Archives pour: Avril 2010

30.04.10

15:07:55, Catégories: Dossier  

Compte rendu de la troisième édition de L'Etrange festival de Lyon, par Nicofeel :

S'étant déroulée du 31 mars au 6 avril 2010, la troisième édition du festival de Lyon a réuni un public de personnes curieuses manifestement plus important que les années précédentes.
Je n'ai pu être présent que lors du week-end des 3 et 4 avril 2010 mais cela m'a tout de même donné l'opportunité de voir plusieurs films rares, atypiques voire carrément déjantés. Bref des films qui rentrent parfaitement dans la thématique de L'étrange festival.
Je vous invite donc à lire ci-dessous mes avis à chaud sur les 5 films visionnés pendant le week-end.

1°) Villemolle 81 de Winschluss :

Pour commencer le week-end lyonnais et nous mettre directement dans l'ambiance du festival, les organisateurs ont eu la bonne idée de commencer par le déjanté Villemolle 81.
Le visionnage du film Villemolle 81 a été précédé par les bandes annonces des films Blackaria et Viva la muerte.
La direction de l'Etrange festival a eu la bonne idée (que l'on retrouve lors de chacune des séances) d'inclure un court métrage. Dans le cas présent, il s'agit de la soubrette à la tronçonneuse, un court animé avec des pâtes à modeler. Comédie et gore sont au rendez-vous de cette animation bien frapadingue signée par un japonais.

Mais revenons à Villemolle 81. Réalisé par Vincent Paronnaud (alias Winshluss), connu pour être le co-scénariste de Persépolis, Villemolle 81 est une comédie complètement délirante. Villemolle 81 se situe parfaitement dans l'esprit des Inconnus et de Groland.
Complètement déjanté, le film nous offre toute une clique de personnages du « terroir » plus atypiques les uns que les autres : il y a la secrétaire nymphomane, le maire persuadé qu'il va faire de son village une métropole (une plage antillaise sous l'effet de la remontée des eaux ! ; ou encore l'espoir d'un spectacle médiéval renommé), le super nounours joué par l'écologiste de service, Zoltar le chef d'une secte , Sébastien le garçon de ferme simplet.
Tout prête à rire dans ce film qui mélange fausse publicité (la présentation complètement ringarde de Villemolle), faux documentaire (le journaliste de de l'émission Charmants villages de France venu tourner un documentaire sur Villemolle) et qui n'hésite pas à utiliser des images complètement différentes : ainsi, on a droit tantôt à des images comprenant beaucoup de grain, des images saturées ou encore des séquences d'animation. Le tout donne lieu à un joyeux bordel à l'humour communicatif.
Les dialogues sont vraiment décapants et les situations complètement stupides. Malgré des effets spéciaux qui jouent ouvertement la carte de ringardise (on se croirait dans un film d'Ed Wood au niveau des effets spéciaux) et des acteurs qui sont réellement en roue libre, on prend un plaisir évident à regarder ce film.
D'autant que Villemolle 81 vire progressivement vers le film de zombie. Evidemment, pas le film de zombie à la Romero mais plutôt du zombie rigolard à la Peter Jackson.
En somme, voilà une première surprise agréable qui nous a fait débuter dans la joie et la bonne humeur ce week-end lyonnais.

2°) Marvel 14 : superhéros contre censure de Philippe Roure et Jean Depelley :

Le visionnage du film Marvel 14 a été précédé par les bandes annonces de Morgane et ses nymphes et de The broken imago, le prochain film de Douglas Buck produit par Metaluna (la société de Jean-Pierre Putters, le créateur du magazine Mad Movies).
La direction de l'Etrange festival a eu la bonne idée (que l'on retrouve lors de chacune des séances) d'inclure un court métrage. Dans le cas présent, il s'agit de Dolorosa, un court métrage de Christophe Debacq. Très bien filmé, le film est émaillé de nombreuses séquences-chocs où l'on retrouve une jeune femme enceinte. La violence allant en crescendo et la conclusion du court m'ont laissé quelque peu dubitatifs. Faisant clairement penser à Martyrs, je me demande quelles sont les intentions du cinéaste : choquer le spectateur ? Dénoncer la violence par la violence ? Voilà un court pour le moins sujet à controverse, surtout vu le lieu où il a été filmé.

Produit par Metaluna , Marvel 14 est un documentaire qui s'intéresse aux super-héros et à la censure. Les 2 réalisateurs, Philippe Roure et Jean Depelley signalent que l'étalonnage technique s'est achevé il y a seulement 2 jours. Quelques éléments imparfaits, notamment au niveau du son, sont donc à prévoir. Pourtant, la vision de ce film documentaire s'est déroulée sans accrocs particuliers.
Ce film documentaire s'intéresse au fameux numéro 14 de Marvel qui n'est jamais sortie officiellement mais que certaines personnes pourraient détenir. Au-delà du mystère suscitée par ce numéro auprès des nombreux fans de comics, le documentaire est surtout intéressant par sa capacité à évoquer la censure dans l'après-guerre. En effet, on apprend que la loi du 16 juillet 1949 crée une commission de censure contre la jeunesse. Celle-ci se justifierait par le fait que les mauvaises lectures des jeunes expliqueraient le taux de criminalité.
Les BD de comics vont faire l'objet de sévères censures. Quand la revue n'est carrément pas interdite de vente aux adolescents (le public cible de ce type de publications), elle fait en tout cas l'objet de nombreux aménagements pour permettre sa diffusion. Les éditions LUG, qui diffusent la bande dessinée Marvel, doivent remplacer de nombreuses onomatopées par rapport à l'oeuvre américaine originale. De nombreuses images qui véhiculeraient la violence et des mots grossiers sont aussi supprimés. L'oeuvre originale n'est pas respectée et le public français lit donc une version édulcorée des Marvel.
Sous des faux prétextes (la violence véhiculée par la BD), la France s'est donc lancée dans la censure afin de limiter en fait l'emprise des Etats-Unis, notamment une idéologie capitaliste et consumériste.
Le documentaire se révèle donc tout à fait instructif, même si le montage du film (voir les images de début et de fin) est tout de même quelque peu orienté vis-à-vis du public.

3°) Viva la muerte de Fernando Arrabal :

Note liminaire : Fernando Arrabal aurait dû être présent afin d'évoquer son film mais il a « planté » la direction de l'Etrange festival. C'est une réelle déception car son film est plus que jamais sujet à débat.
Le visionnage du film Viva la muerte a été précédé par les bandes annonces de Eating Raoul et de Lust in the dust.
La direction de l'Etrange festival a eu la bonne idée (que l'on retrouve lors de chacune des séances) d'inclure un court métrage. Dans le cas présent, il s'agit de The funk (L'angoisse), un court métrage australien de 7 minutes où un homme perd la mémoire et finit par se suicider. Ce court métrage de Cris Jones laisse quelque peu dubitatif quant à ses intentions.

Le film Viva la muerte est tiré du roman Baal Babylone de Fernando Arrabal. Les dessins de tortures que l'on voit notamment au début du film sont de Roland Topor.
Fernando Arrabal fait partie du mouvement Panique où l'on retrouve également Alejandro Jodorowsky et le dessinateur Roland Topor.
Dans ce film, qui est certainement l'un de ses plus radicaux, Fernando Arrabal dénonce sans ambages le franquisme, c'est-à-dire ce régime fondé par le général Francisco Franco de 1939 à 1977, qui est marqué notamment par un régime de parti unique, une liberté d'expression réduite et un catholicisme devenu religion d'Etat.
Ce régime est marqué par des arrestations et des exécutions sommaires. C'est ce qui nous permet de faire un lien direct avec ce film, Viva la muerte. Le film est vu à travers les yeux d'un enfant, dont le père, un communiste est recherché par le régime en place.
Cet enfant est sujet à de nombreuses hallucinations qui se caractérisent par de nombreuses images saturées dans le film (en rouge, en bleu), qui évoquent tantôt le personnage du père tantôt celui de la mère. Le côté oedipien de l'oeuvre est évident avec cet enfant très proche de sa mère qui l'observe non sans une certaine envie (cf l'image saturée en bleu où il la voit sous la douche ou encore quand il l'observe par le trou de la serrure).
En plus de cette histoire personnelle, Arrabal n'oublie à aucun moment de dénoncer le franquisme. C'est le cas lors des nombreuses séquences de tortures ou lorsqu'il évoque la religion. Il y a un côté clairement anti-clérical avec par exemple ce curé qui se retrouver à manger ses testicules. Ou encore dans une scène saturée où une religieuse est vue comme une truie.
Les images-chocs sont légion dans ce film. Parfois, c'est même à la limite du supportable. On peut même quelquefois se poser la question de la légitimité. Ainsi, dans les séquences où des animaux sont sacrifiés (comme dans les films de cannibales), quel est l'intérêt de tels procédés ? Ces actes paraissent tout de même quelque peu gratuits.
Au final, Viva la muerte est un film-choc, qui ne manque pas d'intérêt par les thématiques qu'il développe, mais tout cela est tout de même amoindri par une volonté de choquer le spectateur. Oeuvre radicale, elle peut tout autant fasciner que repousser le spectateur.

4°) Echo d'Anders Morgenthaler

Le visionnage du film Echo a été précédé par les bandes annonces des films La comtesse et Alice.
La direction de l'Etrange festival a eu la bonne idée (que l'on retrouve lors de chacune des séances) d'inclure un court métrage. Dans le cas présent, il s'agit de Nourriture spirituelle de Will Hartmann. Il s'agit d'un court de 8 minutes très drôle qui mélange comédie et horreur avec un professeur zombie qui invite ses élèves à manger des carottes et non des humains pour éviter d'accroître le nombre de zombies.

Echo date de 2007. C'est le deuxième film de son réalisateur. Très bien filmé et bénéficiant d'un scénario astucieux, Echo est une découverte très agréable.
La grande force du film est de ne pas hésiter à jouer avec différents genres. Au départ, le film évolue dans le cadre du drame voire du thriller avec cet enfant qui a été enlevé par son père policier, lequel a décidé de trouver refuge dans une maison isolée. Puis, et de manière relativement constante, le spectateur a l'impression qu'il se trouve dans un film de fantôme, à la manière de l'excellent Dark water d'Hideo Nakata. En effet, à plusieurs reprises, on sent dans la maison la présence d'une sorte de fantôme avec d'ailleurs ce filmage en caméra subjective. On a l'impression que les deux protagonistes principaux du film, ce père de famille et son fils, sont épiés par ce fantôme. A cette occasion, le film a d'ailleurs une capacité certaine à susciter la peur avec cette mise en scène qui joue sur les différents couloirs de la maison. Et puis la photographie froide du film, alliée aux décors quasi déserts de la maison, accroît ce sentiment de peur. Le moindre bruit peut être interprété comme l'arrivée du fantôme.
Progressivement, le spectateur comprend que la piste sur laquelle le cinéaste l'a invité à aller est finalement un leurre. Le film bascule dans la catégorie drame avec une explication très rationnelle des événements qui ont eu lieu. Le passé refait surface et on saisit alors les raisons qui amené le père de famille à aller en ces lieux et les raisons des différentes visions.
Réellement inquiétant, le film joue aussi la carte de la pédophilie sous-jacente avec des détails qui interloquent le spectateur, alors que celui-ci ne comprenne qu'il s'agit là encore d'une fausse piste.
Parfaitement joué, le film Echo vaut vraiment le coup. La réussite de cette oeuvre est totale et la fin donne un côté apaisé à ce film. A voir.

5°) Valérie ou la semaine des merveilles de Jaromil Jirès

Le visionnage du film Valérie ou la semaine des merveilles a été précédé par les bandes annonces des films Alice et Lust in the dust.
La direction de l'Etrange festival a eu la bonne idée (que l'on retrouve lors de chacune des séances) d'inclure un court métrage. Dans le cas présent, il s'agit du court métrage The cat with the hands. Ce court, basé sur un élément fantastique, se regarde très bien. Non dénué d'humour, il nous montre un chat qui a pris l'apparence de plusieurs personnes. On comprend à la fin que ce chat maléfique est tout bonnement le narrateur.

Valérie ou la semaine des merveilles est un film tchécoslovaque datant de 1971. Le film n'est visible que depuis 2-3 ans en DVD, et uniquement à l'étranger. Il n'a jamais été présenté en France. La copie a permis de voir le film a été empruntée à la Cinémathèque de République Tchèque. Le film comprend 3 passages noirs car on nous a signalé qu'il y a 3 bobines. Il s'agit d'un film de collection dont on ne peut pas couper les amorces. Aujourd'hui, on ne dispose plus de doubles postes comme l'époque. Il a donc fallu faire avec des pauses d'environ 20 secondes entre chaque bobine.

Comme pour l'exceptionnel Morse de Thomas Alfredsson, le réalisateur Jaromil Jirès n'est pas porté à la base par le fantastique. C'est certainement la raison pour laquelle il a apporté un ton original au film Valérie ou la semaine des merveilles. Ce film est tout bonnement une variation sur le célèbre Alice au pays des merveilles.
Le film bénéficie de trois éléments fondamentaux. D'abord, il y a la présence de la jeune Jaroslava Schallerova (alors âgée de seulement 14 ans) qui interprète le rôle de Valérie. Cette jeune actrice illumine de toutes parts l'écran par sa présence. L'actrice, avec son visage d'adolescente, et avec sa petite voix douce, donne réellement le sentiment de représenter l'être pur par excellence. C'est d'ailleurs sa pureté qui va être mise à mal par un démon, Constable qui lui en veut de manière constante. Il y a aussi dans cette histoire un prêtre libidineux ou encore une jeune fille qui va inviter Valérie à s'adonner au lesbianisme.
La deuxième qualité du film est la mise en scène du film. Sur le plan technique, le film est très bien réalisé et contribue sans nul doute à la réussite du film. Ainsi, la mise en scène est marquée par de nombreux plans en plongée où on retrouve par exemple l'héroïne endormie dans une pièce entièrement blanche. Le filmage adapté donne un côté quasi féérique ou inquiétant selon les cas de figure, à l'ensemble.
La troisième qualité du film, et non des moindres, est la photographie du film. Cette dernière est superbe et participe au côté fantastique du film. Dès le début du film, cette impression est présente. Ainsi, on voit des filles qui se baignent dans un ruisseau et Alice qui les regarde. On dirait que l'on a affaire à des nymphes. L'esthétique est vraiment superbe.
Si les qualités du film sont évidentes, malheureusement celui-ci souffre à mes yeux de quelques défauts. Il y a d'abord un aspect kitsch que l'on retrouve par exemple par la représentation assez ridicule du monstre principal, à savoir Constable, qui donne le sentiment d'être une sorte de vampire de pacotille. Il y a aussi l'arrivée du prêtre libidineux qui est assez ridicule.
Ce problème reste tout de même mineur. Le principal défaut est sans nul doute la différence entre le rêve et la réalité qui est parfois bien difficile à faire. On ne sait pas toujours si on se trouve en plein rêve (ou cauchemar) ou non. Le film manque d'une certaine clarté sur ce point. Ce qui est dommage car le film est réussi sur de nombreux plans.
Et puis il faut dire que voir ce film à 22 heures un dimanche, après avoir déjà regardé quatre autres films dans le week-end, n'aide pas forcément à la compréhension.

