12.10.09

07:30:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

The fifth cord

Giallo de la première heure, ce The fifth cord peinera à convaincre réellement à cause d’une intrigue bien trop simpliste dans sa volonté de brouiller les pistes et de surprendre son spectateur, alors que l’identité du tueur sera pourtant aisément anticipable très vite dans le métrage, pour en plus s’embrouiller avec une série de protagonistes aux liens inutilement complexes et ténébreux, mais pour autant la beauté visuelle de l’ensemble et une interprétation exemplaire permettront à l’ensemble de se suivre sans peine.
Le script va suivre l’enquête d’un journaliste plus ou moins alcoolique sur le déclin face à une série de meurtres survenant dans son entourage proche, au point de faire de lui un coupable potentiel.

The fifth cordAprès un monologue lancinant en voix-off de l’assassin en puissance qui s’enregistrera sur bande magnétique pour se déclarer prêt à agir, plaçant ainsi de suite le spectateur dans l’attente des meurtres à venir, le métrage va lors de son générique avancer une bonne partie de ses personnages, réunis pour célébrer le Nouvel An, en s’attardant sur Andrea Bild, un homme apparemment porté sur la bouteille qui observera surtout ce qui se passe autour de lui, avant à la fin de la soirée d’aller attendre Hélène, son ancienne femme dans sa voiture pour lors d’un court dialogue voir confirmer sa situation d’alcoolique notoire et surtout se faire rejeter par celle-ci, imposant de fait d’entrée un personnage principal déchu.

The fifth cordEnsuite, l’intrigue va suivre l’instituteur John Lubbock rentrant à pied chez lui à l’issue de cette soirée, pour passer sans les voir devant un couple en pleine embrassade torride avant de s’enfoncer dans un tunnel pour se rendre compte qu’il est suivi (l’inconnu étant trahi par ses bruits de pas), instaurant pour le coup un court suspense qui s’achèvera lorsque Lubbock, pris par surprise, recevra plusieurs coups de bâtons et seuls ses cris ayant attiré le couple vu auparavant feront fuir l’agresseur. Cette première attaque atypique pour un giallo servira de point de départ à l’enquête d’Andrea, que nous retrouverons d’abord chez lui en compagnie d’une demoiselle, Lu, avant qu’un coup de téléphone ne le convoque à la rédaction de son journal où il va se faire confier cette affaire d’agression, l’obligeant à se rendre à l’hôpital où comme par hasard officiera comme médecin le Dr Bini, un des participants de la soirée de Nouvel an, qui sera appelé à prendre part à l’intrigue très vite puisque son épouse handicapée fournira la première véritable victime au métrage.

The fifth cordEn effet, après quelques situations sans intérêt fondées sur les relations des différents protagonistes déjà rencontrés, nous allons pénétrer dans l’intimité de ce docteur, pour découvrir le caractère acariâtre mais sensible de son épouse, clouée au lit à cause de sa paralysie des jambes, qui se retrouvera bientôt seule puisque son mari sera appelé sur une urgence, rendant rapidement l’intérieur de la maison, remarquablement filmée, dangereux tout en mettant parfaitement en avant l’isolement et la vulnérabilité de la future victime qui ne tardera pas à se rendre compte qu’elle n’est pas si seule que cela et tentera de fuir en rampant sur le sol pour échapper à un agresseur invisible mais déplaçant des objets vitaux (fauteuil roulant, téléphone) avant de finalement s’abattre sur sa proie de manière sauvage pour l’étrangler et la jeter presque négligemment dans les escaliers.

