Archives pour: Janvier 2010

29.01.10

07:15:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : In the air
Réalisateur : Jason Reitman
Durée du film : 1h50
Date de sortie du film : 27 janvier 2010

Avec : George Clooney, Vera Farmiga, Anna Kendrick, etc.

Par Nicofeel

Après le bon Thank you for smoking et l'excellent Juno, Jason Reitman poursuit à sa façon une étude des Etats-Unis. Si le cinéaste, fils d'Ivan Reitman (SOS Fantômes), utilise le mode de la comédie, cela lui sert avant tout à véhiculer un message très sérieux.
Mine de rien, Jason Reitman n'hésite pas dans le même film à nous poser des questions sur notre mode de vie, sur le monde de l'entreprise, sur les relations amoureuses ou encore sur les nouveaux moyens de communication offerts par les nouvelles technologies.
Parfaitement dans la lignée de ses précédents films et notamment de Thank you for smoking, le cinéaste s'attaque de front au monde de l'entreprise. Pour cela, on suit le travail de Ryan Bingham , joué par un George Clooney parfait dans le rôle, qui est engagé par des sociétés d'un bout à l'autre des Etats-Unis afin de signifier le licenciement de leurs employés.
Le film, qui fait preuve d'un humour pour le moins sarcastique, évoque clairement la difficulté de se passer des services de gens – qui restent avant tout des humains – et en corollaire la terrible nouvelle que revêt ce licenciement. Dans son propos, le film fait nettement sentir qu'il est bien difficile dans une telle circonstance de s'en sortir seul, d'où l'importance d'avoir une famille ou des proches à qui en parler.
Avec une excellente acuité, le film montre que nous sommes de plus en plus dans une société individualiste, où l'on recherche avant tout le plaisir immédiat (comme le personnage de Ryan Bingham) et où l'on fuit les responsabilités afin d'éviter d'être submergé par le relationnel.
C'est ainsi que le cinéaste signale très justement l'apport des nouvelles technologies avec par exemple le téléphone portable ou encore la visio-conférence. Si ces modes de communication comportent incontestablement un côté pratique, ils donnent également un côté artificiel au relationnel.
Or, dans une société qui évolue rapidement et où l'on ne sait pas de quoi sera fait le lendemain, il paraît essentiel de pouvoir se reposer sur des valeurs et sur des gens qui pensent à vous. C'est ce que finira par comprendre, même si c'est un peu tard, le principal personnage du film, Ryan Bingham. Celui qui parcourt les Etats-Unis pour le plaisir d'être reconnu par les compagnies aériennes (ici en l'occurence American Airlines) en devenant un de ses plus importants clients (l'idée de cumuler 10 millions de miles) n'a ni chez lui, ni famille ni petite amie. En somme, quand il regarde dans le rétro, il comprend que c'est peut-être bien sa soeur, qui a décidé de se marier, qui a compris le sens de l'existence.

D'ailleurs, la famille est immanquablement au coeur de cette histoire et on comprend aisément que toute la partie liée au mariage de la soeur de Ryan Bingham est essentielle et va faire changer complètement le point de vue de notre personnage.
Le film est aussi une sorte de comédie romantique puisque notre principal protagoniste va se lier avec une femme qui semble lui correspondre parfaitement. Mais sur ce point, le film est assez cruel dans sa finalité. Il ne fait finalement que rappeler que notre personnage doit comprendre qu'une relation passagère, occasionnelle, ne peut le mener nulle part.
Au fond, le film est plutôt classique dans ses recommandations en invitant les gens à se marier, à fonder une famille.
Oui car comme dit précédemment, pour réussir à s'en sortir dans la vie et notamment pour affronter le monde de l'entreprise (les licenciements auxquels on peut être confronté un jour), on a toujours besoin d'être aidé moralement par quelqu'un d'autre.
Le film rappelle très justement, et sur plusieurs questions, que rien ne remplacera l'humain.
Si la mise en scène de Jason Reitman est plutôt classique (mis à part cette idée au début du film de positionner la caméra très haut, comme pour signifier que l'on est peu de choses dans ce monde), le film est dans l'ensemble bien dynamique et les scènes se succèdent à un très bon rythme.
Côté acteurs, George Clooney crève littéralement l'écran. Il est le professionnel des licenciements mais son charme évident et son charisme donnent à son personnage, qui est plus subtil qu'il n'y paraît, un aspect réellement humain. Le reste du casting est beaucoup moins marquant. La belle Vera Farmiga rend bien la pareille à George Clooney dans les quelques scènes où on les retrouve tous les deux. Quant à Anna Kendrick, elle ne donne pas toujours l'impression d'être très à l'aide, mais c'est aussi dû à son rôle de novice.
Au final, continuant à étudier notre société contemporaine, en s'intéressant aux Etats-Unis et notamment à la grave crise économique que nous traversons à travers la question des licenciements, Jason Reitman livre un film très juste et très riche sur le fond par les nombreuses thématiques abordées. A voir.

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28.01.10

07:40:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Grotesque

Complètement interdit de distribution et de diffusion en Angleterre, ce Grotesque repoussera très loin les limites du "torture porn" au sein d'une intrigue minimaliste uniquement axée sur le sadisme et les tortures, sans chercher, comme ce fût le cas avec Saw ou Hostel, à se parer d'une quelconque morale ou de fioritures inutiles dans un tel contexte malsain.
Le script va laisser un maniaque kidnapper un jeune couple et l'enfermer dans son sous-sol pour tester dans la douleur leur volonté de survivre et l'amour qu'ils se portent au travers de sévices régulièrement à connotation sexuelle.

GrotesqueSans perdre de temps, le métrage va tout de suite avancer son tortionnaire guettant ses proies, un couple s'approchant de son véhicule dans lequel il les attend, pour rapidement les assommer avec un marteau et après un petit trajet qui permettra au réalisateur de laisser passer le générique, l'intrigue va s'enfermer dans ce sous-sol malsain dans lequel nous allons retrouver les deux jeunes victimes attachées debout contre une plaque métallique, bâillonnées et qui vont se réveiller pour découvrir apeurées cet environnement guère rassurant baignée d'un éclairage ocre persistant pour finalement voir sortie de l'ombre cet homme au visage dur et sec qui va s'approcher d'eux.

GrotesqueLe moins que l'on puisse dire, c'est que le réalisateur Kôji Shiraishi ira directement à l'essentiel pour ouvrir le bal des sévices le plus vite possible, sans prendre la peine de nous renseigner sur cet agresseur intimidant et laissant juste un petit flash-back revenir sur la condition des victimes, un jeune homme et une demoiselle sortant d'un café où ils avaient pris une collation ensemble pour leur premier rendez-vous galant, pour uniquement insister sur l'attirance évidence ressentie par l'homme pour celle qu'il aimerait bien connaître plus intimement, mais certainement pas de la manière décidée par le maniaque comme nous le montreront les péripéties à venir.

GrotesqueEn effet, après une première agression physique contre le jeune homme qui aura une pointe métallique enfoncée dans la bouche puis dans le ventre et une période de répit qui verra le kidnappeur disparaître et laisser en attente ses victimes qui n'auront d'autres choix que d'attendre, quitte à faire leurs besoins sur eux, le métrage va se déchaîner pour de bon et se lancer dans une succession de situations perverses et sauvages qui n'épargneront personne puisque les deux victimes connaîtront le même sort au cours de la cette première partie qui laissera un sadisme sexuel s'inviter lorsque le tortionnaire masturbera successivement chacune de ses proies dans le but évident de les humilier, ce que le réalisateur illustrera de manière graphique (et auditive) sans pour autant verser dans le "hardcore" pour uniquement s'intéresser au côté dégradant et visqueux de la chose.

GrotesqueMais ensuite, ce sera vers une dérive sanglante que les sévices seront orchestrés, avec ces mutilations sévères, franches et volontaires que vont subir les deux individus dans une ambiance glauque et nihiliste au possible, pour laisser peu à peu les motivations du bourreau se mettre en place, ce qui apportera encore un peu plus d'ampleur à ces passages hautement douloureux et difficiles par leur réalisme jamais démenti qui confinera parfois à l'insoutenable, créant ainsi de fiat une parallèle malsaine avec la plaisir quasiment sexuel pris par le tortionnaire qui jubilera à maltraiter ses victimes tout en leur ordonnant de se surpasser et en invitant dans un jeu terriblement macabre et éprouvant l'homme à montrer jusqu'où il sera capable d'aller et à quel point il sera capable d'accepter la douleur par amour pour sa compagne.

GrotesqueSi la seconde partie laissera un répit surfait qui tranchera de manière efficace et du coup dérangeant avec les tortures passées pour mieux continuer à déstabiliser le spectateur, ce sera pour mieux rebondir et nous gratifier d'un dernier acte barbare, à la folie inimaginable dans l'exécution d'une sorte de piège jusqu'auboutiste dans sa démarche et qui donnera pleinement sa justification au titre lors d'un final hélas presque trop délirant pour rester crédible et venant interférer avec le souci d'authenticité avancé jusque-là, mais qui donnera au métrage la seule issue envisageable à la vue de la noirceur ambiante, pour même laisser envisager la possibilité d'une éventuelle suite dont rêvera tout fan de gore déviant.

GrotesqueMais contrairement à ce que le spectateur pouvait craindre, jamais le métrage ne paraîtra "cheap" ou minimaliste pour impliquer instantanément dans cette spirale de souffrances et de tortures qui iront crescendo sans aucun renoncement ni aucune retenue pour multiplier les sévices plus que douloureux avancés de façon frontale, franche mais pour autant toujours réaliste, le réalisateur ne cherchant pas la démesure ou l'outrance sanglante pour ainsi réussir à mieux choquer et heurter, jouant même avec nous avec ces lueurs d'espoir bien vite massacrées dans le sang et la douleur pour ramener les victimes à une bien dure réalité peuplée de fluides corporels giclant et suintant des plaies et des organes.

GrotesqueEn évacuant toute profondeur inutile à son intrigue, le réalisateur poussera le "torture porn" dans ses derniers retranchements, débarrassé de tout effet superflu pour se concentrer et aller directement à l'essentiel, à savoir la violence perverse, sanglante et douloureuse qui va éreinter les victimes de ce jeu sadique jusqu'à leur dernier souffle dans un univers malsain et sordide qui mettra en évidence avec un naturel extrêmement désarmant aussi bien les travers cruels et fantasmés d'un tortionnaire à la perversité inouïe que les inconvénients de cette captivité prolongée, humiliant ainsi encore un peu plus ces deux êtres définitivement coupés de toute normalité.

GrotesqueLe métrage pourra également compter sur une interprétation remarquable de finesse et de retenue pour mettre en scène ce sadique au faciès de marbre qui aura largement de quoi intimider et qui imposera sa supériorité face à des proies qui souffriront avec un naturel plus que convaincant. La mise en scène du réalisateur sera également concluante pour imprégner le métrage de cette atmosphère délétère plus que sinistre et sans issue tout en trouvant les cadrages et angles de prises de vues adéquates pour augmenter le malaise et laisser l'imagination travailler lorsque de rares atrocités seront commises en hors-champ (et agrémentées de bruitages douloureux). Les effets spéciaux seront impeccables, toujours réalistes en versant dans un gore graphique, expansif mais toujours crédible, à base de mutilation, d'amputations et autres sévices réalisés sans l'utilisation d'un numérique qui aurait desservi l'ensemble de façon évidente.

Donc, ce Grotesque portera bien son nom en allant très loin dans la déviance et la perversité sanglante pour mieux déstabiliser son spectateur jusqu'à un point de non-retour qui sera ici définitivement dépassé en donnant toute sa signification à la dénomination de "torture porn" !

GrotesqueLe DVD de zone 0 édité par Keris Video avancera une image nette et sans défaut qui rendra hommage au couleurs ocres et sinistres du film, tandis que la bande-son sera efficace avec cette partition musicale essentiellement à base de musique classique qui sera quand même décalée par rapport aux sévices véhiculés par le film, celui-ci étant ici proposé dans sa version originale coréenne, avec des sous-titres disponibles en chinois et en anglais.
Par contre, aucun bonus viendra prolonger la vision du métrage, dommage !

Pour ceux qui voudraient découvrir ce monument gore du "Torture porn", le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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27.01.10

07:15:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Wrong turn 3

Troisième volet de la franchise des Wrong turn (traduite chez nous en Détour mortel), ce Wrong turn 3 : left for dead continuera d'oeuvrer dans le "survival" brutal et bien sanglant, tout en ne proposant qu'une intrigue creuse et sans enjeu et n'avançant que des protagonistes stéréotypés au possible, venant ainsi éliminer toute tension.
Le script va laisser quelques prisonniers en cours de transfert sous haute surveillance être la proie d'un dégénéré cannibale qui va prendre un malin plaisir à les éliminer un par un.

Wrong turn 3La séquence d'introduction s'attachera à remettre le spectateur dans l'ambiance avec un premier bain de sang qui suivra la présentation de quatre jeunes gens partis faire du rafting et installés au bord d'une rivière pour la nuit et qui vont être attaqués par le cannibale ayant survécu aux deux premiers films, appelé "Three-fingers", qui va commencer par planter une flèche en plein sein d'une demoiselle avant de récidiver pour l'atteindre à l'œil, avant qu'un piège coupe en trois une seconde victime, la troisième finissant avec un pieu lui transperçant la gorge. Cette entame du métrage sera quand même avantageuse grâce à ses effets sanglants plus que volontaires et graphiques, pour hélas céder sa place à une intrigue centrale qui va prendre le temps de se mettre en place.

Wrong turn 3En effet, le métrage va alors rejoindre un pénitencier pour nous faire découvrir deux taulards, Floyd et Chavez, ennemis jurés mais apparemment de mèche pour un plan d'évasion lors de leur prochain transfert vers une autre prison. Ce plan ayant été porté aux oreilles du directeur de la prison par un policier infiltré, un voyage anticipé va être prévu pour le soir même, mené par Nate, un gardien s'apprêtant à quitter son travail pour reprendre des études de droit. Cette présentation avancera des personnages largement stéréotypés avec notamment ces deux détenus caricaturaux, toujours prêts à en découdre et ornés de tatouages explicites, tandis que ce Nate sera mis en avant de manière trop flagrante comme personnage principal et déjà prévu comme survivant du carnage à venir.

Wrong turn 3L'intrigue mettra ensuite en branle le car transportant les prisonniers, dont Floyd et Javez, prendra même le temps d'une pause-pipi en cours de route chez le shérif local qui se révélera être un ami de longue date de Nate et qui l'aura connu enfant, avant que les choses sérieuses commencent réellement lorsque le car va être attaqué par une camionnette de dépannage qui va s'arranger pour lui faire quitter la route dans un accident spectaculaire qui laissera l'épave retournée libérer les taulards et les gardiens, bientôt pris pour cible par les tirs de flèche et de couteaux de "Three-fingers". Après quelques péripéties, le petit groupe va s'enfoncer dans la forêt, bientôt rejoint par Alex, la survivante du quatuor de l'introduction qui va être contrainte de faire route avec eux, Javez et Floyd ayant pris le commandement grâce aux armes dérobées aux gardiens. Mais bien entendu, "Three-fingers" va les suivre.

Wrong turn 3Si l'intrigue va rechercher une certaine originalité en avançant comme protagonistes ces taulards bourrins et bagarreurs qui remplaceront la bande de jeunes habituelle, ce ne sera hélas que pour les privilégier au détriment de l'action propre, surtout que cette découverte farfelue et plus qu'opportune d'un fourgon de transport de fonds abandonné au coffre rempli de sacs bourrés de billets de banque va entraîner la convoitise de chacun et raviver une animosité qui déclenchera des situations banales et porteuses d'une fausse violence vite lassante, reléguant même provisoirement au second plan "Three-fingers" et ses pièges macabres. Il faudra que Javez tue le fils du cannibale et provoque ainsi "Three-fingers" ouvertement pour que l'intrigue redémarre tout en continuant à s'attarder inutilement sur les démêlés de ces évadés entre eux.

Wrong turn 3Mais heureusement, le réalisateur n'oubliera pas complètement l'aspect sanglant pour nous gratifier de quelques mises à mort sauvages et bien sanglantes qui tenteront même d'innover quelque peu dans l'art de mutiler et de massacrer des personnages secondaires ouvertement destinés à mourir, comme cette utilisation bien méchante des barbelés ou encore avec cette férocité de "Three-fingers" qui n'hésitera pas par exemple à ouvrir la boîte crânienne d'une victime pour déguster un morceau de cerveau. Par contre, cette violence graphique se fera sans réelle surprise, les apparitions du cannibale restant largement prévisibles et parfois même téléphonées en reprenant à son compte des effets déjà vus dans les opus précédents (l'arbre, par exemple).

Wrong turn 3L'intrigue réduira donc le nombre de dégénérés, puisque ici il n'y aura qu'un assaillant (le fils ne faisant q'une brève apparition le temps de se faire décapiter), et surtout, on ne retrouvera pas l'impact choquant et pervers qui accompagnait les deux premiers films de la franchise, "Three-fingers" orchestrant ses attaques en se tournant vers l'action et non vers des parenthèses déviantes ici à peine esquissées, et enfin, l'antre du dégénéré sera uniquement survolé lors du dernier acte, pour certes avancer quelques petits détails gores et sadiques (avec toujours cette utilisation du barbelé pour ligoter ses victimes), mais sans reproduire l'aspect glauque et macabres escompté.

Wrong turn 3Les personnages resteront largement superficiels, les deux prisonniers avec leur rivalité et leur animosité étant bien légers, tandis que le personnage principal formera bien vite un "couple" avec la survivante de l'introduction sans pouvoir espérer engendrer le moindre attachement ou même la sympathie du spectateur, les autres protagonistes ne servant qu'à apporter au métrage son lot de scènes sanglantes, avec en plus une interprétation cohérente mais n'apportant pas le charisme requis ni même un naturel qui aurait favoriser l'implication dans cette intrigue quand même surfaite et qui perdra sa crédibilité en cours de route par ses rebondissements pas forcément crédibles et quelques ellipses dommageables.

Wrong turn 3La mise en scène du réalisateur est dynamique pour laisser l'ensemble garder un rythme constant et assez vif, mais par contre les scènes de bagarres n'arriveront pas à retranscrire la brutalité désirée, tandis que les effets de surprise tomberont régulièrement à plat et que les décors naturels ne seront pas assez mis en avant, une véritable faute de goût pour un "survival". Les effets spéciaux sanglants sont globalement probants mais l'apport du numérique restera une fois encore trop visible et réduira l'impact de certaines séquences, ce qui n'empêchera pas le métrage d'apporter son quota de plans gores volontaires et bien graphiques, alors que le maquillage de "Three-fingers" aurait demandé à être plus élaboré et plus fignolé.

