Par Nicore

Aussi fauché que saignant, ce Long Island cannibal massacre fera plus que flirter avec l’amateurisme, avec en plus une intrigue stupide et basique, mais malgré tout l'ensemble sera attachant généreux et parfois même malsain.
Le script va laisser deux tueurs collectionner les victimes dont ils revendent les morceaux à un homme s'en servant pour nourrir son père devenu cannibale après avoir été atteint d'une curieuse maladie.

la séquence pré-générique va d'entrée donner le ton en suivant cette demoiselle s'isolant dans la lande pour être bientôt attaquée par un individu portant un sac de toile bleu sur la tête et des lunettes étranges, la victime mourant sous les assauts d''une tondeuse à gazon tandis que le meurtrier va récupérer les morceaux pour les mettre dans un sac poubelle noir. Cette entame du métrage sera bien sanglante, même si les effets spéciaux seront limités mais volontaires.

Le métrage va alors laisser un home débarqué d'une barque trouvée comme par hasard une tête de femme à moitié décomposée sur une plage, étant rapidement accosté par un individu, Jack, se déclarant être le propriétaire de la plage et achetant son silence car la découverte d'un cadavre sur sa plage ferait fuir les vacanciers. Jack, nous le retrouverons alors pour découvrir qu'il est de mèche avec le tueur de l'introduction, achetant à ce dernier et à son complice Zed les cadavres découpés dans un but qui restera provisoirement obscurs.

L'intrigue va alors faire s'alterner l'enquête de l'inspecteur Cameron (qui se révélera être celui qui a découvert le cadavre sur la plage) suite à plusieurs disparitions signalées dans la lande, avec les meurtres de Zed et de son complice "masqué" ces derniers attaquant un couple, tandis qu'ensuite un autre couple sera sauvagement brutalisé, l'homme périssant la crâne fracassé par un parpaing alors que la jeune femme sera violée juste à côté.

Les meurtres vont occuper une bonne partie du métrage, se vautrant gaiement dans un gore franc mais facile, telle cette tête éclatée par une portière de voiture, tandis que découvrirons progressivement le pourquoi du macabre commerce de Jack, celui-ci se servant des chairs humaines pour nourrir son père malade et cannibale, Jack hésitant entre répulsion (étant même hanté par des cauchemars présentés de manière aussi souriante que graphique) et amour paternel au point de lui-même se livrer au cannibalisme.

Cela va gentiment nous amener vers un final encore plus sanglant avec un usage très brutal et avancé clairement d'une tronçonneuse qui découpera les corps jusqu'à l'outrance faisant ainsi presque oublier le maquillage pitoyable du père de Jack, avant qu'une dernière séquence elle par contre vraiment malsaine vienne clore le film sur une note répugnante et osée.

Alors bien entendu l'aspect amateur pourra gêner et faire fuir certains spectateurs, avec cette image sale, cette interprétation morne ou au contraire surjouée à l'extrême ou encore ces effets spéciaux aisés et limités, mais pour peu que l'on se prenne au jeu, l'ensemble deviendra souriant, l'aspect graphique fera oublier ses défauts pour devenir jouissif dans cette volonté du réalisateur d’œuvrer dans un gore jubilatoire et démonstratif et même si certaines séquences seront aussi inutiles que ratées (la rencontre de Jack avec un pestiféré au visage porteur d'un maquillage franchement minable), d'autres passages plus glauques viendront transcender l’ensemble, notamment lors du final plus que complaisant dans le gore.

Donc, ce Long Island cannibal massacre alternera gore réjouissant et idées parfois bien malsaines avec un plaisir partagé entre le réalisateur et son spectateur, à la condition express que ce dernier oublie et passe sur l'aspect profondément amateur de l'ensemble !

