Archives pour: Octobre 2010

29.10.10

06:15:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Macao
Réalisateur : Clemens Klopfenstein
Durée du film : 90 minutes
Date de sortie du film : 1988 (film diffusé en exclusivité au festival du NIFFF 2010)

Avec
: Hans-Dieter Jendreyko, Christine Lauterburg, Max Rüdlinger, Hans-Rudolf Twerendold, Tin Hong Che, Sio Heng Ieong, etc.


Par Nicofeel

Réalisé en 1988 par Clemens Klopfenstein, Macao ou l'envers des eaux est certainement l'un des films les plus anthropologiques du cinéma suisse. Il mélange en effet deux cultures différentes, à savoir d'un côté le folklore suisse et de l'autre des croyances asiatiques.
Furieusement romantique, le film l'est aussi bien par sa thématique (l'amour pur d'un couple) que par sa mise en scène très audacieuse.
On est mis dans l'ambiance du film dès le départ avec un couple, Mark et Alice, qui s'aime passionnément et fait l'amour. Le cinéaste a décidé de donner un côté atemporel à cet amour en mettant un filtre bleu.
On voit que Mark a un accident d'avion et c'est la raison pour laquelle on le retrouve dans l'eau avec la valise. La question qui se pose est alors de savoir s'il vit réellement les événements auxquels on assiste ou si tout se passe dans sa tête et qu'il est finalement au seuil de la mort.
Pour l'instant ce n'est pas la question. Mark débarque à Macao (une presqu'île au sud de la Chine) et est accueilli par un chinois. Il y a d'abord la barrière de la langue. Très intelligemment, le cinéaste a mis le spectateur dans la même situation que son principal protagoniste en décidant de ne pas sous-titrer le langage parlé par le chinois.
Ce séjour va être l'occasion pour Mark, qui ne réussit pas à quitter cet endroit, de s'adapter à la langue (la jeune Ping-Ping lui apprend quelques mots) et aux coutumes locales.
A de nombreuses reprises, il y a des raccords entre ce que vit (ou ce que fantasme) Mark et ce que vit sa femme Alice. Comme sublime preuve d'amour, cette dernière décide d'ailleurs de partir à sa recherche.
Très beau sur le plan visuel avec notamment de superbes paysages naturels, Macao offre de nombreuses scènes surréalistes comme ce moment où Mark et le capitaine Kreuger rament sur une barque, avec comme fond d'écran de fausses étoiles. D'ailleurs, les relations entre ces deux hommes donne parfois lieu à des scènes drôles, complètement décalées.
L'interprétation des acteurs est sans faille et on appréciera aussi bien leur jeu pur que les chansons qui émaillent le film et accroissent le côté romantique de ce long métrage.
Au final, Macao est un beau drame romantique qui comporte un vrai côté dépaysant par son action qui se déroule en grande partie en Asie.

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28.10.10

08:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Happy few

Réalisateur
: Antony Cordier

Durée du film
: 103 minutes

Date de sortie du film : 15 septembre 2010

Avec
: Elodie Bouchez, Nicolas Duvauchelle, Roschdy Zem, Marina Foïs, Jean-François Stévenin, etc.

Par Nicofeel

Un film avec la nouvelle vague d'acteurs français avec des personnes telles qu'Elodie Bouchez, Nicolas Duvauchelle, Roschdy Zem ou encore Marina Foïs, voilà à la base une nouvelle plutôt plaisante.
Surtout que la thématique, deux couples qui décident de changer mutuellement leurs partenaires peut poser question.
Le problème est que le cinéaste réalise un film qui tourne assez vite en rond et se révèle même plutôt malaisant, sans que l'on soit forcément quelqu'un de réac'.
Le premier problème du film est le point de vue utilisé par le cinéaste. Dès le départ, il part bille en tête avec l'idée qu'il est tout à fait possible que des couples décident immédiatement de relancer leur amour en changeant de partenaire, avec un couple unique qu'ils viennent juste de rencontrer.
Il faut bien reconnaître que tout ceci manque tout de même de crédibilité, surtout si l'on part du postulat que vous aimez votre conjoint.
Mais surtout tout est accepté de part et d'autre et cela paraît normal de coucher avec une amie et de retrouver quelques heures plus tard son époux ou épouse. Et pour appuyer un propos déjà bien lourd, le réalisateur décide de multiplier les scènes de sexe qui ont plutôt pour effet de mettre le spectateur dans une situation de voyeur, assistant à des scènes que l'on peut aisément qualifier de gratuites.
Dans ce film qui se veut sans doute libertaire, on ne se pose jamais beaucoup de questions. Les couples couchent ensemble et recouchent ensemble. Dès le début, personne ne se demande s'il n'y a pas tromperie dans cette affaire ?
Non il y a juste une histoire d'être mieux. Si l'on décide d'accepter ce postulat qui est tout de même très spécial, reste l'idée de savoir si l'on peut aimer deux personnes à la fois. Le réalisateur esquisse à peine cette hypothèse.
Ce qui est tout de même dommage car on aurait bien aimé au contraire que les points de vue se confrontent et révèlent les doutes de cette situation. Car les doutes n'arrivent qu'au moment où les personnages en ont marre de cette situation, ayant peur de perdre leurs conjoints.
A fortiori, on se doute bien que cette affaire va forcément se terminer un jour ou l'autre. Alors quel est le but de ce film ? On ne voit pas bien. Choquer pour choquer ou donner une pseudo idée de liberté.
Il n'y a malheureusement pas grand chose à sauver de ce film soit très maladroit soit carrément contestable sur son fond. On notera tout de même la très sympathique apparition de Jean-François Stévenin qui évoque la parabole du fils prodigue. On peut bien évidemment faire le lien entre cette parabole et nos protagonistes. Sauf que ces derniers ne cherchent qu'à la fin à revenir à leur situation initiale. Et évidemment cela n'a porté à aucune conséquence. Encore qu'ils regrettent surtout de ne plus voir l'autre couple.
Bref, ce film Happy few est une vraie déception. S'il est sympathique de constater que des couples peuvent apprendre des choses d'autres couples, ce que nous montre clairement le film, il n'est pas besoin pour autant de coucher avec l'autre. Le propos du film paraît assez douteux.
Les acteurs ne sont pas mauvais en tant que tels mais ils sont forcément aspirés par cette histoire qui a de quoi laisser dubitatif. Mieux vaut voir ces acteurs dans d'autres films. Pour ma part, je préfère revoir notamment Marina Foïs dans l'excellent J'me sens pas belle, où elle interprète brillamment une trentenaire de son temps.
Ici, si le but est de s'inscrire dans notre monde contemporain, la méthode utilisée n'est pas forcément la bonne. Le réalisateur, Antony Cordier, nous a habitué à bien mieux avec plus particulièrement le troublant Douches froides (2005).

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27.10.10

08:15:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The housemaid

Réalisateur
: Im sang-Soo

Durée du film
: 1h47

Date de sortie du film en salles : 15 septembre 2010

Avec : Jeon Do-Yeon (Euny) ; Lee Jung-Jae (Hoo) ; Youn Yuh-Jung (Byung Shik) ; Seo Woo (Hera), Ahn Seo-Hyun (Nami), etc.

Par Nicofeel

Très concerné par la condition féminine depuis qu'il est cinéaste (Une femme coréenne en 2005 ; Le vieux jardin en 2007), le sud-coréen Im sang-Soo continue dans ce qui constitue sa thématique favorite, sauf que désormais ce sujet prend une ampleur encore plus importante.
Signifiant littéralement « la femme de chambre » ou « la bonne », The housemaid est le remake d'un film de 1960, qui a été remis au goût du jour de notre société actuelle.
Le synopsis de The housemaid est simple : une jeune femme, Euny, est engagée par une famille de riches, pour être la servante. Sauf que son contrat ne précisait évidemment pas qu'elle allait se retrouver à coucher avec le père de famille, et être enceinte de lui, ce qui va avoir pour effet de compléter désorganiser les plans de la famille.
Si Im Sang-Soo propose un film autour de la famille, ce n'est que pour mieux critiquer celle-ci. En effet, la famille de nobles qui occupe l'action du film est particulièrement peu sympathique : les gens qui la constituent sont hautains et n'ont pas vraiment d'humanité. Ils pensent que dans notre société tout peut se régler avec l'argent.
A fortiori, ces gens riches ne cherchent qu'une chose : le pouvoir. Et ils l'inculquent même à leur petite fille, Nami. De manière incroyable, cette dernière déclare à Euny que si elle est polie avec tout le monde, c'est que son père lui a demandé d'agir ainsi, car cela prouverait que l'on est supérieur aux autres.
Tout le film est centré sur ce besoin de pouvoir, qui se retrouve à tous les niveaux et se matérialise dans les rapports humains. Au premier niveau, on a droit à des rapports de force entre le maître et son serviteur, ce qui rappelle un peu l'excellent The servant de Joseph Losey. Au deuxième niveau, il y a tout simplement le rapport entre l'homme et la femme. Là, c'est tout bonnement la thématique favorite du réalisateur sud-coréen. Il n'hésite pas à montrer une société inégalitaire où l'homme est tout puissant et où la femme semble bien souvent cantonnée à un rôle second, en lien direct avec les volontés de son époux (faire des enfants, éduquer ces mêmes enfants). Ce n'est absolument pas un hasard si Im Sang-Soo cite dans son film Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir, œuvre fondamentale du mouvement féministe, écrit en 1949. Les points évoqués dans ce livre sont toujours d'actualité, plus de soixante ans après sa parution.
Le film indique de manière explicite qu'il y a un troisième niveau de pouvoir, celui entre femmes. Là encore, on peut faire des subdivisions car il y a les rapports entre les femmes de milieux riches et celles de milieux plus modestes. Mais il y a aussi des rapports de force entre des femmes de même milieu. Les femmes sont véritablement terribles entre elles, comme le prouvent les agissements contre Euny quand les femmes de la famille riche apprennent qu'elle est enceinte et donc en capacité de mettre au monde un bâtard si l'on suit leur logique. La grand-mère tente ainsi de tuer Euny et par la suite de la droguer afin de provoquer une fausse couche.
Le mari laisse les femmes régler leurs affaires entre elles alors qu'il est responsable à 100 % et qu'il n'a pas hésité à prendre Euny, cette femme simple et gentille (qui accepte finalement tout ce qu'on lui demande), pour son esclave sexuel, l'obligeant à subir des actes dégradants. L'homme se lave les mains de la cruauté des femmes entre elles et a en outre le toupet de se plaindre à sa belle-mère qu'on ait tué son fils illégitime.
A tous les niveaux de cette société contemporaine, il y a toujours la volonté de prendre l'ascendant sur l'autre. La mise en scène, très soignée, illustre parfaitement cette idée du rapport de force avec de nombreux mouvements à la grue.
Mais comme dans The servant de Joseph Losey tout ne se passe pas forcément comme on l'entend. La révolte des classes populaires peut avoir lieu, même si dans le cas d'espèce il s'agit plus d'un sursaut d'orgueil, d'un cri du cœur que d'une véritable révolte. Euny est une femme fatiguée qui n'en peut plus de vivre dans cette société cruelle où les sentiments n'ont pas cours et où seuls l'argent et le pouvoir sont recherchés.
Cela nous amène à faire un parallèle avec le début du film où la mise en scène était très rapide et rappelait le déséquilibre mental de cette femme qui avait décidé de se suicider. Tout le monde s'en moquait et n'a fait quasiment comme si de rien n'était : on est dans une société déshumanisée. Cette scène évoque avec de l'avance l'acte qui va être commis vers la fin du film par l’héroïne. Elle n'en peut plus de cette société qui l'a littéralement broyée.
De manière très subtile, le film vire progressivement d'un érotisme ambiant (quoique tout cela apparaît généralement comme une relation bestiale, avec un homme qui se considère comme dominateur) vers un drame particulièrement noir (voire cynique comme le prouve la fin). La petite fille, Nami, représente certainement le point de vue du réalisateur, refusant cette société qui est somme toute sordide et pathétique.
En plus d'une mise en scène particulièrement réussie, de thématiques très fortes, on notera l'excellence de la distribution tant de la part de l'actrice interprétant Euny que de ceux jouant le rôle de ces bourgeois qui sont très beaux mais ont un cœur de pierre.
Voilà sans conteste un film essentiel de l'année 2010 qui prouve une nouvelle fois tout le talent d'Im Sang-Soo, qui est vraiment un réalisateur contemporain à suive.

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26.10.10

08:25:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Jenatsch

Réalisateur
: Daniel Schmid

Durée du film
: 97 minutes

Date de sortie du film
: 1987 (film vu en exclusivité au festival du NIFFF 2010)

Avec
: Michel Voïta (Christophe), Christine Boisson (Nina), Vittorio Mezzogiorno (Jenatsch), Jean Bouise (docteur Tobler), Carole Bouquet (Lucrezia), Fredi M. Murer (l'archiviste), etc.

Par Nicofeel

Réalisé par l'excellent Daniel Schmid, auteur du sublime film La paloma, Jenatsch est la première collaboration de ce cinéaste suisse avec le romancier Suter. Le film utilise le canevas du roman policier, avec une dose d'humour délibérée et bienvenue.
Le film part d'un reportage autour du squelette de Jenatsch (pasteur protestant qui se fit remarquer au XVIIème siècle notamment lors de la guerre de 30 ans et qui mourut en 1639), héros des Grisons, qui a été découvert récemment.
Le professeur Tobler (interprété par un formidable Jean Bouise qui en fait des tonnes !) est un anthropologue qui a découvert Jenatsch. Il possède le grelot de Jenatsch (macguffin hitchcockien ?) qui devrait permettre de retrouver par extension son tueur. Cela va donner l'idée à un journaliste (très bon Michel Voïta), Christophe Sprecher, fait un article sur Jenatsch.
Dans le cadre de ses investigations, Christophe va rencontrer des gens et des lieux qui vont lui rappeler des lieux de l'époque de Jenatch, à tel point qu'à de nombreuses reprises il se retrouve en plein XVIIème siècle. Avec finalement très peu de moyens (juste des habits d'époque et quelques objets caractéristiques), Daniel Schmid réussit à nous faire passer d'une époque à l'autre. Le fantastique peut intervenir dans ce film à n'importe quel moment du quotidien et c'est une qualité évidente de ce long métrage pour le moins curieux.
Comme le dit la dame Von Planta, maîtresse du château où a vécu autrefois Jenatsch, « chaque vérité devient une fiction au moment où elle est passée ».
La question qui se pose dans ce film où on attend impatiemment la résolution de l'intrigue est alors de savoir si Christophe est en mesure d'influer sur l'histoire ou s'il est simplement doué de revoir le passé. Le cinéaste propose à plusieurs reprises de superbes raccords entre le passé et le présent, comme ce moment où Christophe voit Carole Bouquet, qui joue le rôle de l'amie de Jenatsch, passer dans un train.
La fin du film est particulièrement mystérieuse et pose de sérieuses questions sur l'implication de Christophe dans toute cette histoire.
Voilà donc un beau film qui utilise les codes du film d'enquête pour mieux égarer le spectateur avec un aspect fantastique qui s'immisce dans le quotidien le plus banal. C'est sans conteste un film vraiment intéressant qui prouve la capacité de Daniel Schmid de passer d'un genre à un autre sans souci, tout en conservant une vraie atmosphère et une mise en scène au cordeau. Film réservé tant aux amateurs de cinéma d'auteur qu'aux gens curieux.

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25.10.10

08:05:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Jack Brooks, tueur de monstres
Jack Brooks, tueur de monstres

Vibrant hommage aux films de monstres des glorieuses années 80, ce Jack Brooks, tueur de monstres, resté honteusement inédit en France depuis deux ans, est enfin arrivé chez nous depuis le 19 octobre grâce à l'éditeur Emylia qui a l'excellente idée de nous proposer le film en DVD et en Blu-ray.

Jack Brooks, tueur de monstres

Le script va suivre le destin de Jack, un jeune plombier dont la famille s’est fait décimer par un monstre dans sa jeunesse. Alors qu’il aide le Dr. Crowley à réparer sa tuyauterie, un démon se réveille dans la maison et ne tarde pas à prendre possession du docteur. Jack devra alors lutter contre sa colère, combattre le démon, affronter des créatures meurtrières libérées et enfin venger sa famille !