Donc, ce Wrong turn 3 : left for dead pêchera à cause de son intrigue trop superficielle et à la crédibilité douteuse guère secondée par ses personnages caricaturaux, mais arrivera quand même à se montrer efficace dans son aspect sanglant bien présent, sévère et largement graphique !

Wrong turn 3Le DVD de zone 1 édité par 20th Century Fox avancera une image nette et sans défaut, même lors des nombreux passages se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera efficace grâce à une partition musicale dynamique et adaptée, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise, mais également en français, en espagnol et en portugais.
Au niveau des bonus, on pourra suivre deux petites scènes coupées dont une apportant une explication à la disparition d'un personnage secondaire, ainsi qu'un making-of décliné en trois parties qui reviendront sur le tournage en général, avant de s'intéresser plus précisément aux personnages puis aux effets spéciaux, le tout en laissant les membres de l'équipe du film intervenir, mais le ton promotionnel ambiant se montrera bien trop flagrant.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce troisième volet léger mais bien gore des méfaits de ces cannibales dégénérés sans pitié, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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26.01.10

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Ilsa the wicked warden

Quatrième volet officieux de la saga de la tortionnaire Ilsa, ce Ilsa the wicked warden (connu chez nous sous les titres Le pénitencier des femmes perverses et Ilsa, ultimes perversions va permettre au réalisateur espagnol Jess Franco de nous livrer un autre film de "W.I.P." (Women In Prison) sadique, pervers et multipliant les idées bien barrées au sein d'une intrigue évidemment codifiée mais qui se suivra facilement en demeurant lisible, tout en avançant l'érotisme franc et omniprésent cher au réalisateur.
Le script va laisser une jeune femme s'introduire volontairement dans une clinique soignant des femmes atteintes de déviances sexuelles afin d'essayer d'en apprendre plus sur la destinée de sa sœur, internée sur place et déclarée morte.

Ilsa the wicked wardenD'entrée, le métrage va se placer dans le contexte du "W.I.P." pour rapidement avancer (après quelques plans en extérieur plaçant de fait le métrage dans une quelconque république sud-américaine) une première scène de douche collective prise par quelques jeunes femmes sous le regard avisé de deux gardiennes qui vont pourtant tomber dans un piège tendu, une des femmes présentes se mettant à hurler de douleur pour attirer l'attention, ce qui permettra à une autre, Rosa, de prendre la fuite. Le métrage suivra en parallèle une femme d'un âge plus avancé se délectant d'un bon bain chaud, ce qui contrastera évidemment avec l'univers froid et rugueux vu auparavant. La fuyarde sera pourtant poursuivie par plusieurs gardiens qui vont lui tirer dessus à plusieurs reprises, la blessant à deux reprises et finalement, elle atterrira chez le docteur Arcos, qui va la recueillir et commencer à la soigner, tout en écoutant les paroles émises par Rosa dans son délire et évoquant des maltraitances et des tortures à base d'électrochocs.

Ilsa the wicked wardenFinalement les gardiens vont retrouver la trace de Rosa jusqu'à chez ce docteur Arcos qui verra donc débarquer chez lui Greta (la femme au bain), la responsable d'une clinique appelée "Las Palomas" d'où s'est échappé Rosa, cette dernière voulant à tout prix récupérer Rosa, ce qu'elle fera en ne laissant pas le choix au docteur Arcos. Celui-ci, choqué et intrigué par les délires de Rosa, va aller rencontrer une organisation humanitaire pour évoquer ces tortures, mais devant l'absence de témoin vivant (Rosa ayant été déclarée morte peu de temps après son retour à la clinique à la suite d'une septicémie et incinérée), cette organisation ne pourra rien faire de concret, surtout que la clinique de "Las Palomas" vit quasiment en autarcie et ne reçoit pas de visiteurs. Cette entame du métrage posera de manière efficace ses jalons et ne tardera pas à lancer véritablement l'intrigue lorsque Abbie, la sœur de Rosa, va demander au docteur Arcos de la faire interner à la clinique sous une fausse identité pour un mois, afin qu'elle puisse en apprendre plus sur le destin de sa sœur. D'abord sous la menace puis de son plein gré, Arcos acceptera et le métrage pourra s'installer sur la durée dans cette clinique aux allures de prison.

Ilsa the wicked wardenL'intrigue prendra alors une tournure classique pour laisser Abbie découvrir l'univers drastique de cette clinique avec d'abord un lavement au jet d'eau qui semblera amuser fortement les deux gardiennes qui vont également l'inspecter sous toutes les coutures, pour ensuite être reçue par Greta qui va lui énoncer les règles de la "maison", avec notamment l'interdiction de dire son nom au profit d'un simple numéro déshumanisant les "patientes". Abbie va aussi faire connaissance avec ses compagnes de dortoir qui avanceront les stéréotypes du genre, avec cette folle chantant tout le temps, cette autre passant son temps à essayer vainement de faire du crochet (dont nous apprendrons plus tard qu'il s'agit d'une transsexuelle) tandis que la chambrée sera dominée par Juana, une lesbienne provocante qui sera également la favorite déclarée de Greta.

Ilsa the wicked wardenMais Jess Franco s'intéressera largement aussi à cette Greta, vêtue d'un uniforme militaire évoquant l'imagerie nazie pour bien demeurer dans la tradition de la franchise des "Ilsa", qui sera aussi douce que méchante et sadique, comme par exemple lorsque prendra un plaisir infini à apposer délicatement des aiguilles dans la peau du ventre de Juana pour ensuite se laisser tomber sur elle pour lui faire l'amour et ainsi enfoncer les aiguilles bien plus profondément, déclenchant un cri bien naturel de la part de la malheureuse soumise. Le métrage nous renseignera également sur les dessous de la clinique qui servira en douce à torturer des prisonniers politiques dans ses sous-sols, celles-ci étant enfermées dans des cachots et subissant les coups de fouets et autre brimades de Greta et de son adjoint, l'imposant Rego, qui lui passera son temps à filmer les tortures et autres brimades sexuelles pour les vendre sur le marché du "snuff".

Ilsa the wicked wardenAu fil de l'intrigue le métrage déclinera tous les passages obligés du genre, avec crêpages de chignons (sous la douche, s'il vous plaît !), sévices sexuels (avec cautérisation de vagin, par exemple) et tortures aux électrochocs, même si les pires atrocités ne seront que sous-entendues ou placées en hors-champ, mais cela se fera au sein de l'intrigue pour ainsi refuser toute gratuité trop flagrante et ainsi suivre l'avancée d' Abbie dans sa quête d'informations au cours de laquelle elle sera souvent confrontée à cette Juana mesquine et d'une perversité affolante qui se retrouvera aussi bien dans des dialogues "fleuris" que dans ses crises de domination qui obligeront Abbie à subir des humiliations impensables (la scène dans les toilettes restant la plus mémorable).

Ilsa the wicked wardenAu fur et à mesure que l'on avancera dans l'intrigue Jess franco laissera une place grandissante à sa sous intrigue impliquant ces révolutionnaires voulant renverser le système en place, faisant même de Rosa une militante placée dans la clinique afin d'être torturée pour lui faire avouer le nom de ses amis, ce qu'elle fera après avoir subi de nouvelles tortures, délivrant ainsi de fait une petite révélation hélas téléphonée et attendue, tandis que l'inspection gouvernementale de dernier acte débouchera sur une surprise des plus cruelles et avilissantes, mais qui aura l'avantage de laisser Jess Franco clore le film sur un véritable délire filmique inoubliable qui verra plusieurs prisonnières s'attaquer à Greta et la dévorer vivante, le réalisateur alternant cette séquence sanglante avec des plans de fauves dévorant une proie, peut-être dans le but de nous délivrer un obscur message sur la condition humaine, mais en tout cas ce final sera terriblement jouissif.

Ilsa the wicked wardenOn retiendra également les nombreuses fulgurances qui traverseront l'ensemble du film pour des passages saugrenus (le viol collectif bien évidemment filmé par Rego), parfois extrêmement sadique (la mort de Rosa sous les yeux de sa sœur impuissante), ou laissant l'imagination du spectateur travailler en ne mettant en avant que le résultat des sévices passés infligés aux jeunes femmes défigurées, ou marquées dans leur chair par des cicatrices d'un réalisme à toute épreuve, quand ce ne sera pas le numéro identifiant chacune d'elles qui aura été gravé au fer rouge dans la chair après une désobéissance, créant de la sorte une ambiance de folie furieuse encore rehaussée par ces dialogues crus et orduriers.

Ilsa the wicked wardenJess Franco ne laissera pas pour autant tomber l'érotisme qui lui est coutumier pour laisser les "patientes" évoluer uniquement vêtues d'une sorte de chemise sans rien en dessous, ce qui dévoilera sporadiquement l'anatomie de chacune, aussi bien au cours des scènes de douche collectives qui parsèmeront le film que pour ces bagarres et autres humiliations , tout en laissant une très belle et sensuelle séquence trouble et floue permettre à Greta de dévoiler elle aussi ses charmes imposants ici parfaitement mis en valeur. Mais le réalisateur ne se laissera pas aller à ses habitudes faites de zooms et de gros plans sur l'intimité des actrices,e t ce malgré la présence au sein du casting de sa muse Lina Romay, habituellement pourtant largement explorée par la caméra de Jess franco.

Ilsa the wicked wardenL'interprétation est plutôt convaincante, portée par une Dyanne Thorne qui reprendra ici les tics de la sage des "ilsa" dans un style militaire et hautain doublé d'une perversité qui semblera innée, tandis que Lina Romay interprétera une Juana adepte des humiliations plus que crédible, laissant Tania Busselier jouer avec une certaine retenue Abbie et alors que Jess Franco se réservera le rôle du docteur Arcos avec ses convictions gauchistes clairement affichées. Sa mise en scène sera plutôt vive et ne s'attardera pas sur les différentes séquences pour rechercher plutôt à faire avancer l'action qui du coup demeurera bien fluide et lisible. Les quelques effets spéciaux sanglants seront assez probants, tout comme ces cicatrices et autres stigmates des exactions commises qui seront bien crédibles.

Donc, ce Ilsa, the wicked warden se posera comme un "W.I.P." largement expansif et dépravé pour un Jess Franco en grande forme, virulent dans les actes et dans les paroles pour faire preuve d'un sadisme et d'une perversité déviante qui fera plaisir à voir !

Ilsa the wicked wardenLe DVD de zone 2 suisse édité par "VIP" avancera une image nette et ne connaissant pas de défaut visible, tandis que la bande-son sera probante, avec une partition musicale certes régulièrement discrète ou absente, mais efficace lorsqu'elle s'exprimera, le métrage étant ici proposé dans sa version allemande, italienne, anglaise et surtout française. Au niveau des bonus, on pourra suivre une conséquente galerie de photos du film, la bande-annonce accompagnée de celles d'autres titres de la collection dédiée à Jess Franco, une passionnante interview croisée du réalisateur et du producteur Erwin c. Dietrich ainsi que les biographies des auteurs et le traditionnel module sur la restauration de Jack L'éventreur.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette clinique des sévices, le DVD de zone 2 suisse quasiment épuisé est parfois disponible ici en vérifiant bien l'édition proposée, celle d'Anchor Bay étant une version "cut" du film !

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25.01.10

07:25:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Les barons
Réalisateur : Nabil Ben Yadir
Durée du film : 1h51
Date de sortie du film : 20 janvier 2010
Avec : Nader Boussandel, Edouard Baer, Mourade Zeguendi, Jan Decleir, Julien Courbey, Mohamed Fellag, Amelle Chahbi, etc.

Par Nicofeel

Premier film de Nabil Ben Yadir, Les barons est une sympathique petite comédie qui nous vient de Belgique. Pour se démarquer du lot des nombreuses comédies qui sortent chaque année et qui peinent à émerger par rapport aux autres, le film bénéficie d'un scénario pour le moins original.
Dès le début du film, le ton du film est donné avec une explication pour le moins amusante sur la vie. Chaque personne qui naît dans le monde dispose d'un nombre de pas. Une fois qu'elle a atteint son quota, la personne décède. C'est la raison pour laquelle les sportifs meurent jeunes ! Dans le même ordre d'idée, on apprend que les personnes âgées sont pour la plupart dans des fauteuils roulants car elles n'ont plus beaucoup de temps à vivre.
Partant de ce concept, des jeune issus de l'immigration, qui vont être les « héros » de cette histoire, ont choisi délibérément de ne rien faire de leur vie. Eh oui, car s'ils ne se fatiguent pas, ils ont des chances de vivre plus longtemps que les autres. Ces oisifs, qui sont pourtant au chômage, se nomment eux-mêmes les barons, d'où le titre du film. Leur côté cool est bien marrant à regarder.
Le principal protagoniste de l'histoire, Hassan (joué par un Nader Boussandel qui n'en fait pas des tonnes et demeure assez crédible) habite à Bruxelles et est comme ses copains à la recherche d'un emploi. Il passe occasionnellement son temps à faire le comique dans un bar tenu par Jacques (formidable Edouard Baer, hilarant de bout en bout). Hassan raconte ses blagues en se moquant gentiment de sa famille ou de ses amis, jouant pour beaucoup sur de multiples préjugés que l'on peut avoir.
Si la mise en scène n'a rien de bien terrible et est uniquement fonctionnelle, le film tient bien la route en raison de ses personnages qui sont attachants et du comique des situations. Les fameux barons n'hésitent pas à s'envoyer des vannes ou à se raconter des blagues qu'ils déclarent eux-mêmes comme étant pourries. Pour donner quelques exemples, on a ainsi dans l'histoire de la cigale et la fourmi, le prénom de la cigale qui est Steven (du nom du célèbre acteur de films d'action !). On a aussi un des protagonistes qui lance en l'air une gousse d'ail et déclare qu'il s'agit du « retour du jet d'ail »! Quant au principal protagoniste, voyant un tableau dans l'appartement de sa copine, il dit que c'est de l'arabe strait (art abstrait).

Tout est prétexte à amuser le spectateur avec des blagues au goût parfois douteux mais finalement la mécanique marche plutôt bien.
D'ailleurs, en parlant de mécanique, les barons disposent d'une BMW. En soi, on pourrait se demander comment ils ont réussi à la récupérer alors qu'ils n'ont pas beaucoup d'argent. Eh bien, ils l'ont payée à huit ce qui n'est pratique. Car comme le signale Hassan, il n'y a que 7 jours dans une semaine donc pour se prêter la voiture durant la semaine cela n'est pas évident. Il vaut mieux être sept car chacun aurait droit à la voiture durant un jour par semaine.
Le film est également intéressant à regarder en nous montrant des relations hommes-femmes qui sont à des années-lumière des stéréotypes sur les personnes d'origine maghrébine. Ici, les hommes ne sont pas sûrs d'eux, ils se révèlent plutôt timides, sont souvent loin d'être passionnants par leur discours et ils se font jeter par les filles. Les relations dans le film sont d'autant plus amusantes que Hassan est amoureux de la soeur de son meilleur pote, Mounir. Or, au début du film, Hassan déclare en off, au spectateur, que tu ne touches pas aux soeurs de tes potes car c'est comme tes potes, mais avec des cheveux longs !
Bref, on comprend aisément que la relation avec Mounir, véritable tête brûlée mais gentil garçon sur le fond, va être des plus problématiques.
Si le réalisateur Nabil Ben Yadir n'évite pas toujours certaines facilités sur le plan de la mise en scène (divers ralentis quelque peu inutiles), heureusement son film se suit bien grâce à l'originalité du scénario et aux personnages hauts en couleur qui sont dépeints. Comédie bien amusante, Les barons sait également être un film un peu plus sérieux dans la description de cette amitié profonde entre les différents barons, notamment lors du décès d'un des leurs.
En synthèse, Les barons n'est pas un grand film mais mérite tout de même d'être vu.

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22.01.10

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Sins of Sister Lucia

Comptant parmi les "roman porno" de la Nikkatsu, ce Sins of sister Lucia versera dans la "nunsploitation" basique, sans autre dessein que de multiplier les séquences osées tout en limitant quand même l'aspect blasphématoire inhérent au genre pour plutôt se contenter d'avancer un érotisme graphique et enjoué au travers de situations souriantes et légères.
Le script va suivre l'arrivée d'une novice dans un couvent, envoyée là-bas par son père suite à quelques exactions honteuses pour se refaire une morale, mais ce sera sans compter sur la perversité des nonnes présentes sur place.

Sins of Sister LuciaDès son générique le métrage va avancer une première séquence forte, presque onirique qui verra cette nonne poursuivie par ses consoeurs récitant des prières jusqu'à être aculée dans une pièce où elle sera vite entourée et forcée de se confesser pour de la sorte confier aux religieuses les raisons qui l'ont poussées à rentrer dans les ordres. Cette présentation du personnage principal sera assez inhabituelle pour nous faire donc découvrir de manière symbolique Rumiko, cette demoiselle récemment arrivée au couvent de Sainte Marianna, et qui va devoir revenir sur ses frasques passées, laissant le réalisateur approfondir cette présentation en plusieurs petits flash-backs.

Sins of Sister LuciaC'est ainsi que Rumiko sera replacée dans la vie "civile" en compagnie de son professeur d'anglais qu'elle va entreprendre de charmer, espérant à nouveau coucher avec lui et surtout l'informer de son projet de partir vivre avec lui en Europe grâce à l'argent volé (destiné à des pots de vin) à son père, un truand notoire. Ce professeur va se laisser séduire pour honorer son élève, le réalisateur nous gratifiant ainsi d'une première séquence érotique raffinée qui se jouera de manière probante de la censure spéciale japonaise en évitant tout plan d'organes génitaux, mais les deux amants vont être surpris par la père de Rumiko, flanqué d'un homme de mains qui va donner une leçon au professeur, entraînant la fureur de Rumiko, celle-ci s'armant d'un couteau pour venir planter cet homme. Mais alors qu'elle allait se dénoncer à la police, son père va lui infliger une autre sorte de punition, l'enfermement dans un couvent.

