Archives pour: Décembre 2009

30.12.09

10:15:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Doghouse

Pour son troisième long métrage (après notamment le très sympathique Evil aliens), le réalisateur anglais Jake West persévère dans la comédie horrifique décapante avec ce Doghouse qui brillera par son humour incorrect, son action virevoltante surfant sur un aspect sanglant omniprésent et plus que jouissif pour ainsi offrir à son spectateur un moment de pur délire jamais répétitif en sachant renouveler ses situations régulièrement.
Le script va laisser une bande d’amis se retrouver pour un week-end qu’ils prévoyaient festif dans un bled paumé, mais hélas pour eux, une fois arrivés sur place ils vont découvrir que toutes les femmes du village se sont transformées en des zombies aussi débiles que sanguinaires.

DoghouseD'entrée, le métrage va s'attacher à nous présenter séparément par de brèves séquences chacun des principaux personnages se préparant à se retrouver pour partir ensemble en week-end, en les mettant si possible en conflit avec le sexe faible, que ce soit une petite amie récalcitrante à cette idée ou encore une rencontre d'un soir rancunière, pour de la sorte avancer d'emblée les traits de caractère et le profil de chacun, comme Matt, ce geek tenant une boutique de bande-dessinées et autres jouets d'horreur et de science-fiction. Le but de ce week-end étant de remonter quelque peu le moral de Vince, abattu par son récent divorce, en l'emmenant à Moodley, un village perdue au milieu de nulle part où l'un d'eux y a un pied à terre mais étant surtout intéressant parce que les femmes y sont quatre fois plus nombreuses que les hommes, offrant ainsi l'espoir à chacun de pouvoir se payer du bon temps au pub local.

DoghouseCette présentation des protagonistes mettra en outre en évidence le côté macho plus ou moins évident de chacun tout en étant visuellement rythmée et vive, en introduisant notamment un arrêt sur image le temps d'avancer le nom de chacun dans un style proche du "comic book". Les retrouvailles se feront dans un pub le temps de quelques vannes toujours machistes et avançant l'esprit rebelle du groupe et notamment de Neil, un dragueur invétéré irrévérencieux et provocateur. Hélas pour eux, la personne devant les emmener jusqu'à leur destination à bord du van loué avec chauffeur sera une jeune femme largement attirante, ce qui calmera quelque peu leurs ardeurs tandis qu'ils vont prendre la route de Moodley, réputé donc pour abriter quatre fois plus de femmes que d'hommes.

DoghouseMais ce sera un endroit vidé de toute vie humaine qu'ils vont découvrir alors qu'ils vont se séparer en plusieurs petits groupes, certains commençant par aller inspecter le bar local, tandis que Matt ira reluquer la devanture d'une boutique de sorcellerie. Le métrage installera alors un climat d'attente largement prenant, en plaçant ici ou là des indices de mauvaise augure, telle cette empreinte de main ensanglantée sur un mur, tandis que Neil entendra dans les toilettes du bar une personne vomir tripes et boyaux, jusqu'à ce que la vérité éclate dans une furie dantesque avec l'apparition de ces femmes zombifiées qui bien entendu vont se mettre à pourchasser Neil et ses amis dans tous les coins de la ville.

DoghouseJake West arrivera de fait à donner une originalité probante à ses zombies au féminin puisque chacune d'elles aura une spécificité souvent liée à un métier, avec par exemple cette coiffeuse armée de deux paires de ciseaux, tandis qu'une autre, habillée en mariée sera armée d'une hache, pour ensuite avancer aussi bien une dentiste qu'une sorcière affublée d'une épée ou encore une énorme ménagère ventripotente gargantuesque. Leur démarche mal assurée mais plutôt rapide et cadencée offrira un style et un graphisme inédit qui continuera d'enjoliver l'intrigue, sans oublier bien sûr leur capacité à faire n'importe quoi et éventuellement même à s'entredéchirer pour une proie, symbole ultime de la bêtise féminine ici exacerbée avec humour par le réalisateur.

DoghouseMais l'intrigue se proposera aussi rapidement de donner une explication à cette mutation ne touchant que les femmes, au travers d'une expérience militaire ayant mal tournée et dont nous découvrirons l'univers de manière très graphique pour ainsi adjoindre au groupe un soldat bien esseulé et ne pouvant pas apporter une grande aide. Et contrairement à ce que l'on pouvait craindre, l'intrigue, une fois installée, parviendra à rebondir systématiquement à chaque nouvel événement sans jamais s'enliser dans la redite, pour isoler les personnages dans différents lieux propices à des situations comiques démentielles et parfois même référentielles (avec une prédilection pour le western) et faire preuve d'une imagination débordante pour enchaîner les gags régulièrement macabres et autres situations délirantes ouvertement jouissives.

DoghousePour donner un second souffle à l'intrigue, une seconde vague de mutation ira encore enlaidir les zombies, mais surtout les rendre encore plus menaçants en leur ôtant cette bêtise et en les rendant bien plus agiles, ce qui occasionnera la mort de certains des personnages, pas forcément ceux attendus, tandis que le métrage continuera d'exploiter chacun de ses éléments pour se renouveler dans la bonne humeur sans jamais laisser le spectateur s'appesantir sur les faits, même lorsque des protagonistes infiniment attachants seront malmenés jusqu'à la mort par les zombies. Et que dire de cette "morale" définitivement incorrecte qui verra Vince surmonter sa douleur et mettre fin à son asservissement à la gente féminine lors d'un discours qui risquera fort de déplaire aux spectatrices n'ayant pas un solide sens de l'humour.

DoghouseBien entendu, l'aspect comique sera largement présent, aussi bien dans des dialogues excellents et souriants que pour s'appuyer sur les péripéties et les rendre régulièrement complètement délirantes et savoureuses (les balles de golf), tout en imprégnant l'ensemble du film d'un humour de tous les instants qui en plus viendra également rejoindre l'aspect horrifique qui ne sera pas le moins du monde oublié ou minimisé. En effet, Jake West va très souvent verser dans un gore franc, direct mais toujours souriant et guidé par l'humour des situations, avec des dégâts infligés aux zombies qui resteront originaux (toujours ces balles de golf…) et motivés par une volonté provocatrice parfois très (trop ?) flagrante.

DoghouseLes personnages arriveront sans mal à devenir quasiment instantanément attachants, avec cette crédibilité et ce naturel aussi vivifiant que réaliste bien entendu épaulé par un sens de l'humour dont chacun fera preuve, l'ensemble étant en plus servi par une interprétation impeccable, Danny Dyer en tête. La mise en scène de Jake West sera toujours aussi vivante et dynamique pour donner un rythme fou à l'ensemble tout en osant des plans et cadrages originaux et bien ancrés dans le contexte délirant du film. Les effets spéciaux sont ici largement probants, volontaires et efficaces pour s'adonner à un gore expansif et généreux qui restera malgré tout souvent réaliste bien que flirtant quand même régulièrement avec une outrance décapante, les maquillages des zombies étant eux aussi excellents, graphiques et originaux.

Donc, ce Doghouse avancera un spectacle incroyablement "fun", décomplexé, souriant jusqu'au délire qui devrait logiquement ravir et enthousiasmer les amateurs !

DoghouseLe DVD de zone 2 anglais édité par Sony Pictures avancera une image nette et sans défaut visible, tandis que la bande-son sera franchement efficace grâce à une partition musicale endiablée et collant parfaitement avec l'esprit du film, celui-ci étant ici proposeé dans sa version anglaise, avec des sous-titre anglais optionnels.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un sympathique et décontracté making-of qui donnera la parole aux membres de l'équipe du film pour également revenir sur les nombreux effets spéciaux et leur création, trois scènes coupées dont une amusante et surprenante attaque, un long bêtisier montrant bien la bonne humeur ayant régné sur le tournage, deux bandes-annonces alternatives, deux spots-tv, une conséquente galerie de photos de clichés du film et de magnifiques dessins de pré-production.

Pour ceux qui voudraient découvrir ces excellents et humoristiques zombies au féminin, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

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29.12.09

10:10:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Le prix du danger
Réalisé par : Yves Boisset.
Sortie au cinéma le : 26 janvier 1983
Avec : Gérard Lanvin (François Jacquemart), Michel Piccoli (le présentateur de l'émission), Bruno Cremer (le patron de la chaîne de télévision), Marie-France Pisier (la productrice Florence Balard), Andréa Ferreol (Maître Elizabeth Worms).

Par Nicofeel

Réalisé par Yves Boisset, auteur du remarquable Dupont Lajoie, Le prix du danger est un film d'anticipation qui passe rarement sur nos chaînes télévisées.
Et pour cause. Le constat du film sur la fascination qu'engendre le Quatrième pouvoir (les médias, ici précisément la télévision) et sur les méthodes employées pour obtenir de l'audimat est tout bonnement abominable.
Avec plus de 20 ans d'avance, Yves Boisset critique tout un système où les seuls buts sont l'obtention du pouvoir et de l'argent. Le cinéaste a l'intelligence de ne pas donner de limite géographique à son action. On sait simplement qu'elle se déroule en Europe. Comme à cette époque le dollar était la monnaie unique de référence (l'euro n'étant apparu qu'en 1999), le réalisateur a logiquement choisi d'évoquer dans son film cette monnaie. Sur le plan de la géographie économique, Le prix du danger est donc un film mondial.
Mais avant de se livrer à toute analyse, quel est le synopsis de ce film ? Dans un futur proche, la chaîne CTV atteint un audimat record (on parle de 100 millions de téléspectateurs au début du film) grâce à son jeu Le prix du danger. Le concept de l'émission est simple : une personne, qui est choisie par les producteurs du jeu, consent de participer à ce jeu où il s'agit de survivre pendant 4 heures (durée de l'émission) à différentes embûches. Si le participant s'en sort indemne, la chaîne CTV lui remettra un chèque d'un million de dollars. Les deux premières émissions du prix du danger se sont soldées par la mort du candidat. La troisième émission va être celle de notre référent, un homme du peuple, François Jacquemart. Il est interprété par un Gérard Lanvin qui joue là le rôle de sa vie. Car l'acteur a eu la chance d'obtenir le rôle principal d'un film prémonitoire, où tout est devenu spectacle.

Les téléspectateurs, qui s'ennuient dans leur quotidien, sont à la recherche de sensationnel. La morale n'a plus cours. On se croirait revenu aux temps des gladiateurs avec des combats où la mort est banalisée. La mort n'est finalement que l'apothéose d'un spectacle malsain. Pourtant, la chaîne CTV rend ce spectacle « normal ». Comme le dit le directeur de la chaîne CTV, interprété par un Bruno Crémer dans un sacré rôle de salaud, où son unique but est l'audimat de son émission (en gros tous les coups sont permis, quitte à aider le héros en difficulté pour maintenir l'audimat à son point haut) : « dans un monde de dingue, il faut donner de la folie aux gens ».
Et à ce niveau là c'est du haut niveau. Car ce jeu qui joue avec la vie des gens est horrible dans son concept. On semble arrivé à un point de non retour. Préfigurant nos émissions poubelle de télé réalité, le film ne peut a priori pas faire pire. Et il est même très dangereux car il faut bien voir qu'il y a dans le cadre de ce jeu des courses-poursuite en pleine ville. Des innocents pourraient être blessés.
S'il est d'un cynisme certain, le film fait également peur. Il confirme par exemple l'idée selon laquelle l'opinion publique peut être facilement manipulable. Le présentateur du prix du danger, interprété par un Michel Piccoli complètement amoral et baratineur, prouve cette idée.
Michel Piccoli, dans le rôle de Malère, souffle le froid et le chaud suivant les directives de sa direction : « chers amis, chers téléspectateurs [...] quel spectacle, quelle émotion. »
Là où le film fait aussi très fort, c'est qu'il n'hésite pas à évoquer des liens étroits entre la politique et la télévision. Tout est lié. Au début du film, une femme qui travaille sur le jeu Le prix du danger dit clairement que « la chaîne peut compter sur un appui discret mais efficace du gouvernement. » Pour sa part, Marie-France Pisier évoque dans le film ses jeunes d'études où elle se berçait d'illusions : « je rêvais d'une télévision qui serait indépendante des pouvoirs. » Autant dire qu'une telle remarque dans un film ne peut pas passer inaperçue et est une véritable charge contre le gouvernement et les médias.
Mais le film va toujours plus loin. Il laisse ainsi supposer que les droits de recours face aux ignominies du jeu Le prix du danger sont finalement réduites à néant, puisque comme l'indique une personne qui travaille à la chaîne CTV sur ce jeu : « De toute façon, nous contrôlons plusieurs membres de la commission. »
Michel Piccoli va même encore plus loin dans les déclarations. Pour lui, ce jeu est nécessaire car « il y a va de l'intérêt national. Je soulignais au ministre du chômage l'effet de diversion provoqué par nos deux premières émissions. Pendant qu'ils se passionnent pour le prix du danger nos 5 millions de chômeurs oublient de descendre dans la rue. » La télévision n'est pas vraiment vue sous un jour agréable. Elle aurait un effet sur les masses en les neutralisant dans leurs éventuelles volontés de réaction. Cette démonstration est terrible car elle signifierait que les gens sont incapables de penser par eux-mêmes ou qu'en tout cas la télévision finirait presque par leur lobotomiser le cerveau.
Michel Piccoli n'est pas seulement le représentant de la chaîne. Il est également une sorte de Big Brother avant l'heure. A plusieurs reprises dans le film, on voit Piccoli à travers un écran de télévision. Il est partout. Et il est notable aussi de constater qu'il y a dans de nombreux endroits de la ville traversée par Gérard Lanvin des caméras de surveillance. On est vraiment dans un régime où le terme démocratie n'est qu'un mot et non une réalité. Dans cet univers futuriste (mais finalement pas si loin que cela de notre univers actuel), la vision du monde nous rapproche inmanquablement du 1984 de George Orwell.

Et pendant que le peuple est « endormi », la chaîne CTV en profite pour ramasser un maximum d'argent. On ne sera guère étonné de retrouver dans le film des nombreuses pauses publicitaires, effectuées sur le plateau de l'émission, qui sont présentées par Malère. Parfois, les situations paraissent bien incongrues, passant du coq à l'âne, mais la chaîne CTV ne cherche qu'à gagner de l'argent. Et à une heure d'écoute comme celle-ci, c'est essentiel.
La fin du film est l'apothéose d'un système qui non seulement ne faiblit pas, mais n'hésite pas à faire dans la surenchère. Au prochain épisode, Le prix du danger ne durera pas seulement 4 heures mais une journée entière. Et comme le dit la productrice de cette émission à la fin du film: « Je sais que vous voulez encore plus de sang, plus de violence et plus de carnage. Eh bien nous vous en donnerons. »
Espérons que l'on en arrive jamais jusque-là. Le problème est que l'on en prend pourtant le chemin... Seule la vie est encore réglementée, pour le reste Le prix du danger s'est révélé prémonitoire.

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28.12.09

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Esther
Réalisateur : Jaume Collet-Serra
Durée du film : 2h03
Date de sortie du film : 30 décembre 2009 (vu en avant-première)

Avec : Isabelle Fuhrman (Esther), Vera Farmiga (Kate Coleman), Peter Sarsgaard (John Coleman), Jimmy Bennett (Daniel Coleman), Aryana Engineer (Max Coleman), etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Jaume Collet-Serra, Esther se veut un film d'horreur dans la lignée des enfants maléfiques à l'instar de Damien ou plus récemment de The children.
L'histoire est assez simple et rappelle d'ailleurs Damien : un couple, John et Kate Coleman, qui a subi un traumatisme suite à la perte d'un enfant, décide d'adopter une petite fille dans un orphelinat, Esther. Evidemment, comme on peut largement s'en douter, l'angélisme de cet enfant n'est n'est que de facade.
Sur le papier, un tel synopsis, même s'il n'est pas très original, vaut le coup. A l'écran, le résultat est carrément proche d'être mauvais.
Le problème du film est avant tout son manque de finesse. Jaume Collet-Serra n'a pas jugé bon de faire preuve d'un minimum de nuances. On saisit tout de suite le personnage d'Esther. Avant même qu'Esther soit adoptée, on voit bien qu'il y a un problème puisqu'à l'orphelinat, elle reste isolée. Elle ne se mélange pas avec les autres enfants et développe des capacités artistiques étonnantes (la peinture) pour un enfant d'une dizaine d'années.
Mais le pire est à venir. Les événements étranges où Esther est à chaque fois dans le coup : le meurtre de la soeur, l'agression sur Daniel, qui est le fils des Coleman ou encore la mauvaise influence sur Max, la fille sourde muette des Coleman.
Les parents adoptifs d'Esther sont étonnants dans leurs réactions. Et principalement John Coleman qui, malgré un nombre important de faisceau d'indices, persiste à croire qu'une enfant comme Esther ne peut pas être à l'origine d'actes répréhensibles. Il n'arrive pas à croire sa propre femme, pensant qu'elle traverse une période difficile sur le plan psychologique. Le spectateur ne peut être que surpris de voir qu'à aucun moment John Coleman ne fasse aucun rapport entre le calme qu'il y avait dans la maison familiale avant l'arrivée d'Esther et les éléments malheureux qui se sont produits depuis son arrivée.
Mais ce n'est pas tout au niveau de l'aspect grotesque du scénario. Esther elle-même est prévisible à des années-lumière. On la voit à de nombreuses reprises en train de s'en prendre psychologiquement à Kate. L'actrice qui joue Esther est tout simplement ridicule dans son rôle. La faute probablement à une direction d'acteurs qui a dû complètement échapper à Jaume Collet-Serra.

