03.07.09

Permalink 07:45:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Boo

Le réalisateur Anthony C. Ferrante, qui collabora longtemps au magazine "Fangoria", nous livre pour son premier long métrage ce Boo, une "ghost story" classique, bourrée d'hommages divers au travers de nombreuses séquences volontaires destinées à générer des frissons qui hélas ne viendront jamais, à cause d'une prévisibilité absolue de l'intrigue et des effets de surprise éculés.
Le script va laisser une bande de jeunes aller passer la soirée d'Halloween dans un hôpital réputé hanté, histoire de s'amuser un peu, mais hélas pour eux, des fantômes hantent bien les lieux et n'ont rien d'amicaux.

BooDans sa première séquence, le métrage va se livrer à une amusant relecture du "slasher" pour nous présenter son personnage principal, Jessie, une demoiselle préparant la citrouille de circonstance mais qui devra faire face à un intrus masqué qui se révélera aussitôt être son petit ami venu lui faire une farce et lui annoncer le programme de la soirée devant se dérouler au Sant Mira Hospital, un bâtiment désaffecté suite à un incendie survenu quelques années plus tôt au troisième étage. Et justement nous allons alors suivre Emmet, le roi de la blague macabre qui sera le premier sur place pour y préparer quelques pièges censés effrayer ses amis, permettant ainsi au spectateur de découvrir cet endroit vraiment lugubre, sordide et aux bruits inquiétants qui ne sembleront pas déranger le jeune homme trop occupé à préparer ses farces pour faire cas des nombreux avertissements posés ici ou là au détour de chaque plan et sous-entendant facilement l'existence d'une présence surnaturelle sur place qui se montrera au grand jour pour attaquer le chien d'Emmet.

BooEnsuite, l'intrigue va revenir continuer la présentation des autres protagonistes participant à la soirée, puisque en plus de Jessie et de son petit ami Kevin, Marie et Freddy vont être du voyage, mais ces personnages demeureront lisses dans leur agencement cherchant surtout à mettre en valeur Jessie et ses dons étranges puisqu'à peine arrivée devant l'hôpital, elle aura une vision étrange et devra se faire prier par ses compagnons pour pénétrer dans l'hôpital. En parallèle, le métrage va s'arranger pour envoyer deux autres individus sur place, Baines un policier fan de "Dynamite Jones", le héros de la "blaxploitation" qui suivra le fils de l'un de ses anciens collègues parti à la recherche de sa sœur disparue dans l'hôpital.

BooEt rapidement, tout ce petit monde, provisoirement en deux groupes séparés, va devoir affronter les spectres qui hantent l'hôpital, avec aussi bien des apparitions se voulant inattendues que par la possession des corps par le fantôme récalcitrant d'un malade mental pédophile désireux de quitter les lieux. Mais hélas, une fois la situation posée, l'intrigue va quand même tourner quelque peu en rond pour déclencher des rebondissements souvent répétitifs mais pas désagréables à suivre, seulement ponctués par de petites baisses de rythme et un aspect superficiel des situations mettant en scène les fantômes qui apparaîtront plus que nécessaire et sans raison valable, pour uniquement nous gratifier de plans très visuels et graphiques.

BooL'aspect "possession" du film sera quant à lui plutôt bien rendu, entraînant même une paranoïa directement héritée de The thing pour en prime nous gratifier d'effets sanglants volontaires, notamment lors de l'explosion des "possédés", et cela viendra meubler des péripéties redondantes, tournant autour d'allers-retours au fameux troisième étape maudit de l'hôpital suite à un drame survenu des années auparavant et ayant servi de déclencheur de la hantise des lieux, mais il ne faudra pas compter sur les enjeux avancés pour impliquer le spectateur dans cette sombre histoire terriblement classique et ici présentée de manière superficielle, parfois même confuse avec l'omniprésence des spectres et autres possédés qui interviendront parfois uniquement pour "faire joli" lors de scènes sous-exploitées.

BooPar contre, le métrage pourra compter sur des décors impressionnants, terriblement réalistes dans cet aspect sinistre, poussiéreux et parfois même glauque en sous-entendant des traitements de chocs pour les malades mentaux, qui assureront même lors des nombreux flash-backs/ visions de l'héroïne oscillant entre le présent décrépi et le passé des lieux alors propres et immaculés. Ces décors faciliteront les apparitions des fantômes en regorgeant de recoins sombres propices à laisser surgir la moindre entité, et le réalisateur s'en servira très régulièrement, tout en nous proposant quand même d'autres alternatives, comme ce costume de clown en pleine lévitation dans les airs qui finira par se vider d'un amas de vers et autres asticots répugnants.

