Archives pour: Novembre 2010

30.11.10

06:45:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

parNicore

Resurrection

Malgré ses allures de "survival" basique, ce Resurrection va réussir le tour de force de parvenir à surprendre, à intriguer et à créer une véritable tension tout en n'hésitant pas à verser dans la violence sèche et sanglante quand il le faudra.
Le script va laisser deux couples partis faire du camping et du quad en forêt devoir faire face aux autochtones dégénérés après un incident qui va modifier radicalement le déroulement de leur séjour.

ResurrectionAprès un générique accrocheur, le métrage va se lancer dans la présentation de ses quatre personnages principaux, deux couples, Sam et Kat accompagnés de Tommy et Lucy, en route pour un parc national afin de pouvoir y camper et faire du quad. Mais perdus, ils vont demander leur chemin dans un drugstore faisant également office de station-service, mais contrairement à ce qu'on pouvait attendre, ce sera gentiment et sans arrière pensées qu'ils seront renseignés par Cody, un gars du coin à l'allure presque patibulaire mais qui se montrera aimable et serviable. Le premier avertissement aura lieu lorsque Sam, au volant, va manquer d'écraser deus gamins restés en plein milieu de la route, déclenchant la fureur d'un homme qui sortira nu de chez lui armé d'un fusil, mais il n'aura pas à tirer puisque les jeunes vont déguerpir sans demander leur reste.

ResurrectionCette première alerte aura lieu dans un village crasseux et avancera d'entrée un aspect glauque et repoussant pour ces habitants ruraux bien opposés au style urbain des deux couples dont l'intrigue va se charger ensuite de nous les rendre sympathique en approfondissant la présentation de manière naturelle, bien éloignée de tout les stéréotypes d'usage, créant ainsi un lien entre ces protagonistes et le spectateur avec des réactions bien normales suite à l'annonce de l'attente d'un bébé pour une Lucy prête à se marier avec Tommy, ce qui ne sera pas pour plaire à Sam, en fait le frère de Lucy et qui verra d'un mauvais œil l'avenir de sa sœur entre les mains de ce Tommy à la situation professionnelle et financière plus qu'incertaine.

ResurrectionMais le métrage ne va pas pour autant faire traîner les choses et ce sera au cours d'une balade en quad au cours de laquelle Sam va se défouler que les ennuis vont commencer. En effet, s'étant perdus Sam et Tommy vont aller quémander de l'aide après avoir repéré une cabane à moitié délabrée. Ils seront reçus de manière mitigée et presque haineuse par un homme qui sortira lui aussi avec un fusil en main mais qui va se contenter de leur faire comprendre qu'ils n'ont rien à faire chez lui et se proposera quand même de les renseigner. Mais il n'aura pas le temps puisque va débarquer un second personnage, plus jeune et visiblement ivre, qui va faire monter la pression en se montrant aussi agressif que violent, mettant même en joue les deux touristes et après un concours de circonstances qui montrera bien que tout peut déraper en un millième de seconde, tommy va lui tirer dessus, le blessant mortellement à la gorge.

ResurrectionCe sera la début d'une traque à travers bois, l'homme voulant venger la mort de celui tué par Tommy, mais finalement ce sera vers Lucy et Kat restées seule qu'il va se rabattre, bientôt rejoint par d'autres, tout aussi dangereux, pour un petit jeu au caractère humiliant et sexuel pour la malheureuse Kat. Ensuite l'intrigue va poursuivre dans la voie du "survival", non sans nous avoir réservé quelques surprises parfois perfectibles, mais en s'attachant d'une part à bien mettre en avant l'antagonisme existant entre les touristes et ces autochtones lassés de voir arriver sur leurs terres des citadins irrespectueux, et de l'autre en avançant un caractère sectaire pour ces habitants écoutant et obéissant à un pasteur radical au discours flirtant avec l'extrémisme.

ResurrectionL'intrigue arrivera donc à placer ici ou là des surprises de taille, ne laissant pas ainsi le spectateur parvenir à anticiper l'ordre dans lequel certains protagonistes vont mourir, mais ce sera toujours d'une manière graphique que les mises à mort vont s'imposer dans une violence sanglante avérée et qui fera même parfois très mal, tout en ne jouant jamais avec une surenchère qui de toutes façons n'aurait pas eu sa place dans le contexte brutal et froid du métrage qui va même imposer une dimension psychologique forte et sordide à certains des méfaits causés par ces habitants vivant reclus sur eux-mêmes et refusant l'autorité incarnée par ce shérif trop curieux.

ResurrectionLes personnages seront donc crédibles et suffisamment travaillés pour générer une certaine empathie de la part du spectateur, ce qui rendra bien entendu les souffrances et les coups reçus encore plus marquants et effroyables, tandis que les mises à mort prendront un caractère odieux et vil. L'interprétation suivra heureusement avec de jeunes acteurs impliqués et naturel dans leur jeu sans surjouage ou excès pour ceux incarnant les dégénérés, tandis que la mise en scène du réalisateur est efficace, dynamique pour donner un rythme vif à l'ensemble, sans pour autant céder aux effets clippesques à la mode. Les effets spéciaux sont probants pour verser dans un gore franc et brutal mais sans exagération inutile.

Resurrection
Resurrection

Donc, ce Resurrection s'avérera être une excellente surprise que l'on attendait pas avec cette manière hardie et originale d'appréhender le "survival" sans sombrer dans les clichés d'usage !

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29.11.10

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : La famille Jones

Réalisateur : Derrick Borte

Durée du film
: 1h36

Date de sortie au cinéma
: 17 novembre 2010

Avec
: Demi Moore (Kate), David Duchovny (Steve), Amber Heard (Jenn), Ben Hollingsworth (Mick), Gary Cole (Larry), Glenne Headly (Summer), etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Derrick Borte, La famille Jones est une comédie qui, sous ses dehors extrêmement drôles et détendus, procède en une critique virulente de la société américaine actuelle.
Le film part d'une idée de base pour le moins incongrue, qui va pourtant lui permettre de donner progressivement toute sa pleine puissance. On voit au début du film une famille qui emménage dans une ville, et précisément dans l'un des quartiers riches de la ville. Steve Jones, le père, Kate, la mère, leurs enfants adolescents Mick et Jenn se présentent comme une famille modèle. Sauf que dans les faits la famille Jones n'existe pas. C'est un procédé utilisé par une société pour disposer de vendeurs qui vont pouvoir se rendre proches de la population et ainsi vendre indirectement d'autant plus facilement les produits qu'ils déclarent posséder.
Le réalisateur Derrick Borte tient là un sujet en or massif qu'il ne va pas se gêner d'utiliser, et ce à bon escient, pour mettre à jour des pratiques qui font clairement penser à la société américaine contemporaine.
Ainsi, le film devient une critique de la société de consommation avec des gens prêts à acheter tout et n'importe quoi, du moment qu'il s'agit de la dernière nouveauté du moment et qu'elle paraît intéressante pour se montrer ou tout simplement pour satisfaire des besoins futiles. Le film est impitoyable sur ce point avec des gens – aussi bien des adolescents que des jeunes – qui sont facilement influençables et sont prêts à faire des achats compulsifs. Ce sont ces mêmes achats censés permettre aux gens de se différencier qui vont au contraire les uniformiser puisqu'ils achètent tous les mêmes produits. Le film montre de façon évidente que le pouvoir de la mode est tenace et que le besoin d'ETRE quelqu'un passe bien souvent par une copie de l'autre. On est complètement dans un monde d'illusions.
Et ce d'autant plus que cette famille Jones n'existe pas. Elle ne correspond qu'à une méthode de vente qui s'apparente à de la manipulation car les acheteurs potentiels sont influencés par les propos des membres de cette famille. On assiste finalement à une american way of life qui est imposée, standardisée. Et les vendeurs sont eux-mêmes briefés en permanence puisqu'on leur communique leurs chiffres de vente, les invitant à redoubler d'efforts si les chiffres ne révèlent pas une amélioration sensible des ventes.
Le film pointe également du doigt un système capitaliste où des vendeurs sont prêts à tout pour vendre des produits, quitte à s'inventer une fausse identité et à devenir de faux amis de leurs voisins de circonstances.
Surtout que ces vendeurs ne sont finalement que des personnages lambda qui ont comme tout le monde des qualités et des défauts. Ainsi, le père est un « vieux » célibataire, ancien chaud lapin ; la mère est une ambitieuse qui est très calculatrice dans ses faits et gestes ; le fils est gay et la fille est nymphomane. Alors certes les traits de caractères peuvent apparaître quelque peu forcés mais le but est de signifier que derrière son côté lisse, la fameuse famille Jones a beaucoup de choses à se reprocher. On comprend d'autant plus que tout cela risque d'exploser un jour ou l'autre.
L'interprétation dans le film est de très bon niveau alors que les acteurs sont soit inconnus soit pas forcément reconnus comme étant de grands acteurs. Et pourtant David Duchovny est excellent dans le rôle de ce faux père de famille qui au départ a beaucoup de mal à bien vendre en raison des cas de conscience que ça lui pose ; Demi Moore n'est pas moins remarquable en femme déterminée qui cache pourtant une sensibilité certaine. Quant à Amber Heard et à Ben Hollingsworth, ils campent avec brio ces adolescents qui sont comme leurs faux parents bien décidés à faire consommer leurs camarades de classe.
Bien qu'étant dominé par un ton résolument humoristique, La famille Jones traite de choses très sérieuses et en vient même à la fin à virer au drame avec l'exemple de cet homme qui, souhaitant lui aussi tout jouer sur le paraître, a vidé le compte de sa famille et a choisi de se suicider, ne sachant plus quoi faire pour s'en sortir. N'est-ce pas là une évocation des gens qui se mettent dans des situations pour le moins délicates avec des risques de surendettement ?
Malgré tout, La famille Jones n'est pas le film parfait. La mise en scène ne comporte rien d'exceptionnel. On a souvent affaire à de simples champs – contre-champs qui laissent entendre que le cinéaste a plus été à l'aise dans la transcription de son scénario et dans la direction d'acteurs.
Ce léger défaut mis à part, le film demeure prenant de bout en bout. Il n'est pas si courant dans une comédie américaine d'assister de manière aussi pertinente à l'envers du décor du rêve américain. On peut même aller plus loin. En faisant rêver les gens sur quelque chose qui n'existe pas, on crée une société sur du vide. Et surtout en « formatant » les gens de cette façon, on obère leur capacité de penser, ce qui peut avoir des conséquences particulièrement désastreuses.
En somme, c'est peut-être le côté extrêmement caustique du propos qui a amené le réalisateur à mettre un peu d'eau dans son vin (ou tout simplement ses producteurs l'ont invité à le faire) en choisissant un happy end. Après tout, la fin du film semble rappeler que le cœur a ses raisons que la raison ignore et même dans un monde dominé par les notions d'argent, de profit, les notions humaines existent.
Au final, La famille Jones n'en reste pas moins dans sa globalité un film extrêmement intéressant.

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26.11.10

07:30:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

par Nicore

Mega Piranha

Produit par "The asylum" pour surfer sur la sortie du remake de "Piranhas" réalisé par Alexandre Aja, ce Mega Piranha va de manière décomplexée dérouler une intrigue typiquement de la firme, mêlant action pure à la présence de ces piranhas grandissant au fil du récit pour un résultat fun et doté d'un humour au second degré parfois croustillant.
Le script va laisser des piranhas issus de manipulations génétiques proliférer dans une rivière du Venezuela, menaçant même de gagner l'océan et les côtes américaines.

Mega PiranhaAprès une entame classique avançant une première attaque presque saignante, le métrage ne va pas tarder à lancer son intrigue grâce à une seconde agression de la part de ces piranhas pour l'instant de taille "normale" qui vont s'en prendre à un petit bateau transportant l'ambassadeur américain au Venezuela ainsi qu'un ministre local, alors que ceux-ci s'amusaient (tout en discutant politique !) en compagnie de charmantes demoiselles et bien entendu d'un peu d'alcool pour une fiesta vite stoppée par les poissons carnivores qui vont littéralement dévaster le bateau.

Mega PiranhaCe drame va mettre en alerte le gouvernement américain qui va croire en première intention à une attaque terroriste ou encore à un assaut de l'armée vénézuelienne, dépêchant donc sur place un agent de l'armée, Jason Fitch, pour enquêter. Mais ce dernier, à peine arrivé sur place, va rencontrer Sarah Monroe, une scientifique à l'origine de la mutation des piranhas qui va essayer de l'alerter du danger. Bien entendu, Fitch ne la prendra pas au sérieux et va aller rejoindre les militaires locaux pour aller sur les lieux du drame ce qu'il en retourne. Le métrage mettra tout de suite en évidence l'animosité régnant entre Fitch et ses homologues du cru amenés à l'escorter, dans une caricature de militaires de pays dictatoriaux qui ne fera que se confirmer par la suite.

Mega PiranhaDevant la mauvaise foi du chef des soldats qui vont le flouer dans son enquête et même le cantonner dans leur base, Fitch va s'échapper pour aller véritablement mener son enquête et bien entendu subir une attaque des piranhas qui auront déjà grossi depuis leur dernière apparition. La suite de l'intrigue va multiplier les rebondissements avec d'abord une prise de conscience de la part des autorités vénézuelienne du danger (grâce à l'intervention de Fitch qui va leur ramener un spécimen bien plus gros que la moyenne) qui va déclencher une attaque massive destinées à détruire les poissons carnivore, mais sans y réussir pour alors laisser des développements résolument tournés vers l'action pure avec poursuites entre Fitch, bientôt rejoint par Sarah et ses deux collègues, et les soldats vénézueliens, bagarres, tandis que pendant ce temps-là, les piranhas vont continuer leur mutation et grandir encore et encore, pour bientôt se mettre carrément à attaquer les ports, sautant directement dans les bâtiments pour chercher leur pitance, avant de se propager jusqu'aux côtes et menacer la Floride.

