de filtres, donnent vraiment une impression rétro au film.

Le côté thriller du film fonctionne à merveille. Mais on peut voir aussi dans la proposition faite par le mystérieux Arlington Steward une métaphore de notre société. A savoir une société de consommation où l'on n'hésite pas pour de l'argent à mettre au placard des notions morales. Petit à petit, le thriller, qui se suivait sans difficulté, laisse la place au fantastique. Richard Kelly nous livre un film étonnant où il évoque aussi bien le passage d'une dimension à l'autre (on est carrément dans une thématique commune avec Donnie Darko) que le choix qui s'offre à nous, à savoir la destinée ou encore la force qui régit ce monde (Dieu ?). Bref, si les éléments « rationnels » ont complètement disparus et laissent place à de l'étrangeté et du pur fantastique, le film demeure plus que jamais passionnant. Par contre, il faut bien reconnaître que le virage que prend le film ne plaira pas à tout le monde. Il faut accepter de rentrer dans ce très curieux film qui pose beaucoup de questions mais n'apportera au final que peu de réponses. Le film retombera pourtant parfaitement sur ses pattes avec l'explication des meurtres étranges qui nous ont été rapportés au début du film. Car le fantastique est intimement lié au côté thriller du film.
Le film The box n'est pas pour autant totalement réussi. Il faut bien reconnaître que Richard Kelly ne réussit pas toujours l'alchimie entre le fantastique et le thriller. Et puis surtout à force de vouloir nous emmener très loin, dans des contrées inconnues, Richard Kelly est proche de perdre le spectateur. Le film donne souvent l'impression d'être insaisissable et certaines scènes s'emboîtent un peu maladroitement.

Mais Kelly s'en sort tout de même bien au final, en raison notamment de scènes qui n'auront de cesse de marquer les esprits du spectateur : la scène des portes ou encore le passage d'un monde à l'autre.
Peut-être un peu trop référentiel par instants, car The box n'est pas sans rappeler par instants L'invasion des profanateurs de sépultures (avec ces personnages qui agissent bizarrement et tous ensemble) ou encore La malédiction de Richard Donner (avec l'enfant de la famille Lewis), le film bénéficie tout de même d'un excellent rythme et d'une histoire assez solide pour captiver de bout en bout.

Et puis dans ce film Richard Kelly se révèle un formidable directeur d'acteurs. Frank Langella est incroyable dans le rôle particulièrement marquant d'Arlington Steward. Il fait corps avec ce personnage inquiétant, mystérieux, sorte d'intermédiaire de Dieu qui laisse aux gens la possibilité de faire le bon choix. James Marsden, vu notamment dans la trilogie des X-Men, est particulièrement impliqué dans le film et le spectateur n'a aucun mal à s'identifier à ce père de famille. Mais surtout, l'actrice la plus bluffante est sans nul doute Cameron Diaz. Actrice habituée principalement à des comédies lourdingues où elle s'évertue à montrer son joli minois, Cameron Diaz est transformée dans ce film. On la sent impliquée au plus haut point, elle dispose pour l'occasion d'un jeu d'une grande finesse. Elle fait passer une palette d'émotions et elle n'est jamais en sur-jeu. Elle est toujours très sobre.
Superbement filmé (la mise en scène est d'une grande fluidité), disposant d'une distribution très solide, bénéficiant d'une bande son qui se marie merveilleusement avec le film et ayant des thématiques très intéressantes, The box reste un film qui mérite largement d'être vu. On attend avec impatience le prochain film de Richard Kelly.

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13.11.09

06:40:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Away we go
Réalisateur : Sam Mendes
Durée du film : 1h38
Date de sortie du film : 4 novembre 2009

Avec : John Krasinski (Burt), Maya Rudolph (Verona), Maggie Gyllenhaal (LN), etc.

Par Nicofeel

Reconnu comme étant l'auteur de l'excellent American beauty, satire féroce de l'american way of life, Sam Mendes n'a pas vraiment confirmé par la suite. Il s'est égaré dans des films complètement impersonnels, qui frôlent parfois la nullité (Les sentiers de la perdition, titre assez révélateur de la carrière de ce cinéaste).
Dernier film en date de Sam Mendes, Away we go est un petit road movie sympathique, qui n'a rien d'autre but que de divertir le spectateur en lui montrant un couple qui est très heureux, et qui a même tendance à véhiculer cette joie de vivre.
Car il faut bien le reconnaître, le film vaut avant tout pour l'interprétation de ses deux acteurs principaux, John Krasinski dans le rôle de Burt et Maya Rudolph qui joue sa compagne dans le film avec le rôle de Verona. Si les deux acteurs ne sont pas vraiment très glamour, ils démontrent une complicité certaine et une joie qui transparait à l'écran. On voit ainsi ces deux tourtereaux qui vont faire un long voyage alors que Verona est enceinte.
Tout le film va tourner autour de la notion de famille. Mais là où un film comme American beauty se voulait irrévérencieux, Away we go est finalement très classique avec des idées même assez conservatrices. Car dans le film le seul couple qui en prend pour son grade, est le couple post hippie dont la femme est jouée par une Maggie Gyllenhaal bien décalée.

Sam Mendes, bien propret, s'amuse certes à nous décrire des couples qui sont parfois en proie à des problèmes mais sur le fond il en revient toujours à la même idée : le foyer est quelque chose d'indispensable. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le couple Burt-Verona va voyager à Phénix, Tucson, Madison et à Montréal avant de revenir à l'endroit sacré : chez soi. On nous parle de façon très explicite dans le film de l'importance de l'Amour et de choses comme l'altruisme, la patience. En fait, Sam Mendes évoque tout ce qu'il faut pour qu'une vie familiale puisse se dérouler dans l'harmonie.
Heureusement que son film est truffé de moments dramatiques (la jeune femme qui a fait plusieurs fausses couches) ou de moments assez drôles (la première soeur de Verona qui est complètement déjantée et particulièrement accro au sexe ou encore le moment où Burt décide de péter les plombs face au couple baba-cool qui l'indispose), car sinon Away we go serait parfait comme somnifère.

Away we go est également un film assez maladroit au niveau de son montage. Car Sam Mendes a clairement choisi la facilité et il ne s'est pas embarrassé pour faire se succéder ses scènes. Il s'est contenté d'agrémenter le titre de la ville traversée sur un fond noir. Tout cela paraît tout de même assez factice et surtout l'enchaînement des événements donne bien souvent l'impression d'avoir affaire à un film qui se limite à nous décrire (timidement) des scènes de vie avec la famille comme leitmotiv. On peut d'ailleurs rester assez dubitatif devant l'idée qu'a eu le couple Burt-Verona d'aller voir des amis, de la famille ou d'anciennes connaissances qui ont déjà des enfants. Car finalement qu'est-ce que ce couple constate ? Que chaque couple a des problèmes, qui peuvent être très différents. Ouah, bonjour le scoop.

En fin de compte, le seul petit risque que prend Sam Mendes est de nous décrire ce couple Burt-Verona qui n'est pas marié et qui va avoir un enfant. Cela va un peu à contre-courant du puritanisme dont sont parfois taxés les américains.
Sinon, la mise en scène à proprement parler est tout ce qu'il y a de plus classique. On a même parfois l'impression d'assister à un téléfilm de luxe.

Terminons tout de même par un point positif : le jeu de l'ensemble des acteurs qui est tout à fait probant. Que ce soit le couple principal ou les seconds rôles, tous les acteurs sont parfaitement impliqués dans le film. Le petit plaisir que l'on peut avoir à regarder ce film est sans nul doute dû au jeu des acteurs, lesquels apportent un vrai plus.
En synthèse, Away we go est à ranger dans la catégorie « feel good movie ». Le problème est que rien n'est vraiment étudié sur le fond et qu'en conséquence, le film reste tout juste sympathique. Voilà une nouvelle fois un film mineur signé Sam Mendes. A quand le retour de ce cinéaste pour un film du niveau d'American beauty ? La question mérite d'être posée.

