21.05.15

08:43:51, Catégories: Nouveautés, Test / Critique  

Par Flo001fg

Synopsis :

Paris, Le Trocadéro. Math, Marie, Pacman, JP, Guillaume et Toff se retrouvent tous les jours au Dôme, derrière le Palais de Tokyo. C’est là où ils font du skate, s’amusent et se défoncent, à deux pas du monde confiné des arts qu’ils côtoient sans le connaître. Certains sont inséparables, liés par des vies de famille compliquées. Ils vivent l’instant, c’est l’attrait de l’argent facile, la drague anonyme sur Internet, les soirées trash « youth, sex, drugs & rock’n’roll ». Toff filme tout et tout le temps.

Mon avis :

A l’occasion d’une rétrospective consacrée à l’œuvre photographique et cinématographique de Larry Clark, ayant eu lieu au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris en octobre 2010 et ayant bien entendu créée une polémique, celui-ci découvrit non loin de là le parvis du Palais de Tokyo sur lequel de nombreux skateurs parisiens ont l’habitude de se retrouver. L'idée de faire un film sur la jeunesse française refit alors surface, lui qui l'avait déjà envisagé à Cannes lors de sa venue pour la sortie de "Kids"...

Le controversé photographe, cinéaste et directeur de la photographie Larry Clark ("Another Day in Paradise", "Bully", Ken Park", "Wassup Rockers") est connu pour ses films consacrés à la jeunesse, des films souvent très borderline où il montre notamment la sexualité de ces jeunes de façon très crue et la plus part du temps de façon très explicite.

Avec "The Smell of Us", rien n’a changé, le réalisateur, âgé pourtant maintenant de plus de 70 ans, semble toujours autant fasciné par cette jeunesse qu’il n’aurait probablement jamais voulu quitter. Mais bien évidemment, plus il vieillit, plus cela choque! Difficile en effet de ne pas penser qu’il y a derrière tout ça un petit côté pédophile, même s’il ne filme bien entendu que de jeunes adultes ou des adolescents (Pas dans des situations érotiques, je vous rassure!) et bien heureusement aucun enfant...

Il y a tout de même un côté assez malsain, qui jusque-là ne m’avait pas trop gêné dans ses précédents films, mais qui là, m’a tout de même un peu dérangé, même si le cinéaste veut ici également montrer une jeunesse abusée par les personnes âgées, comme si d'ailleurs il cherchait à s'autocritiquer... Mais après tout ce n’est pas pire que de montrer de jeunes « adultes » de 18 ans (faisant parfois beaucoup moins physiquement) dans des films pornographiques! Et puis le but du réalisateur a toujours été également de choquer et en cela, c’est parfaitement réussi!

Par contre, il semble évident que les adolescents de Larry Clark ne ressemblent pas exactement à ceux que l’on croise habituellement dans la rue. Dans ses précédents films, on pouvait encore se dire que la jeunesse américaine était ainsi, probablement par méconnaissance d’ailleurs, mais ici, il décrit une jeunesse française bien éloignée de celle que nous côtoyons au quotidien.

Il faut dire qu’il s’intéresse ici à une jeunesse de skateurs, donc assez marginale en France, mais du coup, étrangement, on a l’impression qu’il décrit une nouvelle fois la jeunesse américaine, alors que ce sont bien des petits français les protagonistes du film! Peut-être qu’en prenant des acteurs connus, on n’aurait pas eu cette impression, mais là il s’agit de parfaits inconnus et du coup la confusion se fait.

Curieusement en tout cas, sa description d'une jeunesse débauchée n’est pas si éloignée que ça de la vision qu'on peut se faire de celle de la fin des années 60/débuts 70 comme s’il décrivait une fois de plus la jeunesse qui l’a peut-être le plus marqué. D'ailleurs par son attitude et sa dégaine le jeune Lukas Ionesco, fils de l'actrice/réalisatrice Eva Ionesco ne sera pas sans rappeler celle d’un certain Jim Morrisson...

