04.07.12

05:00:00, Catégories: Interview  

Par Flo001fg

Fabrice Lambot, réalisateur notamment de « Dying god » et producteur de nombreux projets via Metaluna Productions a eu la gentillesse de répondre à mes questions malgré un emploi du temps surchargé.

- Bonjour Fabrice. Vous avez actuellement un emploi très chargé entre la sortie récente de « The Theatre Bizarre » et le tournage de « L’Autre Monde ». Pouvez-vous nous parler de ces deux films que vous produisez?

"The Theatre Bizarre"

Bonjour. « The Theatre Bizarre » est une anthologie horrifique que nous avons tourné en 2010/2011 et qui a fait le tour des festivals de films fantastiques en 2011. Il est sorti en salles en France le 9 mai 2012, dans un petit réseau, mais le film va continuer de tourner de ville en ville jusque septembre. C’est David Gregory de Severin Films aux USA qui est à l’origine du projet et quand il nous en a parlé, nous avons décidé de nous joindre à l’aventure comme coproducteurs. Le premier film incluait les réalisateurs Douglas Buck, Buddy Giovinazzo, David Gregory, Karim Hussain, Jeremy Kasten, Tom Savini et Richard Stanley. Chaque réalisateur avait le même budget et une liberté artistique totale, à partir du moment où ils touchaient de près ou de loin au concept du grand guignol. Nous préparons actuellement un « The Theatre Bizarre 2 » que nous espérons tourner cette année.

Tournage de "L'Autre Monde"

Quant à « L’Autre Monde », c’est le nouveau long métrage documentaire de Richard Stanley, réalisateur des films « Hardware » et « Dust Devil », mais aussi de documentaires fascinants comme « The Secret Glory » ou « The white Darkness ». J’ai rencontré Richard quand nous avons produit « The Theatre Bizarre », puisqu’il a tourné son segment près de Montségur dans les Pyrénées. Quand il parlait de ce nouveau projet, sur les légendes et le surnaturel dans le sud ouest de la France, en me rappelant les lieux de tournage tous plus étranges les uns que les autres sur son segment « The Mother of Toads », je me suis dit qu’on devait foncer et produire ce film. Le tournage se passe très bien, et nous espérons pouvoir finir le film avant la fin de l’année.

Tournage de "L'Autre Monde"

- N’étiez-vous pas tenté de réaliser un des segments de « The Theatre Bizarre » puisque vous êtes également réalisateur ?

On verra plus tard. Pour le premier, c’était hors de question car David Gregory réalisait déjà un segment, en tant que producteur-réalisateur (il avait réalisé le long « Plague Town ») et il était hors de question de voir les deux producteurs s’accaparer chacun un segment. Et il y avait de toute manière beaucoup trop de travail à gérer les différents segments. Je suis allé sur les prépas et tournages à Los Angeles et Montréal, notamment sur le segment de Douglas Buck pendant tout le tournage, et ça a donc pris beaucoup de temps et d’énergie. Et j’aime beaucoup produire, autant que mettre en scène.

Catriona MacColl dans "The Theatre Bizarre"

- Quel est votre rôle sur les tournages en tant que producteur ?

Beaucoup de producteurs ne vont pas sur les tournages. Ils ont une équipe de production, avec un directeur de production, des assistants, etc., mais je ne conçois pas de produire un film sans être sur le tournage, m’assurer que tout va bien, gérer les aspects financiers, logistiques, même créatifs et aider de quelque manière que ce soit, aussi bien en coupant la circulation pendant des heures sur une petite route près de Montréal pour « The Accident », que pour assister le chef machiniste comme je l’ai fait sur « Samurai ». J’adore être sur les tournages, sentir le film prendre forme, et je n’ai pas envie de rester assis derrière mon bureau à attendre que ça se passe. Actuellement c’est le cas, nous sommes en plein tournage de « L’Autre Monde », et je ne peux pas être sur le plateau depuis une semaine et ne pourrait m’y rendre que pour la dernière semaine de tournage, ce qui me frustre énormément, et sans doute aussi un peu l’équipe qui est habituée à me voir sur les tournages en permanence.

- Est-ce que le fait de ne pas avoir endossé la casquette de metteur en scène depuis quelques années ne vous manque pas de trop ?

En fait j’ai un court métrage, « Le Pénitent », qui est soutenu par la Région Lorraine, et que je dois tourner avant la fin de l’année, mais il faut que j’arrive à trouver le temps de me mettre dessus à temps plein, très difficile avec tous les projets en cours. J’aime beaucoup mettre en scène, mais je suis de plus en plus passionné par la production et je pense vraiment que c’est ce que je vais continuer de faire car je m’éclate encore plus que dans la mise en scène.

"Insanity"

- Quels souvenirs gardez-vous des tournages de « Insanity », « Le sang du châtiment » et « Dying God » ?

Je garde un bon souvenir d’ « Insanity », qui était mon premier court et s’était fait dans des conditions assez rock’n’roll, mais avec une vraie ambiance glauque et des comédiens impliqués, et aussi de mon second court « Le Sang du Châtiment », même si le scénario était un peu trop ambitieux pour un court. En fait c’était un sujet de long condensé sur un court, et on sent parfois que c’est un peu touffu, mais bon ça m’a permis de rencontrer le comédien Enrique Liporace, très connu en Argentine, avec qui je suis devenu ami et toujours en contact, ayant eu l’occasion de travailler de nouveau ensemble.

