Archives pour: Septembre 2010

30.09.10

07:55:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The killer inside me
Réalisateur : Michael Winterbottom
Durée du film : 120 minutes
Date de sortie du film : 11 août 2010

Avec : Casey Affleck (Lou Ford), Jessica Alba (Joyce Lakeland), Kate Hudson (Amy Stanton), Ned Beatty (Chester Conway), Elias Koteas (Joe Rothman), Bill Pullman (Billy Boy Walker), Simon Baker (Howard Hendricks), etc.

Par Nicofeel

Réalisé par l'éclectique Michael Winterbottom (24 hour party people, Nine songs), The killer inside me est l'adaptation d'un roman noir de Jim Thompson.
Se déroulant dans les années 50, le film dresse le portrait d'un homme particulièrement dérangé, symbole d'une société américaine plus en difficulté que ce que l'on pense.
Tout fait penser aux années 50 : les voitures, les habits des personnages, le style des maisons.
On se trouve dans une petite ville, Central city, dans l'ouest du Texas.
Dès le début du film, on voit que le passé de l'assistant du shérif, Lou Ford (impeccable Casey Affleck, dont le nom est sans nul doute un clin d'oeil à son rôle dans l'excellent film L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford) est lourd. D'ailleurs, on voit qu'il s'agit d'un être particulièrement dangereux prêt à éliminer toutes les personnes qui se dressent sur son chemin. Le film est d'autant plus prenant qu'il adopte dans l'ensemble le point de vue de Lou Ford. La scène où Casey Affleck, dans le rôle de Lou Ford, tue sa copine Joyce Lakeland (Jessica Alba) est forte car celui-ci n'y va pas de main morte et Winterbottom filme la scène dans la longueur, qui finit par devenir malaisante pour le spectateur.

Sans conteste, Casey Affleck joue à merveille le rôle d'un serial-killer particulièrement marquant. Agissant tel un métronome, il tue froidement et n'a aucun remords. D'ailleurs, c'est lui qui déclare vers la fin du film : « On ne peut plus faire de mal aux morts ». Les scènes de meurtre où l'on assiste à une violence sèche, déchaînée d'un coup, sont marquantes. Lou Ford tue n'importe qui, et même les femmes qui l'aiment ne sont pour lui que des objets sexuels. C'est un malade qui ne prend plaisir que dans des rapports sado-masochistes. Même lorsque plusieurs personnes (à l'instar de celui joué par Elias Koteas en tant que représentant du syndicat) comprennent que c'est lui le responsable et qu'il est interrogé, Ford reste imperturbable. Bien qu'arrêté en prison, il est placé en asile puis libéré.
Le final de The killer inside me, particulièrement noir, où les morts sont légion, rappelle particulièrement le final de To live and die in L.A. avec un côté de jugement dernier.
Le film est également rendu intéressant par l'ambiance très particulière qui se dégage de cette ville où manifestement la corruption est monnaie courante. Cela donne une ambiance encore plus délétère à ce film.
En synthèse, Michael Winterbottom a réussi avec ce film à retranscrire parfaitement l'ambiance des années 50, en y ajoutant une ambiance très films noirs mais où cette fois il n'y a pas de femmes fatales mais plutôt des femmes au destin fatal. Le rôle joué par Casey Affleck est impressionnant et fait de lui un des serial-killer les plus marquants du cinéma. Voilà donc sans conteste un film à voir.

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29.09.10

07:20:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Le bruit des glaçons
Réalisateur : Bertrand Blier
Durée du film : 1h27

Date de sortie du film en salles : 25 août 2010
Avec : Jean Dupardin (Charles), Albert Dupontel (le cancer de Charles), Anne Alvaro (Louisa), Myriam Boyer (le cancer de Louisa), etc.

Par Nicofeel

Auteur de plusieurs films de très bonne facture (Préparez vos mouchoirs, Buffet froid, Beau-père, Notre histoire, Trop belle pour toi) , Bertrand Blier est depuis un petit moment rentré dans le rang avec des films pas vraiment marquants (Les côtelettes, Combien tu m'aimes ?).
Le bruit des laçons, son nouveau film, est-il dans ces conditions un bon cru ? Assurément oui. Dans un genre qu'il affectionne, à savoir le film noir, Alain Corneau nous revient en très grande forme. Les raisons de satisfaction sont multiples.
D'abord, et surtout, c'est le ton abordé dans le film qui étonne mais surprend agréablement. Pourtant, au départ c'était loin d'être gagné. En effet, Bertrand Blier prend le pari risqué d'évoquer de manière décalé la survenance d'un cancer chez un être humain. De façon quasi surréaliste, le cinéaste français décide de concrétiser la rencontre entre un écrivain qui a obtenu le Goncourt mais est actuellement à la dérive avec son cancer. Jean Dujardin prend les traits de Charles, cet écrivain alcoolique qui a vu sa femme le quitter. Quant à Albert Dupontel il est le cancer de Charles. A la manière de son film Buffet froid, Bertrand Blier nous concocte ici de savoureux dialogues entre Charles et son cancer. Bien évidemment, rares sont les humains qui peuvent voir le fameux cancer.
Le cancer s'invite très tranquillement chez Charles, il se fait payer à manger et à boire, il couche avec lui et il lui fait continuellement la discussion. Bref, il ne le lâche pas, à l'instar de cette terrible maladie dont souffrent de nombreuses personnes. Les dialogues entre Charles et son cancer sont tout bonnement hilarants, même si parfois les dialogues ne volent pas toujours haut, avec parfois des considérations autour du sexe ou encore autour de l'alcool.

Le film n'en reste pas moins sérieux dans son fond en montrant un homme complètement à la dérive qui n'est plus capable d'écrire et qui vu sa famille le quitter. Il ne conserve dans sa superbe propriété que son amante, une jeune femme russe, et sa servante. Bref, c'est un être seul, à l'image de notre société contemporaine où l'on est entré dans une ère où les gens sont de plus en plus isolés. Dans ce lieu, Charles n'a qu'un seul objectif : boire, boire et encore boire. C'est la raison pour laquelle il ne quitte jamais son seau à glace qui est toujours auprès de lui avec une bouteille à l'intérieur et des glaçons. D'ailleurs, cela explique aisément le titre du film.
Au-delà d'une verve cynique évidente, Bertrand Blier dresse tout de même le portrait d'un homme en train de mourir à petit feu, incapable de se séparer de sa bouteille, même lorsqu'il sait que sa fin est proche, puisque son cancer est présent.
Le film vaut également par sa capacité à montrer que le cancer est une maladie injuste qui touche tout le monde, aussi bien riches que pauvres que personnes en bonne santé ou malades. Ainsi, la servante de Charles, la très sérieuse Louisa (Anne Alvaro) est aussi atteinte d'un cancer. L'intrigue est d'ailleurs renouvelée par cette nouvelle et par l'arrivée du cancer de Louisa (Myriam Boyer).
Le film pose aussi le postulat du rapport maître-serviteur qui tend à s'estomper avec cette maladie qui touche tout le monde. C'est ainsi que le film sous-tend clairement une relation entre Charles et Louisa qui va forcément finir par arriver.
On appréciera au passage que le cinéaste conserve malgré toute la pesanteur de la thématique un certain optimisme en signalant à sa façon que le cancer peut être combattu et même battu si l'amour entre deux personnes est fort. A cet égard, on appréciera particulièrement le retournement de l'intrigue qui voit Charles et Louisa feinter le cancer. Cette idée peut d'une certaine façon faire écho au septième sceau de Bergman avec cette partie d'échecs entre l'Homme et la Mort.
La réussite certaine du film ne serait rien sans l'excellente interprétation de son quatuor d'acteurs principaux, avec Jean Dujardin, Albert Dupontel, Anne Alvaro et Myriam Boyer. Sans nul doute, c'est notamment le meilleur film d'un Jean Dupardin formidable en véritable épave humaine et un film épatant pour un Albert Dupontel lui aussi parfait dans le rôle du cancer, qui se révèle d'un incroyable cynisme.
Le film est rehaussé par une excellente BO où l'on a droit à quelques morceaux bien vus, qui évoquent l'amour entre Charles et Louisa. Le morceau A thousant kisses deep de Léonard Cohen apporte une véritable émotion, ce que procure également la version de Ne me quitte pas de Nina Simone lors du générique de fin.
En somme, voilà un film qui cumule les qualité et mérite amplement d'être vu.

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28.09.10

07:10:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

par Nicore

Histeria

Nous venant de Malaisie, ce Histeria va pimenter les standards du "slasher" occidental (ici surnaturel) par quelques connotations locales pour un résultat certes calibré mais néanmoins régulièrement sanglant, prenant et dont les effets de surprise feront souvent mouche.
Le script va enfermer quelques lycéennes dans leur école pour une punition pendant les vacances scolaires suite à une mauvaise blague qu'elles ont fait en invoquant un démon pour ensuite se moquer de leur entourage, mais elles vont vite se rendre compte que l'esprit invoqué à pris force et se met à les décimer une par une.

HisteriaDans sa séquence introductive réussie, le métrage va avancer son personnage principal, Murni, une demoiselle que nous découvrirons ensanglantée et sortant d'un bâtiment pour rapidement être recueillie et interné. C'est donc dans cet hôpital que la police va venir tenter d'en savoir plus sur les meurtres de trois de amies de Murni tandis que d'autres ont disparu.
Le médecin pensera que Murni a occulté de son esprit les crimes tout en la croyant coupable et ce sera au cours d'un interrogatoire que le métrage va réellement lancer son action pour un long flash-back qui occupera presque l'intégralité de l'intrigue.

