22.05.08

01:00:00, Catégories: Dossier  

Fi de considérations sur les Star Trek et autres james Bond que je ne finis pas de rédiger (à l'heure actuelle, encore une quarantiane de loupes sur le feu. D'un autre côté, aucun d'entre vous ne m'a collé un Smith et Wesson sur les roustons pour que je m'inflige une telle dérouillée rédactionnelle...) et qui finit visiblement par virer à l'exercice de style tout en me créant une base de lecteurs solides (ou insomniaques...)
Mais séchons mes larmes d'auteur raté et concentrons-nous sur nos jumeaux du moment.

Petit Van Damme deviendra grand. C'est ce qu'on aurait pu croire dans les années 80 où le brave Jean Claude (nos parents avaient JC Duce des Bronzés, nous on a eu le JC bronzé directement) tuait des bandits à tour de bras dans le but avoué de piquer la place à ses grands frères ricains du moment, Schwarzy et Sly.
On découvrit le petit père dans un rôle de méchant peu transcendant mais dont la présence à grands renforts de grands écarts (doivent faire des jeans spéciaux pour ce gars là, moi j'ai essayé, j'ai juste récolté un claquage et un pantalon de moins pour trois foutages de gueule... quand on est jeune...), à savoir Black Eagle (qui continue d'être vendu aujourd'hui par Métropolitan uniquement pour la présence du belge dans le générique) puis s'en sont suivis Bloodsport (le premier, pas celui avec le Cody crétin de Notre belle famille qui passa plus de temps à l'époque à dérouiller sa bonne femme que les méchants du film...à moins que cette dernière, possédée par l'esprit d'entreprise n'ai voulu que soutenir son Sacha de mari ?) ou comment se débarrasser d'un sumotori aussi facilement que d'un playmobil (le perso du sumo a d'ailleurs du marquer JCVD puisqu'on retrouve son petit frère dans le cheap Grand tournoi), Coups pour coups, Full contact (qui permit de faire des blagues débiles du genre comment Van Dame démarre sa voiture ? ... ça sent la cour de récré, là) avant de passer à la vitesse hollywoodienne de croisière avec l'excellent Timecop, le correct Chasse à l'homme et les nanars Cavale sans issue ou bien encore ce film dont le titre m'échappe (honte à moi) dans lequel JCVD s'attaque à un bad guy déguisé en poulet (si quelqu'un s'en souvient, soyez chic et dites le moi !) . On passera sur Replicant (pas trop mal) et autres Légionnaire (ou le mariage improbable entre Piaf et le roi déchu de la castagne).
Depuis, Van Damme (qu'un astucieux critique a surnommé Vent d'âme) a une carrière sporadique alternant les séries z et les caméos sympas dans des séries TV. Je pense bien sûr au surprenant épisode de Las Vegas où il décède dans des circonstances semi comiques (faut voir le culte sur les photos tailles humaines par la suite et le message style SPA : aucun Van Damme n'a été blessé lors de ce tournage.) (Note perso : les contrats doivent être juteux pour ce genre d'apparitions puisque Stallone en a aussi profité, dans la même série d'ailleurs).

Mais entrons dans le vif du sujet (il est plus que temps visiblement.) Double Impact est le genre de petit film à petit budget où l'on retrouve une équipe plus que familière dans les JCVD movies , à savoir le gars aux yeux exorbités qui lui sert d'oncle et qui, quelque soit le film, se retrouve vétéran du VietNam (excepté peut être dans le Bronco Billy d'Eastwood, ode au western et à l'humanité), le méchant japonais plus baraqué que le plus baraqué des occidentaux (en alternance avec celui de Bloodsport d'ailleurs, voir Kickboxer et consort)...

Toutefois, avant d'attaquer la séquence en question, petit rappel rapide du scénario.
L'action se déroule à HongKong. Un tunnel a été construit en association avec deux Ricains et quelques hommes d'affaires du coin. Une fois le tout finalisé, le premier ricain se débarrasse du deuxième et de sa femme mais oublie de liquider les jumeaux de 6 mois (qui ne pleurent pas ou presque lors de la fusillade) . Le premier est récupéré par une nurse qui le confie à un orphelinat, le second échoue dans les bras du garde du corps, ancien GI au Vietnam (vous suivez toujours) qui avec un simple flingue a dézingué huit à neuf japs armés jusqu'aux dents, en a aveuglé un autre et malgré une bastos pris dans l'épaule - par la faute du dit borgne dont la gueule est pleine de sang et qui vise à travers une vitre de bagnole brisé et au milieu des flammes - parvient malgré tout à s'enfuir à travers les quelques arbres de la propriété tout en identifiant le ripoux américain qui a bien sûr trouvé sympathoche de venir voir comment se déroulait les opérations.
On le voit ensuite quelques heures plus tard, droit comme un I avec un simple bandage s'enfuir en pagode avec le dit môme qui bronche à peine, sûr que ce devait être trooop duuuuuuuuur de retrouver un amerloque blessé avec un mioche blond dans les bras dans un pays rempli de japs... Mais bon, il a fait la guerre contre eux, alors il les connaît.
Direction une génération plus tard ou bien sûr le premier récupéré par la japonaise a mal tourné (cheveux gominés, cigare au bec, fringues en cuir et blondasse à forte poitrine comme copine, occidentale bien sûr et avec un accent de raclage de gorge qui fait viril sans omettre des regards proches de ceux d'un vieux texan multi milliardaire mais paraplégique qui ferait de l'oeil à une minette en croyant l'impressionner par son fric) et ou le second est prof de danse et de karaté (accessoirement).
S'en suit la découverte du jumeau et une histoire de vengeance basée sur la volonté de venger parents et de récupérer fortune (pitch disparaissant en cours de route pour une succession d'effets pyrotechniques et de bastons-bastos bourrés de clichés).
Au passage toute ressemblance avec un film méconnu et antérieur de Jacky Chan au titre révélateur et assumé de Twin dragons n'est pas fortuite (sauf que les enjeux US ont disparu et que l'un des jumeaux est chef d'orchestre) (cette galette est réalisée par Tsui Hark et Ringo Lam et disponible dans toutes les bonnes épiceries).