Pour finir de nous achever, le cinéaste se permet ne nous livrer vers la fin du métrage des explications au sujet d'Esther qui ne sont pas loin d'être incroyables : venant de Russie, on apprend qu'elle est en fait passé par l'Estonie dans un hôpital psychiatrique. Et pour expliquer le côté très mature d'Esther, le cinéaste nous révèle une information pour le moins surprenante, qui laisse le film aux lisières du fantastique.
Certains éléments demeurent malgré tout surprenants, comme le fait que les cicatrices d'Esther n'aient jamais été vus par ses parents adoptifs.
Malgré tous ces défauts, Esther est un film qui se suit sans difficulté. D'ailleurs, le meilleur est à venir vers la fin où l'on assiste aux scènes les plus sanglantes et les plus dynamiques. Par contre, encore une fois, le parti pris du scénario laisse par moments dubitatif. C'est le cas par exemple lorsque Kate peut tuer Esther et elle la laisse simplement évanouie en fuyant avec sa fille. Pas très réaliste tout ça.
Côté acteurs, si Vera Farmiga sauve à peu près les meubles et que la petite Max a un jeu plutôt bon, tous les autres sont soit mauvais soit grotesques. La palme revient à Peter Sarsgaard qui est tout bonnement ridicule dans le rôle de John, ce père de famille qui ne saisit rien à cette affaire. Il ne commence finalement à comprendre ce qui lui arrive qu'au moment où Esther lui fait explicitement des avances !
Au final, Esther est un film bâclé tant au niveau de son scénario qu'au niveau de sa direction d'acteurs. Quelques scènes sont intéressantes mais elles ne rachètent pas la médiocrité de l'ensemble.

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24.12.09

07:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Cecilia

Avec ce Cecilia, le réalisateur espagnol Jess Franco va bien entendu s’adonner à un érotisme plus que présent au service d’une intrigue cherchant basiquement à œuvrer pour la libération des mœurs et philosopher sur l’échangisme, mais ce sera surtout l’occasion pour le réalisateur de magnifier son actrice principale, Muriel Montossé, mise en valeur comme jamais.
Le script va laisser une épouse se dévergonder après un viol pendant lequel elle a redécouvert le plaisir sexuel, entraînant son mari dans une série d’ébats échangistes et pluriels où la seule règle est de ne pas tomber amoureux des partenaires. Mais l’épouse va-t-elle respecter le pacte et la jalousie du mari ne risque-t-elle pas de prendre le dessus ?

Après un générique fleuri, le métrage va directement avancer son personnage principal, Cecilia, une jeune femme rentrant d’un petit tour en mer pour y être attendu par son chauffeur, un homme qui va devoir supporter les provocations de Cecilia puisque celle-ci va se déshabiller entièrement à l’arrière de la voiture et prendre des poses lascives, aguicheuses, comme à son habitude. Mais le chauffeur, au lieu de la ramener chez elle, va prendre une autre direction pour l’emmener vers ses deux frères à qui elle sera donnée en pâture puisqu’ils vont monter à l’intérieur du véhicule et violer sans ménagement la jeune femme qui de réticente et cherchant à se débattre va rapidement se laisser faire et même prendre du plaisir, au point d’aller se baigner dans un lac avec ses violeurs.

CeciliaCette introduction avancera tout de suite un érotisme misant essentiellement sur la plastique irréprochable de Muriel Montossé qui sera mâtiné d’un soupçon de violence lors de ce viol qui ne semblera pas pour autant éreinter cette Cecilia qui à peine rentrée chez elle va tomber dans les bras de son mari pour lui faire l’amour, offrant l’opportunité à Jess franco d’une seconde scène érotique franche mais qui restera assez soft et ne sera jamais salace ou vulgaire, les zooms et autres gros plans sur les parties intimes des actrices chers et traditionnels du réalisateur étant ici et tout au long du métrage aux abonnés absents.

CeciliaL’intrigue va alors laisser Cecilia s’exprimer face à son mari pour la laisser lui avouer qu’elle a pris du plaisir lors de ce viol qui aura raviver chez elle la flamme s’étant peu à peu éteinte après leurs deux années de mariage, revenant lors d’un flash-back touristique sur leur rencontre à Paris à la manière d’une carte postale avec la mise en évidence de monuments historiques parisiens trop évidente. Cecilia exprimera aussi son désir d’avoir d’autres aventures du même genre, laissant son mari libre d’en faire autant puisque pour elle, il existe une différence entre l’amour physique et l’amour spirituel, mais l’époux ne semblera pas convaincu et il faudra que Cecilia manigance un piège avec un ami de la famille pour jeter le mari dans les bras d’une autre femme et bien sûr les surprendre pour que les déviances puissent réellement commencer.

CeciliaMais hélas, Jess franco n’ira jamais bien loin dans l’agencement de scènes érotiques certes toujours filmées avec grâce et élégance, mais qui auront du mal à célébrer la thématique du métrage, sauf lorsque sera avancé une mère et son fils pour un constat incestueux sans appel tout en demeurant elliptique, notamment en survolant les passages les plus scabreux (Cecilia n’ira-t-elle pas délibérément retrouver les violeurs de l’introduction afin de prendre du plaisir en leur compagnie ?). Les autres passages érotiques demeureront donc superficiels pour essentiellement exposer les charmes de Muriel Montossé de manière affolante et subjuguant la beauté naturelle de l’actrice qui officiera aussi bien en pleine nature (sur une plage ou en pleine verdure portugaise) que dans un cabaret où ivre, elle se donnera littéralement en spectacle avant d’être vaguement molestée par son mari qui ne semblera pas vraiment apprécier les débordements de son épouse.

CeciliaJustement, le réalisateur mettra quand même en scène quelques séquences se laissant aller à une certaine violence, pour le viol initial mais aussi initiatique, mais également plus tard pour revenir vers cette thématique fustigeant le machisme, Cecilia devant alors subir les assauts de quatre gaillards ayant apprécié son numéro au cabaret et qui émoustillés ne pourront résister lorsque leur chemin croisera celui d’une Cecilia esseulée en pleine nature. Jess Franco essaiera également d’apporter un peu de profondeur à l’ensemble en laissant les sentiments amoureux de Cecilia devoir affronter la présence de ce chauffeur complètement épris d’elle et qui lui offrira une poésie érotique bien éloignée de l’aspect terre à terre de son mari, donnant au final l’opportunité de lui offrir un choix cornélien bien difficile.

Jess Franco emballera le métrage avec une application réelle afin de rendre les différentes séquences et certains plans formellement très beaux et mettant parfaitement en valeur cette nature luxuriante, mais ce sera surtout vers son actrice principale que son attention se portera afin de magnifier son charme qui explosera littéralement au cours de certaines scènes du film (la ballade à cheval sur la plage, ou encore ce passage en pleine forêt) sans jamais devenir grossier ou véritablement salace, l’auteur s’amusant aussi sporadiquement avec des dialogues surréalistes volontairement stupides et récurrents qui viendront se mêler étrangement au sérieux affiché pour dérouler l’intrigue, les autres discours des personnages résonant hélas parfois faux tout en restant bien superficiels dans leur volonté pseudo-philosophique.

CeciliaL’interprétation est cohérente, évidemment portée par une Muriel Montossé vraiment charmante et qui offrira un naturel désarmant devant la caméra, tandis que les autres actrices du métrage, parmi lesquelles on retrouvera avec plaisir Lina Romay, la muse du réalisateur, qui fera une courte mis remarquée apparition dans le rôle de la mère incestueuse, laissant le reste de l’interprétation osciller entre l’acceptable et un certain amateurisme coutumier chez le réalisateur, avec par exemple Antonio Mayans qui interprétera André, le mari de Cecilia, avec un monolithisme contraignant.

Donc, ce Cecilia ne pourra pas espérer faire partie des meilleurs titres du réalisateur espagnol, mais permettra à Jess Franco de mettre magnifiquement en valeur sa charmante actrice principale, ce qui se fera hélas au détriment d’une intrigue trop superficielle malgré la volonté philosophique affichée !

Le DVD de zone 0 édité par Blue Underground avancera une image assez nette et ne connaissant que quelques rares défauts d’origine n’ayant pas résisté à la restauration de l’éditeur, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale adaptée et envoûtante, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise et surtout dans sa version française.
Au niveau des bonus, on retrouvera Jess Franco pour une interview au cours de laquelle il reviendra brièvement sur les conditions de tournage du métrage et sur son art de manière toujours aussi savoureuse et croustillantes, uniquement suivi par la bande-annonce anglaise du métrage.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette Cecilia dévergondée, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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23.12.09

07:45:00, Catégories: Test / Critique, Box office cinéma  

Titre du film : [REC]2
Réalisateurs : Jaume Balaguero et Paco Plaza
Durée du film : 1h25
Date de sortie du film : 23 décembre 2009
Avec : Manuela Velasco, Oscar Sanchez Zafra, Ariel Casas, etc.

Par Nicofeel

Avec [REC]2, les cinéastes ibériques Jaume Balaguero et Paco Plaza réalisent la suite de leur film [REC]. Le problème est que tout ce qui faisait les qualité de l'oeuvre originale ont complètement disparues pour laisser la place à un espèce de shoot them up.
[REC] tournait à plein régime avec une action qui allait crescendo. Sans concession (la révélation finale, sans doute l'oeuvre de Paco Plaza, est bien dans le style de son film Les enfants d'Abraham), [REC] était particulièrement bien mis en scène et très réaliste, avec des personnages qui ne sont pas des archétypes.
A l'inverse [REC]2 n'a jamais la bonne idée de faire monter la sauce crescendo. On rentre directement dans le vif du sujet avec un rapide rappel à la scène finale de [REC] premier du nom (à noter qu'il n'est pas indispensable d'avoir vu [REC] pour comprendre [REC]2). On a donc des militaires qui sont envoyés dans un immeuble qui pose problème. A aucun moment les deux cinéastes ne prennent pas la peine de présenter leurs personnages. On va simplement assister à des combats dans de longs couloirs entre des militaires et des êtres humains infectés avides de sang. Si les combats dans [REC] survenaient de nulle part après des séquences assez tranquilles, ici l'action pure est privilégiée. Le problème est que le film ne gagne pour autant nullement en lisibilité. Au contraire. Les scènes d'action, comme les personnages du film, sont torchées à la va-vite. Si le premier [REC] contenait des scènes bien gore, ici cela n'est nullement le cas. Mis à part un enfant qui se fait exploser le crane, les scènes d'action ne sont pas du tout gore, se perdant dans les méandres de l'illisibilité de ces mêmes scènes d'action. On est vraiment dans de l'action pure qui pourrait rappeler Aliens de James Cameron, mais le talent en moins.

Quant au scénario, il est carrément aux abonnés absents. Si [REC] traitait en substance de la recherche de l'audimat et critiquait ouvertement les émissions de reality TV, il n'en va pas de même pour [REC]2. Sur le fond, le film ne contient aucune critique et n'a pas vraiment de message à véhiculer.
Le film a d'ailleurs la bien mauvaise idée de multiplier les points de vue. Le film est ainsi découpé en trois parties avec d'abord les militaires, ensuite les gamins (qui au demeurant n'apportent rien au récit) et enfin on revient sur sur la présentatrice télé disparue, qui était l'héroïne de [REC] premier du nom. Le passage des différentes parties est au demeurant quelque peu factice avec des transitions qui ont lieu par le biais d'une nouvelle caméra. En fait, en multipliant les points de vue et les protagonistes, Jaume Balaguero et Paco Plaza ne prennent pas le temps de présenter leurs personnages. Du coup, à l'inverse de [REC] où le spectateur avait un sentiment d'empathie pour les principaux personnages et se préoccupait de leur devenir, dans [REC]2 le destin des personnages est à la rigueur le cadet des soucis du spectateur. Tout le monde peut bien mourir, on s'en moque un peu.
Et ce n'est pas tout. Alors que [REC] restait assez mystérieux quant à l'arrivée et à la transmission du virus, [REC]2 va carrément avoir l'idée saugrenue de nous planter des scènes à L'exorciste avec la présence de personnages possédés et d'un prêtre ! Non seulement cela n'est pas original pour deux euros, mais cela arrive un peu comme un cheveu sur la soupe.
Alors est-ce que [REC]2 est pour autant un très mauvais film ? Non, s'il manque cruellement d'originalité, si ses personnages sont de simples pantins, si le scénario et la mise en scène sont assez brouillonnes, il y a quand même du rythme dans [REC]2 et quelques-unes des scènes d'action méritent quand même le détour.
Mais c'est au final bien peu de choses. Disons-le clairement. [REC]2 n'aurait jamais dû exister. L'oeuvre originale se suffisait à elle-même. Le pire est qu'au vu de la fin de [REC]2, il est clair qu'une suite est fort probable. Gageons que les cinéastes ibériques, s'ils sont aux commandes de ce nouvel opus, fassent preuve de plus d'originalité et soient un peu plus sérieux dans le travail du scénario.

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22.12.09

07:00:00, Catégories: Box office cinéma  

par Nicore

Sexy sisters

A partir d'une intrigue vraiment simpliste, le réalisateur Jess Franco va avec ce Sexy sisters (connu chez nous sous le titre de deux sœurs vicieuses) pouvoir multiplier les séquences érotiques osées et sensuelles certes agréables mais qui ne pourront pas empêcher le métrage de n'être qu'anecdotique dans la filmographie de son auteur.
Le script va laisser l'aînée de deux sœurs faire passer sa cadette pour folle et nymphomane grâce à un plan machiavélique afin de se garantir la jouissance de l'héritage laissé par leur père qui devait revenir à la plus jeune des deux, sauf si sa santé mentale l'en empêchait.

Sexy sistersLe métrage va commencer par avancer un spectacle érotique païen le temps de laisser passer le générique, avant de s'intéresser à un des spectateurs, Joe, qui va se faire ouvertement et rapidement draguer par Edna, une femme qui va l'inviter à quitter les lieux avec des promesses sensuelles, pour d'abord faire un arrêt au bord de la mer le temps de quelques petits préliminaires avant que devant le manque de confort de la petite voiture de Joe, Edna l'invite à aller chez elle. Arrivés dans la demeure luxueuse pour être accueillis par une servante empressée, le couple va continuer à batifoler quelque peu, aidés par la servante qui va les déshabiller un après l'autre, pour que finalement Edna ne demande un service à Joe qu'il acceptera, faire l'amour à sa sœur Millie, une nymphomane psychotique enfermée et attachée dans sa chambre.

Sexy sistersCette introduction se montrera furieusement érotique pour d'abord suivre les prémices d'un ébat entre Joe et Edna, laissant sa place à la rencontre entre ce Joe et Millie qui se montrera furieuse en amour et semblera apprécier le traitement proposé par Joe, le tout son les regards d'Edna qui en profitera pour se masturber. L'intrigue nous permettra ensuite de faire plus ample connaissance avec Millie, cloîtrée dans sa chambre fermée avec des barreaux coulissants et soignée par Maria, une infirmière dévouée et sensible au charme du médecin, le docteur Charles Barnes qui viendra régulièrement faire des piqûres à Millie, afin de calmer ses pulsions sexuelles.