Dans tous les cas, ce week-end lyonnais s'est révélé très intéressant et a permis de découvrir des films rares pour certains, qui avaient surtout le mérite de sortir des sentiers battus.

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15:07:09, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Kick-ass

Réalisateur : Matthew Vaughn

Durée du film
: 1h57

Date de sortie du film
: 21 avril 2010

Avec : Aaron Johnson (Dave Lizewski / Kick-ass), Nicolas Cage (Damon Macready / Big daddy), Chloe Moretz (Mindy Macready / Hit girl), Mark Strong (Frank d'Amico), Christopher Mintz-Plasse (Chris d'Amico / Red Mist), Lyndsy Fonseca (Katie Deauxma), etc.


Par Nicofeel

Réalisé par Matthew Vaughn, Kick-ass est l'adaptation d'une bande dessinée. C'est l'histoire d'un garçon banal, Dave Lizewski, qui aime lire des comics et retrouver ses potes. A la différence de ses héros de BD, il n'a aucun super-héros. Ou plutôt il en a : celui d'être invisible aux yeux des filles !
Dès le début du film, l'ambiance est installée avec un long métrage qui va utiliser le mode de l'humour pour prendre le contre-pied du film de super héros. Et déjà pour cette raison, le film est une réussite certaine.
Dave Lizewski décide du jour au lendemain d'acheter un habit de super-héros, ce qui devrait lui permettre de devenir un super-héros. Mais finalement pour être un super-héros, il faut avant tout accomplir des actes de bravoure. C'est la raison pour laquelle ce garçon timide, qui juste-là se faisait raquetter par des jeunes de son quartier, va prendre la défense d'un jeune homme et se battre contre plusieurs caïds. Cet acte de bravoure, de quasi folie, qui est filmé par une vidéo amateur, va passer sur Internet et le buzz va se faire de lui-même. Ce héros masqué, Kick-ass, devient une véritable star.
Bien entendu, ce nouveau justicier qui s'en prend aux caids de la mafia, ne va pas faire que des amoureux. Apprécié de la population, Kick-ass va devoir faire face à de dangereux criminels, qui sont dirigés par un inquiétant Frank d'Amico (Mark Strong). Heureusement, Kick-ass, qui est tout de même un héros particulièrement maladroit qui sait surtout recevoir les coups mais pas vraiment en donner, va bénéficier du soutien de deux autres néo super-héros de chocs avec Big Daddy (Nicolas Cage) et sa très jeune fille Hit girl (hilarante Chloe Moritz), qui ne sont pas sans rappeler dans leurs attitudes et par leurs combinaisons un duo connu tel que Batman et Robin.

Le film vaut d'ailleurs aussi pour son côté clairement orienté action. Ainsi, on ne peut être qu'halluciné de voir l'armada d'armes qu'il y a dans la famille Macready (le nom de famille de Big daddy et de Hit girl). Ces deux personnes, qui s'amusent à se faire des quizz autour des armes, sont véritablement armés jusqu'aux dents et ont du répondant en cas de problème. Il faut dire que ces deux personnes souhaitent, en plus d'aider Kick-ass, se venger du chef de la mafia Frank d'Amico. Les scènes d'action où sont présents Big Daddy et Hit girl déménagent et en mettent plein la vue au spectateur. On peut citer entre autres le massacre d'un dealer et de son équipe par la jeune Hit girl ou le carton fait par Big daddy dans un entrepôt détenu par la mafia. Si les scènes d'action ne sont pas toujours très lisibles, elles ont de quoi satisfaire les fans d'action, en étant très dynamiques et en offrant un côté « fun » évident. Évidemment, de ce point de vue, le final est un modèle de drôlerie et de scène d'action ultra bourrine avec des personnages qui en font des tonnes, qui utilisent des armes de destruction très lourdes (bazooka), le tout sur de la musique bien dynamique qui reprend tout aussi bien un standard du western italien (le morceau culte de Pour quelques dollars de plus d'Ennio Morricone) que la musique de 28 jours plus tard (le morceau culte de John Murphy).
Mais Kick-ass n'est pas qu'un film d'action qui joue uniquement la carte de l'humour. C'est aussi un film qui offre une réflexion intéressante sur le fait d'être adolescent avec toutes les questions qu'on se pose quand on est dans cette période de la vie. La timidité de Dave Lizewski fait particulièrement vraie et son incapacité à parler ou à approcher les filles qu'il apprécie fait de lui un « boy next door », un garçon finalement typique parmi d'autres de son âge. On s'amusera du quiproquo qui lui permet de fréquenter la fille qu'il aime : en effet, cette dernière pense qu'il est gay ! Dans le même ordre d'idée, le jeune Dave Lizewski ne peut pas avouer qu'il est le héros masqué, Kick-ass, adulé par certains.
Le film vaut également par sa capacité à rappeler que chacun à sa manière peut devenir un héros. Pour cela, il faut d'abord prendre son courage à deux mains et décider de changer les choses. Ainsi, lorsque quelqu'un se fait agresser dans la rue, il serait bon de venir en aide à cette personne. Dave Lizewski rappelle à juste titre que la peur nous amène à ne rien faire dans la majeure partie des cas. C'est ça aussi être un héros : dépasser sa peur.
Offrant une vision alternative intéressante du film de super-héros, mélangé à la sauce du teen movie, le tout enrobé d'un zeste de thématiques sous-jacentes fort appréciables, Kick-ass est un film beaucoup plus intelligent qu'il n'y paraît à première vue. Si le film n'est pas pour autant un chef-d'oeuvre, il mérite largement d'être vu. Et même écouté car la bande son fait du bruit avec, en plus de ce qui a déjà été cité : Prodigy, Primal scream ou encore Mika (« We are young we are strong... »).

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29.04.10

14:36:10, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Children shouldn't play with dead things

Première incursion dans l'horreur du réalisateur Bob Clark (qui nous gratifiera plus tard d'un excellent "Le mort-vivant" et du classique "Black Christmas" avant de se tourner vers la comédie), ce Children shouldn't play with dead things sera un petit bijou d'humour noir déroulé dans une atmosphère macabre et sinistre remarquable avant de verser dans l'horreur pure pour un dernier acte flamboyant avec ses zombies très graphiques.
Le script va laisser une troupe de théâtre se rendre sur une île déserte réputée pour son cimetière afin d'y répéter une pièce et plus particulièrement une scène visant à la résurrection des morts sans se douter que leurs incantations vont réellement fonctionner et réveiller les cadavres du cimetière.

Children shouldn't play with dead thingsDans sa séquence introductive, le métrage va tout de suite installer cette ambiance funèbre en s'installant directement dans ce cimetière où le gardien va se faire agresser par une sorte de mort-vivant vampirique bientôt rejoint par un acolyte tout aussi répugnant avec qui il va entreprendre de violer une sépulture et creusant pour déterrer un cadavre afin que ce personnage puisse prendre sa place dans le cercueil, laissant son compagnon emmener avec lui le cadavre retiré du cercueil. Cette entame du métrage sera bien réussie, surprenante et revendiquera cette atmosphère macabre qui va par la suite poser sa marque sur l'ensemble du métrage.

Children shouldn't play with dead thingsL'intrigue va ensuite nous présenter ses personnages principaux, une troupe de théâtre dirigée par Alan, un maître de cérémonie aussi spécial que souriant dans ses reparties prônant l'air supérieur qu'il se donne du fait de sa place de metteur en scène. Ces six personnages vont donc se rendre sur une île réputée pour son cimetière où Alan compte bien répéter une scène importante de sa pièce impliquant la résurrection des morts. Ils vont ainsi commencer par passer par le cimetière avant d'aller s'installer dans la maison du gardien du cimetière bien entendu vite de tout habitant. Cette mise ne place de l'intrigue jouera ouvertement avec un aspect humoristique engendré par la grandiloquence surfaite d'Alan (dans la présentation des accessoires par exemple), tout en avançant les différentes personnalités de ses compagnons, telle cette demoiselle intuitive qui ne sera guère rassurée par l'endroit tout en prévoyant qu'il va "se passer quelque chose ce soir".

Children shouldn't play with dead thingsEnsuite, tout ce petit monde va se rendre au cimetière pour déterrer un cadavre dans le but d'aider à l'authenticité de la scène répétée, ce qui amorcera une surprise de taille pour le spectateur et les protagonistes sous l'impulsion d'un Alan ayant voulu faire une blague macabre à ses compagnons, ce qu'il réussira avec entrain et efficacité pour bluffer son monde avant de se lancer dans cette mise en scène satanique destinée à réveiller les morts, pour une séquence quand même tendue et facilement prenante, surtout qu'un vrai cadavre ornera une tombe et donnera l'occasion à bob Clark de jouer avec nos nerfs, puisque le spectateur s'attendra à tout instant à un réveil brusque de cette dépouille flétrie.

Children shouldn't play with dead thingsMais bien évidemment, rien ne se passera pour l'instant, Alan se faisant au passage ridiculiser par une de ses employées qui se montrera bien plus expressive et grandiloquente pour jouer le rôle du prêtre satanique, et la troupe rentrera à la maison du gardien pour que Alan puisse s'amuser avec ce cadavre qu'ils auront emmené avec eux. Cette partie du métrage se montrera gentiment irrévérencieuse avec cet Alan qui se gaussera littéralement du défunt, allant jusqu'à un simulacre de mariage, mais le réalisateur Bob Clark n'ira jamais trop loin et laissera la nécrophilie de côté pour préférer des blagues plus faciles et superficielles qui feront mouche sans pour autant risquer de choquer outre mesure.

Children shouldn't play with dead thingsPendant ce temps-là, les choses vont commencer à bouger du côté du cimetière et les cadavres ne vont pas tarder à sortir de leurs tombes pour une séquence graphique et visuellement splendide avec notamment cette vue d'ensemble sur le cimetière secoué par les morts-vivants en mouvement qui sera suivie par des plans plus sérés sur différents zombies émergeants de terre de manière impactante et bien dans la tradition, pour d'abord laisser les cadavres ambulants s'attaquer aux deux personnages restés pour reboucher la tombe profanée avant d'aller s'en prendre au reste de la troupe dans la maison du gardien pour un dernier acte qui revisitera La nuit des morts-vivants pour un bref huit-clos stressant se clôturant de manière attendue avec le réveil du premier corps déterré.

Children shouldn't play with dead thingsL'humour véhiculé par les protagonistes sera certes souvent facile et quelque peu puéril, surtout venant de la part d'Alan, présentant de fait un ado attardé justifiant ainsi le titre du métrage, mais pour autant ces passages demeureront largement souriants et s'acclimateront parfaitement avec l'ambiance macabre qui entourera l'action avec ce cimetière sinistre au possible et ces situations presque grotesques avec l'usage fait du cadavre déterré comme s'il s'agissait d'un mannequin. Mais Bob Clark saura se montrer malin et roublard pour toujours susciter l'attention du spectateur et le maintenir en alerte avec cette résurrection possible de ce corps inanimé qu'il scrutera régulièrement dans l'attente du moindre mouvement, créant ainsi naturellement une tension palpable et constante sans pour autant se montrer trop insistant.

Children shouldn't play with dead thingsMais bien entendu, le métrage atteindra son paroxysme lors de son final étonnant, graphique sans pour autant être véritablement sanglant en misant surtout sur des maquillages exemplaires pour ces morts-vivants qui eux envahiront l'écran de façon probante tout en constituant une menace larvée surtout que l'intrigue réussira par un tour de magie à laisser un temps un espoir naître chez les survivants, pour mieux venir ensuite les cueillir à froid et enchaîner sur ce final sans rémission qui au passage se permettra d'enfoncer le clou en démontrant une dernière fois l'individualisme d'Alan, sans que cela ne lui porte chance pour autant puisque le cadavre dont il se sera moqué pendant une partie du métrage viendra lui-même se faire justice.

Children shouldn't play with dead thingsL'interprétation est cohérente, avec de jeunes acteurs assez impliqués, dont un Alan Ormsby surjouant avec justesse dans la rôle d'Alan, tandis que la mise en scène de Bob Clark est adaptée pour célébrer l'ambiance funèbre empreignant le métrage tout en nous gratifiant de plans formellement très réussis. Les effets spéciaux sont eux aussi largement probants pour avancer ces quelques plans sanglants furtifs et surtout pour visualiser les morts-vivants dont les maquillages graphiques feront à chaque fois mouche pour mettre en avant une putréfaction avancée de ces zombies pour autant assez alertes et féroces lorsqu'il s'agira de s'attaquer aux humains afin de les dévorer.

Donc, ce Children shouldn't play with dead things restera une petite perle d'humour noir horrifique hélas quelque peu oubliée qu'il conviendra de réévaluer à sa juste valeur avec sa volonté graphique assumée, son humour noir souriant et son ambiance macabre omniprésente et parfaitement agencée !

