26.09.14

05:00:00, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Devereaux est un homme puissant. Un homme qui manipule au quotidien des milliards de dollars. Un homme qui contrôle la destinée économique des nations. Un homme gouverné par un irrépressible et vorace appétit sexuel. Un homme qui rêve de sauver le monde et qui ne peut se sauver lui-même. Un homme terrifié. Un homme perdu. Regardez-le tomber.

Mon avis :

En mai 2011, l'affaire DSK défrayait la chronique et déchaînait les passions ; tout le monde ayant en effet un avis sur cette affaire sensible mettant en cause celui que l'on considérait déjà comme notre futur Président. Malgré l'abandon des charges en août 2011 (suite à une transaction financière), l'image de Dominique Strauss-Kahn fût définitivement ternie et sa vie complètement chamboulée puisqu'il dût démissionner de son poste de directeur général du FMI (Fonds monétaire international) et puisqu’il fût également contraint de renoncer à l'élection présidentielle française de 2012, ce qui eut pour conséquence pour nous de voir arriver à la place un autre queutard notoire (Si l'on en juge le nombre de femmes qu'il nous a présenté en si peu d’années! Bon ok, là j'exagère un peu!) en la personne de François Hollande, un Président n'ayant malheureusement pas vraiment le même panache (Imaginez DSK allant courir la gueuse sur un scooter, cela ne le ferait pas!). Trois ans plus tard, Abel Ferrara crée la polémique au 67ème Festival de Cannes, où "Welcome to New York" est présenté pour la première fois en marge du festival (avant une diffusion directement en VOD), provoquant bien évidemment la colère de l'ancien couple DSK/Sinclair...

Malgré de nombreuses recherches sur l'affaire, le sulfureux metteur en scène Abel Ferrara ("L'Ange de la vengeance", "New York, deux heures du matin", "The King of New York", "Bad Lieutenant", "Nos funérailles") a délibérément choisi de ne pas en tenir réellement compte pour livrer un film, s'inspirant certes de cette affaire, mais très librement et surtout en se concentrant essentiellement sur ce personnage hors norme, addict au sexe. Gérard Depardieu ("Les Valseuses", "Buffet froid", "Le Dernier Métro", "Cyrano de Bergerac", "1492 : Christophe Colomb") incarne ici en effet le personnage de Devereaux, décrit comme étant une sorte de « bite ambulante » obsédé par le sexe.

Le réalisateur n'y va d'ailleurs pas par le dos de la cuillère, montrant son personnage se livrant à des orgies lors de scènes particulièrement crues à la limite de la pornographie. En même temps, vu ce que l'on a découvert par la suite, notamment avec l'affaire du Carlton, on ne doit pas être bien loin de la réalité! Mais, bon, après tout si tout le monde est consentant, où est le problème? Là, où l'interprétation des faits est plus litigieuse, c'est qu'il montre qu'il y a réellement eu agression sexuelle, ne laissant planer aucun doute de ce point de vue là.

A aucun moment, il ne laisse imaginer qu'il y ait pu y avoir manipulation ou même complot de la part de la victime et celle-ci est décrite comme quelqu'un de sainte nitouche, ce que la réalité ne semble pas vraiment démontrer... Mais bon, comme il est marqué au début du film, on ne saura probablement jamais la vérité sur ce qui s’est réellement passé! Donc effectivement, par rapport à ce parti-pris, on peut aisément comprendre le mécontentement de l'ancien couple Strauss-Kahn. Il faut dire que Nafissatou Diallo fût un temps envisagée pour interpréter son propre rôle, ce qui laisse tout de même peu de doute quant à l’opinion que s’est fait le cinéaste sur cette affaire.

De plus, le tableau de DSK décrit ici par Ferrara n'est pas très reluisant! Toutefois, malgré cela, le personnage de Devereaux est tout de même assez attachant par certains côtés, semblant d’ailleurs ne se rendre compte à aucun moment de la gravité de ses actes. La relation avec son épouse sera également assez particulière, celle-ci étant ici parfaitement au courant de son addiction et semblant l'accepter.