HisteriaEn effet, nous allons découvrir Murni, accompagnée par cinq de ses amies lycéennes avec qui elle forme une petite confrérie appelée "Pink Ladies", s'en allant dans les bois auprès d'une énorme fourmilière afin d'y réciter une incantation démoniaque qui après plusieurs tentatives infructueuses de la part des jeunes filles présentes sera finalement lues par Murni, sans qu'il ne se passe rien ensuite jusqu'à ce que l'une d'elles se mette à hurler. Ramenée à l'école, celle-ci sera vite considérée comme possédée et une guérisseur local viendra tenter de l'exorciser jusqu'à ce que la "possédée" se mette à éclater de rire, révélant alors la mauvaise blague faite à tout le monde, y compris au spectateur, plus ou moins berné par les événements. Après une délibération du corps enseignant qui nous permettra d'en apprendre un peu plus sur le contexte social dans lequel évolue les jeunes filles, elles seront punies à devoir rester au lycée pendant les trois premiers jours des vacances scolaires afin de nettoyer les classes. C'est ainsi que lé métrage va alors pouvoir lancer une véritable présentation des personnages, axée sur ces six jeunes filles en pleine puberté et connaissant leurs premiers émois avec des petits copains à qui elles téléphonent plus que de raison (mais les portables seront vite confisqués), mais aussi entre elles puisque l'une d'elles s'avérera être lesbienne, tandis qu'une autre aura des vues sur le pion censé les encadrer pendant ces journées de corvée également surveillées par une autre élève qu'elles ne connaissaient pas, Zeta.

HisteriaCette présentation sera légères mais commencera déjà à placer ici ou là des éléments intrigants, comme ces plans en caméra subjective qui laisseront à penser que quelque chose ou quelqu'un espionne les demoiselles, tandis que l'une d'elles suivra la jardinier muet pour déterrer un mystérieux petit paquet aux allures religieux, quand le métrage ne s'égarera pas dans des légendes urbaines que vont se raconter pour se faire peur les "Pink Ladies" afin notamment de jouer un mauvais tour brillamment mis en scène à la pauvre Zeta qui finira morte de peur dans un laboratoire, pour ensuite laisser les choses sérieuses commencer réellement, alors que Murni commencera à avoir des cauchemars graphiques et troublants. Effectivement, l'intrigue ne tardera pas alors à faire une première victime, surprenant en même temps le spectateur par un effet certes facile mais bien agencé qui débouchera sur une première scène gore assez volontaire, bientôt suivi d'une seconde, mais contrairement à ce que l'on pouvait s'attendre le mystérieux agresseur ne va pas trucider les demoiselles une par une sans qu'elles ne se doutent de quelque chose puisqu'elles vont rapidement découvrir les corps des premières victimes pour alors tenter de fuir cette école dans laquelle elles seront enfermées.

HisteriaLe métrage va également placer quelques personnages annexes (mais jouant quand même un rôle dans l'intrigue) qui formeront autant de victimes potentielles afin de venir grossir le nombre de séquences de mises à mort sanglantes (même si le hors champ sera souvent de mise pour ne nous faire apprécier que le résultat des atrocités commises) et n'hésitera pas à mettre en avant ce démon bien avant le final, avançant au grand jour (enfin, en pleien nuit !) une créature au look pas forcément très crédible mais quand même bien graphique avec ces dents pointues proéminentes.

HisteriaConnaissant dès l'introduction l'identité de la rescapée, le spectateur vivra cette succession de meurtres sanglants sans connaître de réelles surprises, même si le réalisateur s'amusera avec de fausses alertes faciles et biens vite enrayées par l'arrivée du monstre, jusqu'à ce retour au présent qui va clore le métrage sur une note fantastique attendue mais qui ne fournira pas de réponse définitive, obligeant le spectateur à choisir entre les deux versions proposées pour expliciter ces crimes. Le métrage va par ailleurs alimenter et enrichir ses situations avec quelques thèmes motivants comme la jalousie, le lesbianisme d'e l'une des jeunes filles qui va la rendre différente et peut-être à rajouter sur la liste des suspects "humains" sans pour autant que l'intrigue fournisse une quelconque accréditation à ces pistes guère travaillées lors de l'épilogue en laissant même un doute sur l'identité des corps retrouvés par rapport à ceux manquants, pour une fin définitivement ouverte en dépit de la note d'intention du réalisateur.

HisteriaLes personnages seront travaillés de manière à rendre cette Murni plutôt attachante mais ses amies demeureront stéréotypées pour représenter une jeunesse typique, et ainsi favoriser l'empathie du public adolescent. L'interprétation est convaincante, portée par de jeunes actrices naturelles mais ayant juste parfois du mal à communiquer leurs peurs de manière véritablement impactante. La mise en scène du réalisateur est efficace pour créer une ambiance d'attente tendue et réussira même à gérer ses effets de surprise de façon à les rendre percutants. Les effets spéciaux sont probants pour visualiser le résultat gore détaillé des meurtres tout en n'hésitant à faire éclabousser le sang, tandis que la créature du film pourra quand même décevoir par sa visualisation heureusement assez rapide mais manquant de finition et à l'originalité limitée à ces dents exhibées.

Donc, ce Histeria se suivra facilement et avec intérêt, les touches locales amenant un petit "plus" non négligeable à cette intrigue codifiée mais pour autant captivante et à l'aspect graphique volontaire !

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur l'édition DVD française proposée par Emylia, une présentation est disponible ici !

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27.09.10

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film d'animation : Karas
Réalisateur : Keiichi Satou
Durée du film d'animation : 2h45
Date de sortie du film en salles : 23 septembre 2010

Par Nicofeel

Inédit au cinéma en France, la série Karas a été projetée dans plusieurs salles de l'hexagone en ce 23 septembre, à l'initiative du groupe CGR.
Il a donc été particulièrement appréciable de pouvoir regarder au cinéma l'intégralité de Karas, qui est à l'origine composé de 6 OAV (vidéo d'animation originale). Tout est enchaîné en plus de 2h30, sans qu'aucune pause ne soit proposée au spectateur. Pour ce faire, les génériques de début et de fin de chacun des épisodes avaient été retirés.
Tout cela est bien beau mais de quoi parle Karas au juste ? On apprend que des monstres, sortis d'on ne sait où, tuent des gens parmi la population terrestre depuis maintenant 3 ans. C'est à chaque fois le même mode opératoire qui est utilisé : toutes les victimes sont vidées de leur sang et on compte un survivant, qui ne voit cependant pas le visage du tueur, qui est là pour témoigner. Une section montre au sein de la police est montée pour l'occasion mais l'enquête n'avance guère. Un des principaux personnages de ce film d'animation, un jeune policier, est dépêché sur le lieu où se déroulent les événements pour travailler de concert avec un vieil inspecteur. Raconté de la sorte, l'intrigue a l'air passionnante. Eh bien malheureusement cela n'est pas le cas. Karas finit rapidement par tourner en rond. En effet, la majeure partie des épisodes consiste à assister aux combats d'un chevalier (notre fameux Karas), censé protéger la ville (même s'il casse un peu tout sur son passage !), ou à tout le moins sauver la population, contre des monstres aux formes très diverses. Si l'animation se révèle plutôt dynamique, il n'empêche que de tels combats, qui deviennent le coeur de l'intrigue, finissent sérieusement par lasser.
A fortiori, le spectateur n'a pas l'occasion de se raccrocher à grand chose, hormis ces combats. En effet, les 6 OAV partent un peu dans tous les sens. Entre des flashbacks peu clairs et une multitude de personnages qui apparaisse sans que l'on en sache plus sur leur implication dans cette histoire, on s'y perd quelque peu. D'autant que l'on met du temps à comprendre les tenants et aboutissants d'un scénario pour le moins confus.
On se raccroche in fine à ce que l'on comprend, à savoir ces combats qui opposent sans grande finesse le bien contre le mal. Tout cela apparaît assez simpliste et caricatural. Les combats sont d'autant plus fatigants qu'ils sont redondants, attendus et qu'ils souffrent d'une animation qui manque d'homogénéité. Car les différences sont notables entre une animation dite classique et une animation en 3 D.
Cependant, ne soyons pas trop dur, Karas est loin d'être une daube. D'abord, le chara-design, bien réaliste est tout à fait réussi et est plaisant à regarder.
Et puis si les combats ne sont pas toujours vraiment top, au moins on assiste à quelques scènes bien graphiques qui feront plaisir aux amateurs du genre horrifique. On a comme exemple de scène très réussie celle où une femme araignée commet un meurtre. Et puis si l'intrigue n'est pas très complexe, elle nous offre une petite réflexion sur le devenir de l'humanité. On est loin des idées véhiculées dans un Evangelion ou un Escaflowne mais ce n'est déjà pas si mal.
Comme si les défauts intrinsèques de ce film d'animation ne suffisaient pas, il faut remarquer que la langue utilisée est celle du français. On a ainsi des titres et des lieux qui sont indiqués, mais sont sans titre, avec seulement des idéogrammes japonais. Cela rend le film d'animation encore plus brouillon et illisible.
Et puis lorsque les personnages parlent, et notamment les gamins, cela donne lieu à des voix très aiguës qui ont tendance à percer les tympans.
Au final, que penser de Karas ? C'est un film d'animation bien portée vers l'action. Ce genre de film est assez courant ne se démarque pas de la production courante, ce qui fait qu'on l'oublie assez vite.

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24.09.10

07:20:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

par Nicore

Le deal

Profitant de la présence du toujours excellent William H. Macy et de Meg Ryan, ce Le deal va nous livrer une satire douce-amère sur Hollywood et le monde du cinéma en général à partir d'une intrigue simple mais souvent jouissive dans sa critique débridée du système hollywoodien tout en mettant en avant de manière délicieuse la rencontre entre deux êtres que tout oppose.
Le script va laisser un producteur sarcastique au bord du suicide retrouver goût à la vie en montant une escroquerie visant à faire croire qu'il détient un scénario rêvé pour une star du film d'action déjà impliquée dans ce film jusque-là fantôme et va réussir monter son projet malgré la présence d'une embarrassante et suspicieuse attachée du studio dont il va s'éprendre.

Le dealDans son introduction, le métrage va nous présenter son personnage principal, Charlie Berns, un obscur producteur au bord du suicide en tentant de s'asphyxier dans sa maison avec les gaz d'échappement de sa voiture, gaz qu'il s'est arrangé de manière improbable à faire rentrer dans son salon, pour être stoppé par l'arrivée imprévue de son neveu, Lionel, celui-ci venant lui remettre un scénario écrit de ses mains et traitant d'un obscur parlementaire juif britannique du 19ème siècle, Benjamin Disraeli. Charlie va alors avoir une idée folle et va réussir à créer un buzz autour d'un soi-disant film inspiré de la vie de ce Disraeli qui serait joué par une star du cinéma d'action récemment reconvertie au judaïsme, Bobby Mason. Pour ce faire, il va passer plusieurs coups de téléphone, rencontrer un rabbin pour l'associer au projet, tout cela entraînant des bruits de couloir qui ne vont pas manquer d'intéresser les studios.