Sins of Sister LuciaCette mise en place de la condition du Rumiko passée, l'intrigue va s'appliquer à mettre en avant l'insouciance et le non-respect des lois du couvent par la demoiselle qui refusera de prier, mangera plus que de raison de la nourriture riche devant ses consoeurs attablées devant une malheureuse soupe, pour finalement commencer à sous-entendre la luxure empreignant l'endroit lorsque Rumik, guère inspirée par ce travail devant un métier à tisser, va déclencher une petite bagarre qui prendra rapidement une connotation sexuelle saphique et ici aussi symbolique puisque les nonnes vont tisser une toile d'araignée avec leurs fils, pour une autre séquence visuellement magnifique.

Sins of Sister LuciaLe réalisateur Koyu Ohara va quand même lancer une petite salve protestataire envers l'église et sa soi-disant égalité lorsque l'une des sœurs se plaindra ouvertement et directement de Rumiko à la Mère Supérieure qui ne voudra rien entendre et invoquera le fait d'aider les "brebis " égarées, pour se voir rétorquer que c'est surtout l'argent du père de Rumiko qui intéresse la dirigeante du couvent et non l'aspect purement chrétien. Mais cette petite critique sera bien vite noyée dans l'ambiance graphique qui englobera le métrage, Rumiko, rebaptisée sœur Lucia par la Mère Supérieure, découvrant bientôt ce qui se trame sur place une fois la nuit tombée.

Sins of Sister LuciaEn effet, alors que plusieurs sous-entendus saphiques étaient déjà venus jalonner les différentes situations, le métrage va dès lors s'installer dans un érotisme omniprésent qui enchaînera les séquences osées sur un rythme constant, laissant d'abord l'intrigue se poser dans le dortoir où deux sœurs vont avoir des relations détaillées sans fard, ce qui ne semblera pas gêner ni surprendre Sœur Lucia s'apprêtant à quitter les lieux pour être retenue par des bruits étranges venant de bureau de la Mère Supérieure. Grimpant sur sa valise, elle pourra découvrir d'abord la Mère Supérieure s'adonnant aux plaisirs de la chair avec un prêtre dévoué, tandis qu'ensuite, ce seront les deux "préférées" de la Mère Supérieure qui auront droit en même temps de goûter à ce curé décidemment bien attentionné. Mais au lieu de jouer ouvertement sur l'aspect blasphématoire de ces scènes avançant quand même des nonnes brisant le tabou ultime de leur condition, le réalisateur s'appliquera plutôt à nous offrir des plans formellement réussis et à la beauté évidente.

Sins of Sister LuciaLa suite sera du même acabit pour suivre les déboires de sœur Lucia qui voulant dénoncer la Mère Supérieure aux autres religieuses, ratera son coup et sera envoyée à l'isolement dans la "chambre des corrections" où l'intrigue prendra une nouvelle orientation en introduisant deux évadés libidineux d'une prison qui vont débarquer au couvent pour bien entendu tomber sur Sœur Lucia attachée dans sa punition et la violer, mais au lieu de se débattre, la jeune nonne prendra du plaisir et incitera les deux hommes à rester sur place, afin de pervertir les autres religieuses, ce qui ne manquera pas d'arriver jusqu'au final complètement débridé et bien grivois qui viendra clôturer le métrage en revenant quand même sur une note moralisatrice simpliste.

Sins of Sister LuciaL'intrigue globale ne cherchera évidemment pas à innover ou même à se parer d'une quelconque philosophie pour au contraire verser dans la "nunsploitation" la plus basique et uniquement orientée vers cet aspect érotique largement travaillée et qui viendra accompagner quasiment toutes les situations du film, les rebondissements demeurant classiques et ressassés (l'irruption de prisonniers dans un couvent était par exemple déjà l'apanage de Die nonne und das biest de Giuseppe Vari avec Laura Gemser et Monica Zanchi) et uniquement destinés à favoriser l'atmosphère sensuelle saphique ou hétérosexuelle qui planera sur l'ensemble du film, délaissant au passage la violence régulièrement mise en place dans le genre et ici reléguée au second plan avec seulement quelques gifles (si possible sur des postérieurs dénudés) comme punitions.

Sins of Sister LuciaL'érotisme sera donc au centre des débats pour laisser le réalisateur multiplier les ébats entre nonnes, mais aussi avec ce prêtre, pour des relations sexuelles à deux et même à trois impliquant différentes gâteries classiques (fellation, cunnilungus) mais sans jamais franchir les portes du "hardcore" ou même provoquer la censure, Koyu Ohara maniant avec brio ses cadres de façon à éviter toute entorse au règlement tout en donnant une certaine légèreté, et même une bonne humeur à ces péripéties osées (les ombres chinoises audacieuses) qui trouveront leur apothéose dans ce dernier acte païen en diable qui viendra pervertir les nonnes, en n'hésitant à déflorer une nonne n'ayant jamais goûté aux plaisirs corporels, pour même oser crucifier la Mère Supérieure, dernière et seule réelle provocation d 'un métrage qui sera surtout orienté vers le dénudement des personnages et les ébats sortant du cadre classique.

Sins of Sister LuciaLes protagonistes seront assez superficiels pour surtout mettre en avant leur caractère libidineux, tel ce curé évoquant le fait de servir Dieu en honorant les nonnes, mais l'ensemble bénéficiera d'une interprétation largement honorable, avec notamment la jolie Yuki Nohira dans le rôle de Sœur Lucia. La mise en scène du réalisateur est vive, dynamique pour donner un bon rythme global à l'ensemble du métrage et ainsi éviter toute répétition qui aurait éventuellement conduit vers l'ennui, avec au contraire un humour sous-jacent et une bonne humeur globale qui sera facilement communicative.

Donc, ce Sins of sister Lucia, tout en demeurant un "nunsploitation basique", offrira un spectacle plaisant, assez raffiné, jamais vulgaire et facilement accessible qui privilégiera l'érotisme au caractère blasphématoire pur lié de fait au genre !

Sins of Sister LuciaLe DVD de zone 0 édité par Mondo Macabro avancera une image nette et sans défaut, tandis que la bande-son sera appréciable, avec une partition musicale certes discrète mais efficace, le métrage étant ici proposé dans sa version originale japonaise,a vec des sous-titres en anglais.
Au niveau des bonus, outre un petit texte écrit relatif au film et à la " Nikkatsu", on pourra suivre un documentaire passionnant sur les "romans porno" et leur remise au goût du jour, prolongé par une interview de Jasper Sharp, un spécialiste américain du genre, laissant la bande-annonce du film (accompagnée par celles d'autres titres de la "Nikkastu" proposés par l'éditeur) et l'excellent et rythmé traditionnel montage des différents titres de Mondo Macabro clore ces bonus largement intéressants.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette nonne délurée, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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21.01.10

07:55:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Kill the scream queen

Avec ce Kill the scream queen le métalleux-maniaque Bill Zebub va, pour l'un de ses premiers efforts, nous livrer une satire du genre forcément érotique, déviante mais également souriante grâce à un humour dévastateur et irrévérencieux qui va accompagner les différentes séquences d'un métrage qui risquera de ne pas plaire à tout le monde.
Le script va laisser un sadique meurtrier appâter des jeunes femmes grâce à une annonce sur internet leur promettant gloire et richesse en participant à son film, qui se révélera être un "snuff movie" pour lequel il va réellement tuer ses victimes.

Kill the scream queenLe métrage ne va pas perdre un instant pour d'entrée avancer une des "clientes" du personnage principal, une femme quelque peu défraîchie qui espérera trouver là source de reconnaissance et qui va répondre directement face à la caméra aux questions posées, sans se douter des intentions de son interlocuteur, même lorsque sera évoqué le fait de tourner un "snuff". C'est ainsi qu'elle se laissera docilement attacher nue à une croix, bâillonnée par une boule typique de l'imagerie sado-masochiste pour voir l'homme d'abord la fouetter avec une chaîne terminée par un poids métallique avant qu'il ne l'achève en lui enfonçant un couteau dans son intimité. Malgré les apparences, cette première séquence restera bien "soft", guère violente et encore moins sanglante, le réalisateur jouant énormément avec la suggestion, dans un manque évident de moyens pour visualiser plus avant ses atrocités.

Kill the scream queenEnsuite, nous allons retrouver notre homme au look de hardos typique dans la bibliothèque d'une université où il va pirater le code d'une étudiante afin de passer une annonce sur le net pour recruter des modèles pour le tournage d'un film "snuff", laissant présager la notoriété pour celles qui lui répondront. C'est ainsi qu'une première jeune femme va se présenter pour passer elle aussi d'abord sur la croix, élément strictement visuel et démonstratif puisqu'elle ne sera pas battue, l'homme ayant d'autres projets pour elle puisqu'il compte tourner une scène de viol. Mais là encore, tout se fera par suggestion, la caméra suivant uniquement la demoiselle fixant l'objectif pendant l'acte, conformément aux désirs du maniaque qui en outre annoncera de manière délicieusement macabre l'issue mortelle qu'il a prévue pour elle.

Kill the scream queenIssue que nous ne verront pas pour uniquement voir le meurtrier se préparer à enterrer ses victimes en pleine forêt pour une séquence extrêmement contemplative qui laissera la caméra tourner longuement autour des victimes allongées en petite tenues sur le sol, non loin d'un cadavre à la décomposition largement avancée. Le métrage s'attachera par la suite à suivre le tueur dans plusieurs séquences reflétant chacune un thème différent censé illustrer son "film" dont il préparera en même temps les bonus, le teaser en même lors du final le "director's cut", tandis que nous le suivrons également lors de la prise de contact téléphonique avec une maison d'édition pour une scène qui évitera l'ennui en laissant l'homme consulter des photos graphiques de ses victimes qui seront d'ailleurs plus dénudées et offertes que celles alimentant les diverses parties du métrage.

Kill the scream queenC'est ainsi que Bill Zebub va s'amuser avec ses actrices sur ces thèmes déviants, pour d'abord avancer une longue séquence censée évoquer l'humiliation avec une pauvre minette qui devra danser lascivement sur du "death-metal" bien sauvage, scène amusante parce que complètement décalée entre la musique et les poses certes sensuelles mais complètement et risiblement hors-sujet de la fille, ce qui bien entendu irritera le sadique qui finalement se débarrassera de cette incapable. Ensuite, pour représenter la peur, une brève apparition d'une autre demoiselle ligotée les bras en l'air dans une salle de bains (bonjour les décors faciles…) suffira, le réalisateur préférant la sordidité de la torture qui suivra.

Kill the scream queenEn effet, ce sera par une longue scène à la limite du glauque que Bill Zebub illustrera ce sujet avec une nouvelle femme, toujours attachée à la croix après avoir été droguée, qui recevra des décharges électriques grâce à des fils reliés directement à ses seins, puis à son intimité, pour un sévice qui ne sera pas sans rappeler l'époque sordide de la "nazisploitation" tout en étant comme précédemment pas foncièrement graphique si on omet la nudité de la victime. L'avant-dernier supplice concernera la mort, laissant l'assassin jouer avec une demoiselle, qu'il aura comme les autres appâtée avec ses promesses, pour l'attirer dans les bois où il va l'attacher à un arbre avant de s'amuser d'elle avec les mots et les faux-semblants, pour d'abord se faire malicieusement prendre à son propre jeu avant de rebondir de façon très jouissive et, contrairement au reste recherchée.

Kill the scream queenLa dernière victime, et certainement la plus jolie d'entre toutes mais aussi la plus intelligente puisqu'elle sentira le mauvais coup venir sera quant à elle tracassée et molestée par notre homme qui va lui imposer un sévice d'ordre sexuel avec cette fellation (évidemment en hors-champ même si le réalisateur fera semblant de flirter avec le hardcore de manière quand même naïve) qui s'achèvera dans la tradition de La dernière maison sur la gauche, ce qui n'empêchera pas l'assassin de revenir bien vite pour un dernier baroud d'honneur à base de scarification à l'aide d'une male de rasoir, laissant alors sans réel épilogue le spectateur en plan jusqu'à la dernière et sarcastique tirade de la fin du générique.

Kill the scream queenAlors bien entendu le métrage restera foncièrement gratuit en apparence dans la multiplication de ses séquences érotiques dénudant ses actrices dans des buts inavouables et largement déviants, mais Bill Zebub filmera l'ensemble avec une légèreté quasiment constante (hormis l'épisode de l'électricité) qui empêchera les faits avancés d'être pris au sérieux, surtout que les dialogues, ici réduits au minimum s'attacheront surtout à se gausser du genre de manière "gentille" et certainement pas dénigrante, pour aussi bien déplorer la disparition des véritables "scream queen", remplacées par des demoiselles sans talent ni charisme que pour chercher à l'élever de son petit budget en ridiculisant quand même le travail de son personnage principal, surtout que celui-ci adoptera régulièrement des postures risibles, sans oublier ce masque dérisoire et saugrenu qui collera peut-être avec la mouvance "death-metal", mais bon…

Kill the scream queenL'interprétation sera juste cohérente, avec des actrices exhibant surtout leurs charmes et qui n'auront pas franchement le temps de montrer leur éventuel talent, tandis que Bill Zebub qui endossera l'habit du tueur manquera quand même de charisme pour réussir à imposer son personnage à l'écran. Sa mise en scène sera au diapason en étant simpliste pour de longs plans contemplatifs récurrents, voir même heurtée et saccadée pour des plans tremblotants mettant bien en avant un certain amateurisme pas forcément volontaire. Les petits effets spéciaux seront basiques et guère volontaires pour uniquement avancer quelques plaies factices et un squelette par contre plus crédible.

Donc, ce Kill the scream queen méritera le coup d'oeil par sa volonté déviante dans l'érotisme et son humour cynique ouvertement souriant, mais cet étalage de mauvais goût ne sera pas à conseiller aux âmes prudes et sensibles !

Kill the scream queenLe DVD de zone 0 édité par la boîte du réalisateur Bill Zebub Productions avancera une image assez nette mais souffrant en de rares instants de petits soucis de pixellisation, tandis que la bande-son sera plutôt efficace et en tout cas adaptée avec ce "death-metal" plus que largement bruyant et ravageur.
Par contre, le menu d'accueil fixe ne proposera que de lancer le film ou d'aller scruter les chapitres, et donc aucun bonus ne viendra accompagner le métrage, pas même la moindre bande-annonce, alors que Bill Zebub a pourtant réalisé d'autres métrages aux titres savoureux comme ce Jesus Christ serial rapist qui aura quand même du mal à tenir ses promesses...

Pour ceux qui voudraient découvrir ce cinéaste déviant tentant de réaliser un "snuff movie", le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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20.01.10

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Mr nobody
Réalisateur : Jaco Van Dormeal
Durée du film : 2h17
Date de sortie du film : 13 janvier 2010

Avec : Jared Leto, Diane Kruger, Rhys Ifans, Sarah Polley, etc.

Par Nicofeel

Réalisé par le belge Jaco Van Dormeal à qui l'on doit les films Toto ce héros et Le huitième jour, Mr nobody est une co-production européenne et canadienne qui a manifestement bénéficié d'un gros budget. Voilà un film de science-fiction bien ambitieux, tant par le financement qui a été mis pour le produire que par le parti pris du cinéaste.
Le film démarre en 2092 avec le Némo Nobody qui est le dernier homme mortel sur terre, âgé de plus de 130 ans, qui vit ses derniers instants et se remémore sa vie, par le biais d'un personnage curieux qui tente de l'hypnotiser pour en savoir plus.
Tout le film va tourner autour de cette question de la mémoire, et même du sens de la vie. Ou plus précisément le mélange mémoire et choix est au coeur du film. Dans les oeuvres récentes qui touchent à cette thématique, on pense au très beau Eternal of the spotless mind de Michel Gondry. Mais le film de Jaco Van Dormeal est encore plus étrange. On dirait du Gondry version Eternal sunshine mélangé à du Jean-Pierre Jeunet version Amélie Poulain. Bref, il y a de quoi être désarçonné devant un film aussi bizarre qui manque sérieusement de cohérence.
Mr nobody part un peu dans tous les sens. On comprend que c'est dû aux souvenirs ou aux fantasmes (les choix du destin) du vieil homme mais le scénario aurait tout de même être simplifié. Car là il y a tout de même un sévère manque de repères. Et c'est d'autant plus dommage que le film est très réussi sur le plan visuel et que les histoires d'amour vécues par notre principal protagoniste sont bien racontées. Mais on passe d'un personnage à l'autre, d'un temps à un autre.

Jaco Van Dormeal, à l'image d'un Terry Gilliam, a voulu en mettre plein la vue à la spectateur et si de nombreuses scènes sont très belles, le film manque sérieusement de cohérence. On retiendra tout de même le charme de plusieurs moments, comme l'explication sur l'arrivée de Mr Nobody avec la rencontre de ses parents ou encore les différentes histoires d'amour, que ce soit avec Elise, Jeanne et surtout Anna. Le côté romantique du film est évident et l'émotion est palpable.
D'ailleurs, le mélange des genres – comédie, drame, romantisme, science-fiction (avec cette histoire qui se déroule sur Mars) – n'empêche pas au film de véhiculer des sentiments au spectateur.
D'autant que Mr nobody est dans sa globalité bien filmé. Le réalisateur fait à de nombreuses reprises de très beaux mouvements de cinéma (beaux mouvements à la grue, plongées, contre-plongées) qui sont justifiés par l'état mental de ce Némo Nobody. Malheureusement, cette belle mise en scène est amoindrie, ou en tout cas quelque peu gâchée par des tics visuels dénués de fondement. Ainsi, on a souvent droit à des accélérations (notamment celles du train, qui se révèlent immondes) ou à des ralentis qui n'apportent rien au film.
Sans compter que plusieurs scènes repassent plusieurs fois. Ainsi, Jared Leto qui interprète Némo Nobody à l'âge adulte, se fait tirer plusieurs fois dessus en étant dans sa baignoire ou alors il meurt dans son automobile.
A contrario, la musique qui comprend de nombreux standards ou classiques (du Beethoven) ou plus récents (Where is my mind ; 99 luftballons ; Sweet dreams ; Mister Sadman give me a dream) qui vont très bien avec les scènes auxquelles on assiste. Cela donne une vraie personnalité à un film qui, s'il manque cruellement de cohérence et est quelque peu redondant, se regarde malgré tout plutôt bien.
Côté acteurs, rien de bien génial. Jared Leto a deux expressions dans le film (il a toujours l'air un peu bêta) et les femmes qui gravitent autour de lui sont soit très amoureuses soit carrément hystériques.
Au final, Mr nobody est un film inégal, que l'on appréciera par la force de ses images et par sa belle musique, mais qui laissera perplexe en raison d'un scénario à tiroirs et complexe. A voir, mais en connaissance de cause.