Children shouldn't play with dead thingsLe DVD de zone 0 édité par VCI Entertainment avancera une image marquée par des défauts d'origine non traités, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale prenante et parfaitement adaptée, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise sans aucun sous-titre.
Au niveau des bonus, on pourra uniquement visionner l'excellente bande-annonce d'époque du film, parcourir une galerie photos hélas assez courte et s'informer avec quelques biographies de membres de l'équipe du film.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette petite perle aussi drôle qu'horrifique, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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14:10:21, Catégories: Test / Critique, Box office cinéma  

Titre du film : La comtesse

Réalisatrice : Julie Delpy

Durée du film : 1h34

Date de sortie du film
: 21 avril 2010

Avec
: Julie Delpy (Elizabeth Bathory), Daniel Brühl (Istvan Thurzo), Anamaria Marinca (Anna Darvulia),



Par Nicofeel

Après sa comédie romantique Two days in Paris, l'actrice Julie Delpy revient derrière la caméra. Mais avec une thématique où on ne l'attendait pas vraiment. En effet, elle a décidé de raconter à sa façon l'histoire de la légendaire comtesse Elizabeth Bathory (1560-1614), qui a été accusée en son temps d'avoir tuée près de 600 vierges et de se baigner dans leur sang pour rajeunir.
Pourtant, en regardant de près, Julie Delpy ne s'est pas contentée de reprendre le mythe de la comtesse Bathory. La cinéaste française s'est clairement appropriée cette histoire pour en faire un film personnel. On reconnaît clairement la patte de Julie Delpy ou à tout le moins celle d'une cinéaste. Car l'horreur, si elle est montrée, n'est pas ce qui intéresse sur le fond Julie Delpy. Ce qui demeure prédominant dans le film est le côté romanesque. Là où le film est remarquable c'est sa capacité à éviter une dichotomie qui aurait pu paraître : on aurait d'un côté une femme sanguinaire et de l'autre des gens qui sont bien sous tous les angles. Au contraire, Julie Delpy nuance le propos et nous offre une vision alternative de la comtesse Bathory. Si l'on a droit à quelques scènes horrifiques, c'est avant tout pour montrer le désarroi et la folie qui ont gagné une femme déçue sur le plan amoureux. Le film insiste beaucoup sur un grand amour de cette femme, qui n'a pas pu se concrétiser, en raison des pesanteurs sociales. Du coup, Bathory, qui avait fréquenté un homme âgé de presque 20 ans de moins qu'elle, a pensé qu'elle avait été rejetée en raison de sa vieillesse et qu'elle avait donc besoin de rajeunir ou à tout le moins de paraître moins âgée. D'où la théorie de se baigner dans le sang de vierges, ce qui constituerait une véritable cure de jouvence.

Le rôle principal, celui d'Elizabeth Bathory, est tenu par Julie Delpy elle-même. En plus d'être réalisatrice du film, elle réussit également le tour de force d'être de faire la bande son du film.
Aux côtés de Julie Delpy, on retrouve l'acteur Daniel Brühl (vu dans Two days in Paris) dans le rôle de Istvan Thurzo, l'amour éternel de la comtesse. Et puis la fidèle servante de la comtesse, la très intrigante Anna Darvulia, accusée de sorcellerie, est jouée par Anamaria Marinca (vue notamment dans 4 mois 3 semaines 2 jours). Tous les acteurs sont très bons. Ils n'en font jamais trop et rentrent parfaitement dans leurs rôles, avec beaucoup de sérieux. Ce triangle amoureux impossible fonctionne parfaitement avec une comtesse qui ne peut pas vivre avec l'être aimé, ce dernier n'étant pas libre de ses actions et au milieu on a une jeune femme qui restera toujours fidèle à sa comtesse, bien que consciente des actes effroyables qu'elle commettait.
En plus de son aspect romanesque, le film n'est pas sans intérêt par son choix de rappeler que tout ceci n'est qu'une histoire et que l'Histoire est racontée par ceux qui ont vaincu et qui ont donc la possibilité de l'arranger à leur façon. La comtesse Bathory était-elle folle ? A-t-elle réellement été l'origine du meurtre d'autant de jeunes vierges ? C'est ce qu'on dit mais est-ce la réalité. Le film insiste bien sur la richesse de la comtesse et a contrario de la pauvreté d'un roi qui se trouvait débiteur de la comtesse pour une somme importante. Il va donc sans dire que certains avaient tout intérêt que la comtesse soit considérée comme folle et qu'elle soit du même coup dépouillée de ses biens. Rien de tel pour spolier quelqu'un sans que cela fasse grand bruit.
Côté mise en scène, Julie Delpy opte pour une réalisation de forme assez classique. Cela n'est pas vraiment exceptionnel mais pour un film quasi historique, une mise en scène « tappe à l'oeil aurait été particulièrement malvenue.
Si la réalisation ne laisse pas une impression franchement marquante, en revanche on reste tout de même plus que positif par la photographie du film, très réussie, qui joue sur la froideur des décors et qui permet donc d'accroître le sentiment de désarroi, de tristesse des personnages principaux. C'est aussi une façon de marquer un peu plus les esprits en montrant qu'il ne s'agit pas d'un film d'horreur mais bien d'un pur drame, caractérisé par le désespoir de plusieurs des personnages du film. La fin, toute en subtilité, évoque une fois de plus cette idée. Nous n'assistons pas à un procès spectaculaire de la comtesse Bathory mais au contraire à la manifestation d'une femme qui pleure avant tout son amour perdu et pas tant son emprisonnement forcé.
En synthèse, La comtesse est un film appréciable qui nous apporte une version très subtile du mythe de la comtesse Bathory. On est loin des représentations sanguinolentes des films d'horreur.

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23.04.10

02:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Les invités de mon père
Réalisatrice : Anne Le Ny
Durée du film : 1h40
Date de sortie du film : 31 mars 2010

Avec : Fabrice Luchini (Arnaud), Karin Viard (Babette), Michel Aumont (Lucien), Valérie Benguigui (Karine), Véronica Novak (Tatiana), Olivier Rabourdin (Rémy).

Par Nicofeel

Réalisé par Anne Le Ny, Les invités de mon père prend la forme de la chronique familiale. Mais le film est bien plus riche que beaucoup de films du même genre. Car les invités de mon père est l'occasion de brasser plusieurs thèmes tels que l'immigration et le mariage blanc, la solitude quand on est au seuil de la mort, les rapports familiaux, la question de l'héritage, l'adultère.
Le film est intéressant car il montre des personnages qui ne sont ni blancs ni noirs mais qui vivent tout simplement en fonction de leurs envies et de leurs aspirations. Ainsi, le personnage du père, joué par Michel Aumont, est le symbole même de toute la complexité de l'être humain. Au départ, ce père, censé avoir 80 ans, est connu par ses enfants pour son implication dans une association en faveur des étrangers en situation irrégulière. Grosso modo il aide des étrangers en France en les hébergeant, afin de leur permettre quand c'est possible d'obtenir une carte de séjour.

Il apprend à ses enfants qu'il héberge une jeune femme russe, Tatiana, et sa petite fille. Ses deux enfants, Babette (Karin Viard) et Arnaud (Fabrice Luchini) croient tout naturellement qu'il s'agit d'un énième hébergement d'un étranger démuni de papiers. Mais là le père a carrément épousé cette russe ce qui va lui permettre de régulariser sa situation. Ce « cadeau » n'a pas été obtenu gratuitement. En effet, on comprend tout au long du film que le père a bien été décidé à avoir des relations sexuelles avec cette jeune femme.
Dès lors, on ne s'étonnera pas que cette jeune russe ait choisi de récupérer un maximum d'argent de son vieil époux. Elle souhaite s'accorder une vie nouvelle pour elle et pour son enfant. Après tout, c'est bien une réaction humaine.
Le film s'intéresse également de manière très subtile aux relations des deux enfants de ce père : Babette et Arnaud. Chacune de ces deux personnes a une vie bien rangée, aussi bien sur le plan personnel que professionnelle. Karin Viard est d'ailleurs parfaite dans le rôle de cette femme qui en a marre de sa vie bien rangée et qui souhaite avant tout à donner un peu d'originalité, de fantaisie à sa vie. Sur le ton de la comédie, la réalisatrice évoque tout de même la question de l'adultère, car Babette est une femme mariée, qui n'avait jusqu'alors jamais trompé son époux. Les scènes entre Babette et son collègue de travail, réduit quasiment au rôle d'objet sexuel, sont très drôles.
Sur un ton beaucoup plus sérieux on a droit au développement de la relation entre Babette et Arnaud qui profitent finalement du changement radical de leur père, qui se met même à les déshériter, pour se rapprocher. Ces rapports entre ce frère et cette soeur font plaisir à voir, et dénotent une vraie réflexion sur la vie. Et puis ces deux frère et soeur se retrouvent aussi parce qu'ils ont un ennemi en commun : cette femme russe qui leur enlève leur père et la fortune de celui-ci. L'héritage est tout de même une question délicate qui est abordée ici de front. On sait que dans les familles cette question est essentielle et donne lieu souvent à des joutes verbales pas vraiment amicales. Alors quand l'héritage est donné à une femme étrangère à la famille, c'est encore plus difficile à gérer.
On notera que le film a un ton qui change progressivement, passant du comique au dramatique. Par exemple, on évoque au départ la question de l'immigration et du mariage blanc (quoique finalement consommé, même si les deux protagonistes ont des motivations différentes) sur le ton de la comédie alors qu'à la fin, ce sont les enfants de ce fameux père de famille qui dénoncent leur néo belle mère au service de l'immigration pour s'en débarrasser.
Cependant, à aucun moment, la cinéaste Anne Le Ny ne se permet de juger les actions de ses protagonistes. Elle montre des êtres aux motivations différentes, qui ne sont jamais des êtres parfaits, prouvant bien pour l'occasion qu'ils sont finalement des êtres humains.
On constatera que le film doit pour beaucoup sa réussite à son casting de premier ordre où se distinguent notamment le jeu de Fabrice Luchini, Karin Viard et Michel Aumont. Tous ces acteurs sont crédibles dans leurs rôles respectifs et ils donnent un aspect « vrai » à cette histoire. Le film est d'autant plus intéressant qu'il comporte un aspect universel et contemporain, que l'on pourrait en fin de compte retrouver dans de nombreuses autres familles.
Voilà une chronique familiale qui mérite largement d'être vue.

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22.04.10

02:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : La révélation (Storm de son titre original)
Réalisateur : Hans-Christian Schmid
Durée du film : 1h50
Date de sortie du film : 17 mars 2010

Avec : Kerry Fox (Hannah Maynard), Anamaria Marinca (Mira Arendt), etc.


Par Nicofeel

En ce début d'année 2010, de nombreux films évoquent les massacres qui ont eu lieu dans les camps de concentration. Dans la même veine, l'allemand Hans-Christian Schmid a décidé de porter un regard attentif sur les viols et meurtres qui se sont déroulés récemment dans les Balkans.
S'appuyant sur un scénario fictionnel plus vrai que nature, le cinéaste s'intéresse au cas de Goran Duric, ex général serbe accusé de crimes contre l'humanité, qui est en voie de devenir le président de la Serbie. Toujours dans le film, cette personne est jugée en 2009 devant le Tribunal pénal international de La Haye à Amsterdam. Mais pour accuser le procureur Hannah Maynard (Kerry Fox) a besoin d'éléments tangibles. Or, les déclarations mensongères de son seul témoin, Alen Hajdarevic, mettent à mal son travail. Cependant, la soeur d'Alen, qui vit en Allemagne, a l'air d'en savoir plus.
Un des intérêts du film va alors résider dans le fait de savoir si cette femme, Mira Arendt, va accepter et pouvoir divulguer des informations essentielles dans le cadre de ce jugement. En effet, cette jeune femme fait partie des personnes qui ont été violées par les troupes de Goran Duric et qui ont assisté à des massacres de civils.
Très adroitement, le film montre qu'il n'est pas si évident que cela de dire les choses. En effet, il y a des groupes de pression qui n'ont pas intérêt à ce que certaines vérités soient étalées au grand jour. A la manière de l'excellent film The ghost writer sorti en début d'année, La révélation est un film assez froid avec une mise en scène qui donne l'impression que Mira Arendt peut être agressée ou kidnappée à tout moment. Le côté thriller du film est très intéressant.

C'est d'ailleurs en raison de l'importance de Mira Ardent que l'équipe du procureur Hannah Maynard fait tout pour la protéger. Mais cela n'est pas forcément suffisant pour obtenir un procès parfaitement équitable. Une autre grande qualité du film est de montrer que le procès d'un homme comme Goran Duric dépasse largement le stade du procès d'un simple accusé. Goran Duric est en passe d'être le prochain gouvernant de la Serbie et son élection pourrait permettre l'intégration de ce pays dans l'Union européenne.
On voit bien que les considérations ne sont pas uniquement celles de rendre la justice. Il faut faire avec d'autres sortes d'intérêt. Et le film a le grand mérite de montrer que les différents magistrats du tribunal La Haye ont bien ces idées en tête. La révélation (qui est une étrange traduction du titre international du film, dont le mot The storm signifie en français La tempête) pointe alors du doigt le fait que la justice est loin d'être équitable. Vers la fin du film, il y a un côté documentaire absolument saisissant où l'on comprend les rouages du tribunal de La Haye.
Une autre force du film réside dans le portrait de deux femmes bien différentes. La première, Ana Arendt, est celui d'une femme qui a été violée et a décidé de refaire sa vie en Allemagne. La seconde, le procureur Hannah Maynard, est celui d'une femme éprise de justice qui va finir par comprendre que tout n'est pas possible et que les intérêts des uns ne vont pas forcément dans le sens d'une justice équitable. Si ces deux femmes sont très différentes aussi bien dans leur parcours que dans leur culture, elles vont être amenées à se rapprocher dans le cadre du procès de Goran Duric. Les deux ont gros à perdre dans cette histoire : la vie pour Ana Arendt, qui est clairement menacée de par l'importance de ses révélations, la carrière professionnelle pour Hannah Maynard si elle ne se conforme pas en se rangeant dans le moule des participants de ce procès bien formaté.
La fin du film est passionnante en raison d'une part de l'engagement de ces deux femmes qui décident d'aller jusqu'au bout de leurs idées et d'autre part de la démonstration des limites du tribunal de La Haye.
En plus de ses thématiques très fortes, le film bénéficie d'un traitement sobre qui lui sied parfaitement. Les scènes ne sont jamais appuyées et les terribles révélations d'Ana Arendt, expliquées à Hannah Maynard, permettent de saisir pourquoi elle cherche in fine coûte que coûte à être entendue par le tribunal de La Haye.
Le film doit bien évidemment sa réussite à la performance de ses deux actrices principales, Kerry Fox dans le rôle d'Hannah Maynard et Anamaria Marinca dans celui d'Ana Ardent. L'une comme l'autre font preuve d'une grande justesse de ton et font donc corps avec leurs personnages respectifs.
Au final, La révélation est un excellent thriller politique qui marque une nouvelle fois du renouveau du cinéma allemand, lequel nous avait déjà livré l'excellent La vie des autres.

