27.10.08

08:05:00, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Un conte d'été polonais
Réalisateur : Andrzej Jakimowski
Avec : Damian Ul, Ewelina Walendziak
Durée du film : 1 h 34
Date de sortie en salles : 22 octobre 2008

Par Nicofeel

Seconde réalisation du polonais Andrzej Jakimowski, Un conte d'été polonais est bien loin des oeuvres polonaises que l'on a l'habitude de voir où l'ambiance est assez pesante. Ici, le film a un ton plutôt léger.
Le réalisateur polonais met en scène un film ludique avec cet enfant, Stefek (joué par Damian Ul, alors âgé de 8 ans), qui passe son temps à disposer des pièces de monnaie ou ses soldats de plomb sur les rails d'un chemin de fer.

Stefek tente d'influencer le destin pour faire revenir son père qui l'a abandonné, lui, sa mère et sa soeur Elka (interprétée par Ewelina Walendziak). D'ailleurs, on notera que la traduction littérale du titre du film en polonais signifie tour de passe-passe ou tour de magie. Le titre original du film est bien révélateur de cet état de fait où Stefek essaie d'agir sur le destin comme un magicien.
Et beaucoup d'éléments sont symboliques de cette recherche du père : les pigeons voyageurs (spécificité de la Silésie) que fait s'envoler à de nombreuses reprises Stefek ; les fameux soldats et pièces de monnaie qui font arrêter les trains ; la scèn trèd rôle où Stefek, alliée avec sa grande soeur, tente d'attirer la chance sur un homme qui vend des pommes.
Le réalisateur nous raconte une histoire qui se déroule dans des décors naturels, dans une ville pauvre dont les murs des maisons et bâtiments sont bien décrépis. Il n'empêche, dans cette ville qui semble bien vide, Jakimowski cherche en fait à nous ancrer dans la réalité et à faire opérer un certain charme avec ces paysages naturels. Par ailleurs, avec cette musique slave qui nous rappelle les films de Kusturica, le ton est clairement ludique.
Encore une fois, on est loin des oeuvres polonaises dramatiques que l'on a l'habitude de voir. Si le milieu du film est ouvrier, le réalisateur ne va pas plus loin dans ses descriptions sociales. Il préfère axer son film d'une part sur cet enfant qui cherche à choisir son père et d'autre part sur des marivaudages que l'on voit partout.
On s'amuse des différentes situations qui amènent le père choisi par l'enfant à ne jamais arriver à prendre son train. Il y a également beaucoup d'humour dans le relations entre les différents personnages, notamment entre Stefek, sa soeur et le petit ami de celle-ci. Le réalisateur semble passionné par les motos avec le petit ami de la soeur de Stefek qui traverse le village et va chercher sa copine sur sa moto. Cela donne lieu sur l'écran à des travellings qui donnent un sentiment d'évasion.

D'autres travellings, ceux que l'on voit avec les trains qui circulent, nous montrent une histoire en marche. Les trains sont comme la symbolique du destin.
Le film a en outre à de nombreux instants un côté fellinien évident. Ainsi, le petit Stefek a une attirance certaine envers Violka, qui est considérée par certains comme la fille facile du village. La poésie de Fellini se retrouve également dans les deux belles scènes où l'on voit d'abord Stefek avec sa mère, sa soeur, Violka et le copain de sa soeur au bord de l'étang en train de flaner. L'amour de ce gamin pour Violka est tout à la fois drôle et touchant. Ensuite, une autre scène qui rappelle Fellini est le moment où le père supposé de Stefek se rend àn l'étang et découvre trois jeunes femmes en train de s'amuser dans l'eau, telles des naïades. La fin de cette scène est d'ailleurs elliptique. On ne sait pas vraiment comment elle se conclue. Sur l'Italie, il est utile aussi de signaler que le clin d'oeil du réalisateur est évident avec la soeur de Stefek, Elka, qui apprend la langue italienne et tente de se faire embaucher dans une société italienne pour voir son condition s'améliorer. Mais l'amour d'un père qu'elle a longtemps refusé est plus fort que l'entretien qu'elle doit passer. A l'instar de Stefek, elle préfère privilégier sa vie familiale à sa vie professionnelle.

Un conte d'été polonais n'est certes pas un chef d'oeuvre (le train-train quotidien qui est retranscrit rend le film d'un intérêt inégal) mais il s'agit d'un film très optimiste (c'est bien là le côté conte de l'oeuvre) qui fait plaisir à voir. Il a déjà obtenu un succès d'estime non négligeable. Ainsi, en France, il a remporté le grand prix du jury et le prix du public au festival d'Angers. Le film vient même récemment d'être sélectionné pour représenter la Pologne aux Oscars dans la catégorie meilleur film étranger.

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