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12.11.09

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Whiteout
Réalisateur : Dominic Sena
Durée du film : 1h40
Date de sortie du film : 21 octobre 2009

Avec : Kate Beckinsale (Carrie Stetko), Gabriel Macht (Robert Pryce), Tom Skerritt (le docteur John Fury), etc.


Par Nicofeel

Auteur entre autres de 60 secondes chrono et d'Opération espadon, Dominic Sena est le prototype même de cinéaste qui n'a pas vraiment de personnalité. Sorte de yes man, il confirme ce statut avec son dernier film en date, Whiteout.
Thriller polaire qui se déroule en Antarctique, Whiteout essaie de manger à tous les râteliers. Il fait par moments penser à Alien de Ridley Scott (notamment par son affiche française où il est indiqué : « En Antarctique personne ne vous entendra crier) mais aussi à The thing de John Carpenter par son environnement.
Le seul véritable intérêt du film tient dans son intrigue qui, à défaut d'être géniale, permet au moins au spectateur d'éviter de tomber dans une somnolence. Si le scénario est rempli d'incohérences ou en tout cas de succession de scènes pour le moins étonnantes, cela permet de distraire le spectateur. Les trahisons et les multiples pistes que l'on retrouve dans Whiteout font de ce long métrage une série B acceptable, à défaut d'être géniale.

Il faut dire que ce film cumule tout de même un certain nombre de défauts. Il y a d'abord des scènes qui sont parfaitement inutiles et qui ont une capacité certaine à rendre le film risible. Ainsi, par exemple, dès le début du film, on voit le docteur John Fury qui présente l'Antarctique en s'amusant à jouer au golf ! On a aussi dans le style inutile des jeunes gens qui s'amusent à faire la fête en buvant du whisky avec de la glace qui aurait plusieurs centaines d'années !

Il y a aussi les scènes qui arrivent comme un cheveu sur la soupe. Là encore, pas besoin d'aller très loin : dans les premières minutes du film, on voit le marshall fédéral Carrie Stetko (Kate Beckinsale) qui mène son enquête et qui tombe nez à nez avec un corps alors qu'elle se trouve en Antarctique et que, d'après ce que l'on a appris précédemment dans le film, on ne peut pas voir à plus de 15 cm devant soi dans l'enfer blanc ! On s'amusera également de la prodigieuse capacité de Carrie Stetko à résoudre l'intrigue en trouvant très rapidement les solutions aux différents problèmes auxquels elle est confrontée.

Autre maladresse du film : la psychologie de ce personnage de Carrie Stetko. On comprend assez vite qu'elle a vécu un véritable trauma en tuant en légitime défense un collègue. Mais Dominic Sena ne se contente pas d'une allusion. Non, ce cinéaste se plaît à truffer son film de flashbacks avec la même scène traumatique que l'on voit à de nombreuses reprises. Cette utilisation du flashback a une fâcheuse tendance à saccader ce long métrage et à ralentir l'action.
D'ailleurs, les scènes d'action à proprement parler du film sont loin d'être au top. Elles manquent sérieusement de lisibilité. Il aurait été préférable de rendre l'ensemble plus facile à regarder, d'autant que le film manque du coup de scènes un peu sanglantes. On ne s'ennuie certes pas mais à l'instar du reste de ce long métrage, tout cela est assez maladroit et quelque peu molasson.

Ayant gardé le meilleur pour la fin, il reste à évoquer le cas des acteurs du film. Si Kate Beckinsale qui est la tête d'affiche de Whiteout s'en sort globalement avec les honneurs (et ce malgré les flashbacks déjà cités dont elle est partie prenante), il n'en va pas de même pour les autres du film. Soit on les trouve peu investis dans le film soit on les trouve carrément peu crédibles. Il faut dire aussi que ces acteurs ont tout de même à leur corps défendant le fait que Dominic Sena n'a pas vraiment pris la peine de développer la psychologie des personnages qu'ils interprètent. Ces personnages se limitent bien souvent à des caricatures que l'on a vu 100 fois dans d'autres films.

Finalement, peu de choses reste à sauver dans ce film sinon son scénario avec ces multiples rebondissements. Sur ce point, Whiteout réserve à la toute fin un twist qui vaut le coup, même si il demeure décelable pour ceux qui auraient suivi l'intrigue de façon active. Whiteout est un film qui est l'oeuvre d'un cinéaste plutôt médiocre. Ce film sera aussi vite oublié qu'il aura été vu.

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11.11.09

01:10:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Mademoiselle Chambon
Réalisateur : Stéphane Brizé
Durée du film : 1h41
Date de sortie du film : 14 octobre 2009

Avec : Vincent Lindon (Jean), Sandrine Kiberlain (Véronique Chambon), Aure Atika (Anne-Marie), Jean-Marc Thibault (le père).

Par Nicofeel

Auteur en 2007 d'un très intéressant Entre adultes où il faisait la démonstration de l'érosion du désir au sein de différents couples et des attitudes que cela peut engendrer (mensonges, adultère), Stéphane Brizé revient avec un film moins « documentaire » et plus romancé. Cependant la thématique reste bien quelque part la même.
Passionné visiblement par la notion d'Amour qu'il peut y avoir entre un homme et une femme, Stéphane Brizé est également très sensible aux rapports sociaux qui se nouent dans notre société. Cela n'est évidemment pas un hasard si ses deux personnages principaux sont issues de deux classes sociales complètement différentes.

Vincent Lindon interprète un maçon plus vrai que nature. Il est très attaché à son travail mais il n'a pas reçu une éducation comme le prouve la première scène très démonstrative avec la difficulté d'aider son fils au sujet d'une question d'école relative au complément d'objet direct. Il demeure quelqu'un de bien, toujours prêt à donner un coup de main aux siens comme le prouve l'aide qu'il effectue fréquemment pour son vieux père (joué par Jean-Marc Thibault). Jean va se retrouver à tomber amoureux de la fameuse mademoiselle Chambon qui est complètement son opposée. Sandrine Kiberlain est parfaite dans ce rôle de professeur des écoles qui détient pour sa part le savoir à transmettre aux enfants, qui est issue d'une classe plutôt aisée mais qui est pour sa part pas du tout manuelle. Quant aux relations familiales de Véronique Chambon (qui se limitent dans le film à un coup de fil assez solennel donné par sa mère), elles restent assez froides. Pourtant, malgré toutes ces différences entre ces deux êtres que sont Jean et Véronique Chambon, il y a bien un coup de foudre qui va naître. Mais Stéphane Brizé rappelle que tout n'est pas toujours possible dans la vie et que même si l'on aime quelqu'un, il n'est pas si facile que cela de changer du jour au lendemain sa vie.

Et à ce petit jeu, qui est le jeu de la vie, Stéphane Brizé est vraiment très bon. Il montre bien la complexité du sentiment humain et que le sentiment amoureux n'est pas évident à vivre. Il y a une vraie retenue dans les relations entre Jean et Véronique Chambon. Le film est sur ce point d'un réalisme incroyable. On croît à cette histoire qui n'est finalement jamais amenée à avoir des lendemains qui chantent. Il y a d'ailleurs beaucoup de larmes, tant de Jean ou de Véronique Chambon, qui coulent en raison de cet impossible amour. On remerciera le réalisateur Stéphane Brizé de ne jamais tomber dans la facilité et au contraire d'insister sur cette barrière entre ces êtres qui semble infranchissable. Ou presque. Même l'acte sexuel qui est vécu entre les deux n'est rien d'autre qu'un adieu. En cela, le film se rapproche de l'excellent In the mood for love de Wong Kar Wai ou encore Le temps de l'innocence de Martin Scorsese.