Mega PiranhaAu milieu de tout cela l'armée américaine va elle aussi intervenir, sous-marin et navires de combat à l'appui, épaulant Fitch dans sa lutte contre les poissons mais aussi contre les vénézuéliens, avec des idées saugrenues mais radicales pour stopper leur progression, mais ce sera bien entendu Fitch qui va trouver une solution toute simple au problème et qui va occuper le dernier acte du film pour ainsi clôturer le métrage sur une happy end largement attendue malgré la volonté du réalisateur de faire douter quant à l'issue finale de ce combat entre humains et piranhas.

Mega PiranhaComme à l'accoutumée, cette production "The asylum" portera les stigmates typiques des métrages issus de la firme, avec ces effets spéciaux en CGI quand même régulièrement mitigés pour animer ces piranhas de manière bien visible, cette profusion de détails martiaux et militaires pour tenter de nous faire croire à une production bien plus argentée qu'elle ne l'est en vérité tandis que les personnages demeureront caricaturaux au possible mais leurs réparties seront de manière régulière savoureuses au sein d'un humour au second degré qui on l'espère aura été placé volontairement pour faire sourire le spectateur.

Mega PiranhaMais au milieu de ces protagonistes sans réelle saveur, les vraies vedettes du film seront franchement les poissons carnivores qui en plus d'être très agressifs, vont grossir de manière démesurée jusqu'à devenir carrément des monstres marins capables de gober des hélicoptères, en plus de s'attaquer aux immeubles côtiers et autres bateaux militaires, sans pour autant négliger quelques attaques directes sur les personnages, le métrage nous rejouant même le coup de " Peur bleue" dans un clin d'œil évident. Car il faudra les voir, ces bestioles nageant en sortant de l'eau ou littéralement sauter dans les airs pour attaquer, nous réservant au passage quelques surprises amusantes et qui bien que complètement improbables feront passer agréablement le temps.

Mega PiranhaL'interprétation est ici cohérente, dominée par un Paul Logan fidèle à lui-même, tandis que la mise en scène du réalisateur sera ici efficace pour donner du rythme à l'ensemble, en ne s'attardant pas sur les situations pour tout de suite rebondir sur la prochaine situation chargée d'action, et ce même si les effets de style clippesques ne seront pas toujours gracieux et justifiés, pour parfois même réussir à brouiller la lisibilité de certaines séquences, notamment lors des attaques des piranhas. Les effets spéciaux sont mitigés, avec donc un emploi du numérique souvent bien visible mais pur autant, les piranhas auront de la "gueule" pour assurer un spectacle qui ne sera par contre pas spécialement sanglant.

Donc, ce Mega Piranha restera un bon petit divertissement, léger, dynamique et souriant dans ses situations énergiques et sans connaître le moindre temps mort !

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25.11.10

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Kaboom

Réalisateur
: Gregg Araki

Durée du film
: 1h26

Date de sortie au cinéma
: 6 octobre 2010

Avec
: Thomas Dekker (Smith), Haley Bennett (Stella), Juno Temple (London), Roxane Mesquida (Lorelei), Chris Zylka (Thor), James Duval (le messie), Kelly Lynch (Nicole), etc.

Par Nicofeel


Considéré comme un des réalisateurs américains actuels les plus trash, Gregg Araki revient avec Kaboom à ses premières amours. Exit le drame façon Mysterious skin et la comédie potache façon Smiley face.
Kaboom donne singulièrement l'impression d'être un gros délire, filmé sous acide. Le spectateur connaisseur des premières œuvres d'Araki est un terrain connu, peut-être même un peu trop car les références à Nowhere et The doom generation sont explicites.
Ici, comme dans tous ses films, Gregg Araki traite de la jeunesse américaine qui apparaît vraiment complètement paumée, en perte totale de repères.
La première preuve de la difficulté de ces jeunes de se raccrocher à des normes clairement établies est l’ambiguïté sexuelle qui se dégage tout au long du film avec des personnages qui se couchent tous les uns avec les autres. Le principal protagoniste, Smith, donne au départ l'impression d'être homosexuel puisqu'il flashe sur son colocataire, le beau blond mais un tantinet débile Thor (qui rappelle le blond de Splendor, du même Araki), mais dans le même temps il couche avec la blonde London, toujours ouverte à une relation sexuelle. Le personnage de Smith tente même de stabiliser sa relation lorsqu'il souhaite être avec London pour autre chose qu'un simple plan baise.
D'autres personnages sont du même acabit avec certaines personnes à tendance bi-sexuelles. Et puis même lorsque l'orientation sexuelle est bien établie, à l'instar de l'amie de Smith, Stella, qui est une lesbienne assumée ou de sa copine du moment Lorelei, le couple demeure très fragile.

Kaboom va jusqu'à nous narrer une expérience à trois qui est parfaitement en phase avec le reste du film. Le sexe devient une sorte d'exutoire, une façon d'oublier tous les problèmes quotidiens. C'est par exemple le cas de London qui souhaite instamment coucher avec Smith car elle est stressée en raison d'un examen qui est proche et a donc besoin de se détendre. On notera au passage que trois des personnages du film, à savoir Smith, London et Lorelei sont véritablement assoiffés de sexe et sont du coup capables d'épuiser leur partenaire. Pour preuve, ce dialogue savoureux de Stella qui déclare à Lorelei qu'elle n'en peut plus et que si ça doit continuer comme ça, son « minou va exploser ». Les dialogues du film sont au demeurant particulièrement provocateurs, avec des propos sexuels on ne peut plus clairs. Mais tout cela se passe sur un ton très drôle, comme lorsque Smith parle de son sexe en évoquant le terme de « tuyauterie » ou lorsqu'il a une terrible envie d'aller aux toilettes et qu'il déclare qu'il a « envie de pisser comme une femme enceinte ».
Smith est du reste le symbole de cette jeunesse désorientée. A lui tout seul il est un paradoxe : d'un côté il est toujours prêt à coucher aux gens qui s'offrent à lui ; d'un autre côté il cherche à stabiliser ses relations sur le plan sexuel.
La deuxième difficulté de cette jeunesse américaine de se raccrocher à des normes est ce besoin essentiel de quitter le monde réel de manière provisoire en allant à des fêtes, en buvant de l'alcool, en fumant des drogues douces ou encore en mangeant des space cookies. C'est d'ailleurs en mangeant des space cookies que Smith a des hallucinations ou peut-être tout simplement des rêves prémonitoires. Sur ce point, le film demeure extrêmement mystérieux, laissant la part belle à tous types d'interprétations par le spectateur. Avec une mise en scène inventive et adaptée à son sujet par l'utilisation de floutages et de flashbacks, le côté rêve est clairement mis en avant. Est-ce que tout ce qui arrive à Smith est bien réel ou est-ce le résultat de délires quasi paranoïaques ? Cette ambiance lynchienne (le cinéaste s'est d'ailleurs déclaré très influencé par la série Twin peaks de David Lynch) n'est pas sans rappeler l'excellent Mysterious skin de Gregg Araki. Mais ici, si le fond est sérieux, la manière de le raconter ne l'est pas du tout.
Gregg Araki continuer d'explorer des thèmes qui lui sont chers avec la thèse du complot, du kidnapping (qui fait penser au kidnapping par des extraterrestres dans Nowhere du même Araki) ou encore des sectes. Le côté paranoïaque qui parcourt tout le long du film donne une ambiance vraiment étrange à Kaboom. Quel est le lien de cette jeune fille rousse qui a été kidnappée par des hommes portant des masques d'animaux puis assassinée avec Smith ? Pourquoi Lorelei, la petite amie de Stella, semble avoir des pouvoirs paranormaux ? Voilà autant de questions qui ne seront résolues qu'à la fin du film, dans un final apocalyptique complètement délirant, qui fait sans conteste penser à Nowhere et à The doom generation, mais en pire. Car là Gregg Araki apporte une vision planétaire à son film, avec cette thématique de fin du monde. Sur ce sujet, on appréciera la présence en forme de clin d'oeil de l'acteur James Duval (présent dans la « teen apocalypse » de Gregg Araki) dans le rôle d'un gourou censé annoncer la fin du monde. Mais tout cela n'est évidemment pas à prendre au premier degré. L'évocation d'une secte de l'ordre nouveau combattue par une organisation secrète dénommée la résistance est tellement délirante que l'on n'y croit pas une seconde. Mais cela participe parfaitement à l'ambiance chaotique de ce film et en faisant de ces jeunes des victimes d'un système (l'idée de leurs pouvoirs paranormaux qui leur été transmis suite à un kidnapping), Gregg Araki continue de montrer une jeunesse à la dérive, mais cette fois-ci victimes de phénomènes extérieurs. Certaines idées au niveau de la mise en scène sont particulièrement bien vues, à l'instar des divers split-screen qui ne sont pas sans rappeler les thrillers à la Brian de Palma. Et puis l'image qui se détruit souligne bien le côté nihiliste de ce film.
La thématique fin du monde est aussi étayée par une musique qui ambiante qui prend tout à la fois des accents pop que des accents house ou rock. La BO du film participe bien à l'ambiance étrange de cette œuvre qui ne se prend pas au sérieux mais comporte malgré tout une conclusion assez peu enthousiasmante. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le dernier morceau du film est le cultissime Bitter end du groupe Placebo. Et puis toute cette musique correspond bien à ce qu'écoute toute cette jeunesse américaine.
Kaboom est sans conteste une véritable curiosité, un film déjanté qui doit beaucoup à la personnalité de son réalisateur mais aussi à son excellente distribution. Les acteurs, pour la plupart inconnus (hormis la jeune française Roxane Mesquida, vue notamment dans le terrible A ma soeur ! ou encore dans Une vieille maîtresse de Catherine Breillat), sont parfaits dans leurs rôles respectifs. La beauté de tous ces acteurs accroît le côté sitcom de l'ensemble. Mais ici il s'agit bien d'une sitcom trash avec en tête d'affiche un héros, Smith, incarné avec conviction par un Thomas Dekker qui fait étrangement penser aux personnages joués par James Duval dans les premiers films d'Araki.
A tout juste cinquante ans (il est né le 17 décembre 1959), Gregg Araki continue d'avoir un regard original sur la jeunesse américaine, très loin de ce que l'on peut voir dans le cinéma traditionnel. Pour cela, Gregg Araki continue d'être un cinéaste majeur à surveiller de près. On attend donc avec jubilation son prochain film.

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24.11.10

07:30:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Resurrection
Resurrection

"Survival" étonnant par certains choix de son intrigue et porté par des personnages naturels attachants, ce Resurrection va constituer une excellente surprise, mais évidemment, c'est directement en DVD et en Blu-ray que le film est disponible en France depuis le 23 novembre, sous l'impulsion de l'éditeur Emylia qui, après Carver et Madness, nous permet de découvrir dans de bonnes conditions une œuvre à la violence sèche tant psychologique que physique.

Resurrection

Le script va laisser quatre campeurs partis vers le sud être accueillis avec l'hospitalité légendaire du sud, trop peut-être. Mais les choses ne sont pas ce qu'elles semblent être et le week-end tourne vite au cauchemar après un incident mortel.

Resurrection

Malgré une intrigue de base sentant le "survival" classique, le métrage va réussir le tour de force de parvenir à détourner les codes du genre à son avantage en plaçant déjà des personnages principaux dégagés de tout stéréotype nuisible ou de tout humour déplacé pour au contraire avancer des protagonistes aux réactions naturelles et plausibles, tandis que l'intrigue va créer une tension permanente chargée de menaces en positionnant les autochtones de ce Sud glauque et dégénéré dans une sorte de secte dirigée par un pasteur radical, sans pour autant négliger la violence qui sera ici froide et brutale sans concession mais sans pour autant verser dans la surenchère gore à la mode en ce moment, laissant même un aspect psychologique sauvage venir prendre part à cette descente aux enfers pour ces citadins confrontés à une menace mortelle.

Resurrection

L'édition DVD éditée par Emylia avancera une image en 1.85 (16/9 anamorphique) pour une bande-son en français en DD 2.0 et en anglais sous-titré en DD 5.1 et en DTS. Hélas, en bonus, seul le sympathique court-métrage "Game of the dead" sera disponible. Le Blu-ray du film disposera d'une image également en 1.85 (1080p/24) et la bande-son sera disponible en français en DD 2.0 et en anglais sous-titré en DTS-HD 5.1, pour reprendre le même bonus.

Resurrection

Donc, depuis le 23 novembre, il nous est possible de se plonger dans ce "survival" étonnant, graphique et monstrueux dans ses développements !

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23.11.10

07:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Potiche
Réalisateur : François Ozon
Durée du film : 1h43
Date de sortie au cinéma : 10 novembre 2010

Avec : Catherine Deneuve (Suzanne Pujol), Fabrice Luchini (Robert Pujol), Gérard Depardieu (Maurice Babin), Karin Viard (Nadège), Judith Godrèche (Joëlle Pujol), Jérémie Rénier (Laurent Pujol), Élodie Frégé (Suzanne Pujol jeune), Sergi Lopez (un routier espagnol), etc.