The fifth cordCette séquence sera certainement la plus forte du film, avec quelques autres scènes de crime toutes probantes, bardées d’un suspense percutant et d’une mise en scène impeccable, comme cet homme qui finira par mourir d’une crise cardiaque, facilitant de fait le "travail" du meurtrier ou encore ce final au cours duquel ce sera un enfant qui se retrouvera en mauvaise posture. Mais hélas, en dehors de ces passages probants, le métrage ne développera que des situations stériles et guère enthousiasmantes pour suivre l'enquête d'Andrea, perdu entre ses doutes, ses talents de dragueur et des sous-intrigues banales et mal exploitées qui heureusement parviendront parfois à sentir le souffre en lorgnant par exemple du côté de la pornographie amateur. Cela aura pour effet de brouiller l'intrigue principale tout en détournant l'attention du spectateur sur des éléments extérieurs, mais de toutes façons, avec un minimum de réflexion et de bon sens, l'identité du tueur sera déjà évidente, confirmée plus tard lors d'un final énervé tranchant largement avec la lenteur ambiante, pour nous bassiner avec un motif sans aucune ampleur et franchement presque ridicule pour tenter de justifier les actes de l'assassin.

The fifth cordMais ce qui fera en grande partie la force partielle du film, ce sera son interprétation sans faille avec bien entendu la prestation de Franco Nero qui interprétera un Andrea avec une justesse rare, sans aucun surjouage néfaste, pour donner une réalité avérée à son personnage qui incarnera un anti-héros parfois violent (même envers les femmes…) pas franchement attachant mais dont nous suivrons les pérégrinations avec un attachement certain. Autour de lui vont graviter un certain nombre de personnages féminins qui apporteront sporadiquement une petite touche sensuelle et érotique non négligeable, les ravissantes Pamela Tiffin et Agostina Belli n'hésitant pas à se déshabiller devant la caméra. Mais les seconds rôles ne seront pas oubliés et nous retrouverons par exemple avec plaisir Edmund Purdom ou encore Andrea Scotti.

The fifth cordL'autre aspect du film qui sera foncièrement maîtrisé sera la photographie et l'esthétique de l'ensemble, loin d'un quelconque baroque repompé sur l'univers de Dario Argento, le métrage va laisser des couleurs saisissantes s'imposer sur les structures géométriques angulaires, donnant ainsi un air irréel, gigantesque et volontairement surfait aux décors et à la nuit italienne magnifiquement filmée tandis que le réalisateur Luigi Bazzoni s'offrira une mise en scène saisissant lors des temps forts du film , avec notamment une caméra subjective employée à merveille pour renforcer le suspense et une dynamique puissante pour gérer ses autres effets de clairs/obscurs, donnant ainsi une beauté rare à chaque plan.

The fifth cordCette beauté formelle compensera donc la vacuité certaine d'une intrigue inutilement alambiquée avançant un tueur ayant comme seule caractéristique propre (et sous-exploitée) de laisser auprès de chacune de ses victimes un gant noir dont il coupera un doigt de plus à chaque forfait et les scènes de crime vaudront surtout pour leur mise en place installant un suspense conséquent, puisque le métrage se montrera particulièrement avare en effets sanglants, pour même uniquement nous montrer le résultat de l'un des meurtres sans même nous gratifier de son exécution qui aurait certainement été croustillantes à la vue de ses conséquences, et enfin la violence sera très sporadique, surtout centrée autour du personnage d'Andrea, imprévisible et parfois bien sauvage (sans que les situations ne le justifie toujours vraiment, d'ailleurs).

Donc, ce The fifth cord vaudra surtout le coup d'œil pour son esthétisme vraiment remarquable et son interprétation convaincante, car son intrigue aura une tendance trop appuyée à se disperser inutilement, délaissant ainsi un noyau central bien anecdotique !

The fifth cordLe DVD de zone 0 édité par Blue Underground avancera une image nette et parfaitement restaurée pour ne laisser place à aucun défaut, tandis que la bande-son sera efficace avec une partition musicale d'Ennio Morricone prenante mais moins définitive que certaines autres créations du compositeur, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise, sans aucun sous-titres, comme souvent chez Blue Underground.
Au niveau des bonus, outres l'excellente et originale bande-annonce, on pourra suivre une interview croisée de Franco Nero et du responsable de la photographie, Vittorio Storaro, qui reviendront sur le film et leur participation à celui-ci au travers d'anecdotes intéressantes, tout en portant un regard nostalgique sur cette période de leur activité.

Pour ceux qui voudraient découvrir ce "giallo" formellement maîtrisé, le DVD de zone 0 est disponible ici ou !

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