La séquence dont il est question aujourd'hui débute après 1h26 de métrage et dure 4 minutes. Il s'agit en fait du passage où le JCVD saupoudré d'édulcorant dérouille le gros jap baraqué du début, responsable de la mort de ses parents et du meurtre de son faux oncle (qui n'est pas mort en fait, histoire de blaguer).

On s'assoit et on savoure le combat emprunt de connerie, de trentième degré et de non sens qui se révèle être le meilleur moment du film.
On commence par un plan où Van Damme surgit de n'importe où, après avoir sauté d'on ne sait où (façon Dean Cain dans les premiers épisodes de Lois et Clark) dans un entrepôt plein de barils à substances explosives (synonymes donc d'explosions à un moment ou à un autre). Notez que le bonhomme, pour se rassurer arbore un flingue pour mieux en cacher un autre dans sa ceinture (faudra m'expliquer au passage pourquoi les dites pétoires tiennent toujours en place et ne tombent jamais par terre...).

JCVD, seul et forcément aussi discret qu'une junkie nymphomane pour un Jason Vorhees, tombe fatalement dans le piège que son ennemi lui a préparé puisqu'il se prend un tonneau dans les pattes et par derrière. Ou JCVD est un con absolu qui n'a pas remarqué que le malabar l'attendait pour lui balancer le machin dans la poire, ou il joue d'une malchance absolue qui le fait passer pour un con quand même, vu la démarche et l'attitude qu'il se donnait avec son pistolet pour ado en mal de pouvoir.
S'en suit un plan rapproché sur le pauvre petit minet qui parvient à rouler sur lui-même tout en se cassant la figure (l'a du style, moi je me serais assommé et puis basta, mais je ne suis pas JCVD non plus) et un gros plan sur le visage ahuri de ce dernier face à un autre tonneau qui lui arrive droit dessus. Mais bon, jusque là, action conventionnelle des eighties et des films du genre. Traduction : le méchant l'est vraiment et en plus, il est barbare et cruel et il le montre.
Evidemment, JCVD a perdu le flingue qu'il portait en entrant et le méchant donne un coup de pied dedans alors que toujours couché, il essaye de le récupérer.

On passe alors à une contre plongée nous présentant le jap en question qui ne sait pas parler (trois phrases dans le film à tout casser) histoire d'insister sur la notion de supériorité physique du bad guy qui en plus tente d'écraser du pied notre gentil héros.

Le burlesque entre alors en jeu dans une succession de plans alternés. Van Damme se relève et observe le jap soulever un gros tonneau au-dessus de sa tête. Pensez-vous qu'il en profiterait pour lui balancer n'importe quoi dans le tétiau ! Qu'il donnerait un coup de savate dont il a le secret ? Pas du tout. (Remarquez au passage que les tonneaux sont remplis puisque transparaît nettement un clapotis plus que déplacé à ce moment précis). Monsieur vient de se prendre une poussée de testostérone pour la première fois de sa vie et lui balance un « Tu veux jouer ? Approches » sûr de lui en l'invitant à lui balancer la sauce.

Tout ceci n'est pas innocent puisque toujours confiant dans le flingue qu'il a caché mais qui a disparu lors de ses roulés boulés (finalement, ils ne tiennent pas si bien que ça). « Merde » consiste en son unique réaction alors qu'il se condamne tout seul en s'approchant du mur du fond.

Le Jap saigne et se tartine la paluche de sang, façon de dire que ça va devenir sérieux sous les « amènes toi » de notre good guy.
Moi, je l'aurais éclaté une fois pour toutes et puis basta. Mais bon. On passera sur l'affreuse musique de fond, mélange de synthétiseur et de sons affreux pour suivre l'affreux jojo qui se dit que d'un coup, il fait bien sombre, ce dont on se fout complètement, et qui va allumer la lumière. Effet immédiat sur Van Damme qui se retrouve désorienté face à cette action dantesque.