Jack Brooks, tueur de monstres

Afin de bien cadrer son intrigue et de présenter copieusement son personnage principal, un anti-héros sympathique au possible, le métrage va donc s'attarder dans sa première partie sur le quotidien de ce Jack Brooks avant de véritablement lancer son action qui heureusement sera largement généreuse aussi bien pour avancer des plans sanglants jouissifs que pour mettre en scène ces monstres graphiques énormes, la critique complète du film dans son édition en zone 2 anglaise étant disponible ici !

Jack Brooks, tueur de monstres

L'édition DVD du film proposée par Emylia avancera une image en 1.85 (16/9 anamorphique) pour une bande-son en français en DD5.1 et en anglais sous-titré en DD5.1 et en DTS. Au niveau des bonus, on pourra suivre un sympathique court-métrage français, Game of the dead.Le Blu-ray proposera une image également en 1.85 (1080p/24) et la bande-son en français et en anglais sous-titré en DTS-HD, reprenant par ailleurs le même bonus.

Jack Brooks, tueur de monstres

Donc, depuis le 19 octobre prochain, cet excellent film de monstres aussi souriant que graphique est disponible chez nous en DVD et en Blu-ray grâce à Emylia, et pour ceux qui n'ont pas attendu cette date, le DVD est disponible en pack avec le magazine Mad Movies du mois.

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Jack Brooks : Tueur de monstres

Jack Brooks : Tueur de monstres
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08:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Primal

Réalisateur
: Josh Reed

Durée du film : 85 minutes

Date de sortie du film
: inconnue (film diffusé au festival du NIFFF 2010)

Avec : Krew Boylan (Mel), Lindsay Farris (Chad), Wil Traval (Dace), Rebekah Foord (Kris), Damien Freeleagus (Warren), Zoe Tuckwell-Smith (Anja), etc.

Par Nicofeel

Film australien réalisé par Josh Reed (complètement inconnu au bataillon), Primal est un pur film d'horreur bien gore qui malheureusement ne brille pas vraiment par son originalité. Le film est un banal survival qui ne dispose au final d'aucun élément original. Pire, le côté fauché de ce long métrage l'handicape sérieusement.
Le film démarre d'ailleurs par une introduction où l'on découvre des décors sont particulièrement sommaires. Censée se dérouler il y a 12000 ans, cette scène représente un homme préhistorique en train de peindre des peintures rupestres qui se fait tuer par être mystérieux.
La suite de l'histoire met en scène les principaux protagonistes du film, à savoir comme souvent dans ce genre de films une bande de jeunes, qui passe dans un endroit très sauvage. Particulièrement peu malins, ces jeunes sont à eux seuls de véritables caricatures. On a par exemple droit à la blonde de service qui n'est pas vraiment futée et qui se la joue sexy, souhaitant se baigner en pleine nuit. Cela va être à l'origine de changements en elle, la transformant en sorte de bête assoiffée de sang.
Si l'on passe sur le côté complètement incroyable de l'histoire, on retiendra surtout une caméra qui tremble énormément lors des scènes d'action. Sans compter les nombreux accélérés qui sont là pour donner du rythme. Le cinéaste essaie de dynamiser son film mais il réussit plutôt à saouler le spectateur.
Les défauts du film ne s'arrêtent pas là. La photographie, qui manque cruellement de netteté, laisse clairement entendre que le film a été tourné en vidéo. On a donc d'autant plus de mal à rentrer dans ce film qui est surtout fauché et bien souvent ridicule par les scènes qui sont proposées (on a droit à un moment à une idée complètement saugrenue quand un cannibale décide de forniquer avec la jeune fille transformée en cannibale ; il y même des scènes involontairement drôles, comme lorsque le petit-ami de la blonde pense qu'elle est malade et a besoin d'aide alors que l'on voit clairement qu'elle est dangereuse).
Mais heureusement tout n'est pas à jeter. Les SFX sont plutôt bons avec des effets gore convaincants. C'est d'ailleurs la seule vraie réussite du film. Eu égard aux nombreuses scènes sanglantes, cela permet au moins de passer le temps sans trop s'ennuyer.
Sans conteste, Primal est un film primaire (bon d'accord celle-là elle était facile !) sans aucun côté original et de nombreux défauts inhérents à son faible budget. Voilà un film parfaitement dispensable. C'est sans conteste avec Der damon des himalaya une des deux grosses déceptions du festival du NIFFF 2010.

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22.10.10

07:40:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Nicore

Chasseur de têtes

Petit film indépendant réalisé par Paul Tarantino (rien à voir avec Quentin), ce Chasseur de têtes ne va pas trop oser se prendre au sérieux pour avancer son intrigue surnaturelle classique mais délivrant un certain humour en caricaturant les "golden boys" américains, tout en souffrant hélas quand même d'une interprétation limitée.
Le script va laisser un jeune agent d'assurances désireux de gagner plus accepter l'offre d'une chasseuse de têtes d'intégrer l'équipe de nuit d'une société dans un immeuble qui va rapidement paraître étrange au nouveau venu, voir même hanté.

Chasseur de têtesAprès une séquence d'introduction prometteuse avec cette jeune femme enceinte qui sera décapitée par l'homme l'accompagnant après une brève course-poursuite, le métrage va nous présenter son personnage principal, Ben Caruso, un jeune agent d'assurances rendant visite à Doug Bennet, un de ses clients pour au cours de la conversation être amené à dire qu'il veut changer de boulot afin de gagner plus, Bennet va alors lui confier l'adresse d'une chasseuse de têtes, Sarah Tierney, tout en lui offrant un étrange porte-clés censé porter bonheur et en invitant Ben à aller le soir même rencontrer Sarah.

Chasseur de têtesBen ira donc au bureau de Sarah, pénétrant dans l'immeuble malgré les avertissements d'un clochard, et découvrira en Sarah une ravissante jeune femme qui ne va pas lui cacher qu'elle a déjà peut-être quelque chose pour lui, chose qui sera confirmée peu après par un appel téléphonique alors que Ben se trouvera chez lui en compagnie de sa petite amie Donna. Ben acceptera l'offre de Sarah très (trop ?) facilement et se tiendra prêt à embaucher le lendemain soir. Cette présentation des personnages principaux sera assez efficace pour rendre ce Ben presque sympathique malgré ses choix hasardeux et rapides, tandis que Sarah dégagera un sex-appeal fort et envoûtant.

Chasseur de têtesMais dès la première nuit dans son nouveau poste, Ben va commencer à déchanter. En effet, l'immeuble dans lequel il va travailler sera quasiment vide, mis à part ces ombres aperçues et cette voix hostile grésillant dans un interphone et même alors que le lendemain Ben sera retourné au bureau de Sarah pour tomber sur un cabinet de comptables n'ayant jamais entendu parler de Sarah, il retournera travailler le lendemain pour ne pas tarder à voir apparaître Sarah qui va chercher du réconfort auprès de Ben pour finalement coucher avec lui au cours d'une séquence porteuse d'un érotisme presque osé.

Chasseur de têtesLa suite ne tardera pas à mettre à jour le twist anticipé par le spectateur pour alors lancer un ultimatum à Ben qui va devoir se plonger dans cette affaire criminelle vieille de dix ans et retrouver la tête de la malheureuse Sarah, fantôme obligé d'errer entre deux mondes jusqu'à ce que sa tête soit retrouvée. La séquence d'introduction ayant déjà défloré ce twist qui n'en sera donc pas vraiment un, le métrage va pouvoir essayer de se jouer du spectateur pour se permettre de délivrer un dernier acte dérivant quelque peu hors des sentiers battus et en tous cas s'éloignant de la trame prévue, et ce malgré une certaine facilité ambiante.

Chasseur de têtesLe réalisateur va s'amuser avec l'univers de cet immeuble de bureaux pour le moins étrange avec ce vide sidéral entourant Ben lors de ses arrivées nocturnes uniquement ponctuées par la présence de cet homme lui tournant invariablement le dos dans l'ascenseur ou encore cet homme de ménage disparaissant au coin d'un couloir, tandis que ses "collègues" sembleront vouloir lui jouer des farces et l'effrayer au lieu de l'intégrer, pour le laisser peu à peu découvrir une vérité surnaturelle guère engageante. Mais ce ne sera pas la seule façon utilisée par l'auteur pour se gausser en arrière-plan de l'arrivisme de son personnage principal puis que tout dans sa façon d'agir précipitée aura de quoi stigmatiser un certain comportement guidée par l'argent.

Chasseur de têtesPar contre, l'aspect surnaturel du métrage restera en majeure partie assez classique et jamais effrayant avec ces spectres aux maquillages très limités et il faudra compter sur quelques apparitions-chocs pour espérer trouver un élan graphique qui viendra aussi se montrer par quelques plans gores volontaires mais sans jamais verser dans l'excès ou la démesure sanglante, ce qui n'empêchera pas certaines séquences d'être baignées d'une ambiance macabre avérée comme ces passages dans ce cimetière noyé dans la brume ou encore lors de ce final sataniste, mais là encore, le manque de budget se fera cruellement sentir au niveau d'effets spéciaux mitigés.

Chasseur de têtesLes personnages seront donc assez bien travaillés pour garantir cette critique sous-jacente, mais l'interprétation ne suivra pas toujours, avec par exemple un Ben John Parillo guère inspiré pour jouer Ben, et ainsi seule la belle Kristi Clainos tirera son épingle du jeu grâce à son charme naturel bien mis en avant par l'auteur. La mise en scène du réalisateur est assez classique et peinera parfois à donner du rythme à l'ensemble, notamment lors de séquences de dialogues mollassonnes. Les effets spéciaux sont donc partagés, avec ces masques spectraux presque risibles qui seront compensés en partie par des plans sanglants plus graphiques.

Donc, ce Chasseur de têtes devrait avoir de quoi distraire son spectateur et l'amuser, mais ne pourra raisonnablement pas pouvoir espérer l'effrayer !

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur l'édition française proposée par Emylia, une présentation est disponible ici !

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07:35:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Murderer

Réalisateur
: Roy Chow

Durée du film
: 120 minutes

Date de sortie du film : inconnue (film diffusé en exclusivité au festival du NIFFF 2010)

Avec : Aaron Kwok (Ling), Chun-Ning Chang (Hazel), Siu-Fai Cheung (Ghost), Josie Ho (Minnie), Jan-Yut Tam (Sonny), etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Roy Chow, assistant réalisateur d'Ang Lee, et dont c'est le premier film, Murderer est un pur thriller, en tout cas c'est ce qu'il censé être. Car comme vous pourrez comprendre plus bas, le film est très surprenant mais pas vraiment pour les raisons dont on pourrait se douter. Comme souvent dans ce genre de films, il y a un twist et le moins que l'on puisse dire est que celui-ci est étonnant et va réellement donner un côté instantanément culte à ce film. On arrive tout de même à passer du pur thriller un peu tendu (quoique un peu mou) à la Seven pour passer au thriller complètement Z avec des idées saugrenues, quasi surréalistes dont seul un Bruno Matéi pourrait être capable.
Sauf que Bruno Matéi n'a jamais eu droit à un budget confortable, une photo plutôt réussie et un acteur du standing de Aaron Kwok, vu notamment dans A name called hero ou Divergences de Benny Chan. L'acteur a d'ailleurs un rôle de composition. Pendant une heure il est plutôt convaincant en interprétant Ling, ce policier qui est à la recherche d'un tueur et qui découvre progressivement que toutes les preuves l'accablent mais qui cherche coûte que coûte à prouver son innocence. Le passage d'une interprétation sobre à un sur-jeu ridicule intervient au moment où il tue son meilleur ami et se met à crier dans tous les sens, avec une hystérie qui met déjà le spectateur sur la piste de ce qui va suivre. Le réalisateur surligne la scène, faisant preuve d'un certain mauvais goût. Mais surtout ce qui va suivre défie l'entendement. Je n'ai jamais vu une révélation d'intrigue aussi ridicule, a fortiori dans un film asiatique qui jusque-là était plutôt bien troussé, ayant réussi à créer une véritable ambiance paranoïaque malgré quelques scories clippesques.
Le coup du dessin du lapin sur le corps des victimes, à mettre en lien avec le dessin du gamin, Sonny, c'est un élément qui est débile même si cela ne choque pas immédiatement.
La scène culte (si l'on peut dire) intervient quand Sonny explique à Ling qu'il a tout fomenté contre lui et qu'il n'a du tout l'âge qu'il est censé avoir, alors là les événements expliqués sont tellement ridicules qu'on ne peut s'empêcher de rire. La suite est du même acabit avec une succession de scènes plus incroyables les unes que les autres. On peut noter entre autres le moment où Sonny regarde Ling les bras croisés et l'invite à rejoindre son épouse qu'il n'a pas protégée. Le gamin est en total sur-jeu.
Pour nous avoir offert un spectacle pathétique mais réellement jouissif pendant près de trois quart d'heure, Murderer est un film hong-kongais à ranger du côté des pépites que l'on aime mater entre potes. En revanche, si vous êtes amateurs de thrillers tendus, je vous conseille de passer votre chemin.

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21.10.10

06:40:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Truffe

Réalisateur : Kim Nguyen

Durée du film
: 73 minutes

Date de sortie du film : inconnue (film de 2008 vu en exclusivité au festival du NIFFF 2010)

Avec
: Céline Bonnier (Alice), Roy Dupuis (Charles), Pierre Lebeau (monsieur Tremblay), Danielle Proulx (madame Tremblay), etc.

Par Nicofeel

Réalisé en 2008 par Kim Nguyen, Truffe est un film fantastique en noir et blanc. On nous raconte au début du film qu'il y a des changements climatiques et que des truffes noires poussent à Montréal.
Comédie fantastique foncièrement originale, Truffe n'oublie jamais d'avoir un regard critique sur notre société. Ainsi on apprend que le trop plein de truffes conduit à une chute des prix. La critique du capitalisme est évidente.
Dans le même ordre d'idée, on nous présente une société, la Maison des cols, qui s'arroge le droit unique de recueillir des truffes alors que chacun pouvait le faire auparavant. Les gens travaillent dans cette usine où ils doivent découvrir des truffes, comme s'ils étaient des robots. Ils sont tous en cravates, ce sont de purs cols blancs. Il y a des images surréalistes comme des hommes portant des frigos pour vendre des truffes fraîches. C'est une façon de mettre en avant l'avilissement au travail.
Mais avant d'en arriver là, il faut revenir au pitch de base du film avec cet homme, Charles, qui réussit à extraire plus de truffes que les autres. Il est le champion. Sa femme, Alice, travaille dans un restaurant. Cette dernière va être attaquée par une bestiole en forme de fourrure, une espèce de boule de peluche comportant 4 dents. Charles va être embauché par cette fameuse Maison des cols qui reste pour le moins énigmatique.
Il y a un vrai suspense sur les tenants et les aboutissants de cette histoire. Assisterait-on à une invasion extraterrestre ? On pense notamment à l'excellent They live de John Carpenter ou encore à l'invasion des profanateurs.
Mais ici le ton est volontairement comique et cela marche à merveille. La critique du conformisme avec tous ces gens qui mangent des truffes, la critique du capitalisme et la critique du mode de travail sont autant de thématiques développées de manière efficace dans ce film relativement court (73 minutes).
Et puis il y a un hommage évident aux films de monstres avec Alice qui se bat d'abord contre ces bestioles sorties de nulle part puis contre un androïde.
Très bien mis en scène et solidement interprété, Truffe est une comédie fantastique très drôle, qui comporte un pitch de base incroyable. Un film à recommander chaudement si vous voulez rigolez, tout en réfléchissant un peu sur les dérives d'une société capitaliste.

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06:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Bedevilled

Réalisateur : Jang Cheol-So

Durée du film
: 115 minutes

Date de sortie du film
: prochainement (film de 2010)

Avec : Min-Ho Hwang, Min Je, Seo Yeong-Hee, Ji Sung-Won, etc.

