15.10.15

05:35:51, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Ricki and the flash

Réalisateur : Jonathan Demme

Année : 2015

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h42

Avec : Meryl Streep (Ricki Rendazzo), Mamie Gummer (Julie Brummel), Kevin Kline (Pete Brummel), Rick Springfield (Greg), Audra McDonald (Maureen), etc.

Par Nicofeel

Pour beaucoup, quand on pense à Jonathan Demme, on évoque Le silence des agneaux et Philadelphia. Pourtant, il serait réducteur de limiter son oeuvre à ces deux films. Le réalisateur américain a par exemple fait preuve d'un attrait certain pour la musique. C'est à lui qu'on lui doit le superbe concert filmé Stop making sense (1984) des Talking heads ou plus récemment son documentaire sorti en 2011 sur Neil Young.
Pour suivre dans la même lignée, Jonathan Demme met en scène dans son dernier film... une chanteuse ! Faites place à Ricki, une rockeuse (qui n'a jamais existé, c'est une fiction) sexagénaire, qui est visiblement restée scotchée dans les années 70. Il faut la voir avec son look improbable fait d'habits de cuir et de bijoux voyants. On ne peut pas la rater !
Ricki n'est pas vraiment une star et se produit avec son groupe, The flash, dans un vieux bar où les places sont bien clairsemées. On a visiblement affaire à des fans venus écouter l'amie Ricki. Histoire de se moderniser, cette dernière a eu l'idée d'interpréter quelques standards actuels, à l'instar du Bad romance de Lady Gaga.
Dans Ricki and the flash, Jonathan Demme dépasse l'idée basique de mettre en scène sa mamie rockeuse. En fait, son film s'inscrit dans la droite lignée de sa dernière oeuvre de fiction. Dans Rachel se marie (2008), Kim (excellente Anne Hathaway), une jeune femme dépressive, bénéficiait d'une permission de sortie de sa cure de désintoxication, pour assister au mariage de sa soeur Rachel. De par son passé récent et son attitude, elle était considérée comme une sorte de pestiférée.

Il en va de même pour Ricki. Ayant systématiquement fait passer sa passion de la musique avant sa famille, elle s'est dès lors coupée de ses proches. Lorsqu'elle se rend chez son ex-mari pour soutenir sa fille Julie, qui traverse une très mauvaise passe, elle est comme une étrangère parmi les siens. Les retrouvailles sont houleuses, tant avec Julie qu'avec ses autres enfants.
Alors que les querelles familiales – mélange de règlements de compte et de rancoeur – sont au coeur de l'intrigue, Jonathan Demme mêle adroitement comédie et drame. Pour ce faire, il utile souvent un ton humoristique pour traiter de choses graves : suicide, séparation, tensions sont au coeur de Ricki and the flash.
Mais dans ce long métrage, il y a bien évidemment Ricki qui – telle la vache qui rit – adoucit les moeurs. Ce personnage décalé apporte un vrai plus à ce film. L'actrice Meryl Streep est à son aise dans le rôle de cette femme originale, semblant vivre en dehors de notre époque. Il faut la voir, sans le sou, être accueillie par son bourgeois d'ex-mari. On assiste avec amusement (mais c'est aussi une façon de rappeler que la réalité peut être dure pour certains) à ce décalage entre une Ricki fauchée, travaillant comme caissière pour joindre les deux bouts, et son ex-mari qui vit de façon opulente dans une sorte de palais.
Jonathan Demme ne s'arrête pas à montrer des gens qui disposent de situations très différentes au sein d'une même famille. Le procédé, éculé, a déjà été effectué par d'autres, bien avant lui.
De façon plus subtile qu'on l'imagine, Ricki and the flash invite le spectateur à s'interroger sur la question de la norme et de la liberté. Dans une société standardisée, n'est-il pas normal de souhaiter vivre autrement ? Voilà une question intéressante qui mérite réflexion.
Sans être donneur de leçons – même si on sent qu'il aime quand même moquer le mode de vie bourgeois (cf le mariage quasi princier) – Jonathan Demme se révèle bienveillant à l'égard des protagonistes de son film, et notamment de Ricki. Il laisse chaque personnage vider son sac et dire ce qu'il a sur le coeur. C'est avec beaucoup de satisfaction que l'on constate que les relations tendues et conflictuelles laissent progressivement la place à une situation plus apaisée.
Comme par hasard (non ce n'est pas un hasard !), la dernière partie du film se déroule durant un mariage (tiens, comme dans Rachel se marie) où tout devient possible. Le développement dans cette dernière partie Jonathan Demme n'est pas très crédible mais son optimisme fait du bien. On n'est pas dans du Festen.
Pour la petite histoire, le rôle du petit ami de Ricki, par ailleurs membre de son groupe, est joué par un véritable guitariste. Il s'agit de Rick Springfield, qui a connu son heure de gloire dans les années 80 avec le hit Jessie's girl. Par ailleurs, les spectateurs attentifs auront noté la ressemblance entre Meryl Streep et Mamie Gummer. Et ce n'est pas sans raisons ! Meryl Streep est la mère de cette dernière. Pour en finir avec la distribution, Kevin Kline joue de façon convaincante l'ex-mari bon chic bon genre, qui cherche plus que tout à ce que sa famille soit soudée.
Plus qu'une simple fiction musicale, Ricki and the flash est une chronique familiale touchante, où comédie et drame se marient à merveille.

Permalink 923 mots par nicofeel Email , 581 vues • Réagir

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