Par Nicofeel

Après son incursion peu convaincante dans le fantastique avec le film Ricky ou plus récemment son intéressant film sur la maternité avec Le refuge, François Ozon nous revient en très grande forme avec Potiche.
Avec un tel titre, on pouvait craindre une parodie ridicule sur les années 70. Il n'en n'est rien. Certes, comme dans son film 8 femmes, François Ozon a effectué une reconstitution minutieuse des années 70. Ainsi, tous les personnages ont des coupes de cheveux super gonflées et Judith Godrèche a un brushing à la Farrah Fawcett. Les vêtements taille haute sont de sortie, de même que les pattes deff et les cols roulés. Quant aux papiers peints, ils comportent souvent des couleurs orangers et des fleurs. Les téléphones sont de gros téléphones analogiques filaires. Catherine Deneuve, l'actrice principale du film, conduit une autobianchi rouge, petit véhicule typique de cette époque.
Mais François Ozon ne s'est pas contenté de reconstituer un cadre qui rappelle les années 70. Sur un ton parodique qui fait fureur avec des dialogues hilarants, le réalisateur français ne s'est pas gêné pour livrer un vrai message tant social que politique.
François Ozon dresse le portrait d'une famille bourgeoise à la fin des années 70 – le film se déroule en 1977 – ce qui lui permet d'évoquer une époque où les choses étaient différentes d'aujourd'hui sur certains points et identiques sur d'autres. Le titre Potiche se réfère à la situation initiale de Suzanne Pujol qui est la fille d'un riche industriel - qui a fait fortune dans la vente de parapluies - et qui a épousé Robert Pujol, un homme particulièrement autoritaire qui domine l'entreprise familiale tout comme sa propre famille d'une main de fer. Robert Pujol est finalement le symbole d'une époque où l'homme est considéré comme l'être dominant et où la femme est réduite au rôle de femme au foyer et n'a pas le droit de donner son avis. Notre pauvre Suzanne accepte tout, aussi bien de vivre dans l'ombre de son époux que d'être trompée par ce dernier. Monsieur Pujol déconsidère tellement son épouse qu'il en oublie même son anniversaire. Il lui propose alors qu'elle s'achète un cadeau et qu'il la remboursera après ! Bref, le tableau est loin d'être idyllique pour celle qui est même traitée par sa fille de potiche.
Mais l'intérêt ou plutôt l'un des intérêts du film est bien de montrer à travers l'évolution du personnage de Suzanne celui de femmes qui sont sur la voie de l'émancipation. François Ozon évoque sans conteste ce mouvement qui ne va cesser depuis lors de prendre de l'ampleur. Pour autant, la chose est loin d'être acquise dès le départ comme le prouve le personnage de Suzanne qui n'a pas vraiment le droit à des égards (« Tu as un avis ? » lui déclare son mari) avec un mari dominant à tous points de vue. Mais profitant d'ennuis de santé de son mari, Suzanne va avoir sans conteste l'occasion de prouver qu'elle est loin d'être une potiche en reprenant les rennes de la société et surtout en proposant de multiples idées novatrices. Catherine Deneuve qui joue le rôle de Suzanne a véritablement un rôle en or. L'actrice est pleine de vie et attire autour d'elle par son personnage ô combien positif et sympathique tous les suffrages des spectateurs. Mieux, l'évolution de son personnage est spectaculaire, lui permettant non seulement de prendre à un moment donné les rennes de la société familiale mais en outre de se lancer en politique.
Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Suzanne a un slogan de campagne intitulé « La liberté guide nos pas ». C'est une allusion évidente au chant du départ puisque les premières paroles de celui-ci sont : «  La victoire en chantant nous ouvre la barrière. La liberté guide nos pas. Et du nord au midi, la trompette guerrière a sonné l'heure des combats. Or, ce même chant du départ a été utilisé par Valéry Giscard d'Estaing qui en a fait son chant de campagne lors de son élection présidentielle en 1974. Et puis le titre original du chant du départ (qui a été changé par Robespierre) est Hymne à la liberté. Cela fait bien écho à la situation de Suzanne qui prend les choses en main et décide enfin de vivre sa vie.
Si l'ascension de Suzanne est peu crédible, cela demeure sans importance. Car le propos d'Ozon est très clair : évoquer l'émancipation des femmes à une époque où le machisme est encore ambiant. Suzanne se retrouve d'ailleurs avec des idées en phase avec son temps, déclarant à sa fille que si elle ne souhaitait pas un nouvel enfant, il existe la pilule et que dans tous les cas, l'avortement (qui a été légalisé en 1975 par Simone Veil, soit pendant le même septennat durant lequel se déroule l'action du film, sous Valéry Giscard d'Estaing) reste possible. On appréciera le fait que Suzanne devient une pure féministe et que c'est au contraire sa fille, victime d'idées conservatrices sur le plan familial, qui finit par devenir la potiche de service. Suzanne fait également des émules autour d'elle puisqu'elle réussit à avoir l'assistante et maîtresse de son mari qui se rallie à sa cause, allant jusqu'à distribuer des tracts clandestinement en faveur de la candidate Suzanne aux législatives.
Si la thématique socio-familiale est très présente dans le film d'Ozon, le réalisateur se permet également de brocarder l'ensemble de la classe politique. C'est d'abord Nicolas Sarkozy qui en fait les frais avec Robert Pujol qui reprend les fameux « Casse-toi pauvre con » et « Travailler plus pour gagner plus ». Ne cherchant pas à inscrire son film dans une idéologie particulière, François Ozon a la bonne idée de faire que son héroïne se porte candidate aux législatives en tant que « sans étiquette », autrement dit sans parti politique avec elle. C'est tout l'intérêt de constater que Suzanne réussit à bouger les lignes en battant tous les représentants des divers partis politiques, et notamment le communiste Maurice Babin (Gérard Depardieu), censé pourtant représenter le peuple lors de ses revendications salariales.
Le cinéaste François Ozon a la bonne idée de terminer son film par le succès de son héroine aux législatives qui va pour l'occasion chanter le morceau « C'est beau la vie » (réinterprété par Benjamin Biolay). Ce morceau prouve à lui tout seul l'évolution de la situation de Suzanne, qui est désormais pleinement épanouie.
Et puis la musique a une importance fondamentale dans le film. Elle comporte tout à la fois un aspect nostalgique avec tous ces flash-backs qui évoquent le passé (avec une belle Elodie Frégé dans le rôle de Suzanne jeune) mais aussi un rappel, évident à cette société des années 70 avec des tubes de Il était une fois (Viens faire un tour sous la pluie) ou de Michèle Torr (Emmène-moi danser ce soir). C'est au demeurant cette nostalgie qui ramène sur la piste de danse de la boîte Le Badaboum le député-maire Maurice Babin et Suzanne Pujol dans une chorégraphie improbable.
Comédie de mœurs, le dernier film de François Ozon est tout à la fois un film sur la guerre des sexes avec cette Suzanne Pujol symbole de femmes prêtes à prendre leur destin entre leurs mains et à ne plus se cacher comme par le passé (voir la révélation sur ses nombreux amants dans le film) mais également un film sur la guerre des classes avec d'un côté un patronat obtus (Robert Pujol) et de l'autre un prolétariat revendicatif.
Ajoutons que la distribution du film, de grande qualité, est au top niveau avec, outre une Catherine Deneuve volontaire et drôle, un Fabrice Luchini qui en fait des tonnes dans un rôle de dirigeant macho, un Gérard Depardieu nostalgique dans son rôle de député-maire amoureux transi mais également des seconds rôles savoureux où l'on croise Karin Viard, Judith Godrèche, Jérémie Rénier et Sergi Lopez dans un caméo en forme de clin d’œil.
La réussite de ce film est totale et il ne serait pas étonnant que ce long métrage constitue le film français de l'année.

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22.11.10

07:50:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Mega Piranha
Mega Piranha

Profitant de la mise en chantier du remake de Piranhas par Alexandre Aja, ce Mega Piranha issu de la boîte de production "The asylum" réputée pour son opportunisme à tout épreuve, va mettre en scène des poissons carnivores de plus en plus gros au sein d'une intrigue mêlant de manière dynamique action pure et horreur pour un métrage qui n'aura évidemment pas connu les honneurs d'une sortie en salles et débarque directement chez nous le 23 novembre en DVD et en Blu-ray grâce à l'éditeur Emylia.

Mega Piranha

Le script va laisser le secrétaire d’État des USA demander à Jason Fitch, de l’unité des Navy Seals, d’enquêter sur la mort suspecte d’un ambassadeur américain au Venezuela. Sur place, il rencontre Sarah Monroe, chercheuse spécialisée en génétique. Elle, et le biologiste Eli Gordon, ont découvert des preuves étranges, qui après une analyse dans leur laboratoire révèlent une terrifiante nouvelle. Des poissons carnassiers génétiquement modifiés sont à l’origine de bien des dégâts, et cette espèce profite d’une croissance exponentielle, qui lui permet de doubler de taille toutes les 36 heures.

Mega Piranha

Produit typique de la firme "The asylum", le film va mélanger une action virile et militaire avec cet aspect horrifique malgré tout bien présent avec ces piranhas carnivores qui vont grossir au fil des situations jusqu'à devenir carrément gigantesques au point d'attaquer littéralement les immeubles et autres installations côtières, le tout à grand renfort de CGI plus ou moins perfectibles, mais qui auront en tout cas le mérite de donner un côté irrésistiblement fun à l'ensemble, faisant même du coup passer les extravagances du script et les quelques incohérences et autres ellipses notoires, surtout qu'un humour au second degré va aussi venir se mêler à la partie pour rendre également souriante ses péripéties militaires qui aurait sans cela été quand même fades et sans grande originalité, créant ainsi un ensemble plus que dynamique avec ces situations sans cesse renouvelées sans jamais connaître le moindre temps mort et donc réellement amusant avec ces énormités scénaristiques et ces réparties humoristiques.

Mega Piranha

L'édition DVD du film proposera une image en 1.77 (16/9 anamorphique) pour une bande-son en français en DD2.0 et en anglais sous-titré en DD5.1 et en DTS. Au niveau des bonus, on pourra suivre un petit making-of sympathique malgré son côté promotionnel mais que l'éditeur n'aura pris le soin de sous-titrer, un bêtisier qui remplira son rôle ainsi que le plaisant court métrage "Game of the dead". Le Blu-ray du film avancera quant à lui une image également en 1.77 (AVC 1080p/24) et une bande-son en français en DTS-HD 2.0et en anglais sous-titré en DTS-HD 5.1, pour reprendre les mêmes bonus que le DVD.

Mega Piranha

Donc, c'est à partir du 23 novembre prochain que nous allons pouvoir découvrir les méfaits de ces piranhas gigantesques et affamés au sein d'une intrigue vive et largement fun !

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19.11.10

06:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Entre nos mains

Réalisatrice : Mariana Otero

Durée du film
: 1h28

Date de sortie au cinéma
: 6 octobre 2010

Par Nicofeel

Avec Entre nos mains, la documentariste Mariano Otero s'est intéressée à une société de lingerie du Loiret menacée de disparition. La réalisatrice a réussi à parfaitement introduire sa caméra dans cette société de 50 salariés. La cinéaste a visiblement brillamment réussi à mettre en confiance ces personnes pour les filmer de manière très réaliste dans leur quotidien.
Le titre Entre nos mains a sans doute été utilisé car il symbolise la volonté de ces salariés de reprendre leur entreprise mise en redressement judiciaire. D'où l'idée de créer une SCOP à savoir une société coopérative de production où le capital de l'entreprise est alors détenu à au moins 51 % par les salariés, qui disposent au demeurant chacun d'une voix.
Entre nos mains laisse la part belle à ces ouvrières qui n'ont, comme elles disent si bien, jamais l'occasion de donner leur avis. Le film montre une mobilisation importante de toutes les personnes de l'entreprise, qu'il s'agisse des cadres, des commerciaux ou des diverses ouvrières. Car dans cette société cloisonnée où tout est très sectorisé (il y a les couturières, les ouvrières qui emballent les produits, les préparateurs de commandes, les expéditeurs, etc.), les gens entretiennent ensemble des rapports nouveaux. Ils se parlent tous pour sauver leur entreprise et donc pour sauver leurs emplois. Tout le monde se mobilise et finit par accepter de s'engager à mobiliser au moins l'équivalent d'un salaire mensuel pour créer la SCOP. Et pourtant au départ la démarche était loin d'être gagnée tant les incertitudes amènent les gens à se poser beaucoup de questions et tant le fait de mobiliser un salaire n'est pas forcément évident pour ces gens qui disposent de salaires modestes. Mais la bonne volonté de tous, et pas seulement des représentants du personnel, permet à la SCOP de faire son petit bonhomme de chemin.
Et tout cela est possible par la volonté de ces gens qui souhaitent coûte que coûte conserver leur emploi. Certaines de ces personnes expliquent d'ailleurs qu'elles sont là depuis des années et qu'elles sont donc salariées depuis un moment dans cette entreprise. D'un point de vue individuel avec une cinéaste qui interviewe les différentes personnes par le biais de gros plans, le point de vue devient collectif avec des plans larges sur l'ensemble du personnel.
Mais le film documentaire montre aussi que les embûches sont nombreuses et que malgré les efforts consentis par chaque employé pour permettre la pérennité de leur entreprise, la lutte est parfois inégale. Ainsi, on apprend à un moment donné que le patron de la société (qu'on ne verra jamais, et qui est visiblement considéré comme quelqu'un de peu intéressé par le devenir de ses employés, comme semblerait indiquer le fait qu'il n'ait pas accepté d'être filmé) a effectué une contre-proposition à la SCOP, ce qui a tendance à brouiller les cartes dans les esprits des salariés. Pire, plus tard dans le documentaire, on apprend que l'un des gros clients de la société, précisément CORA, la lâche (déréférencement de la marque) ce qui implique qu'une partie très importante du chiffre d'affaires n'est plus assurée. Si une ouvrière déclare qu'elle ne croit pas aux coïncidences – le rejet de la contre-proposition du patron et la perte soudaine de ce gros client – cet élément n'est nullement vérifiable. Toujours est-il que le film évoque bien que le rêve de la réalisation de cette SCOP était fragile et qu'en raison du désengagement d'un client et in fine de l'absence de l'aide des banques, la fin devenait inéluctable.
La fin du film s'achève par une chanson qui rappelle les comédies musicales dans le style des parapluies de Cherbourg. Cette chanson peut paraître un peu surfaite et en décalage avec le ton du documentaire mais en fait la création de cette chanson par tous les salariés de cette usine qui vont se trouver au chômage sonne comme un message d'espoir. Elle donne une note de gaieté à des gens qui sont sur le point de perdre leur emploi. Et puis la mise en scène est également changeante avec pour la première fois un travelling latéral qui a pour effet de donner une cohésion à ce groupe d'individus.
Documentaire très humaniste qui laisse la part belle à ces hommes et ces femmes qui ont tenté de sauver leur entreprise du dépôt de bilan, Entre nos mains est finalement symptomatique de notre économie actuelle où depuis de nombreuses années les métiers liés à l'habillement (ici la lingerie féminine) sont sujets à une crise tendancielle liée à une concurrence internationale accrue.
Voilà en tout cas un documentaire très instructif et qui mérite bien d'être vu. Le témoignage de ces hommes et de ces femmes est leur dernier message avant la fermeture de leur usine.