Par Nicofeel

Film sud-coréen réalisé par Jang Cheol-So qui a également signé la photographie du film, Bedevilled est un film en 2 parties dont le changement brutal de rythme peut rappeler les films du type rape and revenge.
Ici, on commence par un viol et une femme qui a été témoin, Hae-Won, qui sera notre « héroïne », qui refuse de signaler qui sont les coupables, de peur des représailles éventuelles. Complètement à bout de nerf, notre héroïne décide de se rendre sur une île où réside son ancienne amie, Boj-Nam, dont elle a reçu de nombreux courriers, jamais ouverts.
Sur l'île, l'amie d'enfance est humiliée par son compagnon devant sa fille et elle est battue. Quand il lui fait l'amour, il la traite comme un pur objet sexuel. Pire, souvent, il se paye une pute et ce en toute transparence, tout le monde étant au courant. Cette mère de famille n'est nullement respectée. Et personne n'est prêt à l'aider ni à la croire.

Le cinéaste nous dépeint un univers où la femme est clairement considérée comme un être inférieur. Boj-Nam est traitée comme une moins que rien et les vieilles femmes qui résident sur l'île se montrent détestables avec elle. On est dans le domaine du drame avec une description particulièrement accablante des moeurs qu'il y a sur cette île, où la vie est très différente de la ville (Séoul). Entre mensonges, fausses déclarations et brimades, la pauvre Boj-Nam ne sait à quel saint se voeur.
Le changement intervient lors du décès de sa fille. Boj-Nam est bien décidée à prendre en main son destin et à se venger. Le titre du film, Bedevilled, qui signifie « Je vous l'ai déjà dit », prend alors tout son sens. On passe du drame pur au slasher. Boj-Nam se lance dans une série continue de meurtres. Après avoir massacré sauvagement les vieilles femmes, elle s'en prend ensuite aux hommes qu'elle tue également de façon bien extrême. Elle arrache la tête du premier homme qu'elle tue. Il y a ensuite une scène très sexuelle (qui est à mettre en parallèle avec le moment où la prostituée suçait le sexe de son compagnon) où Boj-Nam lèche la faucille de son compagnon. Elle le tue brutalement en ayant mis un couteau dans sa bouche. La scène est bien gore et joue sur la répétition des coups portés.
Le film se termine par un véritable bain de sang à Séoul. On pourra considérer que le cinéaste fait un peu trop dans la surenchère.
Au final, Bedevilled décrit deux personnages bien distincts : Hae-Won, une des héroïnes les plus antipathiques que l'on ait eu l'occasion de voir au cinéma par son refus de prendre position (alors qu'elle a assisté à un viol puis à un meurtre) ; Boj-Nam qui malgré son accès de folie, paraît quelqu'un de plus sympathique, par son statut de victime qui décide de prendre en main sa vie.
Voilà en tout cas un film parfaitement rythmé, et qui pose des questions intéressantes sur les relations homme-femme, qui ne manque pas d'intérêt. On regrettera le côté "too much" vers la fin du film. Mais cela n'annihile nullement le plaisir d'avoir vu Bedevilled.

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20.10.10

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The social network

Réalisateur
: David Fincher

Durée du film : 2h00

Date de sortie au cinéma
: 13 octobre 2010

Avec
: Jesse Eisenberg (Mark Zuckerberg), Justin Timberlake (Sean Parker), Andrew Garfield (Eduardo Saverin), etc.

Par Nicofeel

Adapté du livre « the accident billionaires », The social network traite librement de la vie de Mark Zuckerberg, créateur du réseau social Facebook, et plus jeune milliardaire au monde.
A l'instar de son film précédent, Zodiac, qui mélangeait documentaire et fiction, The social network est riche en renseignements de tous types.
David Fincher n'a absolument pas choisi la voie de la réussite glorieuse, faite en bonne et due forme. Si Mark Zuckerberg est présenté dès le départ comme un génie de l'informatique, il n'en demeure pas moins (en tout dans le film) un personnage particulièrement isolé, détestable. Cela n'est d'ailleurs pas un hasard si le film débute en montrant la rupture en le personnage joué par Mark Zuckerberg (Jesse Eisenberg) et sa copine de l'époque. Lors de cette même scène, on comprend que le futur créateur de Facebook est un être très intelligent mais qui met la barre très haute pour les autres et n'accepte guère les gens qui ne pensent pas comme lui.
Mark Zuckerberg est certes quelqu'un de très intelligent, à l'instar de Bill Gates qui à son époque a réussi en montant son entreprise Microsoft, mais c'est aussi quelqu'un qui ne joue pas foncièrement la carte de l'honnêteté. C'est ainsi que l'on apprend qu'il aurait repris l'idée d'un réseau social à des jumeaux qui séjournaient comme lui à Harvard et l'avaient recruté pour développer un nouveau réseau.
Mis à part quelques ralentis ou quelques procédés d'accélération, le réalisateur David Fincher, qui vient à la base du clip, n'a pas fait dans l’esbroufe mais a au contraire décidé de dresser le portrait d'une jeunesse insouciante mais surtout désireuse de réussir coûte que coûte. On est véritablement estomaqué de voir ce Mark Zuckerberg piquer les idées des autres (alors qu'il est étudiant dans la prestigieuse école d'Harvard, aux Etats-Unis) sans aucune morale. Entre vol de bases de données et idées des autres qui sont réutilisées (viol manifeste de la propriété intellectuelle), le personnage principal du film apparaît comme quelqu'un de peu recommandable. Et c'est pourtant lui qui est à l'origine du principal réseau social existant sur Internet.
A ses côtés, Mark Zuckerberg bénéficie de l'aide du créateur de Napster (site de téléchargement de musique qui a été fermé pour cause de violation des droits d'auteur), qui, dans un tout autre style, se révèle lui aussi particulièrement vénéneux dans ses actions.
Jesse Eisenberg dans le rôle de Mark Zuckerberg est vraiment excellent car il réussit avec brio de donner envie au spectateur de détester ce jeune homme. Bref, un excellent anti-héros. De son côté, le chanteur Justin Timberlake (qui n'a pourtant pas participé à la BO du film) campe de manière assurée Sean Parker, le créateur de Napster, qui se révèle tout à la fois un personnage cool, sûr de son force ou encore extrêmement déterminé. Comme le créateur de Facebook, il n'hésite à descendre les autres pour réussir.
Ces deux acteurs sont en somme parfaits dans le rôle de deux jeunes requins, qui représentent sans nul doute une émanation du capitalisme dans tout ce qu'il a de moins humain. Le « Baby I'm a rich man » des Beatles, qui conclue le film lors du générique de fin, est extrêmement évocateur.
Au final, si le spectateur peut être impressionné qu'un jeune homme a réussi à percer en devenant le plus jeune milliardaire de la planète, alors qu'Internet était déjà dans une phase mature (en 2003), ce sont les méthodes employées qui ont de quoi laisser dubitatif.
La phrase suivante de Mark Zuckernberg résume assez bien son mode de pensée : « On ne se fait pas 500 millions d'amis sans se faire quelques ennemis. »
En synthèse, voilà un film tout à la fois divertissant et évocateur d'une société où la recherche du profit immédiat et personnel semble être devenu pour certains une vertu. Malgré sa relative longue durée, The social network se suit très bien.

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19.10.10

07:25:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Wig

Réalisateur : Renpei Tsukamoto

Durée du film
: 94 minutes

Date de sortie du film
: inconnue (ce film de 2009 a été présenté en avant-première au festival du NIFFF 2010)

Avec : Mimura Masakazu, Otake Kazuki, Ashina Sei, etc.

Par Nicofeel

Film japonais réalisé en 2010 par Renpei Tsukamoto, Wig est une comédie complètement déjantée, bien dans l'esprit des films dont les réalisateurs asiatiques sont capables de nous livrer.
Car il faut bien reconnaître que Wig bénéficie d'un pitch particulièrement saugrenu : un homme n'arrive pas à avoir continuellement une copine à cause de sa (légère) calvitie et décide de porter une perruque qui lui permettra d'être « normal ».
Sur ce synopsis, le cinéaste Renpei Tsukamoto donne au spectateur une comédie très drôle qui respecte en outre les codes de la comédie romantique.
Le film est aussi une petite réflexion sur notre société où l'apparence est primordiale. En plus, on doit forcément être beau.
Tous les acteurs sont particulièrement jubilatoires. L'acteur principal, qui joue Moriyama, un architecte de 35 ans, est vraiment très drôle et l'actrice qui lui rend la pareille, en jouant Ryoko, est jolie et pleine de vie. Et que dire de l'acteur jouant le rôle d'Owada, le perruquier très drôle qui est toujours là quand Moriyama en a besoin.
Sur un pitch qui aurait pu s’essouffler sur les 94 minutes du film, le film réussit au contraire la performance de faire rire le spectateur de bout en bout.
Les blagues et les scènes drôles sont légion. Pêle-mêle on peut citer : le fait que Moriyama envie le gros chien blanc de ses parents en raison de l'abondance de ses poils ; l'épisode des montagnes russes qui va donner lieu à la scène la plus drôle du film où Moriyama perd sa perruque car la vitesse du manège a dépassé les 150 km/heure. mais Owada en avait prévu une de rechange ; Owada qui amène Moriyama à une amicale de la perruque ; la fausse piste du protagoniste gay.
En plus de faire rire le spectateur par tout ce qui tourne autour de cette perruque, le film est également très marrant par son approche romantique, avec la relation entre Moriyama et Ryoko. Il y a bien évidemment le coup de foudre immédiat de Moriyama pour Ryoko mais il s'inquiète en raison de sa calvitie et il mettra longtemps avant de déclarer sa femme. Cela donnera lieu là encore à des scènes pour le moins amusantes entre son incapacité à avouer son amour pour Ryoko et la visite dans la famille de Moriyama.
Les hobbies de Ryoko sont également bien amusants, entre le fait que son film préféré est Le loup solitaire et son petit (un épisode de Baby cart, une série de films très violente) et qu'elle adore le karaoké.
Amusant de bout en bout, Wig permet de passer un très bon moment. Le fait que ce film ait obtenu le prix du meilleur film asiatique au festival de Neuchâtel est tout à fait justifié.

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07:20:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Der dämon des Himalaya
Réalisateur : Andrew Marton
Durée du film : 92 minutes
Date de sortie du film : 1935 (film vu en exclusivité au festival du NIFFF 2010)

Avec : Gustav Diessl (docteur Norman), Erika Dannhoff (Anne), Günter Oskar Dyhrenfurth (professeur Wille), Jamila Marton (Ellen), etc.

Par Nicofeel

Réalisé en 1934 par le hongrois Andrew Marton (voir photo ci-dessus, les photos du film n'étant pas trouvables sur le Net), qui a été entre autres deuxième réalisateur sur Ben-Hur ou encore assistant de Frank Capra, Der dämon des Himalaya est du cinéma grand spectacle des années 30.
La musique du film qui est assez célèbre pour son côté symphonique est signée Arthur Honegger. Elle comporte par instants des morceaux orientalisants.
Comme on peut s'en douter, le film est en noir et blanc (et la copie que l'on a pu voir était correcte, sans plus). Il s'agit d'un film-prétexte pour financer une expédition au Tibet. Ce film qui fut tourné en Inde et au Tibet, évoque une expédition internationale de l'Himalaya.
Si pour son époque Der dämon des Himalaya a pu être considéré comme un film d'aventures sympathique, il faut bien reconnaître qu'il a pris aujourd'hui un sérieux coup de vieux. D'autant que la phase de présentation est longue avant que ne commence réellement l'expédition de l'Himalaya.
Certaines scènes proposent des visions effrayantes pour les personnages mais pour le spectateur actuel cela n'a rien d'effrayant. Andrew Marton est bien gentil mais ces masques font plus sourire qu'autre chose.
Le film comporte quelques moments comiques notamment quand un des accompagnateurs (vision très colonialiste, il faut voir que le film date de 1934) se sert en whisky et remet de l'eau à la place. Ou encore quand ils tuent le traître qui se cache parmi eux et qu'ils se mettent ensuite à danser.
Les quelques moments de tension ne durent que peu de temps, qu'il s'agisse de l'avalanche ou encore de la mutinerie qui a lieu au campement. Franchement, le manque de tension est tout de même préjudiciable à ce film qui finit presque par être ennuyeux.
Ce ne sont malheureusement pas les acteurs qui vont relever le niveau, leur jeu étant souvent caricatural, notamment l'un des acteurs principaux, interprétant le rôle de Norman.
Bénéficiant d'un budget peut-être correct pour l'époque mais qui apparaît aujourd'hui comme très faible (d'où le côté carte-postale avec dans les premières minutes du film une image du Taj-Mahal ou encore une expédition qui est évoquée par une ligne tracée sur une carte), Der dämon des Himalaya ne supporte plus guère le poids des ans et est un film parfaitement dispensable.
C'est sans conteste le film le plus faiblard et par conséquent le moins intéressant de la sélection des films suisses que j'ai eu l'occasion de voir lors du festival international du NIFFF 2010.

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18.10.10

07:55:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Chasseur de têtes

Film indépendant au titre à double tranchant, ce Chasseur de têtes sa s'immiscer dans l'univers des "Golden Boys" américains pour au sein d'une intrigue surnaturelle assez classique sur le fond s'amuser à critiquer cet univers arriviste et bien entendu, ce sera directement en DVD que nous allons pouvoir découvrir le film à partir du 19 octobre prochain, pour un nouvel inédit à mettre au compte de l'éditeur Emylia.

Chasseur de têtes

Le script va suivre les déboires de Ben Caruso, un jeune cadre dynamique qui ne trouve plus aucun défi à son emploi. Lorsqu’un client lui donne l’adresse de Sarah Tierney, une chasseuse de tête corporative, il n’hésite pas à lui faire appel. À peine 24 heures après l’avoir contactée, Sarah lui déniche un emploi mieux payé et beaucoup moins demandant. Le seul aspect négatif est que c’est un travail de nuit. Dès son premier quart d’heure de travail, Ben ne se sent pas à l’aise. Des voix bizarres se font entendre et ses collègues semblent disparaître dès qu’il veut leur parler. En voulant rejoindre la chasseuse de tête qu’il avait engagée, Ben découvre qu’elle est supposément morte depuis dix ans. Pour pouvoir échapper à son nouvel emploi maléfique et retrouver la chasseuse de tête, Ben devra élucider un meurtre commis une décennie auparavant…

Chasseur de têtes

Le métrage va certes s'appliquer au distiller son élément fantastique guère novateur sur le fond mais en le plaçant dans un univers étrange et distillant bien des surprises de cet immeuble fantôme au sein duquel le personnage principal va avoir du mal à comprendre ce qui lui arrive, pour des séquences ne cherchant pas vraiment à effrayer mais plutôt à questionner et à gagner en impact graphique pour quelques petits effets gores, tandis que l'ensemble profitera de la présence de la belle Kristi Clainos qui n'hésitera pas à avancer ses charmes devant la caméra, rehaussant heureusement ainsi une interprétation quand même aléatoire, qui de pair avec certains maquillages douteux laissant apparaître de manière flagrante le manque du budget alloué au métrage, mais sans que cela vienne complètement nuire à l'ensemble.

Chasseur de têtes

L'édition DVD proposée par Emylia proposera le film avec une image en 2.35 (16/9 anamorphique), tandis que la bande-son sera disponible en anglais DD2.0 bien entendu sous-titrée en français. Au niveau des bonus, seul un commentaire audio du réalisateur sera disponible.

Chasseur de têtes

Donc, c'est à partir du 19 octobre prochain que nous allons pouvoir découvrir ce Chasseur de têtes, petit film indépendant souriant avec sa critique de l'arrivisme américain baignant dans une ambiance surnaturelle parfois prenante !

Chasseur de têtes menu général
Chasseur de têtes les chapitres
Chasseur de têtes la sérigraphie DVD
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07:50:00, Catégories: Point de vue  

Hollywood entre dans les années 50 avec une confiance qui confine à la suffisance. L’opulence financière, le star-système que les majors rationalisent, standardisent, façonnent est au plus haut.