Le dealCette entame du film avancera un personnage principal rustre et fourbe qui va sembler prendre bien du plaisir à se moqueur du monde pour ainsi réussir à attirer l'attention d'un grand studio au travers de la rigide Deidre Hearn qui va donc rencontrer Charlie afin d'en savoir plus sur ce projet tout en sentant le coup fourré, mais finalement sous les pressions, ce seront 100 millions de dollars qui seront débloqués pour le film, l'acteur engagé et Charlie chargé de la production en compagnie de Deidre qu'il va s'efforcer de séduire. La première partie du film sera jalonnée de passages ahurissants devant la grossièreté sous-jacente de Charlie et de ses manières peu élégantes pour tenter de charmer cette Deidre issue d'un autre monde que le sien et qui sera bien obligée de collaborer avec lui.

Le dealNous découvrirons également les ruses souriantes de ce Charlie pour faire avancer son projet ainsi que les énormités du système hollywoodien, symbolisée par cette secrétaire engagée pour servir Charlie sans avoir rien à faire, et l'intrigue va s'accorder un humour léger et divertissant qui accompagnera chaque situation par des petites touches discrètes et souvent amusantes. La suite va laisser les affres d'un tournage en Afrique du Sud venir frapper Charlie et son équipe, nous faisant par exemple découvrir ce réalisateur hilarant ou encore cette star du cinéma d'action quand même stupide et ne comprenant pas forcément grand-chose au judaïsme auquel il s'est converti, pour ainsi enfoncer le clou dans cette satire sur le monde du cinéma de manière volontaire et croustillante.

Le dealMais au-delà de cet aspect du film, la relation d'abord conflictuelle entre Deidre et Charlie sera elle aussi largement mise en avant pour laisser peu à peu une entente complice s'installer, Charlie réussissant même à presque coucher avec Deidre pour amorcer ainsi une relation amoureuse compliquée (Deidre n'est-elle pas fiancée sur la point de se marier ?) qui va venir pimenter l'action et donner une consistance réelle au métrage, surtout dans sa seconde partie où les protagonistes vont devoir abandonner le tournage de leur film d'action juive pour revenir au projet initial de Lionel suite à un événement inattendu, second tournage plus conforme à certaines attentes et qui va achever de lier les deux personnages principaux, même si Deidre sera toujours en relation avec son fiancé.

Le dealL'intrigue réussira à captiver et à garder l'attention du spectateur sur la durée, avec des situations régulièrement surprenantes ou même chargée d'un petit suspense anticipant les déboires à venir, tout en privilégiant l'humour, mais ce sera assurément la personnalité des deux protagonistes principaux qui va faire la différence et rendre l'ensemble savoureux. En effet, ce Charlie aura bien plus d'un tour dans son sac pour aussi bien assurer ses arrières en toutes circonstances que pour tirer profit des situations et s'arranger pour que ses interlocuteurs se rangent à son avis, ce qui nous vaudra quelques belles et percutantes séquences de dialogues le mettant en scène quand il ne va pas oser aller au fond des choses pour avancer et essayer de conquérir puis de garder Deidre, celle-ci apprenant à apprécier et à aimer le style si spécial de son nouvel ami.

Le dealMais ces deux personnages principaux ne seront pas les seuls à être souriants et impactant puisque autour d'eux vont graviter toute une série de seconds rôles également souriants et hauts en couleurs, entre ce réalisateur de typer rital, ce comédien ayant bien du mal avec ses textes, cette star excentrique et portée sur le merchandising ou encore cette actrice débutante ayant bien du mal à tourner une scène d'action, créant de fait un environnement attachant pour Charlie et Deidre qui eux-mêmes n'auront pas de mal à s'attirer la sympathie du spectateur, notamment grâce à une interprétation tout simplement remarquable.

Le dealEn effet, William H. Macy va exulter dans le rôle de Charlie et jouer de son physique pour accentuer les effets de l'intrigue avec tout son talent habituel, tandis que Meg Ryan sera également convaincante et touchante pour jouer cette Deidre coincée entre deux hommes venant d'un univers complètement différent, tout en commençant à apprécier la personnalité de Charlie. Mais le métrage nous permettra aussi de retrouver avec plaisir Elliott Gould ou encore LL Cool J dans un rôle taillé sur mesure. La mise en scène du réalisateur sera efficace pour bien s'intéresser aux personnages, pour même réussir à donner une réelle ampleur à certains temps forts du film.

Donc, ce Le deal arrivera sans mal à divertir et à amuser tout en se moquant gentiment d'un système hollywoodien qui en prendra pour son grade avec ironie et un humour qui fera la plupart du temps mouche !

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur les éditions DVD et Blu-ray françaises éditées par Emylia, une présentation est disponible ici !

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23.09.10

07:10:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Le deal
Le deal

Satire souriante sur le monde du cinéma et sur le système hollywoodien, ce Le deal va bénéficier de la présence de l’excellent William H. Macy et de Meg Ryan pour donner de l’ampleur à cette intrigue riche en rebondissements pour un métrage arrivant chez nous directement en vidéo sous l’égide de l’éditeur Emylia pour une nouvelle édition "Premium" après Nobel son et disponible en DVD et en Blu-ray depuis le 21 septembre.

Le deal

Le script va suivre les déboires de Charlie Berns, producteur peu scrupuleux, qui, pour survivre dans l'univers sans pitié du 7ème art, doit copieusement user de son charme pour séduire la responsable de studio Deidre Hearn afin de financer son nouveau film d’action. Pourtant, une fois ce dessein atteint et les fonds débloqués, tout va de travers et le tournage vire à la catastrophe. Un plan bis germe alors en toute clandestinité.

Le deal

Le métrage sa s'assurer un aspect humoristique omniprésent par ces touches d'humour discrètes ou volontairement énormes liées au caractère rustre et caustique de son personnage principal haut en couleurs et prêt à tout pour arriver à ses fins, et notamment séduire cette attachée de studio rigide, mais l'intrigue va aussi s'arranger pour se gausser gentiment de ce système hollywoodien avec de nombreuses situations amusantes où l'ironie ne sera jamais loin quand il s'agira de démystifier certains principes ou de mettre en avant les basses du milieu. Mais bien axé également sur cette relation impossible entre ses deux personnages principaux issus de milieux complètement différents, le film va aussi se réserver des passages plus mélancoliques, doux-amers et qui sauront parfaitement utiliser tout le talent de William H. Macy et de Meg Ryan, les deux interprètes donnant encore plsud e relief à l'ensemble.

Le deal

Le DVD édité par Emylia proposera une image en 1.85 (16/9 anamorphique), tandis que la bande-son sera disponible en français en DD5.1 et en anglais sous-titré en français en DD5.1 mais aussi en DTS. Au niveau des bonus, on pourra suivre un sympathique making-of hélas non sous-titré proposant des interviews des membres de l'équipe du film.
L'édition Blu-ray du film avancera l'image également en 1.85 (AVC 1080p/24) pour une bande-son en français et en anglais sous-titré en DTS-HD5.1, pour bien entendu reprendre le même bonus.

Le deal

Donc, depuis le 21 septembre, nous pouvons grâce à Emylia découvrir en DVD ou en Blu-ray cette comédie souriante et savoureuse avec sa satire ironique et croustillante sur le monde du cinéma et plus particulièrement le système hollywoodien !

A noter qu'Amazon propose cette nouveauté avec une réduction substantielle pendant encore quelques jours !

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22.09.10

07:15:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

par Nicore

The cellar

Nous venant de Suède, ce The cellar va miser sur une ambiance sombre et atmosphérique pour aligner un script certes très basique mais qui fera mouche en imposant de nombreux passages tendus laissant même sporadiquement le malaise s'installer, sans pour autant avoir recours au gore ou aux effets spéciaux chocs, pour préférer amener l'imagination du spectateur à travailler en cherchant à percer les mystères entourant cette maison au sous-sol pour le moins étrange.
Le script va conduire quatre étudiants en art dans une maison reculée qu'ils ont loué afin de fignoler leurs œuvres mais rapidement l'endroit va se révéler être comme hanté par une présence épiant le petit groupe.

The cellarDans son introduction, qui va déjà nous servir une première fausse alerte facile, le métrage va nous présenter Stefan, un jeune homme réveillé par sa mère afin qu'il ne rate pas le rendez-vous fixé avec ses amis pour aller passer quelques temps hors de chez eux, laissant Stefan demander plus d'argent à sa mère afin de ne pas encore être obligé d'emprunter à ses compagnons. Ensuite, les trois autres personnages principaux seront avancés pour une mise en avant naturelle et définitivement éloignée des stéréotypes du genre (avec notamment cette absence d'humour potache), pour ainsi nous présenter Jessica, son petit ami Marcus et Jonas, les quatre protagonistes prenant alors la route vers leur destination, un chalet isolé en montagne.

The cellarLe trajet sera vite expédié et Jessica ira récupérer les clés de leur location auprès d'une vieille dame étrange qui va ricaner en lui remettant l'unique clé nécessaire, laissant alors le métrage s'installer sur la durée dans cette maison aux faux airs d'"Amityville" (la cheminée en moins !), pour tout de suite essayer avec un certain succès de faire monter la pression puisque Jonas verra une ombre bouger derrière les rideaux du premier étage. L'installation sera rapide, toujours émaillée de situations troubles et qui vont parfois jouer sur une photographie sombre pour installer le malaise en imposant des zones d'ombre pouvant cacher n'importe quoi, surtout dans cette cave qui sera visitée pour une nouvelle fausse alerte bien choisie, tandis qu'ensuite les jeunes vont se restaurer en se racontant des histoires terrifiantes, ce qui nous vaudra un flash-back percutant.