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21.04.10

07:45:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

par Nicore

Freebird

Premier long métrage prometteur du réalisateur britannique Jon Ivay, ce Freebird va prendre place dans le milieu des "biker’s" pour une comédie complètement déjantée sur fond de trip halluciné causé par la drogue qui va ici faire bien des ravages croustillants sur les protagonistes pour autant de situations délirantes, mais cela n'empêchera pas pour autant l'auteur de communiquer son attirance pour le milieu des motards ici également bien mis en avant.
Le script va laisser trois motards londoniens partir au Pays de Galles en quête d'un hippie et de sa plantation d'herbe suite à une promesse faite à un vieil ami de l'un d'eux.

FreebirdAprès une courte séquence d'introduction prometteuse que l'on devinera issue du final du métrage, l'intrigue va avancer son personnage central, Fred, un motard en pleine conversation avec celui qu'il va appeler "Le président" pour se remémorer des souvenirs jusqu'à ce que "Le président" demande à Fred de se rendre au Pays de galles pour lui afin de dénicher un hippie et sa plantation d'herbe. Cette entame du métrage servira surtout à trouver un prétexte pour permettre au métrage de placer Fred, bientôt rejoint par deux amis à lui, Tyg, un autre motard rustre et costaud et Grouch, un drogué fini passant son temps à délirer en ayant des "flash-backs" quand il ne sera pas en train de rouler un pétard.

FreebirdCette présentation des trois personnages principaux sera évidemment souriante avec les délires de Grouch et l'arsenal laissé derrière eux pour être sûr de passer un week-end tranquille, entre la tonne de drogues diverses que Grouch voulait emmener et les couteaux et autres faucilles de Tyg, et le trio va pouvoir se mettre en route, laissant le réalisateur nous gratifier de plans visuellement performants de la petite bande sillonnant Londres et le verdure du Pays de Galles. Mais pendant ce temps-là, une guerre se prépare entre deux clans de motards, les Wessex ayant perdu l'un des leurs dont ils pensent qu'il a été tué par les "Chevaux de fer", ces derniers résidant comme par hasard en terre galloise.

FreebirdLes Wessex vont donc fomenter un plan consistant à aller s'attaquer à leurs adversaires chez eux et ils vont donc prendre également la route pour le Pays de Galles. Le voyage sera émaillé de situations humoristiques variées et toujours bien trouvées pour laisser s'exprimer cet humour de situation entre deux divagations d'un Grouch toujours complètement allumé et à côté de la plaque, mais l'intrigue va peu à peu tisser des liens entre cette guerre entre les deux bandes même pas rivales à l'origine et le trio au détour d'un élément en apparence anodin mais qui va trouver toute sa répercussion par la suite sans être pour autant décisif.

FreebirdLe réalisateur va surtout dans la première partie du métrage s'attacher à nous permettre de bien cerner les trois motards qui auront tous une personnalité propre et bien travaillée, avec par exemple les démons intérieurs d'un Fred partagé entre sa soif de liberté et la présence de sa fille dans les parages puisqu'il est lui aussi originaire du Pays de Galles , et l'auteur arrivera avec un naturel exemplaire à rendre ces trois protagonistes éminemment attachants et sympathiques dans leur indécision, leur exaltation pleine d'une joie de vivre qui se teintera sporadiquement de mélancolie et une certaine insouciance dans l'art de boire et de se droguer sous l'influence de Grouch qui va même orienter la seconde partie avec ses champignons hallucinogènes qui vont permettre à Jon Ivay d'avancer des situations définitivement hystériques et savoureuses en laissant le trio divaguer complètement et avoir un trip aussi amusant que décapant.

FreebirdCes délires hallucinogènes vont donc heureusement occulter cette guéguerre entre les deux bandes de "biker's" qui seront quand même eux aussi porteurs de situations comiques, avec ces Wessex bien pâles et mornes, presque stupides et ces "Chevaux de fer" plus dangereux et graphiques dans la tradition et donc les dialogues en gallois renforceront cette impression de malaise, ce qui nous vaudra quand même un final d'une certaine ampleur pour, en plus de transformer le voyage du trio en une remise en question fondamentale sur leur raison et façon d'être, nous faire prendre part à un bref assaut guerrier que l'on pourrait croire issu d'une film de guerre médiéval mais qui hélas ne sera pas vraiment développé comme il l'aurait mérité, question de budget certainement.

FreebirdBien entendu, les personnages joueront un rôle prépondérant dans la réussite du métrage pour nous offrir des personnalités et des développements humainement forts tout en rendant les trois protagonistes principaux foncièrement attachants et avec lesquels on aurait aimé passer encore plus de temps, faisant ainsi regretter l'arrivée du mot "fin" tellement le naturel des situations et la bonne humeur communicative fonctionnera à merveille tout au long des péripéties avancées par l'intrigue qui en plus se permettra de se jouer du spectateur en portant toujours à caution les délires hallucinés de Grouch dont certains ne seront finalement pas si irréels que cela comme autant de clins d'œil lancés par le réalisateur à son spectateur.

FreebirdLe métrage respectera également par moments la tradition des films de "biker's" pour avancer de nombreux plans de route parcourues par ces motards avec des paysages pittoresques tout en mettant en valeur les grosses cylindrées sur fond de musique rock appropriée et on retrouvera même une partie du folklore stéréotypé dans l'accoutrement de ces "Chevaux de fer", sorte de "Hell's angles" gallois belliqueux et particulièrement graphiques, laissant ainsi apparaître l'attirance de Jon Ivay pour ce milieu sans pour autant que cela ne devienne le centre d'intérêt unique du film qui se concentrera bien plus sur ses personnages et leurs délires.

FreebirdL'interprétation est franchement convaincante, avec trois acteurs principaux au naturel bluffant et qui sauront communier avec le spectateur lors de leurs divagations hallucinées pour exceller chacun dans un style différent, laissant à Phil Daniels le "beau rôle" de Grouch, tandis que Gary Stretch incarnera un Fred perturbé et miné par des interrogations qu'il parviendra aisément à nous faire partager. La mise en scène du réalisateur est dynamique, vive dans l'action et adaptée pour visualiser et nous faire participer aux divagations des personnages sans pour autant avoir recours à des effets psychédéliques faciles ou des effets visuels éculés, pour préférer innover dans la simplicité efficace et graphique.

Donc, ce Freebird nous offrira un excellent délire au sein du film de "biker's" grâce à son humour communicatif et ses situations savoureuses et désopilantes portées par des personnages naturels et foncièrement attachants !

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur l’édition française du film proposée par Emylia, une présentation est disponible ici !

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20.04.10

07:15:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Fantastic mister Fox
Réalisateur : Wes Anderson
Durée du film : 1h28
Date de sortie du film : 17 février 2010
Avec les voix (pour la version française) de : Mathieu Amalric (mister Fox), Isabelle Huppert (madame Fox), etc.

Par Nicofeel

Considéré comme un des cinéastes majeurs du cinéma américain indépendant, Wes Anderson (Rushmore, La famille Tenenbaum, La vie aquatique) nous revient en 2010 avec ce Fantastic Mr Fox, adaptation du roman de Roald Dahl.
De surcroît, le film correspond à du cinéma d'animation avec des marionnettes qui ont remplacé les acteurs fétiches de Wes Anderson, ces derniers effectuant les voix des marionnettes. Ayant vu la version française du film, je n'ai donc pas pu juger les voix originales du film.
On peut se douter que le travail de réalisation a dû prendre beaucoup de temps puisque Wes Anderson a utilisé le procédé de la stop motion (animation image par image). Le résultat à l'écran est très probant. On a l'impression d'un film d'animation à l'ancienne, dans le style du somptueux Dark crystal.
Pour autant, si Wes Anderson réalise un film d'animation très léché sur le plan visuel, on retrouve toutes les thématiques chères à cet auteur. Les relations au sein de cette famille de renard sont parfois conflictuelles. Chacun doit faire avec les défauts de l'autre. Tout n'est pas parfait mais en essayant d'améliorer les choses, on peut y arriver. Bizarrement, c'est en utilisant des animaux comme principaux protagonistes que Wes Anderson se révèle le plus émouvant, par rapport à ses autres longs longs métrages. Ces animaux qui vivent comme des humains ne sont-ils pas une émanation de notre société contemporaine ? Sans nul doute, Fantastic mister Fox est une belle métaphore de notre existence.
D'ailleurs, son héros principal, le fameux mister Fox, qui cherche à être reconnu (d'où la volonté d'être « fantastic ») et à se faire remarquer de tous, est un personnage au départ relativement isolé qui va finir par s'ouvrir aux autres. Surtout, mister Fox n'hésite pas vers la fin du métrage à reconnaître ses torts. Il se remet en question, ce qu'il n'avait jamais fait jusque-là, prouvant qu'il est nécessaire de rester soudé pour s'en sortir.

Le personnage de mister Fox est vraiment très intéressant car il évolue au cours du film. Au départ, il n'écoute personne, même pas sa propre femme (sauf lorsqu'il fait la promesse de changer de métier). Il souhaite être libre de ses actions (voler des poules) et ne pas forcément rentrer dans la monotonie d'une vie rangée. Mais mister Fox va bien finir par comprendre que la vie familiale est fondamentale et que pour pouvoir survivre, on ne peut pas le faire seul. Il faut se serrer les coudes. Le film est ainsi l'occasion d'une réflexion sur la vie, mister fox n'étant pas éternel et les années en tant que renard passant vite.
Le cinéaste Wes Anderson en profite aussi pour régler son compte au capitalisme dans ce film. Si dans cette histoire la peau de mister Fox est mise à prix par trois fermiers qui comptent bien lui faire payer ses vols à répétition, c'est une façon d'indiquer que les gros propriétaires (les trois fermiers) veulent plus que jamais conserver leur position dominante. Le combat de mister Fox devient celui du petit contre le gros. Par extension, on pourrait voir dans ce film le combat des particuliers contre les grosses sociétés. Ce n'est pas un hasard si la fin du long métrage se termine dans un supermarché, lieu d'expression de notre société capitaliste.
En plus de ses thématiques qui ne manquent pas d'intérêt, le film se révèle très drôle, aussi bien dans les rapports entre les personnages (le fils de mister Fox avec son cousin ; mister Fox avec son fils) que dans les scènes d'action qui sont parfois à mourir de rire (les combats avec le rat ou encore la fuite souterraine de toute l'équipe de mister Fox). L'humour est omniprésent et permet de dédramatiser des situations qui n'ont bien souvent rien de drôle.
Signalons également la qualité de bande originale du film qui bénéficie d'une bande son éclectique et de qualité, qui va des Beach Boys à du Georges Delerue.
Au final, Fantastic mister Fox est un film d'animation très plaisant à voir, qui par la richesse de ses thématiques et par son côté atypique – le film s'intégrant parfaitement à la filmographie de Wes Anderson – s'adresse avant tout à un public d'adulte.
Terminons par un clin d'oeil : on pourra noter que Fantastic mister Fox est produit par la Fox (Century Fox) !

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19.04.10

07:45:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Freebird
Freebird

Le film de "biker's" étant une denrée rare dans le paysage cinématographique, c'est toujours avec un enthousiasme certain qu'est accueillie l'annonce d'un nouveau titre. Et cette fois-ci, c'est du côté de l'Angleterre que vient la bonne nouvelle avec ce "Freebird", premier long métrage du jeune Jon Ivay qui débarque directement chez nous en DVD et en Blu-ray sous l'impulsion de l'éditeur Emylia le 20 avril.

Freebird

Le script va laisser trois motards londoniens (Fred, Tyg et Grouch) quitter la ville à la recherche d’un mouvement hippie avec une ferme de cannabis dans les montagnes Galloises. Fred a fait une promesse à son vieil ami "Le Président" : quelles que soient les situations, il ne reviendrait pas les mains vides. Ce qui a été initialement conçu comme un agréable week-end à la campagne devient une véritable mission.

Freebird

Faisant fi des stéréotypes, le réalisateur Jon Ivay aura largement sympathisé avec ses protagonistes pour les rendre foncièrement attachants, tout en offrant une vision d'un script certes quelque peu trop compliqué dans sa guerre entre deux bandes de motards à laquelle le trio va se retrouver mêlé contre son gré, mais fournissant avec l'irruption de la drogue une bonne partie de l'humour psychédélique du film basé sur des situations folles et croustillantes et sur ces dialogues bien trouvés. Mais nos biker's seront également bien traités, avec un amour communicatif de la moto largement visualisé, que ce soit sur autoroute, dans les rues de Londres ou même en campagne, tandis qu'une partie du folklore traditionnel de ce milieu apparaîtra sporadiquement, mais sans jamais devenir le seul attrait d'une œuvre cherchant surtout à communier avec son spectateur par le biais de ses personnages et par ses délires hallucinés.

Freebird

L'édition DVD du film proposera le métrage avec une image en 2.35 (16/9 anamorphique) tandis que la bande-son sera disponible en français en DD5.1 et en DTS, et en anglais sous-titré en DD5.1. Au niveau des bonus, on pourra suivre le sympathique making-of du film, quelques scènes coupées ainsi qu'un imposant diaporama.
Le Blu-ray du film avancera également le film avec un format d'image en 2.35 (1080p/24) et une bande-son en français et en anglais sous-titré en DTS-HD pour laisser les mêmes agréables bonus prolonger la vision du métrage.

Freebird

Donc, c'est à partir du 20 avril que nous allons pouvoir nous plonger dans ce premier long métrage prometteur d'un réalisateur à suivre puisqu'il aura réussi pour son premier essai à nous gratifier d'une comédie savoureuse et à l'humour délirant largement communicatif !