C’est un des piliers économiques et esthétiques qui soutient l’édifice central. La hiérarchie, au sein de ce microcosme, se fait par la valeur commerciale de l’artiste. Il y a un monde d’agents, d’attachés de presses, d’avocats qui virevoltent comme des papillons autour de ce petit monde préservé des réalités de la vie. James cagney, Cary Grant, James Stewart en sont les rois en ces années!

Ce « vedettariat » est créé par les histoires qui s’articulent autour de ces personnages, centre du propos du film, ce qui entretient l’authentification du public avec les interprètes. Tout est fait au niveau technique pour que la vedette soit mise en valeur, lumière, effets, etc. tous ces efforts sont produits pour maintenir l’aura mythique, qui définit l’aura financière que rapportera leurs films.

Tous les genres profitent de cette formidable machine à faire du rêve et de l’argent. Western, film noir, guerre, action, et même science fiction pourtant encore le mal aimé des genres.
Plusieurs évènements vont affaiblir ce système, la perte des salles des majors par la loi anti trust de 1948, et surtout une fracture apparait avec la commission d’enquête sur les activités anti américaines du sénateur McCarthy, qui commence à auditionner tout ce petit monde. Un film Good Night and Good Luck de George Clooney en retrace bien la trame.

Les haines sont mises à jour, Elia Kazan dénonce, certains vont se retrouver en prison, d’autres prennent la direction de l’exil européen. Hollywood subit une saignée destructrice, Charles chaplin, Jules Dassin, Edward Dmytryk, Donald Trumbo, Ophuls, Renoir, Fritz Lang, Losey, tous ont fuis cette hystérie qui s’abat sur tout ce qui sort du conformisme ambiant, suspect au yeux de cette commission. Une période qui voit la guerre de Corée débuter, une délégation cinématographique ira à la maison blanche pour afficher la solidarité du 7eme art Américain. Le ministère de la guerre définira le cinéma comme "activités essentielles". Malgré cela des films anti militariste sortiront de terre, Tant qu'il y aura des hommes (de Fred Zinnemann- 1953) en est un bon exemple.

Tous ces évènements enlèvent de la puissance aux majors et l’arrivée de la télévision sera presque le coup fatal!
La fréquentation des salles de cinéma subit une descente aux enfers, cette nouvelle technologie fascine le public, Hollywood doit s’adapter pour survivre, la recette arrive..
En attendant, ce sont les productions indépendantes soutenues par les vedettes de l’époque (Kirk Douglas, Burt Lancaster, Henry fonda, Gary Cooper, John Wayne) qui maintiennent la tête des producteurs hors de l’eau.

Les majors arrivent à se réorganiser, s’entendent avec les présidents de chaîne et lancent des nouveaux réalisateurs, Billy Wilder, Mankiewicz, aidée par la vieille ossature des Ford, Vidor, Hathaway, Hawks, Walsh.
Les superproductions opulentes réapparaissent, les comédies musicales, les westerns sont dans leur âge d’or, Ivanhoé, chantons sous la pluie, Spartacus, les hommes préfèrent les blondes, etc.

En 1954 disparait la commission maudite et une génération rebelle montre son nez. C’est la fureur de vivre avec les James Dean, Natalie Wood, Dennis Hopper, la jeunesse américaine est fascinée par ce cinéma qui modernisme un peu le conformisme ambiant, par les dialogues, les propos provocants tout en restant dans les limites de la censure très active.

Une décennie pleine de rebondissements, de péripéties, de drames, avec des acteurs qui seront pour une fois les personnages de leurs propres histoires.

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17.10.10

12:35:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Dead end run

Réalisateur : Sogo Ishii

Durée du film : 59 minutes

Date de sortie du film : 2003 (film présenté en exclusivité au festival du NIFFF 2010)

Avec
: Tadanobu Asano, Urara Awata, Mikako Ichikawa, Yûsuke Iseya, Jun Kunimura, Ken Mitsuishi, Masatoshi Nagase, Yôji Tanake, etc.

Par Nicofeel

Dead end run est à la base une commande dont Sogo Ishii a fait un film en trois parties. On a donc droit à trois segments qui se répondent parfois au niveau des acteurs mais qui surtout ont comme point commun de montrer des hommes qui sont traqués, pour diverses raisons.
Le premier segment s'intitule Last song. Un homme est traqué et l'image comme la musique sont très rapides. L'homme cessant de courir et reprenant ses esprits, la caméra est plus posée. Se plantant de cible (Sogo Ishii ayant au préalable fait naître un suspense), il tue avec une barre de fer une femme innocente. La femme revient en tant que fantôme. On a droit à une scène surréaliste où elle danse avec le garçon et où elle chante. Ce segment évoque sans ambages la solitude urbaine. Toujours est-il que notre protagoniste se fait tuer par un personnage qui va être le héros du deuxième segment.
Intitulé Shadows, ce deuxième sketch débute avec des bruits sans images et un personnage qui est traqué. La caméra est très énervée tout comme la musique technoïde qui comporte tout de même en fond un aspect jazzy. Sogo Ishii expérimente de nouvelles choses et effectue notamment un sacré panoramique. La suite de ce segment, qui se déroule dans les mêmes lieux (un bâtiment industriel et urbain, bien dans l'univers cyperpunk), montre là aussi un personnage qui tente de se cacher. Ce segment évoque sans conteste la paranoïa avec cet homme qui va se battre contre son double. Il n'y a d'ailleurs comme par hasard aucune parole dans ce segment. Se retrouvant confronté à son double, le personnage se livre à un duel qui va être expérimenté sous de multiples angles par Sogo Ishii. De cette façon, Sogo Ishii exprime parfaitement l'univers mental troublé de son personnage.
Intitulé Fly, le troisième segment montre des policiers qui poursuivent un homme joué par l'acteur omniprésent dans le cinéma asiatique, Tadanobu Asano. Sur le haute d'un immeuble, il prend une fille comme otage qui reste imperturbable. Et pour cause, cette jeune fille souhaitait se suicider mais n'osait pas jusque-là passer à l'acte. Décidément cette question est souvent évoquée dans les films japonais, prouvant qu'il doit s'agir d'un fait de société. Pour autant, ce segment comporte un véritable aspect comique qui permet de détendre l'atmosphère eu égard au sujet évoqué. La caméra tournoie dans tous les sens et la question est de savoir qui va réussir à s'en sortir. La fin est de ce point de vue très optimiste, ce qui peut paraître étonnant au regard des deux autres segments et connaissant Sogo Ishii.
Au final, malgré sa courte durée (59 minutes), Dead end run est très riche sur le plan thématique et a le temps de bien user le spectateur par une mise en scène bien rythmée. Voilà sans conteste une des œuvres les plus intéressantes de Sogo Ishii.

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12:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Si le soleil ne revenait pas

Réalisateur : Claude Goretta

Durée du film
: 120 minutes

Date de sortie du film
: 1987 (présenté en exclusivité au festival du NIFFF 2010)

Avec : Charles Vanel (le père Antoine), Philippe Léotard (Arlettaz), Catherine Mouchet (Isabelle Antide), Raoul Billerey, Claude Evrard, etc.

Par Nicofeel

Réalisé en 1987 par Claude Goretta, Si le soleil ne revenait pas a été présenté la même année à Venise que La vallée fantôme, film de l'autre grand auteur suisse, Alain Tanner. Ces auteurs font partie du groupe 5 qui fait écho à un nouveau cinéma suisse en 1968. Le film est l'adaptation du dernier roman de Charles-Ferdinand Ramuz. C'est une chronique sociale qui nous présente une communauté de montagnards. C'est un quasi huis-clos, malgré les scènes d'extérieur, car cette communauté villageois vit en autarcie.
C'est d'ailleurs cette vie isolée qui explique que ces montagnards prennent avec beaucoup de considération les prédictions du père Antoine, le vieux sage du village. Pour ce dernier, le soleil, qui est obscurci par les images (la première scène du film est un soleil qui est obscurci par les nuages puis on voit des paysages enneigés), ne reviendra plus. Avec plusieurs années d'avance ce film a une considération écologique mais il démontre surtout quelle importance peuvent revêtir de simples croyances locales.
Les dires du père Antoine influencent fortement les habitudes de vie de tous ces gens. On voit le curé, figure essentielle du village, s'en aller. Il y a surtout, comme en temps de guerre, des gens toujours pour profiter de ces moments troubles. Le notable de la ville rachète ainsi pour une bouchée de pain les terrains d'Arlettaz (Philippe Léotard dans un rôle de composition qui rappelle étrangement sa vie privée). Il faut dire qu'Arietta a perdu toute envie et passe ses journées, telle une loque, à boire jusqu'à oublier. Il ne se remet pas de la perte de sa fille. Il ne croit plus en Dieu.
Il y a également ceux qui sont dépités et qui attendent que la vie se termine.
Mais au milieu de cet océan de désespérance, il y a des gens qui gardent continuellement espoir. La figure d'Isabelle, jouée par une Catherine qui illumine l'écran par sa joie de vivre, est de ce point de vue particulièrement marquante. Ce n'est d'ailleurs pas anodin que celle qui est parmi les plus jeunes du village au sein adultes (elle a 25 ans) conserve un espoir et souhaite avoir des enfants avec son époux.
On notera que Claude Goretta ne décrit pas que des personnes désireuses de profiter de la situation, il montre aussi des personnages qui restent solidaires entre eux, notamment quand il s'agit de monter sur la montagne le jour de la prophétie pour voir si le soleil va vraiment disparaître. Un personnage, qui rappelle bien la situation actuelle dit : « Debout les morts ». On aura droit à une très belle scène marquée par le retour du soleil. Un sublime travelling latéral de Claude Goretta nous montre des visages qui revivent, qui sont illuminés. On verserait presque une larme devant une si belle scène. De manière étonnante, le retour du soleil coïncide avec le décès du père Antoine. Ce n'est pas un hasard si pour la première fois on voit une scène avec des enfants : ils représentent l'avenir de la société.
Très beau film de Claude Goretta, auteur de très haut niveau qui pour le coup a oeuvré dans le fantastique, Si le soleil ne revenait pas mérite autant d'être vu par son histoire originale que par sa belle mise en scène et sa distribution.

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15.10.10

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Elle s'appelait Sarah
Réalisateur : Gilles Paquet-Brenner

Durée du film : 1h51

Date de sortie du film en salles
: 13 octobre 2010

Avec : Kristin Scott-Thomas (Julia Jarmond) ; Mélusine Mayance (Sarah) ; Niels Arestrup (Jules Dufaure) ; Frédéric Pierrot (Bertrand Tezac) ; Michel Duchaussoy (Edouard Tezac) ; etc.

Par Nicofeel

Réalisateur entre autres de Gomez et Tavarès (avec Stomy Bugsy et Titoff), Gilles Paquet-Brenner n'était pas vraiment attendu en tenant les rênes d'un film qui traite des heures les plus sombres de notre histoire. Et pourtant, son film, qui adapte à l'écran le livre de Tatiana de Rosnay, est plus qu'acceptable dans l'ensemble. Alors que les films qui évoquent la seconde guerre mondiale sont assez nombreux en cette année 2010, le résultat à l'écran est très variable, alternant le bon avec L'arbre et la forêt (un film subtil sur un secret) et le carrément mauvais avec La rafle (un film avec un fond certes louable mais une démonstration ridicule à coups d'effets de style larmoyants et d'images d'Epinal). Heureusement, Elle s'appelait Sarah se rapproche plutôt de L'arbre et la forêt.
Si Gilles Paquet-Brenner n'est pas un grand cinéaste – les plans se multipliant et la mise en scène se limitant quasi exclusivement à des champs et contre champs – il a la bonne idée de créer un scénario pour le moins original et qui ne s'embarque pas dans de la pure caricature.

Ici, on suit les pérégrinations d'une journaliste, Julia Jarmond (excellente Kristin Scott-Thomas, particulièrement convaincante) qui décide de faire un article sur le cruel épisode du vel'd'hiv'. Elle tombe alors sur des éléments lui permettant de comprendre que l'appartement où elle compte emménager auparavant a auparavant appartenu à une famille de juifs qui a été déportée. Dans cette famille, il y a avait la fameuse Sarah qui a réussi à s'échapper d'un camp de transit suite à la rafle.
Le film fait un parallèle entre la vie de Julia Jarmond et celle de Sarah, vécue plus de 50 ans auparavant, alternant les époques. Il faut bien reconnaître que tout cela paraît au départ quelque peu factice mais les 2 histoires finissent par s'entrelacer et la justification de ce montage prend alors son sens.
On apprécie cette enquête de journaliste qui nous permet d'en apprendre sur la vie d'une jeune fille de 8 ans qui a perdu sa famille durant la rafle et son petit frère dans le cadre d'un événement particulièrement malheureux.
L'émotion qui se dégage des investigations de Julia Jarmond est réelle et sincère. Le cinéaste Gilles Paquet-Brenner a par ailleurs la bonne idée de replacer son histoire contemporaine non pas à notre époque actuelle, mais en 1995, au moment où la France va reconnaître publiquement ses torts dans cette rafle. On a droit très justement à des extraits du discours de Jacques Chirac, très émouvant, prononcé le 16 juillet 1995 à l'occasion des commémorations de la rafle du vel'dhiv'. A ce moment, le président français a reconnu la responsabilité de la France dans cette rafle ce qui a permis à notre pays d'être enfin en phase avec l'Histoire.
Car c'est aussi cela le devoir de mémoire : reconnaître ses torts. C'est aussi se souvenir du passé et de ce point de vue le film ne cesse de l'expliquer à plusieurs reprises.
Julia Jarmond fait tout pour retrouver la trace de Sarah et son entreprise finit par réussir dans le sens où elle est en mesure de remettre en place toutes les pièces du puzzle. Et puis elle apprend à la famille de Sarah, qui n'est pas forcément au courant, des choses essentielles de la vie de leur famille.
Le film comporte également une vraie symbolique qui au départ paraît quelque peu outrancière avec cette femme, Julia Jarmond, qui est enceinte alors qu'elle est relativement âgée et était censée de plus avoir d'enfant. Mais cet enfant représente aussi bien Sarah que le petit frère de Sarah disparu dans des conditions horribles. Et puis le fait d'appeler cet enfant Sarah est tant un rappel de la religion (Sarah étant dans la Bible un personnage qui ne pouvait plus avoir d'enfant) qu'un clin d’œil au passé.
Dans cette histoire tumultueuse qui rappelle plutôt de façon juste une époque trouble de notre histoire qu'il ne faut pas oublier, on notera la présence tout à fait appréciable d'un casting qui tient largement la route. Si Kristin Scott-Thomas est impeccable dans son jeu, il en va de même pour des acteurs tels que Niels Arestrup et Frédéric Pierrot. La petite Mélusine Mayance est également tout à fait satisfaisante dans son rôle de Sarah à l'âge de 8 ans.
Voilà donc un film qui joue tout à la fois sur un passé douloureux de notre histoire que sur une histoire privée qui lui est lié qui mérite largement d'être connue.