The cellarMais très vite, des événements étranges vont se produire, Stefan verra la porte des toilettes dans lesquelles il s'était enfermé vibrer et être secouée brutalement, Jessica fera un rêve éveillé étrange au cours du jeune homme va lui montrer un mur du sous-sol, et Jonas, ayant déjà eu des soucis psychiatrique, adoptera un comportement bizarre et reclus. La découverte d'une porte dans le mur, juste à l'endroit indiqué par la vision de Jessica va pousser Stefan et Marcus à aller inspecter cet autre sous-sol suffocant et comportant de multiples salles aussi vides qu'étouffantes, laissant le spectateur s'imaginer les choses horribles qui s'y sont certainement déroulées, cet ensemble de pièces faisant penser à un hôpital psychiatrique souterrain. Le métrage va continuer à jouer sur cette ambiance édifiante et trouble pour accumuler les séquences tendues et effrayantes, avec des apparitions "spectrales" indistinctes mais qui feront mouche jusqu'à ce tournant qui laissera seul Stefan quitter les lieux, invitant alors un dernier acte inattendu où un autre personnage va retourner sur place et affronter nos peurs.

The cellarL'intrigue va énormément se servir du doute semé dans l'esprit du spectateur pour réussir son coup et installer cette atmosphère étrange et propice à toutes les peurs, avec des éléments diffus mais omniprésents qui vont venir titiller comme lorsque Stefan se rendra dans une épicerie pour s'entendre dire de la part du tenancier d'aucune maison se dresse dans le coin où ils ont élu domicile, tandis que l'attitude de Jonas en ferait bien un "possédé" et que la présence de dessins explicitant peut-être quelque peu certains aspects de l'histoire vont enfoncer le clou pour laisser ce dernier acte venir approfondir l'intrigue, mais sans pour autant nous donner les clefs, ce qui obligera chacun à se forger sa propre opinion tout en devant façonner un passé à cet endroit maléfique.

The cellarHeureusement d'ailleurs que le métrage ne tentera pas d'expliciter tous ses aspects, car à la vue du petit budget alloué au film, cela aurait certainement débouché sur des scènes à effets spéciaux limités et aurait détruit l'aura entourant cette maison au sous-sol aussi labyrinthique que suffocant et étrangement malsain. Alors bien sûr, on pourra aisément critiquer ces fausses alertes faciles et plutôt répétées, mais cela viendra confiner l'ambiance diffuse du métrage, tout en jouant efficacement avec nos nerfs puisque même lorsque ces fausses alertes seront démenties, quelque chose d'inexpliqué va rester, continuant de fait à semer le trouble et le doute dans l'esprit du spectateur, voir même en augmentant le malaise précédemment installé.

The cellarLes personnages seront bien travaillés pour ainsi agir avec un naturel qui va favoriser une certaine empathie obligatoire pour rentrer dans l'intrigue et épouser ses rebondissements et l'interprétation sera adaptée et elle aussi compétente pour laisser une crédibilité totale s'installer, grandement aidée par cette absence d'humour. La mise en scène des deux jeunes réalisateurs est convaincante, surfant quand même sur la vague lancée par Le projet Blair Witch dont l'ombre planera sur l'ensemble du film, mais ce sera pour réussir régulièrement ses effets de surprise et de "trouille" simple mais d'autant plus efficaces. Les rares effets spéciaux sont probants pour quelques plans vaguement sanglants.

Donc, ce The cellar s'avérera être une découverte intéressante qui arrivera à surclasser son petit budget pour installer une atmosphère étrange et sinistre, très sérieuse, pour se servir d'une intrigue quand même limitée afin de troubler et de créer le malaise chez son spectateur oscillant entre les flous malsains laissés à l'appréciation de chacun !

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur l'édition DVD française propsoée par Emylia, une présentation est disponible ici !

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21.09.10

06:45:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Histeria

Malaisien de son état, ce Histeria va s’approprier les standards du "slasher" occidental pour l’agrémenter de touches locales avec notamment cet élément surnaturel qui viendra impacter le métrage et ce sera directement en DVD que nous allons pouvoir découvrir le film qui sortira le 21 septembre prochain grâce à l'éditeur Emylia, toujours là pour nous trouver des inédits intéressants.

Histeria

Le script va accompagner Murni, la seule survivante d’un groupe de jeunes filles pensionnaires qui se nomme les "Pink Ladies". Elles ont été sauvagement assassinées dans leur lycée privé et la police soupçonne Murni être responsable du crime à la suite d’une crise d’hystérie. Interrogée par son médecin et un policier, elle raconte comment deux jours auparavant, à la suite de ce qu’elles croyaient être un simple jeu, elles ont fait appel à un démon qui les a massacrées…

Histeria

Bien que calibré par des personnages et des situations issues du "slasher", ici pimenté par un élément surnaturel dont nous ne saurons pas s'il est effectif ou issu de l'imagination de l'héroïne, le métrage va réussir à surprendre régulièrement avec des effets de surprise réussis, tandis que le gore va s'inviter lors des meurtres, non pas pour visualiser ceux-ci, souvent en hors-champ mais pour nous laisser découvrir le résultat macabre des exactions de ce démon invoqué par cette petite confrérie estudiantine enfermée dans un lycée pendant les vacances scolaires en punition suite à une mauvaise blague. L'intrigue va également jouer sur le doute quant à la véracité de l'existence de ce démon pour développer d'autres thèmes parfois troublants (comme le lesbianisme adolescent) sans pour autant oublier l'essentiel avec cette tension installée dans la seconde partie du film et qui ne faiblira pas jusqu'au final ouvert à toutes les suppositions pour de fait obliger le spectateur à prendre partie pour l"une ou l'autre des versions des faits exposées.

Histeria

Le DVD édité par Emylia avancera une image en 1.78 (16/9 anamorphique), tandis que la bande-son sera disponible en malaisien sous-titré en français DD2.0 et en DTS2.0, avec comme seul bonus le clip musical du thème principal du film.

Histeria

Donc, c’est à partir du 21 septembre que nous allons pouvoir découvrir cette œuvre malaisienne prenante et assez saignante adaptant le "slasher" à la sauce locale !

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20.09.10

07:30:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

The cellar

Nous arrivant de Suède, ce The cellar va développer une atmosphère trouble et sinistre, propice à toutes les peurs pour développer une intrigue misant aussi bien sur ses situations tendues et effrayantes, sans pour autant avoir recours aux effets spéciaux chocs, qu'en faisant travailler l'imagination de son spectateur avec ces zones d'ombre malsaines quant au passé de cet endroit maléfique. Bien évidemment inédit chez nous jusqu'à présent, c'est grâce à l'éditeur Emylia que nous allons pouvoir nous plonger dans l'ambiance lugubre de ce film intriguant avec cette édition DVD à sortir le 21 septembre prochain.

The cellar

Le script va suivre quatre étudiants en art ayant loué un pavillon d’été au coeur de la forêt pour un week-end afin de finaliser dans le calme leurs derniers projets artistiques. Leur séjour devient de plus en plus pénible lorsqu’ils se mettent à avoir des visions étranges. La maison serait-elle hantée ou leur esprit leur jouerait-il des tours ?

The cellar

Sans traîner, le métrage va s'installer dans cette maison sinistre dont le sous-sol labyrinthique renfermera une présence maléfique diffuse et jamais explicitée pour ainsi multiplier les séquences fortes et porteuses d'une tension réelle et suffocante, obligeant donc le spectateur à puiser dans son imagination pour modeler un passé à cet endroit étrange dont l'emprise va se resserrer de plus en plus sur les protagonistes bénéficiant d'une empathie avérée avec leur naturel débarrassé de tout humour potache, pour même enfoncer le clou lors d'un flash-back annexe percutant et lors d'un dernier acte aux effets de "trouille" probants et incisifs.

The cellar

Le DVD édité par Emylia avancera une image en 1.78 (16/9 anamorphique), pour une bande-son en suédois sous-titré en français en DD5.1 et en DTS. Hélas, le métrage ne sera pas accompagné de bonus pour prolonger l'expérience du film.

The cellar

Donc, il ne reste plus qu'à patienter jusqu'au 21 septembre pour pouvoir se plonger dans cette œuvre étrange et efficace dans sa volonté d'installer une ambiance sinistre et suffocante !

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The cellar
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17.09.10

07:15:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The eclipse
Réalisateur : Conor McPherson
Durée du film : 87 minutes
Date de sortie du film : prochainement (film diffusé au NIFFF 2010)

Avec : Ciaran Hinds (Michael Farr), Iben Hjejle (Lena Morelle), Aidan Quinn (Nicholas Holden), etc.

Par Nicofeel

Film irlandais réalisé en 2009 par Conor McPherson, The eclipse a obtenu le Méliès d'argent au dernier festival de Sitges. Si le film est présenté dans plusieurs festivals de films fantastiques, il faut bien reconnaître que The eclipse traite avant tout de thématiques tout à fait ancrées dans la réalité.
L'élément fantastique n'est finalement qu'assez peu présent et ce n'est pas ce qui justifie le ressort dramatique du film.
Ce long métrage nous introduit dans le quotidien de Michael Farr, un père de famille qui vit avec son petit garçon de 14 ans, Thomas, et sa petite fille de 11 ans, Sarah. Ayant perdu sa femme atteinte de maladie il y a 2 ans, il a du mal à se remettre du décès de celle-ci. Concrètement, comme beaucoup d'autres personnes dans son cas, il n'arrive pas à faire le deuil. Et c'est ce qui explique qu'il fait de nombreux cauchemars dont certains ont lieu en pleine journée : il voit ainsi un fantôme en roulant en voiture ce qui lui cause un accident ; à un autre moment il croise le même fantôme en ouvrant un des placards de sa maison.
La vie de Michael Farr va être amené à fortement évoluer lorsqu'il rencontre la belle Lena Morel, romancière à succès, auteur de The eclipse, qui traite notamment des fantômes. On peut voir dans ce roman qui est évoqué dans le film une véritable métaphore de la vie et a fortiori de nos personnages principaux, Michael Farr et Lena Morelle.
Chacun doit en finir avec les fantômes de son passé et penser à vivre une nouvelle vie. Très joliment filmé, de manière classique et sans aucune esbroufe visuelle, The eclipse est un film qui est tout en douceur, à la manière des quelques notes de piano qui constituent sa bande son.
Les acteurs sont excellents, à commencer par Ciaran Hinds (vu dans un registre totalement différent dans le film Life durant wartime de Todd Solondz) qui est tout en finesse dans son rôle d'homme amoureux. L'actrice qui joue Lena Morelle est également excellente, étant capable tout à la fois de montrer sa déception envers le genre masculin que de se révéler très amoureuse (la fin du film étant sur ce point on ne peut plus claire).
Très fin dans son approche des relations humaines, The eclipse est avant tout une très belle histoire d'amour entre deux personnes, Michael Farr et Lena Morelle, qui vont être amenées à se fréquenter pendant de nombreuses journées, se lier d'amitié avant de franchir le cap et de passer au stade de l'amour. C'est alors que les fantômes de tout un chacun vont disparaître. La fin, qui ne fait nullement dans la surenchère, est tout à la fait plaisante et se termine de manière très optimiste.
Très beau drame romantique mâtiné de fantastique, The eclipse aurait sans nul doute mérité d'obtenir un prix durant cette dixième édition du NIFFF. Pour ma part, j'en avais fait un de mes favoris au sein de la compétition internationale, aux côtés de l'excellent Transfer.