"Le sang du châtiment"

Par contre pour « Dying God » c’est une expérience assez douloureuse. La production en Argentine n’était pas du tout à la hauteur, et on a foncé dans le mur jour après jour. Je dois dire que c’est aussi ma faute, car j’ai validé un scénario complètement infaisable avec le budget qu’on avait, avec 49 rôles parlants, plus de 20 lieux de tournage, des effets gore, du sexe, etc. Absolument injouable avec le budget qu’on avait, et comme l’équipe de production locale s’est très vite retrouvée dépassée par les évènements, on a eu beaucoup de mal à tourner le film comme je le voulais, et j’ai dû sacrifier nombre de séquences et d’autres sont malheureusement cheap.

Lance Henriksen dans "Dying God"

J’aime quand même certaines séquences du film, et je garde un super souvenir par contre des comédiens. Travailler avec Lance Henriksen, super comédien et être humain d’une gentillesse et d’une modestie inouïe, restera gravé dans ma mémoire à tout jamais. Enrique Liporace était aussi de la partie, et j’ai rencontré la très talentueuse et très belle Victoria Maurette avec qui je suis devenu ami et avec qui j’ai travaillé de nouveau sur « The Theatre Bizarre ». Mais bon globalement, ça reste une expérience plutôt douloureuse et j’ai du mal à regarder le film.

Misty Mundae dans "Dying God"

- Pour quelles raisons avez-vous tourné vos différents films en tant que réalisateur en Argentine ?

Déjà parce que ma femme est argentine, et qu’elle m’a fait découvrir son pays qui est fabuleux, avec des gens exceptionnels, et une industrie cinématographique qui est l’une des meilleures au monde avec des techniciens de grande qualité professionnelle et humaine. Au niveau financier, c’est intéressant aussi car moins cher, mais c’est surtout au niveau humain que c’est génial. Je suis complètement tombé amoureux du cinéma argentin et de ses techniciens. On a d’ailleurs coproduit le long métrage « Samurai », film argentin qu’on a tourné dans la région de San Luis en décembre dernier.

- Comment s’est créé Metaluna Productions ?

Metaluna Productions s’est créé en 2005, d’abord sous forme d’association, pour officialiser le tournage de « Le Sang du Châtiment » et lancer d’autres projets qu’on avait à l’époque, et en mars 2007 on est passé en SARL avec Jean-Pierre, pour monter « Dying God » et nous lancer dans la production à temps plein, et depuis on a fait notre petit bonhomme de chemin et on grandit tranquillement.

- Comment est née votre collaboration avec Jean-Pierre Putters ?

Avec Jean-Pierre c’est d’abord une histoire d’amitié. Il a d’abord été mon mentor, quand je publiais mon fanzine Atomovision dans les années 1994-1996. Il me donnait des conseils, et je lui passais des VHS de films rares pour alimenter sa rubrique craignos monsters, et puis un jour soudainement on s’est découvert une passion mutuelle pour le tennis, et c’est là que tout a vraiment commencé, à coups de revers ravageurs le long de ligne de jpp. De mentor il est devenu un copain, et même mon meilleur ami, un être rare, une personne en or, d’une gentillesse et d’une sensibilité à fleur de peau qui me touchent beaucoup. Et puis on est tous les deux des dingues de boulot et ça nous rapproche. On n’arrive pas à tenir en place et à rester sans rien faire.

Fabrice Lambot, Bruno Terrier, Jean-Pierre Putters
et Julien Maury à Movies 2000 lors de la promo de "Livide"

- Pouvez-vous nous parler de vos autres activités et notamment de la revue Métaluna et de la mythique boutique Movies 2000 ?

Alors justement quand je dis qu’on ne tient pas en place, c’est parce qu’on multiplie les activités. Si la production est mon boulot à plein temps et pas à 35h / semaine, plutôt le double, en plus on continue à s’éclater en écrivant dans notre revue Métaluna, à la parution certes très aléatoire, mais on va y remédier prochainement, et aussi en gérant la boutique Movies 2000 qu’on a repris, et mine de rien c’est aussi du boulot même si Bruno Terrier tient la boutique de main de maître. C’est encore moi qui passe les commandes, qui envoie les colis, et jpp qui gère une partie des stocks, notamment les photos et les magazines. Mais bon on s’éclate et tant qu’on s’amuse, on continue…

- En dehors de « L’autre monde », avez-vous d’autres projets en cours ?

Oui on en a plein ! Déjà on finit le long « Samurai », un western philosophique coproduit avec l’Argentine, et on prépare « The Theatre Bizarre 2 » et pourquoi pas 3… On a aussi plusieurs « french frayeurs » en développement, et d’autres films en coproduction avec les USA et l’Argentine, mais il est trop tôt pour en parler.

Sur le tournage de "Dying God"

- Êtes-vous un gros consommateur de DVD et de Blu-ray ?

C’est Bruno qui m’a poussé à me mettre au BR il y a quelques mois, et je ne regrette pas. Et oui, je suis un énorme consommateur, acheteur, de DVD et Blu-ray puisque j’approche les 3000, et que j’ai des piles entières que je n’ai pas encore pu regarder, mais en matière de fantastique, j’achète beaucoup de films. Je ne télécharge jamais, et je ne regarde quasiment jamais de films à la télé, mais par contre presque tous les soirs on regarde un film avec mon épouse, et parfois j’en regarde aussi en faisant de la compta ou des dossiers… Et je continue aussi d’aller au cinéma, une fois par semaine à peu près, et je vois beaucoup de films dans les festivals.

Merci Fabrice pour avoir pris le temps de répondre à mes questions !

"Dying God"

Vous trouverez ci-dessous les DVD actuellement sortis en France dont Fabrice Lambot est le réalisateur, ainsi que ceux produits ou édités par Metaluna Productions:

Dying God

Dying God
Amazon à 6.99€
Voir la fiche

Dr. Gore

Dr. Gore
Amazon à 14.99€
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French demence Vol. 1

French demence Vol. 1
Fnac à 11€
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