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07:50:00, Catégories: Test / Critique  

Réalisateur : Sogo Ishii

Durée du film : 30 minutes

Date de sortie du film
: 1983 (moyen métrage diffusé au festival du NIFFF 2010)

Par Nicofeel

The codename is Asia strikes back est un moyen métrage d'une durée de 30 minutes que Sogo Ishii est venu mixer en direct dans la salle de cinéma la plus importante du festival de Neuchâtel, à savoir la première salle du théâtre du passage. Le mixage live est une véritable expérience qui apporte un vrai plus à ce moyen métrage. Sans compter que The codename is Asia strikes back a vraiment quelque chose à dire, le propos anti-guerrier étant on ne peut plus clair, comme on va le voir ci-dessous.
Ce moyen métrage de 1983, qui s'accorde parfaitement à la filmographie de Sogo Ishii, cinéaste qui oeuvre dans ce que l'on appelle communément le cyperpunk (au même titre que son compatriote Shinya Tsukamoto), est un véritable trip sensoriel. Le plaisir d'avoir droit à un mixage en direct rend donc The codename is Asia Strikes back d'autant plus prenant. C'est d'ailleurs la première fois que Sogo Ishii mixe ce court métrage de 30 minutes sans son groupe.
Dans ce moyen métrage, il n'y a pas de paroles mais uniquement des images et un son particulièrement marquant. La bande son est tout à la fois rock n'roll et métalleuse.
Il n'y a pas vraiment de logique dans ce métrage. C'est donc, comme dit précédemment, avant tout un spectacle sensoriel, même si la charge contre l'armée et la guerre est évidente. En effet, on voit de nombreuses explosions et le fait qu'il y a la guerre.
Pour donner un côté encore plus frontal à son métrage, Sogo Ishii a délibérément choisi de filmer caméra à l'épaule de manière quasi systématique – hormis lors d'un beau plan séquence qui permet de découvrir un souterrain amenant au lieu de vie des militaires.
Ces hommes, qui sont de sacrés têtes de guerriers, nous sont présentés armés, et notamment de fusils. Il y a un vrai côté cyperpunk avec ces personnages capables de se régénérer. Sogo Ishii insiste là dessus en ralentissant l'image, permettant de voir les mouvements démultipliés les personnages en laissant une trace. Ces hommes ont des super-pouvoirs, comme le prouve par exemple leurs résultats aux tirs.
Avec des sortes de surimpressions et des transparences, Sogo Ishii travaille beaucoup l'image. En jouant sur la répétition et sur la musique métalleuse qui donne un rythme entêtant, le cinéaste japonais nous immerge dans son moyen métrage.
C'est aussi une façon pour lui d'indiquer que la guerre rend fou les gens, à tel point que les soldats que l'on observe en arrivent à se tirer dessus. Il y a une vraie symbolisation de la guerre et de la bombe. Sogo Ishii exprime sans détour la bêtise de la guerre et de ses conséquences. A tel point qu'à la fin du métrage les survivants se rendent compte qu'il n'y a pas d'ennemis. No comment.

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14.10.10

07:35:00, Catégories: Box office cinéma  

Ce cinéma existe t-il ? quelle est sa définition, sa variété, sa vérité?
Est-ce le cinéma pour les prolétaires, de profil facile, en opposé de "l’art véritable" pour une élite éclairée qui a accès à la "vraie culture", celle des intellectuels contre celle du peuple plus basique.
Le cinéma populaire peut-il se référer à des choses qui ont un succès commercial, qui se saisit de ses pensées, ses valeurs, ses émotions.

La cinéphilie fait elle partie du cinéma populaire ? la nouvelle vague à diabolisé le cinéma par le codage définitif qu’ils se sont crut autorisé à imposer comme un dogme inattaquable.
Le film d’auteur est-il réservé à la compréhension d’une frange avertie, ou le public, populaire dans sa variété, ne peut en comprendre la direction?

Je m’insurge contre l’interprétation qui veut que populaire est égal à vulgaire, le cinéma appartient à tous, c’est un art universel mais pratiqué de manière individuelle. Chacun y cherche son "Graal", le cinéma qui correspond à son évolution du moment. Ceux qui cherchent à diviser par classe le cinéma, n’ont rien compris à son sens profond, qui est d’appartenir à chacun, et à tout le monde en même temps.

le père tranquille (1946)

Au sortir de la deuxième guerre mondiale, le mode de vie des Français reste identique à celui des années 30. A partir de 1949, le pays n'est plus dans la restriction mais dans la production, son niveau de vie s'élève et très vite les gens sont pris d'une soif de consommation des produits d'images et de sons.

Le cinéma devient un enjeu culturel et politique, les accords Blum/Byrnes avaient ouvert la porte de la maison France aux productions américaines et le cinéma français vivait une lente agonie depuis la fin de la guerre suite à cette invasion hollywoodienne.

Le cinéma hexagonal va disposer d'une bouteille d'oxygène grâce à l'aide de l'état par l'idée mise en pratique de "l'exception culturelle", un système d'aide à la production nationale.
Cette aide sera de tout temps attaqué par les État-Unis comme dans les années 80 avec les discutions du GATT, mais sera également analysée et copiée vue le succès de l'opération.

1952 verra l'apogée de la plongée en enfers du cinéma national, La couleur, le cinémascope, stabilisera la situation de la production hexagonale. L'urgence des producteurs est de fidéliser le public sur ces œuvres.
La solution est trouvée! Ce sera le cinéma populaire, terme passe partout pour situer les catégories qui en reçoivent le qualificatif par facilité de compréhension.
Le rire, le drame sentimental, le film d'atmosphère, le comique troupier, le polar, le film de costume, c'est le bon filon pour un public en recherche , une convergence "d'expression" entre le public et son cinéma, enfin!!

Un autre cinéma voit également le jour et cherche à avoir une image, c'est le film populaire dit "de qualité", qui s'affiche autour des Gabin, Michel Simon, Charles Vanel, Morgan, Darrieux, et écrit par les indispensables Aurenche et Bost. C'est principalement ces œuvres qui seront attaqués et critiqués par la nouvelle vague, et par le premier des leurs, Truffaut, qui n'aura pas de mots assez durs contre cette expression filmique qu'il juge dépassée.
Il dénonce l'académisme fonctionnel de ces métrages et leurs écritures trop littéraires. Truffaut dénonce leur manque d'audace, leurs gout pour les bons mots d'auteurs et l'abandon de la mise en image comme valeur narrative principale. Sacha Guitry et son style théâtral sera étrangement épargné par le jugement, et sera même positivé pour "si Versailles m'était conté", peut-être le respect dû à un maître poétique des belles phrases.

Les vacances de M. Hulot / 2 DVD

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07:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Tchernobyl, une histoire naturelle ?

Réalisateur
: Luc Riolon

Durée du film : 1h30

Date de sortie du film en salles
: 2010 (film vu au festival international du film écologique de Bourges)

Par Nicofeel

Réalisé par Luc Riolon, Tchernobyl, une histoire naturelle ? est un documentaire qui s'intéresse aux conséquences de la catastrophe de Tchernobyl. Depuis l'explosion d'un réacteur de la centrale nucléaire de cette ville ukrainienne le 26 avril 1986, tous les êtres humains ont été évacués et une vaste zone de 30 km a été déclarée zone interdite.
Bien entendu, la radioactivité ne s'est arrêtée ni au niveau de cette zone ni au niveau de la frontière de l'Ukraine. Tchernobyl constitue une catastrophe à l'échelle mondiale. La radioactivité a été aggravée par le fait que suivant l'explosion du réacteur nucléaire un incendie s'est déclaré et a permis la diffusion d'un nuage dans de nombreux pays du monde, y compris en France. Il faut savoir que 3 % de la radioactivité quotidienne dans le monde est due à la centrale de Tchernobyl.
Pour autant, le documentaire de Luc Riolon ne traite pas principalement des retombée de Tchernobyl dans le monde. Ce film s'interroge sur l'existence d'une faune et d'une flore dense autour de Tchernobyl, dans des endroits hautement contaminés.
Le film se révèle très instructif. On apprend par exemple que certains atomes radioactifs continueront d'exister et d'être dangereux pendant plus d'une centaine de milliers d'années. Ces atomes ont des structures proches au calcium et au potassium. Ils se déplacent et se retrouvent jusque dans les racines des arbres.
Extrêmement bien documenté et basé sur de nombreuses analyses de scientifiques de divers pays qui sont soit présents sur place soit bénéficient du rapatriement d'éléments radioactifs dans leurs laboratoires afin de les étudier, ce documentaire permet de comprendre comment la faune et la flore ont réussi à se développer (ou non) dans un environnement a priori hostile.
Le réalisateur a la bonne idée de séparer différentes études. Ainsi on apprend que les bouleaux (en raison de leur génome) et les souris résistent parfaitement à de fortes doses de radiation alors que des oiseaux tels que les hirondelles sont victimes de ces radiations. Tout dépend in fine du génome des plantes, des animaux.
S'il n'est pas franchement très bien mis en scène dans le sens où il se contente de passer d'une thématique à l'autre, le documentaire demeure très intéressant, en traitant du cas de la vie dans la zone interdite, et a fortiori dans la forêt rouge (là où le taux de radiation est le plus fort). On voit ainsi que de nouvelles races animales peuplent cet endroit, à l'instar de ces chevaux particuliers qui disposent de plus de chromosomes ou encore de la réapparition de prédateurs avec les loups.
Les hypothèses qui sont relevées (l'existence de la vie dans un endroit hautement radioactif, à savoir plus de 1000 fois la normale ; ou encore l'apparition d'arbres en plein coeur de bâtiments de l'ancienne ville) ne manquent jamais d'intérêt et dépendent pour beaucoup des espèces qui sont étudiées.
Le documentaire n'oublie pas de foutre les jetons en évoquant notamment le fait que les rivières sont susceptibles d'être contaminées et qu'évidemment leur trajet ne concerne pas que la zone interdite... Le film n'omet jamais de considérer le danger de cette zone et a fortiori le danger des centrales nucléaires. Quand on voit les résultats d'une catastrophe telle que celle-ci, on se dit que si cela devait se reproduire, les dangers seraient très importants.
Le film conserve malgré tout quelques notes d'espoir, notamment quand il laisse entendre que les chercheurs qui travaillent sur les souris espèrent bien pouvoir faire bénéficier de l'extraordinaire résistance de ces souris face à la radioactivité pour trouver un vaccin efficace pour permettre à l'homme de vaincre le cancer.
Au final, Tchernobyl, une histoire naturelle ? ne comporte certes de génial au niveau de sa mise en scène mais ce long métrage a le mérite d'être très instructif et d'être un véritable message de vulgarisation de la science.
Les éléments abordés sont suffisamment riches pour éveiller l'intérêt du spectateur. A l'heure où les consciences commencent à se réveiller au niveau de l'écologie, ce film tient largement une portée éducative.
A noter que le film a obtenu L'arbre d'or du meilleur film lors de la sixième édition du film écologique.

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13.10.10

07:40:00, Catégories: Point de vue  

Une création des années 30 pour lutter contre la crise économique. L’exploitation innove: "deux films pour le prix d’un seul" le film B vient d’être crée !
Une idée moderne que l'on retrouve maintenant dans la vente par internet.

Ces films doivent avoir une longueur minime (60 ou 70 minutes), le tournage doit durée moins d’une semaine avec une économie de moyens à tous les niveaux. L’écriture des scénarios est standard et stéréotypé. Un western de type B peut revenir à moins de 80 000 dollars en 1939, un film de type A plus de 1 millions de dollars.

Deux générations de réalisateurs se croiseront, ceux qui proviennent des début du cinéma muet, les Dwan, Ulmer, Tourneur, et ceux, plus jeunes, qui ont apprit le métier sur le tas rude du cinéma B, les Arnold, Boetticher, Fuller, Siegel.. Certains arriveront à passer dans la catégorie supérieure.

Les acteurs de ces petits films sont exploités de manière fonctionnelle par les réalisateurs, et doivent s’adapter à leurs désirs. Les tournages étant brefs, leurs fonctions est plus utilitaires que actives. Les acteurs et actrices qui y firent leurs armes sont, Barbara Stanwyck, John Carradine, Dan Duryea, Glenn Ford, Vincent Price, John Wayne, Virginia Mayo, Rhonda Flemming..

Ce fut un succès foudroyant qui dura deux décennies, les années 40 virent même ce cinéma devenir un genre à lui seul.

Le cinéma B s’éteindra de sa belle mort dans les années 50. Deux causes précipiteront cette chute, La loi antitrust de 1948, qui obligea les majors à se séparer de ses salles et qui les força à concentrer leurs moyens sur le film principal et l’arrivée de la télévision dans l’espace cinématographique qui centralisa ses budgets sur des productions de séries B, ce qui trusta tous le public cinéma vers ces œuvres télévisuelles du samedi soir.

Genre : Western

Le western est le genre du cinéma B par excellence. La raison en est simple : il est le plus économique. Ces films sont tournés en trois jours pour un budget minimaliste. Réalisés en extérieur et en lumière naturelle, les films sont composés de longues scènes de galop en mode course-poursuite où l’aspect technique est délaissé. La compression économique est la règle, le scénario et la narration sont primaires.

Ces acteurs fétiches:

Audie Murphy et Randolph Scott.

Ces valeurs:

Le shérif qui fait régner l’ordre.
Le bâtisseur qui construit sa maison, défend sa terre contre les bandits et les indiens.
La valorisation des mauvais garçons et l’attrait des grands espaces viendront ensuite pour redonner de l’intérêt au genre.

Un de ces réalisateurs:

« Mes films sont bons parce qu’on ma foutu la paix. Ils étaient tellement fauchés que tout le monde au studio s’en foutait. On me laissait tranquille, je pouvais faire ce que je voulais » Budd Boetticher, à propos de ses westerns (1956, 1960)

Le déserteur de fort alamo (1953)
Séminole (1954)
7 hommes à abattre (1956) un top!!
L’homme de l’Arizona (1957)
L'aventurier du Texas (1958)
La chevauchée de la vengeance (1959)
Le courrier de l’or (1959)
Comanche station (1960)




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Allan Dwan : 7 Films / Coffret 5 DVD

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07:35:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Alma
Réalisateur : Patrick Rouxel

Durée du film : 1h03

Date de sortie du film en salles : 2010 (film vu au festival international du film écologique de Bourges)
Par Nicofeel

Réalisé par Patrick Rouxel, Alma est un documentaire d'un peu plus d'une heure qui a la bonne idée de sensibiliser le public sur le rapport de l'homme au vivant. Même si le réalisateur ne prend jamais parti, il est évident que son montage invite le spectateur en tant que consommateur à changer ses habitudes de vie.
Le film débute dans un paysage idyllique dans la forêt amazonienne. On voit un crocodile qui est en train de se reposer tranquillement dans l'eau. Puis l'on voit dans les arbres des singes en train de se balader. On a droit également à la vision de fourmis ou encore d'oiseaux. Tous types d'animaux ou d'insectes sont proposés dans une nature qui vit parfaitement dans son écosystème. On notera présentement que le film bénéficie d'un très bon travail au niveau de la photographie.
Brusquement il y a le bruit d'une tronçonneuse et l'on voit un homme qui sans se soucier de son acte se met à couper à un arbre. C'est ensuite plusieurs arbres qui sont coupés avant que la forêt soit en partie décapitée et même brûlée. Les animaux présents dans les alentours meurent très logiquement puisqu'ils n'ont pas le temps de prévoir cet événement inattendu.
Dans quel but l'Homme fait tout cela ? Tout simplement pour récupérer le bois. L'Homme le fait donc au détriment de la nature.
Pourtant, comme le montrent d'autres documentaires tels que Home ou le Syndrome du Titanic, que ferons-nous le jour où nous aurons épuisé toutes nos ressources naturelles ? Au-delà du fait de dénaturer la nature, le réalisateur Patrick Rouxel pose tout de même la question des ressources.
Plus grave encore, le cinéaste s'intéresse également au sort des pauvres vaches. Dans un but de consommation de masse, les vaches sont parquées afin de rentabiliser au maximum l'espace. On prend vraiment en pitié ces pauvres bêtes qui sont martyrisées. Cela fait vraiment de la peine de voir ces bovins qui se font castrer avec une pince de Burdizzo. L'image est difficilement soutenable.
Et puis le réalisateur fait des parallèles qui sont certes un peu éloignés du monde animal mais ne manquent pas de faire leur effet : ainsi, lorsque l'on voit toutes ces vaches qui sont rangées dans des trains avant d'être tuées, on ne peut s'empêcher de penser aux actes nazis lors de la deuxième guerre mondiale.
Le film montre sans ambages et sans explications (à la différence de nombreux documentaires animaliers il n'y a pas ici de voix off pour orienter le spectateur, seul le montage est en mesure d'influencer le spectateur) que l'Homme détruit la nature pour ses besoins personnels au lieu d'être en symbiose avec celle-ci. Les regards « caméra » que portent les vaches donnent une réelle émotion à ce long métrage. C'est un véritable crève-coeur que d'assister à leurs souffrances.
Certaines scènes sont particulièrement caractéristiques sur ce plan. On assiste ainsi à la merveille de la vie avec la naissance d'un veau. La vache se met à aider son petit qui a du mal à marcher. Quelques instants plus tard, de manière brutale, un homme vient parquer le petit veau qui se retrouve séparé de sa mère.
A la manière d'un long métrage tel que fast food nation (qui reste quant à lui une fiction), Alma pose la réflexion de notre société de consommation actuelle et des répercussions de nos habitudes de vie sur la nature. Le bois qui est un des exemples de ce long métrage mais aussi et surtout les aliments produits par le biais de la vache (lait de vache obtenu sur la vache par des machines mécaniques ; production de viande ; fromage ; etc.) sont finalement obtenus à un prix qui n'est pas négligeable pour les espèces végétales et animales.
Si bien évidemment ce long métrage est sans conteste assez orienté, il a le mérite de traiter d'un sujet qui est certes connu mais qui est très parlant lorsque l'on voit des images à l'appui. Gageons que ce film ne reste pas juste un documentaire mais qu'il permette effectivement à moyen terme de changer nos habitudes de vie. Voilà un film militant qui mérite d'être vu.