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16.09.10

07:00:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

par Nicore

Blood on the highway

Comédie horrifique assez vulgaire et graveleuse, ce "Blood on the highway" ne recherchera pas la finesse pour assener des blagues loufoques, aux sous-entendus sexuels omniprésents au milieu des effusion de sang jouissives et débridées qui vont parsemer une intrigue prétexte à tous les délires, et ce même si le film se montrera parfois bavard et si son humour ne sera pas forcément bien compris et appréhendé par tous.
Le script va laisser un trio de jeunes gens en route pour un festival rock se perdre au milieu de nulle part pour finalement atterrir dans une ville assiégée par des vampires.

Blood on the highwayAprès une courte séquence introductive suivant la découverte d'un nouveau supermarché par des clients ébahis mais qui ne vont pas tarder à se faire attaquer par des créatures de la nuit, le métrage va s'attacher à mettre en avant ses personnages principaux, avec d'abord Sam et Carrie un couple très mal assorti, puisque ce sera Carrie qui semblera "porter la culotte" et se montrera grossière et énervée alors que Sam sera plutôt timide, posé et gentil. Nous découvrirons ces deux protagonistes alors qu'ils attendent devant chez lui Bone, le meilleur ami de Sam que Carrie ne peut évidemment pas supporter puisqu'il s'agira d'un "pauvre" au père alcoolique qui nous fera une bien croustillante démonstration lorsque Bone quittera la maison familiale pour partir avec ses amis.

Blood on the highwayCette rapide présentation va se poursuivre quelque peu lorsque le trio sera sur cette autoroute pour se rendre à un concert rock, pour ainsi exacerber le caractère de chacun à des fins humoristiques, jusqu'à ce que Sam, malade en voiture, trouve le moyen de vomir partout et en particulier sur leur carte routière, rendant celle-ci illisible. Perdus et après avoir été obligés de se changer, laissant Carrie dévoiler une partie de ses charmes devant la caméra, les jeunes vont alors demander de l'aide à un vieillard loufoque qui va les mettre en garde contre la ville de "Fate" où il se passe de drôles de choses sanglantes, mais qui sera aussi le plus court chemin pour rejoindre l'autoroute. Ignorant l'avertissement, Carrie, qui conduira pour de fait avancer de manière nette sa suprématie sur son petit ami, va prendre la route jusqu'à cette ville, surtout que leur voiture ne va pas tarder à avoir besoin de carburant.

Blood on the highwayCe sera justement lors d'un arrêt dans une station-service que nous allons rencontrer le premier vampire, pompiste de son état et qui va mordre méchamment Sam lors d'une séquence rendue amusante et grotesque, obligeant par la suite le trio à fuir pour alors tomber nez à nez avec d'autres vampires, ce qui obligera Bone à faire usage de la force sanglante pour rester en vie, bientôt aidé par l'arrivée d'un personnage haut en couleurs, le militaire Byron, ce dernier les conduisant jusqu'à son repaire où il a crée un état à part entière avec ses propres lois, dont la polygamie. Sur place, Sam, Carrie et Bone vont découvrir deux autres protagonistes irrésistibles, Lynette, la dernière femme de Byron encore en vie, une plantureuse femme qui semblera aussi bien intéressée sexuellement par Bone que par Carrie, tandis qu'interviendra également Roy, un obsédé lubrique et déviant qui va apporter beaucoup à l'humour débile du métrage.

Blood on the highwayLa suite de l'intrigue verra bien entendu l'état de Sam se dégrader jusqu'à ce qu'il devienne à son tour un vampire revanchard après avoir découvert que Carrie avait en fait des vues sur Bone, tandis que les habitants vampires de "Fate" vont se mettre en ordre de bataille guidés et excités par un prédicateur vampire souriant pour manifester et assiéger avant d'attaquer massivement le refuge du petit groupe, jusqu'à ce dernier acte qui tentera d'apporter une explication douteuse à cette invasion de vampires pour achever le métrage de façon débridée mais pour autant nihiliste en ne laissant aucun survivant.

Blood on the highwayAu-delà de cette intrigue guère évoluée, le métrage va s'orienter vers deux axes bien définis afin de captiver et d'amuser son spectateur avec d'abord cet humour omniprésent au travers de situations souriantes, grotesques et impossibles, à l'image de ces vampires manifestant dans un style typiquement américains pour réclamer du sang frais et la mort des humains, tandis que l'aspect souriant du film va aussi se manifester par ces innombrables petits gags multipliés dans chaque séquence avec parfois des arguments référentiels plaisants, tout en se portant quand même régulièrement sur le sexe et ses sous-entendus vicieux et même parfois un brin pervers. L'humour du film sera bien évidemment en majeure partie colporté par des dialogues souriants mais qui hélas viendront parfois empiéter sur l'action pure, ralentissant sporadiquement le rythme global qui sera du coup en dents de scie, mais sans jamais sombrer.

Blood on the highwayFace à cet humour et s'y mêlant gaiement, le côté horrifique du film se montrera volontaire et graphique pour ainsi faire mourir de manière visuelle (l'aspirateur, ou encore le ventilateur, par exemples) ces vampires qui prendront parfois des allures de morts-vivants lorsqu'il s'agira d'attaquer en nombre les pauvres victimes qui finiront démembrées dans des jaillissements de sang impactants, tout en faisant voler les membres arrachés. Mais pour satisfaire l'amateur de gore débridé, le métrage va également avancer de multiples sévices dont vont être victimes les vampires avant leur mort, pour ainsi créer une ambiance graphique réelle et rehaussée par des effets spéciaux tenant largement la route, et ce même si on sentira que les deux réalisateurs avaient d'autres idées derrière la tête mais qui n'ont pas été visualisées faute de budget.

Blood on the highwayLes personnages resteront stéréotypés pour une caractérisation pleine d'un humour salace rarement redondant et bénéficieront d'une interprétation adaptée et survoltée avec des jeunes acteurs qui en voudront vraiment et tandis que la charmante Robin Gierhart apportera une touche sensuelle dans le rôle de Carrie, épaulée par Laura stone. La mise en scène des deux jeunes réalisateurs est rythmée, dynamique et tentera quelques effets intéressants pour encore donner du punch à l'ensemble. Les effets spéciaux sont donc probants pour des effusions de sang graphiques et largement volontaires et tandis que les maquillages des vampires demeureront simples mais réussis.

Donc, ce "Blood on the highway", quelque peu chaotique mais débridée, aura normalement de quoi faire sourire son spectateur à condition que celui-ci accepte l'humour spécial et graveleux du métrage, tout en lui apportant une bonne dose de gore !

Pour ceux qui voudriaent en savoir plus sur l'édition DVD française du film proposée par Emylia, une présentation est disponible ici !

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15.09.10

06:20:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Blood on the highway

Production indépendante américaine, ce Blood on the highway va verser dans la comédie horrifique débridée mais sans chercher la finesse pour multiplier les blagues graveleuses aux forts sous-entendus sexuels tout en mettant en avant un aspect sanglant graphique jouissif, et bien entendu, ce sera sans avoir été distribué en salles obscures que le métrage arrive chez nous pour un nouvel inédit que l'éditeur Emylia nous permet de découvrir depuis le 14 septembre en DVD.

Blood on the highway

Le script va suivre trois jeunes, partis pour un road trip, qui vont se perdent après que l’un deux ait vomi sur leur carte routière et l’ai rendue illisible. Le destin les dirige vers une ville sanguinaire remplie de vampires assoiffés. Une course brutale s’engage avec deux employés d’un commerce de proximité carnivores qui les mènent à retrouver les seuls survivants de la ville. La bataille contre l’armée des morts vivants se prépare…

Blood on the highway

Porté par cet humour omniprésent, le métrage va développer ses situations autour d'une intrigue minimaliste mais qui servira de prétexte à une multiplication de blagues déviantes, sexuellement orientées et certes pas très fines mais qui auront le mérite d'être jouissives aussi bien avec un humour de situation que par des réparties souvent tordantes et irrévérencieuses, tout comme cette volonté sanglante qui permettra au film de multiplier les passages gores débridés, volontaires et visuels, avec en plus des effets spéciaux probants et une interprétation adaptée pour avancer ces personnages évidemment stéréotypés mais souriants et qui vont se débattre contre ces vampires prenant parfois des allures de morts-vivants lorsqu'il faudra démembrer et attaquer des victimes récalcitrantes.

Blood on the highway

Le DVD édité par Emylia proposera une image en 1.78 (16/9 anamorphique), pour une bande-son en DD5.1 et en DTS en anglais sous-titré en français. Au niveau des bonus, on pourra suivre un sympathique making-of en version originale sous-titré en français (l'éditeur semblant avoir pris de bonnes résolutions de ce côté-là !) qui nous plongera dans l'ambiance festive et souriante du tournage.

Blood on the highway

Donc, depuis le 14 septembre, il nous est possible grâce à Emylia de découvrir cette comédie horrifique déjantée avec son humour pas très fin mais omniprésent, orienté et dévastateur, accompagné par cet aspect graphique sanglant volontaire et jouissif !

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13.09.10

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Des hommes et des dieux
Réalisateur : Xavier Beauvois
Durée du film : 120 minutes
Date de sortie du film : 8 septembre 2010
Avec : Lambert Wilson (Christian), Michael Lonsdale (Luc), Olivier Rabourdin (Christophe), Jacques Herlin (Amédée), etc.

