15.12.14

05:30:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Le tueur numéro 3 devient la cible de ses commanditaires après avoir raté un contrat. Alors qu’il se défait sans mal des hordes d’assassins envoyés à sa suite, il trouve le réconfort auprès de ses maîtresses. Mais le défi ultime s’annonce quand le mystérieux tueur numéro 1, dont personne de vivant n’a jamais vu le visage, se met également à ses trousses...

Mon avis :

Au cours de l'année 2003, deux splendides coffrets consacrés au réalisateur japonais Seijun Suzuki regroupant chacun trois films sortirent chez HK Vidéo, suivi deux ans plus tard par un troisième coffret contenant également trois films. Ces trois coffrets étant épuisés depuis maintenant belle lurette et trouvable uniquement d’occasions, c'est avec joie qu'on accueillera ces rééditions sorties chez Elephant Films de "La jeunesse de la bête", "Detective Bureau 2-3" et "La marque du tueur" dans des versions restaurées inédites en France, d’autant plus que les trois films nous sont cette fois proposés également en Blu-ray...

"La marque du tueur" est considéré comme le chef d’œuvre de Seijun Suzuki ("Les Fleurs et les Vagues", "La Barrière de chair", "Histoire d'une prostituée", "La Vie d'un tatoué"), c’est d’ailleurs un film adulé par des réalisateurs comme Quentin Tarantino, Jim Jarmusch ou encore John Woo. Il faut dire que malgré les années et le fait que le film soit très marqué années 60, il semble encore aujourd'hui toujours réellement innovant.

Suzuki signe ici un film semblant assez foutraque, partant dans tous les sens, mais en même temps, regorgeant de plans absolument incroyables et de trouvailles visuelles hyper originales. "La marque du tueur" n'est pas forcément un film très facile d'accès, c'est un film pour les amoureux du cinéma, ceux qui considèrent le 7ème art avant tout comme un art à part entière, appréciant les films pas seulement pour l'histoire qu'ils nous racontent, mais aussi pour l’œuvre en elle-même, pour la beauté des images, pour le travail du réalisateur, du chef opérateur, pour la musique, le travail sur le son etc...

Avec ce dernier long métrage réalisé pour les studios Nikkatsu avant de se faire licencier, Seijun Suzuki signe une œuvre totalement baroque, filmée en noir et blanc, tout en clairs-obscurs et jeux d'ombres. Une œuvre d'une beauté déconcertante proche esthétiquement de la Nouvelle vague et du Pop-art. D'ailleurs, ce film s'inscrit complètement dans l'esthétique notre propre Nouvelle vague, impression renforcée par l'utilisation d'une musique très jazzy et cela même si on associe également ce film à la nouvelle vague japonaise dont les principaux représentants étaient Nagisa Oshima, Masahiro Shinoda et Yoshishige Yoshida.

Comme un pied de nez aux studios Nikkatsu, Suzuki nous offre un film de yakusas totalement atypique et sulfureux, avec notamment un érotisme assez torride pour l’époque ; une œuvre où il semble crier au monde entier et surtout à ses producteurs, sa liberté artistique! Pour donner vie à son œuvre, le cinéaste va faire appel une nouvelle fois à un casting loin des canons de beauté habituels, on peut même dire que les principaux acteurs n’ont pas un faciès très commun.

Le héros, interprété par Jô Shishido ("Détective Bureau 2-3", "La barrière de chair", "La Jeunesse de la bête", "Combat sans code d'honneur"), que l'on peut considérer comme l'acteur fétiche du cinéaste, est par exemple assez joufflu, alors que Isao Tamagawa ("La barrière de chair", "Kwaidan", "Histoire d'une prostituée" "Le vagabond de Tokyo", "Elégie de la bagarre"), qui est également l'une des actrices fétiches du réalisateur, a aussi un visage très particulier, plutôt jolie, mais avec des traits assez grossiers, limite enfantins.

Durant tout le film, Suzuki va multiplier les décors insolites comme l’appartement hyper moderne et typique de l’architecture bétonné des années 60 du héros ou encore celui de Michihiko entièrement décoré de papillons morts et d’oiseaux.

Et l’histoire me direz-vous dans tout ça ? Eh bien c’est une classique histoire de yakusas, où un tueur, Gorô Hanada que l’on surnomme numéro 3, se fait traquer par ses commanditaires après avoir manqué sa cible. Ainsi, il se retrouvera avec un autre tueur surnommé numéro 1 à ses trousses... Mais ceci est assez anecdotique et ne constituera pas l’intérêt principal du film!

Pour cette nouvelle édition, tout comme pour celle de "La jeunesse de la bête" d'ailleurs, Elephant films s'est servi de la restauration faite par Criterion (Autant dire que c'est gage de qualité!), alors espérons maintenant que l'éditeur puisse nous proposer d'autres titres par la suite, car Criterion en compte d'autres à son catalogue...

Si j’ai un conseil à vous donner, cela serait de ne rien attendre de ce film et tout simplement de vous laisser porter par la beauté des images et l’inventivité de Seijun Suzuki !

Après avoir été édité en DVD le 19 février 2003 par HK vidéo au sein d'un premier coffret consacré à Seijun Suzuki, "La marque du tueur" est ressorti le 2 décembre 2014 chez Elephant Films en édition DVD simple et en édition combo DVD + Blu-ray. Cette nouvelle édition DVD propose le film au format 2.35:1 16/9ème compatible 4/3 avec piste audio japonaise Dolby Digital mono alors que le Blu-ray propose une image au format 2.35:1 avec une résolution de 1080p AVC et piste audio japonaise dts-HD Master Audio 2.0 mono. Côté bonus, ces nouvelles éditions nous offrent une courte présentation de la collection avant le menu, une présentation du film par Charles Tesson (15’), une galerie de photos, les bandes-annonces de la collection Seijun Suzuki, ainsi que les présentations des différentes collections de la collection Cinéma Master Class.

La marque du tueur

La marque du tueur
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La marque du tueur (Blu-ray + DVD)

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Seijun Suzuki Vol. 1 / Coffret 3 DVD

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Seijun Suzuki Vol. 1 - Edition Seven7 / Coffret 3 DVD

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