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18.11.10

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Date limite

Réalisateur : Todd Phillips

Durée du film : 1h35

Date de sortie au cinéma
: 10 novembre 2010

Avec
: Robert Downey Junior (Peter Highman), Zach Galifianikis (Ethan Tremblay), Michelle Monaghan (Christine Highman), Jamie Foxx (Darryl), Juliette Lewis (Heidi), etc.

Par Nicofeel

Avec Date limite, Todd Phillips, auteur en 2009 du fameux Very bad trip qui est à mon sens une des comédies les plus drôles de ces dernières années, revient derrière la caméra.
Si l'histoire est différente et les acteurs ont changé – hormis le très sympathique Zach Galifianikis – Date limite porte clairement la marque Todd Phillips. Les gags lourdingues sont là pour l'attester. Mais cela n'est pas un handicap, loin s'en faut. Very bad trip se révélait extrêmement amusant par son côté jusqu'au-boutiste et par sa capacité à faire monter la mayonnaise progressivement.
Mais le fait que Date limite porte sans conteste la marque de son auteur ne suffit pas. On sent tout de même que Todd Phillips a souhaité surfer sur la vague du succès commercial et critique de Very bad trip. C'est certainement la raison pour laquelle il a inclus dans son film Zach Galifianikis et sa bonne bouille. A ses côtés, il a décidé de lui adjoindre l'excellent acteur que constitue Robert Downey Junior.
L'histoire est assez simple : elle raconte les péripéties que vont vivre ensemble Ethan Tremblay, un homme assez simple, rêvant d'être acteur à Hollywood, et Peter Highman, un architecte qui souhaite coûte que coûte rejoindre son épouse qui va accoucher dans cinq jours.
A partir de là, on va avoir droit à un road-movie assez délirant. Mais là où le film est moins jouissif qu'un Very bad trip, c'est par le fait que l'on sent que le scénario a été rédigé un peu à la va-vite et que pour combler les failles de ce scénario, on a axé l'histoire sur cette rencontre atypique entre deux hommes que tout oppose.
Reconnaissons-le, les gags sont vraiment par moments très amusants mais il n'y a pas spécialement de lien entre eux et tout cela paraît un peu surfait. On a l'impression que Todd Phillips cherche avant tout à amuser le spectateur avec toutes sortes de gags.
Le film n'en reste pas moins réussi car certaines scènes sont – dans leur lourdeur – extrêmement amusantes. On a tout de même des choses incroyables comme cet homme simple, Ethan Tremblay, qui se masturbe dans une voiture avec son chien qui fait la même chose à l'arrière de la voiture. Ce gag, bien que énorme, rappelle tout de même la blague avec l'enfant dans Very bad trip dont on faisait mimer une branlette. Ici, c'est un chien particulièrement charismatique et nanti d'une bonne trogne (avec son côté bouledogue) qui remplace le capital-sympathique apporté dans Very bad trip par l'enfant.
D'autres scènes sont significatives comme ce moment où tous les acteurs sont shootés dans une voiture et donnent l'impression de planer en écoutant le superbe morceau Eh you des Pink Floyd. Au hasard signalons également une virée étonnante au Mexique ou encore un grave accident de voiture dont sort indemne le chauffeur !
Le duo d'acteurs formé par Robert Downey Junior et Zach Galifianikis fonctionne parfaitement. Le premier est très bon dans son style sérieux qui finit par péter les plombs (il se met à s'en prendre à son camarade de virée mais aussi à cracher sur le chien de ce dernier !) et le second est fidèle à lui-même en enchaînant les bêtises de haut vol.
La musique du film vaut aussi bien le coup, dans des styles très différents mais qui donnent l'impression de suivre ce road movie aux côtés de ces deux acteurs.
En revanche, les seconds rôles du film, où l'on retrouve tout de même Jamie Foxx, Michelle Monaghan et Juliette Lewis, sont nantis de personnages un peu creux et qui leur donnent à peine l'occasion de se distinguer.
Au final, Date limite donne au spectateur ce dont il a envie : un film « fun » et décérébré où le but du jeu est de faire rire à partir d'un road movie bien barré qui n'est sans rappeler l'histoire abracadabrantesque du début du film avec cette histoire d'ours qui rompt le cordon ombilical.
Cependant, Date limite n'atteint pas le niveau de plaisir d'un Very bad trip qui donnait tout de même l'impression d'être plus honnête dans son contenu, en ne cherchant pas un quelconque compromis mais en mettant des gags de plus en plus hallucinants à la vue du spectateur. On attend tout de même le prochain film de Todd Phillips, ce Date limite étant tout de même plutôt réussi.

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15.11.10

00:30:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Buried
Réalisateur : Rodrigo Cortés
Durée du film : 1h35
Date de sortie au cinéma : 3 novembre 2010
Avec : Ryan Reynolds (Paul Conroy)
Par Nicofeel

Réalisé par Rodrigo Cortés, Buried est une sorte de thriller qui a bénéficié de critiques plutôt favorables et de plusieurs prix dans des festivals.
Le film est pour le moins un huis-clos extrêmement resserré. Pendant plus d'une heure trente, on ne va pas quitter Paul Conroy, un citoyen américain qui travaille pour une société chargée de livrer du matériel de cuisine à l'armée américaine en Irak. Son convoi ayant été attaqué, Paul Conroy se retrouve enfermé le 23 octobre 2006 dans un cercueil qui est lui-même enterré plusieurs pieds sous terre.
Le film ne manque pas d'intérêt, éveillant dès le départ la curiosité du spectateur : comment cet homme a-t-il pu se retrouver là ? Qui est son ravisseur ? Quelles sont les motivations de ce dernier ?
Bref, beaucoup de questions en suspens qui ne seront levée que progressivement.
Évidemment, une fois la surprise de cet enfermement passée, il faut que le réalisateur Rodrigo Cortés parvienne à continuer à intéresser le spectateur.
Le cinéaste a donc choisi de développer progressivement son intrigue en mettant à disposition de Paul Conroy un briquet (ce qui lui permettra de le voir) et un téléphone cellulaire (ce qui lui permettra d'appeler l'extérieur.
La quête de Paul Conroy s'apparente à une véritable course-contre-la-montre. En effet, il doit faire face à deux éléments : d'une part, il faut qu'il économise son oxygène et d'autre part il doit utiliser opportunément son portable qui est déjà à moitié déchargé, la batterie se vidant assez rapidement.

Paul Conroy décide donc d'appeler plusieurs personnes pour tenter de les alerter et qu'elles l'aident à sortir de cette galère. Il appelle sa famille, le FBI et in fine il obtient un interlocuteur privilégié avec une personne d'une cellule Anti-kidnapping aux Etats-Unis.
L'intrigue passe bien et on ne s'ennuie pas car le réalisateur a la bonne idée de varier les angles et de filmer de différentes façons l'unique personnage, qui est interprété par l'acteur Ryan Reynolds. Ce dernier est la hauteur du rôle qui lui est confié. Il incarne parfaitement un monsieur-tout-le-monde (ce qui n'aurait pas été forcément le cas si l'on avait choisi un militaire) et le spectateur s'identifie d'autant plus à lui. Ryan Reynolds réussit bien à restituer l'univers clos dans lequel il est confiné. Il a de plus en plus de mal à respirer et comme tout un chacun il est capable de s'énerver, de stresser. Il est crédible lorsqu'il interprète cet homme qui en vient parfois à péter les plombs et souvent à paniquer.
Pour relancer l'action, le réalisateur a également l'idée de varier les coups de téléphone. Déjà, on ne sait jamais qui l'appelle. Et puis surtout le cinéaste met parfois le personnage aux prises avec son ravisseur qui veut d'abord une somme de 5 millions de dollars puis d'un million de dollars (pour quelle raison un tel changement ?), à d'autres moments avec cette cellule Anti-kidnapping et à d'autres moments avec la famille de Paul Conroy.
Avec tout ça, il y a un vrai suspense qui s'instaure pour savoir si cet homme va réussir dans ces conditions extrêmes à s'en sortir.
Le problème, car il y a un bien un hic, est que le scénario s'enlise quelque peu – et je ne dis pas cela car le personnage principal va être confronté à du sable à un moment donné – et donne lieu à des scènes incohérentes ou à tout le moins peu crédibles. Le coup de l'appel de Paul Conroy à sa mère alors qu'il n'a visiblement plus de rapports avec et qu'il doit économiser la batterie de son portable n'est pas forcément une astuce scénaristique géniale. Mais il y a pire avec la survenance d'un crotale tout d'un coup (d'où sort-il ?) ou encore de l'arrivée de sable. Le pire en la matière est l'appel de son patron qui ne rime à pas grand chose puisque Paul Conroy est entre la vie et la mort.
Si l'on fait abstraction de ces défauts, le film est plutôt bien troussé et nous offre une fin assez surprenante. Voilà donc un petit huis-clos tout à fait satisfaisant qui mérite d'être vu. On pourra en revanche penser qu'une seconde vision du film risque de le rendre bien inoffensif.

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00:20:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu

Réalisateur
: Woody Allen

Durée du film
: 1h38

Date de sortie au cinéma
: 6 octobre 2010

Avec : Naomi Watts (Sally), Antonio Banderas (Greg), Josh Brolin (Roy), Anthony Hopkins (Alfie), Gemma Jones (Helena Shepridge), Freida Pinto (Dia), Lucy Punch (Charmaine), etc.

Par Nicofeel

Plutôt en bonne forme depuis Match point (2005) avec des films tels que Scoop, Le rêve de Cassandre, Vicky, Cristina et Barcelona ou plus récemment Whatever works, Woody Allen nous offre avec Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu son dernier film sorti sur les écrans de cinéma.
Et si le film ne comporte pas de grosses surprises, il s'avère un film tout à fait plaisant, d'un niveau satisfaisant tant sur le fond que sur la forme.
Ce dernier long métrage de Woody Allen se déroule dans un milieu artistique (écrivains, peintres, personnes qui tiennent des galeries d'art) qui est si chère au cinéaste new-yorkais. Pour autant, cette micro-société est à l'image de la société toute entière. Il y a des gens brillants, des gens médiocres, des gens qui sont sincères, d'autres qui mentent ou qui tout simplement cachent la vérité.
Sous des dehors très cools avec un ton adopté qui reste léger du début à la fin du film, comme si l'on racontait une histoire futile, le film est extrêmement sérieux dans son fond, avec notamment une étude de mœurs de notre société contemporaine qui est loin d'être admirable. Si des personnes pourraient être amenées à penser que Woody Allen est misogyne par certaines de ses remarques, cela n'est nullement le cas. Au contraire. Dans ce film, l'Homme en prend pour son grade. Aucun homme n'est à sauver dans cette histoire. Il y a d'abord Roy (Josh Brolin) qui flirte avec une jeune femme, Dia (interprétée par Freida Pinto, la superbe actrice de Slumdog millionaire). Cela nous amène à rapprocher le scénario de ce film avec celui de Vicky, Cristina et Barcelona puisque comme Dia, le personnage de Vicky est une femme de raison, fiancée, sur le point de se marier. Pour autant, Roy va particulièrement chambouler ses plans, au même titre que Roy va changer son existence, en décidant de quitter son épouse, Sally (Naomi Watts) du jour au lendemain.

Roy n'est pas le seul homme à être présenté sous un jour peu appréciable. Il y a tout simplement le père de Sally, Alfie (excellent Anthony Hopkins dans le rôle d'un homme pour le moins pathétique) qui a quitté son épouse et qui a décidé d'entretenir puis d'épouser une ex-prostituée. Cet homme, comme certains autres à son âge, refuse de vieillir alors qu'il voit bien sa condition physique changer. Le sport qu'il pratique et sa jeune épouse n'y changent rien.
Et puis il y a aussi le bel et sombre inconnu que l'on pourrait assimiler au personnage de Greg joué par un Antonio Banderas qui pour le coup n'accuse pas le poids des années. Mais le personnage qu'il interprète se révèle assez peu sérieux, quittant sa femme et retrouvant dans la foulée une autre femme, rencontrée par le biais de sa secrétaire Sally. Cette dernière n'a même pas le temps d'envisager une relation avec son patron que ce dernier est déjà parti tête baissé dans une nouvelle relation.
Le moins que l'on puisse dire est que les hommes du film de Woody Allen n'apparaissent pas vraiment à leur avantage. Et la réflexion n'a pas lieu que sur le plan amoureux. Elle est plus générale. Ainsi, Roy, écrivain qui a eu le chance d'avoir un livre qui a connu un succès éditorial, rame sérieusement pour rééditer sa performance passée. Il n'hésite pas à subtiliser les écrits d'un ami censé être dans le coma afin de retrouver une nouvelle notoriété.
Le cinéaste Woody Allen ne prend pas que pour cible les hommes. Il s'amuse également beaucoup des croyances de certains. Il prend ainsi comme exemple celui d'Helena, la mère envahissante de Sally, qui va voir une charlatan qui se déclare voyante mais ne fait que confirmer des éléments cités par Helena. Ici, la voyante s'appelle comme par hasard Cristal.
On comprend bien que Woody Allen dépeint de manière assez frontale les mœurs de certaines personnes de notre société, en prenant comme base tous les gens qui gravitent autour de son héroïne, Sally. Le portrait est pour le moins peu flatteur entre des hommes qui quittent leurs épouses pour aller retrouver des jeunes femmes plus jeunes et des gens complètement à côté de la plaque qui donnent du crédit à des charlatans ou à des sciences occultes. Le propos est certes à chaque fois tourné à la dérision, il n'empêche que le résultat n'est pas fondamentalement enthousiasmant.
Si le film marche bien, c'est aussi en raison de son excellente distribution avec une Naomi Watts parfaite dans le rôle de madame tout le monde ou encore une palette d'acteurs qui ont joué le jeu de paraître pour de purs salauds, comme le montrent les personnages interprétés par Antonio Banderas, Josh Brolin et Anthony Hopkins.
Voilà une comédie qui ne manque pas d'attrait et mérite largement d'être vu, même s'il ne s'agit pas pour autant d'un Woody Allen majeur.