Par Nicofeel

Avec Des hommes et des dieux, l'excellent cinéaste français Xavier Beauvois (auteur notamment du film Le petit lieutenant avec Jalil Lespert et Nathalie Baye) s'inspire de la vie des moines cisterciens de Tibhirine en Algérie, qui auraient été enlevés puis tués par le GIA en 1996.
Évidemment, l'issue du film ne fait aucun doute mais l'intérêt du film ne consiste pas dans son scénario mais plutôt dans le ton adopté par le film. Si Xavier Beauvois n'est pas forcément le cinéaste auquel on pense immédiatement pour nous raconter une histoire relative à des moines trappistes, il n'empêche que la sauce prend rapidement et que l'on se retrouve aussitôt happé par ce film et le portrait qui est fait de ces hommes qui ont tout abandonné pour aimer Dieu.
Superbe film sur la foi, à ranger aux côtés de l'excellent L'évangile selon Saint-Matthieu de Pier Paolo Pasolini, Xavier Beauvois alterne avec une grande justesse les moments de prière (d'abord montrés en plans fixes) et les autres moments de la vie quotidienne de ces moines. Car ces huit hommes de foi forment à eux seuls une micro-société qui réussissent à subvenir à leurs besoins grâce à leur travail de la terre. On a droit à un jardinier, à un médecin, à un cuisinier, aux écrivains, etc. Tous participent utilement à la vie de cette communauté qui est placée sous le signe d'une vie modeste et ouverte aux autres.

En effet, ici on est loin de toute caricature qui pourrait nous amener à penser que ces moines ne font que prier et s'auto-alimenter. Bien au contraire. Ayant fait le choix de vivre dans une région pauvre d'Algérie, ils vivent aux côtés de la société civile et n'hésitent pas à aider quiconque à besoin de leur aide. Ainsi, frère Luc (excellent Michael Lonsdale) s'occupe à faire le médecin pendant toute la journée et reçoit environ 150 personnes par jour ! Tourné vers les autres, frère Luc est sans conteste un des personnages les plus intéressants et qui symbolise parfaitement le mode de pensée de ces moines : aider les autres, qu'il s'agisse aussi bien de la population civile que de membres du GIA.
Mais que dire du personnage de frère Christian, joué par Lambert Wilson. Lui aussi est un homme de foi qui agit toujours en homme de paix, même face à des hommes armés venus avec des intentions belliqueuses. Une superbe scène a d'ailleurs lieu lorsque le GIA vient une première fois le jour de Noël. Frère Christian demeure calme et déterminé. Surtout, il délivre un message de paix et de fraternité. Il arrive d'ailleurs à obtenir des excuses du chef du GIA et le fait que ce dernier demande à lui serrer la main. Un autre élément fondamental est le fait que frère Luc accorde une importance équivalente à tout être humain, comme le prouve cette scène où il prie pour un membre du GIA, ce que ne comprend pas un militaire.
Film qui respire la foi comme rarement vu, Des hommes et des dieux porte bien son nom. En ces temps troubles où l'on peut se faire égorger en un rien de temps et à n'importe quel endroit, les moines en arrivent parfois à douter mais la force de leur foi est plus forte que tout. Ces hommes qui sont au-delà de tous ces massacres et ne pensent qu'à faire le bien autour d'eux. Ils savent que leur mission est de rendre service autour d'eux. Leur foi en Dieu est remarquable.
Encore plus remarquable est le fait qu'ils en arrivent même à prier pour tout le monde, et même pour leurs meurtriers. Le pardon qu'ils accordent est belle à voir. On ne peut qu'être étonné de voir que le GIA ou d'autres personnes aient décidé de mettre fin à la vie à des religieux qui n'ont fait que du bien autour d'eux.
Une scène remarquable du film a lieu lorsque ces moines sont tous réunis et qu'ils prennent ensemble leur dernier repas. Sur la sublime musique du lac des cygnes de Tchaïkovski (opus 20), la caméra de Xavier Beauvois fait le tour de ces huit personnages en les montrant d'abord dans leur globalité puis en montrant uniquement leur visage et enfin leurs yeux. On passe tour à tour des sourires aux larmes. Comme si ces hommes savaient que leur fin est proche. Alors que dire de ce qui va arriver peu de temps après avec ces hommes qui s'enfoncent dans la montagne enneigée, comme s'ils rejoignaient dans cette brume le paradis.
Film d'une grande finesse qui force le respect eu égard au comportement de ces moines trappistes, Des hommes et des dieux doit sa réussite tant à sa mise en scène et sa photographie qu'à son interprétation qui est en tous points remarquables. Les acteurs sont bluffants de vérité et incarnent de manière évidente leurs personnages. Lambert Wilson et Michael Lonsdale en tête campent magistralement ces hommes qui ont donné leur vie pour Dieu.
Voilà sans conteste un film à voir, qui n'a pas volé le grand prix du jury qu'il a obtenu à Cannes.

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09.09.10

06:55:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Strigoi

Réalisateur
: Faye Jackson

Durée du film : 105 minutes

Date de sortie du film
: inconnue (film diffusé au NIFFF 2010)

Avec : Catalin Paraschiv (Vlad), Constantin Barbulescu (Constantin Tirescu), etc.

Par Nicofeel

Film britannique réalisé par Faye Jackson, Strigoi est de prime abord un film enthousiasmant en proposant une alternative aux films de vampires. Comme symbole, on ne fait d'ailleurs pas mieux en décidant que l'action du film va se dérouler en Roumanie, et plus précisément en Transylvanie, là où a sévi le fameux Dracula.
Au début du film, on voit que des personnes du village, Constantin Pirescu et sa femme, sont tuées par les villageois. On tue donc le notable et son épouse à la manière des vampires dans l'ancien temps. Constantin serait devenu un vampire roumain, un strigoi, ce qui permettrait d'expliquer les choses bizarres qui se déroulent au village. Dans l'idée, on peut penser que le film va devenir intéressant en rappelant notamment toute une thématique développée par Luis Bunuel avec les paysans qui reprennent possession des biens face aux notables.
Vlad (prénom de Dracula, hommage amusé au mythe original), le héros du film, revenu d'Italie va tenter de comprendre ce qui se trame dans ce village. Il y a des personnages qui disparaissent sans explication.
On comprend bien évidemment que tout cela est l’œuvre des vampires mais on n'en sait pas plus. On voit des vampires qui ne se montrent pas bien virulents et mangent de tout à l'intérieur des maisons des gens. Le ton comique adopté par le film est plutôt bizarre.
Mais surtout on ne voit pas où la cinéaste veut en venir. Les villageois parlent des communistes comme de gens dangereux. Ils en ont peur.
Pour autant, il y a aussi une critique du capitalisme actuel qui a même trouvé sa place en Roumanie avec ce questionnement autour des terres : ont-elles été vendues ou non ? Le cadastre a-t-il été changé ou non ? Par extension, notre société consumériste est pointée du doigt via l'utilisation de ces vampires.
En somme, la cinéaste semble représenter une société roumaine quelque peu perdue, placée entre un système soviétique en pleine déconfiture et une intégration très récente à l'Union européenne (sachant que la Roumanie est très en retard sur le plan économique par rapport à de nombreux pays de l'Union européenne).
Si tous ces éléments sont évoqués dans ce film, ils ne le sont pas clairement et sans fil directeur.
Surtout, le film est vraiment mou, il y a un rythme extrêmement lent et un ton adopté étrange : on ne sait pas trop si on doit rigoler ou plutôt prendre ce long métrage d'un point de vue dramatique. Ainsi, quelle est la logique de mettre dans un scénario qui se veut sérieux un policier parler de prendre un terrain et d'y planter de la marijuana ?
Par ailleurs, de nombreuses scènes apparaissent redondantes. On a la désagréable sensation d'assister toujours aux mêmes scènes.
Pour ne rien arranger, les acteurs roumains parlent dans un langage anglais mauvais avec un accent très prononcé.
Au final, ce film ennuyeux et incompréhensible est une vraie déception et pour ma part le plus mauvais film de la sélection officielle. Je demeure circonspect quant au fait qu'il ait obtenu le prix du meilleur film européen.

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08.09.10

07:25:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Ce que je veux de plus
Réalisateur : Silvio Soldini
Durée du film : 120 minutes
Date de sortie du film : 11 août 2010
Avec : Alba Rohrwacher (Anna), Pierfrancesco Favino (Domenico), Giuseppe Battiston (Alessio), Teresa Saponangelo (Miriam), etc.

Par Nicofeel

Avec Ce que je veux de plus, l'italien Silvio Soldini offre au spectateur un film relativement original sur un sujet qui ne l'est absolument pas.
Le cinéaste traite de l'adultère avec cette jeune femme, Anna, qui tombe brusquement amoureuse d'un homme, Domenico, alors qu'elle a déjà sa vie qui est bien rangée : elle est comptable dans une entreprise privée importante, elle vit depuis un moment avec un homme qui fait tout pour lui faire plaisir et qui souhaite même lui faire un enfant. De son côté, Domenico est un père de famille avec deux enfants qui est bien souvent à la dèche en raison des petits boulots qu'il fait à droite à gauche.
Alors que bien souvent les films sur l'adultère se résument à un homme ou à une femme qui trompe son conjoint, ici le point de vue est beaucoup plus nuancé, même si les agissements des protagonistes ne sont pas pour autant excusés. Silvio Soldini ne juge jamais, il se contente de proposer une histoire on ne peut plus réaliste avec des gens qui ont manifestement du mal à se faire à leur vie bien rangée où le quotidien du jour ressemble fortement à celui de la veille. L'usure au sein du couple peut être une des raisons de cette incartade.

