17.12.09

07:40:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Uomini si nasce poliziotti si muore

Ce sera à partir d'un scénario de Fernando Di Leo que le réalisateur italien Ruggero Deodato va nous livrer avec ce Uomini si nasce poliziotti si muore (également connu sous son titre anglais de Live like a cop, die like a man) son seul "poliziotesco" pour un résultat musclé, violent mais étrangement souriant en étant porteur d'un humour léger qui viendra dédramatiser complètement une violence pourtant exacerbée.
Le script va suivre la lutte de deux policiers d'une brigade secrète aux méthodes peu orthodoxes contre un parrain de la mafia ayant notamment assassiné l'un des leurs.

Uomini si nasce poliziotti si muoreLe métrage ne va pas perdre un instant pour lancer son action puisque nous allons tout de suite découvrir Antonio et Alfredo, les deux personnages principaux formant un tandem de policiers, sur le terrain où à bord de leur moto, ils vont être amenés à poursuivre les auteurs d'un vol qui aura mal tournée. En effet, deux individus à moto voulant s'emparer de la sacoche d'une jeune femme sortant d'une banque vont s'apercevoir en tentant d'arracher leur butin que ce sac est relié au poignet de la demoiselle par une chaîne et donc, ils vont traîner la victime sur le sol jusqu'à ce qu'elle s'explose le crâne contre une butée. Abandonnant le tout, les deux hommes vont fuir, pourchassés par nos deux policiers pour une longue et folle course-poursuite dans les rues de Rome.

Uomini si nasce poliziotti si muoreCette introduction exposera d'entrée l'aspect violent du métrage avec la mort brutale de cette jeune femme, tandis que la poursuite motorisée sera largement prenante, filmée de manière adaptée pour ainsi renforcer son côté spectaculaire et pris sur le vif, tandis que son issue pourra surprendre puisque les deux fuyards vont trouver la mort, l'un d'eux étant carrément achevé par Alfredo qui va rompre le cou du blessé. L'intrigue pourra alors véritablement nous présenter ces deux policiers spéciaux appartenant à une brigade secrète luttant contre le crime organisé au sein d'un bureau caché où siège leur patron, avec qui ils auront justement rendez-vous, non sans avoir auparavant tenté une nouvelle fois de draguer la secrétaire, la belle Norma qui hélas pour eux aura du répondant et brisera leur discours machiste. Le boss leur fera une nouvelle fois la morale quant à leurs méthodes expéditives et en compagnie d'un de leurs collègues évoquera le cas de Pasquini, un truand qu'ils recherchent sans succès depuis trop longtemps.

Uomini si nasce poliziotti si muoreMais en ressortant leur collègue va être abattu par les hommes de mains de Pasquini, déclenchant la fureur d'Alfredo et de Antonio qui vont centrer leur action pour débusquer le malfaiteur oeuvrant surtout dans le domaine du jeu. C'est ainsi que nous allons avoir droit à plusieurs morceaux de bravoure impliqués directement dans cette ligne conductrice de l'intrigue, avec par exemple cet incendie de voitures de luxe appartenant aux clients de l'un des "clubs" de Pasquini, mais également par exemple lorsque les deux policiers vont devoir échapper à une embuscade tendue dans le terrain vague où ils s'entraînaient. Mais le métrage va aussi nous proposer de suivre les deux hommes dans d'autres circonstances où ils vont devoir affronter la mort en face pour dénouer des affaires sordides, comme cette prise d'otages qui ne laissera aucun survivant du côté des truands, ou encore lorsque Alfredo et Antonio, bien renseignés, vont carrément abattre des malfaiteurs s'apprêtant à commettre un casse.

Uomini si nasce poliziotti si muoreMais le métrage va également proposer des situations plus légères et frivoles nous faire partager un humour quelque peu salace mais toujours souriant, lorsque les deux hommes vont par exemple aller interroger la sœur de Pasquini qui se révélera être une nymphomane en manque qui va se payer les deux policiers l'un après l'autre, laissant même un brin d'érotisme charmant venir se mêler au débat, pour à plusieurs reprises dévoiler les charmes de personnages secondaires, parfois même de façon complètement gratuite (la suédoise). Mais cet humour viendra également s'imposer au travers de dialogues excellents débités par les deux héros, résonant d'un machisme explicite en répercussion à des sous-entendus sexuels quelque peu grivois.