Le DVD de zone 0 américain édité par Image Entertainment avancera une image quand régulièrement granuleuse et parfois floue, résultat d'un tournage amateur, tandis que la bande-son sera cohérente, avec une partition musicale décalée, le métrage étant ici uniquement disponible dans sa version anglaise, sans aucun sous-tires. Au niveau des bonus, pourra suivre un intéressante interview du réalisateur, riche en informations, tout comme les entretiens avec deux des acteurs du film, une galerie de photos venant clore les bonus avec la bande-annonce du film suivie de celles de deux autres films de Nathan Schiff disponibles chez l'éditeur.
Par Flo001fg

Synopsis :
Peu gâté par la nature et victime d’une mère possessive, Léo Kroll (Victor Buono), pour se défouler, étrangle des jeunes femmes. Un jour, il tombe amoureux, mais celle avec qui il croyait pouvoir être heureux le repousse. Léo va donc essayer de l’étrangler…
Mon avis :
Artus films nous dégotte régulièrement d'anciennes petites perles un peu oubliées, c'est cette fois le cas avec "The strangler", un film noir librement inspiré de la vie de Albert DeSalvo, qui marquera les esprits grâce principalement à la performance de son acteur principal.
Dès les toutes premières images, "Le tueur de Boston" surprend par un plan très original pour 1964, avec un gros plan de l’œil du tueur dans lequel on aperçoit l'une de ses victimes en train de se déshabiller.
Burt Topper ("The Devil's 8", "The Hard Ride") étonne donc tout de suite par le modernisme de sa mise en scène, même si la suite va s'avérer plus classique, tout en faisant preuve d’inspiration lors notamment de certaines scènes de meurtres. Le réalisateur arrive en tous cas très rapidement à créer une ambiance malsaine grâce notamment à l'excellente interprétation de Victor Buono ("Qu'est-il arrivé à Baby Jane?", "Chut, chut, chère Charlotte", "L'étrangleur de Vienne") dont le sourire à la fois candide et sadique est vraiment inquiétant, mais aussi grâce à l'apport d'éléments laissant sous-entendre une connotation sexuelle à ces meurtres, en particulier avec l'usage que le tueur fait de ses poupées qu'il va gagner régulièrement dans des fêtes foraines et enfin par son voyeurisme avant de passer à l’acte. Autre personnage marquant, celui de la mère du tueur interprétée par Ellen Corby ("La Vie est belle", "Sabrina", "La Famille des collines") angoissante à souhait et faisant penser à la mère qu'a certainement eu Norman Bates dans "Psychose", autoritaire et humiliante envers son fils, mais surtout castratrice et donc en partie responsable des méfaits de sa progéniture. On imagine même aisément que ce dernier ait pu être victime d'inceste…
Le film se rapproche souvent du film d'horreur, même si on pourra reprocher au metteur en scène d'expédier un peu trop rapidement les meurtres et arrive à être parfois oppressant, notamment lors du final au suspens particulièrement prenant. Le scénario écrit par Bill S. Ballinger, même s’il est assez simple, réserve quelques surprises et est vraiment bien ficelé. Le cinéaste s’en sort en tous cas très bien vu le budget assez limité dont il a bénéficié, manque de moyens qui se ressent principalement par certains décors assez pauvres lors de certaines scènes, sans toutefois que cela soit choquant.
"Le tueur de Boston" est une série B très sympathique, valant vraiment qu'on s'y attarde à nouveau, car elle a plutôt bien vieillie.
Sorti chez Artus films le 2 mai, "Le tueur de Boston" bénéficie comme toujours chez l'éditeur d’une attention particulière avec pour cette édition, un diaporama d'affiches, des bandes annonces de l'éditeur dont celle du film, mais surtout une très intéressante analyse de Stéphane Bourgoin sur le film et sur ce tueur en série, dont le film est loin de montrer toutes les exactions. Le film est présenté au format original 1.66, 16/9ème avec des pistes mono française et anglaise accompagnées de sous-titres français.

Par Nicore

Tourné six ans après un Killer Barbys dont il ne retrouvera certainement pas le capital sympathie et atmosphérique, ce Killer Barbys vs Dracula ne servira que de faire-valoir au groupe "Killer Barbies" au sein d'une intrigue inexistante porteuse d'un humour pas souvent drôle tandis que le réalisateur Jess Franco s’amusera à nouveau avec ses effets visuels trop bon marché.
Le script va laisser s'installer dans un parc d'attraction le groupe de rock les "Killer Barbies" tandis que va débarquer au même moment la dépouille du comte Dracula, bientôt réveillé par la musique et se mettant en quête de victimes.