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19.01.10

07:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Bliss
Réalisatrice : Drew Barrymore
Durée du film : 1h51
Date de sortie du film : 6 janvier 2010

Avec : Ellen Page (Bliss Cavendar), Drew Barrymore (Trashley Simpson), Juliette Lewis (Iron Madone), Alia Shawkat (Pash), Kristen Wiig (Maggie Grabuge), Jimmy Fallon (Johnny Rocket), etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Drew Barrymore dont c'est le premier film derrière la caméra, Bliss est une comédie où l'on retrouve en actrice principale Ellen Page, l'héroïne bien connue de Juno. Ellen Page interprète cette fois-ci le rôle de Bliss Cavendar, une adolescente qui vit avec sa famille dans une ville perdue des Etats-Unis, au Texas. Elle travaille en tant que serveuse dans un café et a comme principal passe-temps celui de se préparer à devenir une miss. Mais ce hobbie est avant tout celui de sa mère. Bliss est quasiment un garçon manqué, elle aspire à autre chose.
C'est là que l'on retrouve d'ailleurs un ton qui rapproche le film de Juno avec la description de cette jeune fille ne fait rien comme les autres et ne souhaite pas rentrer dans le rang, comme elle est prédestinée à la base. C'est ainsi qu'elle va connaître le roller derby, une compétition de rollers autour d'un anneau, qui met en confrontation deux équipes de filles. Sans rien dire à sa famille Bliss travaille le jour dans son café et le soir elle fait des compétitions de roller.
Il faut bien reconnaître dès le départ que si le film emporte la décision et fait plaisir à voir c'est avant tout dû à la personnalité d'Ellen Page et à sa capacité de faire de son personnage une véritable « girl next door ». Ellen Page continue de fasciner le spectateur par son enthousiasme et sa fraîcheur qui font véritablement plaisir à voir.

Et puis le film montre aussi deux faces antagonistes des Etats-Unis : on a d'un côté l'Amérique puritaine où prédominent les apparences et le jeu des futilités ; on a d'un autre côté une Amérique où les gens s'expriment librement et où ils laissent libre cours à leurs plaisirs. Le personnage de Bliss montre bien qu'il est difficile de passer d'un monde à l'autre sans être immédiatement catalogué.
Le film vaut justement le coup par la confrontation de ces deux univers mais aussi par les combats entre filles qui sont parfois assez rudes mais sont surtout l'occasion de beaucoup s'amuser. Cela n'est d'ailleurs pas un hasard si l'équipe de Bliss cherche à la base uniquement à jouer, le fait de gagner étant presque perçu comme un inconvénient.
Le film vaut d'ailleurs beaucoup par les relations entre ces filles qui se chamaillent entre elles, se détestent parfois mais sont toujours là se respecter. Notre belle petite Ellen Page devient rapidement une star et est respectée. Elle est Barbie destroy et est adulé par tous, aussi bien garçons que filles ! Cet élément est une façon de mettre en valeur de la part de la cinéaste Drew Barrymore un certain féminisme dans son film. Ou plutôt il s'agit tout simplement de rétablir l'équilibre hommes-femmes. Non les femmes ne sont pas spécialement destinées à être uniquement des femmes au foyer ou de simples serveuses.
Orienté sur le ton de la comédie, Bliss est aussi une petite histoire d'amour entre Bliss et un musicien. Comme pour son personnage dans Juno, Ellen Page incarne une jeune fille pure qui va connaître sur le plan amoureux des joies certaines mais aussi de sévères désillusions. C'est en somme l'apprentissage de la vie.
Malgré toutes ces qualités qui sont indéniables, Bliss ne dépasse guère le statut de la petite comédie sympathique. Il faut dire que la mise en scène est certes dynamique mais dans les scènes d'action, le rendu est parfois assez confus. On aurait aimé avoir un vrai sentiment de vitesse et se mettre à la place des compétitrices. Ici, c'est plutôt un plaisir par procuration.
D'autant que le tout semble avoir été pré-maché pour simplifier la tâche au spectateur. Ainsi, la musique est ô combien sympathique mais elle appuie par moments beaucoup trop l'action. Et puis même si plusieurs thématiques du film demeurent intéressantes, il faut bien reconnaître que, mis à part le personnage de Bliss, tous les autres sont à peine brossés et donnent même l'impression d'avoir affaire à des caricatures. C'est bien dommage car le film aurait gagné en intérêt avec des personnages un peu plus étoffés. Les thématiques développées auraient été d'autant plus prenantes.
Au final, Bliss doit se prendre pour ce qu'il est : le premier film d'une actrice qui ne manque pas de charme, notamment en raison de la fraîcheur de son actrice principale, mais qui souffre de certaines facilités sur le plan scénaristique et de la mise en scène.

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07:00:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

par Nicore

Henry Lee Lucas

Comptant parmi les "serial killer" les plus emblématiques des Etats-Unis, Henry Lee Lucas, qui avait déjà inspiré John Mc Naughton pour son terriblement malsain Henry, portrait of a serial killer se voit honoré d'une nouvelle adaptation de ses méfaits par Michael Feifer (réalisateur spécialisé dans le genre puisqu'il a été l'auteur d'Ed Gein, the butcher of Plainfield ou encore de Chicago massacre : Richard Speck) avec ce film sobrement intitulé Henry Lee Lucas qui retracera de manière largement fidèle le parcours du tueur nécrophile sans pour autant se vautrer dans la complaisance pour au contraire essayer d'apporter des éléments de réponse quant à l'origine des troubles de cet assassin pour presque le rendre étrangement sympathique, ce qui ne manquera pas de provoquer un certain malaise, mais tout en évoquant également sans fard ses exactions, sur un ton quand même trop policé.
Le script va donc retracer la vie d'Henry Lee Lucas, meurtrier nécrophile ayant souffert des brimades de sa mère pendant son enfance et qui va au cours de sa carrière "commettre" un nombre aussi important qu'indéfini de crimes, puisque l'homme aura dans un premier temps avoué plus de trois cent meurtres avant de se rétracter pour la plupart d'entre eux.

Henry Lee LucasLa séquence introductive va s'attacher d'entrée à démystifier le personnage d'Henry Lee Lucas en nous le présentant déjà arrêté et face à un interlocuteur à qui il va avouer avoir parfois raconter des "salades" et s'offusquant de ne pas être cru pour le meurtre de Becky, meurtre qui nous sera alors dévoiler dans les moindres détails, puisque nous suivrons Henry et cette très jeune femme s'arrêtant au bord d'une route désertique pour voir Henry sortir la demoiselle de son véhicule et la malmener quelque peu avant de la poignarder en plein ventre pour une scène à la force dramatique avérée, surtout qu'à la question du pourquoi de cet acte posé par la mourante, Henry répondra "parce que je t'aimais" sans qu'aucune autre explication vienne appuyer ses dires.

Henry Lee LucasAprès un générique dynamique, l'intrigue va commencer par faire du spectateur le témoin de l'un des crimes commis par Henry Lee Lucas avec son complice Ottis Toole en compagnie de cette Becky, puisque le trio, errant sans but sur la route à bord de leur guimbarde, va décider d'aller au cinéma pour faire plaisir à Becky, mais devant les remontrances d'un couple de spectateurs face au comportement exubérant et bruyant d'Ottis, Henry va égorger l'homme tandis que Ottis va s'occuper d'enlever la jeune femme qui finira évidemment mal, Ottis étant présenté comme un cannibale prenant plaisir à découper ses victimes en morceaux pour les manger, sans bien entendu que cette affirmation soit confirmée à l'écran, l'ellipse et le hors-champ s'imposant pour juste laisser le réalisateur visualiser rapidement l'égorgement du malheureux.

Henry Lee LucasEnsuite, l'intrigue va replacer Henry face aux rangers texans l'ayant arrêté et avec qui il se comportera de manière très amicale, même lorsque le shérif acceptera qu'un journaliste s'entretienne avec Henry en échange de mots flatteurs dans son journal, offrant ainsi de fait une transition idéale au métrage qui pourra alors se replonger dans l'enfance martyrisée de Henry. En effet, c'est un Henry âgé de six ans que nous découvrirons par la suite, brimé par une mère terrifiante de mesquinerie et d'égoïsme qui n'hésitera pas à assommer son fils désobéissant avec une planche en bois ou encore à l'envoyer à l'école habillé en fille, pour même refuser de le faire soigner alors qu'il se sera blessé à l'œil en jouant avec un bâton, ce qui le privera par la suite de son œil gauche, finalement remplacé par un œil de verre posé par un médecin condescendant.

Henry Lee LucasCette partie du métrage éclipsera complètement le côté malsain du personnage d'Henry Lee Lucas pour au contraire le présenter comme un petit martyr subissant les affronts d'une mère dont le caractère foncièrement mauvais sera largement mis en avant au point de la faire devenir presque pire dans son comportement que son fils, le ton mielleux affiché face à ses clients (la mère d'Henry se prostituant à domicile pour nourrir sa famille et notamment son mari amputé des deux jambes suite à un accident sur une voie ferrée), ce qui aura pour répercussion de laisser le spectateur prendre en pitié le petit Henry avec une empathie certaine et troublante, même en connaissant sa destinée sanglante et déviante, et qui se retrouvera régulièrement au cours de l'intrigue, notamment au cours d'une scène romantique entre Henry et Becky, celui-ci révélant l'existence à sa "fiancée" l'existence de Venise et de ses gondoles.

Henry Lee LucasLe métrage s'attachera également à suivre l'adolescence de henry, pour ainsi visualiser son premier crime maladroit et ses premiers déboires avec la justice qui l'enverra une première fois en prison, puis une seconde suite au meurtre libérateur de sa mère pour le laisser suivre une thérapie à base d'électrochocs destinés à réduire ses pulsions suicidaires et meurtrières dont l'origine sera clairement avancée par les délires teintés de souvenirs internes du personnage. Et ce ne sera donc que dans une dernière partie que l'équipée sauvage du tueur suite à sa remise en liberté et sa rencontre avec Ottis Toole sera appréhendée et presque survolée pour seulement nous laisser assister au meurtre d'une autostoppeuse, meurtre suivi d'un acte nécrophile avancé frontalement mais débarrassé de tout aspect glauque ou véritablement pervers.

Henry Lee LucasLe réalisateur préférera en effet insister sur la relation nouée par Henry avec cette Becky, la nièce d'Ottis (qui sera ici simplement un peu naïve alors que la vraie Becky était une attardée mentale), qui s'amourachera du tueur jusqu'à en mourir puisque le métrage élucidera l'introduction, pour laisser le final revenir brièvement sur le comportement de Henry après son arrestation, l'homme reconnaissant tous les crimes non résolus aux quatre coins des Etats-Unis, sans souci de vraisemblance pour se faire un nom et bénéficier de la largesse des rangers trop heureux de devenir eux aussi célèbres. Il faudra l'acharnement d'un procureur pour que Henry se rétracte, comme le sous-entendra une dernière séquence justificative et édifiante.

Henry Lee LucasLe réalisateur Michael Feifer affichera clairement sa volonté de revenir aux sources de la folie homicide de Henry Lee Lucas, avec cette évocation sordide et poignante de son enfance, pour ensuite s'intéresser le plus fidèlement possible à l'histoire réelle, quitte à éluder ce qui ne sera guère palpitant à l'écran (les mensonges de Henry), mais en insistant sur les protagonistes et les relations nouées, l'auteur oubliera quand même souvent ( et ce sera le seul reproche que l'on pourra faire au film) de s'intéresser au côté malsain et sauvage des crimes de Henry Lee Lucas, ici très (trop ?) peu visualisés et surtout de façon trop propre pour affecter le spectateur, ce qui ne permettra pas de donner forcément pleinement conscience de l'étendue des horreurs commises par le tueur, et ce même si son caractère nécrophile sera examiné et décrypté de manière explicite, mais toujours sans volonté réelle de choquer.

Henry Lee LucasCette approche sera également quelque peu pénalisée par une ambiance elle aussi trop propre notamment au niveau des personnages qui seront quand même décrassés et trop nets sur eux pour respecter pleinement la réalité, mais cela se fera au bénéfice d'un côté psychologique brillant et percutant pour amener le spectateur à découvrir en profondeur ce qui a façonné ce tueur en série roublard, nous impliquant de fait dans l'intrigue en laissant parler des émotions contradictoires et pas toujours aisées à maîtriser face à la condition de victime et de bourreau du personnage central, même si le final aidera à le replacer dans un contexte respectant plus facilement le contexte de ses crimes.

Henry Lee LucasL'interprétation est largement convaincante, Antonio Sabato Jr incarnant un henry tout à fait crédible et naturel qui sera entouré d'acteurs impliqués avec notamment une terrible Caia Coley jouant Violet, la mère de Henry, un surprenant bambin (Ezra Averill) pour tenir le rôle de Henry enfant et Kelly Curran qui imprimera une naïveté angélqiue au personnage de Becky, rendnant ainsi sa mort encore plus douloureuse et dramatique. La mise en scène de Michael Feifer est efficace pour tenir en haleine (avec juste ce passage clippesque pas franchement opportun apparaissant au milieu du métrage) tout en demeurant conventionnelle. Les effets spéciaux sanglants seront probants mais tout en n'ayant pas vraiment le temps de se laisser apprécier.

Henry Lee LucasDonc, ce Henry Lee Lucas se penchera de manière efficiente sur le cas de ce "serial killer" pour chercher à nous dépeindre en profondeur son malaise et les origines de sa folie, ce qui sera fera hélas quelque peu au détriment d'un aspect glauque et malsain régulièrement absents ou volontairement écartés pour leur préférer une approche psychologique moins facile mais ô combien frappante !

Pour ceux qui voudraient en apprendre davantage sur l'édition française du métrage en DVD ou en Blu-ray par Emylia, la présentation est disponible ici !

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18.01.10

07:20:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Bright star
Réalisatrice : Jane Campion
Durée du film : 1h59
Date de sortie du film : 6 janvier 2010

Avec : Fanny Brawne (Abbie Cornish) ; John Keats (Ben Whishaw) ; Monsieur Brown (Paul Schneider) ; Madame Brawne (Kerry Fox) ; Toots (Edie Martin) ; Samuel Brawne (Thomas Sangster).

Par Nicofeel

Réalisé par la néo-zélandaise Jane Campion, qui a obtenu la palme d'Or à Cannes avec La leçon de piano (1992) Bright star est une sortie de biopic sur la vie du poète romantique John Keats. Plus précisément, le film traite de la romance vécue entre John Keats et sa belle voisine. La cinéaste Jane Campion s'est pour cela servie de la biographie de John Keats et des poèmes de ce dernier.
Le film est un drame d'une puissance romantique comme rarement atteinte au cinéma. Le film, qui se déroule à l'époque où ont eu lieu les faits, à savoir au début du XIXème siècle, se focalise sur quelques personnages ce qui est suffisant pour nous faire comprendre les contraintes sociales de l'époque.
Ainsi, on met peu de temps à saisir qu'il n'est pas aisé, il est même interdit de s'intéresser à quelqu'un qui n'est pas de son rang et qui est surtout démuni d'argent. La belle Fanny Brawne (qui est jouée par une Abbie Cornish dans un rôle particulièrement tellement marquant qu'on en vient presque à souffrir pour elle tellement son amour est grandiose et sincère) vient d'une famille bourgeoise. Si le père est absent, cela n'empêche pas cette famille – la mère de famille et ses trois enfants, Fanny, l'adorable Toots et le jeune Samuel - de vivre dans des conditions globalement satisfaisantes avec plusieurs servantes. A l'inverse, John Keats est un poète pauvre qui provient d'un milieu social de basse condition et qui ne peut pas vivre décemment de sa passion car il ne sera reconnu le grand poète qu'il est actuellement qu'à titre posthume.
Dans ces conditions, il est bien difficile de déclarer son amour à l'autre lorsque les embûches sociales sont nombreuses. Pourtant, et c'est l'un des grands mérites du film, le fait d'indiquer qu'un amour avec un grand A est capable de déplacer des montagnes.
Du début à la fin, le très beau Bright star n'évoque que ce sentiment : l'amour pur, sincère et platonique qu'ont vécu John Keats et Fanny Brawne. Cet amour amène ces deux êtres à communiquer par le biais de lettres où chacun déclare sa flamme à l'autre dans avec une intensité tellement forte que le moindre mot mal interprété peut amener celui qui reçoit la lettre à se rendre malade.
Une des autres formes de communication, qui rappelle celle du très beau film suédois Morse, consiste pour les deux amoureux à se positionner de part et d'autre d'autre du mur qui les sépare et à poser sa main sur le mur, comme pour signifier à l'autre que l'on pense à lui à tout instant.

Il y a aussi les moments où John Keats lit des poèmes à Fanny Brawne. De ce point de vue, on appréciera également le fait que Fanny Brawne passe le plus clair de son temps avec John Keats, lorsque celui-ci travaille à la rédaction de ses poèmes.
Cette histoire d'amour est non seulement belle par sa thématique très forte, elle l'est par la mise en scène de Jane Campion. Sur un rythme lancinant qui nous fait succéder les saisons, la cinéaste dresse de véritables tableaux des saisons avec des couleurs éclatantes. Cette étoile brillante (Bright star, nom donné par John Keats à l'un de ses poèmes, en hommage à Fanny Brawne) est omniprésente par la délicatesse des couleurs vues dans le film. Plusieurs moments sont d'ailleurs mémorables, comme lorsque Fanny Brawne se rend avec John Keats et qu'ils s'embrassent pour la première fois ou encore lorsque John Keats se retrouve seul au dessus d''un arbre, particulièrement pensif. Le chef opérateur du film a fait un sacré travail dans le film, qui méritait d'être souligné.
Évidemment, comme le laisse entendre progressivement le film, on voit bien que la maladie de John Keats est grave et son destin inéxorable. La maladie va achever cette histoire d'amour passionnelle qui avait pourtant réussi à déplacer des montagnes, en faisant abdiquer la mère de Fanny Brawne, en lui faisant comprendre que cet amour est plus fort que cette société qui conditionne les gens. Ainsi, la belle jeune femme avait eu l'accord de sa mère pour se marier. Mais John Keats meurt de la tuberculose à l'âge de vingt-cinq ans. Cet amour demeurera malgré tout à jamais, prouvant la passion de Fanny Brawne et de John Keats l'un pour l'autre.
Lors du générique du fin du film, Jane Campion a eu la bonne idée de faire lire par son acteur jouant John Keats des poèmes de ce dernier (on regrettera seulement que les poèmes n'aient pas été sous-titrés, ce qui est parfois un peu gênant, à moins d'être anglophone). C'est une façon de rappeler que l'oeuvre de John Keats, qui n'a pas été reconnue lors de son vivant, le sera plus tard, faisant de lui un des plus grands poètes romantiques.
Ce film d'une grande beauté et d'un romantisme renversant sont là pour le rappeler.