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12.10.10

07:50:00, Catégories: Point de vue  

Une chose que j’ai remarqué, beaucoup de films des années 80 d’action Américain s’organisent autour de séquences de violences ou de tortures du héros…..

Dans le film Conan le Barbare, la mère de Conan enfant est décapitée, il sera ensuite mis en esclavage. Rambo qui subit l’ire violente d’un adjoint, ce qui le rend fou par la projection associative avec la guerre du Vietnam et les tortures endurées. Robocop où le héros est déchiqueté par des gangsters à coup d’armes à feu, c’est une sorte de rituel pour attaquer la dignité, l'âme du héros, le rabaisser pour que le public comprenne et approuve la lutte vengeresse contre ses persécuteurs.

Cette loi du talion me parait être centrale dans nombres de scénarios de film d’action post-moderne des années 80.
Ces films ressortent l’idée que l’homme se construit dans la densité de la douleur, cette vulnérabilité qui devient invincibilité est un concept très présent dans ces métrages ou l’action prime.
Sylvester Stallone, Arnold Schwarzenegger, Bruce Willis, Van Damme, Seagal, des acteurs «sportifs» qui s’exhibent dans l’action en sont les dignes représentants, ces "surhommes" sont dotés d’une puissance physique, d’une agressivité qui fait la joie d’une présidence Reagan qui ne manque jamais dans ses discours de prendre appui sur ces éléments de virilités filmiques pour en accentuer l’effet.

Le maître de guerre est une parfaite parabole idéologique pour l’état d’esprit régnant dans les hautes sphères Américaines de l’époque...
Des jeunes marines entrainés par Eastwood montre l’esprit guerrier et combatif du soldat, qui dans un altruisme extrême sans va délivrer l’ile de Grenade de ses horribles communistes!

Un fantasme moralisateur qui fut souvent raillé dans le monde, bien que je trouve divertissant le spectacle souvent dynamique de ces films, je n’ai jamais compris comment les propos d’opinions intégrés dans ces productions pouvaient toucher qui que ce soit tellement la puérilité naïve est évidente!!
Le patriotisme, la religion, thèmes récurent dans les productions Américaines, chose qui me trouble toujours autant...

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Conan le barbare - Edition collector

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07:10:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : La paloma (Le temps d'un regard)
Réalisateur : Daniel Schmid
Durée du film : 110 minutes
Date de sortie du film : 1974 (exclusivité présentée au festival du NIFFF 2010)
Avec : Ingrid Caven (La Paloma), Peter Kern (le comte Isidor Palewski), Bulle Ogier (la mère d'Isidor), etc.

Par Nicofeel

Réalisé en 1974 par le cinéaste suisse Daniel Schmid (Jenatsch, Hécate), La paloma est une sorte de rêverie onirique, un conte magnifique. Le film commence d'ailleurs par « Il était une fois », comme pour rappeler qu'il s'agit d'une sorte de conte. En outre, il s'ouvre et se ferme par un rideau.
Avec des décors très chargés qui font penser à du Rainer Werner Fassbinder ou du Werner Schroeter , La paloma débute dans un cabaret où les gens assistent à une représentation intitulée comme par hasard La force de l'imagination.
On nous narre l'histoire d'une artiste, Viola (qui joue dans la paloma) qui est une artiste déchue. On peut faire deux interprétations sur la suite du film : le jeune homme nommé Isidor, grand fan de Viola va être transporté par son personnage et vivre un véritable fantasme. Ou alors il va réellement vivre une grande histoire avec Viola.
En faisant un gros travail sur l'esthétique avec de belles images un peu à la manière du photographe David Hamilton (le film est un véritable roman photo), et en utilisant une voix off, Daniel Schmid raconte l'histoire d'un amour pur, celui de Isidor qui est éperdument amoureux de notre paloma. Cela donne lieu à de superbes scènes, comme celle où ils chantent ensemble avec en transparence les montagnes.
Mais là où le film comporte un vrai aspect dramatique c'est que la paloma n'aime pas Isidor. Raison pour laquelle par exemple, même si elle est mariée à Isidor, elle a une aventure avec l'ami de ce dernier, Raoul.
Cependant, Daniel Schmid ne perd jamais de vue la notion de pureté dans l'amour d'Isidor pour sa femme. D'ailleurs, ce qui est très beau c'est que cette dernière « croyait en mon amour pour elle « , dixit Isidor.
Histoire à la fois triste et nostalgique (voir sur ce point les nombreux flashbacks), La paloma est le portrait d'une femme insaisissable, étrange, quasi insodable. Dans le côté étrange, on aura d'ailleurs droit à une superbe scène vers la fin lorsque l'on voit Viola sur son lit de mort avec une croix. Elle demande une chose particulièrement perverse à son époux, à savoir découper son corps. Alors s'agit-il d'amour ou de haine ? La question reste posée.
Au final, La paloma qui peut être vue comme une histoire rêvée par Isidor (le choix est clairement laissé à l'interprétation du spectateur), bénéficie de la présence d'Ingrid Caven dans le rôle principal, d'une superbe photographie, d'une belle mise en scène avec notamment plusieurs travellings latéraux et d'une histoire enivrante.En somme, voilà un essentiel du cinéma suisse mis en scène par un cinéaste majeur.

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11.10.10

07:38:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Crazy thunder road
Réalisateur : Sogo Ishii
Durée du film : 95 minutes
Date de sortie du film : 1980 (film en exclusivité au festival du NIFFF 2010)

Avec : Tatsuo Yamada (Hitoshi), Masamitsu Ohike (Yukio), Koji Nanjo (Ken), Nenji Kobayashi (Tsuyoshi), etc.
Par Nicofeel

Oeuvre de jeunesse (1980) de Sogo Ishii (qui fut l'invité d'honneur du festival du NIFFF 2010), Crazy thunder road est un film de motards très rock n'roll, bien anarchiste dans son fond.
Il s'agit avant tout d'un film d'action purement fun. Au début du film, il y a une explosion, qui peut signifier une représentation de la guerre atomique et de ses conséquences, d'où le côté cyberpunk de l'oeuvre dans l'accoutrement des personnages principaux. L'intrigue n'est pas très compliquée avec des jeunes gens qui aiment se battre contre d'autres jeunes. Les hommes ont l'air de vrais lascars avec leurs blousons en cuir et lunettes noires.
Comme cela peut être le cas chez les Yakuza, il y a ici des clans et des alliances qui se forment.
On a droit évidemment dans ce genre de films à de nombreuses scènes de combat où les jeunes se tapent dessus. Les plans du film sont très rapides et la caméra suit le mouvement. La scène la plus impressionnante est sans conteste le moment où Sogo Ishii effectue un panoramique tellement rapide que l'on ne voit plus qu'une image floue et que l'on entend plus que la voix des acteurs.
Tout objet est ici utilisé pour se battre, qu'il s'agisse de fusils ou de battes de base-ball. Avec une musique tantôt rock n'roll tantôt espérimentale, Sogo Ishii filme le chaos. Il montre des jeunes gens qui ne souhaitent être récupérés par personne et cherchent seulement être libres, d'où le côté anarchiste de l'ensemble.
Il faut dire que les choix laissés aux individus sont pour le moins restrictifs : soit ils adhèrent à une société bien policée soit ils intègrent carrément l'extrême droite.
L'air de ne pas y toucher, Sogo Ishii charge l'armée dans son film en montrant par exemple que cette dernière souhaite récupérer ces jeunes un peu perdus en les reprenant en main dans des centres d'entraînement. On appréciera cette image bien contestataire où l'un des protagonistes se met à cracher (il y a d'ailleurs un arrêt sur image) quand on lui dit qu'il a une nation à défendre. Sogo Ishii se moque quelque peu du chef militaire, Takeshi, en le faisant coucher avec un homme : cela comporte un côté comique et surtout annihile le côté quelque peu viril de l'armée.
Il y a d'ailleurs plusieurs séquences drôles dans Crazy thunder road, par exemple quand un militaire apporte à un des blessés, Jin, des marguerites ou encore le moment où un professeur touche les seins d'un mannequin !
Notons que le film comporte quelques scènes inutiles, notamment une histoire d'amour torchée à la va-vite qui n'a d'autre intérêt que de voir les seins d'une actrice japonaise.
Cependant, cela n'empêche pas de trouver en Crazy thunder road une oeuvre contestataire, avec une scène finale particulièrement dynamique et marquante tant par l'utilisation de nombreuses armes que par son lot important de morts. C'est une façon de rappeler l'inutilité de la guerre.
Au final, Crazy thunder est un film libertaire à l'image de son principal protagoniste qui repart seul à la fin. En outre, par sa mise en scène coup de poing et ses nombreuses scènes d'action, Sogo Ishii en a fait un film bien marquant.
On regrettera simplement d'avoir visionné le film en version originale avec uniquement des sous-titres anglais. Mais cela reste généralement de l'anglais relativement simple.

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07:35:00, Catégories: Test / Critique, Box office cinéma  

Titre du film : L'amour fou
Réalisateur : Michel Rodde
Durée du film : 85 minutes
Date de sortie du film : 1997 (film diffusé en exclusivité au festival du NIFFF 2010)

Avec : Éléonore Hirt (Hélène), Wojciech Pszoniak, etc.
Par Nicofeel

Film de 1997 mis en scène par le neuchâtelois Michel Rodde (un réalisateur local, en somme !), L'amour fou comporte de manière évidente une dimension onirique. C'est une allégorie sur les rapports entre l'amour et la mort. C'est aussi astucieusement le mythe d'Orphée et d'Eurydice inversé.
Le synopsis du film évoque le personnage de Victor qui a disparu depuis 30 ans et sa bien-aimée, Hélène, qui ne peut admettre son suicide (noyé dans un lac). Dans un style purement romantique, Éléonore Hirt (voir la photo ci-jointe avec une Eleonore Hirt un peu plus jeune que dans le film), dans le rôle d'Hélène, déclare par exemple : « J'ai vécu de l'amour, j'en meurs dit notre femme. »
Le film comporte un nombre très impressionnant de symboles, à tous les niveaux, ce qui rend sa lecture assez difficile à décrypter.
Par exemple, on voit à de nombreuses reprises des roses jaunes : dans la maison de la femme ; dans une sorte de labyrinthe ; dans un tableau de la chambre d'hôtel ; il y a un enfant vers la fin du film qui vend des roses jaunes. Serait-ce le symbole d'un amour en suspens ? C'est possible.
Hélène prend le train, comme si elle passait le Styx, et loge à un hôtel appelé Terminus. Que de symboles. Elle rencontre alors un homme dans sa chambre d'hôtel qui n'arrête pas de boire et de fumer. Cet homme a souvent des éléments chauds dans les pièces où il circule : ne serait-ce pas un symbole de l'enfer.
Malgré le côté très sérieux de ce film, cela ne l'empêche pas de comporter quelques éléments drôles et notamment un côté quasi burlesque avec les nombreuses bêtises que fait l'homme.
La mise en scène est soignée et même parfois très inventive pour arriver à un résultat des plus intéressants. Ainsi, vers la fin du film, l'homme se retrouve par terre et la caméra est tournée de telle façon qu'on a l'impression qu'il escalade quelque chose : difficulté de quitter les enfers.
Il y a un taxi qui les ramène vers le paradis terrestre, qui n'est rien d'autre qu'un dancing.
On notera enfin qu'il y a dans le film de nombreuses musiques classiques et comme par hasard Orphée et Eurydice de Glück.
Au final, la question est de savoir si tout ce que Hélène a vu n'est pas fantasmé. Ce doute s'inscrit parfaitement dans le ton onirique de L'amour fou.
En synthèse, L'amour fou est un film bien mis en scène et bien joué, mais qui demeure tout de même assez difficile d'accès.
Lors du débat suivant la projection du film, la productrice du film signale que beaucoup de littérature sur le sujet a été lu pour faire L'amour fou. Pour sa part, Michel Rodde indique qu'il écoutait de manière continue les Cantades de Bach quand il était en train de réaliser ce film.

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10.10.10

09:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : L'enfance d'Icare

Réalisateur : Alex Iordachescu

Durée du film
: 90 minutes

Date de sortie du film : prochainement (film diffusé en avant première au festival du NIFFF)

Avec : Guillaume Depardieu (Jonathan Vogel), Alysson Paradis (Alice Karr), Carlo Brandt (Stivlas Karr), etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Alex Iordachescu dont c'est le premier film, L'enfance d'Icare traite de la thérapie génétique. C'est le dernier rôle au cinéma de Guillaume Depardieu qui interprète un véritable rôle de composition qui rappelle étrangement sa vie. En effet, Guillaume Depardieu est Jonathan Vogel, un homme handicapé venu se faire soigner par un docteur de clinique qui utilise un nouveau procédé. A la base on lui déclare qu'il a de la chance car un individu sur 100 000 a un génome compatible avec le traitement et c'est son cas.
Jonathan Vogel est le premier humain sur lequel on fait de tels tests. Il va apprendre à ses dépens que si la science peut guérir de certaines maladies, on ne sait jamais quelles sont les conséquences finales avec dans notre cas un mal qui est guéri mais qui crée une nouvelle maladie avec le besoin de recourir à la chimiothérapie (car prolifération de cellules) : ce sont bien là les limites actuelles de la science, prouvant à quel point il faut faire attention.
Le film laisse une impression mitigée car si sa thématique est intéressante, il se déroule sur un rythme lent et surtout on a rapidement l'impression qu'il tourne un peu en rond. On comprend vite que Jonathan s'est porté volontaire (« on a signé un pacte » dixit le professeur) pour le programme mais le traitement n'améliore pas son état de santé. L'intrigue aurait sans conteste mérité d'être plus développée.
A fortiori, on constatera qu'il y a une belle incohérence vers la fin : alors qu'il y a un accident de voiture assez grave, Jonathan n'est nullement blessé.
Au demeurant, si l'on sent qu'il se trame quelque chose et que l'ambiance est froide et plutôt pesante (ce sentiment étant accru par la musique ambiante du groupe suisse les Young gods) dans ce film, il ne se passe pas grand chose.
Quelques éléments méritent tout de même d'être signalés comme les relations particulièrement ambiguës entre le professeur et sa fille Alice. On notera également avec intérêt le fait que le film montre les liens entre science et économie puisqu'il y a des actionnaires qui attendent des résultats et surtout des profits des recherches du docteur de cette clinique.
Quant aux acteurs, ils ne sont pas à mettre en cause du semi-échec du film car il se révèlent assez bons.
Au final, L'enfance d'Icare est un film qui part avec de bonnes intentions mais qui s'égare un peu en route en raison d'une intrigue qui aurait mérité plus de clarté et de développements.
Après la séance, Alex Iordachevscu a répondu aux questions des spectateurs. Locktal (bien connu des dvdpascheriens pour son immense dvdthèque !) lui a demandé les raisons du titre du film. Le cinéaste lui a déclaré que son film est l'histoire d'une chute qui vient en héritage même si elle n'a pas été demandée. Le cinéaste rappelle l'histoire du mythe d'Icare et fait le parallèle avec son film.