Autant l'indiquer tout de suite, ce KillerBarbys vs Dracula ne vaudra pas grand-chose, surtout comparé à la première rencontre ente Jess Franco et le groupe de rock, car en ici aucun intrigue digne de ce nom ne viendra servir le métrage qui va se contenter de meubler entre les passages musicaux de manière plus qu'aléatoire tout en tentant de justifier le titre avec ce Dracula risible et surjouant à mort.

L'entame du métrage donnera d'entrée le ton en suivant les "Killer Barbies" en répétition dans ce parc d'attraction, regardé par un vieil homme, millionnaire et propriétaire du parc, et tandis qu'une équipe de télévision locale fait un semblant de reportage, allant même jusqu'à interviewer un Dracula d'opérette (mais à la limite plus visuel que celui du film...). Pendant ce temps-là, sans qu'il faille chercher à savoir pourquoi, va arriver au parc le cercueil du comte Dracula, accompagnée par un membre du gouvernement transylvanien, une femme spartiate (donnant l'occasion à Lina Romay de se rappeler les W.I.P. tournés en compagnie de Jess Franco avec cette attitude dominatrice et en trimbalant avec une cravache).

Le comte Dracula, dans un semi-sommeil, un pieu enfoncé dans le cœur, ne tardera pas pourtant à se réveiller en semblant apprécier la musique des "Killer Barbies" pour évidemment se mettre en chasse, en plein jour, se moquant ainsi éperdument de la tradition vampirique, sautant sur tout ce qui bouge, des punks, l'équipe de télévision par exemples, avec pour but ultime de posséder la belle chanteuse du groupe, mais l'arrivée d'un spécialiste aveugle des vampires et de son assistant vont quelque peu contrecarrer ses plans.

Hélas Jess Franco n'aura pas pris le temps de s'appuyer sur une véritable intrigue et donc va se contenter de passages musicaux pas forcément désagréables avançant les "Killer Barbies" en alternance avec des séquences d'attaques de ce Dracula faisandé, grimaçant outre mesure, ces attaques du vampire demeurant guère efficace, même lorsque le réalisateur s'installera dans un cimetière baigné de brume ou lorsque ce seront deux équilibristes qui seront victime pour une morsure "à l'envers" originale.

En plus Jess Franco délaissera ici tout érotisme digne de ce nom, se suffisant de quelques demoiselles court vêtues et utilisant à fin de remplissage ses tics de réalisation avec des plans complètement hors propos sur l’architecture locale ou encore sur des volatiles qui n'avaient rien demandé, et alors que les effets visuels "expérimentaux" jouant essentiellement sur les couleurs n'apporteront que très peu. L'humour désiré par le film sera tout aussi limité, ne faisant sourire que lors de rares et brefs moments, avec notamment ce chasseur de vampire et son compagnon affublé d'un pieu disproportionné qui par exemple seront terrifiés et penseront à une attaque du vampire alors qu'il s'agira d'un paon s’époumonant.

L'interprétation ne viendra pas rehausser l'ensemble avec ce Dracula définitivement raté et surtout avec l'emploi de seconds rôles comme Aldo Sambrell ( déjà présent dans le premier Killer Barbys) qui ne servira à rien, avec même ces intermèdes théâtraux ridicules où il apparaîtra grimé en pirate, tandis que seul Dan van Husen promènera sa "gueule" avec un semblant d'efficacité au service de l'humour. Jess Franco semblera trop préoccupé par ses effets d'optique pour s'intéresser à donner le moindre rythme au métrage et seule la partition musicale pourra y contribuer.

Donc, ce Killer Barbys vs Dracula constituera une belle perte de temps, même pour les aficionados du réalisateur Jess Franco ici mal inspiré pour une œuvre sans âme et sans intérêt !