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13.11.10

14:10:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : L'inconnu de Shandigor

Réalisateur : Jean-Louis Roy

Durée du film : 90 minutes

Date de sortie du film : 1967 (film diffusé en exclusivité au festival du NIFFF 2010)

Avec : Daniel Emilfork (von Krantz, le savant), Howard Vernon (Yank / Bobby Gun), Serge Gainsbourg (le chef des chauves), Marie-France Boyer (Sylvaine), Ben Carruthers (Manuel), etc.

Par Nicofeel

Réalisé en 1967 par le cinéaste suisse Jean-Louis Roy (auteur du très différent et pourtant intéressant Black-out), qui fait partie des cinéastes suisses importants (d'où sa présence au club des 5 qui a justifié sa volonté de faire ce film), L'inconnu de Shandigor a été présenté au au festival de Cannes.
Si le film rappelle sans conteste les James Bond, il en propose délibérément une version parodique.
La première image du film montre la bombe nucléaire et cela permet directement de faire le lien avec Herbert von Krantz, sorte de savant fou. Ce dernier possède l'annulator, un objet que l'on peut considérer comme le macguffin hitchcokien du film, et qui doit permettre à son propriétaire de devenir le maître du monde.
Présenté dans un beau noir et blanc, L'inconnu de Shandigor ne se prend jamais au sérieux. Il y a d'abord toute une ribambelle de personnages plus curieux les uns que les autres. Le savant fou est joué par Daniel Emilfork qui a déjà un physique pour le moins atypique ; au rayon des personnages étonnants il y a aussi Serge Gainsbourg qui interprète le rôle du chef des chauves. On a également l'excellent Howard Vernon qui joue le rôle de Yank, un ancien chef SS reconverti qui travaille désormais pour le Pentagone.
De manière délibérée, Jean-Louis Roy a choisi de ne pas expliciter les rapports entre tous les personnages, de telle sorte qu'il est parfois un peu difficile de tout comprendre.
Pour autant, le rythme rapide du film, le jeu outrancier des acteurs et les scènes très drôles permettent de passer un bon moment.
Et puis il faut tout de même bien voir que la finalité du film est loin d'être très complexe. On voit bien que le but du jeu est d'annihiler ce savant fou qui, sur le plan privée retient sa fille dans une situation de quasi prisonnière et qui sur le plan public menace le monde.
On a donc droit à un fabuleux duel final, totalement décalé, entre Howard Vernon et un Daniel Emilfork au physique si particulier déguisé en homme-poisson.
Evidemment, tout finit pour le mieux dans le meilleur des mondes avec un « vilain » qui est supprimé. Les couples que l'on aura vu dans le film repartent chacun de leur côté.
Au final, même si L'inconnu de Shandigor a un aspect fun incontestable, cela demeure un film mineur qui vaut avant tout pour son casting particulièrement étonnant et hétéroclite.

Jean-Louis Roy a été présent à Neuchâtel au début du film pour présenter son long métrage et à la fin pour répondre à quelques questions. Il a fait savoir entre autres que :
- Black out a été tourné parce qu'il faisait partie du groupe des 5, sinon il n'aurait jamais tourné ce film.
- La musique est signée comme Black out Alphonse Roy. C'est le père de Jean-Louis Roy. Il s'agit d'un musicien de musique classique.
- Les décors naturels ont été choisis pour leur côté graphique (le parc Güel, la cathédrale faite par Gaudi à Barcelone).
- en plus des évocations aux films noirs et notamment ceux d'Aldrich, la référence principale du film reste James Bond.

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12.11.10

07:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Saw 3D

Réalisateur
: Kevin Greutert

Durée du film : 1h30

Date de sortie au cinéma : 10 novembre 2010

Avec : Cary Elwes (docteur Lawrence Gordon), Tobin Bell (Jigsaw/John), Costas Mandylor (Mark Hoffman), Betsy Russell (Jill Tuck), Sean Patrick Flanery (Bobby Dagen), Gina Holden (Joyce), etc.

Par Nicofeel

Saw 7 en tant que tel ne verra pas le jour. On ne pourra pas rigoler d'un nouveau titre ridicule de cette saga à rallonge après un « Saucisse » bien nase. Il n'empêche.
Techniquement parlant, Saw 3D est bien le 7ème film de la saga Saw. Et malheureusement il ne se démarque nullement des autres opus.
Si on commence avec une sympathique torture en public où le but du jeu est comme d'habitude de tuer l'autre pour sauver sa peau – ici en l’occurrence une femme qui va être la victime de deux hommes qui sont ses amants – le reste du long métrage ressemble carrément à un vaste copier-coller des films 2 à 7, le tout mélangé pour donner un copieux repas quasi indigeste.
Il n'y a aucune cohérence dans ce long métrage. On passe d'une scène à l'autre et serais-je tenté de dire d'un personnage à l'autre sans véritable lien. Le spectateur lambda qui ne connaîtrait rien à la saga Saw risque sans nul doute d'être complètement largué. Et même celui qui a déjà vu les opus précédents, à moins de les avoir revu récemment, peut lui aussi être complètement paumé en tentant de remettre tous les éléments de l'intrigue dans l'ordre.
Le seul moyen pour le spectateur de ne pas s'ennuyer est d'assister aux nombreuses tortures qui émaillent le film.

Le problème est que ces tortures, pour le spectateur connaisseur de Saw, ne sont nullement surprenantes. Et pour cause, on les connaît déjà, en tout dans leur principe.
Saw 3D part dans tous les sens avec des personnages qui sont parfois censés être morts. Tout cela tourne carrément au grotesque. On se demande bien si le réalisateur ne souhaite pas se tirer une balle dans le pied ou tout simplement s'il n'en fait pas carrément trop dans le côté « too much ».
On touche vraiment le fond et cela devient usant d'avoir d'une part les mêmes tortures et d'autre part les mêmes personnages qui reviennent continuellement. A l'inverse, même si la morale de Jigsaw, qui vaut ce qu'elle vaut elle est censée justifier ses agissements. Cette morale est ici tout juste effleurée avec des questions relatives au mensonge, à l'adultère, au vol. Tout est complètement bâclé dans ce film qui constitue peut-être le pire opus de la série. Et pourtant les derniers n'étaient franchement pas terribles.
On retrouve certes dans ce film : le vilain Mark Hoffman devenu un erastz de Jigsaw ; un pseudo survivant (ce qui est faux et constitue le principe même de l'intrigue) du Jigsaw avec ce Bobby Dagen qui n'a pas de chances car il essaie de sauver ses proches (une collègue de boulot, sa femme) de tortures terrifiantes mais il va assister à chaque fois à leur mise à mort (ce qui va donner lieu à des scènes très graphiques) ; Jill Tuck qui n'est autre que l'ancienne compagne de John, qui tente de faire arrêter Hoffman par la police ; et puis un personnage vu dans le premier Saw qui va être à l'origine du twist final.
Mais dans ce magma d'invraisemblances, on part un peu dans tous les sens et Saw 3D nous propose une fin à rallonge avec notamment un tueur final qui n'est absolument pas la personne que l'on imaginait à la base. C'est la preuve que tout est décidément possible dans cette saga et c'est aussi un clin d’œil au premier Saw, qui se voit du coup nanti d'une nouvelle fin.
Alors et la 3D dans tout ça. Eh bien oui elle est bien présente mais elle n'est tout de même pas prépondérante pendant l'heure trente que dure le film. Elle apporte tout de même un plus certain côté sanglant avec des morceaux de chair ou de sang qui donnent la sensation d'arriver directement sur le spectateur. Cela accroît finalement le côté torture – pop corn vers lequel s'est engagé Saw depuis bien longtemps (après le premier film pour être précis).
Ajoutons qu'à l'instar de Saw 6, ce chapitre final est toujours aussi mal filmé avec une mise en scène qui rapproche plus Saw 3D d'un clip géant que d'un film. Et puis les acteurs sont également lamentables dans leur jeu avec une conviction proche du néant.
Bref, pas grand chose n'est à sauver dans ce film si ce n'est pour les néophytes des tortures qui pourront les distraire. Pour les autres, le but d'aller voir ce film et uniquement de savoir comment va s'achever cette saga pour le moins inégale voire médiocre mais aura rapporté beaucoup d'argent à ses producteurs.

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07:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Black death

Réalisateur
: Christopher Smith

Durée du film : 102 minutes

Date de sortie du film
: prochainement (film diffusé en avant-première au festival du NIFFF 2010)

Avec : Sean Bean (Ulric), Eddie Redmayne (Osmund), Kimberley Nixon (Averill), Carice van Houten (Langiva), etc.

Par Nicofeel

Après de purs films d'horreur que représentent Creep, Severance et Triangle (excellent film d'horreur qui propose une relecture très intéressante du mythe de Sisyphe et qui bénéficie d'un montage très bien pensé, pour moi sans nul doute un film majeur du cinéma l'horreur ,malheureusement encore inédit en France), Christopher Smith nous revient avec un film, Black death, qui se situe à une époque très différente de ses autres longs métrages.
L'action du film se déroule en 1348, au moment où sévit la peste noire, d'où le titre du film. Bénéficiant d'une très belle photographie grisâtre qui accroît l'ambiance inquiétante, Black death retranscrit parfaitement cet univers moyen moyen âgeux où la peste est crainte plus que tout.
On nous montre bien que durant cette époque trouble, certaines femmes sont accusées d'être responsables de ces maux. On brûle sur des bûchers des femmes que l'on pense être des sorcières.
Le film est efficace par sa capacité à évoquer une période où les superstitions sont particulièrement marquées. Les scènes d'action ou plus généralement celles de meurtres ne sont pas très nombreuses mais elles ne s'oublient pas de sitôt en raison de leur violence (personnes brûlées, tuées froidement, écartelées).
On suit tout au long du film les pérégrinations d'un moine, Osmund, qui est secrètement à la recherche de son amie Averill, et de l'équipe d'un chevalier, Ulric, bien décidée à brûler les sorcières et à tuer les impies. Ce chevalier, interprété par un excellent Sean Bean (le Boromir du Seigneur des anneaux), ne fait pas dans le sentimentalisme et se révèle intransigeant à l'égard de ceux qui refusent le catholicisme.
A l'inverse, on aura droit durant le film à une confrontation avec des personnages très différents lors de la description d'une communauté de païens.
La force du film de Christopher Smith est qu'il ne se montre jamais en faveur d'un côté ou d'un autre.
Black death donne à son cinéaste l'occasion d'évoquer clairement les dérives de la religion avec l'exemple d'Ulric puis de Osmund qui acquiert une haine certaine envers l'humanité et se sert de Dieu pour tuer des gens. La fin du film rappelle sans conteste les tortures de soi-disantes sorcières. Pour christopher Smith, personne n'est à sauver dans cette histoire, à commencer par son principal protagoniste, devenu un véritable anti-héros.
En synthèse, malgré une fin de film trop rapidement exécutée, Black death est une vraie réussite. Ce long métrage est beaucoup plus ambitieux que les précédents films de Christopher Smith, qui souhaite manifestement dépasser son statut de réalisateur de séries B.

Christopher Smith a été présent à Neuchâtel au début du film pour présenter son long métrage et à la fin pour répondre à quelques questions. Il a fait savoir entre autres que :
- Son inspiration principale pour faire Black death a été Au nom de la rose ;
- Le choix de cette histoire est dû au fait qu'il s'intéresse à la religion et à cette époque historique.
- Son prochain projet est un film de science-fiction réaliste.

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10.11.10

07:10:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Grande Ourse - la clé des possibles

Réalisateur
: Patrick Sauvé

Durée du film : 1h44

Date de sortie au cinéma : inconnue (film diffusé au festival du NIFFF 2010)

Avec : Marc Messier, Normand Daneau, Fanny Mallette, etc.

Par Nicofeel

Réalisé par le québécois Patrick Sauvé, Grande Ourse – la clé des possibles est un film fantastique, ce qui n'est pas fréquent dans le cinéma québécois.
Le film est une adaptation des séries télévisées Grande Ourse et L'héritière de grande Ourse, qui ont été diffusées à la télévision de Radio-Canada de 2004 à 2006.
Le scénario est plutôt simple avec une clé qui permettrait à son possesseur de visiter toutes sortes d'univers où toutes les possibilités de la vie seraient offertes. Le médium Louis-Bernard Lapointe a son ami Emile qui est kidnappé par une sorcière et il fait tout pour le retrouver avec la détective privée Gastonne.
Avec un tel pitch on pouvait légitimement espérer un film plutôt intéressant. Surtout qu'en vue de trouver la fameuse clé des possibles Lapointe doit résoudre une étrange énigme en seulement 12 heures.
Oui mais voilà le film est un peu brouillon et le lien entre les scènes est parfois abrupt en raison de raccords pour le moins hasardeux.
Peut-être que l'intrigue et ses différents personnages sont on ne peut plus clairs dans la version télévisée, seulement dans un format d'1h44, le film est un peu confus pour les non-initiés, partant un peu dans tous les sens.
Et puis les références à la mythologie (Rhode, Neptune, le Styx) sont quelque peu lourdes.
Mais bon, ce film demeure malgré tout largement regardable. Il y a d'abord continuellement un humour bien présent qui joue sur un côté décalé, ce sentiment étant renforcé par la veine fantastique du film. Certaines répliques, même assez basiques, font mouche comme celle où Lapointe se retrouve enfermé dehors et qu'il est pris à parti par un passant : « Y a des journée de merde ». Réponse de Lapointe : Y a des vies entières de merde ! ». Et puis certaines expressions canadiennes sont originales et amènent le spectateur à rigoler. A titre d'exemple, on a l'acteur jouant Émile qui déclare : « Sac à main, c'était quoi ça ? ».