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07:15:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Henry Lee Lucas
Henry Lee Lucas

Henry Lee Lucas, tueur en série certainement le plus célèbre des Etats-Unis avec Ed Gein, avait déjà inspiré de manière très libre John Mc Naughton pour son classique glauque Henry, portrait of a serial killer, et l’année dernière ce fut au tour de Michael Feifer de se lancer dans une adaptation des méfaits du meurtrier, cette fois-ci de manière bien plus fidèle et complète avec ce Henry Lee Lucas qui remontera notamment aux origines des troubles mentaux de Lucas, pour une œuvre qui arrivera directement en vidéo chez nous le 19 janvier sous l’égide d’Emylia avec une édition en DVD et une en Blu-ray.

Henry Lee Lucas

Le script va donc s’attacher à suivre le parcours sanglant et nécrophile d’Henry Lee Lucas, de son enfance maltraitée par une mère acariâtre et abusive jusqu’à sa rencontre avec Ottis Toole avec qui il va perpétrer toute une série de crimes, en passant par ses premiers démêlés avec la justice et ses mensonges relatifs à de nombreux meurtres qu’il n’aura pas commis mais avoués aux rangers texans l’ayant arrêté.

Henry Lee Lucas

Au lieu de rechercher simplement à mettre en avant les crimes et délits du "serial killer", le réalisateur Michael Feifer va profiter de l’opportunité donnée pour remonter aux origines de la folie de son personnage principal en insistant de manière terrible et dramatique sur la jeunesse de Lucas, rendant presque ce meurtrier sympathique face à une mère outrageante, ce qui ne manquera pas de créer un certain malaise chez le spectateur coincé entre des sentiments contradictoires, surtout que le métrage avancera quand même sans fard la réalité de certains crimes du tueur en série, certes sans verser véritablement dans le gore et en n'avançant que brièvement le caractère nécrophile du personnage, pour justement ce qui pourra être le seul reproche faisable au film, avec un caractère trop policé et trop "propre" pour les plans déviants et pour ces protagonistes décrassés, ce qui ne les empêchera pas de gagner en profondeur et de captiver sur la longueur !

Henry Lee Lucas

Le DVD édité par Emylia avancera une image en 1.78 (16/9 anamorphique), pour une bande-son disponible en français en DD2.0 et en anglais sous-titré en DD5.1 et en DTS.
Au niveau des bonus, seul un imposant et complet diaporama viendra prolonger la vision du film, ainsi que des commentaires audios.
L'édition Blu-ray du métrage présentera une image également en 1.78 (1080p/24) avec une bande-son en DTS HD pour reprendre les même bonus que l'édition DVD.

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Donc, à partir du 19 janvier, il sera possible de se replonger dans l'histoire du célèbre tueur en série évoquée ici de manière fidèle et foncièrement prenante !

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15.01.10

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Dracula's daughter

Avec ce Dracula’s daughter, le réalisateur espagnol Jess Franco va une nouvelle fois s'intéresser au mythe vampirique pour une exploration cette fois bien classique et qui ne parviendra pas à cacher le manque de budget alloué au métrage ni un scénario au abonné absent obligeant une improvisation qui se ressentira aussi bien au niveau d'un rythme défaillant que dans l'enchaînement aléatoire des différentes séquences, formant ainsi un ensemble éthéré mais hermétique heureusement sauvé par un érotisme bien présent mais jamais salace ou vulgaire et magnifié une nouvelle fois par le réalisateur.
Le script va voir la descendante des Karlstein revenir dans sa famille au chevet de sa mère mourante, pour entendre celle-ci lui révéler un secret précieusement gardé concernant ses ancêtres, des vampires, et lui remettre la clef d'une crypte où repose le dernier buveur de sang encore en "vie".

Dracula's daughterJess Franco va commencer le métrage en laissant flâner sa caméra autour de cette falaise d'où émergera un château, laissant une voix-off nous conter très brièvement son histoire impliquant la présence en ces lieux du comte Dracula et la terreur qu'il fît régner, terreur aujourd'hui reléguée au rang de légende, à moins que… Et justement, la séquence suivante va voir un mystérieux individu, uniquement présenté par des gros plans sur son œil, en pleine observation d'une demoiselle se croyant seule chez elle et qui va s'apprêter à prendre un bain, nous proposant ainsi une première séquence porteuse d'un léger érotisme basé sur l'effeuillage jusqu'à ce que l'inconnu pénètre ouvertement dans cette salle de bains, provoquant les cris de l'infortunée jeune femme.

Dracula's daughterSi cette introduction restera linéaire et même prometteuse en plaçant un petit suspense qui ne sera pas sans rappeler le "giallo" dans l'agencement des plans en caméra subjective, la suite fera progressivement déchanter. En effet, nous ferons alors connaissance des descendants des Karlstein, rassemblés autour de Madame Karlstein sur le point de mourir et attendant l'arrivée de sa fille Luisa, sans que chacun de ces personnages ne trouve d'entrée sa place ou soit nommé. Luisa finira par arriver et la mourante voudra s'isoler avec elle pour lui révéler un terrible secret concernant la famille, les Karlstein étant pour certains des vampires, tout en lui indiquant où se trouve la clef d'une crypte placée sous une chapelle que Luisa se doit d'aller visiter.

Dracula's daughterL'intrigue avancera alors d'autres personnages en se positionnant rapidement dans une auberge tenue par Ana, la compagne du secrétaire des Karlstein, Cyril Jefferson, avant de laisser la police découvrir sur la plage le cadavre de la victime vue en introduction, permettant ainsi à l'inspecteur Ptuschko de commencer une enquête, bien vite rejoint par un journaliste, Charlie, désireux d'en savoir plus sur ce crime que certains attribuent déjà au vampires qui seraient de retour dans la région. Mais hélas, la suite deviendra très vite nébuleuse et décousue, pour d'abord laisser Luisa visiter cette chapelle et cette crypte où reposera deux cercueils dont un s'ouvrira pour laisser un vampire venir hypnotiser Luisa, tandis qu'après le mystérieux individu tout de noir vêtu de l'entame du film va venir effrayer Karine, la cousine de Luisa, dans sa chambre, et que l'actuel comte Karlstein s'entretiendra avec son secrétaire, un fervent croyant en l'existence des vampires, avant de se rendre dans un cabaret pour assister à un spectacle sensuel exécuté par une demoiselle qui trouvera ensuite la mort, tuée par l'assassin désigné du métrage.

Dracula's daughterS'ensuivra un mélange d'enquête policière menée conjointement par l'inspecteur Ptuschko et le journaliste qui n'hésitera pas à entrer par effraction chez les Karlstein dans le but de découvrir des indices, ce qui aura pour effet de venir placer l'actuel comte Karlstein en position de suspect que révélation guère probable mais grinçante viendra disculper, tandis que nous suivrons parallèlement Luisa, nouvellement vampirisée et qui se lancera dans une relation saphique avec sa cousine et qui apportera au vampire de la crypte des proies en la personne de jeunes femmes ramassées ici ou là dans l'entourage des personnages secondaires du film.

Dracula's daughterHélas Jess Franco ne semblera pas franchement concerné par son intrigue qu'il développera quand même n'importe comment, au gré de séquences sans rapports ni raccords entre elles, délaissant même la partie "giallesque" du métrage en cours de route au profit de situations mettant en avant Luisa par un érotisme cette fois largement plus appuyé dans une démarche progressiste qui trouvera son apothéose lors d'un second ébat saphique mortel pour la pauvre Karine, tandis que cette enquête policière, outre le fait qu'elle abandonnera la partie principale avec cette fausse piste flagrante n'aboutira à rien de concret pour laisser le secrétaire du comte trouver lui-même la solution lors d'un final quand même bâclé.

Dracula's daughterEn plus, les protagonistes évolueront sans réelle présentation, ce qui aura pour effet de détourner l'attention du spectateur qui cherchera à décrypter les devinettes de Jess Franco au jeu du "qui est qui" pour espérer enfin replacer chacun dans son contexte, ce qui se fera heureusement par bribe mais certainement trop tard pour garantir une quelconque implication dans une intrigue déjà bien obscure et chargée en ellipses fatales qui donneront l'impression d'une gratuité apparente de certaines séquences (le cabaret notamment) et surtout d'une improvisation certes coutumière chez Jess Franco mais qui ici trouvera des répercussions dommageables pour l'ensemble.

Dracula's daughterPar contre, dès qu'il s'agira de nous livrer des séquences érotiques, le réalisateur retrouvera son art d'agencer des scènes de toute beauté pour magnifier ses splendides actrices qui évolueront dénudées avec un naturel convaincant et charmant, créant même des parallèles plaisants, mais sans qu'ici Jess Franco se laisse aller puisque jamais ces plans osés ne lorgneront vers le "hardcore" ou se montreront salace ou trop poussés, et ce même si les zooms et autres gros plans ne seront pas oubliés pour au contraire être traités avec une certaine grâce et avec un sens esthétique plus qu'évident qui compensera quelque peu cette tendance de l'auteur à quitter le cadre de référence pour partir filmer tout et n'importe quel détail sans intérêt.

Dracula's daughterLes personnages resteront dans un tel contexte superficiels et guère travaillés, même si une séquence du final arrivera à trouver une ampleur dramatique mélancolique dans la relation du secrétaire et de sa compagne, tandis que l'aspect vampirique pur et issu du folklore du mythe sera dangereusement restreint, le vampire de la crypte ne pouvant apparemment pas la quitter, limitant ainsi de fait ses apparitions devant la caméra, ce qui sera également ennuyeux puisqu'il sera interprété par le grand Howard Vernon ici carrément sous-exploité et plus proche de la figuration,et alors que les décors de la crypte arrivaient pourtant à créer une certaine ambiance.

Dracula's daughterLe reste de l'interprétation sera assez cohérent, avec une Britt Nichols (notamment vue dans Die nonnen von Clichy toujours de Jess Franco) charmante et crédible qui sera accompagnée dans l'érotisme par Anne Libert (elle aussi ayant travaillé régulièrement pour Jess Franco), tandis que nous retrouverons le compositeur attitré du réalisateur, Daniel White, dans le rôle de l'actuel comte Karlstein, Jess Franco se réservant comme régulièrement un rôle qui ici sera quand même terne. La mise en scène du réalisateur aura du mal à pérenniser un rythme qui sombrera de manière récurrente à cause de scène de dialogues à l'utilité limitée, tout en portant les stigmates des habitudes de l'auteur, entre ces zooms intempestifs et ces gros plans curieux ou érotiques.

Donc, avec ce Dracula’s daughter Jess Franco signera une œuvre à la faiblesse trop apparente pour réellement séduire, mais tout en étant sauvé du désastre par cet érotisme élégant et charmant !

Dracula's daughterLe DVD de zone 2 anglais édité par Redemption films avancera une image guère débarrassé des ses petits défauts d'origine, tandis que la bande-son sera efficace, grâce notamment à une partition musicale dynamique et tonitruante, le métrage étant ici proposé dans sa version française avec des sous-titres anglais optionnels.
Au niveau des bonus, on pourra suivre une galerie de photos étendue et largement conséquente, complétée par une galerie de deux affiches et la bande-annonce française du film, laissant des bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur et une promo musicale clore ces bonus restreints mais plaisants.

Pour ceux qui voudraient se laisser tenter par cette nébuleuse historie de vampires érotiques, le DVD de zone 2 anglais est dsiponible ici ou !

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14.01.10

07:25:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Nicore

Smash cut

Aussi bien critique satirique envers le monde du cinéma en général (où tout le monde en prendra pour son grade, spectateurs compris) que parodie sanglante glorifiant l’esprit du cinéma d’exploitation "grindhouse" des années soixante-dix, ce Smash cut fera en outre preuve d'une belle inventivité pour illustrer son sujet décapant quelque part calqué sur le Color me red blood d'Herschell Gordon Lewis, ce qui ne sera certainement pas un hasard, le métrage étant justement dédié au réalisateur culte inventeur du gore à l'écran et qui nous gratifiera de sa présence le temps d'un caméo souriant.
Le script va suivre la déchéance d'un obscur réalisateur de film d'horreur à petit budget lassé des mauvaises critiques reçus, notamment à l'encontre de ses effets spéciaux plus que foireux et qui va se mettre à utiliser de vrais cadavres et du vrai sang pour améliorer son art.

Smash cutD'entrée, le métrage va se livrer à un hommage vibrant au réalisateur Herschell Gordon Lewis en laissant le bonhomme nous lancer un avertissement concernant l'aspect graphique de Smash cut, avertissement énoncé seulement pour la quatrième fois dans l'histoire du cinéma, mais étant bien entendu ici à prendre au second degré comme un "gimmick" d'antan ressuscité par le réalisateur qui va ensuite continuer dans cette voie pour nous laisser découvrir en même temps que les spectateurs d'un cinéma (reprenant ainsi le principe usuel du "film dan le film") un bien mauvais film d'horreur appelé "Terror toy" au travers d'une scène ridicule au cours de laquelle une psychiatre ayant conspué un patient croyant à l'existence d'un clown tueur va se retrouver confronté à cette marionnette qui va la tuer à grands coups de stylo plume et notamment dans l'œil, ce qui occasionnera un effet spécial définitivement raté, au point que les spectateurs vont progressivement quitter la salle en demandant à être remboursé, sans se douter que le réalisateur, Able Whitman, est présent en anonyme dans la salle.

Smash cutCette introduction rendra un hommage rigolard aux films d'horreur de seconde zone en en accentuant ouvertement les défauts pour mieux ensuite laisser s'exprimer la mélancolie rageuse du cinéaste incompris et croyant à ses films qui sera se retrouver seul dans la salle, outré par la réaction du public et qui ira noyer son chagrin dans un club chaud où en plus il va lire dans un journal une critique le descendant sans fioriture. Il ne trouvera du réconfort que dans les bras de Gigi Spot, une prostituée notoire avec qui il va quitter le club, croyant avoir enfin trouvé sa muse capable de lui insuffler l'inspiration pour son prochain long métrage. Mais hélas ils vont avoir un accident de voiture qui va coûter la vie à la belle, laissant le réalisateur nous gratifier d'une pose mortelle impayable pour la victime que Able va décider de cacher dans son coffre.

Smash cutLe lendemain, alors qu'il sera toujours taraudé par ces critiques assassines qui vont hanter son esprit, Able va se rendre sur le lieu de tournage de son film pour y découvrir ses assistants préparant un effet spécial encore plus pourri que ceux vu auparavant, ce qui va déclencher une fureur chez l'auteur alors qu'il va avoir une idée macabre, se servir du corps de Gigi pour sa prochaine séquence sanglante. Cette mise en scène sera du goût de ses producteurs qui vont forcément trouver ses rushs d'un réalisme saisissant mais ne pouvant se resservir du corps de Gigi, Able va devoir trouver d'autres cadavres pour ses prochaines scènes. Il va donc en profiter pour régler ses comptes avec les gens du milieu et personne ne sera épargné, la critique l'ayant descendu ou encore un des producteur voulant le commander en l'intimidant pour qu'il engage un gamin de ses connaissances pour son film, avant que sa folie meurtrière ne le pousse à massacrer tout le monde.

Smash cutMais pendant ce temps-là, April, la sœur de Gigi travaillant pour une chaîne de télévision locale, va se mettre en tête de retrouver sa sœur disparue et pour ce faire va engager un détective privé, le faussement maniéré Isaac Beaumonde avec qui elle va mener l'enquête pour rapidement resserrer l'étau autour d'Able. Et afin d'en apprendre plus sur ce suspect, April va réussir à se faire engager sur le tournage de "Terror toy 2" et ainsi se retrouver au milieu des montages macabres d'Able, sans qu'elle se doute des manigances du réalisateur jusqu'au dernier acte lui aussi respectueux d'un certain cinéma en avançant notamment parmi ses situations la découverte d'un chef d'œuvre oublié et présumé perdu qu'Able va vouloir projeter à des fins inavouables et croustillantes, laissant alors un final certes attendu mais volontaire et savoureux clore le métrage de manière probante et encore prolongée apr un bêtisier qui accompagnera le générique final.

Smash cutLe réalisateur canadien Lee Demarbre se servira copieusement de son intrigue pour fustiger franchement et ouvertement le monde du cinéma, qu'il jugera corrompu par les critiques, les producteurs uniquement intéressés par leurs investissements et même les spectateurs pointilleux et intransigeants, et mais ce sera sur un ton toujours sarcastique et humoristique que l'auteur va démontrer tout ce petit monde qui gravitera autour de son personnage principal illuminé en lui offrant des victimes toutes désignées, pour même se permettre de se gausser du cinéma d'auteur ici explosé au travers de cette prétendante à une subvention convoitée par Able et qui finira évidemment mal.

Smash cutMais Lee Demarbre ira plus loin pour également porter un regard chargé d'une certaine tendresse sur ce réalisateur décrié et conspué qui malgré tout va croire en son œuvre contre vents et marées, quitte à se servir de son propre sang pour fignoler ses effets spéciaux, et dont les meurtres commis seront quelque part en partie justifiés par l'aspect guère reluisant des victimes, surtout pour les premières dont la mort sera rendu jouissive et libératrice. Le réalisateur laissera également son amour du cinéma-bis et de ses artisans s'exprimer au travers de personnages secondaires qu'il affectionnera comme ce cadreur émérite et fidèle à Able ou encore ce scénariste dévoué qui participera sans le savoir à aider Able à masquer ses crimes. Par contre, le détective privé sera présenté sous un jour foncièrement et délibérément ironique et moqueur, pour ainsi confirmer encore l'humour dévastateur accompagnant l'ensemble du film.

Smash cutLe métrage se parera aussi d'une belle imagination pour avancer ses séquences de meurtres, laissant par exemple Able se servir d'un clap de cinéma armé de dents pour attaquer et décapiter la critique aigrie qui servira de première réelle victime, tandis qu'ensuite certaines mise à mort resteront en adéquation avec la profession des différentes proies d'Able, ce qui laissera Lee Demarbre nous gratifier de plans sanglants volontaires, graphiques et généreux en hémoglobine pour même parfois tourner au carnage pur avec ces morceaux humains épars, sans pour autant que ces séquences deviennent dérangeantes car étant toujours agencées sur un ton humoristique et dédramatisant les exactions du personnage principal.