Sexy sistersL'intrigue reviendra aussi sur l'origine des tourments de Millie, violée étant jeune par un des amants d'Edna sans que celle-ci ne la défende, pour surtout mettre en avant les relations torrides existantes entre Edna et Charles, entre Charles et Maria, ou encore entre Millie et Maria, tout ce petit monde ne semblant penser qu'au sexe, laissant Jess Franco s'amuser à nous proposer de nombreuses séquences érotiques, avec en plus des retours dans la chambre de Millie, offerte par exemple aux bons soins d'un "Tarzan" (comme il se nommera lui-même) musclé. Mais l'enjeu du métrage sera bientôt dévoilé puisque le père d'Edna et de Millie décédé et laissant derrière lui une véritable fortune, avait stipulé dans son testament que l'ensemble de ses richesses devait revenir à Millie dès sa majorité (prévue dans quelques jours), laissant pour l'instant Edna gérer les biens, sauf en cas de décès ou de folie de Millie, ce qui octroierait cet argent à Edna.

Sexy sistersEt peu à peu le plan infiniment compliqué d'Edna va se révéler au grand jour, le bon docteur Barnes n'étant qu'un imposteur venant uniquement administrer à Millie des substances exacerbant sa libido afin de la faire passer pour une nymphomane, démystifiant ainsi les doutes de la première partie du métrage qui laissaient le spectateur dans l'expectative quant à la véracité des dires et des relations amoureuses de Millie qui semblaient en partie issues de son imagination fertile. Tout allait pour le mieux pour Edna et ses complices jusqu'à ce que Joe retrouve la trace de Millie dont il était tombé follement amoureux, afin de la délivrer de son quotidien infernal.

Sexy sistersL'intrigue laissera énormément d'opportunités à Jess Franco pour avancer des ébats sexuels osés (et flirtant même, comme souvent chez le réalisateur, régulièrement avec le "hardcore" sans pour autant qu'il n'abuse de ces gros plans sur l'intimité des demoiselles comme il le fît souvent), qui s'étaleront devant la caméra sans pudeur et avec une certaine vigueur dans l'action doublée d'un brin d'une perversité qui sera véhiculée contre toute attente par cette Edna sournoise et perfide qui ne rêvera que d'empocher l'héritage, quitte à pourrir la vie de sa sœur. Mais ce ne sera pas tout puisque Millie traversera le métrage entièrement dénudée et alors que les autres protagonistes tomberont leurs vêtements bien souvent avec un naturel forçant le respect, la nudité féminine et masculine ne mêlant plus que régulièrement à l'intrigue de manière plus ou moins justifiée.

Sexy sistersMais heureusement, aucune routine ne viendra s'installer dans cette succession de séquences érotiques en majeure partie grâce à un humour largement souriant (bien que souvent salace) qui flattera les dialogues de réparties réjouissantes et amusantes, donnant ainsi du piment à un ensemble qui en avait bien besoin, même si le rythme restera continu et assez vif, pour ne pas s'attarder sur les situations ou verser dans la redite. En effet, chaque nouveau compagnon de Millie offrira des particularités savoureuses et volontaires explicitement désirées par Jess Franco qui aura choisi des acteurs virils au physique appuyé (nous permettant de retrouver par exemple Eric Falk, déjà vu par exemple dans le Blue Rita toujours de Jess Franco ou dans Rolls Royce baby).

Sexy sistersEt justement l'interprétation sera ici presque cohérente car si une certain professionnalisme émanera de la charmante Karine Gambier (elle aussi habituée des films de Jess Franco de cette époque) ou encore de Pamela Stanford, laissant à Jack Taylor le soin d'apporter un certaine rigidité d'apparat vite démentie lorsque son personnage se montrera sous son vrai jour, les seconds rôles resteront bien aléatoires et viendront légèrement plombés les efforts de ces interprètes habitués à travailler avec Jess Franco, dont la mise ne scène sera ici classique et sans fioriture, avec même des raccords guère élégants.

Donc, ce Sexy sisters se suivra sans déplaisir grâce à une vitalité effective dans son action érotique bien secondée par un humour omniprésent, mais l'ensemble restera quand même bien superficiel et certainement pas inoubliable !

Sexy sistersLe DVD de zone 2 suisse avancera une image nette et ne connaissant aucun défaut notable, tandis que la bande-son sera convaincante, malgré une partition musicale basique et sans influence sur le métrage qui sera ici proposé dans sa version allemande, anglaise, espagnole et française.
Au niveau des bonus, on pourra consulter la filmographie d'une partie de l'équipe du film, visionner les bandes-annonces des titres de la collection dédiée à Jess franco, suivre le traditionnel documentaire sur la relation entre le producteur Erwin C. Dietrich et le réalisateur qui nous informera également sur la restauration de Jack l'éventreur, ainsi qu'une conséquente galerie de photos.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce métrage érotique de Jess Franco, le DVD de zone 2 suisse est disponible ici ou !

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21.12.09

08:45:55, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Avatar
Réalisateur : James Cameron
Durée du film : 2h41
Date de sortie du film : 16 décembre 2009
Avec : Sam Worthington (Jake), Sigourney Weaver (Grace), Neytiri (Zoe Saldana) etc.

Par Nicofeel

Douze ans après l'incroyable score en salles de son film Titanic, James Cameron nous revient avec un film à nouveau à la hauteur de la démesure de ce réalisateur. 300 millions de dollars hors marketing ont été utilisés pour faire ce film qui utilise à plein la 3 D. J'ai d'ailleurs eu l'occasion de voir le film dans un cinéma permettant de voir la 3 D avec les lunettes adéquates (des real 3 D).
Dans l'ensemble Avatar est un sacré spectacle qui ravira certainement un grand nombre de personnes, même si le film n'est pas exempt de défauts.
Le scénario est à mon sens le gros point faible du film. Ce scénario est ultra convenu et complètement attendu. On a finalement des êtres humains (qui ne sont pas sans rappeler les Américains dans leurs attitudes) qui ont décidé de coloniser une planète, Pandora, afin d'y extraire un minerai de grande valeur. Le film va donc nous montrer le combat entre les autochtones, les Na'vi et les humains. Ou plutôt les Na'vi vont simplement se poser en résistance face à l'opresseur. La fameuse idée des avatars est très intéressante (elle permet d'ailleurs de faire le lien entre les humains et les autochtones) et constitue in fine le seul point original du film sur le plan scénaristique. Les avatars sont le résultat du croisement de l'ADN d'un être humain et d'un Na'vi, le fameux peuple autochtone. Les avatars sont des personnages utilisés à distance, un peu à la manière du film Clones. Ils sont très utiles car l'atmosphère de Pandora est toxique.
Ce sont les acteurs Sam Worthington et Sigourney Weaver qui jouent les rôles de Jake et de Grace qui vont se rendre sur Pandora via leurs avatars. Voilà pour le côté original du scénario. En dehors de cela, il n'y a jamais de véritable rebondissement dans le film. Tout est cousu de fil blanc. Et le second reproche accroît ce qui vient d'être dit.
En effet, les personnages dans Avatar sont tous des archétypes, la palme revenant à l'acteur jouant le colonel qui apparaît comme le « vilain » par excellence. Les personnages sont tous ou blancs ou noirs. On ne fait pas dans la demi-mesure. Et c'est bien dommage. Le scénario aurait gagné en densité à donner vie à des personnages un peu plus complexes.

Mais bon, tout cela reste des remarques qui n'empêchent pas de passer un très bon moment. Car Avatar ne manque pas de qualités.
D'abord, la 3 D est vraiment bien utilisée d'où l'intérêt de voir le film avec les lunettes nécessaires. On en prend plein la tête pendant 2h50. L'immersion dans le monde créé par Cameron est encore plus évidente. Certainement une des meilleures (la meilleure) utilisation à ce jour de la 3 D dans un long métrage.
Justement, l'environnement créé par Cameron avec les autochtones (les fameuses bestioles bleues), la faune et la flore dans laquelle ils évoluent est tout à fait impressionnant. Si l'histoire n'est pas sensationnelle, en revanche le travail effectué sur la photographie du film et sur ce monde créé de toutes pièces vaut clairement le détour.
Par ailleurs, sur le plan des thématiques, James Cameron a clairement des idées à faire passer. On a ainsi un véritable message écologique (même s'il peut paraître quelque peu opportuniste car c'est bien dans l'air du temps) qui est délivré tout au long du film où Cameron laisse entendre clairement que l'homme ou d'autres êtres peuvent vivre en paix avec la nature. Dame nature est essentielle à l'équilibre de la vie. Cela dit, si l'on réfléchit bien à la trame du film, elle n'est pas sans rappeler un certain Princesse Mononoké (1997). En somme rien de neuf en soi sous le soleil. Le message le plus intéressant qui est développé dans le film est de nature politique. Il est certain que Cameron critique le côté unilatéral des américains qui s'arrogent le droit de coloniser des pays comme bon leur semblent (il y a sur ce point un côté qui rappelle le film Dune). Vu que le territoire décrit se déroule dans une espèce de jungle, on pensera notamment à la guerre du Vietnam. Le film et le portrait des Na'vi peut aussi faire penser au génocide indien.
Côté qualités, ce n'est pas tout. Le film vaut évidemment par la qualité de ses scènes d'action.
Là dessus Cameron n'a pas perdu la main. La scène finale notamment vaut sérieusement le coup d'oeil. Le film est d'une incroyable limpidité.
Voilà, au final Avatar est un très bon film qui utilise de manière optimale cette fameuse 3 D. Cependant les défauts qui apparaissent dans ce film à grand spectacle ne me permettent pas de le ranger parmi mes préférés de 2009. Mais ça vaut tout de même bien le coup d'aller le voir.

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17.12.09

07:40:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Uomini si nasce poliziotti si muore

Ce sera à partir d'un scénario de Fernando Di Leo que le réalisateur italien Ruggero Deodato va nous livrer avec ce Uomini si nasce poliziotti si muore (également connu sous son titre anglais de Live like a cop, die like a man) son seul "poliziotesco" pour un résultat musclé, violent mais étrangement souriant en étant porteur d'un humour léger qui viendra dédramatiser complètement une violence pourtant exacerbée.
Le script va suivre la lutte de deux policiers d'une brigade secrète aux méthodes peu orthodoxes contre un parrain de la mafia ayant notamment assassiné l'un des leurs.

Uomini si nasce poliziotti si muoreLe métrage ne va pas perdre un instant pour lancer son action puisque nous allons tout de suite découvrir Antonio et Alfredo, les deux personnages principaux formant un tandem de policiers, sur le terrain où à bord de leur moto, ils vont être amenés à poursuivre les auteurs d'un vol qui aura mal tournée. En effet, deux individus à moto voulant s'emparer de la sacoche d'une jeune femme sortant d'une banque vont s'apercevoir en tentant d'arracher leur butin que ce sac est relié au poignet de la demoiselle par une chaîne et donc, ils vont traîner la victime sur le sol jusqu'à ce qu'elle s'explose le crâne contre une butée. Abandonnant le tout, les deux hommes vont fuir, pourchassés par nos deux policiers pour une longue et folle course-poursuite dans les rues de Rome.

Uomini si nasce poliziotti si muoreCette introduction exposera d'entrée l'aspect violent du métrage avec la mort brutale de cette jeune femme, tandis que la poursuite motorisée sera largement prenante, filmée de manière adaptée pour ainsi renforcer son côté spectaculaire et pris sur le vif, tandis que son issue pourra surprendre puisque les deux fuyards vont trouver la mort, l'un d'eux étant carrément achevé par Alfredo qui va rompre le cou du blessé. L'intrigue pourra alors véritablement nous présenter ces deux policiers spéciaux appartenant à une brigade secrète luttant contre le crime organisé au sein d'un bureau caché où siège leur patron, avec qui ils auront justement rendez-vous, non sans avoir auparavant tenté une nouvelle fois de draguer la secrétaire, la belle Norma qui hélas pour eux aura du répondant et brisera leur discours machiste. Le boss leur fera une nouvelle fois la morale quant à leurs méthodes expéditives et en compagnie d'un de leurs collègues évoquera le cas de Pasquini, un truand qu'ils recherchent sans succès depuis trop longtemps.

Uomini si nasce poliziotti si muoreMais en ressortant leur collègue va être abattu par les hommes de mains de Pasquini, déclenchant la fureur d'Alfredo et de Antonio qui vont centrer leur action pour débusquer le malfaiteur oeuvrant surtout dans le domaine du jeu. C'est ainsi que nous allons avoir droit à plusieurs morceaux de bravoure impliqués directement dans cette ligne conductrice de l'intrigue, avec par exemple cet incendie de voitures de luxe appartenant aux clients de l'un des "clubs" de Pasquini, mais également par exemple lorsque les deux policiers vont devoir échapper à une embuscade tendue dans le terrain vague où ils s'entraînaient. Mais le métrage va aussi nous proposer de suivre les deux hommes dans d'autres circonstances où ils vont devoir affronter la mort en face pour dénouer des affaires sordides, comme cette prise d'otages qui ne laissera aucun survivant du côté des truands, ou encore lorsque Alfredo et Antonio, bien renseignés, vont carrément abattre des malfaiteurs s'apprêtant à commettre un casse.

Uomini si nasce poliziotti si muoreMais le métrage va également proposer des situations plus légères et frivoles nous faire partager un humour quelque peu salace mais toujours souriant, lorsque les deux hommes vont par exemple aller interroger la sœur de Pasquini qui se révélera être une nymphomane en manque qui va se payer les deux policiers l'un après l'autre, laissant même un brin d'érotisme charmant venir se mêler au débat, pour à plusieurs reprises dévoiler les charmes de personnages secondaires, parfois même de façon complètement gratuite (la suédoise). Mais cet humour viendra également s'imposer au travers de dialogues excellents débités par les deux héros, résonant d'un machisme explicite en répercussion à des sous-entendus sexuels quelque peu grivois.

Uomini si nasce poliziotti si muoreLe métrage va ainsi s'attacher à nous dresser le portrait de ces deux policiers jusqu'auboutistes qui n'hésiteront pas à braver la mort et surtout à rendre une justice expéditive sans crainte de représailles sérieuses, permettant à Ruggero Deodato de se livrer à une violence franche et parfois même sévère, mais toujours en adoptant ce ton léger qui annihilera tout impact malsain tout en avançant aussi l'amitié profonde liant Alfredo et Antonio, les deux hommes vivant ensemble dans un appartement entretenu par une femme de ménage, ce qui aurait presque pu laisser penser à une homosexualité larvée sans leur forte attirance pour la gente féminine qui sera constamment mise sur le devant de la scène.

Uomini si nasce poliziotti si muorePar contre, l'intrigue restera assez classique sur le fond pour mettre en branle cette guerre ouverte entre la police et ce truand qui lui aussi sera bien violent, en n'hésitant pas par exemple à arracher un œil à un joueur qui lui devait de l'argent, pour être informé par une taupe officiant au sein de la police et payée pour rechercher l'identité des deux empêcheurs de tourner en rond, mais cela donnera surtout l'occasion au film de multiplier les séquences d'action, entre cette poursuite inaugurale, ces bagarres violentes et autres échanges de coups de feu qui parfois même friseront l'irréel par ce côté "cartoonesque" certainement volontaire, mais hélas on pourra regretter un dernier acte bien facile et qui débouchera sur une issue simpliste; guère originale et donnant le sentiment d'avoir été bâclée, pour ainsi ne pas rendre franchement hommage aussi bien à ce Pasquini qui connaîtra une évidente et attendue mort stupide tandis que les deux héros échapperont de manière trop facile à un piège téléphoné.

Uomini si nasce poliziotti si muoreL'interprétation sera l'un des principaux atouts du film grâce à un duo d'acteurs charismatiques et élégants composé de Marc Porel et de Ray Lovelock qui marqueront de leur empreinte l'ensemble du métrage en y accentuant même l'humour, tandis que Adolfo Celi incarnera leur patron avec candeur et un aspect paternel avéré. La mise en scène de Ruggero Deodato sera vive et dynamique pour donner du rythme aux phases d'action et les rendre captivantes tout en magnifiant cette violence parfois sanglante et en tout cas toujours volontaire qui viendra très régulièrement se mêler à l'intrigue.

Donc, ce Uomini si nasce poliziotti si muore aura largement de quoi séduire par son aspect volontaire dans un déchaînement de violence à laquelle il manquera peut-être un brin de ce sadisme typiquement italien mais agrémenté d'un humour omniprésent toujours souriant !