Le DVD de zone 1 édité par Image Entertainment avancera une image propre et sans défaut, avec une bande-son convaincante portée par une partition musicale heureusement dynamique, le métrage n'étant ici proposé que dans sa version anglaise sans aucun sous-titres. Au niveau des bonus il faudra se contenter d'une énorme galerie de photos du film.
Titre du documentaire : Notre poison quotidien
Réalisatrice : Marie-Monique Robin
Durée : 112 minutes
Date de programmation : le jeudi 6 octobre 2011, au festival international du film écologique de Bourges
Par Nicofeel

Avec notre poison quotidien, la journaliste Marie-Monique Robin (qui s'est notamment fait remarquer par son film Le monde selon Monsanto, diffusé sur ARTE le 11 mars 2008) s'intéresse à la question des aliments (solides et liquides) que l'on retrouve tous les jours dans notre assiette, et qui comportent parfois des doses non négligeables de produits chimiques. Il y a donc bien du poison dans notre nourriture. C'est tout l'intérêt de ce documentaire qui allie images actuelles et images d'archives.
Notre poison quotidien débute avec une vidéo de l'INA de 1964 où une personne évoque déjà la question des pesticides. A l'heure actuelle, le marché annuel des pesticides représente 25 milliards d'euros.
Sauf que si la chimie a réponse à tout (fongicide, herbicide, pesticide), Marie-Monique Robin signale que chaque année une à trois millions de personnes sont victimes et 200 à 300 000 en meurent.
Toute la problématique de ce film fort bien documentée est résumée à travers cette phrase particulièrement évocatrice : « Ce sont les industriels qui prennent les bénéfices et les consommateurs les risques. »
Le danger est bien réel pour le consommateur. Le but pour chacun est de ne pas dépasser la dose journalière admissible (DJA). Cette DJA correspond à la quantité d'une substance qui peut être administrée à une personne, sans risque pour sa santé. C'est pourquoi le toxicologue René Truhaut a écrit que c'est la dose qui fait poison.
Le problème reste entier car le documentaire indique que les mesures de la DJA sont floues et surtout les rapports internationaux sont contradictoires, ce qui profite aux firmes industrielles.
L'exemple de l'aspartame (que l'on trouve entre autres dans le coca-light ou le coca-cola zéro), qui est parfaitement développé dans le film, est un modèle du genre. La réalisatrice Marie-Monique Robin déclare que la Food and drug administration (FDA), agence des Etats-Unis responsable de la pharmacovigilance, a procédé à des études légères sur ce produit chimique. Et pour cause : le lien entre industrie, politique et administration est pour le moins étroit. Ce point du documentaire est particulièrement intéressant et édifiant en montrant que la santé publique n'est pas forcément l'élément le plus important pour des politiques.
C'est sans surprise que toutes les études de l'industrie concluent que l'aspartame ne pose aucun problème. Sauf que 100 % des études indépendantes concluent au contraire au danger de l'aspartame.
Un autre exemple fait également froid dans le dos. C'est le cas du bisphénol A, qui augmente le risque d'avoir un cancer ou d'être obèse.
Avant de conclure son film, la réalisatrice indique que 80 à 90 % sont liés au mode de vie que l'on adopte et aux régions dans lesquelles on habite.
Au final, Notre poison quotidien se révèle un documentaire très riche et très instructif. Marie-Monique Robin a fait un énorme travail de fond, ayant eu accès à de nombreuses données et ayant interviewé plusieurs scientifiques, tant Français qu'étrangers. Elle a posé de vraies questions de société, qui se révèlent même parfois dérangeantes pour l'OMS dont les représentants se sont refusés à tout commentaire.
Voilà un documentaire qui fait franchement peur. On espère que les choses pourront évoluer, mais il faudra pour cela que les politiques se décident à prendre à bras le corps ces questions de santé publique.
Par Nicore

Réalisé par Jess Franco et portant bien les tics de son auteur, ce Killer Barbys va mélanger de manière rythmée modernisme et aspiration gothique pour un résultat certes guère innovant mais souriant.
Le script va laisser le musiciens d'un groupe de rock tomber dans les mains du serviteur d'un châtelaine adepte de la comtesse Bathory.