Uomini si nasce poliziotti si muoreLe métrage va ainsi s'attacher à nous dresser le portrait de ces deux policiers jusqu'auboutistes qui n'hésiteront pas à braver la mort et surtout à rendre une justice expéditive sans crainte de représailles sérieuses, permettant à Ruggero Deodato de se livrer à une violence franche et parfois même sévère, mais toujours en adoptant ce ton léger qui annihilera tout impact malsain tout en avançant aussi l'amitié profonde liant Alfredo et Antonio, les deux hommes vivant ensemble dans un appartement entretenu par une femme de ménage, ce qui aurait presque pu laisser penser à une homosexualité larvée sans leur forte attirance pour la gente féminine qui sera constamment mise sur le devant de la scène.

Uomini si nasce poliziotti si muorePar contre, l'intrigue restera assez classique sur le fond pour mettre en branle cette guerre ouverte entre la police et ce truand qui lui aussi sera bien violent, en n'hésitant pas par exemple à arracher un œil à un joueur qui lui devait de l'argent, pour être informé par une taupe officiant au sein de la police et payée pour rechercher l'identité des deux empêcheurs de tourner en rond, mais cela donnera surtout l'occasion au film de multiplier les séquences d'action, entre cette poursuite inaugurale, ces bagarres violentes et autres échanges de coups de feu qui parfois même friseront l'irréel par ce côté "cartoonesque" certainement volontaire, mais hélas on pourra regretter un dernier acte bien facile et qui débouchera sur une issue simpliste; guère originale et donnant le sentiment d'avoir été bâclée, pour ainsi ne pas rendre franchement hommage aussi bien à ce Pasquini qui connaîtra une évidente et attendue mort stupide tandis que les deux héros échapperont de manière trop facile à un piège téléphoné.

Uomini si nasce poliziotti si muoreL'interprétation sera l'un des principaux atouts du film grâce à un duo d'acteurs charismatiques et élégants composé de Marc Porel et de Ray Lovelock qui marqueront de leur empreinte l'ensemble du métrage en y accentuant même l'humour, tandis que Adolfo Celi incarnera leur patron avec candeur et un aspect paternel avéré. La mise en scène de Ruggero Deodato sera vive et dynamique pour donner du rythme aux phases d'action et les rendre captivantes tout en magnifiant cette violence parfois sanglante et en tout cas toujours volontaire qui viendra très régulièrement se mêler à l'intrigue.

Donc, ce Uomini si nasce poliziotti si muore aura largement de quoi séduire par son aspect volontaire dans un déchaînement de violence à laquelle il manquera peut-être un brin de ce sadisme typiquement italien mais agrémenté d'un humour omniprésent toujours souriant !

Uomini si nasce poliziotti si muoreLe DVD de zone 2 italien édité par Raro Vidéo avancera une image nette et sans défaut notable, tandis que la bande-son sera convaincante, avec une partition musicale adaptée et rythmée même par des chansons de Ray Lovelock lui-même, le métrage étant ici disponible dans sa version anglaise ou dans sa version originale italienne sous-titrée en anglais.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un très intéressant documentaire revenant sur le métrage en donnant la parole à Ruggero Deodato qui évoquera par exemple la censure dont le film a été victime, tandis que Ray Lovelock reviendra lui plus sur sa relation avec Marc Porel qui a été bien moins conflictuelle que ce qui avait été avancé à l'époque, laissant quelque publicités amusantes des années soixante-dix réalisées par Ruggero Deodato, sa biographie et sa filmographie venir clore ces bonus méritant que l'on s'y attarde.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce duo de policiers expéditifs, le DVD de zone 2 italien est disponible ici ou !

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