Smash cutL'interprétation est ici convaincante dans un surjouage délicieux, avec notamment David Hess qui s'éclatera dans le rôle d'Able, laissant plusieurs figures du genre venir tenir des seconds rôles ou des caméos, Herschell Gordon Lewis bien sûr, mais aussi Michael Berryman qui nous offrira une prestation bien barrée ou encore Ray Sager, vieux compagnon de route d'Herschell Gordon Lewis qui tiendra ici le rôle d'un prédicateur peu reluisant, tandis que l'actrice issue du "hardcore" Sasha Grey livrera une prestation habillée et ne versant pas franchement dans l'érotisme. La mise en scène du réalisateur est efficace pour conserver un rythme constant, tout en jouant habilement avec ses effets de caméra pour par exemple régulièrement se mettre à la place de celle d'Able pour des plans marqué et rayés dans la tradition ou encore pour utiliser les artifices chers au cinéma "grindhouse", telle cette séquence vécue sur un même plan du point de vue du tueur et de sa victime. Les effets spéciaux sont plutôt probants pour verser dans un gore graphique et outrancier, même si certains d'entre eux demeureront quand même assez ratés (l'énucléation des yeux).

Smash cutDonc, ce Smash cut s'avérera être une excellente surprise en hommage respectueux à tout un pan de cinéma de seconde catégorie qui sera traité amoureusement, laissant la critique ouverte du monde du cinéma d'aujourd'hui venir encore renforcer ce sentiment, sans que le métrage néglige pour autant un humour ironique et sarcastique qui s'immiscera dans toutes les situations ou encore un aspect sanglant bien présent !

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur l’édition française du film en DVD ou en Blu-ray par Emylia, leur présentation est disponible ici !

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13.01.10

07:20:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Smash cut
Smash cut

Enorme hommage au cinéma d'horreur de seconde zone sous forme de comédie horrifique inventive doublée d'une critique sarcastique sur le monde du cinéma, ce Smash cut aura également de quoi surprendre par son interprétation composée de personnalités du genre horrifique, entre David Hess, Michael Berryman ou encore Herschell Gordon Lewis. Et c'est directement en vidéo que le métrage débarquera chez nous le 19 janvier prochain en DVD et en Blu-ray sous l'impulsion de l'éditeur Emylia qui nous permet une fois encore de découvrir dans de bonnes conditions un inédit savoureux.

Smash cut

Le script va mettre en scène Able Whitman, un réalisateur de film d'horreur dont le dernier film a été démoli par les critiques, allant se ressourcer dans une boite de strip-tease où il rencontre une go-go-danseuse qu’il convainc sans problème de jouer dans son nouveau projet. Malheureusement, roulant en état d'ivresse avec la demoiselle qu'il pensait emmener chez lui, il se crashe et la jeune fille perd la vie. Il décide alors de cacher le corps de la malheureuse sur le plateau de tournage de son nouveau film d’horreur et surtout de s'en servir pour réaliser des effets spéciaux réalistes, contrairement à ceux de ses précédents métrages… Ce sera le début d'un massacre frappant dans l'entourage d'Able qui va tuer pour, tout en se vengeant, continuer à réaliser son film qui veut marquant !

Smash cut

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le réalisateur canadien Lee Demarbre a parfaitement gagné son pari avec ce Smash cut qui saura se montrer aussi sarcastique dans sa critique du monde du cinéma que plein d'affection pour son personnage principal conspué par les critiques et les spectateurs, le tout baignant dans une ambiance en hommage au cinéma horrifique d'exploitation (notamment au niveau de la mise en scène) sans pour autant lésiner sur le gore qui sera bien présent pour suivre les meurtres inventifs de ce réalisateur allumé, l'ensemble bénéficiant d'un humour ironique excellent et jamais répétitif et d'une interprétation surjoué savoureuse dominée par un David Hess en grande forme et par l'actrice issue de l'univers du "X" Sasha Grey (sans que l'érotisme ne vienne envahir l'écran que pouvait le laisser penser l'affiche du film !).

Smash cut

Le DVD édité par Emylia avancera une image en 1.78 (16/9 anamorphique), tandis que la bande-son sera disponible en français en DD2.0 et en anglais sous-titré en DD5.1 et en DTS.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un vrai making-of débarrassé de tout ton promotionnel et retraçant avec humour et humilité l'intégralité du projet, quelques scènes coupées ou rallongées valant globalement que l'on s'y arrête, le journal vidéo de Sasha Grey, certes quelque peu redondant ave le making-of mais méritant évidemment un coup d'œil.
L'édition en Blu-ray du film présentera une image en 1.78 (1080P/24) pour une bande-son en français et en anglais sous-titré en DTS-HD, les bonus demeurant identiques à ceux du DVD.

Smash cut

Donc, il ne reste plus qu'à patienter jusqu'au 19 janvier pour pouvoir découvrir cette comédie horrifique référentielle largement savoureuse, drôle et respectueuse d'un genre traité avec une tendresse évidente !

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Smash cut (Blu-ray)

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Permalien 559 mots par nicore, 1753 vues • 2 retours

08.01.10

08:00:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’après une entame prometteuse, le mois de décembre qui vient de s’achever aura été largement décevant au niveau des sorties de titres fantastiques et horrifiques, les éditeurs ne voulant certainement pas lâcher des œuvres au moment des cadeaux de Noël, privilégiant ainsi de fait les nombreux coffrets sortis en octobre et en novembre.

Phantom of the paradise
Phantom of the paradise

Malgré cela, Opening aura profité de la fin d’année pour nous gratifier d’une édition "ultime" du classique Phantom of the paradise de Brian De Palma avec de nombreux bonus aussi bien en DVD qu'en Blu-ray, nous offrant ainsi l'opportunité de redécouvrir les déboires musicaux de Winslow Leach au "Paradise".

Boulevard de la mort
Planète terreur

Toujours au chapitre des ressorties, TF1 Vidéo proposera le diptyque "grindhouse" de Quentin Tarantino et de Robert Rodriguez, Boulevard de la mort/ Planète terreur, en Blu-ray, tandis qu'Universal laissera l'excellent Le loup-garou de Londres revenir sur le devant de la scène avec un édition "collector" au second disque barbé de bonus inédits.

House
Colic

Au niveau des titres inédits vidéo, Elephant Films a mis sur le marché le House de Robby Henson avec Michael Madsen pour une intrigue lorgnant quand même avec le "torture-flick" à twists répétitifs, ainsi que Colic et son bébé aux prises avec une prophétie effroyable.

1942
7eventy 5ive

De son côté, Emylia a continué de nous surprendre, avec notamment 1942 déjà traité ici et critiqué , mais aussi avec 7eventy 5ive et son psychopathe sournois.

Summer's blood

Free Dolphin donnera sa chance à Summer's blood et sa demoiselle confrontée à une famille de meurtriers bien vicieux utilisant leur cave d'une manière particulière.

Dead snow

Et enfin, le meilleur titre sorti au cours de ce mois sera sans aucun doute le très sympathique Dead snow du norvégien Tommy Wirkola et ses zombies nazis déjantés que Wild Side nous a offert comme cadeau de fin d'année, le film ayant déjà été évoqué dans une autre édition en zone 0 ici !

Et ce sera tout pour ce mois de décembre bien décevant, qui on l'espère sera vite effacé par un mois de janvier qui s'annonce heureusement déjà plus chargé !

Phantom of the paradise - Edition collector / 2 DVD

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Phantom of the paradise (Blu-ray)

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Boulevard de la mort (Blu-ray)

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Le loup-garou de Londres - Edition collector / 2 DVD

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House (2008)

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1942 (Blu-ray)

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Dead snow

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07.01.10

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Cole

Hellraiser 2 Affiche France

Jaquette Edition DvdalauneLes Informations du film : Sortie au Cinéma en France le 5 Juillet 1989 réalisé avec un budget de 2 millions $. Genre : Horreur, interdit aux moins de 16 ans au cinéma (Version non Censuré 1h39) et interdit au moins de 12 ans en Dvd (Version Censuré 1h29), Entrées en Salles 11 500 spectateurs en France et environs 1 500 000 aux USA.

Histoire du Film : Lors de sa sortie en France, la distribution en salle fut catastrophique,boudé par les exploitants pour son caractère très malsain et violent ce film ne sortira que dans un nombre très limité de salles et il ne restera qu'une semaine à l'affiche au cinéma en France. Ce film est sortie en France au cinéma dans sa version non censurée puis dupliquée à l'identique sur les anciennes Vhs, mais cette version disparaît lors du passage au Dvd, une des scènes est jugée trop violente et inutile ce qui défigure totalement le film l'ayant vu à l'époque en Vhs, car il s'agit de scènes évidemment cultes du film compte tenu de la faiblesse du reste... Andrew Robinson (Larry) refuse le rôle en invoquant le fait que le scénario est écrit à la va vite et de façon bâclée, ce qui explique en partie l'aspect confus et les flashbacks vers Hellraiser 1. Concernant les scènes «Cuts», il existe la scène du fou en bien plus gore, des atrocités de Julia et une scène de nu, le flashback de la jeune fille Tifany, une scène en enfer avec Kirsty, le Docteur Chanard qui coupe une main au rasoir, une mort différente de Pinhead, et une scène que vous ne trouverez nulle part avec Le lieutenant Spencer (Pinhead) en Docteur qui opère pendant la guerre mais seule Paramount possèderai l'originale de 1h39... Et enfin il existe aussi un documentaire nommé Hellbound : Hellraiser 2 - Lost in the labyrinth de 20 minutes réalisé par Clive Barker intégré dans quelques éditions collectors mais à priori aussi très décevant...

Jaquette Edition Europa CorpRésumé du Film Édition DvdalaUne : Pour Kirsty Cotton, le cauchemar est sans fin... Internée dans un hôpital psychiatrique, elle tente d'oublier les innommables meurtres perpétrés par sa belle mère Julia. En écoutant son récit le Docteur Chanard va enfin réussir à accomplir son rêve : résoudre le secret de la boite maléfique qui ouvre les portes du plaisir et de la douleur.

Résumé du Film Édition Europa : Idem sauf que boite est remplacé par bête ? Ce qui donne «le secret de la bête maléfique...»

Le Graphisme des 2 Jaquettes : L'édition Europa se démarque par une affiche totalement inédite très réussie mais qui reprend encore la mention Clive Barker's alors qu'il n'est que le co-producteur ou producteur exécutif (Conseillé), mais peut être a t'il racheté les droits de ce film... Tandis que l'affiche Dvdalaune se contente d'une reprise de l'affiche Anglaise, alors que l'affiche cinéma française de l'époque était assez unique (Voir en haut) ! Concernant l'arrière bien plus d'images du film sur la version Dvdalaune, et la version Europa bien pauvre ajoute même une image de la version non censuré du rasoir absente du dvd...

Différences entre les textes des 2 Jaquettes : Édition Europa Corp a quelques erreurs flagrantes, tout d'abord sur la durée du film, il est mentionné 1h39 ce qui peu laissez croire qu'on est face à la version non censurée alors que le film proposé sur le Dvd est de 1h29 en version censurée, une autre erreur de taille à l'arrière les crédits mentionnent une réalisation par Clive Barker alors que le vrai réalisateur est Tony Randel. Mais épargnée de la promotion véritablement exagérée à l'arrière de l'édition Dvdalaune.

Récompenses : Academy Us Award Best Music pour Christopher Young, nominé aussi aux Us Award pour le meilleur film d'horreur et la meilleure Actrice.

La Traduction de Hellbound est : lié à l'enfer ou, à destination de l'enfer.

Affiches Divers 1

L'équipe du Film : Le Producteur et assistant réalisateur c'est Christopher Figg (Hellraiser 1,3, Trainspotting), La réalisation et le montage de Tony Randel déjà au montage d'Hellraiser et scénariste du 3, La coproduction et le scénario de Clive Barker (Nightbreed, Lord of Illusions) adapté pour le film par Peter Atkins (Hellraiser 3,4 et Wihmaster 1,2,3,4), Aux effets spéciaux Graham Longhurst (Elephant Man, Highlander...), et la musique de Christopher Young (Ghost Rider, Jusqu'en Enfer, Spider-Man 3, The Grudge 1&2, La Mutante, Hellraiser, Freddy 2...).

Les Acteurs du Film : Clare Higgins déjà choquée par le 1er refusera de nombreuses scènes dans ce film, Ashley Laurence reprend le 1er rôle plus pour son organe vocal que pour son talent, Kenneth Cranham connu pour ses innombrables petits rôles dans les series Tv comme Imogen Boorman, William Hope et bien sur Doug Bradley le chef des cénobites. J'en profite pour donner la définition d'un cénobite, il s'agit d'un moine qui vit en communauté pour sa communauté, ca vient des mots grecs koinos qui signifie « en commun » et bios qui signifie « vie ».

Affiches Divers 2

Mon Avis : Un film qui d'une version d'origine moyenne, se retrouve amputée à l'opposé de l'attente des spectateurs et finira par rendre cette suite totalement insipide malgré quelques détails qui apparaissent intéressant après l'avoir vu et revu une bonne dizaine de fois, et après avoir oublié qu'il s'agit d'une suite sans intérêt, on se penche enfin sur le coté de l'histoire, mais forcement déçu si vous avez vu l'original en non censuré... Pas facile de comprendre ce nanars ! En tout cas ayant déjà fait la critique de l'édition Dvdalaune ici, je vais critiquer le film de la nouvelle édition Europa... Il n'y a aucune différence entre les 2 films il s'agit de la même version à la seconde prêt de 1h29,07, la différence ce fera très légèrement sur l'aspect du film, car la version Europa un tout petit peu plus lumineuse, et elle a l'air aussi un peu plus stable, ainsi que légèrement nettoyée de ses quelques taches... Mais il y a vraiment une infime différence ! (Dvdalaune à gauche et Europa à droite).

Comparaison des 2 Editions (Dvdalaune à gauche, Europa Corp à droite)

Hellraiser 2 Image 1Le Film : Réalisé peu de temps après le 1er, ce film est de retour avec le même générique au thème démoniaque et de longue durée (2'), puis le film commence de façon étrange, on retrouve le personnage Pinhead dans sa forme humaine avant qu'il n'ouvre le cube, ce qui se démarque énormément du 1er volet, une sorte d'interlude sympathique pour démarrer cette suite, et qui surtout opère un lien judicieux de la transformation de Pinhead, et bien évidement du coté violent fidèle au film Hellraiser... Puis égale au concept du 1er, le film opère une transition avec un effet sympathique, qui nous amène vers le personnage de Kirsty (appelée Christine dans cette version), car les zooms sont cette fois-ci de la partie !

Hellraiser 2 Image 2L'histoire nous ramène quelques heures seulement après le 1er, Kirsty maintenant internée est interrogée sur les évènements, pendant que les policiers enquêtent dans la maison ou s'est déroulé la 1ere aventure, toujours avec des transitions confuses, et suivant parfaitement les bases du 1er. Pourtant l'esthétisme de cette suite est nettement plus riche. L'histoire est donc claire et linéaire, avec une autre transition afin de situer le contexte du film vers les autres personnages, le docteur et son assistant, lors d'une scène excellente pour ce genre de film. Les dialogues ont aussi plus de corps opérant toujours la continuité avec le 1er lors d'une brève rencontre entre Kirsty et le Docteur.

Hellraiser 2 - Image 3Le sujet est alors bien avancé lorsque le cube réapparait sous la forme d'un casse tête en bois dans les mains d'une jeune fille, car le rythme est assez vif et l'atmosphère ne tarde pas à reprendre le coté malsain et troublant de la série. Un épisode riche en personnages, la tension monte avec une scène culte lors de la réapparition de Larry en bien mauvaise posture, repris sur l'affiche Française de l'époque et introduisant le coté mystérieux du film. Coté mystère un personnage se démarque rapidement c'est le Docteur qui à l'air assez suspect, notamment lors de la scène assez troublante dans le sous sol de l'asile qui tout comme l'opération est assez inattendue et originale pour l'époque du film. Puis la scène de l'entretien entre Kirsty et le Docteur avec un résumé en forme de longs flashbacks des cotés malsains mais biens décevants du 1er, avec quelques plans inédits sur la fin des images qui clôture de façon peu originale cette pourtant sympathique 1ere partie...

Hellraiser 2 - Image 4C'est alors qu'on entre dans le vif du sujet, avec ce Docteur pour le moins énigmatique qui livre enfin son secret, et toujours avec un rythme très vif dans des décors et des dialogues biens plus intéressants que le 1er baignant dans une atmosphère assez violente et mystérieuse avec la scène censurée du fou, qui permet une transition extrême et pertinente permettant de revenir à la base du concept développé dans le 1er soit un retour très impressionnant à la vie, lors d'une longue scène assez violente... De là, le film opère un tournant bien plus violent, notamment grâce a l'arrivée de cette créature extrêmement bien faite. Puis son arrivée donne lieux a toute l'attention du film, jusqu'au retour d'éléments assez troublant entre la créature et le médecin lors d'un scène assez délirante et saignante !

Hellraiser 2 - Image 5La transition s'opère dans une ambiance assez intense et l'histoire reste assez surprenante, car le combat recommence pour Kirsty alors que l'on assiste au retour fracassant de la nouvelle créature et surtout de son appétit lors de sa «régénération», une histoire donc assez similaire au 1er mais avec une mise en scène, des détails, et des éléments bien plus sophistiqués. Pourtant le retour sous la forme humaine de la créature est de bien courte durée, mais qui ne laisse aucun suspense sur ses intentions lors de la scène assez violente du grenier. Toutefois le rythme effréné commence a s'essouffler car les évènements sont si nombreux que le film commence à devenir de plus en plus confus, voir trop confus puisque l'on ne sait plus très bien qu'elle est le réelle intérêt de cette enchainement de scènes assez violentes... Cette 2ème partie sur le retour, touche à sa fin à la mi-film avec la rencontre entre Kirsty et les autres personnages.

Hellraiser 2 - Image 6Car maintenant le cube est de retour, et il ne tarde pas à être ouvert pour cette nouvelle transition car les histoires semblent maintenant se rejoindre, et prendre une nouvelle direction avec l'ouverture du cube lors d'une longue scène assez classique, signant aussi le retour des cénobites qui ne tardent pas eux non plus à réapparaitre furtivement et de façon toujours aussi délirante. Puis le film prend une nouvelle direction car ce ne sont pas les cénobites qui intéresse mais le passage qu'ouvre le cube, on rentre alors dans une autre dimension bien étrange avec une débauches d'images troublantes mais assez légère et assez éloignées de la série hormis les quelques passages avec les 2 personnages du 1er, mais des effets, des décors, et une histoire bien légère...