Dans son introduction le métrage va avancer une atmosphère sinistre pour voir un homme s'enfuir d'un château, poursuivi par un homme Arkan, et bientôt attrapé par un servant, Baltasar, qui va lui trancher la gorge et lui arracher une oreille pour la donner à ses enfants, deux nains qui vont se chamailler la chose. Baignant dans un brouillard toujours très visuel, cette introduction n'en restera pas moins banale et peu graphique, même lorsqu'Arkan ira retrouver un squelette vivant et saignant de femme allongé dans un lit pour lui annoncer qu'il va bientôt revive pleinement

Ensuite, le métrage va nous présenter les "Killer Barbies" (le titre du film ayant été changé pour des problèmes de droit), un groupe de rock en plein concert, mais sous l’œil d'Arkan, qui dépareillera au milieu de ces jeunes en furie. La présentation des membres du groupe se prolongera lorsqu'une fois le concert terminé ils vont prendre la route et s'enfoncer dans la brume, pour mettre en scène que des personnalités communes et sans intérêt. Ils ne vont pas tarder à tomber dans un piège coinçant leur mini-van en panne sur la route et comme par hasard Arkan sera là pour leur proposer de passer la nuit dans le château de la comtesse Von Fledermaus en attendant le dépanneur.

La trame de l'intrigue sera alors bien classique en soi, mais va laisser Jess Franco s'amuser, d'abord en laissant un couple dans le mini-van pour un ébat sexuel certes peu volontaire à l'écran mais qui fera venir Baltasar et ses nains, le père se masturbant tandis que les nains vont voler les poupées ornant la camionnette, sans pour autant attaquer le couple, ce ne sera que partie remise. Le réalisateur va également rechercher à donner un aspect gothique au film, avec ce château rustique baignant dans la brume et ces objets bizarres sur lesquels va s'attarder la caméra, ce qui va trancher avec la partition musicale dynamique des "Killer Barbies" et avec certaines situations bien graphiques et saignantes, comme lorsque nous découvrirons l'antre de Baltasar et ses cadavres suspendus, leur sang s'égouttant dans des bassines destinées à la comtesse puisque l'intrigue ne tardera pas à nous révéler son secret bien commun, un besoin de sang frais pour se garantir la vie éternelle.

Malgré la banalité ambiante du script, Jess Franco va s'offrir quelques passages bien probants, comme ce plan qui verra Arkan marcher dans la brume en compagnie de Baltasar transportant une faux, suivis des deux nains, ces visites sanglantes chez le servant et l'auteur n'oubliera pas non plus de glisser quelques passages érotiques avec cette fuite de l'un des membres des "Killer Barbies" nue dans les bois et surtout lorsque la comtesse va vampiriser un autre membre du groupe pour un coït fétichiste et sado-masochiste qui se terminera par la mort dans le sang de la malheureuse victime. Par contre, le dernier acte sera profondément conventionnel pour voir la destruction de la comtesse et de ses sbires, même si une dernière énormité viendra souligner l'humour de Jess Franco.

L'interprétation est ici assez cohérente, portée par Aldo Sambrell, un prolifique habitué des séries B, tandis que la mise en scène de Jess Franco sera étonnamment vive et dynamique (certes aidé également par la partition musicale) pour ne pas s'attarder sur les différentes péripéties, et même ses tics de réalisation (comme pour porter la caméra sur des objets éloignés de l'action) ne seront pas du tout gênants et renforceront même l'atmosphère surréaliste se dégageant parfois de l'ensemble.

Donc, ce Killer Barbys ne sera certainement pas un des meilleurs titres de Jess Franco, mais se suivra sans mal grâce à son dynamisme et sa volonté aussi bien graphique que recherchant un certain esthétisme !