Il est par contre très étonnant de voir ce jeune homme dans un rôle aussi sulfureux, lorsqu'on connaît le passé de sa mère et le scandale qui éclata suite à son rôle de Silvia dans le film "Maladolescenza" ("Jeux interdits de l'adolescence" en France), film qui fût censuré et interdit en étant qualifié de pédophile et immoral, puisque celle-ci y jouait des scènes érotiques alors qu'elle était mineure. Étrangement, ce passé ne semble pas trop gêner le jeune Lukas, puisqu'il interprète ici un jeune homme tout juste sorti de l’adolescence se prostituant... De même, il paraît fort peu probable que Larry Clark ignorait la filiation du jeune homme et qu’il l’ait choisi par hasard!

Outre le côté choquant de montrer des images crues de la sexualité d'un jeune homme pommé, détruit même, vendant son corps pour de l'argent, le réalisateur enfoncera le clou en justifiant cela par les abus incestueux d'une mère frappadingue, jouée par une Dominique Frot ("Mortelle randonnée", "À l'intérieur", "Elle s'appelait Sarah", "Aux yeux des vivants") au sommet de son art.

Que dire du film autrement? Et bien, c'est quand même un peu foutraque! Probablement à cause d'un tournage parti en sucette suite au départ de trois des comédiens principaux du film... Il est sûr que dans de telles conditions, il a dû être difficile de le terminer! Sans compter les désistements d'acteurs comme par exemple Bouli Lanners qui devait jouer ici un fétichiste, rôle qu'interprétera finalement Larry Clark en personne, qui jouera également un second rôle dans le film, celui de Rockstar, un vieux débris rongé par l'alcool.

Du coup, pour que cela ne se voie pas de trop, le cinéaste dut se résoudre à raser sa barbe qu'il portait depuis 25 ans... Mais il faut dire que sucer les pieds crades d’un jeune homme n’est pas forcément très enthousiasmant et on peut comprendre aisément les raisons de ce désistement de dernière minute, même si les raisons données sont toute autre!

Au niveau de la mise en scène, c'est évidemment du pur Larry Clark, avec bien entendu de très belles images, mais aussi des images parfois crades, floues, tremblantes ou même encore dégradées volontairement comme faire de celles-ci de véritables tableaux... Il faut donc aimer et bien sûr être réceptif à son style. Il vaut mieux également aimer le Rock indépendant qui déménage!

Par contre, je serai incapable de vous dire si les jeunes ayant joués dans le film se reconnaitront dans cette description peu reluisante. Parmi eux, en plus du jeune Lukas Ionesco, on remarquera surtout, la charmante Diane Rouxel ("La tête haute") dans le rôle de Marie et Théo Cholbi ("Des morceaux de moi", "Tristesse Club") dans le rôle de Pacman, dont le personnage semble quelque peu sous exploité, mais ce qui s'explique par le fait que le jeune comédien ait été renvoyé du tournage suite à des menaces de grève qu'il aurait faites avec deux autres acteurs, suite au renvoi de l'un des acteurs, privant ce personnage d'une intrigue qui du coup n’apparaîtra pas dans le film.

Enfin, le côté quelque peu décousu du film peut aussi s'expliquer par le fait que celui-ci n'ait pas été écrit par un vrai scénariste, mais étonnamment par un poète, Mathieu Landais et par le cinéaste en personne qui apporta quelques modifications en raison des soucis survenus durant le tournage...

Même si ce nouveau Larry Clark sera tout de même assez bancal, cela reste une œuvre bien glauque dans la lignée de ses autres œuvres... Sulfureuse et dérangeante!

La sortie en DVD de "The Smell of Us" chez Jour2Fête est prévue pour le 10 juin 2015, dans une belle édition digipack comme la plus part du temps chez l’éditeur. Le film sera proposé au format 1.85:1 16/9ème compatible 4/3 avec pistes audio françaises Dolby Digital 2.0 & 5.1. Côté bonus, on aura le droit à la bande annonce et à une passionnante interview du réalisateur Larry Clark, dans lequel on regrettera par contre qu'il n'aborde pas certains sujets comme par exemple le choix de son acteur principal et qui se conclura par une chanson de Jonathan Velasquez du groupe reVolt (38'48").

The smell of us

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