23.05.08

01:00:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Black_ magic_rites

Avec ce Black magic rites le réalisateur italien allumé Renato Polselli nous gratifie d’un délire filmique aussi opaque qu’extravagant et prouvant s’il en était besoin la démesure de son auteur.
Le script suit les préparatifs orchestrés par une secte sataniste pour une cérémonie destinée faire revenir à la vie Isabella, une jeune femme brûlée comme sorcière sur le bûcher quatre cent ans auparavant.

Black_magic_ritesLa longue première séquence nous fera suivre la sacrifice d’une jeune femme par quelques individus vêtus de collants rouges et de capes noires, le visage peinturluré qui vont lui extraire le cœur sous les yeux d’une jeune femme momifiée, un trou béant au milieu de sa poitrine, tandis qu’au dehors, une autre demoiselle connaîtra le même sort.
D’entrée le réalisateur affiche sa volonté outrancière mais également quelque peu ringarde (l’affublement des satanistes), tout en plaçant déjà une mise en scène épileptique secouée que l’on retrouvera régulièrement par la suite, accompagnée d’éclairages rougeâtre ou verdâtre confinant à rendre cette entrée en matière étrange et très spéciale.

Black_magic_ritesEnsuite, l’intrigue va mettre en scène le nouveau propriétaire d’un château, venant y emménager pour cohabiter avec un des anciens occupants n’ayant pas vendu ses parts, afin d’organiser une fête pour les fiançailles de sa fille Laureen, fête à laquelle sont conviées toutes ses amies. Et à partie de ce moment-là, le métrage va complètement partir en vrille, se remémorant d’abord la mort de la soi-disant sorcière Isabella au cours d’un flash-back très graphique dans une ambiance gothique, pour ensuite nous faire partager cette fête de fiançailles débridée aux invitées exubérantes (notamment le personnage de Steffy), avant de positionner dans un non-sens absolu différentes séquences donnant désormais un aspect vampirique, avec par exemple cette demoiselle enterrée vivante (lors d’une scène remarquablement travaillée), ou encore cette "visite" de la cave par Laureen au cours de laquelle elle sera enfermée dans une cage mortelle qu’où elle s’évadera mystérieusement.

Black_magic_ritesMais après ces situations placées sans aucun soucis de continuité, le métrage va encore intensifier son délire à l’approche de la vingt-cinquième lune, jour prédisposé pour cette cérémonie au cours de laquelle sept jeunes vierges doivent être sacrifiées pour faire revivre Isabella, qui tombera comme par hasard en même temps que le fête de fiançailles de Laureen, poussant une partie des personnages, brusquement transformés en vampires, à attaquer dans leurs chambres plusieurs demoiselles pour leur sang, mais également pour les plonger dans l’extase, avant que l’on ne suive cette cérémonie très théâtrale et visuelle au cours de laquelle quelque chose va foirer, laissant ainsi Laureen, qui devait elle aussi être condamnée, se réveiller et se laisser aller à sa joie de vivre.

Black_magic_ritesDéfinitivement insaisissable et ténébreux dans la présentation de ses événements, le métrage deviendra complètement nébuleux lorsque le spectateur se rendra compte que quasiment tous les interprètes du métrage jouent un double rôle, entre notre époque et celle de la mort sur le bûcher d’Isabella, mais pas forcément dans la même configuration, présentant ainsi de quoi rendre fou tout esprit cartésien, avec en plus une volonté de Renato Polselli de mélanger le jour et la nuit dans la même séquence (ce qui sera flagrant lorsque deux des jeunes femmes vampirisées seront accusées par les villageois d’être des sorcières), achevant de la sorte de larguer son spectateur.

Black_magic_ritesMais si on arrive à s’accommoder et à s’affranchir de cet univers incompréhensible, le spectacle défini par l’auteur deviendra largement jouissif et plaisant, dans une démesure obsessionnelle forte et affolante, pour mettre en scène des séquences parfois hallucinantes (le final et cette cérémonie désincarnée) et très esthétiques (avec un éclairage intriguant, passant même du rouge au vert dans un même plan) et porteuses d’un érotisme certes léger (les actrices se baladant souvent topless) mais presque omniprésent.
De plus, Renato Polselli malaxera les genres de façon incongrue, passant de scènes plutôt tendues et lorgnant du côté de l’épouvante directement à d’autres ouvertement comiques (avec toujours le personnage de Sttefy) pour par exemple une partie de sexe à trois délibérément plus axée sur la comédie que sur l’érotisme.

Black_magic_ritesAu niveau des personnages, le métrage proposera toute une galerie de « gueules » inimaginables, entre ces villageois déformés et ce serviteur spécial, mais s’intéressera surtout de près aux demoiselles venues séjourner dans le château et avec ces doubles rôles récurrents, il sera parfois bien audacieux de vouloir chercher à comprendre qui fait quoi, ou alors à essayer de déchiffrer les très vagues explications données ou sous-entendues par l’intrigue, mais heureusement l’interprétation est bien souvent à la hauteur, même si une tendance au surjouage vient sporadiquement ternir l’ensemble.
La mise en scène de Renato Polselli contribuera grandement à rendre le métrage psychédélique et confus, aussi bien par un montage plus que saccadé que par des cadrages absurdes, mais il faudra bien reconnaître qu’il parviendra à imposer également le beauté de ses plans.
Les quelques effets spéciaux resteront basiques, pour seulement quelques petits plans sanglants très simplistes.

Donc, ce Black magic rites, également connu sous le titre de The reincarnation of Isabel sera une expérience absolument « autre » dans un spectacle totalement hallucinant et excessif !

Black_magic_ritesLe DVD de zone 0 édité par Sodementedcinema avancera une image ayant conservé ses défauts d’origine guère gênants, alors que la bande-son sera à l’image du métrage, décalée, spéciale et envoûtante, le métrage étant proposé en version originale italienne, mais accompagnée de sous-titres en anglais et en français.
Au niveau des bonus, on pourra découvrir une assez conséquente galerie de photos du film, la bande-annonce originale ainsi que celles des autres titres de l’éditeur.

Pour ceux qui voudraient se lancer dans ce métrage bien barré et incroyable, le DVD de zone 0 est disponible par exemple ici !

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