Hellraiser 2 - Image 7On rentre alors dans une partie à mon avis bien étrange pour la série avec un dieu présenté dans une forme bizarre et de manière peu convaincante avec des flashbacks dans le film, et surtout sans liens avec le concept du début hormis la scène très légère de la «création» d'un cénobite mais toujours peu crédible face au reste de la série, et toujours de façon vraiment très confuse. Un peu à l'image de la phrase de Kirsty à la fille Tifany présenter comme orpheline qui lui dit dans le passage «Je veux que tu rentre chez ta mère». Bref depuis l'entrée dans le passage il ne c'est pas passé grand chose on à l'impression d'être dans un clip vidéo sans queue ni tête. Alors que le passage et une nouvelle rencontre entre Kirsty et son Oncle fait un jolie clin d'œil saignant au 1er et semble finir cette partie sans intérêts.

Hellraiser 2 - Image 8On se retrouve alors dans une partie conventionnelle à ce style de films, soit "les gentils contre les démons". C'est alors que contre toute attente réapparait le fameux docteur devenu un terrible Cénobite alors que l'histoire semble repartir lors du combat assez rapide qui oppose Kirsty dans le tunnel, avec un bref retour au calme alors que le film est belle et bien partie vers le dénouement continuant le déchainement de scènes troublantes et violentes. Puis c'est enfin la scène culte du combat des cénobites aux dialogues et aux apparences excellentes, et qui prend une tournure bien sympathique... Alors que le Docteur met à rude épreuve le chef des cénobite de façon très mystérieuse pour la série mais avec un certain humour «Je prend en main cette opération...».

Hellraiser 2 - Image 9On se dirige à présent vers la fin du film, lors d'un ultime retour dans le passage afin de terminer le Puzzle de la boite dans un ultime combat... Toujours aussi rapide avec des effets et un concept aussi légers que toute cette partie, à l'image des dernières images à mourir de rires lorsque le masque tombe ! En clair un film fortement décevant et fortement répétitif, avec une 1ere partie juste acceptable et une 2eme partie qui gâche tout, inexistante ce qui donne un résultat d'ensemble bien en dessous de la moyenne de ce qu'on est en mesure d'attendre de ce genre de film, malgré les efforts dans la violence, elle apparaîtra malheureusement à mon sens sans intérêts et donc totalement insipide, sans parler des nombreux plans bâclés et le manque de consistance d'une histoire qui tient la route qu'à de trop rares moments du film... Un film qui finalement suit la tendance en cette fin des années 80 d'un genre qui s'essouffle en pleine perte de vitesse faute d'originalité ! Son unique intérêt étant de faire partie de la Saga des Hellraiser...

Les Serigraphies des 2 DVD (Dvdalaune à gauche et Europa Corp à droite)

Caractéristiques Techniques :

L'Image : Concernant le Format du Film, il est identique pour les 2 Dvd soit le format original du cinéma 16/9eme avec un ratio de 1,77, pour la dimension exacte de l'image du film présenté sur les Dvd est identique avec 711x575 pixels ce qui est une excellente taille, ce qui explique aussi l'excellente restitution de la qualité de l'image. Mais aussi grâce au coté très esthétique du film pour son époque et du traitement qui à su conservé parfaitement la qualité de la version cinéma...

Menu Audio édition DvdalauneLe Son : Coté technique même si les 2 jaquettes propose pour Dvdalaune une version mono d'origine et la version Europa une version Stéréo 2.0 alors que la aussi les versions sont totalement identiques en 192Kbps stéréo, sauf que si on regarde de plus prêt la version Dvdalaune propose 2 versions la Française et l'originale sous titrée alors que la version Europa ne propose que la version Française. Concernant la version originale sous-titrée de l'édition Dvdalaune elle est excellente avec des sous-titres parfaits. Concernant la qualité de la version Française Dvdalaune et Europa, elle possède un bon Punch et un peu moins sur la version originale mais le son est un peu moins agressif sur la version originale, voir plus nette !

Les Menus (Dvdalaune à gauche et Europa Corp à droite)

Les Menus : Sur cet aspect les 2 éditions ne se ressemblent pas, le menu proposé par Dvdalaune est parfaitement mise en valeur par une courte animation qui introduit efficacement son menu qui lui aussi est entièrement animé au 2nd plan avec une courte séquence du film, celle de l'arrivée de la créature, alors que l'écriture du 1er plan est assez classique. Le menu proposé par Europa propose un menu plus court à l'esthétisme assez originale notamment dans le titre et les têtes des cénobites, mais la taille de l'animation est plus réduite que celle du menu Dvdalaune et propose une animation noir et blanc des séquences clefs du film assez fidèle à l'ambiance du film. Les menus Dvdalaune propose donc des animations entre chaque menu et dans les menus, ainsi que les thèmes du film en fond sonore avec la superbee animation en haut du menu Bonus... Les menus de l'édition Europa se contentent du film, des chapitres avec un fond sonore et, un unique lien en image fixe vers le site Europacorp.com avec quand même une ergonomie parfaite..

Les Menus Chapitres (Dvdalaune à gauche et Europa Corp à droite)

Pour les chapitres l'édition Dvdalaune se démarque la encore en proposant une courte animation et un superbe menu avec des têtes de Pinhead ou sont indiqués les numéros des chapitres, un titre, une animation pour chaque vignette de chapitre et un fond rouge assez délirant, alors que l'édition Europa propose un menu très graphique aux vignettes animés mais sans les titres des chapitres.

Menu Bonus édition DvdalauneCoté Bonus seul l'Édition Dvdalaune proposera quelques ajouts très succins, une galerie des Cénobites décevante, les filmographies assez complètes de Clive Barker, Doug Bradley, Clare Higins, Tony Randel, et Ashley Laurence en image fixe assez fades, la Bande Annonce originale du film, de très bonnes bandes annonces des films d'horreurs des années 80, the Dentist, Prophecy, House 1&2, Hellraiser 1, Freddy 7... Et enfin le lien vers l'éditeur tf1.fr

Affiche Bonus de Fin

Pour ceux qui voudraient découvrir Hellraiser 2 en version Dvdalune ici ou Hellraiser 2 en version Europa Corp ici !

Merci Nicore pour ton aide à la mise en forme de ce 1er billet pour le blog...

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06.01.10

07:35:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Doriana Grey

Avec ce Doriana Grey le réalisateur Jess Franco va se lâcher au niveau d'un érotisme très osé qui franchira même allégrement les portes du "hardcore" pour continuer à assimiler le vampirisme au sexe comme fluide vital, prolongeant ainsi la voie ouverte par Vampyros lesbos et plus certainement encore par La comtesse noire, pour nous gratifier d'une œuvre évidemment très sexuelle, mais également envoûtante et fascinante dans son développement de l'aliénation de ses deux personnages centraux.
Le script va suivre la déchéance d'une jeune bourgeoise vivant recluse dans son château qui va voir arriver chez elle une journaliste américaine désireuse d'en apprendre plus sur la légende l'entourant, elle et sa sœur jumelle.

Doriana GreyDans son introduction, Jess Franco va laisser son personnage principal exprimer en voix-off sa solitude étourdissante et sa déconnexion totale et délibérée avec le monde extérieur, pour ensuite prolonger ces présentations en suivant cette jeune femme, Doriana, chantant à moitié nue de manière lancinante et répétitive une comptine défaitiste qui collera parfaitement à son triste sort , pour de fait continuer à mettre en avant son isolement préjudiciable dans ce cadre luxueux mais presque complètement désert malgré la proximité de la mer et de le ville, tout en commençant à évoquer la sœur jumelle de Doriana, séparée d'elle à la naissance et que Doriana ne va jamais visiter dans l'asile où sa folie l'a conduite.

Doriana GreyLa séquence suivante changera de décor pour revenir vers celle qui ressemblera étrangement à Doriana et que nous suivrons dans une chambre où elle va se livrer à des attouchements intimes, guère perturbée par l'arrivée d'une servante qui refusera même l'invitation de venir se mêler à l'ébat solitaire de cette demoiselle visiblement très portée sur le sexe. Mais il faudra attendre l'arrivée chez Doriana d'une journaliste américaine (qui se présentera en voix-off comme travaillant dans un magazine féminisme et étant à la recherche de femmes à la destinée spéciale) pour que l'intrigue s'éclaire quelque peu, puisque Doriana va accepter de répondre aux questions de cette personne concernant ses origines, dévoilant alors le lien l'unissant avec sa jumelle qui pourra ressentir le plaisir sexuel dont Doriana est définitivement privée suite à l'opération les ayant séparé et laissant Doriana se replonger dans ses souvenirs pour ainsi nous gratifier d'un flash-back ouvertement érotique qui suivra sa rencontre avec une femme s'étant trompé de chambre et la prenant pour une éditrice versée dans l'érotisme qu'elle voulait séduire.

C'est ainsi que Doriana connaîtra son premier ébat saphique qui s'étalera largement devant la caméra, Jess Franco usant de ces zooms et de ces gros plans dont il a la secret, laissant son personnage revenu au présent annoncer à la journaliste que sa visiteuse d'un soir avait été retrouvée morte la lendemain matin. La suite de l'intrigue prolongera cet état de fait pour permettre à Doriana de se livrer à plusieurs ébats, d'abord avec la petite amie de son cuisinier (qui aura auparavant satisfait ce dernier pour la première scène véritablement "hardcore" et non simulée du métrage) lors d'une séquence à l'érotisme glauque et presque sordide dans son agencement avec les cris gutturaux de Doriana lorsqu'elle recevra le fluide vital de celle qui deviendra sa victime puisqu'elle y restera. Et ensuite, ce sera directement le cuisinier qui recevra les hommages de Doriana pour une fellation mortelle elle aussi franchement visualisée et certainement pas feinte.

Doriana GreyA chaque fois, le métrage mettra en parallèle les actes de Doriana avec ceux de sa jumelle coincée dans sa chambre de l'asile où elle séjourne mais prise de frénésie masturbatrice lorsque sa sœur entrera en action, dévoilant ainsi une connexion entre les deux jumelles qui aura poussé à la folie la jumelle de Doriana dépassée par les assauts sexuels venus de sa sœur et qui trouveront leur aboutissement dans un final attendu mais définitivement triste et nihiliste qui viendra remettre de plein fouet sur le devant de la scène la solitude mortelle subie par Doriana depuis sa séparation natale d'avec sa jumelle.

Doriana GreyBien entendu, le métrage restera profondément érotique mais ce ne sera pas ici uniquement pour magnifier une nouvelle fois le corps de la muse du réalisateur, Lina Romay, certes évoluant ici constamment dans des tenues légères ou carrément dénudée, mais les scènes érotiques du métrage prendront régulièrement un aspect glauque et subiront une photographie guère avantageuse tranchant avec celle plus claire utilisée pour le reste du métrage, ce qui permettra au spectateur de distinguer les séquences faisant évoluer chacune des deux jumelles, Doriana représentant un côté sombre lié au vampirisme sexuel, tandis que sa sœur sera présentée de manière certes osée mais moins crue au départ, laissant la mise en scène de Jess Franco venir de fait sous-entendre un rapprochement d'état d'esprit entre les deus jumelles puisqu'au fur et à mesure des séquences, la jumelle de Doriana sera elle aussi explorée avec des gros plans zoomant de plus en plus, tandis que la frénésie et une certaine violence dans l'acte de masturbation viendra elle aussi troubler et fasciner le spectateur.

Doriana GreyD'ailleurs Jess Franco usera et abusera de ces gros plans qui iront vraiment très loin pour fouiller l'intimité de Lina Romay (prouvant si besoin en était l'obsession du réalisateur pour sa muse) ici avancée sans fard et venant même envahir complètement l'écran jusqu'à zoomer de manière quasiment indécente, ce qui ne fera que renforcer l'aspect sordide entourant l'ensemble du film. Mais à côté de ces plans serrés troublants, le réalisateur va quand même nous gratifier de scènes splendides et plus fraîches qui joueront par exemple sur la transparence pour nous faire deviner les formes affriolantes de Lina Romay, mais également des autres actrices accompagnant la belle.

Doriana GreyAu-delà de cet aspect érotique franchement omniprésent, Jess Franco laissera planer sur l'ensemble du métrage ce sentiment de solitude éternel ressenti par Doriana qui deviendra par moments émouvante, sans jamais que la notion de vampirisme soit clairement annoncée malgré quelques allusion à l'immortalité pour lui préférer revenir sur la peur de la perte de la beauté ressenti par chaque femme et ici avancé de manière récurrente au travers de la relation unissant les deux jeunes femmes qui reviendra régulièrement sur le devant de la scène par la bouche de la journaliste notamment, celle-ci véhiculant également la notion de folie exprimée par la jumelle de Doriana.

Doriana GreyL'interprétation est convaincante, portée par une Lina Romay complètement désinhibée et sans aucun préjugé pour avancer son anatomie devant la caméra et qui sera accompagnée par Monica Swinn, Raymond Hardy et Martine Stedil (tous trois habitués des films de Jess Franco) , tandis que la mise en scène du réalisateur impactera littéralement le métrage pour lui conférer ce caractère envoûtant et troublant, Jess Franco cédant comme rarement à sa manie des zooms et des gros plans salaces, pour également avoir légèrement tendance à quitter le champ de l'action pour cadrer des éléments extérieurs n'ayant aucun rapport direct avec le reste.

Donc, ce Doriana Grey restera une œuvre aboutie et allant au fond de son propos pour un Jess Franco qui se fera plaisir en compagnie de sa muse au cours d'une intrigue qui saura dépasser ce statut érotique par ses propos et son caractère troublant !

Doriana GreyLe DVD de zone 2 suisse édité par VIP avancera une image nette et sans défaut notable, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale largement adaptée et qui accentuera les consonances du métrage, celui-ci étant proposé dans s a version allemande, anglaise et française.
Au niveau des bonus, on pourra suivre une passionnante interview croisée de Jess Franco et du producteur Erwin C. Dietrich qui reviendront sur leur relation et les films tournés, laissant même la parole à Lina Romay, le traditionnel documentaire sur la restauration de Jack l'éventreur, la bande-annonce du film accompagnée par celles d'autres titres de la collection, une galerie de photos érotiques et les biographies des membres de l'équipe du film.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce film très érotique et troublant de Jess Franco, le DVD de zone 2 suisse est par exemple disponible ici !

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05.01.10

07:15:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

99 women

Premier film de "W.I.P." (Women in Prison) réalisé par Jess Franco et considéré comme l'un des films précurseurs de ce sous-genre sulfureux , ce 99 women (connu chez nous sous ses titres alternatifs de L'amour dans les prisons de femmes et de Les brûlantes pour sa version comportant des inserts "hardcore" disgracieux et disponible sur cette édition DVD) tranchera avec les autres titres du sous-genre (comme Women in cellblock 9, Barbed wire dolls ou encore Sadomania) tournés ultérieurement par le réalisateur en étant guidé par une suggestion écartant toute dérive graphique ou trop érotique au sein d'une intrigue dévoilant déjà les situations récurrentes à venir et portée par une salve sociale guère optimiste qu'il conviendra de replacer dans le contexte de la fin des années soixante.
Le script va laisser de nouvelles détenues débarquer sur une île où se tient un pénitencier destiné aux femmes dirigé par une femme sévère et sadique.

99 womenEt effectivement, dès sa première séquence, Jess Franco va nous présenter ces trois demoiselles arrivant sur cette île isolée et notamment Nathalie et Marie une jeune femme blonde dont ce sera le premier séjour dans cet endroit décrit comme un enfer à cause de cette directrice réputée pour sa méchanceté. Et nous allons pouvoir rapidement pouvoir constater l'étendue de la mesquinerie de cette responsable, prénommée Thelma, qui va commencer par houspiller les gardiennes ayant accompagné les nouvelles détenues à cause de leur retard, pour ensuite recevoir les prisonnières et leur indiquer leur matricule qui devra être désormais la seule façon pour elles de s'identifier, leur nom et prénom devant être oublié.

99 womenCette entame restera assez classique dans son agencement pour immédiatement indiquer quel sera le personnage central du film, cette jeune et fraîche Marie qui va très vite faire la connaissance de ses compagnonnes de cellule et principalement de Helga qui s'exposera en collant devant elle pour l'accueillir et exprimer sa supériorité de fait. Le métrage va alors avancer un autre personnage-clé en mettant en avant le gouverneur Santos, un homme ventripotent qui conversera avec Thelma et ne cachera pas son goût prononcé pour les détenues blondes que Thelma lui fourni régulièrement, ce qui le rendra impatient de rencontrer le matricule 99, à savoir Marie, mais bien entendu le fait que ce gouverneur assouvit ses fantasmes avec certaines prisonnières restera uniquement évoqué en paroles.

99 womenLa suite verra d'abord Marie essayer d'alerter sans succès les gardiennes sur l'état de santé de Nathalie (une droguée en manque arrêtée en possession d'héroïne) qui se dégradera jusqu'à ce qu'elle en meure, ce qui ennuiera profondément le gouverneur et Thelma puisque cela portera à trois le nombre de décès dans la prison au cours d'une même année, ceux-ci redoutant que le ministère de la justice cherche à en savoir plus sur ce qui se passe à l'intérieur de la prison, tandis qu'après une bagarre initiale entre Helga et Zoé, une autre détenue, va se terminer par la mise à l'écart dans l'infirmerie de Helga et de Marie qui aura voulu s'interposer, et ce sera dans cet endroit que le gouverneur va venir trouver les deux jeunes femmes, sous-entendant un rapport sexuel forcé pour Marie.

99 womenLe premier tournant du métrage surviendra avec l'arrivée au pénitencier de Leonie Caroll, missionnée par le ministère pour enquêter sur Thelma et sur ce qui se passe dans la prison, cette jeune femme se liant d'entrée d'amitié avec Marie au point de la croire innocente de son crime (avoir tué un de ses violeurs) et de chercher à faire réviser son procès tandis que bien entendu Thelma et le gouverneur Santos vont voir d'un très mauvais œil l'arrivée de ce personnage qui va restreindre les punitions infligées aux détenues, bridant ainsi les pulsions de deux comparses. Cela donnera lieu à quelques situations tendues au cours desquelles Leonie va s'imposer à la plus grande joie des prisonnières mais le métrage orientera par la suite son action en amorçant une tentative d'évasion de trois femmes, Marie bien entendu, Zoé et Rosalie, une détenue devant retrouver son petit ami incarcéré quant à lui dans la prison réservée aux hommes de l'île et ayant projeté de s'enfuir.