Globalement cependant, la tonalité du film est assez sérieuse. On appréciera d'ailleurs que l'intrigue comprenne des rebondissements sur le porteur de la clé et que l'on apprenne les motivations de chacun. Les différents personnages sont tous concernés dans cette histoire, en raison de différentes histoires d'amour (il y a au total 3 histoires d'amour différentes).
De plus, le film est plutôt bien mis en scène, avec notamment des plans en plongée. Ces beaux plans ont également à leur crédit des effets spéciaux convaincants.
Enfin, le film est une réflexion sur la notion du destin. On ne peut pas refaire sa vie. Toute la quête de Lapointe s'apparente à un rite initiatique. Chacun est en fait le porteur de sa propre clé.
Au final, voilà un film fantastique un peu brouillon qui peut en revanche se targuer d'autres qualités (sa thématique principale, sa mise en scène, ses effets spéciaux, son humour). A voir.
A noter qu'après le générique de fin, on a droit à un clin d’œil de ce qui a été vu jusque-là dans le film.

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09.11.10

07:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The american

Réalisateur : Anton Corbijn

Durée du film : 1h43

Date de sortie au cinéma
: 27 octobre 2010

Avec : Georges Clooney (Jack/Edward), Thekla Reuten (Mathilde), Bruce Altman (Larry), Violante Placido (Clara), Paolo Bonacelli (Père Benedetto), etc.

Par Nicofeel

The american est un long métrage qui, au moins sur le papier, est particulièrement enthousiasmant. En effet, il est réalisé par le néerlandais Anton Corbijn, auteur en 2007 de l'excellent Control, un superbe biopic en noir et blanc sur la disparition tragique de Ian Curtis, le chanteur culte du groupe Joy Division. Et puis The american a comme acteur principal l'ami Doug Ross (Urgences), à savoir monsieur Georges Clooney, un acteur ô combien charismatique. Ce dernier est d'ailleurs producteur du film.
The american constitue, comme on va le voir ci-après, un bon film mais il ne correspond pas du tout à ce qu'il a été vendu au vu de sa bande annonce.
Dans cette histoire de tueur à gages, on est bien loin du film d'action qui nous était promis. Il faut dire qu'avec Corbijin derrière la caméra, il était assez peu probable d'avoir un film jouant sur l'action. En fait, comme dans Control, Corbijn a réalisé un film lancinant, où il a fait un gros effort sur le cadrage et sur la photographie du film. C'est normal dans le sens où Corbijn est à la base un photographe.
Mais que raconte The american ? C'est donc l'histoire d'un tueur à gages, Jack, qui décide de se faire oublier en Italie après avoir tué plusieurs personnes.
Georges Clooney, ce bel acteur charimatique qui joue beaucoup sur la séduction, va se retrouver à fréquenter des femmes dans ce film pour diverses raisons. Côté professionnel, il rencontre l'étrange Mathilde, une femme qui change à loisir de couleurs de cheveux, et pour laquelle Jack (qui change alors son identité en Edward) confectionne une arme sophistiquée. Côté vie privée, Jack est un homme qui a une vie bien solitaire et c'est la raison pour laquelle on le voit à plusieurs reprises auprès de prostituées. Il va d'ailleurs s'enticher d'une belle jeune femme, Clara, avec laquelle il se sent revivre.
Ces deux femmes sont essentielles dans le cadre de ce long métrage et dans le cadre du réseau de Jack mais ce dernier conserve toujours un caractère très particulier. On appréciera ainsi le côté métronome, appliqué de Georges Clooney. L'acteur n'en fait absolument pas des tonnes. Au contraire il n'exprime quasiment aucun sentiment de joie sur son visage, de telle sorte qu'on le sent plutôt désabusé de sa vie morne et solitaire.
Jack est en quelque sorte un anti-héros – étant donné qu'il s'agit d'un tueur à gages (alors qu'il déclare en Italie être un photographe, clin d’œil évident à la profession de Corbijn) – d'un autre temps, comme le montre son code de l'honneur (alors qu'il évolue dans une société pervertie) ou encore son refus d'accepter les nouvelles technologies. Ainsi, Jack refuse d'utiliser des téléphones cellulaires et il appelle systématiquement son employeur depuis une cabine téléphonique.
Mais la réussite du film ne tient pas qu'à ses acteurs et aux relations qu'entretiennent les personnages entre eux. Le film est sidérant par sa superbe photographie. Dès la première scène du film avec les meurtres qui ont lieu dans une forêt enneigée, on est stupéfait par la beauté de la photographie.
Ce sentiment est d'ailleurs renforcé en raison d'un travail minutieux de Corbijn au niveau du cadre. Le cinéaste filme superbement les paysages italiens, de telle sorte que cela permet de voir de véritables tableaux filmés. De très beaux plans sont filmés, notamment en plongée, montrant par là même la petitesse de l'homme dans son environnement.
Par ailleurs, on appréciera dans ce film la violence qui arrive de manière sèche, à l'instar du final très westernien de The american. Il n'y a aucune concession là-dedans, le film constitue un polar sérieux, dénué d'humour.
Pour autant, The american n'est pas LE film de l'année. En effet, force est de constater que s'il n'y avait pas la belle photographie et le cadrage de Corbijn, le film constituerait un polar quelconque. De plus, même si le tueur à gages du film n'est pas aussi énigmatique que celui du film The limits of control de Jim Jarmusch, il n'empêche que le côté relativement lent du film a de quoi décontenancer plus d'un spectateur.
Au final, The american demeure un film original qui n'est cependant pas dénué de défauts.

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07:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Requiem

Réalisateur : Alain Tanner

Durée du film
: 100 minutes

Date de sortie du film
: 1998 (film diffusé en exclusivité au festival du NIFFF 2010)

Avec
: Francis Frappat (Paul), André Marcon (Pierre), Alexandre Zloto (le père), Cécile Tanner (Christine), Miguel Yeco (Fernando Pessoa), etc.

Par Nicofeel

Requiem marque le retour d'Alain Tanner, un des plus grands cinéastes suisses, à Lisbonne, plus de 15 ans après son film Dans La ville blanche (le surnom de la capitale portugaise). Le film va être l'occasion pour Alain Tanner de rendre hommage au grand poète Fernando Pessoa.
Francis Frappat interprète le rôle de Paul, un homme venu à Lisbonne afin de retrouver les fantômes de son passé.
Pas besoin chez Tanner de proposer des effets spéciaux, l'incursion dans le fantastique se fait tout naturellement avec la rencontre par son principal protagoniste de personnages qui ne sont plus de notre monde. C'est donc la rencontre du vivant avec les morts.
Le ton du film est au départ plutôt tranquille avec toutes ces rencontres qui se font naturellement et avec un côté plutôt cool. Au fur et à mesure que le film avance, le ton devient plus sérieux, avec par exemple Paul qui reproche à son ami Pierre d'avoir couché avec Isabelle, l'amour de sa vie. Requiem est un film très mortuaire puisque Paul est amené à parler à des personnes décédées. Mais pas uniquement à des personnes mortes. On remarquera que Paul parle tout aussi bien à des inconnus (le jeune homme rencontré sur le port ; l'homme dans le jardin public ; la fille de l'hôtel ; le contrôleur du train ; la femme qui lui montre une maison où il a vécu auparavant) qui font partie du monde des vivants qu'à des personnes qui l'ont marquées dans sa vie et font partie du monde des morts. Ce voyage de Paul est une façon pour lui de sonder le passé pour mieux appréhender le futur.
Requiem est aussi l'occasion pour le réalisateur suisse de faire une véritable déclaration d'amour à Lisbonne. Il y a d'abord cette mise en scène où l'on découvre en même temps que le principal personnage qui déambule dans la ville de beaux endroits de la ville blanche. Et puis il y a aussi de nombreuses références à la littérature (romans, poèmes) et à de la peinture, par la représentation de Les tentation de Saint-Antoine de Jérôme Bosch (1510, musée national d'art ancien à Lisbonne) . D'ailleurs, Paul parle à un homme de ce tableau et de sa capacité à guérir des maladies de peau. Cerise sur le gateau pour les amateurs d'art, le film propose une rencontre fictive entre Paul et Fernando Pessoa. Avec ce dernier, il parle de diverses choses de la vie et de la perte d'identité du Portugal par son intégration dans l'Europe.
Film pas forcément facile d'accès de par son rythme que par son incursion « naturelle » du fantastique, Requiem est un beau film d'auteur, hommage évident à la ville de Lisbonne.

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08.11.10

08:02:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Les petits mouchoirs

Réalisateur
: Guillaume Canet

Durée du film : 2h34

Date de sortie au cinéma
: 20 octobre 2010

Avec
: François Cluzet (Max), Marion Cotillard (Marie), Benoît Magimel (Vincent), Jean Dujardin (Ludo), Gilles Lellouche (Éric), Laurent Lafitte (Antoine), Valérie Bonneton (Véronique), Pascale Arbillot (Isabelle), Joël Dupuch (Jean-Louis), Anne Marivin (Juliette), Louise Monot (Léa), Maxim Nucci (Franck), Hocine Mérabet (Nassim), etc.

Par Nicofeel

Tous les quatre ans, l'acteur Guillaume Canet s'essaye à la réalisation de films. Après Mon idole (2002), Ne le dis à personne (2006), monsieur Canet est donc cette fois de retour avec Les petits mouchoirs (2010).
Dans un registre très différent de son précédent film, Guillaume Canet a décidé de réaliser une comédie dramatique. L'intention est louable et les premières images du film pleines d'espoir. En effet, on a droit à une caméra très fluide qui suit le personnage de Ludo (Jean Dujardin) de sa sortie des toilettes d'une boîte parisienne jusqu'à son accident brutal en scooter. On peut alors se dire que le film, qui ne manque pas d'intensité et fait preuve d'une solide mise en scène, va valoir le coup. Le problème est qu'à ce moment on ne sait pas encore qu'il s'agit de la scène la plus intéressante (l'unique ?) du film.
Car autant le dire tout de suite Les petits mouchoirs est un ratage total.
D'abord, on se demande bien où veut en venir Guillaume Canet. Il décrit les vacances d'amis dans la périphérie de Bordeaux, tout en rappelant à de rares occasions qu'un de leurs amis, le fameux Ludo, est entre la vie et la mort dans un hôpital à Paris. Si le film est dénué de fond, c'est notamment en raison de la description de personnages qui n'évoluent jamais tout au long du film. Un comble pour un long métrage de 2h34 ! On a l'impression que le film pourrait durer comme ça encore pendant dix heures sans qu'il ne se passe rien de remarquable.
Il faut dire qu'il est particulièrement difficile de voir des personnages évoluer quand on constate que ceux-ci sont plus proches de caricatures qu'autre chose. Si Guillaume Canet peut d'enorgueillir d'un casting de « stars » avec entre autres François Cluzet, Marion Cotillard, Benoît Magimel et Jean Dujardin, les rôles qu'ils interprètent sont complètement ridicules. Au mieux on a peu de choses à dire sur eux (les personnages féminins de Véronique et d'Isabelle), au pire on atteint un degré de crétinerie qui est tout bonnement affligeant.

Sur ce dernier point, les acteurs masculins tiennent le haut du pavé. La palme revient sans conteste à François Cluzet qui surjoue à fond dans son rôle de riche psychorigide. Mais François Cluzet n'est pas un cas isolé. Il est tout de même brillamment épaulé, si l'on peut dire, par un trio d'acteurs bien risibles. Benoît Magimel, habitué à des rôles sérieux dans des films d'auteur, a la malchance d'écoper du rôle du copain qui décide d'avouer à celui-ci son homosexualité (alors que, comme il le dit, il n'est pas homosexuel, il aime juste les mains de son pote et souhaite éventuellement coucher avec celui-ci !). Le rôle de Magimel n'est pas du tout crédible. Mais bon, il y a pire.
Les acteurs Gilles Lellouche et Laurent Laffite sont des révélations à un tel niveau de nanardise. Gilles Lellouche incarne Éric, un homme qui trompe à tout-va sa copine et s'étonne que celle-ci ne souhaite pas lui parler lorsqu'il se décide enfin de la revoir sur Paris. Quant à Laurent Laffite, il est Antoine, le benêt du groupe, un homme de 34 ans qui a besoin de l'avis de tous pour savoir s'il doit ou non répondre à des texto en provenance de son ex. Les interventions de ces deux personnages frisent parfois le fou-rire tellement les gags sont d'une incroyable lourdeur. Citons à titre non exhaustif la scène avec le bateau qui s'écrase car Antoine tentait de répondre à un appel téléphonique. Du côté d’Éric, il y a aussi du lourd avec une déclaration à la Roméo et Juliette complètement surjouée ou plus tard le fait qu'il décide de boire un coup directement après avoir évoqué sa séparation d'avec sa copine. Et puis les deux acolytes que sont Antoine et Éric sont constamment réunis par leur côté inculte. Le coup des grains de riz à qui l'on parle pour faire évoluer sa texture est tellement énorme qu'on ne peut s'empêcher de l'évoquer.
Mais me direz-vous, l'histoire dans tout ça ? Eh bien, comme dit précédemment, elle reste toujours au même point, zéro. On en arrive même à ne pas comprendre pourquoi Guillaume Canet a décidé de donner un aspect dramatique à son film car exception faite du début, on ne reparle du fameux Ludo que très épisodiquement. D'ailleurs, on ne saura jamais pourquoi le film s'intitule les petits mouchoirs. Honnêtement on ne peut pas dire que tous ces copains soient sympathiques et encore moins qu'ils soient tournés vers un humanisme béat. Ils se font des coups-bas (à l'instar du personnage de Marie, jouée par Marion Cotillard qui a visiblement couché avec tout le monde, hormis nos deux zozos, Éric et Antoine), ils n'osent pas dire ce qu'ils pensent les uns des autres et in fine ils ne sont tournés que vers leurs préoccupations personnelles. Bref, difficile de croire que ce film fait l'apologie de l'amitié.
En revanche, ce qui est certain, c'est que sans le vouloir, Guillaume Canet réussit le tour de force de faire de son film haut de gamme un pur nanar. Les scènes hilarantes, dues à des acteurs en sur-jeu ou tout simplement à des incohérences scénaristiques, sont légion. Pour le plaisir, évoquons tout de même la personne de Max qui devient fou à cause de ses fouines et se met à péter une porte. Le même personnage obtient également un oscar du ridicule lorsqu'on le voit perdre son slip dans la vase. Côté incohérences citons par exemple le coup de la copine d’Éric qui vient jusqu'à l'aéroport de Bordeaux pour finalement lui dire que tout est fini (pourquoi dans ce cas n'est-elle pas restée à Paris ?) ou encore le choix de Juliette de retourner avec Antoine alors qu'elle vit avec quelqu'un depuis un an et est sur le point de se marier. Et puis il y a Jean-Louis (Joël Dupuch) qui connaît tout le monde par coeur et qui est le meilleur ami de chacun alors qu'au fond il ne voit ces gens qu'une fois par an, tout au plus. C'est pas très crédible tout ça.
Mais que dire de la fin du film ? Le changement de ton est radical avec un côté comique qui disparaît pour laisser la place au drame. Évidemment, tout cela est très mal amené et le changement de situation est tellement brutal qu'il apparaît peu crédible. Alors que les « amis » de Ludo ne parlaient jamais de lui, tout d'un coup ils se souviennent qu'il existe. Ah manque de chance il vient juste de décéder. Bon c'est pas grave cela va tout de même permettre à Guillaume Canet d'offrir au spectateur des obsèques à Ludo longues et larmoyantes à souhait. Quand on voit plusieurs des protagonistes faire leur déclaration sur le cercueil de Ludo, on a peur que tous décident de s'y mettre. Heureusement ça ne sera pas le cas.
Mais au final y-a-t-il quelque chose à sauver dans ce film ? Oui, la musique. La bande son orientée soul est très agréable. Et puis il y a Maxim Nucci qui a droit à un petit rôle, ce qui lui permet à l'occasion de faire étalage de son talent de chanteur. Mais au fait, pourquoi celui que l'on appelle désormais Yodelice apparaît dans le film de Canet ? Certainement parce qu'il s'agit d'un de ses copains? En effet, on notera que Guillaume Canet a réalisé le clip du single « Sunday with a flu » du premier album de Yodelice.
En conclusion, Les petits mouchoirs est un film où Guillaume Canet ne prouve ni être un bon directeur d'acteurs ni un bon dialoguiste. Cela plombe largement un film qui en outre n'évolue guère pendant sa longue durée. Les 2h34 sont donc d'autant plus difficiles à encaisser. Heureusement le côté outrancier des personnages permet de passer le temps.