Le film vaut également par sa capacité à nous décrire la fin d'un couple. Jean a beau être avec Anne-Marie, jouée par une très sensible Aure Atika, il n'y a plus d'amour dans son couple. Il semblerait que le quotidien a fini par ronger le désir de ce couple. Et la cause est belle et bien entendue. Même le fait qu'Anne-Marie soit enceinte et toujours aimante ne change rien à l'affaire. La fin du film est imparable. Le mouvement en travelling arrière lors la dernière séquence indique bien que le couple n'a plus rien à se dire, que le désir au sein du couple s'est complètement désagrégé.

On ressort naturellement chamboulé par un tel film car il y a bien quelque chose de vrai dans les sentiments qui sont décrits. Et puis l'une des forces de Stéphane Brizé est d'avoir mis le spectateur dans une position d'empathie à l'égard de l'ensemble des personnages du film. Personne n'est à blâmer dans cette histoire. Chacun a ses motivations et personne n'agit pour faire du mal à l'autre. Comme le dit le célèbre proverbe, le coeur a ses raisons que la raison ignore. C'est pourquoi on peut tomber amoureux en un instant d'un être humain, quel qu'il soit. Mais comme l'indique Stéphane Brizé, un tel amour est difficile à assumer et cela peut avoir des conséquences dramatiques. Car dans cette fiction tout le monde souffre. Gageons que la grande lucidité dont fait preuve Stéphane Brizé reste un film et que les couples puissent continuer à communiquer et s'aimer.

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10.11.09

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Zombie commando

Malgré une intrigue pour le moins simpliste, et un budget que l'on devine plus que limité, ce Zombie commando parviendra à se montrer expansif dans un gore franc et régulier tout en maintenant une action rythmée et dynamique.
Le script va laisser une petite escouade à la solde d'un laboratoire ayant "égaré" un virus partir à la recherche de celui ayant volé le container, mais arrivé trop tard, le groupe va devoir faire face à une horde d'infectés cannibales.

Zombie commandoDans sa séquence d'introduction précédant le générique, le métrage va prendre place en Sibérie pour y suivre un chercheur en blouse blanche courir dans la neige, en possession d'une fiole contenant un virus et guetté par deux soldats qui vont bientôt l'abattre, mais l'un d'entre eux va décider de garder la fiole, dans l'espoir de devenir riche en la vendant, au lieu de la rendre au laboratoire à qui elle appartient, quitte pour cela à devoir se battre à mains nus avec son coéquipier et finalement le tuer de sang-froid. Cette petite séquence d'introduction sera déjà bien dynamique pour suivre de près l'action tout en posant les prémices de l'intrigue à venir.

Zombie commandoEnsuite, le métrage va nous présenter celui qui deviendra le personnage principal, Ash, un ancien collaborateur du laboratoire rappelé pour résoudre le problème posé par Craine Black, l'homme ayant volé le virus juste auparavant, mission que Ash acceptera malgré les ressentiments qu'il éprouve après s'être fait viré en étant surtout appâté par la somme offerte en échange de ses services. C'est ainsi qu'il va se retrouver à la tête d'un petit groupe comprenant outre lui-même Francis, une spécialiste en virologie, La Rocka, un baroudeur et Carter, un sniper habitué à prendre la le commandement et qui verra d'un mauvais œil de devoir laisser sa place de chef à Ash.

Zombie commandoMais pendant ce temps-là, Craine Black aura été infecté par le virus s'étant échappé de son container pour ne pas tarder à contaminer ceux qu'il va rencontrer, à commencer par deux psychopathes notoires qui vont croiser sa route à leurs dépends pour à leur tour se mettre à attaquer deux punkettes se rendant à une "party" donnée non loin de là. La trace de Black retrouvée, Ash et ses compagnons vont pouvoir passer à l'action avec pour destination cette forêt où Black est censé se cacher, mais avant de pouvoir espérer lui mettre la main dessus, ils vont d'abord devoir affronter les infectés, de plus en plus nombreux, agressifs et avides de chair humaine.

Zombie commandoLe métrage ne traînera pas pour lancer son action, la présentation des différents protagonistes étant réduite au strict minimum, même si l'intrigue s'attardera peut-être trop longuement et inutilement à retracer le passé de Ash au sein du laboratoire au cours d'une séquence de dialogue presque fastidieuse, qui heureusement sera ensuite suivie de situations plus rythmées et virulentes, avec notamment ces premières attaques mettant en avant des victimes hautes en couleurs qui feront des "infectés" parfaits. La partie centrale du film, se déroulant dans cette forêt relativement bien mise en valeur, sera surtout composée de "gunfights" particulièrement saignants puisque l'on ne comptera plus les têtes explosés, les impacts de balles éclaboussant les décors et même la caméra (souvent partie prenante à l'action), tandis que les zombies continueront de s'attaquer aux quidams ayant le malheur de les croiser, pour d'autres scènes sanglantes certes assez classiques (comme cet étripage obligatoire) mais bien volontaires et toujours graphiques.

Zombie commandoPar contre, l'intrigue restera hélas largement superficielle, souvent prévisible, notamment en faisant mourir au sein du groupe progressivement ceux ayant été le moins présentés pour évidemment laisser à un moment opportun laisser la rancœur de Carter ressurgir, celui-ci s'opposant alors sans raison valable à Ash, tandis que les rares passages tentant d'installer un minimum de suspense en faisant surgir des "infectés" non loin des vivants n'arriveront pas à atteindre leur but, le spectateur attendant plutôt le prochain effet sanglant. Enfin, la dernière partie se déroulant autour d'un chalet isolé n'aura pas l'ampleur attendue, notamment au niveau du duel final entre Ash et Black qui sera carrément expédié, presque bâclé.

Zombie commandoLes personnages demeureront quand même stéréotypés et superficiels malgré quelque maigre tentative d'insuffler à Ash une petite profondeur dans sa relation avec l'obligatoire femme du groupe, et l'ensemble bénéficiera d'une interprétation plutôt mitigée car en effet, si les principaux protagonistes seront campés avec sérieux et un aplomb presque surprenant dans ce type de production, les seconds rôles deviendront invariablement aléatoires par un jeu surfait ou perdant beaucoup de naturel. La mise en scène sera par contre plus probante, en suivant véritablement l'action de près, pour même laisser parfois la caméra y prendre part, s'essayant même à quelques effets osés (la balle suivie, par exemple). Les effets spéciaux resteront quand même le principal atout, par de multiples effets gores graphiques (même si quelque peu répétitifs) assez réalistes et ne souffrant d'aucune surenchère pourtant typiques des "splatters" allemands.

Donc, ce Zombie commando se suivra facilement, épaulé par un aspect sanglant omniprésent qui viendra en partie compenser la faiblesse de l'intrigue pour donner au métrage une efficacité certaine !

Zombie commandoLe DVD de zone 2 allemand édité par Euro cult avancera une image plutôt nette et ne comportant pas de défauts visibles, tandis que la bande-son sera convaincante, portée par une partition musicale plus que dynamique, le métrage étant ici proposé dans sa version allemande avec des sous-titres anglais.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un petit making-of revenant sur le tournage d'une séquence, un bêtisier assez amusant, une scène de dialogue heureusement coupée du montage final, un petit court-métrage vraiment anecdotique, la bande-annonce du film ainsi que celles d'autres titres de l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce "splatter" allemand bien saignant et assez efficace, le DVD de zone 2 allemand est disponible ici ou commandable !