Uomini si nasce poliziotti si muoreLe DVD de zone 2 italien édité par Raro Vidéo avancera une image nette et sans défaut notable, tandis que la bande-son sera convaincante, avec une partition musicale adaptée et rythmée même par des chansons de Ray Lovelock lui-même, le métrage étant ici disponible dans sa version anglaise ou dans sa version originale italienne sous-titrée en anglais.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un très intéressant documentaire revenant sur le métrage en donnant la parole à Ruggero Deodato qui évoquera par exemple la censure dont le film a été victime, tandis que Ray Lovelock reviendra lui plus sur sa relation avec Marc Porel qui a été bien moins conflictuelle que ce qui avait été avancé à l'époque, laissant quelque publicités amusantes des années soixante-dix réalisées par Ruggero Deodato, sa biographie et sa filmographie venir clore ces bonus méritant que l'on s'y attarde.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce duo de policiers expéditifs, le DVD de zone 2 italien est disponible ici ou !

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16.12.09

09:10:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

par Nicore

Shoot on sight

S'inspirant de manière romancée d'événements ayant suivi les attentats commis en Angleterre en juillet 2005, ce Shoot on sight va distiller une atmosphère tendue et retranscrivant bien la psychose ressentie par cette nation en proie au doute et à le méfiance envers les musulmans, mais non pas pour nous livrer une œuvre cherchant uniquement à verser facilement dans le spectaculaire pour au contraire s'installer de l'intérieur dans ce drame vécue par la communauté musulmane modérée, sans pour autant oublier de ménager un suspense croissant jusqu'à devenir étouffant et terriblement dramatique dans la dernière partie du métrage.
Le script va donc prendre place après les attentats du 7 juillet 2005 à Londres, pour suivre un commissaire musulman chargé d'instruire une enquête après une bavure dans le métro où des policiers ont abattu un innocent suspecté d'être un terroriste. Mais en même temps, ce commissaire va accueillir chez lui un neveu débarquant du Pakistan et dont les sensibilités religieuses vont l'amener à fréquenter des intégristes.

Shoot on sightAprès être revenu par un petit laïus écrit sue ces attentats ayant ensanglanté l'Angleterre en 2005 et avoir décrypté cette procédure du "Shoot on sight" qui autorisait la police à tirer à vue sur les terroristes potentiels, le métrage va dès son introduction installer une tension palpable en suivant ce jeune homme d'origine musulmane accoutré de manière annonçant sa religion de manière explicite s'apprêtant à prendre le métro tout en étant surveillé par un policier en contact avec ses collègues cachés à l'extérieur dans une voiture, pour recevoir l'ordre de leur commissaire d'empêcher l'homme, portant un gros sac à dos, de monter dans la rame arrivant à la station. Il va s'en suivre une course contre la montre des policiers qui vont finalement arriver à temps pour héler le suspect qui, alors que la foule se sera mise à terre, aura le malheur de ne pas entendre les injonctions à cause de son baladeur et en reconnaissant l'uniforme, mettra sa main à la poche, déclenchant les tirs de l'un des inspecteurs présents sur place. Mais bien entendu, la brigade de déminage appelée sur place ne trouvera aucune bombe dans le sac à dos du défunt.

Shoot on sightCette introduction sera rondement menée pour bien mettre en condition le spectateur tout en ne prenant pas partie pour dénoncer ou accréditer l'acte du policier coupable d'avoir tiré, laissant ensuite le commissaire discourir de la marche à suivre après cette bavure faisant la une des journaux avec son supérieur qui va décider de faire entrer en scène le commissaire Tariq Ali, de confession musulmane, pour enquêter sur cette affaire délicate et d'abord orchestrer une conférence de presse qui fera bien ressortir un certain racisme larvé de certains des journalistes présents, mais auquel saura parfaitement bien répondre Tariq. L'intrigue va alors s'attacher à nous immiscer dans la vie de ce commissaire, aussi bien pour le suivre dans son enquête que pour suivre son quotidien de musulman en Angleterre.

Shoot on sightEn effet, le métrage va d'abord rechercher à créer une certaine sympathie pour ce Tariq dont nous allons pouvoir appréhender la vie "normale", entre ses rapports conflictuels avec sa fille, une adolescente quelque peu rebelle et ceux bien plus amicaux avec son épouse, une non-musulmane, tandis que la famille va accueillir Zaheer, le neveu de Tariq, débarquant du Pakistan pour étudier à Londres. Cette mise en condition du personnage central voudra de manière évidente mettre en avant son intégration et la normalité de sa vie quotidienne, uniquement rythmée par la prière et la fréquentation de la mosquée et des commerçants musulmans de son quartier, avec bien entendu quelques traditions obligées, mais pour déjà lui opposer le discours intégriste de quelques jeunes musulmans réunis dans un parc.

Shoot on sightEnsuite, l'intrigue va donc suivre l'enquête délicate de Tariq, entre un entretien avec la famille de la victime qui tournera court avec l'arrivée de leur avocate farouchement décidée à porter l'affaire devant les tribunaux et la réticence des inspecteurs impliqués à coopérer véritablement, pour même chercher à lui mettre des bâtons dans les roues (les photos plutôt embarrassantes remises à la presse), laissant ainsi une action régulière et impliquante venir captiver le spectateur durablement tout en délivrant un rythme assez lent, d'autant plus que Zaheer va sembler adhérer aux thèses violentes et intégristes d'un imam ami d'enfance de Tariq et régulièrement visité, pour de fait laisser le métrage doucement basculer dans une seconde partie plus nerveuse, tendue et encore plus prenante au fur et à mesure que les doutes sur la participation de Zaheer à de futures actions terroristes vont devenir de plus en plus prégnants jusqu'à aboutir à un final inéluctable mais extrêmement douloureux et d'une force dramatique terrible.

Shoot on sightLe réalisateur aura déjà la présence d'esprit d'éviter tout stéréotype nuisible qui aurait fatalement discrédité l'ensemble du métrage pour au contraire s'ancrer dans un quotidien somme toute banal et n'affirmant aucune différence pour son personnage principal dont la bonhomie apparente aura largement de quoi rassurer, en étant bien éloigné des clichés véhiculés sur la confession musulmane, pour de la sorte créer un sentiment de sécurité qui tranchera avec justement ce climat de psychose régnant dans Londres après les attentats du 7 juillet 2005 et qui sera franchement bien retranscrit, aussi bien par l'attitude des protagonistes que par ce dialogue ô combien significatif entre Tariq et Yunus qui stigmatisera le changement de mentalité après l'éclatement des bombes. Les autres protagonistes entourant Tariq joueront la carte de la modernité avec notamment ses enfants, le fils étant un amateur de football et l'adolescente flirtant avec un occidental tout en affichant un "jeunisme" volontaire.

Shoot on sightPar contre, le discours intégriste véhiculé par ces fanatiques religieux, radicalement opposés à l'attitude intégrée de Tariq, restera quand même classique et simpliste pour cet appel à la guerre sainte contre les oppresseurs de l'Islam, pour quand même bien mettre en avant les méthodes de recrutement et d'embrigadement des jeunes allant jusqu'à leur faire faire n'importe quoi au nom d'Allah, comme la seconde moitié du film s'appliquera à le démontrer de façon virtuose dans sa façon de gérer le suspense et l'aspect dramatique qui explosera lors du final. Mais avant cela, la première partie aura su dépeindre les us et coutumes de ce commissaire musulman tout en réservant quelques petites surprises au spectateur complice d'un sens de l'humour aussi discret que délicieux qui pointera le bout de son nez sporadiquement dans l'intrigue pour ainsi venir surprendre d'agréable manière tout en faisant éclater certains préjugés et pas forcément ceux auxquels on pourrait penser de prime abord.

Shoot on sightL'interprétation est largement convaincante, porté par des acteurs impliqués et toujours crédibles dans leurs rôles respectifs en évitant tout surjouage (notamment pour les intégristes évitant les grimaces caricaturales) , tandis que la mise en scène du réalisateur restera par contre bien classique et traditionnelle pour ne jamais oser quoique ce soit et en limitant du coup vaguement le dynamisme de l'ensemble, mais heureusement sans pour autant venir plomber le rythme global du métrage ou réduire l'impact de la tension et du suspense englobant le métrage sur sa longueur.

Donc, ce "Shoot on sight" fera mouche par sa crédibilité jamais démentie en évitant les clichés et grâce à une intrigue intelligemment menée pour distiller son action et ses rebondissements de manière impliquante et captivante !

Shoot on sightLe DVD de zone 2 édité par Emylia avancera une image nette et sans défaut visible, tandis que la bande-son sera efficace, avec une partition musicale discrète mais adaptée et efficace, le métrage étant ici disponible en version française en DD5.1 et en DTS5.1, ainsi qu'en version anglaise sous-titrée en DD5.1.
Au niveau des bonus, outre quelques bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur, on ne pourra hélas que suivre un conséquent et très bien agencé diaporama proposant de nombreux clichés du film.

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Shoot on sight (Blu-ray)

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15.12.09

08:10:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Blue Rita

Avec ce Blue Rita le réalisateur Jess Franco va nous livrer une œuvre complètement déjantée qui va profiter d'une intrigue héritée du film d'espionnage pour s'adonner à un érotisme omniprésent et largement osé, le tout dans une ambiance psychédélique et des décors excellents par leur aspect "kitsch" volontaire et définitivement assumé.
Le script va suivre les activités d'un night-club qui servira de façade pour une bande de jeunes femmes dirigées par Rita et dont la principale activité est de séquestrer des espions et autres hommes d'affaires dans le but de leur soutirer des informations grâce à des méthodes pour le moins spéciales.

Blue RitaDès sa première séquence, le métrage va donc s'installer dans ce night-club présentant des spectacles érotiques et des danseuses nues où nous allons retrouver la dirigeante des lieux, Gina, qui va rendre visite à l'un de ses clients, désireux moyennant fiances de passer la nuit avec une des danseuses, une jeune femme noire qui dansera lascivement devant lui. Avec pour seule transition le générique psychédélique, nous allons donc suivre juste après cet homme et sa conquête qui vont se livrer à un ébat sexuel visualisé de loin dans un appartement au mobilier singulier pour ensuite voir la demoiselle quitter rapidement les lieux, sans même prendre le temps de s'habiller, tandis qu'un gaz sortant du plafond va endormir l'homme. Courant dans la rue, la fuyarde sera rattrapée et éliminée par Gina, sous les yeux d'un mystérieux individu observant la scène avec ses jumelles depuis un appartement.

Blue RitaEnsuite, nous allons retrouver l'homme asphyxié qui se réveillera enchaîné nu dans une fosse au-dessus de laquelle va apparaître Rita, la responsable de ce réseau de jeunes femmes qui vont vouloir obtenir des renseignements de l'homme qui sous couvert de son métier de journaliste serait un espion. Pour ce faire, Rita va faire tomber sur lui une pâte contenant un puissant aphrodisiaque et l'aguicher en compagnie de deux de ses servantes. Cette séquence définitivement "autre" aussi bien par son décor que par son déroulement et ses demoiselles qui officieront entièrement nues symbolisera toute la déviance et l'aspect carrément délirant qui va habiter le métrage dans sa globalité.

Blue RitaEn effet, la suite sera du même acabit, pour d'abord nous renseigner sur la condition de Rita et de sa bande, des nymphomanes détestant les hommes, tandis que Rita tentera par des injections dans son intimité de retrouver goût au plaisir sexuel après qu'elle ait eu la vagin brûlé par des tortionnaires des années auparavant, alors qu'ensuite ce sera une nouvelle venue qui sera "intronisée" par Rita lors d'une sorte de cérémonie au cours de laquelle leur sang sera mêlé tandis qu'un produit sera introduit dans sa vagin. Et après le journaliste, ce sera au tour d'un boxeur arrivant d'un pays de l'Est et soupçonné d'être un espion qui sera convoité par le contact de Rita qui lui demandera d'arranger un enlèvement, lui apprenant peu après qu'un traître officie au sein de l'équipe de Rita.

Blue RitaComme on peut le voir, l'intrigue ressemblera à s'y méprendre sur le papier à celle d'un classique film d'espionnage avec traître et agents doubles travaillant en fait pour Interpol qui semblera s'intéresser de près aux exactions du gang de Rita, demande d'informations sous la menace et la torture (et quelle sorte de torture !), baston ringarde qui deviendra croustillante,et retournements de situations "imprévus" lors du final bien dans la tradition, avant qu'un dernier clin d'oeil vienne de manière savoureuse cueillir le spectateur, mais Jess Franco détournera tout cela pour en faire un film entièrement décalé, "pop" et surfant sur un érotisme de tous les instants.

Blue RitaEn effet, outre le fait que toutes les demoiselles traverseront le métrage le plus souvent dans leur plus simple appareil pour le plus grand plaisir des yeux, le réalisateur se ménagera plusieurs pauses dans ce night-club où nous pourront suivre des bribes de spectacles érotiques lascifs et souriants (l'écolière et la statue, par exemple) tout en imposant des situations bien déviantes avec ces tortures qui demeureront toujours ouvertement salaces, n'hésitant pas par exemple à laisser le journaliste en manque coucher avec celle qui sera soupçonnée de trahison, mais le réalisateur s'abstiendra de ces fameux zooms sur l'intimité de ses actrices pour toujours filmer l'action avec une fraîcheur vivifiante.

Blue RitaEn plus de cet érotisme resplendissant, le métrage pourra compter sur des décors très kitsch pour assurer un renfort efficace au spectacle, entre cet appartement aux meubles transparents et le repaire des filles qui sera truffé de gadgets délirants mais quand même assez ridicules (les gyrophares, par exemple), tandis que seront multipliées les couleurs vives et décalées pour encore renforcer ce sentiment d'assister à un divertissement "pop", la partition musicale jazzy parachevant le tout dans une ambiance souriante par tant d'excentricité et de démesure dans le traitement de situations déjà bien barrées.

Blue RitaEnfin, Jess Franco adoptera un ton vif et alerte pour suivre l'ensemble d'une action qui ne connaîtra aucun temps mort et où le réalisateur ne s'attardera pas sur les scènes érotiques sensuelles comme il l'a fait régulièrement au cours de sa carrière pour au contraire rebondir et proposer des rebondissements de manière constante et dynamique. Sa mise en scène suivra pour encore donner du rythme à l'action, avec en prime des cadrages audacieux, décalés et originaux, tout en proposant sporadiquement des plans d'ensemble magnifiques d'un Paris avancé sous un jour ouvertement touristique avec ses monuments mis en avant.

Blue RitaL'interprétation est à l'image du métrage, détendue et naturelle, portée par une flopée de demoiselles au physique attirant qui n'hésiteront pas à ses dévoiler sans fard devant la caméra nous permettant de retrouver entre autres Pamela Stanford, une habituée des œuvres érotiques de Jess Franco produites par Erwin C. Dietrich, tout comme Esther Moser, tandis que la belle Martine Fléty rayonnera littéralement et illuminera le métrage à chacune de ses apparitions, qui, bien entendu, seront toujours dénudées ou propices à un effeuillage comme lors d'un court spectacle voluptueux.

Donc, ce Blue Rita restera une œuvre largement attachante par son côté débridé et délirant qui pourra compter sur un érotisme chatoyant pour charmer le spectateur au travers de situations rocambolesques et toujours souriantes, loin de l'aspect sordide de certaines œuvres du réalisateur !

Blue RitaLe DVD de zone 2 suisse édité par VIP avancera une image très nette et ne connaissant pas de défaut notable, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale jazzy adaptée, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise, allemande et française.
Au niveau des bonus, outre le traditionnel documentaire sur la relation entre Jess Franco et Erwin C. Dietrich qui proposera en plus un regard sur la restauration du film Jack l'éventreur, on pourra visionner la bande-annonce du film ainsi que celles d'autres titrez de l'éditeur, parcourir une conséquente galerie de photos et d'affiches.

Pour ceux qui voudraient découvrir cet excellent moment de délire érotique, le DVD de zone 2 suisse est disponible ici ou , en faisant attention aux éditions proposées, seule celle éditée par VIP proposera la version non censurée du film en version française !

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14.12.09

07:25:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The proposition
Réalisateur : John Hillcoat
Durée du film : 1h44
Date de sortie du film : 16 décembre 2009 (film vu en avril 2009 dans le cadre de la seconde édition de L'étrange festival de Lyon)

Avec : Guy Pearce, Emily Watson, Ray Winstone, David Wenham, John Hurt, etc.

Par Nicofeel

The proposition est la troisième réalisation du cinéaste australien John Hillcoat. Ce film n'est pas le dernier de la filmographie de John Hillcoat, puisque La route, actuellement au cinéma, est son dernier film. C'est avec près de quatre ans de retard que ce film apparaît enfin sur les écrans de cinéma.
Au scénario mais aussi à la musique, on retrouve le musicien Nick Cave qui avait déjà participé au scénario du précédent film de John Hillcoat.