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18.04.10

02:00:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

par Nicore

His name was Jason

Documentaire complet sur la franchise des Vendredi 13, ce His name was Jason pourra se targuer de laisser intervenir la majorité des principaux intervenants ayant contribué à l’un ou l’autre des douze films ayant participé à la légende de Jason Voorhees, véritable icône indémodable du genre horrifique et du "slasher", le tout sur un ton léger et vif qui permettra aux fans de revisiter chacun des films tout en prenant connaissances d'anecdotes croustillantes et de commentaires enjoués qui hélas n'échapperont pas toujours au ton promotionnel ou a l'auto-satisfaction.

His name was JasonLe maître d'œuvre du documentaire sera le maquilleur Tom Savini qui va assurer les différentes transitions entre chacun des sujets abordés pour toujours asseoir son humour noir caustique et savoureux lors de petits montages réussis pour ainsi garantir une fluidité d'ensemble non négligeable. Et bien entendu, le documentaire va commencer par revenir chronologiquement sur chacun des différents chapitres de la saga des Vendredi 13 en laissant acteurs, réalisateurs et même des intervenants extérieurs (comme Adam green, le réalisateur de Hatchet) revisiter les principaux éléments marquants de chaque métrage, tout en nous proposant également de courts extraits mettant évidemment en avant Jason.

His name was JasonEnsuite, toujours en compagnie de ces intervenants qui vont se succéder sur un rythme vif, leur laissant souvent à peine le temps de placer une ou deux phrases, nous allons retourner aux origines de Jason et de son enfance brièvement évoquée dans le premier film de Sean S. Cunningham, pour ainsi développer ses traumatismes liés à la vision de sa mère décapitée et à sa noyade dans le lac de Crystal Lake, pour après voir les ingrédients obligatoires de tout Vendredi 13 qui se respecte être décortiqués, entre les différents protagonistes stéréotypés, l'érotisme léger et la violence des meurtres et bien sûr la présence d'un Jason Voorhees emblématique de la franchise.

His name was JasonUn jouissif best-of des meurtres les plus graphiques viendra ensuite donner une furieuse envie de se replonger dans chacun de ces films pourtant souvent tailladés par la censure et ce sera un véritable plaisir de savourer ces plans sanglants des meurtres que chaque amateur aura toujours en mémoire (le handicapé du chapitre deux, par exemple), même si on pourra déplorer qu'aucun extrait du premier film de la franchise ne soir disponible, certainement pour des problèmes de droits, manque compensé par des photos de tournage certes figées mais suffisantes pour illustrer certains morceaux de bravoure, comme le meurtre de l'acteur Kevin Bacon.

His name was JasonAfin d'explorer encore plus en profondeur la franchise, le documentaire va également s'intéresser aux différents acteurs ayant endossé le masque de Jason, pour de courtes interviews croisées qui éclaireront sur leur manière bien différente de voir le personnage et de l'interpréter, avec notamment l'appréciation de Kane Hodder qui joua Jason quatre fois, ce qui trouvera une résonance adaptée avec la partie suivante qui mettra en valeur les rares personnages des films ayant réussi à survivre aux assauts de Jason, extraits des films à l'appui et interview des actrices (puisque ce seront souvent des jeunes femmes qui vont résister au tueur de Crystal Lake) qui laisseront apparaître une certaine fierté d'avoir joué ces protagonistes ayant mené la vie dure au tueur.

His name was JasonEnsuite, des souvenirs de tournage viendront continuer de nous abreuver d'anecdotes tout en déflorant certains effets spéciaux des films (et surtout ceux utilisés pour le troisième volet de la saga et ses effets en 3D), revenant au passage trop rapidement sur les démêlés que la franchise a connu avec la censure (en insistant légitimement sur la dénaturation d'un Vendredi 13 chapitre 7 édulcoré de toutes ses scènes sanglantes), pour alors mettre en avant les incohérences et autres oublis scénaristiques qui ont émaillés les différents films, pour toujours ces souvenirs et autres révélations amusantes, évoquant même la série télévisée dérivées ou encore la difficile attribution de l'idée de se servir d'un masque de hockey revendiquée par plusieurs intervenants sans que le documentaire ne parvienne à trancher pour rétablir une vérité bien indiscernable, sans oublier la célèbre partition musique dont l'origine sera ici dévoilée par son compositeur.

His name was JasonEnfin, nous aurons droit à un sympathique tour d'horizon des différents créneaux de merchandisings de produits dérivés de la franchise, avec aussi bien ces jeux vidéos que ces poupées et autres figurines, sans oublier les interventions de Jason dans les séries ou sur le petit écran, tandis que les conventions ne seront que rapidement traitées. Le dernier volet s'attardera sur la mise en chantier du remake de Marcus Nispel pour permettre à son réalisateur et aux interprètes de nous donner leurs impressions sur ce nouveau départ encore en gestation au moment où le documentaire a été réalisé.

His name was JasonComme on peut le voir, le documentaire cherchera avec justesse à revenir sur la saga dans sa globalité, ne délaissant aucun volet et en ayant une volonté de bien mettre en avant la spécificité de chaque film, chaque temps fort et ce sera fait avec une mise en forme dynamique, rythmée et plaisante à suivre, sans jamais devenir fastidieux en ne s'attardant réellement jamais sur des détails insignifiants, pour en plus ne jamais paraître récurrent ou rébarbatif, faisant s'écouler le temps trop rapidement pour arriver déjà au mot de la fin, qui n'en sera pas vraiment un puisque ce documentaire sera accompagné d'une foule de bonus percutants et prolongeant l'expérience avec plus de profondeur sur certains thèmes.

His name was JasonCe qui frappera également, ce sera le nombre important d'intervenants retrouvés pour participer au documentaire, avec une foule d'acteurs, de Betsy Palmer (qui joua la mère de Jason dans le premier film) à Adrienne King (qui interpréta Alice la survivante du premier volet et qui interviendra brièvement dans le second el temps de mourir), en passant par Lar Park-Lincoln (la fameuse Tina du chapitre sept), tandis que les réalisateurs seront tous de la partie (sauf Steve Miner), tout comme les acteurs ayant incarné le tueur de Crystal Lake et certains maquilleurs, et tandis que des personnes extérieures à la saga viendront aussi donner leur avis, comme Felissa Rose, connue pour son rôle terrifiant dans Sleepaway camp. Tout ce petit monde sera évidemment ravi de pouvoir revenir sur leur expérience au sein de la franchise et ce sera avec un plaisir communicatif qu'ils évoqueront leurs souvenirs de tournages ou s'entretiendront sur ce que cette participation leur a apporté.

His name was JasonMais bien entendu, ce sera aussi avec une certaine jubilation que nous pourrons revoir de très nombreux extraits des longs métrages (à l'exception du premier) qui mettront en avant les meurtres les plus originaux ou représentatifs, mais aussi différents temps forts de la saga, pour retrouver ainsi Jason dans ses œuvres sanglantes, sans pour autant que le documentaire se borne à visualiser uniquement des apparitions du tueur puisque les principaux personnages de la franchise seront eux aussi replacés dans leur contexte. Mais en plus de ces extraits, on pourra suivre de courts passages de scènes de tournage et de tests d'effets spéciaux, tandis que de très nombreux clichés viendront aussi appuyer les dires de chacun.

Donc, ce His name was Jason sera tout simplement un documentaire indispensable pour tout fan de la franchise des Vendredi 13 tout en permettant aux autres de découvrir cette saga et son icône qui aura marqué son époque durablement !

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17.04.10

02:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Ensemble nous allons vivre une très très grande histoire d'amour
Réalisateur : Pascal Thomas
Durée du film : 1h39
Date de sortie du film : 7 avril 2010
Avec : Julien Doré (Nicolas), Marina Hands (Dorothée), Guillaume Gallienne (Hubert), Noémie Lvovsky (madame Adélaïde), Bernard Ménez (le patron du salon de coiffure), Christian Morin (le journaliste), etc.

Par Nicofeel

Après avoir réalisé entre autres Mercredi, folle journée ! (2001), Le grand appartement (2006) et Le crime est notre affaire (2008), Pascal Thomas nous revient avec un film complètement délirant.
Avant de voir le film, on peut déjà s'en douter : ensemble nous allons vivre une très très grande histoire d'amour. Pascal Thomas va se faire plaisir et nous faire plaisir du même coup en nous proposant une comédie romantique. Mais heureusement le cinéaste a eu la bonne idée de nous servir un long métrage à des années-lumière de la comédie romantique habituelle. Pascal Thomas fait exploser de toutes parts les codes du genre.
Le film est loin d'être balisé. Ne serait-ce déjà qu'avec ses personnages qui apparaissent totalement décalés. Les deux rôles principaux ont échu à l'excellente actrice Marina Hands (Lady Chatterley) et de manière beaucoup plus étonnante au chanteur Julien Doré. Ce dernier est pourtant excellent dans son rôle avec notamment son accent méridional.
Mais au juste de quoi nous parle le film ? De deux jeunes gens, Nicolas (Julien Doré) et Dorothée (Marina Hands) qui tombent amoureux l'un de l'autre dès leur première rencontre, lors d'un festival de danse folklorique (!). C'est immédiatement le coup de foudre.
Mais alors, si nos deux tourtereaux se retrouvent ensemble dès le départ, quel est l'intérêt du film ?
Eh bien le réalisateur Pascal Thomas a décidé de nous montrer un amour qui va être soumis à rude épreuve, devant faire face à des malentendus, des trahisons et des séparations. Pour autant, et c'est là où Pascal Thomas est le plus fort, c'est que son film véhicule une émotion vraie et sincère en passant par le registre de la comédie.

A l'image de ces très beaux paysages ensoleillés et de ces belles régions urbaines, cet amour, poussé à l'extrême, est beau à voir.
Ainsi, Julien Doré est savoureux en interprétant le rôle de Nicolas, ce jeune homme qui va tout faire pour conquérir sa belle. Et quand celle-ci va lui échapper en raison de quiproquos et de commérages, tel un Rastignac de l'amour, il va monter à Paris afin de la retrouver et de faire à nouveau sa vie avec.
En être sensible ayant un amour pur pour Dorothée, Nicolas va traverser Paris. Ne parvenant pas à la retrouver, on voit alors un Nicolas qui devient un clochard et va même jusqu'à tenter de suicider. On appréciera le talent de Pascal Thomas qui réussit tout de même à faire passer des éléments graves (la pauvreté avec cet homme devenu un moment un clochard ; la tentative de suicide) avec sa patte comique. Jamais le film ne tombe dans un côté larmoyant. Et puis, il demeure évident que Pascal Thomas aime tous ses personnages, leur donnant à chacun une existence propre. L'humanisme du film est clair et net. A tel point qu'on en arrive à des situations incroyables, comme ce triangle amoureux formé de Nicolas, Dorothée et Hubert (Guillaume Gallienne, formidable de drôlerie et de sensibilité dans le rôle difficile d'un sourd-muet). Nicolas et Hubert désirent la même femme mais ce dernier finit par comprendre que son épouse d'alors sera mieux avec Nicolas. La fin du film part complètement en vrille avec le mariage (attendu) entre Nicolas et Dorothée qui se fait dans un couvent avec la bénédiction d'un Hubert qui a retrouvé tous ces sens !
Histoire rocambolesque, abracadabrantesque, le film Ensemble nous allons vivre une très très grande histoire d'amour fait montre d'une joie communicative. Le côté anarchiste de Pascal Thomas est mis au service de l'humour et du bonheur de vivre.
Les seconds rôles du film sont eux aussi hauts en couleur et participent au succès du film. Citons notamment le personnage joué par la cinéaste Noémie Lvovsky en sorte de nymphomane éprise de Nicolas ou encore celui de Bernard Ménez, excellent en patron de salon de coiffure.
Tout ce petit monde évolue dans un environnement parsemé d'embûches mais où la liberté et la joie de vivre sont fondamentament les maîtres mots. Rien que pour cela, le film de Pascal Thomas, qui n'est certes pas parfait (une certaine irrégularité en raison du côté foutraque de l'ensemble), mérite largement d'être vu.

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16.04.10

02:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Shutter island
Réalisateur : Martin Scorsese
Durée du film : 2h17

Date de sortie du film : 24 février 2010

Avec : Léonardo Di Caprio (Teddy Daniels), Mark Ruffalo (Chuck Aule), Ben Kingsley (le psychiatre en chef), Michelle Williams (Dolores Chanal), Max von Sydow (le docteur Jeremiah Naehring), etc.

Par Nicofeel

Shutter island

Après avoir réalisé des films soit légèrement décevant en raison de son talent intrinsèque (Aviator, Shine a light) soit manquant cruellement d'originalité (The departed, qui n'est rien d'autre que le remake d'un film asiatique récent), Martin Scorsese nous revient enfin au meilleur de sa forme.
Il faut dire que le cinéaste bénéficie dès le départ d'atouts non négligeables. Ainsi, le réalisateur américain adapte un roman de Dennis Lahane, connu également pour avoir écrit le livre à l'origine de Mystic river (le film de Clint Eastwood).
Et puis le casting est digne d'un hôtel 3 étoiles : Leonardo Di Caprio (toujours très bon quand il est filmé par Martin Scorsese), Mark Ruffalo, Ben Kingsley et Max von Sydow. Rien que ça !
Venons-en au film. L'action de ce dernier se déroule en 1954, le marshal Teddy Daniels (Di Caprio) et son collègue Chuck Aule sont dépêchés sur une île, et précisément dans un hôpital psychiatrique où sont internés de dangereux criminels. C'est d'ailleurs la disparition d'une des patientes, Rachel Solando qui explique la présence des autorités fédérales américaines. Dès le début, un climat étrange s'instaure. En effet, personne - ni le personnel soignant ni le personnel de surveillance ni mêmes les administrés – n'a vu où a pu s'enfuir cette personne. Seul indice, un papier avec une suite de chiffres et de lettres trouvé dans sa cellule. A ce moment précis, on est en droit de penser qu'il puisse s'agir d'un film de fantôme, d'autant que cette patiente n'a pas pu se volatiliser.