Mais surtout le cinéaste semble montrer qu'à l'instar de la vie qui peut offrir des moments surprenants, Anna et Domenico vivent leur liaison dangereuse de manière passionnée. Alors qu'ils ne se connaissent nullement, ils s'adonnent à des rapports sexuels intenses, quasi bestiaux qui sont très bien rendus à l'écran avec notamment une photographie particulièrement réussie dans des couleurs vives. On peut penser que cette histoire a lieu avant tout pour le plaisir sexuel qu'elle leur procure. Et pourtant cette relation est loin d'être simple. L'un comme l'autre doivent faire avec leur vie qui est bien chargée et se libérer pour réussir à se voir sur de rares plages horaires. On voit clairement qu'ils sont amenés à mentir à leurs conjoints respectifs : Anna raconte à son compagnon qu'elle fait des heures supplémentaires le mercredi soir alors que durant cette même période Domenico est censé s'entraîner à la piscine. L'un comme l'autre ont beaucoup de mal à vivre cachée leur liaison et surtout à mentir à leurs conjoints respectifs.
Là où le film ne manque pas non plus d'intérêt c'est qu'il dresse finalement un portrait assez juste de cette relation adultérine avec des personnages qui tantôt s'enthousiasment fortement, tantôt ont honte de leur relation, à tel point que plusieurs fois ils sont amenés à rompre.
Mais quel est l'avenir d'une telle relation ? Le cinéaste pose cette question en traitant plusieurs thématiques sous-jacentes : il y a d'abord l'aspect compagnon qui est à prendre en compte. Eh oui en ayant une relation adultérine on est bien évidemment amené à mettre clairement de côté une partie des bons moments que l'on passe avec son compagnon de route. La question est de la relation est également posée au niveau professionnel car tant Anna que Domenico ont du mal à se voir et à assumer pleinement leur travail. D'ailleurs leur relation a un coût qui peut rapidement devenir élevé quand on pense au prix d'une chambre d'hôtel (car bien évidemment il n'est pas question d'aller faire l'amour chez l'un ou l'autre). Et puis la question de cette relation se pose aussi plus simplement au niveau de sa durée : c'est bien beau de vivre pleinement une nouvelle relation, mais il faut encore penser aux répercussions que cela engendre et à la pérennité de ce couple qui vit avant tout pour des raisons sexuelles.
Le film bénéficie d'excellents acteurs. Tous sont bons dans leurs rôles respectifs. On appréciera notamment le fait que tous les personnages sont joués par des acteurs qui n'ont rien de géniaux sur le plan physique et qui pourraient donc être n'importe qui. L'interprétation de ces acteurs est d'ailleurs remarquable, et notamment des deux acteurs principaux, qui tour à tour sont capables de passer d'un moment passionné à des moments de doute, et où le mensonge est bien souvent utilisé pour éluder le problème de cette relation adultérine.
Au niveau de la mise en scène, elle est plutôt fonctionnelle et ne se distingue pas spécialement.
La durée du film est peut-être un poil trop longue (2 heures) mais globalement le film passe plutôt bien. Il mérite donc d'être vu tant pour son scénario plus élaboré que l'on pourrait penser à la base que pour son interprétation de qualité.

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07.09.10

07:15:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Piranha 3D
Réalisateur : Alexandre Aja
Durée du film : 89 minutes

Date de sortie du film : 1er septembre 2010
Avec : Elisabeth Shue (Julie Forester), Steven Mcqueen (Jake Forester), Jerry O'Connell (Derrick Jones), Jessica Szohr (Kelly Driscoll), Danni Arslow (Kelly Brook), etc.
Par Nicofeel

Décidément, Alexandre Aja est fâché avec les œuvres originales (La colline a des yeux, Mirrors). Avec Piranha 3D, il remake le sympathique Piranhas de Joe Dante sorti en 1978. Malgré son manque flagrant d'originalité et son scénario qui tient sur du papier à cigarette, Piranha 3D demeure malgré tout un film regardable.
Ce film, produit par les frères Weinstein, a le mérite de brosser le spectateur dans le sens du poil. Annoncé comme un film où sont présents « sea, sex and blood », il faut bien reconnaître qu'à ce niveau là on n'est pas volé.
L'action met un peu de temps à démarrer mais quand tout est lancé le mélange sexe et horreur carbure à plein régime. Le film se déroule dans la ville balnéaire de Lake Victoria qui reçoit de nombreux étudiants lors du week-end de Pâques. Les jeunes n'ont de cesse de se faire plaisir. C'est l'occasion rêvée pour le cinéaste de livrer quelques séquences de sexe qui ne manqueront pas de réveiller les spectateurs masculins.
Ainsi, le film insiste hautement sur la poitrine généreuse de l'actrice Danni Arslow qui est bien époumonée. Le film joue évidemment sur le rapport entre un jeune homme assez timide, Jake Forester – le fils de la shérif de la ville – qui se retrouve attiré bon gré mal gré à servir de guide à un réalisateur de films pornographiques ou à tout le moins un réalisateur de séquences érotiques. Cela permet à Alexandre Aja de nous montrer des scènes de nudité purement gratuites. On a par exemple droit aux deux « wild wild girls » qui sont filmées sous l'eau entièrement nues. A un autre moment, on voit les poitrines de ces jeunes femmes. Histoire d'en rajouter un peu côté sexe, le film joue à fond la carte de la vulgarité avec le personnage qui interprète ce réalisateur de films cochons, qui n'est pas d'une grande finesse : « mate-moi ça. Des poissons avec des gros nichons ». On nous sert également une séquence de T-shirts mouillés. Bref, tout l'attirail du sexe y passe, aussi bien par la vue de jolies formes que par les paroles de plusieurs des protagonistes.

Et l'horreur dans tout ça ? Car il ne faut pas perdre de vue qu'il s'agit d'un film horrifique. Eh bien de ce côté-là Alexandre Aja ne se prive pas de donner de la sauce tomate à profusion. Si le film est assez timide au début sur ce point avec juste quelques plongeurs qui se font massacrer par de vilains piranhas, le film prend son envol dans une deuxième partie qui n'est pas sans rappeler les dents de la mer. Les piranhas s'en prennent à toutes les personnes qui ont la mauvaise idée d'être dans l'eau. Et ils ne font pas dans la gentillesse. On se retrouve avec des membres arrachés ou dévorés, des têtes coupées. Certaines séquences sont assez drôles comme le sexe du réalisateur qui, gravement blessé, a son sexe sectionné : « ils m'ont coupé la bite ». Le sexe tombe dans l'eau et est mangé par un piranha. D'autres scènes sont carrément surprenantes et on retiendra de prime abord cette très belle séquence (niveau gore) où un piranha sort de la bouche d'une jeune femme blonde. Le plus que l'on voit au niveau du gore ce sont des jambes sectionnées avec des effets spéciaux particulièrement réalistes.
Bref, Alexandre Aja concocte un judicieux mélange sexe et horreur qui devrait sans souci plaire aux jeunes qui viendront voir le film. Car Piranha 3D est avant tout destiné aux adolescents et aux jeunes adultes.
Mais au fait la 3D dans tout ça ? Il faut bien reconnaître qu'elle n'apporte pas grand chose. Elle apparaît quasiment comme un gadget qui permet avant tout de justifier un surcoût de la place de cinéma. Décidément cette mode de la 3D est franchement loin d'être emballante.
Au final, Piranha 3D est un pur film pop-corn. C'est un film d'horreur qui se déguste avec un certain plaisir sur l'instant. Mais passé son visionnage, Piranha 3D s'oublie plutôt vite car il ne se distingue pas vraiment de la production courante en terme de films d'horreur et souffre tout de même d'un scénario quelconque et d'une interprétation peu fameuse. S'il n'avait pas bénéficié d'autant de publicité autour de lui, le film aurait été à peine remarqué.

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06.09.10

07:00:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Après un regain d’activité appréciable au cours du mois de juillet, les éditeurs sont retombés dans une léthargie estivale lors du mois qui vient de se terminer avec déjà très peu de ressorties et aucun passage au Blu-ray pour des titres existants, pour ne nous proposer que quelques inédits d’intérêt variable et des titres passés par la case « salles obscures ».

Le choc des titans
Legion

Ainsi Warner Home Video aura sacrifié le remake mitigé du Choc des titans réalisé par louis Leterrier, tandis que Sony aura lancé son Legion et ses anges exterminateurs pas toujours bien crédibles.

Suffer island
Mega shark vs giant octopus

Jamais sorti en salles, mais espérant nous le faire croire avec son titre ambigu, le Suffer island de Christian Duguay et son camp de redressement sadique aura été proposé par Metropolitan pendant que Free Dolphin aura édité un Mega shark vs giant Ocpotus au titre improbable qui aurait fait les beaux jours des cinémas de quartier à l’époque.

Madness
Hit and run

Habitué de ces lignes, Emylia aura donné sa chance au brutal Madness, œuvre suédoise sanglante et sauvage présentée ici et critiquée , alors que MGM aura mis en vente le malin et réussi Hit and run et son psychopathe pugnace et vengeur après avoir été renversé par une jeune femme ivre.

Bitten
Grim

De manière bien plus anecdotique, Zylo se fera fendu de deux inédits avec Bitten et son vampire refusant sa nouvelle condition et Open graves et ses surfeurs confrontés à un jeu maléfique mais bénéficiant de la présence de la belle Eliza Dushku. Et de son côté Elephant Films sera également resté bien timide pour ne nous offrir qu’un Grim lorgnant vers le "Z" avec sa créature monstrueuse qui devra affronter des spéléologues.

All the boys love Mandy Lane
Thirst

Seul éditeur à avoir crée la surprise, Wild Side Video aura fait bénéficié à l'attendu All the boys love Mandy lane (critiqué ici dans son édition en zone 2 anglais) d'une sortie, comblant ainsi une longue attente tardivement palliée, tout en offrant une ressortie au terrible et magnifique Martyrs et en proposant le nouveau Park Chan-Wook, le bien nommé Thirst.

Il en restera donc plus à l'amateur de cinéma horrifique et fantastique de bien vite oublier ce mois d'août misérable avec uniquement de rares sorties vraiment intéressantes, pour espérer que ce mois de septembre qui vient de commencer soit plus prolixe pour une rentrée qui s'annonce déjà plus chargée ! Le rendez-vous est déjà pris pour vérifier tout cela à la fin du mois !