Le DVD de zone 1 édité par Media Blasters avancera une image nette tandis que la bande-son sera probante, avec une partition musicale évidemment dynamique, le métrage étant ici proposé uniquement dans sa version espagnole avec des sous-titres anglais. Au niveau des bonus, on pourra suivre une interview des membres des "Killer Barbies", une critique du film par Robert Monell, une petite galerie de photos du film, une fonctionnalité permettant d'accéder aux meurtres du métrage ainsi qu'un petit module avançant des séquences du films commentées par deux membre du groupe rock, quelques biographies et plusieurs bandes-annonces d'autres titres de l'éditeur.
Titre du film : Eva
Réalisateur : Kike Maillo
Date de sortie au cinéma : 21 mars 2012
Durée du film : 94 minutes
Avec :Daniel Brühl (Alex Garel), Marta Etura (Lana), Alberto Amman (David Garel), Claudia Vega (Eva), Llhuis Homar (Max), etc.
Par Nicofeel

Présenté notamment au festival du film fantastique de Gérardmer avant de sortir en salles au mois de mars, Eva est un film à base de science-fiction qui n'est pas sans rappeler A.I. De Steven Spielberg et Blade runner de Ridley Scott.
Il faut dire que le pitch du film rappelle ces deux longs-métrages : à une époque non déterminée, les robots sont plutôt évolués. A tel point que selon les modèles, ils disposent de niveaux émotionnels différents.
Dans le film, Alex Garel est un jeune homme extrêmement doué, qui avait abandonné depuis dix ans un projet de développement d'un robot, et vient d'être rappelé pour permettre au modèle le plus évolué, le futur SI-9, de lui donner des émotions.
Le film rappelle A.I. car le modèle concerné est un enfant. Et là où le film est plutôt intéressant, c'est qu'Alex Garel a besoin d'un modèle pour développer le SI-9. Il pense alors à une petite gamine de dix ans, Eva (d'où le titre du film) qui lui paraît tout à la fois innocente mais aussi très intelligente et débrouillarde pour son âge et qui se trouve être... sa nièce !
On comprend rapidement que le film va tourner beaucoup autour de la question familiale. D'ailleurs, plus le film avance, plus la question de la famille est au cœur de ce film. En effet, Alex Garel a une relation assez tendue avec son frère aînée et surtout il est toujours amoureux de la belle Lana, qui se trouve être son ex et qui est mariée avec son frère David ! La situation est donc loin d'être aisée, surtout si l'on pense au fait qu'Alex a un rapport bien particulier avec Eva.

Malheureusement, le fait de centrer progressivement le récit autour de la famille fait que le film perd nettement en cours de route la problématique S-F. C'est bien de montrer quelques robots mais franchement on ne fait qu'effleurer une thématique qui aurait mérité d'être bien plus développée.
Ce rapport entre l'être humain et la machine, avec par exemple Alex qui tente d'éduquer un robot, en constatant les émotions dont ce dernier fait preuve (le robot est étrange, joyeux, réceptif, peureux, rapide, perfectionniste, créatif, etc.), est une bonne idée mais qui s'arrête là. De même on peut noter la bonne idée de provoquer, en cas de recours, la destruction du robot concerné en lui demandant « Qu'est-ce que tu vois lorsque tu fermes les yeux ? ». Car cette phrase met en lumière le fait que les robots peuvent apprendre des mots, des réflexes, mais ils ne peuvent pas rêver.
C'est donc avec une petite déception que l'on constate que le côté S-F du film est mis de côté pour laisser la place à un drame familial.
D'ailleurs, on constatera que si ce drame familial est assez prenant, il n'est pas toujours d'une grande crédibilité. Les différents twists du film ne sont pas forcément d'une grande crédibilité. Mais bon, globalement le film est tout de même largement correct sur ce plan.
Côté distribution, les acteurs font plus que se défendre. La jeune qui interprète Eva est épatante de naturel. Quant à Daniel Brühl, il ne manque pas de charisme pour faire que le spectateur s'intéresse à son personnage et par la même occasion à ce film. Les autres acteurs sont eux aussi plutôt bons.
Dans l'ensemble, Eva est un drame familial mâtiné de fantastique qui se laisse bien regarder. Mais le film aurait eu tout intérêt à ne pas abandonner en cours de route l'aspect fantastique car c'est un élément important de ce film. Il eut été appréciable de ramener la problématique sur le rapport homme et robot plutôt que de jouer sur des twists qui ne sont pas toujours les bienvenus.
On préférera donc nettement regarder les films A.I. et Blade runner qui sont clairement des références pour le réalisateur Kike Maillo, que celui-ci n'a pas su intégrer de manière assez pertinente et efficace dans ce film sobrement intitulé Eva.