The proposition est un western crépusculaire qui rappelle le cinéma de Clint Eastwood avec Impitoyable dans sa manière de filmer en plans larges le bush australien ou encore dans sa façon de filmer les couchers de soleil.
L'ambiance très étrange de ce film donne également l'impression que l'on ait à la lisière du fantastique de manière continuelle. On pense dès à présent au chef d'oeuvre du cinéma fantastique australien, à savoir Pique nique à Hanging rock de Peter Weir.

Mais par sa violence brutale le film revient de manière impromptue à des éléments plus réalistes. Cette violence exacerbée rappelle sans conteste le western italien.
Mais que raconte au juste The proposition ? Un capitaine de police australien, Stanley, use de son pouvoir et fait une proposition ignoble à un homme, Charlie Burns (superbement interprété par l'acteur Guy Pearce, qui se fond dans un rôle de personnage quasiment taciturne) : retrouver et tuer son frère aîné, accusé des pires méfaits et recherché par la police locale, pour sauver son autre frère qui est menacé de la pendaison le jour de Noël.
The proposition est un film clairement mélancolique, comme le prouvent les nombreux couchers de soleil mais aussi très belle bande son du film. C'est le cas de la musique d'introduction notamment avec la voix d'un enfant ou encore dans d'autres morceaux avec la voix de Nick Cave qui donnent le sentiment au spectateur d'écouter une complainte.

On a l'impression d'assister à une quête sans solution, à l'instar du film comme Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia d'un autre cinéaste désenchanté, Sam Peckinpah.

The proposition tire également sa force dans sa capacité à montrer une humanité inhumaine. Car finalement si les frères Burns agissent tels des sauvages sans véritable but, les autres personnes qui sont présentées ne valent guère mieux. Car pendant que l'on critique les méfaits des frères Burns, on massacre allègrement la population aborigène. Le parallèle que l'on peut faire entre la naissance des Etats-Unis (massacre des Indiens) et celle de l'Australie (massacre des Aborigènes) est évident. Le réalisateur implore à sa façon le pardon des aborigène par un message inscrit juste au début du film et par un générique de fin où il montre plusieurs photos authentiques d'aborigènes qui ont été torturés.
Au final, pas forcément facile d'accès, The proposition est un western lent où la violence est latente et extrêmement brutale lorsqu'elle arrive. Ce western à la lisière du fantastique est avant tout psychologique. D'ailleurs, de simples regards sur les protagonistes en disent long sur leur émotions. Voilà un film mélancolique qui mérite d'être découvert.

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11.12.09

07:20:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Astro boy
Réalisateur : David Bowers
Durée du film : 1h35
Date de sortie du film : 9 décembre 2009

Avec les voix (en version originale sous-titrée français) de : Freddie Highmore (Astro boy) ; Nicolas Cage (Docteur Tenma) ; Samuel L. Jackson (Zog) ; Kristen Bell (Cora) ; Donald Sutherland (général Stone) ; Charlize Theron (le narrateur).

Par Nicofeel

En réalisant Astro boy, David Bowers dépoussière le célèbre héros japonais créé par Osamu Tezuka. Globalement, l'histoire de ce long métrage respecte l'histoire d'Astro boy.
On a un grand scientifique, créateur des robots, qui voit son fils, le jeune Toby, décéder en raison d'une expérience sur un robot qui tourne mal. C'est alors qu'en reprenant un cheveu de son fils il recrée le physique de son fils et fait de lui un robot à visage humain. Mais il ne reconnaît plus son fils et finit par le rejeter. Astro le petit robot quitte alors Métro city pour rejoindre les gens de la surface. Il est alors renommé Astro.

A partir de ce synopsis, David Bowers livre un long métrage entièrement en images de synthèse qui est plutôt satisfaisant. Cependant le film reste clairement orienté en direction d'un jeune public. Le côté dramatique de l'oeuvre originelle est tout de même particulièrement édulcoré et il y a peu de méchants.
Mais bon, ce remake d'Astro boy tient tout de même globalement la route avec des thématiques qui ont de quoi nous intéresser. Ainsi, le film évoque d'abord le besoin d'être tolérant avec les gens qui sont différents. Astro est l'exemple même du personnage qui va permettre l'alliance entre les hommes et les robots.

Dans le même ordre d'idée, le film constate (sans pour autant se lancer dans une critique à tout bout de champ) qu'il y a une différence de traitement selon que l'on ait riche ou pauvre : les riches accèdent à la cité qui vole au-dessus de la Terre, nommé Métro city ; à l'inverse les pauvres ou les gens rejetés se retrouvent sur Terre où les gens de Métro city renvoient tous leurs déchets et notamment leurs débris de robots/
Astro boy est aussi et surtout un vrai film humaniste avec son petit personnage qui n'a de cesse de sauver, au péril de sa vie. Les valeurs humanistes révélées par ce héros ô combien sympathique font plaisir à voir.
D'un point de vue thématique, le film pose également une (petite) réflexion sur le rapport entre les hommes et les robots, et sur la place de ces derniers dans le monde. Les robots peuvent vivre avec les humains et les aider dans leur vie quotidienne, sans pour autant être toujours assimilés à des esclaves.
Même si Astro boy dispose d'un background qui n'est pas forcément aussi évolué que les dernières productions Pixar, force est de constater que l'animation est plutôt réussi. Tous les personnages qui ont été créés, à commencer par le jeune Astro, sont marquants et les visages expressifs des protagonistes réservent quelques moments d'émotion.

On appréciera également le rythme de ce long métrage. Astro boy est un film d'animation où l'on ne s'ennuie pas une seconde. Et plusieurs scènes d'action font plaisir à voir. On peut citer entre autres le moment où le jeune Toby décède suite à la révolte du gros robot ; le combat d'Astro dans l'arène avec d'autres robots ; le combat entre Astro et le robot qui possède la force rouge.

Comme dit précédemment, on regrettera en revanche le fait que le film soit avant tout destiné aux enfants. Ainsi, hormis les rares méchants qu'il y a dans ce long métrage, on constate que tout le monde est beau et gentil dans ce monde qui nous est narré. Et puis lorsque Astro rejoint la surface, il ne fait que fréquenter des enfants et des robots qui, malgré le fait qu'ils aient adhéré au front de libération des robots (FLR), sont gentils et doux comme des agneaux.
Astro boy aurait carrément mérité d'être un peu plus adulte dans son développement. D'autant que certaines scènes ne sont pas sans rappeler d'autres mangas. Ainsi, lorsque le méchant robot rouge ne cesse de grandir et de tout détruire sur son passage, on pense à Akira.

Et puis même si Astro boy est dans son ensemble un film d'animation qui se défend, cela demeure malgré tout un remake. L'originalité n'est pas vraiment au rendez-vous. David Bowers ne fait que reprendre l'esprit du manga Astro boy, en se permettant au demeurant de l'édulcorer de certaines scènes qui auraient pu paraître trop cruelles ou trop dramatiques aux yeux du grand public.
Mais en agissant de la sorte le réalisateur de cet Astro boy new look risque fort de ne toucher pleinement qu'un public jeune. C'est dommage car il y avait aussi bien la technologie que les thématiques pour faire de cette oeuvre une nouvelle référence du film d'animation.

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10.12.09

07:40:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Sick nurses
Sick nurses

Preuve vivante de la vitalité du cinéma de genre thaïlandais, ce Sick nurse, réalisé en 2007 par deux jeunes auteurs locaux, avait largement de quoi séduire avec son intrigue sexy, sanglante et détournant certains codes du genre. Après être resté désespérément invisible par chez nous pendant deux ans, le métrage est disponible depuis le 22 septembre sous l’impulsion d’Emylia aussi bien en DVD qu’en Blu-ray. Un petit retour sur cette sortie française s’imposait.

Sick nurses

Le script va laisser Le docteur Taa et sept infirmières à ses ordres revendent des cadavres de patients. Les sentiments des infirmières envers le docteur ne faisant qu'augmenter avec le temps, la jalousie fait éclater le petit groupe et elles décident de tuer l'une d'entre-elles. Bien sûr, le corps de la défunte sera revendu. A moins qu'elle ne revienne hanter le cabinet et les responsables de son malheur...

Sick nurses

Ne cherchant jamais la profondeur ou encore à provoquer véritablement l’effroi, le métrage va surtout tenter avec succès de placer un maximum de situations délirantes, souriantes et grotesques pour avancer la vengeance de cette femme assassinée par ses collègues, la critique complète du film étant disponible ici pour l’édition en zone 1 !

Sick nurses

Le DVD de zone 2 français édité par Emylia avancera une image en 1.85 (16/9 anamorphique), tandis que la bande-son sera disponible en français en DD5.1 et en version originale thaïlandaise sous-titrée en français en DD2.0.
Au niveau des bonus, on pourra hélas uniquement suivre un diaporama bien agencé regroupant des clichés du film, uniquement suivi de quelques bandes-annonces d’autres titres horrifiques de l’éditeur.
L’édition Blu-ray laissera une image en 1.85 (AVC1080p/24) investir l’écran, avec une bande-son en français et en thaïlandais (toujours sous-titrée en français) en DTS-HD, pour ne présenter que le même bonus.

Sick nurses

Donc, il est encore temps de donner sa chance à un métrage le méritant vraiment, tout en saluant les efforts d’Emylia qui continue très régulièrement de nous proposer des inédits valant largement le détour !

Sick nurses
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Sick nurses

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Sick nurses (Blu-ray)

Sick nurses (Blu-ray)
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09.12.09

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

L'immmoralità

Avec son sujet sulfureux et son traitement partiellement graphique, ce L’immoralità, réalisé par l’italien Massimo Pirri, fait partie de ces films que l’on ne pourrait plus produire aujourd’hui, mais pour autant le métrage ne se complaira pas dans un aspect graveleux pour au contraire nous dresser le portrait d’une galerie de personnages tous plus immoraux et pervertis les uns que les autres où l’innocence de l’enfance en sortira bafouée, mais pas de la manière attendue, pour un "jeu" furieusement malsain et même provocateur qui n’épargnera personne.
Le script va laisser un pédophile violeur et meurtrier de jeunes filles blessé et en fuite trouver refuge dans une propriété bourgeoise où il va être recueillie par la fille de la maison, une jeune fille pré pubère qui va le cacher et le soigner. Mais ce sera sans compter sur la mère de la fillette, une femme pervertie, aigrie et nymphomane voulant plus que tout se débarrasser de son mari handicapé et proche de la mort.

L'immmoralitàDès sa première séquence, le métrage va choquer en avançant directement Federico, cet assassin d'enfants que nous découvrirons portant une jeune fille morte dans ses bras qu'il va s'empresser d'enterrer, sans que la nature de son méfait soit équivoque, la petite victime ayant sa petite culotte descendue jusqu'aux mollets. Notre homme va ensuite rejoindre son véhicule pour quitter les lieux mais il sera bien vite retrouvé par la police qui va le prendre en chasse pour finalement le forcer à s'arrêter, Federico s'enfuyant alors à pied pour n'être que blessé au bras par les tirs des policiers. Cette entame du métrage sera volontairement graphique, ignoble mais sans jamais chercher à en rajouter, pour avancer ce violeur d'enfants qui ne tardera pas à errer dans les bois, éreinté et aux abois.

L'immmoralitàLe métrage va alors s'intéresser à Simona, une gamine de onze ans qui nous sera présentée en compagnie de son père, un vieil homme handicapé évoluant dans son fauteuil roulant et ayant pour passion les armes à feu et les vieilles horloges qu'il réparera, mettant ainsi en avant une certaine complicité entre le père et sa fille. Simona s'en ira ensuite se balader dans le parc de la propriété familiale pour bien évidemment tomber sur Federico, installant de fait une tension palpable qui sera progressivement dégonflée lorsque nous verrons que Federico, mal en point, cherchera surtout à se cacher et non à abuser de la jeune fille qu'il réussira à amadouer, Simona lui offrant même une cachette en le conduisant dans un abri de jardin oublié de tous où elle va régulièrement jouer seule, montrant même à son invité certains jouets lors d'une séquence largement étrange et troublante, le spectateur connaissant la déviance de Federico.

L'immmoralitàPendant ce temps-là, la police et le lieutenant chargé d'arrêter le fuyard vont préparer des battues en compagnie d'un groupe de villageois désireux d'en découdre et de lyncher Federico, fustigeant la lenteur des autorités à s'organiser, Massimo Pirri pointant du doigt un certain fascisme larvé encore bien présent dans les mentalités italiennes d'alors. Ce ne sera qu'après cette mise en condition que l'un des protagonistes principaux fera son apparition en la personne de la mère de Simona, Vera, une femme d'un âge mûr souhaitant par-dessus tout garder la forme et refusant de vieillir, qui sera tout de suite cerné comme une âme perverse, avilie aussi bien en détestant son mari ouvertement, quitte à lui dire en face qu'elle attend avec impatience la mort de ce dernier, qu'en multipliant les aventures avec les hommes du village, passant ainsi pour une prostituée bénévole et en ne prêtant que peu d'attention à sa fille.

L'immmoralitàTout en continuant de fouiller les personnalités de chacun et notamment de Federico qui semblera s'attacher à Simona au point de ne pas lui vouloir de mal dans l'immédiat, l'intrigue va produire des situations prenantes qui amèneront la police à suspecter la présence de Federico aux alentours de chez Simona, voir même cachée par ses soins et sa mère, prévenue ira fouiller l'abri de jardin pour tomber sur le fuyard qu'elle va contre toute attente charmer pour coucher avec lui et le ramener dans la maison, cachée dans une chambre du sous-sol. L'attachement de Simona à Federico sera une première fois mis en avant lorsqu'elle ne le verra pas dans l'abri et se mettra à pleurer, mais ce sera surtout plus tard, alors que les villageois voudront avec force fouiller la maison de Vera que le métrage avancera sa séquence interdite en laissant Simona demander à Federico, ayant débarqué dans la salle de bains où la jeune fille prenait un bain, de lui faire l'amour, ce que le réalisateur se permettra de visualiser de manière franche, quitte à laisser la nudité de la demoiselle envahir l'écran mais tout en demeurant dans la mesure du possible "correct" en éludant certains détails de son anatomie par la présence d'objets bien placés dans le cadre de la caméra.

L'immmoralitàLa suite verra un conflit de génération destructeur envahir l'intrigue, Vera et Simona étant attachées à Federico pour des raisons bien différentes et certainement pas innocentes pour la mère calculatrice jusqu'à renier ses engagements au fil des situations, ce qui provoquera une jalousie de Simona lorsqu'elle observera sa mère et Federico faire l'amour à travers le trou d'une serrure. La dernière partie sera tout simplement grandiose et fulgurante dans sa démonstration violente et signifiant définitivement la perte de l'innocence pour Simona de manière dramatique tout en laissant présager un avenir guère réjouissant pour la demoiselle.

L'immmoralitàComme on peut le voir, le métrage ne mettra en scène que des protagonistes pervertis, à la noirceur progressive et immorale, entre cette Vera complètement malsaine dans sa relation avec les autres et avec elle-même, en se croyant également supérieure et capable de commander les autres, policier compris, ce Federico bien entendu guidé par des pulsions sordides au possible mais qui au final ne sera pas le plus dangereux puisqu'il rentrera dans le jeu de Vera et dans celui de Simona sans s'en rendre compte, tandis que justement, cette petite gamine présentée au départ comme le seul rempart de l'innocence, deviendra elle aussi trouble et presque perverse malgré son jeune âge. Les personnages secondaires ne seront pas en reste, avec ce lieutenant lui aussi assez libidineux pour proposer un marché sexuel à Vera, tandis que ces citoyens désireux de massacrer le pédophile représenteront un certain obscurantisme hérité du Moyen-âge. Le seul à demeurer cohérent et droit sera le mari, effacé au point de ne même pas avoir de prénom cité durant tout le métrage, mais sa maladie l'empêchera presque toujours d'agir.

L'immmoralitàSous couvert d'une intrigue lorgnant très régulièrement vers l'exploitation pure avec ces situations sensuelles brisant même les tabous, ou violentes et tendues, le métrage s'attachera à dépeindre une certaine déliquescence de la société où aussi bien ses fondements mêmes comme la famille ou l'autorité seront pervertis et exploseront à l'arrivée d'un élément extérieur ici symbolisé au possible par cet être vicieux et sujet à des pulsions pédophiles, pour en arriver à contaminer insidieusement l'innocence de l'enfance, détruite à jamais, pour une démonstration sans recul ni rémission qui portera bien son titre, tant l'immoralité des personnages sera dévoilée au grand jour dans toute sa "splendeur".