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07:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Jennifer's body
Réalisatrice : Karyn Kusama
Durée du film : 1h45
Date de sortie du film : 21 octobre 2009

Avec : Megan Fox (Jennifer), Amanda Seyfried (Needy), Johnny Simmons (Chip)

Par Nicofeel

Réalisé par Karyn Kusama mais surtout scénarisé par Diablo Cody (déjà scénariste de l'excellent Juno), Jennifer's body est une comédie horrifique un peu bizarroïde. Plus précisément, on a l'impression d'assister à un film hybride : moitié slasher et moitié teen movie.
Et c'est l'une des faiblesses évidentes du film : il n'est pas assez gore côté film d'horreur et il n'est pas assez drôle ou en tout cas pas assez prégnant sur le plan de l'étude psychologique côté teen movie.

A l'image de ce que sont capables de nous livrer les américains lorsqu'ils évoquent la question du sexe, le film n'assume jamais totalement cette question. Et c'est bien dommage. Le film est rempli de citations qui ont trait au sexe et qui sont révélateurs d'une société frustrée sur ce plan : pêle-mêle on nous parle de vagin, de vulve et de bite. Quant au personnage de Jennifer joué par le sex-symbol qu'est Megan Fox, il n'y va pas par quatre chemins : « Mon clito est plus long que sa queue » ; « Tu m'fais mouiller comme une fontaine » ; « C'est du gros matériel ». Le sexe est une notion fondamentale dans le film : c'est une chose qui est au centre des discussions de ces adolescents. La mignonne Amanda Seyfried, qui est la narratrice du film, et qui joue accessoirement le rôle de Needy, l'amie de Jennifer, est très sensible au fait de connaître sa première expérience sexuelle avec son petit ami. Cette question du rapport au sexe est plutôt bien vue. Malheureusement ce parti pris scénaristique pour le moins intéressant n'est pas du tout assumé au niveau de la mise en scène. On ne voit rien à l'écran. Soit les rapports sexuels se passent hors champ soit on nous montre uniquement des soutiens-gorges et des petites culottes. Le spectateur qui serait venu voir le film uniquement pour Megan Fox aura de quoi être déçu sur ce point car il ne verra que les décolletés et une petite culotte de la belle.

Et le fan de film d'horreur pourra lui aussi être largement déçu. Car là encore le film n'assume jamais son côté slasher. Les scènes horrifiques sont peu nombreuses et elles se déroulent souvent hors champ. C'est dommage car l'idée de la femme fatale avec Megan Fox qui joue le rôle d'une succube était bien vue à la base. On pouvait donc être enthousiaste avec un tueur qui se trouve pour le coup être une femme. Le problème est que le résultat à l'écran est bien fade. Le jeu de Megan Fox est en plus très limité et toutes les scènes horrifiques sont prévisibles. Seuls les effets spéciaux, relativement réussis, relèvent un peu le niveau côté scènes d'horreur mais cela reste à chaque fois particulièrement sage.

En somme, la cinéaste Karyn Kusama, qui disposait d'un scénario qui aurait pu lui permettre de faire un film qui s'élèverait de la production courante, s'est contentée de livrer un produit formaté, ô combien caricatural, à destination du public adolescent, et mâle de préférence.
Côté casting, si l'on retrouve en tête d'affiche Megan Fox, comme dit précédemment son jeu d'actrice laisse franchement à désirer. Il faut dire qu'elle n'est pas aidée avec ce rôle de femme allumeuse qui cache en elle un démon à l'énergie sexuelle vivace. Ce personnage n'a aucune finesse. On ne s'étonnera donc pas que la sympathique Amanda Seyfried vole la vedette à Megan Fox. D'abord, elle est la narratrice du film et on comprend au fur et à mesure que l'action avance pourquoi elle se retrouve dans un hôpital psychiatrique. Ensuite, son personnage de Needy bénéficie certainement le plus d'une étude psychologique. Et puis Needy est l'un des rares personnages qui relance un peu la dynamique avec un petit twist final agréable.

Cependant, la bonne prestation d'Amanda Seyfried ne peut pas faire oublier une trame qui effiloche au fur et à mesure que le long métrage s'avance. La fin du film, avec la séquence du bal, rappelle le chef d'oeuvre de De Palma, Carrie au bal du diable, mais de façon bien caricaturale.
Au final, en dépit d'un scénario situé largement au dessus de la moyenne des films horrifiques que l'on a l'habitude de voir, Jennifer's body est un film partiellement réussi (ou en partie raté, c'est selon) car sa réalisatrice s'est contentée de livrer au spectateur un produit formaté, et ce malgré des thématiques fortes qui auraient mérité de larges développements.

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09.11.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Saw 6
Réalisateur : Kevin Greutert
Durée du film : 1h30
Date de sortie du film : 4 novembre 2009

Avec : Costas Mandylor, Tobin Bell, Betsy Russell, Mark Rolston, Peter Outerbridge, etc.

Par Nicofeel

Après la surprise du premier Saw (2004), on nous sert chaque année au moment d'Halloween un nouvel épisode des aventures du Jigsaw. Si le premier épisode était assez original, il faut bien reconnaître que cela fait un moment que la franchise Saw s'est essoufflée. Mais bon, il faut croîre que tant que ces films rapportent de l'argent, on continuera à réaliser des suites pour le moins peu originales.
Saw 6 est réalisé par un parfait inconnu, Kevin Greutert, dont c'est le premier film. En fait, Kevin Greutert a été le monteur de Saw 2 à Saw 5. Cela promet déjà ! Et effectivement on ne tarde pas à comprendre que le film va être un nouveau ratage.
D'abord, le défaut le plus flagrant du film tient dans l'idée qu'il fait une nouvelle fois dans la redite. Pour celui qui n'a jamais vu les Saw, le film peut faire illusion (et encore), pour les autres la déception est de taille. Le film se veut une suite directe de Saw 5, qui peut cependant se suivre sans avoir vu les autres Saw. Le film Saw 6 (oui le jeu de mots est facile en français eu égard au titre du film !) est en fait un recopiage des autres films ou en tout cas du concept même de Saw. On navigue une nouvelle fois entre des tortures qui sont l'oeuvre du sadique Jigsaw et entre de nombreux flashbacks. John Kramer, à l'origine des tortures, est très présent alors qu'il est mort depuis belle lurette. Oui mais voilà on le voit au travers de nombreux flashbacks. Ces longs flashbacks, qui n'apportent tout de même pas grand chose à l'action du film, finissent par donner la désagréable impression que le réalisateur a vraiment besoin de meubler. Déjà que le film ne dure qu'une heure trente...
Film complètement impersonnel, Saw 6 nous offre des tortures qui font elles aussi dans le déjà vu. Ainsi, dès le début du film, on voit deux personnes (a priori des banquiers) qui sont emprisonnées et qui vont devoir donner de leur chair pour sauver leur vie.

Le reste de ce long métrage est lui aussi bien calibré et répond à un cahier des charges qui ne surprend pas du tout. Ainsi, on va suivre les traces d'un assureur pour le moins amoral qui va devoir faire des choix extrêmes pour sauver sa vie. Il va être confronté à quatre épreuves d'une durée totale de 60 minutes. Cette histoire, qui correspond à la trame principale du film, est vraiment très classique.
Quant à la méthode du jigsaw, elle commence à être bien connue : il s'attaque à des gens qui ont pêché ou qui en tout cas ont commis des actes qui peuvent être répréhensibles. Ainsi, on nous montre cet assureur sous un jour particulièrement peu flatteur. Cette personne est à l'origine d'une méthode de calcul pour décider quelles personnes peuvent être assurées ou non. Comme dans les précédents Saw, les personnages qui vont être victimes du jigsaw ont croisé la vie de John Kramer. Mais à force de tirer sur cette corde, les événements finissent par perdre en crédibilité et devenir abracadabrantesques. Et puis il faut bien voir qu'à force de ne présenter que des personnages pourris, le spectateur a bien du mal à ressentir la moindre émotion devant le spectacle qui lui est offert.
Ce spectacle est d'ailleurs, comme les autres opus, bien mal filmé. Le film est clippesque ô possible dans les scènes de tortures en multipliant les plans « cut » et en faisant varier rapidement les points de vue. Le cinéaste, qui veut donner de l'action à son film, ne fait que surligner des scènes qui auraient pu être efficaces en étant filmées de manière classique.