Par Flo001fg

Synopsis :
Face à un monde plongé dans la crise financière, Kurt Wendell se retrouve ébranlé. Son travail a toujours été sa priorité dans la vie et l’unique chose le préservant de la folie. Licencié, plus rien ne l’arrête…
D’apparence bienveillant, il offre une journée de repos à sa femme et ses enfants et les conduit à des kilomètres de toute civilisation. Ils ne se doutent pas une seconde de ce qui les attend…
Incapable d’avouer la terrible vérité à sa famille, Kurt décide de leur couper… les vivres.
Une dernière affaire à mener, un projet final, à la fois sinistre et mortel, dont les principaux intéressés sont sa femme, ses enfants et son ancien patron sauvagement battu et détenu dans le grenier…
Mon avis :
Pour son second long métrage en tant que réalisateur, Ryan L. Driscoll ("Making a Killing") nous livre un bon petit film d'horreur efficace et terriblement d'actualité.
Le réalisateur utilise ici la crise actuelle pour nous impliquer dans cette histoire d'un homme qui pète les plombs suite à la perte de son emploi. Il va alors s'en prendre à sa famille et à son patron qu'il va emmener dans une maison isolée en pleine campagne dans le but de les tuer et de se donner la mort. Jonathan Hansler ("The Devil's Business", "The Drummond Will") est ici complètement habité par son rôle, interprétant à merveille un père de famille tyrannique, dont le monde s’est écroulé suite à la perte de son emploi et à l’infidélité de sa femme. Le reste du casting n'est toutefois pas en reste, avec des acteurs bien choisis et crédibles dans leur rôle, comme Christopher Rithin ("Dotkni se duhy", la série "Life as I Know It") notamment, qui incarne de façon très juste ici un jeune homme fragile, terrorisé par son père.
Ryan L. Driscoll prend en tous cas le temps de bien nous présenter les différents personnages, même si on devine rapidement que cela va mal tourner. Le personnage de Kurt Wendell fait beaucoup penser à celui de Jack Torrance dans "Shining", bien entendu à cause de la hache, mais surtout par la façon dont le personnage sombre dans la folie. La mise en scène est vraiment soignée, avec des cadrages souvent originaux et une belle photographie. En revanche, si "Désaxé" sera assez gore la plupart du temps, cela sera filmé hors champ, mais toutefois, cela ne devrait pas décevoir les amateurs d'hémoglobine, car le final est tout de même assez généreux, sans pour autant tomber dans la surenchère. Là où le film refroidit, c'est par le fait que l'on voit de plus en plus ce type de faits divers aux actualités, rendant totalement crédible cette histoire très ancrée dans notre présent. Le réalisateur apportera enfin à son film un humour noir permettant de relâcher quelque peu la tension, tout en l’utilisant parfois pour mettre encore plus mal à l’aise…
"Axed" est donc une bien agréable surprise, prouvant à nouveau que le cinéma d’horreur indépendant britannique se porte plutôt bien!
"Désaxé" sort dans le commerce le 15 mai chez Emylia en combi DVD + Copie digitale au format 1.78, 16/9 avec des pistes française et anglaise 5.1 Dolby digital et anglaise 5.1 dts digital surround pour le DVD et en français 2.0 AAC pour la copie digitale H.264 illimitée (comme toujours chez l'éditeur), ainsi qu'en combi Blu-ray + Copie digitale au format AVC 1080p/24 [1.78] avec pistes française et anglaise 7.1 dts-HD High res Audio pour le Blu-ray et toujours français 2.0 AAC pour la copie digitale.
Titre du film : Sur la piste du Marsupilami
Réalisateur : Alain Chabat
Date de sortie au cinéma : 4 avril 2012
Origine : France
Durée du film : 1h44
Avec : Alain Chabat (Dan Geraldo), Jamel Debbouze (Pablito Camaron), Lambert Wilson (Général Pochero), Fred Testot (Hermoso), Géraldine Nakache (Pétunia), Patrick Timsit (Caporal), etc.
Par Nicofeel