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08:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Paranormal activity 2

Réalisateur
: Tod Williams

Durée du film
: 1h31

Date de sortie au cinéma
: 20 octobre 2010

Avec
: Brian Boland (Daniel), Molly Ephraim (Ali), Sprague Grayden (Kristi), Katie Featherston (Katie), Micah Sloat (Michah), etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Tod Williams, Paranormal activity 2 est très logiquement la suite de Paranormal activity. Le film entend surfer sur la vague de ce film d'horreur qui avait fait le buzz autour de lui et avait permis à son réalisateur d'engranger beaucoup d'argent alors que le film avait coûté quasiment rien.
Évidemment, il vaut mieux battre le fer tant qu'il est encore chaud. C'est la raison pour laquelle seulement 10 mois après la sortie du premier opus, on a droit à un second Paranormal activity.
Exit Oren Peli, cette fois-ci c'est Tod Williams qui est aux manettes de ce film narrant des phénomènes surnaturels. Le budget est également beaucoup plus conséquent puisque l'on dépasse les 2 millions de dollars. Au vu du film, on peut se demander où est passé le budget. Dans la publicité pour faire venir les spectateurs ? Peut-être.
Toujours est-il que Paranormal activity 2 n'a semble-t-il aucun autre but que celui de rapporter de l'argent.
Autant le premier opus pouvait apparaître un peu original en utilisant le filmage d'un caméscope et des caméras de surveillance pour faire monter progressivement la peur, autant le second opus n'apporte rien de plus.

On serait même tenté de dire que ce film tourne à vide. Le réalisateur ne s'est pas embêté la vie au niveau du scénario en décidant de planter l'esprit maléfique dans une maison où vivent une famille entière avec un couple, une adolescente et un bébé. Comme pour hasard, ou en tout cas pour faire le lien entre les deux opus, le réalisateur a choisi que la femme du couple serait tout simplement Kristi, la soeur de Katie, héroïne de Paranormal activity.
Le film débute d'ailleurs 62 jours avant le meurtre de Micah pour s'achever un jour après ce même meurtre. On voit donc plusieurs fois Katie mais également Micah qui va se retrouver une fois à filmer une scène du film que l'on observe. Quel intérêt de cette scène ? Aucun.
Paranormal activity 2 se démarque d'ailleurs du premier opus par sa capacité à provoquer l'ennui. Pendant tout de même au moins la moitié du film, il ne se passe strictement rien. On voit juste la vie quotidienne d'une famille tout à fait banale de la middle-class américaine.
C'est intéressant de faire comme le premier film et d'indiquer à chaque fois qu'il s'agit de la première nuit, de la deuxième, etc. et d'indiquer constamment l'heure mais encore faudrait-il qu'il y ait une raison. Car s'il ne se passe rien, cela n'est pas très utile. En effet, hormis regarder un robot de piscine qui bouge tout seul la nuit, le spectateur n'a vraiment rien à se mettre sous la dent pendant un bon moment.
Le réalisateur tente manifestement par instants de réveiller le spectateur avec le bruit de portes qui claquent, des ustensiles de cuisine qui tombent tous seuls, le chien qui flaire une présence, les meubles de la cuisine qui s'ouvrent tous tout d'un coup ou encore le bébé qui sort, aidé par une force, de son parc.
Non seulement ces éléments sont vraiment peu de choses, mais en outre on a la désagréable impression d'avoir vu et revu tout ça à plusieurs reprises. C'est le cas dans plusieurs films d'horreur mais aussi et surtout tout simplement dans Paranormal activity premier du nom.
Certaines scènes sont littéralement pompées du premier opus comme l'idée du ouija qui bouge tout seul ou encore la jeune femme qui voit ses mouvements dictées violemment par une force inconnue. En fait, tant au niveau des personnages qu'au niveau des situations, on a l'impression de revivre la même chose que le premier opus, le côté surprise ou buzz ne pouvant plus marcher.
Et puis il y a même dans ce film un humour qui ne vole pas haut, avec des blagues sur la présence d'esprits. On ne peut même pas se raccrocher à un côté sérieux entièrement assumé.
En outre, certaines scènes peuvent paraître incohérentes. En effet, pourquoi décider d'accélérer la bobine (qui est censée avoir été récupérée par la contribution des familles de victimes et par la police de Carlsbad) à deux reprises ? De cette façon, on sent trop qu'il va – peut-être – se passer une chose extraordinaire.
Le seul élément positif du film tient à la façon de lier les deux opus à la fin du film dans un final certes quelque peu tiré par les cheveux mais qui a le mérite d'être assez énergique (à tel point que par moments on ne comprend plus ce qui a lieu).
En conclusion, Paranormal activity 2 est un film totalement inutile, qui sent vraiment le réchauffé. L'originalité du premier opus – qui n'était déjà pas un film exempt de défauts, en raison de son faible budget notamment – a disparu et laissé la place à un film parfaitement anecdotique. Dans le genre film de maison hantée, mieux vaut cent fois se regarder Poltergeist, film beaucoup plus convaincant et prenant.

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07.11.10

11:20:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Après un mois de septembre ayant été marqué par un regain d’activité chez les éditeurs au niveau des sorties de titres du genre fantastique ou horrifique, ce mois d’octobre qui vient de s’achever aura largement confirmer cette tendance, avec bien entendu des ressorties en DVD et surtout en Blu-ray de films déjà disponibles, mais également avec de nombreux inédits qu’il nous est désormais disponible de découvrir.

Paradise lost
Psychose

Commençons par ces ressorties avec TF1 Vidéo qui s’est offert les Blu-ray de Paradise lost et du mitigé Captivity, tandis que Universal aura étoffé son catalogue d’une copieuse édition Blu-ray du célèbre Psychose, laissant 20th Century Fox disposer d’un Alien Anthology en Blu-ray en édition limitée et en édition événementielle avec un packaging collector, en attendant l’édition ultime prévue pour début novembre.

Survival of the dead
La nuit des morts-vivants

Mais au jeu des ressorties, Opening aura une fois encore frappé fort en profitant de la sortie du dernier film de zombies de Georges A. Romero survival of the dead pour rééditer aussi bien La nuit des morts-vivants en édition spéciale que zombie en DVD et en Blu-ray, sans oublier Le jour des morts-vivants toujours sur les deux supports, et même le mauvais Le jour des morts-vivants 2, mais uniquement en DVD, faisant du coup passer complètement inaperçu le retour du très moyen Caved in dans les bacs. Dans le même ordre d’idée, Metropolitan aura profité de la sortie chez New Line de l’attendu (à tort ?) remake des Griffes de la nuit pour proposer une édition en Blu-ray de l’original mais aussi de Freddy contre Jason.

Détour mortel 3
Feast 2

Après les remakes, les suites, avec encore 20th Century Fox mais cette fois pour la sortie du bien gore Détour mortel 3, et ce même si la franchise commence gentiment à battre de l'aile, et alors que Sony Pictures aura donné sa chance à un 30 jours de nuit 2 que l'on espère aussi probant que son prédécesseur, et M6 vidéo se sera aussi contenté de verser dans la redite avec un néanmoins amusant et bien sanglant Feast 2 et un Pulse 3 par contre sans grand intérêt.

Amer
Autopsy

On pourra saluer la sortie de l’hommage français au "giallo", le controversé Amer que Wild Side aura eu le bonne idée de proposer après un passage en salles trop discret. De son côté Zylo aura permis au très sympathique Autopsy (critiqué ici dans son édition en zone 1) de se faire connaître chez nous, amis aussi à un Supercroc bien plus banal, tout comme le Flu birds mis en vente par WE productions.

Sexy killer
Jack Brooks, tueur de monstres

Elephant Films sera resté discret avec uniquement l'édition d'un Mutant assassin sentant bon la série B à plein nez, Universal ayant pour sa part disposé d'un Sexy killer à la réputation partagée et France Télévisions aura mis en vente un Fear island flirtant avec le "survival". De son côté, Emylia aura continué à nous proposer des inédits intéressants, avec d'abord Chasseur de têtes (présenté ici et critiqué ) mais surtout l'excellent Jack Brooks, tueur de monstres (présenté ici et critiqué dans son édition en zone 2 anglaise !).

Le spectre du professeur Hitchcock
Messiah of evil

Artus Films aura pour sa part poursuivi sa recherche de titres anciens et rares avec deux sorties inespérées, celle du Spectre du professeur Hitchcock de Riccardo Freda avec Barbara Steele et du trop méconnu Messiah of evil pour deux titres à (re)découvrir d'urgence, auxquels viendra s'ajouter une œuvre horrifique française, Climax.

Fear itself
Cabin fever 2

Enfin, revenons vers Metropolitan qui aura en ce mois d'octobre sorti l'artillerie lourde avec déjà l'anthologie Fear itself, souvent présenté comme une troisième saison des "Masters of horror" et son édition collector alléchante, mais cela ne devra pas occulter les sorties de Cabin fever 2 de Ti West qui même s'il renie en partie le film à cause d'un remontage sévère aura laissé une œuvre probante (l'éditeur ayant profité de l'occasion pour éditer un Blu-ray du premier volet de la courte franchise), de Long week-end, le nouvel effort de l'attachant Jamie Blanks (l'auteur de Storm warning) ou encore d'un Pathology trop longtemps attendu, et ce sans oublier un fort réussi Infectés qui gagnera à s'éloigner des traditionnels films de zombies rapides, toutes ces sorties faisant ainsi presque oublier un Carny bien anodin.

Pathology
Infectés

Donc, comme on vient de le voir, ce mois d'octobre aura été riche et largement fourni pour l'amateur d'œuvres fantastiques et horrifiques, pourvu que cela dure en novembre et comme d'habitude, le rendez-vous est déjà pris pour vérifier si cette vitalité retrouvée des éditeurs se sera confirmée ce mois-ci !