Simone, interprétée par Jacqueline Bisset ("Bullitt", "La Nuit américaine", "Le Magnifique", "Riches et Célèbres", "Domino"), censée représenter Anne Sinclair, est dépeinte comme une femme très riche ayant pour principal but de devenir première dame et aimant son mari, plus comme une mère que comme une femme. Pas sûr que c'était réellement le cas dans la réalité, Anne Sinclair semblant à l'époque très amoureuse de Strauss-Kahn et surtout aveuglée par cet amour!

Que dire autrement du film? Est-ce le grand retour de Ferrara? Non, on est quand même loin des chefs d’œuvre qu'il nous a offert au début de sa carrière. On reconnaît certes parfaitement son style, mais cela fait assez brouillon. Le film est choquant, surtout dans sa première partie d'ailleurs, celle des orgies, mais malheureusement dans sa dernière partie, ses deux acteurs principaux semblent être en totale roue libre... Et c'est effectivement le cas, puisque réalisateur a décidé de les laisser aller à l'improvisation! Et malgré tout son talent, Jacqueline Bisset ne s'en sort pas aussi bien que Depardieu, qui semble porter le film entièrement sur ses épaules.

Que dire également de cette curieuse intro où l'acteur donne brièvement son avis sur son personnage et sur la politique? En dehors de son côté déstabilisant, cette introduction semble totalement inutile et déplacée. Pour autant, "Welcome to New York" comprend de bonnes choses comme par exemple l'interpellation où Depardieu se retrouve à la prison de Rikers Island. L'acteur s'y livre alors sans pudeur et avec un naturel impressionnant.

Il est à noter d'ailleurs que malgré le choix du réalisateur de livrer une interprétation des faits assez libres, celui-ci a en revanche choisi de filmer son film dans les vrais lieux, théâtre des évènements, comme par exemple dans la suite du Sofitel où, pure coïncidence, celui-ci avait déjà tourné en 1998 pour les besoins de son film "New Rose Hotel".

En revanche, le film comporte un autre point de polémique plus discutable encore que l’interprétation des faits, glissé discrètement ici et là par de petites allusions... Des allusions mettant en cause le rôle de la famille d’Anne Sinclair durant la seconde guerre mondiale où le grand-père de celle-ci se serait enrichi! Y a-t-il une part de vérité là-dessous? Je n’en sais strictement rien, mais franchement, cela semble complètement déplacé et très limite et surtout complètement inutile. Heureusement, ces allusions restent discrètes et le spectateur n’y prêtera probablement guère attention...

Wild Side Vidéo nous propose ici le film dans sa version inédite, plus courte, avec un montage plus dynamique raccourcissant quelque peu certaines séquences de la première partie du film et déplaçant la vision de ce qui se passe dans la chambre d’hôtel avec la femme de chambre. Attention par contre, seule l'édition Blu-ray propose le choix des deux montages!

"Welcome to New York" n’est certes pas le film qui redorera l’image d’Abel Ferrara, mais en tous cas, pas de doute, avec ce nouveau long-métrage il entretient bien par contre son côté sulfureux!!! Et avec son prochain long consacré à Pasolini, cela ne devrait pas s’arranger...

"Welcome to New York" sort le 30 septembre chez Wild Side Vidéo en DVD, Blu-ray et VOD. La version DVD est au format 1.77, 16/9ème compatible 4/3 avec pistes anglaise Dolby Digital 5.1 et française DTS 5.1 et Dolby Digital 2.0. La version Blu-ray est quant à elle au format 1.77, avec une résolution 1080 24p et des pistes anglaise et française DTS-HD Master Audio 5.1. Les bonus, communs aux deux éditions se composent d'un documentaire intitulé "Welcome to Cannes" comprenant des entretiens avec l'équipe du film et des extraits de la conférence de presse, plus la bande annonce. Il est à noter par contre que le Blu-ray contient en exclusivité la version cinéma du film plus longue de 17 minutes.

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