25.10.12

05:00:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Un héros

Réalisateur : Zézé Gamboa

Année : 2004

Origine : Angola

Durée du film
 : 97 minutes

Avec : Makena Diop (Vitorio), Milton Coelho (Manu), Maria Ceiça (Judite), Patricia Bull (Joana), Neuza Borges (Flora), etc.

Par Nicofeel

L'Angola est un pays d'Afrique qui a été sujet à une guerre civile sans précédent, qui a duré pratiquement trente ans (1975-2002).
Le film Un héros, qui a été tourné à la fin du conflit civil, évoque les ravages qu'a causé la guerre. L'action de ce long métrage se déroule à Luanda, la capitale de l'Angola, où le réalisateur est né en 1955.
Dès les premières images, on est frappé par des images aériennes montrant les très nombreux bidonvilles. Il faut dire que la population à Luanda a été exponentielle au cours du XXème siècle, passant de 61000 en 1940 à 3,2 millions en 2000. Si l'on ajoute à cet accroissement démographique le conflit civil qui a ravagé le pays tout entier, on comprend aisément que la pauvreté est très présente à Luanda.
Proche du documentaire, le film s'intéresse à un de ses « héros » de guerre, le sergent Vitorio, qui a combattu durant vingt années de sa vie pour l'armée angolaise, et qui y a laissé une jambe, étant tombé un jour sur une mine antipersonnelle.
Cet homme, complètement désabusé, représente en quelque sorte le peuple angolais : il est meurtri dans sa chair et particulièrement pauvre.

Il doit faire pression auprès d'un médecin pour obtenir une prothèse. Et il n'a décidément pas de chance car il se fait voler sa prothèse. Cela prouve d'ailleurs bien que l'insécurité est grande à Luanda, avec de nombreux jeunes qui pratiquent le vol pour ensuite vendre ou troquer le solde de leurs méfaits à des commerçants peu scrupuleux (voir le garagiste du film qui détient chez lui toutes sortes d'objets destinés au troc, dont des armes).
De son côté, le pauvre Vitorio est donc complètement démuni : il n'a pas d'argent, il n'a pas de domicile (il est obligé de dormir dans la rue), il est invalide et sa prothèse a disparu. De surcroît, aucun patron n'accepte de le faire travailler car il est considéré comme impotent.
Son statut de blessé de guerre ne lui sert pas à grand chose.
Tout au plus reçoit-il l'aide d'une jeune femme issue d'une famille aisée. Mais il ne faut pas s'y tromper. Vitorio n'a fait qu'attiser la curiosité de cette bourgeoise qui cherche surtout à se donner bonne conscience en lui rendant service. Le réalisateur en profiter pour signifier au spectateur – s'il ne l'avait pas déjà compris – que la différence entre riches et pauvres est très importante et que le mélange entre des gens de milieux différent est quasi impossible. Toutefois, cette femme bourgeoise permet à Vitorio, via à une de ses connaissances (un fils de ministre extrêmement orgueilleux et suffisant), d'accéder à un média (la radio) pour qu'il parle de son cas personnel. Il n'est pas question ici de philanthropie puisque l'idée du ministre en question est d'utiliser Vitorio pour faire de la propagande auprès du peuple.
Comme quoi, non seulement les pauvres sont dans une situation dramatique, mais en outre ils doivent faire avec un gouvernement qui leur distille les informations qu'il choisit de leur donner.
Malgré ce constat social, économique et politique pour le moins alarmant, le réalisateur Zézé Gamboa a choisi de terminer de manière optimiste son film, comme s'il s'agissait d'une fable. Ainsi, Vitorio récupère sa prothèse et surtout il crée une famille recomposée avec sa petite amie (qui se prostituait auparavant pour vivre) et un jeune garçon de douze ans qui avait été abandonné par sa mère.
Toutefois, cet optimisme à relativiser car le film se clôt de la même façon qu'il s'est ouvert, à savoir par la vision d'immenses bidonvilles. Il s'agit manifestement d'une façon pour le réalisateur de rappeler que la situation est dramatique en Angola, même si l'espoir doit coûte que coûte perdurer.
Au niveau de la distribution, on notera qu'à la différence de certains autres films africains, les acteurs ne cabotinent pas. Ils jouent plutôt bien leurs rôles respectifs.
Tout en étant une œuvre de qualité, le film Un héros n'est pas exempt de défauts. Le principal reproche à signaler est cette façon de faire par instants des raccourcis un peu rapides. C'est par exemple le cas lorsque la civière arrive juste après que Vitorio ait posé son pied sur la mine ou encore lorsqu'il croise le jeune garçon qui a volé sa prothèse immédiatement après son passage à la radio.
Ces défauts n'entachent pas la qualité globale de ce film qui a bien mérité le grand prix du festival de Sundance dans la catégorie World dramatic competition.

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