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09:40:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Après deux mois d’été quand même largement mitigés et notamment un mois d’août plus que décevant, l’actualité des sorties fantastiques et horrifiques a remis du poil de la bête en septembre, avec, outre de nombreux combos DVD-Blu-ray de titres déjà existants, les traditionnelles ressorties, mais aussi pour nous gratifier de quelques inédits alléchants ainsi que plusieurs "classiques" retrouvés.

le loup-garou de londres
The Rocky horror picture show

Au niveau des ressorties, deux incontournables ont connu une édition en Blu-ray, Le loup-garou de londres chez Universal (l'éditeur ayant aussi donné sa chance à Suck et ses vampires rock'n'roll) et The Rocky horror picture show chez 20th Century Fox, qui a par ailleurs édité un nombre certains de titres en combo DVD-Blu-ray, tout comme MGM.

Holocaust 2000
Nosferatu

Ce mois de septembre aura également permis de (re)découvrir le sympathique Holocaust 2000 d'Alberto De Martino et son discours écologique avant l'heure sous-jacent derrière son histoire satanique, mais aussi le Nosferatu de Werner Herzog qui demeurait jusque-là toujours honteusement inédit chez nous en DVD.

House of the devil
L'effet papillon 3

Mais cela surtout aura été du côté des inédits que le mois qui vient de s'achever aura été prolixe avec de nombreux titres plus ou moins attendus. Ainsi, parmi les bonnes nouvelles, TF1 Vidéo aura permis à l'excellent House of the devil de se faire connaître avec son ambiance héritée des glorieuses années 80 pour une intrigue diabolique et impliquante, tandis que Metropolitan aura édité le surprenant L'effet papillon 3 qui viendra rehausser la franchise avec notamment un aspect graphique volontaire, et le plus obscur Omen, la nouvelle malédiction, film thaïlandais écrit par les frères Pang.

Blood on the highway
The cellar

De son côté, Emylia aura lancé une belle offensive avec trois titres méritant que l'on s'y attarde pour des raisons diverses, avec Blood on the highway et son humour déjanté, l'édition DVD étant présenté ici et critiqué , mais aussi avec l'inquiétant film suédois The cellar présenté ici et critiqué , et enfin avec le film malaisien Histeria dont l'édition a été évoquée ici avant d'être critiquée .

The guard post
P (la possédée)

Toujours dans le cinéma oriental, WE Productions nous aura permis de connaître The guard post, critiqué ici dans son édition en zone 1, et P (la possédeé) et sa magie noire démoniaque.

5150, rue des Ormes
les 7 jours du Talion

Pendant ce temps-là BAC Vidéo aura édité 5150, rue des Ormes et son huit-clos étouffant, laissant E1 Entertainement proposer un autre film canadien avec le bien méchant Les 7 jours du Talion.

Trailer park of terror
The thaw

Autres inédits sortis ce mois-ci mais plus anecdotiques, LockJaw et The thaw sous l'impulsion de Zylo, ainsi que le quand même plus sympathique Trailer park of terror et ses zombies rock édité par Europa, film critiqué ici dans son édition en zone 1, et alors que ce sera Antartic qui aura donné sa chance à Scar 3D après sa sortie technique en salles l'année dernière, pour un autre film critiqué ici dans son édition en zone 2 anglais.

Sleepaway camp 2
I'll never die alone

Et enfin, le petit éditeur indépendant Ohmygore propose déjà sur son site ses deux dernières éditions, Sleepaway camp 2 (critiqué ici dans son édition en zone 1 ) et le "Rape and revenge" argentin I'll never die alone, deux titres méritant lé détour, surtout qu'il s'agira de soutenir cet éditeur qui ne devrait pas tarder à nous proposer d'autres titres alléchants.

Donc, comme on peut le voir, ce mois de septembre aura été plutôt riche en inédits de tous horizons et il ne reste plus qu'à espérer que ce mois d'octobre soit aussi fourni et généreux ! Le rendez-vous est déjà pris pour vérifier la réalité de ce regain de vitalité en fin de mois !

Le loup-garou de Londres (Blu-ray)

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Holocaust 2000

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L'effet Papillon 3 (Blu-ray)

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The cellar

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5150, rue des Ormes - Edition 2010

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Les 7 jours du Talion

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Trailer Park of Terror

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Scar 3D / Coffret 2 DVD

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I'll Never Die Alone

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08.10.10

07:25:00, Catégories: Point de vue  

Dans les années 60, l'audace filmique est en Europe avec la nouvelle vague qui émerge avec sa morale ambigue et avec ses personnages soignées, et à plusieurs niveaux d'évolution, ce qui rend la structure narrative captivante. Le cinéma américain est dominé par la peur de l'ennemi communiste et de la guerre atomique, les studios font ce qu'ils veulent et ont une emprise totale sur les films. Ils remontent et retouchent, les réalisateurs sont des faire valoir et les scénaristes ont une valeur quelconque. Paumé, les studios américains sont incapable d'accompagner les désirs et les nouvelles tendances de son public.

Fin des années 60, la conformité sclérosante, la rigueur austère des films, leurs conventions, leurs formalismes, est mis à mal par l'évolution de la société, la guerre du Vietnam commence à réveiller les jeunes esprits et la révolution culturelle est en route!

Dehors les vieux! et que les nouveaux fassent rêver une jeunesse avide d'idées cinématographiques nouvelles. De 1969 à 1971 les pertes des studios sont énormes, Warner Bros et MGM sont rachetés par des assureurs, le code hays est abandonné au profit d'une nouvelle codification des films, la censure gouvernementale est abandonnée. C'est la période du cinéma d'auteur et des mutations économiques.

Le prestige de cette nouvelle bande de réalisateurs s'installe doucement, le terreau est idéal pour la création, l'expression est libre, les tabous sont brisés, ce qui permet nombres d'expérimentations filmiques qui reposent beaucoup sur les personnages. L'intrigue est moins mise en avant ...
Bonnie and Clyde et le Lauréat furent la fin des vieilles badernes hollywoodienne et le début de prise de pouvoir des "sales mômes du cinéma".

L'interprétation de ces œuvres vit arriver de nouveaux visages souvent formés à l'Actors studio : Nicholson, De Niro, Hoffman, Pacino, Dreyfuss, Duvall, Keitel, et aussi les Streisand, Jane Fonda, Faye Dunaway, Diane Keaton etc...

C'est tout un monde qui se forme, des films d'art et d'essai voient le jour, c'est une stratégie des studios en difficulté pour se refaire la cerise. Peu d'argent investi, avec l'espoir de faire du profit sur les noms de cette jeune génération au style personnel et intelligent qui peuvent intéresser un certain public cinéphile.
Easy rider, MASH, Macadam cowboys en sont le parfait fil conducteur! 2001 odyssée de l'espace est un phénoménal film de fiction très en avance sur son temps!
Arrive le temps du "Parrain" et de son incroyable succès, les studios ont compris qu'il fallait accompagner ces réalisateurs par des moyens de superproductions pour augmenter les bénéfices avec l'arrière pensée de faire rentrer dans le moule cette pépite à talent.

cinema americain

Début 70 c'est aussi l'éclosion d'un genre méprisé: l'épouvante! L'exorciste et surtout Les dents de la mer rapportent des sommes folles, le film de requin sera le premier film à maximaliser les campagnes commerciales et médiatiques et à faire sortir le métrage dans un nombre de salles record!! Les années 80 s'approchent à grand pas!!




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07:15:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Stefanies geschenk
Réalisateur : Mathieu Seiler
Durée du film : 85 minutes
Date de sortie du film : 1995 (film diffusé en exclusivité au festival du NIFFF 2010)

Avec : Soraya Da Mota (Stefanie), Paul Lohr (le père), Aviva Joel (la mère), etc.
Par Nicofeel

Stefanies geschenk constitue le premier film du zurichois Mathieu Seiler, sorti en 1995. En 2000, il a réalisé un second film, cette fois-ci sur la thématique du petit chaperon rouge. Ici, il revisite le mythe d'Alice au pays des merveilles en s'intéressant à une jeune fille qui va se retrouver dans la situation d'un suicide.
Nanti d'un petit budget de 340 000 dollars, ce film en noir et blanc produit en partie par le réalisateur est un modèle d'inventivité. Pour le producteur du film, il s'agit d'un « art house plus action ». L'actrice du film, Soraya Da Mota, avait seulement 12 ans lors du tournage.
A la manière d'Une vraie jeune fille de Catherine Breillat, Stefanies geschenk montre une jeune fille, Stefanie, qui s'ennuie avec sa famille, comme le prouve par exemple la scène du repas au début du film. Elle se regarde dans le miroir et passe à travers celui-ci à l'instar d'Alice au pays des merveilles). Tout se passe dans l'univers mental de Stefanie.

Ainsi, elle se permet toutes les transgressions possibles et imaginables : elle fume. On a droit aussi à un sur ses lèvres quand elle est en train de macher un chewing gum. Elle met la musique forte dans sa chambre. Elle paraît désabusée à son visage et à son allure. L'école l'ennuie, d'ailleurs elle la manque fréquemment.
Le cinéaste n'hésite pas à relancer le côté fantastique du film par le fait que Stefanie entend plusieurs fois des voix (c'est en fait son subconscient) la sollicitant pour tuer ses parents avec un cimeterre. Elle se voit ainsi en train de tuer notamment sa mère en rêve en faisant un fuck you au Christ qu'elle ajoute devant elle.
Le film évoque aussi l'éveil à la sexualité de Stefanie. Il y a par exemple un plan où elle transpire comme si elle était en train de jouir. On comprend alors qu'un garçon vient de lui faire l'amour (dans son rêve). Il y a un côté comique avec ce garçon qui se met sou le lit ou encore qu'il s'endort et est réveillé quand elle lui envoie un verre d'eau au visage.
Tout au long du film Stefanie croise des personnages plus étranges les uns que les autres : une dame qui lui donne un colis ; un homme avec une arme.
On a droit à un parallèle intéressant entre la disparition d'un enfant et la fin du film particulièrement noire. Cette fin est très carrée avec Stefanie en train de sucer une tétine empoisonnée (symbole du suicide, et comme si elle suçait un sexe masculin) et ses parents qui reçoivent une boîte avec leur fille à l'intérieur (lien avec l'enfant disparu).
Le réalisateur aime filmer son actrice sous tous les angles (de dos, de face, ses pieds, son visage) et même au ralenti vers la fin du film, où on la voit déterminée. L'actrice Soraya Da Mota est omniprésente et sa composition est marquante pour une jeune fille de 12 ans.
Le film propose tout de même une vision particulièrement noire de l'adolescence avec de manière sous-jacente la question du suicide. C'est aussi un film qui s'attaque à une société bien normée et à son système de valeurs.
Tant par sa mise en scène que par les thématiques qu'il développe et par sa très belle esthétique bien dans un style arty, Stefanies geschenk est un film qui mérite largement d'être vu.

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07.10.10

07:55:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Simon Werner a disparu...
Réalisateur : Fabrice Gobert
Durée du film : 1h33
Date de sortie du film en salles : 22 septembre 2010

Avec : Ana Girardot (Alice), Jules Pelissier (Jérémie), Laurent Delbecque (Simon), Serge Riaboukine (Rabier), Arthur Mazet (Jean-Baptiste Rabier), Laetitia (Selma El Mouissi), Yan Tassin (Frédéric), Laurent Capelluto (Yves, l'entraîneur de foot), Audrey Bastien (Clara) Esteban Carvajal Alegria (Luc), etc.

Par Nicofeel

Premier long métrage du français Fabrice Gobert, Simon Werne a disparu... étonne très franchement par son ambition pour un premier film. Le cinéaste n'a absolument pas choisi la facilité. On est loin du filmage plan-plan de certains téléfilms voire films de bas étage avec de simples champ-contre champ. Non ici l'ensemble du film rend grâce au cinéma en tant que septième art. Visiblement très intéressé par le cinéma de Gus Van Sant (Elephant), Fabrice Gobert a mis en scène son film en filmant les mêmes scènes de différentes façons pour aboutir à différents points de vue et ses personnages sont en perpétuel mouvement. C'est tout l'intérêt à la base de son film, à savoir changer le point de vue lors de différentes séquences. Certes, on n'aboutit pas à une vision subjective mais on suit plutôt des personnages dans leurs faits et gestes.
Mais de quoi parle déjà Simon Werner a disparu... ? Le film se déroule dans un lycée français en 1992. On apprend progressivement qu'un des élèves, Simon Werner, a disparu. Chaque élève y va de sa propre interprétation mais les choses prennent rapidement une autre ampleur quand on s'aperçoit que d'autres élèves de cette même classe disparaissent. Donnant l'impression de s'inspirer de faits divers comme on peut en voir souvent, le film se lance alors dans une sorte d'enquête qui va révéler au final que les coupables ne sont pas forcément ceux à qui l'on pense et que les meurtres peuvent être purement gratuits, sans mobile apparent.

Situé à mi-chemin entre le film d'adolescents – le film proposant un portrait intéressant d'une jeunesse sur le point de passer à l'âge adulte et qui pense pour l'instant à faire des fêtes nocturnes – et le thriller avec tous ces questionnements et ces longs couloirs vides dans le lycée, Simon Werner a disparu... est également un film à l'ambiance particulièrement étrange. Il y a clairement du David Lynch derrière tout ça. On pense beaucoup à Twin Peaks et notamment à l'étrange personne de Laura Palmer.
Ici, Laura Palmer s'appelle Alice. C'est une jeune femme qui attire d'elle les regards de la plupart des garçons, subjugués par sa beauté. Surtout, on constate que le personnage d'Alice fait le lien entre les différentes séquences. Car à chaque fois que l'on passe à un nouveau point de vue, il y a un nouveau prénom qui s'affiche à l'écran (d'abord Jérémie puis Alice, Jean-Baptiste et enfin Simon) et on suit les événements tels qu'il les a vécus. Systématiquement, la jeune Alice se retrouve avant le début de ces nouvelles séquences. Peut-être que de manière symbolique Alice joue le rôle de transition en permettant le passage de l'autre côté du miroir. Car on apprend progressivement des choses qui ne sont connues de personne (sinon de celui qui a vécu les événements), des choses secrètes qui font s'interroger l'ensemble des lycéens.
Une des grandes qualités du film est de réussir à marier, par le biais de sa mise en scène, deux genres pas forcément liés : le thriller et le film d'adolescents. Le côté thriller est alimenté par ces disparitions suspectes. Quant au côté ado, il l'est par ces mêmes disparitions. A savoir que beaucoup de soupçons et de rumeurs infondés ont lieu. Le talent du scénario film réside dans sa réussite à désamorcer au fur et à mesure que l'intrigue avance de nombreuses rumeurs. Et au même titre que la disparition des rumeurs, on voit réapparaître des personnages dans le cours du film.
Par ailleurs, les motivations de chacun sont dévoilées petit à petit, ce qui permet de remettre les différents éléments du puzzle à leur place. Certains secrets sont également rendus au spectateur comme le fait que tel personnage est homosexuel ou encore que tel autre, si sage en apparence, trompe sa copine.
La réussite évidente du film tient à l'épaisseur du caractère des personnages. On voit bien que tous ont bénéficié d'un gros travail d'écriture. A tel point que parfois on se demande réellement si tel personnage a des intentions appréciables ou non. Sur ce point, le personnage d'Alice est très révélateur. A un moment donné, on est prêt à lui donner un rôle de victime à la Laura Palmer (Twin Peaks). A un autre on se demande au contraire si Alice ne serait pas une tueuse dans un style à la Mandy Lane (All the boys love Mandy Lane).
Pour rehausser un film déjà de grande qualité, le long métrage de Fabrice Gobert bénéficie de la bande originale du groupe de rock alternatif Sonic Youth, qui sied à merveille à l'univers étrange de Simon Werner a disparu... Cela donne un côté quasiment hypnotique au film.
Film très maîtrisé sur le plan de la mise en scène avec de mouvements de caméra et film faisant état d'un gros travail au niveau du montage, Simon Werner a disparu... est sans conteste une belle réussite. On est donc d'autant plus fier que ce film d'auteur proche du film de genre soit de nationalité française. Les réussites en la matière sont assez rares et sont donc à signaler.
Présenté au festival de Cannes 2010 dans la section « Un certain regard », Simon Werner a disparu... mérite largement d'être diffusé et vu.