L'immmoralitàL'interprétation sera largement convaincante, avec cette jeune actrice, Karin Trentephol (dont ce sera la seule apparition devant une caméra) plus que crédible et naturelle, tandis que Lisa Gastoni jouera une Vera diabolique à la perfection et que Mel ferrer dans le rôle du mari sera performant. Enfin Howard Ross, un second couteau du cinéma-bis italien interprétera avec implication Federico le violeur. La mise en scène de Massimo Pirri est largement adaptée, classique mais élégante pour suivre cette action sordide en jouant régulièrement avec une tension palpable et bien agencée pour faire perdurer le suspense.

Donc, ce L'immoralità invitera son spectateur à une descente dans le côté sombre de l'âme humaine sans espoir de retour ou de rédemption et, sous son aspect choquant, parviendra à tenir un discours cohérent et amenant à la réflexion !

L'immmoralitàLe DVD de zone 2 italien édité par Raro Vidéo avancera une image juste quelque peu granuleuse, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale triste d'Ennio Morricone collant parfaitement aux situations du film, celui-ci étant ici proposé dans sa version italienne, avec des sous-titres anglais optionnels.
Au niveau des bonus, il faudra hélas et contrairement aux habitudes de l'éditeur se contenter de la biographie et de la filmographie du réalisateur Massimo Perri et de l'actrice Lisa Gastoni.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette réussite aussi méconnue que provocante et choquante du cinéma italien, le DVD de zone 2 italien est disponible ici ou !

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08.12.09

07:50:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

par Nicore

Godspeed

Bien que basé sur le thème classique de la vengeance ce Godspeed empruntera un chemin aussi tortueux qu'immersif pour s'interroger aussi bien sur la Foi que sur la notion de Bien et de Mal tout en fustigeant à demi-mot l'évangélisme et ses dérives avant de nous ramener à une réalité douloureuse, voir même amère lors d'un final dramatiquement fort et percutant.
Le script va laisser un guérisseur évangéliste ayant renié sa Foi suite au meurtre brutal de sa femme et de son fils se retrouver face aux assassins de ceux-ci.

GodspeedAprès un petit monologue en voix-off s'interrogeant sur la part de ténèbres installé au fin fond de chacun de nous et une très brève séquence suivant un homme pourchassé en pleine forêt, scène que l'on devinera sans aucun mal comme étant issue du final du film et destiné dans un concept classique à mettre d'entrée une certaine pression sur le spectateur, le métrage va nous présenter son personnage principal, Charlie, un guérisseur évangéliste que nous découvrirons en plein "travail" puisque ce sera devant un parterre de croyants qu'il va se livrer à un discours sur la Foi avant de tenter de guérir une vieille femme atteinte aux poumons qu'il va prendre dans ses bras, toujours en sermonnant l'assemblée, pour que finalement le vielle dame se sente beaucoup mieux après cette séance avortée par Charlie qui se sentira mal et saignera du nez. Cette séquence nous permettra également d'appréhender la femme de Charlie et leur fils, présents dans l'assistance, tandis que la caméra s'attardera aussi sur les visages de deux jeunes gens de façon certainement pas innocente.

GodspeedNous retrouverons alors Charlie chez lui, en compagnie de son fils pour un petit dialogue sur les étoiles et leur signification vis-à-vis de Dieu, laissant une discussion amère entre Charlie et Rebecca, son épouse, nous en apprendre plus sur leur relation désunie et sur le passé d'alcoolique de Charlie, celui-ci ne trouvant rien de mieux à faire que de laisser sa femme en plan pour aller rejoindre sa maîtresse. Mais pendant ce temps-là deux individus masqués vont faire irruption chez lui et poignarder sauvagement Rebecca avant que leur fils ne meure accidentellement, étouffé par le second assaillant. Bien qu'apparaissant au départ masqué, l'intrigue ne cherchera même pas à nous cacher l'identité des meurtriers qui vont une fois leur forfait accompli tomber le masque, relevant la visage des jeunes vus auparavant lors du numéro de Charlie.

GodspeedSans transition, le métrage va laisser passer six mois pour nous faire découvrir un Charlie bien différent, désormais barbu et négligé, vivant dans une caravane de petits boulots, complètement anéanti par la mort de sa famille et surtout aigri vis-à-vis de l'enquête, comme la visite d'un agent de l'autorité le confirmera. Le réalisateur ayant bien pris le temps de nous présenter ce personnage central du film, son changement radical d'attitude et de mode de vie sera effectif et même douloureux pour cet homme détruit par ce drame sordide et inexpliqué qui lui aura fait perdre la Foi. C'est dans ce contexte qu'un demoiselle, Sarah, va rentrer dans la vie de Charlie en s'incrustant auprès de lui, d'abord dans un café puis carrément dans sa caravane, dans le but de le supplier de venir en aide à son père, comme il l'avait fait quelques temps auparavant pour sa mère.

GodspeedCharlie finira par accepter et se rendra donc en compagnie de Sarah chez elle où au lieu de rencontrer le père de celle-ci, se sera ses deux frères, Luke et Tim, qu'il découvrira lors d'une séquence tendue, puisque nous reconnaîtrons les tueurs de la famille de Charlie. Mais cette séquence forte ne le sera pas uniquement par le fait que les assassins découvririons eux aussi celui dont ils ont brisé la vie, mais par le statut de Luke qui sera en train d'haranguer quelques jeunes en imposant sa vision d'une Foi active et désireuse de changer le monde tel que nous le connaissons pour en plus fustiger les guérisseurs de façon à provoquer ouvertement Charlie.

GodspeedLa suite des événements nous réservera bien des surprises, pour bien entendu nous révéler la raison tragique ayant conduit les deux frères à devenir des meurtriers, mais surtout pour mettre en avant une certaine folie de ce Luke conquérant et dominateur qui exercera son pouvoir sur Tim et dans une moindre mesure sur Sarah, de manière totale dans un esprit de famille déplacé. Cette seconde partie du film, succédant à une mise en condition parfaite pour favoriser l'immersion du spectateur dans l'intrigue, ne sombrera pas dans la violence gratuite d'une vengeance simple et superficielle, pour au contraire aborder des thèmes ambigus (l'inceste forcé notamment) de manière frontale et impactante avant de verser un temps dans le "survival" de façon probante pour déboucher sur un final amer, triste et chargé d'amertume qui ne sera pas sans secouer le spectateur bousculé dans sa vision des choses.

GodspeedLe principal atout du métrage résidera sans aucun doute dans ses protagonistes remarquablement travaillés, entre ce Charlie qui au départ aura tout d'un anti-héros lors de sa présentation, avec sa tendance alcoolique conjuguée à une relation adultère stérile et mal placée (Charlie ne quittera t-il pas sa femme en plein désarroi pour aller "faire un tour en ville"), pour rapidement provoquer l'empathie une fois le double meurtre commis, et le réalisateur aura l'intelligence de laisser cette partie du métrage se développer de manière intimiste et naturelle pour ainsi évoquer les doutes et la désillusion de cet être profondément désespéré et dégoûté de la vie qui pourtant retrouvera une certaine hargne bien légitime mais également éprouvante dans son aspect foncièrement malsain et destructeur lorsqu'il sera placé face à ses bourreaux. Mais les autres personnages seront également fouillés, entre Sarah qui se sera amouraché de Charlie lorsqu'elle l'a vu faire son numéro de guérisseur et qui devra confronter ses sentiments entre lui avec ceux ressenti pour ses frères et notamment Luke, qui de son côté offrira au métrage un protagoniste trouble, équivoque, manipulateur et froidement calculateur.

GodspeedSi la violence du métrage restera essentiellement psychologique (avec par exemple le choc ressenti par Charlie quand il apprendra que Luke et Tim ont tué sa femme et son fils, pour une autre séquence remarquablement réussie par le réalisateur, tout comme ce final dramatiquement fort), l'aspect graphique ne sera pas pour autant complètement négligé pour nous assener quelques scènes violentes et crues qui elles aussi feront mal, très mal même puisque les coups portés le seront froidement et directement, sans fard et sans concession, avançant même quelques effets sanglants percutants et en tout cas jamais gratuits, loin de là.

GodspeedL'interprétation servira le métrage de manière exemplaire avec des acteurs impliqués et au naturel touchant par un jeu toujours juste qui ne fera que renforcer le caractère immersif de l'intrigue, tandis que la mise en scène du réalisateur Robert Saitzyk sera efficace pour aussi bien mettre en avant les magnifiques décors naturels de l'Alaska où se déroule l'intrigue que pour rendre les phases d'action prenantes, tandis que la tension palpable accumulée qui accompagnera les temps forts du film sera remarquablement retranscrite. Les quelques effets spéciaux sanglants seront probants, réalistes et avancés de manière à servir l'intrigue et non comme une fin en soi, ce qui rendra leur caractère brutal encore plus marquant.

Donc ce Godspeed pourra s'apprécier comme une excellente surprise, détonante par sa façon de traiter un sujet classique et parfaitement agencé pour réussir à impliquer son spectateur dans ses événements dramatiques et douloureux !

GodspeedLe DVD de zone 2 édité par Emylia, présenté ici, avancera une image nette et sans défaut notable, même lors des séquences se déroulant dans la pénombre, tandis que la bande-son sera probante avec une partition musicale adaptée et renforçant le climat du métrage, celui-ci étant proposé dans sa version française et dans sa version originale anglaise sous-titrée.
Au niveau des bonus, seule la bande-annonce accompagnée par celles d'autres titres de l'éditeur sera disponible pour prolonger la vision du métrage.

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07.12.09

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : La route
Réalisateur : John Hillcoat
Durée du film : 1h59
Date de sortie du film : 2 décembre 2009

Avec : Viggo Mortensen, Kodi Smit-McPhee, Guy Pearce, Charlize Theron, Robert Duvall, etc.


Par Nicofeel

Réalisé par l'excellent John Hillcoat, auteur en 2005 d'un très beau western crépusculaire avec The proposition, La route est une adaptation du roman éponyme de Cormac McCarthy.
La route est un film d'anticipation post-apocalyptique. On apprend qu'un éclair a créé un véritable chaos sur Terre. L'action se situe dix ans après le changement brutal de la Terre.
Première grande qualité du film : les décors. On a vraiment l'impression d'être dans un monde dévasté où la vie a quasiment disparu partout. Le soleil n'arrive plus à passer car il est obstrué par des nuages de cendres. La vie a quasiment disparu à la surface de la Terre. Il n'y a plus d'animaux et les plantes se meurent. Ainsi, à plusieurs reprises on voit des arbres qui se dessèchent et qui tombent. Et puis, il y a à plusieurs reprises des secousses sismiques qui sont là pour indiquer que ce monde est vraiment proche de sa fin.

Doté d'un très belle photographie et d'une image qui a forcément été travaillée (on pense à une couleur sépia qui accroît le côté sombre du film), La route dégage dès les premiers instants une atmosphère particulière. On sait dès le début que l'on va assister à un film très sérieux qui va poser un regard pessimiste sur l'avenir de l'Homme.
Dans un monde dévasté, John Hillcoat raconte le voyage d'un père (interprété par un Viggo Mortensen au jeu très juste) et de son fils de dix ans (interprété par un Kodi Smit-McPhee particulièrement émouvant), qui décident de rejoindre l'océan en passant par la route.
Le côté dramatique du film est renforcé par la musique expérimentale et particulièrement dépressive de Nick Cave, qui signe une nouvelle fois la BO d'un film de John Hillcoat.
Doté d'un rythme assez lent, La route pourra rebuter certains spectateurs qui pourraient avoir le sentiment de voir souvent les mêmes scènes. Mais cela serait pourtant largement réducteur. Comme dans son précédent film, John Hillcoat refuse le spectaculaire et offre au contraire un film où est lié au psychologique.

Ainsi, le film privilégie la relation entre ce père et son fils. Le premier, désabusé par ce monde qui s'écroule et par la réaction des survivants qui sont quasiment tous devenus des personnages sanguinaires, cannibales, ou encore des voleurs, cherche coûte que coûte à défendre son fils dans cet environnement où la survie est une difficulté de tous les instants. Le second, à savoir le fils, aime son père mais reste le personnage qui garde un espoir en l'homme. Il n'hésite pas à donner une boîte de conserve (chose devenue rare et convoitée) ou à solliciter son père pour qu'il fasse preuve de plus de mansuétude.

Si La route est un film d'une grande sensibilité qui en fera pleurer plus d'un un dans ses dernières scènes, c'est bien en raison de la complicité qui unit les acteurs jouant le père et le fils. Et puis il y a aussi ces très beaux flashbacks où le personnage du père se rappelle les moments heureux vécus avec sa femme ou encore la disparition brutale de sa femme.
Toujours très juste dans son ton, La route livre une réflexion intéressante sur une possible évolution de notre monde, si l'on continue à le souiller sur le plan environnemental. Le film montre également de façon très réaliste que dans une situation dramatique, l'homme devient un loup pour l'homme. Il n'y a finalement plus que la survie qui compte.
Le film réserve quelques très belles scènes, comme ce moment où le père et le fils découvrent une sorte de refuge rempli de nourriture. Ils réussissent enfin à manger à leur faim. C'est une sorte d'interlude. Car la suite sera beaucoup plus difficile.

Dans ce monde post-apocalyptique, il est bien difficile de survivre et le périple vécu par ce père qui est de plus en plus malade sur le plan physique a de quoi émouvoir le spectateur. Très pessimiste sur l'avenir de notre monde et sur l'avenir de l'homme, La route réserve cependant un vrai message d'espoir dans sa dernière scène et dans ses derniers moments. La présence de personnages bons et d'enfants est là pour signifier que tout n'est pas fini et qu'un espoir, même mince, demeure.
Voilà en tout cas un beau film qui bénéficie d'excellents acteurs, d'une photographie très réaliste, d'une bande son qui colle à la peau du film et d'un scénario qui adapte le roman à succès de Cormac McCarthy. A voir évidemment.

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04.12.09

08:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Liberi armati pericolosi

Ce sera à partir d’un scénario du grand Fernando Di Leo que le réalisateur italien Romolo Guerrieri va nous livrer avec ce Liberi, armati, pericolosi (traduit chez nous en Jeunes, désespérés, violents) un "poliziotesco" âpre, violent et quelque peu moralisateur pour suivre la cavale de trois petits truands ayant du jour au lendemain sombré dans la violence jusqu'à atteindre le point de non-retour.
Le script va donc suivre l'équipée sauvage de trois jeunes gens de bonne famille lâchés dans Milan où ils vont multiplier les agressions sanglantes et mortelles, tandis que la police locale et le commissaire chargé de l'enquête vont chercher à arrêter le massacre.

Liberi armati pericolosiDans sa séquence introductive, le métrage va commencer par mettre en scène Lea, une demoiselle s'étant rendue à la police pour prévenir le commissaire que son petit ami et deux de ses camarades projettent de braquer une station-service avec des armes en plastiques. D'abord sceptique, le commissaire va finir par prendre note des noms et adresses des trois lascars, permettant ainsi au réalisateur de nous les présenter en même temps, nous laissant découvrir trois jeunes gens à la normalité et à l'insouciance presque innocente, avec d'abord Luis, le petit ami de Lea, plus réservé et timide que Giovanni, surnommé "Joe" qui aura un comportement bien plus exubérant et balancera des vannes à tout bout de champ pour alors se mettre à rigoler comme un fou, tandis que le troisième, appelé "Blondie" aura un semblant d'ascendant sur les deux autres et paraîtra plus froid et déterminé.

Liberi armati pericolosiEn parallèle, l'intrigue laissera des inspecteurs se rendre chez les parents de chacun d'eux pour nous laisser appréhender leurs origines confortables, tandis que les préparatifs de ce braquage vont se mettre en place, aussi bien chez les jeunes qui vont voler une voiture que chez les policiers ayant prévenu le pompiste et investi le terrain pour arrêter ceux qu'ils pensent être d'aimables plaisantins avec leurs pistolets en plastique. Mais voilà, lorsque "Blondie" va se présenter devant le pompiste et braquer son arme, celui-ci ne va pas vouloir donner l'argent et toisera même "blondie" en se moquant de son pistolet en plastique qui n'en sera pas puisque "Blondie" va faire feu et tuer l'homme, surprenant ainsi aisément par cet acte violent de sang-froid qui tranchera avec la nonchalance qui accompagnait ces protagonistes jusque-là et déclenchant une fusillade qui laissera à terre trois policiers tandis que le trio va réussir à prendre la fuite.