BooLes personnages resteront donc simplistes et même stéréotypés, pour bien laisser la vedette à Jessie, mais on pourra quand même trouver un humour parfois souriant dans les propos des uns et des autres et ce policier fan de "Dynamite Jones" apportera son quota d'idées amusantes bien trouvées. La mise en scène du réalisateur est adaptée pour installer une ambiance sinistre perpétuelle et pour mettre en avant ses apparitions spectrales mais n'arrivera jamais à susciter le moindre frisson. Les effets spéciaux sont globalement probants, aussi bien pour des maquillages fantomatiques très visuels que pour avancer des plans sanglants volontaires et graphiques mais sans verser dans la moindre outrance.

Donc, ce Boo se suivra facilement grâce à la volonté graphique et visuelle plus qu'avérée de son auteur et par son ambiance lugubre bien retranscrite, mais peinera à trouver véritablement son rythme tout en demeurant confus et superficiel pour avancer le fond de son intrigue.

BooLe DVD de zone 2 anglais édité par Momentum Pictures avancera une image nette et perdant juste quelques détails lors de ses passages se déroulant dans l'obscurité, tandis que la bande-son sera cohérente avec une partition musicale certainement trop discrète, le métrage étant ici proposé dans sa version anglaise sous-titrée en anglais.
Au niveau des bonus, on pourra suivre un making-of classique laissant intervenir l'équipe technique et artistique du métrage tout en proposant des images du tournage, un petit module sur les effets spéciaux nous dévoilant quelques secrets, un autre qui présentera les soi-disant expériences surnaturelles vécues par l'équipe du film lors du tournage, laissant la bande-annonce et quelques scènes coupées ou prolongées sans grand intérêt venir clore ces bonus copieux et globalement informatifs.

Pour ceux qui voudraient découvrir cette "ghost story" classique mais très visuelle, le DVD de zone 2 anglais est disponible ici ou !

Boo
Boo

02.07.09

Permalink 07:20:00, Catégories: Test / Critique  

par Nicore

Die nonne und das biest

Même s'il ira se frotter à la "nunsploitation", ce Die nonne und das biest, plus connu sous son titre anglais de Sister Emanuelle (et connu chez nous comme Emanuelle et les collégiennes) optera pour un ton bien plus léger et souriant que la plupart des œuvres de la série des "Black Emanuelle" mettant en scène la star métisse d'origine indonésienne Laura Gemser pour nous servir une histoire bien entendu sensuelle mais ne cherchant pas à verser dans le sordide ou la violence.
Le script va laisser une jeune adolescente rebelle et obsédée sexuelle rejoindre un couvent afin d'y être dressée mais au lieu de cela, elle va pervertir et troubler son entourage et notamment une nonne l'ayant accompagnée.

Die nonne und das biestD'entrée le métrage va avancer ces deux sœurs rejoignant par bateau la résidence d'un riche homme d'affaires guère aimable avec ses employés mais affable avec les deux nonnes puisqu'elles sont venues chercher Monica, sa fille, afin de l'emmener dans un couvent pour y faire son éducation religieuse et ce dans un environnement strict. C'est ainsi que le réalisateur Giuseppe Vari va tout de suite nous présenter cette jeune demoiselle sous un jour trouble et gorgé de sous-entendus rien qu'à la vue du baiser langoureux d'adieu qu'elle fera à sa propre mère, obligeant les deux religieuses à détourner le regard. Le trio va donc repartir, direction la gare pour y prendre un train leur permettant de rallier le couvent.

Die nonne und das biestC'est dans ce train que Monica va révéler au grand jour ce que qui était jusque-là sous-entendu, n'hésitant pas à se dénuder entièrement devant Sœur Emanuelle avec qui elle va partager un compartiment-lit avant de lui poser des questions sur sa condition de religieuse et finalement en prétextant un mauvais rêve salace (ce qui permettra au métrage de se livrer à une nouvelle scénette érotique) de rejoindre la couche de la nonne se blottissant contre elle avant d'essayer de l'embrasser et devant son refus, ce sera un voyageur qui bénéficiera un peu plus tard dans la nuit d'une petite gâterie, que sœur Emanuelle surprendra bien évidemment mais sans agir.

Die nonne und das biestLa situation ainsi posée, avec cette Monica perverse en diable et semblant quand même troubler quelque peu Sœur Emanuelle, l'arrivée dans ce couvent perché en haut d'une montagne va pouvoir se faire, laissant Giuseppe vari nous gratifier d'un splendide plan glaçant quant à l'austérité régnant dans ce couvent avec ses étudiantes appliquées et ses nonnes au visage de marbre, ce qui provoquer l'hystérie de la demoiselle cherchant à s'enfuir, obligeant Sœur Emanuelle à la maîtriser, révélant au passage à la Mère supérieure un défaut de tenue vestimentaire puisque Sœur Emanuelle portera des bas sous sa robe de religieuse, ce qui lui vaudra une remontrance sévère permettant à l'intrigue de nous renseigner quelque peu sur le passé trouble de la fautive.

