14.10.15

05:35:31, Catégories: Test / Critique  

Titre du film : Rachel se marie

Réalisateur : Jonathan Demme

Année : 2009

Origine : Etats-Unis

Durée : 1h53

Avec : Anne Hathaway (Kym), Rosemarie DeWitt (Rachel), Bill Irwin (Paul), Debra Winger (Abby), etc.

Note préalable : Avant d'évoquer le film Ricki and the flash dans un prochain article sur le blog, il est utile de faire un retour sur Rachel se marie, la précédente fiction de Jonathan Demme, les deux films étant indubitablement liés au niveau de leur thématique.

Jonathan Demme est bien connu des amateurs de thrillers avec Le silence des agneaux et pour son drame lacrymal Philadelphia.
Dans ses deux dernières fictions, la famille est au coeur de l'intrigue. Si la thématique est commune, le traitement y est très différent. Sur un ton qui alterne comédie et drame, Ricki and the flash dresse le portrait d'une vieille rockeuse ayant abandonné sa famille depuis longtemps pour ses ambitions personnelles. Le mariage de l'un de ses enfants va être l'occasion d'une réconciliation avec les membres de sa famille.
Dans Rachel se marie, le ton est tout autre. L'action démarre avec Kym, une ex-junkie, en cure de désintoxication. Elle dispose d'une permission de sortie pour assister au mariage de sa soeur, la fameuse Rachel.
Très tôt, on sent qu'il y a un malaise au sein de cette famille. Le père se montre bien trop prévenant à l'égard de Kym, comme si c'était une enfant. Mais c'est surtout la relation entre les deux soeurs qui nous met dans l'ambiance. Leurs retrouvailles sont loin d'être chaleureuses.
Les amateurs de comédies romantiques autour du mariage (Quatre mariages et un enterrement ; Le mariage de mon meilleur ami ; Mariage à l'anglaise) risquent d'être fort déçus.
Rachel se marie est plutôt dans la mouvance d'un Festen. D'ailleurs, comme dans ce long métrage de Thomas Vinterberg (Loin de la foule déchaînée), le filmage caméra à l'épaule renforce l'impression d'être au coeur de l'action.
Comme dans Festen, le mariage devient l'occasion de règlements de comptes en chaîne. Mais l'approche est un peun différente. Festen choque le spectateur en privilégiant un ressort dramatique malaisant où les choses ne cessent d'aller de mal en pis. Dans Rachel se marie, Jonathan étudie un microcosme familial, et ce avec beaucoup d'acuité.
Déjà, il s'agit d'une famille éclatée, typique de notre société contemporaine. Les parents sont divorcés depuis plusieurs années et seul le lien de sang rapproche les deux soeurs.

Ce long métrage est pertinent par sa volonté de toucher à la réalité. Comme dans n'importe quelle famille, il y a des gens qui ne s'entendent pas et des secrets désagréables qui sont conservés, avec un sentiment d'amertume.
Le film a le mérite de laisser s'exprimer le point de vue de chacun. Et là il faut avoir le coeur bien accroché car chacun va vider son sac. Kym, ex junkie, se mal-aimée de tous. Elle voudrait qu'on la regarde comme n'importe quelle personne. Elle jalouse sa soeur “modèle”. Quant à Rachel, elle en a marre que Kym monopolise l'attention par ses multiples frasques. Alors que de son côté elle fait ce qu'on attend d'elle. Elle se sent un peu laissée pour compte. Son mariage donne lieu à des altercations assez musclées entre les deux soeurs.
Mais le film ne se résume pas à cela. Le malaise est de plus en plus prégnant et on en comprend rapidement la raison : Kym a eu durant son adolescence un accident de voiture sous l'emprise de la drogue, causant la mort de son petit frère. Ce drame – qui est clairement dans toutes les têtes – continue de hanter cette famille déchirée. Il faut dire qu'il est difficile de se remettre d'un tel événement. Kym se reproche chaque jour cet acte impardonnable. Qaunt aux autres membres de la famille, ils ne peuvent s'empêcher de penser à cet enfant mort dans des circonstances tragiques. Dans ce cas, le pardon est difficile à accorder.
Entre les événements traditionnels liés au mariage – la cérémonie, le repas, la musique – il y a toujours matière à exprimer les malaises profonds qui hantent chaque membre de cette famille.
Rachel se marie constitue un film riche sur le plan thématique, en révélant les différentes facettes d'un microcosme familial.
Sans jamais juger les uns et les autres, Jonathan Demme se positionne au-dessus de la mêlée et exposer au grand jour les dégâts collatéraux causés par un drame familial. On en ressort forcément chamboulé car on peut s'identifier à l'un des personnages, pour tout ou partie de son caractère.
Au niveau de la distribution, on retrouve de manière étonnante, dans le rôle principal, une Anne Hathaway (Le diable s'habille en prada, Princesse malgré elle) à contre-emploi, parfaite en ex-junkie souhaitant expier ses fautes. Le reste du casting est lui aussi très bon. Rosemarie DeWitt rend bien la pareille à Anne Hathaway dans le rôle de Rachel, la fille modèle, qui n'en peut plus que l'attention soit portée en permanence sur sa soeur qui a toujours des problèmes. Bill Irwin est quant à lui touchant dans le rôle de ce père qui cherche à ménager tout le monde et ne s'est jamais remis de la perte de son fils.
Avec Rachel se marie, le spectateur assiste à un film triste, qui a le mérite d'être fort sur le plan émotionnel et plus vrai que nature. Dans son dernier film, Ricki and the flash, Jonathan Demme livre une autre chronique familiale, résolument plus légère et optimiste.

Permalink 968 mots par nicofeel Email , 759 vues • Réagir

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