Le choc des Titans

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Le choc des Titans - Edition ultime Fnac (Blu-ray) / Blu-ray + DVD

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Le choc des titans (Blu-ray) - Edition belge

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Suffer Island

Suffer Island
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Suffer island (Blu-ray)

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Mega Shark vs Giant Octopus

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Hit and run

Hit and run
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All the boys love Mandy Lane (Blu-ray)

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All the boys love Mandy Lane

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Martyrs - Edition simple

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Thirst (Blu-ray)

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01.09.10

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Die ewige maske
Réalisateur : Werner Hochbaum
Durée du film : 85 minutes

Date de sortie du film : 1935 (film diffusé au festival du NIFFF 2010 - Neuchâtel International Fantastic Film Festival, premier film suisse vu dans le cadre de la rétrospective « L'ombre d'un doute »)

Avec : Mathias Wieman (docteur Dumartin), Peter Petersen (professeur Tscherko), Tom Kraa (docteur Wendt), Franz Schafheitlin (monsieur Negar), Olga Tschechowa (madame Negar), etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Werner Hochbaum en 1935, Die ewige maske est un thriller suisse qui traite de la psychanalyse. Librement inspiré d'un roman de Léo Lapaire, L'autre qui est en nous (titre français du film) Die ewige maske date de 1935. Et pourtant, malgré le poids des ans (et donc de la copie que nous avons vu), le film reste passionnant de bout en bout. Il faut dire que la thématique du film est vraiment très intéressante, que le côté enquête demeure jusqu'au bout avec ce mélange rêve-réalité et que la mise en scène est très solide, avec de superbes plans, qui font notamment écho aux impressionnistes.
Le film débute d'ailleurs par un plan séquence dans un hôpital avec la présentation des personnages, plan séquence se clôturant avec la chambre 112. Dans cette chambre 112, il y a le mourant, monsieur Negar. Il faut dire que l'hôpital est rempli en raison d'une épidémie de méningite. Le docteur Dumartin administre son sérum au mourant Negar, sans l'aval du professeur Tscherko, le chef de l'hôpital. L'échec des soins explique le départ de Dumartin et surtout les délires qu'il va vivre.
Très bien mis en scène, Die ewige maske est également marquant par une très belle photographie qui utilise à plein les possibilités du noir et blanc, à manière des impressionnistes, notamment lorsque Dumartin fait des rêves (cauchemars) ou se comporte comme un schizophrène. Plusieurs scènes demeurent remarquables comme lorsque Dumartin saute dans l'eau après avoir parlé à son reflet ou lorsqu'il rêve d'un autre endroit avec notamment des ballerines que l'on voit en transparence.
Le cinéaste Werner Hochbaum rend particulièrement bien à l'écran ce personnage de Dumartin qui est en fait prisonnier d'un labyrinthe souterrain qui représente précisément son propre esprit et ses responsabilités dans le décès de Negar. Il y a beaucoup de passages avec des portes et des couloirs. C'est intéressant dans le cadre de la schizophrénie vécue par Dumartin. Derrière une porte, Dumartin trouve quelqu'un qui porte un masque (d'où le titre du film). Et évidemment derrière le masque il y a tout simplement Dumartin. Comme on peut s'en douter, la résolution de ce thriller ne peut se faire que dans la chambre 112, lieu du trauma.
Le film est également intéressant par ce qu'il évoque deux méthodes de pensée au niveau de la médecine qui se font concurrence. Le professeur Tscherko, qui représente un docteur de l'ancienne école, ne veut pas le changement. C'est la raison pour laquelle où il est de prime abord opposé à l'idée d'adopter le sérum du docteur Dumartin. Ce sont les jeunes loups, les docteurs Wendt et Dumartin, qui représentent non seulement la relève mais surtout l'avenir. Ces deux styles de soins sont donc différents et sont en perpétuelle confrontation, les jeunes n'appréciant pas les méthodes du professeur.
Bien que disposant de nombreuses qualités, Die ewige maske n'est pas parfait. On regrettera par exemple : l'utilisation des raccords avec l'utilisation de photogrammes ; l'annonce des docteurs au haut parleur avec un aspect robot un peu ridicule ; des acteurs souvent en sur-jeu et principalement celui jouant le professeur Tscherko qui est vraiment en roue libre. C'est d'ailleurs peut-être pour le cinéaste une façon de surligner les méthodes peu fines de ce professeur, qui accepte difficilement de se remettre en question ainsi que les nouvelles méthodes de soin.
Malgré tout, Die ewige maske est un film disposant d'un solide scénario, d'un intéressant questionnement autour des troubles mentaux, d'une belle mise en scène et d'un bon rythme.

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07:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Un poison violent
Réalisatrice : Katell Quillévéré
Durée du film : 92 minutes
Date de sortie du film : 4 août 2010

Avec : Clara Augarde (Anna), Lio (Jeanne), Michel Galabru (Jean), Thierry Neuvic (Paul), Stefano Cassetti (père François), Youen Leboulanger Gourvil (Pierre).
Par Nicofeel

Réalisé par Katell Quillévéré dont c'est le deuxième film, Un poison violent traite d'un sujet particulièrement sensible vu qu'il touche à la religion. Assez différent d'un Avril par le ton adopté, Un poison violent est un film délibérément dramatique par son traitement qui pose des questions sur la religion catholique d'aujourd'hui.
En s'intéressant au sort d'Anna, une jeune fille de 14 ans qui débute le moment charnière dans la vie que constitue l'adolescence, la cinéaste française réussit à tisser une toile beaucoup plus longue que l'on n'imagine au départ. La réalisatrice ne se contente pas d'évoquer les doutes d'Anna quant au fait de savoir si elle croit toujours en Dieu et donc si elle est en mesure de faire sa confirmation (période qui fait suite à la communion, moment où le baptisé reçoit le don du Saint Esprit).
En décrivant la famille d'Anna et des gens que cette famille est amenée à fréquenter, Katell Quillévéré touche à d'autres questions fondamentales : l'éveil de la sexualité d'une jeune fille ; les familles divisées ; la tentation éventuelle d'un prêtre.
La réalisatrice Katell Quillévéré n'a pas choisi la jeune Clara Augarde (Anna) par hasard. Pour elle, cette jeune fille possède une vraie puissance sexuelle. Et cet élément est d'autant plus troublant que Clara Augarde, en plus d'être jeune, est belle et fait preuve d'un naturel tout à fait incroyable. On comprend dès lors aisément que la jeune fille ne laisse pas indifférent. Son petit copain la trouve très jolie et n'a de cesse de draguer cette fille de son âge : il la complimente, il l'embrasse, il joue de la guitare en faisant une petite chanson pour elle, etc. Anna y est très sensible. On voit à plusieurs reprises l'éveil de la sexualité de cette jeune fille qui découvre un corps qui devient celui d'une femme.
Ce corps ne laisse pas non plus indifférent Jean, son grand-père paternel, qui a un rapport certes affectueux avec mais qui est également empreint d'un certain désir. C'est lorsqu'Anna fait la toilette de Jean que ce dernier se met à bander. Plus tard dans le film, il décède peu de temps après avoir vu les poils du sexe de sa petite fille. Si certains peuvent penser qu'il y a quasiment de l'inceste dans tout ça, on peut aussi penser que c'est tout simplement le voeu d'un vieil homme de voir sa petite-fille en train de devenir une belle jeune femme. Quoique c'est le même homme qui a demandé à sa petite fille de lire un poème particulièrement osé lors de son décès.

Alors que Jean est au seuil de la mort, Anna entre en revanche dans une période importante de sa vie. Et tout cela la réalisatrice du film le retranscrit parfaitement. Tant les désirs de cette jeune fille que ses doutes sont parfaitement retranscrits.
Mais la cinéaste ne se contente pas de livrer les doutes d'une jeune fille face aux propos religieux qui peuvent paraître choquants. En effet, dans le film on voit un évêque qui se montre assez dur dans ses paroles pour des adolescents en évoquant la lettre de Saint-Paul apôtre aux Galates (chapitre 5) qui divise l'Esprit (objet de la confirmation) de la chair : « On sait bien à quelles actions mène la chair : débauche, impureté, obscénité, idolâtrie, sorcellerie, haines, querelles, jalousie, colère, envie, divisions, sectarisme [...] Mais voici ce que produit l'Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi. » Le film montre qu'un amour peut être sain sans pour autant être condamnable. Il n'y a qu'à voir l'éveil à la sexualité de la jeune Anna. Ce sont avec des propos aussi radicaux que propose la lettre de Saint-Paul qu'Anna se met à douter en sa croyance en Dieu et qu'elle refuse de finaliser son confirmation (dans le film on voit qu'au bout d'un moment elle n'arrive plus à dire « nous croyons »).
Très intelligemment, le film ne se focalise pas que sur le personnage pour parler de la religion catholique de nos jours. Le personnage du père François est également très intéressant. C'est d'abord une personne qui vient d'Italie (façon peut-être de montrer que le faible nombre de vocations amène à avoir de plus en plus de prêtres étrangers) et qui est proche des gens comme l'attestent les moments où il accepte de jouer au football avec des adolescents ou les moments où il confesse des personnes du village. Mais cette proximité n'est pas du tout évidente à gérer. Lors d'une séquence du film, on se demande si la réalisatrice n'essaye pas de traiter le cas des prêtres pédophiles. Heureusement, cela n'est pas le cas mais l'abri dans la grotte où vont le prêtre et Anna peut faire penser aux faits divers qui rejaillissent dans la presse et discréditent ô combien la religion.
Par ailleurs,en étant proche des gens, le père François en arrive parfois à douter de lui. Le célibat des prêtres n'est certes pas évoqué directement mais c'est une vraie question qui est posée indirectement par l'envie que ressent ce prêtre par le personnage de Jeanne (Lio), qui joue la mère d'Anna.
A fortiori, la famille d'Anna est encore une fois révélatrice de notre société actuelle. Anna doute de sa foi et est troublée par les changements de son corps mais ce ne sont pas les seuls éléments qui la perturbent. Anna est fatiguée par le fait que ses parents soient séparés. Les nombreuses crises de sa mère sont loin de l'apaiser. Au contraire. Voir des familles séparées qui ont bien du mal à vivre ensemble est devenue quelque chose de malheureusement trop commun.

Particulièrement bien joué, tant par des adultes confirmés comme Michel Galabru ou Lio que par les jeunes acteurs, avec une mention spéciale à la très jolie et sensible Clara Augarde, Un poison violent fonctionne à merveille sur un mode d'oppositions. Il y a d'un côté les adultes, de l'autre les adolescents. Il y a surtout un poison qui représente tout aussi bien l'éveil de la sexualité d'une jeune fille (coupable d'acte de chair, qui va en opposition directe de l'esprit) que les doutes d'un jeune prêtre qui a lui aussi des envies qui ne sont pas tournées uniquement vers Dieu.
Très riche et même assez violent par les sujets qu'il aborde, Un poison violent est un film qui ne manque d'intérêt sur la religion et des questions qui gravitent autour. A voir.
La très belle reprise du Creep de Radiohead lors du générique de fin clôt de façon remarquable ce film.

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