Liberi armati pericolosiCe sera le début d'une journée de cavale sanglante dans Milan et ses faubourgs, au cours de laquelle les fuyards vont s'amuser avec une certaine gratuité à multiplier les actes de violence avec attaque de banque et même d'une grande surface alimentaire pour y semer la terreur, course-poursuite avec la police, obligeant même Lea à les suivre contre son gré dans leur fuite qui se terminera à pied dans la campagne italienne jusqu'au final qui marquera par son état d'esprit désespéré et nihiliste mais somme toute logique puisque ce sera dans une impasse mortelle que se sera engagé la petite bande depuis l'attaque mortelle de la station-service.

Liberi armati pericolosiBien entendu le métrage mettra régulièrement en avant une action sans cesse renouvelée dans ses situations pour suivre la folle cavale du trio avec notamment cette très longue course-poursuite avec la police qui arrivera sans mal à tenir en haleine sur la longueur, mais aussi pour suivre les actions violentes de ces jeunes qui vont par exemple braquer une banque pour ensuite distribuer l'argent récoltée en le balançant sur les badauds d'un marché, ce qui dénotera bien de leur état d'esprit insouciant et ne se rendant pas encore vraiment compte de leur situation dramatique, puisque seul Luis semblera être mis mal à l'aise par cette violence à laquelle il ne participera pas directement en restant au volant des différentes voitures volées qu'ils vont emprunter pour fuir.

Liberi armati pericolosiCes scènes de violence marqueront aussi la gratuité des actes des trois jeunes gens, qui vont par exemple rejoindre une autre bande pour s'allier avec eux le temps d'une orgie dans une maison qui prendra une connotation sexuelle quelque peu déviante et surtout pour braquer en nombre ce supermarché en terrorisant les clients inutilement avec ces rafales tirées en l'air ou sur les produits disponibles à la vente. Ce sera d'ailleurs à l'issue de ce casse que la détermination froide et perfide de "Blondie" sera révélée au grand jour pour ce personnage n'hésitant pas à tuer sans motif réel, de sang-froid et pourquoi pas même en tirant dans le dos, ce qui tranchera bien évidemment avec l'aspect folingue de "Joe" qui lui rira de tout et semblera s'amuser comme un petit fou de cette cavale sans issue.

Liberi armati pericolosiMais en face d'eux nous trouverons ce commissaire à l'attitude ambiguë puisqu'il cherchera longuement dans un premier temps à sauver les jeunes d'eux-mêmes avant de demander à ce que Lea soit épargnée, mais ce sera surtout au travers de ce personnage que la morale du film se mettre en place de manière franche et déclarée lors d'une séquence au cours de laquelle il va fustiger les parents de trois malfaiteurs assis en face de lui en mettant en avant leur responsabilité dans les faits par le peu d'intérêt porté à leurs enfants qui aura conduit ceux dans la délinquance et la violence. Cette morale évidente viendra quelque peu éclairer le spectateur sur les raisons et les motifs de l'excès de violence et de sauvagerie du trio, amis sans pour autant les excuser comme l'issue finale le démontrera de façon franche et directe.

Liberi armati pericolosiLe réalisateur Romolo Guerrieri ne laissera aucun répit à son spectateur pour enchaîner sans temps mort les situations et rebondissements qui n'oublieront pas au passage de nous réserver quelques effets de surprise percutants dans le déchaînement de violence qui accompagnera l'intrigue pour adopter une mise en scène largement adaptée qui suivra de près l'action tout en n'oubliant pas de s'intéresser à ses personnages qui seront ici bien travaillés grâce à des personnalités fouillées qui laisseront se mettre à nu les sentiments de chacun pour ainsi par exemple renseigner la relation trouble et ambiguë entretenu par Luis et "Blondie", comme le mettra en avant Lea lors d'une intervention remarquée. L'interprétation sera ici largement convaincante, portée par trois jeunes acteurs impliqués, tandis que Tomas Milian apportera son savoir-faire pour une fois toute en retenue dans le rôle du commissaire, laissant la charmante Eleonora Giorgi exposer son charme indéniable.

Donc, ce Liberi, armati, pericolosi parviendra sans mal à embarquer son spectateur dans ce périple sanglant largement prenant, aussi bien tendu qu'épisodiquement souriant par l'insouciance de ces jeunes meurtriers et jouissif dans ce déferlement de violence, sans oublier pour autant de nous livrer une certaine morale qui pointera le doigt sur certains comportements parentaux !

Liberi armati pericolosiLe DVD de zone 2 italien édité par Raro Video avancera une image nette et ne connaissant pas de défaut visible, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale dynamique et collant bien aux thèmes du film, celui-ci étant ici proposé dans sa version originale italienne, avec des sous-titres anglais optionnels, ainsi que dans sa version anglaise.
Au niveau des bonus, on pourra consulter la biographie/filmographie du réalisateur, mais surtout suivre un très intéressant documentaire qui laissera le réalisateur revenir brièvement sur sa carrière et surtout sur le métrage au travers d'anecdotes sur le tournage, sa relation avec Tomas Milian ou encore la perception des critiques ou encore l'accueil que le public à réservé au film.

Pour ceux qui voudraient rencontrer ces jeunes délinquants meurtriers, le DVD de zone 2 italien est disponible ici ou !

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07:30:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Bien que ce ne soit pas encore Noël, les éditeurs DVD nous ont réservé quelques bonnes surprises ce mois-ci, en mettant par exemple le cinéma de genre tricolore à l’honneur avec non moins de trois nouveautés, tandis que les ressorties se poursuivent, aussi bien en DVD qu’en Blu-ray et que quelques inédits sympathiques et autres titres sortis en salles vont venir étoffer les possibilités de découvertes.

Seven 7 nous aura ainsi gratifié ce mois-ci d’une Nième ressortie du Maniac de William Lustig, pour ceux qui ne connaissaient pas encore ce classique du gore sordide des années quatre-vingt, tout en offrant sa chance au Repo ! The genetic opera de Darren LynnBousman, le transfuge de la saga Saw qui changera ici de registre, pour en plus nous proposer le remake de Meurtres à la Saint-Valentin, qui s’annonce quand même assez saignant en plus d’utiliser le relief, dans plusieurs éditions, avec au choix uniquement la version en 2D, ou celle comportant la 2D et la 3D (qui apparemment serait indigeste…) et enfin le Blu-ray qui proposera également les deux versions du film.

Trop occupé à nous bassiner avec de nouvelles éditions de la saga de Harry Potter, Warner Home Video n’a mis en vente en novembre que la première saison de la série True blood et ses vampires intégrés parmi les vivants.

Par contre, CTV fait le forcing en sortant notamment le Mutants de notre compatriote David Morlet qui signera là une belle réussite, tandis que l’intriguant Acolytes et Hush, en route vers l’enfer qui semblerait valoir largement que l’on s’y attarde, connaîtront directement une sortie en DVD pour deux inédits alléchants.

Toujours préoccupé à rentabiliser son catalogue, Opening donnera une seconde chance à deux de ses titres asiatiques avec Spirits et ses fantômes vietnamiens et le dispensable The wig et sa perruque hantée. En profitant de la ressortie de quelques uns des Hellraiser par Europa le mois dernier, l’éditeur tentera de nous refourguer à nouveau Hellraiser 3. Enfin, un seul inédit à se mettre sous la dent pour l’éditeur avec Autumn (fin du monde) viendra quant à lui nous offrir des morts-vivants, mais dans un monde post-apocalyptique, mais pour un résultat hélas pas foncièrement convaincant en recopiant des situations au fort goût de déjà-vu. Mais la bonne nouvelle pour les possesseurs d’un lecteur Blu-ray sera la parution du classique de George A. Romero, Zombie, un autre classique enfin disponible dans ce format.

Profitant avec un opportuniste douteux de l’actualité, Action & communication retitrera le Virus undead des allemands Wolf Wolff (bonjour le pseudo !) et Ohmuthi en Virus H13N1 et ses oiseaux contaminés qui vont bien entendu s’attaquer aux humains pour les transformer en créatures sanguinaires !

M6 Vidéo nous permettra de découvrir l’adaptation tardive du jeu de rôles Mutant chronicles qui offrirait un bilan mitigé avec une violence certes bien présente dans un univers fascinant mais quelque peu plombé par un script calibré et léger. Mais ce sera surtout l’édition en DVD et en Blu-ray du controversé Antichrist de Lars Von Trier qui retiendra l’attention pour un film "autre" foncièrement troublant.

De son côté Sony Pictures capitalisera surtout sur la sortie de Terminator renaissance en DVD et en Blu-ray qui réussira à faire oublier l'absence d'Arnold Schwarzenegger en faisant preuve d'une belle capacité d'innovation. L'éditeur en profitera pour nous proposer un coffret regroupant les quatre films de la franchise.

Elephant Films se contentera ce mois-ci de deux inédits anecdotiques avec The visitation et son prophète douteux et La possession de Paul Twist qui avancera un James Van Der Beek (le héros de la série Dawson tombé bien bas) en écrivain perdu entre réalité et fiction.

Le vertige, autre réussite française de l'année avec son périple en haute montagne qui tournera mal, a été édité par Gaumont, tandis que Wild side nous propose le cronenbergien Ne te retournes pas, laissant à UGC le soin de mettre en vente Millénium.

Enfin, Emylia après nous avoir délaissé le mois dernier, revient en force avec trois nouveaux titres, le "slasher" 7eventy 5ive et son psychopathe joueur et sanguinaire, mais également pour un autre Mutants qui s'annonce assez sanglant et bénéficiant de la présence de Michael Ironside, et surtout l'excellent Godspeed oeuvrant sur le thème de la vengeance de manière hors du commun et immersif jusqu'à devenir douloureux.

Donc, si nous avons eu de quoi faire nos emplettes horrifiques et fantastiques ce mois-ci, le rendez-vous est d'ores et déjà pris pour le mois prochain, déjà prometteur grâce à plusieurs titres attendus avec impatience !




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True Blood : Saison 1

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Mutants (2009)

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Hush : En route vers l'enfer

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Spirits (2004)

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Autumn (Fin du monde)

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Zombie (1978) (Blu-ray)

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Mutant chronicles

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Antichrist (Blu-ray)

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Terminator 4 : Renaissance

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Vertige

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Ne te retourne pas

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03.12.09

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : The limits of control
Réalisateur : Jim Jarmusch
Durée du film : 1h56
Date de sortie du film : 2 décembre 2009

Avec : Isaach de Bankolé (le solitaire), Alex Descas, Jean-François Stévenin, Tilda Swinton, John Hurt, Gael Garcia Bernal, Hiam Abbass, Bill Murray, etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Jim Jarmusch qui a manqué de peu la Palme d'Or avec le road movie Broken flowers, The limits of control est sans nul doute un des films les plus étranges de son auteur.
On se retrouve avec un personnage, qui ne sera jamais clairement identitié (on l'appelle par commodité le solitaire) qui voyage en Espagne, et notamment à Madrid. On ne sait pas pourquoi cet homme est là et quelles sont ses motivations.
Ce personnage principal agit de manière bizarre. Par exemple, à plusieurs reprises, il décide de commander dans un bar deux expresso dans deux tasses séparées.
A différents moments du film, on voir le solitaire en train de s'adonner à une sorte de méditation qui pourrait rappeler le tai-chi.
De manière régulière, le solitaire se rend au musée de la reine Sofia à Madrid pour y contempler des tableaux. Sur le troisième tableau qu'il voit, qui représente une ville, il est littéralement absorbé par le tableau. Il souffre du même maux que le personnage joué par Asia Argento dans le syndrome de Stendhal.

Le film The limits of control est un véritable trip sensoriel, soutenu par une musique expérimentale qui accroît létrangeté de ce long métrage. A la manière d'une oeuvre de David Lynch, le film devient un véritable jeu de pistes. Le solitaire est ainsi amené à rencontrer différentes personnes, qu'il reconnaît parce qu'elles ont une boîte d'allumettes « Le boxeur » et elles signalent à chaque fois le même code : « Vous ne parlez pas l'espagnol, n'est-ce pas ? ».

Au départ assez intriguant, le film perd à mon avis beaucoup de son intérêt par la suite. Les scènes avec le principal protagoniste sont assez redondantes et c'est toujours de la même façon que l'on voit de nouveaux personnages. Le film a beau bénéficier de la présence d'acteurs solides tels que Hiam Abbas, Tilda Swinton, Jean-François Stévenin, John Hurt ou encore Gael Garcia Bernal, le spectateur peut trouver le temps très long s'il ne rentre pas dans le trip de Jim Jarmusch.
Alors on comprend bien que le film est une réflexion sur l'univers mental de son principal protagoniste. Comme le dit si bien Gael Garcia Bernal qui évoque sur le sujet des reflets, « rien n'est vrai ». Cette réflexion entre les éléments fantasmés ou les éléments réellement vécus ou les citations telles que « Celui qui se croît plus grand les autres va au cimetière » (citation que l'on retrouve à plusieurs reprises dans le film dans la bouche de différents personnages) n'aident pas vraiment le spectateur qui peut se sentir un peu seul et aura bien du mal à recoller les morceaux du film.
Vers la fin du film, on voit bien que l'on est dans un univers mental puisque le solitaire, qui se trouve devant une base isolée, gardée par des barbebés et par des militaires, arrive en un quart de seconde à rentrer à l'intérieur de cet endroit.

Ce film reste à mon sens une véritable énigme. Il est difficile de savoir quoi en penser. Son principal personnage, le solitaire, rappelle par son jeu Le samouraï de Jean-Pierre Melville. Mais autant le film de Melville restait dans une certaine rationalité, autant le film de Jarmusch a de quoi laisser dubitatif.
Cette sorte de quête qui se termine par un meurtre, comme si c'était tout bonnement le travail de notre solitaire, est bien longue à se mettre en route et finalement on ne sait pas qui est précisément ce personnage et pourquoi il agit ainsi.

Plusieurs choses demeurent inexpliquées et inexplicables, comme cette jolie petite brunette à lunettes qui est véritablement offerte à notre solitaire. Ce dernier se contente de dormir à ses côtés.
Oeuvrant dans un cinéma proche de l'expérimental, Jim Jarmusch va probablement en décevoir plus d'un avec ce The limits of control qui a de quoi décontenancer. Le cinéaste américain, adepte de différents arts, est arrivé à un point de non retour. Gageons que ces prochains gagnent en clarté car là son film est tout de même bien difficile à saisir, et il n'a pas (à mon sens) le côté envoûtant des oeuvres d'un David Lynch.
C'est dommage car la mise en scène est réussie, la BO est marquante et la distribution est impeccable.

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07:40:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Godspeed

C'est suite à la rencontre sur le tournage du sympathique The Hamiltons que les acteurs Joseph McKelheer et Cory Knauf, désireux de retravailler ensemble vont écrire le script de ce Godspeed, bientôt rejoints par le réalisateur Robert Saitzyk, pour revenir sur le thème de la vengeance qui sera ici couplée à une étude immersif des protagonistes tout en ne négligeant pas d'amener son spectateur à la réflexion. C'est directement en DVD que le métrage s'est vu offrir sa chance chez nous depuis le 20 novembre dernier, grâce à l'éditeur Emylia pour un autre de ces inédits valant largement d'être découverts.

Godspeed

Le script va laisser un guérisseur évangéliste détruit par l'assassinat sauvage de sa famille se retrouver face aux meurtriers pour ce qui sera l'aboutissement de sa rencontre avec une jeune femme amoureuse de lui. Son désir de vengeance pourra-t-il être consommé dans un contexte bien particulier ?

Godspeed

Bien que se servant d'un thème classique, le métrage va surtout dans un premier temps s'intéresser à ses protagonistes, créant aussi bien une empathie surprenante à la vue du caractère d'anti-héros du personnage principal dans sa présentation, pour ainsi immerger complètement le spectateur dans l'intrigue afin de mieux le surprendre ensuite lors d'une seconde partie tendue, douloureuse et brutale, mais sans que la violence n'apparaisse comme une fin en soi pour au contraire servir les situations fortes et prenantes qui vont transpercer les protagonistes, alors que le réalisateur n'hésitera pas non plus à présenter l'évangélisme sous un jour pas forcément reluisant et que l'issue du métrage s'offrira comme une base de réflexion qui pourra continuer à perturber bien après le générique, faisant du film une excellente surprise qui méritera assurément le détour !

Godspeed

Le DVD de zone 2 édité par Emylia avancera une image en 2.35 (16/9 anamorphique), tandis que le bande-son sera disponible en DD5.1 ainsi qu'en DTS pour la version française, et en DD5.1 pour la version anglaise sous-titrée en français.
Par contre au niveau des bonus, il faudra se contenter de la bande-annonce du film en VO, accompagnée par celles d'autres titres de l'éditeur !