Le jap reprend alors le rôle de dominant et lui dit de la main (rappelez vous il ne parle pas) "restes où tu es, tu vas morfler". Fort de son capital flagorneries, Van Damme s'exécute et comprime le bidon, pour monter que ses abdos, c'est pas du coton.

Le méchant continue de lui expliquer, (je traduis ce que j'ai compris là), qu'ils vont tourner tous les deux en rond et qu'ils vont gentiment se dire bonjour selon un rituel qui consiste à mettre son poing dans la main de l'autre et enlève lui aussi son T-shirt avant de se lancer dans une imitation grotesque de Lou Ferigno. Lui aussi est costaud. Mais on le sait depuis un moment déjà.

Le combat entre le Ken d'origine et sa contrefaçon se poursuit là dessus. C'est vrai que c'est mieux de se la péter bodybuilder type surfeur californien. Le tout est ponctué par des graves censées nous faire vibrer vu le danger de la situation.
Succession de plans alternés des visages des deux protagonistes (au passage, la bouche du jap ne saigne plus et n'est pas contusionnée malgré le coup de savate de JCVD dont les bobos se résorbent à vue d'oeil). Remarquez au passage que les deux gars transpirent subitement, afin de bien faire briller leurs pectoraux respectifs. Et ils tournent l'un autour de l'autre (y a pas tromperie sur la marchandise, le jap nous avait prévenu).

On ne sait pourquoi, le jap lève les yeux au ciel, façon "qu'est ce que je m'emmerde, t'es trop nul", et balance pour la troisième fois du film son coup de patte dans les abdos du voisin qui n'a rien vu venir et qui se cabre de douleur devant la position du chat du jap qui met bien ses doigts en avant tout en se marrant.

JCVD réagit en se plantant, évidemment, sous le regard semi laiteux de son adversaire qui se marre et se mouche (action typique du côté obscur de la force puisque le double siphonné de JCVD en fait autant un peu plus tôt après s'être saoulé. Pour ceux qui chercheraient, c'est au moment où la blonde démontre on ne sait trop pourquoi qu'elle a vraiment une forte poitrine). On poursuit sur saute-mouton puis sur quelques coups portés tantôt par l'un et tantôt par l'autre avec avantage pour le jap qui ne sachant plus quoi faire pour innover nous refait le coup du tonneau mais en fonçant sur le ricain cette fois.
Van Damme est perdu, il ne sait plus quoi faire et malgré les coups et les faux mouvements entraînant des douleurs à se rouler par terre (comme au début de la scène) est soudain pris de génie et saute en pantalon de ville par-dessus son copain qui doit mesurer dans les deux mètres tout en évitant le tonneau, le tout sous un nouveau ralenti.

Le Japonais, pas décontenancé, lance en arrière la dite charge et se retourne pour voir la purée qu'il avait prévue. Mais personne, pas de purée et plus d'ennemi car Van Damme est doué. En moins d'une demi seconde, il a réussi à se reprendre, à passer derrière le jap dans un espace moitié moins épais que lui puis à se relever, à lui taper sur l'épaule en lui assénant un "Chériiii ?" et l'assomme d'un seul coup de poing qui l'envoie valdinguer dans des tonneaux qui n'étaient pas là quelques plans auparavant.
Pas décontenancé, il revient à la charge en bandant ses muscles, façon "mauviette j'ai pas mal" avant de se reprendre un coup de pied en pleine face. Van Damme est chaud, plus rien ne l'arrête et il balance les pieds comme une mitraillette décalant le méchant et le mettant dans la ligne de mire d'un transfo aux fils dénudés. Oubliés les muscles froids et le claquage du début !
Le méchant si résistant jusque là se contente alors de rester debout et d'encaisser les coups de bambou (admirables les grimaces) jusqu'à finir dans quoi ? Le transfo bien sûr. Le méchant est mort, il s'est pris le jus. Pour l'absurde, observez que la lumière clignote autour du méchant, normal puisque la décharge perturbe le système électrique, mais que dans le coin de Van Damme, rien ne bouge, la lumière est constante.

Finalement, après un combat incroyable, le jap s'effondre, le brushing toujours impeccable et le dos nickel de toute trace de brûlure. C'est pas beau ça ?
Enfin pour justifier la présence de produits inflammables, une étincelle qui a patiemment attendu que le méchant s'effondre choisit ce moment adéquat pour mettre le feu à une traînée de ce qu'on qualifiera d'essence (pour simplifier) venue d'ont ne sait où et positionnée juste à côté du cadavre encore chaud. JCVD comprend le danger et se met à courir en sautant sur un magnifique "aaaahaaahaaahaaah" au ralenti tandis que la moitié du cargo explose.
Pas de panique, il n'a même pas un cheveu de brûlé puisqu'il apparaît comme par magie quelques plans plus tard avec une mitraillette, complètement remis si ce n'est une ou deux tâches de graisse savamment disposées.
Son pantalon est nickel et sa montre est intacte. Magique je vous dis !

Voilà. Il s'agit là de mon dernier amalgame de dvdrama / critique. J'espère que vous rigolerez un bon coup! @ +

Ivenpast


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