Die nonne und das biestEnsuite l'intrigue va laisser Monica séduire sa compagne de chambre et l'initier aux plaisirs saphiques, tandis que lors d'une sortie avec ses camarades, elle va rencontrer un repris de justice en cavale qu'elle va charmer et à qui elle va même offrir un refuge dans une des tours du couvent, bien entendu contre quelques câlins. Mais surtout, Monica va fomenter un plan diabolique pour jouer avec Sœur Emanuelle en la pervertissant définitivement et en l'entraînant avec elle dans la débauche et la dépravation pour une série de rebondissements très réguliers qui occuperont l'essentiel du métrage jusqu'à cette double chute finale bien pensée d'abord avec la vengeance de Sœur Emanuelle et ensuite avec un twist certes très classique mais ici efficace et surtout aboutissant sur un final immoral et bafouant la religion avec une belle ardeur.

Die nonne und das biestBien entendu le métrage sera rythmé par toute une série de séquences sensuelles et érotiques très régulières mais ici le réalisateur n'ira jamais bien loin pour toujours demeurer léger et "frais" en se contentant quasiment uniquement de dénuder ses jolies actrices féminines à la moindre occasion (et il y en aura plus d'une…) pour laisser de rares accouplements venir se mêler à cet érotisme sans paraître pour autant gratuits puisqu'ils seront nécessités pour les besoins d'une intrigue grivoise et démonstratrice dans sa volonté de mettre en avant la perversion exubérante de cette Monica à peine sortie de l'adolescence.

Die nonne und das biestEt justement, c'est cet partie du script qui monopolisera une bonne partie du film, laissant cette jeune Monica jouer les premiers rôles au détriment de Sœur Emanuelle qui sera quant à elle étrangement presque reléguée au second plan et ne participera que sur le tard aux actes érotiques du film, même si Giuseppe vari aura quand même pris le temps de nous offrir un petit effeuillage quasiment obligatoire, mais cela ne viendra en aucun cas nuire au bon déroulement d'un ensemble qui pourra largement s'appuyer sur des situations renouvelées fréquemment tout en étant souvent souriantes, légères et ne tombant jamais dans la redite mais sans jamais tomber dans la comédie parodique.

Die nonne und das biestMais à côté de cela, l'aspect "nunsploitation" sera quand même bien présent, au travers de séquences suivant la rigueur de la vie dans le couvent avec notamment cette Mère Supérieure inflexible, mais surtout en confrontant Sœur Emanuelle à des pulsions et à des troubles sexuels avérés qui feront bien évidemment vaciller sa Foi tout en la replongeant dans son passé, ce qui éclatera de manière terriblement efficace lors de l'excellent final pour sa vengeance humiliante pour Monica avant de nous offrir une dernière séquence confrontant la réalité des vœux de chasteté des nonnes pour une dernière surprise aussi probante que remarquablement bien agencée.

Die nonne und das biestLes personnages seront ici assez bien travaillés, pour privilégier facilement Monica et Sœur Emanuelle, tout en nous offrant quelques seconds rôles croustillants, avec par exemple le vieillard servant d'homme à tout faire ou encore cette nonne qui accompagnera Sœur Emanuelle pendant l'introduction et ses réparties définitives. L'ensemble bénéficiera d'une interprétation plutôt convaincante, Laura Gemser semblera toujours aussi à l'aise dans le rôle d'Emanuelle qui fît sa renommée, tout en se faisant presque voler la vedette par la craquante Monica Zanchi. La mise en scène de Giuseppe vari est dynamique pour donner un rythme constant à l'ensemble tout en profitant parfaitement des décors magnifiques et en n'hésitant pas nous livre quelques plans audacieux très réussis.

Donc, ce Die nonne und das biest offrira un spectacle plaisant, léger et ne cherchant quasiment jamais à verser dans une sordidité ici malvenue pour au contraire privilégier un érotisme frais et pas forcément gratuit !

Die nonne und das biestLe DVD de zone 2 allemand édité par X-Rated Kult, toujours présenté dans son boîtier au format "livre" excellent avancera une image hélas parfois granuleuse et très vaguement floue, tandis que la bande-son sera efficace, grâce à une partition musicale enjouée et typique, le métrage étant ici proposé dans sa version allemande, italienne et anglaise, avec seulement des sous-titres allemands, contrairement à ce qu'annoncera la jaquette.
Au niveau des bonus, on pourra suivre la bande-annonce du film, une galerie de photos ainsi qu'une des jaquettes de éditions VHS du film, mais surtout plusieurs scènes alternatives, coupées ou rallongées, certes très courtes mais avançant entre autres deux rapides plans hardcores heureusement coupés au montage et qui auraient plombé le ton du film, ainsi qu'une amusante séquence avec une banane.

Pour ceux qui voudraient découvrir cet épisode léger et croustillant de la saga de la "Black Emanuelle", le DVD de zone 2 allemand est pour l'instant encore disponible ici !

30.06.09

Permalink 08:01:05, Catégories: Actualités HD, Actualités DVD  

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