Mais ce n'est pas le dernier des défauts du film. On pourra aussi reprocher au scénariste d'avoir fait bien peu d'efforts. Le film est beaucoup trop explicatif. Il n'y a pas assez de zones d'ombre. On comprend trop rapidement ce qui va se passer. En outre, le tueur qui a poursuivi l'oeuvre de John Kramer, n'aurait pas dû être dévoilé dès le début. Or, c'est le cas. On nous signale clairement que le personnage de Mark Hoffman est le nouveau tueur. Non seulement ça n'est pas très intelligent de n'avoir pas fait preuve de plus de subtilité, mais en outre le jeu des acteurs est terrifiant de nullité.
Ainsi, le jeu des acteurs qui est globalement assez mauvais. On ne sent pas les acteurs concernés et on regrettera que les victimes aient l'air à peine étonnées de ce qui leur arrive. Costas Mandylor dans le rôle d'Hoffman mérite probablement sur ce point la palme, tant il ne laisse transparaître aucune émotion visible à l'écran. Pourtant, le personnage d'Hoffman est une nouvelle fois le survivant de Saw. On peut donc s'attendre à un Saw 7 l'année prochaine ! Aie, aie, aie !

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06.11.09

07:15:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Faccia di spia

Film aussi méconnu que polémique, ce Faccia di spia va prendre la forme d'un docu-fiction pour dénoncer de manière frontale et graphique les activités néfastes de la C.I.A., ici présentée sous un jour bien noir, prouvant au passage l'implication politique du réalisateur Giuseppe Ferrara qui n'hésitera pas à verser régulièrement dans l'abject et l'horreur.
Le script va suivre les coulisses des activités internationales de la C.I.A., pour mettre en avant leur activisme dans plusieurs événements mondiaux, tels que la mort de Che Guevara, le renversement de Salvator Allende au Chili ou même l'attentat contre le président Kennedy.

Faccia di spiaD'entrée, le métrage va se montrer sordide pour avancer ces soldats brandissant des têtes de vietcongs décapités pour se faire prendre en photos par des américains visiblement ravis. Et après quelques scènes volontaires accompagnant le générique, avec par exemple cet assassinat qu'un homme déguisé en suicide, le métrage va tout de suite mettre en parallèle la C.I.A. et différents événements, pour commencer avec ces émeutes sanglantes au Guatemala orchestrées pour renverser le gouvernement en place jugé communiste (opération surnommée PBSUCCESS) , mélangeant déjà (et comme ce sera fait tout au long de l'intrigue) images d'archives et scènes tournées reconstituant les événements, pour ensuite nous faire prendre part à l'inauguration des nouveaux bâtiments de la C.I.A. (ayant bien entendu coûté une fortune), revenant notamment sur la puissance des nombreux ordinateurs dont l'agence sera équipée.

Faccia di spiaEnsuite, le réalisateur s'occupera de faire le lien ayant pour lui existé entre certains membres de la C.I.A. et le meurtre du président américain Kennedy, laissant surtout des plans d'époque déjà vus venir nous faire revivre cet épisode tragique de l'histoire américaine tout en posant certaines questions prêtant largement à polémique avec cette corrélation mise en avant avec les événements du Cuba, ce qui permettra au film de faire une transition avec un nouvel épisode qui s'intéressera plus précisément au sort de la révolution bolivienne ayant entraîné la capture et l'exécution de Che Guevara.

Faccia di spiaCe segment sera largement plus étoffé pour suivre l'infiltration d'une demoiselle, Tania, qui va rejoindre la guérilla afin de rencontrer Che Guevara, pour ce qui ressemblera plus à une intrigue d'espionnage classique qu'autre chose, avec rendez-vous secret et filatures, jusqu'à l'arrivée dans la jungle où l'armée régulière bolivienne traquera les guérilleros, pour finir par arrêter un Che Guevara blessé à la jambe et qui sera finalement exécuté sans sommation sur ordre de la C.I.A., laissant même le réalisateur, après quelques images d'archives montrant des quidams venir se recueillir sur sa dépouille, mettre en scène une première séquence horrifique puisque nous verrons un médecin trancher littéralement la main du Che pour la conserver dans du formol.

Faccia di spiaMais ce ne sera rien comparé à ce qui va suivre, puisque, sous couvert de dénoncer les méthodes de tortures employées aux quatre coins du monde par la C.I.A., nous allons voir une jeune femme refusant de parler être frappée, dénudée, humiliée avec des jeux pervers (ses tortionnaires s'amusant par exemple à lui brûler les mamelons) pour être finalement attachée dans une posture pour le moins inconfortable et être violée. Mais ce ne sera pas tout, le réalisateur avançant ensuite un homme noir qui verra ses mains tranchées à la hache avant d'avoir un œil énuclée, avant de sombrer dans une dépravation terrible puisqu'un autre suspect assis nu aura une broche métallique enfoncée dans le pénis, broche qui sera ensuite chauffée à l'aide d'un briquet, tandis qu'en Orient, une femme aura une anguille vivante enfournée dans ses parties intimes et un homme aura le bras recouvert d'un bandage imbibé d'essence qui sera ensuite enflammé. Cette succession de courtes séquences extrêmes sera volontairement choquante, montrant ces sévices de manière directe et sans fard.

Faccia di spiaLa suite sera pour le coup bien plus "soft" avec ce militant italien anarchiste, arrêté suite à un attentat commandité par la C.I.A. (attentat dont nous suivrons l'exécution et ses conséquences macabres) pour permettre de démanteler ce groupe d'activistes, qui finira défenestré, la police annonçant par la suite un suicide, tandis que le réalisateur achèvera son métrage en mettant en avant l'aide apportée au général Pinochet au Chili dans son entreprise visant à renverser le président Salvator Allende, lui aussi "suicidé" lors des combats et dont le métrage exacerbera la volonté de la C.I.A. de falsifier une nouvelle fois la réalité. Et histoire de marquer une dernière fois les esprits, Giuseppe Ferrara laissera un dernier plan inoubliable venir clore le film qui verra les deux tours jumelles du World Trade Center suinter et dégouliner lentement de sang.

Faccia di spiaLa volonté dénonciatrice du réalisateur ne sera évidemment pas à prouver tant ses arguments seront flagrants, mais ce sera toujours en s'appuyant sur une réalité historique qu'il avancera les rouages ayant existé entre l'agence gouvernemental américaine et différentes dictatures sud américaines, mais pas seulement, puisque la Grèce sera aussi évoquée, tout comme le Vietnam ou encore le Congo, mais l'auteur privilégiera des épisodes forts et mettant en avant des personnages célèbres de l'histoire, Che Guevara et le général Pinochet en tête, l'épisode italien n'évoquant pas spécialement grand-chose pour qui ne connaît pas en profondeur l'histoire du pays.

Faccia di spiaLa méthode employée par Giuseppe Ferrara se révélera être payante, car cet habile mélange d'images d'archives (lorgnant régulièrement du côté des "Mondos" alors à la mode) et de fiction imprimera un élan de véracité dans les faits abordés sous un jour pas franchement objectif, la sympathie communiste de l'auteur ne faisant aucun pli, pour inciter le spectateur à prendre lui aussi partie et être dégoûté par les activités de la C.I.A. qui au nom du profit capitaliste et de l'hégémonie américaine, ne va pas hésiter à tuer, torturer et comploter contre les libertaires de tout poil. Par ailleurs, les reconstitutions historiques resteront toujours crédibles, avec des interprètes ressemblant franchement aux personnages célèbres qu'ils vont incarner, pour ainsi donner un écho parfait aux images d'époques présentes dans le métrage.