99 womenCette dernière partie qui verra les trois femmes bientôt rejointe par un autre prisonnier tenter d'échapper aux gardiens lancés à leurs trousses dans la jungle reprendra à son compte quelques clichés du "film de jungle " (le serpent par exemple) avant de faire preuve d'un sadisme typique du réalisateur avec ce viol collectif imagé plutôt que montré pour laisser déjà une note terriblement pessimiste clore le métrage, ce qui se retrouvera souvent par la suite dans les autres "W.I.P." de l'auteur, même si ici le final éludera grandement quelque sous-intrigues embryonnaires laissées à l'abandon par la fuite des trois détenues privilégiée à l'écran.

99 womenDoté d'un budget confortable, Jess Franco nous livrera une œuvre classieuse dans ses décors et sa mise en scène pour dérouler une intrigue certes assez classique dans son déroulement et ses situations pour laisser présager des sévices à venir qui ne seront ici que sous-entendus ou très rapidement montrés (les coups de fouets du final) et entériner la plupart des passages obligés du sous-genre en gestation, avec cette tentative d'évasion, ces bagarres entre détenues, ces descentes aux cachots servant à calmer les récalcitrantes ou encore en avançant cette directrice à la sévérité sans limite et qui sera une adepte des gifles pour se faire respecter, tandis que les rapports saphiques entre les détenues privées d'hommes seront eux aussi évoqués.

99 womenMais même au travers d'une œuvre formellement classique, on retrouvera quand même sporadiquement la "patte" de Jess Franco, notamment lors d'un flash-back retraçant les motifs de l'incarcération de Helga et qui préfigurera de manière évidente les phases érotiques de Vampyros lesbos aussi bien avec ce spectacle érotique éclairé aux chandelles que par cette amalgame de plans érotiques certes guère osés mais qui trancheront avec la retenue du reste du film, si on excepte ces inserts "hardcore" disséminés tout au long du métrage et qui ne serviront franchement à rien car en plus d'être d'une laideur absolue, ces plans ne parviendront même pas à cacher les "acteurs" différents de ceux du montage d'origine qui se livreront à quelques ébats classiques filmés par des gros plans sals et contrastant avec une certaine fraîcheur se dégageant du montage "classique", en plus de venir également perturber de manière inopportune le déroulement de l'action.

99 womenL'interprétation sera ici largement convaincante, portée par une Maria Rohm impliquée et tout à fait crédible dans le rôle de Marie, tandis que Maria Schell incarnera Leonie avec justesse et pudeur, laissant la terrible Mercedes Mccambridge jouer une directrice sadique à souhait mais sans pour autant surjouer et que Herbert Lom nous offrira une prestation savoureuse du gouverneur Santos. La mise en scène de Jess Franco est ici plutôt classique pour ainsi rendre le métrage bien rythmé et lisible, tandis que quels tics de son style se retrouveront quand même déjà, car si il évitera ses gros plans intempestifs sur l'anatomie des actrices, sa propension à cadrer des éléments extérieurs à l'action se retrouvera régulièrement.

Donc, ce 99 women, pierre angulaire du "W.I.P.", offrira l'occasion à Jess franco de démontrer sa capacité de mise en scène au service d'une intrigue impliquante, judicieuse et prenante qui ne versera jamais dans le sordide ou l'abject pour laisser travailler l'imagination du spectateur, conservant ainsi intact son pouvoir de séduction malgré le poids des années !

99 womenLe DVD de zone 2 danois édité par Another world avancera une image nette et sans défaut, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale envoûtante, le métrage étant ici proposé dans sa version "intégrale" en français. En bonus, le spectateur délicat pourra préférer la version "softcore" du métrage, disponible uniquement en anglais, et tout le monde pourra consulter les biographies de Jess franco et de Maria Rohm, visionner la bande-annonce du film et celle de Venus in furs, parcourir une conséquente galerie de photos du film ou encore tenter de décrypter le petit livret écrit en hollandais accompagnent cette édition.

Pour ceux qui voudraient (re) découvrir ce premier film de "W.I.P." de Jess Franco, le DVD de zone 2 danois est disponible ici ou !

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06:50:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : La famille Wolberg
Réalisatrice : Axelle Ropert
Durée du film : 1h20

Date de sortie du film : 2 décembre 2009

Avec : François Damien, Valérie Benguigui, Valentin Vigourt, Léopoldine Serre, Guillaume Verdier, Serge Bozon, Jean-Luc Bideau, Jocelyn Quivrin

Par Nicofeel

Réalisé par Axelle Ropert dont c'est le second long métrage, La famille Wolberg est comme son titre l'indique un film qui s'intéresse à la famille. Le film est une comédie dramatique et on comprend bien vite pourquoi.
Dans la famille Wolberg, on est loin d'être dans un monde où tout le monde il est beau tout le monde il est gentil. Par son ton abordé, par ces dialogues qui fusent et qui sont révélateurs d'une famille qui a (parfois) du mal à se supporter, on est proche finalement d'un film de Pialat, comme A nos amours.
La réalisatrice nous dépeint d'abord et surtout le père de la famille Wolberg, Simon Wolberg (incarné superbement par François Damien) qui est le maire d'une petite ville, Mourenx. Ce père de famille est un être qui a une notion bien arrêtée de la famille. Pour lui, la famille est le coeur de tout le système de notre société et les membres d'une famille doivent être solidaires entre eux. Avec son caractère particulièrement étouffant, Simon Wolberg n'est plus aimé de son épouse et sa fille aînée, qui va atteindre ses 18 ans, pense à quitter la cellule familiale. Seul le fils cadet apprécie toujours autant son père. De son côté Simon Wolberg fait tout pour conserver son épouse, quitte à aller voir l'amant de celle-ci (le « blond »). Certes, Simon Wolberg peut apparaître comme un personnage égocentrique mais la cinéaste Axelle Ropert montre dans le même temps qu'il s'agit de quelqu'un d'aimant, qui pense avant tout à être auprès des siens et de les conserver le plus longtemps possible. Simon Wolberg se montre d'une grande sensibilité, notamment lorsque l'on comprend qu'il ne dit pas à sa famille qu'il est atteint du cancer et que ses jours sont comptés. Simon Wolberg veut finalement profiter de ses derniers jours avec sa famille et même s'il s'en prend parfois assez mal (certaines scènes donnent lieu à un humour pince sans rire pour le moins particulier), on ne peut pas le blâmer.
Le plus triste dans cette histoire est surtout le fait que Simon Wolberg, maire de son village, est sans cesse en représentation. Il est en représentation quand il inaugure une plaque dans un collège de la ville, il l'est quand il prépare les prochaines élections municipales mais il l'est aussi quand il va voir l'amant de sa femme ou encore quand il fait un discours pour les 18 ans de sa fille.

Quelques scènes avec Simon Wolberg sont très fortes sur le plan émotionnel. C'est le cas au moment où Simon Wolberg annonce au cimetière, à sa mère décédée, qu'il est malade (alors qu'il fait croire aux siens que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes) ou encore lorsque Simon Wolberg a des mots très tendres avec sa fille lorsqu'ils se voient pour la dernière fois dans le film. On sent que ces deux êtres, qui ne sont pas sur la même longueur d'ondes, sont apaisés dans leur relation. Il y a une belle relation père-fille qui s'établit à ce moment, un peu comme à la fin de A nos amours de Pialat.
Il serait tout de même réducteur de dire que La famille Wolberg est Simon Wolberg. Le film vaut également pour tous ces seconds rôles qui sont loin d'être des caricatures. Tous les personnages, à leur façon sont touchants. Il y a d'abord la mère qui a cherché plusieurs fois à quitter son époux mais est finalement restée (peut-être en raison des enfants) ; il y a ensuite les enfants qui apprécient différemment leur père mais qui expriment parfaitement leur point de vue ; il y a le frère de Simon Wolberg qui est l'opposé de celui-ci et qui n'arrête pas de médire sur son frère, etc. Tous ces personnages ont des trajectoires de vie bien différentes mais ils cherchent avant tout à se faire une place dans notre société. Aucun des personnages n'est détestable car chacun a ses raisons de vivre ainsi. D'ailleurs, même le frère de Simon Wolberg aime au fond son frère. La cinéaste Axelle Ropert a fait un film d'une grande sensibilité, où les rapports humains apparaissent vrais.

Evidemment, chacun souhaite forcément que les rapports familiaux soient cordiaux et se passent pour le mieux. Mais ce n'est pas toujours le cas. Dans La famille Wolberg, on est clairement sur le mode de Famille je t'aime, famille je te hais ; en tout cas pour ceux qui gravitent autour de Simon Wolberg.
Parfaitement interprété, La famille Wolberg bénéficie d'excellents acteurs qui font que le film, malgré un ton assez particulier, ne sonne jamais faux. On a presque une larme à l'oeil en sortant de la salle de cinéma.

Permalien 878 mots par nicofeel Email , 563 vues • Réagir

02.01.10

20:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Frauen-gefängnis 3

Avec ce Frauen-gefängnis 3 (connu chez nous sous ses titres alternatifs de Prison de femmes : visa pour mourir et de Des diamants pour l’enfer), le réalisateur espagnol Jess Franco va nous livrer un film de "WIP" (Women In Prison) sortant quelque peu de l'ordinaire grâce à une intrigue qui ne sera pas complètement centrée sur l'univers carcéral tout en comportant évidemment son lot de nudité et de sadisme inhérent au sous-genre.
Le script va emprisonner une jeune femme coupable d'avoir assassiné son compagnon, un truand venant de commettre un vol de diamants restés par la suite introuvable, ce qui va obliger un agent d'assurances à essayer de déterminer le rôle joué par la demoiselle dans cette affaire.

Frauen-gefängnis 3Dans son introduction, le métrage va laisser une voix-off nous relater ce vol de diamants commis sur la jonque d'un milliardaire, vol que nous allons alors suivre pour voir trois malfaiteurs portant des masques blancs commettre leur méfait et s'enfuir, leur chef abattant peu de temps après ses deux complices au bord de la mer avant de retourner chez lui avec la mallette contenant son butin pour y retrouver sa dulcinée, la belle Shirley. Mais en ouvrant la mallette, il va se rendre compte qu'elle est vide et ne contient aucun diamant pour ne pas avoir le temps de s'appesantir sur la situation puisque Shirley va sortir un revolver et le tuer. La jeune femme va alors appeler la police pour avouer son crime passionnel.

Frauen-gefängnis 3Posant la base de l'intrigue, cette entame du métrage placera en même temps d'entrée les questions qui vont alimenter l'essentiel du métrage puisque nous ne connaîtrons pas les raisons ayant poussé Shirley à tuer son petit ami, même si elle prétendra avoir agi par jalousie face à un amant la trompant, ce que nous exposera toujours cette voix-off appartenant à Milton Warren, un assureur en affaire avec le propriétaire des diamants ayant été obligé de verser une somme considérable suite à la disparition des pierres précieuses et désireux de tirer l'affaire au clair en rendant visite à Shirley, nouvellement incarcérée dans une prison moderne.

Frauen-gefängnis 3Le métrage entrera alors seulement dans le vif du sujet, après avoir suivi ce Milton dans son installation sur place dans un hôtel, pour nous laisser découvrir des décors peu crédibles censés représenter une prison et qui ressembleront infiniment plus à une quelconque demeure du sud de la France où fût tournée le film, avec même un jardin fleuri en prime. C'est ainsi que nous allons suivre l'arrivée dans ce pénitencier de Shirley, accompagnée de trois autres détenues, pour un premier entretien avec le directeur de la prison, Carlos de Bries, qui au lieu d'affirmer d'emblée un sadisme et la méchanceté attendue sera au contraire mielleux et se dira attentif au respect des prisonnières et à ce qu'elles passent un séjour en prison le moins désagréable possible. Cette impression se confirmera lorsqu'il va s'isoler avec Shirley pour mieux la connaître en lui posant des questions pour uniquement redevenir sévère lorsque la jeune femme se moquera de ses bonnes manières.

Frauen-gefängnis 3La suite de l'intrigue s'appliquera à suivre la découverte de cette prison faite par Shirley qui va faire la connaissance de Martine, une détenue entretenant une liaison avec le directeur en échange de cigarettes, tandis que l'assureur va venir rendre une première visite à Shirley, visite qui va créer le doute chez le spectateur puisque les deux individus sembleront se connaître malgré les apparences, impression volontairement mise en avant par le réalisateur dans le but évident d'interpeller et de renforcer l'intérêt d'une intrigue qui va néanmoins céder aux figures obligées du film de "WIP" en organisant aussi bien une petite bagarre entre prisonnières qui enverra la fautive dans la "chambre de punitions" où elle sera complaisamment fouettée de manière graphique et sadique qu'en laissant un érotisme s'afficher avec ces jeunes femmes qui évolueront la plupart du temps entièrement dénudées (la chaleur…) quand ce ne sera pas Martine qui viendra tenter Shirley dans une expérience saphique.

Frauen-gefängnis 3Mais au-delà de cette ambiance typique du "WIP", le métrage va surtout laisser tous les protagonistes évoluant autour de cette Shirley essayer de l'amadouer pour qu'elle parle et évoque l'affaire des diamants volés, de cette Martine agissant en connivence avec le directeur de la prison désireux d'en savoir plus sur ces diamants, en passant par cet assureur étrange, tandis qu'un autre personnage viendra se mêler à l'intrigue, ce Bill à la solde du propriétaire des diamants et travaillant de concert avec Milton. Toutes ces interventions entretiendront un certain mais léger suspense qui bien entendu trouvera sa résolution lors d'un final explicatif guère original et tentant même de se montrer moralisateur quant aux "victimes" ayant bien mérité leur sort.

Frauen-gefängnis 3Jess Franco étant un habitué du sous-genre en y ayant œuvré régulièrement (avec 99 women, Barbed Wire Dolls ou encore Women in cellblock 9 par exemple), il n'aura aucun mal à nous gratifier de passages sadiques ou érotiques variés et graphiques, avec notamment cette terrible séquence qui verra Shirley, envoyé à son tour dans la "chambre de punitions", recevoir des décharges électriques à partir d'électrodes directement apposées aux abords et directement dans son intimité, scène qui à certainement déplu aux censeurs anglais puisque le film est rentré dans la fameuse liste des "Vidéos nasties". Mais le réalisateur va donc également verser dans un érotisme assez osé, cédant sporadiquement à ses travers habituels avec ces gros plans zoomant sur les parties intimes de ses jeunes actrices, même si ici ces passages dénudés ne seront pas toujours au centre d'une action qui quittera régulièrement la prison.

Frauen-gefängnis 3Par contre, on pourra quand même regretter la sous-exploitation de la seconde du directeur, complètement délaissée au profit de ce Carlos qui dévoilera son vrai visage au fur et à mesure que nous apprendrons à mieux le cerner pour laisser exploser son sadisme lors de la scène des électrodes, tout en ayant déjà largement sévi en faisant intensifier et accroître la dureté des coups de fouets reçus par une détenue quelques temps auparavant. Mais le réalisateur va de toutes façons centrer ses efforts sur son personnage principal qui restera longtemps ambigu et trouble, entre une certaine naïveté affichée et une manipulation des autres possible, alors que ceux qui essayeront justement de la tromper en seront pour leurs frais, cette Martine en tête qui finira étranglée lors d'un autre temps forts du film, puisqu'elle sera agressée alors qu'elle dormait nue par deux autres prisonnières elle aussi entièrement dénudées.

Frauen-gefängnis 3Hélas, il faudra vraiment de l'imagination pour trouver la moindre crédibilité aux décors censés représenter cette prison, dont le système de sécurité pourra déjà sembler franchement dérisoire avec ces deux gardes devant un vulgaire portail en fer forgé, tandis que les détenues évolueront enfermées derrière des portes métalliques simples et terriblement proches de l'extérieur, et surtout les intérieurs seront bien minimisés, entre cette cellule commune ridicule et ce réfectoire réduit. Il faudra donc se concentrer sur les protagonistes pour tenter de croire à l'intrigue, et à ce niveau-là, on pourra compter sur une interprétation cohérente, portée par une Lina Romay concernée et crédible pour incarner cette Shirley aux multiples facettes et qui n'hésitera pas à dévoiler ses charmes, tout comme Martine Stedil, également habituée à être dirigée par Jess Franco, celui-ci se réservant comme régulièrement un petit rôle croustillant en interprétant ce Bill qui lui n'hésitera pas à gifler violemment Shirley, scène ironique quand on connaît la relation existante entre Jess Franco et Lina Romay.

Frauen-gefängnis 3La mise en scène du réalisateur reflétera une fois encore ses habitudes et ses dérives, avec comme évoqué précédemment ces zooms allant à la rencontre de l'intimité des actrices ou s'attardant sur leurs attributs mammaires, tandis qu'il se laissera également aller à des vues touristiques récurrentes échappant à l'intrigue, pour par contre réussir à garder un rythme régulier en ne laissant pas une caméra contemplative s'attarder plus que de raison sur les situations érotiques du métrage pour au contraire rebondir rapidement sur d'autres rebondissements tout en alimentant le mystère entourant cette Shirley de manière concluante pour garder l'attention du spectateur intacte et en éveil, à l'affût d'autres indices.

Donc, ce Frauen-gefängnis 3, en dépit de ses petits défauts causés en majeure partie par un manque de budget flagrant, parviendra à captiver son spectateur, tout en avançant un érotisme bien présent et profitant du charme indéniable de ses actrices et tout en faisant preuve d'un brin de sadisme graphique certes quelque peu désuet mais qui fera toujours mouche !

Frauen-gefängnis 3Le DVD de zone 2 allemand édité par X-Rated Kult avancera une image nette et sans défaut majeur, tandis que la bande-son sera probante, avec une partition musicale décalée et savoureuse, le métrage étant ici prposé dans sa version allemande, anglaise et surtout française, même si les dialogues français ne brilleront pas leurs bonne tenue.
Au niveau des bonus, on retrouvera la bande-annonce allemande du film, le générique d'origine français, deux galeries de photos et autres affiches vidéos du film, une interview du réalisateur hélas uniquement disponible en allemand et la bande-annonce du Prison island massacre d'Andreas Bethmann.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce "WIP" sympathique de Jess Franco, le DVD de zone 2 allemand est disponible ici ou !

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