Incontestablement, la grande force du film de Martin Scorsese est sa capacité à brouiller. Au même titre que les deux marshals, le spectateur n'a jamais de coup d'avance sur nos deux enquêteurs.
Le cinéaste américain distille divers éléments qui nous amènent sur plusieurs pistes, sans que l'on sache pour autant où il veut en venir.
Par exemple, pendant un bon moment, on se demande si Teddy Daniels a été drogué à son insu ou si ses cauchemars sont bien réels. Il y a de quoi être interloqué. Surtout, Scorsese ne livrera les informations qu'à la fin. Avant, le cinéaste nous aura fait explorer diverses contrées, en utilisant le mode du thriller. Plus précisément, le film fait penser à un policier des années 50 avec sa photo sombre, le fait qu'il se passe souvent de nuit et cette intrigue qui met les deux marshals à la recherche d'un évadé.
En plus de son scénario particulièrement retors dont l'intrigue ne sera dévoilée qu'à la fin, le film se distingue par des personnages secondaires bien marquants. C'est par exemple le cas de Max von Syndow dans le rôle de cet allemand qui a émigré et qui est plus que trouble. C'est un vrai rôle de composition, qui fait penser au sublime L'oeuf du serpent sur le nazisme et les horribles expériences commises sur les gens. Il y aussi des patients réellement inquiétants comme ce pyromane que l'on ne retrouve pas, George Noyce ou Rachel Solando avec cette superbe scène dans la caverne (qui rappelle la caverne d'Aristote).
Par ailleurs, les thématiques évoquées dans le film ne manquent pas d'intérêt. A de nombreuses reprises, les traumatismes du marshal Teddy Daniels rappellent l'horreur des camps de concentration avec le massacre d'innocents. Dans le même ordre d'idée, le film insiste sur le meurtre d'enfant, fait que l'on voyait déjà dans le très bon film Mystic river, les deux films adaptant au demeurant le même auteur.
Surtout, une fois que l'on a vu le film, on comprend que l'ensemble est une réflexion sur la schizophrénie. Le film prend alors d'autant plus de consistance que de nombreux éléments qui paraissaient insensés deviennent explicables, quand on décide de se placer du côté d'un esprit tourmenté. Le rôle de Teddy Daniels a été taillé sur mesure pour un Léonardo Di Caprio très crédible, que l'on avait déjà trouvé très affuté dans un rôle comparable (dans le sens où les deux rôles sont ceux d'hommes tourmentés) sur le film Aviator. En somme, le film correspond à l'expérience et aux troubles vécus par un vétéran de guerre, qui ont eu sur son cerveau un effet traumatique, et que l'administration tente de récupérer.
En synthèse, Shutter island n'est certainement pas le meilleur film de Martin Scorsese mais il s'agit tout de même d'un excellent cru.

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15.04.10

07:40:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

He was Jason
He was Jason

"Héros" de la prolifique saga horrifique des Vendredi 13, Jason Voorhees, le tueur au masque de hockey, méritait bien un documentaire pour retracer ses exploits sanglants déclinés tout au long des douze films de la franchise. C'est chose faite depuis l'année dernière avec ce His name was Jason qui va revenir sur divers aspects des différents titres grâce à l'intervention des principaux acteurs, réalisateurs et autres ayant œuvré au sein de la saga, et nous allons à partir du 20 avril pouvoir découvrir ce documentaire grâce à l'éditeur Emylia qui fera pour l'occasion un cadeau indispensable aux fans de Jason en proposant une édition mémoriale blindée de bonus, aussi bien en DVD qu'en Blu-ray.

He was Jason

Le documentaire va aussi bien revenir sur les faits marquants des différents films de la franchise que sur les origines de Jason Voorhees, puis sur les ingrédients nécessaires au bon fonctionnement d'un Vendredi 13 avant de nous gratifier d'un best-of des meurtres les plus graphiques et imaginatifs. Les différents interprètes de Jason seront également mis à l'honneur, tout comme les rares personnages ayant réussi à survivre à leur affrontement avec le tueur au masque de hockey. Mais le documentaire va aussi évoquer les incohérences des intrigues, les démêlés rencontrés avec la censure, l'origine du célèbre masque et sa paternité délicate, la partition musicale devenue légendaire ou encore le merchandising des nombreux produits dérivés glorifiant Jason, pour se terminer en évoquant le remake mis en boîte par Marcus Nispel.

He was Jason

Le documentaire adoptera un ton assez léger et vif pour laisser parler les intervenants en ne s'attardant par sur chacun pour ne les laisser placer que quelques phrases selon les sujets abordés, donnant ainsi du rythme à un ensemble jamais rébarbatif ou redondant qui en plus donnera une belle part aux images d'époque des tournages des films de la saga tout en avançant de nombreux extraits, comme ce florilège des meurtres les plus violents et sanglants qui rappellera des très bons souvenirs à tous, mais on pourra aussi être agréablement surpris par le nombre important d'intervenants réunis autour des thèmes abordés, d'un réalisateur reconnu comme Sean S. Cunningham jusqu'aux acteurs et actrices oubliés depuis, en passant par les interprètes de Jason, les maquilleurs et même des personnalités extérieures venant donner des avis très justes. Et bien entendu, ce sera un toujours un plaisir de revoir à l'œuvre Jason, tandis que si peu d'informations inédites filtreront, les anecdotes savoureuses se multiplieront au fil des séquences, tout en mettant en avant des éléments peu connus de ce côté ci de l'Atlantique, comme cette attraction du parc Universal américain.

He was Jason

L'édition mémoriale DVD proposée par Emylia avancera une image en 2.35 (16/9 anamorphique), tandis que la bande-son sera en français en DD5.1 et en anglais sous-titré en DD5.1 et en DTS. Au niveau des bonus, le second disque viendra prolonger de manière exemplaire et gourmande la vision du documentaire grâce à de nombreux éléments. En effet, on pourra ainsi suivre de longues interviews passionnantes de chacun des acteurs ayant endossé le masque de Jason, mais aussi des différents réalisateurs ayant participé à la franchise (à l'exception de Steve Miner, étrangement absent) et des scénaristes du premier volet de la saga, tandis qu'un petit module formellement rétro et croustillant viendra nous donner des conseils pour survivre dans un Vendredi 13, que l'attraction du parc Universal sera entièrement décryptée pour un bonus très intéressant, laissant d'autres modules revenir sur les décors des Vendredi 13 part. 3 et sur la maison des Jarvis dans le chapitre final, pour également retracer plus en profondeur les écueils des intrigues des différents films de la saga ou même proposer des courts-métrages amusants.
L'édition Blu-ray du documentaire proposera l'image en 1.85 (1080p/24) pour une bande-son en DTS aussi bien en français qu'en anglais sous-titré, et tout en reprenant les mêmes bonus que l'édition DVD.

He was Jason

Donc, il ne reste plus qu'à patienter jusqu'au 20 avril pour pouvoir découvrir ce véritable cadeau fait aux fans de la franchise des Vendredi 13 par Emylia, qui permettra également aux autres de porter un œil différent sur cette saga horrifique indémodable !

He was Jason menu général
He was Jason les chapitres
He was Jason la sérigraphie DVD 1
He was Jason les réglages audio
He was Jason menu DVD bonus
He was Jason la sérigraphie DVD 2
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14.04.10

02:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Une vie toute neuve
Réalisatrice : Ounie Lecomte
Durée du film : 1h32

Date de sortie du film : 6 janvier 2010
Avec : Kim Saeron, Park Doyeon, Park Myeong-Shin

Par Nicofeel

Film quasi autobiographique, Une vie toute neuve n'a rien d'une sinécure. Le film raconte en 1975 l'histoire de Jinhee, une petite fille de 9 ans qui est placée en orphelinat par son père. Le film est assez dur dans la problématique qu'il propose.
Pour autant, et c'est la grande force de ce long métrage, aucune fausse note n'est à signaler. Le début du film évoque des moments de complicité, de réciprocité entre le père et Jinhee. La transition est donc d'autant plus difficile cet enfant qui est finalement abandonné par son père. A la différence de beaucoup d'orphelins, elle a été abandonnée et surtout elle n'est pas un bébé. Etre adopté à l'âge de 9 ans est loin d'être évident car il s'agit de changer d'environnement et donc de repères.
L'orphelinat est une nouvelle vie pour Jinhee. Celle-ci donc bien se faire une raison et accepter cette nouvelle vie qui lui est imposée. Cette vie toute neuve ne l'intéresse pas de prime abord. Comme on peut s'en douter, à de nombreuses reprises, Jinhee cherche à rentrer chez elle et à revoir son papa. Le jeu de la jeune actrice (Kim Saeron) est très juste puisqu'il est celui d'une jeune fille qui n'accepte pas de tirer un trait sur son passé. Il faut pourtant accepter de faire le deuil de sa vie passée.
C'est donc logiquement que Jinhee, après être passé par le déni (son père ne peut pas l'avoir abandonné, pense-t-elle) en vient à une phase de colère où elle en veut au monde entier.
Le film n'est pourtant pas forcément pessimiste. Il évoque d'abord tout le travail de ces Religieuses catholiques qui s'occupent au quotidien de ces enfants qui n'ont pas ou plus de famille et attendent désormais d'être adoptés.
Et puis les enfants entre eux font preuve d'une grande solidarité de groupe. Ils jouent ensemble, ils supportent les moments plaisants comme les moments durs dont sont victimes certains (voir la belle scène où la plus grande, qui a une jambe malade, a eu le coeur brisé et a tenté de suicider et doit se repentir devant toute la population de l'orphelinat ; les enfants se mettant pour leur part à rire, donnant l'impression d'avoir compris ce qui se passait mais cherchant surtout à dédramatiser cette situation). Les enfants sont contents de voir certains d'entre eux qui quittent l'orphelinat pour trouver une nouvelle famille.
On appréciera ainsi particulièrement la belle histoire d'amitié entre la grande, Sookhee, âgée de 11 ans et Jinhee. C'est grâce à Sookhee que Jinhee va accepter sa nouvelle condition. Mais c'est loin d'être évident et notre petite héroïne va connaître de sérieux moments de rechute.
Ces moments sont d'ailleurs assez forts dans le film, comme lors de cette scène où Jinhee décide de creuser un trou profond, de se mettre dedans et de le recouvrir de terre et de feuilles mortes. C'est cette fois-ci à sa façon que Jinhee fait le deuil de son amie, qui vient d'être adoptée.
Car l'une des thématiques essentielles du film reste bien l'adoption. Ces enfants qui n'ont plus de famille, si ce n'est les autres enfants qui jouent avec eux, ou les Soeurs qui s'occupent d'eux, aspirent à trouver des parents adoptifs. Le film indique clairement ce fait très important pour ces enfants. Le meilleur exemple en est le personnage de Sookhee qui sait qu'elle est relativement âgée (11 ans) pour pouvoir être adoptée et qui fait tout pour se faire adopter auprès de parents étrangers. Elle est sans cesse souriante, bavarde lorsqu'elle rencontre de possibles parents adoptifs. Elle a même choisi d'apprendre quelques mots en anglais (bonjour, papa, à demain) pour se distinguer des autres enfants. L'adoption est quelque chose de particulièrement important puisqu'il permet d'avoir droit à cette fameuse vie toute neuve.

Cela n'empêche que même quand Jinhee trouve une famille d'accueil (en France), elle garde toujours dans un coin de sa mémoire le souvenir de son père. On a d'ailleurs droit à la fin du film à un très beau flashback où l'on voit Jinhee à l'arrière du vélo de son père. Evidemment, cette scène fait écho au début du film. Mais désormais la donne a changé. Puisque la jeune fille a accepté enfin de renoncer à sa vie passée.
Filmé de manière classique avec de très beaux mouvements de caméra qui laissent temps de se focaliser sur les protagonistes et sur leurs émotions, Une vie toute neuve est un film quasi documentaire qui signale au spectateur comment se passe la vie pour de jeunes enfants à l'intérieur d'un orphelinat.
Alors que d'habitude on assiste à des films qui montrent la difficulté d'adopter du côté des parents, on a cette fois le point de vue des enfants. Et le ton adopté dans le film est parfait. On évite un pathos ou un côté larmoyant qui aurait été malvenu. On se focalise dès lors d'autant plus sur les joies et les peines, ainsi que sur les émotions parfois caractérielles de ces enfants qui doivent faire avec une situation familiale particulièrement compliquée.
Se déroulant sur un faux rythme et avec une musique qui reste très légère, Une vie toute neuve n'est pas forcément un film facile d'accès. Pour autant, il mérite largement d'être vu.

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13.04.10

07:15:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Tout ce qui brille

Réalisateurs : Géraldine Nakache et Hervé Mimram
Durée du film : 1h40
Date de sortie du film : 24 mars 2010

Avec : Géraldine Nakache (Ely), Leïla Bekhti (Lila), Virginie Ledoyen (Agathe), Audrey Lamy (Carole), Linh-Dan Pham (Joan), Simon Buret (Max), Manu Payet (Eric), Daniel Cohen (Maurice), etc.

Par Nicofeel

Co-réalisé par Géraldine Nakache (vu dans Comme t'y es belle notamment) et Hervé Mimram, Tout ce qui brille est un nouveau film sur le monde des banlieues. Sauf qu'ici nous ne sommes pas dans La haine ou dans un film qui prend comme synopsis de base un fait sociétal.
Les deux cinéastes ont décidé d'utiliser le registre de la comédie pour faire passer leur message. Et reconnaissons qu'en dépit de quelques caricatures et lieux communs, le film est loin d'être dénué de fond.
L'histoire est assez simple : c'est celle de deux copines, Ely (Géraldine Nakache) et Lila ( Leïla Bekhti) qui vivent à Putteaux et en ont marre d'habiter en banlieue. Elles rêvent d'une autre vie et c'est la raison pour laquelle elles vont fréquenter des boîtes de nuit à Paris, leur permettant de rencontrer des parisiens de Neuilly.
A mi-chemin entre le conte contemporain (voir sur ce point les quelques séquences chantées qui font penser à du Jacques Demy) et la comédie sociale, évoque bien la misère présente en banlieue et le peu de débouchés qu'elle ouvre, sans pour autant tomber dans le misérabilisme. Le film est d'ailleurs assez clair dans son propos. C'est finalement l'histoire de beaucoup de jeunes qui rêvent d'une autre vie.
Ely et Lila qui sont respectivement serveuse dans un fast-food et dans un cinéma veulent connaître autre chose que leur banlieue. Elles sont donc naturellement attirées par « tout ce qui brille », c'est-à-dire par les soirées données par les riches et par le faste de la vie des personnes qui ont beaucoup d'argent. Les rencontres incongrues entre ces deux mondes donnent lieu à des scènes très drôles. De ce point de vue, Virginie Ledoyen est excellente dans le rôle d'une bourgeoise pur jus. Elle est réllement très différente des deux autres jeunes femmes venues de Putteaux, et de leur copine Carole, coach de sport occasionnelle.
Pour autant, le film a vite fait de rappeler à ses héroïnes qu'il convient de ne pas oublier d'où le vient et surtout de ne pas oublier les siens. C'est ainsi que la jeune Lila fait croire qu'elle habite aussi à Neuilly au Don-Juan de service, à savoir Max alors qu'Ely finit par se fâcher avec son père, en reniant ses origines et son milieu.