Faccia di spiaMais on retiendra surtout la volonté provocatrice du réalisateur, qui, en l'espace de cinq minutes, va avancer les pires sévices imaginables, avec une connotation sexuelle très forte et une fougue graphique terrible et dévastatrice précurseur des débordements italiens à venir, bien que reprenant à son compte certains aspects de la série des Mondo cane du duo Cavara/ Jacopetti en plaçant régulièrement le spectateur en position de voyeur d'images réelles sordides. Et ce dernier plan définitivement agressif laissera un sentiment plus qu'étrange de nos jours après les événements du 11 septembre, en ensanglantant le symbole ultime des U.S.A., vingt-six avant la réalité.

Faccia di spiaLes parties reconstituées bénéficieront d'une interprétation convaincante, aussi bien pour les "sosies" des personnages dominants que pour tous ces seconds rôles qui viendront exister le temps de l'un ou l'autre des épisodes du métrage, tandis que la mise en scène du réalisateur restera adaptée aux situations pour suivre aussi bien les séquences de dialogues de manière insistante que pour coller à l'action. Les effets spéciaux qui vont parsemer le métrage et notamment ces cinq minutes d'horreur absolue seront terriblement réalistes pour rester de fait dans le ton d'authenticité voulu pour le métrage.

Donc, ce Faccia di spia restera une expérience particulière mais largement édifiante qui donnera envie de se plonger dans les manuels d'histoire pour vérifier l'horrible véracité des faits avancés !

Faccia di spiaLe DVD de zone 2 allemand édité par Multivision avancera une image nette et ne connaissant que quelques défauts d'origine guère gênants, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale sachant se montrer discrète, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise ou italienne, avec des sous-titres optionnels en allemand.
Hélas, au niveau des bonus, il faudra se contenter de la bande-annonce originale en italien, uniquement accompagnée par celle d'un autre titre proposé par l'éditeur.

Pour ceux qui voudraient se plonger dans les activités troubles de la C.I.A., le DVD de zone 2 allemand est disponible ici ou !

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05.11.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Offspring

Adapté d’un roman de Jack Ketchum (qui signa lui-même le scénario), ce Offspring avait pourtant toutes les cartes en main pour devenir un bon film terrifiant, glauque et sanglant mais hélas, il n’en sera rien, la faute à une mise en scène déficiente, à des personnages sans saveur et seules quelques situations sordides ou gore parviendront vaguement à avoir un minimum d’impact.
Le script va suivre l’attaque d’une famille par une bande de cannibales dégénérés vivant cachés dans les bois.

OffspringAprès un générique avançant par la biais de coupures de journaux la disparition d’un gardien de phare et de sa famille ainsi que des disparitions se succédant depuis la fin du dix-neuvième siècle jusqu’à nos jours, le métrage va commencer à mettre en scène ses personnages principaux et en premier lieu David, un concepteur graphique par ordinateur qui va faire une pause nocturne dans son travail et prendre l’air sur sa terrasse pour voir surgie une demoiselle habillée comme une sauvage qui va le regarder fixement avant de prendre la fuite sans se presser. Ensuite, l’intrigue va véritablement rentrer dans la vif du sujet en suivant une première attaque, celle d’une femme ivre rentrant chez elle après une soirée de beuverie, pour découvrir le corps sans vie de sa baby-sitter et être sauvagement attaquée par une bande de gamins également vêtus comme des primitifs.

OffspringCette agression n’atteindra pas franchement son but, les gamins n’ayant jamais l’air menaçant malgré leur apparition dans cette cuisine couverte de sang et de morceaux de cadavres qui sera bientôt examinée par des policiers accompagnés de Goerge, un ancien flic appelé à la rescousse car ce crime va rappeler aux enquêteurs d’autres affaires similaires non élucidées mettant vraisemblablement en cause les descendants cannibales de la famille d’un gardien de phare disparu avec les siens sans laisser de traces et qui écumeraient la région à la recherche de viande fraîche. L’origine des agresseurs sera ainsi expédiée le temps d‘un bref dialogue, tout comme le sera la présentation des différents autres protagonistes puisque nous allons ensuite retrouver David, cette fois-ci en présence de sa femme, Amy, à qui il va raconter sa rencontre nocturne, mais sans y prêter d’importance, alors que peu après, vont débarquer chez eux une amie d’Amy, Claire et son fils Luke, venus passer quelques jours sur place.

OffspringL’intrigue ne s’attardera sur ces protagonistes qui brièvement, le temps d’avancer la situation de divorcée de Claire, dont le mari, Stephen, un alcoolique notoire sadique sera comme par hasard en route pour rejoindre la ville et y retrouver Claire, ce qui nous vaudra une séquence complètement débile de présentation de ce Stephen qui va prendre en stop une punkette gothique pour tenter de l’amadouer et de la tripoter avant de la larguer au bord de la route. Cette réticence du réalisateur à essayer de donner une quelconque profondeur à ses personnages sera bien évidemment nuisible à l’intérêt que le spectateur va ensuite porter à leurs déboires qui ne vont pas tarder puisqu’à la nuit tombée, le carnage va pouvoir commencer.

OffspringEn effet, alors que les trois adultes prenaient tranquillement un verre, on va frapper à la porte, obligeant David à se déplacer pour ouvrir et voir tomber au sol la sauvageonne ensanglantée vue en introduction (et par ailleurs déjà avancée lors d’une séquence la présentant comme une adepte de l’auto-flagellation). David va forcément chercher à lui porter secours mais ce sera pour se faire aussitôt mordre copieusement au cou, tandis que d’autres assaillants vont pénétrer dans la maison par les fenêtres, lançant de la sorte une longue nuit de chasse et d’horreur à laquelle tout ce petit monde sera mêlé, aussi bien George et quelques policiers continuant leur traque des cannibales pour devenir eux aussi victimes, que Stephen, arrivé sur place et lui aussi attaqué.

OffspringMais hélas, l’intrigue se contentera de situations sans ampleur ni saveur pour alimenter des rebondissements trop souvent prévisibles et anodins, les attaques surprises restant systématiquement téléphonées et ne pourront compter que sur la violence gore pour avoir un minimum de valeur, tandis que les visites dans l’antre des cannibales n’arriveront pas à avoir l’impact recherché, malgré des décors glauques et quelques situations désirant trop fortement et facilement provoquer le dégoût ou offenser le spectateur par ces détails scabreux aisés mais sans jamais recevoir l’aplomb nécessaire. En effet, le métrage aura beau laisser la sauvageonne enfourcher un prisonnier devenu débile pour le violer, alors que plus tard ce sera Amy qui sera sujette à la violence sexuelle des cannibales, rien n’y fera et ces séquences resteront stériles et sans aucun effet, même lorsque Claire sera salement agressée, dénudée et mordue par ses tortionnaires jusque dans son intimité, aucune émotion ne viendra s’emparer du spectateur, qui se demandera surtout le pourquoi de ces violences définitivement gratuites mais même pas jouissive.

OffspringEn plus, les situations auront tendance à se répéter et à tourner en rond autour de la caverne des cannibales, sans jamais que leur volonté d’avoir avec eux des bébés qu’ils enlèvent à leurs victimes soit explicitée, ruinant ainsi de fait le final faussement mouvementé et leur peur de voir un des nouveaux nés malmené, et seule la violence régulièrement qui fera parfois très mal parviendra à se montrer à la hauteur, surtout en s’attaquant à des enfants, les coups portés par les primitifs étant foncièrement méchants et même parfois vicieux, laissant la métrage comporter son quota de plans sanglants, mais sans que ceux-ci soient réellement graphiques ou démesurés, il faudra compter sur les nombreux détails macabres et malsains de l’antre pour parvenir à trouver quelques originalités, et encore…

OffspringLes personnages resteront donc définitivement stéréotypés, entre l’ancien flic reprenant du service, le mari attentionné qui contrastera complètement avec l’alcoolique vicieux et gouailleur, tandis que les deux femmes rivaliseront de vacuité, tant leurs personnalités demeureront creuses et insignifiantes. Comment le réalisateur pouvait-il espérer nous faire trembler face à leurs mésaventures après cela ? En plus l’interprétation sera commune, sans aucun charisme, même venant de la part de Art Hindle qui lui aussi sera décevant, tandis que la mise en scène du réalisateur restera morne, presque télévisuelle pour ne jamais s’énerver ou parvenir à donner de l’ampleur aux temps forts du film. Les effets spéciaux sanglants seront par contre probants pour quelques morsures saignantes et autres gros plans sur ces cadavres mutilés.