Après la déconvenue de RRRrrrr (2004), Alain Chabat avait complètement disparu de la circulation derrière la caméra.
En 2012, il est de retour avec un projet qui lui tenait à cœur depuis longtemps: mettre en scène le Marsupilami, créé en 1952 par le dessinateur belge Franquin.
Le scénario du film reste dans l'ensemble plutôt simple : un reporter de troisième zone, Dan Geraldo (Alain Chabat), débarque en Palombie à la recherche d'un scoop, où il va être accompagné par son guide Pablito (Jamel Debbouze). Et le destin va amener Dan Geraldo sur la route du Marsupilami.
Cela étant dit, si le scénario n'est pas le point fort du film, ce long métrage dispose de suffisamment d'atouts pour faire de ce spectacle familial une réussite certaine.
D'abord, il y a le duo Alain Chabat – Jamel Debbouze qui fonctionne à merveille. Le premier joue parfaitement le rôle du journaliste bidon qui va vivre des aventures extraordinaires et le second est excellent en truand à la petite semaine qui est aussi bien l'ami des enfants que des animaux. On retrouve également dans des seconds rôles savoureux les acteurs Lambert Wilson, Fred Testot ou encore Patrick Timsit. Tous les acteurs ont d'ailleurs l'air de beaucoup s'amuser à participer à ce film. Cela explique peut-être pourquoi leurs personnages, qu'ils soient gentils ou méchants, divertissent bien le public. Il faut dire que l'essentiel est d'amuser le spectateur.

Ensuite, un fait notable et à l'avantage du film est que le casting évolue dans un décor exotique coloré, atemporel et même anachronique. Cela permet au réalisateur Alain Chabat de donner à son film un aspect cartoonesque des plus plaisants.
Surtout, la grande qualité du film réside tout simplement dans le personnage du Marsupilami. Cette créature jaune avec des points noirs, dotée d'une énorme queue (environ huit mètres) a été faite en images de synthèse et le résultat à l'écran est plus que probant. Le Marsupilami apparaît comme un animal mignon particulièrement espiègle. Chacune de ses interventions fait plaisir à voir. Cet animal saute dans tous les sens, fait des mimiques très expressives, sème les humains partis à sa poursuite ou se sert de sa queue pour pêcher. Et puis il fait son fameux cri « houba ». Par ailleurs, il n'est pas seul puisque le film permet aussi de voir sa compagne, la Marsupilamie, avec lequel il a un nid douillet.
Bien entendu, dans la mesure où le Marsupilami n'est pas de toutes les scènes, loin s'en faut, le film comprend d'autres centres d'intérêt. Ainsi, les scènes humoristiques sont nombreuses et si certaines sont quelque peu téléphonées, d'autres valent largement le coup. On peut citer la sublime scène où Lambert Wilson se travestit en Céline Dion (alors que l'on entend le tube I'm alive de la célèbre chanteuse canadienne) devant des militaires qui croient avoir affaire à une superbe femme. C'est sans conteste la scène la plus drôle du film. D'autres méritent tout de même le détour. Citons à titre non exhaustif celle où un chihuahua se masturbe contre l'oreille de Jamel Debbouze qui ne peut rien faire, étant ensablé ou lorsque nos deux principaux protagonistes doivent faire face à un colosse qui a la voix d'une petite fille.
Alain Chabat ne fait pas dans la finesse mais globalement les scènes sont assez marrantes. L'explication de la prophétie par la tribu des Payas part totalement en sucette et on reconnaît bien là l'esprit des « Nuls ». De même pour certaines répliques qui jouent sur la connaissance par le spectateur des émissions de la télévision.
D'autres éléments sont plus communs. On a droit ainsi à de multiples frappes, à des chutes mais aussi à des danses qui émaillent le film, jusqu'au générique de fin. Cela n'est pas d'une grande originalité mais cela permet de passer le temps de manière agréable.
Et au final le but du film, à savoir transporter le spectateur dans un monde merveilleux est parfaitement rempli. Sur la piste du Marsupilami constitue un spectacle familial bon enfant, qui respecte bien l'esprit de l’œuvre de Franquin. Et cela n'est déjà pas si mal.

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