Paradise Lost (Blu-ray)

Paradise Lost (Blu-ray)
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Captivity (Blu-ray)

Captivity (Blu-ray)
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Psychose (Blu-ray)

Psychose (Blu-ray)
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Survival of the dead

Survival of the dead
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Survival of the dead (Blu-ray)

Survival of the dead (Blu-ray)
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Zombie (1978) (Blu-ray)

Zombie (1978) (Blu-ray)
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Le jour des morts-vivants

Le jour des morts-vivants
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Le jour des morts vivants (Blu-ray)

Le jour des morts vivants (Blu-ray)
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Freddy : Les griffes de la nuit (2010)

Freddy : Les griffes de la nuit (2010)
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Les griffes de la nuit (1984) - (Blu-ray)

Les griffes de la nuit (1984) - (Blu-ray)
Amazon à 10.8€
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Freddy : Les griffes de la nuit (2010) (Ultimate Edition - Blu-ray + Dvd + Copie Digitale)

Freddy : Les griffes de la nuit (2010) (Ultimate Edition - Blu-ray + Dvd + Copie Digitale)
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Freddy contre Jason (Blu-ray)

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30 jours de nuit 2 : jours sombres

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30 jours de nuit 2 : jours sombres (Blu-ray)

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Feast 2 : No limit

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Supercroc

Supercroc
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Flu birds

Flu birds
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Mutant assassin

Mutant assassin
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Sexy killer

Sexy killer
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Fear island - Edition 2010

Fear island - Edition 2010
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Jack Brooks : Tueur de monstres (Blu-ray)

Jack Brooks : Tueur de monstres (Blu-ray)
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Jack Brooks : Tueur de monstres

Jack Brooks : Tueur de monstres
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Le spectre du Professeur Hichcock (Lo spettro)

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Messiah of evil

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Climax (+ Aquarium)

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Cabin fever 2

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Cabin fever (Blu-ray)

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Cabin fever 2 (Blu-ray)

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Cabin Fever 1 & 2 / Coffret 2 DVD

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Long weekend

Long weekend
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Long weekend (Blu-ray)

Long weekend (Blu-ray)
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Pathology

Pathology
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Pathology (Blu-ray)

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05.11.10

07:48:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Vénus noire

Réalisateur
: Abdellatif Kechiche

Durée du film : 2h44

Date de sortie au cinéma : 27 octobre 2010

Avec : Yahima Torres (Saartjie Baartman), André Jacobs (Hendrick Caezar), Olivier Gourmet (Réaux), Elina Löwensohn (Jeanne), François Marthouret (Georges Cuvier), etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Abdellatif Kechiche (auteur de l'excellent film L'esquive, variation subtile du marivaudage en banlieue ; et de La graine et le mulet, film bien ancré dans un univers à la Pialat), Vénus noire revient sur un épisode tristement célèbre de l'histoire avec la vie ô combien difficile de Saartjie Baartman, une africaine hottentote qui n'aurait cessé d'être asservie durant toute sa vie.
La première grande réussite d'Abdellatif Kechiche est d'avoir respecté dans ses grandes lignes tout ce qui est connu de cette femme, ce qui rend d'autant plus terrible le déroulement de cette histoire.
Dès le départ, avec cette femme qui est exposée tel un animal de foire, on pense au sublime Elephant man de David Lynch. D'autant que comme Elephant man, Saartjie va être étudiée par des spécialistes de son époque. Le parallèle s'arrête là. Car même si Elephant man est un film terrible dans ce qu'il décrit, il n'en reste pas moins un film humaniste. Ce n'est pas le cas du film Vénus noire.
A aucun moment, le film d'Abdellatif Kechiche évoque une bonté ou à tout le moins une condescendance de certains hommes à l'égard de Sartjie. Bien au contraire. Sa situation n'aura de cesse d'évoluer, et pas vraiment dans le bon sens. Au début du film, on voit que la statue de celle qui a été surnommée la Vénus noire ainsi que ses attributs qui ont été disséqués, est montré par l'anatomiste Georges Curvier, comme si elle était un animal. D'ailleurs, cette femme hottentote qui se caractérise par un fessier très imposant ainsi que des lèvres vaginales très allongées, est comparée à un singe. Elle serait un être unique prouvant que l'on peut trouver des êtres proches du singe.


Cette scène est terrifiante, elle est même abjecte. Mais le reste du film, particulièrement brillant, va permettre de raconter l'histoire cruelle de cette femme, qui n'aura de cesse d'être jetée en pâture de tous les curieux ou de tous les gens malsains. Et Abdellatif Kechiche, qui déjà fait preuve d'un certain talent narratif, joue beaucoup sur l'aspect d'une part répétitif et d'autre part cumulatif. En effet, pendant un bon moment, on voit à plusieurs reprises notre Vénus noire qui doit participer à un spectacle où elle commence dans une cage pour faire croire qu'elle est une sauvage. Lors de ce spectacle, elle doit accepter que les spectateurs lui touchent ses fesses proéminentes.
Les choses ne vont cesser d'aller de mal en pis. Ainsi, lors le spectacle arrive en France en 1815, l'humiliation devient encore plus grande puisqu'elle donne cette fois l'impression d'être un animal puisque les gens la chevauchent s'ils le souhaitent. Le fait est que l'on soit dans des endroits malfamés de Londres ou dans des endroits chics de Paris, la réaction est toujours la même et les gens sont friands de voir cette Vénus noire.
Les choses ne cessent de se dégrader et la Vénus noire terminera dans la prostitution et lorsqu'elle décèdera ses restes seront récupérés par la science, faisant dans ce dernier cas écho au début du film.
Si le film est bien réussi malgré sa longueur (2h40), c'est non seulement en raison de cette sorte de biopic très documenté et très « cash » (les organes de Saartjie qui sont récupérés à la fin du film ont un aspect vraiment clinique qui rend le spectateur proche de l’écœurement), mais également en raison d'autres facteurs. Comptons parmi ceux-ci la distribution de haut niveau dans ce film avec une Yahima Torres époustouflante dans le rôle très physique de la Vénus noire mais aussi de ses patrons, particulièrement salauds et avides d'argent qui sont joués avec brio par les acteurs André Jacobs et un bien sadique Olivier Gourmet.
On signalera aussi que le film est superbement filmé, avec notamment de très beaux gros plans, qui insistent sur la détresse de cette femme qui subit les événements et laisse clairement comprendre qu'elle ne supporte pas que sa dignité de femme soit bafouée. En vain. On appréciera d'ailleurs ces plans serrés qui mettent également en lumière le côté inhumain des spectateurs, qui sont soit indifférents aux sévices qu'on fait subir à la Vénus noire soit se montrent odieux par leurs faits et gestes ou leurs paroles. Par là même, Abdellatif Kechiche pose une vraie réflexion sur la nature humaine.
On notera en outre que la photographie du film est superbe, on a vraiment par instants l'impression d'assister à de véritables tableaux animés, lors des représentations de la Vénus noire.
Film très ambitieux d'Abdellatif Kechiche qui a tenté par là même de rendre justice à cette femme dont l'honneur a été sali toute sa vie, Vénus noire est une vraie réussite. C'est un film choc qui laisse pantois et ne peut que toucher le spectateur dans son for intérieur. C'est un beau film mais d'une grande intensité et réservé a priori à un public averti. On attend avec impatience le prochain film d'Abdellatif Kechiche.

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04.11.10

08:10:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Il reste du jambon ?

Réalisatrice
: Anne Depetrini

Durée du film
: 1h30

Date de sortie au cinéma
: 27 octobre 2010

Avec : Ramzi Bedia (Djalil), Anne Marivin (Justine), Jean-Luc Bideau (Charles), Marie-France Pisier (Nicole), Géraldine Nakache (Sophie), etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Anne Depetrini, la compagne à la ville de Ramzi Bedia, Il reste du jambon ? est une comédie qui souhaite évoquer la difficulté des couples mixtes en France, à l'instar du long métrage Mauvaise foi de Roschdy Zem.
Seulement, si les bonnes intentions du film sont une chose, la façon de les exprimer en sont une autre. Passons rapidement sur la mise en scène et la photographie qui n'ont rien de génial, et donnent plutôt l'impression de voir un téléfilm quelconque qu'un film. Car il y a bien pire.
Le film contient une accumulation de clichés, et finit par desservir les bonnes intentions de base.
Rappelons d'abord que le scénario du film concerne la romance entre une jeune femme, Juliette, qui travaille à la télévision et un médecin urgentiste arabe, Djalil. La femme est jouée par Anne Marivin et l'homme par Ramzi Bedia, le comédien célèbre avec son camarade Eric.
Pour parler de cette histoire, Anne Depetrini n'hésite pas à aligner les clichés les plus ridicules : le personnage de Djalil est pris à parti dans un magasin où il est suspecté d'être un voleur (le cliché de l'arabe voleur) ; les copains de Djalil sont tous des garçons de banlieue qui au demeurant volent des portables ; la belle-famille de Djalil est raciste et pense sans le connaître que Djalil est un terroriste qui appartient au mouvement d'Al Kaïda ; tous les arabes adhèrent à l'Islam et pratiquent la religion ; tous les arabes font le ramadan ; dans le cadre de la fête de l'Aid El Kébir (« fête du sacrifice ») Djalil a évidemment chez lui un mouton qui est dans la baignoire, prêt à être égorgé ; dans un mariage islamiste les hommes et les femmes sont séparées et il n'y a pas de consommation d'alcool.
De telles caricatures sont tellement mal amenées qu'elles finissent par être quasiment dangereuses. En effet, si certaines personnes avaient la mauvaise idée de prendre pour argent comptant ce qui est dit dans ce film, il y a de quoi être inquiet.
Certaines scènes sont carrément pathétiques, à l'instar de cette scène où les étrangers sont comparés à des chiens. La mère de Juliette, jouée par une Marie-France Pisier qu'on a senti plus inspirée, déclare que son chien afghan n'a jamais pu s'habituer aux autres. Et puis elle déclare que son chien chinois, nommé Mao (quelle finesse !) est fourbe. C'est sympathique pour les Chinois qui n'ont rien demandé à personne et ne sont pas concernés en tant quel tel dans le film. Il y a plus grave : la mère de Juliette déclare qu'il y a des races (au passage, notons que dans le monde, il n'y a qu'une race, à savoir la race humaine) qui sont incompatibles.
Les préjugés censés être combattus dans le film se retournent en fait contre ce dernier. Il faut dire qu'au-delà d'éléments évoqués de manière caricaturale, les répliques censées être drôles se démarquent plutôt par une lourdeur certaine. Au début du film, la scène avec les croquettes mi-homme mi-chien qui fait gonfler la joue de Juliette n'est pas sans rappeler Banzaï avec Coluche, mais finit par fatiguer avec son aspect répétitif. Plus nul, il y a la scène avec le paquet de jambon dans le frigo qui explique le titre du film et se révèle ridicule. On a même des scènes incohérentes comme le fait que Juliette s'offusque que sa belle-mère se moque d'elle et ne parle qu'en arabe, et cette même belle-mère qui devient l'amie de Juliette en disant que sa belle-fille a du caractère !
Côté direction d'acteurs, c'est le néant total. On a presque mal de voir dans un tel film Jean-Luc Bideau et Marie-France Pisier dans des rôles de racistes. Les autres acteurs sont tout aussi caricaturaux et semblent naviguer à vue. On a l'impression de retrouver des acteurs en roue libre, à l'instar de Ramzi Bedia qui en fait des tonnes.
Au final, y a-t-il quelque chose à sauver dans ce film ? Non, même en regardant attentivement il n'y a vraiment rien. Au mieux ce film peut être qualifié de maladroit avec ses clichés présents à foison et ses personnages qui sont de véritables caricatures. Au pire ce film sans intérêt pourrait véhiculer le contraire de ce qu'il souhaite, à savoir des préjugés racistes. Franchement, sur le sujet des unions mixtes, il y a bien mieux. Voilà un film à éviter.

Permalink 831 mots par nicofeel Email , 1673 vues • 2 retours
08:00:00, Catégories: Point de vue  

"Les dents de la mer " en 1975 fut le premier des soubresauts qui révolutionna l'ère du nouvel Hollywood et de ses personnages atypiques (Scorsese, Coppola, William Friedkin, John Cassavettes, etc.).

Spielberg ne fait pas partie de cette nouvelle vague, ou drogues, sexes, est le quotidien, il se place comme Georges Lucas dans une veine classique de réalisateur.

Ce film d'horreur dont tout le monde pensaient voir la chute fut un choc ! il explosa le box office d'une phénoménale manière ! Spielberg devint riche du jour au lendemain !
Ce succès vint en partie de l'aspect technique, le requin mécanique fonctionnait très mal et ses réactions étaient peu crédibles, le retard du tournage prenaient des proportions importantes.

Désespéré, la production chercha l'idée qui pourrait les sauver du naufrage.....
Elle fusa brusquement pourquoi ne pas visualiser le requin par des effets de caméra qui donnera l'impression au public d'être au contact direct du monstre ! et puis caractérisons son arrivée par un passage musical menaçant et personnalisé ! idée de génie !

Cette approche filmique aidée par le scénario brillant, dense en épisodes chocs et par l'interprétation de personnages bien écrits assura la construction narrative du métrage d'un formidable manière. Spielberg fit un film superbe et ce fut la seule fois où il permis cette assemblage de compétences et de foisonnement d'idées. Ces prochains films seront verrouillés et seul son égo cinématographique sera admis. Le succès monte très vite à la tête !

" La guerre des étoiles " apporta le deuxième choc filmique l'envie du jeune public vers le film technologique. Cette production ouvrit un univers fascinant et un terreau de qualité pour les superproductions.
Ce métrage arriva au bon moment, le spectateur se lassait de la violence, de la noirceur du cinéma d'auteur, ce nouveau spectacle activa l'éblouissement des pupilles et le divertissement de loisir sans prises de têtes, sans messages spécifiques, juste un amusement pop corn, qui arriva en concordance avec la demande publique.
Ce métrage fut la fin de l'intérêt des jeunes pour la contre-culture du cinéma du nouvel Hollywood.

"La porte du paradis" fut un ratage public complet, Cimino sut vaincre tous les obstacles pour monter son film. La distribution brillante, bien que d'acteurs de seconds plans, assura au film une ossature de qualité pour donner vie aux personnages.
Plus important encore il sut se mettre dans la poche les producteurs qui le laissèrent exploser le budget !
44 millions de dollars plus tard et avec 1,3 millions (somme dérisoire) de dollars en entrées, United Artists ne put que se déclarer en faillite. Ce fut également la fin professionnelle du réalisateur.

L'électrochoc fut profond pour les studios, Paramount initia un mouvement et décida d'enlever aux réalisateurs les rênes du pouvoir. Dorénavant ce sera les producteurs qui mèneront la barque du cinéma américain !
C'est l'ère des Don Simpson, des Bruckeimer, des Kassar et Vajna et la fin de petites sociétés qui avaient contribué à la vitalité du cinéma d'auteur des années 70.

Scorsese dira en 1977....

" Lucas était in, Spielberg était in, et nous nous étions foutus."

Spielberg....

J'ai juste compris ce que les gens avaient envie de voir, j'ai agi en conséquence. "

La porte du paradis - Edition 2006

La porte du paradis - Edition 2006
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Star Wars : La trilogie : Episodes IV - V - VI / 4 DVD

Star Wars : La trilogie : Episodes IV - V - VI / 4 DVD
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Permalink 571 mots par jean-michel Email , 1297 vues • Réagir

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