Godspeed

Donc, depuis le 20 novembre, il est possible de se frotter à cette vengeance immersive et sortant des sentiers battus pour mieux cueillir littéralement son spectateur !

Godspeed
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02.12.09

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Rapt
Réalisateur : Lucas Belvaux
Durée du film : 2h05
Date de sortie du film : 18 novembre 2009

Avec : Yvan Attal (Stanislas Graff), Anne Consigny (Françoise Graff), André Marcon (André Peyrac), Françoise Fabian (Marjorie), Alex Descas (Maître Walser), Michel Voïta (le commissaire Paoli).

Par Nicofeel

Après La raison du plus faible, un film très ancré sur le plan social, Lucas Belvaux a décidé de remettre le couvert. Voilà à nouveau la description de vies brisées. Que ce soit chez les petites gens ou chez les personnalités les plus en vue de notre pays, Lucas Belvaux montre que le malheur peut nous guetter à chaque coin de rue.
Comme pour La raison du plus faible, Rapt est un film tiré d'un fait divers. Ici, Lucas Belvaux s'inspire librement de l'enlèvement du baron Empain. Mais comme le signale à juste titre le réalisateur, il ne s'agit pas de l'histoire du baron Empain mais bien de Stanislas Graff, un riche chef d'entreprise français.

Le film se révèle être un excellent drame qui montre que la vie d'un homme, ici Stanislas Graff , peut basculer en quelques secondes (lors du fameux enlèvement) et que les difficultés ne s'achèvent pas à la libération. En effet, le retour à la vie normale n'est pas des plus aisées. Yvan Attal, qui interprète le rôle de Stanislas Graff n'a jamais été aussi bon. Il joue à merveille le rôle de cet homme de pouvoir qui du jour au lendemain va tout perdre. Non seulement il va être enlevé, va perdre un doigt lors de sa captivité mais son cauchemar ne s'achève pas là. Et c'est sans nul doute une des grandes forces du film de Lucas Belvaux. Il aurait pu décider d'achever son film à la libération de Stanislas Graff.

Mais non, le cinéaste, très engagé sur le plan social, va loin dans sa démonstration. Il signale clairement que cet enlèvement va coûter cher à tout point de vue. D'abord, on pourra faire un parallèle avec le précédent film de Lucas Belvaux, à savoir La raison du plus faible. Comme dans ce dernier, l'argent est au centre de toutes les préoccupations. Et que l'on soit pauvre ou riche (ou en tout cas considéré comme tel), l'argent vient à manquer. Les tractations pour réussir à faire sortir Stanislas Graff de sa captivité sont d'autant moins aisées que la somme demandée dépasse la fortune estimée de cet homme. Cela permet d'ailleurs à Lucas Belvaux de mener son intrigue comme une sorte de polar avec une tension permanente. Son film est prenant, avec une petite musique qui accroît le côté tendu de la situation.

Dans le même temps, Lucas Belvaux dresse le portrait de cet homme qui va être lynché par les médias, le peuple français et sa famille lorsque les activités secrètes de Stanislas Graff vont être connues (des dépenses pharaoniques dans des jeux au casino ou dans des soirées entre « amis » ou des relations avec plusieurs maîtresses). On comprend dès lors pourquoi le retour à la vie quotidienne est rude. Après l'enfer de la captivité, le retour à la vie normale n'est pas plus facile. Stanislas Graff n'est plus le bienvenu dans sa famille et son image, ternie par les révélations de cette affaire, l'obligent à démissionner de son poste de PDG. Comme un symbole, la seule personne avec qui traîne Stanislas Graff est son chien.

Comme dit précédemment, le film de Lucas Belvaux vaut aussi pour son côté polar. De ce point de vue, on appréciera particulièrement la captivité à l'issue incertaine. La minutie des actes des kidnappeurs est également intéressante à voir. On saisit vite que les ravisseurs sont des professionnels et que la police, malgré des moyens mis en oeuvre très importants sur le plan matériel et humain, aura bien du mal à faire déjouer les plans des kidnappeurs. Le film fait très réaliste et jusqu'à la fin, on se demande bien ce qui va arriver. On constatera enfin que Lucas Belvaux a l'intelligence de ne jamais révéler l'identité des kidnappeurs. On pourra à cette occasion supposer ce que l'on veut : le rapt peut venir du vice-président de la société de Stanislas Graff ou encore d'actionnaires importants du groupe qui souhaitent racheter à bas prix des actions de la société. Toutes les hypothèses demeurent plausibles.

Rapt a enfin le mérite de bénéficier d'une mise en scène classique mais dynamique. Le rythme du film est bon, on ne s'ennuie pas une seconde. Ceci est probablement dû, outre l'excellence de la mise en scène, à une intrigue particulièrement bien élaborée, à une musique qui colle parfaitement au film et à des acteurs de grande classe.

A cet égard, signalons entre autres les très bonnes performances d'acteurs comme Anne Consigny (qui joue l'épouse aimante puis désabusée de Stanislas Graff), Françoise Fabian (dans le rôle de la mère calculatrice) ou encore André Marcon (qui joue le vice-président aux dents longues).
Rapt est donc un film à voir indiscutablement.

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01.12.09

07:35:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Paranormal activity
Réalisateur : Oren Peli
Durée du film : 1h26
Date de sortie du film : 2 décembre 2009 (vu en avant première)

Avec : Katie Featherston (Katie), Micah Sloat (Micah), Amber Armstrong (une voisine), Mark Fredrichs (le médium).

Par Nicofeel

Paranormal activity ou comment s'en mettre plein les poches à partir d'un budget ridicule. Nanti d'un budget de 1500O dollars, Paranormal activity est à base un film fait avec la collaboration d'amis du réalisateur Oren Peli. Bénéficiant d'un incroyable buzz sur le Net, le film a alors eu droit au Etats-Unis d'une sortie en salles. Et des dizaines de millions de dollars ont été rapportées en quelques jours... Voilà pour l'historique du film.

Un succès qui n'est pas sans rappeler celui d'un certain projet Blair witch. Si les deux films ont comme point commun le fait d'avoir été tourné en vidéo « amateur » et d'avoir comme sujet de base une vidéo qui aurait été retrouvé, le parallèle entre ces deux longs métrages s'arrête là.
Car Paranormal activity joue clairement pour sa part dans un registre horrifique très codifié, celui la maison hantée. Et même précisément de l'esprit maléfique.

Si les deux protagonistes principaux du film, Katie et Micah (ils interprètent leurs propres rôles à l'écran) doivent faire face à des événements inexpliqués, c'est avant tout en raison d'un esprit, d'une chose, d'un démon (on ne saura jamais précisément) qui poursuit Katie. Cette dernière a déjà vu sa première maison brûler en raison d'événements étranges. C'est donc cette chose qui la poursuit et en a après elle.
Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'avec quelques bouts de ficelle, le réalisateur Oren Peli réussit le tour de force d'intéresser son spectateur. Le moindre dollar qui a été utilisé pour le film se voit à l'écran. Dans le genre utilisation de système, on a trouvé un cinéaste particulièrement intelligent.

Il a d'abord choisi délibérément de diviser son film en différents chapitres qui nous ramènent à différents jours, et principalement différentes soirées, où l'on va assister à la succession de moments pour le moins étranges.
En prenant le parti de nous montrer toujours le couple principal du film et leur environnement de base (la chambre à l'étage qui est toujours ouverte), on a souvent l'impression qu'une menace guette Katie et Micah. En utilisant des ressorts bien connus du fantastique, Paranormal activity fait son effet. Ainsi, on peut tressaillir juste en voyant une porte bouger, en entendant des bruits bizarres, en assistant à l'existence de pas étrangers (après que le jeune Micah ait mis du talc par terre) ou en regardant une ombre non familière.

Plus l'intrigue (qui est réduite à son strict minimum, ce qui n'est pas un mal) avance, plus on comprend que la menace est proche et devient de plus en plus dangereuse pour le jeune couple.
Le film n'est pas sans rappeler un certain L'exorciste avec la vidéo qui nous montre une femme qui est possédée ou avec tout simplement le personnage de Katie qui est amenée à faire des gestes qu'elle ne contrôle pas et dont elle ne se souvient pas. La fin du film est à cet égard symptomatique de cet état de fait. Une fin glaçante et sans concession.

Le crescendo des scènes vaut également le détour. Encore une fois, avec peu de choses le réalisateur obtient un résultat très probant. On reste interloqué en voyant une photo de Katie jeune, que son petit ami Micah aura récupéré dans un grenier. Car cette photo, Katie est censée avoir brûlée dans le premier appartement de Katie...
La part de mystère qui entoure tout cela donne une vraie tension au métrage. Dans le même ordre d'idée, on appréciera l'existence de la planche de ouija qui se met à fonctionner toute seule, une fois que le couple n'est plus là. Et voir la planche de ouija se mettre à brûler amène également le spectateur à s'interroger.

Pour autant, Paranormal activity n'est pas le film du siècle. Son micro budget s'en ressent tout de même. Ce huis clos est appréciable dans l'ensemble, mais les scènes sont tout de même bien redondantes. Mais surtout, dans la mesure où ce film joue clairement sur un effet de surprise, il semble qu'à la revoyure, il aura perdu une grande partie de son intérêt.
Cela dit, Paranormal activity reste un film d'horreur demeure un film d'horreur plus que correct qui joue le jeu du film sérieux et qui est relativement crédible (malgré les choses incroyables qu'il tente de nous faire croire !) grâce à des effets astucieux et au jeu très naturel de ses acteurs principaux. Voilà le parfait film à voir seul le soir !

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07:30:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

par Nicore

1942

Tourné entièrement en Malaisie par Kelvin Tong, un des réalisateurs les plus en vue de Singapour, ce 1942 se permettra de mélanger les genres de manière parfaitement huilée et convaincante pour réussir ce que le pourtant plus connu R-Point n’arrivait pas à obtenir, à savoir un mélange harmonieux de fantastique et de film du guerre sans pour autant devenir lourd ou trop prévisible, tout en étant en plus porté par un esthétisme remarquable et sans renier un sens de l’humour absurde.
Le script va isoler cinq soldats japonais en pleine jungle malaisienne suite à un bombardement ennemi, pour les laisser se rendre compte qu’ils sont bel et bien perdus, alors qu’en plus des événements étranges et surnaturels vont survenir pour troubler leur perception.

1942Après une série d’images épileptiques intrigantes, le métrage va donc agencer ce bombardement visant cette 6ème compagnie japonaise mais qui ne sera que très brièvement visualisé pour plutôt s’intéresser à la fuite d’un soldat, Fuji, qui va tomber sur une caméra à laquelle un moignon sera encore accroché, ce qui ne l’empêchera pas de s’en emparer avant de continuer sa route pour rapidement rencontrer un autre fantassin, Sato, qui va d’abord le prendre pour un espion et donc l’humilier quelque peu, bientôt arrêté par l’arrivée de deux autres militaires, Goto, le radio qui amènera avec lui le capitaine Tanaka, blessé sérieusement au ventre. Mais alors qu’un chant étrange va résonner dans la jungle, un dernier personnage va faire son apparition, Suzuki, lui aussi appartenant à la 6ème compagnie et qui semblera complètement terrifié, voir frappé de folie, en disant être poursuivi par le fantôme d’une femme chantante.

1942Cette mise en condition des personnages restera quand même quelque peu confuse en première intention pour peu à peu laisser chacun prendre sa place au sein de ce petit groupe qui partira bientôt à la recherche de sa compagnie pour d’abord traverser de manière rocambolesque une rivière (avec le capitaine sur un radeau et Suzuki, toujours aussi affolé et en plus ne sachant pas nager), puis une autre, pour finalement se rendre compte qu’ils tournent en rond, malgré la présence d’une carte détaillée du secteur. Mais ce ne sera pas le seul élément inquiétant puisque Fuji aura plusieurs visions furtives de soldats apparaissant et disparaissant non loin d’eux, tandis que ce fantôme féminin semblera également les suivre de près.

1942Heureusement, alors que l’on pouvait craindre un enlisement de l’intrigue une fois la situation précaire du groupe bien agencée, le métrage saura rebondir en proposant des rebondissements réguliers et des événements aussi cohérents que prenants (la mine antipersonnelle, les sables mouvants) pour ainsi justifier d’un suspense qui sera encore accru par la présence de ce fantôme dont les apparitions sporadiques demeureront aléatoires et donc d’autant plus impactantes, confinant de fait l’ambiance étrange qui entourera l’ensemble du film, avec cet élément fantastique diffus qui parviendra même à sévèrement cueillir le spectateur avec des trouvailles surprenantes (la présentation de chacun devant la caméra qui nous réservera une belle surprise, par exemple).

1942Mais l’intrigue n’oubliera pas pour autant ses protagonistes, dont nous apprendrons à faire progressivement leur connaissance jusqu’à même réussir le tour de force dans un tel contexte de les rendre attachants en créant empathie lors d’une onirique et remarquable séquence de repas imaginaire qui saura émouvoir par sa mélancolie et atteindre une ampleur dramatique réelle qui ne sera pas franchement contrariée plus tard par un dernier acte qui s’amusera à déflorer progressivement la révélation finale qui tout en n’étant pas foncièrement originale aura le mérite d’être amenée de façon singulière tout en expliquant pleinement les événements l’ayant précédée et ces petits détails récurrents qui trouveront une justification cohérente.

1942Le réalisateur arrivera au sein de son intrigue millimétrée à harmoniser les différents aspects de l’intrigue, versant par moments dans le film de guerre pur avec ces séquences tendues d’observation et de traversée de cette jungle pouvant cacher des ennemies aussi bien au milieu des herbes hautes que derrière le moindre arbre touffu, tandis que la partie fantastique viendra s’acclimater du contexte global pour mieux tirer son épingle du jeu, avec les apparitions de cette femme spectrale, même si par moments les situations pourront largement évoquer Le projet Blair Witch et ses protagonistes tournant en rond malgré leur carte des lieux, mais le rapprochement s’arrêtera là malgré la présence de cette caméra qui servira épisodiquement à Fuji pour filmer ses camarades et les alentours (pour nous destiner quelques petites surprises récurrentes). Et enfin dans sa première partie le métrage reprendra également à son compte des éléments du "film de jungle" (le radeau, les sangsues).

1942Le métrage pourra également compter sur un humour flirtant avec l'absurde pour adopter un côté souriant non négligeable avec notamment ce Suzuki bien foldingue qui distillera ses dialogues et des mimiques décalées qui, sans heureusement venir ternir le suspense ou la tension omniprésente ou amoindrir le sentiment d'étrangeté qui englobera l'ensemble du film, apporteront un vent de folie appréciable à la première partie du métrage, pour ensuite laisser une atmosphère plus sérieuse venir s'étendre sur l'intrigue et imprégner d'une aura spectrale les événements (la découverte des tombes).

1942L'interprétation sera ici largement convaincante pour donner une impression de naturel rarement démentie (avec juste ce Suzuki quand même aux réactions parfois improbables), tandis que la mise en scène de Kelvin Tong sera efficace pour apporter à l'ambiance du métrage, tout en suivant l'action de près et en magnifiant les décors naturels malaisiens, sans oublier sa capacité à réussir ses effets de surprise et autres moments de tension qui resteront effectifs et même parfois percutants. Les quelques effets spéciaux seront probants bien que l'ensemble ne cherchera pas vraiment à être sanglant, même si les gros plans sur la blessure du capitaine seront peu ragoûtants.

Donc, ce 1942 réussira son pari pourtant risqué en mêlant de manière efficace, prenante et empreinte d'un sentiment d'étrangeté ses différents éléments pour ainsi plonger son spectateur dans cet enfer vert surprenant à plus d'un titre !

1942Le DVD de zone 2 édité par Emylia avancera une image nette et sans défaut visible, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale certes discrète mais partie prenante aux temps forts du film, qui sera proposé dans sa version originale japonaise avec des sous-titres optionnels en français.
Au niveau des bonus, on pourra consulter une conséquente galerie de photos du film, ainsi qu'une autre galerie de clichés, cette fois-ci dédié au tournage.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette plongée dans l'enfer vert méritante et prenante, le DVD de zone 2 est disponible sur le site de l'éditeur ou en se reportant aux fiches du DVD et du Blu-ray pour découvrir les sites de vente qui vont le proposer à sa sortie le 1er décembre.

1942 (Blu-ray)

1942 (Blu-ray)
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