Car finalement qu'est-ce que montre le film ? Déjà que l'on ne peut pas évoluer dans un monde qui n'est pas le sien. Mais aussi et surtout qu'il est primordial de ne jamais oublier les êtres que l'on fréquente habituellement, que l'on aime et qui vous aiment.
Si la mise en scène est plus fonctionnelle qu'autre chose et ne permet pas au film de s'élever sur ce point, en revanche on appréciera la justesse de ton. On est sans cesse sur un ton qui évolue entre drôlerie et mélancolie, le tout avec des personnages hauts en couleurs. La plupart des seconds rôles disposent de personnages qui leur permettent de véritablement exister. Les deux cinéastes font preuve d'une réel humanisme que l'on retrouve au travers de quasiment tous les rôles du film : citons pêle-mêle le sympathique Slim qui est manifestement amoureux d'Ely et n'a rien trouvé d'autre comme méthode d'approche que les jeux de mot avec le prénom Ely (hélicoptère, etc. ) ; Eric qui est amoureux de façon très sincère de Lila ; le père d'Ely qui fait preuve d'une grande tendresse auprès de sa fille (c'est sa « poulette »).
Et puis la thématique reste belle, avec cette histoire d'amitié, faite de hauts et de bas, mais qui reste précieuse. Et puis le film évoque aussi les difficultés que l'on peut retrouver au sein de nombreuses familles : Leïla doit faire avec un père qui est rentré au pays (le Maroc) depuis de nombreuses années et ne reviendra plus jamais ; Ely qui fait le choix très contestable à un moment donné de s'éloigner de sa famille, et notamment de son père.
Chacun a ses qualités et ses défauts mais le film évoque clairement l'idée qu'il est primordial de faire avec les qualités et les défauts de chacun. Il convient de ne pas se brûler les ailes en allant dans un monde superficiel, car tout ce qui brille n'est pas or (voir le riche Max dont les qualités humaines sont loin d'être à la hauteur de sa richesse).
En plus de sa thématique intéressante et de son rythme endiablé, le film bénéficie d'une bande son qui est vraiment très sympathique, aussi bien par son côté éclectique que par la qualité des musiques où l'on retrouve : un duo entre Géraldine Nakache et Leïla Bekhti (Drôle de vie, qui est une reprise d'un titre de Véronique Sanson), The Streets, Clap your hands Say yeah, JP Verdin.
En somme, à défaut d'être un grand film, Tout ce qui brille est un film rafraichissant qui fait plaisir à voir.

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09.04.10

13:58:12, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Plague town

Premier long métrage de son réalisateur David Gregory, ce Plague town va brillamment réussir à créer une ambiance propice à toutes les peurs et s'en servir de manière efficace et probante, sans pour autant négliger un aspect sanglant bien présent, au sein d'une intrigue hélas non exempte de petits défauts, notamment au niveau d'une présentation des protagonistes certainement pas assez explicative.
Le script va laisser une famille américaine recomposée en vacances se perdre dans la campagne irlandaise et devenir les victimes d'enfants mutants.

Plague townLa séquence pré-générique aura le don de mettre le spectateur en condition en suivant cet accouchement redouté par la future mère qui aura du mal par la suite à accepter la décision du prêtre présent sur place, ce dernier voulant tuer le bébé (que nous ne verrons pas) comme n'étant pas un enfant de Dieu. L'intervention sauvage et sanguinaire du père, qui défoncera notamment le crâne du prêtre pour un premier effet gore saisissant, sauvera la vie de l'enfant. Cette entame du film jouera aussi bien sur un certain obscurantisme religieux avancé que sur l'apparence cachée du nourrisson pour titiller efficacement l'imagination et présager du pire et son déroulement en flash-back annoncé laissera supposer que l'enfant sera partie prenante dans les violences à venir.

Plague townEnsuite, nous aurons droit à la présentation des personnages principaux qui heureusement sera impliquante, intéressante et bien rythmée pour également laisser des questions en suspens en mettant en avant cette famille composée de Molly et de Jessica, deux sœurs ne pouvant vraisemblablement pas se supporter, accompagnées de leur père Jerry, un psychologue, et de sa fiancée Annette, le cinquième protagoniste étant Robin, un autochtone ayant récemment conquis le cœur de Jessica. Jerry aura donc voulu ce voyage sous forme de retour aux sources de leurs origines en Irlande pour essayer de ressouder les siens et réussir l'intégration de celle qui compte épouser. Mais hélas pour lui, les choses vont rapidement mal tourner.

Plague townDéjà, l'ambiance familiale sera complètement pourrie par les réflexions désobligeantes de Jessica sur l'état psychique fragile de sa sœur Molly et sur la situation d'Annette, qui n'est pas sa vraie mère, et tandis que la présence de Robin ne sera pas appréciée par tous. Ensuite, leur pèlerinage en rase campagne va tourner court lorsqu'ils vont rater le dernier bus susceptible de les ramener en ville, les obligeant à essayer de trouver un refuge pour la nuit. Et enfin, le réalisateur aura pris soin de placer ici ou là des éléments troublants et de mauvais augures relatifs à des meurtres commis dans les environs récemment et la présence mystérieuse de deux fillettes au comportement étrange ne fera que renforcer cette tension naissante et déjà effective.

Plague townLa nuit approchant, le petit groupe va tomber sur une voiture française abandonnée sur un chemin (et dont un rapide flash-back hypnotique nous renseignera sur les destin funeste des occupants) et décider de s'y réfugier, tandis que Robin, bientôt rejoint par Jessica, va aller essayer de trouver de l'aide. Ce sera le début d'une escalade dans la terreur rondement menée puisque chacun des protagonistes va tomber sur ces enfants mutants adeptes du sadisme et de la flagellation à coups de branches au détour de mauvaises rencontres souvent sanglantes et imaginatives dans l'art de faire souffrir ou de tuer (le fil de fer ou encore cet enjoliveur de voiture qui deviendra une arme redoutable pour frapper violemment un visage à de nombreuses reprises).

Plague townMais ces attaques se feront dans une ambiance étrange, gothique et parfois même bizarrement poétique qui ne cherchera pas vraiment à verser dans le "survival" pour au contraire laisser le mystère et les interrogations liées à la présence de ces enfants prendre régulièrement le pas sur une action certes vive mais ne cherchant pas le rebondissement à tout prix, laissant les situations s'exposer pleinement pour bien mettre en avant les jeux sadiques et un brin pervers des enfants, tout en laissant peu à peu entrevoir quelques explications guère rassurantes et offrir au métrage une ampleur alarmante et épouvantable bien maîtrisée mais sans surprise dans son agencement (la seconde mauvaise rencontre de Robin). Cela permettra au réalisateur d'avancer son personnage unique, visuellement hors du temps et là aussi étrangement poétique, puisque cette jeune fille, Rosemary, d'une pâleur incroyable, toute vêtue de blanc et portant un masque terriblement troublant sur les yeux, aura de quoi nourrir tous les cauchemars.

Plague townPassée une première heure sans anicroche le métrage va juste quelque peu faiblir dans ses situations pour préparer la révélation finale attendue et entrevue qui sera avancée de façon assez sommaire tout en préfigurant d'un sort peu enviable pour les survivantes avec cette dernière séquence édifiante, tout en redevenant au final assez terre à terre et quitter cet univers tourmenté et onirique qui seyait si bien au métrage. On pourra aussi regretter quelques éléments complètement sous-exploités et abandonnés en cours de route, comme l'origine des troubles psychiques de Molly, ou encore le pourquoi de la disparition de la mère de deux sœurs, sans oublier ce paysan au comportement saignant lorsque son aide sera refusée.

Plague townMais ces menus défauts seront bien vite balayés lorsque la nuit tombera sur le métrage pour alors laisser cette atmosphère pleine de tension et de mystère s'installer autour des protagonistes, avec ces bruits lointains et inconnus guère rassurants et qui trouveront une résonance bluffante lorsque la vie et l'organisation de cette petite communauté sera progressivement dévoilée dans toute son horreur. Le métrage osera aussi s'attaquer aux enfants qui ici bien entendu en temps que tortionnaires recevront des coups et périront pour certains, mais cela ne deviendra jamais choquant, leur difformité avérée au niveau du visage faisant disparaître un quelconque air enfantin. Pour contrebalancer cette ambiance diabolique, le métrage n'hésitera donc pas à verser régulièrement dans un gore franc et direct, toujours brutal et sadique, qui fera vraiment mal dans l'expression d'une violence graphique forte et sauvage.

Plague townLes personnages resteront donc en partie superficiels à cause du manque de renseignements déjà évoqué, mais cela n'empêchera pas de rendre certains d'entre eux plutôt attachants, avec bien évidemment cette Jeune Molly recluse et différente des autres, tandis que l'interprétation sera convaincante en étant naturelle. La mise en scène du réalisateur David Gregory est largement efficace pour créer cette univers à le frontière de l'onirisme, bien aidé il est vrai par une partition musicale extrêmement réussie. Les effets spéciaux sont largement probants pour les nombreux effets sanglants volontaires mais sans jamais tomber dans la surenchère.

Donc, ce Plague town alignera la performance assez rare d'arriver à impliquer et à imprégner son spectateur de son ambiance terriblement angoissante et propice à générer la peur et l'inquiétude, tout en nous réservant quelque surprise violente et sanglante du plus bel effet.

Plague townLe DVD de zone 1 édité par Dark sky films avancera une image nette et sans défaut, même lors des nombreux passages se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera particulièrement réussie, avec une partition musicale énorme, le métrage étant ici proposé dans sa version originale anglaise, avec des sous-titres optionnels en anglais et en français.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un making-of sympathique et revenant sur l'intégralité du projet de manière sincère et sans se parer du ton promotionnel d'usage, un retour intéressant sur la partition musicale du film, ainsi que la bande-annonce.

Pour ceux qui voudraient rencontrer ces enfants mutants baignant dans une ambiance percutante, le DVD de zone 1 est disponible ici ou !

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08.04.10

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Mumu
Réalisateur : Joël Seria
Durée du film : 1h30
Date de sortie du film : 24 mars 2010

Avec : Sylvie Testud, Jean-François Balmer, Antoine de Caunes, Michel Galabru, Baltazar Dejean de la Bâtie, etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Joël Seria, auteur notamment du film culte Les galettes de Pont-Aven, Mumu est un petit film qui s'intéresse à la France de l'après-guerre avec une description de cette époque.
Le cinéaste livre un film qui ne manque pas d'intérêt par sa thématique mais qui souffre franchement d'un classicisme que l'on retrouve aussi bien au niveau de la mise en scène, de la photographie (qui est tout de même assez laide, faisant penser à une série télévisée) que de l'histoire qui est cousue de fil blanc.
Mais diante où est passée la verve de Joël Seria, qui nous décrivait dans les annéees 70 la France profonde avec une galerie de personnages hauts en couleurs. Il faut dire qu'aujourd'hui le cinéaste ne dispose plus du charisme exceptionnel d'un Jean-Pierre Marielle.
Pour autant, Mumu n'est pas un mauvais film. C'est une oeuvre qui rappelle quelque part Une vipère au poing d'Hervé Bazin avec cet enfant, Roger, âgé de 11 ans, qui est détesté de son père, lequel le bat fréquemment en raison de ses mauvaises habitudes en classe, et qui est à peine considéré par sa mère. Le constat est dramatique et on se doute bien que de tels comportements en famille doivent encore exister.

Surtout, le véritable intérêt du film est de montrer un système éducatif qui est à des années-lumière de ce qu'il est aujourd'hui. Sylvie Testud incarne ainsi Mumu, une institutrice qui est quasiment tyrannique avec ses élèves. Elle n'hésite pas à les taper, à leur supprimer des sorties ou encore à les interroger sans cesse afin d'éveiller leur intelligence. Le procédé est un peu extrême et on demeure étonné de voir des gifles qui volent dans tous les sens. Cependant, peut-on réellement blâmer cette institutrice qui cherche avant tout à faire réussir des élèves difficiles, qui pour l'instant n'ont absolument pas réussi leurs études. On voit bien les changements avec notre époque actuelle avec un enseignant qui a parfois bien du mal à garder les rênes de sa classe.
Le film est également intéressant par les relations qui s'instaurent entre la fameuse Mumu et les élèves. Ces derniers la craignent mais ils l'apprécient également car ils voient bien qu'elle est juste. Sylvie Testud est plutôt convaincante dans son rôle et elle rend parfaitement la pareille aux enfants qui jouent également assez justement. La relation entre l'enseignant et les enfants, même si elle n'est pas toujours évidente, est belle car elle est manifestement sincère.
Le petit Roger, qui était considéré par ses parents comme un bon à rien, fait ainsi tout son possible et prouve qu'il vaut bien plus que ce que les gens pensent de lui.
Et puis le film vaut le coup aussi par les relations qui s'établissent cette fois entre les enfants. Tous ces gamins sont solidaires et acceptent de partager beaucoup de choses. On a par moments la sensation de voir des images qui sortent du vécu du cinéaste avec la description des premiers émois amoureux, des bêtises faites avec les copains ou encore des moments presque intimes partagés ensemble comme cette scène où l'ami de Roger lui donne la possibilité de voir le corps nu de sa mère.
Mumu est aussi un film qui vaut le coup pour quelques seconds rôles où l'on retrouve avec plaisir Jean-François Balmer dans le rôle d'un ecclésiastique pas vraiment des plus sympathiques. Il y aussi Antoine de Caunes et Michel Galabru.
Au final, que penser de Mumu ? Film mineur de la filmographie d'un Joël Seria revenu enfin au cinéma (il avait entre temps œuvré pour la télévision), Mumu mérite d'être regardé pour son côté chronique rétro et pour le point de vue qu'il apporte quant à l'éducation à cette époque. Le film n'est pas pour autant vraiment passionnant à regarder, et ce en raison d'un scénario trop balisé et d'une photographie qui est franchement très moche.