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07:50:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Transfer
Réalisateur : Damir Lukacevic
Durée du film : 93 minutes
Date de sortie du film : inconnue (film inédit en France, pas de date de sortie encore prévue)

Avec : B.J. Britt (Apolain/Hermann), Regine Nehy (Sarah/Anna), Ingrid Andree (Anna), Hans-Michael Rehberg (Hermann), etc.
Par Nicofeel

Film allemand réalisé par Damir Lukacevic, Transfer est un film qui utilise le fantastique pour aborder des thèmes essentiels dans notre société contemporaine.
Transfer pose une véritable réflexion sur des questions telles que la vie et la mort, l'identité personnelle, l'immigration, les relations entre pays riches et pauvres.
Pour étayer toutes ces idées, le film se projette dans un futur lointain (vraiment lointain ?) où une société privée, Menzana, donne la possibilité à des gens riches de changer de corps pour vivre dans des corps plus jeunes. Ces jeunes corps sont ceux d'africains qui vivent dans des conditions misérables dans leurs pays. Dans un premier temps, les nouveaux résidents de ces corps vont vivre en tant qu'esprit dans leurs nouveaux corps 20 heures par jour et les propriétaires de base 4 heures par jour, pendant de la phase de nuit des nouveaux résidents.
Dans un second temps, les anciens corps (entendons par là les corps vieux) doivent être incinérés au bout du processus après une phase de 3 mois. Mais alors que deviennent les gens qui possédaient le corps à la base ? Ils disparaissent totalement eux aussi ? C'est pire que de l'esclavage moderne.
Avec une musique technoïde (un peu basique) qui accroît le côté fantastique du film, Transfer propose une vraie réflexion sur notre société actuelle et sur la marchandisation de toute chose, le summum étant atteint par la vente d'un corps. On notera qu'il y a tout de même des considérations morales qui sont en jeu dans cette affaire.
Dès le départ, on voit les rapports inégalitaires entre les pays développés et les pays en développement avec cette marchandisation du corps.
D'ailleurs, il y a dans le film un choc des cultures avec des préjugés de part et d'autre. Le racisme est présent des deux côtés et finit finalement par s'atténuer au fur et à mesure que l'on connaît l'autre. Il faut dire que les personnes âgées ayant décidé de changer de corps dans le film passent d'un corps blanc à un corps noir. Elles sont alors d'autant plus à même de comprendre le racisme latent qui existerait en Allemagne.
Le film pose également des idées intéressantes sur la vie. Comme le dit Anna (la personne âgée dans le film), quand on est jeune, on pense que la mort c'est pour les autres.
Et puis au-delà de toutes les questions que développe le film, on est également fortement intéressé par le côté thriller de celui-ci avec le fait de savoir si Apolain et Sarah, les deux noirs qui ont vendu leurs corps, vont réussir à détourner le système dans leur volonté de se rebeller.
La mise en scène de Damir Lukacevic est particulièrement adapté à son scénario avec par exemple une caméra subjective pour nous montrer le passage d'un corps à un autre. En outre, le réalisateur a la bonne idée de nous montrer les cauchemars que fait l'homme dans son nouveau corps lors de sa première nuit. Il faut dire que c'est comme s'il y avait deux âmes dans le même corps. On sent le subconscient de l'autre.
Excellent film par les questions qu'il pose, par l'interprétation de ses acteurs et par sa mise en scène froide (qui rappelle un certain Bienvenue à Gattaca), Transfer est sans conteste un des films les plus intéressants qui a été proposée lors de la sélection officielle du NIFFF 2010. Pourtant, bizarrement, le film n'a obtenu aucun prix. Il n'empêche, ce film mérite amplement d'être vu et son réalisateur est un cinéaste à suivre de très près.

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06.10.10

07:55:00, Catégories: Point de vue  

Blade Runner: Avec la séquence introductive ou la ville crache les flammes par le biais des cheminées d'usines, le cinéma a acquis les fondements d'une certaine esthétique cinématographique. L’exigence est de mise et un film ne peut plus être qu'une simple mise en images.

La force de l'illusion au cinéma démarre grâce aux moyens filmiques (technique, effets) qui offrent une seconde chance au genre science-fiction.
Le design est important dans une série de films comme Aliens le retour, le retour du Jedi, retour vers le futur...les films d'action comme l'arme fatale 2, piège de cristal en profite également. L'importance des effets spéciaux démarre et ne s'est toujours pas arrêté...

Les deux précurseurs que sont Spielberg et Lucas donnent leurs lettres de noblesse à ces films a effets qui font éprouver aux spectateurs des sensations puissantes et crédibles. Les années 80, les années qui vont subjugués et envouter le spectateur pour toujours!
La série des Indiana jones en est l'exacte reproduction, l'esthétique est soutenue par le rythme puissant que donne un montage efficace. les effets affirment la crédibilité et l'exagération du propos un effet de style personnel.
Les anglais à cette période font du cinéma de provocation sociale avec Stephen Frears et Ken Loach. En allemagne Herzog et Wim Wenders sont à la pointe d'un cinéma bien bâti avec des œuvres comme Fitzcarraldo et Paris, Texas....

Cette art, pour vivre, va avoir besoin du marché et de ses fonds importants car pour mettre en route ces chef-œuvres le budget doit être conséquent, c'est aussi une période de domestication entre l'art et la finance et peut-être le début d'un compromis pour certain entre idées et convictions d'artistes et potentiel financier.
Hollywood renait durant cette période avec quantités de films où la narration passe exclusivement par l’action très dynamique. C’est les Rambo, Delta force, Robocop, Rocky, Die Hard qui disposent de héros américain victorieux!

Ce sont les films « porte-avions » de la politique médiatique de l’ère Reagan… Cela marcha excellemment vu la réception populaire envers ce genre, cela devait représenter d’une certaine manière la société américaine des années 80….

Blade Runner - Edition Final cut / 2 DVD

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Rambo : La trilogie / 4 DVD

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Indiana Jones - Coffret quadrilogie / 5 DVD

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05.10.10

07:15:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Black-out
Réalisateur : Jean-Louis Roy
Durée du film : 95 minutes
Date de sortie du film : 1970 (film inédit en France diffusé au festival du NIFFF 2010)

Avec : Marcel Merminod (Emile Blummer), Lucie Avenay (Elise Blummer), Marcel Imhoff (le prêtre), Robert Bachofner (le petit garçon), etc.

Par Nicofeel

Mis en scène par Jean-Louis Roy, Black-out est un pur huis-clos, un film sur l'enfermement physique et psychologique. Le film a une portée universaliste car il n'y a pas d'indication de lieu, on peut être n'importe où. Ce film est une vraie curiosité qui d'un côté tend vers le film d'auteur par les excellentes thématiques abordées (critique de la société de consommation, peur de l'autre et notamment métaphore de l'isolement de la Suisse sur le plan international, évocation de la guerre Froide eu égard à la date à laquelle a été réalisé le film) et d'un autre côté tend vers le Z avec des acteurs en perpétuel sur-jeu qui amènent le spectateur à rigoler sur des choses qui sont pourtant dramatiques.
Les deux acteurs quasi uniques du film, deux personnes âgées, jouent le rôle d'un vieux couple, Emile et Elise. Dès le départ, on voit le côté très amateur de l'interprétation avec des dialogues soit sur-joués soit donnant l'impression d'être lus. Mais les thématiques développées sont assez fortes pour passer outre ce côté bien amateur.
La vieille dame, ayant vu les provisions qui sont faites en sous-sol dans des bâtiments militaires, et croyant à la fin du monde, décide de faire de même dans sa maison. Son mari, Emile, pas vraiment chaud à cette idée d'isolation, finit par suivre le mouvement de sa femme autoritaire.
L'isolation finit par être total avec les murs qui sont barricadés de toutes parts. Les murs et les fenêtres sont même cloués. Le film devient rapidement une métaphore de l'isolation et notamment de la Suisse. Il est tout de même impressionnant de voir ces deux personnes âgées qui décident par peur de se couper du monde et qui remplissent leur maison de différents éléments. La maison devient par moments une véritable poubelle ambulante avec de nombreux détritus disséminés un peu partout.
A fortiori, l'ambiance particulière du film est renforcée par les rapports psychologiques tendus entre Emile et Elise, très intéressants au demeurant, car ils montrent la dégénérescence du psychologique avec deux personnes qui finissent par devenir folles dans un environnement clos. Emile qui semblait jusque-là à peu près normal devient fou : il voit d'ailleurs un petit habillé en costard cravate qui lui rappelle son collègue de travail. Mais ce personnage existe-t-il vraiment ? N'est-ce pas une illusion prouvant que la longue période d'isolement est en train de le rendre fou ?
Le film montre également des rapports de force qui s'inversent entre Emile et Elise. On évolue de plus en plus vers une issue tragique.
La scène finale, particulièrement marquante, évoque sans conteste un personnage qui a perdu pied avec la réalité et qui ne comprend pas que la société n'a pas changé depuis qu'il a décidé de se barricader.
Voilà en tout cas un film qui ne manque pas d'intérêt, même si le jeu des acteurs laisse quelque peu à désirer.

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04.10.10

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Shelter
Réalisateurs : Björn Stein et Mâns Mârlind
Durée du film : 1h52
Date de sortie du film en salles : prochainement (film diffusé au festival du NIFFF 2010)

Avec : Julianne Moore (Cara), Jonathan Rhys-Meyers, Jeffrey DeMunn (Docteur Harding), etc.
Par Nicofeel

Réalisé par les cinéastes Björn Stein et Mâns Mârlind, le film Shelter s'apparente aux départs à un véritable thriller. La psychanalyste Cara Jessup (excellente Julianne Moore, comme d'habitude) récupère un nouveau patient, qui lui a été recommandé par son père. Le film est très intéressant à la base avec ce personnage d'Adam Saber, un personnage assez agressif, qui est victime de graves troubles de la personnalité. Ainsi, en faisant curieux et impressionnant au niveau de ses cervicales, Adam laisse la place à un certain David Bernburg, et se retrouve dans ce cas paralysé au niveau des jambes.
L'histoire ne manque pas d'attrait, surtout quand on apprend, suite à l'enquête menée par Cara, que David Bernburg est mort depuis une vingtaine d'années !
A ce moment du film, Shelter ne manque pas d'intérêt, d'autant que l'on confronte le nouveau David Bernburg à sa mère et que les preuves laissent entendre qu'il ne peut pas s'agir d'un canular.
Tout cela est bien étrange et on prend un plaisir certain à suivre cette enquête. Malheureusement la deuxième partie du film tend à largement de niveau. En effet, les cinéastes ont voulu en faire un peu trop et ils ont fait un mélange qui n'est pas au final des plus fameux. Le film tend à une confrontation entre la foi et la science. Mais surtout il vire progressivement du thriller pour aboutir à un fantastique un peu lourdaud et « too much » qui a pour effet de laisser le spectateur plus qu'étonné.

Déjà, plusieurs invraisemblances ont lieu au cours du film. Par exemple, comment Adam Saber peut-il trouver l'école de la fille de Cara alors qu'il n'en n'a jamais entendu parler ? Les personnages que l'on voit dans le film semblent également sortis de nulle part. Cette histoire dans la vallée à mi-chemin entre foi et sorcellerie a de quoi laisser perplexe.
Il est dommage que les cinéastes n'en sont pas restés à quelques idées qu'ils auraient pu développer mais qu'ils aient décidé de faire à fond dans la surenchère avec cette multiplication des personnalités, cette ombre dans la nuit qui serait une ombre sonore ou encore cette vieille dame mystérieuse.
A trop s'éparpiller, les cinéastes finissent par perdre le spectateur qui a l'impression de voir un film d'horreur tout à fait quelconque, où la finesse du début du film a laissé la place à un grand-guignolesque des plus limités en intérêt. Le côté religieux du film avec ces croix sur le corps des victimes est loin d'être très malin. On aurait préféré amplement des éléments suggérés plutôt que des éléments qui sont révélés au grand jour, en ayant pourtant ni queue ni tête.
La fin est d'ailleurs le summum du n'importe quoi.
Dans ces conditions, une impression de gâchis est le sentiment qui nous vient en tête lorsque l'on repense à l'ensemble du film.
Car Shelter n'est pas raté pour autant. C'est un film qui bénéficie d'une excellente distribution, avec en tête les deux acteurs principaux, une Julianne Moore très appliquée et un Jonathan Rhys-Meyers qui a une capacité certaine à devenir inquiétant pour les autres. Shelter est aussi un film qui a droit à une mise en scène solide (hormis quelques mouvements où l'image se brouille, ces tics visuels étant parfaitement inutiles) et à un scénario tout à fait prenant dans sa première partie.
Au final, on ressort un peu déçu car Shelter aurait sans nul doute pu être un film de très bonne qualité s'il n'avait pas viré dans le grand n'importe quoi dans sa deuxième partie. Ce long métrage est donc malgré tout à voir, les défauts du film ne l'empêchant pas d'être largement regardable.

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01.10.10

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Djinns
Réalisateurs : Hugues et Sandra Martin
Durée du film : 100 minutes

Date de sortie du film : 11 août 2010
Avec : Grégoire Leprince-Ringuet (Michel), Thierry Frémont (Vacard), Aurélien Wiik (Saria), Stéphane Debac (Durieux), Emmanuel Bonami (Ballant),

Par Nicofeel

Réalisé par Hugues et Sandra Martin, qui sont frère et soeur, Djinns est un film français marque l'incursion du fantastique à une époque historique particulièrement marquante dans l'histoire de France. En effet, l'intrigue a lieu dans le sud de l'Algérie en 1960. On suit des militaires français qui combattent le FLN.
L'étrangeté qui va marquer ce film est présente dès le départ avec cet homme que l'on voit erreur et tirer une mallette (cette dernière n'ayant finalement aucune importance réelle par rapport au script du film, mais jouant plutôt le rôle de macguffin hitchcockien), alors qu'il semble quasiment mort. L'intrigue est relativement simple avec cette patrouille militaire qui a comme but de retrouver un avion qui s'est écrasé dans le désert.
Pour autant, une fois que cet avion et ces occupants décédés sont retrouvés, cette patrouille est loin d'être au bout de ses peines. Car entre les combats contre des sympathisants du FLN et la paranoïa qui atteint certains militaires, il y a de quoi faire. Surtout que les dunes s'étendent à perte de vue et ont de quoi jouer des tours à nos soldats français.

A fortiori, les djinns ne joueraient-ils pas un rôle actif dans cette guerre. En effet, les djinns sont des génies, bons ou mauvais, qui seraient dotés d'importants pouvoirs. Dans le cas présent, ces créatures mystérieuses, qui sont invisibles aux yeux de presque tous, ont une capacité certaines à déstabiliser l'esprit humain.
Le film montre parfaitement ces personnages qui perdent complètement les pédales ce qui amène plusieurs fois les militaires français à se battre les uns contre les autres. La force du film est sans conteste de laisser le doute dans la tête du spectateur : ces personnages seraient-ils victimes d'hallucinations ou serait-ce le travail des djinns ? De ce point de vue, le film fait d'intéressants parallèles, comme entre l'arrivée du djinn et ce qui a eu lieu en Indochine pour un personnage.
L'ambiance du film est constamment sérieuse et permet de rester dans cet univers étrange où les situations sont tendues.
La distribution du film se révèle efficace, notamment Grégoire Leprince-Ringuet dans un rôle de jeune militaire qui le change carrément de ses rôles dans divers films d'auteur. On aurait par contre apprécié que les personnages qu'ils jouent soient un peu moins caricaturaux et plus développés au niveau de leurs caractères.
Bien que jouant sur un côté fantastique, le film n'hésite pas à prendre parti. Non seulement il retombe parfaitement sur ses pattes à la fin mais en outre il dénonce un fait politique qui est loin d'être anodin et explique les événements du film.
Au final, malgré un rythme un peu lent et une intrigue qui n'évolue pas beaucoup, Djinns, film de guerre à connotation fantastique qui rappelle sans conteste l'excellentissime The thing de John Carpenter (sauf qu'ici au lieu du froid on a la chaleur du désert), est plutôt à compter parmi les oeuvres fantastiques françaises réussies.

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