Donc, ce Offspring aura tout du rendez-vous manqué pour Jack Ketchum qui ne retrouvera pas l’ambiance perverse t trouble de The girl next door pour sombrer dans la facilité et balancer des situations se voulant sordides sans aucun profondeur ni implication de la part du spectateur ! Dommage…

OffspringLe DVD de zone 1 édité par Lionsgate dans sa collection Ghost House Underground avancera une image nette et sans défaut notable, même lors des nombreuses séquences se déroulant dans l’obscurité, tandis que la bande-son sera cohérente, avec une partition musicale trop discrète et tentant en vain de se montrer étrange, le métrage étant ici proposé dans s a version anglaise avec des sous-titres optionnels en anglais et en espagnol.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un making-of intéressant revenant bien sur la globalité du projet et son tournage, complété par un petit module sur une arrestation présumée ayant eu lieu pendant le tournage et par une série de webisodes bien plus sympathiques et attrayants. Viendront ensuite une galerie de photos assez conséquentes, la bande-annonce du film, une version du script imprimable, un petit montage musical issu des bandes-annonces des quatre nouveaux titres de la collection dont nous pourrons découvrir les "vraies" bandes-annonces séparément.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette adaptation de Jack Ketchum quand même assez médiocre alors que le sujet était porteur, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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03.11.09

11:55:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Tragic ceremony

Pour ce qui fut l'un de ses derniers longs métrages, le réalisateur italien Riccardo Freda nous livre avec ce Tragic ceremony une œuvre étrange, vaporeuse et misant bien plus sur son ambiance, ce qui se fera hélas au détriment d'une intrigue confuse et brouillonne.
Le script va laisser un petit groupe de hippies trouver refuge, suite à une panne d'essence, dans un manoir où les châtelains organisent une messe noire et vont voir dans la fille du groupe une victime à offrir en sacrifice à Satan.

Tragic ceremonyLe métrage va directement nous présenter ses personnages principaux, quatre jeunes gens que nous découvriront à bord d'un voilier pour une excursion en mer, le temps de cerner rapidement chacun, et tout d'abord Bill, un "fils à papa" dont le père est propriétaire du bateau et qui aura bien du mal à répondre aux questions sur la navigation posées par Fred et Joe, tandis que Jane, la seule demoiselle de la bande semblera se désintéresser complètement de ces échanges. Nous retrouverons ensuite le quatuor sur la terre ferme autour de leurs tentes pour continuer les présentations, avançant notamment le fait que Fred et Joe profitent de l'argent de Bill sans beaucoup de scrupules, tandis que ce dernier sera visiblement attiré par Jane, au point de lui offrir un collier de perles destiné en première intention à sa mère mais refusé par celle-ci suite à une histoire de possession démoniaque de la dernière propriétaire du collier.

Tragic ceremonyCette entame du métrage ne sera guère entraînante, installant d'entrée un faux rythme langoureux qui perdurera par la suite, pour en plus manquer de rigueur dans l'agencement de ce flash-back destiné à nous expliquer l'origine du collier qui aura vaguement une importance par la suite. Les ennuis ne vont pas tarder à commencer pour le groupe lorsque leur Buggy va tomber en panne d'essence, les obligeant à pousser leur véhicule jusqu'à cette station-service tenue par un homme réfractaire à leur servir du carburant faute de pièce d'identité, mais qui va finalement leur en fournir un minimum suite à la demande de Jane, désireuse de ne pas rester bloquée en plein air surtout qu'un orage menace. Ce sera cet orage qui va pousser Bill et ses amis à vouloir trouver refuge dans une propriété où le maître des lieux, Lord Alexander, va les accueillir et leur proposer de rester pour la nuit, mais en s'installant dans la partie de la demeure réservée aux domestiques, absents ce jour-là, sous prétexte de la présence d'autres invités dans la demeure.

Tragic ceremonyC'est alors que fera irruption Lady Alexander qui va littéralement prendre sous sa coupe Jane pour l'entraîner dans une autre chambre et lui proposer de prendre un bain, ce qui donnera l'occasion au réalisateur de dénuder brièvement son actrice principale, alors qu'en parallèle nous découvrirons les invités de Lord Alexander, les membres d'une secte satanique s'apprêtant à célébrer une messe noire bien dans la tradition avec ces symboles macabres ou encore ces cierges noirs. Les trois hippies resteront quant à eux à leur place, pour commencer par manger et jouer aux cartes avant de trouver l'absence de Jane bien longue, celle-ci ayant entre-temps quitté son bain et sa chambre pour descendre à la cave où se tient la messe noire.

Tragic ceremonyPartis à la recherche de Jane, Bill, Fred et Joe vont eux aussi rejoindre cette cave pour arriver juste à temps pour sauver Jane, étendue sur l'autel et prête à être sacrifiée par Lady Alexander, bill devant même retourner contre Lady Alexander son couteau qui la tuera, déclenchant une folie meurtrière chez les adeptes de Satan qui vont alors s'entretuer gaiement lors d'une séquence très sanglante, mais surtout surréaliste et démentielle, qui restera comme le seul véritable temps fort du métrage, avec cette tête coupée en deux à l'épée, mais aussi par cette décapitation sauvage ou encore cette femme plongeant dans les flammes, le tout filmé de manière saccadée et tressautante. Les jeunes réussiront à s'enfuir, mais ce n'est pas pour autant qu'ils seront au bout de leurs peines puisque le mauvais sort s'acharnera sur eux jusqu'au final qui tentera de donner une explication "scientifique" aux débordements improbables survenus auparavant.

Tragic ceremonyBien découpé en deux parties distinctes, le métrage aura pourtant bien du mal à captiver son spectateur dans son introduction morne et n'avançant que des personnages superficiels au possible, dont les déboires mécaniques n'auront rien de passionnants, même si cette rencontre avec ce pompiste étrange entraînera par la suite une des situations les plus intéressantes (mais qui sera complètement sous-exploitée) du film et ce sera lui qui les orientera vers la demeure maudite. Dans le même état d'esprit, le métrage traînera en longueur pour suivre l'oisiveté de Bill et de ses deux collègues restés avec lui une fois arrivés chez le Lord Alexander, jusqu'à devenir presque fastidieux lorsque le réalisateur les filmera en train de manger ou de jouer aux cartes.

Tragic ceremonyMais heureusement, cette séquence définitivement folle du massacre au cours de la messe noire viendra secouer quelque peu le spectateur de sa torpeur pour hélas le laisser y retomber plus ou moins avec par la suite toute une série de situations souvent absurdes (les deux policiers sortis de nulle part) ou confuses et qui ne trouveront qu'une justification hasardeuse lors du final, tout en laissant quand même quelques passages graphiques venir entretenir l'intérêt. Face à ce rythme en dents de scie, le spectateur n'aura aucun mal à déceler la volonté du réalisateur de privilégier l'atmosphère étrange qui englobera l'ensemble du film pour un mélange de modernisme et de gothique qui lui restera parfaitement maîtrisé.