Permalien 736 mots par nicofeel Email , 2049 vues • 1 réaction

07.04.10

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Légion
Réalisateur : Scott Stewart
Durée du film : 1h40
Date de sortie du film : 24 mars 2010

Avec : Paul Bettany, Lucas Black, Kate Walsh, etc.

Par Nicofeel

Réalisé par Scott Stewart, Légion est un film fantastique dont le synopsis rappelle fortement le Déluge dans la Bible. En effet, comme le rappelle le début du film, une prophétie indique que le monde sera plongé dans les ténèbres car Dieu en a marre des hommes.
Précisément, dans le film, Dieu a décidé d'envoyer ses anges, avec en tête Gabriel, pour en finir avec l'espèce humaine. Il y a des humains qui sont possédés et qui se débrouillent comme s'ils étaient des vampires.
Le film Légion ne se contente pas de la Bible. Il puise aussi sa source dans des films très connus. On pense plus particulièrement à Terminator avec cet ange « gentil », Michael, qui a décidé de se ranger du côté des humains. Sa mission est de sauver une jeune femme enceinte, car le bébé qu'elle porte peut empêcher la prophétie de se réaliser. L'humanité aurait donc une chance de survivre. Le parallèle que l'on peut faire avec l'enfant de Sarah dans Terminator est évident.

Légion puise aussi dans le fameux Une nuit en enfer de Robert Rodriguez. Les gens possédés qui rappellent fortement des vampires et le lieu isolé en plein désert sont des hommages plus qu'appuyés. Cela n'empêche pas le film de demeurer sympathique dans l'ensemble. Les quelques scènes d'action qui émaillent le film sont plaisantes à regarder. Ce sont des scènes qui se déroulent la nuit et qui voient un nombre important de personnes succomber aux tirs des résistants, ces êtres humains réfugiés dans un bar et qui tentent de sauver leur peau.
On a par ailleurs droit à quelques meurtres bien graphiques. C'est par exemple le cas du meurtre bien jouissif de la vieille dame ensorcelée (laquelle rappelle tout aussi bien L'exorciste que Jusqu'en enfer de Sam Raimi) ou encore l'explosion du père du famille, clouté sur une croix.
Même si cela ne dérange pas trop le déroulement du film, le cinéaste use et abuse de citations qui évoquent la Bible. C'est le cas par exemple du début du film qui se déroule à la veille de Noël, le 23 décembre. Il y a aussi la première explosion dans le film qui donne lieu à une entrée brûlante en forme de croix. On compte aussi un nuage d'insectes ou même le nom du bar, le « paradise lost ». Même les personnages se font l'écho de rappels à la Bible. Ainsi, l'un des deux Noirs du film déclare qu'il va chercher sa Bible puisqu'il faut bien que quelqu'un commence à prier. Ce sont précisément les dialogues dans le film qui handicapent fortement celui-ci.
Passé une première demi-heure relativement convaincante, le film Légion s'enlise très fortement avec de longs bavardages sur la vie des uns et des autres. Le film devient sérieusement ennuyeux et met un bon moment avant de redevenir intéressant.
Dès lors, on ne sera captivé que par le duel final entre l'ange Gabriel et l'ange Michael. Encore que ce combat est lui-même ralenti par plusieurs considérations morales et religieuses. On a d'un côté un être qui exécute les demandes de Dieu et de l'autre un ange qui fait preuve d'une réelle compassion à l'égard de l'espèce humaine.
Pour ne rien arranger, le film est rempli d'invraisemblances, plus ou moins gênantes. Le plus gros des incohérences est sans nul doute le fait que la serveuse qui accouche se remet en deux temps trois mouvements de son accouchement. Dans le même ordre d'idée, la récupération de l'enfant, qui est proche de tomber sur le sol, donne lieu à un réflexe proprement incroyable. On a aussi la voiture qui fait plusieurs tonneaux, et ses occupants (notamment le fameux bébé) qui ont, à une exception près, tout juste quelques égratignures. Le retour de l'ange Michael est lui aussi peu crédible.
Légion n'est donc pas un film original et n'est pas non plus dénué de défauts. Pour autant, l'action qu'il propose (mis à part un sérieux coup d'arrêt pendant plus d'une demi-heure) fait de ce film une série B regardable. Du reste, les acteurs se sentent concernés et sont à peu près crédibles dans leurs rôles respectifs. Quant aux effets spéciaux, ils sont réussis et permettent de prendre plaisir devant quelques scènes. Légion sera aussi vite oublié qu'il aura été vu mais il permet tout de même de passer un moment (presque) agréable. A voir, si vous n'avez rien d'autre à faire.

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05.04.10

21:00:00, Catégories: Nouveautés  

par Nicore

Le mois de mars qui vient de s’achever aura surtout été marqué par toute une série de ressorties plus ou moins intéressantes, mais également par l’arrêt de l’activité de l’un des éditeurs préférés des amateurs de cinéma-bis, Neo Publishing qui a annoncé sa disparition il y a peu, laissant ainsi un grand vide derrière lui, tandis que seuls quelques réelles nouveautés sont venues garnir les bacs, avec notamment très peu d'inédits n'étant pas passés par la case "salles obscures".

Underwolrd
L'exorciste

Au niveau de ces ressorties massives M6 Video et Warner Home Video auront fait très fort avec cette collection "WB Environmental" et ses packagings recyclables et son encre 100% végétale, pour ainsi proposer à nouveau aussi bien les trois Underworld que L'exorciste et L'exorciste : au commencement, mais également quelques autres titres de leur catalogue comme Entretien avec un vampire, Shining ou La maison de cire pour Warner, et 30 jours de nuit et le mauvais remake de Hitcher pour M6 video qui donnera en marge de cette collection une nouvelle chance au sympathique Outpost.

Saw 6
Morse

De son côté, Metropolitan/ Seven 7 auront réédité les deux premiers volets de la franchise The grudge à l'occasion de la sortie chez nous du troisième épisode de la franchise des fantômes énervés. Heureusement, l'éditeur nous aura proposé également La malédiction de Molly Hartley, l'inévitable Saw 6 et surtout l'excellent film suédois Morse et ses jeunes vampires.

The Manson family
Hoboken hollow

MEP Video aura lui aussi proposé quelques ressorties avec Relic, le déviant The Manson family ou encore l'amusant Dr Rictus, alors que Elephant films aura surfé sur cette vague de rééditions pour relancer deux de ses titres asiatiques The record et Nightmare, tout en nous offrant de la nouveauté avec La malédiction de Lola et le méchant Hoboken Hollow et son vétéran de la guerre en Irak tombant sur une famille de dégénérés sanguinaires.

Five acrosse the eye
Scarce

Emylia aura continué à capitaliser quelques uns de ses titres de sa collection "Extrême" en Blu-ray avec Five across the eye, The vanguard, Small town folk et Breathing room, l'éditeur ayant en outre eu le nez fin en nous proposant l'inédit Scarce critiqué ici et dont l'édition française est présentée , pour une œuvre dérangeante, violente et quelque peu sadique.

Bienvenue à Zombieland
The children

Pour ce qui est des titres ayant bénéficié d'une sortie au cinéma, ceux qui n'auront pas fait le déplacement en salles pourront découvrir, outre Morse déjà traité, le souriant et très sympathique Bienvenue à Zombieland grâce à l'éditeur Sony Pictures, mais aussi l'excellent The children édité par D'Vision et déjà traité dans son édition anglaise ici, ainsi que The descent 2 pour un retour mitigé des "crawlers" chez Pathé.

Zone of the dead
Babysitter wanted

Si les inédits se sont fait plutôt rares en mars, nous avons quand même eu l'opportunité de découvrir le "survival" espagnol The backwoods déjà évoqué ici et édité en France par One Plus One, ainsi que les zombies serbes de Zone of the dead chez Swift ou encore le loup-garou de The werewolf next door de Free Dolphin et le tueur de Babysitter wanted chez WE Productions.

X-tro
L'enterré vivant

Moins récents mais tout aussi passionnants ou graphiques, l'amateur aura eu l'occasion de (re)découvrir le barré X-Tro déjà proposé en "avant-première" avec le magazine Mad Movies il y a peu grâce à Opening bien discret ces temps-ci, mais aussi un Roger Corman de la grande époque de ses adaptations d'Edgar Allan Poe avec L'enterré vivant paru chez Sidonis.

Le rendez-vous est déjà pris pour fin avril, en espérant que ce mois qui commence sera porteur de fraîcheur et de plus de vraies nouveautés !

L'exorciste - La collection Warner

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The Grudge 3

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The grudge 3 (Blu-ray)

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Amazon à 9.99€
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Saw 6 - Director's cut

Saw 6 - Director's cut
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Saw 6 - Director's cut (Blu-ray)

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Morse (Blu-ray)

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Hoboken hollow

Hoboken hollow
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Scarce (Blu-ray)

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The children (Blu-ray)

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The descent 2

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The Backwoods

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Zone of the dead

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The werewolf next door

The werewolf next door
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Babysitter wanted

Babysitter wanted
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01.04.10

07:45:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Soul kitchen
Réalisateur : Fatih Akin
Durée du film : 1h39
Date de sortie du film : 17 mars 2010
Avec : Adam Bousdoukos (Zinos), Moritz Bleibtreu (Illias), Birol Unel (Shayn), Anna Bederke (Lucia), Pheline Roggan (Nadine), Demir Gokgol (Sokrates), Wotan Wilke Möhring (Neumann), etc.

Par Nicofeel

Le réalisateur allemand d'origine turque, Fatih Akin (Head on, De l'autre côté), nous revient avec une comédie ce qui peut paraître étonnant eu égard à sa filmographie.
Et pourtant, dès le départ, on est amusé par ce que l'on voit dans le film. Le cinéaste allemand a parfaitement rempli son contrat dans le genre de la tragi-comédie. A tel point que ce « feel good movie » donne une sacrée pêche une fois que l'on a fini de le voir.
Le synopsis raconte l'histoire de Zinos, un propriétaire de restaurant, le fameux Soul kitchen, qui va cumuler les malchances. D'abord, sa copine va quitter l'Allemagne pour rejoindre la Chine. Ensuite, il va se faire un très méchant mal de dos, problème qui ne va cesser d'augmenter tout au long du film. Enfin, alors que son restaurant est loin d'être au top au niveau du nombre de clients, il voit le retour de son frère, Illias, tout juste sorti de prison (il est en liberté conditionnelle).
Au-delà de ces problèmes qui sont loin d'être anodins, Fatih Akin livre une comédie fraiche, attendrissante, énergique, où l'altruisme est omniprésent. Car le personnage principal, Zinos, est un jeune homme fondamentalement bon. Il n'hésite pas à aider son frère pour lui permettre de se réinsérer, il décide d'embaucher un nouveau cuisinier qui venait tout juste d'être licencié, il permet à un gentil vieil homme, Sokrates, de loger sans contre-partie pécuniaire.
Le comportement de Zinos n'est pas anodin. En effet, il permet au cinéaste Fatih Akin de montrer de façon criante les problèmes économiques et sociaux de notre société actuelle. On est dans une société individualiste où le maître-mot est l'argent. Le personnage de Neumann, un truand de bas étage, que l'on trouve à l'origine de plusieurs combines, fait tout pour récupérer le Soul kitchen afin de se faire de l'argent.

L'Etat en prend aussi pour son grade. Ainsi, on voit à plusieurs reprises le fisc allemand qui est là pour ponctionner les quelques sous qui restent à Zinos. On a d'ailleurs droit vers la fin du film à une scène très drôle entre Neumann et la femme travaillant au fisc. Cela permettra de dire plus tard dans le film que Neumann a baisé le fisc mais le fisc l'a baisé !
La malbouffe en prend également pour son grade. Même si c'est fait avec beaucoup d'humour, Fatih Akin pointe du doigt ces fast-food où la nourriture n'est pas variée et manque cruellement d'équilibre alimentaire. A l'inverse, il se fait l'apôtre d'une nourriture saine et variée. Certains plats qui sont proposés dans le film font vraiment envie (et pas uniquement pour leur côté aphrodisiaque !).
A la manière d'un Capra, Fatih Akin prend fait et cause pour les petites gens, pour ces laissés-pour-compte qui ont bien du mal à joindre les deux bouts à la fin du mois mais qui ont un coeur gros comme ça ! Et c'est ce qui fait tout l'intérêt du film.
Les situations vécues par Zinos sont bien souvent rudes mais la façon dont Fatih Akin les raconte prête à sourire. En outre, le cinéaste montre bien des gens qui sont prêts à s'aider en cas de galère. Ainsi, les amis du frère de Zinos n'hésitent pas à venir à son aide lorsque celui-ci est en difficulté.
Et puis le film porte toujours un regard positif et optimiste envers ses personnages qui ne possèdent rien mais qui sont prêts à donner tout ce qu'ils ont. Lorsque Zinos ou son frère sont dans des situations délicates, le réalisateur leur donne une chance. C'est une façon de dire que la roue tourne et que chacun a droit à sa petite part de bonheur.
Autre fait remarquable du film, sa bande son. Elle se révèle très éclectique avec des morceaux de funk, bien évidemment de soul ou encore d'électro (Quincy Jones, Kool and the gang, Louis Armstrong, Love ravers, etc.) qui donnent un sacré punch au film.
Soul kitchen est une comédie au rythme enlevé qui mélange les genres. On retrouve dans ce film des éléments du drame, de la comédie romantique ou encore de la comédie musicale. Le mélange est parfaitement dosé et on s'amuse des différentes situations cocasses auxquelles on assiste.
Tous les acteurs sont excellents et participent bien entendu amplement à la réussite du film. On sent d'ailleurs que le cinéaste a pris beaucoup de plaisir à délivrer les rôles à ses divers acteurs, qui bénéficient tous de personnages hauts en couleurs.
Le seul bémol pourrait être une mise en scène un peu fonctionnelle avec un cinéaste qui n'a pas hésité à multiplier les plans. Cela dit, vu le côté outrancier du film, cela n'est pas spécialement gênant.
Au final, on passe un très bon moment à regarder ce film qui est certes une comédie mais n'oublie pas pour autant d'évoquer la situation socio-économique de l'Allemagne.

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