Tragic ceremonyEn effet, passé la présentation résolument moderne des personnages et dès l'arrivée au manoir de lord Alexander, une ambiance gothique va s'emparer du métrage, laissant les chandelles et autres cierges investir les lieux, nous gratifiant ainsi d'une séquence traditionnelle de traversée de couloir par une Jane envoûtée et éclairée par ces seules bougies tandis que voleront au gré du vent ces rideaux intérieurs, le tout sous les éclairs et le tonnerre de l'orage grondant, les éléments propres à la messe noire restant eux aussi profondément ancrés dans la tradition du genre pour ainsi parvenir à avoir un minimum d'impact, même si l'utilité de nous repasser lors du dernier acte une bonne partie du massacre pourra être contestée, surtout que ce plan gore de la tête coupée en deux sera resservie au moins quatre fois en l'espace de quelques minutes.

Tragic ceremonyLes personnages resteront stéréotypés et superficiels, à l'exception de Jane et de bill qui seront vaguement plus travaillés, l'ensemble bénéficiant d'une interprétation cohérente mais sans réelle présente à l'écran autre que celle de Camille Keaton (pas encore martyrisée par Meir Zarchi dans I spit on your grave, tandis que la mise en scène de Riccardo Freda manquera quand même régulièrement de style et d'harmonie, mais tout en réussissant quelques séquences fortes, comme également cet extrait de journal télévisé impactant et on pourra apprécier son insolence à garnir le métrage de plans sanglants plus que généreux qui certes resteront basiques et parfois rudimentaires, mais tout en étant volontaires, graphiques et même étonnants pour cet effet de tête coupée.

Donc, ce Tragic ceremony, qui jouira d'une petite notoriété du fait de sa rareté passée, s'avérera être bien confus, d'une crédibilité douteuse, mais tout en arrivant à installer une ambiance étrange et spéciale !

Tragic ceremonyLe DVD de zone 1 édité par Dark sky Films avancera une image nette et ne connaissant pas de défaut visible, tandis que la bande-son sera plutôt convaincante malgré une partition musicale terne et sans emphase, le métrage étant ici proposé dans sa version originale italienne avec des sous-titres optionnels en anglais.
Au niveau des bonus, on pourra visionner la bande-annonce originale du film, et suivre une interview de Camille Keaton qui reviendra sur sa carrière et surtout sur ses films européens, tout en évoquant également sa collaboration avec Riccardo Freda.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce film étrange et atmosphérique, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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02.11.09

10:05:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

La rentrée à peine passée, les éditeurs DVD nous ont déjà donné au cours de ce mois d’octobre qui s’est achevé un avant-goût des fêtes de fin d’année avec d’innombrables coffrets sortis ou à venir, et bien entendu le genre horrifique n’a pas été épargné, avec des coffrets thématiques par auteur (Stephen King, David Cronenberg, par exemples) ou regroupant tout simplement des titres récents. En dehors de ces coffrets, le mois a été plutôt chiche, avec surtout des ressorties en DVD ou en Blu-ray et quand même quelques inédits intéressants et des titres largement attendus.

Vendredi 13
Doom

Au niveau des ressorties, Warner Home Video profitera de la relecture récente de vendredi 13 par Marcus Nispel pour nous proposer en Blu-ray l’original de 1981 dans une édition qui enterra facilement le DVD grâce à des bonus largement plus conséquents et proposant notamment les scènes inédites coupées du montage final. Bien plus anecdotique, Universal offrira à Doom une seconde chance avec également une édition Blu-ray, au mitigé Hannibal et à l’excellent Les fils de l’homme.

Hellraiser
Stag night

Europa revisitera l’ancien catalogue de TF1 Vidéo en éditant les deux premiers volets de la franchise des Hellraiser ainsi que le quatrième pour de nouvelles éditions dont le principal intérêt restera le prix plus que modique, tout en laissant le très moyen Creepshow 2 revenir tenter le chaland. Mais l’éditeur proposera également l’inédit Stag night et ses clochards assassins pour un résultat semble-il efficace et bien saignant et Humains pour un mélange d’aventures et de "survival" largement "autre" et étrange.

Ghosts of Mars
The chaser

M6 Vidéo, tout en continuant de recycler en Blu-ray son catalogue avec ce mois-ci l'excellent Ghosts of Mars de John Carpenter, le terrifiant Intuitions de Sam Raimi ou encore Le fils de Chucky, avancera The chaser et son ancien flic devenu proxénète traquant un serial-killer pour un résultat terrible, graphique et malgré tout parfois comique.

The cell 2
Les cavaliers de l'apocalypse

Pour Seven 7, ce mois d'octobre aura été l'occasion d'offrir à Silent hill une édition en Blu-ray, ce qui rehaussera le niveau et compensera quelque peu la sortie de très moyen (mais certainement moins pire que prévu) The cell 2 et sa banale enquête policière uniquement mâtinée de quelques visions histoire d'assurer un minimum la filiation avec son prédécesseur, et celle de l'inutile Les cavaliers de l'apocalypse qui n'engendrera probablement que l'ennui tout en n'étant même pas graphique en ces temps de "torture flicks".

Dark floors
Last and the living

Au rayon des inédits, Action & communication donnera sa chance au Dark floors (par ailleurs disponible avec le "Mad Movies" du mois) initié par le groupe métal finlandais Lordi qui avait crée la sensation au concours de l'Eurovision en 2006 et dont l'édition en zone 1 a déjà été traité ici, ainsi qu'au néo-zélandais Last and the living qui flirtera avec la comédie pour un film de zombie appréciable et souriant malgré son petit budget.

Les intrus
La dernière maison sur la gauche

Enfin, les remakes auront eu droit de cité ce mois-ci, avec l'édition de Dreamworks de transposition américaine du pénible Deux sœurs asiatique qui deviendra ici Les intrus sans parvenir néanmoins à passionner ou à effrayer son spectateur du fait de sa prévisibilité absolue.
Bien plus attendue, la relecture de La dernière maison sur la gauche pourra venir confirmer l'étendue de sa réussite grâce au DVD et au Blu-ray d'Universal qui s'avérera être une très bonne surprise en ayant conservé l'ambiguïté, le sadisme et la folie de l'original.

Donc, si ce mois-ci n'aura pas été véritablement palpitant, le rendez-vous est déjà pris pour novembre, mois qui on l'espère se montrera plus généreux et prolifique pour appâter l'amateur !

Vendredi 13 (1980) (Blu-ray)

Vendredi 13 (1980) (Blu-ray)
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Doom (Blu-ray)

Doom (Blu-ray)
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Hannibal (Blu-ray)

Hannibal (Blu-ray)
Fnac à 12.79€
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Les fils de l'homme (Blu-ray)

Les fils de l'homme (Blu-ray)
Amazon à 11.8€
Fnac à 12.79€
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Hellraiser : Le pacte

Hellraiser : Le pacte
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Hellraiser IV : Bloodline

Hellraiser IV : Bloodline
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Creepshow 2

Creepshow 2
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Stag night

Stag night
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Ghosts of Mars (Blu-ray)

Ghosts of Mars (Blu-ray)
Amazon à 12.99€
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Intuitions (Blu-ray)

Intuitions (Blu-ray)
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Le fils de Chucky (Blu-ray)

Le fils de Chucky (Blu-ray)
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The chaser / 2 DVD

The chaser / 2 DVD
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The chaser (Blu-ray)

The chaser (Blu-ray)
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The cell 2

The cell 2
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Les cavaliers de l'apocalypse

Les cavaliers de l'apocalypse
Amazon à 4.59€
Fnac à 9.09€
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Les cavaliers de l'apocalypse (Blu-ray)

Les cavaliers de l'apocalypse (Blu-ray)
Amazon à 5.99€
Fnac à 13.13€
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Dark floors

Dark floors
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Last of the living

Last of the living
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Les intrus

Les intrus
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